Bienvenue amis curieux!

Pourquoi le Cabinet de curiosités?

Tout simplement parce qu'on y trouve un peu de tout, par ordre de pagaille. Cette idée de collection sans thème déterminé me plaît...

Vous trouverez donc ici un peu de tout, de ce qui fait ma vie, mes loisirs: musique, lecture, voyages, etc...
Bonne lecture

Qui passe par ici?

Flag Counter

jeudi 4 juin 2026

Le petit guide de Miss Percy ou comment élever un dragon britannique - Quenby Olson

 Alors  oui, j'ai vu que l'autrice st américaine, il n'empêche, je l'ai quand même intégré au mois anglais: l'action se passe en Angleterre, l'héroïne est très anglaise, la campagne où elle vit aussi et l'humour est so british... Et c'est un bonbon à déguster. Le bandeau que la bibliothèque à gardé dit en substance: si vous aimez le thé, les gâteaux, Jane Austen et les dragons, ce livre est pour vous. J'avoue ne pas encore avoir lu Jane Austen, mais avoir savouré ce pastiche fantastique, où une "vieille fille" anglaise des années 1820 hérite entre autres, d'un oeuf de dragon, légué par un lointain parent qu'elle a très peu connu.


Ca c'est une petite découverte conseillée par ma chef qui adore ce genre de livres: du fantastique (Cosy Fantasy officiellement, mais je le classe plus dans le fantastique, dans la mesure ou Miss Percy vit dans un environnement normal et a bi
en du mal à accepter l'irruption d'un dragon dans son quotidien), mais bourré d'humour volontiers absurde. Et dont le personnage central est une célibataire quadragénaire, qui n'a rien qui la distingue: pas de talent particulier, pas de capacité magique, c'est une femme absolument banale qui se retrouve dans une situation qui elle, ne l'est pas. Mais ça fait plaisir d'avoir une héroïne qui ne soit pas douée en tout, jeune et forcément jolie. Et en plus elle n'est pas, mais alors pas du tout du matin, rondouillarde et très portée sur les pâtisseries, au risque de faire craquer ses robes, ce qui me la rend encore plus sympathique! Et bien qu'effacée et subissant régulièrement le sale caractère de sa mégère de petite soeur, qui lui rappelle bien trop souvent qu'elle l'héberge gratuitement ( dans un coin de grenier inconfortable) en échange de l'utiliser comme bonne à tout faire gratuite, Miss Percy, au contact de son dragon, se sent elle aussi pousser des ailes. Et découvre qu'il n'est pas trop tard pour s'affirmer, ruer dans les brancards, et reprendre sa vie en main. Et s'autoriser un flirt avec un sympathique monsieur d'âge équivalent, malgré le fait que sa soeur lui rabâche sans cesse qu'elle n'a rien à attendre le vie et qu'elle est biologiquement périmée pour ce qui est de la descendance.

Le personnage masculin central n'est pas non plus un fier guerrier, un elfe, un magicien, forcément jeune et fringuant, mais un pasteur taillé comme une armoire à glace, quinquagénaire qui se dégarnit un peu. Et il est absolument chou, avec son sens de l'humour souvent absurde, voire plutôt noir!

Et ces deux-là vont se retrouver bien malgré eux "parents adoptifs" d'un dragon, rien que ça. Il y a évidemment une histoire d'amour, qui n'est pas le centre de l'histoire, mais au contraire prend beaucoup de temps à s'amorcer entre ces deux improbables héros d'un certain âge, sinon d'un âge certain pour l'Angleterre rurale des années 1820. Et c'est très rafraîchissant de voir que des héros, habituellement cantonnés aux rôles comiques ou de toile de fond, et qui plus est avoir droit à une vie affective dont les romans ne font en général aucun cas. Et en prime une histoire d'amitié entre Miss Percy, et Mrs Babbinton, la cuisinière, facilement sexagénaire ou septuagénaire du pasteur, qui partent à l'aventure en duo, à deux comtés de leur village. La mamie déclarant que malgré la fatigue et les embûches, elle ne s'est jamais autant amusée. L'aventure ne s'arrête pas à 50 ans, et tente aussi les vieilles dames!

Il y a évidemment des antagonistes: Mister Reginald Hawthorne, un fauché qui estime que l'oeuf de dragon devrait lui revenir, simplement pour ne pas.. mourir de faim, et se faire une rente pour pouvoir trouver une épouse, et Miss Belinda, la nièce de Miss Percy, manipulatrice, vénale et voleuse, en plus d'être globalement bête et de n'avoir pour elle que le talent d'user de son charme pour arriver à ses fins ( mal éduquée, il faut le dire). Mais Reginald est moins motivé par la vénalité que par les difficultés quotidiennes, et donc difficile à détester, et Belinda est menée par sa bêtise et le fait d'avoir 17 ans et d'avoir grandi dans un milieu qui n'offre aux filles qu'un riche mariage arrangé comme objectif de vie. Elle est aussi peu responsable (à tous les sens du terme) qu'un caniche de concours, qui doit être mignon, bien brossé et parader pour satisfaire les ambitions de son maître, ici de sa caractérielle de mère. Enfin, ça c'est à la base, vu qu'à force de tout se voire passer par tout le monde elle développe une personnalité de garce manipulatrice (qui était déjà en germe, c'est elle le vrai dragon de l'histoire, vu qu'elle est du genre à incendier les cheveux d'une autre femme parce que l'homme qu'elle vise a osé parler à ladite femme). avant d'opter pour Reginald pour des raisons purement sentimentales: l'amour du gain et de la notoriété quand celui-ci parle de l'héritage qui doit faire sa fortune, l'autosatisfaction de séduire un homme décrit comme un Apollon ( mais très très naïf et manipulable), l'ambition sociale d'une jeune mondaine campagnarde d'aller à Londres, et aussi, il faut bien le dire, le plaisir de faire rager sa mère et sa tante qui détestent ce type louche au premier regard. Voilà un personnage qui pousse loin le niveau de casse-burnerie .

autre chose que j'ai bien aimé: l'autrice ne se prend aps au sérieux, et rapelle régulièrement à son lectorat qu'on se trouve dans un roman léger, en cassant à loisir le 4e mur, du style " si on était dans un autre genre de roman, il se passerait ceci ou celà" " il entra dans la pièce, et si on avait été sur une scène de théâtre, il y aurait eu un jeu de lumière et une musique dramatique pour montrer que c'est un moment décisif", " elle imaginait les paysages du pays de Galles survolés par des dragons.. un décor qu'on pourrait imaginer accompagné d'une musique grandiose aux accents germaniques, avec beaucoup de cuivres". C'est le genre de connivence avec le lecteur qui me fait beaucoup rire ( j'ai pensé à Georges de la Jungle " et nous retrouvons notre héroïne, au brushing toujours impeccable après sa première nuit passée dans la jungle"). Tout le monde n'aime pas, mais ça m'éclate.

Deux autres tomes sont sortis, où Miss Percy part à la recherche d'autres dragons au Pays de Galles et milite pour la réintroduction des dragons, et évidemment que je vais les lire, c'est trop drôle et je veux savoir quelle taille va atteindre Fitz adulte, car pour l'instant, il a a peu près la taille d'un gros chat.

mercredi 3 juin 2026

UK in a bad way - James Harvey ( BD)

 Et hop, l'an dernier j'avais fini avec un peu de punkitude, mais après les jolis lapinous de Watership down, je replonge dans l'esprit punk.
Cette BD m'est tombée toute rôtie à la fin du mois anglais 2025, donc j'ai pris beaucoup beaucoup d'avance pour la lecture. Voilà le premier sujet du mois anglais 2026, lu et rédigé en juillet 2025!


Et c'est assez difficile à définir, et même à comprendre. Pourtant j'ai bien aimé.

On y suit les pérégrinations de Jin, jeune coréenne venue étudier l'art à Londres. Elle ne s'y plaît pas spécialement, et ça se comprend: dès les premières pages de la BD, elle assiste à un suicide, un homme se jette sous un bus devant des yeux, mais elle ne compte pas rentrer pour autant même si elle n'aime pas l'atmosphère de Londres. C'est toujours mieux que de retourner à Séoul. En effet, c'est une fille de la haute société, ce qui est logique: qui en Corée aurait assez d'argent pour payer à sa fille des études d'arts dans l'une des villes les plus chères d'Europe. Mais ce fait même la met mal à l'aise: devoir dépendre de la fortune de ses parents la met mal à l'aise, elle qui est punkette et voudrait oublier son rang social d'origine. Alors elle se trouve des excuses: oui elle se promène avec un manteau en vraie fourrure de gorille, mais elle l'a acheté aux puces et fait retailler, ce n'est pas comme si elle cautionnait la fourrure, et puis comme ça le singe n'est pas mort en vain, puisque sa peau a été utilisée deux fois, et puis elle l'a customisé, etc... Oui elle étudie l'art grâce aux sous de papa et maman, mais comme elle rejette l'art bourgeois, dont Banksy sur lequel elle a des vues totalement à contre courant ( et surtout sur les fans de Banksy, bourgeois qui s'achètent une bonne conscience en clamant le génie d'un type qui fait de la dénonciation plutôt molle. Euh, là je ne peux pas lui donner tort. Banksy c'est sympa, mais ça ne casse pas trois pattes à un canard non plus.)

Et donc un jour qu'elle erre, elle rencontre Edward, mi SDF, Mi magicien de rue. En discutant un peu ils se rendent compte que leurs vues sur l'art se rejoignent, du moins s'ils ne sont pas d'accord sur tout, au moins ils peuvent avoir une discussion sur l'objectif de l'art qui vole un peu plus haut que la moyenne. Et vite ces deux punks deviennent amis. Jusqu'au jour où Jin ouvre son manteau chaud à Edward, puis lui prête 500 livres pour qu'il s'achète des vêtements afin d'aller passer un entretien d'embauche qui pourrait le sortir de la rue. Et.. disparition d'Edward. On se dit qu'il a profité de la pigeonne pour lui soutirer de l'argent, mais.. ce n'est pas exactement ça.
En recherchant Edward, Jin finit par se rendre compte qu'elle est tombée dans un piège, tendu par des " artistes" qui ont fait d'elle et de son amitié avec Edward la pièce centrale d'un happening. Ils sont précisément ce que Jin déteste: des bourgeois richissimes qui ont fait d'un sentiment d'amitié réelle le sujet d'une exposition de photos, se sont approprié le manteau donné, vont jusqu'à s'approprier des phrases qu'elle a dites. Est-ce qu'Edward est complice ou a été manipulé lui aussi, on ne le saura pas. Mais ce vol de propriété intellectuelle, cette hypocrisie, ce côté factice est vraiment ce que Jin considère comme le mauvais côté de l'Angleterre: UK, in a bad Way!

Et on peut dire que l'auteur ne fait pas dans la demie mesure quand il s'agit de se moquer du marché de l'art, des apprentis artistes avec leurs provocations à deux ronds ( et Jin n'y fait pas exception, puisque si elle déteste l'hypocrisie, elle fait quand même preuve d'une énorme dose de mauvaise foi pour essayer de résoudre la dissonance cognitive qu'elle a, entre sa couche sociale d'origine et le prolétariat qu'elle idéalise et dont elle voudrait faire partie.. tout en participant à des fêtes d'étudiants nantis où l'alcool et la kétamine sont un rite de passage).  Il a aussi la dent dure sur la société sous surveillance ( très 1984) qu'est devenue l'Angleterre, avec son nombre record de caméras de surveillance.

Mais dans l'absolu, je pense que c'est une BD qui ne parlera pas à tout le monde, c'est plus un collage d'impressions et d'instantanés de la vie d'une étudiante étrangère et bourgeoise en rupture avec sa société qu'un vrai récit qui vise un objectif clair (ceci dit, c'est réaliste: dans la vie, les rencontres et les amitiés se soldent souvent par des déceptions, des ruptures brusques ou progressives, et si la vie quotidienne suit un scénario, il est parfois surréaliste et souvent un rien moisi, sans queue ni tête). Mais oui, j'ai bien aimé, le dessin est sympa (la BD est en fin de compte plus punk dans sa narration que dans son graphisme en fait)

mardi 2 juin 2026

Portrait of a londoner - Virginia Woolf

 Héhéhé, une petite ( très petite ) lecture en VO ce mois ci! L'an dernier j'avais lu Paola ( en VF) de sa co,soeur, copine et plus si affinité, Vita Sackville-West, c'est donc au tour de Virginia.

Malgré son importance littéraire et sa célébrité, je n'en avais pas encore eu l'occasion, donc comme ce minuscule livre s'est frayé un chemin jusque sur ma table au travail pour y être couvert et préparé pour la mise en lecture publique, autant en profiter.



Et quand je dis minuscule, il fait 48 pages, donc plus de la moitié sont des informations sur l'autrice, son époque, son style, le contexte , des infographies sur le vocabulaire et les temps verbaux de la nouvelle, des jeux destinés au lecteur, et des pages de prise de note. Il s'agit en effet d'une édition destinée aux gens qui apprennent l'anglais et veulent ( ou se voient contraints de) lire quelque chose en entier pour leurs études.

Difficile de résumer une nouvelle aussi courte, disons que le contenu est totalement raccord avec le titre: c'est le portrait et la vie quotidienne de mrs Crowe, vieille dame londonienne qui tient salon chez elle. Même si elle sort peu, elle a quand même une vie sociale intense, car elle reçoit quotidiennement la visite de pas mal de monde avec lesquels elle partage la passion des cancans et potins. Tout le monde vient lui amener les informations sur tout le monde directement chez elles, c'est donc moins par manque de goût pour les sorties qu'elle reste chez elle, que parce qu'elle n'en a pas besoin: elle sait tout sur tout et tous, sans avoir à bouger. Au contraire, quand elle sort, elle semble vaguement déplacée, mal à l'aise.

J'ai bien aimé les petits traits d'humour discrets de l'autrice: mrs Crowe correspond à son nom, toute de noir vêtue, et attendant de se repaître de bribes d'informations croustillantes. Il lui arrive aussi de se promener à la campagne dont elle est issue, mais " difficile de l'imaginer avec sa robe noire un peut élimée et son voile dans un champ de navet" ( heu sisi, les corbeaux sont faciles à imaginer dans un champ)

Bref, c'est une première découverte, qui m'a pris moins d'une demie-heure ( et pourtant pas dans les meilleures des conditions: entre deux heures de service public, par une chaleur étouffante, avec des allées et venues, un samedi après 4 nuits de mauvais sommeil, donc un bon lecteur en anglais, tranquille chez lui avec un boisson fraîche en a pour 10 minutes, un quart d'heure au mieux)
Mais ça m'a donné envie d'en savoir plus et d'aller voir à l'occasion ce que l'autrice a écrit d'autre. Si je trouve d'autres nouvelles, pourquoi pas ( je ne me suis jamais attaquée à James Joyce précisément parce que Dubliners et Ulysse sont des pavés et que j'ai plus de goût pour les formes concises)