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Tout simplement parce qu'on y trouve un peu de tout, par ordre de pagaille. Cette idée de collection sans thème déterminé me plaît...

Vous trouverez donc ici un peu de tout, de ce qui fait ma vie, mes loisirs: musique, lecture, voyages, etc...
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mercredi 26 mai 2021

L'Inde PAS pour touristes - Ardhanarishwara

Cette fois, de la vraie danse indienne: Le duo est indien, la musique est indienne, les costumes sont indiens, les instruments sont indiens, le chorégraphe est indien.



La danseuse a une tenue et une expressivité qui me plaisent beaucoup et le danseur... me plaît beaucoup tout court. Tout à fait charmant et tout à fait mon genre, ce monsieur, c'est un petit bonus qui fait toujours plaisir :)

Et voilà une super occasion de parler de mythologie: comme je ne savais pas ce que signifiait ce titre, que je ne parle pas l'hindi, mais que j'entends Shiva et Shakti... je viens d'aller chercher et c'est passionnant!

Le titre Ardhanarishvara fait référence à une représentation particulière de Shiva "à demi féminin", donc androgyne. Et il faut absolument que j'aille me renseigner sur ce sujet, l'androgynie dans les différentes cultures m'intéresse énormément. 

La page en anglais est bien plus développée que celle trop succincte en français. Donc, si je comprends bien, les deux danseurs interprètent non pas deux personnages distinct mais les deux aspects, femme et homme, de la même divinité composite (ce qui expliquerait qu'il y a ait beaucoup de mouvements en parallèles et des postures quir appellent les statues). Vraiment composite: divisé verticalement en deux moitiés:

En général la moitié féminine est à droite de la statue (à gauche pour le personnage, donc)


The Ardhanarishvara (Sanskrit: अर्धनारीश्वर, Ardhanārīśwara) is a composite form of the Hindu deities Shiva and Parvati (the latter being known as Devi, Shakti and Uma)
Ardhanarishvara est une forme hybride des divinités indiennes Shiva et Parvati (aussi appellée Devi, Shakti et Uma)

Shakti (sanskrit IAST : śakti ; devanāgarī : शक्ति ; pali : satti ; tibétain : yum, nus-ma) est un terme qui signifie « pouvoir », « puissance », « force »1. Dans l'hindouisme, ce mot désigne l'énergie féminine, le principe actif et extériorisé d'une divinité masculine.

Forcément, si le mot qui désigne le principe féminin signifie " force, puissance", je ne peux qu'adhérer totalement à ce point de vue :)

Ardhanarishvara represents the synthesis of masculine and feminine energies of the universe (Purusha and Prakriti) and illustrates how Shakti, the female principle of God, is inseparable from (or the same as, according to some interpretations) Shiva, the male principle of God, and vice versa.
Ardhanarishvara représente la synthèse des énergies masculine et féminine de l'univers, et illustre la manière dont Shakti, le principe féminin du dieu est inséparable de Shiva, le principe masculin du dieu, et vice versa (ou est le même, selon certaines interprétations)

Plus rarement, les deux moitiés sont inversées, Shiva à gauche, Shakti à droite ( en prenant son point de vue)

Les animaux qui les accompagnent sont des vâhana ( montures), le taureau blanc est celle du dieu, et le lion ou le tigre, celle de la déesse.

Il va vraiment falloir que je me penche un peu plus sur la mythologie indienne, j'ai repéré quelques e-books intéressant d'Alain Danielou, je viens de voir que " mythes et dieux de l'Inde" existe en version numérique

mercredi 19 mai 2021

L'Inde, côté cuisine: Khumb matar massala et Aloo Gobi

 Parce que si la cuisine indienne est réputée, ce n'est pas sans raison.

Il faut savoir que j'adore la scuisine épicée, très épicée, et il y a des années ( voire décennies) de ça, on m'a offert un gros livre de cuisine sur les épices, qui est ma bible.
Et je fais moi-même mes mélanges d'épices, qui sont bien meilleurs que ceux du commerce.

paru en 2000, mais épuisé, on peut encore le trouver en ligne en occasion


Evidemment, il m'a d'abord fallu constituer une étagère à épices, traduction: des dizaines de pots, pas 3 et demi qui font la tête dans un coin de meuble. Et il m'en manque encore ( j'ai un mal fou à trouver du macis par exemple, donc je remplace par la muscade). Ceci dit devinez ce que j'ai ramené de voyages en Guyane, au Japon, en Turquie ou au Maroc. 

Exact. Des épices et condiments.

Là, c'est un peu le souk, j'ai pris la photo après avoir fouillé :D
une autre partie,  celles que j'utilise le plus souvent, est dans un carrousel à épices sur la table, à portée immédiate.

Donc voilà déjà de quoi faire avec le curry
Dites moi en commentaire si vous arrivez à ouvrir et agrandir l'image pour lire le détail

et le garam massala


Ce sont des recettes parmi d'autres, chaque grand-mère indienne a probablement SA recette meileure que celles des autres.
Et comme les grands-mères indiennes, je ne suis pas forcément les indications de quantités, pour suivre les unités de mesure suivantes " à mon goût", " au pif" ( et ce n'est pas une image, c'est vraiment à l'odeur), " à peu près" " 1 cuillère de X our 2 cuillères de Y" " j'ai pas assez ce ci, donc je mets plus de ça"
Et comme ma mère aime le piment mais le craint, je fais du curry sans piment, il est à part, et chacune en rajoute à sa convenance.
Ce qui fait vraiment la différence avec les mélanges du commerce c'est de griller à sec les épices.

Et une fois qu'on a les mélanges, que faire pour sortir de l'habituel poulet au curry?

Voilà deux plats végétariens, un au curry un au garam massala.

Khumb matar massala (curry de petits pois et champignons). Ce plat est une de mes recettes fétiches, qui a plu à tous ceux qui l'ont goûté, ouaip!
Je n'ai pas le détail de la recette, elle était dans un recueil de cuisine indienne qui a eu un accident d'inondation. Donc je la fais de mémoire. Mais voilà quelque chose de très proche.
Khumb matar Massala
ma version est plus simple: petits pois, champignons ail oignons revenus ensemble, on ajoute la purée de tomate et le curry (maison, evidemment!), on laisse bien mijoter et selon le goût, on ajoute du yaourt ou de la crème de coco.
Pas de photo, car je ne l'ai pas fait ces jours-ci.
Ce plat, comme le suivant, peuvent d'ailleurs se faire avec des légumes congelés ou en conserve. Evidemment, ce sera meilleur avec des légumes frais, mais, je fais souvent une version express, pour me sauver la mise, quand j'ai une boite de petits pois, une de champignons et une de tomate.


Aloo Gobi, une recette végétarienne à base de chou fleur, pommes de terres et garam massala ( entre autres épices)

C'était bon et, à mon avis, ce sera encore mieux demain... enfin, le peu qu'il en reste ;)
Et oui, les choux fleurs étaient congelés, même pas honte.

Voici la recette indienne des aloo gobi, un plat végétarien. C'est une recette de cuisine délicieuse à base de pommes de terre et de chou-fleur cuisinés avec des épices indiennes. C'est un plat indien facile et rapide à réaliser à la maison.
Ingrédients
2 pommes de terre moyennes, pelées et coupées en cubes
15 ml (1 c. à soupe) d’huile végétale
2 ml (1/2 c. à thé) de graines de cumin
5 ml (1 c. à thé) d’ail émincé
5 ml (1 c. à thé) de pâte de gingembre
5 ml (1 c. à thé) de curcuma moulu
2 ml (1/2 c. à thé) de paprika
2 ml (1/2 c. à thé) de cumin moulu
4 ml (3/4 c. à thé) de garam masala
sel au goût
500 g de chou-fleur
250 ml (1 tasse) de tomates en boîte, hachées
60 ml (1/4 tasse) de coriandre fraîche, hachée
Préparation
1 Blanchir les pommes de terre de 5 à 7 minutes et réserver.
2 Dans une poêle, chauffer l’huile à feu moyen. Ajouter les graines de cumin, l’ail et la pâte de gingembre, et cuire environ 1 minute. Ajouter les pommes de terre.
3 Ajouter le curcuma, le paprika, le cumin, le garam masala et le sel. Couvrir et cuire de 5 à 7 minutes.
4 Ajouter le chou-fleur et les tomates. Baisser le feu et couvrir. 5 Poursuivre la cuisson 10 minutes ou jusqu’à ce que les pommes de terre et le chou-fleur soient tendres. Remuer.
6 Incorporer la coriandre fraîche au moment de servir.
Trouvée ici: https://www.facebook.com/VoyagezAvecVinay/posts/1894217580785788

samedi 15 mai 2021

L'Inde, côté linguistique

Forcément, si je ne proposais pas un sujet linguistique, ce ne serait pas moi!

Je vous rassure, je ne vais pas vous lister les 270 langues recensées ( mais probablement bien plus, de fait, car la frontère entre langue et dialecte est floue). 22 sont officielles, dont l'anglais et l'hindi, la plus largement répandue des langues autochtones.
Donc rassurez vous, vous pourrez voyager en Inde même sans parler hindi. Et même si vous ne parlez que français, il y a encore des francophones du côté de Pondichéry.

Par contre j'aime beaucoup la chaine " I love languages", un projet d'un anglais, si je ne me trompe pas, qui grandit de plus en plus et a pour ambition de proposer des enregistrement dans un maximum de langues. Des locuteurs de langues rares ont proposé d'ajouter la leur, et on se retrouve avec des enregistrements de langues en voie de disparition, parlée par moins de 50 personnes au monde. Et il y a aussi beaucoup de dialectes.

Dans la mesure du possible, ce sont toujours les mêmes textes qui sont enregistrées: premier article de la déclaration des droits de l'homme, ou, s'il n'est pas traduit, un extrait de la bible ( ça, en général,ça a été traduit par les missionnaires qui voulaient convertir un maximum de gens), les chiffres, les salutations de bases, le vocabulaire comme les couleurs, les réalités naturelles ( genre soleil, lune, nuages, ciel, terre..). Toujours accompagné d'un petit personnage stylisé en tenue locale, sur fond de drapeau ou de motifs traditionnels.
Les enregistrements sont toujours faits par des locuteurs natifs ( enfin, sauf dans les cas de reconstitution de langues anciennes, évidemment). Ici, le nombre de locuteurs ne concerne pas l'Inde en particulier, mais la langue, donc il faut compter avec les locuteurs à cheval sur de pays ( le kashliri est parlé aussi au Pakistan, par exemple) et avec la diaspora, parfois sur d'autres continents (ne serait-ce que les indiens qui habitent en Grande-Bretagne, et parlent une de ces langues)

Et donc, écoutons quelques langues:

voilà pour les localiser: vert, groupe indo-européen ( ou parfois appelé indo-iranien)
Orange: langues tibéto-birmanes Rose: langues dravidiennes

L'hindi: groupe indo-européen, 322 millions de locteurs natifs d'hindi ou de ses dialectes, + 270 millions qui l'apprennent comme langue seconde.


L'hindi a d'ailleurs une journée nationale: le 14 septembre, instaurée par Nerhu en 1953. Ce jour là sont organisé des concours littéraires et culturels dans les lycées et université, des prix sont remis aux personnes qui ont oeuvré pour la promotion de la langue.

L'ourdou: groupe indo-européen, 69 millions de locuteurs +101,5 millions de locuteurs de langue seconde

Le Pendjabi: groupe indo-européen 125 millions de locuteurs, sans plus de détails.

L'assamais: groupe indo européen , 15 millions de locuteurs

Le kashmiri: groupe indo européen, 7 millions de locuteurs

Le Tamoul: groupe dravidien, 71 millions de locuteurs natifs + 6 million de locuteurs de langue seconde.



A compléter, au fur et à mesure de l'apparition de nouvelles vidéos :)
MAJ: compter de 1 à 10 dans les 22 langues officielles ( et on entend clairement la parenté des langues du groupe indo aryien avec les langues d'Europe de l'ouest, alors qu'il n'y a aucune parallèle possible avec celles des groupes dravidien, austroasiatique et sini tibétain



Il en manque évidemment beaucoup, puisque j'ai volontairement limité à cette seule chaine mais je vais quand même faire un petit bonus.
Ici, un monsieur qui s'est spécialié en "bardcore" soit des reprises de chansons contemporaines en style ancien (par exemple du ABBA en grec attique ou Immigrant song en vieux norrois). Il s'avère qu'il est originaire de l'état de manipur, et locuteur natif d'une langue assez rare: le poula ( moins de 180 000 locteurs) et qu'il a fait une reprise d'une chanson de the Smiths dans sa langue natale. C'est un bon exemple de ces très nombreuses langues régionales indiennes, méconnues, qui se cachent dans l'ombre des langues officielles. Hop , Morrissey and the Smith, en poula

Poula: groupe sino-tibétain, un peu plus de 187 000 locuteurs en 2011.


J'ai volontairement gardé de côté le sanskrit qui n'est pas une langue réellement parlée, mais une langue ancienne et liturgique. Il y a même probablement plus de gens qui l'apprennent dans le monde entier qu'en Inde, que ce soit pour des études archéologiques et histoirique, ou le plus souvent, parce qu'ils sont profs de yoga.

Bonus:2 : Carnets d'Inde, langues écrites, langue parlées, où l'on peut entendre certaines des langues qui manquent à l'appel ici (petit documentaire en français, 25 minutes) et en apprendre plus sur la politique linguistique du pays. Je pense que je reviendrais sur cette série de documentaires.



Et si vous appreniez une langue indienne?

Je ne vais pas mentir, il est possible de l'apprendre seul et en ligne gratuitement, mais ce sera le plus souvent à partir de l'anglais.
Pour l'instant ce n'est pas ma priorité, mais qui sait, si un projet de voyage s'annonce un jour...

L'Hindi: un site très complet: Learning hindi. Il dispose outre, les leçons avec audio, d'un drive où télécharger des livres pour enfants et comencer à mettre en pratique les connaissances

50 languages : le site de Goethe Verlang, un éditeur allemand, mais l'interface existe en français. Par contre, c'est un glossaire et il ne vous apprendra pas à réellement faire des phrases. Mais ce peut être un moyen d'entendre et de découvrir l'hindi, le bengali, le kannada, le tamoul, le marathi, le télougou,le pendjabi ou l'ourdou

Même Assimil ne propose que l'hindi, l'ourdou et le tamoul. Par contre il propose le sanskrit

A surveiller: l'Ilara, branche en ligne de l'institut des langues rares de Paris, qui a été créé l'an dernier ( comme quoi la pandémie et les confinements ont des effets inattendus) risque de proposer des choses très intéressante à la rentrée. Ils sont en train de développer leur offre ( qui ne concerne pas d'ailleurs euelement les langue très lointaines géographiquement, il y a eu des cours de "parlers du croissant", donc berrichon, bourguignon, les langues régionales situées à la limite des zones d'oc et d'oil), l'objectif estd e valoriser les langues peu parlées, peu décrites ou disparues. et je connais 2 personnes qui y suivent des cours de vieux norrois) Il n'y a pas grand chose concernant l'Inde pour l'instant, mais avec la quantité possible de langues ares à explorer, ça m'étonnerait qu'iln'y en ai pas un jour.
Par contre il y a un cursus d'initiation à la littérature sanskrite ( disponible en cours d'année, car en direct de la Sorbonne) et de tibétain classique ( même organisation) l'INALCO, le grand spécialiste des langues orientales et France n'a que l'hindi et l'ourdou en cours du soir ou stages à Paris ( ils commencent à réfléchir à développer une offre de diplômes à distance, mais seulement en Swahili, Hebreu et MAlgache pour le moment, et pas d'annonce non plus concernant de possibles nouveaux moocs)

lundi 10 mai 2021

L'Inde pour touristes - la cas de la Bayadère

 Parce que dans la foulée de la découverte de ce défi indien, j'ai dit à Hilde " le seul sujet que je pourrais faire pour le moment, c'est autour de la Bayadère, j'ai du regarder ce spectacle pour un cours, et c'est vraiment l'Inde pour touristes, vue par les gens du XIX° siècle".

Et dans le fond, ce n'est pas une si mauvaise idée. Parce que c'est assez symptômatique d'une époque, où il suffisait de transposer les normes européennes dans un autre pays, on dit que l'histoire se passe là-bas, on donen des noms inhabitueles - mais pas indiens pour deux ronds- aux personnages, on colle vaguement un turban au héros, une tenue qui rappelle un sari à l'héroïne, on dit qu'il revient de la chasse au tigre et est invité chez le Maharajah et hop! C'est indien!

Et ce genre d'orientalisme a touché pas mal de pays, au fur et à mesure qu'on les découvrait: Perse, Arabie, Chine, Japon... Il fallait que ça soit loin et différent, mais pareil quand même. Que ce soit en littérature, en peinture, en théâtre, en danse et que sais-je encore.
Rembobinons.
A l'automne dernier, je parlais de Giselle, spectacle inspiré d'une légende allemande sur une musique d'Adolphe Adam, un argument de Théophile Gautier, où une danseuse trompée par son petit ami, meurt et revient se venger sous forme de spectre.
Quel rapport?
On prend la même histoire, presque à la ligne près, on transpose ça en Inde, on rajoute un serpent et de l'opium, et hop, ni vu ni connu!
Un général nommé Solor ( oui, je vous l'ai dit, c'est pas super indien) fréquente une danseuse de temple, nommée Nikiya. Sauf qu'il va se marier avec Gamzatti ( on dirait une marque de voiture italienne, mais bon), la fille du rajah local. Evidemment, les deux femmes  sont en rivalité et l'humiliation arrive lorsqu'on demande à Nikiya de danser pour les noces de sa rivale avec son Jules à elle. Lors de la fête Gamzatti qui fait genre " on fait la paix", fait remettre à sa rivale un beau panier de fleurs pour la remercier. Panier de fleurs dans lequel il y a un serpent, qui la mord, et elle meurt.
Le héros, qui n'a pas trop compris ce qui s'est passé est quand même un peu horrifié de voir sa nana mourir sous ses yeux, et se réfugie courageusement dans la fumette pour oublier. Mais il fait un mauvais trip, et voit le fantôme de Nikiya qui revient le hanter accompagné de plein d'autres danseuses fnatpomes et..
Hé bien, ça finit là, apparemment il y avait à l'origine une suite, plus axée sur la vengeance des dieux , qui a été aggloméré au 3° acte, donc on conclut vite fait*

Autant j'avais bien aimé Giselle, qui n'était pas trop long, autant là, j'ai eu beaucoup beaucoup plus de mal. Justement parce que je me suis auparavant intéressée à la danse indienne. Et que là..
Donc ça dure 2 heures, 3 actes, et encore, le spectacle d'origine en faisait 4, il a été raccourci. Le problème est le second acte très long et qui n'apporte pas grand chose narrativement, la mort de la danseuse arrivant dans les 5 dernères minutes après une successions de tableaux d'animations sans liens entres elles au banquet du rajah ( je comprend, on a un corps de ballet entier, faut que tout le monde passe sur scène, mais...pfff, tu regardes ta montre). alors que j'ai bien aimé l'acte 1, narratif, et le 3° un peu long, mais narratif aussi.
En tout cas je ne m'attendais pas à voir le héros se fumer un narguilé d'opium sur scène, c'est punk, cette histoire!

* enfin, conclussion.. ça dépend de la version que vous regarderez, il y a deux fins différentes, comme souvent dans ce genre de spectacle
Version 1: Le héros se réveille après sa nuit de fumette, constate qu'il est foutu, contraint de se marier avec la fille du Rajah, et les dieux, qui n'ont pas trop apprécié qu'on assassine une de leurs danseuses sacrées, font s'écrouler le palais sur la tête des invités. Hop, mort de tout le monde.
Version 2: le héros fait une overdose à l'opium.

En cherchant pour voir le spectacle en entier, je suis tombé sur la seconde version, qui est plus couramment mise en scène. Ca m'a paru bizarre. J'ai vérifié, c'est rigoureusement impossible.
Et pour cause, on s'endort avant. On peut se blesser suite à une fumette, parce qu'on tombe en s'endorman, ce qui est exactement la raison pour laquelle les gens fumaient couchés sur des coussins. On peut être malade par accoutumance, avoir de gros problèmes de santé, être dénutri... mais ça ce n'est pas possible, surtout qu'on ne parle pas d'une grand mère au coeur fragile, mais d'un héros jeune et solide.

Et c'est un des problèmes: cette histoire est un gros patchwork et les coutures se voient. on prend tout ce qui évoque de près ou de loin l'Inde, et on l'utilise, sans trop se poser de questions de vraisemblance.

Nikiya est une bayadère, terme qui n'a absolument rien d'indien mais vient du portugais, mais sous lequel étaient désignées en occident les Devadasi, les authentiques danseuses de temple. Problème des devadasi, il y en a .. des quantités de sortes, selon la manière dont elles étaient entrée dans leur carrière: de leur plein gré par dévotion, par pauvreté ( pour être logées et nourries), parce qu'elles étaient orpheline et n'avaient donc pas de famille pour s'occuper d'elle, par contrat ( et donc salariées..)
Celle du spectacle est présentée comme une sorte de nonne à l'européenne qui a donc fait voeu de célibat et ne peut pas fréquenter un homme. Problème: la réalité est inverse. Les devadasi avaient des avantages absolument supérieurs à ceux de la majorité des femmes indiennes, mariées de force par leurs parents, et puvaient sortir avec qui elles voulaient - bon probablement dans la limite de ne pas officialiser la chose, ou que le monsieur ne soit pas marié par ailleurs, mais déjà, c'était une grosse différence avec les autres.
Ce qui vu au prisme de l'Angleterre coloniale à donné " femme qui peut choisir = femme facile => prostituée". Surtout dans le pays du kamasutra. Evidement, qu'avec la liberté de choix, certaines voyant arriver de riches anglais n'ont pas eu de scrupules à arrondir les fins de mois. Qui leur en tiendrait rigueur...
Mais comment faire une histoire avec une femme qui peut sortir sans problème avec qui elle veut, il n'y aurait pas d'intrigue! Et puis ça aurait choqué les bonnes moeurs, il faut de plus absolument que l'héroïne soit pure chaste et tout le tableau pour .. rendre sa rivale, riche et caractérielle, qui triomphe ouvertement encore plus détestable aux yeux du public.
Mais cette histoire a transité par.. l'Allemagne, car elle s'inspire en fait ( si j'en crois la personne qui a organisé le cours auquel j'ai assisté) de Der Gott und die Bajadere, un texte de Goethe. Qui a été adapté au théâtre, en danse, etc.. et a tourné en Europe pendant le premier tiers du XIX° siècle, popularisant l'image d'Epinal de la danseuse hindoue comme symbole du pays au même titre que les tigres et les éléphants.
Autre adaptation bien connue à l'époque, Sakountala de.. ho qui voilà, mais c'est Théophile Gautier qui a adapté une pièce de théâtre d'un auteur indien du V° siècle, inspiré par une tournée en Europe d'authentiques danseuses indiennes, dont les danses lui ont beaucoup plus, certes, mais dont il ne devait pas franchement avoir les clefs de compréhension.

Donc que se passe-t-il quand on a un sujet à la mode, propulsé par un auteur en vogue. Il ne faut pas longtemps pour voir apparaitre tout un tas de variations autour du même sujet dont le public, friand  d'exotisme, redemande: il y a des pépettes à se faire.
Et on se retrouve donc avec ce spectacle complètement hybride: une histoire qui se passe en Inde, inspirée d'un poème allemand, et d'un livret d'un auteur français d'après une pièce indienne, montée sur scène en Russie par un chorégraphe marseillais sur une musique d'un compositeur autrichien, dans les décors d'un italien.

photo du décor de 1900. Y'avait des moyens au théâtre, à l'époque!

Parce que oui, crevons l'abcès et parlons de la musique. Elle est parfois très sympa. Mais absolument pas d'inspiration indienne. Pas une note ne sonne indienne. Par contre elle évoque très bien le jour de l'an à Vienne, Leon Minkus est un pur contemporain de Johann Strauss fils, et de ses frères. Et sans préciser le nom de l'auteur, la confusion serait très facile. (Je suis pliée de rire en voyant que le même a composé une musique de scène pour un spectacle intitulé "les Pilules magiques". Il y a comme une thématique avec le narguilé et l'opium, non?)
Mais ça n'aide franchement pas à apprécier.
Version du théatre Bolchoï un peu dépoussiérée. Avec la fin n°2. En 2010.


Donc voilà, la danseuse qui tient le rôle de la.. danseuse se nomme Nadjeda Gratchova, la fille du rajah se nomme Maria Allash, et le héros.. je ne le présente plus :)  Il va sans dire que j'ai cherché une version où j'ai au minimum une raison de regarder jusqu'au bout. Donc oui, vous avez deviné: le grand Kolia. Mais même avec son talent, il m'a fallu couper l'oeuvre en trois, je n'ai pas encore atteint le stade de regarder un spectacle entier de danse classique d'un coup.

Et pour compléter: la fin N°1, avec une petite cerise sur le gâteau ( toujours théâtre Bolchoï, mais en 1997. Le même, 13 ans plus tôt). Là il y en a pour 2minutes 50, et vous verrez tout de suite ce que je veux dire en parlant de la musique pas du tout indienne. Le passage est très beau, la flûte a un son magnifique, mais...c'est de la musique symphonique 100% européenne.

Attention les yeux, wow!
Ce qu'il fait à la toute fin est de la pure improvisation, tellement bien amenée qu'on jurerait que ça a été prévu comme ça.. et il s'est fait sonner les cloches pour avoir osé improviser.

Il y a une petite anecdote: Il expliquait par ailleurs qu'il s'agissait d'un petit pied de nez aux critiques qui venaient au spectacle, ne suivaient pas l'intrigue, s'extasiaient bruyamment dès qu'une danseuse montrait un brin de souplesse, au mépris de tous les autres spectateurs. Et se désintéressaient a peu près totalement de tout le reste. Ah, vous voulez de la souplesse? :D Talents d'acteur, sens de l'humour et dos en caoutchouc, oui, c'est une vedette, à tous les sens qu'on donne à l'expression en français. J'assume totalement ma fanitude!
(Soit dit en passant en voyant ça j'ai enfin compris comment faire le pont, les gymnastes vont trop vite pour qu'on décompose le mouvement, et on ne me l'avais jamais expliqué quand je faisais de la gym! Je partais des lombraires en cambrant au niveau de la taille, du bas vers le haut, il part en cambrant au niveau des dorsales, du haut vers le bas le mouvement est plus fluide et, je suppose, moins risqué. Magnifique! Bon je n'ai plus la souplesse nécessaire pour faire le pont, mais au moins j'ai compris)

Je reconnais, les deux principales danseuses sont aussi très bien et font vivre leurs personnages. Mais pffff ce second acte.

Il y a d'ailleurs un passage du qui attire en ce moment les foudres de pas mal de monde pour cause de ... racisme: la danse des négrillons, où les petits rats, dansent grimés en petites servantes noires. Donc blackface, ça ne va pas.
Le passage a été renommé " danse des servantes" pour essayer de calmer le jeu. Bon le problème reste, ça ne passe plus au XXI° siècle. Mais on peut aussi pointer que tout est cliché dans cette histoire. Les indiens pourraient franchement se plaindre de la manière dont sont dépeints leur pays et leur traditions, et du monceau de clichés pour touristes. Donc que faire, enlever tout ce qui n'est plus possible de nos jours? supprimer simplement le spectacle du répertoire? Le garder tel quel en faisant de la pédagogie et en expliquant aux gens que les moeurs ont changé depuis le XIX° siècle? Le présenter comme un témoignage moins sur l'Inde que sur l'orientalisme et la manière de penser l'étranger à une époque où on commençait à peine à découvrir les cultures étrangères, et où fatalement on les adaptait aux goûts du public? a
Je pense que cette dernière option serait bien plus intéressante que la censure " on met tout sous le tapis et on fait comme si ça n'avait jamais existé"


Le thème du séminaire auquel j'ai assisté était passionnant, " Les transferts culturels entre France et Russie à travers l'exemple de la danse" ( il y avait un autre sujet sur le tango en URSS, un sur le cas du prélude à l'après midi d'un faune, etc..) et autant j'ai trouvé le spectacle peu convainquant, autant j'ai adoré en savoir l'histoire.
Je me creuse la cervelle d'ailleurs pour trouver un sujet de mémoire de master qui exploite cette idée de transfert culturel, peut être via la musique, c'est tout à fait dans mes centres d'intérêts via ma formation de FLE.



challenge indien "les étapes indiennes"

 Les examens sont presques finis,  ce qui ne veut pas dire que je vais avoir beaucoup de temps libre ( gros gros gros projet en cours de finalisation pour la rentrée).

Mais me revoilà un peu sur mon/mes blog(s).
Et je découvre tout à fait par hasard un challenge indien chez Hilde.
Sachant que normalement en mai, c'est le mois italien, en juin, c'est le mois anglais, que le mois japonais d'avril se prolonge en mai...
Je vais quand même essayer d'avoir quelques particiations. a priori je n'aurais pas de stage d'un mois cet été, les examens n'ont pas pris de retard et en croisant les doigts, je ne devrais pas avoir de rattrapage. Donc tout en maintenant mes activités habituelles linguistique, je vais pouvoir refaire le tour du monde en lectures/ films cuisine, etc...

Et l'Inde, ben.. j'en avais parlé l'an dernier en mettant à l'honneur la danse indienne et Shiva pour le côté mythologique. C'est un pays qui me tente immensément, bien que je ne lui ai pas encore consacré de sujet.

Et jusqu'au 5 janvier prochain, on nous propose 18 étapes indiennes (+ une au tibet). Je ne pourrais évidemment pas participer à tout, mais j'ai déjà quelques idées.
C'est ici que ça se passe

Et le récapitulatif

donc, les étapes. Je pense qu'il y aura une étape culinaire, une sur la mythologie, un film, et de la musique, forcément.

Étape N°1 : Épices et saveurs des cuisines indiennes

N°2 : Enquêtes indiennes

N°3 : Découverte de l’Inde avec des nouvelles

N°4 : Nos Étapes communes (Billets communs et LC à organiser ensemble)

N°5 : Découverte de l’Inde en BD

N°6 : Jeunesse indienne

Étape N°7 : Films, séries, animation

N°8 : Mythologie et contes de l’Inde

N° 9 : Récits d’expatriés, de migrants, de réfugiés

N°10 : Saga /romans historiques

N°11 : Des romans qui nous font voyager

N°12 : Protection de la nature, animaux

N°13 : Récits et livres de voyages

N°14 : Un match de cricket

N°15 : Pour Halloween et Noël

N°16 : Pour rire

N°17 : Pour les amatrices et amateurs de SF

N°18 : Musique et danse


Étape au Tibet


Et voilà les quelques sujets où je parlais d'Inde, donc je mettrais à jour ce sujet avec les nouveaux...Et tiens, je vais rajouter à quelles étapes ils auraient pu être rattachés

lectures
Mircea Eliade - Minuit à Serampore (une histoire de fantômes dans l'Inde coloniale, par un auteur roumain. Attention ovni!) Etape 15

L'auteur indien le plus connu méritait bien sa photo. Et c'est pas mal de rappeller qu'il n'a pas été vieux toute sa vie.

R. Tagore - Histoires de fantômes indiens
( avec un riz au curry en prime) Etape 15
R. Tagore - Aux bords du Gange Etape 3
R. Tagore - Chârulata Etape 11

Danse, musique...
La Danse de Shiva étapes 8 et 18
La Bayadère Etape 18

Autres
L'Inde côté linguistique
L'inde côté cuisine: Curry de petits pois et Aloo gobi