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lundi 22 juin 2026

In Memoriam David, Keith, Greg, Pete et George

 Il était inconcevable pour moi de passer le mois anglais 2026 SANS faire un petit sujet musical dédié à ceux qui me manquent beaucoup depuis 2016. 
Trois anglais en particulier, même s'ils sont loin d'être les seuls a avoir tiré leur révérence pendant cette horrible année 2016. Brr rien que d'y repenser...

Evidemment, le premier par ordre de heu.. disparition, c'est David Bowie

L'an dernier , j'avais sélectionné Ziggy Stardust parmi les 5 disques que j'ai mis en avant, je voulais cette fois selectionner Hunky Dory qui est énorme. 
Oui, mais..
Ca m'obligeait à laisse de côté quelques titres issus d'autres disques que pourtant je kiffe.
Donc c'est parti pour mon top 5 personnel, parce que

Pas forcément dans l'ordre, voilà mon podium, qui ne sera pas très original.

N°1 Life on Mars? 1971 extrait de Hunky Dory ( comme quoi)


Cette chanson est aussi dingue que l'histoire de sa création. En 1968, David Jones, jeune chanteur prometteur , se voit confier une adaptation en anglais de "Comme d'habitude". Mais sa proposition ne convainc pas les auteurs français qui refilent le projet à Paul Anka, lequel en fait un tube planétaire, en particulier dans la version de Frank Sinatra. David l'a mauvaise, ça se comprend, il se venge donc avec une autre chanson qui reprend la même suite d'accords , avec quelques petites subtilités, et qu'il conçoit comme "une version parodique de My Way" ( et donc de Comme d'habitude, aux paroles absurdes, qui parle littéralement d'une fille dingue de cinéma, mais qui est déçue par des scénarios trop répétitifs.. Bon, c'est donc bien une question d'ennui et d'habitude, si on veut)
Mais avec Rick Wakeman de Yes à la partie piano, et l'arrangement de cordes de Mick Ronson ( pourquoi c'était une première, le gars est bon!) quelle pépite.


Et qui d'autre pouvait garder un charisme certain avec une coupe mulet rousse, un épais maquillage bleu vif, un costume bleu pastel, une cravate rayée de rouge et en insistant sur sa particularité physique - en même temps il aurait eu tort de se priver, il avait des yeux splendides.

N°1ex aequo - Space Oddity 1969 extrait de David Bowie. 

 Je ne peux pas la mettre en 2° c'est impossible et surtout dans sa version acoustique de 1972.  Sujet spatial ( ha, la bonne époque où on pouvait faire autre chose que des chansons d'amour et/ ou de rupture) et pari réussi, puisque la musique me fait totalement planer. Je ne suis pas assez versée en harmonie pour décrypter ce qu'il s'y passe mais ces accords sont aériens, ce qui est un paradoxe, puisqu'il n'y a pas d'air dans l'espace et c'est bien le problème du Major Tom qui est en fâcheuse posture suite à une défaillance des circuits, mais prend son sort avec philosophie. Tant qu'à mourir,  autant que ce soit en regardant la planète bleue.


et c'est peut-être ce risque que l'astronaute canadien Chris Hadfield avait en tête lorsqu'il a interprété la chanson dans l'ISS, en faisant donc la première chansons enregistrée dans l'espace en 2013. Avec une petite modification: Major Chris n'a pas de problème de circuits, mais sa mission est finie et il doit redescendre sur terre. Un pur moment de poésie, suspendu dans l'espace.

Apparemment la société de production  qui possédait les droits a voulu faire retirer la vidéo au bout d'un an, pour une question de copyright limité à un an, et ce malgré la volonté de Bowie qui a adoré cet hommage, de la laisser accessible en ligne sans payer de droit. Etrangement c'est une des seules chansons de  Bowie dont il ne détenait pas les droits. La vidéo a disparu, a été remise en ligne.. et est toujours visible, donc ils ont du finir par accepter que l'enregistrement ait tellement marqué les mémoire et reste public. Ce serait dommage de priver les terriens de cette merveille.
Et Chris Hadfield est au passage un type très drôle et excellent vulgarisateur scientifique.

N°3: The Man who sold the World ( 1970, extrait de The Man who sold the World.
Et c'était la face B de la version 45 tours de Life o Mars?
Quand ta face B est meilleure que les faces A de la plupart de tes contemporains :D
Et là encore, on est loin de la chansonnette d'amour, c'est une ambiance fantastique où un personnage rencontre son double.. ou son vrai moi, duquel il s'est éloigné.




Là encore j'ai une préférence ( minuscule) pour la très bizarre version live avec le regretté Klaus Nomi en choriste de luxe. Et la bizarrerie des costumes ajoute à la musique hypnotique ( étrangement coupé en petit bouts ici...mais qui met en avant la qualité de narrateur de David, qui décidément aime raconter des histoires dans ses chansons.

4 - The Jean Genie 1972, extrait de Aladdin Sane.
J'avoue que c'est aurant pour la chanson que pour l'anecdote qui va avec. L'affaire "Comme d'habitude" a montré les liens de Bowie avec la culture française, the Jean Genie confirme.
Pour les français que nous sommes, le riff d'intro est familier.. et pour cause c'est une citation presque note pour note de La fille du père Noël de Jacques Dutronc.
Mais ce côté bluesy me plait énormément 


5 - Heroes , 1977, extrait de Heroes. Forcément quand David bosse avec Brian Eno et Robert Fripp, c'est un tube irrésistible. Et dédicace à mon collègue Loïc, un peu plus jeune que moi, qui découvre ou redécouvre des chansons qui lui étaient un peu passées au dessus via Stranger Things. Je n'aime pas les séries , donc je ne l'ai pas suivie, mais j'ai vu que ka BO était aux petits oignons, et donc si ça permet de faire écouter ou réécouter des la bonne zique à une auditoire plus large, c'est toujours bon à prendre!


Je disais précédemment que j'aimais bien la voix de untel ou untel. David Bowie, paradoxalement n'a pas une voix que je trouve mémorable, MAIS c'est tous le reste qui compte: son talent multi dimensionnel, en tant qu'auteur-compositeur, acteur, et son audace veisuelle. Le genre au delà des modes, donc.. indémodable. C'est bien simple quand je vois sur un média quelconque des gens pousser les hauts cris " Holala Machin est arrivé en robe sur un plateau télé, quel scandale!" ma réaction est 9 fois sur dix " mouais, rien de nouveau, David Bowie l'a fait i y a 50 ans et avec beaucoup plus de classe" :D

Allez, encore une vidéo, mais là, c'est un montage de divers enregistrements vidéos sur la piste du disque,   puisqu'à ma connaissance ils n'ont a pas chanté ensemble sur scène, mais comment passer à côté d'Under pressure:
N° Inclassable parce que David Bowie ET Freddie Mercury quand même :)


Et les Deuximes et 3 sont indissociables puisqu'il s'agit de Keith Emerson ( mort le 11 mars 2016) et Greg Lake ( le 7 décembre 2016). Deux personnes d'un même trio la même année, punaise,c 'est raide...
Keith Emerson s'est malheureusement suicidé suite à des dégâts irréparables à une main, autant dire la fin de tout pour un pianiste.n Même si je trouve ça triste, dans le fond, je peux comprendre. Greg Lake est lui mort d'un cancer, mais je pense que la disparition en début d'année de son pote a été un très sale coup pour lui.
Donc, un double hommage, je disais dans le précédent sujet musical que je mets facilement Greg Lake dans mon top 5 des belles voix du rock, vous allez vite comprendre pourquoi. 
De plus, tous deux et Carl Palmer étaient déjà des musiciens phénoménaux avant de former ce qui est considéré comme le premier super groupe de l'histoire. Donc des pointures, dotés d'une solide culture à la fois classique, rock, jazz...

Là encore, juste des morceaux que j'aime bien ou dont je pense qu'ils sont représentatifs de ce pourquoi je kiffe ces musiciens
Keith Emerson en piano duo avec la légende du piano Jazz Oscar Peterson, ça swingue de malade! ( avec Carl Palmer aux fûts en plus :D)

 

Rondo ( 1971), juste parce que c'étaient les années 1970, et que Keith Emerson s'éclatait sur scène à chercher les sons les plus bizarres possibles en retournant son clavier, en jouant à plat dos, en coinçant des couteaux entre les touches, grimpe dessus. Et c'est ça aussi que j'aime, on a beau connaître les versions studio, déjà bien barrées, visiblement sur scène c'était l'inattendu qui pouvait surgir à tout moment. Ceci dit le clavier, c'est de la qualité, il fonctionne encore après! ( ceci dit, cette séquence d'attaque à main armée est , je pense mûrement planifiée et réfléchie, il a l'air de savoir très exactement où coincer les lames et le côté spectaculaire a dû être longuement préparé en amont)


Allez, un peu de trio ( où l'on découvre d'où vient l'énergie colossale de Keith: dopage, il a une bouteille de rouge, et p'têtre même un sandwich sur le côté du clavier et ça me fait marrer. Et ce qui en ressort, c'est que à l'opposé de l'image très sérieuse que peut avoir le Rock Prog' vu depuis 2021, c''est une musique fun. Ici, pleine de références musicales, et les musiciens s'amusent. Vraiment. Surtout Greg avec sa basse qui a vraiment l'air de passer un excellent moment.

Donc Greg Lake, je vous ai dit que je le classais parmi les plus belles voix du rock, mais là, il n'a fait que jouer de la basse. Maintenant, voilà pourquoi je trouve que ce monsieur était vraiment hors du lot. Il était aussi à l'aise en trio sur des rythmes endiablés que seul sur une grande scène, avec une guitare 12 cordes et sa voix, devant une foule monstrueuse. Et arriver à être détendu quand on est musicalement à poil devant tout le monde et à ce que cette foule l'écoute fascinée ce n'est pas donné à tout le monde. c'est la vidéo que je choisis en général pour faire entendre aux gens le son si riche de la guitare à 12 cordes ( puisque là il passe ensuite à la 6 cordes plus courante)
Et en tant que chanteuse amatrice, je suis épatée de le voir mâcher un chewing gum en chantant sans que ça en s'entende  - ou qu'il ne s'étrangle!. I y a une raison: il chante en plein été, en extérieur, en Californie dans un climat très sec, et c'est une nécessité pour ne pas avoir la bouche trop sèche ( j'ai vu Pavarotti le faire aussi..). Et cette version acoustique est bien meilleure à mes oreilles que celle du disque.

On touche là du doigt exactement la raison pour laquelle je ne peux pas accrocher à la majeure partie de la musique et des chanteurs actuels. On a là quelqu'un qui a une voix presque parfaitement juste ( tout est dans le presque), modulée, riche en harmoniques, qui peut facilement passer du pianissimo au forte, en bref une voix expressive que toute tentative "d'amélioration" par autotune rendrait peut être parfaitement juste, mais surtout artificielle et fade. C'est dans les imprécisions que réside le côté humain.

Et donc, juste après cette voix pure et cristalline comme un lac anglais ( oui, je ne pouvais pas ne pas faire un jeu de mots sur ce nom, il fait si chaud ces jours-ci..), le même chanteur. Si, si...voilà pourquoi je disais qu'il sortait du lot. 

Allez, Hop, un autre ballade, réinterprétation prog rock des Tableaux d'une exposition de Moussorgsky... juste histoire d'enfoncer le clou sur l'expressivité et la richesse harmonique de la voix. Magique!
Dans les commentaires quelqu'un indique que la partie centrale est un morceau d'études intitulé Lagrima de  Francisco Tarrega, souvent appris au niveau intermédiaire en cous de guitare classique. et donc on a un guitariste de rock anglais qui glisse un morceau espagnol d'examen de conservatoire en guitare classique au milieu d'une pièce adaptée d'un compositeur classique russe. J'aime cet état d'esprit éclectique.

Hop, encore autre chose. Keith Merson joue de la harpe sur les cordes de son piano, on rajoute une nappe sonore de basse, quelque pling pling subtils de cymbale, un peu de jazz, un peu de contemporain, un peu d'ambiance hippie, un peu de country, le piano qui pour moi évoque bien des petits galets dans une rivière, la petite citation inattendue de la Marseillaise, l'impro dans la bonne humeur... ces gens aiment ce qu'ils font, s'amusent et en tant que spectatrice, je kiffe!

A part ELP; Greg Lake a aussi officié en tant que chanteur et bassiste pour King Crimson, et non seulement j'aime beaucoup le disque in the Court of the Crimson King, mais en particulier I talk to the Wind, le duo vocal, la flûte, la clarinette, la batterie discrète, le vibraphone, c'est un bonheur ce morceau. audio parce que c'est vraiment cette version que j'aime le plus.

Pour l'anecdote, il y a une chose que j'aime bien faire, depuis que j'ai eu un walkman dans les années 1990 c'est écouter de la musique que me promenant. avant l'avènement du mp3, on était limités par la radio et les cassettes. Depuis, c'est beaucoup plus simple de trouver LE morceau qui convient à un moment précis. Et donc celui -ci je l'ai écouté un jour de décembre 2007, en voyage à Londres, à la nuit tombée lors d'une promenade en bateau sur la Tamise. C'est depuis tellement imbriqué dans ma tête, que l'écouter me procure à chaque fois la même sensation de joie et de tranquillité absolue, de fraîcheur de l'air, de crépuscule. Parfait pour cette étouffante soirée.

Et puisque je parle de décembre Greg Lake a aussi signé une ses seules chansons de Noël ( ou plutôt d'anti Noël, vu les paroles), que je tolère. Sa voix, sa guitare et la teneur un peu hippie et un peu sarcastique du texte y sont pour beaucoup. Sa bonne bouille de lutin très chou aussi, franchement ce gars-là a eu l'air jeune pendant très longtemps.



Et bien sûr pour le mentionner, Carl Palmer le batteur est toujours vivant, en forme ( vu le sport qu'il fait!) et toujours un méga crack de la batterie.

Après je mentionne plutôt pour la forme Pete Burns de Dead Or Alive ( mort en octobre 2016) et George Michael  ( décembre 2016), bien que je n'étais pas spécialement fan de l'un ni de l'autre. J'avais plein de pote dans les années 90 qui adoraient George Michael, et bien que je reconnaisse son talent, je n'ai jamais accroché plus que ça à son style musicale, à part peut être Killer/Papa was a Rolling Stone, Faith pour son mélange de musique religieuse et pop rock, et quelques trucs de l'époque Wham! C'est très festif, mais pas spécialement ce que j'écoute souvent . Faudra que je l'écoute plus attentivement pour voir si ça passe mieux qu'avant.

dimanche 21 juin 2026

Fête de la musique, spéciale GB!

 Cette année, je n'ai pas fait de sujet spécifique type " album de la semaine", ni focus sur un groupe ou un musicien, j'ai gardé pour aujourd'hui la sélection musicale de ces derniers jours.
Et comme il fait trop chaud pour sortir écouter des concerts, mais vraiment trop chaud . Dédicace spéciale aux gens qui participent au Hellfest depuis jeudi. Franchement un programme avec Deep Purple, Iron Maiden et Alice Cooper, j'aurais surkiffé. Donc je me suis fait ces jours-ci mon mini festival rock/ metal en écoute 

Donc si ça vous tente, voilà ce qu'il y avait dans mes oreilles ( du moins la sélection britannique) ces jours ci:

Juste parce que Judas Priest est le premier dans la liste et que le look " père Noel à clous" de Rob Halford ces temps -ci m'éclate énormément. Rock on!
Bonus, ça me fait particulièrement plaisir de mettre en avant quelqu'un qui a réussi a se sortir de l'alcool et de la drogue. C'est une cause ultra-importante pour moi, et j'aime mentionner des exemples de gens qui ont réussi parfois en revenant de très loin, plusieurs proches et amis n'ont pas voulu reconnaître ce problème à temps et n'ont pas même cherché à s'en sortir puisque " je m'arrête quand je veux, je ne bois/ fume pas tant que ça" (1 litre de rouge par jour et 3 paquets de clopes, c'est " peu"?). 
Et si on peut soutenir quelqu'un dans sa démarche, personne ne peut la faire à sa place.  Bravo,Rob!


Judas Priest, Killing Machine ( heavy metal, 1978), un groupe de Birmingham que j'ai en fait assez peu écouté . Je connaissais surtout British Steel, leur opus suivant et leur plus gros succès. Killing Machine est sympa, mais sonne par moment très Deep Purple, Led Zep ou Black Sabbath. Je pense que ça vient pour beaucoup de la voix de Rob Halford ( un excellent chanteur au demeurant) qui par moment sonne très proche de celle de Ian Gillan, et des orchestrations très .. ben seventies. C'est particulièrement sensible sur le 1° titre " delivering the goods" (si je l'avais entendue à la radio, j'aurais pensé que c'était Gillan ou Rbert Plant) Et c'étaient encore leurs débuts, ils cherchaient forcément leurs marques et sonnaient un peu comme leurs modèles - et il y a pire comme modèle que Deep Puple ou Led Zep.

ELP : Brain Salad Surgery ( rock prog 1973), trio formé à Londres, et considéré comme un des premiers supergroupes vu le niveau de dingue de chaque musicien. 
J'adore ce disque qui est véritablement une expérience. Une chose qui m'éclate particulièrement, c'est de voir des gens du XXI ° siècle faire un vidéo réaction sur leur première écoute, et se demander " est-ce que j'étais prêt pour ça?". La réponse est non. On n'est jamais totalement préparé à une première écoute de ELP. Brain Salad Surgery est loin d'être le disque le plus facile d'accès, mais en même temps, autant se frotter directement à la difficulté. Il m'a fallu plusieurs écoutes avant d'arriver à comprendre la logique de cet OVNI, et c'est maintenant un de mes disques favoris, précisément parce qu'il m'a donné du fil à retordre au début 
Et la voix de Greg Lake 💓. Je disais que Rob Halford Chante bien, je parlais de Robert Plant et Ian Gillan, j'adore celle de Steve Perry, ou Meat Loaf,tous dans des genres variés. Mais Greg Lake rentre dans mon top 5 vocal rock avec Prince, Bruce Dickinson, et Freddie Mercury ( je laisse la 5° place libre, au gré de mes envies) c'est dire.

Whitesnake - Trouble ( blues rock, 1978): en l'honneur de David Coverdale qui a officiellement pais sa retraite musicale l'an dernier. Ca ne pouvait qu'être bon avec Jon Lord ( clavieriste de Deep Purple, et pilier du groupe:  pour moi c'était LUI le responsable de la patte Deep Purple, et forcément ça se répercute sur Whitesnake) et  D Coverdale qui a aussi chanté dans Deep Purple.

The Toy Dolls - Dig that groove baby ( punk 1983), du punk rigolo, avec l'accent de Sunderland ( donc pas loin de l'Ecosse) Je découvre aujourd'hui qu'ils sont considéré comme faisant du "Punk Pathétique" ( ou fun -punk), pas parce qu'il fait pitié, mais parce que c'est le nom donné à un mélange de punk, d'humour et des thèmes sociaux. Ptain, je kiffe cette idée!

Depeche Mode  - Violator ( Electro/ New-Wave, 1990), j'avais envie! Quand même il y a sur ce disque Personal Jesus et Enjoy the silence. Eux sont de Basildon.

The Cult - Dreamtime ( post-punk, 1984), là aussi, j'avais envie de revenir aux débuts du groupe ( issu de Bradford) parce que je les kiffe et que ça fait du bien de ressortir des disques de mes étagères.

Le hasard à fait que j'ai presque classé tout ça dans l'ordre chronologique, mais j'ai surtout cherché des gens venant de régions différentes en fait. Et j'ai voulu éviter les évidents Beatles, Rolling Stones, Pink Floyd, Queen ( voui!), Iron Maiden ( re voui!), Elton John, ou David Bowie.. mais vous ne serez pas à l'abri très longtemps, j'ai plein de choses dans ma liste à écouter :D

samedi 20 juin 2026

Prehistoric park ( 2006, documentaire science (fiction)

 Puisque j'ai un peu évoqué Nigel Marven en marge de son aîné et confrère David Attenborough  l'occasion de ce mois anglais, j'ai eu envie  de parler de ce documentaire animalier hybride très curieux, qui fête cette année ses 20 ans.

Hybride, parce qu'il prend ouvertement l'option de la science-fiction pour mieux parler de science de manière humoristique (on est dans quelque chose de volontairement décalé) mais de scientifiquement correct, du moins à l'aune de ce qu'on savait il y a 20 ans. Car oui, certaines informations sont obsolètes, même au sujet de biotopes datant de plusieurs millions, voire centaines de millions d'années, les connaissances se sont bien affinées en 20 ans, et ce documentaire de vingt ans d'âge est maintenant... vintage.

Il y a une chose que je ne crois pas encore avoir dite ici, c'est ma passion de toujours pour la paléontologie et la géologie (lors de mes précédentes vacances, j'ai passé des heures, mais vraiment des heures dans la galerie de paléontologie de Paris et à l'institut de science naturelle de Bruxelles, à admirer les iguanodons de Bernissart).

Donc dès que ça parle de paléontologie, que ce soit Le petit dinosaure et la vallée des merveilles, des podcasts pointus, en passant par ou les vidéos de vulgarisation de Simplex Paléo, Alexis Da Costa et Cedrik jurassik, du plus sérieux au plus farfelu, je surkiffe.

Et bien sur les documentaires de la BBC, que j'ai vu et revus.

C'est parti :imaginons que grâce à la science, on puisse créer un zoo préhistorique... hum ça rappelle un roman adapté en petit film "indépendant", "peu connu", où les dinosaures sont recréés via le sang pompé par un moustique fossilisé dans l'ambre.

Mais si l'idée générale est similaire, la manière d'y parvenir est très différente.

Jurrassic Park était un film de SF et d'aventure qui tordait beaucoup mais alors beaucoup le cou à la plausibilité scientifique ( recréer tout un zoo dinosaurien à partir d'un moustique est impossible, et si l'adn était suffisamment pérenne, tout ce qu'on pourrait obtenir, c'est en fait... des moustiques jurassiques clonés, ce qui me parait une très mauvaise idée, vu que l'insecte en question est déjà en tête de liste des espèces qu'on voudrait voir disparaître à tout jamais) sans vraiment d'autre objectif que de divertir (et comme j'aime bien Jeff Goldblum, et son blasé " putain, j'en ai marre d'avoir toujours raison!"), et dans ce domaine il fait ce qu'on lui demande.

Avidemment il faut toujours mettre des T-rex en avant pour attirer le spectateur, mais c'est loin d'être le seul animal préhistorique qu'on va voir: il y a beaucoup, moins connu, plus gros et beaucoup plus petit, mais un aventurier poursuivi par deux micro raptors, c'était moins spectaculaire.

L'option retenue par l'équipe britannique de l'authentique zoologue et documentariste animalier Nigel Marven est inverse: planter directement le décor SF, pour mieux l'évacuer, et, ceci étant accepté, garder toujours ce principe pour coller au mieux aux réelles découvertes scientifiques, glissée dans les dialogues.

Donc Nigel, le zoologue/baroudeur/ Indiana Jones... possède une machine à voyager dans le temps ( uel veinard) et compte l'utiliser pour aller dans le passé chercher des animaux menacés avant leur disparition définitive et les conserver dans un parc zoologique. Et au passage, aller filmer tricératops, ornithomimosaures, mammouths, arthropleura... dans leur milieu naturel. Donc, pour peu qu'on accepte la machine à ouvrir un portail dimensionnel... le reste est tourné à la manière d'un documentaire animalier presque classique, alternant séquences de recherches de specimens en danger dans le passé et vie quotidienne d'un zoo, avec vétérinaire qui s'active pour soigner les pensionnaires... sauf qu'un tyrannosaure blessé est autrement plus dangereux qu'un lion; gardien en chef qui planche sur les enclos les plus adaptés à ses nouveaux pensionnaires en prenant en compte ce qu'il connait sur les animaux actuels en en essayant de l'adapter, sauf qu'on ornithomimosaure a beau ressembler à une autruche, son habitat d'origine n'a rien avoir avec l'Afrique du sud contemporaine...

Techniquement ( et à part l'impossibilité du voyage dans le temps,) il est plus scientifiquement acceptable de peupler un zoo avec des animaux ayant atteint un stade défini d'évolution, que de les recréer ex nihilo ou presque, à partir d'un moustique. Disons que c'est biologiquement moins n'imp.

Après cette manière peu orthodoxe et souvent drôle (l'équipe a bien dû se marrer en mimant le fait de patauger dans un marécage du carbonifère, en essayant de capturer des libellules géantes - drônes au filet,  ou en s'extasiant devant des triceratops invisibles) a un avantage: Celui de présenter les animaux des époques passées non comme des monstres de SF, mais comme des animaux à part entières. Le tout en distillant les informations scientifiques sur les fossiles, les possibles comportements sociaux, les adaptations aux différents milieux, au fil de la narration.
Autre gros avantage, perdu depuis : les décors en grande partie naturels. La tendance actuelle étant de tout reconstituer en image de synthèse, même quand ce n'est pas nécessaire ( alors que des marécages ou des montagnes sont un décor parfait où incruster les animaux de synthèse tout en gardant un rendu réaliste pour les mouvements d'eau, de nuages, du vent et des textures : rochers, terre, etc..). Ce qui entraîne aussi une perte de profondeur et des textures, donc... de réalisme.  Le mélange des deux, bien dosé, donne quelque chose de bien plus intéressant que le 100% fond vert ou bleu.

On retrouve un peu l'esprit du documentaire de la BBC " sur la terre des dinosaures" . Ce dernier est visuellement daté maintenant pour ce qui est des effets spéciaux et maquettes, ainsi que de certaines informations obsolètes, mais pour l'avoir vu lors de sa première diffusion en 1999, c'était révolutionnaire, le top niveau des effets spéciaux de cinéma au service de la science à l'époque.

La zoologie est un des rares métiers où tu peux être mangé par ton sujet d'étude.
Plus encore si tu voyages dans le temps, au carbonifère, même les mille-pattes t'auraient bouffé sans problème.

Les documentaires de l'ami Nigel (je l'ai dit et je le redis, il a bossé pendant 12 ans avec David Attenborough, pas encore Sir à l'époque, c'est un gage de compétence et de qualité) s'inscrivaient dans la continuité, des " sur la Terre.." que ce soit ce Prehistoric Park ou son exploration des mers du passé. Depuis , je le redis les données scientifiques ont évolué au fil des nouvelles découvertes et certaines représentations ont changé ( la taille surévaluée du deinsosuchus, pour ne citer que lui), d'autres étaient de la livre interpétations déjà à l'époque (surtout les couleurs des animaux disparus par exemple, concrètement à part le mammouth dont les peu et les poils conservés dans le permafrost permettent une représentation très fiable, beaucoup d'autres sont à prendre avec des pincettes, ou du moins comme une licence artistique) mais ça reste quand même une série très sympa à regarder.

Et surtout en VO, pour profiter des accents so british de tout le monde.

Et coup de bol, la série est trouvable sur Youtube, en vo, avec sous titres fiables en anglais. La série devait initialement avoir au moins une seconde saison mais apparemment les producteurs on décidé de la remplacer par une pure série de SF qui en est largement inspirée, sous le titre Primeval. Donc, il n'y a que 6 épisodes d'un peu moins d'une heure, et nous ne saurons jamais si Martha la mammouth a pu vraiment s'intégrer à un troupeau d'éléphants, ou si Terence et Mathilda les jumeaux tyrannosaures ont réussi à trouver une terrain d'entente sans s'entredévorer.

Par contre, il va falloir que je cherche les autres documentaires soit scientifiques ( sur la terre des dinosaures/ monstres disparus / géants, et la nouvelle mouture plus récente " planète préhistorique", afin de mettre à jour les informations) soit mi science/ mi SF de Nigel Marven ( sur les traces des dinosaures, les monstres du fond des mers)

Mais je note pour moi même: lorsqu'on inventera une machine à voyager dans le temps, je veux bien aller au permien, mais je dois éviter le carbonifère: même si les forêts de fougères arborescentes ont l'air magnifiques, l'humidité, les 30°C en moyenne avec des incendies en veux-tu en voila à cause du taux d'oxygène qui te ferait planer en moins de deux,  les libellules de 70 cms d'envergure, les scorpions de 70 cms de long, les salamandres de 3 mètres, les mille-pattes qui pourraient te bouffer... c'est pas du tout pour moi!)

Tiens d'ailleurs, les traces d'arthropleura, le mille-pattes géant, ont été trouvées aux iles d'Arran, je ressors mon super site pour vous montrer où se trouvait la zone il y a 340 millions d'années: un peu plus au sud qu'au Jurassique, mais surtout au pied d'un massif montagneux géant ( qui ne fait pas partie de la chaîne hercynienne - une chaîne gigantesque qui ferait passer l'Himalaya pour une maquette, et dont il reste de nombreux vestiges en France et en Allemagne), mais la rejoint. Car oui, il y a 340 millions d'années, l'écosse était une jungle, sous les tropiques, au pied d'un massif montagneux énorme.