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vendredi 9 avril 2021

ça c'est passé il y a 30 ans (1) - 9 avril 1991, indépendance de la Géorgie

Et j'ai eu envie d'en parler car c'est quand même super important. Quelque chose qui me fait me sentir très vieille car je m'en souviens bien, j'étais en troisième et le programme portant sur le XX° siècle, on faisait presque de l'histoire au jour le jour en lisant le journal.

En fait l'événement majeur de l'année 1991, c'est la fin d'un des phénomènes politiques les plus marquants du XX° siècle: la fin de l'URSS ( 1922 - 1991). De fait, elle n'a été actée que le 26 décembre, mais les républiques soviétiques, où des mouvements indépendantistes existaient depuis plusieurs années, se sont séparées du bloc soviétique à partir de 1990 pour la Lituanie et la Lettonie, et au cours de l'année 1991 pour les autres. L'affaire est loin d'être réglée, et, 30 ans plus tard, c'est encore régulièrement la foire d'empoigne politiquement parlant, dans ces régions - il n'y a qu'a voir la situation en Ukraine depuis quelques années et en Biélorussie depuis mi 2020.

Et, il se trouve qu'il y a un certain nombre des ces anciennes républiques soviétiques - qui étaient pour la plupart des pays indépendants avant 1922, et qui ont reprit leur indépendance - où j'ai TRES envie d'aller.


Et je commence par la Géorgie, qui est probablement l'une de mes premières destinations post-covid ( au moment où je prépare ce sujet, à l'automne 2020, c'est encore loiiiiiin d'être réglé cette histoire, et les frontières sont encore fermées hors UE. J'en ai un peu parlé le 8 mars pour ses dirigeantes, mais j'y reviens donc. Promis, ce ne sera pas un cours d'histoire post-soviétique, mais un top 5+ des raisons pour lesquelles j'ai envie d'aller là bas.

Et donc pourquoi?

Raison n°1:j'adore la montagne ET la mer. Et ça fait longtemps que j'ai envie d'aller dans le Caucase.Et plus je vois de photos plus j'ai envie d'y aller.

Qui m'aime me suive!

Raison n°2: on parle d'un pays qui, au moyen-âge avait la seule femme - roi connue de l'histoire. Bon non, pas exactement la seule: il y a une reine polonaise qui a été proclamée " roi", mais a régné très peu longtemps.
Là, c'est à un autre niveau: le roi Tamar Première a régné de 1184 à 1213. Et non, ce n'est pas un abus de langage, sa fille a ensuite aussi été couronnée roi après elle.
Mais en plein moyen-âge, elle a su s'imposer comme monarque éclairé, et une fine politicienne, le pays a connu une période d'expansion, principalement par la diplomatie et le protectorat des petits pays alentour, et de rayonnement culturel sur toute la région.
De plus, elle n'a pas hésité à divorcer de son premier mari ( qui supportait mal son statut de "roi consort" et lorgnait de trop près sur le pouvoir) pour en épouser un second, moins ambitieux et qui ne voyait pas de problème à être sujet de sa femme.

Et pourquoi roi et pas reine? Ici où là, je trouve l'explication qu'elle gouvernait avec autant d'efficacité qu'un homme, mais un débat en commentaire d'une vidéo sur la langue géorgienne, proposait une explication plus simple. Aux dires des géorgiens - et je veux bien les croire concernant leur propre langue - le mot traduit par "roi" signifie en fait " souverain", peu importe son genre biologique. Il y a bien un mot signifiant "reine", mais il ne s'applique apparemment qu'à la mère ou la femme du souverain. Et donc, si le souverain est une femme, hé bien, son mari est simplement le roi-consort.
En tous les cas, un coup de coeur géant pour le roi Tamar, il va falloir que je me renseigne plus à son sujet.

En plus, elle a un petit côté Aliénor d'Aquitaine, protectrice des arts et de la littérature. La principale épopée médiévale du pays " Le chevalier à la peau de panthère" (ou de tigre selon les traductions) lui est dédiée. Il s'agit d'un roman courtois et épique qui se passe en ...Perse. Mais apparemment, c'était la mode: les Mille et une nuits, écrit 2 siècles auparavant, avait eu un tel succès que lorsqu'on voulait situer une histoire " loin", c'était en Arabie ou en Perse. Pensez aux Lettres Persanes.
Fun fact: dans le monde arabe, pour dire que quelque chose se passe " loin", on situe  l'histoire en Chine, à l'autre bout de la route de la soie (vous ne le saviez peut-être pas, mais Aladin est expressément cité comme étant ... chinois)

Manuscrit du chevalier à la peau de panthère

Et j'ai aussi fort envie de lire ce texte qui a été traduit en français, car, merci wiki:

"L'histoire se passe en Inde et en Arabie ; elle raconte l'amitié qui unit les deux héros, Avtandil et Tariel, et la quête pour retrouver l'objet de l'amour de ce dernier, Nestane. Dédicacée à la reine Tamar qui sert de modèle à Nestane, l'œuvre vante la grandeur et la stabilité du royaume de Géorgie à son âge d'or. Ces héros idéalisés, unis par des amitiés fidèles et par l'amour courtois, se comportent avec générosité, sincérité, dévouement, et proclament l'égalité entre les hommes et les femmes, ainsi qu'une grande joie de vivre."

Des chevaliers égalitaristes et bon vivants au XI° siècle.Wouhou!!!!

Raison 2 bis: le pays est actuellement dirigé par une présidente. Ouaip!

Raison n°3: fatalement la langue m'intrigue. Un pays où une femme peut être roi par la magie de la langue. Dont l'alphabet est magnifique. Mais cet alphabet tout mignon cache une langue à la difficulté diabolique, que parlent quand même 4 millions de locuteurs dans le pays. Plus environ un demi million d'expatriés.
Une langue pour laquelle " Gvprkstvni" est un mot - 9 consonnes et une voyelle tout à la fin, en transcription en tout cas. C'est à dire : une voyelle et de la grammaire tout autour.
Et pourtant, on arrive à des pépites de mots comme celui-ci:

UN mot pour dire " être si fou d'amour que même nos ennemis nous prennent en pitié". C'est très concis et très expressif, j'aime beaucoup.
Et visiblement, si un mot pareil existe c'est que la vision de la vie par les gens du coin est tout sauf tiède, ou triste, ou morne... Plutôt débordante d'enthousiasme. Voir la présentation des chevaliers de l'épopée mentionnée plus haut. J'imagine déjà ce que doit être une fête géorgienne.
Pour découvrir l'alphabet, c'est par là!

Il n'empêche: une langue aux sonorités inhabituelles, pour laquelle les locuteurs d'une langue indo-européenne n'ont aucune référence - puisqu'elle fait partie du groupe caucasien qui n'a rien à voir avec le groupe indo-européen - aucun point d'appui, à la grammaire réputée épineuse, avec des mots super expressifs... ça m'intrigue beaucoup.

raison n°3: la cuisine. A part je vous l'accorde, l'entrée aux viscères de porc et les plats au boeuf - je ne suis pas amatrice de viande en général et encore moins de boeuf que je ne mange pas du tout - le reste est fort tentant. Il y a pas mal de plats de légumes, du fromage, donc ça va, je trouverai mon bonheur!

Raison n° 4 : la Musique.
Avant de pratiquer le chant lyrique en solo, j'ai beaucoup chanté en choeur , et même si ce n'est plus le cas, j'ai gardé un goût marqué pour les polyphonies.

Musique profane ( trio Mandili)

 musique sacrée

Il y a aussi les instruments inconnus sous nos latitudes comme le pandouri, que joue l'une des chanteuses du trio Mandili. Mais aussi ce monsieur particulièrement virtuose, Irakli Akhalaia et purée j'adore! Je viens de découvrir ce musicien et wow!


Raison n°5: la danse. La danse folkorique. C'est ... qu'est-ce que je disais sur la fête?
Extrait d'une fête géorgienne en Bretagne. Ces gens sont montés sur ressorts. Et font des pointes... sans pointes. Je commence à me demander s'ils ont des os.

Une interview de la directrice du ballet national de Géorgie. Ok, je rajoute " aller voir un spectacle de danse folklorique" dans la liste des choses à voir, ça a l'air vraiment super cool.


Raison bonus lié à la précédente... J'ai un truc à vérifier.
Concernant ce monsieur. Oui, encore. :D
Je vous ai cassé les pieds l'an dernier en le ressortant régulièrement en illustration de mes sujets artistiques, mais là, je ne pouvais pas parler du pays sans parler d'un ressortissant célèbre (Et surtout PAS le politicien que tout le monde connait, on a vu mieux qu'un des pires dictateurs du siècle passé pour donner envie d'aller visiter un pays). Enfin, quand on voit les danseurs folkloriques, je ne m'étonne absolument pas qu'un de leurs compatriotes soit arrivé au plus haut niveau en danse classique aussi.

Bon je sais, il n'y habite plus depuis belle lurette, MAIS je veux savoir si le modèle est suivi ou s'ils ont perdu le moule.
Concrètement " y'en a beaucoup des grands bruns de ce genre? Non, parce que si c'est le cas, cette raison bonus va passer directement en raison n°1 (Bon ok, 1.bis, la montagne reste n°1) Le musicien, déjà, est bien à mon goût, et il y a deux ou trois danseurs dans les vidéos qui ..'fin bref, il faut que j'aille y voir de plus près. Faut que je tâte... pour éclaircir cette importante question d'une possible absence de squelette. Pour la science, bien évidemment!"

allez, quelques autres ressortissants connus:
.Vladimir " la gueule" Bon, pour le côté joie de vivre, ce n'est pas vraiment le meilleur exemple.

Bon j'ai trouvé une photo où il ne fait pas trop la tronche et c'est plutôt Vladimir-la-classe
Ca va mieux comme ça.
Il valide les catégories " grand" ( un bon mètre 90 il me semble) et "brun", donc oui, il y a peut être une caractéristique génétique locale

Boulat Okoudjava, qui avait une certaine ressemblance à la fois physique et dans la manière de jouer, avec Georges Brassens. Chanteur encore très populaire.

Boris Akounine (pseudonyme de Grigori Tchkhartichvili... oui Akounine, c'est plus simple à écrire sur la couverture d'un livre). J'avais bien aimé ses "histoires de cimetières"

George Balanchine ( son nom complet est Balantchivadze), chorégraphe, metteur en scène, pianiste, fils d'un compositeur, frère d'un compositeur... quelle famille :)

Non mais, un pays qui met à ce point en avant l'art et la musique, comment pourrais-je ne pas vouloir y aller?

Le risque est surtout de devenir "mijnuroba" pour le pays, si ce n'est pour un monsieur très souple 😁


Il n'y a plus qu'à attendre de pouvoir à nouveau se déplacer. En tout cas, le pays étant comme l'Ukraine et la Moldavie en partenariat avec l'UE, les relations diplomatiques sont bonnes avec la France, la Géorgie est membre observateur de l'OIF, la présidente est francophile et oeuvre à rapprocher son pays d'origine et celui où elle a étudié. Donc j'ai bon espoir de pouvoir y aller d'ici quelques temps.

coup de foudre littéraire!

Et je ne pouvais pas passer sous silence ce fait, en particulier aujourd'hui. C'est parti pour une authentique déclaration d'amour à un auteur. Et ça, même le 14 février, je ne le ferai pas.

Car oui, il en va de l'art comme d'autres émotions et il m'est arrivé d'avoir des coups de foudre artistiques, en musique, en spectacles, en peinture, en littérature... Et pourtant je ne suis pas un coeur d'artichaut.

Dont un qui ne s'est jamais démenti, ni affadi.

J'ai fait connaissance de Charles en 1994. Et entre lui et moi, c'est à la vie à la mort. Et ce, bien qu'il soit déjà... très mort. Depuis le 31 aout 1867 très exactement.

Je ne manque jamais une occasion lorsque je suis du côté de Montparnasse , d'aller lui rendre une petite visite, lui raconter les nouvelles " tiens, tes textes ont été traduits et enregistrés en russe par un acteur, c'est étonnant de voir de quelle manière ils ont été adaptés dans une autre langue..."  et après je vais voir Robert, mon autre coup de foudre littéraire qui habite à quelques pas, dans un autre carré...non, pas de jalousie dans ce domaine. Pas pu aller voir l'ami Sergei qui lui, passe son éternité dans un autre cimetière. J'ai parfois encore d'autres enthousiasmes, mais les trois sont ceux vers qui je reviens, encore et toujours. Parce qu'ils savent me parler.

Cependant, Charles a une place à part, premier amour littéraire, ça ne s'oublie pas.
Or aujourd'hui pile mon Charles préféré fête ses 200 ans (et j'ai fêté mes 44 ans avant-hier, on n'a finalement que 2 jours de différence lui et moi.. à une poignée d'années près, c'est vrai), il me fallait le célébrer dignement!

Et c'est bien simple, de Charles, j'aime tout: son oeuvre poétique, son oeuvre en prose, ses critiques , ses aphorismes, et bien sûr ses traductions. Même quand il est moins inspiré, il parvient encore à me plaire et ne m'a jamais déçue.

Pourquoi une telle passion?
Parce qu'il est inclassable.

Pas vraiment classique, bien qu'il ait beaucoup usé de la forme sonnet, qu'il tord en tout sens pour en briser le rythme, tout en respectant souvent à la lettre les conventions de rimes.

Plus vraiment romantique, bien qu'il se laisse parfois aller à des élans lyriques.

Pas encore symboliste non plus, même s'il a posé les jalons du mouvement.

Parnassien à la rigueur, dans son approche de l'art pour l'art, sans toutefois avoir la froideur et l'impersonnalité des parnassiens, et en tout cas, il n'en a certainement pas la retenue. Au contraire dans ses textes, Charles est partout. On n'écrit pas " Mon coeur mis à nu" quand on est un parnassien.

Inclassable et c'est bien pour ça que je l'aime autant, j'aime les originaux et les moutons noirs, qui ne peuvent pas se définir en 2 mots. J'aime son axiologie inversée. J'aime son goût du voyage, réel ou mental. J'aime son approche éminemment sensorielle de la littérature.

Voyons, maintenant, vous devriez avoir deviné de qui je parle avec autant d'affection.

Charles n'était pas ce qu'on pourrait appeler un beau gars. Mais avait ce regard perçant des gens qui sortent vraiment du lot. Voir .. tiens, Edgar Poe, par un hasard troublant.

Il n'y a pas que moi d'ailleurs qui suis sous le charme, voici ce que Gustave a écrit à Charles:

« … depuis huit jours, je le relis, vers à vers, mot à mot et, franchement, cela me plaît et m’enchante. — Vous avez trouvé le moyen de rajeunir le romantisme. Vous ne ressemblez à personne (ce qui est la première de toutes les qualités). L’originalité du style découle de la conception. La phrase est toute bourrée par l’idée, à en craquer. — J’aime votre âpreté, avec ses délicatesses de langage qui la font valoir, comme des damasquinures sur une lame fine. […] Ah ! vous comprenez l’embêtement de l’existence, vous ! […] Ce qui me plaît avant tout dans votre livre, c’est que l’art y prédomine. Et puis vous chantez la chair sans l’aimer, d’une façon triste et détachée qui m’est sympathique. Vous êtes résistant comme le marbre et pénétrant comme un brouillard d’Angleterre ».
Je sais beaucoup moins bien écrire que Gustave, mais c'est ce que je ressens. En tout cas c'est un compliment fabuleux qu'il fait à son collègue écrivain.

Un autre Charles en dit
« tout concorde à l’effet produit, laissant à la fois dans l’esprit la vision de choses effrayantes et mystérieuses, dans l’oreille exercée comme une vibration multiple et savamment combinée de métaux sonores et précieux, et dans les yeux de splendides couleurs ». Il parfaitement perçu la particularité de son écriture. Charles n°1 était il synesthète? " Correspondances" me donne à penser que oui.

Evidemment, ce n'est pas un secret, on plaît rarement à tout le monde, et surtout lorsqu'on sort du lot et qu'on ne se limite pas à la tiédeur, en égratignant au passage les conventions de son époque.
Louis Goudall en dit: « Baudelaire a réussi à se faire passer dans le monde des lettres pour un poète de génie » quand on voit comment, à la publication de ses poèmes, sa « réputation et [son] talent […] se brisèrent en mille pièces », ajoutant : « Je défie bien la postérité d’en retrouver un morceau ». "Comment pourrait-il en être autrement", explique-t-il, "devant l’ inspiration puérilement prétentieuse », l’« entassement d’allégories ambitieuses pour dissimuler l’absence d’idées », la " langue ignorante, glaciale, sans couleur  et le goût partout affiché pour l’immonde et le scabreux. Non, décidément Baudelaire  ne sera plus cité désormais que parmi les fruits secs de la poésie contemporaine ».

Simple question:

En 2021, qui connait Baudelaire au moins de nom? Les fleurs du mal, Le spleen de Paris, Mon coeur mis à nu, ça devrait évoquer quelque chose.
Bon, et maintenant, qui se souvient de Louis Goudall? Auteur de "Hermine de village" ou du " Martyr des Chaumelles" (merci Google)

C'est bien ce que je pensais. La postérité a tranché. Qu'on aime ou pas c'est une chose. Mais j'ai vraiment du mal à comprendre comment Goudall arrive à considérer " glaciale et sans couleur" l'écriture de Baudelaire. C'est tellement éloigné de la réalité que je ne vois qu'une explication: la bonne vieille jalousie. Celle qui vous fait dire " ils sont trop verts et juste bons pour des goujats".  Je note que c'est un auteur tout à fait mineur qui est le plus virulent. Flaubert a su reconnaître sans détour le talent de son contemporain, et ça, c'est la marque d'un esprit supérieur. Seul quelqu'un de conscient  de son peu de talent - et frustré par ce fait - et à l'auto-estime vaillante a pu à ce point se sentir menacé. 

Donc allons-y...

Pour moi le texte suivant est le texte phare de la poésie de Baudelaire, et celui, de toute la littérature francophone,  que j'aurais aimé écrire ( je cherche encore un monsieur amateur de littérature à l'opulente crinière brune à qui je pourrais le lire parce qu'après tout, la littérature et les émotions artistiques n'ont ni genre, ni âge, ni pays...bon une langue oui, et il vaut mieux comprendre le français ou être sensible à la musique et à la sonorité. Ou alors juste se laisser aller au plaisir des sons)



Charles (pré) symboliste:

LA CHEVELURE
Ô toison, moutonnant jusque sur l’encolure !
Ô boucles ! Ô parfum chargé de nonchaloir !
Extase ! Pour peupler ce soir l’alcôve obscure

Des souvenirs dormant dans cette chevelure,
Je la veux agiter dans l’air comme un mouchoir !


La langoureuse Asie et la brûlante Afrique,
Tout un monde lointain, absent, presque défunt,
Vit dans tes profondeurs, forêt aromatique !
Comme d’autres esprits voguent sur la musique,
Le mien, ô mon amour ! nage sur ton parfum.


J’irai là-bas où l’arbre et l’homme, pleins de sève,
Se pâment longuement sous l’ardeur des climats ;
Fortes tresses, soyez la houle qui m’enlève !
Tu contiens, mer d’ébène, un éblouissant rêve
De voiles, de rameurs, de flammes et de mâts :

Un port retentissant où mon âme peut boire
À grands flots le parfum, le son et la couleur ;
Où les vaisseaux, glissant dans l’or et dans la moire,
Ouvrent leurs vastes bras pour embrasser la gloire
D’un ciel pur où frémit l’éternelle chaleur.

Je plongerai ma tête amoureuse d’ivresse
Dans ce noir océan où l’autre est enfermé ;
Et mon esprit subtil que le roulis caresse
Saura vous retrouver, ô féconde paresse,
Infinis bercements du loisir embaumé !

Cheveux bleus, pavillon de ténèbres tendues,
Vous me rendez l’azur du ciel immense et rond ;
Sur les bords duvetés de vos mèches tordues
Je m’enivre ardemment des senteurs confondues
De l’huile de coco, du musc et du goudron.

Longtemps ! toujours ! ma main dans ta crinière lourde
Sèmera le rubis, la perle et le saphir,
Afin qu’à mon désir tu ne sois jamais sourde !
N’es-tu pas l’oasis où je rêve, et la gourde
Où je hume à longs traits le vin du souvenir ?


Pourquoi? Je vous le disais, approche éminemment sensorielle (et sensuelle ici aussi), mais ce texte entremêle sans cesse les impressions visuelles, sonores, tactiles, gustatives, olfactives avec l'imagination, la mémoire.. Sans gradation, sans échelle de valeur, sans les placer simplement l'une après l'autre. C'est une fête des 5 sens. Sans oublier le cerveau et l'imagination qui mêle allégrement tout ça.

Donc "glaciale et sans couleur", vraiment?

Dans la même veine:


Correspondances

La Nature est un temple où de vivants piliers
Laissent parfois sortir de confuses paroles ;
L'homme y passe à travers des forêts de symboles
Qui l'observent avec des regards familiers.

Comme de longs échos qui de loin se confondent
Dans une ténébreuse et profonde unité,
Vaste comme la nuit et comme la clarté,
Les parfums, les couleurs et les sons se répondent.

II est des parfums frais comme des chairs d'enfants,
Doux comme les hautbois, verts comme les prairies,
- Et d'autres, corrompus, riches et triomphants,

Ayant l'expansion des choses infinies,
Comme l'ambre, le musc, le benjoin et l'encens,
Qui chantent les transports de l'esprit et des sens.


Je répète, une écriture glaciale et sans couleur? Est-ce que Goudall a ouvert le livre? 

Charles Romantique (au sens le plus strict du mot, dans la mouvance de la littérature germanique)

Les Litanies de Satan

Ô toi, le plus savant et le plus beau des Anges,
Dieu trahi par le sort et privé de louanges,


Ô Satan, prends pitié de ma longue misère !

Ô Prince de l’exil, à qui l’on a fait tort,
Et qui, vaincu, toujours te redresses plus fort,


Ô Satan, prends pitié de ma longue misère !

Toi qui sais tout, grand roi des choses souterraines,
Guérisseur familier des angoisses humaines,


Ô Satan, prends pitié de ma longue misère !

Toi qui, même aux lépreux, aux parias maudits,
Enseignes par l’amour le goût du Paradis,


Ô Satan, prends pitié de ma longue misère !

Ô toi qui de la Mort, ta vieille et forte amante,
Engendras l’Espérance, — une folle charmante !


Ô Satan, prends pitié de ma longue misère !

Toi qui fais au proscrit ce regard calme et haut
Qui damne tout un peuple autour d’un échafaud,


Ô Satan, prends pitié de ma longue misère !

Toi qui sais en quels coins des terres envieuses
Le Dieu jaloux cacha les pierres précieuses,


Ô Satan, prends pitié de ma longue misère !

Toi dont l’œil clair connaît les profonds arsenaux
Où dort enseveli le peuple des métaux,


Ô Satan, prends pitié de ma longue misère !

Toi dont la large main cache les précipices
Au somnambule errant au bord des édifices,


Ô Satan, prends pitié de ma longue misère !

Toi qui, magiquement, assouplis les vieux os
De l’ivrogne attardé foulé par les chevaux,


Ô Satan, prends pitié de ma longue misère !

Toi qui, pour consoler l’homme frêle qui souffre,
Nous appris à mêler le salpêtre et le soufre,


Ô Satan, prends pitié de ma longue misère !

Toi qui poses ta marque, ô complice subtil,
Sur le front du Crésus impitoyable et vil,


Ô Satan, prends pitié de ma longue misère !

Toi qui mets dans les yeux et dans le cœur des filles
Le culte de la plaie et l’amour des guenilles,


Ô Satan, prends pitié de ma longue misère !

Bâton des exilés, lampe des inventeurs,
Confesseur des pendus et des conspirateurs,


Ô Satan, prends pitié de ma longue misère !

Père adoptif de ceux qu’en sa noire colère
Du paradis terrestre a chassés Dieu le Père,


Ô Satan, prends pitié de ma longue misère !

PRIÈRE
Gloire et louage à toi, Satan, dans les hauteurs
Du Ciel, où tu régnas, et dans les profondeurs
De l’Enfer, où, vaincu, tu rêves en silence !
Fais que mon âme un jour, sous l’Arbre de Science,
Près de toi se repose, à l’heure où sur ton front
Comme un Temple nouveau ses rameaux s’épandront !


Charles Baudelaire, Les Fleurs du mal, 1857

Evidemment, dans une période de bienséance religieuse, écrire une prière au diable en détournant la forme " litanie" n'a pas plu à tout le monde.
Vous connaissez aussi mon affection pour le diable de la cathédrale de Liège.
Plus Lucifer que Satan, mais c'est bien Lucifer qui est décrit dans la première strophe.





Oui il y aura du "encore". Charles va revenir tout au long de l'année, j'en fais mon invité très spécial.
Donc il y aura des sujets qui lui seront dédiés, je ne sais pas encore, analyse d'un texte en particulier ( et pourquoi pas d'un des précédents) ou chronique sur un livre, j'en ai un aussi lié à ses pérégrinations à Paris, catalogue d'une exposition que je n'ai pas vue ... Le voyage est un texte très long qui ne peut être mis intégralement ici et mérite au moins un sujet dédié.
De plus j'avais également mentionné au sujet du Spectre de la Rose l'influence de Théophile Gautier ( "poëte impeccable" à une époque où le mot s'écrivait encore avec un tréma. Mais il y en a d'autres, évoqués dans les phares ou le thyrse (le personnage évoqué dans le thyrse est.. aussi un de mes compositeurs préférés, je vous le dis, Charles et moi sommes en harmonie)
Mais en cette année des 200 ans de mon auteur favori, il est impensable de ne le mettre à l'honneur qu'une fois.

et quel classique!


mercredi 31 mars 2021

Une histoire de la science fiction t 2 - Collectif

Que lire pour Mars? De la SF, bien évidemment! Même si c'est le dernier jour, hein..



Pas de tome 1, simplement parce que c'est un tome isolé issu d'une anthologie que j'ai trouvé à la laverie et commencé à lire là-bas.
Pas le temps de le finir, tant pis, je l'emporte pour le terminer, je le ramènerai avec quelques autres en prime ( il pleut chez moi  un jour sur deux depuis presque 4 mois et ça m'embête d'aller laisser des livres à la boîte à livre du parc, où il risquent d'être humides et de moisir)

Et donc un Librio à 10 francs, ça ne nous rajeunit pas . Hé oui, publié en 2000 et donc peu avant le passage à l'euro.
Il est attribué à Jacques Sadoul, qui n'en est évidemment pas l'auteur, mais le compilateur, comme c'était déjà le cas pour l'anthologie fantastique dont j'avais déjà parlé ici il y a trèèèès longtemps.

Il y a 5 tomes dans cette anthologie, je n'ai donc que le second qui rassemble 11 nouvelles d'auteurs anglo-saxons, publiées entre 1950 et 1961- donc pas exactement les dates mentionnées sur la couverture, mais bon...
Il y a des noms connus voire, très connus: Ray Bradbury, Richard Matheson, Arthur C Clarke, Clifford D Simak, ou mon absolu chouchou, Fredric Brown. D'autres sont totalement inconnus de moi, comme Jack Lewis ou Robert Abernathy.

allons y donc:

- 1950: Bucolique - A. Van Vogt. Un auteur très connu que je n'avais pas encore eu l'occasion de découvrir.  Il est ici question d'une forêt dotée de conscience qui découvre la guerre. Plus exactement, découvrant fortuitement quelque chose dans son sous sol qui peut lui servir d'arme, elle se lance à l'attaque des autres forêts voisines. Curieux, original, mais pas un coup de coeur.

- 1953: Qui a copié? - Jack Lewis: l'inconnu de la sélection, mais qui méritait largement d'y figurer. Auteur non professionnel, Jack Lewis ( ici personnage) soumet à différents éditeurs ses nouvelles de science fiction. Mais tous les éditeurs lui répondent que ses textes sont même pas un plagiat, mais une copie mot pour mot de textes édités plus de 20 ans plus tôt, d'un dénommé Todd Thromberry. Sauf que grand fan de SF, Jack Lewis ne connait pas cet auteur, n'en a jamais lu un seul texte, ignore son existence et n'arrive pas à en trouver la moindre trace. Il arrive donc à la conclusion que Thromberry est un voyageur temporel qui a réussi à l'espionner, lui voler des manuscrits, pour retourner dans le passé les faire éditer sous son propre nom.
J'ai adoré cette nouvelle, autant pour le fond que pour la forme épistolaire, très efficace !

- 1954: Un homme contre la ville - Robert Abernathy: l'autre inconnu est un linguiste, et traducteur qui a ponctuellement publié des nouvelles, une quarantaine en tout. Dommage, parce qu'elle est excellente.
Un terroriste ( on sait qu'il est mandaté par une organisation) décide de faire sauter la ville où il vit. Pas pour raison politique mais aprce qu'il hait fondamentalement cette ville, immense, inhumaine, dangereuse qui grignote la nature dont elle est un cancer. Il la piège et tente de s'enfuir, mais échappe de justesse à une invraisemblable série d'accidents: la ville sait. Et veut le forcer à revenir sur ses pas pour désamorcer la bombe. Ou bien est-ce ce qu'il croit, dans son stress et sa culpabilité?
Une nouvelle presque plus proche du fantastique que de la SF. Mais j'ai beaucoup aimé. On est vraiment dans l'ambiance de la  Quatrième Dimension, avec en plus un message écologiste avant l'heure.

- 1953: L'enfant en proie au temps - Charles Harness. L'auteur est presque inconnu et.. je n'ai pas spécialement aimé sa nouvelle. Une histoire de voyage dans le temps qui met en scène une mère et une fille. La mère est voyante de profession, elle est infaillible, ce qui a fait sa renommée et sa fortune et a fait apprendre à sa fille comme seules connaissance les gros titres et les entrefilets des journaux, depuis l'année 1957 jusqu'à l'année 1977. Le troisième personnage est un scientifique qui invente la machine à voyager dans le temps. Mais bon... je n'ai pas trouvé cette histoire vraiment bien ficelée. En tout cas, ce n'est pas un gros kif de lecture, j'ai vu arriver la fin (invraisemblable) à des kilomètres. Ca gâche vraiment tout le plaisir.

- 1963 : L'éclat du phénix - Ray Bradbury.  Cette courte nouvelle, non cadrée, raconte comment une milice armée, dans un Illinois qui ressemble fort à une dictature, arrive un jour pour brûler la moitié des livres de la bibliothèque, déclarés " dangereux". Et le chef de la milice se heurte à l'inertie du bilbiothécaire: celui ci ne hurle pas, ne proteste pas, n'empêche rien. Il sourit. Les lecteurs ne réagissent pas plus d'ailleurs. Une absence de réaction qui a vite fait de faire sortir de ses gonds le chef de la milice: tous les gens de la ville ont organisé la plus géniale des résitance: se surnommant entre eux monsieur Platon , Monsieur Socrate, Monsieur Keats, Monsieur Shakespeare.. ils discutent par citations de livres. On peut brûler du papier, mais impossible d'empêcher les gens d'en apprendre des extraits entiers par coeur. Vous l'aurez deviné, cette nouvelle est le prototype d'un des romans les plus célèbres de Bradbury, Fahrenheit 451. Et confirme tout le bien que je pense de Bradbury en général, qui ne m'a déçue que 2 fois.

- 1941 : Ces gens-là - Robert Heinlein . Que voilà une curieuse histoire, bien dans l'air du temps, à l'époque où les complotistes semblent surgir de partout.
Dans un hôpital psychiatrique, un homme semble être en plein délire mégalomane. Il est persuadé d'être différent, depuis toujours, d'être immortel et que le modne entier n'a été créé que pour lui, et pour lui cacher sa véritable nature, d'être immortel et différent. Le monde est pour lui un complot, car il est irrationnel. Le résultat est quelque chose qui évoque un peu La salle n°6 ( pour la discussion entre malade et médecin) et la philosophie (l'homme passe en revue tous les moyens de se prouver à lui même son existence: les pensées, les informations fournies par les 5 sens, la rationnalité, etc..). Malgré une fin un peu attendue ( en 2021, mais probablement pas en 1941), j'ai bien aimé ce mélange SF/ introspection philosophique.

-1954: La clé Laxienne - Robert Shekcley. Quelque part sur Terre, deux associés du Service de décontamination interplanétaire mettent la main sur un Producteur Spontané, venant d'une planète lointaine. Utilisant l'énergie ambiante de l'air, la machine produit ex nihilo du tangreese, l'aliment debase de la planète d'origine. Pour la démarrer, il faut appuyer sur un bouton, pour l'arrêter, il faut un tour de clé laxienne. Hors personne  ne sait même ce qu'est une clé laxienne, impossible d'arrêter la machine qui produit tonne sur tonne d'un produit invendable sur Terre, ou seulement à très bas prix, il n'y a pas plus de cinquante extraterrestres qui en mangent, on peut s'en servir comme matériaux de construction mais pas de quoi faire fortune. Et pire, la machine est en train de pomper par induction l'électricité des fils les plus proches. Oui, les deux associés disposent d'une machine qui pompe des quantités phénomélales d'électricité très chère pour fournir sans discontinuer ue marchandise dont personne ne veut, et sans qu'on puisse l'arrêter. Imaginez  une machine qui fournir sans trève de la farine au prix du kilowattheure. Pas d'autre solution que d'essayer d'aller la vendre sur sa planète d'origine. Au prix du transport interplanétaire. Tout sauf une bonne affaire.
Mais que c'est bon, mais que c'est bon! Humour sarcastique, et même en devinant le noeud de l'intrigue, c'est un peu le même genre que mon chouchou Fredric Brown ( voir dernière nouvelle) Je mets donc Schekley dans ma liste d'autreurs à retenter, il semble que l'humour absurde et noir soit sa spécialité.

-1955 : Cycle de survie  - Richard Matheson.
Une étrange histoire, qui met en scène un auteur, qui envoie son manuscrit à son éditeur. Tout le monde semble l'aduler, lui et sa manière d'écrire, attendre son nouvel ouvrage comme une manne.
Sauf qu'ils semblent tous coincés dans une boucle temporelle: le manuscrit arrive chez l'éditeur en moins de deux heures, tout le monde chez l'éditeur l'a lu et adoré, il est imprimé dans l'après midi, vendu en quelques minutes, le dernier exemplaire est acheté le soir même par.. l'auteur lui même qui le lit rapidement, se dit que c'est inspirant, se met à l'écrire. Tandis que les travaux dans sa rue semblent progresser en sens inverse de la réfection de la rue, vers la destruction d'un batiment insalubre.
Le teps de narration va dans un sens, du matin au soir, et le temps de l'histoire s'écoule à rebours..
Le texte a été assez mal reçu lors de sa publication, justement pour ce grand écart temporel.  J'ai du mal à me faire une idée. BIen ou pas. Je l'ai trouvé très bien écrit ( et traduit) mais il me laisse perplexe.

- 1955: L'étoile - Arthur C. Clarke
Ho que voilà une chouette histoire de perte de foi religieuse: une expedition spatiale, parti explorer un système stellaire, quelque part dans le futur, fait une découverte bouleversante: sur une petite planète tellurique, loin très loin de la naine blanche qui a jadis explosé en supernova, une civilisation condamnée a enfoui dans l'endroit le plus éloigné possible du cataclysme, les souvenirs de son existence, à destination d'éventuels voyageurs. Découverte qui plonge le scientifique jésuite de l'équipage dans une crise philosophique: si son dieu existe et s'occupe de tout, pourquoi a-t-il laissé disparaitre une civilisation visiblement évoluée et pacifique. Attention gros spoiler:. Pire, en calculant la date d'explosion de la supernova, il se rend compte qu'elle correspond à l'apparition de l'étoile de Bethléem: continuer à croire dans son dieu, serait accepter qu'il a sciemment fait disparaitre un système stellaire et une civilisation POUR envoyer un message aux terriens.
On est d'accord, dans ce cas, il vaut mieux accepter de perdre la foi.
Tiens d'ailleurs la civilisation disparu a marqué l'emplacement de ses archive d'un monolithe de 1 km de haut, pour être sûre que le lieu soit un jour trouvé.

- 1950: Escarmouche - Clifford D. Simak. 

Un auteur dont j'ai adoré Demain, les chiens. Cette nouvelle nous parle de révolte des machines. Mais pas une révolte des robots ou d'intelligences artificielles, façon " Mondwest", non. Des simples machines: montre, horloge, machine à écrire, machine à coudre, soudainement dotées de conscience, "libérées" par l'intervention d'entitérs mécaniques extraterrestres, et qui décident de prendre leur indépendance. Le seul témoin est Joe, un journaliste, choisi comme " cobaye" car il est un humain moyen. En effet, il arrive à la conclusion que s'il est si standard que ce que vient de le lui dire sa machine à écrire, ce sont donc ses réactions qui vont être considérées comme la norme, la moyenne des réactions humaines. Les extra-terrestres mécaniques ont besoin de savoir comment vont réagir les humains,avant d'essayer de libérer les machines terrestres , leurs " soeurs" ils tâtent le terrain, c'est une escarmouche avant une vraie bataille. Pas question pour Joe de donner des humains une image qui pourrait faire comprendre aux extra-terrestres que les humains sans leurs machines sont démunis et faciles à vaincre. Ou que notre tendance à rationnaliser nous empêcherait d'accepter l'idée même de machines qui se libèrent, laissant donc un boulevard aux extra-terrestres.
Et donc deuxième lecture de Simak, et j'ai beaucoup aimé aussi, bien qu'il y ait une fin ouverte qui ne plaira pas à tout le monde.

-1961: F.I.N. - Fredric Brown. Elle fait 10 lignes, je ne peux pas vous la résumer, Fredric Brown est le roi de la micro nouvelle ( la plus courte qu'il a écrite fait 2 phrases). Et de la SF humoristique. Et pour le plaisir, voici une page rassemblant F.I.N, Toc, et en prime Absurdités. Ce sont vraiment des textes typiques de son humour absurde, j'adore!