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Tout simplement parce qu'on y trouve un peu de tout, par ordre de pagaille. Cette idée de collection sans thème déterminé me plaît...

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mardi 22 décembre 2015

have yourself a very scary little solstice!!

Non, je n'en ai pas fini avec le passage à la moulinette des chansons un peu niaises de Noël Yule. Revenons aux fondamentaux! A la fête du solstice.  Et si on allait voir ce qui se passe du côté de Lovecraft?

L'an dernier je vous avais fait découvrir " fuck christmas " par le grand, l'unique, Eric Idle. Il y a deux ans, c'était une compilation de version plus ou moins païennes de God rest Ye Merry Gentlemen version Hard Rock de Dio, celle aux sonorités celtiques d'Annie Lennox, ou la version World de Loreena McKennit ( pour celui là, j'en reste à ce que je disais, j'adore la mélodie qui n'a pas besoin de beaucoup d'aide pour sonner païenne)

Mais cette année j'ai envie de faire encore plus décalé. J'ai deux bons potes qui ont présenté pendant quelques années " Clair Obscur" une émission radio dédiée aux musiques sombres (coucou Stefff, coucou Nath) et grâce à qui j'ai fait quelques superbes découvertes, le psychobilly en particulier, ou ce disque parodique, sorti en 2003, sorte de gros délire des membres de la H.P Lovecraft society qui détournent les carols traditionnels en en faisant des cantiques et chansonnettes à la gloire des grands anciens, Cthulhu, Dagon et consorts!

Curieux de savoir ce que ça donne?

Carol of the old ones (Carol of the bells)

Awake Ye Scary Great Old Ones ( god rest ye merry gentlemen)

Mi-Go we have heard on high (les anges dans nos campagnes)

I'm dreaming of a dead city ( white christmas)
Dance the cultists

Little rare Book Room ( désolée je ne retrouve plus le titre original du morceau parodié)

 Tentacles! ( là non plus, je ne sais plus, mais c'est plutôt marrant!)

If I were a deep one ( Ha si j'étais riche!)

Cthulhu lives! (Jingle bells)

Oh Cthulhu ( alleluia de Haendel)

Ce n'est qu'un petit extrait, ceux que je préfère, il y a un total de 25 détournements en fait.
Et un second album que je garderai pour l'an prochain: An Even scarier christmas


 Et je laisse évidemment le mot de la fin à qui de droit:

vendredi 11 décembre 2015

Hunger Games - Suzanne Collins

aujourd'hui, je vais vous parler d' un roman où des jeunes doivent s'affronter jusqu'à ce qu'il ne reste qu'un survivant dans une zone strictement délimitée, dans une espèce de jeu de massacre super codifié pour le plaisir d'un gouvernement autocratique centralisé.
Qui a dit " Battle royale"?

Bingo, vous avez gagné, ici c'est comme qui dirait Battle Royale mélangé au Prix du danger, avec des références très appuyées à l'antiquité romaine. Trop appuyées d'ailleurs: les gens qui s'appellent Cinna, César, Portia, Flavius.. au cas où on n'aurait pas compris avant, avec Panem, le Capitole, l'arène et le côté combat de gladiateurs..
(et miiirde je viens de voir APRES avoir écrit ça que justement la ressemblance avec Battle Royale et le Prix du danger avait été la principale critique faite à Hunger Games... ça m'apprendra à avoir lu et vu pas mal d'autres choses).

Dans le pays de Panem ( oui, moi aussi j'ai mentalement ajouté " et circense"), construit sur le territoire de l'ancienne Amérique du Nord, le gouvernement absolu est tenu par "le Capitole", régime absolu qui maintient dans la servitude les districts qui l'entourent: du 1 ( district du luxe) au 12 ( mines de charbon), du plus favorisé à la zone.

Une tentative de révolte a bien eu lieu autrefois de la part d'un 13° district dont il ne reste plus que des ruines, et pour "commémorer" ça, chaque année, des tributs:  2 jeunes âgés de 12 à 18 ans, une fille et un garçon, sont choisis au hasard dans chaque district pour participer aux Hunger Games.
Et la participation au tirage au sort est obligatoire, bien que personne ne veuille y prendre part car il s'agit d'un jeu de massacre. tous ces "heureux élus" vont devoir s'entretuer jusqu'à ce qu'il n'en reste qu'un pour le plaisir de la caste dirigeante  qui raffole de ce jeu télévisé violent et racoleur. Le gagnant sera nourri et logé et vivra dans le luxe à vie. Mais pour ça, il faut encore le reste, en vie.

Et donc on va suivre dans cette sale aventure Katniss, la représentante volontaire du district 12 ( la candidate originellement tirée au sort était sa petite soeur de 12 ans, dotée d'une chance de survie quasiment négative dans l'arène, Katniss qui chasse à l'arc pour nourrir sa famille depuis des années, n'a pas hésiter à prendre sa place, comme le protocole l'y autorise) qui va devoir trucider d'autres humains pour survivre. Avec son expérience à l'arc, elle a peut être la possibilité d'arriver jusqu'à la fin, et pourquoi pas de gagner. Tout les coups sont permis dans le jeu de la faim, y compris voler ou détruire les provisions des adversaires pour les laisser crever de faim. Seul le cannibalisme est plus ou moins mal vu.

Pour être tout à fait honnête, voilà bien un titre que je n'aurais pas lu sans le challenge Dystopie. J'avais vu l'adaptation ciné qui ne m'avait vraiment pas convaincue. certes , vue dans des conditions pas terribles: sur un mini écran lors d'un voyage en avion, parce que le reste me branchait encore moins.

Mais mauvaises conditions où pas, j'avais surtout trouvé que la chose était vraiment bâclée niveau scénario. Avec des trous qui confinent à l'invraisemblance: Attendez, on est dans un pays dirigé par un état central qui maintient le reste de la population en état de servitude, prélève tous les an 24 jeunes pour les envoyer s'entretuer dans un jeu TV à grand spectacle, et personne ne se révolte? Je veux bien que ça soit des pécores de la cambrousse, mais ils ont entre les mains les moyens de production et s'ils savent additionner 2 et 2, ils auraient quand même compris qu'avec une grève nationale, plus une matière première qui n'arrive chez les riches, le régime s'écroule en moins de 3 jours? a croire qu'avec leurs conneries ils cherchent le putsch!

Ben il y a des raisons, qui  expliquées dans le livre, mais que le film n'évoquait absolument pas : le coeur de l'état est construit au milieu des montagnes, donc accessible seulement par train ou par voie aérienne, et le capitole possède des armes aériennes avec lesquelles il a déjà laminé par le passé les tentatives de révolte des ouvriers qui vivent à peu près au XIX° siècle.. et oui, bon, on peut difficilement dégommer un avion super perfectionné avec le matos de Robin des bois. De plus les habitants parqués dans les districts sont isolés dans leur district, et n'ont aucun contact avec ceux d'à côté, donc sans moyen de communication, difficile de lancer une grève concertée.
Ouf, ça va mieux. c'est toujours un principe fumeux, mais au moins il n'y a pas de trou trop visible dans l'histoire.
Pareil pour le coup des mines sorties de nulle part dans le film: attendez, ils sont censés se battre à l'arme blanche, sauf que maintenant les méchants on miné le terrain? mais où, quand comment? avec quoi?
Là aussi, le coup des mines est expliqué, et pas sorti de nulle part.
Dès le début d'ailleurs, j'avais du mal à croire que dans une famille ultra pauvre au point de manger limite jusqu'aux queues des rats du grenier et de vendre tout ce qui est monnayable pour acheter à manger, la soeur de l'héroïne aurait gardé un bijou en or qui leur aurait assuré de quoi manger pendant un bon mois. Version lire: c'est un cadeau tardif de la seule amie un peu riche de Kat.
Re-ouf.

Après il reste le côté " si ça fait 75 ans que ça dure et que la révolte est impossible, pourquoi ne pas entraîner systématiquement tous les jeunes au minimum aux techniques de survie en milieu hostile dès l'école primaire..." que personne ne semble avoir intégré depuis 3/4 de siècles.
D'accord le maniement des armes c'est peut être difficile à mettre en place discrètement, mais au moins les bases des éclaireurs: faire du feu avec des cailloux, tresser de la corde, reconnaître les plantes comestibles...
Ben non, même pas. Les districts aisés le font, les districts ouvriers, préfèrent que les enfants savent tout sur les différentes sortes de charbons...

Donc au final, c'est plutôt une bonne surprise, le livre est comme souvent bien meilleur que son adaptation, Katniss est une héroïne plus proche de Lara Croft, tresse incluse, que de la Princesse Peach qui attend d'être sauvée, au contraire, c'est elle qui aide son camarade plutôt passif dont le talent est de savoir se cacher. Le retournement du cliché habituel " Tarzan sauver Jane" est assez sympa.

Après j'émets des réserves sur l'écriture à la première personne, courant dans la littérature jeunesse apparemment. Ok, c'est supposé permettre un maximum d'identification des jeunes lecteurs aux jeunes héros, mais en même temps, ça limite beaucoup en termes d'immersion, et dans un jeu de massacre, c'est contre productif: on sait très bien qui va survivre dans ce cas là. a part d'avoir un héros ou une héroïne fantôme qui raconte l'histoire. Mais là, sachant qu'il y a encore 2 tomes à suivre, la seule inconnue pèse sur tous les autres. Enfin, sur "comment vont-il mourir"?
Mais voilà, il arrive des tuiles à Kat, qui s'en sort pas mal amochée ( mais remise à neuf pour passer à la télé, faut pas une gagnante trop endommagée quand même), ce qui relance quand même un peu l'intérêt. De ce point de vue là, je l'ai quand même trouvé nettement plus réussi que l'autre "dystopie jeunesse" que j'avais lue. Starters avait un défaut qui sautait aux yeux: l'implication évidente que la location de corps laissait deviner pouvait apparaître au lecteur dès le chapitre 1 ou 2  elle n'était pourtant évoquée qu'à la tout fin. Ca qui m'avait largement frustrée puisque je l'avais devinée dans les premières pages.

Plutôt pas mal au final, pas trop mal écrit, ça se lit vite ( et comme je l'ai trouvé en version e-book sur la boutique livres de ma tablette, il n'encombrera pas mes étagères). Le cadre politique rend la chose moins vide que d'autres dystopies jeunesse. Mais ça risque de paraître un peu léger au lecteur aguerri de SF. A prendre comme un lecture récréative donc. Et dans ce cas là, je lirais peut-être à l'occasion le tome 2 si j'ai un moment de libre.


mercredi 25 novembre 2015

Les monades urbaines - Robert Silverberg

Hé bien, j'aurais mis du temps à le lire, Silverberg était l'auteur mis en avant en février dernier pour le challenge geek, et qui plus es proposé au groupe par ... moi-même.

Mais j'ai eu du mal à arriver au bout en fait. L'idée de départ était sympa, mais je n'ai pas accroché au traitement, que j'ai trouvé assez répétitif.
le visuel correspond à peu près au contenu, pour une fois ( sauf que les gens sont habillés!)

Au XXIV° siècle, l'humanité a depuis longtemps trouvé une parade à la surpopulation qui menaçait la Terre dès le XX° siècle. Cette parade s'appelle les Monades urbaines: de grands immeubles de 3 kilomètres de haut comptant 1000 étages, groupés par dizaines nommées d'après les villes de "l'ancien monde": Reykjavik Prague, Washington, Colombo, San Francisco.. jusqu'à Louisville au sommet de la monade 116, qui occupe le récit. Les monades étant elles mêmes des éléments d'une constellation , ici " Chippitts", sur les anciens territoires de Chicago et Pittsburgh. Mais l'existence de la constellation Berpar en Europe et Shangkong en Asie laisse supposer que cette organisation est mondiale.

L'humanité est devenue en majorité verticale, libérant ainsi de l'espace pour d'immenses surfaces agricoles, les communes agricoles, gérées par une poignée de paysans considérés comme arriérés par les " urbmonadiaux" qui ne les ont jamais vus.
En effet, on nait, on vit, on meurt dans la monade, sans jamais en sortir: la promiscuité est le lot de tous, d'autant que les urbains, ayant découvert que les surfaces agricoles pourraient nourrir bien plus de monde que 7 milliards d'humains, a érigé en espèce de dogme religieux la procréation à outrance: les monades comptent plus de 800 000 habitants, une famille normale compte facilement 8 ou 10 enfants. Dans cette promiscuité force, l'individu n'a plus droit de cité, l'intimité n'existe pas, on se promène quasiment à poil et on couche les uns avec les autres, dans une liberté sexuelle débridée.
Liberté?
Les femmes n'y sont considérée qu'en fonction de leur beauté plastique, de leur capacités reproductrices ou comme objet de plaisir pour les hommes qui vont, la nuit, toquer aux portes des voisins à la recherche d'un coup vite fait ( je suis désolée, mais il n'y a pas d'autre moyen de le dire, et je suis encore loin du compte). Pour une feme, refuser ses faveurs sexuelles est mal vu, pour un mari, refuser que sa femme se fasse sauter par le voisin est mal vu. Et bien sûr, seuls les hommes vont en "promenade nocturne", les femmes sont passives et doivent attendre leurs visiteurs nocturnes bien sagement.
Et gare à quiconque dévierait de cette "liberté", il ou elle serait considéré comme "anomo", l'anormal, le mouton noir qui met en péril l'harmonie et la stabilité d'un monde qui se clame égalitaire, mais où les femmes sont soumises aux désirs des hommes et où les étages inférieurs sont dévolus aux ouvriers tandis que les étages supérieurs, moins peuplés et éclairés sont réservés aux élites qui les dirigent sans jamais descendre de leur sommet. Dans ce monde où on se marie à 12 ou 13 ans, où on a en moyenne 5 enfants à 22 ans, on devient anomo lorsque les drogues en libre service ne parviennent plus à masquer la vacuité de l'existence,  lorsqu'on commence à réfléchir, à avoir des états d'âmes ( tel Micael qui se pose des questions sur sa soeur, se disant que s'il voulait coucher avec elle, elle serait obligée d'accepter en bonne citoyenne, mais dans le fond, qu'en penserait-elle réellement?), lorsqu'on pense à vouloir sortir, rien qu'un fois pour voir comment c'est dehors, comment est l'air frais, la mer, lorsque la pression sociale et le manque de liberté individuelle vous rend dépressif à 15 ans. La moindre idée de rébellion est automatiquement réprimée à coup de drogues, de "rééducation" ( lavage de cerveau), et si ça ne marche pas, c'est la chute: l'envoi direct au vide ordure, au broyeur- compacteur-incinérateur qui sert à chauffer l'immense batiment.

L'ennui, c'est que ce livre est un ensemble de nouvelles, mettant en scène plus la monade 116 que ses habitants, même si une poignée d'entre eux sont mis en avant. Ce qui fait que sur les 3 ou 4 premières nouvelles, on se demande quand même où l'auteur veut en venir, à sembler développer un personnage pour passer ensuite à un autre.
 Ca semble décousu et répétitif ( toujours les mêmes scènes d'orgies). Dans la première nouvelle, la monade reçoit la visite d'un ponte venu d'une colonie humaine sur je ne sais plus quelle planète ( je l'ai lue en février dernier), qui se trouve déboussolé par ces gens vivant entassés, faisant leurs besoins au vu et au su de toute leur famille, car sur sa colonie, on vit comme les humains du XX° siècle: avec une porte à fermer dans ces cas là. autant dire que j'étais à peu près dans l'état d'esprit du visiteur extra-monadial.

Et c'est d'autant plus bizarre que personne ne semble, je dis bien semble,  trouver ce mode de vie oppressif, tout est pour le mieux de leur point de vue, et pour le lecteur du XX° ou du XXI° siècle, c'est passablement écoeurant. Ce n'est que plus tard et par petites touches que l'auteur laisse entrevoir les failles de ce système: des gens qui pètent les plombs, réellement, à force d'avoir trop d'enfants dans les pattes - et les pires crimes imaginables sont l'avortement ou la contraception- d'autres qui font tout pour cacher leur différence, leurs idées "déviantes"  ( l'historien du XX° siècle, qui cache sa découverte de la jalousie, sentiment qui n'a pas lieu de cité et l'enverrait directement à la chute).

C'est vraiment sur les 2 dernières nouvelles que la mayonnaise à pris pour moi, car elle montre des gens qui sont vraiment à bout de nerfs: Micael, qui plus que tout veut une fois dans sa vie sortir et aller jusqu'à la mer.
Son périple va évidemment s'arrêter à 1 journée de marche de la monade lorsqu'il est arrêté par les agricoles qui le prennent pour un espion. Là il va découvrir une chose inattendue: les agricoles, qui fournissent la nourriture aux monades, vivent horizontalement. Et révèrent le dieu de la stérilité pour lui demander d'avoir le moins d'enfants possibles: car l'expansion verticale ne peut se faire qu'au prix d'une surface agricole gigantesque, qui contraint la poignée de gens vivant encore dehors à adopter l'attitude inverse: un strict contrôle de la densité de population.
Mais son escapade en solitaire fait un bien fou , au moment où le livre devenait étouffant à force de promiscuité. Sur ce coup là, Silverberg a réussi son pari: rendre le livre physiquement étouffant.

Et Siegmund, celui qui réfléchit trop et par trop de sérieux et d'idéalisme compromet aussi la stabilité de la hiérarchie qu'il voulait absolument atteindre et qu'il découvre plus encore corrompue et malsaine que le reste de la monade. Déception qui entraîne une prise de conscience de ce que cette liberté a de carcéral. D'autant plus carcéral qu'elle est consentie et approuvée par la majorité qui croit obéir aux desseins d'un dieu que tout le monde loue à tout bout de phrase, mais dont les statistiques prouvent que moins de 30% des habitants fréquentent un lieu de culte.

Il n'y a pas de "personne âgée" dans cette histoire, hormis la grosse huile au sommet de la hiérarchie qui a 50 ou 60 ans: l'explication est limpide: vieillir, c'est prendre conscience, prendre conscience s'est déprimer , déprimer c'est devenir anomo, devenir anomo, c'est être éliminé du système.

En soit, j'ai trouvé cette histoire encore plus épouvantable que 1984, c'est dire.
Mais voilà, elle pèche par endroits, qui vont qu'elle reste malgré tout en dessous d'autre dystopies que j'ai pu lire. déjà, écrite en 1971, elle caricature le mode de vie hippie " moderne" à son époque.Seulement voilà, en 2015, la liberté sexuelle, les drogues en libre accès, les orges ou fumeries collectives, les tapis à motifs psychédélique, le rock psychédélique.. hé bien ça fait terriblement seventies. L'auteur a caricaturé sa société contemporaine, et malheureusement pour lui, de nos jours, c'est très très daté.
J'en parlais par ailleurs, lorsqu'on décrit quelque chose supposé se passer dans 3 ou 4 siècles, autant mettre le paquet dans l'imagination, avec un peu de chance, ça ne sera pas dépassé dans 20 ans. Manque de pot, Silverberg a été rattrapé, le mouvement hippie est devenu marginal et le puritanisme resurgit à toute force ( bon il faut quand même un juste milieu entre les orgies décadentes et la ceinture de chasteté, ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit!)
L'autre problème, c'est la traduction: elle date de 74 ( première édition) et pose aussi un problème, par le choix de vocabulaire assez daté aussi (on va chez le voisin, texto: "pour défoncer sa femme." Je ne sais pas vous, mais j'ai l'impression d'entendre un loubard des années 70 ou 80)

Et le parti pris bizarre d'avoir des personnages qui se vouvoient alors qu'ils vivent entassés et s'envoient en l'air sans aucun état d'âme. Donc un personnage qui dit à la nana qu'il vient voir en pleine nuit " s'il vous plait, laissez moi vous défoncer".. il y a comme un gros problème de niveau de langue. Je suis quasiment sure que le texte original anglais n'emploie pas des " thou" ou des "thyne", mais de simples "you". Ca m'a limite plus dérangée que les scènes de Q au kilomètre.

Donc un livre intéressant, louable dans son intention, mais inégal, parfois ennuyeux, parfois daté, parfois très bien ( les 2 dernières nouvelles). Mais loin d'être un coup de coeur, ses défauts sont à peine compensés par ses qualités et c'est dommage.
Alors que je n'avais pas eu cette impression d'ennui sur Le meilleur des monde pourtant encore plus daté puisqu'encore plus ancien ( haha, les adorateurs de "notre T", la ford modèle T), mais qui a mieux vieilli. En fait peut être que j'en attendais trop en fonction de son sujet, d'ouù la demie déception, il ne me restera pas en mémoire longtemps je le crains. Mais je redonnerai sa chance à l'auteur avec un autre texte, je n'aime pas rester sur un demi échec.
N°128: un immeuble

samedi 31 octobre 2015

Don't Starve ( Jeu indé - survie)

Voilà un jeu que j'ai découvert il y a pas mal de temps ( en fait acheté lors de son apparition sur Steam, mais je l'avais laissé en attente quasiment une année avant de m'y pencher, et l'ai ressorti pour l'occasion). Donc non, en premier lieu, cette fois, ce n'est pas un jeu gratuit, mais il vaut le coup.
Et c'est parti pour un sujet "gaming Halloweenesque."
attendez... Ça me rappelle un truc...
Ah oui, ça y est je vois...
(Première constatation donc: visuellement, c'est un énorme hommage à Tim Burton. Autant dire que le jeu a gagné des points d'entrée avec moi, pour son graphisme complètement cartoonesque, sa musique de fête foraine très réussie, ses bruitages, son utilisation futée de la 2D)

Hop, le trailer pour donner une idée. J'aime vraiment énormément cette musique ( ça m'a d'ailleurs fait bizarre un jour en regardant le JT de l'entendre utilisée pour illustrer un reportage sur les ... huissiers :D)


Don't Starve est donc un jeu indé de type survie, dont le principe est très simple: on va devoir aider le héros à survivre.  Wilson, inventeur en panne d'idées, se retrouve soudain téléporté hors de son laboratoire par une entité malfaisante, jusque dans un environnement hostile avec cette seule consigne " hé l'ami, ça n'a pas l'air d'aller, tu ferais mieux de trouver à manger avant la tombée de la nuit"

On commence avec lui, les autres se débloquent en progressant, enfin, en essayant de rester en vie le plus longtemps possible

Et "environnement hostile" est un faible mot, autant dire que l'environnement entier veut la mort de Wilson. Le principe est donc simplissime, comme le titre l'indique " ne meurs pas de faim". On découvre alors bien vite les petites subtilités de ce jeu. Principe simplissime donc, mais très très difficile à réaliser:
- C'est un jeu de survie qui va jusque au bout dans sa logique: pas de tuto (le jeu est quand même intuitif, même si l'interface trop simple peut être améliorée grâce à divers modules), il va falloir se débrouiller tout seul ( et donc mourir quelques fois pour comprendre comment s'en sortir)

- Je le redis: l'environnement entier VEUT ta mort. Ça s'appelle " ne meurs pas de faim", mais ça pourrait être aussi " ne meurs pas de froid/de peur/ empoisonné/bouffé par un monstre". Sur une de mes dernières parties qui ne figure pas sur la capture d'écran, j'ai été massacré(e) par des hommes lapins végétariens: ils ne supportent pas qu'on passe à côté d'eux avec un morceau de viande dans son inventaire, et donc, très logiquement, se vengent en vous tapant dessus jusqu'à ce que mort s'ensuive
lorsqu'on relance le jeu après une partie, il y a un petit bouton " morgue " sur la page d'accueil, qui nous rappelle quand et comment se sont finies les précédentes parties: là, Willy a été bouffé par une araignée dès le premier jour, sur une autre partie, par une grenouille, picoré à mort par un grand oiseau au bout d'une semaine, ou mort attaqué par un monstre parce qu'il n'a pas rejoint son camp assez vite

Il y a donc quelques jauges à surveiller: la jauge de faim (un estomac qui devient de plus en plus petit), la jauge de santé mentale ( un cerveau qui se rabougrit, elle n'y est pas en base, je l'ai ajoutée via un module) et la jauge de vie ( un coeur qui rétrécit): pour remonter ces jauges, il faut trouver à manger. Mais attention certaines nourritures peuvent être dangereuses (il y a des champignons de toutes les couleurs, certains peuvent rendre zinzin), de même que la nourriture conservée trop longtemps qui s'avarie et rend malade le personnage. Mieux vaut la garder dans un coin, car la moisissure va être utile plus tard comme compost.

- L'autre paramètre important c'est le temps. Le temps qui passe: chaque "journée" de jeu dure 8 minutes comprenant le jour où le personnage peut s'activer, le soir, où il vaut mieux s'activer à préparer son camp où à le rejoindre, et la nuit, où il ne faut pas s'éloigner du feu de camp. Les monstres ont peur du feu, c'est le seul moyen de les tenir éloignés. Mais il y a aussi le temps qu'il fit qui rentre en ligne de compte: été (il fait chaud et les plantes poussent vite), hiver ( il y a de la neige et peu de nourriture, donc mieux vaut avoir fait des réserves), et pluie ( cette vacherie risque d'éteindre le feu plus vite et le héros se retrouve en danger de servir de pâtée pour monstre)

Un vrai de vrai survival game donc, avec une foule de paramètres à prendre en compte, Il va falloir mourir plusieurs fois avant de piger comment s'en sortir. Et encore, il peut toujours débouler soudain un monstre qui s'était fait invisible jusque là.

Concrètement voilà comment faire pour la/les première(s) journée(s):
* Au démarrage du jeu, l'environnement est créé aléatoirement. avec un peu de chance, Wilson apparaît au milieu d'une zone pleine d'herbes, d'arbres et de branchages, qu'il va falloir ramasser pour fabriquer des torches. Et commencer à trouver en parallèle à manger ( graines déposées par les oiseaux, fleurs sauvages, buissons de baies et quelques carottes)
Et c'est tout! il y a bien des oiseaux et des lapins qui le narguent , mais pour ça, il va falloir attendre un peu.
* Ensuite seulement, on peut commencer à explorer le coin, chercher des silex pour fabriquer une hache ( silex+ branchages = hache) et commencer à abattre les arbres pour faire un feu digne de ce nom, qui durera plus longtemps que la pauvre torche de base et permettra de cuire les denrées pour les rendre plus nutritives. sachant que le feu s'éteint assez vite si on ne l'alimente pas!
en parallèle on peut commencer à fabriquer des pièges à lapins - ne pas oublier d'y mettre une carotte crue pour les appâter et  tadam! c'est parti pour le rôti de lapin. Attention à ne pas trop en abuser, sinon une jauge de méchanceté se met à monter, et lorsqu'on a été trop vilain à massacrer des gentils animaux pour les baffrer, un dragon arrive pour les venger - jusqu'à présent j'ai été assez raisonnable pour ne pas bouffer l'écosystème entier.

(pour toutes les choses à fabriquer, il y a des puces " survie""outils" et "technologies": il suffit de cliquer lorsqu'elles s'éclairent pour voir quel outil ou piège peut être fabriqué avec les matériaux ramassés et qu'est-ce qu'il manque encore pour avoir telle arme ou telle compétence)

* 3° étape donc: faire une fosse à feu, qui reste en place et demande moins de matériel. Mais pour ça il faut des cailloux. Et pour avoir des cailloux il faut trouver des rochers, fabriquer un pic ( branches +silex) et miner comme un nain de la Moria! Autant dire que j'en ai vite mis une par zone , histoire d'en avoir toujours une à proximité à chaque tombée de la nuit, avec un jolis tas de bois à côté
un exemple du jeu lui même, donc...
*4°étape: la machine à science ( une sorte d'épouvantail), ce n'est qu'une fois la machine à science construite que les compétences, armes, pièges supérieurs sont accessible. Problème:  il faut être à côté pour la faire fonctionner. Donc en mettre une dans un coin de la carte c'est bien. en mettre un peu partout, c'est mieux, de même pour les autres machines qui se débloquent petit à petit en progressant ( pareil un peu plus tard avec les "effigies", un leurre à monstres à l'image du héros, à la place duquel il réapparait s'il est mort, et ouf, un game over évité, ha damn' il faut en reconstruire une, ça ne marche qu'une fois!)
*5° étape: ok c'est bon j'ai tout, j'ai fabriqué un petit sac à dos, un chapeau de paille, une armure en herbes et une lance, c'est l'heure de partir explorer le monde!

Et c'est là qu'on va découvrir que ce monde est ultra bizarre: il y a des buffles ( bon fournisseurs de bouses pour l'agriculture) des cochons humanoïdes qui font du commerce, des squelettes d'explorateurs perdus et des tombes que l'on peut piller une fois que l'on aura fabriqué une pelle, des araignées dentues, des loups (ha oui.. gaffe aux phases de la lune, les nuits de pleine lune, les monstres sont beaucoup plus aventureux, et les cochons neutres deviennent des cochons garous agressifs, hé, restez quoi, on s'amuse bien!), un oiseau cyclope, un cerf-cyclope des neiges.. et Chester!

Chester va vite devenir notre meilleur seul allié dans cet univers! Lorsqu'on trouve par hasard en terre un os surmonté d'un oeil, il suffit de le ramasser pour voir arriver Chester, un coffre à pattes qui nous suit comme un toutou tant qu'on garde le fétiche avec soi. La bonne nouvelle c'est qu'il sert vraiment de coffre et permet de stocker 9 objets de plus.

Alors les bricoles à savoir en plus:
-  Lorsque le héros meurt, c'est foutu! il faut reprendre la partie au début, dans un nouvel environnement généré aléatoirement, la sauvegarde n'est valable que tant que le héros survit, s'il meurt, hop, inscription dans l'onglet morgue et nouvelle partie. c'est sadique, mais c'est comme ça!
désolée mon gars tu es mort X fois, piqué par une araignée, tabassé par un gang d'hommes lapins ou mordu par une grenouille, et tu mourras encore par ma faute, pas la peine de faire cette tête.

- Wilson n'est pas seul seul personnage jouable. Il est le personnage par défaut de la première partie. S'il survit assez longtemps, en nombre de jours de jeu, on débloque alors d'autres.. aheum "héros", tous ayant des caractéristiques différentes,  des points forts et des points faibles

8 jours de jeu, et on peut démarrer en parallèle une partie avec Willow la pyromane. Oui, elle est flippante. Mais elle dispose d'un briquet qui lui permet de survivre en cramant la forêt au cas où sa torche s'éteindrait. Par contre, je ne sais pas pourquoi, mais sa santé mentale n'est pas au top :D...

16 jours de survie: déblocage de Wolfgang le costaud , il est plus fort que les autres, mais souffre plus vite de la faim, et c'est ballot, il a peur du noir, donc une santé mentale qui vacille à la nuit tombée, et plus de risque d'avoir des hallucinations.

32 jours et on peut faire jouer Wendy, qui est moins sensible à la solitude et la déprime, puisqu'elle peut invoquer le fantôme de sa défunte soeur pour lui tenir compagnie, cette logique m'éclate totalement. Par contre elle ne tape pas fort et fait facilement office de pâtée pour chiens sauvages. Oui, là juste en dessous, enflés de clébards...
j'ai une question existentielle:  comment un robot peut mourir de faim, de froid ou bouffé par un chien enragé? Que quelqu'un m'explique ...mais je ne vais pas pinailler, j'aime quand c'est du gros portenawak assumé

Il y en a d'autres encore, tous avec un W dans leurs noms: un robot ( insensible à la nourriture avariée, mais qui craint la pluie), une bibliothécaire à chignon ( qui n'a pas besoin de construire de machine à science pour avoir des compétences avancées dans plusieurs domaines et a une meilleure santé mentale que les autres), un bûcheron ( qui arrive d'emblée avec sa hache, mais risque de faire apparaître un monstre esprit de la forêt en coupant trop d'arbres)
C'est même étonnant de ne pas avoir Wednesday, tiens, vu l'ambiance " famille Addams "de la galerie de barjots de Don't Starve.

Par contre il y a un mime, que je n'ai pas trouvé encore ( il faut basculer dans le mode aventures et c'est déjà assez coton). LE personnage pour joueur enragé: peu de compétences, une santé mentale a minima une espérance de vie minuscule. Apparemment il a été créé pour les marteaux qui trouvaient le jeu trop facile.

 TROP FACILE! c'est vrai que c'est fastoche hein, ne pas mourir de faim, ne pas devenir dingue, réussir à ne pas se faire bouffer par des loups/chiens de l'enfer ( apparemment le seul et unique moyen est de les entraîner un milieu d'un troupeau de buffles qui ne peuvent pas les encadrer et les piétinent. Je les hais ces clébards, faudrait que j'essaye de leur foutre le feu), et après ça survive à l'hiver et à ses redoutables cerfs cyclopes.. non, c'est de la tarte!
Le joueur du grenier a qualifié la version multijoueur d'équivalent de "l'appel de Cthulhu en jeu vidéo"...dans un de ses sujets

je sens qu'elle va aussi attirer l'esprit de la forêt, bien énervé pour le coup...
Il y a encore plein d'autres surprises dans ce jeu: des souterrains pleins d'araignées,des trous de ver ( qui permettent de se déplacer à divers endroits de la carte, on saute dedans et hop on se retrouve quelque part ailleurs. La surprise, au prix de pas mal de santé mentale, évidemment!)

Ha oui, et comme je le disais, il est dur, il y a donc possibilité à partir de Steam d'installer des modules gratuits pour peu qu'on ait acheté le jeu,qui rendent la chose plus facile ( comme un module permettant de faire apparaître à volonté l'élément manquant pour une recette ou une arme. A utiliser avec parcimonie, sinon du coup, ça devient trop facile), un module "français" ,pas testé, j'ai tellement l'habitude de jouer en anglais que ça ne me pose pas de problème, un autre qui permet d'équiper les outils adéquats pour une action sans perdre de précieuses secondes à fouiller l'inventaire, ou une qui permet de trier l'inventaire.. merci! merci aux développeurs!


Ça pourrait paraître ennuyeux et répétitif, et bizarrement non ça ne l'est pas au contraire, c'est plutôt un jeu trèèèès  addictif en fait. Un gros coup de coeur parce que vraiment, que ce soit le graphisme, la bande son, les bruitages, l'humour, la galerie de monstres, tout, j'ai tout adoré dans ce jeu!
Avec toutes ces qualités, il y a bien un défaut? OUI, la nécessité d'avoir une connexion fonctionnelle pour y jouer, c'est le truc pénible, ce n'est pas un jeu qu'on télécharge simplement pour y jouer hors ligne et ça me désole.

 Je n'ai pas encore testé l'extension "together" qui permet d'y jouer en réseau, l'idée peut être sympa, mais tente moins la gameuse solo que je suis, bien qu'à mon avis, on soit loin de l'idée d'un MMORPG. Quoique en fait, ça doit être l'éclate totale d'avoir les personnages ensemble, et surtout la pyromane qui met systématiquement le feu aux constructions des autres. Vu comme ça!

Site officiel ( sur la plateforme Steam, il me semble qu'on peut le tester pendant un certain temps avant de l'acheter,  de mémoire)
Un site de tuyaux très très complet en français, merci à eux, sinon je serais morte un grand nombre de fois !

Qu'ajouter? Un review du jeu par Usul, le dandy du gaming, si avec ça, vous n'êtes pas convaincus...


Et comme le jeu a eu un joli succès, il y a quelques fanarts assez sympa ici et là. Non, mais, je suis fan du coffre à pattes, qui m'en rappelle un autre..
pourquoi je pense à Scoubidou, moi...
(et apparemment je ne suis pas la seule.)

mercredi 14 octobre 2015

Zombillénium t.1 - Arthur de Pins

Voilà une BD dont j'ai lu beaucoup de bien ici où là, et voilà-t-y pas que lors d'une recherche des livres disponibles en version numérique, je la trouve disponible pour ma tablette. Une prévisualisation plus tard, histoire de constater que les pages sont bien lisibles, j'ai craqué...
Et je ne regrette pas!
j'aime beaucoup l'effet sur les lunettes

J'ai beaucoup, beaucoup ri avec cette histoire fantastique sur fond de plan social.. ou de plan social sur fond de fantastique, au choix.

Déjà dès le début... une grande planche sans parole où on voit un type plein de bandages faire du stop. Sous la pluie. A Valenciennes. C'est Aton, momie égyptienne authentique, responsable du stand Barbe-à-papa au parc Zombillénium qui n'en peut plus de ce travail à deux ronds et a décidé de partir pour ... aller au Caire.

Je le comprends, plus de 3000 ans, et condamné à vivoter (ou mortoter?) dans un travail peu intéressant et sans avenir, loin du soleil d'Egypte... car Aton le fugueur est juste l'un des nombreux employés de Zombillénium, parc d'attraction à thème horrifique dont les employés sont tous des morts vivants surexploités: les 35h00? tu oublies... les RTT? tu oublies... la retraite? tu oublies... et le licenciement est définitif, façon exorcisme final et adieu. Faut dire que le patron se nomme monsieur Béhémoth, ça donne déjà une idée.
Pendant qu'Aton est récupéré sur le bord de la route par Francis, le vampire qui gère le parc et Sirius, squelette syndicaliste d'un ancien militant pour l'égalité raciale et sociale, un autre événement se passe:  dans un bar, un type à côté de la plaque  brandit un flingue et s'apprête à braquer le propriétaire. Aurélien est au bout du rouleau et pète un fusible avant de constater qu'il tient non un révolver mais une banane à la main, cadeau de la demoiselle rousse au look gothique à côté de lui: Gretchen est une sorcière, stagiaire à Zombillénium qui a eu pitié d'Aurélien et a tenté d'un sort discret de lui sauver la mise et de lui éviter la prison pour un moment d'égarement. Mieux valent quelques minutes de ridicule que plusieurs mois ou années de taule, n'est-ce pas.

Les deux histoires vont se rejoindre brutalement lorsque la voiture de Francis percute Aurélien à peine remis de ses émotions, juste devant le bar. Pas le choix, pour éviter les problèmes, Francis le mord et offre donc une nouvelle recrue vampire au parc. Sauf que Blaise le DRH (un loup garou) aurait plutôt besoin d'un autre de ses semblables... Le pauvre Aurélien, mordu à de multiples reprises perd donc la vie, gagne un travail - très nase - et une crise identitaire dans la même journée.

Car personne ne sait au juste ce que va être le résultat d'un tel traitement. Ce qui va se révéler par hasard: lorsqu' Aurélien se fâche tout rouge - on le comprend vu son état nerveux... il se fâche vraiment tout rouge. Façon Hellboy. La nouvelle attraction du parc est née, et ils en avaient bien besoin, les zombies qui passent leur journée à danser sur Thriller ne font plus recette et sont licenciés ( donc pulvérisés ) en masse. On compte sur la nouvelle recrue pour amener un peu de sang frais, si j'ose dire, à Zombillénium où la peur commence à ne plus faire recette.

J'ai positivement adoré. C'est souvent très très drôle, dans le genre grinçant, mais grinçant façon désespéré. Si on y réfléchit tout est désespérant, il y est question d'exploitation des petits par les patrons, et des patrons par les actionnaires, qui sont des vampires autrement plus voraces que les vrais, des cadences infernales, des licenciements abusifs. Et arriver à faire rire là dessus, c'est fort. Non mais, la réunion intersyndicale des zombies.. c'est juste énorme.

Les personnages sont tous plus ou moins des paumés, antihéros sympathiques, Sirius et Aton sont hilarants ainsi que José le zombie qui imite un Michael Jackson dérisoire à pleurer de rire. Aurélien est vraiment le pauvre type malchanceux à qui on a envie de payer une bière pour lui changer les idées et Gretchen est une sorcière adorable. Mention spéciale à ses études de sorcellerie en Angleterre, où elle a eu une brève liaison avec un camarade dénommé Harry, victime d'un petit problème de heu... une sorte de panne de baguette magique, vous voyez?. Enfin, ces choses là arrivent.. gros fou rire à ce moment là. Sinon je compatis, elle est née en 1984.. et tout le monde la croit mineure, j'ai longtemps eu ce problème.

Lutte des classes, humour noir,  ET fantastique,  mes sujets favoris. Avec les clins d'oeil à la culture populaire : Harry Potter, mais aussi les soi-disant messages sataniques lorsqu'on écoute tel ou tel disque à l'envers, une radio qui diffuse Zombie,le skate volant  de Gretchen (sur balai)...même le braquage à la banane , je me demande si ça n'est pas une référence  aux Monty Pythons. Si oui, de joie, je me mets à danser le sampa à la pleine lune sur du Alice Cooper, je vous jure, je le fais!)

Le tome 2 ne tardera pas à rejoindre ma bibliothèque virtuelle, sur ce genre de graphisme épuré, le format numérique passe très bien.
En tout cas la bande annonce  faite à la sortie de la BD me donne terriblement envie de le voir adapté en animation, à la lecture je me disais que le dessin passerait nickel, et il se trouve que Arthur de Pins a transposé la planche d'ouverture et l'ambiance générale pour un clip de Skip The Use et ça donne plutôt bien.

 
idée 119: des cheveux: la teinture rouge de Gretchen!

vendredi 2 octobre 2015

un peu de violence gratuite, ça défoule (jeux flash gratuits)

Parfois ( souvent) il arrive qu'on soit énervé, par les petites mesquineries quotidiennes, par les chefs pénibles, par les voisins débiles, par son chat, par n'importe qui en fait...

Et pour se défouler, il y a les jeux flash. J'aime bien, ça demande zéro réflexion ou presque, c'est de la violence gratuite et ça défoule en évitant de taper directement sur ce(ux) qui le mériterai(en)t pourtant.
Je ne vais pas parler ici de jeux de baston type Street Fighter ou Mortal kombat, ni les shoot'em up ou jeux de guerre,  non, juste les petits jeux gratuits qu'on peu trouve ici et là et jouer vite fait quand on a la rogne ..

On commence gentiment en tapant sur des objets:

Pinata hunter: on va juste éclater une pinata, plus on récolte de bonbons - en remuant la souris latéralement, j'ai cherché un mooment - plus on peut s'équiper ( sac plus grand, gants pour éviter les crampes, armes diverses - avec des clins d'oeil sympa: l'épée de Cloud Strife ou un sabre laser par exemple..)
Relax, ce n'est qu'une pinata ( mais quel bonheur de la détruire et de passer à une plus résistante. Les mises à jours correspondent à des changement de décor ou l'ajout de nouvelles pinata et armes ou objectifs.. attention quand même au risque de crampe.. réelle!)
Pinata hunter simple
Pinata hunter 2
Pinata hunter 3



Whack your computer: un employé de bureau frustré rêve décide de casser son ordinateur de 12 manières différentes (et d'impressionner au passage la secrétaire!).. à vous de les trouver

Attention; on va progresser dans les niveaux de violence, si ça vous dérange, .. ben , n'y jouez pas, j'ai prévenu que c'était de la violence gratuite et défoulatoire, pas besoin de m'envoyer la police, la personne qui est derrière son ordinateur ne cautionne pas la torture sur animaux. Sur patron, ça peut se négocier :D

 Cat-A-pult: voilà un jeu un peu ancien, où il faut envoyer un chat ( pas un vrai rassurez vous, juste un chat dessiné!) au travers des portes ( en évitant de le faire s'écraser contre les murs, ce n'est pas le but du jeu)

Paf le chien, on le connait tous..

Mais c'est pas encore assez violent, on ne martyrise pas d'humain.

Et si on faisait l'inverse en fait? Voila " Big Bad Ape"
Quelques jours dans la vie d'un singe géant (toute ressemblance avec au pif, un célèbre Gorille géant de film fantastique étant bien évidemment absolument pas fortuite) et très énervé, mission: casser des trucs et bouffer les policiers avant qu'ils n'aient eu le temps de vider leur chargeur.. ou d'aller chercher les tanks

Mais moi, ce que je veux, c'est voir des nanas laminer des gars surtout...


Nanaca crash (je n'ai pas vu de différence entre le 1 et le 2).. un jeu japonais un peu ancien où on dirige une écolière de manga qui doit démonter la tronche d'un frimeur à coup de vélo. L but étant un peu comme celui de Paf le chien, d'envoyer le frimeur le plus loin possible. Mais attention il y a des subtilités ( l'attaque en piqué, liée à la petite flèche qui s'affiche et envoie le gars dans le sens de la flêche.. les autres personnages: les filles en général renvoient le type dans le ciel sauf 2: la fille à lunette correspond à un game over , la brune à cheveux longs bloque l'action suivante ( ce qui peut être bien si l'action suivante est censée être un game over) et les garçons, par solidarité masculine, ralentissent la chute de leur copain.
Comme le jeu est en japonais, et donc, sans le lire, c'est mal barré pour y jouer, voilà une présentation du jeu et de son gameplay en anglais
Autant dire qu'éclater un frimeur m'éclate aussi totalement.

On continue pour aller vers plus violent: ça va saigner!

Whack You boss, le premier que j'ai découvert dans la gamme des whack your... et le plus connu: il s'agit de tuer son patron avec tous les objets possibles et imaginables (et souvent loufoques) disponibles dans le bureau. Mis à jour régulièrement il a commencé avec 16 méthodes expéditives, on en est à 24..(27 en version android). Il faut toutes les trouver, mais aller, je vous donne quand même ma favorite: la chaise de bureau.

Mais j'ai plus violent encore.
attention Pegi 18!

Whack your neighbour: ou comment se débarrasser d'un voisin irascible.. à la mode film d'horreur. Tiens une tondeuse à gazon, est-ce qu'on peut faire comme dans Brain Dead? (oui!). Je ne les ai pas toutes cherchées car il manque un compteur contrairement aux autres whack your.. ce qui fait que je ne savais plus ce que j'avais trouvé déjà, ni combien au juste. Mais comme je n'ai pas de problème de voisinage, je le trouve moins jouissif que Whack your boss.

Voilà quelques jeux sans prétention, mais qui défoulent un brin, et c'est toujours mieux, enfin, plus légal, de s'imaginer massacrant son boss, plutôt que de le faire réellement, non?

mardi 29 septembre 2015

Il faut tuer Constance - Ray Bradbury

D'un commun accord, Bradbury a été choisi comme auteur du mois par les membres du challenge geek. Une découverte pour certains, mais pas pour moi. Mais puisqu'un des auteurs que j'ai particulièrement aimé est à l'honneur, je ne pouvais pas passer à côté.

En fait à la base, j'étais partie sur un des recueils de nouvelles qui me restaient à la maison, avant de décider que , non, en ce moment, je n'avais pas spécialement envie de lire de nouvelles, et plutôt envie de savoir ce que l'auteur avait fait d'autre. Après avoir fouillé les rayons de la médiathèque, je suis tombée sur ce roman, plutôt axé policier/enquête/ noir . Bon sang que cet auteur est dur à classer!
C'est aussi son dernier Roman, paru en 2004.

Et je ne comprendrai jamais non plus la logique de ma médiathèque, parce qu'il s'agit en fait du dernier tome d'une trilogie ( avec La solitude est un cercueil de verre et le fantôme de Hollywood). Et évidemment ils n'ont pas les deux premiers.
mettons nous d'accord : je déteste cette couverture de roman harlequin, l'héroïne du roman a plus de 40 ans, c'était trop peu vendeur de mettre une femme de 40 ans? Ou un quelconque dessin. Ou l'auteur?
voilà! Je préfère largement!

Ceci dit, il est lisible même sans avoir lu les deux autres, seulement, j'aurais quand même préféré par le premier et son titre français absolument fabuleux.

Nota: Le titre d'origine " death is a lonely business" est sympa aussi, mais n'a pas du tout le même sens et ne met pas la même idée en avant. Je préfère l'image saisissante du français, pare que je suis quasiement obligée de lire quelque chose qui s'intitule " la solitude est un cercueil de verre"
 Dans le cas du tome deux, c'est l'inverse: le titre original du Fantôme d'Hollywood étant " a graveyard for lunatics". Pourquoi, pourquoi se passer d'un titre pareil!
Bradubury est un auteur qui excelle dans la forme courte et avait le sens de la formule jusque dans ses titres.
Malheureusement, beaucoup ont été traduits à une époque où , en SF, la traduction ne s'embarraist pas de fidélité sinon au texte du moins à l'idée de l'auteur. Et c'est comme ça qu'on arrive à des choses comme " Something wicked this way come devient " la foire des ténèbres". Je ne dis pas que le titre n'est pas accrocheur, il l'est juste moins que le titre original. Exception faite donc de La Solitude.

Cette Constance n'a pas trop souffert de son passage au français ( "let's all kill Constance" même si on perd le côté " allons-y, tuons la!")
la couverture originale, je peux vous assurer qu'elle est totalement adaptée à ce qui est écrit ( jeu de faux-semblants et d' identités) mais en plus j'adore le  clin d'oeil visuel sur le nom de l'auteur!

Donc Constance: elle a la quarantaine, est dingue de sports nautiques, mesure 1m56 ( et je note ce détail: c'est rare qu'un personnage central soit explicitement mentionné comme plus petit que moi) et c'est une actrice vedette de Hollywood. Allez en trouver de nos jours, des stars de moins d'1m60! Mais ça ne pose pas problème, car nous sommes en 1960.
Mais Constance représente aussi la fin d'un monde: elle a commencé sa carrière à la grande époque du cinéma hollywoodien, a joué pour les plus grands, a fréquenté les gens les plus célèbres de loin ou de près ( voire de très près quand il s'agissait d'hommes). Sa carrière ne bat pas encore de l'aile, mais ça ne saurait tarder.
Et surtout constance est terrorisée. elle vient de recevoir un vieil annuaire du début du siècle. Dans lequel un mauvais plaisant s'est amusé à rayer et marquer de croix le nom des anciennes gloires décédées. Le sien figure aussi parmi ceux des trépassés. Ce n'est pas tout: son propre agenda porte les même marques à côté de noms de gens bien vivants. Quelqu'un la menace et elle espère obtenir de l'aide pour tirer ça au clair auprès d'un de ses vieux amis, un écrivain.
Un écrivain dont on ne saura jamais le nom.
Mais il est surnommé le Martien, car il a écrit un livre qui parle de martiens. Ou Junior.
A un moment aussi, il mentionnera l'idée d'écrire un livre sur les autodafé. Un livre dont le héros " pue l'essence".
Il parle aussi de  sa tante, si douée pour raconter des histoires..

Donc X, appelons le comme ça,  un peu paumé,  accepte et part donc sur les traces de celui ou celle qui en veut à Constance. Entraînant dans son aventure d'autres paumés: Crumley, un détective privé porté sur la bouteille, Henry l'aveugle capable de s'orienter à l'odorat dans le noir et bien plus tard Fritz.
Fritz Wong.
Fritz, d'origine allemande. Ancien réalisateur  qui a été pendant longtemps considéré comme le meilleur metteur en scène de l'histoire du cinéma. Borgne d'un oeil et qui porte un monocle sur l'autre.
Autant dire que lorsqu'un de mes auteurs favoris fait une référence directe à l'un de mes cinéastes favoris, j'ai un sourire jusqu'aux oreilles

Mais ce quatuor vieillissant n'est plus ce qu'il était. Leur enquête n'a pas spécialement d'intérêt au demeurant, un peu desservie par une narration difficile à suivre, qui suit la logique des rêves ou des fous. Car très vite ce n'est plus la personne qui harcèle Constance que l'on suit, mais elle même tant elle se dérobe, défie toute logique, et semble être partout et nulle part à la fois: Constance est folle. Vraiment. Partout où elle passe les morts s'accumulent: est-elle coupable ou victime idéale pour porter le chapeau?
Et tout ça, je le redis, importe peu, et sera éclairci dans une conclusion qui rend en plus hommage à Agatha Christie
Ce qui compte c'est l'ambiance très film noir du tout. Le Hollywood que traversent les 4 enquêteurs amateur n'est plus que l'ombre de lui même: les vedettes de l'âge d'or ont disparu ou sont nonagénaires, les peintures s'écaillent, les cinémas historiques sont fermés en attente d'une hypothétique rénovation, les noms s'effacent à l'image de ceux des starlettes du muet, apparues pour un film ou deux et aussi vite disparues, seules leurs empreintes sur Hollywood boulevard témoignent encore de l'existence de Polly, Molly, Holly, Sally, Suzy, Emily...une litanie de prénoms de fantômes aux identités insaisissables.

Ce que Bradbury nous dit, c'est que le cinéma hollywoodien était déjà mort et enterré en 1960, comme l'ont été les stars du muet à l'avènement de la sonorisation. Mais cette balade cafardeuse dans un Los Angeles décati, qui nous traîne de cinéma "hanté"  jusqu'au cimetière de Forest Lawn ne manque pas de charme malgré ses défauts. Donc, même si ce n'est pas celui que j'ai préféré, le talent de conteur de Bradbury opéère, et ce titre fait en plus un excellent préambule au mois Halloween!