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samedi 20 juin 2026

Prehistoric park ( 2006, documentaire science (fiction)

 Puisque j'ai un peu évoqué Nigel Marven en marge de son aîné et confrère David Attenborough  l'occasion de ce mois anglais, j'ai eu envie  de parler de ce documentaire animalier hybride très curieux, qui fête cette année ses 20 ans.

Hybride, parce qu'il prend ouvertement l'option de la science-fiction pour mieux parler de science de manière humoristique (on est dans quelque chose de volontairement décalé) mais de scientifiquement correct, du moins à l'aune de ce qu'on savait il y a 20 ans. Car oui, certaines informations sont obsolètes, même au sujet de biotopes datant de plusieurs millions, voire centaines de millions d'années, les connaissances se sont bien affinées en 20 ans, et ce documentaire de vingt ans d'âge est maintenant... vintage.

Il y a une chose que je ne crois pas encore avoir dite ici, c'est ma passion de toujours pour la paléontologie et la géologie (lors de mes précédentes vacances, j'ai passé des heures, mais vraiment des heures dans la galerie de paléontologie de Paris et à l'institut de science naturelle de Bruxelles, à admirer les iguanodons de Bernissart).

Donc dès que ça parle de paléontologie, que ce soit Le petit dinosaure et la vallée des merveilles, des podcasts pointus, en passant par ou les vidéos de vulgarisation de Simplex Paléo, Alexis Da Costa et Cedrik jurassik, du plus sérieux au plus farfelu, je surkiffe.

Et bien sur les documentaires de la BBC, que j'ai vu et revus.

C'est parti :imaginons que grâce à la science, on puisse créer un zoo préhistorique... hum ça rappelle un roman adapté en petit film "indépendant", "peu connu", où les dinosaures sont recréés via le sang pompé par un moustique fossilisé dans l'ambre.

Mais si l'idée générale est similaire, la manière d'y parvenir est très différente.

Jurrassic Park était un film de SF et d'aventure qui tordait beaucoup mais alors beaucoup le cou à la plausibilité scientifique ( recréer tout un zoo dinosaurien à partir d'un moustique est impossible, et si l'adn était suffisamment pérenne, tout ce qu'on pourrait obtenir, c'est en fait... des moustiques jurassiques clonés, ce qui me parait une très mauvaise idée, vu que l'insecte en question est déjà en tête de liste des espèces qu'on voudrait voir disparaître à tout jamais) sans vraiment d'autre objectif que de divertir (et comme j'aime bien Jeff Goldblum, et son blasé " putain, j'en ai marre d'avoir toujours raison!"), et dans ce domaine il fait ce qu'on lui demande.

Avidemment il faut toujours mettre des T-rex en avant pour attirer le spectateur, mais c'est loin d'être le seul animal préhistorique qu'on va voir: il y a beaucoup, moins connu, plus gros et beaucoup plus petit, mais un aventurier poursuivi par deux micro raptors, c'était moins spectaculaire.

L'option retenue par l'équipe britannique de l'authentique zoologue et documentariste animalier Nigel Marven est inverse: planter directement le décor SF, pour mieux l'évacuer, et, ceci étant accepté, garder toujours ce principe pour coller au mieux aux réelles découvertes scientifiques, glissée dans les dialogues.

Donc Nigel, le zoologue/baroudeur/ Indiana Jones... possède une machine à voyager dans le temps ( uel veinard) et compte l'utiliser pour aller dans le passé chercher des animaux menacés avant leur disparition définitive et les conserver dans un parc zoologique. Et au passage, aller filmer tricératops, ornithomimosaures, mammouths, arthropleura... dans leur milieu naturel. Donc, pour peu qu'on accepte la machine à ouvrir un portail dimensionnel... le reste est tourné à la manière d'un documentaire animalier presque classique, alternant séquences de recherches de specimens en danger dans le passé et vie quotidienne d'un zoo, avec vétérinaire qui s'active pour soigner les pensionnaires... sauf qu'un tyrannosaure blessé est autrement plus dangereux qu'un lion; gardien en chef qui planche sur les enclos les plus adaptés à ses nouveaux pensionnaires en prenant en compte ce qu'il connait sur les animaux actuels en en essayant de l'adapter, sauf qu'on ornithomimosaure a beau ressembler à une autruche, son habitat d'origine n'a rien avoir avec l'Afrique du sud contemporaine...

Techniquement ( et à part l'impossibilité du voyage dans le temps,) il est plus scientifiquement acceptable de peupler un zoo avec des animaux ayant atteint un stade défini d'évolution, que de les recréer ex nihilo ou presque, à partir d'un moustique. Disons que c'est biologiquement moins n'imp.

Après cette manière peu orthodoxe et souvent drôle (l'équipe a bien dû se marrer en mimant le fait de patauger dans un marécage du carbonifère, en essayant de capturer des libellules géantes - drônes au filet,  ou en s'extasiant devant des triceratops invisibles) a un avantage: Celui de présenter les animaux des époques passées non comme des monstres de SF, mais comme des animaux à part entières. Le tout en distillant les informations scientifiques sur les fossiles, les possibles comportements sociaux, les adaptations aux différents milieux, au fil de la narration.
Autre gros avantage, perdu depuis : les décors en grande partie naturels. La tendance actuelle étant de tout reconstituer en image de synthèse, même quand ce n'est pas nécessaire ( alors que des marécages ou des montagnes sont un décor parfait où incruster les animaux de synthèse tout en gardant un rendu réaliste pour les mouvements d'eau, de nuages, du vent et des textures : rochers, terre, etc..). Ce qui entraîne aussi une perte de profondeur et des textures, donc... de réalisme.  Le mélange des deux, bien dosé, donne quelque chose de bien plus intéressant que le 100% fond vert ou bleu.

On retrouve un peu l'esprit du documentaire de la BBC " sur la terre des dinosaures" . Ce dernier est visuellement daté maintenant pour ce qui est des effets spéciaux et maquettes, ainsi que de certaines informations obsolètes, mais pour l'avoir vu lors de sa première diffusion en 1999, c'était révolutionnaire, le top niveau des effets spéciaux de cinéma au service de la science à l'époque.

La zoologie est un des rares métiers où tu peux être mangé par ton sujet d'étude.
Plus encore si tu voyages dans le temps, au carbonifère, même les mille-pattes t'auraient bouffé sans problème.

Les documentaires de l'ami Nigel (je l'ai dit et je le redis, il a bossé pendant 12 ans avec David Attenborough, pas encore Sir à l'époque, c'est un gage de compétence et de qualité) s'inscrivaient dans la continuité, des " sur la Terre.." que ce soit ce Prehistoric Park ou son exploration des mers du passé. Depuis , je le redis les données scientifiques ont évolué au fil des nouvelles découvertes et certaines représentations ont changé ( la taille surévaluée du deinsosuchus, pour ne citer que lui), d'autres étaient de la livre interpétations déjà à l'époque (surtout les couleurs des animaux disparus par exemple, concrètement à part le mammouth dont les peu et les poils conservés dans le permafrost permettent une représentation très fiable, beaucoup d'autres sont à prendre avec des pincettes, ou du moins comme une licence artistique) mais ça reste quand même une série très sympa à regarder.

Et surtout en VO, pour profiter des accents so british de tout le monde.

Et coup de bol, la série est trouvable sur Youtube, en vo, avec sous titres fiables en anglais. La série devait initialement avoir au moins une seconde saison mais apparemment les producteurs on décidé de la remplacer par une pure série de SF qui en est largement inspirée, sous le titre Primeval. Donc, il n'y a que 6 épisodes d'un peu moins d'une heure, et nous ne saurons jamais si Martha la mammouth a pu vraiment s'intégrer à un troupeau d'éléphants, ou si Terence et Mathilda les jumeaux tyrannosaures ont réussi à trouver une terrain d'entente sans s'entredévorer.

Par contre, il va falloir que je cherche les autres documentaires soit scientifiques ( sur la terre des dinosaures/ monstres disparus / géants, et la nouvelle mouture plus récente " planète préhistorique", afin de mettre à jour les informations) soit mi science/ mi SF de Nigel Marven ( sur les traces des dinosaures, les monstres du fond des mers)

Mais je note pour moi même: lorsqu'on inventera une machine à voyager dans le temps, je veux bien aller au permien, mais je dois éviter le carbonifère: même si les forêts de fougères arborescentes ont l'air magnifiques, l'humidité, les 30°C en moyenne avec des incendies en veux-tu en voila à cause du taux d'oxygène qui te ferait planer en moins de deux,  les libellules de 70 cms d'envergure, les scorpions de 70 cms de long, les salamandres de 3 mètres, les mille-pattes qui pourraient te bouffer... c'est pas du tout pour moi!)

Tiens d'ailleurs, les traces d'arthropleura, le mille-pattes géant, ont été trouvées aux iles d'Arran, je ressors mon super site pour vous montrer où se trouvait la zone il y a 340 millions d'années: un peu plus au sud qu'au Jurassique, mais surtout au pied d'un massif montagneux géant ( qui ne fait pas partie de la chaîne hercynienne - une chaîne gigantesque qui ferait passer l'Himalaya pour une maquette, et dont il reste de nombreux vestiges en France et en Allemagne), mais la rejoint. Car oui, il y a 340 millions d'années, l'écosse était une jungle, sous les tropiques, au pied d'un massif montagneux énorme.






vendredi 19 juin 2026

Fantastic Mr fox - Roald Dahl

 Et hop, une autre lecture en VO. Je l'ai trouvé en anglais à la bibliothèque, qui a quelques ouvrages jeunesse dans une poignée de langues, et .. j'ai eu une idée.

Lorsque j'étais enfant, j'avais des livres assortis d'un disque ou d'une cassette, permettant d'écouter l'histoire tout en la lisant ( ou la parcourant des yeux pour ceux qui n'avaient pas encore appris à lire. C'est très mais alors, très efficace pour associer la forme graphique du mot avec sa prononciation. Surtout pour des langues aussi opaques orthographiquement que le français ... ou l'anglais.



Et donc, rapide recherche, il est disponible en version audio sur youtube, je peux donc faire comme quand j'étais minote: écouter l'histoire et la lire en même temps. Ca me fera bosser . Mieux,  je peux ensuite reprendre le texte et l'enregistrement et faire du shadowing pour améliorer ma prononciation. D'une pierre 3 coup: une lecture pour le challenge, un travail de compréhension auditive et écrite, et un de prononciation en se basant sur un vrai accent anglais.

et même 4° bonus, la découverte de Roald Dahl que je n'avais pas encore eu l'occasion de lire.

Voilà donc la version audio que j'ai utilisée, il y a parfois quelques petits différences avec le texte imprimé, un mot différent par-ci par là, mais pas plus que ça)

En tout cas, l'ensemble est une lecture facile ( puisque destinée aux enfants), rapide ( forcément, pas très longue) et pleine d'humour, où un renard malin traqué par 3 fermiers " affreux sales et méchants", non seulement se tire d'affaire, lui, sa famille, mais aussi tous les animaux de la colline que la traque mets indirectement en danger, mais en plus, retourne la situation en trouvant le moyen de piller les réserves des 3 fermiers, qui n'ont pas oublié d'être bêtes à manger du foin à la petite cuillère. 
Et c'est un régal, parce qu'en plus l'édition que j'ai trouvée est agrémenté d'illustrations et de jeux graphiques dans le corps du texte pour rendre les sons.

Et donc, malgré mon peu de lecture je suis particulièrement fière de moi, puisque j'ai réussi à intégrer 2 lectures en VO, ce n'étais pas le cas les précédentes années.

samedi 13 juin 2026

Quelques paléontologues et zoologues britanniques à connaître - partie 2

En fait, j'ai eu cette idée dans le courant du mois dernier en voyant que Sir  David Attenborough vient de fêter ses 100 ans.

Certes il est plus biologiste et naturaliste que réellement paléontologue, mais c'est probablement la personne vivante qui a le plus d'espèces nommées en son honneur, espèces préhistoriques ou non. Plus de 50, dont une guêpe chilienne qui vient d'être découverte et nommée pour ses 100 ans tout pile.
Son importance dans le monde scientifique mais aussi dans la vulgarisation scientifique à destination du grand public mérite bien une mise en avant.
Je l'ai pour ma part découvert dans les années 1990, quand certains de ses documentaires étaient diffusés dans la géniale émission Continentales en VOST, et je me souviens de ce monsieur déjà très âgé rampant sous une termitière pour en montrer les détails avec un enthousiasme communicatif.

On sait que son frère Richard était réalisateur ( notamment d'un énorme succès sur Charles Chaplin), ou qu'il est toujours très actif et continue à réaliser des documentaires à 100 ans.
Mais voilà quelques autres anecdotes à son sujet ( j'apprends donc qu'il a été responsable du passage à la TV couleur - et donc à l'adaptation vidéo à ce nouveau format - pour la BBC et que c'est lui qui a suggéré l'emploi de balles de tennis aux couleurs vives à Wimbledon, et qu'on a en commun le fait de ne pas conduire)
Et je vois par ailleurs qu'il a rejoint Brian May ( oui LE Brian May) et Slash ( oui, LE Slash) dans leur lutte pour la protection des blaireaux, et que en l'honneur de ses 100 ans, LEGO a changé l'âge sur ses boîtes de " 4 à à 99 ans" pour  de 4 à 100 ans et plus". Cette dernière information m'éclate particulièrement.

Un ptit hommage par la BBC?


Et de la part de l'Australie aussi ( et bonus, ça permet d'entendre un peu l'accent australien)


Et pour justifier d'en parler en lien avec la paléontologie, voilà un reptile marin datant de - 190 millions d'années , donc du 3° étage (Pliensbachien) du Jurassique inférieur, qui nageait dans les eaux tropicales de ce qui est maintenant la côte sud de Grande Bretagne, et donc nommé Attenborosaurus conybeary. Dans la petit vidéo qui accompagne l'article, il explique qu'après avoir eu des espèces nommées en son honneur, c'est tout un genre qui lui a été dédié, et ça c'est une sacrée reconnaissance de son travail.
Auparavant il y a eu le Materpiscis attenboroughi ( poisson placoderme du dévonien tardif) et le Microleo attenboroughi, " microlion" qui était en fait un marsupial carnivore du Miocène, tous deux trouvés en Australie;
l'Agapornis attenboroughi (oiseau du pliocène, de la famille des perroquets) trouvé en Afrique du Sud; L'Imparavis attenboroughi est aussi un oiseau, mais du Crétacé inférieur, trouvé en Chine
L'Electrottetix attenboroughi ( minuscule criquet du miocène trouvé dans l'ambre) de la Dominique;
le Succinalophus attenboroughi (coléoptère de l'Eocène trouvé dans l'ambre à Kaliningrad);
la Mesosticta davidattenboroughi ( une libellule  du crétacé) et le Diversinitus attenboroughi ( guêpe du crétacé) trouvées aussi dans de l'ambre, en Birmanie).
Le Caipirasuchus attenboroughi est un notosuchien ( parent fossile des crocodiles pour faire simple) du crétacé, trouvé au Brésil
Le Pulchritudo attenboroughi est un coléoptère du Crétacé du Colorado dans un état de conservation comme en en trouve rarement.
Attenborolimulus est un genre de limule du Trias ( trouvé en Russie) ce qui fait un autre genre à son nom.
Plus étranges, les Attenborites, fossiles de la faune (ou flore) d'Ediacara en Australie, dont on ne sait pas si ce sont des végétaux, animaux ou autre chose encore.
Auroralumina attenboroughi est aussi ancien (Cnidaire de l'édiacarien de Leicester).

MMM ça ne fait que 14 genres et espèces, on a dit qu'il y a beaucoup plus de choses portant son nom, voila donc la liste générale . Depuis la guêpe nommée le 8 mai dernier,  s'est ajouté un acarien . Nul doute qu'elle va encore s'étoffer au fil des prochaines découvertes, vu l'immense popularité - méritée! - du monsieur.

Et puisque je parle de Sir David, je me dois de parler un peu de son comparse et  collaborateur Nigel Marven. Ce sera fait prochainement plus en détail puisque je suis en train de regarder sa série Prehistoric Park en VO siouplait. Je l'avais vue il y a des années lors de sa diffusion en français sur les ondes françaises. Il a repris le créneau de son collègue en extrapolant le documentaire animalier " standard" aux mondes préhistoriques, avec une petit dose de SF ( on a qu'à dire qu'on peut voyager dans le temps) et rigueur scientifique, avec pas mal d'humour et : Prehistoric Park, donc, mais aussi les Monstres du fond des mers, spin-off de la série " Sur la terre de...". Bon là au moins, il ne risquait pas trop sa vie, contrairement aux documentaires animaliers contemporains où il a été mordu par des serpents ou par un requin, ou a failli être piétiné par un rhinocéros. Par chance, il est toujours là et a fait quelques apparitions dans une série, pleinement SF cette fois, intitulée Primeval ou  Nick Cutter et les portes du temps.
Série que je n'ai pas vue, mais qui est anglaise, donc je vais l'ajouter sur ma liste de choses à voir, peut être pas pour cette année, mais sait-on jamais.

L'ami Nigel n'a pas, à ma connaissance ( ou plutôt pas encore) d'espèce nommée en son honneur.. du moins je n'ai rien trouvé. Ca peut changer.
En tout cas ces deux là méritaient qu'on parle d'eux, tant ils ont révolutionné le concept du film documentaire, le saupoudrant d'humour et d'aventure, et oeuvrent encore pour la biodiversité.

Raaaaah, ça me donne aussi envie de re-re-re-revoir les séries " sur la terre de..." qui, même si elles ont vieilli et sont parfois obsolètes tant au point de vue des informations après 25 ans de nouvelles découvertes, qu'au niveau des effets spéciaux qui ont aussi progressé de manière spectaculaire depuis. Mais mais mais, je préfère quand même un animatronique bien fait plutôt que du 100% effets spéciaux sur fond bleu. Et quand même ils ont marqué aussi leur époque, et moi aussi. Même si j'avais 23 ans à l'époque, mon goût pour la paléontologie a survécu bien après l'enfance et est toujours là.
SCIENCE, j'vous dis!