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Tout simplement parce qu'on y trouve un peu de tout, par ordre de pagaille. Cette idée de collection sans thème déterminé me plaît...

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lundi 14 novembre 2022

Piter FM ( film 2006)

Allez, après Halloween, on quitte doucement l'ambiance macabre pour un peu de comédie, ça fait toujours du bien. Je n'ai pas choisi le 14 novembre pour rien: Il y a un an jour pour jour, et après des mois d'incertitudes je posais enfin mes valises à Saint Pétersbourg... sans savoir que mon expérience allait tourner court dès fin février.😭

Je continue avec les films russes, cette fois une comédie contemporaine, pas inoubliable mais plutôt sympathique dans le genre tranche de vie. Le film est à petit budget et ça se voit, mais les acteurs s'amusent bien. Je vois qu'il a eu le prix du premier meilleur film au festival de Honfleur, donc il a été distribué en France, mais...je n'en avais jamais entendu parler.
Je l'ai vu coupé en morceaux, sur une plateforme très sympa , permettant de voir des films étrangers ( et en particulier de pays slaves) en VO et en étudiant le vocabulaire, mais la traduction et les fiches mémo qu'on peut se faire proposent par défaut une traduction en anglais, qu'on ne peut pas enlever.
Donc à part de se faire ses propres fiches sur anki ( ou en format paspier pour les adeptes du système " fiches et boîte à chaussures") la traduction de chaque réplique n'est qu'en anglais.
Ici: Piter FM


On ne cherche en rien à être original, les héros ont les prénoms tout à fait génériques de Macha et Maksim, mais ho, joie, ce n'est pas une histoire d'amour entre les deux ( on peut supposer que ça évolue comme ça après le générique de fin, ou de manière totalement différente, mais à chacun son opinion). L'important c'est de montrer le quotidien et les relations entre les gens dans uen rgande ville, en l'occurence Saint Pétersbourg. Et j'ai été ravie de voir sur l'écran, après mon retour, des endroits que j'ai visité. C'est tout à fait autre chose que de voir le film avant d'y aller.

A ma gauche, Macha, trentenaire farfelue qui travaille comme annonceuse sur Piter FM " Radio Piter", petit surnom familier de la ville de Saint Pétersbourg., une grande station de radio . Son travail consiste principalement à annoncer les prévisions météos, les conditions de circulation, présenter les nouveautés musicales et les sponsors, et annoncer les messages personnels et les disques à la demande. Bref rien de bien passionnant... une speakerine.
Macha est en stress ce matin là, elle doit aller avec Kostia, son fiancé, aller acheter sa future robe de mariée, réserver une voiture, etc..Macha et Kostia se marient bientôt, ce qui la met sous pression. A l'approche de ce grand changement, elle se demande si elle fait le bon choix. Elle et Kostia se connaissent depuis la primaire, sortent ensemble depuis des années et, leur relation est déjà enlisée dans le train train, usée.. le résultat de l'habitude. Elle le sait au fond d'elle et n'ose pas se l'avouer ni l'avouer à Kostia: elle l'aime comme un copain d'enfance, mais s'ennuie à mourir avec lui. Ou plutôt ce qu'il est devenu, un homme d'affaires obsédé par le temps, l'argent, la respectabilité, rugeux avec les gens pour montrer son importance... ne lui convient plus du tout. Or, rompre ou simplement mettre les choses à plat lui ferait de la peine et elle préfère lui mentir et se mentir pour "le ménager".
On sait tous très bien que se marier ou simplement continuer à sortir avec quelqu'un par défaut parce qu'on le connaît et qu'on ne veut pas le froisser, c'est une très mauvais idée - qui se soldera d'ailleurs par un divorce ou une séparation très rapide.
Macha est pétulante et originale, Kostia est routinier et soucieux des apparences, ils ne sont simplement plus fait l'un pour l'autre.

A ma droite Maksim: il est architecte, et vient de gagner un concours dont le prix était un emploi en Allemagne. Il a quelques jours pour faire ses valises et partir rejoindre son nouveau travail. Mais un départ aussi soudain demande beaucoup de démarches administratives qui l'ennuient et lui font reconsiderer la chose: veut-il vraiment quitter sa vie et ses amis? Il n'a objectivement aucune raison de rester: le travail s'annonce passionnant et lucratif, c'est l'occasion d'une expérience à l'étranger, et sa copine l'a plaqué peu de temps avant. Mais on ne quitte pas facilement Saint Pétersbourg.

Ces deux là ne vont PAS se rencontrer, en tout cas, pas physiquement, bien qu'ils en cessent de se croiser: Le matin même, sur le chemin du travail, Macha a perdu son téléphone portable, puis une fois au travail, elle a dédié un disque à la demande "à Maksim, l'architecte chanceux qui vient de trouver un travail en Allemagne, de la part de ses amis". Maksim écoute souvent l'emission matinale et entend l'annonce, mais il ne sait pas que le téléphone qu'il a ramassé le matin même sur le trottoir, perdu quelques secondes plus tôt par quelqu'un est celui de la dame de la radio qui vient précisément de lui dédier une chanson. Lorsqu'elle appelle son propre numéro pour savoir où est son téléphone et fixer un rends-vous pour le récupérer, il ne reconnait pas la voix de la radio. Et puis "Macha" ... il y en a des centaines à saint Pétersbourg. Pendant 3 jours, ils vont se fixer des rendez-vous qui tombent à l'eau, à cause du travail de Macha, d'un imprévu administratif de Maksim qui traîne en longueur, d'un pv...
Mais les discussions se prolongent, et il est parfois plus simple de raconter sa vie et ses problèmes à un inconnu. L'un comme l'autre se rendent compte au fil de ces parenthèses téléphoniques, que leurs vies ont pris un sens qui leur déplaît, et finissent pas se soutenir l'un et l'autre pour prendre leurs responsabilités et faire ce qui comptent vraiment pour eux.
Macha comprend que sa relation ne mène à rien et qu'elle doit rompre. Maskim comprend au contraire que sa vie actuelle lui plaît et qu'il ne veut pas en changer. Ils ont trouvé un interlocuteur leur permettant de faire le point, puisqu'ils n'arrivent pas à s'exprimer avec leurs proches.

Et au delà de ces deux là, en toile de fond, la ville est un personnage à part entière.
C'est une histoire d'amour oui... mais dédiée surtout à Saint Pétersbourg, chose que je comprends tout à fait.
Le jour même où j'y ai mis les pieds, j'ai voulu y rester. J'ai ressenti cet étrange phénomène de me dire " je suis rentrée chez moi". J'y avais passé 3  jours en 2016, et j'avais eu la sensation d'y avoir laissé un bout de moi, de ma conscience . Et là, je venais de le retrouver.
Le destin en a décidé autrement, et je peux vous dire que je n'ai qu'une idée en tête: y retourner et y rester vraiment. Le morceau de conscience qui y est resté cette fois est encore plus grand.

Donc un petit film très sympa, dont le vrai sujet est " reprendre sa vie en main", assez fûté pour ne pas conclure en casant obligatoirement ses héros - ce qui se passe après le film est laissé au choix de chaque spectateur - et qui m'a faite sourire parce que " haaaa mais je connais cet endroit, hooo mais j'y suis allée!".
C'est une comédie Russe, donc un style beaucoup basé sur ce concept d'un personnage en crise qui doit se remettre à flot. Ce n'est pas de la grosse rigolade, plutôt de la comédie qui fait sourire, en montrant par exemple à quel point les problèmes viennent d'une administration qui freine des 4 fers ( les français comprendront tout de suite " le laisser-passer A 38"), la "propiska" est un sujet inépuisable de malentendus et de contournements plus où moins légaux: il s'agit d'une inscription obligatoire sur son lieu de logement, héritée de siècles de nécessités d'indiquer sans cesse où on réside. Impossible d'emménager ou de quitter un apparement sans faire des démarches d'incriptions ou de désinscriptions. Et dans les grandes villes, à cause de la demande plus haute que l'offre, il faut souvent ruser. J'y reviendrai prochainement en parlant d'un film des années 20 qui avait déjà un quiproquo à ce sujet.

un film avec un split screen (ça reste encore la manière la plus simple de montrer deux personnes au téléphone ou ce que chacun fait de son coté en attendant l'autre... au mauvais endroit)


vendredi 11 novembre 2022

A l'ouest, rien de nouveau - Erich-Maria Remarque

Voilà un titre qui a attendu très longtemps, et pourtant il me tentait beaucoup. En fait, je l'avais en réserve depuis 2018, pour la thématique Grande Guerre, mais la reprise d'études très intense a repoussé la lecture.

Et puis voilà, en cette période macabre, pourquoi ne pas conclure le mois halloween avec une horreur, une vraie de vraie horreur, à côté de laquelle n'importe quel roman d'épouvante ferait pâle figure?
Une horreur encore plus glaçante car elle est réaliste et... terriblement d'actualité sur le front est ( au moment où j'écris, je me fais un sang d'encre pour mes amis russes qui sont mobilisables).
La guerre a changé de forme, on n'en est plus aux tranchées, mais le principe est le même: n'importe qui risque d'y être envoyé, même les réformés, même les inaptes, même les objecteurs de conscience, du moment que ça fait de la quantité sur le front, peu importe s'ils ne sont que de la chair à canon.

le livre a été un succès, réédité maintes fois avec différentes couvertures, voici celle que j'ai.
Une version assez ancienne, dénichée en boîte à livres.

Entre nous c'est un livre où il vaut mieux ne pas s'attacher aux personnages, dans la mesure où ils peuvent d'une page à l'autre passer de vie à trépas.

On y suit le narrateur, Paul, et ses camarades de classe. Ils ont 19 ans, devaient finir le lycée, et continuer leurs études ou travailler, et ont été poussés par leur professeur principal, nommé Kantorek, par la société, par leurs familles même à s'engager " volontairement" pour aller sur le front. On est entre 1914 et 1918. En Allemagne. on leur a parlé d'héroïsme, de défense de la patrie ... rappelons que tout ce bordel européen est venu de l'assassinat par un terroriste serbe, d'un lointain parent du kaiser autrichien.. Qu'avaient à voir l'Allemagne ou la France dans l'histoire? Simplement des traités d'alliance avec les pays qui les premiers ont décidé de se mettre sur la tronche. Les allemands du livre, comme els français de.. par exemple dorgelès, sont allés se faire trouer la peau, parce qu'un serbe qu'ils ne connaissaient pas a trucidé un autrichien qu'ils ne connaissaient pas... et c'est exactement l'absurdité de la situation qui va être mise en avant. ceux qui parlent le plus fort d'héroïsme sont précisément, ceux qui restent dans les bureaux , au lieu d'aller risquer leurs vies dans un pays étranger ( l'action se passe sur els tranchés, du côté du nord Pas-de-Calais)

Et dès le premier chapitre, le ton est donné, c'est jour de fête pour la compagnie où ils se trouvent. Les rations de nourriture et de tabac sont doublées. Pas pour que les soldats soient en forme, mais parce que la veille, la moitié de la compagnie a été tuée dans un bombardement, et personne n'a prévenu le cuisinier. Ils sont donc au front depuis suffisamment de temps pour ne plus s'attrister d'un événement pareil, mais simplement profiter de l'aubaine, touts en se disant qu'ils ont eu beaucoup de chance de ne pas faire partie de la mauvaise moitié.
Dans ce monde, il n'y a plus d'intimité, ou si peu et Paul ne nous cache pas que le soldats, constamment menacés, accordent une valeur inimaginable à des choses simples: admirer les coqueliquots ou faire une partie de cartes assis entre copains sur des toilettes portatives dans un coin de campagne ( la chose étant au final aussi normale que manger ou boire en public) plutôt qu'à 20 dans les latrines communes.

Est-ce à dire que l'empathie ou la compassion ont totalement disparu... pas vraiment, mais le dénuement est tel que lorsqu'un camarade est amputé et risque de mourir, on s'inquiète autant de lui que de sa bonne paire de chaussures: s'il meurt, elles vont être volées par les infirmiers; et s'il survit, il n'en aura plus besoin , c'est dommage de les laisser se perdre, alors qu'un autre pourrait les utiliser. Mais on soudoie quand même les infirmiers avec des cigarettes, pour qu'ils lui fassent une piqûre de morphine, ultra rationnée. La compassion est disons, limitée par la conscience qu'on ne sera peut-être soi-même plus là le lendemain, et l'instinct de survie passe devant le reste. A plusieurs reprises, la masse des soldats anonymes, dans leur tranchée est mise en parallèle avec celle des rats qui y pullulent et leur volent le peu de nourriture qu'ils ont. Les humains sont, par la volonté d'autres humains, devenus des rats, uniquement occupés  à tenter de manger et de dormir. Par fois, ils se remémorent leurs cours au lycée, la géographie, les mayths, l'histoires.. pour faire le constat que tout celà, la culture générale, ne sert plus à rien quand est ici.

Les pensées de Paul, qui se souvient de Kantorek, des pensées à la fois parfaitement rationnelles et terriblement amères, se soldent toujours par un constat d'échec: peut-on lui en vouloir personnellement? Il y a des milliers de Kantorek dans le pays, qui poussent les autres à aller se battre, mais ne s'engagent pas, eux. Le premier bombaredement a été pour eux la désillusion et le constat amer que Paul Valeruy avait défini " la guerre c'est le massacre de gens qui ne se connaissent pas , au profit de gens qui se connaissent mais ne se massecrent pas". Les professeurs, les bourgeois, le politiciens ont perdu toute crédibilité du jour au lendemain.

« Ils auraient dû être pour nos dix-huit ans des médiateurs et des guides nous conduisant à la maturité, nous ouvrant le monde du travail, du devoir, de la culture et du progrès – préparant l'avenir. Parfois, nous nous moquions d'eux et nous leur jouions de petites niches, mais au fond nous avions foi en eux. La notion d'une autorité, dont ils étaient les représentants, comportait à nos yeux, une perspicacité plus grande et un savoir plus humain. Or, le premier mort que nous vîmes anéantit cette croyance. Nous dûmes reconnaître que notre âge était plus honnête que le leur. Ils ne l'emportaient sur nous que par la phrase et l'habileté. Le premier bombardement nous montra notre erreur et fit écrouler la conception des choses qu'ils nous avaient inculquée. » chapitre 1.

Par la suite Paul continue à ne rien nous cacher: Le vol de poules et d'oies pour se nourrir, la chasse aux poux, le fait de devoir écrire aux parents d'un camarade d'enfance que celui-ci ne reviendra pas, l'impossibilité d'être en phase avec la société civile lorsqu'il part en permission (seule sa mère comprend ce qu'il ressent); le harcèlement exercé par les petits chefs; l'espoir d'être blessé perçu comme une chance de retour à la vie normale; la diffiulté à rester sain d'esprit dans ces circonstances.
Et parfois l'espoir de s'en sortir, oui.. mais pour faire quoi? Les plus âgés avaient un métier ( facteur, agriculteur, instituteur.. ) et pourront peut-être le reprendre s'ils s'en sortent vivant et pas trop amochés. Mais les autres, ceux qui sont passés directement de la salle de classe à l'armée, sans avoir eu le temps de réfléchir à un avenir professionnel, ou de découvrir ce qui leur plaît ou pas. Que faire, quand la seule chose qu'on a pappris dernièrement, c'est défiler et manier des armes, en mettant le cerveau au placard, à part peut-être une carrière dans l'armée pour devenir ensuite gendarmes? L'avenir, s'il existe, est bouché.

La version que j'ai lue ( et écoutée, en ce moment, je suis trop claquée pour simplement lire, ça me prend des plombes, donc j'ai fait comme les enfants, j'ai trouvé une version livre-audio, et j'ai suivi avec mon texte à la main, car il s'agit de la même traduction à peine modernisée par endroits) est vraiment pas mal. Je n'ai pas comparé le texte original avec la traduction, mais et c'est intéressant, on la croirait réellement sortie de chroniques françaises de la même époque. La traduction utilise exactement le vocabulaire d'argot des poilus. Au point que par moment je me suis demandée si les gens qui n'ont pas la moindre notion de ce vocabulaire ne vont pas nager entre le "marmitage" ou le " canon à rata".

Mais je trouve que cest très pertinent, et ici, la lecture en VF ne pose pas du tout de problème, d'un point de vue philosophique: Le même texte pourrait avoir été écrit de "notre" côté des tranchées. L'expérience côté allemand est similaire. Remarque a utilisé ses souvenirs de soldat pour écrire son roman, qui plonge réellement le lecteur dans le quotidien de soldats de la Première Guerre mondiale.
Les engagés " volontaires" n'étaient pas plus volontaires, que ce soit du côté triple entente ou triple alliance. La plupart étaient très mal informés des tenants et aboutissants de la guerre, et surtout de ce qui les attendait sur le front. La nationalité n'a pas d'importance, seule compte l'universalité de leur expérience et de leur ressenti. La majeure partie des personnages, hormis le narrateur et ses quelques proches, sont anonymes, désigné simplement par un surnom ou une caractéristique: la tomate (pour le cantinier rougeaud), le blondin ( pour une nouvelle recrue qui passe vite de vie à trépas)...

Et c'est terrible. il est imposible de lire ce roman sans être effaré par l'horreur, d'autant plus frappante que le narrateur, pour se protéger psychologiquement - une décompensation brutale est toujours possible - la décrit cliniquement, factuellement, voire ironise parfois à son sujet. Véritablement, je crois que j'ai rarement lu un roman aussi terrifiant ( et pourtant parfois étrangement poétique). 

Mais c'est là que je suis ravie d'être aphantasique et de n'avoir absolument aucune imagination visuelle.
Donc pour compenser, le" triptyque de la guerre" d'Otto Dix.


Un tableau très intéressant qui reprend la construction des triptyques religieux: le matin ( à gauche) les soldats partent au front, au milieu (jour) la bataille, à droite (soir) les survivants et les secours tentent de sauver les blessés qui peuvent encore l'être. En dessous, en lieu et place de gisants, sous une toile, ceux qui n'ont pas survécu.
Utiliser le format d'un tableau religieux pour un sujet pareil est tout sauf anodin, puisque ça revient à assimiler les soldats anonymes à des martyrs, et les infirmiers à des saints ( Dix a d'ailleurs peint son autoportrait en secouriste).  La crucifixion habituelle est remplacée par un squelette piteux qui désigne d'une phalange le champ de bataille.
Je ne sais aps de quel peintre ancien dix s'est réellement inspiré, mais pour moi, je le rapprocherait de deux tableaux de Mathia Grünewald: le retable d'Issenheim ( côté face pour la construction et le Jesus cadavérique) et pour les couleurs et le pandemonium, la visite de Saint antoine et sa Tentation ( côté pile du même retable)
Ha, ben tiens, il n'y a pas que moi qui ai vu un parallèle!

Succès éditorial, mais qui a valu a son auteur la fuite à l'étranger, et au livre, férocement pacifiste, d'être parmis les autodafé nazi (ce qui est presque un gage de qualité, ironiquement). Je vois qu'il a été critiqué par un certain Jean Norton Cru pour son outrance sanguignolante, son invraisemblance digne d'un non combattant... euh. donc retournez voir le tableau de Dix. L'objectif est moins de faire "réaliste" qu'allégorique, le roman est un pamphlet contre la guerre, dans toute son absurdité, dont les personnages se raccrochent au peu d'humanité qui leur reste en essayant de ne pas la perdre. Pour certains ce sera tenir compagnie jusqu'à la fin a un camarade agonisant, ou se serrer les coudes avec quelqu'un d'inconnu, mais qui compte soudain plus qu'un frère.
Pour l'agriculteur, ce sera qu'on abatte les cheveux blessés qu'il ne peut plus supporter d'entendre hennir de douleur.
Donc oui, l'auteur exagère sûrement, mais probablement comme quelqu'un de traumatisé dont les souvenirs empirent au fil des ans. Mais il faut croire qu'à son époque Norton Cru n'a pas trop prêté attention aux gueules cassées.

Une lecture qui compte donc pour le tour du monde ( Allemagne), la thématique germanique de mon mois Halloween, les classiques...
Ce mois ci c'est "classique d'un genre bien défini", donc pour moi " classique de guerre", ce qui est en plus une rareté pour moi, je m'aventure rarement dans ce genre de littérature. Et j'ai beaucoup aimé, puisqu'il s'agit d'un livre pacifiste. Je pense qu'on peut difficilement le liure et en sortir (ou rester) militariste. Tout comme on ne peut pas visiter le musée d'Hiroshima et en sortir militariste. Mais ne nous leurrons pas, les militaristes, pour éviter les dissonnances cognitives et de devoir changer d'avis, ne liront pas, et ne visiteront pas.

Et je vois qu'un film allemand ( enfin! les précédentes adaptations étaient américaines) est sorti ces jours ci. si j'ai l'occasion d'aller le voir en VOST, bien évidemment, pourquoi pas.
parce que brrr quand même, il n'y a pas de fantastique, mais c'est bien macabre.
et puis on retse dans mon fil directeur de ce mois-ci, germanique

classique de genre: classique de guerre, pour moi

11° livre et 9° pays: l'Allemagne ( VF)



ABC: lettre E pour Eric(h) ( variable selon les éditions)

jeudi 10 novembre 2022

Challenge des départements

Et deux d'un coup. Oui je sais...

Mais non content d'être illimité, il est rétroactif et je trouve que c'est une chouette idée.
C'est encore Pati qui l'a relayé donc je verrai ce que j'ai déjà validé sans vraiment le chercher. Soit que le département soit mis à l'honneur, soit que l'auteur y soit né

01 Ain

02 Aisne

03 Allier

04 Alpes de Haute Provence

05 Hautes Alpes Lacaff et Moriquand - Le bal des chimères ( Gap)

06 Alpes Maritimes

07 Ardèche

08 Ardennes

09 Ariège

10 Aube: Chrétien de Troyes -Yvain, le chevalier au lion ( ben.. Troyes)

11 Aude: François Faucon - La mort emprisonnée ( Bizanet)

12 Aveyron

13 Bouches du Rhône: Alexandre Dumas - Le comte de Monte-Cristo ( Marseille)

14 Calvados

15 Cantalé

16 Charente

17 Charente Maritime

18 Cher

19 Corrèze

2A Corse du Sud

2B Haute Corse

21 Côte d’Or

22 Côtes d’Armor

23 Creuse

24 Dordogne: Robert Merle - Fortune de france t1 ( Sarlat)

25 Doubs

26 Drôme

27 Eure - Pascal Quignard - Tous les matins du monde ( natif de Verneuil sur Avre)

28 Eure et Loir

29 Finistère

30 Gard : Marie France Versailles - sur la pointe des mots ( Uzès)

31 Haute Garonne

32 Gers

33 Gironde

34 Hérault: Robert Merle - Fortune de France t. 2 ( Montpellier)

35 Ille et Vilaine

36 Indre

37 Indre et Loire

38 Isère

39 Jura

40 Landes

41 Loir et Cher

42 Loire Honoré d'Urfé - L'Astrée (Forez)

43 Haute Loire

44 Loire Atlantique : Jules Verne - De la terre à la lune  (le Nantais le plus célèbre!)

45 Loiret

46 Lot

47 Lot et Garonne

48 Lozère

49 Maine et Loire

50 Manche

51 Marne

52 Haute Marne

53 Mayenne

54 Meurthe et Moselle

55 Meuse

56 Morbihan

57 Moselle: Erckmann - Chatrian - l'ami Fritz (le duo d'auteur est natif de Moselle)

58 Nièvre

59 Nord

60 Oise

61 Orne

62 Pas de Calais: Julie Maroh - Le bleu est une couleur chaude (Lens)

63 Puy de Dôme

64 Pyrénées Atlantiques

65 Hautes Pyrénées

66 Pyrénées Orientales: Prosper Mérimée - La vénus d'Ille

67 Bas Rhin

68 Haut Rhin

69 Rhône

70 Haute Saône .

71 Saône et Loire

72 Sarthe

73 Savoie

74 Haute Savoie

75 Paris Yslaire et Balac - Sambre ( Paris et les barricades de 1848)

76 Seine Maritime

77 Seine et Marne Vercors - Le silence de la Mer ( l'auteur a situé l'action dans la campagne de Seine et Marne)

78 Yvelines .

79 Deux Sèvres

80 Somme

81 Tarn

82 Tarn et Garonne

83 Var

84 Vaucluse: Pierre Boulle - Nouvelles ( né à Avignon, chez wam, ouais!)

85 Vendée

86 Vienne

87 Haute Vienne

88 Vosges

89 Yonne

90 Territoire de Belfort

91 Essonne

92 Hauts de Seine

93 Seine Saint Denis : Laurent Genefort - Les opéras de l'espace ( né à Montreuil sous Bois)

94 Val de Marne

95 Val d’Oise

971 Guadeloupe

972 Martinique

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973 Guyane: Y-M Clément: 12 contes de Guyane

974 La Réunion

976 Mayotte