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Pourquoi le Cabinet de curiosités?

Tout simplement parce qu'on y trouve un peu de tout, par ordre de pagaille. Cette idée de collection sans thème déterminé me plaît...

Vous trouverez donc ici un peu de tout, de ce qui fait ma vie, mes loisirs: musique, lecture, voyages, etc...
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dimanche 4 octobre 2026

La to-do list de l'automne

Proposée par Hilde notre sorcière en chef!  Et je note " automne", pas halloween, pas octobre, non  automne. Et l'automne ça va jusqu'au 22 décembre, hein... si, ça va entrer en ligne de compte pour les projets plus vastes que le défi halloween.

Et il s'avère qu'on a des choses en commun.

Voilà la sienne : https://lelivroblog.fr/2026/10/03/ma-to-do-list-pour-cet-automne/#respond

Lecture

Hilde Et moi avons Rewitched en commun, donc lecture + sujet avant la fin du mois.
-
Louves - Love BD québécoise LGBT ✅
- La jeune fille au crâne ( roman jeunesse) en cours
-
manga # DRCL ( seinen 4 tomes trouvés pour le moment) en cours
-
Nouvelles de Marcel Schwob ( du fantastique vintage!)

Livres audio

- Edgar Poe
- La chose sur le seuil ✅
- Un autre Lovecraft

Ecoute
L'un des orchestres dont je fais partie a un morceau qui s'intitule " The witch and the saint", donc l'idée va être de l'écouter, de le présenter et bien sûr, de travailler ma partie.

Films
- Jurassic Park ✅
-  Le géant de fer ✅
- en trouver 2 autres

Cuisine
- Préparer des feuilles de vigne en saumure (verdict d'ici 15 jours)✅
- Cuisine à la courge, évidemment et j'ai une idée qu'elle est bonne, parce que liée à ce qui va suivre juste en dessous
- Tester des boissons chaudes ( si la température daigne baisser, ce n'est pas gagné!) mais SANS SUCRE ni édulcorant, sans lait et sans gras. Toutes celles que je trouve sont " gourmandes" comprendre dégoulinantes de crème fouettée et de sucre. J'ai fait une analyse de sang qui est nickel, on va essayer que ça continue comme ça, hein... et comme je n'aime pas du tout le lait chaud, ce sera forcément avec autre chose.

Projets divers

Pas halloweenesque du tout, mais je me suis fixé pour cet automne d'apprendre autant que possible les bases de l'italien. de fait j'ai commencé à peu près mi septembre, donc disons je veux voir ce que je peux faire entre l'équinoxe et le solstice, donc en 3 mois. C'est un délai raisonnable pour arriver à mettre en place des bases solides.
Pour ceux qui ont vu passer mon défi " les jeux de 20h" de l'an dernier, ça en est la continuation.

J'ai aussi trouvé des petits bouquins sur le dessin et comme je suis une noob absolue dans ce domaine, j'ai bien envie de me fixer le défi d'en faire un petit par jour dans l'idéal, à compter disons du 5. Ce ne sera pas l'inktober, loin de là, même si j'ai envie de piocher dans la liste des sujets imposés ou proposés pour me donner une idée 
sujets en français

Déjà, je sais qu'il y a des choses vers lesquelles je ne pourrais pas aller, par exemple dégingandé, flexion ou mystique... mais le cactus du 4 octobre est très possible par exemple
Il y aura forcément des jours qui vont sauter faute de temps, mais si j'arrive à en faire une petite dizaine déjà, ce sera une bonne base à reprendre de temps en temps pour améliorer, faire des variations, etc..

Des lieux hantés, des mystères, des créatures fantastiques

 Partons en voyage, il y a longtemps que je n'avais pas parlé d'une chaîne youtube, et il se trouve que depuis quelques années , Doc Seven - on est loin d'une petite chaîne, le gars est assez connu sur la toile- a proposé quelques vidéos thématiques sur les lieux hantés, ou glauques. Pour ce passionné de géographie et de mythes, ce n'est pas la première fois. Son créneau ce sont en général des top 7 (ou 77), des vidéos " 7 minutes sur un sujet", mais il a élargi au fil du temps à de longues vidéos sur " un fait particulier sur chaque département" ou " un fait par pays" sur divers thèmes. Et en particulier, à la géographie, qui lui tient à coeur. Donc il ne fait pas que dans le fantastique ou le macabre, mais c'est quand même un sujet qui revient régulièrement.

Et comme chaque année j'essaye de voyager un peu partout pour le défi Halloween, hop, petite compilation.

197 lieux hantés dans le monde ( un par pays). attention il y en a pour 1h30. Mais ça donne des idées de vacances!


Et dans la foulée
50 lieux hantés / flippants, aux USA ( un par état)


Et logiquement il y a aussi  lieux hantés en France, un par département.

7 croyances du Sud-Est Asiatique

7 croyances d'Amérique du Sud

7 croyances dans le monde

7 créatures mythiques françaises


7 sorcières qui ont vraiment existé

Et parce que
77 morts stupides insolites ( il n'y a pas besoin d 'une malédiction quelconque pour passer de vie à trépas, quand on n'a pas de jugeote et qu'on estime que souder une grenade à main est une bonne idée)


et une suite, 77 autres morts absurdes!

samedi 3 octobre 2026

Jurassic Park ( film fantastique / SF 1993)

 Je l'avais dit, un petit " in Memoriam Sam Neill " s'imposait. Au départ j'aurais vraiment voulu revoir la mini série Merlin, parfaite pour Halloween, les légendes la magie, l'enchanteur tout ça, mais je ne suis pas sûre de la trouver avant la fin du mois.

Donc va pour le film qui en a fait une vedette internationale.


Alors oui, ce n'est pas à proprement parler un film " de trouille", mais il en reprend tous les codes, avec plus de budget: petit groupes d'individus disparates, liés par le hasard, huis-clos sur une île isolée dont il est impossible de s'enfuir à cause de l'éloignement et des conditions météo, millionnaire qui joue au démiurge sans se soucier des conséquences (et en créant des hybrides, ça ressemble quand même beaucoup au Dr Moreau, ça!), gros monstres affamés, pleins de griffes et de dents, qui ont très envie de goûter à la viande d'humains... Et dans ce registre de jeu de massacre, il est très efficace, précisément parce qu'il prend le temps d'installer son action, de montrer qui sont ses héros leur vie et leur travail quotidien avant de les plonger dans une situation qui tourne au cauchemar survival; parce que les personnages centraux sont assez peu nombreux: Hammond, le millionnaire, le couple de scientifiques, les deux sales gosses, Malcolm le mathématicien ( dont on se demande un peu ce qu'il fait là, en fait!) , l'avocat, le traitre, et quelques scientifiques figurants du parc , qui feront de parfaites premières victimes. Donc, c'est assez facile à suivre, et on peut prendre les paris sur "qui va mourir en premier" ( Bon, pas Samuel L Jackson, lui c'est un second rôle de luxe quand même, on ne l'a pas engagé pour tuer son personnage après 10 minutes! Mais j'avais totalement oublié qu'il faisait partie de ce casting assez incroyable)

Donc, je ne l'avais pas revu depuis sa sortie, et j'ai kiffé le revoir parce qu'il est avant tout très FUN! Et sans être trop n'imp' niveau science. Enfin, passé le fait mille fois débunké depuis qu'on puisse recréer des dinosaures avec de l'ADN trouvé dans un estomac de moustique fossilisé. Au mieux tu obtiendrais un moustique jurassique, au pire un hybride d'un dinosaure en particulier et de moustique. Ce qui est à peu près aussi crédible que... tout à fait au hasard, un scientifique qui inventerait une machine à téléporter et fusionnerait par accident avec une mouche, je dis ça comme ça et sans viser personne :D

Ce sur quoi j'avais tiqué à l'époque est toujours ce sur quoi je tique. 

Donc commençons par les poncifs ou imprécisions qui me gonflent (dans tous les films en général):

- La nana qui veut absolument un enfant alors que son mec n'en veut pas => bon ben, vous avez des objectifs de vie trop différents, rompez et restez amis, ou collègues de travail, mais arrête de lui casser les oreilles plusieurs fois par jour avec tes allusions pas discrètes aux enfants. C'est exactement ce qu'il ne faut pas faire, tu le saoules et toute la salle de cinéma en même temps. 
C'est rarement l'inverse d'ailleurs, un gars qui veut des enfants et une femme qui n'en veut pas. Et ça me gave précisément parce qu'Ellie est, pour une fois, un personnage de femme scientifique, compétente, courageuse, intéressante, MAIS que le scénario s'escrime à la renvoyer à l'image attendue des femmes qui, dans le fond, ne seraient pas complètes sans cocher la case maternité. Ca insinue qu'on ne peut pas avoir de personnage de femme accomplie sans ça. Et donc, on renvoie encore, une fois de plus, les femmes dans les cordes de la maternité comme seul horizon valide. Ce ne serait pas aussi pénible si le cinéma offrait d'autres portraits de femmes, or, en général, celles qui ne sont pas franchement branchés par ça.. peuvent mourir avant la fin du film, vu qu'elles n'ont pas de famille et que personne ne les regrettera (même Ellen Ripley dans Aliens se retrouve à devoir jouer les mères de substitution pour une gamine dont le scénario se serait bien passé)

- Le traître qui est forcément un cliché sur pattes. Le gros. Le nerd. Le faignant. Le vénal. Le ridicule. Le puéril. Ca fait un peu trop pour en faire un "méchant" vraiment intéressant. 
Et puis forcément ce genre de méchant est un peu moche et ringard, au côté des héros forcément charismatiques ( parce que quand le méchant est beau et intelligent, il meurt à la fin et dignement avec passage de rédemption où il reconnait ses erreurs)

- Le vague triangle amoureux (mais pour une fois, le troisième larron se prend les pieds dans le tapis  avec sa drague un peu lourde MAIS n'insiste pas. Bon point pour toi, Ian. Un peu relou, mais pas irrespectueux!) dont on voit à des kilomètres que ça ne marchera pas parce que Ian fanfaronne et surtout drague une femme qui n'a absolument aucun point commun avec lui. Là on sent bien que c'est le rebondissement obligatoire, rentré au chausse-pied dans le scénario parce qu'il faut un suspense du style " va-t-elle quitter son mec pour l'autre?" ( mauvais plan, il dit lui même être plus doué pour le divorce que pour le mariage). Or là, ça tombe à plat. On est là pour les monstres, pas pour écouter un personnage se plaindre que son mars ne veut pas d'enfant, et l'autre énumérer ses échecs matrimoniaux pendant que le troisième essaye d'éviter tout ce qui a 2 pattes, veut tout le temps manger et cause des dégâts partout  (enfants ou raptors, c'est du pareil au même. Je te soutiens Alan, je te soutiens!)

-Les gosses insupportables et qui en plus sauvent la mise à tout le monde en même temps qu'il mettent tout le monde en danger ( enfin, surtout Alex). Mais qu'est ce que ça me saoule le cliché du gosse qui est une petite tête à claque, fait n'importe quoi ( éteignez cette foutue lampe et restez planqués au lieu d'aller chercher les autres, z'avez jamais vu un film d'horreur, sans dec!), mais s'avère être un génie de l'informatique capable de trouver la solution à un code secret sur lequel tous les adultes se cassent les dents depuis la moitié du film parce que " ha, mais ça ressemble à un de mes jeux vidéo". 
Bon point: le nerd des jeux vidéos est une fille. Mauvais point : elle gueule sans cesse, ce qui est le meilleur moyen d'attirer les ennemis. Très mauvais point: comme c'est un enfant, elle et son frère s'en sortent toujours par la magie du TGCS ( Ta gueule, c'est le scénario): on ne mange pas un enfant, si c'est un des personnages principaux. Ce serait plus crédible de dire " le T-rex, n'en veut pas c'est une trop petit proie, y'a rien à manger là-dessus, à la limite les deux ensemble ça lui ferait 2 biscuits apéro". Ha le petit génie de 12 ans qui se la pète face aux gens qui ont un doctorat dans le domaine, c'est un de mes clichés les plus détestés.

- Accessoirement le mec qui se lance dans une entreprise super hasardeuse, où il y a déjà eu un accident mortel, au point que ses sponsors menacent de le lâcher s'il ne renforce pas la sécurité, et qui trouve que c'est une excellente idée de tester le concept ni fait ni à faire sur sa propre famille. Il mérite le trophée du grand-père de l'année, John!

Et il y a le poncif spécial "nerd de la préhistoire", enfin, plusieurs...
- L'équipe qui dégage un squelette parfaitement préservé  avec de simples pinceaux, parce qu'il est en gros à 2cms sous le sable. Si c'était le cas, il n'y aurait pas besoin d'engins de chantiers de toute taille. Ce qu'on dégage est de la roche prise dans de la roche. Si c'était du sable facile à dégager, ton squelette serait 
1- en très mauvais état. 
2 - visible depuis des lustres. Les rares cas où ça arrive, c'est un os qui émerge, mais quand même bien pris dans de la roche, souvent suite à un glissement de terrain qui jusque là le protégeait. Si seulement c'était aussi facile de trouver et dégager un fossile, tout le monde le ferait (et bon courage pour le trouver sous des mètres de roche grâce à un détecteur ou je ne sais quoi, les gars, ce sont des os pétrifiés, donc de la roche dans de la roche, je me tue à vous le dire. Il n'avait pas un squelette en métal que je sache!)

- Les raptors . Et la griffe de raptor. P'tain, Alan, tu est paléontologue, tu es supposé connaître ton job. Ce que tu tiens à la main, pour menacer un sale gosse de l'éventrer avec, c'est une griffe de Deinonychus ( Bon, faute à moitié pardonnée, c'est Michael Crichton qui a fait ce choix dans son roman parce qu'il préférait le terme Velociraptor... Mais ça aurait été marrant d'entendre tout le monde galérer à prononcer "Deinonychus") . Il fait 3,5 m de long pour un bon mètre de haut, il arrive à la taille d'un humain moyen, et on le connait depuis 1969.
oui, il a une gueule étrange, comme un jeune allosaure ( là ça aurait pu coller, l'allosaure était vraiment du jurassique, lui). et il me fait peine avec ses papattes qui semblent cassées, mais sur les livres de l'époque, on le représentait avec ces pattes bizarrement pliées façon... zombie


 Le vélociraptor faisait 1m50 de long et 75 cms de haut.
Ca, c'est un vélociraptor, par le paléoartiste Frederic Wierum. Oui on dirait un oiseau en colère, il fait moins peur, mais je le trouve super classe! Allez lui dire en face que c'est juste un gros dindon!

Et au fait en latin, raptor, ça veut dire " voleur", et non rapace. Rapace en dérive, on suppose parce qu'il " vole" les lapins dans les champs. 
Gigantoraptor = voleur géant, microraptor = voleur minuscule

- Les vélociraptors de l'histoire sont encore plus gros, donc ce pourrait être des Utahraptors... qui étaient inconnus au moment de l'écriture du scénario. Pas d'bol, la réalité a rattrapé la fiction, mais trop tard. Mais l'explication que j'ai trouvée est savoureuse et pour le coup, bien plus logique et liée à ce que je vais rajouter plus loin sur les effets spéciaux: le raptor était un costume manipulé par un marionnettiste caché à l'intérieur, il devait donc obligatoirement être plus grand qu'un humain adulte. Si c'était pour éviter des images de synthèse hasardeuses des années1990, tant mieux, vous auriez même pu les rendre encore plus grands!

- Tyrannosaure, vélociraptor, Deinonychus, Tricératops, Parasaurolophus.. tout ça, ce sont des bestioles du crétacé. Le bouquin aurait dû s'appeler " Crétacéparc". Le brachiosaure et le dilophosaure (d'ailleurs trop petit, pour une fois que ce n'est pas l'inverse) sont valides pour un parc sur le jurassique. Solution: tu l'appelles le Mésozoo, et tu peux y mettre des bestioles du Trias au Crétacé.

Et maintenant les bons points ( outre la musique de John williams qui est excellemment épique)

- J'lai dit,  et je l'redis, il va à l'essentiel: pas trop de personnages ( donc on a le temps de s'inquiéter un peu pour chacun, enfin, sauf pour Denis, qui ne meurt pas assez vite), action resserrée, présentation intelligente des lieux ( pas besoin d 'en faire des caisses pour qu'on comprenne à quel point le plus gros problème ET avantage d'Isla Nublar est son isolement.  Un hélico qui galère à se poser et un bateau qui doit partir avant la tempête suffisent à faire ressentir que sur une île loin du continent, le moindre pépin peut prendre une ampleur catastrophique . Pareil pour la mise en scène qui en 1993 savait encore que l'angoisse vient moins d'un gros montre rugissant que d'une immense pièce silencieuse montrée en plan large mais dont on ne voit pas tous les recoins; qui ne sacrifiait pas ces moments à trop de musique ou de jumpscares téléphonés. Ce n'est pas souvent avec Spielberg, mais il a fait preuve d'une sobriété de mise en scène plus efficace que toutes les grosses démonstrations. Sobriété = efficacité narrative!

- Les décors naturels et les effets spéciaux, les deux vont ensemble. Les dinos étaient à peu près conformes au consensus scientifique de l'époque ( y compris les raptors sans plumes avec leurs pattes avant dans le mauvais sens!), hormis quelques modifications " cosmétiques" de taille ou de collerettes à l'existence invérifiables. Et comme il s'agissait en 1993 de marionnettes et d'animatroniques, une technique aboutie et parfaitement éprouvée, depuis Ray Harryhausen, elle a bien vieilli même plus de 30 ans après. C'est même un paradoxe savoureux que la technique la plus ancienne ai mieux vieilli que les séquences d'informatique avec Denis ou Alex, pourtant le top niveau de l'époque.. qui on pris un très sale coup de vieux avec l'évolution phénoménale de l'informatique. La technique qui a plus de 100 ans d'âge paraît moins datée que l'informatique qui 30 ans plus tard à l'air préhistorique! Et les décors naturels, ben.. ça m'a frappée. Les films récents sont souvent sombre, avec une colorimétrie très neutre. Les effets spéciaux sur fond bleu ou vert n'ont pas le relief des marionnettes et les paysages incrustés sur les mêmes fond n'ont pas l'ampleur des paysages naturels. L'immersion est beaucoup plus forte que dans bien des films plus récents qui abusent du fond vert pour probablement économiser sur les décors et le tournage en extérieur.

- La distribution: Tout le monde s'amuse et ça se voit. Les personnages sont super réussis et interprétés.
Jeff Goldblum en tête, qui se régale à rendre son personnage à la fois relou mais super attachant, avec ses phrases à l'emporte-pièce, souvent orgueilleuses mais pleines de bon sens dans le contexte. Ian Malcolm, c'est tellement ton pote qui se la raconte parfois un peu trop, mais qui te sort LA phrase sortie de nulle part, à hurler de rire, sur un ton détaché. Et qui ne manque pas d'autodérision. La neurodivergence est forte chez cet homme!
Point bonus pour le décalage entre l'assurance du personnage et le fait qu'il soit hors-jeu  dès que l'action s'intensifie, à devoir attendre, blessé dans une pièce fermée, que les autres sauvent tout le monde. Un héros... mais qui ne sert pas à grand chose (déjà un mathématicien pour l'ouverture d'un parc à thème qui n'a rien à voir avec son domaine, on se demande bien ce qu'il fout là, si ce n'est pour être la troisième signature " caution scientifique" sur le contrat). Et là où Jeff Goldblum est excellent, c'est qu'il le joue exactement comme ça: le mec dépassé par les événements qui se demande du début à la fin ce qu'il fout là, et finit par poser à moitié à loilpé façon chappelle sixtine quand il n'a plus rien à faire :D. Tu m'étonnes que le personnage soit devenu culte: il est sarcastique, à la ramasse et l'acteur s'éclate tellement que ça fait mouche (attention, subtile référence à un autre film, saurez-vous retrouvez lequel?). 

Bon je suis partiale, je surkiffe Jeff (et, entre nous, madre mia, qu'est-ce qu'il vieillit bien! Cette classe absolue, même quand il chantonne Fernande de Georges Brassens, si avec ça vous restez de marbre, je ne peux plus rien pour vous :D! Nous aussi en France, on t'adore, Jeff, tu reviens jouer du piano ici quand tu veux!)

Allez, pour le plaisir, et parce que cette phrase est devenue un mème parfait chaque fois que les choses tournent mal, et qu'on l'avait prédit.

Le très regretté Sir Richard Attenborough, frère de David, dont je parlais cet été, est parfait en grand-père limite plus puéril de que ses petits enfants, et totalement inconscient (et quand il raconte des souvenirs de puces savantes, Ellie l'envoie bien bouler pour avoir mis tout le monde dans la mouise jusqu'au cou, et c'est génial. Pas de pitié pour les jérémiades du vieux cinglé!) . Et lui aussi s'amuse bien, ça se voit!

- Alan Grant. Ce personnage m'éclate totalement. Au re-visionnage du film, je me suis dit " j'avais oublié à quel point je SUIS Grant". Il déteste les enfants, moi aussi. J'avoue que menacer d'en éventrer un particulièrement casse-burette avec une griffe de dinosaure, c'est tentant. Il adore la paléontologie, moi aussi.
Il n' a aucune envie qu'on l'emmerde ( moi non plus), et préfère qu'on le laisse tranquillement faire ses fouilles dans son patelin paumé. Mais n'accepte à contrecoeur d'aller voir le projet de Hammond que parce que celui-ci lui file un gros chèque qui va lui permettre de continuer à bosser sans avoir à faire du porte à porte pour obtenir des subventions. La triste réalité de la science.

Et bien sur le regretté Sam Neill, là aussi, je suis partiale, mais c'est un acteur que j'aimais beaucoup, le type qui avait du charisme sans même essayer de rentrer dans les petites cases prédéfinies du cinéma, capable de tout jouer avec un talent égal.
Y compris caresser un tricératops en caoutchouc comme si c'était une vache dans un pré, avec un enthousiasme de gamin. Ce plan me fera toujours marrer. Je me demande combien de fois il a dû le refaire pour arriver à être convainquant...

J'ai vu dans une interview qu'il avait été assez étonné d'être retenu pour un rôle dans un film d'aventure parce qu'il n'avait pas le profil d'un acteur de film d'aventure, et qu'il trouvait sa tête très banale. Ben, justement, ça fait tellement plaisir de voir des gens "normaux", des acteurs retenus pour leur talent plus que pour leur apparence.

Et donc ça m'amène à dire que mine de rien, dans ce blockbuster, les rôles sont moins figés que ce qu'on à l'habitude de voir au cinéma, du moins dans les films d'action et de SF: Ellie n'est pas la "jolie blonde décorative", elle ne déboule pas après une nuit passée à courir partout pour sauver sa peau et celle des autres toujours parfaitement coiffée et maquillée. Laura Dern n'est pas une super beauté standardisée et, c'est infiniment mieux: elle est crédible! Ca fait plaisir de voir une actrice qui joue un rôle de scientifique qui ne ressemble pas à une actrice, mais à une femme normale, elle aussi. Et vingt dieux, elle agit! Youhou! Et balance des petites phrases féministes, l'air de rien!

Pareil pour Alex qui aurait gagné à être un peu moins tête à claques, mais n'est au moins pas le cliché de l'ado rebelle passionnée de fringues. Des femmes d'action, qui rattrapent le coup quand les hommes sont défaillants, largués ou ont des idées à la con, mine de rien, dans les années 90 c'était rare, et ça l'est encore. (Alors que c'est notre quotidien... hein, toutes les héroïnes n'ont pas de cape)

Et rien que voir des personnages féminins qui servent à quelque chose narrativement, quand les hommes sont parfois relégués au second plan - et parfois condamné à mourir bêtement sur les gogues, ou pour une fois servir de de caution "sexitude" en posant en petite tenue de façon totalement incongrue (si si, je ne m'en lasse pas, le niveau de gratuité de cette séquence est un magnifique pied de nez aux femmes sexualisées à outrance pour tout et n'importe quoi*), pendant que les femmes se bougent, habillées des pieds à la tête, ça mérite d'être souligné.

Ceci dit maintenant il va falloir que je lise le livre, apparemment plus sanglant que son adaptation.

*Il y a une espèce de règle tacite à verbaliser: si dans une situation quelconque, une femme est dénudée - dans un film normal!-  alors qu'il n'y a pas de nécessité narrative (du genre elle est en maillot de bain sur la plage, ou à l'auscultation chez le médecin, ou pose comme modèle artistique parce que c'est son travail, ou que sais-je.., là c'est normal), et que personne n'y trouve rien de bizarre, mais que faire exactement la même séquence gratuite avec un homme à moitié nu paraît inhabituel, incongru ou saugrenu... c'est qu'on est en plein de sexisme ordinaire. 
Enfin, l'ami Jeff en petite tenue, oui, moi , je suis pour! Par souci d'égalité, bien entendu :D