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Pourquoi le Cabinet de curiosités?
Tout simplement parce qu'on y trouve un peu de tout, par ordre de pagaille. Cette idée de collection sans thème déterminé me plaît...
Vous trouverez donc ici un peu de tout, de ce qui fait ma vie, mes loisirs: musique, lecture, voyages, etc...
Bonne lecture
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Affichage des articles dont le libellé est masse critique. Afficher tous les articles
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dimanche 12 juillet 2015
Genre et jeux vidéo - collectif
Reçu dans le cadre de Masse Critique la promesse d'une étude sur le genre et les jeux vidéos était alléchante. Et de fait, cet ouvrage l'aborde sous deux angles, avec 5 chapitres à chaque fois: la représentation du genre dans les jeux vidéos et la problématique du genre du côté des joueurs hommes ou femmes. Mais, car il y a forcément un mais...
Je dois dire que je ne m'attendais pas tout à fait à ça en lisant la présentation. Car en fait il s'agit d'articles d'universitaires, assez pointus. D'une part ça fait plaisir de voir le jeu vidéo considéré comme une production digne d'être étudiée autant qu'une autre, mais d'autre part.. c'est parfois assez ardu à suivre. Et quand je dis parfois, c'est plutôt, la plupart du temps
En fait, plus que d'une étude dur les problématiques de représentation du genre ou des phénomènes de sexisme de la communauté geek comme le laissait entendre la 4° de couverture, il s'agit d'une série d'articles, écrits dans le style universitaire, avec parfois du jargon, et tout le temps la prose caractéristique des actes colloque ou des interventions de séminaire. Je viens de voir qu'en effet, le livre fait suite à un colloque. Présentation du sujet, intro, développement , conclusion, et cette bonne vieille distanciation à la 3° personne du singulier que je trouvais déjà artificielle quand je devais le faire dans mes copies d'examen. Peut-être du fait de connaître les ficelles, je les vois encore plus et.; elles me paraissent même encore plus artificielles qu'avant: " d'abord nous allons voir.. puis nous étudierons.. en enfin nous aborderons ..."
L'autre gros problème de cette manière décrire ( vraiment je jurerais qu'il s'agit d'une compilation d'actes de colloque), c'est qu'un grand nombre des articles fait référence à d'autres écrits.; qui ne nous sont pas communiqués, juste une note de bas de page nous indique où trouve la référence.. parfois dans d'autres actes de colloques, ou mémoires impossibles à se procurer hors du circuit universitaire ( publication de machin, université de chose, telle année).
La plupart des articles s'adressent à des spécialistes sinon du jeu vidéo, du moins de la sociologie qui pourront éventuellement se référer à d'autres écrits. Le lecteur lambda comme moi manque de point de référence ( plusieurs articles par exemple prennent comme base la préconnaissance supposée de l'article de Laura Mulvey " Visual pleasure and narrative cinema" de 1975) Une étude donc, déjà ancienne, qui a heureusement été traduite, du cinéma au prisme de la psychanalyse et du féminisme militant de ces années là. Certes. Pourquoi pas. Un étudiant ou une étudiante en cinéma pourra éventuellement en avoir entendu parler, sans forcément l'avoir lu. Pareil pour quelqu'un qui étudie le féminisme d'un point de vu sociologique. Mais ne serait ce que quelqu'un qui étudie l'informatique? Ou la programmation?
(enfin, du temps où j'étais étudiante en linguistique, j'étais loin de lire tous les articles mentionnés dans tous les cours.; 24h/ jour n'y auraient jamais suffi! C'est à peu près pareil dans tous les domaines si j'en crois mes camarades d'autres sections...)
Je suppose que le public visé est étudiant ( je ne connaissais pas la maison d'édition PUM. Il s'agit des Presses universitaires méditerranéennes). Ca n'est pas inintéressant, ça m'a donné des pistes de jeux, certains un peu anciens à tester si je les trouve ( Braid, qui me tente énormément non pas pour son approche de l'idée de genre, mais bien plutôt parce que l'article met en avant sa narration très originale et ses références inattendues à mille lieues de ce qu'on pourrait attendre d'un sujet a priori classique de princesse à sauver. Ou Portal que j'ai toujours cru être un simple FPS.. Bayonetta a l'air bien drôle aussi dans son délire poussé au maximum)
Après au niveau de mon ressenti personnel hé bien.. assez souvent ça me passe au dessus: d'une part parce qu'ayant commencé ma vie de joueuse avec des choses comme Pong ou Pac Man ( qui malgré son nom ne m'est jamais apparu sous une autre apparence que celle d'une tranche de fromage,ou d'une part de gâteau jaune ). D'autre part parce que si mon état civil indique bien que je suis une femme, je ne me définis pas en tant que telle à a priori. Là en général j'ai droit à la question ultra-prévisible:
"mais alors tu te définis comme un homme?"..
Non, comme un être humain, comme un individu, et c'est plus important que de se définir par ses chromosomes. J'aurais une nette tendance à être neutre ( je ne pense pas qu'il existe même un équivalent à l'anglicisme Gender Neutral). Le marketing genré me donne des boutons vu que je ne me reconnais jamais dans les clichés proposés, quand à savoir si telle ou telle qualité est supposée être féminine ou masculine, je n'en ai strictement aucune idée. Donc quand un des articles prétend que le jeu vidéo est une activité typiquement de sphère féminine parce qu'il sollicite une utilisation fine de la main j'ouvre des yeux ronds en disant "QUOI???" Je me demande où ils ont pêché ça. Je travaille dans un musée de peinture médiévale, il n'y a pas une seule peintre exposée, et pour cause, les femmes ne faisaient pas de peinture. Qui requiert une utilisation fine de la main pourtant. Et que je sache, il n'y a aucune preuve que tailler des silex au paléolithique était réservé aux femmes.
J'aimerais bien en fait qu'on m'explique,, mais sérieusement, comment les sociologues en sont arrivés à cette conclusion. De sphère humaine, oui d'accord, parce que je ne vois pas comment faire sans pouce opposable. Et ça n'est qu'un exemple, mais il y a d'autres choses du même acabit, que je ne comprends simplement pas. Je n'arrive pas à y voir le typiquement féminin ou typiquement masculin, j'ai plutôt l'impression que c'est une question d'affinités et d'aptitudes personnelles, de goût. Mais encore je le répète, je me considère en priorité comme être humain, et j'ai tendance à considérer les autres comme ça aussi, probablement une question d'éducation assez neutre, du coup les référentiels qui vont paraître peut-être évidents à d'autres m'échappent vraiment, et je galère à mort sur certains articles en me disant que ça doit être moi qui aborde le truc de manière faussée.
Donc un livre pas inintéressant, mais d'un niveau un peu trop ardu pour moi, pour diverses raisons.
mardi 6 janvier 2015
A la recheche de Peter Pan - Cosey
Dernier envoi dans le cadre de masse critique " collection signé", je réalise ma chance d'avoir été choisie: 5 BDs gratuites dans l'année.
J'avoue avoir eu plus de mal à choisir les 2 dernières, je me suis précipitée pour les 3 premiers choix sur ce qui me tentait le plus. Le 4° " Histoire sans héros", pris un peu par défaut m'avais bien plu, j'ai par contre moins apprécié ce dernier choix.
"A la recherche de Peter Pan " n'a en fait que peu de rapport avec le livre de JM Barrie, si ce n'est que le Héros, Melvin, l'a emmené pour le relire en voyage.
Dans les années 30, Melvin est anglais d'origine serbe, et jeune auteur prometteur. Ses deux premiers romans ont eu un certain succès, et le voilà parti à la recherche d'un sujet et d'une inspiration au fin fond d'un village perdu dans le Valais, en Suisse.
Mais, l'inspiration ne vient pas vraiment, et on découvre vite pourquoi il est venu à cet endroit précis. Il fait en quelque sorte un pèlerinage sur les traces de son demi frère Dragan, mort à cet endroit la quelques années plus tôt. Dragan était musicien, et envoyait régulièrement pas mal d'argent à sa famille aux moyens modestes pour que le petit frère fasse des études et puisse poursuivre son rêve d'être écrivain. Mais comment Dragan avait-il fait fortune en étant simple pianiste d'hôtel. C'est ce que Melvin va découvrir , mais la vérité n'est pas toujours très reluisante.
Et les montagnes cachent des mystères, à l'image de ces sources chaudes où on peut, avec un peu de chance, apercevoir une jolie fille qui se baigne, alors que l' hiver n'est pas terminé. Entendre de la musique, en pleine nuit, au salon d'un hôtel déserté. Ou bien, rencontrer au hasard d'un chemin un fuyard, soupçonné de faire partie d'un gang de faux-monnayeurs. et il faut aussi compter avec le glacier qui craque et menace de rompre à tout moment, engloutissant la vallée, le village et ses habitants, d'ailleurs , il parait que c'est ce qui s'est passé cent ans plus tôt..
donc on le voit, peu de référence directe à Peter Pan, hormis le livre de Melvin et le fait qu'il voit dans son frère un écho du personnage de Peter Pan ( et que le glacier soit vaguement associé à l'idée du dieu Pan). enfin, c'est quand même un peu tiré par les cheveux.
Mais autant j'ai adoré le cadre: les montagnes, la neige, le Baptistin recherché qui se planque en montagne, la menace du glacier qui craque, autant l'histoire d'amour entre Melvin et Evolena la sauvageonne m'a profondément ennuyée.
Pour tout dire, c'est surtout le fait que les personnages hormis Melvin - et encore - manquent de caractérisation qui me posent problème. On en revient au cliché habituel: le héros voit la fille et en tombe aussi sec amoureux parce qu'elle est jolie. Et comme par la suite elle ne dit pas vraiment grand chose ni n'a aucun trait qui ressorte, ben...oui, je m'en fiche un peu.
C'est dommage parce qu'au final cette histoire d'amour un peu cliché prend une place que j'aurais préféré voir allouée à l'histoire des faux-monnayeurs, ou au fait que cette société de village souvent perçue de l'extérieur comme idéale ne l'est pas du tout. Ce qui est mentionné dans la préface, agrémentée de photos anciennes. Après avoir lu la préface, je m'attendais presque à une sorte de western des montagnes suisses, et... non. il y a très peu de personnages, certains n'ont qu'une ligne de dialogue, difficile dans ce cas de les prendre en sympathie, eux et leur désarroi devant l'obligation de fuir une nature imprévisible. Oui j'aurais préféré aussi un scénario qui mise sur ce point là par exemple, là j'ai l'impression qu'il veut en faire trop: la quête du frère, la file du lac, les faux-monnayeurs, le syndrome de la page blanche, tout en gardant un rythme contemplatif, et en seulement 2 tomes ( l'édition est en fait un recueil d'une BD originellement parue en 2 tomes)
Au final, un demi échec pas un échec total, parce que je l'ai dit, dans le fond, je n'en attendais pas grand chose), mais le graphisme est plutôt sympathique, classique, mais rend bien l'immensité des paysages alpestres, à l'image de la jolie couverture.
J'ai choisi, ça n'a pas vraiment été une bonne pioche cette fois, c'est le jeu! Je dirais que des 5 volumes que j'ai reçus, ceux que j'ai préférés sont Western et Miss Endicott, suivis par Afrika.
J'avoue avoir eu plus de mal à choisir les 2 dernières, je me suis précipitée pour les 3 premiers choix sur ce qui me tentait le plus. Le 4° " Histoire sans héros", pris un peu par défaut m'avais bien plu, j'ai par contre moins apprécié ce dernier choix.
"A la recherche de Peter Pan " n'a en fait que peu de rapport avec le livre de JM Barrie, si ce n'est que le Héros, Melvin, l'a emmené pour le relire en voyage.
Dans les années 30, Melvin est anglais d'origine serbe, et jeune auteur prometteur. Ses deux premiers romans ont eu un certain succès, et le voilà parti à la recherche d'un sujet et d'une inspiration au fin fond d'un village perdu dans le Valais, en Suisse.
Mais, l'inspiration ne vient pas vraiment, et on découvre vite pourquoi il est venu à cet endroit précis. Il fait en quelque sorte un pèlerinage sur les traces de son demi frère Dragan, mort à cet endroit la quelques années plus tôt. Dragan était musicien, et envoyait régulièrement pas mal d'argent à sa famille aux moyens modestes pour que le petit frère fasse des études et puisse poursuivre son rêve d'être écrivain. Mais comment Dragan avait-il fait fortune en étant simple pianiste d'hôtel. C'est ce que Melvin va découvrir , mais la vérité n'est pas toujours très reluisante.
Et les montagnes cachent des mystères, à l'image de ces sources chaudes où on peut, avec un peu de chance, apercevoir une jolie fille qui se baigne, alors que l' hiver n'est pas terminé. Entendre de la musique, en pleine nuit, au salon d'un hôtel déserté. Ou bien, rencontrer au hasard d'un chemin un fuyard, soupçonné de faire partie d'un gang de faux-monnayeurs. et il faut aussi compter avec le glacier qui craque et menace de rompre à tout moment, engloutissant la vallée, le village et ses habitants, d'ailleurs , il parait que c'est ce qui s'est passé cent ans plus tôt..
donc on le voit, peu de référence directe à Peter Pan, hormis le livre de Melvin et le fait qu'il voit dans son frère un écho du personnage de Peter Pan ( et que le glacier soit vaguement associé à l'idée du dieu Pan). enfin, c'est quand même un peu tiré par les cheveux.
Mais autant j'ai adoré le cadre: les montagnes, la neige, le Baptistin recherché qui se planque en montagne, la menace du glacier qui craque, autant l'histoire d'amour entre Melvin et Evolena la sauvageonne m'a profondément ennuyée.
Pour tout dire, c'est surtout le fait que les personnages hormis Melvin - et encore - manquent de caractérisation qui me posent problème. On en revient au cliché habituel: le héros voit la fille et en tombe aussi sec amoureux parce qu'elle est jolie. Et comme par la suite elle ne dit pas vraiment grand chose ni n'a aucun trait qui ressorte, ben...oui, je m'en fiche un peu.
C'est dommage parce qu'au final cette histoire d'amour un peu cliché prend une place que j'aurais préféré voir allouée à l'histoire des faux-monnayeurs, ou au fait que cette société de village souvent perçue de l'extérieur comme idéale ne l'est pas du tout. Ce qui est mentionné dans la préface, agrémentée de photos anciennes. Après avoir lu la préface, je m'attendais presque à une sorte de western des montagnes suisses, et... non. il y a très peu de personnages, certains n'ont qu'une ligne de dialogue, difficile dans ce cas de les prendre en sympathie, eux et leur désarroi devant l'obligation de fuir une nature imprévisible. Oui j'aurais préféré aussi un scénario qui mise sur ce point là par exemple, là j'ai l'impression qu'il veut en faire trop: la quête du frère, la file du lac, les faux-monnayeurs, le syndrome de la page blanche, tout en gardant un rythme contemplatif, et en seulement 2 tomes ( l'édition est en fait un recueil d'une BD originellement parue en 2 tomes)
Au final, un demi échec pas un échec total, parce que je l'ai dit, dans le fond, je n'en attendais pas grand chose), mais le graphisme est plutôt sympathique, classique, mais rend bien l'immensité des paysages alpestres, à l'image de la jolie couverture.
J'ai choisi, ça n'a pas vraiment été une bonne pioche cette fois, c'est le jeu! Je dirais que des 5 volumes que j'ai reçus, ceux que j'ai préférés sont Western et Miss Endicott, suivis par Afrika.
jeudi 9 octobre 2014
Histoire sans héros & Vingt ans après - Dany & Van Hamme
4° lecture dans le cadre du partenariat entre la collection Signé et Babelio.
C'est cette fois un album double que j'ai eu la chance de recevoir.
Histoire sans héros, paru initialement en 1977 nous raconte la lutte pour la survie d'un petit groupe de rescapés d'un crash aérien, perdus en pleine jungle amazonienne.
A cette époque le sujet est encore dans toutes les têtes, si l'on pense au crash bien réel d'un avion en 1972, dans lequel les joueurs d'une équipe de rugby n'avait dû sa survie qu'au fait de manger leurs camarades qui n'avait pas survécu.
Ici, pas de nécrophagie, mais l'isolement, les moustiques, le rationnement, les pumas qui rodent et attaquent mettent les nerfs à rude épreuve, et révèlent la part d'ombre, voire de cruauté, la lâcheté et la mesquinerie de certains, ou au contraire, un courage que personne n'aurait pu soupçonner, et surtout pas l'intéressé d'un autre.Surtout lorsque parmi ces antihéros se trouve un général corrompu venu d'une obscure dictature sud-américaine, à la gâchette facile, et qui fait tout pour continuer à se la couler douce.
C'est grâce indirectement à Jules Verne et à un gamin qui a sauvé " 5 semaines en ballon" que les naufragés vont échafauder un plan de la dernière chance: construire un ballon et s'enfuir par la voie des airs. Tout plutôt que crever de faim et de soif en pleine jungle.
Même s'il n'y a pas officiellement de héros, certains ressortent plus que d'autres: l'acteur en fin de carrière, la prof de math, l'homme d'affaire chinois, le général, le gamin, l'hôtesse de l'air ( ils ont des noms, mais ça n'a aucune importance), surtout dans la postface qui apporte un autre point de vue sur cette histoire. Une postface signée... Largo Winch, oui, le héros récurrent de Van Hamme et Philippe Francq. J'aime beaucoup cette idée, ce croisement entre une histoire indépendante et une série d'un même auteur.
Vingt ans après, paru lui en 1997, soit donc, 20 ans après revient à son tour sur ces événements.
C'est d'ailleurs impressionnant de voir l'évolution du dessin de Dany entre les deux!
Les quelques survivants du crash qui avaient réussi à fuir n'ont pas forcément réussi à oublier. Certains s'en sortent bien: le gamin devenu PDG, l'homme d'affaire chinois devenu représentant de son pays à l'ONU, d'autres ont sombré, dans la dépression ou la drogue. Ou on choisi un autre chemin en s'engageant dans la religion.
On commence par un prologue qui se passe juste quelques mois après Histoire sans héros, ou Maria, la prof de Math et Bob l'aventurier, repartent pour tenter en vain de localiser le dernier survivant qui s'est sacrifié pour permettre aux autres de s'enfuir et est resté dans jungle.
Vingt ans après, et à des kilomètres de là, à Israël, un événement qu n'a a priori rien à voir va les forcer à faire face à leurs souvenirs traumatisants: une vieille dame qui a survécu au camp de Treblinka vient de reconnaître formellement son tortionnaire sous le déguisement bien sous tous rapport du représentant canadien , d'origine allemande, de l'organisation mondiale de la paix. Problème les documents qui auraient permis de l'identifier formellement on disparu, sauf.. une copie microfilmé que transportait l'un des passagers lors du crash.
Les services secrets vont donc les traquer pour essayer de retrouver dans l'immensité de la jungle l'épave de l'avion.
Sauf que.. L'ancien nazi qui s'est refait une virginité politique est toujours en contact avec une organisation néonazie qui a tout intérêt à faire échouer ces recherches.
Je dois dire que j'ai BEAUCOUP moins aimé cette suite. Le premier tome ne partait pas du tout dans ce sens, la seule note politique était donnée par le général, et la seule évocation d'espionnage tournait autour de lui. Et encore l'espion identifié comme tel dans le 1° tome et celui identifié comme tel dans la suite, sont 2 personnes différentes. A croire que cet avion contenait un certain nombre de gens qui avaient des choses à se reprocher!
Là , il y a trop de choses: le complot, les anciens nazis, les néonazis, les cartels de la drogue, le scénario va a toute allure, se balade d'un bordel de Thaïlande à un village de femmes girafes, avant d'aller à Panama city, puis dans une léproserie au bord de l'Amazone, jusque dans un village indigène du fin fond de la jungle..
Ca fait trop. déjà que je ne suis pas franchement fan de tout ce qui touche à l'espionnage...Donc malgré le dessin plus abouti que ce soit au niveau des personnages ou des décors, j'ai eu du mal à accrocher.
Je note juste la phrase de Laurent dans la seconde partie, qui me plaît bien car j'adore les méta-références: " pour moi c'est comme si je relisais une vieille bande dessinée un peu oubliée". Je note aussi la référence à Jules Verne d'un côté.. et à Alexandre Dumas de l'autre.
Pour moi, c'est cet excès d'ambition qui est un peu dommage: les thèmes abordés dans le tome 2 n'étaient absolument pas en germe dans le tome 1, qui de fait est resté un one-shot pendant 20 ans. Donc je trouve la suite un peu tirée par les cheveux question scénario, trop pleine à ras-bord de thèmes, et trop rapide, question rythme, ce qui fait tomber à plat les retournements de situations ( j'ai fini par dire à haute voix pendant ma lecture "quoi, encore un traitre ?!Ah non, encore un faux traitre qui se fait passer pour un vrai traitre".. Même au cinéma, ce genre de facilité me gêne). Alors qu'Histoire sans héros jouais sur le côté huis-clos en pleine nature et sur les relations qui se nouent et les tensions qui s'exacerbent entre des personnages de caractère opposé, ce qui me parle plus. En un sens, en passant sur le plan espionnage, le récit perd en originalité.
C'est cette fois un album double que j'ai eu la chance de recevoir.
Histoire sans héros, paru initialement en 1977 nous raconte la lutte pour la survie d'un petit groupe de rescapés d'un crash aérien, perdus en pleine jungle amazonienne.
A cette époque le sujet est encore dans toutes les têtes, si l'on pense au crash bien réel d'un avion en 1972, dans lequel les joueurs d'une équipe de rugby n'avait dû sa survie qu'au fait de manger leurs camarades qui n'avait pas survécu.
Ici, pas de nécrophagie, mais l'isolement, les moustiques, le rationnement, les pumas qui rodent et attaquent mettent les nerfs à rude épreuve, et révèlent la part d'ombre, voire de cruauté, la lâcheté et la mesquinerie de certains, ou au contraire, un courage que personne n'aurait pu soupçonner, et surtout pas l'intéressé d'un autre.Surtout lorsque parmi ces antihéros se trouve un général corrompu venu d'une obscure dictature sud-américaine, à la gâchette facile, et qui fait tout pour continuer à se la couler douce.
C'est grâce indirectement à Jules Verne et à un gamin qui a sauvé " 5 semaines en ballon" que les naufragés vont échafauder un plan de la dernière chance: construire un ballon et s'enfuir par la voie des airs. Tout plutôt que crever de faim et de soif en pleine jungle.
Même s'il n'y a pas officiellement de héros, certains ressortent plus que d'autres: l'acteur en fin de carrière, la prof de math, l'homme d'affaire chinois, le général, le gamin, l'hôtesse de l'air ( ils ont des noms, mais ça n'a aucune importance), surtout dans la postface qui apporte un autre point de vue sur cette histoire. Une postface signée... Largo Winch, oui, le héros récurrent de Van Hamme et Philippe Francq. J'aime beaucoup cette idée, ce croisement entre une histoire indépendante et une série d'un même auteur.
Vingt ans après, paru lui en 1997, soit donc, 20 ans après revient à son tour sur ces événements.
C'est d'ailleurs impressionnant de voir l'évolution du dessin de Dany entre les deux!
Les quelques survivants du crash qui avaient réussi à fuir n'ont pas forcément réussi à oublier. Certains s'en sortent bien: le gamin devenu PDG, l'homme d'affaire chinois devenu représentant de son pays à l'ONU, d'autres ont sombré, dans la dépression ou la drogue. Ou on choisi un autre chemin en s'engageant dans la religion.
On commence par un prologue qui se passe juste quelques mois après Histoire sans héros, ou Maria, la prof de Math et Bob l'aventurier, repartent pour tenter en vain de localiser le dernier survivant qui s'est sacrifié pour permettre aux autres de s'enfuir et est resté dans jungle.
Vingt ans après, et à des kilomètres de là, à Israël, un événement qu n'a a priori rien à voir va les forcer à faire face à leurs souvenirs traumatisants: une vieille dame qui a survécu au camp de Treblinka vient de reconnaître formellement son tortionnaire sous le déguisement bien sous tous rapport du représentant canadien , d'origine allemande, de l'organisation mondiale de la paix. Problème les documents qui auraient permis de l'identifier formellement on disparu, sauf.. une copie microfilmé que transportait l'un des passagers lors du crash.
Les services secrets vont donc les traquer pour essayer de retrouver dans l'immensité de la jungle l'épave de l'avion.
Sauf que.. L'ancien nazi qui s'est refait une virginité politique est toujours en contact avec une organisation néonazie qui a tout intérêt à faire échouer ces recherches.
Je dois dire que j'ai BEAUCOUP moins aimé cette suite. Le premier tome ne partait pas du tout dans ce sens, la seule note politique était donnée par le général, et la seule évocation d'espionnage tournait autour de lui. Et encore l'espion identifié comme tel dans le 1° tome et celui identifié comme tel dans la suite, sont 2 personnes différentes. A croire que cet avion contenait un certain nombre de gens qui avaient des choses à se reprocher!
Là , il y a trop de choses: le complot, les anciens nazis, les néonazis, les cartels de la drogue, le scénario va a toute allure, se balade d'un bordel de Thaïlande à un village de femmes girafes, avant d'aller à Panama city, puis dans une léproserie au bord de l'Amazone, jusque dans un village indigène du fin fond de la jungle..
Ca fait trop. déjà que je ne suis pas franchement fan de tout ce qui touche à l'espionnage...Donc malgré le dessin plus abouti que ce soit au niveau des personnages ou des décors, j'ai eu du mal à accrocher.
Je note juste la phrase de Laurent dans la seconde partie, qui me plaît bien car j'adore les méta-références: " pour moi c'est comme si je relisais une vieille bande dessinée un peu oubliée". Je note aussi la référence à Jules Verne d'un côté.. et à Alexandre Dumas de l'autre.
Pour moi, c'est cet excès d'ambition qui est un peu dommage: les thèmes abordés dans le tome 2 n'étaient absolument pas en germe dans le tome 1, qui de fait est resté un one-shot pendant 20 ans. Donc je trouve la suite un peu tirée par les cheveux question scénario, trop pleine à ras-bord de thèmes, et trop rapide, question rythme, ce qui fait tomber à plat les retournements de situations ( j'ai fini par dire à haute voix pendant ma lecture "quoi, encore un traitre ?!Ah non, encore un faux traitre qui se fait passer pour un vrai traitre".. Même au cinéma, ce genre de facilité me gêne). Alors qu'Histoire sans héros jouais sur le côté huis-clos en pleine nature et sur les relations qui se nouent et les tensions qui s'exacerbent entre des personnages de caractère opposé, ce qui me parle plus. En un sens, en passant sur le plan espionnage, le récit perd en originalité.
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lundi 21 juillet 2014
Miss Endicott t. 1 - Derrien et Fourquemin
3° chronique pour le club Signé. Après Western et Afrika, qui malgré leurs cadres différents avaient des points communs ( un antihéros taiseux seul face à la corruption) , j'ai eu envie de partir sur tout autre chose.
direction l'Angleterres victorienne.
La rousse Miss Prudence Endicott vient de rentrer des Indes pour l'enterrement de sa mère Maggie. Celle -ci , en plus de son métier le jour, occupait le soir une fonction de conciliatrice auprès des gens modestes, aidant à régler les querelles et conflits de voisinage. Une femme à poigne , qui avait même su gagner le respect des marlous du coin. Miss Prudence va devoir reprendre le flambeau, tout en officiant de jour comme gouvernante auprès du turbulent petit Kevin,un gamin qui ne voit pas souvent ses parents ( on apprend qu'ils ont laissé leur vie et leur fils en plan pour aller sur le continent à la recherche du grand père de la famille, parti sur un coup de tête sans laisser d'adresse!).
Première affaire pour Miss Prudence: une certaine mrs Parks vient signaler qu'on gratte à sa porte tous les soirs, et suspecte un bandit local de la harceler. Le bandit en question n'y est pour rien, mais Miss Prudence va faire une drôle de découverte: on gratte en fait SOUS la maison. il s'agit d'un nain, répondant au sobriquet d'Ugly Joe. Il vit sous la maison et n'a plus accès à l'extérieur, on lui a bouché "sa" sortie. Ce curieux événement va amener Prudence a découvrir tout un monde insoupçonné: la ville sous la ville, où se terrent comme des rats tous ceux qui ne sont guère mieux considérés qu'eux: nains, bossus, contrefaits, femme à deux têtes.. une belle galerie de monstres de foire qui semblent fomenter un coup louche, ça sent la révolte et la tentative de putsch, quelque chose comme ça. On en saura probablement plus dans les tomes suivants..En tout cas le quotidien de Miss Prudence s'annonce mouvementé pour elle qui n'a pas l'habitude de cumuler deux emplois et d'enchainer les nuits courtes (oui ce détail me plait, ce n'est pas une super-héroïne increvable et elle maugrée régulièrement au réveil). Elle va pouvoir malgré tout compter sur "l'aide " à l'efficacité toute relative de Karl et Darren, deux traîne-savate qui ont eu le béguin pour elle au premier coup d'oeil et s'ingénient à attirer son attention en espérant se montrer sous leur meilleur jour, ainsi que de Wallace ( le secrétaire de feue Maggie) et Conrad ( le majordome de la famille de Kevin).
En tout cas, ce tome 1 plante le décor de manière prometteuse: le Londres des humbles et des pauvres, peuplé de travailleurs, de désoeuvrés, et de bandits patibulaires. C'est un vrai plaisir, le dessin est agréable, les tonalités dominantes vert/ brun sont du meilleur effet.. et comment résister à une Miss capable de tenir en respect un bandit, en utilisant de manière très personnelle une paire d'aiguilles à tricoter. Un personnage féminin qui ne s'en laisse pas conter, quelle joie! Et surtout, Miss Endicott n'est pas la seule à monopoliser le récit, les personnages secondaires ne sont pas délaissés et semblent devoir encore gagner en épaisseur par la suite. Mais j'avoue que le duo Karl/ Darren a ma préférence pour l'instant, ils sont assez impayables dans leurs tentatives de se rendre indispensables malgré leur tendance naturelle à tirer au flanc.
Encore une bonne découverte, d'autant que le tome se finit sur un coup de théâtre prometteur, l'ensemble est très intriguant, j'ai bien envie de savoir la suite!
direction l'Angleterres victorienne.
La rousse Miss Prudence Endicott vient de rentrer des Indes pour l'enterrement de sa mère Maggie. Celle -ci , en plus de son métier le jour, occupait le soir une fonction de conciliatrice auprès des gens modestes, aidant à régler les querelles et conflits de voisinage. Une femme à poigne , qui avait même su gagner le respect des marlous du coin. Miss Prudence va devoir reprendre le flambeau, tout en officiant de jour comme gouvernante auprès du turbulent petit Kevin,un gamin qui ne voit pas souvent ses parents ( on apprend qu'ils ont laissé leur vie et leur fils en plan pour aller sur le continent à la recherche du grand père de la famille, parti sur un coup de tête sans laisser d'adresse!).
Première affaire pour Miss Prudence: une certaine mrs Parks vient signaler qu'on gratte à sa porte tous les soirs, et suspecte un bandit local de la harceler. Le bandit en question n'y est pour rien, mais Miss Prudence va faire une drôle de découverte: on gratte en fait SOUS la maison. il s'agit d'un nain, répondant au sobriquet d'Ugly Joe. Il vit sous la maison et n'a plus accès à l'extérieur, on lui a bouché "sa" sortie. Ce curieux événement va amener Prudence a découvrir tout un monde insoupçonné: la ville sous la ville, où se terrent comme des rats tous ceux qui ne sont guère mieux considérés qu'eux: nains, bossus, contrefaits, femme à deux têtes.. une belle galerie de monstres de foire qui semblent fomenter un coup louche, ça sent la révolte et la tentative de putsch, quelque chose comme ça. On en saura probablement plus dans les tomes suivants..En tout cas le quotidien de Miss Prudence s'annonce mouvementé pour elle qui n'a pas l'habitude de cumuler deux emplois et d'enchainer les nuits courtes (oui ce détail me plait, ce n'est pas une super-héroïne increvable et elle maugrée régulièrement au réveil). Elle va pouvoir malgré tout compter sur "l'aide " à l'efficacité toute relative de Karl et Darren, deux traîne-savate qui ont eu le béguin pour elle au premier coup d'oeil et s'ingénient à attirer son attention en espérant se montrer sous leur meilleur jour, ainsi que de Wallace ( le secrétaire de feue Maggie) et Conrad ( le majordome de la famille de Kevin).
En tout cas, ce tome 1 plante le décor de manière prometteuse: le Londres des humbles et des pauvres, peuplé de travailleurs, de désoeuvrés, et de bandits patibulaires. C'est un vrai plaisir, le dessin est agréable, les tonalités dominantes vert/ brun sont du meilleur effet.. et comment résister à une Miss capable de tenir en respect un bandit, en utilisant de manière très personnelle une paire d'aiguilles à tricoter. Un personnage féminin qui ne s'en laisse pas conter, quelle joie! Et surtout, Miss Endicott n'est pas la seule à monopoliser le récit, les personnages secondaires ne sont pas délaissés et semblent devoir encore gagner en épaisseur par la suite. Mais j'avoue que le duo Karl/ Darren a ma préférence pour l'instant, ils sont assez impayables dans leurs tentatives de se rendre indispensables malgré leur tendance naturelle à tirer au flanc.
Encore une bonne découverte, d'autant que le tome se finit sur un coup de théâtre prometteur, l'ensemble est très intriguant, j'ai bien envie de savoir la suite!
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| idée n°135. une personne ou chose familière sous un angle insolite: une dame comme il faut,en contre plongée perchée sur un toit en tenue de ville. |
lundi 6 mai 2013
Le manuscrit retrouvé - Paulo Coelho
Un livre offert par Flammarion en partenariat avec Babelio. Je n'avais encore rien lu de cet écrivain pourtant célèbre, c'était l'occasion, et je l'ai gagné. Merci donc à Babelio et Flammarion.
Mais, c'est hélas, un échec. Je me suis ennuyée. Pourtant j'aurais voulu l'aimer, mais impossible, et moi qui lis lentement, je l'ai fini en 2 après -midis de travail ( certes il fait 180 pages seulement, dont beaucoup de chapitre très courts), pour le terminer plus vite.
Et ce pour plusieurs raisons: d'abord, la 4° de couverture qui annonçait une histoire se passant en 1099, à Acra, à la veille de l'attaque de la ville par les Francs.
Chic, un roman historique. Et bien non. En fait le contexte importe peu, puis qu'il est exclusivement question des enseignements philosophiques dispensés par un grec surnommé " le Copte" à la population angoissée par l'imminence de la guerre.
Chic, de la culture grecque/ copte. Et bien non. Là non aussi, l'espoir est déçu: en fait ça pourrait se passer n'importe où, n'importe quand, avec n'importe qui, du moment qu'il y a une population angoissée, un sage, et une menace qui plane. Le contexte historique, politique ou social n'a aucune importance.
Et il n'y a pas d'histoire non plus: il s'agit simplement des interactions entre la foule qui pose des questions et le copte qui y répond, sur des thèmes variés: la guerre, l'ennemi, l'anxiété, l'amour, l'amitié etc.. En fait exactement le schéma du Prophète de Kalil Gibran.
Tout celà est bel et bon, encore que j'aie du mal personnellement à adhérer à la sagesse du Copte , par exemple: partez à l'aventure, sans se soucier de quoi que ce soit, si vos proches s'inquiètent, c'est qu'ils vous aiment, mais n'en tenez pas compte. Ou encore de ne pas prendre en compte les amis qui vous soutiennent en cas de coups durs, car il font ça pour vous dire " moi je n'aurais pas fait comme ça", mais passez du temps avec ce qui sont là quand tout va bien car il aiment vous voir heureux. Mouais. Mais non.
Mais le problème est que la leçon de philosophie tourne vite à la mystique divine, avec des dieu par ci, dieu par là, dieu est Amour avec un grand A et l'Amour est dieu.. Et j'avoue que la mystique, l'allégorie, la parabole, tout ça m'ennuie prodigieusement. Je ne sais pas si c'est une constante de l'auteur ou juste une caractéristique de ce livre là, mais j'ai soupiré en haussant les épaules plusieurs fois par page.
Si je l'avais su avant, je n'aurais honnêtement pas participé au tirage au sort. Je ne dis pas que c'est un mauvais livre, simplement, ce n'est pas un livre pour moi.
Après j'ai quand même tiqué sur un détail: le livre est censé être la traduction d'un manuscrit du XI° siècle, mais certaines tournures me paraissent quand même bien anachroniques. A un moment, le Copte parle de romantisme, et l'emploi d'un concept du XIX° siècle dans ce qui est censé être un discours prononcé au moyen-âge, ça me pose problème.
Mais voilà, ce livre ressemble beaucoup trop au Prophète, impossible de ne pas faire la comparaison, même en essayant, et ça n'est pas à l'avantage de Coelho. En refermant le Prophète, j'avais l'impression de dire au revoir à un vieil ami. En refermant le Manuscrit, j'avais l'impression d'être soulagée d'en finir avec une leçon de morale mystique particulièrement rébarbative.
Après je redonnerais peut-être une chance à l'auteur un de ces jours, mais toujours est-il que ce livre ne m'a pas convaincue.
Mais du coup j'ajoute un payas à ma carte de voyage: le Brésil
Mais, c'est hélas, un échec. Je me suis ennuyée. Pourtant j'aurais voulu l'aimer, mais impossible, et moi qui lis lentement, je l'ai fini en 2 après -midis de travail ( certes il fait 180 pages seulement, dont beaucoup de chapitre très courts), pour le terminer plus vite.
Et ce pour plusieurs raisons: d'abord, la 4° de couverture qui annonçait une histoire se passant en 1099, à Acra, à la veille de l'attaque de la ville par les Francs.
Chic, un roman historique. Et bien non. En fait le contexte importe peu, puis qu'il est exclusivement question des enseignements philosophiques dispensés par un grec surnommé " le Copte" à la population angoissée par l'imminence de la guerre.
Chic, de la culture grecque/ copte. Et bien non. Là non aussi, l'espoir est déçu: en fait ça pourrait se passer n'importe où, n'importe quand, avec n'importe qui, du moment qu'il y a une population angoissée, un sage, et une menace qui plane. Le contexte historique, politique ou social n'a aucune importance.
Et il n'y a pas d'histoire non plus: il s'agit simplement des interactions entre la foule qui pose des questions et le copte qui y répond, sur des thèmes variés: la guerre, l'ennemi, l'anxiété, l'amour, l'amitié etc.. En fait exactement le schéma du Prophète de Kalil Gibran.
Tout celà est bel et bon, encore que j'aie du mal personnellement à adhérer à la sagesse du Copte , par exemple: partez à l'aventure, sans se soucier de quoi que ce soit, si vos proches s'inquiètent, c'est qu'ils vous aiment, mais n'en tenez pas compte. Ou encore de ne pas prendre en compte les amis qui vous soutiennent en cas de coups durs, car il font ça pour vous dire " moi je n'aurais pas fait comme ça", mais passez du temps avec ce qui sont là quand tout va bien car il aiment vous voir heureux. Mouais. Mais non.
Mais le problème est que la leçon de philosophie tourne vite à la mystique divine, avec des dieu par ci, dieu par là, dieu est Amour avec un grand A et l'Amour est dieu.. Et j'avoue que la mystique, l'allégorie, la parabole, tout ça m'ennuie prodigieusement. Je ne sais pas si c'est une constante de l'auteur ou juste une caractéristique de ce livre là, mais j'ai soupiré en haussant les épaules plusieurs fois par page.
Si je l'avais su avant, je n'aurais honnêtement pas participé au tirage au sort. Je ne dis pas que c'est un mauvais livre, simplement, ce n'est pas un livre pour moi.
Après j'ai quand même tiqué sur un détail: le livre est censé être la traduction d'un manuscrit du XI° siècle, mais certaines tournures me paraissent quand même bien anachroniques. A un moment, le Copte parle de romantisme, et l'emploi d'un concept du XIX° siècle dans ce qui est censé être un discours prononcé au moyen-âge, ça me pose problème.
Mais voilà, ce livre ressemble beaucoup trop au Prophète, impossible de ne pas faire la comparaison, même en essayant, et ça n'est pas à l'avantage de Coelho. En refermant le Prophète, j'avais l'impression de dire au revoir à un vieil ami. En refermant le Manuscrit, j'avais l'impression d'être soulagée d'en finir avec une leçon de morale mystique particulièrement rébarbative.
Après je redonnerais peut-être une chance à l'auteur un de ces jours, mais toujours est-il que ce livre ne m'a pas convaincue.
Mais du coup j'ajoute un payas à ma carte de voyage: le Brésil
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vendredi 11 janvier 2013
Maria - Kazuo Kamimura
Japon, années 70. Maria, jolie fille issue d'une famille de nouveaux riches d'après-guerre, intègre le lycée Airan. Et plus exactement la classe 2 C, celle des "mauvaises filles", celle que la société préfère cantonner dans un lycée de seconde zone pour mieux les ignorer: ici, on rassemble celles qui sont sexuellement précoces, les lesbiennes, les violentes rassemblées en gangs adeptes de la bagarre au couteau... autant dire que dans cette ambiance délétère, Maria détonne... à première vue.Car, disons le de suite, il ne s'agit pas d'une énième histoire de lycéens, ce n'est pas un shôjo fleur bleu, loin de là. On est plutôt dans le gekiga ( oeuvre destinée à un lectorat adulte, dessins inspirés des estampes traditionnelles, sujet sérieux...) que dans le manga. Bien que par facilité, je l'appellerai quand même manga.
Donc Maria, malgré son nom de Madonne chrétienne, est une mauvaise fille, dans une famille dirigée d'une main de fer par un grand-père tyrannique qui entend bien régenter toute le monde, dotée d'une mère silencieuse et effacée qui n'a pas le courage de réagir contre son père, et d'un beau-père gentil mais complètement sous la coupe du grand-père, incapable de se rebeller sous peine de voir son homosexualité révélée au grand jour. Car le noeud du problème est là: les apparences, toujours les apparences à sauver coûte que coûte. Qu'importe la vérité des gens, du moment que la famille donne pour l'extérieur une image bien sous tout rapports. Je ne dirais pas ici la raison exacte qui a causé son transfert chez les mauvaises filles, pour ne pas spoiler les fuurs lecteurs, mais Maria, l'électron libre, ne donne pas dans la dentelle lorsqu'il s'agit de casser l'image de sainte qu'on attend d'elle, et qu'elle traîne comme un boulet avec ce nom si peu japonais. Ouvertement bisexuelle, elle est du genre à affronter au couteau un chef de gang et à la ridiculiser ou à payer une bande de loubard pour casser la gueule à un camarade, afin de voir " le charme d'une bonne bagarre".
Et surtout, elle semble attirer à elle tout ce que la ville compte comme dépressifs ou paumés. Ou plutôt, elle agit involontairement comme un déclencheur qui révèle la perversité des gens "bien sous tous rapports". Car finalement la violence physique des bagarres entre gangs lycéens n'est rien par rapport à la violence psychologique exercée par le grand père de Maria, ou la domination abusive jusqu'à l'inceste de la mère de Kirihito, éphémère petit ami de Maria.
Oui, je le souligne, car même s'il n'y a pas de scènes vraiment trop cochonnes, il y est quand même ouvertement question d'homosexualité, de bisexualité, d'inceste, de violence et de suicide.
En fait, pour ceux qui l'auraient vu, le personnage de Maria me fait énormément penser au héros sans nom de Théorème de Pasolini ( car l'un comme l'autre bouleversent totalement la vie des gens qu'il croisent et avec qui ils couchent, jusqu'à la folie et au suicide, ou jusqu'à ce qu'ils réagissent enfin).
Au final, j'ai bien aimé ce titre. En fait, au sujet des gangs de lycées, je craignais quelque chose d'assez racoleur, mais non, on reste dans la subtilité, malgré quelques passages kitsch. Je lirais donc probablement le tome 2 qui doit paraître ce mois-ci. Je ne connaissais pas le mangaka, mais la couverture sobre me rappelait une autre vue en rayon: bingo! Kamimura est également l'auteur de Lady Snowblood et du Fleuve Shinano, parus depuis 2 ou 3 ans. Allez, tout de même un petit reproche: il est dommage, vraiment dommage que les personnages secondaires ne soit qu'ébauchés, en particulier la copine lesbienne de Maria, plus attachante qu'il n'y parait au premier abord. C'est d'ailleurs le seul personnage qui soit vraiment proche de l'héroïne, sa seule vraie amie, c'est d'autant plus dommage qu'elle n'ai même pas de nom. Pas plus que les autres élèves d'ailleurs.
Moi qui voulais justement découvrir plus de mangas " vintage", je suis ravie de voir que les publications commencent à se faire plus nombreuses en France.
Un album reçu dans le cadre du Masse Critique BD, un grand merci à Babelio et aux éditions Kana.
Et une première lecture pour le challenge "Cartable et tableau noir " sur le thème de l'école. et au challenge Dragon, sur l'Asie. Je ne suis pas sur mon ordi, je rajouterai donc les logos et images à mon retour de vacances.
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| idée 119: des cheveux |
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mardi 3 juillet 2012
Une cerise pour couper le jeûne - Hafez Kiyavi
L'opération masse critique du mois de mai/juin m'a envoyée en Iran. Et ça tombe bien, je n'avais encore pas eu l'occasion de lire quoi que ce soit venant de ce côté là du globe. En fait, c'est même un peu pour cette raison que j'ai sélectionné "une cerise".
Alors la bonne surprise, c'est qu'il s'agit d'un recueil de nouvelles et j'aime beaucoup les nouvelles.
Le point commun entre toutes serait des instantanés de la vie quotidienne, mais peu banale, dans une ville que l'on imagine perdue dans une région assez montagneuse de l'Iran, peut être à la frontière de la Turquie ou d'Azerbaidjan ( il est question dans le premier texte d'un personnage qui parle le turc azéri).
Impossible de savoir à quelle époque se passe l'histoire exactement ( probablement fin 20° siècle, mais il est difficile de le savoir, une des nouvelles met en scène un sniper , il est question d'une guerre, de tranchées...l'auteur étant né dans les années 70, je dirais que ça pourrait tout à fait correspondre a priori
avec la période de sa jeunesse)
Donc lieu indéfini, période indéfinie, l'unité est donnée par des personnages en marge du récit, mentionnés ici où la - m'sieur Amine le boulanger, ou Mehdiqoli, l'homme qui a un jardin près du cimetière et semble être le mort dont il est question dans la nouvelle suivante, la soeur du narrateur nommée Raana dans les trois premiers textes...).
Un flou, mais qui du coup garde une certaine unité.
L'autre point intéressant est qu'il y a une gradation: les 3 premiers textes, plus légers, mettent en scène un petit garçon, probablement le même, aux prises avec des sujets en lien avec la religion qui dirige la vie de tous sans que personne ne la remette en question, mais qu'il a du mal a comprendre: le Ramadan, qu'il veut accomplir alors qu'il n'a pas l'âge requis.. mais seulement pour impressionner sa cousine et lui prouver qu'il n'est plus un gamin; la fête religieuse où doit se jouer un mystère, qu'il aborde comme une pièce de théâtre sans bien comprendre ce qui se passe autour de lui; le serment sur l'olive, trouvé dans le Coran, qui le fait s'interroger sur ce que peut bien être une olive ( ce qui me fait penser qu'il s'agit d'une région montagneuse), et sa déception lorsqu'il en goûte pour la première fois.
Changement brusque de ton pour les deux suivantes: c'est cette fois un homme adulte qui est au centre de sujets beaucoup moins joyeux dans un climat de guerre civile: un sniper désabusé en premier lieu, puis un homme, enlevé et exécuté sans que l'on sache les raisons qui ont mené l'un a devenir une machine à tuer, l'autre une victime désignée.
Troisième point de vue pour les deux nouvelles suivantes, qui ont la vieillesse pour fil directeur. Via la vengeance posthume de deux hommes, abusés sexuellement dans leur enfance par un vieillard qui vient de mourir, et la déambulation sur le marché d'une ancienne prostituée au milieu de ses anciens clients, tout aussi âgés qu'elles.
Au final, j'ai trouvé tout cela très intéressant, parce que construit au niveau global, bien que les nouvelles n'aient a première vue pas grand chose en commun ( si ce n'est le récit autour des pensées parfois absurdes qui peuvent surgir dans la tête de quelqu'un dans un moment dramatique ou solennel); souvent c'est ce que je regrette dans les recueil de nouvelles, le manque d'organisation au sein du recueil, et là ce n'est pas le cas.
Esuite, je dois quand même dire que j'ai quand même failli me perdre, surtout dans la nouvelle qui parle de la fêe religieuse, par manque de connaissances sur la culture locale, mais l'éditeur a eu la bonne idée de mettre par -ci par là quelques discrètes notes de bas de page, et je m'y suis retrouvée.
Et donc, il me reste à remercier à nouveau Babelio et les éditions Serge Safran de m'avoir permis de participer au programme Masse Critique.. et d'ajouter un pays à ma carte de "voyages-lectures")
Alors la bonne surprise, c'est qu'il s'agit d'un recueil de nouvelles et j'aime beaucoup les nouvelles.Le point commun entre toutes serait des instantanés de la vie quotidienne, mais peu banale, dans une ville que l'on imagine perdue dans une région assez montagneuse de l'Iran, peut être à la frontière de la Turquie ou d'Azerbaidjan ( il est question dans le premier texte d'un personnage qui parle le turc azéri).
Impossible de savoir à quelle époque se passe l'histoire exactement ( probablement fin 20° siècle, mais il est difficile de le savoir, une des nouvelles met en scène un sniper , il est question d'une guerre, de tranchées...l'auteur étant né dans les années 70, je dirais que ça pourrait tout à fait correspondre a priori
avec la période de sa jeunesse)
Donc lieu indéfini, période indéfinie, l'unité est donnée par des personnages en marge du récit, mentionnés ici où la - m'sieur Amine le boulanger, ou Mehdiqoli, l'homme qui a un jardin près du cimetière et semble être le mort dont il est question dans la nouvelle suivante, la soeur du narrateur nommée Raana dans les trois premiers textes...).
Un flou, mais qui du coup garde une certaine unité.
L'autre point intéressant est qu'il y a une gradation: les 3 premiers textes, plus légers, mettent en scène un petit garçon, probablement le même, aux prises avec des sujets en lien avec la religion qui dirige la vie de tous sans que personne ne la remette en question, mais qu'il a du mal a comprendre: le Ramadan, qu'il veut accomplir alors qu'il n'a pas l'âge requis.. mais seulement pour impressionner sa cousine et lui prouver qu'il n'est plus un gamin; la fête religieuse où doit se jouer un mystère, qu'il aborde comme une pièce de théâtre sans bien comprendre ce qui se passe autour de lui; le serment sur l'olive, trouvé dans le Coran, qui le fait s'interroger sur ce que peut bien être une olive ( ce qui me fait penser qu'il s'agit d'une région montagneuse), et sa déception lorsqu'il en goûte pour la première fois.
Changement brusque de ton pour les deux suivantes: c'est cette fois un homme adulte qui est au centre de sujets beaucoup moins joyeux dans un climat de guerre civile: un sniper désabusé en premier lieu, puis un homme, enlevé et exécuté sans que l'on sache les raisons qui ont mené l'un a devenir une machine à tuer, l'autre une victime désignée.
Troisième point de vue pour les deux nouvelles suivantes, qui ont la vieillesse pour fil directeur. Via la vengeance posthume de deux hommes, abusés sexuellement dans leur enfance par un vieillard qui vient de mourir, et la déambulation sur le marché d'une ancienne prostituée au milieu de ses anciens clients, tout aussi âgés qu'elles.
Au final, j'ai trouvé tout cela très intéressant, parce que construit au niveau global, bien que les nouvelles n'aient a première vue pas grand chose en commun ( si ce n'est le récit autour des pensées parfois absurdes qui peuvent surgir dans la tête de quelqu'un dans un moment dramatique ou solennel); souvent c'est ce que je regrette dans les recueil de nouvelles, le manque d'organisation au sein du recueil, et là ce n'est pas le cas.
Esuite, je dois quand même dire que j'ai quand même failli me perdre, surtout dans la nouvelle qui parle de la fêe religieuse, par manque de connaissances sur la culture locale, mais l'éditeur a eu la bonne idée de mettre par -ci par là quelques discrètes notes de bas de page, et je m'y suis retrouvée.
Et donc, il me reste à remercier à nouveau Babelio et les éditions Serge Safran de m'avoir permis de participer au programme Masse Critique.. et d'ajouter un pays à ma carte de "voyages-lectures")
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dimanche 4 mars 2012
Muss suivi de Le grand Imbécile - Curzio Malaparte
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| Editions de la table ronde |
Donc le petit ouvrage de Malaparte comprend deux essais, tous deux centrés sur Mussolini. Un personnage historique sur lequel, finalement, j'ai appris peu de choses durant ma scolarité, hormis quelques grandes dates. contrairement à Hitler.
Dans Muss, tout d'abord, Malaparte entreprend de tracer le portrait du dictateur. Non pas un portrait politique, mais dans un cadre plus large, le portrait de l'Italie mussolinienne et de l'époque qui a permis l'émergence de la dictature. Et il faut reconnaître que l'auteur n'y va pas de main morte avec ses compatriotes. Car pour lui, Mussolini est avant tout un italien, avec les défauts qu'ils considère inhérents aux italiens en général. Et en particulier le mysticisme catholique, qui était pour lui la condition majeure pour l'établissement du culte de la personnalité.
Car dans le fond, le Mussolini qu'il nous montre est un homme ambigu: un orgueilleux narcissique , mais timide et influençable. Un type qui se veut à la fois homme du peuple et César. Un pauvre type, sans envergure. Un petit chef qui s'est retrouvé presque par hasard propulsé à la tête de l'état, et qui, comme tout petit chef parvenu, a vite pris le chemin de l'abus de pouvoir.
La position de Malaparte aussi est ambigüe. Ayant rencontré Mussolini à plusieurs reprises, il oscille entre compassion pour l'homme tout court derrière l'homme politique, et haine franche pour le dictateur qui l'a fait emprisonner.
Le problème de ce texte, inachevé, est qu'il a été rédigé sur une vingtaine d'années, avant et après l'exil de l'auteur, remanié. D'où cette hétérogénéité, pas franchement gênante, mais qui donne l'impression de se contredire par moments.
Muss est complété par un court texte issu de " il y a quelque chose de pourri", où Malaparte parle de sa mère, fervente admiratrice de Mussolini. C'est elle d'ailleurs qui le surnommait Muss. Il y est également question de la mort de Mussolini. Ou plutôt de ce qui a suivi: le dictateur mort, trainé dans les rues,le cadavre livré a la vindicte populaire, conspué par ceux qui le soutenait encore quelques jours plus tôt, puis à la morgue. Ce passage est incroyable, le ressentiment de Malaparte envers le comportement indigne et ridicule de ses compatriotes est presque palpable. Pas tant la question du manque de respect au mort que celle de l'hypocrisie des italiens, de leur facilité à se rebeller contre un mort après s'être comporté avec complaisance envers la dictature pendant des années ( il y a quand même sur ce point là pas mal de mauvaise foi de la part de l'auteur, et justement , d'après lui quelques pages plus tôt, la mauvaise foi est un des principaux défauts collectifs des italiens). Toujours est-il que cet extrait prend une dimension extrêmement contemporaine, car l'histoire est un éternel recommencement. En lisant les description de la mort et de l'autopsie de Mussolini ( et malgré sa photo sur le bandeau), ce n'est pas sa tête à lui que j'ai vue, mais celle de Khadafi. Quelque 65 ans plus tard, mes circonstance, même réactions du peuple. Presque au détail près. Ca rend par contre coup le récit de Malaparte encore plus visuel.
Quand au "grand imbécile ", c'est encore Mussolini, qui perd son appellation affective de Muss pour n'être plus que le Grand Imbécile. Cette fois, Malaparte aborde le problème sous un angle plus bouffon, imagine le Grand Imbécile ridiculisé par une chatte. Partant d'une tradition ( qui a tout l'air d'une légende) qui veut que lors d'un siège, les assiégés envoient une chatte se promener sur les remparts de la ville. A charge aux assiégeants de convaincre le félin du bien fondé de l'attaque. La chatte de Malaparte devient en quelque sorte l'allégorie de la résistance, qui doit se faire non par la violence en tuant le tyran, mais par la rigolade, en le ridiculisant. En effet, on retrouve en germe l'idée de "quelque chose de pourri": Tuer un tyran au moment ou il est affaibli n'a rien de glorieux, tout au contraire, c'est ridicule et facile, c'est s'abaisser au même niveau que celui dont on veut se débarrasser. Seules la dérision et l'humiliation publiques sont une vraie victoire. Les passages où le Grand Imbécile, pérorant sur en costume militaire, tente de faire entendre au greffier des concepts comme " gloire", "grandeur', "patrie", "aigles de Rome", et se voit opposer des "Miaouuuu" pour toute réponse, sont savoureux.
Autant Muss a été écrit sur plusieurs années, autant Le Grand imbécile est concis et homogène, écrit en 1943, au moment de la destitution du tyran. C'est assez intéressant d'avoir d'une part le témoignage d'un témoin direct des événements, et d'autre part, de voir son opinion évoluer au fil du temps: de la sympathie et de la compassion ( relatives) dans Muss, du mépris ouvert dans le Grand imbécile, du désenchantement total dans "quelque chose de pourri". Les trois textes se complètent et s'explicitent l'un l'autre, c'est une très bonne initiative de les avoir rassemblé. Tout ça se lit facilement, je craignais qu'une biographie d'homme politique soit un peu plus rébarbative, mais l'écriture de Malaparte est très vivante. Un document fort intéressant.
Merci à Babelio et aux éditions de La table Ronde.
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