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vendredi 2 octobre 2026

La chose sur le seuil - H.P. Lovecraft

ou " le monstre sur le seuil" selon les traductions, "la chose" est plus vague et donc encore plus flippante, là ou le monstre donne un cadre, même si le mot monstre ou monstrueux est récurrent dans le texte.


Comme je manque de temps pour lire ( et d'énergie, ça rappelle trop le travail), j'ai tenté cette longue nouvelle en version livre audio, en allant marche, par un jour d'été caniculaire et bien peu propice à une histoire d'épouvante.
En livre audio, pour moi c'est du tout ou rien, soit j'adhère à la voix du lecteur et  c'est une bonne pioche, soit, pas du tout.
Et dans ce cas, c'est une très bonne pioche, malgré la chaleur encore caniculaire et la lumière crue de ce matin du 6 septembre, la voix du narrateur m'a embarquée du début à la fin dans l'imagination cauchemardesque de Lovecraft, et pourtant je l'avais déjà lue et chroniquée ici. Là, l'ambiance musicale, les temps de pauses, la voix du narrateur, tout marche.

Donc je reviens sur le sujet, là, on est bien dans l'épouvante fantastique: Daniel vient de tuer son meilleur ami Edward, et explique comment il en est arrivé là. Edward était un brave homme intelligent, cultivé, mais doté d'une imagination macabre et d'un goût marqué pour l'occultisme, mais qui souffrait d'un manque chronique de volonté et d'énergie, et d'une tendance à l'attachement obsessionnel.
Imagination fertile + peu de volonté + dépendance affective = la proie rêvée pour les manipulateurs et particulièrement, les sectes et autres du même genre.

Et particulièrement, il tombe dans les griffes de l'effrayante Asenath Waite, une femme dont tout nous dit qu'elle est malsaine: sa conversation, exclusivement basée sur l'occulte et la magie noire; son origine, elle vient d'Innsmouth, dont on raconte que les habitants ne sont pas tout à faits humains, à force d'union avec des démons; son entourage familial, puisqu'elle est la fille d'un vieil occultiste réputé pour être un sorcier et d'une femme qui n'est jamais apparue en public autrement que le visage caché; son apparence, angoissante à souhait: Asenath est une petite brune, qu'on trouve jolie, mais dont le regard fixe et les manières arrogantes font fuir tout être sensé. Tout le monde sauf Edward, envouté par elle, sans se rendre compte qu'il n'est pas envoûté métaphoriquement, mais concrètement. Ce n'est pas seulement de l'emprise mentale. Asenath a l'allure et les manières d'une sorcière, se comporte comme une sorcière, a une famille qui trempe dans la sorcellerie, parle de sorcellerie.. bref c'est une sorcière autant que 2+ 2 font 4.

La domination qu'elle exerce sur Edward l'amène à rapidement épouser celui-ci, le faire couper les ponts avec tout le monde, sauf avec Daniel dont elle n'arrive pas à l'éloigner. Daniel qui constate au fil du temps qu'Edward est de plus en plus malheureux, de moins en moins lui-même. Asenath, au delà de son don pour l'hypnose possède un pouvoir beaucoup plus dangereux. Elle sait échanger sa conscience avec celle des victimes faibles. elle a choisi Edward exactement pour ça. Elle rêve de prendre possession d'un cerveau d'homme, afin de rivaliser avec celui que fut son père, mort empoisonné sans qu'on puisse déterminer s'il s'agissait d'un accident, d'un suicide ou d'un meurtre.

Elle... ou quelqu'un d'autre. Asenath est-elle bien celle qu'elle prétend? Hop, mesure anti-spoil pour les gens qui ne l'ont pas lu. Bon, on le devine vite: Asenath, la vraie, était trop faible pour résister à son père. Le vieil Ephraïm possédait un sort lui permettant de rester vivant éternellement, en transférant sa conscience dans un autre corps. Il a échanger son esprit avec celui de sa fille, et l'a tuée alors que sa conscience à elle était dans son corps à lui. Asenath, la femme d'Edward, n'est autre que le vieil Ephraïm, qui, mécontent de devoir diriger un corps féminin, tel un parasite qui envahit un hôte temporaire avant de passer au suivant, espère récupérer pour lui l'organisme encore jeune et fringant d'Edward. Une possession au carré.Et donc, Edward, de plus en plus fréquemment dépossédé de son corps par sa sorcière de femme, tente d'avertir Daniel, qui réagit comme tout un chacun, et en déduis qu'Edward, à force de trainer avec une bonne femme au genre macabre et qui se prend pour une sorcière, a développé un délire de persécution.
La conclusion de cette histoire va amener Daniel à tuer Edward, ou plutôt la personne qui a pris possession de lui, et lui a fait subir un sort pire que tout ce que Daniel aurait pu imaginer. Elle est le mal à l'état brut, et continuera a nuire, peut-être même a essayer de faire de Daniel sa victime suivante s'il n'intervient pas...

Horreur, sorcellerie, possessions à plusieurs niveaux... Pour l'écouter ( si possible dans le noir par une nuit sinistre d'octobre, pour l'ambiance, ce sera probablement plus efficace qu'en faisant la vaisselle par exemple), c'est ici. 1h10 qui passent comme une lettre à la poste!
Et comme j'ai adoré la lecture de Philippe Bertin, je vais en tenter d'aoutre.
Il n'a pas lu que du Lovecraft, mais je pourrais quand même me laisser tenter par les 4h40 des Montagnes Hallucinées. Il a aussi entregistré des nouvelles plus courtes: Dagon, le modèle de Pickman, Herbert West, la cité sans nom.. Et plus étonnament, du Jean-Jacque Rousseu ( les confessions,la nouvelle Héloise, le promeneur solitaire.. ça c'est un grand écart digne d'un champion de gymnastique!)

Je vois le Scarabée d'or de Poe, qui sera donc ma sélection spéciale pour le traditionnel rendez vous du 7 octobre :)


jeudi 1 octobre 2026

Louves love - Sophie Bédard

 Grosse arrivée de BD indépendantes ces jours ci, et en voilà une qui sera parfaite pour ouvrir en douceur les bal des monstres.

Enfin, un monstre gentil en l'occurrence.


La sympathique Freddie, petite brune timide, travaille dans un café, quelque part au Québec. Elle vient de passer une semaine moisie: son "crush" - à qui elle n'a jamais adressé la parole, et qui donc ne sait rien de ses sentiments, vient de partir vivre en Angleterre. Un gros chien l'a mordue. La plomberie chez elle déraille. ET elle doit former la nouvelle employée.
surprise, la nouvelle est une très jolie femme, nommée Silver, et Freddie oublie illico sa peine de coeur, espérant bien se rapprocher de sa nouvelle collègue.
Et c'est le cas, le courant passe bien entre Silver et Freddie, qui par chance, sont toutes les deux lesbiennes.
Mais un énorme problème se profile. Alors que le rendez-vous se déroule comme sur des roulettes, Freddie se retrouve soudain dotée de griffes, de poils.. et fuit chez elle, ou elle est accueillie violemment par sa colocataire, Camilla. Forcément, Camilla voit arriver chez elle un loup-garou. 
Ce qui nous vaut ce dialogue absurde
- Tu es un loup-garou maintenant? Comment ce serait arrivé?
- Peut-être quand je me suis fait mordre par le gros chien noir la semaine dernière.
- Mais t'es allée à l'hôpital après...
- Ben oui, mais ils m'ont vaccinée contre la rage, pas contre la lycanthropie.

( car oui le point fort de cette BD ce sont les situations et les dialogues absurdes et ironiques. Lorsque Freddie explique l'origine de son nom, c'est parce que ses parents étaient fan de Freddie Mercury, ils espéraient qu'elle ait un talent musical, elle a du prendre des cours de musique pendant des années, mais .. chante comme une casserole, joue de la guitare comme un pied et en plus déteste la musique de Queen. Mmmmm pas bien ça!)

Mais l'insouciante Freddie se dit que bon, ça va, là c'est parce que c'était la pleine lune,  c'est ok, elle va avoir 4 semaines pour trouver une solution à son problème.
Sauf que non, sa transformation n'es pas liée à la pleine lune, mais à état émotionnel. Et donc, forcément, se trouver en présence de sa trop jolie collègue est une situation particulièrement stressante.
Pire encore, un chasseur de loup-garou ( assez maladroit et à l'allure de ninja), vient d'arriver en ville, qui se met donc en tête de se débarrasser du loup, enfin de la  louve-garoue? louve-garoute? Freddie n'arrive même pas à savoir comment se décrire pour le coup.

Bon, on voit venir la révélation de tellement loin que ce n'est pas un spoiler: bien sûr, le chasseur est une chasseuse, et bien sûr, c'est Silver, qui doit chasser une louve inoffensive et avec qui elle préfèrerait fricoter.
Mais Silver n'avait déjà pas trop envie de poursuivre cette carrière familiale. Elle est la XIV° de la famille à porter ce prénom chelou hérité de mère en fille, en soeur, en tante et en cousine (sa soeur aînée est "Silver XIII", laissez moi deviner leur nom de famille est "Bullet"?) et n'a aucun goût pour ce job. Son rêve à elle est de travailler dans un café et de se spécialiser en latte art. Elle a donc opté pour cette région précisément parce qu'on n'y avait pas signalé de loup garou depuis 10 ans, afin de pouvoir simplement exercer son job de rêve loin des exigences familiales.

C'est une BD assez courte (lue un samedi de mai au travail, pendant une heure hors service public, car oui, feuilleter, voir lire les nouveautés fait partie de mon taf! Oui je peux lire des BD au boulot, c'est pas cool ça?), au scénario peu original, mais on s'en fiche, ce n'est pas l'objectif. On vise l'efficacité, avec une métaphore transparente: la chasse au loup garou, c'est l'homophobie. Et les loups garous sont des gens comme vous et moi, à part leur petite spécificité, il n'y a donc aucune raison de les détester. Le dessin expressif et souvent drôle sert ce propos, les dialogues souvent absurdes font mouche, et Camilla la colocataire de Freddie est particulièrement savoureuse.

Le tout est léger, et propose une histoire d'amour lesbienne SANS drame, sans chichis, sans aborder de sujet plus lourds Heartstopper le faisait (harcèlement scolaire, maladie mentale, difficulté à trouver son orientation). Et mine de rien ça fait du bien, un sujet LGBT qui est traité comme un sujet non polémique, juste avec humour. Car c'est avant tout une comédie sentimentale, sans violence, sans pression, sans coercition, sans manipulation...

Je note deux choses qui font plaisir: 
Déjà, l'héroïne principale n'est pas un canon, mais une petite rondouillarde et son physique n'est jamais un ressort comique, donc, une héroïne qui a une vie professionnelle, amicale, sentimentale, tout en étant la nana la plus normale qu'on puisse imaginer. 
Et l'édition française, Exemplaire-Edition met un point d'honneur à traiter équitablement les auteurs et autrices, et à leur offrir une rémunération digne de ce nom, et une liberté créatrice (elle a été fondée par Lisa Mandel "libre comme un poney sauvage", ceci explique celà.. ).
Et donc leur première collection lancée est celle de romance queer (et ethique!), laissant la part belle aux autrices et auteurs LGBT ou militant anti homophobie. Louve love est le premier tome, on attend ces jours ci un titre de Lisa Mandel un de Jul Maroh, pour les noms les plus connus

Je rajoute la petite satisfaction personnelle d'ajouter une BD québécoise à ma liste de lecture, j'ai jusqu'à présent peu de lectures québécoises, et en matière de BD, la seule que je connaissais était " L'Ostie d'chat".

mardi 29 septembre 2026

Sang pour sang Halloween

 Hé oui, c'est à nouveau, ENFIN, cette période de l'année.

pas un jour, Snoopy, un mois, un mois entier!


D'autant plus attendue que l'été a commencé mi-mai, n'est pas encore fini au 29 septembre ( sisi, j'ai encore la clim et le ventilateur en marche, vu qu'il fait encore 31°C dehors avec beaucoup d'humidité, aérer ne ferait que monter la température!) et qu'il a été violent pour mon organisme, mes nerfs, mon esprit et mon moral.
Le retour du challenge Halloween!🎃

Avec cette année un gros pincement au coeur, puisque nous avons hélas enterré en 3 mois Anthony Head ( non seulement notre cher bibliothécaire de choc et chasseur de vampires Mr Giles, mais aussi un interprète sur scène de Frank, dans une production londonienne du Rocky Horror Show qui a marqué les mémoires des britanniques), Sam Neill, l'inoubliable et sarcastique professeur Grant de Jurassic Park (et pas que!), et tout récemment Tim Curry, dont la filmographie est fantastique à tous les sens du terme.
Sale temps pour le cinéma SF/ Horreur /Fantastique, 2026 fait un remake de 2016 et je n'aime pas ça du tout (je croise tellement tous les doigts que j'ai pour que Jeff Goldblum reste en forme le plus longtemps possible!)

Et donc je me dois de rendre un hommage à nos chers disparus, même si j'ai déjà parlé d'Anthony Head en juin, je sens que je vais me refaire quelques épisodes de Buffy (RIP aussi Michelle Trachtenberg et Nicholas Brendon) ou si j'arrive à le trouver, REPO! the genetic opera qui a l'air tellement nanardesque que ça me tente terriblement.
Pour Sam Neill, évidemment, un revisionnage de Jurassic Park s'impose, je ne l'ai vu qu'à sa sortie, c'est dire.
Et pour Tim.. j'ai déjà chroniqué ici The Rocky Horror Picture Show, mais je sens que je vais aussi me le revoir, je ne m'en lasse pas, il est exceptionnel.

C'est donc avec Tim Curry qui chante "anything can happen on Halloween", dans un décor fauché pour " The worst witch" que j'ouvre le bal. Le bal des vampires évidemment. Ca à l'air tellement d'une blague potache que je me marre. Je parie que fêter Hallowween avec Tim Curry devait être d'un autre niveau, vu son sens de l'humour absurde et son enthousiasme à faire les trucs les plus barrés avec gourmandise. comme chanter des paroles sans queue ni tête :D


Et donc les réjouissances seront de courte durée. De courte durée parce que j'ai beaucoup de nouvelles , cette année!

Ce qui est déjà prêt
1 octobre: on commence gentiment une BD LGBT québécoise avec des louves - garoues
2 octobre: on continue brutalement avec Lovecraft
3 octobre: la séance ciné du Samedi soir, in memoriam Sam Neill
4 octobre: quelques vidéos sur les monstres, les légendes, etc
5 octobre: audiolivres de nouvelles fantastiques vintage, partie 1
10 octobre: le ciné du samedi, tendance SF

En prévision, si j'ai le temps:
7 octobre: C'est le jour d'Edgar Poe!
12 octobre: suite des nouvelles fantastiques
17 octobre le ciné du samedi, film à choisir
19 octobre: nouvelles fantastiques, 3° partie
24 octobre le ciné du samedi , film à choisir
30 octobre; un roman cosy fantastique, avec une sorcière un peu dépassée par sa propre vie.
31 octobre: soirée Halloween, ciné du samedi, film à choisir!
1° novembre: une petite fille, un cimetière et un crâne

Le plus dur va être d'arriver à trouver du temps, j'ai une traduction en temps limité à faire prochainement qui va me bouffer 3 jours, probablement du 4 au 6 ( et je ne serai là pour personne à ce moment là! enfin, sauf pour les trucs déjà prévus à heure fixe, c'est à dire, le russe et le sport!), de la visite du 8 au 13, une répétition toute la journée le 10, et bien sûr des choses à faire quasiment tous les soirs. Vacances scolaires du 17 octobre au 2 novembre, ça veut dire qu'à priori au moins sur une des 2 semaines le cours de danse et les répétitions d'orchestre seront suspendus, ouf!)