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Tout simplement parce qu'on y trouve un peu de tout, par ordre de pagaille. Cette idée de collection sans thème déterminé me plaît...

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dimanche 20 février 2011

L'Edda, récits de Mythologie Nordique - Snorri Sturluson

Collection l'aube des peuples- Editions Gallimard

1/3
Il y avait trop longtemps que l'Edda attendait que je daigne l'ouvrir, et, dites donc, voila qui fait un joli double emploi, pour le challenge 1220 ET pour le défi "Mythes et légendes".. et même pour le challenge nécrophile, puisque l'auteur est mort assassiné le 23 septembre 1271, soit il y a 770 ans à peu de choses près.

Snorri Sturluson, donc, né en 1179 en Islande, seigneur, politicien et poète, est le principal auteur, en tout cas un des rares auteurs identifiés en matière de poésie et littérature norroise médiévale. Bien qu'à l'époque de Snorri, l'Islande ait été christianisée depuis près de deux siècles, les légendes et récits païens étaient encore vivaces, et l'auteur s'en est fait le principal compilateur, avant qu'ils ne soient totalement oubliés ( rappellons au passage que l'Islande n'est indépendante que depuis1944, elle dépendait auparavant du Danemark, et les liens sont donc très forts entre la culture, la langue, les traditions islandaises et norroises continentale - danoises, norvégiennes, etc...). C'est donc principalement grâce à ses oeuvres que l'ont connait encore la cosmogonie nordique, bien qu'il se soit appuyé sur d'autres écrits qu'il cite abondamment ( principalement La Voluspa -poème mythologique anonyme, et le Vafthrudnismal, également anonyme).

Donc, l'Edda, proprement dit, est composé de 4 parties, un prologues, le Gylfaginning , le skaldskaparmal et le Hattatal. L'édition de la collection " l'aube des peuples" de Gallimard propose l'intégralité du Gylfaginning, et des extraits du Skaldskaparmal.

Dans le Gylfaginning ( mystification de Gylfi), le roi Gylfi, qui s'est vu dérober une partie de ses terres par la déesse Ase Gefion, va demander des explications à son sujet directement chez les Ases, à Asgard ( royaume des Ases), il y rencontre trois sages qui vont lui raconter,la création du monde ( très originale: tout commence par l'apparition spontanée du géant Ymir et de sa vache Audhumla au sein d'un monde glacé. Le géant se nourrit du lait de la vache, et la vache lèche les pierres givrées, d'où elle dégage peu à peu des géants, ancêtres d'Odin). Puis l'histoire de Gylfi passe totalement au second plan, le récit partant au fil de ses questions dans d'autres directions, le tout étayé régulièrement des strophes correspondantes de la Voluspa: on apprend donc successivement  l'origine des astres, des saisons, l'identité et la généalogie des principaux dieux Ases - prévoir un bloc notes, tant Odin a de noms différents!-  des précisions sur divers objets mythiques: le marteau Mjiollnir du dieu Thor, le bateau Skidbladnir du dieu Freyr. Et, après un détour par l'aventure de Thor mystifié par le géant Utgarda-loki (une mise en abyme assez virtuose au sein de l'histoire de la mystification de Gilfy), arrive enfin la conclusion: la description épique - et saignante- du Crépuscule des dieux.

Le Skaldskaparmal (art poétique), est une sorte de manuel à l'usage des poètes scaldes: prenant aussi le prétexte d'une visite de l'humain Aegir au Royaume des Ases, il déchiffre les métonymies et autres figures que tout scalde se doit de connaître, en donnant leur origine mythologique. Gallimard a choisi de sélectionner les explications sur la poésie et son origine, celles qui ont l'or pour thème ( surnommé par exemple " chevelure de Sif", "tribut de la loutre", "métal des discordes", "farine de Frodi" ou encore " semences de Kraki", entre autres...)

Tout celà est très très intéressant, bien que pas mal embrouillé, mais l'édition est enrichie d'un lexique, et d'explications très précises, y compris sur la prononciation des noms.
Et le panthéon Odinique est particulièrement réjouissant, même et j'aurais tendance à dire surtout Loki.
Loki, le dieu polymorphe malfaisant, mais pas maléfique, qui se plaît à mettre les autres dieux dans l'embarras, et à les en sortir souvent par une manière détournée, même s'il y laisse assez souvent des plumes. J'apprécie ce fait, que tout n'y est pas manichéens, que les dieux y soient mortels ( Baldr, dieu assez proche d'Apollon dans ses caractéristique, qui meurt suite à une mauvaise plaisanterie de Loki), peuvent vieillir s'ils ne mangent pas les pommes de jeunesse de la Déesse Idunn ... et puis l'Arc-en-ciel Bifrost, pont qui relie le monde des humains et le monde des dieux, j'aime cette idée! ( et d'autant plus que ça me fait irrésistiblement penser à Stairway To Heaven, Page & Plant se sont il inspirés du Bifrost? Ca ne m'étonnerait pas trop...)

Nul doute que je vais aller creuser un peu par là, pour changer un peu de la mythologie grecque que je connaissais un peu mieux. Et parallèlement, j'ai déjà repéré plusieurs titres qui m'inspirent bien dans la même collection ( mythes yakoutes, Aïnous, birmans...)

Et en plus:
auteur mort dans des circonstances particulières: assassinat politique

mardi 13 juillet 2010

Contes - H-C Andersen


Pas de couverture à fournir cette fois, il s'agit d'un vieux volume qui traînait dans ma famille depuis des temps immémoriaux, impossible de savoir exactement comment il est arrivé ici ( probablement une grand tante qui l'a acheté d'occasion aux puces, etc..)
Toujours est- il que Si les éditions du Panthéon existent toujours, la collection "Pastels" a disparu, c'est donc une petite antiquité datée de 1946 que j'ai eu entre les mains.

Passons sur le fait qu'aucun nom de traducteur n'est mentionné, ce n'était pas vraiment ce qui comptait à l'époque, et c'est un peu dommage, car il y a quelques points de détails qui me gênent et que je ne sais pas attribuer à l'auteur ou au traducteur (ou à la politique éditoriale!), ici, une nette tendance à toujours déraper dans une bigoterie un peu gênante, bref..
Donc, toujours est-il qu'à côté des célébrissimes contes tels que "La vilain petit Canard", "les Habits neufs de l'empereur", "la petite fille aux allumettes", "la petite ondine" ou "la bergère est le ramoneur", c'est un vrai plaisir de trouver des textes moins connus " les cygnes sauvages" ( j'avais vu un dessin animé sur ce sujet il y a très mais alors très longtemps, ça m'est revenu à la lecture), "l'empereur et le rossignol", "le grand Claus et le Petit Claus", ou même complètement inconnus de moi pour certains: " le sanglier de bronze", " la fille du roi de la vase", "l'éclopé", "la malle volante"et le très curieux " grand serpent de mer". "La Reine des neiges", classique parmi les classiques est un peu à part, car plus long que les autres, et plus marquant car  véritablement une aventure à épisodes..
Snoopyperplexe
Et donc, oui, je suis un peu perplexe.. Comme  je l'ai dit plus haut, j'ai du mal avec la bigoterie en général, et la version que j'ai est quand même très très axée religion, Christianisme, souffrance rédemptrice et tout.. Donc, à feuilleter dans une autre version, j'ai comme une intuition qu'une édition plus ou moins"enfantine" datée de 1946 devait suivre une politique éditoriale assez stricte..
D'autre part, assez souvent j'ai l'impression que le texte se déroule "au petit bonheur", sans vision globale et que la conclusion arrive un peu comme un cheveu sur la soupe, sans qu'on s'y attende, pas très bien amenée. La aussi, j'irais vérifier à l'occasion quelle est la part due à une traduction peut être pas très soigneuse.
Sinon, une constante qui m'étonne et me plaît: Les personnages féminins sont souvent des figures de battantes si j'ose dire, même si elles font fausse route, comme la petite Ondine qui poursuit une chimère sans vraiment bien cerner les conséquences, mais ce sont  souvent les femmes qui agissent et sauvent la mise aux hommes: Ondine, donc, qui sauve le prince de la Noyade, L'Elisa des cygnes sauvages, la seule a agir pour retrouver et aider ses frères, ou Gerda dans la Reine des neiges, qui soulève des montagnes pour retrouver son (presque) frère, ou encore la fille d'Egypte qui parcourt le monde - et échoue certes, mais après avoir tenté sa chance- pour trouver le remède qui soignera son père..
Ça fait plaisir, pour une fois, que dans un domaine en général assez sexiste, l'héroïne ne se contente pas d'attendre passivement son héros, son sauveur  pour la tirer d'une fâcheuse situation ou elle s'est d'ailleurs mise tout aussi passivement.
A part ça, j'ai tout particulièrement apprécié, bien que le connaissant déjà " Les habits neufs de l'empereur", dont l'ironie savoureuse brocarde les flatteurs politiques, "le sanglier de Bronze" pour son côté fantastique très plaisant, "l'éclopé" qui glorifie la lecture et l'ouverture d'esprit et "le grand serpent de mer", très inattendu, la vision originale qu'ont les poissons  et animaux marins de l'installation d'un câble télégraphique sous marin entre l'Europe et l'Amérique. un sujet que j'aurais plutôt attendu chez Jules Verne...
Hormis toutes considérations de traductions ou  d'éditions, une lecture plutôt plaisante, pas tellement en soi, mais plutôt par ce qu'elle a réveillé de souvenirs enfouis.. Des souvenirs de dessins animés vu il y a si longtemps, revus pour certains ( Le roi et l'Oiseau, qui développe habilement la trop courte histoire " la bergère et le ramoneur"), et la Reine des Neiges, dessin animé russe qui m'a marquée énormément ( apparemment le même studio a produit la version des Cygnes sauvages que j'avais vue) et que je voudrais tant revoir - les avis sur l'édition DVD française semblent unanimes sur le fait que c'est un massacre de la version originale, donc j'hésite...