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Tout simplement parce qu'on y trouve un peu de tout, par ordre de pagaille. Cette idée de collection sans thème déterminé me plaît...

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mardi 20 septembre 2011

Hotaru T. 1 et 2 - Satoru Hiura

Il y avait pas mal de temps que je n'avais pas lu un manga récent ( par récent, je veux dire qui ait moins de 15 ans d'âge). Les sorties récentes ne me tentaient pas plus que ça, encore du shonen de baston en  X volume ou de la comédie sentimentale lycéenne au kilomètre. Bon, mais j'avais repéré ce titre, en me disant pourquoi pas, j'ai donc tenté le coup quand j'ai trouvé les 2 premiers volumes d'occase.

Et c'est assez sympa, dans le genre comédie sentimentale, certes, mais au moins les personnages sont adultes et évoluent dans le monde du travail, c'est déjà un bon point, même si l'héroïne de 28 ans a parfois des réactions dignes d'une ado.

Mais commençons par le scénario, plaisamment absurde: Hotaru, 28 ans, employée de bureau modèle dans une société de déco intérieure, toujours tirée à 4 épingles, cache bien son jeu. Sitôt rentrée chez elle, elle redevient Hotaru la souillon, qui s'envoie bière sur bière en trainant en vieux tee shirt informe dans un appartement qui ressemble aux écuries d'Augias. Vous vous reconnaissez? Oui, moi aussi ( sauf pour la bière). Une vie peinarde et presque sans souci, sauf que bien évidemment, Hotaru est une fille, une vraie, avec un vrai coeur de midinette, une qui soupire au passage du beau gosse de service et que son célibat travaille ( ça c'est déjà beaucoup moins mon style).
La dessus s'ajoute LE coup de théâtre improbable qui vient bousculer le quotidien pépère de Hotaru: le fils du propriétaire de l'appartement qu'elle loue arrive avec armes et bagages, car sa femme l'a fichu à la porte. Et bien évidemment, il s'avère qu'il s'agit du chef de service de Hotaru. Voilà donc notre miss pagaille obligée de cohabiter avec son patron, le chef Takano, 41 ans, qui s'avère être un maniaque du rangement, doublé d'une langue de vipère. Le duo mal assorti, un grand classique de la comédie, donc. Mais il s'avère que ça marche plutôt bien, la confrontation quotidienne de "poisson séché" (Hotaru vue par le chef) et du "vieux" (le chef vu par Hotaru) n'est bien sur pas de tout repos, mais assez drôle. Car bien sur le chef fait tout pour se débarrasser de son encombrante squatteuse, à commencer par la pousser dans les bras du fameux beau gosse de service ( un personnage au demeurant plutôt sympathique, mais assez terne dans ces deux premiers volumes).

Donc pour l'instant, un manga pas révolutionnaire, mais assez frais et sympathique, qui me rappelle en fait un peu les premiers volumes de Kimi wa Pet (pour rappel, une wonder woman qui n'aime rien tant que glandouiller en regardant le catch à la télé se retrouvait à cohabiter avec un jeune homme de caractère totalement opposé au sien).
Et comme Kimi wa pet, qui partait pourtant bien mais qui perdait beaucoup en délire sur les derniers volumes,  je crains qu'Hotaru ne se dilue aussi beaucoup par la suite, à moins de bifurquer en introduisant de nouveaux personnages et en les développant au lieu de rester centrés sur le trio principal? Heu, j'en doute, en fait. Car oui, bien sûr, je sens gros comme une maison venir le triangle amoureux, quand Hotaru finira par se rendre compte que son maniaque de chef est bourré de qualités bien cachées en plus d'être pas mal/ classe/ probablement riche/ chef ( bref tout ce qui peut intéresser une office lady standard).

Edition: Attention ce qui suit dérive méchamment en hors sujet, vous voilà prévenus:

Ceci dit, bien que pour l'instant le scénario soit prévisible, mais je peux me tromper et je l'espère, ça reste frais et sympa, l'humour marche bien pour peu qu'on soit bien disposée, et c'est parfois plus subtil que ce qu'on pourrait attendre. Mine de rien, le propos sur la société japonaise est assez cynique, on est quand même dans un pays où l'opinion publique est assez féroce avec les gens qui ne rentrent pas dans le moule, et ou la pression sur les femmes est omniprésente. Je suis finalement assez contente de vivre en France, où on ne traite pas ouvertement les célibataires de plus de 30 ans de "poissons séchés" ou de "chiens perdants". Bon, ici c'est juste un peu plus faux-derhce la pression sociale existe de manière plus souterraine ( genre il y a quelques jours un reportage sur ces gens bizarres, vous savez, le femmes qui ne veulent pas d'enfants dans un pays ou la fécondité est de 2 enfants par femme, pour qui rappeler que nous sommes ultra minoritaires..et regardez, elle, ça fait 5 ans que son mari essaye de la faire changer d'avis sans y arriver...
bref, j'ai eu envie de jeter ma télé par la fenêtre en gueulant " ha ouais? c'est quoi le prochain sujet? les punks ne sont pas tous drogués? les gothiques ne sont pas suicidaires? les gays sont des gens comme les autres? Les esthéticiennes comme les gonzesses plus connes qu'une blonde, les mecs encores plus cons qu'une esthéticienne comme beaucoup de mecs,Y'en a des biiiiens, y'en a des biiiiens" 
J'te jure: vivre sa vie comme on l'entend, du moment que c'est différent de la norme,devient un reportage de société, oui, je suis célibataire, non je ne veux pas d'enfants, oui je suis décroissante et anti nucléaire, non je ne suis pas une hippie attardée, et je vous emmerde! Haaaaa ça fait du bien; et oui je sais, j'ai cité Didier Super, tant pis pour ceux qui n'aiment pas, j'aurais pu mettre bien pire  :D

Donc bon, je m'égare c'est vrai. Tout ça pour dire que si le propos est léger en apparence, une problématique autre affleure là dessous et que j'aimerai bien qu'elle soit exploitée. Enfin, c'est pas du Kyoko Okazaki non plus, je ne pense pas que Satoru Hiura aille vraiment gratter là où ça fait mal. Mais c'est déjà un rien plus subtil que le "BD de fille" à la mode en ce moment sous nos latitudes, pour reprendre le débat qui a eu lieu récemment chez Choco (puis surtout, ça fait plaisir d'avoir pour une fois un personnage qui avoue la quarantaine, même s'il fait plus jeune. Le chef est pour l'instant clairement mon préféré, avec son sens de l'humour assez féroce, le manga serait largement moins drôle s'il n'était pas là.. et puis un mélomane, cinéphile, qui aime faire la cuisine, on peut passer sur sa maniaquerie)
Je ne pense pas cependant que je suivrai régulièrement ce manga, sauf si je trouve les autres volumes en occasion, pour voir comment ça évolue sur la durée ( bon au moins, l'héroïne se trouve un Jules dès le chapitre 2, au moins ça,  c'est fait, ça ne durera pas des tomes entiers). Wait and See.

lundi 25 avril 2011

Otaku Girls tomes 1 et 2 - Natsumi Konjoh

21/30, plus que 9 et c'est gagné :)
Vite, vite, le challenge BD finit ce mois ci, il est grand temps de mettre un peu le turbo, voila donc 2 tomes de plus. On retourne au Japon avec un manga parodique dont j'avais lu Beaucoup de bien ici et là, Otaku Girls, de Natsumi Konjoh, qui aborde le sujet de l'Otaku en version féminine et sur le mode de la rigolade.

 Problème: ça reste quand même un shôjô au dessin ultra classique, qui va nous parler d'amourettes lycéennes. Autant dire qu'il ne part pas gagnant, car ce genre de cadre commence à me fatiguer sérieusement.
Donc nous avons d'un côté le lycéen standard, Abe, qui par un concours de circonstance assez marrant devient le modèle attitré de Rumi Asai, seule membre du club d'arts plastiques de son lycée. Rumi est sympa, pétulante, voire un peu trop, et le naïf Abe en pince vite pour elle. Mauvaise pioche: Rumi est une Fujoshi, une fille otaku, fan de yaoi ( histoires d'amour homosexuelles plus ou moins sentimentales ou plus ou moins hot selon le cas), et elle voit le monde à travers le prisme de sa passion. Et se persuade donc qu'Abe est en couple avec son meilleur ami, mascotte du lycée, poursuivi par toutes les filles du coin, et qui voit l'occasion de se débarrasser de ses admiratrices pot de colle. Le trio est d'ailleurs vite rejoint par Matsui, une autre otaku, qui a du mal à assumer son obsession pour la série Gundam notamment, et va tenter de pousser Rumi dans les bras d'Abe, afin de se réserver l'autre garçon. Vous suivez? non? c'est normal! Vous n'êtes pas otaku, tant mieux pour votre santé mentale.

Car il faut bien le dire, le titre ne parlera pas à tout le monde, ce n'est pas la peine d'insister si déjà les mots "shojo, otaku, et yaoi" vous laissent perplexes. Et c'est bien là le problème. Autant le début est assez sympa, avec quiproquos rigolos, autant ça tourne très vite en rond, laissant de côté le lecteur qui n'est ni familier, ni spécialement fan de l'univers en question. et le manque d'un mini lexique (par exemple pour "otome road" quartier de Tokyo surnommé ainsi " la rue des jeunes filles", pour son grand nombre de librairies spécialisées, oui, je suis passée là bas un peu par hasard, c'est vrai qu'il y en a à la pelle, aux vitrines décorées d'affiche sans équivoques.. ou plutôt très équivoques).
D'autre part comme je ne suis absolument pas fan de Yaoi, et autres du même style (en fait, ce qui compte pour moi, c'est le scénario, et on ne peut pas dire que le Yaoi brille en général par cet aspect, en tout cas le peu que j'ai pu voir). Donc ça reste quand même très "private joke", le lecteur se retrouve vite dans la peau du héros qui ne comprend rien au fonctionnement des deux folles-dingues. Sauf qu'il persévère. Ce que je ne vais surement pas faire. Apparemment il y a7 volumes, je lis un peu partout que ça se dégrade vers le 4 ou le 5°, sauf que l'ennui pointe déjà son nez dès la moitié du premier pour moi. Ce quatuor de choc qui se veut original sombre déjà dans la banalité, avec des situations téléphonées au possible, on devine déjà la fin, qui dérive sur une très banale double histoire d'amour bien plate, avec héroïne barrée mais finalement très fleur bleue pour ne pas dire potiche.

En fait ce titre aurait pu me plaire mais il est arrivé après d'autres parodies qui m'ont plus parlé: Switch Girl, plutôt drôle bien qu'inégal sur le côté négligé que cache toute fille digne de ce nom -impossible de ne pas s'y reconnaître un peu-, et surtout Host Club ( ne fuyez pas devant ce titre qui laisse présager le pire), qui tire à boulets rouges sur tous les clichés du manga lycéen, et même du manga tout court, des scénarios improbables, des films de yakuza, des jeux vidéos, avec cette fois, une héroïne pas potiche du tout, et une autre otaku, beaucoup plus drôle.
oui car Natsumi Konjoh est une mangaka

Ceci étant, je laisse donc Otaku girls à celles à qui le sujet parlera, vu le concert de louanges, j'ai du passer complètement à côté du titre, tant pis. Je vais de ce pas retourner aux bons gros mangas de baston, tiens, ça me changera, un peu de violence gratuite!
(z'avez vu comment j'annonce bien le prochain sujet BD?)

mercredi 16 mars 2011

Le pavillon de l'aile ouest - Sun Jiayu & Guo guo

Allez, en ces temps de morosité ambiante, on va se faire du bien avec un Manhua, sans prétention, mais sympathique, frais, printanier, joli tout plein...
Ca s'appelle "le Pavillon de l'aile ouest" et c'est édité chez Xiao Pan , spécialiste francophone ( ou seul éditeur?) de BD chinoise.
Donc, "le pavillon de l'aile ouest" est adapté d'une pièce de théâtre classique de Wang Shifu, elle même tirée d'une nouvelle du X° siècle.

l'histoire se passe dans la ville de Pu Zhu, au IX° siècle. Tout ce que la cité compte d'hommes célibataire est en émoi: on annonce l'arrivée imminente de la très convoitée Ye Pianpian, fille de haut fonctionnaire ( et donc excellent parti!), qui a la réputation d'être une très jolie fille, bien que personne ou presque ne l'aie jamais vue. En effet, a cette époque, il était exceptionnel qu'une femme de bonne famille se montre en public, hormis pour les fêtes religieuses. Et donc, tous ces messieurs espèrent faire bonne impression et attirer l'attention de la belle. Tous sauf un. Chen Yuqin, étudiant très prolongé, amateur de grasses matinées et de siestes au soleil, n'est pas plus emballé que ça par la nouvelle: il se méfie des femmes de la haute société après une expérience malheureuse auprès de l'une d'elle qui s'est révélée être acariâtre, capricieuse et dénuée de la moindre compassion.
Et comme vous vous en doutez, c'est exactement celui qui s'en fiche le plus qui va avoir l'occasion de rencontrer la fille, qui s'avère souriante, pétulante, amatrice d'art, cultivée et douée pour la conversation, bref parfaite pour un intellectuel qui s'intéresse autant sinon plus à ce qu'une femme a dans la tête qu'à son joli minois ( enfin, bon, oui, elle est jolie, ça ne gâche rien!).
Mais évidemment la belle est déjà fiancée, comme le veut la coutume, à un homme qu'elle ne connaît pas, notre héros va devoir ruser pour conquérir non la fille - qui vit tellement coupée de toute réalité qu'elle est prête à se laisser séduire par le premier qui sait user de belles paroles - mais sa mère, afin de lui faire rompre les fiançailles avec un homme du reste infréquentable, porté sur les femmes, l'alcool et la drogue.

Dit comme ça, ça n'est pas très original, et en effet, ça ne l'est pas, rappelons quand même que la trame remonte au IX° siècle. Mais par contre la bonne surprise, ça finit BIEN! au vu des résumés qui le présentait comme un Roméo et Juliette à la chinoise, je craignais une énième histoire d'amour malheureux, contrecarrée par X malfaisants, avec force drames, larmes et suicides. Et bien non! Le scénario ne casse pas trois pattes à un canard, il faut dire qu'il a surement été très élagué pour tenir sur un seul volume, surtout sur la fin ( j'avoue que j'espérai un poil plus de rebondissements avec la méchante soeur du fiancé délaissé), on sent qu'il s'adresse à des gens qui connaissent le sujet sur le bout des doigts. Mais du coup le scénario est un peu léger, d'autant qu'il y a pas mal d'illustrations pleine page
Au reste,l'élagage sauvage, c'est aussi ce que je reprochais déjà à "la nuit du fantôme", édité chez le même Xiao Pan, ou pour le coup, l'intrigé était trop complexe et la narration trop dure à suivre. Là on a pas ce problème, c'est quand même du cousu de fil blanc.

et malgré tout j'ai bien aimé: Car, d'abord il faut le dire le dessin est  en général plutôt joli ( sauf, parfois au niveau des yeux des personnages), la colorisation tout en tons de brun, pêche, et vert clair fait très printanière. L'héroïne est mignonne et pas cruche, sa suivante est pétulante et effrontée ( limite je serais à la place du héros, j'aurais choisi la deuxième), et j'aime bien le personnage masculin, plutôt "cool , y'a pas le feu au lac", du genre qui se repose d'avoir passé sa journée à glandouiller en faisant une sieste bien méritée. Héros malgré lui parce qu'il a eu l'idée de s'occuper en relevant un défi qui lui était lancé par un collègue, puis qui sauve l'héroïne et impressionne la mère presque par hasard, parce qu'il passait là au bon moment.

19/30, on s'approche!
Donc oui, rien de bien inoubliable, mais qui a eu le mérite de me faire passer un bon moment de par son côté décontracté, sans drames saignants, et parce que la dessinatrice qui est avant tout illustratrice spécialisée dans les costumes, et dont c'est la première vraie BD s'est vraiment fait plaisir dans son domaine. Et toujours à souligner l'excellente qualité des ouvrages Xiao Pan: beau papier épais, notices explicatives, choix d'illustrations pleines pages pour compléter...

et une première lecture pour le Défi women BD par la même occasion..
edit: et, quelques autres images à la demande générale de Geishanellie, pas de la bd elle même, mais du recueil d'illustrations qui l'accompagne, plus fignolé, forcément.
page de garde
le héros

deux illus que j'aime bien