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vendredi 21 octobre 2022

La petite boutique des horreurs ( film 1986)

Des fantômes, des vampires, des squelettes, des sorcières...

Mais que diriez vous d'une plante monstrueuse venue de l'espace qui réclame des sacrifices humains? Moui, c'est halloweenesque aussi!

C'est un fait acquis, je n'aime pas en général les comédies musicales. Les exceptions se comptent sur les doigts de la main: West Side story pour la musique de Bernstein, Hair pour la BO absolument excellente à la gloire de la fumette et le message anti militariste, The Rocky horror Picture show parce que Tim Curry, dans une moindre mesure Tommy parce que la musique des Who et la prestation " en grandes pompes" d'Elton John...
( non, Phantom of the Paradise n'est pas une comédie musicale, pour moi , une comédie musicale c'est quelque chose qui opte pour ajouter de la musique sur une trame théâtrale, mais pourrait dans le fond être mis en scène en simple pièce. Ce qui n'est évidemment pas le cas de Phantom of the paradise, ou la musique EST le moteur de l'action)
Et j'ajoute cette "petite boutique des horreurs", version Frank Oz en 1986.
Il s'agit en fait du remake d'un film de Roger Corman datant de 1960, avec quelques modulations, mais la trame principale est la même.

Seymour, un fleuriste timide, en pince pour Audrey sa collègue, très nunuche ( et à la voix insupportable, l'actrice Ellen Greene a du souffrir pour arriver à produire cette voix de canard, alors qu'on entend quand elle chante qu'elle a un voix normale), il faut l'avouer.
Mais évidemment Audrey ne craque que pour les mauvais garçons et est actuellement en pleine relation houleuse avec un dentiste sadique. Aucune chance pour Seymour de se faire remarquer d'elle, jusqu'à ce qu'il entre en possession d'une mystérieuse plante carnivore, qui grandit, grandit et devient l'attraction de la boutique.

Seymour nomme donc sa plante "Audrey II" en espérant faire passer le message à Audrey numéro I, qui n'a décidément pas inventé l'eau chaude..Accessoirement, Audrey II devient l'attraction du quartier et attire la célébrité sur la boutique qui risquait la fermeture.. jusqu'à ce que la plante se mette à réclamer du sang. Seymour ne peut décidément pas continuer à se saigner aux quatre veines, et ce n'est pas une image, pour nourrir sa plante, il va devoir trouver d'autres fournisseurs (involontaires), et devenir un meurtrier.

Alors évidemment, ce n'est pas le film du siècle, mais il est très drôle, et certains passages, trois au moins sont anthologiques:

Le dentiste sadique, qui aime faire torturer ses clients et chante sa joie d'avoir réussi sa vie de loubard en étant en plus payé très cher pour faire souffrir le monde.
Steve Martin est totalement à fond et c'est hilarant comme du protoxyde d'azote

Le dentiste sadique trouve confronté à un masochiste content de souffrir ( dans la version de 1960, c'est Seymour qui a pris la place du dentiste et, lui qui ne ferait pas de mal à une mouche, se retrouve à devoir composer comme il peut avec cet envahissant dinguo). Et surtout, surtout, le masochiste, joué avec délectation par un Bill Murray en très grande forme!



La plante qui se lance dans un solo de baryton rhythm' and blues!

et Rick Moranis ( que vous avez tous vu dans SOS Fantômes) , avec sa tête de brave gars completement dépassé par les événements, est très drôle lui aussi.

Ce film est complètement barré, et donc jouissif.

Cette plante chante mieux que la plupart des stars que j'ai pu entendre à la radio depuis environ 20 ans :D
Petit clin d'oeil, les 3 chanteuses qui jouent un peu le rôle de choeur antique se nomment Crystal, Ronette et Chiffon , référence à trois groupes de chanteuses des années  60, the Ronettes, the chiffons et The crystals.

A noter que dans la première version, non musicale, la séquence du masochiste était aussi un moment d'anthologie, avec un tout jeune Jack Nicholson, déjà inquiétant et malsain, qui adore à lire des revues médicales bien ... saignantes

Deux approches différentes: une complètement cartoonesque, une qui met limite mal à l'aise.

Mais voilà, j'avoue une préférence pour la comédie musicale déjantée d'OZ et ses pastiches de musique et films des années 50, pour le coup
incroyable: je valide la catégorie " comédie musicale"


mardi 1 novembre 2016

Phantom of the Paradise ( 1974)

Deuxième film ( même si la diffusion était l'inverse) de ma soirée ciné.
L'autre pilier de la cinéphilie musicale kitsch. ( et 1974 est une année de dingues pour la musique, on conaît woodstocke et l'île de wight, mais en 1974, il y a eu le California Jam, concert géant rassemblant entre autres  Earth wind and fire, Deep Purple, Black Sabbath et Emerson Lake and Palmer. Je sais où j'irais si j'avais une machine à voyager dans le temps, juste pour voir Emerson en concert - je n'en avais pas parlé, j'étais en plein déménagement, mais sa mort 'a encore plus marquée que celle de Bowie.)

Donc revenons en à Phantom.
Contrairement au Rocky Horror, qui est réalisé par un inconnu, et dans un objectif de délire maximal, Phantom est l'oeuvre de Brian de Palma, rien que ça, qui s'était déjà fait la main sur pluieurs formats depuis le début des années 60. Et pour ceux qui connaissent de Palma pour ses films policiers et fantastiques plutôt sérieux, là, il a vraiment claqué une durite.
Phantom est assez oublié, mais c'est probablement mon favori de ce réalisateur. Et j'avais oublié au passage à quel point ce film est fun, en plus d'être exigeant au niveau références et réalisation.
et en version restaurée en plus :D

J'aime le RHPS, mais je préfère Phantom, et pour plusieurs raisons. Déjà, donc pour sa rigueur de mise en scène, parfois un peu datée, mais maîtrisée, et le délire ne l'emporte pas sur le propos, mais aussi parce qu'il a quand même un bon dosage fun/ noirceur. Ensuite parce que ce n'est pas une comédie musicale, au sens une histoire agrémentée de passage musicaux sortis un peu de nulle part, mais qu'il EST la musique. C'est elle le personnage principal, et donc les passages musicaux font partie intégrante de l'histoire, et donc c'est justifié. Même les personnages sont au service de la musique et doivent se plier à ses exigences, quitte à en mourir.

Mais ça parle de quoi? comme vous pouvez le supposer, c'est une relecture du fantôme de l'opéra, mais en version opéra rock.
On nous le dit dès le début, c'est " l'histoire d'une musique, de celui qui la composa, de la fille qui la chanta, et du monstre qui la vola"

Swan est un producteur à qui tout sourit, tout ce qu'il entreprend réussit, il a le nez pour voir venir les modes, et les plier à ses propres volontés. Il impose son goût aussi longtemps qu'une chose lui plaît, et est capable de retourner le marché du show-business en fonction de ses envies du moment, fait les vedettes et les défait du jour au lendemain. Un véritable mafieux de la musique.( D'ailleurs on ne le verra pas avant un bon moment, son apparition sera une vraie surprise tant on ne l'imagine pas comme ça).
Et Swan est avant tout narcissique et mégalomane, sa nouvelle lubie est le Paradise, une salle de concert entièrement dédiée à sa gloire, mais il n'a pas la musique qui conviendrait pour l'inaugurer.

La solution va lui apparaître, alors qu'il assistait à un concert d'un des groupes de sa maison de disque, le Juicy fruits ( ringardise absolue des rockers à bananes et Swan commence à se lasser de la mode rétro qu'il a lui même lancée).

Les intermèdes de la soirée sont assurés au piano par un dénommé Winslow Leach, excellent pianiste, excellent compositeur, mais chanteur médiocre et type assez incolore à la dégaine de geek à lunettes. Swan envoie donc Mr Philbin , son homme de main convaincre par de belles paroles et s'il le faut par la force, le naïf Leach. Qui refuse de ne leur céder que des extraits de son oeuvre, c'est une cantate de plus de 300 pages sur le thème de Faust, il refuse de la tronquer pour en faire des chansons pop, et veut avoir droit de regard sur les interprètes. Pas de souci, confiez nous la partition, on la regarde et on vous rappelle d'ici un mois.
Evidemment vous l'avez compris, il n'est pas rappelé, et même fichu dehors sans ménagement lorsqu'il tente de se faire connaître. C'est la musique que Swan veut, pas son auteur.
en même temps, le logo est un oiseau mort et la maison de disque se nomme Death Records. Ca ne présageait rien de bon.

On lui a volé son oeuvre, mais candide comme il est, il se refuse à le croire et pense à une méprise. Il tente donc par tous les moyens - et surtout les plus ridicules- de s'incruster chez Swan pour en discuter et se fait toujours repousser. Jusqu'à arriver par hasard au moment où une audition de chanteuses pour les chorus se prépare, il y  rencontre Phoenix, jeune chanteuse très douée. C'est elle qu'il veut, non pas comme choriste, mais pour les passages solos féminins. Mais que peut imposer un auteur dépossédé de son oeuvre?
Pis, Phoenix n'aura même pas les choeurs, lorsqu'elle se rend compte qu'en fait, auditionner n'a pas grand chose à voir avec sa compétence de chanteuse, mais beaucoup plus avec l'acceptation de participer ou non, à une partouze. Ce qu'elle refuse, elle est chanteuse et refuse de coucher avec l'équipe de production pour réussir.
Exit Phoenix, et exit Leach aussi, Swan a suffisamment de monde dans sa poche, et le fait juger et incarcérer sous de faux motifs par une justice corrompue, à la prison de Sing Sing ( j'adore ce jeu de mot) Pire encore le malchanceux se trouve "volontaire désigné d'office" pour un programme dentaire, qui consiste à remplacer toutes ses dents par un râtelier métallique, genre "tu as voulu jouer avec Swan, tu as tout perdu".

Lorsqu'il entend par hasard à la radio de la prison que le Paradise va être inauguré par Swan avec une chanson qui n'est autre que la sienne, dénaturée par Les Juicy Fruits, il tente -et réussit une évasion bien improbable, qui le mène jusqu'à la maison de disque, où dans un accès de rage, il détruit tout ce qu'il trouve.. mais tombe dans la presse à disque. Gravement blessé, privé de voix, et défiguré, portant à vie imprimé sur la joue son propre titre extorqué et chanté par des losers qu'il déteste. L'humiliation totale. Il va donc simuler sa propre mort et revenir "hanter " les studios, où il vole costume et masque pour se composer une allure de justicier masqué, et commettre des attentats pendant les enregistrements.

Vite coincé par Swan qui voit quand même la possibilité d'avoir un esclave taillable et corvéable à merci, lui fait signer un contrat. Le genre de 500 pages, avec des clauses écrites en tout petit, qu'on signe de son sang.
messieurs dames.  le diable. Oui, c'est un petit bonhomme à coupe au bol qui ne paye pas de mine, mais c'est un teigneux.
Oui Swan n'est pas vraiment un producteur comme les autres et Faust est évoqué non seulement via la cantate de Leach, mais aussi par ce contrat démoniaque ( qui stipule entre autre que le compositeur appartient corps et âme, à vie, à la maison de disque. Oui ce n'est pas légal, mais on a affaire à un personnage qui ne s'embarrasse pas de légalité)

(nota, j'ai déjà vécu ça: faire la même taille que quelqu'un d'assis.. en étant debout.Mine de rien ce "petit" détail me rend Paul Williams sympathique malgré son rôle de salaud.)
Et Leach va encore se faire rouler... jusqu'au moment où il comprend que seul le sabotage de cette soirée d'ouverture, quitte à aller jusqu'au meurtre, est sa seule issue. Le gars gentil et simplet s'est mué en vengeur masqué impitoyable.

Faust et le fantôme de l'opéra ne sont d'ailleurs pas les seules oeuvres citées, il y a un passage cyniquement drôle qui cite directement le Portrait de Dorian Gray. Et une autre à Frankenstein et sa créature - agrémentée de paillettes, parce que c'est le showbiz!. Et pour ces références et la manière dont il les imbriques, Brian de Palma a droit à ma reconnaissance immortelle. Agrémentée de paillettes elle aussi!

Pareil pour la citation de la scène de la douche de Psychose, détournée de manière absolument sarcastique où un chanteur de hard rock chochotte se fait ridiculiser. Elle fait toujours son effet au ciné, et prouve que De Palma est aussi un réalisateur doué pour la parodie et le sarcasme.

Le monde du showbiz n'est sort pas grandi, bien au contraire,  et c'est  un plaisir de voir des références écorner un peu les vedettes de l'époque:
lorsque Leach au piano chante ( faux) en se dandinant avec ses lunettes cul-de-bouteille... on pense forcément à quelqu'un, genre.. Elton John; le groupe de rock grand guignol qui inaugure participe à l'inauguration ont les figures peintes en blanc,à la fois en référence au cabinet du Dr Caligari ( le décor ne trompe pas) mais aussi à un jeune groupe de rock encore peu connu dont la particularité est le maquillage noirs et blanc...

Non, juste à peine..
 Les beach boys s'en prennent aussi pour leur grade à d'autres moments, bref, un bonheur.

Sinon, voilà " 5 bonnes raisons de voir le film", j'avoue que l'idée du réalisateur qui se venge d'une injustice personnelle en transposant ça dans un autre film rend la chose encore plus jouissive!

Un mystère pour moi: comment Jessica Harper ( Phoenix, aux faux airs de Janis Joplin, lorsqu'elle auditionne enfin normalement, je l'avais oubliée dans la liste des références) n'a pas fait une carrière internationale n'a pas fait carrière comme chanteuse a une voix magnifique, un peu grave, comme j'aime! Par contre on l'a vue en jeune danseuse dans Suspiria de Dario Argento. Tiens faudrait que j'en parle de ce film

Une autre raison: les musiques tiennent méchamment la route, Paul williams, qui tient le rôle du producteur véreux, n'est pas acteur à la base, mais un authentique compositeur et producteur - pas véreux ni diabolique j'espère?.
Mais c'est lui, ce petit bonhomme blond à coupe au bol qui a composé toutes les musiques du film dans divers genres: rock, hard rock, blues, bluegrass, country, gospel a capella, pop.. un surdoué (et j'adore la séquence où il trafique électroniquement pour rendre au fantôme sa voix perdue.. l'améliorant au passage par rapport à ce qu'elle était dans la réalité: l'invention de la voix de synthèse qui est trop beaucoup trop utilisée actuellement. Pas de parole, mais cette séquence a un impact incroyable: Swan est à la fois manipulateur et malhonnête, mais c'est aussi un technicien qui touche sa bille dans son domaine et donc n'a pas usurpé cette réputation là. Swan est un personnage assez fascinant: monstrueux ignoble, mais créateur aussi)
Et donc les musiques sont excellentes. Et au passage, Paul Williams chante lui même ( voix "reconstituée" du fantôme. Oui, si on écoute bien, la victime dépossédée de tout, jusqu'à sa figure et sa voix, se retrouve avec celle de son bourreau... ce n'est pas innocent à mon avis)
Il n'a pas ce qu'on appellerait une jolie voix, plutôt nasale, mais qui me plaît malgré tout beaucoup, car elle dégage une émotion dingue.
Mais le gars est aussi capable de sortir un texte d' une ironie et d'un humour noir assez réjouissant.

Donc voilà, les deux sont très proche dans le temps (74 pour Phantom, 75 pour le RHPS), les deux sont musicaux, j'aime les deux mais pas pour les mêmes raisons. RHPS c'est plutôt le délire en cas de coup de déprime, le truc qui remonte le moral. Phantom c'est un " vrai" film, cohérent, et la musique ne peut pas être dissociée de l'histoire, ce ne sont pas des "numéros" musicaux ( logiquement il est plus dur de trouver en ligne des extraits ciblant telle ou telle chanson, il faut se reporter sur l'audio).

Donc je dirais d'un point de vue pur plaisir de cinéma, c'est quand même Phantom of the Paradise qui l'emporte, car c'est un excellent film avec un fond et un message donc, sarcastique, sur le star system. c'est du Brian de Palma, veine humoristique, qui a coulé une bielle, mais c'est du Brian de Palma pur jus. En tout cas il a une place dans mon coeur de cinéphile que n' a pas RHPS.  Mais une chose est sûre: foncez le voir, c'est une pépite de cynisme trop peu connue du grand public

dimanche 1 mai 2016

Zombie thérapie - Jesse Petersen

Celui là, je l'avais commencé pour la semaine de l'horreur cet hiver, mais pas eu la possibilité de le finir à temps, alors bien qu'il n'y soit pas directement question de sorcières, bon, on va dire qu'un roman humoristique sur une attaque de zombies, ça rentre dans le cadre fantastico-horrifique de ce mini halloween au printemps ( d'ailleurs avec le Mistral d'aujourd'hui, on pourrait presque se croire le premier novembre sans problème). Encore une de mes acquisitions à 99 centimes lors de l'opé Bragelonne en ebook, au passage.

Un mélange assez sympa et marrant entre chick litt (la littérature de poulettes, comprendre, , pour "fifilles") et fantasy urbaine, qui du coup m'a rendu le côté girly plus sympathique ( Car, oui, moi et la littérature "genrée" on fait deux à la base)
tiens pour une fois, la fifille ne tient pas un classique sac à main, mais un hachoir au bout de ses doigts manucurés.

Seattle, époque contemporaine. entre Sarah et David, le torchon brûle, c'est la crise, et ils tentent en dernier recours d'éviter d'en arriver au divorce en suivant une thérapie de couple. Peu efficace, Monsieur et Madame sont toujours à couteau tirés sur tous les sujets, la thérapie leur coûte un bras.
Elle risque même de leur coûter beaucoup plus.
Tout commence donc un jour de rendez-vous chez le psychologue. Déjà, c'était louche, il n'y avait personne sur la route habituellement encombrée qui mène au centre ville. Mais tout à leur dispute, Sarah et David le remarquent à peine. Et puis, la thérapeute est en retard, ce n'est pas acceptable. L'impatiente Sarah se précipite à l'intérieur pour râler, et tombe sur la psy, tranquillement en train de bouffer ses clients précédents. Voilà qui explique le retard. après avoir réglé le problème de la psy et de sa secrétaire devenues subitement anthropophages à coup de chaussure à talons, Sarah et David se précipitent chez eux, pour enfin comprendre ce qui se passe. La ville, non, la région entière est la proie d'une épidémie de zombies. Oui comme ans les films et les jeux vidéos, ceux-là même que David adore et que Sarah considère comme une perte de temps.
Ni une ni deux, les tourtereaux fâchés vont devoir faire front commun, pour tenter de rejoindre la campagne, peut-être encore épargnée, où vit la soeur de David. Et dans ces cas là, même si on déteste sa belle-soeur, on peut, non on doit accepter de faire un petit effort. Les voilà donc partis en commando survie, embarquant au passage une voisine un peu nunuche et ancienne pompom girl (devinez, non, mais devinez qui va mourir en premier?), qui par chance, vivait avec un abruti fana d'armes à feu. Après avoir constaté qu'ils sont bien les seuls humains encore digne de ce nom ( et massacré non sans une certaine satisfaction plaisir le concierge lubrique), les 3 partent donc, direction la cambrousse.

Un livre plaisant, sans être inoubliable, à ne surtout pas prendre au sérieux, puisque c'est surtout une grosse parodie de la vogue zombie du moment, qui a un peu tendance à être trop sérieuse. Les héros n'ont pas spécialement d'intérêt, et sont assez clichés ( la pompom girls, le nerd fan de jeux vidéos, la femme qui se prend un peu trop au sérieux), mais quelques passages sont assez savoureux et leur permettent de rencontrer d'autres genres de zombies, enfin, ceux qui étaient déjà tellement cons de leur vivant qu'être zombifiés ne fait pas trop de différence

Les clients d'un casino par exemple, tellement collés à leur machine à sous, qu'ils ne se sont même pas rendus compte qu'ils ont été mordus et continuent de jouer, le regard morne  et le cerveau vide sans que ça ne change quoi que ce soit pour eux. ( Ha oui nota: ici, la zombification est une maladie, qui vous ronge et vous moisit de l'intérieur vitesse grand V. On ne meurt pas d'abord pour sortir de sa tombe, on passe en une morsure de normal à zombie, sans s'arrêter à l'étape "mort". De même on ne focalise pas sur les cerveaux, tout est bon dans l'humain comme dans le cochon. Donc on mord un bras, une jambe, une oreille, peu importe, du moment que ça peut se manger ).
 Ou encore la secte apocalyptique, dirigé par des gens parfaitement sains d'esprits dirigeant une équipe de crédules qui n'ont pas beaucoup besoin de leur cerveau de toute façon.
Les vendeurs de bagnole, la publicité, les émissions de TV réalité, les chaînes d'info en continu les filles à faux-nichons, les collectionneurs d'armes, les rednecks un peu crétins, toute une galerie de produits de la société de consommation à la mode  US passe à la moulinette. Et, on ne va pas se mentir, c'est assez jouissif, même si les personnages principaux manquent de psychologie, on est là pour rigoler en pataugeant dans le sang. Mais ça manque quand même de personnages, puisque tous ceux que croisent David et Sarah ont une fâcheuse tendance à calancher au bout de quelques pages. Ou être déjà morts/zombies/cons - rayer la ou les mentions inutiles-  à la base.

J'ai bien aimé les intitulés de chapitres, parodiant les conseils de livres de développement personnel et relationnel " entretenez de bons rapports avec votre belle famille, vous ne pouvez pas savoir si un jour, vous n'aurez pas besoin d'être hébergés pendant une attaque de zombies" ou " nourrissez des amitiés communes. Mais n'hésitez pas à y mettre un terme quand vos amis commencent à essayer de vous bouffer". Merci du conseil, j'y penserai en cas de besoin!

En tout cas, vu les semaines que je viens de passer au boulot, ça m'a bien faite rire d'imaginer des têtes très précises à la place des zombies. Et vlan un coup de godasse dans la tronche de..... , ho comme ça serait bien de la dégommer à coup de batte.

Il y a une suite (Zombie Business) que je lirai peut être le jour où j'ai une envie de massacre et de violence gratuite et défoulatoire.


dimanche 14 février 2016

Saint Baratin..

Haha, vous croyiez que je n'allais pas faire de sarcasme cette année?

C'est vrai qu'avec la crise depuis quelques années, les vitrines du centre ville sont de moins en moins roses et dégoulinantes que les autres années.
 Qu'elles se limitent à des promos sur les bijoux, les fleurs et la lingerie, mais il y a encore peu, tout ou presque faisait son opération marketing cupidonesque " si tu ne viens pas chez moi claquer tout ton salaire, tu n'est qu'un(e) minable qui ne mérite que d'être plaqué(e)"
Vous pensiez que j'allais être trop occupée par mon déménagement ( voir précédent sujet) pour m'en préoccuper, que peut être même, ce déménagement est un prélude à un emménagement chez un charmant monsieur?

Hahaha, ...non!

Mais oui, c'est facile, la fête en question est à l'agonie, la faute au temps gris, aux soldes qui se prolongent jusqu'au 16, à la morosité ambiante, c'est un peu tirer sur un corbillard..

Mais j'vais me gêner, tiens!

En fait, j'avais prévu un sujet " Zombie thérapie", une histoire de réconciliation familiale sur fond d'apocalypse zombie pour aujourd'hui, mais j'ai été prise de court par les événement extérieurs, donc il faudra encore attendre un peu pour le livre..
Mais pour rester dans la thématique de la journée des coeurs.. de petites cartes gores
rhaaa! sang et tripailles!


enfin, c'est bientôt fini, on a encore 365 jours (oui oui, en comptant le 29 février) de répit pour se préoccuper de nos cerveaux..
quoi que..
Hé, non, mauvaise idée, mauvais idée!


lundi 25 janvier 2016

Zombillénium tome 2 - Arthur de Pins

Retour à Zombillénium, le parc d'attraction le plus mortel de France.

Et justement c'est ce qui commence à poser problème dans une région sinistrée avec un taux de chômage à près de 25%. Que le thème des animations ne soit pas du goût de la population encore fortement rurale et superstitieuse est une chose, mais qu'en plus, il refusent d'employer des "gens normaux" pour réserver les emplois à des morts vivants, c'est inacceptable.

Heu... je ne voudrais pas avoir l'air, mais dans le premier tome, il était justement question que cette dernière donnée soit secrète, les visiteurs et la population locale pensant qu'il s'agit seulement de comédiens déguisés et de robots perfectionnés dans le cas des momies et squelettes?

Donc quand des skins belliqueux enlèvent Sirius le squelette et ne se posent pas la moindre question face à un squelette qui parle, marche et conduit une moto, nan? Enfin, il y a là ce qui me semble être une faille scénaristique entre les 2 tomes..

Donc voilà, l'argument principal de ce tome, c'est l'opposition croissante entre la population locale qui l'a mauvaise de ne pas trouver d'emploi alors qu'il y a un parc d'attraction juste à côté et les monstres dont la "vie" est loin d'être aussi joyeuse que ce que pense ladite population ( on va enfin découvrir ce que deviennent les employés mis au placard.. ou plutôt au 9°sous-sol, de quoi faire renoncer n'importe quel chômeur sensé à postuler!)

L'autre fil directeur, moins convaincant que la veine sociale qui était déjà présente dans le tome 1, c'est toute l'histoire sans grand intérêt autour de Tim, et sa famille de blaireaux, avec jumeau maléfique à la clef ( disons que c'est très embrouillé tout ça!)

Un tome donc un peu moins bon que le premier, c'est dommage. Mais il reste les clins d'oeil savoureux ( Gretchen porte un tatouage " Yes Wiccan" par exemple), la collaboration assez drôle entre Richard le curé et son pote Francis le vampire...
Et cette grave question au sujet du régime des vampires... Aton ne s'est jamais posé la question, moi non plus, mais s'il boivent du sang...


Enfin, petite baisse de forme, j'espère que le tome 3 va me convenir mieux ( je ne sais plus qui a ça récemment, Marjorie ou Hilde peut être, avoir eu le même ressenti, mais bien aimé le tome 3, donc je ne perds pas espoir...et je confirme)
Sinon, une adaptation animée long métrage était annoncée pour cette année, apparemment il est repoussé à l'an prochain aux toutes dernières nouvelles

mardi 22 décembre 2015

have yourself a very scary little solstice!!

Non, je n'en ai pas fini avec le passage à la moulinette des chansons un peu niaises de Noël Yule. Revenons aux fondamentaux! A la fête du solstice.  Et si on allait voir ce qui se passe du côté de Lovecraft?

L'an dernier je vous avais fait découvrir " fuck christmas " par le grand, l'unique, Eric Idle. Il y a deux ans, c'était une compilation de version plus ou moins païennes de God rest Ye Merry Gentlemen version Hard Rock de Dio, celle aux sonorités celtiques d'Annie Lennox, ou la version World de Loreena McKennit ( pour celui là, j'en reste à ce que je disais, j'adore la mélodie qui n'a pas besoin de beaucoup d'aide pour sonner païenne)

Mais cette année j'ai envie de faire encore plus décalé. J'ai deux bons potes qui ont présenté pendant quelques années " Clair Obscur" une émission radio dédiée aux musiques sombres (coucou Stefff, coucou Nath) et grâce à qui j'ai fait quelques superbes découvertes, le psychobilly en particulier, ou ce disque parodique, sorti en 2003, sorte de gros délire des membres de la H.P Lovecraft society qui détournent les carols traditionnels en en faisant des cantiques et chansonnettes à la gloire des grands anciens, Cthulhu, Dagon et consorts!

Curieux de savoir ce que ça donne?

Carol of the old ones (Carol of the bells)

Awake Ye Scary Great Old Ones ( god rest ye merry gentlemen)

Mi-Go we have heard on high (les anges dans nos campagnes)

I'm dreaming of a dead city ( white christmas)
Dance the cultists

Little rare Book Room ( désolée je ne retrouve plus le titre original du morceau parodié)

 Tentacles! ( là non plus, je ne sais plus, mais c'est plutôt marrant!)

If I were a deep one ( Ha si j'étais riche!)

Cthulhu lives! (Jingle bells)

Oh Cthulhu ( alleluia de Haendel)

Ce n'est qu'un petit extrait, ceux que je préfère, il y a un total de 25 détournements en fait.
Et un second album que je garderai pour l'an prochain: An Even scarier christmas


 Et je laisse évidemment le mot de la fin à qui de droit:

mercredi 14 octobre 2015

Zombillénium t.1 - Arthur de Pins

Voilà une BD dont j'ai lu beaucoup de bien ici où là, et voilà-t-y pas que lors d'une recherche des livres disponibles en version numérique, je la trouve disponible pour ma tablette. Une prévisualisation plus tard, histoire de constater que les pages sont bien lisibles, j'ai craqué...
Et je ne regrette pas!
j'aime beaucoup l'effet sur les lunettes

J'ai beaucoup, beaucoup ri avec cette histoire fantastique sur fond de plan social.. ou de plan social sur fond de fantastique, au choix.

Déjà dès le début... une grande planche sans parole où on voit un type plein de bandages faire du stop. Sous la pluie. A Valenciennes. C'est Aton, momie égyptienne authentique, responsable du stand Barbe-à-papa au parc Zombillénium qui n'en peut plus de ce travail à deux ronds et a décidé de partir pour ... aller au Caire.

Je le comprends, plus de 3000 ans, et condamné à vivoter (ou mortoter?) dans un travail peu intéressant et sans avenir, loin du soleil d'Egypte... car Aton le fugueur est juste l'un des nombreux employés de Zombillénium, parc d'attraction à thème horrifique dont les employés sont tous des morts vivants surexploités: les 35h00? tu oublies... les RTT? tu oublies... la retraite? tu oublies... et le licenciement est définitif, façon exorcisme final et adieu. Faut dire que le patron se nomme monsieur Béhémoth, ça donne déjà une idée.
Pendant qu'Aton est récupéré sur le bord de la route par Francis, le vampire qui gère le parc et Sirius, squelette syndicaliste d'un ancien militant pour l'égalité raciale et sociale, un autre événement se passe:  dans un bar, un type à côté de la plaque  brandit un flingue et s'apprête à braquer le propriétaire. Aurélien est au bout du rouleau et pète un fusible avant de constater qu'il tient non un révolver mais une banane à la main, cadeau de la demoiselle rousse au look gothique à côté de lui: Gretchen est une sorcière, stagiaire à Zombillénium qui a eu pitié d'Aurélien et a tenté d'un sort discret de lui sauver la mise et de lui éviter la prison pour un moment d'égarement. Mieux valent quelques minutes de ridicule que plusieurs mois ou années de taule, n'est-ce pas.

Les deux histoires vont se rejoindre brutalement lorsque la voiture de Francis percute Aurélien à peine remis de ses émotions, juste devant le bar. Pas le choix, pour éviter les problèmes, Francis le mord et offre donc une nouvelle recrue vampire au parc. Sauf que Blaise le DRH (un loup garou) aurait plutôt besoin d'un autre de ses semblables... Le pauvre Aurélien, mordu à de multiples reprises perd donc la vie, gagne un travail - très nase - et une crise identitaire dans la même journée.

Car personne ne sait au juste ce que va être le résultat d'un tel traitement. Ce qui va se révéler par hasard: lorsqu' Aurélien se fâche tout rouge - on le comprend vu son état nerveux... il se fâche vraiment tout rouge. Façon Hellboy. La nouvelle attraction du parc est née, et ils en avaient bien besoin, les zombies qui passent leur journée à danser sur Thriller ne font plus recette et sont licenciés ( donc pulvérisés ) en masse. On compte sur la nouvelle recrue pour amener un peu de sang frais, si j'ose dire, à Zombillénium où la peur commence à ne plus faire recette.

J'ai positivement adoré. C'est souvent très très drôle, dans le genre grinçant, mais grinçant façon désespéré. Si on y réfléchit tout est désespérant, il y est question d'exploitation des petits par les patrons, et des patrons par les actionnaires, qui sont des vampires autrement plus voraces que les vrais, des cadences infernales, des licenciements abusifs. Et arriver à faire rire là dessus, c'est fort. Non mais, la réunion intersyndicale des zombies.. c'est juste énorme.

Les personnages sont tous plus ou moins des paumés, antihéros sympathiques, Sirius et Aton sont hilarants ainsi que José le zombie qui imite un Michael Jackson dérisoire à pleurer de rire. Aurélien est vraiment le pauvre type malchanceux à qui on a envie de payer une bière pour lui changer les idées et Gretchen est une sorcière adorable. Mention spéciale à ses études de sorcellerie en Angleterre, où elle a eu une brève liaison avec un camarade dénommé Harry, victime d'un petit problème de heu... une sorte de panne de baguette magique, vous voyez?. Enfin, ces choses là arrivent.. gros fou rire à ce moment là. Sinon je compatis, elle est née en 1984.. et tout le monde la croit mineure, j'ai longtemps eu ce problème.

Lutte des classes, humour noir,  ET fantastique,  mes sujets favoris. Avec les clins d'oeil à la culture populaire : Harry Potter, mais aussi les soi-disant messages sataniques lorsqu'on écoute tel ou tel disque à l'envers, une radio qui diffuse Zombie,le skate volant  de Gretchen (sur balai)...même le braquage à la banane , je me demande si ça n'est pas une référence  aux Monty Pythons. Si oui, de joie, je me mets à danser le sampa à la pleine lune sur du Alice Cooper, je vous jure, je le fais!)

Le tome 2 ne tardera pas à rejoindre ma bibliothèque virtuelle, sur ce genre de graphisme épuré, le format numérique passe très bien.
En tout cas la bande annonce  faite à la sortie de la BD me donne terriblement envie de le voir adapté en animation, à la lecture je me disais que le dessin passerait nickel, et il se trouve que Arthur de Pins a transposé la planche d'ouverture et l'ambiance générale pour un clip de Skip The Use et ça donne plutôt bien.

 
idée 119: des cheveux: la teinture rouge de Gretchen!

lundi 30 mars 2015

La passion secrète de Fjordur et autres racontars - Jørn Riel

3° escapade polaire en compagnie des chasseurs hauts en couleurs de Jørn Riel . Après La Vierge Froide, et un safari arctique. Et le moins qu'on puisse dire c'est qu'ils sont égaux à eux-mêmes: râleurs, bagarreurs, mais avec la plupart du temps un sens de l'amitié et de la solidarité tenace.
La vie dans ce petit coin de l'arctique est toujours aussi monotone, enfin, tant qu'aucune Lady aventurière ne se met en tête de venir y chasser, et pour tuer le temps on continue a raconter des histoires, peut-être vraies.. ou peut-être pas.
Il vaut mieux avoir lu les deux précédents tomes pour suivre, car certaines nouvelles font  références à des événements précédemment narrés, mais ça n'est pas absolument nécessaire, la plupart du temps, il s'agit d'un simple rappel comme la fois où Emma, la femme imaginaire a fait le tour de la côte, ou lorsque Vieux-Niels a été pris pour un cochon par son compagnon de chasse.

Dans ce microcosme composé d'une poignée de suédois, de danois et de norvégiens, qui vivent en bonne entente la plupart du temps, le moindre micro événement prend des proportions.. légendaires. Les chasseurs taiseux deviennent curieux comme des pies.

Dans L'épreuve de virilité, on retrouve les trois de Bjørkenborg, à savoir Bjørken, Museau et Lasselille le naif. Ce dernier n'a toujours pas réussi à avoir le moindre ours après plusieurs saisons passées au Groenland est est donc bien décidé à repartir sur le continent s'il n'arrive pas à en chasser au moins un avant la fin de l'été. Ses copains n'ont pas vraiment envie de le voir partir et décident donc de lui organiser une partie de chasse préparée au détail près... mais comment arriver à faire venir un ours au plus près de leur cabane, ça, c'est moins simple.
Le trio n'est d'ailleurs pas au bout de ses peines. Dans un cas d'autodéfense, ils se trouvent aux prises avec la créature la plus dangereuse qu'on ait jamais vue sur la banquise: un fonctionnaire zélé autant que borné, qui s'incruste, muni de sa toute puissante circulaire, réquisitionne leur minuscule cabane, réclame du thé et des tartines de miel au petit déjeuner et menace de les faire tous renvoyer au Danemark si ses exigences ne sont pas satisfaites. Lorsqu'enfin, un beau matin le fonctionnaire disparait corps et bien, les trois vont évidemment se soupçonner les uns et les autres de l'avoir "aidé" a disparaître, puisqu'ils avaient si souvent parlé de cette possibilité d'un accident.
On y verra aussi comment la civilisation arrive jusque dans ce coin perdu du monde ( la maison de concert) sous la forme de l'installation d'un relai télégraphique tenu par un duo...disons qu'il y a un télégraphiste et un champion cycliste qui fait marcher le télégraphe en pédalant. Ce qui signifie aussi par la même occasion, l'apparition du premier vélo sur la côte groenlandaise (il se révélera utile, enfin, lorsque Doc, le cycliste qui , ayant passé sont brevet de secouriste, fait aussi office de service aura appris à pédaler dans la neige). doc est aussi mélomane averti, et grand amateur de scie musicale, ce qui.. scie les nerfs de son malheureux binôme obligé de supporter quotidiennement ces couinements que tout le monde trouve si expressifs.
Il y a un départ, celui de Lause, qui dans le premier tome s'était fait construire les seules toilettes en dur à des kilomètres à la ronde ( Un étrange duel), suite a une dispute pour un prétexte fallacieux avec le lieutenant, qui dégénère en duel - car oui, dans ce coin là aussi, la solitude à tendance à porter sur les nerfs, et si la plupart du temps les frictions se règlent autour d'un verre d'eau de vie maison, parfois, elles dégénèrent ridiculement.
Il y aura une arrivée aussi (L'héritage du Comte): on apprend que le comte est vraiment Comte. si, et qu'il vient d'hériter d'un domaine au Danemark. Mais comme il n'a guère envie de se bouger, c'est le notaire chargé de l'affaire qui se déplace jusqu'au Groenland, bien décidé à régler ça en un tournemain. c'est sans compter avec l'horreur pure que peut être la traversée sur un baleinier pour un homme de loi qui n'a pas le pied marin, ni avec la beauté pure du Groenland au printemps qui peut avoir l'effet d'une révélation quasi mystique sur le même homme de loi.

Et puis il y a la mystérieuse passion secrète de Fjordur, un truc tellement inavouable que lorsqu'elle a été découverte, il a du quitter ses précédents postes dans d'autres régions, étant l'objet de moqueries. Aussi lorsqu'il s'enferme, l'intégralité des habitants du coin se perdent en conjectures: accès soudain de religiosité? picole en cachette? addiction aux bonbons de chocolat? activités "manuelles" privées? mais tout ça s'est déjà vu, et si ça n'est pas très reluisant, ça n'est pas illégal. Donc, il va falloir établir un plan de bataille pour l'obliger à sortir de chez lui.. ou au moins trouver ce qui l'occupe tant. Et certes, c'est inattendu pour un chasseur, mais la population locale est toujours prête à accueillir l'inattendu avec curiosité et même à s'y plonger avec joie.

On conclue ce tome avec l'histoire de Laban, le chien de Lodvig, qui a dû rester au Groenland alors que son maître part pour quelques mois à Copenhague se faire opérer. Mais Laban a fermement décidé de retrouver son maître et dans une épopée digne du retour d'Ulysse à Ithaque ( avec en prime une petite référence marrante à Cronos dévorant ses enfants), va tenter de retrouver son maître .. non sans avoir mis une sacrée pagaille en France, en Belgique, en Allemagne et en Hollande. Carrément!
Cette dernière histoire est vraiment à l'image de l'ensemble des racontars: Hénaurme! Ils ne sont pas sans rappller ces histoires de pêcheurs marseillais qui font d'une sardine un véritable monstre marin, à force de bagout.

Donc toujours un plaisir de retrouver cette communauté qui arrive à rendre la visite d'un fonctionnaire un peu casse pied digne d'une malédiction divine, et l'installation du télégraphe digne d'un miracle. Il y a toujours beaucoup d'humour.. et volontiers noir, car malgré tout, la vie est âpre ( qu'on se rappelle de la tournée des cabanes d'un cadavre congelé ou de l'histoire du roi Oscar dans le Tome 1)
trouvé sur un site de voyage: le Groenland en été!
Nul doute que je vais continuer ces lectures.. rafraîchissantes, on se marre bien avec ces vieux râleurs nordiques et la description du Groenland au printemps et en été donne vraiment envie de tout plaquer pour aller en vacances là bas.
Idée 12: ce qui se mange au dîner: de la soupe, un poulet rôti..

mardi 11 novembre 2014

La triste fin du petit enfant huître et autres histoires - Tim Burton

Halloween, continuons dans la littérature américaine, puisqu'involontairement j'ai orienté mon challenge de ce côté.
Time Burton? Oui, c'est bien le même.
Tim Burton, ha Tim Burton, grand maître ès monstres au cinéma... mais également auteur de ce recueil de contes mettant en scène une galerie de personnages pour le moins étranges et on va dire inadaptés... Une galerie digne de Freaks ( faudra un jour aussi que je vous parle de mon amour immodéré pour les films de Tod Browning, tiens)

AAAAApprochez, approchez, venez voir l'enfant huître, le garçon toxique, la reine " coussin d'épingles", la momie,  tête de melon, ou l'enfant tâche... Oui car en plus du texte, Burton illustre abondamment son propos, et nous donne à voir les monstres issu de son imaginaire délirant. Autant dire que pour quiconque a vu L'étrange noël de Mr Jack, les noces funèbres, Frankenweenie ou même Le Pingouin dans Batman 2 - je choisis celui là justement car on a ici "Jimmy, the hideous pinguin boy" -  ces monstres là auront un air de famille avec ceux des films.

Des contes oui, mais pas pour les enfants, car souvent, l'histoire se termine mal, voire très mal, pour ces antihéros rejetés par leurs proches, dans des récits courts, mais empreints d'humour noir, d'absurde, et de jeux de mots intraduisibles comme l'histoire de Sue ( son prénom, mais aussi le verbe to sue, attaquer en justice).

Intraduisibles et c'est bien ça le problème: l'édition 10/18 est bilingue et le moins qu'on puisse dire c'est que la traduction est ratée. Mais vraiment. Le traducteur n'hésite pas à faire n'importe quoi avec le texte, pourvu qu'il y ait des rimes, quitte à couper un mot au milieu. Parfois même là où il n'y en a pas dans le texte original.

Exemple dans Voodoo girl
she has a beautiful set
of hypno-disk eyes
The ones that she uses
tho hypnotize guys

Ca devient:
Elle a des yeux super-
bes une belle paire
de disques hypnotiseurs dont elle use
pour fasciner les gus.

Oui super- be est coupé en deux pour rimer avec paire. C'est lamentable, c'est navrant. Ca et le recours quasi systématique à l'argot qui ne correspond là encore pas forcément à du slang dans l'original . Expliquez moi pourquoi " she was really quite pretty ( and also quite shocking)" devient " elle était des plus girondes ( mais aussi des plus immondes)"

Lecture en VO obligatoire une fois de plus, je me répète, mais autant pour Poe, on perd en musicalité, mais on trouve quand même des traductions correctes et agréables à lire, autant là, c'est vraiment n'importe quoi.
Dommage, vraiment dommage, car la version française perd énormément en humour noir et en cynisme à vouloir faire des rimes à tout va. c'est vraiment le pur exemple de traduction-trahison.
Même Mummy Boy à l'air de le penser!

mercredi 18 juin 2014

Noblesse oblige (film)




3° film !

Et cette fois je ressors du fin fond de mes cartons, enfin façon de parler,  «  noblesse oblige » (traduction totalement peu fidèle « Kind hearts and coronets »), un vieux film des années 40, que j’avais pu voir il y a très longtemps lorsque le cinéma d’art et d’essai de ma ville avait programmé une rétrospective «  comédies noires britanniques », de mémoire donc, Noblesse Oblige, tueurs de dames et l’homme au complet blanc que j’avais alors pu voir tous en VO (l’occasion de déplorer que le cinéma en question ait changé de programmation et ne fasse plus ce genre de thématiques, même pas une rétrospective Chaplin cette année, c’est dire !)

A Londres au début du  XX° siècle, le bourreau se réjouit : son prochain « client » est du genre  qu’on a qu’une fois l’occasion de pendre dans une vie, et encore, avec de la chance.  Après quoi il prendra une retraite bien méritée. Car  celui qu’il va aider à passer de vie à trépas est un duc, autant finir en beauté sa carrière.
L’homme en question, Louis d’Ascoyne Mazzini , 10ème duc de Chalfont, condamné pour un meurtre qu’il n’a pas commis, attend donc sa dernière heure avec un calme olympien , tout en mettant la dernière main à ses mémoires, et va donc nous expliquer ce qui l’a conduit là : car ironiquement s’il n’a effectivement pas commis ce crime ci, il a bien d’autres assassinats sur la conscience. Le duc est une crapule !

Quelque trente ans plus tôt, la fille du 8° duc de Chalfont a épousé un chanteur italien, mésalliance qui a conduit sa famille a rompre tout lien avec elle. Le jour même de la naissance du petit Louis, son père meurt d’une crise cardiaque, l’émotion, tout ça… mais la famille de Chalfont continue à faire la sourde oreille à toute tentative de réconciliation. Voilà donc le gamin éduqué par une mère aigrie, qui lui ressasse jusqu’à plus soif son arbre généalogique, la méchanceté de la famille Chalfont, la honte pour une  potentielle duchesse de devoir travailler pour vivre etc… Bien sur le petit Louis est la risée de ses camarades d’école roturiers : si vraiment il a une vague parenté avec la noble famille, aucune chance pour lui de devenir un jour duc. En attendant, il grandit et doit malgré tout, horreur, travailler, comme commis dans une boutique de vêtement. Lorsque sa mère meurt, et demande à être enterrée dans le caveau familial, nouvelle humiliation : le duc refuse les dernières volontés de sa fille. Dans le cerveau déjà bien atteint de Louis germe l’idée d’une vengeance : si sa mère a vécu et est morte pauvre, c’est la faute à la famille Chalfont qui l’ont spoliée de ses droits, il va donc tout faire pour devenir duc ( et par la même occasion, river son clou à Sibella, jolie fille qui lui a opposé un net refus lors d’une demande en mariage : pas assez riche !). Oui, dit comme ça, ça sonne film tire-larme, l’orphelin spolié, la lutte des classes, tout ça, mais non !
 Car pour devenir duc, Louis ne voit de meilleure solution que de supprimer purement et simplement les 8 personnes qui le précèdent dans l’ordre de l’héritage. 6 assassinats en fait, il y a une mort naturelle et une autre par bêtise. 



Et c’est jouissif, car le film tire à vue sur les conventions : le héros est clairement dérangé, sa famille un ramassis de nobles encroûtés dans  des traditions hors d’âge, Sibella est une garce, son mari ne vaut guère mieux : tout du début à la fin est parfaitement cynique, amoral et drôle. L’acteur principal, Dennis Price a un jeu très neutre qui va bien finalement au type sans scrupules qu’il incarne et surtout, surtout, il y a Alec Guinness. En pleine forme. Et 8 fois plutôt qu’une, car il joue les rôles des 8 membres à abattre de la famille Chalfont ( c’est d’ailleurs pour cette octuple prestation que le film est resté célèbre… 
6 fois Alec Guinness sur la même photo...

sisi, la suffragette qui passe plus de temps en prison que chez elle, c'est lui aussi!

Je mets juste un bémol pour Joan Greenwood, l’actrice qui joue Sibella : le personnage est censé être une garce manipulatrice, mais elle manque singulièrement de piquant et en fait une garce minaudière qui parle du bout des lèvres. C’est dommage car  j’ai passé pas mal de temps à me demander comment le héros peut bien se faire avoir à une ficelle aussi grossière.  Oui quand je peste devant mon écran des trucs comme «  mais by jove ! ça crève les yeux qu’elle se paye ta fiole ! », c’est que le personnage manque un poil de subtilité.

Mais sinon, amateurs de vieux films, d’humour noir , fans d’Alec Guinness, ce film est à voir.