Bienvenue amis curieux!

Pourquoi le Cabinet de curiosités?

Tout simplement parce qu'on y trouve un peu de tout, par ordre de pagaille. Cette idée de collection sans thème déterminé me plaît...

Vous trouverez donc ici un peu de tout, de ce qui fait ma vie, mes loisirs: musique, lecture, voyages, etc...
Bonne lecture

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samedi 17 octobre 2026

La jeune fille au crâne - Benoît Richter ( roman jeunesse)

 


Lucie, 11 ans, s'ennuie profondément pendant ses vacances  familiales en Alsace. Ses parent l'ont traînée pour visiter une église au milieu de nulle part, et alors qu'ils sont occupés à admirer l'architecture, Lucie s'éloigne et trouve un ossuaire. Pour une raison qu'elle même se saurait expliquer, elle y vole un crâne, qui lui a paru .. sympathique et qu'elle cache dans son sac. 

Et pendant tous le reste des vacances, elle admire en cachette le crâne, essaye de savoir qui il était. Etait-ce un homme? Une femme? Quel effet ça fait d'être mort et de ne plus rien ressentir? La tête d'os devient son ami- amie ( dans le doute de son identité)

Et une nuit, il lui semble que le crâne lui parle... De plus en plus... Il n'a pas de bouche, pas d'yeux, pas de respiration et pourtant il lui semble très expressif.
Et le crâne se plaint d'avoir été enlevé à ses semblables, il était si bien dans son ossuaire, mais que va-t-il devenir maintenant que Lucie l'a enlevé? Un jouet?
Une fois passée la panique, le crâne rassuré sur son " avenir" commence à avoir des bribes de souvenirs: une journée de neige dans les montagnes, un homme qui va à la ville vendre des chevaux, une petite fille au front orné d'un bijou de bois, qui était peut-être une amie, une soeur ou elle-même? Impossible de le savoir, son identité lui reste inaccessible. 

Et puis.. Lucie entre en sixième, se fait de nouvelles copines, apprend de nouvelles choses, devient une lectrice assidue, fait même la lecture à son crâne, qui est épaté de la vie qu'elle même: une vie où tout le monde peut s'instruire, où les familles sont petites mais où on ne meurt pas de maladie, de faim, ou lors d'une attaque, où l'on peut passer son temps à autre chose qu'à chercher à survivre, et où il n'y a pas besoin d'avoir une permission du seigneur pour déménager ou se marier... Une vie de privilégiée, presque de reine, du point de vue d'un crâne, un rien envieux, qui... il s'en souvient maintenant, a été autrefois un individu, homme ou femme, mort avec son père et ses frères pendant la révolte paysanne, au début du XVI° siècle.
Lucie qui n'avait jamais envisagé sa vie sous cet angle, se met aussi à se passionner pour le moyen âge, autant pour savoir comment vivait son ami le crâne, que pour lui faire profiter de ces informations. 

Mais le crâne a envie de retourner à son immobilité et son silence et devient de plus en plus pressant pour que Lucie le ramène chez lui, mettant ainsi fin à une étrange aventure qui, elle en a conscience, l’a changée. Elle en sort plus intéressée par le monde qui l’entoure, les problèmes sociaux, l’histoire aussi..

Une très jolie découverte, avec de nombreux chapîtres courts, une héroïne qui n’est pas le cliché de la gamine qui se désinteresse de tout ou a des loisirs standardisés pour une petite fille de 11 ans. Sans compter une écriture plutôt poétique et une découverte de l’histoire de la Renaissance en Alsace qui me parle, puisque c’est ce que mes ancêtres de Lupstein ont vécu ( même si le crâne vient de Dambach). J’ai découvert l’existence de la Révolte des Souliers lacés ( ou guerre des paysans) et c’est passionnant.


Mini marathon d’Halloween

 Incroyable, j’ai un peu de temps : pas de cours de danse, pas de répétition d’orchestre, pas de cours de piano... et en plus aujourd’hui, je fais grève, c’est donc un week end prolongé mais light qui a commencé.

Parfait pour un mini marathon halloweenesque.


J’ai donc commencé ce matin par un flashmob devant la préfecture avec les autres damnés de la terre, bon, ce n’est pas vraiment une zombie parade, plutôt une marmite bouillonnante de colère et de revendications. A commencer par celle de ne plus être pris pour des lapins de 6 semaines par les édiles. La culture n’est pas une variable d’ajustement, et, pour les bibliothécaires, apprendre qu’on nous sucre le budget pour les nouveautés livres de fin d’année, y compris celles très attendues ( futurs prix littéraires en attente d’être décernés ), parce que le maire a clairement dit que la culture, c’est pas sa priorité, ça fout les boules.

Donc nous étions une quinzaine dans le cortège, grévistes ou non ( c’était le samedi off de certains qui sont venus quand même )

Mais je ne résiste pas à partager quelques pancartes toutes plus créatives les unes que les autres.




Le manifestant le plus cool et le manifestant le plus trognon du cortège 🐕



Et on osera prétendre que les jeunes n’ont pas de culture et d’ironie ?

Et donc que faire ensuite ?

Du oui-ja électronique avec une ex-collègue, reconvertie en prof de français-latin depuis un mois et qui est déjà presque à l’agonie entre les transports, la hiérarchie, les emplois du temps à trou. 

Et donc, c’est presque 17h00, j’entends que le cortège des étudiants en ville , pourtant pas à côté, ne lâche rien, c’est parfait, les manifs s’enchaînent.

Pour ma part, je suis rentrée, je suis sur mon lit, sous le ventilateur ( tu parles d’un temps d’automne, il fait 27°C dehors!), j’ai 2 histoires de sorcières en cours, un remontant (du Waldmeister) dont la belle couleur turquoise ne se voit pas dans mon crâne violet ramené d’Allemagne.


J’ai aussi deux sujets à rédiger, d’autres livres en attente, donc, c’est partiiiii!

Avant tout, MAJ de billets, je complète et publie " la jeune fille au crâne". Je l’avais à l’origine prévu pour plus tard mais une erreur de manipulation l’a fait apparaître plus tôt que prévu, donc.. bon.

18h50 : lecture d’Ancolie, finie. Suivie d’un pause " coloration de cheveux en rouge vif" d’une bonne heure, entre la coloration et le soin. Associé à un court podcast sur les fossiles de la galerie de paléontologie et d’anatomie comparée. Ce sont des squelettes, donc, ça compte.

J’embraye sur la suite de Rewitched, avant d’aller préparer un brouet. Je ne sais pas encore lequel.

Dimanche: pas de chance, je me suis sentie assez mal hier soir, ça m'arrive parfois: nausée soudaine, mal de cervicales, mal de tête, comme quand j'avais encore ma vésicule biliaire. Là, pas grand chose à faire, sinon manger un peu, aller se coucher et attendre le lendemain. En général ça dure dans les 20 à 24h.

Ce n'est pas encore 100% ça, mais ça va mieux cet après-midi.
J'ai commencé par un peu de recherches généalogiques (les archives, c'est un peu un cimetière virtuel!), j'ai imprimé des partitions pour un stage en novembre, mais ça attendra un peu, souffler dans un basson quand on est barbouillée, c'est une mauvaise idée! Faire du sport aussi.
J'ai quelques exercices à préparer pour mon cours de russe de demain, donc après ça retour à mes lectures.

17h10, c’est reparti:


Non, je n’attaque pas la moutarde à la cuillère. Ça peut m’arriver mais pas avec la nausée 😂

C’est du lait de soja tiède avec du curcuma, du gingembre, de la canelle et de la coriandre. Un tchaï mais sans le thé en fait. Et sans sucre. À défaut d’autre chose, la couleur va bien avec la couverture du livre.


samedi 10 octobre 2026

Le géant de fer ( Film d'animation, 1999)

 
Attention pépite. Je l'avais vu une seule fois, à sa sortie, et je n'ai pas compris pourquoi il avait fait un flop.
Lorsqu'on m'a demandé l'an dernier de proposer une séance cinéma d'animation à la bibliothèque avec un cycle périscolaire sur le thème " créatures imaginaires", avec un collègue, j'ai proposé ce film et une thématique " cinéma et robots" Mon collègue, bien plus jeune que moi, le connaissait, avait le DVD, l'aimait aussi, donc parfait.
Je l'ai donc revu l'an dernier.. et là encore fin septembre avant de lui rendre le DVD que j'avais depuis plus de 10 mois et que j'oubliais de lui rendre, avec les vacances de l'un  ou l'autre :D

Et à chaque fois, la même pensée " Pourquoi il n'a pas été le carton qu'il aurait dû être à l'époque?".
Mais de flop, il est en 25 ans et quelques devenu un film culte, grâce au bouche à oreille, et c'est amplement mérité.

En 1999 j'avais 22 ans, donc je comprenais déjà les sous-entendus politiques et le message anti-armement. Mais comme à chaque fois qu'une oeuvre est remplie à ras bords de références, il y en a toujours qu'on ne voit qu'à la seconde ou troisième fois.


Alors oui, c'est plutôt de la SF et généralement un hommage à l'âge d'or des la Sf, les années 1950, mais j'ai quand même envie de l'inclure ici précisément parce que je n'ai pas envie de limiter mon mois halloween au fantastique, mais d'inclure d'autres courants de l'imaginaire.

Donc le sujet semble simple: 
Dans le Maine ( Un ptit bonjour à Stephen King en passant, on est d'ailleurs dans le coin supérieur de la carte des USA, pas loin du Rhode Island de Lovecraft, hein...), dans la ville de Rockwell ( qui fait penser à la fois à Roswell et à Norman Rockwell, précisément peintre des années 1950) dans les années 50. 
Un " météore" s'écrase en pleine mer, causant le naufrage d'un bateau de pêche. Le capitaine, sauvé, et passablement choqué, raconte donc aux clients du café du coin (tout droit sorti d'un tableau de Norman Rockwell, donc!) qu'il a vu un monstre, géant, en métal.
Parallèlement, Annie la serveuse, a bien du mal à contenir son fils Hogath. Hogarth a 12 ans, est vif, remuant, imaginatif et dingue de fantastique, de SF, de BD, de films d'horreur au grand dam de sa mère.
Mais il faut dire que tout le monde a une imagination débordante, puisqu'on est en pleine guerre froide. Autant dire que c'est la paranoïa générale, qui s'amplifie lorsque du métal disparait: des voitures, des tracteurs des camions... semblent avoir été croqués dans la nuit par un animal gigantesque se nourrissant de métal. Evidemment, Hogarth va vite découvrir le géant et, se rendant compte qu'il est inoffensif, s'en faire un ami. Sauf qu'un robot géant de 30m de haut et qui mange des voitures, des rails, des pylones électrique, c'est moins facile à cacher qu'un petit animal de compagnie, et ça peut faire beaucoup de dégâts, même sans le vouloir.

Ce qui attire sur la petite ville l'attention des autorités qui envoient l'imbuvable Kent Mosley, agent du gouvernement tout sauf discret, et totalement paranoïaque. Mosley n'hésite d'ailleurs pas à user de harcèlement et de menaces sur le gamin. Sauf qu'il a un allié imprévu, un peu malgré lui: le ferrailleur- artiste du coin, Dean, qui après beaucoup de négociation ( enfin... Hogarth lui casse les oreilles pendant suffisamment longtemps pour l'avoir à l'usure) accepte de faire passer le robot pour une de ses créations en matériau de récupération.
Mais il est rapidement très clair que le vrai danger, ce n'est pas tant un robot venu de l'espace, qui n'est dangereux que lorsqu'on le menace, que Mosley et sa paranoïa dopée à la propagande anti-soviétique. Même les militaires sont plus raisonnables que lui et voient qu'utiliser la bombe H contre un robot ( au risque de se la faire péter à la gueule, surtout) est une très mauvaise idée.

Car, et c'est la subtilité, ce n'est pas un film anti-militariste, mais anti " course à l'armement". et anti propagande, puisqu'il montre les ravages que fait la propagande dans les cerveaux. Un film pacifiste, donc, mais qui ne rejette pas la faute collectivement sur les militaires. Au contraire, ils sont les premiers sceptiques. Et rien que ça c'est intéressant à être mentionné. Il se permet même l'air de rien de parler d'écologie ( Dean fait du recyclage), de finitude ( la mort est un concept qui échappe au robot), de difficultés financières ( la situation d'Annie et les menaces que fait Mosley), de politique ( un petit magasine sur un coin de table, à destination des enfants qui titre " red menace", de technologie spatiale (le spoutnik) et de responsabilité de ses actions ( chose que Mosley

Et les références, elles, font que le film reste intéressant et pas lourdement  pour les adultes. J'ai presque 50 et c'est un plaisir tout particulier de les voir.
- Rockwell donc, et son café, digne des tableaux du peintre du même nom
- Le design du géant, qui doit énormément au robot du Roi et l'Oiseau.
- Les mentions de la pop culture, parfois juste en passant ou en filigrane: Superman, Mad Magazine, le jour où la terre s'arrêta ( Annie est veuve avec un fils mineur et propose une chambre à louer), La planète interdite ( la séquence où le robot s'emmêle dans des fils électriques), Godzilla, et probablement Bambi ( le cerf et les chasseurs), Frankenstein ( que Hogarth regarde à la télé, mais aussi dans la manière dont le robot se reconstruit quant il perd des pièces.. et surtout celles de la mâchoire, qui rappellent les vis dans le cou de Boris Karloff)

Et cerise sur le gâteau, c'est l'un des derniers films d'animation Warner réalisé majoritairement en 2D, sans image de synthèse et ça se ressent. Paradoxalement, le film a plus de profondeur à l'image, avec un soin apporté la couleur et aux effets d'ombre et de lumière. Ca se voit particulièrement lorsque le robot tend le doigt à travers un rayon de lumière, l'effet d'ombre est virtuose. c'est une séquence de quelques secondes mais elle donne une épaisseur et un réalisme dingue à l'image, alors même qu'il s'agit d'un dessin animé.

Depuis cet échec au box-office ( mais c'est limite mieux, l'auteur en est conscient: le film aurait pu faire un succès parce qu'il avait été bien vendu puis tomber dans l'oubli, mais 25 ans plus tard, c'est l'inverse qui s'est produit et il a perduré grâce à ses qualités visuelles et son scénario prenant)
Il est d'ailleurs classé parmi les films d'animation les plus tristes ( on est d'accord: dans ce domaine le tombeau des Lucioles et le n°1 et le restera longtemps). Dans cette liste je ne connais pas the Plague Dogs et ça me tente carrément!
Et vous-voulez une seconde couche de drame? En tout cas ça explique encore plus le parti pris furieusement anti armes de Brad Bird.

Faire connaître ce génial film est mon cheval de bataille :D