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Pourquoi le Cabinet de curiosités?

Tout simplement parce qu'on y trouve un peu de tout, par ordre de pagaille. Cette idée de collection sans thème déterminé me plaît...

Vous trouverez donc ici un peu de tout, de ce qui fait ma vie, mes loisirs: musique, lecture, voyages, etc...
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mercredi 21 juillet 2021

Chi va piano....

Pour les vacances, j'ai soudain eu envie de faire un petit sujet musical spécial piano. Et comme je n'ai aps eu le tempsd e le faire pour le 21 juin, je prolonge la fête de la musique le 21 juillet.

Ce n'est pas il est vrai mon instrument favori, le basson est toujours mon numéro un, mais j'avais chez moi depuis longtemps un clavier électrique ( sans pédales, hélas) qui ne me servait qu'à déchiffrer les partitions de chant.

L'an dernier, pour cause de covid, impossible de recommencer à jouer en orchestre . Or jouer du basson " à vide" sans la perspective d'un concert, n'est pas super passionnant. Le basson se prête peu à une pratique sans accompagnement. Et sans orchestre où jouer, j'ai un peu perdu la motivation ( et ça fait 2 ans que je n'ai plus pu jouer vraiment: d'abord parce que je suis revenue de Belgique en septembre 2019, et que mon inscription en fac ayant pris du retard à cause de l'équivalence de l'année en Belgique, qui a mis du temps à être validée, je me suis retrouvée à devoir boucler entre mi octobre et fin décembre le programme de mi septembre à décembre.
Sont arrivés les examens, le temps de les passer et d'enchaîner imédiatement sur le seconde semestre, c'est pile au moment où j'allais enfin reprendre l'orchestre que toute activité artistique a été suspendue en France.
Rebelote à l'automne, l'orchestre n'avais même pas encore pu officiellement recommencer vraiment les répétitions que déjà tout était à nouveau bloqué.

Donc le manque de pratique musicale devenant dès le printemps dernier insupportable, j'ai décidé de tenter d'apprendre le piano par moi même.
J'avais pris des cours il y a quelques années, sans jamais pouvoir mettre les deux mains ensemble.
Puis j'ai trouvé un logiciel qui m'a convenu, avec une approche plus anglo saxonne pour tout ce qui est accords.. et ça fonctionne avec moi. ( l'idée étant de ne pas mettre tout de suite TOUS les paramètres ensemble, mélodie, phrasé, nuances, accords mais de rajouter progressivement les choses.

J'arrive donc, à avoir depuis juin 2020 une pratique assez régulière ( difficile de dire exactement combien de temps j'y ai passé, je n'arrive plus à trouver mes suivis horaires de l'an dernier, je vois 54h00 environ de janvier à juin), si j'extrapole, ça doit faire dans les 100, 115 heures de pratique depuis l'an dernier. Mais je suis assez contente du résultat, puisque non seulement j'arrive à jouer avec les deux mains, mais je me suis récemment attaquée  à des versions adaptées pour débutants de Chopin, Liszt, Borodine, Tchaïkovski, Debussy, Satie etc...
C'est loin d'être au point évidemment, mais déjà je suis assez contente de moi, c'est mieux que je n'espérais, dans la mesure ou j'ai commencé  en juin 2020 avec Vive le vent et au clair de la Lune.
PAsser en un an de " au clair de la lune" à " clair de lune" (ultra simplifié), ben c'est gratifiant, d'autant que j'adore ce morceau. On reste dans la thématique qui m'est chère, si vous avez suivi depuis quelques années, vous savez à quel lumineux astre je pense. Je ne pouvais pas rater cette blague.

Donc une petite sélection pour fêter ça de morceaux que j'aime particulièrement. Les morceaux ne sont pas par ordre de préférence mais plus ou moins chronologique, du classique vers le contemporain.
Et je vous offre la crème de la crème pour interpréter: Lang Lang, Vladimir Horowitz, Kathia Buniatishvili, Daniel Barenboim, Katia et Marielle Labèque, alexandre Kantorow, Evgueni Kissin, Fazil Say, Martha Argerich... ( oui, j'essaye aussi de varier les interprètes )

Mozart - sonate "Facile" KV545. elle servait d'introduction pour la formidable émission  "  concerts pour les jeunes" de Leonard Bernstein


Beethoven - Sonate n°8  "pathétique". Un des premiers compositeurs capable de faire sonner u  piano comme un orchestre entier


Traumerei ( Rêverie) de Schumann.
Quand j'étais enfant , il y avait des 45 tours de contes accompagnés de musique classique. Ce morceau illustrait la Petit Sirène d'Andersen.  Pendant longtemps je n'ai pas su quel était le titre, mais il reste pour moi indissociable du conte d'Andersen.



Chopin: un des favori de ma mère, un peu moins pour moi, mais j'aime bien sa fantaisie -impromptu


Et sa grande valse brillante

Liszt est mon absolu favori en matière de piano. Il était connu de son vivant pour être un interprète virtuose, mais ntout le monde n'aimait pas sa musique trop audacieuse. Et c'est vraiment en regardant d'un peu plus près les partitions que j'ai compris pourquoi, pour moi, il est au dessus du lot: C'est harmoniquement génial. Il y a vraiment des accords incroyables. J'en reparlerai plus en détail le 31 juillet :D
donc Liebestraum ( rêve d'amour), son morceau peut-être le plus connu.

Ha oui, au passage ceci est bien une photo de quelqu'un né en 1811 , alors qu'il avait peut être 22/25 ans, Donc une photo du premier tiers du XIX° siècle ( à l'époque où il fallait rester très longtemps sans bouger, d'où cet air blasé je suppose) On connait surtout les photos de lui vieux, mais, non seulement le gars a été jeune, mais également à son époque, l'équivalent d'une rock star, déplaçant les foules sur son seul nom.
Liebestraum n'est pourtant pas mon morceau favori, même si je prends déjà un plaisir infini à en déchiffrer la version "ultra simplifiée" . Ma préférence va à l'étude de concert " un sospiro" qui explore  vraiment tout le clavier.

Et les blagues sur Chuck Norris... ben il y a un peu la même chose dans les milieux musicaux au sujet de Liszt: " Liszt a acheté un piano, il a payé pour 88 touches et a décidé de se servir des 88. Dans un seul morceau"

allez, à égalité, je mets Debussy, pour son Clair de lune, qui me relaxe incroyablement et que je considère aussi parmi les génies de l'harmonie.

Camille Saint -Saens - L'aquarium ( Carnaval des animaux). Mieux qu'un piano: 2 piano

et la danse macabre. Même si je la préfère dans sa version orchestrale ( ici arrangement de Lizst)

Piotr Tchaïkovski - Concerto n°1 . Epique!

Rachmaninov - prélude en do dièse mineur

Erik Satie - 1° Gymnopédie. De fait, je ne peux pas choisir entre les Gymnopédies  et les Gnossiennes, mais là aussi, pour moi c'est la détente absolue. Et oui, comme précédemment: des harmonies très originales
Scriabine - Vers la flamme. quelque chose d'assez curieux et que " gros son" d'après Vladimir Horovitz, qui enlève sa veste parce que c'est sportif :d
Scriabine est un compositeur peu connu par rapport à d'autres, mais extrêmement intéressant.
Scott Joplin - Maple leaf rag ( sur un piano de type saloon de 1915), ce qui me donne l'occasion de présenter le méconnu " Lord" Vinheteiro, pianiste brésilien à l'air impassible et à l'humour pince-sans-rire



Le plus récent: Fazil Say. J'en ai déjà parlé, il est non seulment pianste mais composteur et s'amuse beaucoup à mélanger classique, jazz et musique ordentale. Son Black Earth, qui sonne très turc me plait beaucoup


samedi 26 juin 2021

Publicité sur mon blog?

Parce que depuis quelques semaines, j'ai eu plusieurs fois ce cas, je vais donc faire un post, qui remontera aussi souvent que nécessaire.

Je vois régulièrement apparaître parmi les commentaires des gens qui tentent de se faire de la publicité, vantant la parution de leur nouveau livre, par exemple...
Jusque-là, pourquoi pas, je ne vous en veux pas de tenter le coup, mais ces messages seront malgré tout supprimés s'ils ne respectent pas quelques règles de simple bon sens ou ne correspondent pas à mes centres d'intérêt.

- D'abord: ceci est un blog personnel, fait pour garder l'habitude de rédiger, pour parler de mes lectures.. mais pas que. Je ne suis pas une lectrice professionnelle, une influenceuse ou quoi que ce soit, j'ai peu d'audience et JE M'EN FICHE. Donc ce n'est vraiment pas une bonne stratégie économique que de faire votre publicité ici.

- Plus généralement, il n'y a pas de publicité ici. Je fais ça pour mon plaisir, je ne monétise pas, je ne suis affiliée à rien, je ne gagne absolument pas un centime avec mes blogs. Et ça va continuer comme ça. Si un jour j'avais quelque chose à vendre, des cours de soutien, des services.. je me ferais simplement un site à part. C'est tout.

- Au cas où vous ne vous en seriez pas rendus compte, 99% de mes lectures concernent des auteurs morts. Je ne m'intéresse pas vraiment à l'actualité littéraire, sauf si le sujet me parle particulièrement. Donc, là encore je ne suis absolument pas votre public cible.

- Se faire de la publicité, pourquoi pas. Mais essayez- au minimum- que ce soit thématique. Je n'ai rien contre un livre sur les chats dans les Caraïbes, le dernier cas en date cette semaine (bien qu'à priori, je m'en fiche totalement), mais ça n'a absolument rien à faire en commentaire d'un sujet sur la photographie en Inde. Aucun rapport de près ou de loin avec le sujet = spam = corbeille, c'est comme ça. J'aurais probablement laissé celle sur les chats, ni envahissante, ni insultante, si elle avait été tant soit peu liée au sujet. Ce n'était pas le cas.

- YOU ADVERTISE NOT IN FRENCH = YOU SPAM = I EXTERMINATE.
Voilà, dans un anglais aussi bon que celui que je reçois. "All you base are belong to us" and so on...

- Ce n'est pas la peine de me demander une lecture particulière, de me proposer un livre gratuit en échange d'une critique. Je n'ai déjà pas le temps de lire tout ce que j'ai en stock chez moi. J'ai repris mes études et maintenant l'immense majorité de mes lectures - et de mes activités autres - est liée à cette reprise d'études. Donc, hormis si vous avez quelque chose à proposer qui soit d'ordre linguistique, ou lié à la culture russe ou slave.. c'est mal parti.

- Plus précisément pour les collégiens- lycéens: je ne fais pas vos devoirs, donc non, pas la peine de me demander une lecture d'un truc particulier, un résumé, que ce soit poliment ou en m'insultant, le résultat sera le même: Non.
Si vous trouvez ici quelque chose qui vous intéresse ou vous donne une piste, tant mieux. Si vous copiez mon sujet comme devoir, c'est à vos risques et périls: les profs savent faire une recherche en ligne s'ils vous soupçonnent de plagiat. Je ne pourrai en aucun cas être tenue responsable de vos 0 pointés.

- Insulte = corbeille. Liberté d'expression n'est pas liberté d'agression (un point à qui reconnait la source de cette maxime).

Voilà, ceci étant dit, bonne chance pour la vente de vos livres, vos examens... ou vos tentatives de phishing.

lundi 21 juin 2021

Musique indienne

21 juin, c'est la fête de la musique . Je continue donc logiquement mon périple indien avec la musique . Parce que j'ai parlé de danse, mais avant la danse, il y ala musique. L'une dépend de l'autre.

Et d'abord j'ai envie de commencer par une petite interview ( 3 minutes) de Ragunath Manet, qui m'a fait découvrir la danse et la musique du sud de l'Inde au festival d'Avignon. J'en avais déjà un peu parlé l'an dernier au sujet de la danse de Shiva.
Mais je trouve ce qu'il dit, dans un français parfait qui est celui de Pondichéry, extrêmement intéressant.
Le fait qu'un seul mot désigne traditionnellement à la fois la danse, la musique et le théâtre est particulièrement parlant et culturellement passionnant.
( rien que dans ma ville il a fallu attendre des années pour que les conservatoires de musique, danse et théâtre soient fusionnés dans un même lieu... et les élèves ne se mélangent pas, ça reste cloisonné, on ne se croisait qu'à l'occasion des spectacles de fin d'année, quand l'orchestre accompagnait chanteurs et danseurs).
Le monsieur est donc logiquement à la fois danseur et chorégraphe, compositeur et joueur de vina, acteur., metteur en scène, réalisateur...

(et cette interview en français d'un artiste indien par une chaine de télévision d'Afrique francophone fait tellement plaisir à mon petit coeur d'amatrice de langues)
L'interview date d'il y a 8 ans, il a maintenant plus de soixante ans, et je ne sais pas s'il continue à danser sur scène, en tout cas, je pense qu'il se produit encore régulièrement en tant que musicien. Il habite en France et tourne régulièrement en Europe. Si vous avez l'occasion d'aller l'écouter en concert, ça vaut vraiment le déplacement, pour qui aime la musique orientale.

Et d'aileurs , il m'offre un lien avec le premier sujet, puisqu'il dit préparer un film sur la thématique des bayadères (les vraies) de sa région, et la perception qu'en a l'occident. J'ai donc très envie de voir ça, même si vraisemblablement les événements deouis l'an dernier ont probablement repoussé son projet.




Et voilà le morceau qu'on peut l'entendre brièvement jouer dans la première vidéo. Je vous laisse découvrir dans la description pourquoi ce morceau s'intitule "happy end", là assi, c'est culturellement significatif.


Et l'instrument le plus connu de la musique indienne, celui qui joue principalement m. Manet, c'est la Vina.
Je ne vais pas rentrer dans les détails d'accordage (parce que la usique indienne, et orientale en général, n'est pas conçue sur la gamme européenne de do à do en passant par tous les demis tons), ce serait bien trop long et complexe.

Mais voilà une page agrémentée de photo qui explique plus précisément l'instrument et sa fabrication.
Inde en livres a aussi consacré tout un sujet aux différents instruments à cordes d'Inde, je vous y renvoie.
Très souvent, en concert, la vina est accompagnée de tabla et mridang ( percussions ) d'un nâgasvaram ( instrument à vent à anche double, au son assez aigu), d'un bansurî ( flûte traversière en bambou au son grave et assez feutré).
Et peut être la chose la plus inhabituelle, par rapport aux traditions musicales européennes: un chanteur ou une chanteuse de konnakol ( percussion vocale souvent très rapide)

Tablas ( joués par Ustad Zakir Hussain)


Mridang  ( joué par Umayalpuram K. Sivaraman)



Le son du nâgasvaram ( Je ne suis pas certaine du nom de l'interprête, désolée,, peut être Nadaswaram Balaganesan, mais sans certitude, ce pourrait aussi être le nom de la chaîne youtube)


Son du bansurî, par Rakesh Chaurasia ( lors d'un festival "solstice d'été, c'est on ne peu plus adapté à aujourd'hui)

Percussion vocale ( V. Shivapriya et B.R Somashekar Jois). Impressionant! Je ne sais aps du tout ce que signifie le texte, mais en tout cas il faut un sens du rythme parfait et une articulation tout aussi précise. Ce duo est bien parmis les meilleurs percussionnistes que j'aie vus.. et sans instruments autres que la voix et les mains.

Explication ( en anglais simple) sur le konnakol, par Somashekar Jois (si vous voulez essayer d'apprendre, il propose un nombre conséquent de vidéos pédagogiques. J'avoue que c'est très tentant!)


Et bien sûr qui dit musique indienne dit Ravi Shankar, je ne peux pas ne pas citer celui qui a popularisé la musique indienne en occident, en pleine période hippie ( et provoqué leur engouement, d'ailleurs, pour ces sonorités, parfois jusqu'au cliché, au point que la vina est devenue le symbole de la musique hippie)
Tout un concert: Ravi Shankar et Anoushka Shankar, en duo de vina, la fille ayant suivi le chemin musical de son père.

Pour continuer le voyage, toute une série de playlists de musique indienne ( c'est là où j'ai trouvé le duo de percussion vocale)

lundi 7 juin 2021

l'Inde en images

 Par un photographe indien, trouvé tout à fait par hasard dans un fil de discussion youtube.

Tout le site: photonic yatra

et aussi photo Suchit Nanda

Il ne photographie pas que son pays, et on trouve au détour de ses portfolios des choses aussi inattendues que des gondoles à Venise ou un TGV en gare de Lyon, donc oui , ce n'est pas 100% indien, mais l'essentiel de son travail est quand même axé sur son pays.

A voir donc, quelques sélections:

les transports: trains , charrettes à boeufs, took-took, bateaux...
les portraits: il photographie pas mal de ses compatriotes en tenues traditionnelles, du nord au sud du pays
La vie rurale
L'architecture: pas seulement les palais grandioses, mais aussi de modestes temples de montagne
Festivals et spectacles. Par exemple ici,  un reportage photo sur le festival international de danse  de Mumbaï/Bombay en 2018 ( avec extraits vidéo en plus)
Théâtre et concerts
Fêtes religieuses
Destinations: comme le monsieur voyage beaucoup, on peut aussi trouver certaines photos rassemblées par pays/ régions pour visiter virtuellement le Cachemire, le Rajasthan, le Kerala, par exemple.
et ce n'est qu'une petite sélection....

Comme il s'agit d'un professionnel, impossible de mettre ici une photo en exemple, ce qui est légitime. Mais c'est rare de voir autant de photos disponibles.
Et autre avantage, puisqu'il est du pays, il ne s'attache pas seulement à montrer ce qu'on attend: les moniuments, les grandes destinations, mais aussi le quotidien: un train local, la cuisson des chappatis dans un village, une paysane dans sa charrette de foin.
J'ai beaucoup aimé son travail!
Les sites sont en anglais, donc pas de problème pour y naviguer.

dimanche 6 juin 2021

Journée internationale de la langue russe

 Aujourd'hui 6 juin, c'est la journée internationale de la langue Russe.

Pourquoi aujourd'hui? Parce que c'est l'anniversaire de Alexandre Sergueïevitch Pouchkine, l'écrivain russe le plus célèbre.


Quelques liens pour découvrir l'auteur phare de la littérature russe:
-extraits d'Eugène Oneguine en russe et français ( traduction d'A. Markowicz)
- quelques textes intégrals en version numérique, VO ert FV ( quoique les traductions soient assez anciennes)
- Le long poème " automne", interprèté par l'excellent acteur Innokenti Smoktounovski
- Lu par le même acteur Eugène Oneguine, livre audio https://www.youtube.com/watch?v=DGdPJPvHJA0
Même si vous ne comprenez pas tout, et c'est normal, c'est toujours une bonne chose d'écouter la langue. en essayant de repérer les mots que vous connaissez .
Pourquoi pas en suivant le texte téléchargeable en version originale de la bibliothèque russe, pour associer le son avec l'écrit? ( petit truc d'apprentissage personnel qui fait bien progresser)

Et un petit rappel de mes lectures de cet auteur

Eugène Oneguine
La fille du Capitaine
La dame de Pique

Amusez vous bien!

Всех с Днем русского языка!


Et comment passer à côté de cette date symbolique pour annoncer la bonne nouvelle?

J'ai réussi mon année et en conséquence: mon diplôme. J'attends maintenant la possibilité de le télécharger ou de le recevoir, mais j'ai les notes qui le prouve. Me voilà licenciée es langue russe.

Ce n'st pas tout. Je dévoile aussi mon grand projet pour lannée qui vient, qui m'a beaucoup occupée ces dernier temps et ce n'est pas fini:

J'ai postulé pour une année de Master en immersion en Russie, en échange bilatéral. Et mon dossier a été accepté.
Je suis donc attendue fin août à Saint Pétersbourg pour les deux semestres 2021/2022. Début des cours le 1 septembre précisément.

Problème: à l'heure actuelle personnen e sait rien. Impossible d'avoir des informations. J'attends l'invitation officielle de la part de l'université de Saint Pétersbourg, je leur ai envoyé les papier pour la demande de visa, mais à l'heure actuelle, on ne sait pas quand le service russe de migration acceptera à nouveau les ressortissants de l'Union européenne. Et si on me laisser entrer, il n'est pas dit que le gouvernement français me laisse, lui, sortir.

Mon statut est plus que flou: étudiante en convention bilatérale, C'est certes officiel, mais ce n'est ni du tourisme, ni un voyage d'affaire. Et impossible de savoir si étudier est un motif impérieux de déplacement ou pas.
De mon point de vue, ça devrait être considéré au même titre qu'un voyage d'affaire de longue durée, puisque c'est une formation qui va servir dans ma vie professionnelle. Mais pas dit que les gouvernements aient le même point de vue.

Mais voilà, dans 3 mois, je croise les doigts, je suis supposée à Saint Pétersbourg, en train de plancher sur els subtilités de la langue. J'y ai passé 3 courts jours il y a 6 ans, je rêvais d'y retourner, tant sa réputation d'être une des plus belles villes du monde n'est pas usurpée ( construite au XVIII siècle, suivant un plan étudié, l'architecture du centre est très homogène) et également une des plus culturelles :)


Je serais très mais alors très très très vexée qu'on me refuse ce qui m'a coûté beaucoup d'efforts, de fatigue et d'énervement, pour des raisons pipeau. Je promets d'y aller en tenue d'apicultrice avec 3 masques l'un sur l'autre s'il le faut, dûment vaccinée, donc ne me sortez pas le coronavirus comme excuse.


mercredi 26 mai 2021

L'Inde PAS pour touristes - Ardhanarishwara

Cette fois, de la vraie danse indienne: Le duo est indien, la musique est indienne, les costumes sont indiens, les instruments sont indiens, le chorégraphe est indien.



La danseuse a une tenue et une expressivité qui me plaisent beaucoup et le danseur... me plaît beaucoup tout court. Tout à fait charmant et tout à fait mon genre, ce monsieur, c'est un petit bonus qui fait toujours plaisir :)

Et voilà une super occasion de parler de mythologie: comme je ne savais pas ce que signifiait ce titre, que je ne parle pas l'hindi, mais que j'entends Shiva et Shakti... je viens d'aller chercher et c'est passionnant!

Le titre Ardhanarishvara fait référence à une représentation particulière de Shiva "à demi féminin", donc androgyne. Et il faut absolument que j'aille me renseigner sur ce sujet, l'androgynie dans les différentes cultures m'intéresse énormément. 

La page en anglais est bien plus développée que celle trop succincte en français. Donc, si je comprends bien, les deux danseurs interprètent non pas deux personnages distinct mais les deux aspects, femme et homme, de la même divinité composite (ce qui expliquerait qu'il y a ait beaucoup de mouvements en parallèles et des postures quir appellent les statues). Vraiment composite: divisé verticalement en deux moitiés:

En général la moitié féminine est à droite de la statue (à gauche pour le personnage, donc)


The Ardhanarishvara (Sanskrit: अर्धनारीश्वर, Ardhanārīśwara) is a composite form of the Hindu deities Shiva and Parvati (the latter being known as Devi, Shakti and Uma)
Ardhanarishvara est une forme hybride des divinités indiennes Shiva et Parvati (aussi appellée Devi, Shakti et Uma)

Shakti (sanskrit IAST : śakti ; devanāgarī : शक्ति ; pali : satti ; tibétain : yum, nus-ma) est un terme qui signifie « pouvoir », « puissance », « force »1. Dans l'hindouisme, ce mot désigne l'énergie féminine, le principe actif et extériorisé d'une divinité masculine.

Forcément, si le mot qui désigne le principe féminin signifie " force, puissance", je ne peux qu'adhérer totalement à ce point de vue :)

Ardhanarishvara represents the synthesis of masculine and feminine energies of the universe (Purusha and Prakriti) and illustrates how Shakti, the female principle of God, is inseparable from (or the same as, according to some interpretations) Shiva, the male principle of God, and vice versa.
Ardhanarishvara représente la synthèse des énergies masculine et féminine de l'univers, et illustre la manière dont Shakti, le principe féminin du dieu est inséparable de Shiva, le principe masculin du dieu, et vice versa (ou est le même, selon certaines interprétations)

Plus rarement, les deux moitiés sont inversées, Shiva à gauche, Shakti à droite ( en prenant son point de vue)

Les animaux qui les accompagnent sont des vâhana ( montures), le taureau blanc est celle du dieu, et le lion ou le tigre, celle de la déesse.

Il va vraiment falloir que je me penche un peu plus sur la mythologie indienne, j'ai repéré quelques e-books intéressant d'Alain Danielou, je viens de voir que " mythes et dieux de l'Inde" existe en version numérique

mercredi 19 mai 2021

L'Inde, côté cuisine: Khumb matar massala et Aloo Gobi

 Parce que si la cuisine indienne est réputée, ce n'est pas sans raison.

Il faut savoir que j'adore la scuisine épicée, très épicée, et il y a des années ( voire décennies) de ça, on m'a offert un gros livre de cuisine sur les épices, qui est ma bible.
Et je fais moi-même mes mélanges d'épices, qui sont bien meilleurs que ceux du commerce.

paru en 2000, mais épuisé, on peut encore le trouver en ligne en occasion


Evidemment, il m'a d'abord fallu constituer une étagère à épices, traduction: des dizaines de pots, pas 3 et demi qui font la tête dans un coin de meuble. Et il m'en manque encore ( j'ai un mal fou à trouver du macis par exemple, donc je remplace par la muscade). Ceci dit devinez ce que j'ai ramené de voyages en Guyane, au Japon, en Turquie ou au Maroc. 

Exact. Des épices et condiments.

Là, c'est un peu le souk, j'ai pris la photo après avoir fouillé :D
une autre partie,  celles que j'utilise le plus souvent, est dans un carrousel à épices sur la table, à portée immédiate.

Donc voilà déjà de quoi faire avec le curry
Dites moi en commentaire si vous arrivez à ouvrir et agrandir l'image pour lire le détail

et le garam massala


Ce sont des recettes parmi d'autres, chaque grand-mère indienne a probablement SA recette meileure que celles des autres.
Et comme les grands-mères indiennes, je ne suis pas forcément les indications de quantités, pour suivre les unités de mesure suivantes " à mon goût", " au pif" ( et ce n'est pas une image, c'est vraiment à l'odeur), " à peu près" " 1 cuillère de X our 2 cuillères de Y" " j'ai pas assez ce ci, donc je mets plus de ça"
Et comme ma mère aime le piment mais le craint, je fais du curry sans piment, il est à part, et chacune en rajoute à sa convenance.
Ce qui fait vraiment la différence avec les mélanges du commerce c'est de griller à sec les épices.

Et une fois qu'on a les mélanges, que faire pour sortir de l'habituel poulet au curry?

Voilà deux plats végétariens, un au curry un au garam massala.

Khumb matar massala (curry de petits pois et champignons). Ce plat est une de mes recettes fétiches, qui a plu à tous ceux qui l'ont goûté, ouaip!
Je n'ai pas le détail de la recette, elle était dans un recueil de cuisine indienne qui a eu un accident d'inondation. Donc je la fais de mémoire. Mais voilà quelque chose de très proche.
Khumb matar Massala
ma version est plus simple: petits pois, champignons ail oignons revenus ensemble, on ajoute la purée de tomate et le curry (maison, evidemment!), on laisse bien mijoter et selon le goût, on ajoute du yaourt ou de la crème de coco.
Pas de photo, car je ne l'ai pas fait ces jours-ci.
Ce plat, comme le suivant, peuvent d'ailleurs se faire avec des légumes congelés ou en conserve. Evidemment, ce sera meilleur avec des légumes frais, mais, je fais souvent une version express, pour me sauver la mise, quand j'ai une boite de petits pois, une de champignons et une de tomate.


Aloo Gobi, une recette végétarienne à base de chou fleur, pommes de terres et garam massala ( entre autres épices)

C'était bon et, à mon avis, ce sera encore mieux demain... enfin, le peu qu'il en reste ;)
Et oui, les choux fleurs étaient congelés, même pas honte.

Voici la recette indienne des aloo gobi, un plat végétarien. C'est une recette de cuisine délicieuse à base de pommes de terre et de chou-fleur cuisinés avec des épices indiennes. C'est un plat indien facile et rapide à réaliser à la maison.
Ingrédients
2 pommes de terre moyennes, pelées et coupées en cubes
15 ml (1 c. à soupe) d’huile végétale
2 ml (1/2 c. à thé) de graines de cumin
5 ml (1 c. à thé) d’ail émincé
5 ml (1 c. à thé) de pâte de gingembre
5 ml (1 c. à thé) de curcuma moulu
2 ml (1/2 c. à thé) de paprika
2 ml (1/2 c. à thé) de cumin moulu
4 ml (3/4 c. à thé) de garam masala
sel au goût
500 g de chou-fleur
250 ml (1 tasse) de tomates en boîte, hachées
60 ml (1/4 tasse) de coriandre fraîche, hachée
Préparation
1 Blanchir les pommes de terre de 5 à 7 minutes et réserver.
2 Dans une poêle, chauffer l’huile à feu moyen. Ajouter les graines de cumin, l’ail et la pâte de gingembre, et cuire environ 1 minute. Ajouter les pommes de terre.
3 Ajouter le curcuma, le paprika, le cumin, le garam masala et le sel. Couvrir et cuire de 5 à 7 minutes.
4 Ajouter le chou-fleur et les tomates. Baisser le feu et couvrir. 5 Poursuivre la cuisson 10 minutes ou jusqu’à ce que les pommes de terre et le chou-fleur soient tendres. Remuer.
6 Incorporer la coriandre fraîche au moment de servir.
Trouvée ici: https://www.facebook.com/VoyagezAvecVinay/posts/1894217580785788

samedi 15 mai 2021

L'Inde, côté linguistique

Forcément, si je ne proposais pas un sujet linguistique, ce ne serait pas moi!

Je vous rassure, je ne vais pas vous lister les 270 langues recensées ( mais probablement bien plus, de fait, car la frontère entre langue et dialecte est floue). 22 sont officielles, dont l'anglais et l'hindi, la plus largement répandue des langues autochtones.
Donc rassurez vous, vous pourrez voyager en Inde même sans parler hindi. Et même si vous ne parlez que français, il y a encore des francophones du côté de Pondichéry.

Par contre j'aime beaucoup la chaine " I love languages", un projet d'un anglais, si je ne me trompe pas, qui grandit de plus en plus et a pour ambition de proposer des enregistrement dans un maximum de langues. Des locuteurs de langues rares ont proposé d'ajouter la leur, et on se retrouve avec des enregistrements de langues en voie de disparition, parlée par moins de 50 personnes au monde. Et il y a aussi beaucoup de dialectes.

Dans la mesure du possible, ce sont toujours les mêmes textes qui sont enregistrées: premier article de la déclaration des droits de l'homme, ou, s'il n'est pas traduit, un extrait de la bible ( ça, en général,ça a été traduit par les missionnaires qui voulaient convertir un maximum de gens), les chiffres, les salutations de bases, le vocabulaire comme les couleurs, les réalités naturelles ( genre soleil, lune, nuages, ciel, terre..). Toujours accompagné d'un petit personnage stylisé en tenue locale, sur fond de drapeau ou de motifs traditionnels.
Les enregistrements sont toujours faits par des locuteurs natifs ( enfin, sauf dans les cas de reconstitution de langues anciennes, évidemment). Ici, le nombre de locuteurs ne concerne pas l'Inde en particulier, mais la langue, donc il faut compter avec les locuteurs à cheval sur de pays ( le kashliri est parlé aussi au Pakistan, par exemple) et avec la diaspora, parfois sur d'autres continents (ne serait-ce que les indiens qui habitent en Grande-Bretagne, et parlent une de ces langues)

Et donc, écoutons quelques langues:

voilà pour les localiser: vert, groupe indo-européen ( ou parfois appelé indo-iranien)
Orange: langues tibéto-birmanes Rose: langues dravidiennes

L'hindi: groupe indo-européen, 322 millions de locteurs natifs d'hindi ou de ses dialectes, + 270 millions qui l'apprennent comme langue seconde.


L'hindi a d'ailleurs une journée nationale: le 14 septembre, instaurée par Nerhu en 1953. Ce jour là sont organisé des concours littéraires et culturels dans les lycées et université, des prix sont remis aux personnes qui ont oeuvré pour la promotion de la langue.

L'ourdou: groupe indo-européen, 69 millions de locuteurs +101,5 millions de locuteurs de langue seconde

Le Pendjabi: groupe indo-européen 125 millions de locuteurs, sans plus de détails.

L'assamais: groupe indo européen , 15 millions de locuteurs

Le kashmiri: groupe indo européen, 7 millions de locuteurs

Le Tamoul: groupe dravidien, 71 millions de locuteurs natifs + 6 million de locuteurs de langue seconde.



A compléter, au fur et à mesure de l'apparition de nouvelles vidéos :)
MAJ: compter de 1 à 10 dans les 22 langues officielles ( et on entend clairement la parenté des langues du groupe indo aryien avec les langues d'Europe de l'ouest, alors qu'il n'y a aucune parallèle possible avec celles des groupes dravidien, austroasiatique et sini tibétain



Il en manque évidemment beaucoup, puisque j'ai volontairement limité à cette seule chaine mais je vais quand même faire un petit bonus.
Ici, un monsieur qui s'est spécialié en "bardcore" soit des reprises de chansons contemporaines en style ancien (par exemple du ABBA en grec attique ou Immigrant song en vieux norrois). Il s'avère qu'il est originaire de l'état de manipur, et locuteur natif d'une langue assez rare: le poula ( moins de 180 000 locteurs) et qu'il a fait une reprise d'une chanson de the Smiths dans sa langue natale. C'est un bon exemple de ces très nombreuses langues régionales indiennes, méconnues, qui se cachent dans l'ombre des langues officielles. Hop , Morrissey and the Smith, en poula

Poula: groupe sino-tibétain, un peu plus de 187 000 locuteurs en 2011.


J'ai volontairement gardé de côté le sanskrit qui n'est pas une langue réellement parlée, mais une langue ancienne et liturgique. Il y a même probablement plus de gens qui l'apprennent dans le monde entier qu'en Inde, que ce soit pour des études archéologiques et histoirique, ou le plus souvent, parce qu'ils sont profs de yoga.

Bonus:2 : Carnets d'Inde, langues écrites, langue parlées, où l'on peut entendre certaines des langues qui manquent à l'appel ici (petit documentaire en français, 25 minutes) et en apprendre plus sur la politique linguistique du pays. Je pense que je reviendrais sur cette série de documentaires.



Et si vous appreniez une langue indienne?

Je ne vais pas mentir, il est possible de l'apprendre seul et en ligne gratuitement, mais ce sera le plus souvent à partir de l'anglais.
Pour l'instant ce n'est pas ma priorité, mais qui sait, si un projet de voyage s'annonce un jour...

L'Hindi: un site très complet: Learning hindi. Il dispose outre, les leçons avec audio, d'un drive où télécharger des livres pour enfants et comencer à mettre en pratique les connaissances

50 languages : le site de Goethe Verlang, un éditeur allemand, mais l'interface existe en français. Par contre, c'est un glossaire et il ne vous apprendra pas à réellement faire des phrases. Mais ce peut être un moyen d'entendre et de découvrir l'hindi, le bengali, le kannada, le tamoul, le marathi, le télougou,le pendjabi ou l'ourdou

Même Assimil ne propose que l'hindi, l'ourdou et le tamoul. Par contre il propose le sanskrit

A surveiller: l'Ilara, branche en ligne de l'institut des langues rares de Paris, qui a été créé l'an dernier ( comme quoi la pandémie et les confinements ont des effets inattendus) risque de proposer des choses très intéressante à la rentrée. Ils sont en train de développer leur offre ( qui ne concerne pas d'ailleurs euelement les langue très lointaines géographiquement, il y a eu des cours de "parlers du croissant", donc berrichon, bourguignon, les langues régionales situées à la limite des zones d'oc et d'oil), l'objectif estd e valoriser les langues peu parlées, peu décrites ou disparues. et je connais 2 personnes qui y suivent des cours de vieux norrois) Il n'y a pas grand chose concernant l'Inde pour l'instant, mais avec la quantité possible de langues ares à explorer, ça m'étonnerait qu'iln'y en ai pas un jour.
Par contre il y a un cursus d'initiation à la littérature sanskrite ( disponible en cours d'année, car en direct de la Sorbonne) et de tibétain classique ( même organisation) l'INALCO, le grand spécialiste des langues orientales et France n'a que l'hindi et l'ourdou en cours du soir ou stages à Paris ( ils commencent à réfléchir à développer une offre de diplômes à distance, mais seulement en Swahili, Hebreu et MAlgache pour le moment, et pas d'annonce non plus concernant de possibles nouveaux moocs)

lundi 10 mai 2021

L'Inde pour touristes - la cas de la Bayadère

 Parce que dans la foulée de la découverte de ce défi indien, j'ai dit à Hilde " le seul sujet que je pourrais faire pour le moment, c'est autour de la Bayadère, j'ai du regarder ce spectacle pour un cours, et c'est vraiment l'Inde pour touristes, vue par les gens du XIX° siècle".

Et dans le fond, ce n'est pas une si mauvaise idée. Parce que c'est assez symptômatique d'une époque, où il suffisait de transposer les normes européennes dans un autre pays, on dit que l'histoire se passe là-bas, on donen des noms inhabitueles - mais pas indiens pour deux ronds- aux personnages, on colle vaguement un turban au héros, une tenue qui rappelle un sari à l'héroïne, on dit qu'il revient de la chasse au tigre et est invité chez le Maharajah et hop! C'est indien!

Et ce genre d'orientalisme a touché pas mal de pays, au fur et à mesure qu'on les découvrait: Perse, Arabie, Chine, Japon... Il fallait que ça soit loin et différent, mais pareil quand même. Que ce soit en littérature, en peinture, en théâtre, en danse et que sais-je encore.
Rembobinons.
A l'automne dernier, je parlais de Giselle, spectacle inspiré d'une légende allemande sur une musique d'Adolphe Adam, un argument de Théophile Gautier, où une danseuse trompée par son petit ami, meurt et revient se venger sous forme de spectre.
Quel rapport?
On prend la même histoire, presque à la ligne près, on transpose ça en Inde, on rajoute un serpent et de l'opium, et hop, ni vu ni connu!
Un général nommé Solor ( oui, je vous l'ai dit, c'est pas super indien) fréquente une danseuse de temple, nommée Nikiya. Sauf qu'il va se marier avec Gamzatti ( on dirait une marque de voiture italienne, mais bon), la fille du rajah local. Evidemment, les deux femmes  sont en rivalité et l'humiliation arrive lorsqu'on demande à Nikiya de danser pour les noces de sa rivale avec son Jules à elle. Lors de la fête Gamzatti qui fait genre " on fait la paix", fait remettre à sa rivale un beau panier de fleurs pour la remercier. Panier de fleurs dans lequel il y a un serpent, qui la mord, et elle meurt.
Le héros, qui n'a pas trop compris ce qui s'est passé est quand même un peu horrifié de voir sa nana mourir sous ses yeux, et se réfugie courageusement dans la fumette pour oublier. Mais il fait un mauvais trip, et voit le fantôme de Nikiya qui revient le hanter accompagné de plein d'autres danseuses fnatpomes et..
Hé bien, ça finit là, apparemment il y avait à l'origine une suite, plus axée sur la vengeance des dieux , qui a été aggloméré au 3° acte, donc on conclut vite fait*

Autant j'avais bien aimé Giselle, qui n'était pas trop long, autant là, j'ai eu beaucoup beaucoup plus de mal. Justement parce que je me suis auparavant intéressée à la danse indienne. Et que là..
Donc ça dure 2 heures, 3 actes, et encore, le spectacle d'origine en faisait 4, il a été raccourci. Le problème est le second acte très long et qui n'apporte pas grand chose narrativement, la mort de la danseuse arrivant dans les 5 dernères minutes après une successions de tableaux d'animations sans liens entres elles au banquet du rajah ( je comprend, on a un corps de ballet entier, faut que tout le monde passe sur scène, mais...pfff, tu regardes ta montre). alors que j'ai bien aimé l'acte 1, narratif, et le 3° un peu long, mais narratif aussi.
En tout cas je ne m'attendais pas à voir le héros se fumer un narguilé d'opium sur scène, c'est punk, cette histoire!

* enfin, conclussion.. ça dépend de la version que vous regarderez, il y a deux fins différentes, comme souvent dans ce genre de spectacle
Version 1: Le héros se réveille après sa nuit de fumette, constate qu'il est foutu, contraint de se marier avec la fille du Rajah, et les dieux, qui n'ont pas trop apprécié qu'on assassine une de leurs danseuses sacrées, font s'écrouler le palais sur la tête des invités. Hop, mort de tout le monde.
Version 2: le héros fait une overdose à l'opium.

En cherchant pour voir le spectacle en entier, je suis tombé sur la seconde version, qui est plus couramment mise en scène. Ca m'a paru bizarre. J'ai vérifié, c'est rigoureusement impossible.
Et pour cause, on s'endort avant. On peut se blesser suite à une fumette, parce qu'on tombe en s'endorman, ce qui est exactement la raison pour laquelle les gens fumaient couchés sur des coussins. On peut être malade par accoutumance, avoir de gros problèmes de santé, être dénutri... mais ça ce n'est pas possible, surtout qu'on ne parle pas d'une grand mère au coeur fragile, mais d'un héros jeune et solide.

Et c'est un des problèmes: cette histoire est un gros patchwork et les coutures se voient. on prend tout ce qui évoque de près ou de loin l'Inde, et on l'utilise, sans trop se poser de questions de vraisemblance.

Nikiya est une bayadère, terme qui n'a absolument rien d'indien mais vient du portugais, mais sous lequel étaient désignées en occident les Devadasi, les authentiques danseuses de temple. Problème des devadasi, il y en a .. des quantités de sortes, selon la manière dont elles étaient entrée dans leur carrière: de leur plein gré par dévotion, par pauvreté ( pour être logées et nourries), parce qu'elles étaient orpheline et n'avaient donc pas de famille pour s'occuper d'elle, par contrat ( et donc salariées..)
Celle du spectacle est présentée comme une sorte de nonne à l'européenne qui a donc fait voeu de célibat et ne peut pas fréquenter un homme. Problème: la réalité est inverse. Les devadasi avaient des avantages absolument supérieurs à ceux de la majorité des femmes indiennes, mariées de force par leurs parents, et puvaient sortir avec qui elles voulaient - bon probablement dans la limite de ne pas officialiser la chose, ou que le monsieur ne soit pas marié par ailleurs, mais déjà, c'était une grosse différence avec les autres.
Ce qui vu au prisme de l'Angleterre coloniale à donné " femme qui peut choisir = femme facile => prostituée". Surtout dans le pays du kamasutra. Evidement, qu'avec la liberté de choix, certaines voyant arriver de riches anglais n'ont pas eu de scrupules à arrondir les fins de mois. Qui leur en tiendrait rigueur...
Mais comment faire une histoire avec une femme qui peut sortir sans problème avec qui elle veut, il n'y aurait pas d'intrigue! Et puis ça aurait choqué les bonnes moeurs, il faut de plus absolument que l'héroïne soit pure chaste et tout le tableau pour .. rendre sa rivale, riche et caractérielle, qui triomphe ouvertement encore plus détestable aux yeux du public.
Mais cette histoire a transité par.. l'Allemagne, car elle s'inspire en fait ( si j'en crois la personne qui a organisé le cours auquel j'ai assisté) de Der Gott und die Bajadere, un texte de Goethe. Qui a été adapté au théâtre, en danse, etc.. et a tourné en Europe pendant le premier tiers du XIX° siècle, popularisant l'image d'Epinal de la danseuse hindoue comme symbole du pays au même titre que les tigres et les éléphants.
Autre adaptation bien connue à l'époque, Sakountala de.. ho qui voilà, mais c'est Théophile Gautier qui a adapté une pièce de théâtre d'un auteur indien du V° siècle, inspiré par une tournée en Europe d'authentiques danseuses indiennes, dont les danses lui ont beaucoup plus, certes, mais dont il ne devait pas franchement avoir les clefs de compréhension.

Donc que se passe-t-il quand on a un sujet à la mode, propulsé par un auteur en vogue. Il ne faut pas longtemps pour voir apparaitre tout un tas de variations autour du même sujet dont le public, friand  d'exotisme, redemande: il y a des pépettes à se faire.
Et on se retrouve donc avec ce spectacle complètement hybride: une histoire qui se passe en Inde, inspirée d'un poème allemand, et d'un livret d'un auteur français d'après une pièce indienne, montée sur scène en Russie par un chorégraphe marseillais sur une musique d'un compositeur autrichien, dans les décors d'un italien.

photo du décor de 1900. Y'avait des moyens au théâtre, à l'époque!

Parce que oui, crevons l'abcès et parlons de la musique. Elle est parfois très sympa. Mais absolument pas d'inspiration indienne. Pas une note ne sonne indienne. Par contre elle évoque très bien le jour de l'an à Vienne, Leon Minkus est un pur contemporain de Johann Strauss fils, et de ses frères. Et sans préciser le nom de l'auteur, la confusion serait très facile. (Je suis pliée de rire en voyant que le même a composé une musique de scène pour un spectacle intitulé "les Pilules magiques". Il y a comme une thématique avec le narguilé et l'opium, non?)
Mais ça n'aide franchement pas à apprécier.
Version du théatre Bolchoï un peu dépoussiérée. Avec la fin n°2. En 2010.


Donc voilà, la danseuse qui tient le rôle de la.. danseuse se nomme Nadjeda Gratchova, la fille du rajah se nomme Maria Allash, et le héros.. je ne le présente plus :)  Il va sans dire que j'ai cherché une version où j'ai au minimum une raison de regarder jusqu'au bout. Donc oui, vous avez deviné: le grand Kolia. Mais même avec son talent, il m'a fallu couper l'oeuvre en trois, je n'ai pas encore atteint le stade de regarder un spectacle entier de danse classique d'un coup.

Et pour compléter: la fin N°1, avec une petite cerise sur le gâteau ( toujours théâtre Bolchoï, mais en 1997. Le même, 13 ans plus tôt). Là il y en a pour 2minutes 50, et vous verrez tout de suite ce que je veux dire en parlant de la musique pas du tout indienne. Le passage est très beau, la flûte a un son magnifique, mais...c'est de la musique symphonique 100% européenne.

Attention les yeux, wow!
Ce qu'il fait à la toute fin est de la pure improvisation, tellement bien amenée qu'on jurerait que ça a été prévu comme ça.. et il s'est fait sonner les cloches pour avoir osé improviser.

Il y a une petite anecdote: Il expliquait par ailleurs qu'il s'agissait d'un petit pied de nez aux critiques qui venaient au spectacle, ne suivaient pas l'intrigue, s'extasiaient bruyamment dès qu'une danseuse montrait un brin de souplesse, au mépris de tous les autres spectateurs. Et se désintéressaient a peu près totalement de tout le reste. Ah, vous voulez de la souplesse? :D Talents d'acteur, sens de l'humour et dos en caoutchouc, oui, c'est une vedette, à tous les sens qu'on donne à l'expression en français. J'assume totalement ma fanitude!
(Soit dit en passant en voyant ça j'ai enfin compris comment faire le pont, les gymnastes vont trop vite pour qu'on décompose le mouvement, et on ne me l'avais jamais expliqué quand je faisais de la gym! Je partais des lombraires en cambrant au niveau de la taille, du bas vers le haut, il part en cambrant au niveau des dorsales, du haut vers le bas le mouvement est plus fluide et, je suppose, moins risqué. Magnifique! Bon je n'ai plus la souplesse nécessaire pour faire le pont, mais au moins j'ai compris)

Je reconnais, les deux principales danseuses sont aussi très bien et font vivre leurs personnages. Mais pffff ce second acte.

Il y a d'ailleurs un passage du qui attire en ce moment les foudres de pas mal de monde pour cause de ... racisme: la danse des négrillons, où les petits rats, dansent grimés en petites servantes noires. Donc blackface, ça ne va pas.
Le passage a été renommé " danse des servantes" pour essayer de calmer le jeu. Bon le problème reste, ça ne passe plus au XXI° siècle. Mais on peut aussi pointer que tout est cliché dans cette histoire. Les indiens pourraient franchement se plaindre de la manière dont sont dépeints leur pays et leur traditions, et du monceau de clichés pour touristes. Donc que faire, enlever tout ce qui n'est plus possible de nos jours? supprimer simplement le spectacle du répertoire? Le garder tel quel en faisant de la pédagogie et en expliquant aux gens que les moeurs ont changé depuis le XIX° siècle? Le présenter comme un témoignage moins sur l'Inde que sur l'orientalisme et la manière de penser l'étranger à une époque où on commençait à peine à découvrir les cultures étrangères, et où fatalement on les adaptait aux goûts du public? a
Je pense que cette dernière option serait bien plus intéressante que la censure " on met tout sous le tapis et on fait comme si ça n'avait jamais existé"


Le thème du séminaire auquel j'ai assisté était passionnant, " Les transferts culturels entre France et Russie à travers l'exemple de la danse" ( il y avait un autre sujet sur le tango en URSS, un sur le cas du prélude à l'après midi d'un faune, etc..) et autant j'ai trouvé le spectacle peu convainquant, autant j'ai adoré en savoir l'histoire.
Je me creuse la cervelle d'ailleurs pour trouver un sujet de mémoire de master qui exploite cette idée de transfert culturel, peut être via la musique, c'est tout à fait dans mes centres d'intérêts via ma formation de FLE.



challenge indien "les étapes indiennes"

 Les examens sont presques finis,  ce qui ne veut pas dire que je vais avoir beaucoup de temps libre ( gros gros gros projet en cours de finalisation pour la rentrée).

Mais me revoilà un peu sur mon/mes blog(s).
Et je découvre tout à fait par hasard un challenge indien chez Hilde.
Sachant que normalement en mai, c'est le mois italien, en juin, c'est le mois anglais, que le mois japonais d'avril se prolonge en mai...
Je vais quand même essayer d'avoir quelques particiations. a priori je n'aurais pas de stage d'un mois cet été, les examens n'ont pas pris de retard et en croisant les doigts, je ne devrais pas avoir de rattrapage. Donc tout en maintenant mes activités habituelles linguistique, je vais pouvoir refaire le tour du monde en lectures/ films cuisine, etc...

Et l'Inde, ben.. j'en avais parlé l'an dernier en mettant à l'honneur la danse indienne et Shiva pour le côté mythologique. C'est un pays qui me tente immensément, bien que je ne lui ai pas encore consacré de sujet.

Et jusqu'au 5 janvier prochain, on nous propose 18 étapes indiennes (+ une au tibet). Je ne pourrais évidemment pas participer à tout, mais j'ai déjà quelques idées.
C'est ici que ça se passe

Et le récapitulatif

donc, les étapes. Je pense qu'il y aura une étape culinaire, une sur la mythologie, un film, et de la musique, forcément.

Étape N°1 : Épices et saveurs des cuisines indiennes

N°2 : Enquêtes indiennes

N°3 : Découverte de l’Inde avec des nouvelles

N°4 : Nos Étapes communes (Billets communs et LC à organiser ensemble)

N°5 : Découverte de l’Inde en BD

N°6 : Jeunesse indienne

Étape N°7 : Films, séries, animation

N°8 : Mythologie et contes de l’Inde

N° 9 : Récits d’expatriés, de migrants, de réfugiés

N°10 : Saga /romans historiques

N°11 : Des romans qui nous font voyager

N°12 : Protection de la nature, animaux

N°13 : Récits et livres de voyages

N°14 : Un match de cricket

N°15 : Pour Halloween et Noël

N°16 : Pour rire

N°17 : Pour les amatrices et amateurs de SF

N°18 : Musique et danse


Étape au Tibet


Et voilà les quelques sujets où je parlais d'Inde, donc je mettrais à jour ce sujet avec les nouveaux...Et tiens, je vais rajouter à quelles étapes ils auraient pu être rattachés

lectures
Mircea Eliade - Minuit à Serampore (une histoire de fantômes dans l'Inde coloniale, par un auteur roumain. Attention ovni!) Etape 15

L'auteur indien le plus connu méritait bien sa photo. Et c'est pas mal de rappeller qu'il n'a pas été vieux toute sa vie.

R. Tagore - Histoires de fantômes indiens
( avec un riz au curry en prime) Etape 15
R. Tagore - Aux bords du Gange Etape 3
R. Tagore - Chârulata Etape 11

Danse, musique...
La Danse de Shiva étapes 8 et 18
La Bayadère Etape 18
Ardhanarishwara
Etapes 18 et 8
Musique indienne Etape 18

Autres
L'Inde côté linguistique
L'inde côté cuisine: Curry de petits pois et Aloo gobi
Images de l'Inde ( sites de photographies)

vendredi 9 avril 2021

ça c'est passé il y a 30 ans (1) - 9 avril 1991, indépendance de la Géorgie

Et j'ai eu envie d'en parler car c'est quand même super important. Quelque chose qui me fait me sentir très vieille car je m'en souviens bien, j'étais en troisième et le programme portant sur le XX° siècle, on faisait presque de l'histoire au jour le jour en lisant le journal.

En fait l'événement majeur de l'année 1991, c'est la fin d'un des phénomènes politiques les plus marquants du XX° siècle: la fin de l'URSS ( 1922 - 1991). De fait, elle n'a été actée que le 26 décembre, mais les républiques soviétiques, où des mouvements indépendantistes existaient depuis plusieurs années, se sont séparées du bloc soviétique à partir de 1990 pour la Lituanie et la Lettonie, et au cours de l'année 1991 pour les autres. L'affaire est loin d'être réglée, et, 30 ans plus tard, c'est encore régulièrement la foire d'empoigne politiquement parlant, dans ces régions - il n'y a qu'a voir la situation en Ukraine depuis quelques années et en Biélorussie depuis mi 2020.

Et, il se trouve qu'il y a un certain nombre des ces anciennes républiques soviétiques - qui étaient pour la plupart des pays indépendants avant 1922, et qui ont reprit leur indépendance - où j'ai TRES envie d'aller.


Et je commence par la Géorgie, qui est probablement l'une de mes premières destinations post-covid ( au moment où je prépare ce sujet, à l'automne 2020, c'est encore loiiiiiin d'être réglé cette histoire, et les frontières sont encore fermées hors UE. J'en ai un peu parlé le 8 mars pour ses dirigeantes, mais j'y reviens donc. Promis, ce ne sera pas un cours d'histoire post-soviétique, mais un top 5+ des raisons pour lesquelles j'ai envie d'aller là bas.

Et donc pourquoi?

Raison n°1:j'adore la montagne ET la mer. Et ça fait longtemps que j'ai envie d'aller dans le Caucase.Et plus je vois de photos plus j'ai envie d'y aller.

Qui m'aime me suive!

Raison n°2: on parle d'un pays qui, au moyen-âge avait la seule femme - roi connue de l'histoire. Bon non, pas exactement la seule: il y a une reine polonaise qui a été proclamée " roi", mais a régné très peu longtemps.
Là, c'est à un autre niveau: le roi Tamar Première a régné de 1184 à 1213. Et non, ce n'est pas un abus de langage, sa fille a ensuite aussi été couronnée roi après elle.
Mais en plein moyen-âge, elle a su s'imposer comme monarque éclairé, et une fine politicienne, le pays a connu une période d'expansion, principalement par la diplomatie et le protectorat des petits pays alentour, et de rayonnement culturel sur toute la région.
De plus, elle n'a pas hésité à divorcer de son premier mari ( qui supportait mal son statut de "roi consort" et lorgnait de trop près sur le pouvoir) pour en épouser un second, moins ambitieux et qui ne voyait pas de problème à être sujet de sa femme.

Et pourquoi roi et pas reine? Ici où là, je trouve l'explication qu'elle gouvernait avec autant d'efficacité qu'un homme, mais un débat en commentaire d'une vidéo sur la langue géorgienne, proposait une explication plus simple. Aux dires des géorgiens - et je veux bien les croire concernant leur propre langue - le mot traduit par "roi" signifie en fait " souverain", peu importe son genre biologique. Il y a bien un mot signifiant "reine", mais il ne s'applique apparemment qu'à la mère ou la femme du souverain. Et donc, si le souverain est une femme, hé bien, son mari est simplement le roi-consort.
En tous les cas, un coup de coeur géant pour le roi Tamar, il va falloir que je me renseigne plus à son sujet.

En plus, elle a un petit côté Aliénor d'Aquitaine, protectrice des arts et de la littérature. La principale épopée médiévale du pays " Le chevalier à la peau de panthère" (ou de tigre selon les traductions) lui est dédiée. Il s'agit d'un roman courtois et épique qui se passe en ...Perse. Mais apparemment, c'était la mode: les Mille et une nuits, écrit 2 siècles auparavant, avait eu un tel succès que lorsqu'on voulait situer une histoire " loin", c'était en Arabie ou en Perse. Pensez aux Lettres Persanes.
Fun fact: dans le monde arabe, pour dire que quelque chose se passe " loin", on situe  l'histoire en Chine, à l'autre bout de la route de la soie (vous ne le saviez peut-être pas, mais Aladin est expressément cité comme étant ... chinois)

Manuscrit du chevalier à la peau de panthère

Et j'ai aussi fort envie de lire ce texte qui a été traduit en français, car, merci wiki:

"L'histoire se passe en Inde et en Arabie ; elle raconte l'amitié qui unit les deux héros, Avtandil et Tariel, et la quête pour retrouver l'objet de l'amour de ce dernier, Nestane. Dédicacée à la reine Tamar qui sert de modèle à Nestane, l'œuvre vante la grandeur et la stabilité du royaume de Géorgie à son âge d'or. Ces héros idéalisés, unis par des amitiés fidèles et par l'amour courtois, se comportent avec générosité, sincérité, dévouement, et proclament l'égalité entre les hommes et les femmes, ainsi qu'une grande joie de vivre."

Des chevaliers égalitaristes et bon vivants au XI° siècle.Wouhou!!!!

Raison 2 bis: le pays est actuellement dirigé par une présidente. Ouaip!

Raison n°3: fatalement la langue m'intrigue. Un pays où une femme peut être roi par la magie de la langue. Dont l'alphabet est magnifique. Mais cet alphabet tout mignon cache une langue à la difficulté diabolique, que parlent quand même 4 millions de locuteurs dans le pays. Plus environ un demi million d'expatriés.
Une langue pour laquelle " Gvprkstvni" est un mot - 9 consonnes et une voyelle tout à la fin, en transcription en tout cas. C'est à dire : une voyelle et de la grammaire tout autour.
Et pourtant, on arrive à des pépites de mots comme celui-ci:

UN mot pour dire " être si fou d'amour que même nos ennemis nous prennent en pitié". C'est très concis et très expressif, j'aime beaucoup.
Et visiblement, si un mot pareil existe c'est que la vision de la vie par les gens du coin est tout sauf tiède, ou triste, ou morne... Plutôt débordante d'enthousiasme. Voir la présentation des chevaliers de l'épopée mentionnée plus haut. J'imagine déjà ce que doit être une fête géorgienne.
Pour découvrir l'alphabet, c'est par là!

Il n'empêche: une langue aux sonorités inhabituelles, pour laquelle les locuteurs d'une langue indo-européenne n'ont aucune référence - puisqu'elle fait partie du groupe caucasien qui n'a rien à voir avec le groupe indo-européen - aucun point d'appui, à la grammaire réputée épineuse, avec des mots super expressifs... ça m'intrigue beaucoup.

raison n°3: la cuisine. A part je vous l'accorde, l'entrée aux viscères de porc et les plats au boeuf - je ne suis pas amatrice de viande en général et encore moins de boeuf que je ne mange pas du tout - le reste est fort tentant. Il y a pas mal de plats de légumes, du fromage, donc ça va, je trouverai mon bonheur!

Raison n° 4 : la Musique.
Avant de pratiquer le chant lyrique en solo, j'ai beaucoup chanté en choeur , et même si ce n'est plus le cas, j'ai gardé un goût marqué pour les polyphonies.

Musique profane ( trio Mandili)

 musique sacrée

Il y a aussi les instruments inconnus sous nos latitudes comme le pandouri, que joue l'une des chanteuses du trio Mandili. Mais aussi ce monsieur particulièrement virtuose, Irakli Akhalaia et purée j'adore! Je viens de découvrir ce musicien et wow!


Raison n°5: la danse. La danse folkorique. C'est ... qu'est-ce que je disais sur la fête?
Extrait d'une fête géorgienne en Bretagne. Ces gens sont montés sur ressorts. Et font des pointes... sans pointes. Je commence à me demander s'ils ont des os.

Une interview de la directrice du ballet national de Géorgie. Ok, je rajoute " aller voir un spectacle de danse folklorique" dans la liste des choses à voir, ça a l'air vraiment super cool.


Raison bonus lié à la précédente... J'ai un truc à vérifier.
Concernant ce monsieur. Oui, encore. :D
Je vous ai cassé les pieds l'an dernier en le ressortant régulièrement en illustration de mes sujets artistiques, mais là, je ne pouvais pas parler du pays sans parler d'un ressortissant célèbre (Et surtout PAS le politicien que tout le monde connait, on a vu mieux qu'un des pires dictateurs du siècle passé pour donner envie d'aller visiter un pays). Enfin, quand on voit les danseurs folkloriques, je ne m'étonne absolument pas qu'un de leurs compatriotes soit arrivé au plus haut niveau en danse classique aussi.

Bon je sais, il n'y habite plus depuis belle lurette, MAIS je veux savoir si le modèle est suivi ou s'ils ont perdu le moule.
Concrètement " y'en a beaucoup des grands bruns de ce genre? Non, parce que si c'est le cas, cette raison bonus va passer directement en raison n°1 (Bon ok, 1.bis, la montagne reste n°1) Le musicien, déjà, est bien à mon goût, et il y a deux ou trois danseurs dans les vidéos qui ..'fin bref, il faut que j'aille y voir de plus près. Faut que je tâte... pour éclaircir cette importante question d'une possible absence de squelette. Pour la science, bien évidemment!"

allez, quelques autres ressortissants connus:
.Vladimir " la gueule" Bon, pour le côté joie de vivre, ce n'est pas vraiment le meilleur exemple.

Bon j'ai trouvé une photo où il ne fait pas trop la tronche et c'est plutôt Vladimir-la-classe
Ca va mieux comme ça.
Il valide les catégories " grand" ( un bon mètre 90 il me semble) et "brun", donc oui, il y a peut être une caractéristique génétique locale

Boulat Okoudjava, qui avait une certaine ressemblance à la fois physique et dans la manière de jouer, avec Georges Brassens. Chanteur encore très populaire.

Boris Akounine (pseudonyme de Grigori Tchkhartichvili... oui Akounine, c'est plus simple à écrire sur la couverture d'un livre). J'avais bien aimé ses "histoires de cimetières"

George Balanchine ( son nom complet est Balantchivadze), chorégraphe, metteur en scène, pianiste, fils d'un compositeur, frère d'un compositeur... quelle famille :)

Non mais, un pays qui met à ce point en avant l'art et la musique, comment pourrais-je ne pas vouloir y aller?

Le risque est surtout de devenir "mijnuroba" pour le pays, si ce n'est pour un monsieur très souple 😁


Il n'y a plus qu'à attendre de pouvoir à nouveau se déplacer. En tout cas, le pays étant comme l'Ukraine et la Moldavie en partenariat avec l'UE, les relations diplomatiques sont bonnes avec la France, la Géorgie est membre observateur de l'OIF, la présidente est francophile et oeuvre à rapprocher son pays d'origine et celui où elle a étudié. Donc j'ai bon espoir de pouvoir y aller d'ici quelques temps.