vendredi 15 février 2019

de l'art et du cochon


Cette année, j'ai décidée d'évacuer d'emblée les sucreries dans le concept de cucul-la-praline, pour ne garder que la première partie de l'expression..


croquons ensemble les fruits défendus

Oui.

Et de publier ça le 15 février, logiquement, car c'est la Saint Claude ( que le calendrier facétieux colle pile le lendemain du 14 février. si vous ne comprenez pas la référence, cliquez donc sur le lien. C'est parti pour des cochoncetés.

J'ai donc le plaisir de vous présenter un long poème érotique vintage, publié en France en 1825, véritable péan aux plaisirs du plumard ( érotique certes, mais pas vulgaire), qui invoque la Grèce antique et le culte de Vénus, l'idée de faire des choses dans les montagnes avec les muses d'Appolon, les joies du gamahuchage ( je vous laisse chercher ce que signifie ce mot désuet, la pratique existe évidemment encore, rien de nouveau sous le soleil.. ou plutôt, ici, sous la pleine lune, mais doté un vocable moins ...savoureux ), du tripotage en duo - pour prendre les choses en main, c'est toujours mieux que seul(e), et de savoir varier les plaisirs et les "angles d'approche" .
Que de périphrases je suis obligée de faire pour rester " tout public". Mais c'est drôle aussi de chercher comment dire les choses sans les dire.

L'auteur anonyme insiste toujours sur le fait que les religieux de tout poils et leurs interdits peuvent aller se rhabiller, parce que bon, une partie de jambes en l'air ( et pas seulement pour avoir des enfants, même si ça peut en être une des raisons, ici mollement - si j'ose dire- évoquée presque comme "excuse" dont on sent qu'elle est assez... pipeau) est quand même un plaisir bien humain ( et à portée de toutes les mains, j'ai envie d'ajouter ;)), qu'il serait dommage de se refuser pour des raisons aussi fallacieuses que les préceptes d'une religion rigoriste quand, en substance, les cultes polythéistes l'autorisaient ou même l'encourageaient.
Par contre il est plus étrange de fustiger les athées, quand on sait que "libertin"était à l'origine un équivalent de "libre penseur" et donc par essence, athée ou quasiment. Quelqu'un en tout cas qui se fiche comme d'une guigne des principes religieux, des châtiments célestes, et ne croit en tout cas pas que s'il y a un dieu, il n'aurait rien de mieux à faire que de s'occuper en particulier de se qui se passe dans nos culottes. Et donc par glissement (....de sens, évidemment), on en est arrivé à "quelqu'un qui n'est pas trop regardant sur qui il ou elle met dans son lit.

C'était valable en 1825, ça l'est encore en 2019 quand on voit qu'il y a encore une énorme censure anti-nichons sur les réseaux sociaux, des réactions complètement disproportionnées face à des choix personnels d'adultes consentants par des gens qui veulent imposer LEUR morale. Dire "JE n'ai pas le droit de faire ça parce que MA religion me l'interdit", bon, pourquoi pas, c'est ton problème. Par contre " TU n'as pas le droit de faire ça parque que MA religion l'interdit", là, ce n'est plus recevable.

Par contre, tant qu'à choisir s'il faut vraiment une religion, moi j'ai choisi, hein, si Yarilo , dieu des galipettes dans la nature intercède en ma faveur, j'irais très volontiers sacrifier à son culte dans les meules de foin en compagnie d'un .. certain monsieur. 

Alors oui, désolée, messieurs qui êtes aux hommes, mesdames qui êtes aux dames, adeptes des activités de groupe.. l'auteur se concentre sur les activités à deux  ( et non "par douze") et hétérosexuelles, mais toujours joyeuses et consenties agrémentées de "mignonnes" gravures certes explicites, mais où tout le monde à l'air bien content d'être là ( ce qui fait que l'ensemble n'est pas malsain, ce n'est pas du Sade non plus).
De quoi arriver à la conclusions que nos arrière-arrières-arrières grands-mères et grand-pères étaient de sacrés polissons, et en même temps si on est là pour en sourire,  c'est bien qu'il s'est passé des choses derrière les portes closes et dans les granges.

Donc voilà le lien pour consulter le texte et ses illustrations ( faut zoomer pour lire les quatrains qui leur servent de légende), mais vous êtes quand même prévenus, NSFW, pas pour les enfants, interdit aux moins de 18 ans, blablabla!
Miches rebondies, petits pains tout chauds et saucisses en veux-tu-en-voilà.
Invocation à l'amour, chant philosophique


je n'avais pas encore de logo pour les sujets un peu tendancieux, cette joyeuse saucisse très "en forme" fera l'affaire

jeudi 14 février 2019

amour et pigeons ( film 1985)

Allez, l'an dernier le sujet anti-valentin était " Deux personnages qui se prennent des râteaux en musique", cette année, ce sera toujours un sujet russe, pour cause d'hiver russe et que je fais ce que je veux même que d'abord... mais on va parler de cocufiage. Ouaip.

Donc un film, choisi un peu au hasard, parce que j'avais déjà entendu le titre quelque part et que bon, ma culture ciné russe est pour l'instant assez limitée, surtout pour les films autres que politiques ou adaptations de romans.

Et le titre était suffisamment bizarre pour m'intriguer.
Il s'agit là de vrais pigeons, même si dans l'histoire Nadia va se faire pigeonner au sens français du terme, par son mari.



Vassia, un brave gars un peu candide, la quarantaine bien tassée,  vit dans un village assez isolé à la campagne, avec sa femme Nadia et leur 3 enfants déjà grands Liouda l'aînée, mariée, mais revenue vivre chez ses parents après une dispute avec son mari, Lionka le garçon qui a l'âge de partir à l'armée, et Olga la dernière, très proche de son père.



Et le torchon brûle entre Nadia et Vassia: celui -ci a une passion dévorante pour la colombophilie et dépense souvent l'argent difficilement mis de côté pour les vêtements et produits nécessaires en achetant de nouveaux pensionnaires pour son colombier. Pigeons qu'elle rend la cause de son échec marital ( plutôt que son caractère grognon).
Olga est la seule qui s'y intéresse un peu, aussi, son père lui apprend comment dresser les oiseaux à revenir: seuls les mâles partent dans la nature, mais reviennent toujours retrouver leurs pigeonnes qui restent au colombier.

C'est évidemment une allégorie de ce qui va se passer. Vassia est victime d'un accident de travail et envoyé faire une cure de remise en forme dans un complexe dédié ( probablement au bord de la mer Caspienne ou de la Mer Noire). Le pigeon quitte le nid et madame, et se retouve vite à roucouler avec Raïssa, une autre employée de la même firme. Raïssa est tout ce que Nadia n'est pas: farfelue, élégante ( pour l'URSS des années 80!) et même largement bizarre: dingue des médecines alternatives, et avec une nette tendance à vivre et parler comme un personnage de roman et de cinéma.
Evidemment, Vassia va se laisser éblouir un moment avant de se rendre compte qu'elle est vraiment trop une fille à problème. Oui mais revenir au bercail après avoir largué femme et enfants ne va pas être évident quand la moitié du village pense qu'il vaut mieux faire profil bas et courir vite si on veut éviter les coups. Le rabibochage arrivera évidemment, mais pas sans difficultés.

quand baboushka prend une pelle.. courez-vite!
Ca c'est pour tous mes potes qui idéalisent les femmes russes. Cadeau les gars!

Ce n'est pas le genre de films que je regarde habituellement je dois dire, et le sous-titrage en anglais n'était pas très bon, avec pas mal de coquilles, c'est dommage.
Après l'histoire est cousue de fil blanc, bien sûr que monsieur va rentrer au pigeonnier, sa famille - et ses oiseaux- lui manquent trop, et bien sûr que cette incartade va resserrer les liens entre lui et sa femme.
Mais bon j'ai du mal avec les personnages qui en font systématiquement des caisses ce qui rend bouffon un passage supposé être dramatique et casse les bons gags ( le film est censé être une comédie)
Mais j'aime bien Tante Sania et Oncle Mitia, les deux voisins hauts en couleurs de Vassia. Ils s'adorent autant qu'ils se chamaillent, principalement à cause de la tendance de Mitia à tout dramatiser ou  raconter des bobards pour se faire offrir un verre de tord boyau ( par exemple quand il vient raconter à tout le monde que sa femme est morte la veille, le village est déjà prêt à organiser les obsèques.. jusqu'à l'arrivée de Sania bien vivante.. qui se met à le poursuivre armée d'une pelle.Ben oui le brave vieux a en fait raconté son rêve et "oublié " de dire qu'il s'agissait d'un rêve).

Après il y a UN truc que je trouve sympa: cette histoire d'amour et de cocufiage ne se termine pas forcément bien ( Liouda ne se réconcilie pas avec son mari) mais surtout, on est chez les paysans. Qui ont l'air de paysans. Pas de stars internationales déguisées en agriculteurs. La femme fatale n'est "fatale" que par comparaison avec les rurales, mais tout à fait banale dans son appartement en ville, qui fait la taille de mon studio.  Elle n'a pas un physique extraordinaire. Vassia n'est pas non plus le genre de type qu'on imagine déclencher une passion aveuglante et pourtant... un point pour le réalisme.
Car oui, on peut très bien rencontrer l'homme ou la femme de sa vie (ou d'un moment de sa vie) à la supérette du coin entre deux rayons de petits pois en promo. On peut très bien être raide dingue d'un homme normal, ou d'une femme normale. Et c'est tant mieux pour 99% des habitants de la planète.

Ca arrive largement plus souvent que le coup de foudre entre une nana comme moi et un millionnaire jeune et beau ( dans le cliché hollywoodien qui n'est pas mon genre) qui passerait par hasard dans ma rue et serait ébloui par ma tenue banale et ma coiffure banale de nana banale ( en même temps, s'il passait dans ma rue, ahem... disons qu'entre la boutique de jouets pour adultes et le bar " drapeau arc-en-ciel", ce ne serait probablement pas moi qui l'intéresserait)

Donc voilà,un film où.. tout est normal. L'histoire du démon de midi est classique, mais au moins elle a le mérite de ne pas essayer de faire rêver... ce qui lui donne un côté doux-amer assez mignon par moments. Mais desservi par un surjeu assez pénible ( là on est dans les codes de la tragédie antique où tout le monde en fait des caisses)
Mais je pense que la conclusion de l'histoire reste: contente toi de ce que tu as, essaye de l'améliorer à la limite, mais ne rêve pas à ce que tu ne peux pas atteindre ( ou attends toi à une désillusion)

Déprimant, hein.. allez, bonne saint Baratin!

mercredi 6 février 2019

Les eaux printanières - Ivan Tourgueniev

Et donc, après une première tentative mi figue mi raisin en octobre, je retente le coup avec cet auteur classé 5° sur 112 dans la liste des meilleurs auteurs de ce site ( liste évidemment totalement partiale puisque faite par les créateurs du site).

Hop, c'est parti pour les eaux printanières,avec un peu d'avance sur le printemps, mais ce mois ci, le challenge classique met les ouvrages courts à l'honneur... - de 150 pages, celui-ci en compte 126, donc c'est tout bon!
Et donc, je continue mon hiver russe tranquillement.

Je ne sais pas pourquoi mais je m'attendais en fait à ce que ce soit de la littérature un peu "gentillette", fleur bleue, pour midinettes ( peut être à cause du résumé en 4° de couverture), il n'en est rien, il y a un certain humour assez sarcastique dans cette histoire, et  l'évolution comme la conclusion  sont particulièrement cruelles.
Je ne sais pas si le côté sarcastique était  déjà le cas de l'écriture en VO ou  si c'est un parti pris de la traduction, j'avais déjà dit ça pour " Les fantômes", mais vu que ça se retrouve ici, je penche pour un côté sarcastique d'origine. J'aime ça!


Dmitri Pavlovitch Sanine, un quiquagénaire désabusé ( quasiment un petit vieux, selon les critères de 1870), sans famille et sans vrais amis,  prend soudainement conscience de la tristesse et de la vacuité de son quotidien, et du fait qu'il a raté sa vie. Il retrouve presque par hasard un bijou oublié au fond d'un tiroir qui lui rappelle un amour de jeunesse, et le moment où, justement, les choses ont mal tourné pour lui.

A 20 ans et quelques, naïf, idéaliste, plutôt charmant dans le genre blondinet nordique, alors qu'il s'apprêtait à rentrer chez lui après un long voyage, de ceux qui formait la jeunesse des nobles et/ou riches messieurs du XIX°siècles, il a rencontré la brune italienne Gemma en Allemagne.

Gemma est de condition modeste, jolie évidemment, on est dans un roman du XIX° siècle quand même, le mignonnet héros ne va pas s'éprendre d'une mocheté, mais, bonne surprise: dotée d'un caractère bien trempé, et d'un sens de l'humour solide ( Ouf, du coup on évite, l'histoire d'amour avec une potiche dont le côté décoratif est le seul atout, ce genre de chose gave terriblement la femme du XXI° siècle que je suis, quand l'héroïne a autant de personnalité qu'une boîte vide, mais joliment enrubannée)

Mais hélas, elle est fiancée à un homme bien sous tout rapports, plutôt aisé, le gendre idéal...  et aussi terriblement ennuyeux, vaniteux et imbu de sa personne. Gemma a vite fait d'envoyer bouler ce fiancé encombrant, et Dmitri de prendre la place vacante sauf que...
Pour épouser la fille, il faut de l'argent, pour avoir de l'argent, il va devoir vendre la propriété dont il a hérité. La providence - ou plutôt la malchance- lui fait rencontrer Ippolit, un ancien camarade d'école, un type d'une banalité affligeante, mou, qui passe sa vie à manger et dormir, et paradoxalement flanqué d'une femme raffinée, élégante, très riche et douée pour les affaires. Dmitri envisage donc de vendre sa propriété à la richissime Maria Nikolaïevna, mais évidemment, les choses ne se passent pas comme sur des roulettes, et Dmitri, âme pure et innocente, est loin de se douter qu'il est le jouet d'Ippolit et Maria, couple d'apparence si peu assorti, mais parfaitement harmonisé sur le terrain de la manipulation.

J'ai bien aimé les petits traits d'humour: un vieux chanteur italien en retraite qui ressemble trait pour trait à son caniche, la famille d'italiens expatriée en Allemagne, qui sait à peine où se trouve la Russie et pose des questions de touristes naïfs (s'imaginant que le pays n'a pas d'été et est perpétuellement pris dans la glace), un duel un peu ridicule qui parodie ouvertement celui d'Eugène Onéguine, la veuve qui passe son temps à dire " haaa, si feu mon mari était là" et fait des montagnes de tout, absolument tout, le commis de magasin compassé et imbuvable...et bien sûr Dmitri, adorable et naïf jeune premier, mais impulsif capable de coups d'éclats inattendus, tous ces "types" sont plutôt finement croqués.

Mais surtout Ippolit et Maria sont des personnages assez inattendus par rapport au reste. Pervers et cruels sous leur apparence de type mou et de femme d'affaire.
Cette perversion et ce décalage avec le gentil héros est étonnante et rend les choses plus intéressantes que ne laissait paraître le récit de cette histoire d'amour a priori légère et fraîche, mais sans grand enjeu. On ne fait pas un récit marquant avec des gens qui sont heureux et pour qui les choses se passent bien. Et voir soudain le scénario prendre un tour surprenant ( même si je l'ai vu venir, progressivement, sans deviner par contre les motivations de chacun) ça fait très plaisir.
Et la conclusion est quand même assez étonnante, à se demander si le héros retrouve une seconde jeunesse et un peu de ressort, ou s'il fonce droit dans un mur magistral. En tout cas, je trouve intéressant de voir que l'âge du héros au début de l'histoire correspondant assez à celui de l'auteur. Est-ce que c'était pour lui une occasion de se donner une deuxième chance fictive et littéraire suite à une déconvenue personnelle?

Donc voilà enfin un contact assez réussi avec l'auteur. J'ai quelques autres lectures possibles et je continuerai donc après cette jolie surprise.

mois du court!


vendredi 1 février 2019

C'est le 1° je balance tout - février

Et hop, premier "1°", on verra bien combien de temps j'arrive à tenir le cap...

  1. Le Top & Flop de ce que vous avez lu le mois-dernier.

    Vu mon peu de lectures, difficile de déterminer un top et un flop. Et Maupassant est trop attendu.

    Allez, en Flop, je dirais
    Diotime et les lions - H.Bauchau, pas mauvais, mais cette histoire de rencontre entre une jeune grecque semi-sauvage et un vieux sage hindou quelque part dans la Perse antique est vraiment trop tirée par les cheveux pour être convaincante. Article à venir pour le mois belge

    et en top:
    Les sept pendus - Leonid Andreiev, certes ce n'est pas le livre le plus fun du monde mais j'aime bien découvrir un nouvel auteur. Celui-là m'a bien plu.

    Critiques à venir ce printemps pour le mois belge...

  2. Au moins 1 chronique d’ailleurs lue le mois dernier.

    chez Bidib, un album jeunesse ( et pourtant ce n'est pas mon genre de prédilection) qui m'intrigue bien, car l'histoire très germanique de Raiponce est illustrée façon quattrocento italien, et c'est assez original pour mintriguer..

  3. Au moins 1 lien que vous avez adoré le mois dernier (hors chronique littéraire).

    Donc, puisque c'est encore l'hiver russe, que j'ai commencé à piocher dans leur catalogue, et qu'il risque donc d'y avoir encore du cinéma russe dans les jours/semaines/mois à venir, la chaîne Youtube " Kinokonzern"mérite que je la mentionne, car elle met en libre accès pas mal de films que je connaissais de titre, ou pas du tout, mais en tout cas sous-titrés au minimum en anglais ( ce qui est déjà pas mal) et quasiment impossible à voir autrement en Europe de l'ouest.
    Donc culture + VOST, moi je dis oui!

    Et dans un tout autre genre, mais toujours linguistique, pour les férus de Japon ( même si je l'ai mis en pause de mon côté) je recommande toujours la chaîne de Julien Fontanier

    Et encore: la représentation du concept d'ikigai, qui permet de comprendre ce qui pèche dans votre travail actuel. C'est intéressant, parce que j'ai mis des années à trouver quelque chose pour quoi je sois douée, qui me plaise et dont on a besoin (donc oui, là je suis dans " plaisir et satisfaction, mais précarité", ce qui est toujours mieux que de stagner dans " ce pour quoi je suis payée", sans rien d'autre et qui a failli m'envoyer en dépression nerveuse à force d'ennui). Reste plus qu'à être payée pour la traduction.

    J'ai hésité avec la musicologie,qui m'aurait aussi passionnée, mais où on va l'avouer, il y a peu de débouchés, en tout cas moins qu'avec le traduction, et en particulier, d'une langue moins courante qu'anglais-italien-espagnol.
  4. Et enfin : ce que vous avez fait de mieux le mois dernier.

    Là c'est facile:

    Niveau études:
    Dans mes études, il y avait une matière totalement improbable, qui ne l'inspirait pas ( d'autant que le cours super verbieux le mardi matin de 8h00 à 10h00, je l'ai séché quelques fois quand je n'étais pas en forme ou que j'avais un test juste après. Parce que je savais que le prof mettait en ligne des résumés bien plus précis que ce que j'aurais pu prendre moi en note)
    Cette matière, c'était de la philo. j'avais péniblement eu un 11 à l'écrit du bac L il y a 24 ans et je n'en avais plus activement fait depuis. Je partais dans l'optique d'avoir un 10, pour ne pas devoir la repêcher en juin. J'ai bûché sans grande conviction, passé le partiel sans grande conviction.
    Certes ce n'était pas du niveau bac en France dans les années 90) et sans grande conviction j'ai réussi un .. 17/20.
    J'en suis baba, parce que je n'ai jamais eu ça de toute ma terminale. Ma première note avait été une purge : un 6/20 sur un commentaire de texte de Merleau-Ponty, contre qui je garde une dent.. allez savoir pourquoi madame C nous avait fait commencer par ça, au lieu d'attaquer à la base avec la Grèce et Platon ou Aristote, ou sais pas moi, un nom qui nous aurait vaguement parlé.Non, Paf! Merleau-Ponty
    Donc oui, là, je suis hypeeeeeeer fière de moi.

    allez, juste pour le plaisir. devinez, en 24 ans quel est le bouquin le plus philosophique que j'ai pu lire?
    Le Tao-te-king? NON
    Le banquet? Encore NON
    La Planète des singes? Pas loin mais essayez encore

    En fait, c'est un livre officiellement pour jeunesse, mais qui pose l'air de rien des questions existentielles, sur un mode humoristique et même drôlissime par moment, sur ces choses aussi profondes que d'où vient l'intelligence? Le langage est-il le propre des chats/rats? Et la morale? Et comment appeler  ce sentiment qui vous pousser à vous mettre en danger pour aller aider celui qui est à la merci d'un chien ratier au mépris de sa propre sécurité? La ratité? Le ratisme?
    Qu'est-ce qu'il y a après la mort? Et d'abord c'est quoi la mort, à part un squelette de rat de 10 cms de haut muni d'une faux?
    Et donc je conseille à tous ceux qui veulent aborder les grandes questions ( sur la vie l'univers et le reste aussi, mais non ça n'est pas Douglas Adams et Marvin l'androide paranoïaque dépressif qui n'arrive qu'en 2° position) mais aussi l'oeuvre de Pratchett, de commencer par le Fabuleux Maurice et ses rongeurs savants, bien qu'il soit hors cycle du disque monde. La trilogie des Gnomes  du même auteur est aussi une bonne entrée en matière ( sur la nécessité de se bouger les fesses pour changer sa vie et la curiosité intellectuelle)

    Décidément les anglais sont forts pour ça. Pour la peine: une image de souris victorieuse!
    pour les connaisseurs, oui c 'est une figurine de Matthias, la souris guerrière de Redwall, je n'ai pas lu la série de romans, mais j'ai beaucoup aimé la série d'animation, trop méconnue en France, même si elle était franco-canadienne, je vois en ligne qu'il y a 3 saisons et je n'en ai vu qu'une, misère! Et je vois qu'il y a au moins autant de romans que dans le disque-monde, je peux mettre ceux-là dans ma liste à Lire. Et si c'est une série jeunesse, peut être même que la VO me sera accessible, yep...

    Niveau autre: la traduction des dialogues d'un court métrage russe. 
    Je n'y reviens pas puisqu'il y a déjà un billet spécial à ce sujet.

mercredi 30 janvier 2019

projet de traduction "cinéma russe"

Faut que je vous raconte:

Certains l'ont lu, je suis inscrite sur une application d'échange linguistiques, nommés Tandem.
On y rencontre des gens variés, plus ou moins sérieux,certains qui ne veulent que parler de la pluie et du beau temps, d'autres qui veulent draguer et enfin, au milieu.. on déniche parfois une perle.

Et la perle en question est un très sympathique monsieur nommé Sergei, fan de cinéma comme moi, et membre d'une association en France qui promeut le cinéma russe et cherche des bénévoles.
Et donc entre les corrections de russe et de français, une idée a germé dans nos têtes: je veux faire de la traduction, il s'intéresse à la partie technique du sous-titrage.. Il y a une collaboration intéressante à mettre en place non?

Et donc, je suis super fière de présenter officiellement le premier résultat de notre travail à 4 mains. Sergei ne s'est pas crédité, mais s'est occupé du relevé et du minutage des dialogues et de caler ma traduction avec le son et l'image. Il n'est donc que justice de le mentionner, car sans son fichier, je n'aurais rien eu à traduire, tout simplement.

Voici donc : "le mathématicien et le diable", court-métrage fantastique de 1972
Les amateurs de ciné SF reconnaitront peut-être Aleksandr Kaidanovski dans le rôle du diable, qui tenait également le rôle principal dans Stalker d'Andrei Tarkovski, un film de dystopie assez planant que je ne peux que vous conseiller chaudement... sauf si vous cherchez des effets spéciaux et de la grosse action.
Il reste une ou deux coquilles qui seront rapidement corrigées: mon ordinateur a des moments de faiblesse et la barre espace se coince ou certaines lettres sautent.. ou se rajoutent intempestivement.



Et comme notre association fonctionne bien, d'autres courts-métrages seront traduits prochainement, avant qui sait, de passer à quelque chose de plus ambitieux? :)

Quoi qu'il en soit, je suis ravie de vous annoncer ce joli projet culturel.

lundi 21 janvier 2019

La salle n°6 et autres histoires de fous - Anton Tchékhov

Allez, cette année pour l'hiver en Russie, je retrouve l'un des auteurs les plus célèbres.

Ma première lecture ne m'avait pas laissé une forte impression, mais j'ai fait meilleure pioche avec ce petit recueil de 3 nouvelles sur le sujet de la folie.

Youpi, deuxième lecture russe...

La salle n°6: dans un hôpital vétuste où règne la gabegie la plus totale , la salle n°6 loin de tout et encore plus délabrée que le reste abrite les fous. Et de fait, on y colle comme aux oubliettes tous ceux qu'on ne sait pas, ne veut pas soigner:ils sont 5: un simple d'esprit indigent qui n'est pas dangereux, un paralytique, un paysan complètement amorphe, un type réellement dans un autre monde, et Ivan Dmitrich, arrivé là par un concours de circonstance.

Ivan est intelligent, jeune et cultivé, mais souffre de crises d'angoisses incontrôlées, suite à une série de coups de malchance. Comptable, sa hantise était de faire une erreur à son travail, d'être arrêté sur une calomnie, ou par erreur et de finir en prison.. un médecin trop pressé de se débarrasser d'un patient problématique a décidé de le coller là.. ce qui est pire que la prison.

Mais un jour le médecin en question, revenu de tout, crevant d'ennui dans la petite ville où il ne trouve pas un interlocuteur sensé et cultivé, à deux doigts de la dépression ( il continue à expédier ses patients au prétexte que " je soigne tant de malades à l'année, ils retombent malades, ils reviennent, ça n'en finit pas, ça ne sert à rien. Et leur sauver la vie ne sert à rien non plus, puisqu'ils vont tout de même finir par mourir") passe par la salle n°6.. et découvre en Ivan "le fou" l'interlocuteur qu'il attendait. Même un potentiel ami.
Sauf que pour la hiérarchie, un médecin qui copine avec un malade mental est suspect lui aussi.. et mériterai bien également d'avoir une place réservée comme patient, surtout si son subalterne vise son poste.
J'ai beaucoup aimé cette histoire, qui épingle à la fois le marasme de la Russie campagnarde à la fin du XIX siècle, désert médical où les gens compétents manquent cruellement, mais où les arnaqueurs pullulent à tous les niveaux, mais aussi la société, qui en prend pour son grade et c'est jouissif (car en effet, Ivan est peut être même le type le plus sensé, voire le seul type sensé de sa région.. et c'est lui qui est enfermé)

La mort d'un fonctionnaire: une très courte nouvelle, ou le héros se nomme presque pareil que le précédent: Ivan Dmitriévitch, fonctionnaire, éternue par mégarde sur son voisin au théâtre. Ce qui n'était qu'un banal incident qui aurait du être réglé en moins de 5 minutes d'excuses prend des proportions ahurissantes: "est-ce que le type a bien compris , est-ce qu'il m'en veut, je suis sur qu'il m'en veut... " et donc Ivan va insister, s'excuser, se ré-excuser, ne pas croire que l'incident est réglé, revenir à la charge pour s'excuser, ce qui agace évidemment l'autre gars qui avait déjà classé la chose.
Des excuses, c'est bien,  c'est normal, c'est poli, trop d'excuses ça devient pénible et ça tape sur le système de n'importe qui.
Bon, une nouvelle mineure, et peu intéressante, en fait.

Un homme dans un étui: deux copains devisent des gens qui ont peur de tout: il y a la femme du maire, tellement inquiète d'être vue qu'elle ne sort qu'à la nuit tombée. Mais pire que ça, l'un des deux avait un collègue de travail, Monsieur Bélikov surnommé "l'homme dans un étui", qui ne sortait jamais, même en plein soleil sans parapluie, chaussures en caoutchouc, col relevé, chapeau, lunettes de soleil; mais pire, il avait aussi un cerveau formaté pour la crainte et l'inquiétude.
Un tel inquiet chronique qu'il ne voyait toujours que le pire dans tout ce qui aurait pu arriver: " oui, mais si ça se passait mal?" au point de contaminer tout le village, sans rien imposer. Tout le monde finissant par ne plus rien faire de crainte de devoir affronter les sempiternelles remontrances et questions de Bélikov, et par se mettre spontanément aussi "dans un étui".
Bélikov, qui contre toute attente a fini un jour par tomber amoureux d'une femme vive, pétulante, rieuse et insouciante... et ça va évidemment mal se passer!
Une histoire là aussi mineure, mais qui prend un peu plus de temps de se développer, et plutôt drôle. On en connait tous, des psychorigides comme ça, qui voient toujours le verre à moitié vide.

Donc voilà,des trois, je retiens la Salle n°6, plus longue et plus cynique, les autres sont plutôt des compléments plaisants pour atteindre le nombre de pages requis. En tout cas, c'est celle que je conseillerait.
Il me reste maintenant à découvrir le théâtre de Tchékhov, ce que je n'ai pas encore fait, et pour lequel il est surtout célèbre.

Bon pour le moment j'en reste encore aux traductions..mais j'engrange de la culture russe pour la poursuite de mes études, au passage.
3/4.. ouiii je vais pouvoir augmenter mes ambitions


vendredi 18 janvier 2019

Les sept pendus - Leonid Andreiev

Hooo une lecture "hiver russe", c'est quasi miraculeux.
Une lecture courte ( difficile de dire s'il s'agit d'un court roman ou d'une longue nouvelle. Comme il y a plusieurs chapitres, j'ai envie de dire "court roman").

Alors première précaution : éviter de prendre les personnages principaux en sympathie. Le titre ne le cache pas, ils sont sept, ils vont tous mourir pendus.
Pour diverses raisons. Tous ont commis un crime et ont été rattrapés par la justice. Tous attendent le moment de leur exécution.

Les raisons qui les ont poussés au crime sont soit inconnues, soit connues mais sans grande importance, ce qui intéresse Andreiev c'est " que se passe-t-il dans la tête de quelqu'un qui SAIT qu'il va mourir à très brève échéance?"
Et ce qui rend la vie supportable, n'est-ce pas précisément de ne pas savoir quand la camarde va arriver. Au delà de la peine de mort, le plus cruel n'est-il pas de savoir et d'attendre?

Le premier de ces "condamnés" n'en est pas un. C'est un ministre, dans la Russie du début du XX°siècle. Le récit a été écrit en 1908, donc juste après la première tentative révolutionnaire de 1905 et donc, bien ancré dans sa réalité contemporaine.
Le ministre est malade,  il n'en a probablement plus que pour quelques mois avant d'être emporté par une maladie rénale, son médecin lui conseille de ne plus tarder à faire son testament. mais dans sa tête, cette sentence n'a pas beaucoup de réalité, pas plus qu'une vague menace, donc.. rien ne presse. Mais au moment où commence l'histoire, il vient d'être averti qu'un groupe terroriste prévoyait d'attenter à sa vie le lendemain à 13 heures pile. La police s'occupe de sa sécurité, il n'y a rien à craindre, les terroristes sont connus et seront pris sur le fait avant de passer à l'attaque. Donc pas de danger, il peut dormir sur ses deux oreilles.. sauf qu'il va passer une très mauvaise nuit, du fait de savoir qu'il aurait pu mourir le lendemain à 13h00, heure qui " efface toutes les précédents et les suivantes" et l'obsède.

Hop, petit saut dans le temps, les terroristes ont été appréhendés, pris en flagrant délit, ils sont jugés et condamnés à la peine capitale, ils sont 5, ils sont jeunes, mais leur vie est finie.
Leur motivation ne sera jamais connue: pourquoi ont -il tenté d'assassiner le ministre?
Seule compte leur personnalité et la manière dont ils vont faire face à leur sentence.

D'abord , il y a Serguei Golovine ( je me permets de lui rendre son vrai prénom, là ou la traduction s'obstine à l'appeler Serge. Serguei me pose un problème: non seulement le récit insiste pour le rendre sympathique, son prénom est celui d'un ami, et son nom de famille celui d'un camarade de classe de primaire.. damn', comment faire pour ne pas l'apprécier..).

Serguei est un jeune homme bien sous tous rapports, vraiment pas le genre de type qu'on imagine impliqué dans un attentat et pourtant.. Jeune sportif, sympathique, énergique, rieur, fils de dignitaire militaire, attaché à ses parents, presque l'incarnation du printemps, du renouveau et de la vie. Et ironie du sort, pile au moment où l'hiver s'en va, ce printanier personnage va être pendu.
Tania non plus n'est pas le genre de personne qu'on imagine commettre un attentat: prévenante, gentille, amicale, plus soucieuse du sort de ses camarades que du sien ( elle semble même oublier qu'elle est aussi condamnée), et même si elle n'a pas posé de bombes, elle est pourtant receleuse d'explosifs...
Vassili.. on se demande bien aussi comment il a pu se laisser embarquer dans cette histoire. Par bravade surtout. Il a été arrêté bardé d'explosifs, risquant d'exploser avec eux d'un moment à l'autre, sans que ça ne lui pose problème, car il estimait que de cette manière il gardait la main sur la mort, qui avait autant de probabilité d'arriver que la vie. Mais du moment où la mort, prononcée par un tribunal devient certaine, il perd pied et est terrorisé d'avoir perdu ce contrôle imaginaire...
Les eux autres sont plus "classiques".
Moussia, elle c'est l'illuminée de la bande, une marxiste pure jus qui appelle tout le monde " frère" ou camarade" et sa réaction devant la sentence est  de se dire qu'elle a bien peu fait pour mériter un tel honneur.. avant de se dire que oui, elle le mérite, elle sera un exemple pour les camarades, une martyre pour sa cause.
Et Werner, c'est le chef de la cellule, ou presque, le penseur aux nerfs d'acier, aussi imperturbable que Moussia exaltée, il est  profondément misanthrope, déteste le monde entier, et se désintéresse de son sort.Il est d'ailleurs en train de faire une partie d'échecs mentale au moment où tombe le verdict.

Ca ne fait que 5 condamnés, il faut donc ajouter à ces 5 apprentis terroristes que le fait d'avoir été arrêtés avant de passer à l'action n'a pas sauvés de la potence deux autres vrais criminels: Ivan l'estonien, qui ne parle pas russe est violent, alcoolique, ce qui ne fait rien pour arranger ses problèmes mentaux. Employé de ferme il a tué son patron, agressé sa femme, volé leur argent et ne regrette qu'une chose: ne pas avoir eu le dessus et avoir été maîtrisé par la femme. Pour ce simple d'esprit la chose est claire: on ne peut pas le pendre, c'est impossible, car il ne veut pas être pendu. Et on ne peut pas se passer de la permission des gens pour les pendre, pas vrai?
Le dernier gibier de potence est un criminel endurci: Michka dit " le tsigane", bandit de grand chemin, qui revendique ses crimes, vols, incendies, assassinat, comme autant de faits d'armes. Pour lui, c'est logique d'être arrêté et condamné, mais c'est l'emprisonnement qu'il a du mal à supporter étant par nature un homme libre.

et donc tout le récit va passer de la tête de l'un à celle de l'autre, en écho à ce qui se passait dans celle du ministre. Où on découvre que les plus endurcis ou les plus imperturbables ne sont pas forcément ceux qi résistent le mieux à la pression de cet arrêt de mort, au son de l'horloge qui égrène les quarts d'heures hors de la prison, où chaque minute qui passe étant une victoire sur la mort, mais aussi un pas de plus vers elle, dans une situation étrange: la vie et la mort coexistent déjà ans un même espace, donc que dire à la famille qu vient vous rendre une dernière visite, tout sonne faux dans ces cas là.
Et pourquoi continuer à faire de la gymnastique pour rester en forme, si on doit être bien portant, mais mort? Ou pourquoi s'en abstenir d'ailleurs, ça occupe les longues heures d'attente? ( car oui, il y a malgré tout quelques passages drôles dans cette histoire sombre , lorsque Serguei le sportif se fout à poil sous l'oeil médusé du surveillant et lui explique le genre de gymnastique qu'il pratique et en quoi ça serait bénéfique aux gardiens de prison, ou lorsque le surveillant voit Moussia dormir comme un loir alors que tous les autres sont en train de perdre la tête, car sa folie au final la protège de la perte d'esprit)

Quelque part, hormis le bandit de grand chemin, les 6 autres seraient plutôt à plaindre, même Ivan car il est clairement incapable de comprendre le rapport entre son acte et la sentence.
Les terroristes ne sont clairement pas taillés pour le crime organisé et s'ils ont été démasqués, c'est probablement que quelqu'un de leur groupe les a dénoncés, ils ne sont pas " méchants", ce sont des gens normaux qui portent le chapeau pour une organisation au sein de laquelle ils ne sont que des pions... mais ne pourront jamais expier cette erreur de jeunesse.

Donc évidemment, il y a sous-jacente la réflexion sur la peine de mort et son absurdité, mais contrairement à Hugo, ça n'est pas le sujet exact. On est vraiment amenés à voir la chose d'un point de vue philosophique: ce qui donne la saveur à la vie, c'est l'incertitude du moment de la mort.
Ce n'est pas un thème neuf mais il est bien amené et ce petit livre se lit avec plaisir. Même s'il finit évidemment mal, au moins le titre n'a pas menti sur le contenu. Mais étrangement, l'écriture ( et la traduction) étonnamment poétiques par moment, et pudique nous épargne les détails horribles. Tout est silencieux, pas de cris d'agonie, à peine si on sait que l'un vient de mourir parce que c'est au tour du suivant...
Au contraire, tout le drame va être concentré dans les détails: la neige qui fond et le bruit des gouttes, le printemps insolent qui se réveille, un soldat qui n'arrive pas à se faire à l'idée de voir mourir des gens et lâche son fusil, la chaussure en caoutchouc perdue par un condamné sur le chemin qui reste là, dérisoire, au milieu du chemin, comme seul témoignage qu'un être vivant est passé, mais jamais revenu la chercher...

Je ne connaissais pas du tout l'auteur ( même si j'ai croisé son nom dans une autre situation, voir tout en bas de ce sujet) trouvé par hasard via le site " bibliothèque russe et slave" qui propose beaucoup de ressources numériques, auteurs inconnus - de moi- ou au contraire célébrissime,dans des traductions un peu anciennes tombées dans le domaine public. Je sais que les 7 pendus ont été retraduits depuis 1908, mais c'est déjà une première approche ). Je vais continuer à explorer ce catalogue et déjà, les bylines me tentent beaucoup.

Et en plus, il y a d'autres littératures proposées: polonaise, tchèque,bulgare, etc...certains gratuits,certains en vente pour une somme raisonnable... Je vais d'abord explorer quand même le catalogue gratuit en priorité. Et en plus, outre les traductions, il y a le texte d'origine! Класс!

Et cette histoire me permet d'aborder un point particulier, sur les prénoms russes.

Je disais que j'ai décidé de rendre à Serguei son nom d'origine. Après tout Michka n'est pas renommé Michel, Vassili n'est pas non plus " Basile".... donc pourquoi en franciser un seul?

Par contre, tous ou presque sont appelés par leur diminutif, soit parce que c'est leur seule identité connue : Moussia est l'un des nombreux diminutifs possible de Maria. Micha (Michka est une version plus " rurale") c'est le surnom habituel de tous les Mikhaïl de Russie.. et des ours dans les contes ( le titre d'origine du dessin animé "Macha - Maria- et Micha", c'est " Macha et l'ours" surnommé Micha comme tous les ours de contes).
Vassili est appelé classiquement Vassia par sa mère- et là le diminutif est gardé tel quel,par contre, une fois de plus, Serguei privé de son prénom est aussi privé de son diminutif " Sirioja" transformé par la traduction en "mon petit Serge". Et Tania n'est pas un prénom à part entière, son prénom complet sera "Tatiana".
Serguei mentionne aussi Ninotchka, sa petite soeur. Donc Nina. Mais, appeler quelqu'un par son prénom complet en Russie ou en zone russophone est très officiel, et ne se fera jamais en famille ou entre amis.


J'ai appris cette année que le prénom complet de mon pote Iacha est "Iakiv".. parce que je le lui ai demandé ( je me demandais si c'était Iaroslav....) et comme c'est un vieux monsieur de l'âge de mes parents, lui n'a jamais intégré le fait qu'en France, il n'y a pas de diminutif standard de prénoms. Donc pour lui, Lydia a toujours été Lida ( le plus courant),voire, vu notre différence d'âge :Lidousha, Lidotchka, Lidienka... J'ai abandonné le combat depuis des années, même si je n'aime pas trop. Et je vois que mon nouveau pote Serguei commence déjà à écrire Lida. Donc le temps n'est pas loin où il va falloir que je l'appelle aussi Sirioja (  voire Siriojenka , imaginons, si les choses devenaient plus... disons personnelles, pas forcément intimes d'ailleurs, mais du genre "meilleurs amis du monde" ça serait aussi une circonstance possible)

Allez, juste parce que j'aime beaucoup: Cette photo pourrait tout à fait représenter un hippie des années 70 dans un champ. La coiffure du modèle les couleurs, ça cadre...

Sauf que c'est un autoportrait d'Andreiev, pris il y a plus d'un siècle. Je suis bluffée par la qualité des couleurs, j'adore ces vieilles photos ( et oui, il est même venu en vacances en PACA, et a immortalisé MArseille au début du XX° siècle. Ca a beaucoup changé!)


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