Et voilà, l'équinoxe est passé, ça veut donc dire que le mois Halloween s'annonce.
un des chouettes logos de nos grandes prêtresses Hilde et Lou
Au menu, courges (évidemment), champignons, raisins, noix... et cuisine japonaise.
Et déjà un programme qui s'annonce pas mal français, mais pas que: BD (ultra locale puisque l'auteur est de ma ville), axée sur l'insolite, parfois, même souvent macabre; opuscule sur les fantômes de France; Podcasts sur les lieux hantés et mystérieux ( pas que des fantômes, mais pas mal d'autres légendes aussi); podcast sur les sorcières; Contes bretons (farfadets en option); nouvelle de Bram Stocker en VO... et déjà 4 articles prêts et programmés à ce jour!
Je n'ai pas encore cherché les films qui iront bien - pas sûr que je sois en France le 31 octobre et 1° novembre.
Et je vais vous concocter ma petite playlist qui va bien, mais en attendant, voilà pour se mettre d'humeur la thématique halloween 2024 de la chaine de musiques d'ambiance "Lofi Girl". Tous les ans le personnage change de look (squelette en 2023, sorcière en 2024, créature de Frankenstein cette année)
Et hop, vous avez déjà en un coup d'oeil ce qui est prévu, ce qui est déjà prêt
1/10: BD mystère T.1✅ 2/10: Lecture fantômes ✅ 4/10: podcasts sur les légendes françaises ✅ 7/10: Tsukimi, fête de la pleine lune au Japon ✅ 9/10: BD Mystère T2 ✅ 15/10: Roman automnal non halloween 16/10: BD Mystère T.3 ✅ 23/10: BD Mystère T.4 30/10: BD Mystère T.5 31/10: Ma sélection personnelle de musique à thème: diables, démons, monstres, fantômes, sorcières,BO de films d'horreur, fantastiques etc.. etc
Dates à définir: lectures automnales, mais pas halloweenesques Films tests de recettes d'automne autre tradition japonaise automnale Nouvelle de Bram Stocker Ce que nous confions au vent - Laura Imai (sujet défunts) Tant que le café est encore chaud ( fantastique) Contes bretons
Et c'est reparti pour le film du vendredi, édition Halloween. L'an dernier, j'ai fini avec une comédie néozélandaise sur les zombies, et donc, cette année je commence par une comédie anglaise sur des zombies aussi. Figurez vous que je n'avais PAS pu voir Shaun jusqu'à présent, même s'il est sorti il y a 20 ans... Et enfin l'occasion s'est présenté et... je ne regrette pas. C'est tellement anglais. Du thé, de l'humour absurde, des acteurs qui ont la tête de monsieur et madame tout le monde, des gags sortis de nulle part ( les deux groupes de survivants, semblables en tout points , jusqu'aux détails vestimentaires, qui se croisent entre deux palissades et font connaissance comme si de rien n'était " tiens je te présente mon cousin, ma mère, mon colocataire...", en pleine apocalypse zombie).
Donc on a Shaun, le mec un peu raté qui bosse dans un magasin de matériel audio, en mode zombie, avec des collègues zombies, des clients zombies... tellement habitué à ne rien écouter jusqu'au bout qu'il ne se rend pas compte que des nouvelles alarmantes surgissent de toutes parts. Un satellite s'est écrasé quelque part au dessus de Londres, une épidémie de grippe très contagieuse se répand, de plus en plus de gens sont absents du travail à cause de ça, des SDF bouffent des pigeons tous crus dans les parcs, des gens sont attaqués et mordus par des quidams... L'apocalypse zombie a commencé, mais Shaun, habitué à son train train, ne voit rien. Faut dire que lui même a tout du zombie dès le réveil, et vit avec deux colocataires, dont Ed, son meilleur pote, parasite, petit dealer, qui passe sa vie à zombifier sur le canapé en jouant à des jeux vidéos. Donc.. pour Shaun tout est normal, jusqu'à ce que sa nana, lassée de son apathie , le plaque. Donc, double problème: il va lui falloir à la fois essayer de survivre, et reconquérir le coeur de sa petite amie. Ce qui vaut au film le sous titre de " comédie romantique avec des zombies", car bien sûr rien ne resserre les liens que d'avoir à massacrer des morts vivants ensemble. Et c'est l'anti Walking Dead, qui commençait bien et devenait vite ennuyeux à force de se perdre dans des intrigues relationnelles sans intérêt. Là, la rupture et l'épidémie mondiale sont mises au même niveau, et c'est ça qui est drôle. Que faire, où se réfugier.. il faudrait trouver un endroit avec portes blindées, où on puisse manger, boire, fumer et s'occuper - en espérant qu'un débile n'ait pas l'idée de défoncer la fenêtre à coup de chaise pour y entrer, mais préparez -vous tout le monde est plus ou moins crétin dans ce film, à un moment ou un autre - et le pub est un choix parfait, bien qu'il soit précisément la cause de la rupture de Shaun.
On ne sait pas comment ça commence, toutes les explications amorcées sont ignorées par le personnage principal. On ne sait pas comment ça finit, mais on sait que certains zombies on survécu, son devenus inoffensifs, et peuvent servir de main d'oeuvre taillable et corvéables à merci, ou comme distraction du style " vachette d'interville", donc il y a malgré tout quelques piques sur la zombification des masses via les médias. Vu que pour certains, ça ne change strictement rien à leur mode de vie antérieur.
Décor: quelconque Costumes: banals Equipe: bancale y'a pas de doutes, ce réalisme n'est vraiment pas hollywoodien, où de super beautés survivent en chemise propre et brushing impeccable, c'est un film anglais. Et c'est tant mieux.
Et que serait un film anglais sans une bande son aux petits oignons? Forcément un film qui massacre du zombie à coup de ... jambe coupée sur fond de " Don't stop me now" et place de manière délicieusement absurde" You're my best friend", ... j'ai envie de dire , du moment que tu mets du Queen dans ta bande son, tu gagnes des points avec moi. Et caler Goblin ( groupe italien de rock progressif, auteur de l'excellente BO de Suspiria et de Danw of the Deads de George Romero), c'est encore mieux!
- Purple Rain? - Certainement pas! - Sign O' the Times? - Encore moins! - Batman... la BO? - Vas-y! - Dire Straits? - Lance-le!
Les gars, je vous suis reconnaissante d'avoir épargné deux excellents albums, j'aurais fait pareil. Mais pourquoi tant de haine pour Batman, ce n'est pas le meilleur, mais quand même...y'a de bon titres dessus.
Je vois que Shaun est le premier film d'une "trilogie sans et cornet de glace" ( parce que dans chaque film, un personnage mange un cornet de glace) dont chacun parodie un genre cinématographique précis: Ici, le film d'horreur, le second est une parodie de film policier et le troisième une parodie de SF. Nul doute que je vais continuer et regarder les suivants, histoire de retrouver les acteurs principaux dans des univers différents ( très bande de copains, avec la présence appréciée du trop rare Bill Nighy que j'aime beaucoup, les autres étaient une découverte, et un mini caméo de Martin Freeman)
En tout cas ce mois Halloween commence parfaitement!
J'ai tellement pris de l'avance pour ce mois halloween que j'ai commencé à établir ma petite liste dès le 2 novembre 2022. C'est dire! et bien sûr, je n'ai pas à l'heure actuelle d'idée de la thématique qui sera mise en avant. Mais, Mois Halloween XIV, c'est que ça commence à faire tellement de chiffres
romains qu'on se croirait dans une série de films un peu
nuls.
Pour l'anecdote, lors de la sortie de Saw VI, l'affiche était accrochée dans la gare de ma ville, juste à côté d'une autre, celle de Tempête de boulettes géantes. J'ai éclaté de rire dans la gare. Je suis absolument sûre que la personne qui les a mises côte à côte l'a fait exprès, et je remercie cet anonyme avec qui je mangerais bien un coucous en remerciement de cette rigolade!
Et la suite?
Les noms des acteurs sont anthologiques. Et j'ai constaté dans la foulée que la marque Kindy " les chaussettes qui ne se cachent plus" existe encore, je croyais qu'elle avait disparu avec les années 80
Voilà, ça c'est fait....
A l'heure où je rédige, la date du 23 septembre pour la " prérentrée" du défi Halloween est décidée, mais la thématique n'est pas encore connue. Pierre a proposé les vampires, en lien avec la sortie prochaine d'un nouveau film à ce sujet, mais de mon côté, j'ai plutôt prévu d'autres choses, on verra si on arrive à les faire coïncider.
L'an dernier il y a quelques lectures que je n'ai absolument pas eu le temps de finir... je les ai donc continuées après le mois halloween et préparé les sujets correspondants, histoire d'avoir un peu d'avance. donc ce qui était en cours mais n'a pas pu être bouclé à temps: - Les contes de ETA Hoffmann tome 2 - Du feu de l'enfer - Sire Cédric - Avatar et Jettatura, les 2 nouvelles restantes du recueil de Gautier.
ce qui était en attente et n'a pas été commencé:
- Histoires du temps jadis (Japon) - nouvelles fantastiques russes et ukrainiennes - Oupir/ le vampire - Alexeï Tolstoï - Les nouvelles que je n'ai pas encore lues issues des " Veillées du Hameau" et de "Mirgorod", puisque l'an dernier j'ai regardé des films qui les adaptaient.
Des choses sur mes étagères qui peuvent correspondre: - Entre ciel et enfer, mourir au moyen âge. - des livres sur Jérôme Bosch - the Picture of Dorian Gray - Wilde ( lu en VF il y a trèèès longtemps) Il y a d'autres choses, de la VO en allemand, mais là, c'est officiel, je n'aurai pas le temps de m'y consacrer. Je viens de commencer un nouveau job, qui me prend du temps, il y a les études, et mes activités musicales, donc la lecture hors études n'est pas la priorité.
Cette année, ce sera plutôt des films.
Ca fait un certain temps que j'ai envie de revoir Candyman, le film de 1992 que je n'ai pas revu depuis sa sortie. Et ça tombe pile dans ma thématique fil rouge de ces derniers mois autour de la culture afro-américaine. De mémoire, j'avais beaucoup aimé ce film d'horreur assez différent dans le sens où pur une fois, l'origine du croque-mitaine était expliquée et sa volonté de vengeance légitime: un film dont on ne peut absolument pas détester le fantôme/tueur, mais pour lequel au contraire, se créée une empathie, et qui aborde des thèmes sociaux et politiques, c'était vraiment hors du lot. Et j'ai toujours gardé en mémoire sa musique avec son thème d'ouverture qui mèle piano tragique et choeur religieux, absolument magnifique par Philip Glass (sérieusement la BO est pour moi l'une des plus réussies de l'histoire du cinéma d'épouvante, avec celle de Suspiria - signée de Goblin) Donc c'est vendu, le film est disponible en VO sur un de mes sites de VOD favoris, il sera donc au programme ces jours ci. Hmm d'ailleurs ils ont un catalogue savoureux de films anciens, je vois la main du diable, les yeux sans visage, Répulsion, Halloween, Suspiria, la première version de la petite boutique des horreurs, ou de la colline a des yeux, le drôlissime Dr Jeckyll et Sister Hyde...
Continuant sur cette lancée de voyage, ça fait longtemps que j'ai envie de parler de vaudou, j'aurais un invité spécial, et ça fait toujours plaisir d'avoir un élégant dandy en visite sur le blog, fût-il un peu maigrichon, voire, squelettique...
Ca va, il peut fumer et picoler, il ne craint rien.
Donc après la Russie et le Mexique l'an dernier, on va encore bouger cette année, avec un p'tit passage du côté de la Louisiane. En tout cas, si un jour je dois mourir (oui, il paraît que ça arrive ce genre de choses!) , et si je dois me faire enterrer, je VEUX un cercueil de ma couleur favorite (cotisez-vous! et rajoutez dedans une bouteille de rhum vieux, histoire que je n'arrive pas les mains vides chez mon pote le Baron), et la procession musicale version New-Orleans. Je veux bien partir, mais avec tambours et trompettes tant qu'à faire!
Je reprends mon "vendredi cinéma" de l'an dernier , et on va voyager, les amis, du fantastique venu de 4 continents sur 5. Et de manière inhabituelle, je vais plutôt chroniquer des films récents cette fois, à l'exception d'un qui a .. 30 ans. Misère, ça ne me rajeunit pas.
Bilan? 5 lectures, pas forcément celles prévues, mais c'est déjà mieux que rien. 8 films, au moins un par continent, et c'est déjà mieux que bien! 3 recettes, en variation autour de la courge butternut et c'est déjà pas mal bon. 2 sujets culture et musique, et c'est aux oreilles que ça fait du bien.
Dans les prochains mois il va falloir que je continue JoJo, je n'ai pas encore lu les tomes suivants, mais ça va venir, au moins pour conclure ce premier arc. C'est un choix, parce que sinon, je manque de matière pour mon blog Japon, ça me permettra d'y poster un peu plus régulièrement au fil des mois.
Et pour survivre à la fin de ce mois Halloween, je vais déjà plancher sur le programme de l'an prochain. En 2021, à cause de mes études la thématique était plutôt russe, en 2022; plutôt russe et germanique avec une incursion au Mexique, et cette année, plutôt louisianaise et tour du monde cinématographique :D Par contre en lectures, c'est assez français depuis 2 ans... Je vais quand même continuer à creuser ce sillon, parce que j'ai encore quelques lectures fantastiques françaises sous le coude. Mais je sens que les mois qui vont venir seront surtout consacrés à tous ces livres pris en boîtes à livres qui envahissent mes étagères, et qui seront répartis au fil des challenges récurrents ( anglais, japonais, indien, etc...)
En lien avec mes vacances d'été dernier, à vienne et Bratislava, j'ai eu la possibilité d'aller visiter deux cimetières ou plutôt, lieux de repos éternel de quelques gens célèbres. Et il était donc très logique pour moi de garder ces sujets pour le mois Halloween.
Par ordre de visite donc, je commence par le Kapuzinergruft, (page en français) , soit la crypte des Capucins, qui n'est pas un cimetière classique, puis ce que si c'est bien une crypte, on n'y trouve pas de capucins, mais tout ce que le pays a compté de têtes couronnées de la famille Habsburg depuis le XVII° siècle ( ainsi que des têtes non couronnées, frères soeurs, oncles tantes, enfants... de divers empereurs et impératrices.)
On peut difficilement le considérer comme cimetière, même s'il est écrit à l'entrée de se comporter "correctement, et respecter le calme des lieux car vous êtes dans un cimetière". De fait, pas de tombeauc, dalles ou monuments, c'est la crypte toute entière qui est un tombeau, contenant des dizaines et des dizaine de cercueils.
On peut le rapprocher de Saint Denis, puisque c'est une église où sont enterrés des rois, mais en France, ils ont leurs tolmbeaux, gigantesques, impressionnants, qui devaient être vus de tous et signaler la majesté de François Premier qui a il faut le dire, un mini-palais funéraire pour lui et Madame. Ici il s'agit d'une chapelle privée, en sous-sol de l'église des Capucins ( au décor baroque, mais quand même assez banale dans l'absolu, ces gens ne sont pas enterrés à la cathédrale pourtant toute proche). Un endroit qui de par sa taille n'était pas destiné à être visité par les quidams, mais réservés à la famille ou aux proches, peut-être aux invités de marque. Mais en tout cas, mas de nécessité d'un tombeau gigantesque. Il n'y a que des cercueils, l'immanse majorité en bronze sculpté, en pierre pour les plus récents. Est - ce à dire que l'esthétique est sacrifiée? Absolument pas, c'est incroyable de voir que l'évolution stylistique et artistique Renaissance - Baroque- classique- Néoclassique etc.. touche aussi.. les cercueils. qui sont des oeuvres d'art.. destinées à ne pas être vues. Et là,on peut y faire tout un parcours d'histoire de l'art en quelques pas. Les fondateurs de la crypte, l'empeureur du saint empire romain germanique et duc d'autricheMatthias et sa femme (et cousine, déjà à l'époque, on ne laissait pas partir l'héritage) ont droit à des cercueils très sobre, de style fin Renaissance, avec seulement des têtes et pattes de lions pour tout décors. La sobriété ne va pas durer, l'époque baroque arrive...
Ambiance musicale baroque de circonstance: le Requiem Impérial de Johann Joseph Fux, écrit pour les funérailles d'Eléonore de Neuburg en 1720, et réutilisé en 1740 pour celles de Karl VI, dont le magnifique tombeau est visible sur mes photos :)
Commençons la visite:
enttre cex deux là qui n'ont pas eu d'enfants, d'autres qui en ont eu, mais qui ne dépassaient pas l'adolescence à cause de la consanguinité et de la mortalité infantile, la succession est passé un certains nombre de fois d'une branche à l'autre de l'arbre généalogique. Voilà de quoi s'y retrouver un peu.
C'est parti pour les débuts du baroque, encore sobres...
N°14: une Maria Theresia morte à 1 an, comme beaucoup de ses cousins, avec un petit squelette danseur en détail
N°16: Maria Josepha, qui a atteint les 16 ans. On est presque content de voir que quelqu'un a dépassé les 12 ans au bout d'un moment.
parmi cette série, le tombeau n° 20, un peu plus haut que les autres
abrite une poignée d'os qui ont appartenu à une des
petites filles les plus célèbres du monde: Margarita Theresa d'Espagne. Rendons lui donc son identité puisque vous l'avez déjà tous vue.
La vie de cette petite blonde a été particulièrement sordide: mariée à 14 ans à son oncle, morte à 22, enceinte 7 fois en 6 ans. Mais éduquée dans cette ambiance depuis sa naissance, elle-même devait probablement trouver son sort tout à fait normal. Certes autres temps, autres moeurs, mais quand même, même à cette époque, ce genre de mariage aurait été interdits dans les familles pauvres, où il fallait demander des dispenses à n'en plus finir si un cousinage trop proche était soupçonné.
On continue, encore de manière modeste...1705, on n'est pas encore dans le plein baroque. Kaiser Leopold I , le tonton à sale gueule de la malheureuse Margarita Theresa
Arrive Joseph I°, (sarcophage n°35) et à l'image des moumoutes, le décor commence à être plus sompteux. Plein baroque!
Je trouve ce crâne particulièrement amical et sympathique!
La page officielle nous apprend que Joseph était d'un caractère enjoué, amateur de musique (d'où les trompettes, tambours), qu'il avait un orchestre personnel de 300 musiciens, parlait plusieurs langues et se passionnait pour l'architecture quil avait étudié pour améliorer l'urbanisme de son pays. Jo était donc un type intéressant.
Karl VI, frangin de Jo.. et on arrive au baroque tardif avec lui: n°40. Et là, quel travail de bronze!
et là le crâne a l'air de se demander ce qu'il fait là, c'est trop marrant.
A droite de l'image. En face il y a le n°36
Donc n°36: Kaiserin Elisabeth Kristine, madame Karl VI. Les deux étant morts à 10 ans d'intevalle, le style artistique des deux tombeaux est très homogène.
Le site qui détaille le décor explique que ce bateau représente le voyage de noces de Karl et Elisabeth, à Barcelone.
Une note intéressante nous dit qu'elle était un soutien politique actif de son mari, et donc, non plus une impératrice qui se contentait de produire une descendance, mais une femme d'état impliquée.
Ces deux monuments sont déjà du baroque achevé, mais il y a encore plus impressionant dans la pièce à côté: le double tombeau rococo de leur fille et de son mari. Car oui le clou de ce "musée", c'est le tombeau de l'impératrice Maria-Theresia,
la femme la plus puissante d'Europe à son époque (avec laquelle seule
peut rivaliser Catherine II) et de son mari, Franz-Stephen, François
Etienne de Lorraine. La situation des parents s'est ici retrouvée inversée: une femme d'état, et son mari comme soutien.
et les deux étaient si inséparables qu'ils résident encore ensemble, Bien que François soit mort bien plus tôt que sa femme, elle a fait en sorte qu'il soit, même mort, considéré comme son égal. Juste devant, le cercueil hyper sobre de leur fils Joseph II, parait avoir été placé là par hasard, tant il ne correspond pas au style du reste.
L'occasion ou jamais, pour parler un peu de ce mari français moins connu que sa femme, qui m'a tout l'air d'avoir été un gars extrêment intelligent. Alors qu'il était le neuvième enfant du duc de Lorraine, et donc très éloigné de tout poste de pouvoir, une succession de chances l'ont amené à se marier avec la future impératrice. Et contrairement aux habitudes, ce mariage arrangé a été une vraie réussite: les deux s'adoraient, ont eu 16 enfants ( dont une bonne partie sont aussi enterrés là avec leurs parents) et se sont serré les coudes toute leur vie. A sa mort, Marie-Thérèse, qu'on imagine très triste, pour se consoler a comptabilisé le nombre d'années, mois, jours et heures de bonheur conjugal passé avec lui. C'est inattendu, et très chou, de la part de cette femme de pouvoir, qui a préféré garder en mémoire les bons moments plutôt que de s'abandonner à la dépression.
Pour raison politique, c'est François qui a été couronné empereur, et sa femme officiellement " femme de l'empereur", mais qui de fait, dirigeait. Le mari étant lui un passionné de science et d'art qui a très bien compris l'intérêt d'une position purement représentative qui lui permettait de se livrer à ses loisirs, sans convoiter pour lui seul un pouvoir qu'il coexerçait. Un empereur consort et content de l'être. Donc un mariage arrangé mais heureux, un monsieur qui n'essaye pas d'usurper le trône de sa femme mais au contraire la soutient: yep, le futé François a gagné toute mon estime!
et ma photo ne rend pas du tout justice à la précision et au détail de ces gravures. Du très grand art.
quelques uns parmi leurs nombreux descendants, ont aussi leurs tombes un peu délirantes
Pour les plus récents, la sobriété est de mise. J'ai eu un sourire en voyant au milieu d'une pièce un cercueil un peu orné, de ce qu'on appellerait style empire chez nous, entouré de 4, dans les 4 coins, tous pareils. L'empereur, et ses 4 épouses successives. Charlie et ses drôles de dames. Ou encore un cercueil banal en bois, très neuf: en quelque sorte, un cercueil de courtoisie, l'occupante attend qu'on lui rende le sien, parti en restauration.
Ici git Franz II entouré de ses 4 femmes successives.qui ont toute exatement le même modèle. si on regarde leurs dates, c'est encore plus étrange, car la 4eme est née après la mort de la première. La première avait un an de plus que lui, la dernière 24 ans de moins. Et la situation me parait cocasse ( oui j'ai un humour bizarre) car lui même ne devait pas imaginer en enterrant la première, qu'il y en aurait 3 autres, dont une qui n'était même pas encore née.
je ne l'avais pas encore montré, mais voilà, ceux qui ont régné en tant que rois de Hongrie ( cumul de mandats!), ont un ruban distinctifs au couleurs du drapeau hongrois.
A cause de l'arbre généalogique très chelou de tcette famille, il est parfois compliqué de suivre et de savoir qui est le fils ou le frère ou le cousin de qui, mais parmi les gens intéressants, il y a Maximilien, empereur du Mexique. Frère de de François-Joseph Premier, marié à une fille du roi de Belgique, et devenu presque en postulant à une petite annonce, empereur ( éphémère) du Mexique. L'histoire finit mal, parce que Max a été bien roulé dans la farine par Napoléon III. De mémoire, la première fois que j'ai entendu parler de ce lien entre Autriche et Mexique, ce devait être dans Zorro. Et à l'époque, je ne comprenais pas ce que le pouvoir autrichien fichait au Mexique. Mais oui, il me semble bien que si on ne le voit jamais, Max est mentionné plusieurs fois, comme l'usurpateur, le traitre, le parachuté ou tout ce que vous voudrez.
Avec un sombrero et un drapeau mexicain, histoire de s'en souvenir.
Passons au frangin, Franz-Joseph, qui à l'inverse de Marie-Thérèse et son mari, est totalement éclipsé en terme de popularité par sa femme, Elisabeth " Sissi", alors que c'était bien lui l'empreur. Il est mentionné à plusieurs endroits à Vienne, a droit à quelques statues, mais de fait, les appartements impériaux du palais Hofburg sont appellés " musée Sissi", les lieux où ils sont passés sont un "parcours Sissi", elle a droit à ses bonbons vendus partout au même titre que les boules Mozart.. bref, l'empereur en titre est totalement éclipsé par la célébrité posthume de sa femme. Plusieurs fois je me suis dit " j'ai un peu de peine pour lui, c'était le chef d'état quand même et tout le monde s'en fout maintenant".
A part la célèbre moustache de Franz-Joseph, rien de vraiment particulier sur ces tombes l'art funéraire est devenu d'une grande banalité. A coté il y a sa femme ( assassinée dans des cironstances particulièrement gratuites: victime d'un attentant qui visait quelqu'un d'autre. Le quelqu'un n'était pas là, le criminel s'est rabattu sur Elisabeth qui était là à ce moment là. Plutôt que de laisser tomber, il a quand même voulu faire parler de lui en poignardant une vieille dame qui n'avait rien à voir avec sa cause politique). et l'autre occupé par Rodolphe, son fils, officiellement suicidé, mais vu qu'il avait des sympathies pro-hongroise et écrivait des articles très politiques dans les journaux, ce suicide a toutes les chances de ne pas en être un.
Et là encore, Franz a gagné mon estime pour son intelligence: le monsieur adorait sa fantasque femme et avait bien compris qu'elle ne se sentait pas bien dans une cour trop rigide. Il a fait tout ce qu'il a pu pour lui laisser un maximum de libertés, même si ça lui coûtait de ne pas la voir pendant longtemps ( la dame passant son temps à voyager), donc rien que pour ça, je classe aussi Franz parmis les gars intelligents qui a gagné ma sympathie. J'espère pour lui qu'au minimum elle en a eu conscience et lui a en été reconnaissante. Parce que quand on lit ses extraits de lettres et de journaux, elle ne cesse de se plaindre d'avoir été jetée en pâture à un inconnu, dans une d'être en cage, que le mariage est une torture... donc certes, elle n'était pas fait pour cette vie, mais en confrontant ses écrits et la réalité, elle semble quand même assez injuste envers son mari qui essayait d'arrondir les angles entre une femme au caractère bien trempé et une mère au caractère tout aussi trempé. Le problème était ici plutôt que la belle mère- et la belle-fille, par ailleurs aussi tante et nièce, ne s'entendaient pas bien. Là aussi, la consanguinité a probablement quelque chose à voir avec ces sautes d'humeur, manies, obsessions, paranoïa de part et d'autre...
Dans l'absolu, c'était un monarque plutôt ouvert ( on lui pardonnera donc sa moustache un peu ridicule, dont la mode s'est répandue dans comme une mauvaise grippe, Même Johann Strauss fils l'a chopée, cette moustache.) Je ne vais pas ici parler de sa politique réformatrice et des difficultés qu'il a eu à ménager la chèvre et le chou avec l'Allemagne, le Mexique, la Hongrie... on en aurait pour des jours et des jours.
En tout cas, c'est un endroit à voir, un concentré d'histoire qui permet ensuite de se renseigner un peu plus, et bien que tous ces gens soient mort et enterrés depuis longtemps, ça donne un côté plus concret à ceux qui n'étaient que quelques lignes dans un manuel - surtout vus depuis la France, pour moi qui ait connu les cours d'histoires comme une succession de dates et de noms à apprendre. Par contre je ne n'aime pas non plus les livres comme ceux de Juliette Benzoni ou les émissions type " secrets d'histoire", qui vont dans l'excès inverse et regardent uniquement par le petit bout de la lorgnette: se concentrant sur l'individu et son ressenti, ses histoires et intrigues sentimentales sans vraiment l'intégrer dans le contexte social et politique. Trop lourd pour les cours d'histoire, déconnectés du contexte quotidien, trop léger pour les romans et émissions, déconnectés du contexte général. Et evidemment l'autre point fort, c'est l' esthétique et le concentré d'histoire de l'art qui se voit au travers de cette succession de cercueils, un objet qu'on a peu l'occasion de voir en dehors du jour de l'enterrement, mais qui lui aussi, étonnamment, répond à des modes. Là, tout étant au même endroit, on a presque 400 ans d'évolution artistique en quelques pas, rendus encore plus flangrant par l'unisicté des objets présentés (les tableaux d'un musée ne présentent pas tous le même sujet, donc parfois , il est plus compliqué d'en cerner le style).
Juste par curiosité, il y a là un buste de l'éphémère empereur Karl, neveu de Franz- Joseph, dernier empereur d'Autriche entre 1916 et 1918, à un moment où hériter d'un trône dans ces régions était un peu un cadeau empoisonné.
Dernier occupant en date, Otto, fils de Karl I, qui n'a jamais régné , mais s'est retrouvé fonctionnaire au parlement européen, donc une institution démocratique. Ironique, pour un aristocrate. Rien a dire sur ce tombeau de 2011. Ca coûte moins cher au pays, mais l'art funéraire s'est perdu en route.
Ce n'est pas fini, prochaine étape, toujours à Vienne, le cimetière central. Et il y a du beau monde qui nous y attend!
Parce que oui, qui dit Allemagne dit fantastique et légendes. C'est inséparable. L'ironie est que l'idée générale en France est que les allemands sont des gens très carrés, très rationnels.. alors qu'ils ont quasiment inventé le fantastique en tant que genre littéraire et été les pionniers de l'introspection, de la mise en avant de l'imagination, du ressenti, de la redécouverte du folklore Alors que nous sommes, nous français, les cartésiens, les tenants de la logique pour qui A+B = B+A, CQFD.
Partons donc sur les pittoresques rives du Rhin:
Cette falaise, à l'endroit le plus étroit du fleuve rend la navigation dangereuse: remous, rochers à fleur d'eau.. il n'en fallait pas plus pour imaginer le lieu maudit, hanté par une nixe mal intentionnée
Ich weiß nicht, was soll es bedeuten, Daß ich so traurig bin, Ein Märchen aus uralten Zeiten, Das kommt mir nicht aus dem Sinn. Die Luft ist kühl und es dunkelt, Und ruhig fließt der Rhein; Der Gipfel des Berges funkelt, Im Abendsonnenschein.
Die schönste Jungfrau sitzet Dort oben wunderbar, Ihr gold’nes Geschmeide blitzet, Sie kämmt ihr goldenes Haar, Sie kämmt es mit goldenem Kamme, Und singt ein Lied dabei; Das hat eine wundersame, Gewalt’ge Melodei.
Den Schiffer im kleinen Schiffe, Ergreift es mit wildem Weh; Er schaut nicht die Felsenriffe, Er schaut nur hinauf in die Höh’. Ich glaube, die Wellen verschlingen Am Ende Schiffer und Kahn, Und das hat mit ihrem Singen, Die Loreley getan.
Traduction officielle ( que je n'aime pas parce que le traducteur à reconstitué des vers en français, et ça me déplaît énormément) traduction de moi-même, le sens, plutôt que la joliesse et les rimes :
Je ne sais pas ce que ça signifie que je sois si triste, un conte des temps anciens ne me sort pas de la tête. L'air est frais, il fait sombre et le Rhin s'écoule paisiblement Le sommet de la montagne scintille Au soleil couchant.
La plus jolie des jeunes femmes est assise Tout là haut, magnifique. Ses bijoux d'or étincellent Elle peigne ses cheveux dorés. Elle les peigne avec un peigne d'or en chantant une chanson à la mélodie étrange Et dangereuse.
Le batelier dans son petit bateau est saisi d'une douleur poignante Il ne regarde pas les écueils de la falaise Il ne regarde que tout là haut. Je pense qu que les vagues ont finalement englouti le canot et le batelier Et c'est ce qu'avec son chant A causé la Lorelei
Les Nixes: Dont Lorelei est le prototype. Ce sont des esprits des eaux, qu'on peut rapprocher des sirènes nordiques, des russalki slaves, ou même de notre fée Mélusine. Le mot "nixe" semble apparenté à l'eau et au mot " nikwis" "laver" en vieil allemand. On trouve la forme Necker ( comme le ministre de Louis XVI) au moyen âge, et probablement le Neckar, la rivière qui passe à Stuttgart et Heidelberg. Les nixes peuvent changer d'apparence: humaine, poisson, serpents, et si elles (ou ils, a priori il doit bien y avoir des hommes-nixes) sont souvent perçues comme négatives, certaines légendes les considères comme bénéfiques: Leu jeu favori est d'attirer les gens près de leur rivières ou de leur étange, de les faire s'y noyer, de faire sombrer les bateaus.. mais on estime aussi que se baigner dans l'étang d'une nixe le jour de l'équinoxe de printemps est un bain de jouvence. si on s'en sort vivant bien évidemment! On les présente aussi comme musicienens et danseuse, organisant des fêtes dont le but est évidemment d'entraîner les inviter vers le lieu de leur noyade.
Les wili:
On retrouve ce goût de la musique et surtout de la danse chez les Wili, dont j'ai parlé ici et ici. Danseuses fantômes réinterprétées par Tim Burton dans les Noces funèbres, rendu célèbre par T. Gautier et A.Adam sur scène ( Giselle), Gautier ayant piqué l'inspiration chez Heinrich Heine, qui l'a emprunté lui même à l'Autriche et aux pays slaves:
« Dans une partie de l'Autriche,
il y a une légende qui offre certaines similitudes avec les
antérieures, bien que celle-ci soit d'une origine slave. C'est la
légende de la danseuse nocturne, connue dans les pays slaves sous le nom
de "willi". Les willis sont des fiancées qui sont mortes avant le jour
des noces, pauvres jeunes filles qui ne peuvent pas rester tranquilles
dans la tombe. Dans leurs cœurs éteints, dans leurs pieds morts reste
encore cet amour de la danse qu'elles n’ont pu satisfaire pendant leur
vie ; à minuit, elles se lèvent, se rassemblent en troupes sur la grande
route, et, malheur au jeune homme qui les rencontre ! Il faut qu'il
danse avec elles ; elles l'enlacent avec un désir effréné, et il danse
avec elles jusqu'à ce qu'il tombe mort. Parées de leurs habits de noces,
des couronnes de fleurs sur la tête, des anneaux étincelants à leur
doigts, les willis dansent au clair de lune comme les elfes.
Leur figure, quoique d'un blanc de neige, est belle de jeunesse ; elles
rient avec une joie si effroyable, elles vous appellent avec tant de
séduction, leur air a de si doucettes promesses ! Ces bacchantes mortes sont irrésistibles. »
Le Rattenfänger de Hameln: Connu mondialement comme "le joueur de flûte de Hamelin", en fait " l'attrapeur de rats". La ville de Hameln en Basse-Saxe, existe réellement, et apparemment le personnage du joueur de flûte est attesté des 1300, et serait une réminiscence d'une catastrophe qui s'est passée bien avant ( Glissement de terrain enpportant des habitant, épidémie de danse de Saint Guy). Toujours est-il que enfant, je connaissais la version qui se finit par l'emmurement des enfants de Hameln dans une grotte ( et la morale qu'il ne faut jamais être ingrat face à quelqu'un à qui on doit un fière chandelle, au risque de déclancher une vengeance). Mais rétrospectivement, un personnage qui entraîne les habitants au sont d'une musique, vers une mort certaine, ça rappelle beaucoup, mais alors vraiment beaucoup les danses macabres du moyen-âge. Toujours est-il que Goethe, puis les frères Grimm ont donné à cette légende locale une célébrité au delà des frontières.
- Le Poltergeist " l'esprit bruyant" est mentionné dès 1540 par Martin Luther dans "propos de table", pour désigner les phénomènes inexplicables provoqués par des esprits, voire des diables... Le mot a été popularisé tel quel en europe, mais il est archaïque en Allemagne, où on parle de "Spuk" pour ce genre de manifestations.
- Dame Trude, la sorcière: une petite fille ayant entendu parler de Dame Trude, désobéit à ses parents qui lui ont interdit d'aller la voir. Evidemment, elle y va, et tombe sur une sorcière. comment dire, les sorcières allemandes, ne font pas dans la demie mesur, celle de Hansel et Gretel engraisse les enfants pour les manger, dame Trude les change en bûches pour se chauffer.
- Le Gonger ( Gänger) de l'île de Sylt est un fantôme, la légende raconte que les marins disparus en mer reviennent hanter les vivants sous forme de Gonger, un " Spuk" qui vient annoncer sa mort à ses proches et qui harcèle les vivants jusqu'à ce qu'on se souvienne de lui. - Le Klabautermannde Bremerhaven est un lutin marin. il protège les bateaux de naufrage.. tant qu'on l'entend, tout va bien. Mais si on le voit, le naufrage est assuré - A Ludwigslust sévit un loup-garou qui attaque hommes et troupeaux. Etonamment, cette histoire ne vient pas du fond des âges, mais date de 1879, où une famille de loups-garous est supposée avoir été trouvée.. en pleine époque industrielle. - Dans le Brandenburg, les Roggenmuhme (démons de l'orge), protègent les récoltes, mais en prennent une partie. Cependant, il ne faut pas essayer de les chasser, ils détruiraient à coup sur la récolte, ils ont aussi le pouvoir d'"enfermer " les humains dans un champ et sont donc utilisés comme croque-mitaines poru effrayer les enfants. - A Bückeberg et Aachen, deux entités ont le même pouvoir: Vous sauter sur le dos et se faire transporter. Le Böxenwolf n' a pas de préférence, tandis que le Bakhauv s'assoit spécifiquement sur le dos des gens qui ont trop picolé. Une personnification maligne de la gueule de bois. -Le Bludnik de Cottbus aime vous perdre en forêt. De manière intéressente le mot sonne plutôt slave - on est pas loin de la Pologne - et me semble liée au verbe russe qui signifie "s'égarer". - A Jena une nixe, la Saalenixe ( la Saal est une rivière) vous entraîne bien évidemment au fond de l'eau. - Deux femmes particulièrement dangereuses: La Mittagsfrau, la "femme de midi" de Lübbenau, armée d'une faux, apparaît à midi, les jours d'été, dans les champs et au mieux vous fait perdre la tête au sens imagé, au pire, au sens littéral: elle décapite les paysans qui traînent dans les champs entre midi et 1 h. Elle perd son pouvoir à 1h par contre. Elle existe aussi en Pologne et République Tchèque. L'explication rationnelle, tout comme les nixes sont supposées éloigner les gens de l'eau, la légende pourrait être une mise en garde contre le risque de rester en plein soleil en été à Midi, et donc être une personnification de l'insolation. Une paysanne armée d'une faux est plus flippante qu'un coup de soleil. - A Saalfeld, c'est de Wilde Berta, Berta la sauvage qu'il faut se méfier. elle tape un peu plus bas, son truc à elle, c'est d'éventrer. Quand elle est sympa, elle se contente de salir les jupes des fileuses qui n'ont pas fini de filer tout leur lin à la fin de l'année. Evidemment, c'est aussi un croquemitaine pour effrayer les enfants un peu flemmards. - Le Nachtgigerest, ho... un croquemitaine! Tout comme le Butzemann. Il mange les enfants qui ne vont pas sagement se coucher à 22h00 au plus tard. - Le Bilmesschnitter, ou Bilwis, esprit de la nature, esprit de la maison ou démon, bénéfique ou maléfique selon les cas est le plus souvent un lutin qui peut détruire les récoltes. - Der Erkinger de Bad Liebenzell: géant, voleur et ogre. Rien que ça. Sa
grande spécialité était d'enlever les femmes de la campagne le jour de
leur mariage, il les mangeait et jetait leurs os par la fenêtre de son
château, créant une colline, le " Beinberg, littéralement la montagne
d'os ( Bein signifie os à l'origine, et a évolué pour signifier
maintenant " jambe". Mais on utilise encore "Elfenbein" " os d'éléphant" pour désigner l'ivoire). On peut d'ailleurs faire
une randonnée thématique autour de cette légende.
- Des légendes Littéraires: on ne va pas entrer dans le détail des légendes compilées par les Frères Grimm il y en a trop, mais là, je fais plutôt référence aux personnages qui sont devenus mythiques. Un en particulier et deux qui sont des variations. Le docteur Faust, bien évidemment, issu de la pièce de théâtre de Goethe éponyme, qui passe un contrat avec le diable, et vend son âme pour retrouver sa jeunesse. Inspiré d'un authentique médecin de la Renaissance allemande d'ailleurs, à la réputation sulfureuse, pensez: un mécrant! il a préféré devenir docteur en médecine que docteur en théologie. Médecin, alchimiste, astrologue, .. magicien, autant dire que oui, ça sent le soufre. L'histoire existait bien avant, les pactes avec les puisssances occultes, ce n'est pas nouveau, mais c'est vraiment Goethe qui l'a popularisé
Il a deux variantes: chez Adalbert Von Chamisso, Peter Schlemihl dans "l' histoire incroyable de Peter Schlemihl" vend son ombre, en échange d'un sac d'argent qui ne tarit jamais. Mais devenu très riche, il doit sans cesse trouver des subterfuges pour expliquer cette absence d'ombre, soit par des jeux d'éclairages qui font disparaitres toutes les ombres, soit, si on remarque cette bizarrerie, en expliquant c'est que l'autre jour un maladroit , en marchant sur mon ombre, y a fait un trou, je l'ai apporté à la retouche, mais c'est un peu compliqué à réparer, et elle n'est pas encore prête". Je vous conseille tellement ce livre :) Schlemihl apparait aussi tel quel, sans son ombre dans "Les aventures de la Saint Sylvestre "de ETA Hoffmann - et ceux qui suivent savent à quel point j'aime cet auteur! - où il est aussi question d'un portrait " volé dans un miroir" tant il est réaliste. Du reste, dans l'adaptation sur scène des Contes d'Hoffmann, la prostituée est chargée par le diable de voler le reflet du protagoniste. Âme, ombre ou reflet, c'est la même idée qui est filée.
- Der Erlkönig, le "roi des aulnes" est un esprit malfique qui a été emprunté par Goethe à un poème médiéval danois, via la traduction de Herder. Il cause la maladie et la mort
On peut aussi ajouter dans cette liste les vraies légendes, celles qui datent de la nuit des temps, fortement liées aux traditions nordiques: dieux, nains, dragons, valkyries. Comme souvent il est difficile en ce qui concerne le folklore de trancher entre ce qui est typiquement d'un pays ou d'un autre. Les liens de la culture germanique avec la culture scandinave d'un côté, slave de l'autre, sont forts, donc on retrouve tel ou tel personnage presque tel quel en Scandinavie, ou en Pologne, en république tchèque, etc...
Ce n'est évidemment pas fini avec la sphère culturelle germanique, on continue dès demain en Autriche, en allant admirer de splendides tombes.
Et une lecture imprévue qui s'est glissée dans mon programme.
Pour laquelle je retrouve mon fil rouge littéraire, l'autre Nikolaï ( décidément cette année, j'aurais été marquée par ce prénom, qu'en plus j'aime bien, y compris sa variante francophone Nicolas). Et après Théophile et Edgar, c'est presque une thématique "moustaches internationales" en ce début de mois Halloween.
En fait, cet été, dans ma ville, a eu lieu un festival de son et lumière, comme depuis plusieurs années maintenant. Et l'une des animations était faite sur la musique de Moussorgski " une nuit sur le mont chauve".. Tout en précisant " d'après une nouvelle de Nikolaï Gogol"... Euh oui, mais laquelle?
Ni une ni deux, j'ai cherché, j'ai trouvé, j'ai téléchargé et j'ai lu cette histoire d'épouvante mettant en scène un couple de paysans cosaques, un personnage diabolique et " la reine des sorcières " dont le nom n'est pas mentionné dans la traduction que j'ai trouvée, mais qui est bien reconnaissable à son isba montée sur pattes de poules: Baba Yaga. Probablement parce que les traductions gratuites sont anciennes et trafiquaient un peu pour ne pas perdre un lecteur novice du XIX°siècle, qui n'aurait pas su qui était Baba Yaga.
Cette nouvelle est tirée des " veillées du hameau près de Dikanka", largement inspirées des contes et traditions ukrainiennes.
Kolia, le joyeux drille. J'adore ces vieilles photos, ça donne une réalité à l'auteur, qui n'est plus seulement un nom sur une couverture. Il aurait même eu une bonne tête, avec un sourire, mais bon... encore un qui a eu une vie bien torturée d'auteur slave.
Un conteur très haut en couleur nous raconte une histoire, évidemment absolument vraie (que le diable nous patafiole si nous n'y croyons pas!) que racontait son propre grand père, qui la tenait de... etc...
Donc il y a très très très etc....longtemps, près du hameau de Dikanka, dans un village depuis longtemps détruit, vivait un cosaque veuf avec sa fille, la jolie brune Pidorka, et son fils Ivas, 6 ans. Pidorka avait un galant, Petro, trop pauvre pour prétendre à sa main. Le père avait donc résolu de la marier avec un riche Polonais. Apprenant cela, Petro fit donc ce que tout cosaque ferait dans ce cas: noyer son chagrin à la taverne. Où se trouvait un très inquiétant personnage, Basavriouk, à la réputation de mécréant, voire de diable.
Or Basavriouk propose un marché à Petro: de l'argent, beaucoup d'argent, bien plus que nécessaire pour pouvoir épouser Pidorka. A la condition de l'accompagner la nuit de la saint Jean (en fait, lors de la fête d' Ivan Koupala*, une fête d'origine païenne déguisée comme beaucoup d'autres en fête chrétienne), cueillir la " fleur de fougère" qui ne se trouve que cette nuit là,pour la remettre à la reine-sorcière. Cette fleur magique permet de faire de la divination et de localiser un trésor.
Ce que Petro fait, voyant alors des montagnes d'or apparaître à ses pieds... mais qu'il ne pourra obtenir qu'au prix d'un sacrifice humain. Or Petro n'est pas d'un naturel violent, et assassiner quelqu'un gratuitement n'est pas son genre. Pire, la victime qu'il doit décapiter n'est autre qu'Ivas, le petit frère de Pidorka et son futur beau-frère.
Que va-t-il faire? Je ne le dirai pas, ce serait gâcher la suite de la nouvelle.
Car ce n'est pas la seule manifestation étrange, les autres villageois assistent à des phénomènes et hallucinations causées par Basavriouk. De fait, le village entier subit sa présence maléfique.
Mais comme l'auteur fait un récit de conteur, tout ceci est entremêlé de détails pittoresques, de descriptions des innocentes festivités de village (où on mettait le feu aux jupes des filles, histoire qu'elles les enlèvent et qu'on puisse voir leurs jambes, haaaa on savait s'amuser en ce temps là!)
Et donc c'est vendredi, c'est spectacle et théâtre:N°2: on va au concert. Et voir un spectacle son et lumières dans la foulée.
Une nuit sur le mont Chauve- que beaucoup de gens connaissent via Fantasia avec un diable qui a traumatisé des générations de gamins.
Et donc la version de Moussorgski (écrite pour piano, remaniée pour orchestre par Rimski-Korsakov, rien que ça) se base librement sur cette histoire pour composer un poème symphonique narratif décrivant un sabbat de sorcières lors de la fête de Tchernobog - dieu slave des ténèbres, un peu hâtivement assimilé au diable par les autorités chrétiennes - jusqu'à ce que résonne la cloche annonçant l'aube et le retour des esprits dans leur monde ( donc un peu Halloween, un peu Walpurgis).
Comme c'est une musique narrative, elle décrit; dans l'ordre: les voix souterraines, l'apparition des esprits, l'apparition de Tchernobog, l'adoration de Tchernobog, le sabbat des sorcières, la cloche du matin, la disparition des esprits
Tchernobog "dieu noir", l'un des deux principes primitifs de la religion des anciens slaves. Le dieu de la mort, de la nuit, du mal, de la destruction. Comme comme le noir ne peut exister que par contraste avec le blanc, la nuit avec le jour,la destruction avec la création, Tchernobog a bien évidement un frère, Belbog " dieu blanc" ( oui, les noms ne sont pas très originaux!), qui représente, lui, les principes opposés. Le yin et le yang donc..
Et voilà, pour l'exhaustivité, le son et lumière sur une façade d'Avignon (la silhouette de chien n'en fait pas partie!). Evidemment ça rend moins bien qu'en réalité, mais ça reste très sympa. J'ai essayé de le filmer aussi, mais mon appareil photo n'a pas un son génial...)
* parlons donc de cette fête: Il est quand même rare qu'un dieu ait un prénom aussi banal qu'Ivan. Donc un dieu avec un prénom, ça intrigue.
De fait il s'agit d'une fête païenne dédiée à Koupalo, dieu de la fertilité et des récoltes, qui se déroulait au solstice d'été. Le nom "Koupalo" est vraisemblablement lié au verbe qui signifie " se baigner", et la fête implique justement de se baigner à la rivière, de sauter par dessus le feu, bref tout ce genre de rites purificateurs: on brûlait des vêtements appartenant aux malades en espérant se débarrasser magiquement de la maladie, les guérisseurs cueillaient des plantes médicinales et préparaient des médicaments et surtout, on festoyait, on dansait, on chantait, on picolait.. hommes et femmes allaient deux par deux cueillir les fleurs de fougères car on pensait que les fougères fleurissaient cette nuit là, indiquant l'emplacement de fabuleux trésors. Bon, les gens ne revenaient pas forcément avec une fleur ou un trésor, plutôt en ayant conclu une promesse de mariage. Bon en un sens, si tu pars avec un charmant monsieur et que tu reviens en l'appelant " mon trésor" ou équivalent ukrainien, techniquement, c'est que la magie a opéré.
Mais gare aux sorcières qui sortaient aussi jouer de mauvais tours aux humains cette même nuit.
Donc une fête joyeuse, désordonnée, et tout à fait de mon goût, qui n'a pas plu aux autorités chrétiennes, lesquelles se sont empressées, comme partout ailleurs, de la rhabiller de manière plus chrétienne en fête de Jean le Baptiste. Hop,on colle un prénom au dieu païen et on en fait un saint, on garde l'idée de l'eau et de la purification, le fait de sauter au dessus du feu, et exit les sorcières et la magie ( même si techniquement, un miracle, c'est simplement un autre nom pour un "TGCM"). De fait, cette célébration n'a pas totalement disparu, bien qu'elle déplaise toujours beaucoup aux religieux de tous bords. Il y a des mouvements " païens", qui revendiquent leur slavité,et les fêtes préchrétiennes, mais malheureusement, ils sont souvent noyautés par des groupes extrémistes politiques, et au final la sympathique fête où il s'agit de se baigner en chantant et en tressant des couronnes de fleurs se transforme en meeting politique nationaliste.