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jeudi 4 juin 2026

Le petit guide de Miss Percy ou comment élever un dragon britannique - Quenby Olson

 Alors  oui, j'ai vu que l'autrice st américaine, il n'empêche, je l'ai quand même intégré au mois anglais: l'action se passe en Angleterre, l'héroïne est très anglaise, la campagne où elle vit aussi et l'humour est so british... Et c'est un bonbon à déguster. Le bandeau que la bibliothèque à gardé dit en substance: si vous aimez le thé, les gâteaux, Jane Austen et les dragons, ce livre est pour vous. J'avoue ne pas encore avoir lu Jane Austen, mais avoir savouré ce pastiche fantastique, où une "vieille fille" anglaise des années 1820 hérite entre autres, d'un oeuf de dragon, légué par un lointain parent qu'elle a très peu connu.


Ca c'est une petite découverte conseillée par ma chef qui adore ce genre de livres: du fantastique (Cosy Fantasy officiellement, mais je le classe plus dans le fantastique, dans la mesure ou Miss Percy vit dans un environnement normal et a bi
en du mal à accepter l'irruption d'un dragon dans son quotidien), mais bourré d'humour volontiers absurde. Et dont le personnage central est une célibataire quadragénaire, qui n'a rien qui la distingue: pas de talent particulier, pas de capacité magique, c'est une femme absolument banale qui se retrouve dans une situation qui elle, ne l'est pas. Mais ça fait plaisir d'avoir une héroïne qui ne soit pas douée en tout, jeune et forcément jolie. Et en plus elle n'est pas, mais alors pas du tout du matin, rondouillarde et très portée sur les pâtisseries, au risque de faire craquer ses robes, ce qui me la rend encore plus sympathique! Et bien qu'effacée et subissant régulièrement le sale caractère de sa mégère de petite soeur, qui lui rappelle bien trop souvent qu'elle l'héberge gratuitement ( dans un coin de grenier inconfortable) en échange de l'utiliser comme bonne à tout faire gratuite, Miss Percy, au contact de son dragon, se sent elle aussi pousser des ailes. Et découvre qu'il n'est pas trop tard pour s'affirmer, ruer dans les brancards, et reprendre sa vie en main. Et s'autoriser un flirt avec un sympathique monsieur d'âge équivalent, malgré le fait que sa soeur lui rabâche sans cesse qu'elle n'a rien à attendre le vie et qu'elle est biologiquement périmée pour ce qui est de la descendance.

Le personnage masculin central n'est pas non plus un fier guerrier, un elfe, un magicien, forcément jeune et fringuant, mais un pasteur taillé comme une armoire à glace, quinquagénaire qui se dégarnit un peu. Et il est absolument chou, avec son sens de l'humour souvent absurde, voire plutôt noir!

Et ces deux-là vont se retrouver bien malgré eux "parents adoptifs" d'un dragon, rien que ça. Il y a évidemment une histoire d'amour, qui n'est pas le centre de l'histoire, mais au contraire prend beaucoup de temps à s'amorcer entre ces deux improbables héros d'un certain âge, sinon d'un âge certain pour l'Angleterre rurale des années 1820. Et c'est très rafraîchissant de voir que des héros, habituellement cantonnés aux rôles comiques ou de toile de fond, et qui plus est avoir droit à une vie affective dont les romans ne font en général aucun cas. Et en prime une histoire d'amitié entre Miss Percy, et Mrs Babbinton, la cuisinière, facilement sexagénaire ou septuagénaire du pasteur, qui partent à l'aventure en duo, à deux comtés de leur village. La mamie déclarant que malgré la fatigue et les embûches, elle ne s'est jamais autant amusée. L'aventure ne s'arrête pas à 50 ans, et tente aussi les vieilles dames!

Il y a évidemment des antagonistes: Mister Reginald Hawthorne, un fauché qui estime que l'oeuf de dragon devrait lui revenir, simplement pour ne pas.. mourir de faim, et se faire une rente pour pouvoir trouver une épouse, et Miss Belinda, la nièce de Miss Percy, manipulatrice, vénale et voleuse, en plus d'être globalement bête et de n'avoir pour elle que le talent d'user de son charme pour arriver à ses fins ( mal éduquée, il faut le dire). Mais Reginald est moins motivé par la vénalité que par les difficultés quotidiennes, et donc difficile à détester, et Belinda est menée par sa bêtise et le fait d'avoir 17 ans et d'avoir grandi dans un milieu qui n'offre aux filles qu'un riche mariage arrangé comme objectif de vie. Elle est aussi peu responsable (à tous les sens du terme) qu'un caniche de concours, qui doit être mignon, bien brossé et parader pour satisfaire les ambitions de son maître, ici de sa caractérielle de mère. Enfin, ça c'est à la base, vu qu'à force de tout se voire passer par tout le monde elle développe une personnalité de garce manipulatrice (qui était déjà en germe, c'est elle le vrai dragon de l'histoire, vu qu'elle est du genre à incendier les cheveux d'une autre femme parce que l'homme qu'elle vise a osé parler à ladite femme). avant d'opter pour Reginald pour des raisons purement sentimentales: l'amour du gain et de la notoriété quand celui-ci parle de l'héritage qui doit faire sa fortune, l'autosatisfaction de séduire un homme décrit comme un Apollon ( mais très très naïf et manipulable), l'ambition sociale d'une jeune mondaine campagnarde d'aller à Londres, et aussi, il faut bien le dire, le plaisir de faire rager sa mère et sa tante qui détestent ce type louche au premier regard. Voilà un personnage qui pousse loin le niveau de casse-burnerie .

autre chose que j'ai bien aimé: l'autrice ne se prend aps au sérieux, et rapelle régulièrement à son lectorat qu'on se trouve dans un roman léger, en cassant à loisir le 4e mur, du style " si on était dans un autre genre de roman, il se passerait ceci ou celà" " il entra dans la pièce, et si on avait été sur une scène de théâtre, il y aurait eu un jeu de lumière et une musique dramatique pour montrer que c'est un moment décisif", " elle imaginait les paysages du pays de Galles survolés par des dragons.. un décor qu'on pourrait imaginer accompagné d'une musique grandiose aux accents germaniques, avec beaucoup de cuivres". C'est le genre de connivence avec le lecteur qui me fait beaucoup rire ( j'ai pensé à Georges de la Jungle " et nous retrouvons notre héroïne, au brushing toujours impeccable après sa première nuit passée dans la jungle"). Tout le monde n'aime pas, mais ça m'éclate.

Deux autres tomes sont sortis, où Miss Percy part à la recherche d'autres dragons au Pays de Galles et milite pour la réintroduction des dragons, et évidemment que je vais les lire, c'est trop drôle et je veux savoir quelle taille va atteindre Fitz adulte, car pour l'instant, il a a peu près la taille d'un gros chat.

jeudi 2 octobre 2025

Nos fantômes de France - Sandy Lakdar

Au moment où je rédige, c'est juin, et je n'ai pas encore décidé d'un fil directeur pour mon mois halloween, mais.. commençons donc avec des fantômes bien d'chez nous! 
Hop un petit ouvrage trouvé par hasard qui présente quelques célèbres lieux hantés et fantômes de notre pays, sous forme de petits contes. Traversons ensemble l'histoire (maudite) de France

J'aime bien cette couverture un peu BD, l'intérieur comprend aussi d'autre illustrations dans les mêmes tonalités étonnamment vives. On est plutôt habitués à des tons froids et pâles quand on parle de fantômes.


Et on commence en fanfare par l'Abbaye de Mortemer, dans l'Eure, réputée la plus hantée de France. On raconte qu'elle serait encore habitée par le fantôme de sa fondatrice, L'Impératrice Mathilde, petite fille de Guillaume le conquérant, et qui n'a pas réussi à faire valoir ses droits sur le titre de reine d'Angleterre. Mathilde, qui après une viee de batailles juridiques et  réelles, est venue vivre en Normandie où le fantôme de son propre père lui a assigné la mission de.. revenir elle aussi sous forme de fantôme protéger son abbaye. Au fil des siècles, d'autres fantômes l'y ont rejointe.
Mais fantômes ou pas, c'est un lieu très joli que j'aimerais bien visiter pour ses vestiges et son histoire.

Après la Normandie, direction l'Ariège et le château de Montségur, à la rencontre d'Esclarmonde de Péreille, femme cathare du XIII° siècle. Et justement, 1243/1244 c'est l'époque de la croisade des Albigeois. Etonnamment dans une histoire de fantômes, notre héroïne n'est pour une fois pas une très jolie femme, mais une malchanceuse, chétive et handicapée moteur qui n'a jamais pu quitter le château de sa famille ( les catholiques de l'époque on dû voir dans ce handicap une preuve d'hérésie sous forme de malédiction divine, alors qu'avec le recul, les nombreux mariages entre cousins, dans le vivier limité des cathares, afin de préserver la " pureté du lignage" sont plutôt à considérer). Et donc un ces cousins, tendant un guet-apens aux inquisiteurs, n'a fait qu'envenimer la situation et attirer la vindicte sur toute la famille. Le château assiégé, les cathares ont eu le choix: renier leur foi et avoir la vie sauve, ou être condamnés au bûcher. C'est le choix fait par Esclarmonde et sa famille. et plus de 200 autres personnes.
Là encore, c'est par assignation surnaturelle ( de la part d'un ange) que le fantôme d'Esclarmonde a été chargé de veiller sur les ruines de Montségur, jusqu'à 2016, où les instances Catholiques ont publiquement reconnu leur responsabilité et demandé pardon pour le massacre.
Donc apparemment, tout serait rentré dans l'ordre et Esclarmonde a pu enfin rejoindre l'autre monde, délestée de sa tâche.

Bon les deux précédentes ont un rôle positif de protectrices d'un lieu, ce qui me fait penser que ces histoires de fantômes sont probablement des résurgences inconsciente de déesses, fées et autres esprits de la nature, que la christianisation n'a pas totalement effacées... tous comme les saints et saintes correspondent souvent à des divinités païennes recouvertes d'un vernis chrétien.. mais grattez la peinture et la déesse celte déguisée en Sainte Bidule réapparait vite.

Les deux suivants sont nettement moins sympas, là, on a des tueurs en série ( des mecs, comme par hasard!)

Direction Tiffauges en Vendée, lieu d'une des plus sinistres affaires de crimes en série, puisqu'il s'agit du château de Gilles de Rais. Oui, le Baron compagnon d'armes de Jeanne D'arc et un homme qui décidément avait tous les défauts: violent, avide de pouvoir et d'argent, orgueilleux.. et qui dans l'espoir de rembourser ses dettes colossales s'en est remis à l'occultisme, histoire de cumuler l'utile (essayer de gagner de l'argent grâce au diable) et l'agréable ( enlever et massacrer des victimes au nombre... inconnu mais au moins douze assassinats reconnus par l'accusé) . De quoi se voir condamné à hanter son château pour l'éternité. Probablement que le diable ne voulait pas chez lui d'un type capable de vouloir prendre sa place?

Par contre le diable a été plutôt clément avec Jean L'écorcheur, boucher parisien le jour, assassin la nuit. Moins par méchanceté que par appât du gain, pour fournir en sang, peau, viscères humains, tout ce que Paris comptait comme alchimistes du temps de Catherine de Médicis. Elle-même ayant un talisman fourni par feus les parents de Jean. Mais Jean refusant de quitter les Tuileries, lorsque Catherine y a fait construire son palais, a été simplement assassiné. Forcément, il avait des documents compromettants impliquant beaucoup de nobles et menaçait de s'en servir. Mais bien qu'il n'ai jamais directement trempé dans l'alchimie, le diable, pour remercier Jean de ses services indirect lui a offert un poste de fantôme messager, vêtu de rouge sang, annonceur de mauvaises nouvelles, tout spécialement envers les divers familles régnantes successives. Jusqu'au jour où le palais des Tuileries disparait dans les flammes, c'était la clause mentionnée par le diable avant de faire de Jean un démon: "Si tu traverses les flammes, c'est fini, tu viendras passer l'éternité chez moi."
J'aime beaucoup cette histoire, faustienne, juste parce que j'imagine le diable comme ça, offrant un marché à Jean. 


Retour à un fantôme nettement moins dangereux: Lucie, du château de Veauce dans l'Allier. Il y a plusieurs légendes à son sujet, la plus courante étant qu'il s'agit d'une servante emmurée vivante dans la tour du château par la châtelaine, lorsqu'elle a compris que Lucie était devenue la maîtresse de son mari. J'avais visité de joli château au début des années 1990, ma famille étant originaire d'Auvergne, j'ai passé toutes mes vacances d'été à apprendre l'histoire sur le tas en visitant tous les châteaux du coin. Je me souvient de cette visite, car c'était le propriétaire d'alors , un vieux monsieur très drôle et passionné d'histoire, doté d'un fort accent étranger. Je vois qu'il était israélien, et qu'il est mort en 1998, et que depuis Lucie n'apparaît plus J'aime à penser que monsieur Tagori hante son propre château, comme un bon fantôme facétieux.

Le suivant est même un fantôme très sympa: Malo III de Coëtquen, et pour une fois un homme. Comme son nom et son prénoms l'indiquent, Malo est breton, c'est l'ancien propriétaire du château de Combourg. Un chevalier, proche de sa famille, mais qui n'a pas eu beaucoup de chance dans la vie. Et on raconte donc que les fantômes de Malo ( ou de sa jambe de bois seulement) et d'un chat noir hantent les lieux, ou du moins les hantaient au XIX siècle. Et on même inspiré à un célèbre auteur, dont la famille a pris possession des lieux bien plus tard, sa plus fameuse oeuvre: Les Mémoires d'outre-tombe. Car il s'agit en effet du château acheté par la famille de Chateaubriand. J'avoue ne pas avoir encore lu ce titre fleuve, car je n'ai pas du tout aimé René ( 60 pages qui semblaient en faire 600, tellement j'ai eu envie de claquer le héros. Long comme... l'éternité, oui)

Etape suivante, on repart dans le Sud Ouest, au château de Puymartin, à Sarlat la Canéda. On le dit hanté par le fantôme de la châtelaine Thérèse de Saint-Clar, femme adultère qui a eu la malchance de se faire pincer par son mari, qui pour se venger l'a faite emprisonner jusqu'à sa mort dans  l'un de des tours du château ( décidément, il vaut mieux éviter de tromper son mari ou sa femme dans un château doté de tours et d'oubliettes). Evidemment la plupart des endroits supposés hantés sont aujourd'hui des lieux qui se visitent et qui ont donc tout intérêt à entretenir la légende. Un château hanté au fin fond de nulle part aura toujours plus de visites que le même, mais non hanté.

Mais on repart déjà, à Versailles, pour rencontrer Marie-Antoinette. Là, pas besoin d'épiloguer, la révolution la fin de la monarchie en France, tout ça, on connait bien le sujet. Mais donc des touristes anglais ont par la suite dit avoir vu Marie-Antoinette au Trianon. Bon je suppose qu'elle ne devait pas avoir toute sa tête pour qu'il l'aient reconnue - et oui, j'ai osé! Sinon ça pourrait tout aussi bien être Mme de Pompadour, mais c'est moins vendeur.

On redescend vers Poitiers, au château de Fougeret, hanté par bon nombre de fantômes. Félix, l'un des anciens propriétaires mort sans descendance, découvre à sa mort qu'il est resté sur les lieux et qu'il est loin d'être seul: un couple médiéval vit à la cave, un petit garçon court dans les couloir, une grand-même "vit" au 3E étage. Et Felix devient en quelque sorte le responsable de l'accueil des nouveaux venus. Ce sont de gentils fantômes, dont le seul objectif est de se faire remarquer des vivants, pour essayer de communiquer avec eux. Là encore cette histoire est finalement plutôt drôle.

Beaucoup plus que la dernière, qui nous parle de Geneviève Zaepffel, voyante bretonne des années 30, venue faire Carrière à Paris. Dire qu'on a acquis ses dons de médium en étant guérie dans l'enfance par le fantôme d'un druide, ça reste bon enfant. Mais passez l'expression, Geneviève merde, et pas qu'un peu: elle commence à se mêler de politique et faire de la propagande pro-Allemagne nazie, ce qui les conduisent, elle et son mari antisémites en prison. Les deux n'ont de cesse que de vanter les mérites du führer, jusqu'à, comme c'est étrange , août 1944, ou Geneviève prétend que la libération a réussi grâce à elle et ses dons. Une nana donc, à l'égo surdimensionné, et bien secouée. Et si la police ne l'a pas oubliée à la fin de la guerre, elle cependant réussi à s'en titrer sans trop de dommages et a continué à faire de l'argent avec l'occulte jusqu'à sa mort dans les années 1970. Et évidemment on raconte qu'elle est toujours dans sa maison du Tertre en Bretagne, pour veiller à ce qu'on ne touche pas à son portrait. Et.. punaise, elle fout les jetons. J'ai moins peur des spectres que de la folie, et son côté malsain se voit sur son portrait. C'était probablement moins un voyante qu'une perverse manipulatrice et c'est ça qui me saute aux yeux. pour en avoir bien connu quelques-uns.

Donc pour ce qui est de l'ouvrage en lui même pas grand chose à dire, c'est une collection d'histoire de fantômes français, et ça c'est déjà sympa, par contre je suis obligée de dire que le livre est hanté de fautes et de phrases assez mal écrites, ce qui donne une narration pas terrible.. C'est dommage, l'idée est bien, mais ça limite un peu le plaisir qu'on pourrait avoir à le lire.

et puiiiiis
Bretagne, Vendée, Sud-Ouest, Auvergne.. Il manque quelque chose à cette liste!
Donc voilà des fantômes de MA Région:

A Ménerbes dans le Vaucluse, la Baumo-Seguro est supposée hantée par un duo de fantômes, un bandit assassiné par son frère, qui s'est suicidé ensuite.  Ambiance! Les deux fantômes doivent encore se chamailler depuis la Renaissance. Ironiquement le nom de "Baume Seguro" en Provençal signifie la "grotte sûre". Elle est pourtant mal fâmée et bien "fantômée."
A Caromb, il y le manoir Pré-fantasti, où la encore une dispute entre deux frères ( alchimistes cette fois) a mal tourné. Le fantôme de celui qui a été tué est supposé hanter les ruines, mais est-il seul? Un homme riche a été tué par un voleur à proximité du lieu hanté, peut être bien qu'il y a maintenant deux fantômes!
A Auribeau, toujours dans le Vaucluse, il y à la Porte de l'au-delà où une veuve a vu apparaître le fantôme de son mari. Sauf qu'à l'inverse d'Orphée et Eurydice, c'est elle qui est allée volontairement le rejoindre dans le monde des morts. Yep, rien que ça, nous avons un portail entre le monde des vivants et celui des morts.
A Roussillon, bien qu'on s'éloigne des fantômes, plusieurs légendes tentent d'expliquer la couleur rouge des ocres. Feu des titans, sang des anges déchus, ou sang d'une suicidée, femme infidèle qui s'est jetée d'un haut de la falaise après que son mari lui a fait manger... son amant ( oui  ça sonne un peu comme les enfants de la Belle au bois dormant, la suite). Je vous rassure on sait maintenant que ça ne vient ni d'un massacre, ni d'un suicide, mais de la grande quantité d'oxyde de fer contenue dans le sol.

vendredi 18 octobre 2024

SOS fantômes ( film 1984)

On continue et on recule encore de 10 ans.
Il faut dire que 1984 est une sacrée année filmique ( fantômes ET monstres), donc je vais probablement faire un doublé .
Mais Donc on commence avec le cultissime Ghostbusters, alias SOS fantômes, que je n'avais même pas vu au cinéma à sa sortie. J'avais 9 ans, et mes parents devaient penser que j'étais trop jeune, je ne l'ai donc vu que plusieurs années après. Mais je dois avoir encore quelque part un badge de l'époque, distribué par le cinéma. Et je ne l'avais pas revu depuis des lustres




Mais tout est culte là dedans entre la musique, les répliques ( il te boufferait la gueule en moins de 2! Ho la ravissante voix de soprano... Bon d'accord, c'est un chien. La prochaine fois qu'on te demande si tu es un dieu, tu réponds " oui"), les acteurs, les effets spéciaux...même la VF, étonnamment, c'est un film que je n'ai jamais vu en VO. Comme plusieurs films cultes de ma jeunesse en fait, j'ai du mal à passer le cap de le voir en VO à cause des voix françaises auxquelles je suis habituée, à force de les avoir entendues à l'époque de film en film. Il faudra que je tente la VO un jour quand même.
Et quand je dis culte, c'est que le film a fait un tel tabac qu'il y a eu non seulement des suites ( mais dans ma tête ça s'arrête à 2!), des figurines, tout un tas de posters, des badges comme le mien trouzmille produits dérivés, y compris une série animée ( où pour la version française, c'est Maurice " boulette" Sarfati qui double les personnages de fantômes)

Bon évidemment, le scénario ne casse pas trois pattes à un canard ( invasion de fantômes et de démons à New-York et 3 couillons chercheurs en parapsychologie fraîchement licenciés vont en profiter pour monter leur petite entreprise, qui fait vite un carton) et on s'en fout parce que c'est de la pure comédie. Dan Aykroyd, Bill Murray et le regretté Harold Ramis ( né en 1944, mort en 2014, encore des chiffres en 4) sont à donf' et c'est hilarant. Mention spéciale aussi à Rick Moranis, le comptable casse-burnes accro aux vitamines et aux vidéos de fitness, possédé par un esprit qui dot avoir 5 ans d'âge mental.

Ce qui me fait beaucoup rire c'est que l'image des chasseurs de fantômes transportant partout un matos électronique qui bipe et clignote a tellement été scellée dans l'esprit des gens par le film, que même les illuminés qui veulent faire un business paranormal ou simplement des vidéos de chasse au fantôme ont le même genre de bidules, tout en se prétendant sérieux. Parce que chasser les fantômes à l'ancienne, avec du gros sel, ça n'impressionne personne probablement.

Mais oui, c'est vraiment le genre de film à voir/ revoir sans espérer un scénario profond, parce que franchement les fantômes sont tous plus cocasse les uns que les autres. Dois-je rappeler que l'image la plus mémorable du film est une mascotte chamallow géante qui fout le zbeul en ville et parodie King Kong?  A voir sans se prendre la tête. D'ailleurs, ça va aussi être le cas du suivant.
la frousse!

Juste pour le plaisir, parce que quand même c'est une BO absolument dingue, qu'elle était partout à l'époque et qu'on s'ambiance toujours autant sur la chanson titre. Du moins, moi!
Ray Parker Jr - Ghostbusters


Haaa, les néons, les coiffures, les fringues, c'est un concentré des années 80!

Ha et pour la petite info, si on va à New-York, on peut aller voir a caserne de pompiers qui sert de décor au QG des chasseurs de fantômes. Ici. J'y penserai quand j'aurai l'occasion d'y aller.

vendredi 17 novembre 2023

Fées, ogres et lutins, contes merveilleux t2 - collectif

 Hop, une petite lecture de plus avant de s'acheminer vers la fin du mois Halloween ( bon, d 'accord, la fin officielle c'était la semaine dernière, mais pas grave, je prolonge)


Tome 2 alors que je n'ai pas lu le tome 1? Hé oui  je l'ai trouvé en boite à livre.
Bon ce n'est pas non plus une édition très intéressante, car c'est une édition scolaire et plus de la moitié des pages sont des jeux et tests à faire en classe avec un prof ( il n'y a pas les réponses à la fin)

Mais bon l'intérêt c'est que les contes présentés ne sont pas les plus connus.

- Les fées ( Perrault): l'histoire de 2 soeurs, la gentille, qui est évidemment l'esclave de sa mère et la méchante, à qui la mère passe tous ses caprices. Lorsque la gentille va puiser de l'eau à la fontaine, elle est abordée par une vieille dame qui lui demande de l'eau. c'est évidemment une fée qui en remerciement de sa serviabilité lui jette un " gentil sort": chaque fois qu'elle parlera, elle crachera des pierres précieuses. La mère insiste alors auprès de son autre fille, qui, de très mauvais gré, part à la fontaine et est abordée, non par une vieille dame, comme elle s'y attendait, mais par une autre fée, habillée en femme riche. La méchante fille met une très mauvaise volonté à rendre le service demandé, et est maudite: à chaque phrase , elle crachera un crapaud. La mère, voyant la malédiction en rend responsable la première et la chasse. La fille va donc pleurer dans les bois où arrive un roi, subjugué par sa beauté, sa gentillesse, son abnégation (et cette curieuse compétence " il vit sortir de sa bouche cinq ou six perles et autant de diamants et la pria de lui dire d'où celà lui venait" .. mouais on te voit venir!) En fait, non c'est clairement dit, il trouve que " un tel don vaut mieux que tout ce qu'on peut donner en mariage à un autre" ( mouais tu serais pas un peu, beaucoup, bien plus intéressé par le sort que par la nana?  Pour moi la suite c'est " ils vécurent heureux et à chaque fois que la trésorerie était à sec, il faisait parler sa femme pour renflouer les caisses"). Je connaissais cette histoire depuis longtemps mais je ne me souvenais plus du titre ou de l'auteur. Par contre, la version que j'ai du lire étant jeune était expurgée du côté avide du roi, parce que , regarder le compte en banque de la dame plus que ses qualités, c'est moyen quand même.

- Dame Trude ( Les frères Grimm) une histoire très courte qui explique que la curiosité est un vilain défaut et qu'il faut toujours se méfier des vieilles dames qui habitent dans la forêt. Une petite fille à qui on a raconté qu'il faut éviter Dame Trude, parce que c'est une sorcière, veut savoir ce qu'il en est vraiment, et y va quand même. Il lui en cuira. Au sens propre. Ha, ben, on est chez les frères Grimm et ils n'y vont pas de main morte ( lol) lorsqu'il s'agit de faire passer leurs personnages de vie à trépas.

Il y a quelques jours je suis tombée sur cette image légendée:
" Quand tu lis un conte de fée, mais que c'est la version allemande"
Ha ben, c'est clairement PAS la version Disney

- Le cercueil de verre ( Frères Grimm), une histoire qui tient à la fois du petit tailleur, de la belle au bois dormant, de Blanche-neige et de pas mal d'autres.
Un tailleur pauvre, mais honnête, se perd dans la forêt, et après quelques mésaventures, voit un curieux spectacle: un cerf et un taureau se battent en duel, le cerf gagne et et éventre le taureau avec ses bois ( Version allemande, on vous dit). le cerf enlève littéralement le tailleur et l'emmène dans une grotte ( et être enlevé par une bête si enragée qu'elle peut tuer un taureau, pas glop!). Grotte enchantée où le tailleur, comme un voit du curieux matériel: fioles remplies de brumes multicolores, pierre mobiles qui jouent le rôle d'ascenseur ( on dirait le premier Prince of Persia!), et deux boîtes en verre: dans l'une une maquette superbement détaillée d'un château, pas un créneau ne manque. Dans l'autre une (jolie, hé ho) femme endormie, qui se réveille à son approche et lui dit d'ouvrir le loquet du cercueil. En sortant elle lui raconte sa mésaventure: C'est une comtesse (Célibataire. Elle s'entendait si bien avec son frère que les deux avaient décidé de rester célibataires et de vivre et régner ensemble. C'est chelou!) qui a été maudite, elle et sa famille, parce qu'elle a refusé les avances d'un sorcier. Le comte a été transformé en cerf, la comtesse plongée dans un coma artificiel "jusqu'à ce que l'élu vienne la réveiller". La miniature en boite c'est tout le château qui a été réduit à petite échelle, les fioles de brume, ce sont les larbins. Le sorcier c'est évidemment le taureau qui a été tué, rompant ainsi le sort qui scellait la caverne.
Et là, oh, my! Incroyable, la nana AGIT: elle explique quoi faire, avec son sauveur, elle trimballe le château miniature dehors, et pouf! il reprend sa taille. Puis elle ouvre les fioles et re-pouf! les brumes redeviennent des gens loufiats (faut pas pousser, ils ne vont pas non plus toucher leur plusieurs années d'arriérés de gages et aller prendre leur indépendance financière). Re-re-Pouf! Le cerf redevient comte.
Et le tailleur? Ben il se marie évidemment avec la comtesse, et va donc régner avec sa femme et son beau frère. Bon, finalement il n'a pas fait grand chose à part s'étonner et ouvrir un loquet, en fait. Mais au moins il n'a pas roulé de palot forcé à la fille, c'est déjà ça.
Mouais, y'a quand même plein de choses qui ne vont pas trop dans cette histoire: le mec ne sert pas à grand chose, donc honnête ou pas, ça ne change rien, ça aurait pu être une voleur que bon.. pareil!
La fille et son frère, mouais.. ça ressemble quand même à une histoire d'inceste qui se finit en ménage à trois.

-L'anneau magique ( conte tunisien) : une variante de l'histoire d'Ali Baba. Un homme pauvre a trois fille et un fils, et alors qu'il n'a plus un sou, il apprend qu'il y a un pays magique où les pierres précieuses poussent sur les arbres. Mais pour y arriver, il faut passer 3 ogres gardiens. Chaque ogre lui propose donc un marché: je te laisse passer si tu me donne une de tes filles en mariage " ha ok, cool, mais seulement après ma mort". Magnifique, il vend donc ses filles contre un laissez-passer. et evidemment, hop, moisson de pierres, retour au bercail, on vit richement un certain temps puis.. il meurt et les ogres viennent chercher les filles.
Seul le fils, Ali, reste , et hérite d'un coq. Il se le fait subtiliser par ruse par un sorcier, le récupère de justesse mais... bon que faire? Autant le faire cuire et le manger. Et à l'intérieur du coq, il y a, ho miracle, un anneau qui fait apparaître un génie: grâce à ça la fortune d'Ali est faite: chameaux, palais, richesse, la fille du sultan en mariage, le truc habituel. Jusqu'au jour ou le sorcier le retrouve et se met en tête de punir le voleur qui lui a volé ce dont il lavait d'abord arnaqué..
Sauf que.. stop stop stop. Vous vous souvenez des 3 filles casées avec les ogres? Ben, apparemment les ogres sont des maris sympas, puisqu'ils viennent avec 3 armées au secours de leur beau-frère. MUSIQUE! Yep, je sais, mais je ne pouvais pas louper ça (je n'ai pas d'images en tête quand je lis quelque chose, par contre, j'ai la bande son qui va bien).

- Outroupistache ( Frères Grimm): Un meunier vantard prétend que sa fille est capable de filer la paille et de la transformer en fil d'or. Le roi du pays, très cupide, est fort intéressé par ce talent, et séquestre donc la fille avec la tâche de filer la paille et de l'avoir transformée en or au matin, sous peine d'avoir la tête coupée ( très cupide et très cruel aussi puisqu'elle n'a rien fait.. c'est son père qui lui a attribué cette fausse compétence). alors qu'elle voit déjà sa dernière heure arrivée, un lutin se présente devant elle et lui propose de faire ce travail en échange d'un cadeau, la fille lui propose donc son collier. Et au matin miracle, le lutin a filé toute la paille en or. Le roi cupide, se dit que bon, une telle aubaine.... ce serait bien qu'elle arrive deux fois, et rebelote: même tâche, avec encore plus de paille, et même menace.  Et même procédé, la fille propose au lutin sa bague en échange.
Mais le roi n'est toujours pas satisfait, et.. re-rebelote: encore plus de paille, mais cette fois, la menace est encore pire, puisque si elle réussi , il épouse la fille ( et vu le roi, épouser un type capable de menacer quelqu'un s'il n'accomplit pas un prodige .. elle risque de ne pas garder sa tête sur son cou bien longtemps). Mais comme elle n'a rien a échanger, cette fois le lutin lui demande: " une fois que tu sera reine, tu paiera ta dette en me donnant ton premier enfant". Promesse pour se donner le temps de trouver une solution. Miracle, mariage, tout ça, et la reine oublie totalement sa promesse. Et se trouve donc contrainte de devoir tenir sa parole. Elle et le lutin vont trouver un terrain d'entente: elle a trois jours pour trouver le nom du lutin, si elle échoue, il emmènera l'enfant. Si elle réussit, elle est libérée de sa dette.
Je suis donc allée chercher le titre, car je connaissais cette histoire sous un autre: le nain Tracassin, et je pense qu'il est plus courant que "Outroupistache", vague déformation du titre allemand " Rumpelstilzschen" ( ça sonne déjà plus germanique, et signifie à peu près " petites échasses grinçantes") et on y retrouve cette idée assez répandue dans le monde que connaître le nom de quelqu'un, c'est avoir du pouvoir sur lui. Et d'ailleurs seul le lutin sera nommé, les autres sont toujours définis par leur métier ou leurs lien de famille: le meunier, le roi, la fille du meunier, le messager...

- Le Manoir de Coatbily ( légende bretonne), met en scène un endroit qui existe réellement, près de quimper. On raconte que le manoir était envahi la nuit par les korrigans, pas dangereux, mais extrêmement énervants, qui rendent chèvre le châtelain et sa famille en faisant du tapage à la manière d'esprits frappeurs. La solution proposée pour se débarrasser des korrigans est la suivante: leur tendre un piège une nuit de grand vent, en faisant en sorte que leur entrée fasse tomber et disperser un sac de son ou de plumes. Les Korrigans sont tenus par leur nature de tout rassembler, et si les plumes s'envolent au vent, il ne pourront pas tout récupérer, et meurtris dans leur orgueil, partiront casser les ripatons à quelqu'un d'autres. Je sais donc pourquoi il n'y a pas de Korrigan à Avignon: le Mistral entte 120 et 160 jours par an ( Le nom Avignon même signifierait " ville du grand vent" ou "seigneur du fleuve"). Un climat à ne pas mettre un Korrigan dehors.

- La Tarasque ( légende provençale), tiens puisqu'on parle d'Avignon, cette histoire se passe à proximité de chez moi, entre Avignon, Arles et le Thor, et principalement Tarascon. Un monstre y sévissait au début du premier siècle, dévorant les troupeaux et causant beaucoup de dégâts. La bête sera finalement capturée par Sainte Marthe, qui passait par là. Et c'est vraiment le cas: expédie avec quelques copines saintes, dont 3 sont prénommées "Marie", sur un radeau, depuis le proche orient, " allez, on est gentils on ne vous massacre pas, on vous envoie sans bouffe sur un radeau en pleine mer, en espérant que vous couliez, bon vent", elles arrivent totalement par hasard près du delta du Rhône, zone absolument repoussante, pleine de marécages et où personne ne viendrait volontairement. C'est l'origine légendaire du nom " Les Saintes-Maries-de-La-Mer", à l'endroit où elles auraient débarqué. En tout cas la légende est bien connue ici, on la raconte dès l'école primaire, fait partie du folklore et des fêtes locales. Elle est si connue que des os fossilisés trouvés dans le sud ont fait nommer leur préhistorique possesseur " Tarascosaure" en 1991. Je me dis que c'est peut-être même l'origine de la légende, popularisée à la Renaissance: si un pinpin de l'époque a trouvé un squelette de dinosaure, il aura alors pensé à la légende du dragon local. Sans savoir que la bestiole en question ne crachait pas de poison, mais devait être très dangereuse malgré ses ridicules petites papattes avant, et sa taille plutôt modeste.
Taille estimée à partir d'un seul fémur, mais qui sait si ce n'est pas un jeune qui aurait pu devenir bien plus gros comme les autres abélisauridés. En tout cas on est loin de la version mythologique: tête de lion, 6 pattes, carapace de tortue

Tiens, il est temps de demander à l'IA de bing de me le générer, histoire de se marrer.
"Un monstre à six pattes, une tête de lion, de grandes dents pointues, une crinière noire et une carapace de tortue . Il a des pointes le long du dos et une longue queue de serpent"
Y'a de l'idée, mais, 6 pattes, et une queue de serpent, pas une queue double avec une tête de serpent au bout!

6 pattes, tu ne sais pas compter jusqu'à 6? Mais j'aime bien sa tête de dragon-lion indonésien, qui est un bonus, puisque je ne lui ai pas dit que le monstre est supposé être la progéniture d'un monstre asiatique

la queue est mieux, mais je n'ai pas mes 6 pattes, tudieux!

- Le briquet ( Andersen): un conte totalement amoral!On peut être le type le plus mahonnête, et cupide, et panier percé, et voyeur,  du monde et devenir roi du Danemark. Je suppose que c'est le sel de l'histoire, et qu'Andersen y a discrètement mis un sens trèèès politique.
Un soldat en manoeuvre rencontre une sorcière sur la route. elle lui indique un arbre magique qui est la porte vers la richesse: sous l'arbre, il y a une grande salle dotée de trois portes, derrière chaque porte il y a un chien qui garde un trésor. Chaque chien a des yeux plus grands que le précédent, et garde un trésor plus important que le précédent. Elle prête donc au soldat un objet magique permettant de neutraliser les chiens, lui dit de prendre du cuivre, de l'argent et de l'or autant qu'il en veut, et pour elle, elle ne veut rien qu'un vieux briquet, qui se trouve là, un souvenir de famille oublié par sa grand mère des années plus tôt. Le gars ne se le fait pas dire deux fois, et remonte avec le pognon et le briquet, mais comme la sorcière ne veut pas lui dire à quoi sert le briquet, il la décapite. Cash!
Le gars, très riche va donc à Copenhague, mener la grande vie, entend parler de la fille du roi, qui est une belle femme, même que "personne ne l'a jamais vue, mais c'est une princesse, donc elle est forcément belle". Le jour où il se rend compte que le briquet permet d'invoquer les chiens et qu'ils peuvent comme un génie du proche orient, il va les utiliser pour aller reluquer la fille pendant son sommeil, l'enlever, se faire choper, échapper à la pendaison en invoquant ses chiens, leur faire attaquer le roi, devenir roi à sa place et épouser la fille, en échange de ... rester vivant.
Bref le conte se finit bien, mais... pas pour les valeurs morales qui sont bafouées du début à la fin, puisqu'on en déduit que " bah, être âpre au gain, tuer une vieille, enlever une fille et prendre le pouvoir par la ruse, c'est pas si grave, si à un moment donné, on a fait acte de générosité en distribuant de l'argent aux pauvres ". Andersen ne m'avait pas habituée à si peu d'honnêteté, elle est où, ta morale chrétienne, Hans-Christian, habituellement tu nous la colle partout?

-L'oiseau Phénix ( Andersen), haaa, on est sauvé, il se rattrape en liant l'histoire du Phénix au paradis, aux anges, à Adam et Eve. De ce fait, le phénix n'est pas pour lui une idole ou une légende païenne, mais quelque chose de tout à fait compatible avec le milieu chrétien. J'attendais qu'il symbolise l'espérance de retrouver un jour le paradis, mais ... non. C'est pour lui la lumière, le souffle lyrique, l'inspiration, qui n'a pas de frontière et son nom (on en revient à connaître le nom comme une formule magique) est Poésie.
J'ai du mal à considérer cette courte histoire comme un conte, plutôt comme une variation sur une légende, et je me demande comment est écrit le texte en danois: poème en prose avec effets littéraires, ou poème rimé, je suis à peu près sûre qu'il y a là des effets littéraires.

Ce qui est dommage dans ces histoires, c'est que dans le fond, le programme du titre soit assez peu suivi: fées: dans la première histoire plus 2 sorcières. Ogres: personnages secondaires de l'Anneau D'or. Lutins: un seul et des korrigans.
Mais le phénix ou la tarasque n'ont rien à faire là, plutôt dans une recueil sur les animaux fabuleux.
Plusieurs contes ont pour point commun, l'appât du gain ou du pouvoir.. mais là encore, plusieurs n'ont pas grand chose à voir.
Les contes de divers pays, pourquoi pas mais là encore, il y en a deux de Grimm et deux d'Andersen, ça aurait été plus intéressant d'en insérer d'autres hors Europe. C'est bien d'avoir choisi des textes assez peu connus, au lieu du Chat Botté, de Hansel et Gretel ou de la Reine des Neiges, et d'avoir chercher des  choses moins courantes.
Mais oui, cette hétérogénéité me gêne, elle fait un peu trop pagaille, et donne l'impression que le tout n'a pas été envisagé avec une vraie idée générale.
Sur les pages " jeux", je les ai plus ou moins passées, l'absence de  réponses fait que le livre est inutilisable par un enfant hors contexte scolaire ( même les parents ne pourraient pas apporter une réponse définitive à certaines questions qui relèvent plus de l'opinion personnelle ( que symbolise ceci ou celà, à quel autre conte cette histoire fait -elle penser.. sachant que la typologie des contes est si vaste que selon la culture personnelle du lecteur, ça peut être tout et n'importe quoi; quelle est la morale de cette histoire? Typiquement, je ne pense pas que ma réponse " l'appât du gain est mauvais, mais on a la droit de décapiter quelqu'un sur un coup de colère, et de pénétrer la nuit par effraction dans la chambre de quelqu'un pour peu qu'on soit riche et puissant" ou " l'appêt du gain et l'emploi de la violence, c'est pas si grave, si tu te maries honnêtement avec la fille à la fin ( sans lui laisser le choix de refuser)" soient validées par l'éducation nationale.
Et là encore, la morale peut être totalement différente selon la culture personnelle du lecteur... N'oublions pas que " les gens moches, vieux ou pas très malins sont forcément mauvais et on a le droit de les harceler, voire de les tuer", c'était acceptable à une certaine époque, mais plus en 2023, heureusement.



vendredi 10 novembre 2023

Labyrinthe ( film 1986)

Bonus!
Histoire de faire le lien entre la période d'Halloween, et décembre, voilà du fantastique qui lorgne sur les contes.
Figurez-vous que je n'avais jamais vu en entier ce film pourtant très connu, je n'en connaissais en fait que les extraits musicaux... J'étais trop jeune à la sortie (9/10 ans) pour aller le voir au cinéma. Pourtant mes parents m'avaient emmenée voir la Dernière licorne et Taram alors que j'étais encore plus jeune. allez, comprendre.

Et je l'ai trouvé assez sympa, pas renversant, mais sympa déjà ne serait-ce que parce que c'est un film de Jim Henson, que j'ai vu à la même période Fraggle Rock, Dark Crystal quelques années plus tard et que donc, je suis totalement en terrain connu.
Ensuite parce que bon, même s'il a des longueurs, et des gags qui manquent un peu de finesse ( le marais qui pue, c'était quand même un peu lourd et redondant au bout d'un moment) il est quand même souvent drôle. Que le courage y est incarné par une fille (toute ressemblance avec Alice au pays des Merveilles et Le magicien d'Oz est absolument, totalement, carrément voulue et revendiquée), alors que franchement c'était pas gagné. Et que les monstres ne sont pas ceux qu'on croit.
Les créatures effrayantes sont bien souvent plus sympathiques que le vrai monstre de l'histoire, le seul qui pourtant a figure humaine, qui terrorise et manipule ses sbires.

KITSCH ( mais c'est ce qui fait l'intérêt)
Ho pinaise, le roi des goblins ressemble à s'y méprendre à un chanteur de glam-rock des années 70/80
Et c'est absolument normal en l'occurrence ;)


Donc de quoi est-il question. Le scénario est simple, c'est finalement celui de presque tous les jeux vidéos: un personnage, pas forcément taillé pour l'aventure, pas forcément sympathique non plus ( Sarah est quand même assez tête en l'air et capricieuse) se met en colère, et déclenche une malédiction, à laquelle il va falloir remédier en partant affronter le boss final dans son château, en recrutant en chemin une équipée de bric et de broc et en évitant les pièges.

Sarah, obligée par son père et sa belle-mère à babysitter son demi frère bien plus jeune qu'elle, se passerait bien de cette corvée (et là, de la part des parents c'est limite de l'inconscience, vu qu'elle n'a aucune envie de le faire, n'aime pas beaucoup son frère, et est quand même parfois pas loin de la malveillance, ou du moins de la négligence envers lui. Mieux aurait valu confier la garde à quelqu'un qui sait s'y prendre et apprécierait de se faire trop sou, mais les parents doivent être des gros rats) Donc, tannée de devoir s'occuper du mioche braillard, elle souhaite en être débarrassée à tout jamais, que les goblins l'emportent dans leur royaume, et qu'il devienne l'un des leurs. Sitôt dit, sitôt fait le gamin est emmené dans le château des goblins, où règne Jareth: taquin, joueur, et aussi pas mal pervers manipulateur. Bien qu'ayant apparence humaine contrairement aux autres goblins ses sujets, il est sadique.
 Sarah commence à regretter. La morale veut faire croire qu'elle a une crise de responsabilité, qu'elle ne le voulait pas vraiment qu'elle a eu des mots exagérés mais aime quand même son frère, tout ça tout ça. Je penche plutôt vers l'envie d'éviter une engueulade carabinée quand ses parents rentreront et constateront qu'elle n'a aucune explication valable concernant la disparition de son frère: " Il a été enlevé par les goblins, il est dans un royaume magique".. ça ne passerait pas vraiment.

Donc Sarah, " héroïque" malgré elle, passe un marché avec le roi des Goblins, qui lui dit qu'elle peut récupérer son frère, si elle parvient à atteindre le château où il est retenu prisonnier, et ce en moins de 13h00. Mais il faut traverser un gigantesque labyrinthe semé d'embûches. Du classique de quête héroïque donc.
Mais ce qui fait la différence, ce sont les petits détails savoureux: le château est copié sur la gravure d'Escher qui décore le mur de la chambre de Sarah. Le roi des goblins ressemble a une figurine qui est sur sa table. Les monstres qu'elle rencontre sont des versions déformées de ses peluches. Alice est un de ses livres de chevets, et là, Jim Henson se fait plaisir à insérer des références visuelles.
La morale est évidente mais pas non plus trop sotte: grandir, c'est affronter ses peurs enfantines...et se rendre compte qu'elle ne sont fondées sur rien (les robots géants sont en fait des armures qui cachent des lutins minuscules et peu dangereux, plus ridicules que vraiment méchants).
Grandir, c'est aussi ce que Sarah ne veut pas, mais qui adviendra malgré tout, qu'elle le veuille ou non. Et c'est apprendre à démêler le vrai du faux, les apparences de la réalité, et ne pas se laisser berner par les manipulateurs et leurs promesses.

Mais ce n'est pas non plus renoncer à toute fantaisie. Avoir un jardin secret fantastique est même nécessaire pour contrer la platitude des responsabilités quotidiennes. Sarah a des prédispositions pour le théâtre, qui est sa passion apparemment, j'aime à penser que dans le futur, elle en fera son métier.

Allez, évidemment l'autre atout du film c'est d'avoir mélangé une fantaisie visuelle digne parfois de Brueghel et Jérôme Bosch, sans compter la référence directe à Escher, avec une ambiance pop/ rock très années 80.
Et d'avoir confié le rôle du roi et la BO à l'un des compositeurs-musiciens-chanteurs les plus barrés de l'époque: David Bowie. Bon, j'avoue la BO n'est pas ce qu'il a fait de mieux dans l'absolu si on prend ses propres compos en référence, ça ne sera jamais du niveau de Space Oddity ou Life on Mars?
Mais dans le cadre d'un film jeunesse des années 80, avoir David Bowie dans le film ET aux manettes de la musique, c'était quand même le haut du panier. Et il semble s'être amusé comme un fou à danser avec des marionnettes.
ahaha... non pardon, David, tout le monde sait que je kiffe ta musique, mais là...
C'est une prouesse de ne pas être 100% ridicule avec cette tenue et cette coupe et tiens... il a un palantir!

Question apparence souvent farfelue, on fait difficilement mieux, et c'est bien une des seules personnes au monde à pouvoir être à la fois drôle et flippant, malgré une coupe mulet hirsute, un maquillage argenté et un pantalon qui...

Euh, oui disons que c'était les années 80, mais rétrospectivement et avec mon regard d'adulte, il y a un détail qui ne passerait plus dans un film destiné au jeune public. Ce futal est quand même hyper moulant, et laisse vraiment peu de place à l'imagination. Ce choix vestimentaire est quand même un brin étrange et perturbant. Pour un de ses concerts, je n'aurais riiiiiiiien trouvé à redire. Pour un film jeunesse, bref...

Ahem, je m'égare, ce qui est normal dans un labyrinthe, parlons plutôt des effets spéciaux. Le film date de 1986, donc, à une époque où presque tout est encore fait à la main, et c'est son charme. Finalement ce qui a le moins bien vieilli, c'est la chouette en image de synthèse pendant le générique. Tout le reste est fait en marionnettes, et je suis une fervente partisane de cette option: faux pour faux, autant que ça se voie et pourtant, les marionnettes ont plus de réalité, plus d'expressivité, plus de chair et dans le fond, plus d'âme que n'importe quelle image de synthèse (Comparez dans Star Wars le maître Yoda en mousse de la première trilogie et celui en images de synthèse des suivantes, ben je suis désolée, je préfère la version marionnette, beaucoup plus " vivante")
Donc pour peu qu'on apprécie le théâtre de marionnettes,  ça tient toujours la route. Et bon Jim Henson à la manipulation et Brian Froud au design, c'est quand même pas rien. Ah, et Terry Jones des Monty Pythons a collaboré aussi. Belle collaboration avec une bonne touche so british.

Allez pour la route, ce qui me fait marrer: finalement, si on y réfléchit, l'irresponsable Sarah n'a même pas eu à se cogner l'ennuyeux baby-sitting, puisque pensant tout le film, c'est le roi des Goblins qui doit surveiller le gamin, l'occuper, le faire sauter sur ses genoux, pensant qu'elle se promène dans un pays de fantaisie et copine avec les monstres ( toute ressemblance avec le magicien d'Oz est aussi très très très très voulue)
C'est lui, le sale type, qui doit être responsable à sa place et tout ça gratuitement. Sans toucher une seule livre, un seul fifrelin de salaire! Mais bon, comme il a l'air de s'ennuyer profondément dans son château à organiser des fêtes décadentes avec des lutins, disons que ça l'a occupé pour quelques heures.

J'hésite à le classer en " film avec une objet magique" ( le labyrinthe lui-même ou le palantir), ou bien " film réhabilité après un échec. Il n'a pas été un franc succès à sa sortie, et a mis quelques années avant de trouver son public, qui l'a même propulsé au range de film culte.
Mmmm j'ai ptêtre une autre idée pour cette catégorie, donc va pour " objet magique"

mercredi 8 novembre 2023

Le livre des êtres imaginaires - J-L. Borgès ( + création de monstres virtuels)

 et le "nouvel auteur " du mois est l'argentin J L Borges, que je n'avais jamais lu.
J'avais ce livre chez moi depuis des années, mais du genre plus de 20 ans, offert par des copines, mais .. sa structure en forme de liste m'avait toujours un peu rebutée. Mais allez, zou. Il est là depuis trop longtemps, j'ai peu de lectures étrangères, peu de lectures tout court cette année, on s'y met.


Et effectivement, c'est une recension de créatures imaginaires littéraires ou mythologiques, qui de l'aveu même de Borgès n'est pas destinée à être lue d'une traite ( donc j'en ai lu quelques pages par jour en fait), sinon gare à l'indigestion.
Son propos avoué est de faire de son livre un " zoo fantastique" classé par ordre alphabétique, du moins en espagnol, chaque récit ressemble à un cartel affiché sur le parc où pourrait résider la créature en question. Depuis l'A bao a Qou du Rajasthan jusqu'aux antilopes Sibérienne à 6 pattes, et au renard chinois.
En voilà la Liste

Et en fait ces derniers jours je me suis un peu amusée avec l'IA de Bing qui essaye de représenter des choses en fonctiond es descriptions qu'on y entre. J'ai d'abord tenté le coup pour me faire un Avatar ( coucou Théophile) pour un forum, qui corresponde à mon pseudo avec quelques informations en plus. et je me suis dit que ça pouvait être marrant de lui faire " matérialiser" certaines des bestioles improbables de ce livre, d'après la description de Borgès.

Allez, on se fait un atelier " création de monstres". Je ne vais pas lui demander de me générer un phénix, un centaure, un minotaure, un kraken, une sirène danoise, une licorne, un sphinx, un dragon...ceux là sont trop connus et déjà représentés par des artistes variés.

J'ai tenté le coup (en simplifiant la description) de l'animal imaginé par Edgar Poe dans les Aventures d'Arthur Gordon Pym.. et l'AI a galéré!
"Un animal de 3 pieds de long sur 6 pouces de haut, avec 4 pattes très courtes, et de longues griffes couleur corail. Il a une longue queue de rat et le poil blanc. Sa tête est celle d'un chat. Il a de longues oreilles tombantes comme celles du chien. Ses dents sont rouge corail"
Force est de constater que bon, beaucoup de consignes ( les dents et les oreilles, les pattes courtes) passent à la trappe, j'ai plutôt des rats blancs avec des pattes de poules.
D'après Poe, il n'a pas l'air effrayant, et tout ce que j'ai eu, ce sont des rats infernaux.
Toi, tu m'as l'air d'avoir déclenché la grande peste noire

Il est fun celui là

Rigolo, mais hors sujet

Il est chou, hors sujet aussi mais chou.

un autre candidat à la peste noire.

et celui de Kafka ( là encore, en résumé)
"un animal avec une queue de renard de plusieurs mètres de long. Il a une petite tête ovale. Il a de grandes dents. Il saute comme un kangourou"
Ils sont trop mignons mes familiers!!!
Renardeau assez classique

Ca ressemble assez à un écureuil ou a un chinchilla

Lui, il me plait avec ses grandes oreilles. Il manque les dents et plusieurs mètres de queue, mais il est sympa.

Et celui là est le seul qui a vraiment une longue queue.

- Le basilic médiéval, il en existe plusieurs sortes selon les époques, mais j'ai bien envie de voir ce que donne celui du moyen âge
"un coq à quatre pattes et aux plumes jaunes.. Il a de grandes ailes épineuses. Il a une queue de serpent terminée par une autre tête de coq. Il a une couronne sur la tête"
Manque 1 patte et les épines aux ailes, et on a dit une couronne, pas un chapeau à grelot de joker de jeu de cartes!


3 pattes, et la queue part de son bréchet, mais là on se rapproche: une couronne et j'aime le motif de têtes de coq sur les ailes. Pas mal du tout!

Il fait plus phénix que basilic, lui, et décidément le nombre de pattes n'est jamais pris en compte.
Mais il serait cool comme blason

le barometz " agneau végétal", est une plante qui mime la forme d'un agneau, ou un hybride plante animal.
"une plante avec 4 ou 5 troncs. Le feuillage a la forme d'un agneau à la laine dorée. Les loups veulent manger la plante. Il en coule une sève rouge"
Alors là, je kiffe les 4 propositions, j'espérais en effet quelque chose de très bizarre avec la description, et je ne suis pas déçue.
Version " cours de science nat", j'adore l'ajout des loups-garous comme figurines et de la lune, va savoir pourquoi

C'est bien d'avoir mis des numéros mais où est la légende?, mais c'est fun

Il manque la forme du mouton, mais j'aime bien le côté enluminure

Trop bien, l'agneau est carrément plus gros que les loups et le côté chou-fleur (au curry) accentue l'idée de végétal

Le catoblépas: "un animal noir, de la taille d'un buffle. Il a un long cou mou et fin . il a une tête de cochon, qui traine par terre. Sa tête est trop lourde pour être verticale. On ne voit pas ses yeux. Il est de couleur noire. sa fourrure est épaisse. Il a des pattes très courtes. "
Aïe, tout est hors sujet, puisqu'il ne garde pas les deux caractéristiques absolues: une tête trop lourde pour son long cou fin, et des yeux invisible ( parce que si ses yeux étaient visibles, il foudroieraient le commun des mortel instantanément, comme la méduse.) Peut mieux faire, j'ai juste des hybrides " cochon vietnamien et buffle", assez mignons il est vrai, mais surtout un peu trop réalistes. ce genre de bestiole pourrait de fait exister dans la vraie réalité réelle
Tellement réaliste qu'on dirait mon animal totem au .. euh...réveil

heu, c'est juste un petit cochon à poils longs ça...

haha, plutôt un " mouchon" qu'un "cochuffle", mais je le veux en peluche!

Le leucrocote
"un animal qui a un corps et une queue de lion. Il a des pattes de cerf. Il a une tête de blaireau. Il a une grande gueule avec une mâchoire de Dunkleosteus*. il sait parler"
Le descriptif dit " un os continu au lieu de dents", dans ma tête ça me rappelle le dunkleosteus, mais visiblement, l'IA ne connait pas du tout cette bestiole réelle mais encore plus cauchemardesque que toute invention littéraire.
On a dit des pattes de cerf, pas des bois. Et une mâchoire de dunkleosteus. Et une tête de blaireau
Monstruosité 8,5/10 ( 0,5 bonus pour la mâchoire " alien") Respect des critères 3/10

On a pas dit " ses potes sont des cerfs". et ça ce n'est pas un leucrocote, c'est plutôt une manticore


Au moins il a la couleur du blaireau, mais pourquoi une queue en bois de cerf.
Par contre pour les pattes, non plus, les cerfs ont des sabots.
C'est un monstre cool, mais qui n'a rien à voir avec les critères.

Allez, alerte mignonitude maximale, pokémon, voilà le chagneau, calinez-le tous!
un autre animal, très gentil, imaginé par Kafka. Il n'a donc pas inventé qu'un hybride humain/ scarabée, mais aussi un hybride agneau/chat. Il ne décrit pas beaucoup son aspect, mais plutôt son caractère qui tient des deux: calme, docile, il se frotte aux jambes...
"Un agneau avec une tête et des griffes de chat"
Bon les pupilles rondes ne sont ni des yeux de mouton ni des yeux de chats, mais on passera sur ce détail

en agrandissant, sisi, il a des griffes.
Points bonus pour la queue de chat laineuse

- Deux bestioles chilienne: Le chonchon " une tête humaine sans corps, avec de grandes oreilles qui lui servent d'ailes pour voler" et l'alicanto: "un oiseau nocturne qui ne sait pas voler. Il court. Ses plumes sont dorées et argentées, il se nourrit d'or et d'argent".
J'aime bien mes zozios.

Le nombre de pattes, c'est toujours le souk!


le merle à 3 pattes, édition noellesque!

La velue de la Ferté-Bernard: " Un animal au corps sphérique et au pelage vert , avec une tête  et une queue de serpent. il a des pattes de tortue. Il a des épines venimeuses sur le corps et crache des flammes"
Force est de constater que le pelage est passé à l'as, il semble plutôt croisé avec un cactus. Tortusse, à l'assaut!
ha, encore un manque de pattes
Sa queue est bizarrement sur le côté de son corps, mais il est marrant.
Le péritios " un animal qui a un corps d'oiseau, une tête et des pattes de cerf. son ombre est celle d'un être humain. Il est dangereux". Bon, là non plus, il n'a pas respecté une des consignes, mais le résultat est assez dingue!
Sérieusement, je voudrais tellement que quelqu'un de doué en sculpture sur bois la fabrique, ce serait un travail de malade! Ami lecteur, si tu as la motivation, fais toi plaisir avec ce design, et surtout signale le moi!


Messieurs dames, on l'a trouvé, ceci est un authentique cerf-volant.

Il y aurait encore bien des bestioles de ce livre à essayer de générer, mais j'ai épuisé mon quota pour la semaine. Ceci dit, je retiens l'idée pour un second billet avec encore quelques créatures virtuelles.

J'en ai zappés quelques unes, bien trop proches de la réalité ( le singe de l'encre m'a surtout donné un petit singe avec une tasse de café, et beaucoup d'autres demandes qui se ressemblaient trop entre elles). Mais on voit que si ça s'améliore, l'AI est encore bien loin de respecter les consignes et d'avoir autant d'imagination que els dessinateurs et peintres.
Si seulement j'avais ce talent, j'aurais tenté de coup de les dessiner moi même, mais je 'nai jamais dépassé le stade du bonhomme-patate ou du sigle des toilettes.

Un pays de plus au compteur: l'Argentine
Une auteur encore inconnue: Borgès
Un classique: 1° édition en espagnol 1957