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Pourquoi le Cabinet de curiosités?

Tout simplement parce qu'on y trouve un peu de tout, par ordre de pagaille. Cette idée de collection sans thème déterminé me plaît...

Vous trouverez donc ici un peu de tout, de ce qui fait ma vie, mes loisirs: musique, lecture, voyages, etc...
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samedi 24 février 2024

La fleur du mois (3)

 Et pour cette fin de février, la fleur, ou plutôt, les fleurs sont celles d'un mimosa toulonnais, pris en photo pas plus tard que le 27 janvier dernier.Alors oui, c'est joli, mais.. Je déteste cet arbre, il ne passe qu'en photo. Il faut savoir que je crains beaucoup les pollens en général, sans aller à déclencher de vraies grosses allergies (sauf aux cyprès et aux platanes, et manque de chance, j'habite en PACA), et j'ai du mal à tolérer les odeurs fortes, or le mimosa...

C'est un grand nombre de fleurs qui ont une odeur bien trop forte pour mon pauvre nez.
Il ne me convient qu'en photo, je dois dire.


J'ai aussi beaucoup de mal avec les genêts, les lilas, les jasmins, les glycines également à cause de leurs odeurs très forte. et bien évidemment, tous les parfums qui en contiennent sont bannis de chez moi.
En gros pour moi, la plante idéale n'a pas de pollen allergisant et ne sent rien. Une plante verte, c'est parfait.

jeudi 22 février 2024

Polychromie musicale (10) - Disco, la bande son du renouveau ( documentaire , 2024, durée limitée)

J'avais prévu de parler du funk, mais.. voilà qu'Arte me sert un sujet sur un plateau en or incrusté de brillants. Ou plutôt me sert un sujet brillant comme une boule à facettes, sous la forme d'un documentaire en 3 parties (3 fois 50 minutes), à voir rapidement, c'est à dire jusqu'au 2 mars 2024. Oui, je sais c'est court.

Mais c'est l'occasion d'évoquer le disco pas seulement sous l'angle d'une musique absolument parfaite pour faire la fête, mais sous l'angle sociologique: son apparition dans les clubs confidentiels de New-York ( ceux fréquentés par les populations "en marge", c'est à dire, femmes, noirs, métis, latinos américains, et ceux que l'on appelait pas encore la communauté LGBT...) en a fait un étendard non seulement culturel mais aussi politique, donnant une vraie visibilité à ces "marginaux" qui sont en fait un bon paquet de gens, avant de conquérir la planète. Et évidemment, qui dit revendications dit aussi oppositions de la part des traditionalistes et intégristes religieux.
Oui je sais, c'est un raccourci, mais la boule à facette c'est quand même LE symbole du disco.

J'étais jeune au moment de la fin du disco, et pour moi c'était surtout une musique super entraînante, et je ne comprenais pas du tout pourquoi "les grands" trouvaient ça nul, parlaient de décadence, de fin de la civilisation, tout ça.
Force est de constater que 40 ans plus tard, le disco n'a rien détruit, bien au contraire, c'est une fois de plus une preuve que la musique et la joie de vivre peuvent dépasser les frontières des pays et des communautés, et c'est bien. Mais il y a toujours des gens à qui la mixité sociale, culturelle et ethnique ne plait pas, et qui en plus, veulent empêcher les autres de s'amuser. Ca je l'ai appris en grandissant. Par contre je trouve toujours ça aussi incompréhensible quel que soit le genre ( on a eu droit à ça pour le rock, pour le punk, pour le rap, avant ça pour le blues... et on peut remonter jusqu'à l'Ars Nova hein, dans le discours de vieux schnock "c'était mieux avant, de nos jours les jeunes écoutent vraiment de la daube et n'ont aucun sens des valeurs".

Et c'est tout l'intérêt de ce documentaire, mettre en avant la subversion sous les paillettes. Je kiffais déjà pour le côté rythme entraînant, mais ça me fait encore plus plaisir de avoir qu'il y a derrière un sous-texte politique. Comme d'ailleurs auparavant le jazz, le blues, le rock, le rock psychédélique , et bien d'autres. Et effectivement l'apparition du disco est concomitante aux mouvements pour les droits sociaux, contre la guerre au Vietnam, et à la remise en cause de l'American Way of Life qui concernait finalement bien peu de gens. Certains privilégiés de l'époque témoignent avoir ouvert les yeux sur leur propre statut de privilégies via la musique, et rien que pour ça, c'est important de le dire.
D'autres personnes tout en bas de l'échelle sociale: les femmes noires (dont on apprend qu'un rapport gouvernemental les avait considérées comme " sources de tous les problèmes des familles noires" rien que ça, parce qu'elle étaient supposées trop dirigistes, trop matriarcales dans un état qui valorise le patriarcat. Je n'ai même pas de mot pour exprimer à quel point je trouve ça con), venues pour la plupart de la saoul et du gospel ont pu soudain avoir une audience internationale. Et surtout le disco leur a donné un nouveau mode d'expression pour sortir de l'image " gentille", à l'opposé du rapport gouvernemental, que leur collait les labels du genre Motown. Hop, les plumes, les paillettes, les matières brillantes, l'extravagance!

Et les chanteuses évoquent le fait que le disco leur a aussi permis de chanter sur de nouveaux thèmes, parlant de leur difficultés quotidiennes, y compris la violence et l'énergie nécessaire pour quitter un mari violent. C'est aussi de ce genre de libération que parle le disco, après des décennies de chansons sirupeuses (qui étaient les seuls textes qu'on donnait aux chanteuses à l'époque, la femme désespérée d'avoir été quittée, tout ça...)

Une autre chose qui est évoquée c'est l'évolution technique qui a été influencée et a influencé le disco: nouveaux amplis , apparition du mixage qui a transformé de job de DJ.
Je note ce que dit l'un d'eux " n'importe quel disque passable peut devenir un tube s'il est diffusé régulièrement à la radio". Et j'ai envie de dire que ça n'a pas changé, maintenant ce sont les playlist de Deezer et Spotify, où les producteurs diffusent de partout le truc qu'ils veulent vendre, faisant gonfler le taux d'audience, et c'est comme ça qu'on se trouve encore et encore avec des morceaux - et des artistes - pas forcément novateurs, inventifs ou originaux qui sont au sommet des ventes. Et qu'invariablement, c'est LE morceau pas diffusé, planqué au fond d'un disque, qui va être une pépite: trop original, trop audacieux pour la radio.
Ce que nous dit le documentaire c'est qu'à l'époque les DJ choisissaient la musique qu'ils diffusaient en fonction de leurs gouts, et non de la popularité radiophonique, ce qui a permis par exemple la découverte et la diffusion internationale de Manu Dibango, artiste Camerounais édité chez un label inconnu de son pays, qui a été popularisé non par la radio mais par la diffusion en discothèques.

Je dois avouer que je regrette de ne pas avoir eu l'âge d'aller danser à cette époque, quand j'ai eu 18 ans, c'était en 1995 et déjà la musique diffusée n'était pas de mon goût, et en effet, c'était exactement la même chose qui était matraquée partout. aucun intérêt pour moi, je ne suis quasiment pas allée en boîte de ma vie parce que je m'y ennuyais terriblement. Alors que, si tu balances du disco, du funk ou du hard rock dans une soirée, je suis déchaînée. Et en concert je ne vous en parle pas...laissez un bon mètre de sécurité autour de moi.
Mais en plus à l'époque, donc mi-années 1990, mieux valait éviter de dire au lycée qu'on aimait certaines choses labellisées " musique de vieux", surtout si l'on était déjà cataloguée "la meuf bizarre". C'était l'époque Nirvana, Pearl Jam, Sonic Youth, Red Hot... la période grunge, et hors de tout ça, tout était considéré comme ringard par mes camarades, comme si on ne pouvait aimer qu'un seul type de musique. Donc, même si certains devaient kiffer le disco ou le funk, sans parler d'autres styles plus anciens, ils ne le disaient pas non plus pour éviter de se faire critiquer en boucle. L'éclectisme était plus ridiculisé que valorisé. Je ne sais pas exactement ce qu'il en est actuellement, la nouvelle génération est elle moins sectaire que la mienne? Aucune idée!

En tout cas de ce que je peux voir sur le net, par un retournement de situation, le genre est en train de revenir et d'être redécouvert, par des gens plus jeunes que moi (qui kiffent donc la musique de leurs grands-parents... alors que bon, moi, le paso doble, la chanson réaliste et Maurice Chevalier, c'est pas du tout ma came quand même!). Mais sans souci, rejoignez-nous, vous êtes les bienvenus.
Et voir ces images d'archives, où tout le monde s'amuse, sans distinction d'apparence, de catégorie sociale ou d'orientation, ça me fait un immense plaisir, à une époque où justement tout semble de plus en plus cloisonné, segmenté. Ce n'est peut-être pas un hasard si c'est justement un style fédérateur qui est redécouvert au moment il y a de nouveaux murs à casser.


Et puisque le documentaire ne va pas rester en ligne très longtemps, voilà quand même quelques-uns des morceaux qui y sont mentionnés comme des jalons importants de cette révolution culturelle.

Sortez les chaussures à plateforme, on va danser!

Partie 1: la révolte de ceux qui dansent. Apparition, contexte social, cette partie met l'accent sur les petit clubs et la communauté LGBT, pour qui ils étaient un lieu de liberté, de socialisation et de prise de parole en sécurité . Et donc des foyers de prise de conscience politique. De New York à Philadelphie.
Girl, you need a change of mind - Eddie Kendricks. Il faut changer de point de vue, c'est exactement le programme du mouvement disco.


Soul Makossa - Manu Dibango, probablement une des premières vedettes internationales africaines.

Mention spéciale à Earl Young " Disco Daddy", batteur haut en couleur qui explique que faute d'argent pour se payer un instrument, il a d'abord appris à jouer tout seul en tapant sur des annuaires et des boîtes vides. C'est une excellente idée! Et qui a presque inventé à lui seul la rythmique disco. D'ailleurs, c'est à lui qu'on doit Disco Inferno :)
The love I lost - Harold Melvin a the blue notes ( & Earl Young, donc)

Love is the Message - MFSB ( Mother, Father, Sister, Brother.. entre le titre, le nom du groupe, et le style, très gospel, je me demande si c'est du disco instrumental ou de la musique religieuse! Mais purée ce saxo, quel bonheur!). Message anti-guerre en pleine guerre froide, la couverture est assez claire.

Love's theme - Love Unlimited Orchestra  (Barry White), devenu un hymne de la cause LGBT parce que diffusé en masse dans une île populaire pour ses clubs gays (le Mykonos américain en gros)

Rock your baby - George McCrae, un des premiers tubes à avoir eu un succès jusqu'en Europe, et un des premiers chanteurs disco à avoir fait une vraie tournée européenne.

Partie 2 : Rien ne peut nous arrêter.  Le succès américain, puis mondial. Cette fois, c'est plutôt la dimension féminine et féministe qui est mise en avant, ainsi que San Francisco, ville des hippies, où la communauté gay était plutôt bien acceptée. Et donc, où les homosexuels venait en masse, au point de constituer plus d'un dixième de la population de la ville. Population très engagée pour la lutte en faveur de l'égalité. Et donc un électorat à ne pas négliger. Le disco, comme support de revendication politique.

Never can say goodbye - Gloria Gaynor. LA chanteuse disco par essence, qui était à l'origine une chanteuse de rock avec une audience locale, mais qui a pris ce virage totalement décisif pour sa carrière.

Lady Marmelade - Labelle : le designer des costumes (Larry Legaspi, lol!) du groupe était le même que pour Kiss et Funkadelic. Vu le succès du Disco et de Kiss le gars a eu du nez! Une chanson qui parle pourtant sans fard des conditions d'existence des prostituées de la Nouvelle-Orléans (d'où le refrain en français)

Young hearts run free - Candi Staton. Derrière les paillettes et le rythme entraînant, ce que Candi raconte, c'est la fois où son mari l'a menacée de la jeter par la fenêtre ou de la flinguer. Et qu'elle a trouvé l'énergie de divorcer.

Don't leave me this Way - Thelma Houston (réadaptation de la version de Harold Melvin & the blue notes, la version pour voix féminine a eu plus de succès. Et il a ensuite la reprise par the Communards qui a eu aussi beaucoup de succès. C'est intérressant, la même chanson a été chantée par un groupe de chanteurs noirs, une soliste noire, un chanteur blanc écossais LGBT, ouvertement militant de gauche, ce que le nom de son groupe ne cachait pas. On a a peu près tous les groupes de population oppressées, là)

I love to love you Baby  - Donna Summer ( une femme qui parle d'orgasme, scandale! En tout cas le révérend Jesse Jackson n'a pas aimé, tu m'étonnes!)

You make me feel (Mighty real) - Sylvester: convergence des luttes (un chanteur noir et homosexuel) et des genres ( disco, glam, blues, rock, et même symphonique). Il est mort bien trop tôt, à 41 ans, une des premières victimes connues du SIDA. En attendant " vous me faites me sentir puissamment réel", ce n'est pas anodin dans une catégorie sociale qui était auparavant cachée, selon le principe de " ce qu'on  ne voit pas n'existe pas". J'ai d'ailleurs envie de la comprendre plus comme s'adressant aux auditeurs qui écoutent l'artiste et lui donnent du pouvoir, que comme " tu me fais me sentir..." adressé à une seule personne.
 
Night Fever - The Bee-Gees : mondialisation du disco via le succès du film, qui parle... du prolétariat pour qui le défoulement du samedi soir est la seule perspective agréable de la semaine. Et qui lance la carrière de John Travolta au passage. Et du groupe anglo-australien jusqu'alors peu connu hors du Commonwealth aussi)

Stayin'live - The Bee Gees ( un des plus gros cartons internationaux. Et pour l'anecdote, cette chanson a été déterminée comme la plus adaptée pour faire un massage cardiaque efficace, le rythme est exactement celui qu'il faut  tout le monde la connait et il est impossible d'oublier de l'associer puisque " Sayin' alive". Ce n'est absolument pas une blague. Le disco sauve des vies)

I wall Survive - Gloria Gaynor. Pour les gens vieux comme moi, on se souvient qu'un disque avait une face A et une face B. La A était en général le tube destiné à la diffusion, et la B, une chanson moins porteuse, ou souvent un fond de tiroir. I will survive était la face B de Substitute, chanson presque inconnue. La face B était plus dansante, c'est celle qui a été diffusée dans les clubs, et a fait un carton. Parce que... rien à cirer des préconisations de l'industrie du disque, si la face B est meilleure, c'est celle-là qu'on va passer en boîte.
Ha, et.. on est passés en effet des chansons " tu m'as quittée, bouhou, je vais en mourir" à " tu m'as quittée, mais t'inquiète, je m'en remettrais"

Partie 3: rester en vie. Le disco, victime de son succès. Comme souvent, on est partis d'un mouvement créatif et revendicatif vers une machine à tubes où l'objectif n'est plus tant de porter un message et de faire de la qualité que de gagner vite de l'argent. Des groupes de rocks ou de pop (Les Stones, Rod Stewart ou pour les français Sheila...) y sont allés de leur chanson disco parce que c'était la mode, le moyen de faire parler de soi et de vendre des disques en surfant sur la vague. Ca devait donc finir un beau jour, par saturation du marché. Ce qui est à la mode se démode.
Et forcément le tournant commercial fait s'en détourner les initiateurs du mouvement qui ne s'y reconnaissent plus. Les chansons engagées, ou porteuses d'un message sont remplacées par des textes sans grand intérêt, la musique se standardise, les pas se codifient et s'enseignent en cours de danse, la musique s'acoquine bizarrement avec le patin à roulette (sisi, il y a même eu des films "ambiance roller-disco", c'était tout un concept, comme Xanadu, que j'ai évoqué dans le sujet sur E.L.O, toujours pas vu d'ailleurs, mais qui a gagné le premier Razzie Award du pire Réalisateur en 1981, alors que le pire film était " Rien n'arrête la musique" centré sur les Village People, tiens tiens...)

Le Freak -  Chic (morceau que pendant toute ma jeunesse j'ai compris comme " le fric, c'est chic", ce qui me paraissait totalement logique!)

Y.M.C.A - The Village People. Oui ça ne casse pas trois pattes à un canard, mais c'est marrant et quand même ça fait partie de la bande son de ma petite enfance, donc, cool! Et puis dans le fond, L'association chrétienne de jeunes gens ou la Marine Américaine qui sont associées à un groupe à l'image aussi festive et peu hétéro, et n'y voient que du feu, ça me fait marrer.

In The Navy - The Village People. commentaire du documentaire " L'US Navy n'avait pas compris que le groupe reprenait les stéréotypes gays et que c'était une blague (...), le grand public n'avait pas conscience que certains hommes ne pouvaient pas rejoindre la marine parce qu'ils étaient ouvertement gays. Peu de gens ont compris et je trouve ça génial". La marine qui avait licencié certains de ses membres pour homosexualité s'est pris un doigt d'honneur musical :)

Ain't no mountain high enough - Inner Life & Jocelyn Brown mixage de Larry Levan. Histoire de mettre en avant ce DJ, qui a été un des premiers à faire du mixage et a changé la manière de travailler de sa profession, ouvrant la porte au style " Garage" ( le nom de la discothèque où il officiait)

Ring my Bell - Anita Ward ( là encore je laisse ceux qui sont un peu lents réfléchir à ce que dit réellement une femme qui demande à ce qu'on appuie sur sa sonnette,n'importe quand et n'importe où)

Et par la suite, trop de mauvaises chansons tubesques enchaînées par appât du gain des maisons de disques ( genre le disco de Sésame Street, disco ducks..) a non seulement saturé le marché, les radios diffusaient du disco non stop, les autres styles musicaux n'étaient plus diffusés, donc les artistes dont ce n'était pas le créneau en ont fait aussi, saturant d'autant plus les ondes.. et les auditeurs s'en sont lassés d'autant plus vite.

Un des intervenants pointe un paradoxe: On est parti d'un mouvement inclusif, mais comme beaucoup d'artistes disco étaient noirs et que le genre éclipsait le reste y compris les styles blancs ( j'ai déjà dit par ailleurs à quel point ce concept purement américain m'est incompréhensible), il y a eu des réactions racistes exacerbées dans l'Amérique blanche qui n'attendait que cette occasion. Les fans de rock clamant " le disco c'est nul et ça menace le rock" et des réactions " de toute façon c'est de la daube, et ça menace le disco aussi" de la part des vrais artistes disco. Le tout allant jusqu'à des destructions publiques de disques de disco en forme d'autodafé lors de compétitions sportives ( ou de lynchage, hein, on est en dans la société du spectacle, faudrait surtout pas être matures et réfléchis, et simplement décider...ne pas écouter ce qu'on n'aime pas) qui ont dégénéré en émeutes.
L'épidémie de SIDA dans la communauté gay (alors appelée "cancer gay" par les médias) associée au disco, a donné un coup d'arrêt au mouvement, les gens ne sachant pas encore le mode de transmission de la maladie évitaient de sortir en boîte et de se rassembler. Ceux qui tombaient malades étaient traités en parias, y compris dans une communauté déjà stigmatisée. On sait depuis évidemment que la maladie peut concerner n'importe qui et que la musique n'a rien à voir. Les décisions de Reagan, qui a préféré ignorer le problème pendant les quatre ans de sa présidence, oui par contre. Mais les raccourcis sont vite faits, dans un pays où les religieux voient encore la maladie comme une punition bien méritée. Et bien sûr la fête, quand pas mal d'amis sont morts ou malades, n'est plus de mise... pendant un certain temps, du moins, jusqu'à l'arrivée d'un nouveau style.
Direction Chicago: les anciens du disco l'on transformé en house music, et j'ai envie de dire aussi direction Minneapolis, où la scène funk a créé son propre son. Ah vous n'en pouviez plus du disco des années 70, vous allez passer les années 80 à bouffer de la House, de la New-Wave et du Minneapolis sound. Vous en avez marre à nouveau? Bon, vous allez vous taper de la techno et du hip-hop pendant toutes les années 1990.

Your Love - Jamie Principle & Frankie Knuckles (1987). L'influence du disco s'entend, et pourtant c'est de la House

Il y a eu quand même de belles suites, il y a presque 20 ans déjà, une des chansons les plus irrésistibles de ce début de siècle est totalement disco, l'assume et j'adore.
I don't feel Like dancing - The scissor Sisters (2006) . La chanson dont le titre se nie lui-même tant.. mes pieds bougent seuls! ( le chanteur des Scissors intervient d'ailleurs plusieurs fois dans le reportage)

J'ai aussi envie de mentionner
Groove is in the heart - Dee Lite (1990): Même si l'imagerie est plus axée années 1960, c'est psychédélique, c'est un peu rap, mais aussi fortement disco et funk dans l'inspiration colorée, festive, multiculturelle, les chaussures à plateforme et l'idée qu'il faut que ça groove. Et Bootsy Collins*, le  bassiste à lunettes étoilées qui passe à la fin, et te rappelle ce que tu entends depuis 4 minutes et demies " hé, au fait n'oubliez pas" me fait toujours autant marrer. Clairement c'est un des morceaux que je n'ai pas oubliés.

Et ce n'ai que bien plus tard que j'ai appris qu'il sample un titre d'Herbie Hancock, Bring down the Birds

* Un type qui a joué avec James Brow, Parliament, Funkadelic, rien que ça... Ce morceau est l'un de ses plus connus. Et puisque c'est un bassiste, il y a de la basse, bien funk. Miam! Et la bonne nouvelle, c'est qu'à plus de 70 ans, il est encore en pleine forme et toujours aussi excentrique - et bosse avec Buckethead, mazette! ( oui, ce gars à chapeau bleu a 72 ans, si je n'avais pas les dates sous les yeux, je n'y croirais pas)
Parce que le disco fait pleinement partie de l'histoire culturelle afro-américaine, et puise lui même fortement à la source soul et funk, qui piochent allègrement dans le gospel le blues et le jazz.
Et tous ces genres, dérivant d'une musique de laissés-pour-compte ont conquis le monde chacun à leur tour. Savoureuse ironie!



mercredi 21 février 2024

De la musique pour toute l'année : février

 Ben finalement ça n'a pas été si dur à trouver.
Deux clics, et je suis tombée sur ce réjouissant titre punk slovène.
Après l'islandais, voilà un peu de slovène.
Et de punk ( jusque là, on a eu du disco, de la chanson française, de la chanson politique, du hard rock, de la ballade acoustique...)

Februar - Niet


Ho, et puis tiens, je continue avec un groupe allemand qui mèle pop et rap.

Es ist wieder Februar - OK Kid

Donc, ne pas avoir d'idée , c'est bien aussi, ça permet de chercher et de trouver.

vendredi 16 février 2024

Gâteau cajun à l'ananas, noix de coco et noix de pécan

Le voici, le voilà, je voulais le faire pour le Mardi-gras, dans la foulée de la thématique Nouvelle-Orléans, puisqu'il s'agit d'un gâteau typique louisianais, mais il me fallait avoir à la fois le temps de le faire et... avoir déjà en amont transformé les doses et températures de cuisson de manière compréhensible en Europe.
Les mesures américaines son trèèèèès relou. Pour nous, un gramme, c'est un gramme que ce soit du sucre, de la farine, de la levure ou du plutonium.
Là non, 1 cup, c'est PAS la même quantité selon qu'il s'agit de sucre, de farine ou de mort-aux-rats. Donc faut chercher ici et faire des maths ( dommage il n'y a pas les équivalences pour la mort-aux-rats et le plutonium). Et là aussi, pour compléter.

Et aussi chose très importante, adapter les quantités à ce que j'avais ( les boîtes de conserve américaines et française ne représentent pas la même quantité) et surtout virer la plus grande partie du sucre.

Déjà, parce que ce qu'un américain moyen considère comme une quantité raisonnable de sucre correspond à " immangeable " pour la plupart des français, mais en plus parce que JE trouve déjà les quantités françaises immangeables, et que je divise toujours la proportion de sucre par deux. Donc là, imaginez... d'autant qu'il y a du glaçage sucré, donc on peut largement virer la majeure partie du sucre contenu dans la pâte qui sera re-sucrée par le sirop ajouté après cuisson.

Et en cherchant et comparant plusieurs recettes, je suis tombée sur des sites qualifiant cette recette de " niveau expert".
Là aussi requalification:
recette expert ---> recette tellement simple que Mike Tyson pourrait la faire sans ôter ses gants ( enfin, si, juste pour casser les oeufs dans un bol, c'est le moment le plus technique)
Avantage: elle peut se faire soit avec des ananas frais et du jus d'ananas, soit avec des ananas précuits en boîte et mixés avec leur jus, donc, pour peu qu'on ait une boîte d'ananas moyenne dans un placard, de la farine, des oeufs du sucre et de la levure, c'est tout bon.



La recette que j'ai prise et adaptée: Avantage le glaçage se fait avec du lait normal, j'en ai
Une autre décrite dans un français approximatif: inconvénient le glaçage se fait avec du lait condensé, je n'en ai pas par parce que je déteste ça. Du moins celui du commerce.

Ingrédients du gâteau

  • 2 cup all purpose flour = > 240 grammes de farine
  • 1 1/2 cup granulated sugar => Sucre en poudre, n'arrivant pas à savoir s'il s'agit de 1 1/2 ( 300 grammes), ou de 1,5 (100 grammes), j'ai testé avec 50 grammes, estimé qu'on pouvait aller jusqu'à 100 sans que ça ne devienne écoeurant donc, va pour 100 g, mes ananas sont au sirop non sucré. Si le sirop est sucré évidemment, il faudra réduire encore.
    2 teaspoon baking soda = 10 grammes de levure chimique ou bicarbonate
  • 1 15 ounce can crushed pineapple undrained, là c'est bien UNE Fois 15 onces (soit 567 grammes, tout pile le contenu de ma petite boîte d'ananas avec son sirop), l'autre recette va jusqu'à 1 x 20 onces) C'est donc l'élément qui va déterminer la proportion de tout le reste.
  • 2 eggs => 2 gros oeufs

Icing on the cake, c'est de cas de le dire!
  • 1 stick of unsalted butter3/4 cup granulated sugar = 150 grammes. Aoutch! => 50 grammes de sucre suffiront-> à diminuer encore!

Allez hop on y va ( en route pour l'aveeeeenture, oui j'ai entendu les gens de ma génération l'ajouter mentalement)

- Préchauffer le four à 350° degrés fahrenheit. Pour les gens qui utilisent des degrés un peu moins farfelus, ça veut dire Thermostat 6 ou 175/ 180°C

- Mélanger les ingrédients du gâteau, tout ensemble: j'ai dû mixer mes ananas qui étaient en tranche et battre les oeufs ensemble pour les ajouter, mais c'est grosso-modo la plus grande difficulté.

-Mettre la pâte dans un moule à cake ( vous savez vous-mêmes s'il faut beurrer le vôtre ou pas) et.. on fait cuire pendant 30 à 35 minutes. On pique au couteau, comme d'habitude et si le couteau ressort sec, c'est que c'est cuit.

première étape faite!

Y'a plus qu'à laisser refroidir pour qu'il soit tiède, et pendant ce temps, préparer le glaçage à mettre uniquement quand le gâteau aura refroidi.

- Glaçage: chauffer le beurre, le lait et le sucre dans une casserole en remuant souvent pendant environ 10 mutes, il faut faire bouillir, puis rajouter la vanille, la noix de coco et les pécans, et faire cuire en remuant 3 minutes. Verser sur le gâteau refroidi. comme j'ai moins d'ingrédients, j'ai laissé épaissir un peu plus longtemps le lait.

oui, on a cochonné le sol  en cuisinant, ça va être nettoyé une fois le plâtrage fini


-attendre 30 minutes à 1h00 que le glaçage ait un peu durci, que le gâteau soit froid... et manger le gâteau.


J'ai trouvé par ailleurs les informations suivantes intéressantes:
- Il se conserve 3 ou 4 jours au frigo dans une boîte fermée.
- Il peut se découper en tranches et se congeler, histoire d'en avoir pour plusieurs mois.

eeeeeet Verdict: c'est très bon, effectivement très moelleux, mais encore un peu trop sucré pour moi, en ce qui concerne le nappage. Pour le gâteau lui-même, c'est parfait, moins de sucre est possible, mais il n'en faut vraiment pas plus, au risque de noyer le gout de l'ananas qui n'est déjà pas très marqué.
recette Louisianaise!
Bien difficile de déterminer qui au départ l'a inventée, mais je la fait rentrer dans le cadre parce qu'on a vu que ce coin là est particulièrement métissé, y compris dans ses pratiques culinaires.

Et prochaine étape, tester les patates sautées au mélange d'épice cajun, je fais déjà souvent une recette de ce genre, mais ça pourra être à tenter. Avec du yaourt ou du fromage frais plutôt que de la crème pour éviter que ça en soit trop lourd à digérer.

jeudi 15 février 2024

Quelques nouvelles de Tennessee Williams

 Au départ, j'avais prévu de parler du Masseur Noir, que j'ai trouvé en version lue par Renée Faure ( c'est dire si ça ne date pas d'hier, les enregistrements datent de 1971 à 1973), mas je me suis rendu compte que la même actrice avait enregistré plusieurs nouvelles de l'auteur dans le cadre ce ces lectures.

Donc, ni une ni deux, j'ai décidé de les grouper, vu qu'elles sont assez courtes (et encore les durées comprennent 1minute 30 de présentation) , et ça tombe bien je n'avais pas encore eu l'occasion d'aborder vraiment cet auteur pourtant très célèbre. Je ne connaissais de lui que l'adaptation filmée de La chatte sur un toit brûlant et Un tramway nommé Désir

Donc seule la première concerne pleinement le sujet de ce mois. Peut-être un peu la seconde, puisqu'elle se passe à La Nouvelle-Orléans.

Mais bon, l'ensemble de ces nouvelles est quand même bien souvent la réunion de nos inséparables Eros et Thanatos. Oubliez le 14 février, on va plutôt se vautre dans la luxure.

- Le masseur noir (25 minutes): on attaque directement par la nouvelle la plus... cheloue. Sado-masochisme et cannibalisme, vous êtes prévenus.
Un homme blanc qui souffre du dos (et pas que, sa tête bat aussi un peu la breloque) se rend dans un établissement où un masseur noir prodigue des massages très énergiques. Très très énergiques.. qui se terminent avec quelques côtes et une jambe cassée pour le client, mais... visiblement il aime ça et revient régulièrement se faire littéralement mettre en morceaux, parce que pour lui se faire casser la gueule, c'est de l'expiation. Le masseur et le client se font dégager du salon, et le délire christique continue, puisque le client fini mangé par le masseur. Je me demande s'il n'y a pas là en fait une dimension politique, dans la mesure où le blanc veut expier quelque chose et où le masseur noir trouve en échange le punching ball idéal, qui en plus le paye pour se faire démolir. D'autant que l'affaire se passe à Pâques dans une ambiance d'expiation collective et d'exhortation à la souffrance. J'ai bien l'impression que Williams se paye la fiole de la religion et de la société américaine tout entière et de son hypocrisie de manière grand-guignolesque.
Le texte, pour ceux qui préfèrent la lire.


- La statue mutilée (30 minutes): La statue mutilée, c'est Oliver Miller, un bel homme qui avait été promis à un bel avenir de boxeur. Mais suite à un accident, Oliver a perdu un bras. Que peut faire un boxeur manchot? Oliver a mal tourné, sombré dans la débauche, est devenu gigolo et pour finir, prostitué, un peu partout aux USA, jusqu'à un tournage de film érotique qui se finit en meurtre et vol... et voilà Oliver emprisonné et condamné à mort. Mais étonnamment, Oliver a marqué les mémoires partout où il est passé et dans sa prison, il reçoit des centaines de lettres d'admiratrices et d'admirateurs, auxquels il répond avec une certaine dose d'humour particulièrement noir et sarcastique. L'approche de la mort inéluctable le conduit à repenser ses relations avec tous ces gens. Mais c'est aussi une réflexion sur ce qui peut bien se passer dans la tête d'un condamné à mort, qui devient de plus en plus une bête sauvage. Oliver refuse même le " secours de la foi". Un pasteur troublé par le décalage entre la description du personnage et sa photo dans le journal conduit un pasteur à se donner cette mission de sauver son âme... parce que sur la photo Oliver lui rappelait la panthère en cage qu'il a vue au zoo, quand il était enfant. Et qui lui avait inspiré des rêves érotiques (heu...si, si je vous jure, il y a dans cette histoire un pasteur, qui fait des rêves érotiques avec une panthère, et transpose ça sur le prisonnier qu'il doit confesser)
Je suis quand même assez étonnée par le côté très osé de cette nouvelle qui va directement dans l'évocation de la prostitution, de la bisexualité, de l'homosexualité.. alors que la nouvelle date de 1948, à une époque où la censure ne laissait pas passer grand chose.

- Le champ des enfants bleus (26 minutes): Myra est une étudiante, en proie à un malaise, une insatisfaction grandissante, d'ordre philosophique. Ce dont elle souffre, c'est le besoin de s'exprimer, dans une société trop matérialiste. Elle s'inscrit donc à un cercle de poésie et rencontre Homer, un étudiant solitaire lui aussi passionné de poésie et qui en pince particulièrement pour elle. Coup de foudre pour lui, coup de foudre artistique pour elle, lorsqu'elle lit les textes d'Homer. Et pourtant, ce qui aurait pu être une mignonne histoire d'amour... n'aboutit pas, car Myra est fiancée à un nommé Kirk. Et, effrayée par ses propres sentiments au lieu d'opter pour le garçon bizarre, mais qui lui correspond intellectuellement, et lui plaît aussi physiquement, et malgré une brève et sensuelle aventure avec Homer, elle suit les conventions. Elle épouse celui qu'elle n'aime pas, qui ne lui cause aucun émoi, surtout, pour ne pas avoir à accepter ses désirs (scandaleux, à l'époque, pour une femme), préférant garder en mémoire le souvenir de cette rencontre, dans sa vie rangée de femme mariée.
Il est curieusement question de fleurs bleues dans cette histoire qui est moins une histoire " fleur bleue" que de frustration et de désirs inavoués. Je me demande si Williams parlait ou connaissait le grec, parce que les noms de ses personnages sont grec. Evidemment, appeler Homer le garçon qui écrit de la poésie est une référence transparente, et Myra est soit lié à la ville de Myre (en Turquie grecque) soit à la myrrhe ( parfum en grec), or elle se roule dans les fleurs et s'imprègne de leur parfum dans un accès d'enthousiasme presque dionysiaque, mais est plus probablement une référence à Adam et Eve et au paradis perdu. J'aimerais bien savoir quelle a été son inspiration pour cette nouvelle.

- La nuit où l'on prit un iguane (30 minutes): un texte que je connaissais de nom, pour son adaptation apparemment très libre en pièce de théâtre, puis en film ( De John Huston quand même avec Ava Gardner et Richard Burton. Je ne l'ai pas vu, mais quand même, une telle affiche est tentante.
En vacances dans un hôtel à Acapulco, la jolie Miss Jelkels, célibataire, rencontre deux hommes écrivains, qu'elle tente de charmer, mais... sans effet. Les deux hommes l'ignorent et même fuient cette curieuse femme qui les colle, les espionne et le reluque (bon visiblement Miss Jelkels n'a pas l'air d'avoir trop compris que ces deux gars n'ont pas vraiment envie qu'elle se mêle de leurs affaires). Et, alors qu'elle gardait une certaine distance, un événement se passe: le fils de la patronne a attrapé un iguane, qui est attaché pile sous la fenêtre de Miss Jelkels et fait du bruit, ce qui dérange la pimbêche, la brave dame, laquelle décide illico de changer de chambre pour en avoir une juste à côté des deux vacanciers.
Imaginez la situation, vous êtes en vacances avec votre... euh, disons meilleur copain, et une dragueuse vient vous casser les oreilles avec les concepts de souffrance, d'expiation et de sadisme parce qu'elle a entendu un iguane attaché gratter la terre.
Oui... la casse-bonbons de base, envahissante au possible. Evidemment, les deux hommes ne sont pas dupes et sachant qu'elle les espionnent, en profitent pour se moquer ouvertement d'elle, jusqu'à ce que le plus âgé des deux décide finalement de lui accorder ce qu'elle est venue chercher, histoire d'avoir enfin la paix.
Oui, je n'ai absolument aucune sympathie pour cette femme, pucelle de 30 ans, qui tient à sa virginité mais... drague à mort en même temps. Choisis ton camp ma grande, soit tu gardes ton pucelage, soit tu jettes ta gourme, mais tu ne peux pas faire les deux à la fois. En fait c'est exactement ce qui m'avait saoulé avec la Blanche ( l'oie blanche?) d'un Tramway nommé désir, malsaine au possible.

Bon, c'est quand même très chelou cette collection de nouvelles. Elles ne sont pas mal, mais je l'ai dit je ne m'attendais pas, en fonction de l'époque à quelque chose d'aussi ouvertement sexuel, sado-masochisme, obsessions et zoophilie quand même. Bon, pour l'homosexualité, connaissant un peu de réputation l'auteur, je m'y attendais.
Même si je sens confusément qu'il y a dans tout ça une dimension allégorique, bien plus sociale, au delà qu'une simple collection de névroses de personnages englués dans leurs principes et surtout leurs principes religieux. Du sarcasme aussi. J'ai l'impression qu'en faisant faire les choses les plus tordues possibles à ses personnages, c'est sur la société américaine en générale qu'il tire à boulets rouges.
Mais bon , je n'irais pas jusqu'à dire que c'est un coup de coeur littéraire.
Disons que pour moi, qui ait en général du mal avec les audiolivres, ce n'était pas plus mal pour une fois de trouver ces nouvelles en version lues, parce que j'aurais probablement eu du mal à accrocher à son écriture un peu fouillis ( je mets ici un bémol, puisqu'il s'agit de traduction)

pour la première nouvelle qui retourne la situation par rapport au temps de l'esclavage.

Bonus, 2° auteur du mois de février




Les mots et la chose - Jean-Claude Carrière

 Ah, 14 février, tout ça, le genre de fête dont je me fous ( mot particulièrement choisi) mais alors totalement.
Par contre ça m'a toujours beaucoup amusée que le 15 février, soit le lendemain soit le jour de la Saint - Claude.
Or Saint Claude, petite ville du Jura , la spécialité est la pipe. En bois.
Ce qui donne sur les sites dédiés des phrases absolument réjouissantes du genre (trouvé sur un forum dédié)
"- Le vocabulaire doit être précis : on dit polisseuses et non tailleuses.
- Ce sont deux métiers différents, qui ne demandent pas les mêmes qualités.
- C'est vrai. En matière de pipe il faut être précis. Polir et tailler requièrent des talents très différents.
- Pourtant en matière de fiscalité, le terme employé était bien tailleuses. En fait, plus précisément c'était "tailleurs de pipes de Saint-Claude". Ce métier faisait partie des quelques dizaines de métiers bénéficiant d'un abattement fiscal supplémentaire lorsqu'existait le forfait de 20%pour frais professionnels, supprimé depuis quelques années. "

Un échange qui est absolument hilarant de par ses sous entendus involontaires et donc en ce jour de Saint Claude, j'ai donc décidé d'épicer un peu ce blog, en ressortant un ouvrage qui m'avait été offert il y a plus de 20 ans.

la couverture de la neutralité absolue :D


Les mots et la chose, sous-titré " le grand livre des petits mots inconvenants " de Jean-Claude Carrière ( mort le 8 février 2021, donc, in memoriam Jean-Claude, à quelques jours près.) par ailleurs auteur de La controverse de Valladollid est une réflexion autour du vocabulaire érotique en français.
Accrochez vos ceintures, on va (lexicalement) s'envoyer au septième ciel, sous la forme d'un roman épistolaire, échange entre un professeur de lettres auteur d'une thèse sur le vocabulaire érotique, et une dame, spécialisée dans le doublage de films érotiques étrangers. La femme ( dont on n'aura ni les questions ni les réponses, seule la partie " écrite" par le professeur est relatée et permet de suivre l'échange") regrette que le dialogues mis à sa disposition pour ces doublages soient si banals, si usés, toujours les mêmes et demande au professeurs quelques conseils de vocabulaire un peu plus recherché pour agrémenter un travail par ailleurs assez ennuyeux.
Le professeur va se faire un plaisir d'honorer cette demande et de combler les désirs de cette interlocutrice, lui fournissant une grande quantité de synonymes, dispersés au fil des pages, et concernant toutes sortes de pratiques, générales ou spécialisées.

Et il y en a pour tous les goûts, du plus vulgaire au plus recherché, du plus régional au plus vague. Evidemment ce n'est pas un livre à lire tout d'une traite, pour éviter de saturer par le côté " nomenclature" du texte, mais sur quelques jours, lettre par lettre, c'est pas mal du tout. La créativité lexicale dans ce domaine est sans limite, alors que bon, comme le fait remarquer l'auteur " rien n'est plus limité que le vice", et c'est en effet dommage de se contenter d'une poignée ( ou d'une veuve poignée?) de mots.
J'ai toujours adoré l'expression " aller voir les feuilles à l'envers", évoquant une partie (fine?) de campagne. Dès la première partie , il y a des pépites du genre entrer dans la vieille danse, jouer à la joie du monde, faire de la balançoire, faire une partie de traversin, jouer de l'orgue... Tout un tas d'expressions artistiques ou qui mettent en avant le côté plaisant, amusant de l'activité considérée, au contraire du sobre et technique vocabulaire religieux, pour qui les mots sont aussi plats que la chose est interdite.

Et je vois que le texte a été adapté sur scène avec l'excellent Jean-Pierre Marielle et Agathe Natanson ( que je ne connais pas). Ca ne m'étonne pas, le texte est tout à fait adapté à ce genre de format.
Et avec Marielle, ça avait l'air particulièrement jouissif . En voilà quelques extraits.


Petit souvenir personnel de fac, il y a plus de 20 ans, que cette lecture a fait rejaillir: Un certain Frédéric se prenait pour un écrivain d'avenir, poète romantique et tout et tout, à la consternation générale des gens qui l'avaient lu (et l'avenir nous a donné raison, il n'a jamais rien publié), et sa copine de l'époque nous avait un jour de cuite raconté qu'elle aimait passer sous la table pendant qu'il écrivait et...
Honnêtement je ne me souviens même plus de son nom à elle, mais toujours est-il que cet aveu lui a fait gagner le surnom de "taille-crayon" pour les quelques années suivantes. Frédéric n'a jamais su qu'il était lui parfois nommé entre nous " Frédéric Cholapin".

Après, bon, ce n'est pas non plus le livre incontournable de la fin du XX° siècle, il faut vraiment étaler la lecture pour ne pas saturer avec la liste de synonymes, mais certaines expressions sont savoureuses, et ça reste une lecture plutôt sympa pour ma thématique  habituelle anti-valentinienne et pro-claudienne

Auteur du mois de février : Jean Claude Carrière
Peut être un second bientôt, soyons fous.

mercredi 14 février 2024

Polychromie musicale (9) - ballades jazz et soul

Tiens  une idée en entrainant l'autre, le fait d'avoir parlé de l'image " chanteur à midinettes " qu'avait Jesse Johnson, tout simplement parce qu'un des plus gros tubes était sans surprise une chanson sur  le thème "j'ai été plaqué, j'ai le coeur brisé, c'est une garce, elle m'a manipulé mais elle me manque trop, et je veux qu'elle revienne "... Et du fait que j'ai déchiffré quelques ballades jazz et soul au piano, tiens... et si je vous faisais une petite sélection de chansons sentimentales mais qui tiennent musicalement la route, et thématiques pour ce mois.

et le blues, et la soul, et le funk et le disco et..
Bref, déclaration d'amour à la musique en général!

Bon évidemment, comme je suis une femme, je suis plus sensible à la voix de ces messieurs mais... Je ne sais pas encore en commençant ce sujet ce que je vais sélectionner exactement, quelques dames peuvent aussi s'y retrouver.
Et ça va me permettre de caser quelques artistes que j'aime bien, mais pour lesquels je n'ai pas prévu de sujets dédiés pour le moment ( principalement des gens que j'aime bien, mais trop connu pour que je veuille les mettre en avant en particulier) Otis Redding, Barry White, Ray Charles, Nat king Cole, Percy Sledge bref, du bon pour les oreilles. C'est parti pour quelques chansons d'amour ou de rupture, hein, le blues, c'est rarement une histoire qui finit bien. Et parfois, la limite est fine, voire le double sens carrément voulu, entre chanson sentimentale ou religieuse.

Allez, tamisez les lumières, allumez les chandelles, invitez votre moitié, à danser, et s'il n'y en a pas, invitez-vous vous-mêmes à danser, ça fait toujours du bien à l'humeur, on va écouter du jazz, de la soul, du disco, hop en désordre, avec ou sans paroles.
Et c'est ici que ça se passe


mardi 13 février 2024

On part à la Nouvelle-Orléans

Aujourd'hui, c'est Mardi-Gras, donc..profitons-en pour parler de la Nouvelle Orléans, puisque la fête et le Carnaval sont l'une des particularité de la ville, réputée par ailleurs une des plus métissée et tolérante des USA en plus d'avoir une riche tradition musicale (hé oui, capitale du jazz! Et.. on en reparlera demain, tiens)
S'il y a bien un endroit qui me tente aux USA, c'est celui-là ( bon, oui aussi, les endroits où j'ai des copains: Washington et Des Moines, en l'occurrence, et les autres villes musicales: Chicago, Minneapolis, Saint Louis, Memphis...)

Donc, puisque c'est le jour, on va parler du Carnaval, et de la musique, mais pas que...

Petit Rappel pas inutile ce l'endroit dont on parle: il y a la Louisiane géographique actuelle, l'Etat qui porte ce nom et dont la Nouvelle-Orléans est la plus grande ville, et Bâton-rouge la capitale. Et la Louisiane historique, celle vendue par Napoléon et dont la Louisiane, l'Etat n'est qu'une infime partie. Pour info le territoire vendu par Napo' couvrait la majeure partie du gigantesque bassin versant du Mississippi. Ca a son importance dans la toponymie, mais aussi parce qu'on trouve encore des "poches" francophones par ci par là, au Missouri par exemple

Oui c'est gigantesque. Et donc j'ai un copain américain qui après avoir habité Saint Louis dans le Missouri, est maintenant à Des Moines dans l'Iowa. C'est ce que j'entendais pas " des traces dans la toponymie"

Au sujet des traditions de mardi-gras, gâteaux, théâtre, parades...


Le gâteau des rois, qui ne se mange pas en janvier comme chez nous, mais pendant le carnaval. Un peu trop colorés et crémeux pour moi. Mais j'ai repéré de la galette frangipane sur une des tables. Et il y a la même tradition que chez nous: qui trouve la fève ( une petite poupée de plastique), offre le gâteau suivant. Attention, parce que si vous attendez un dessert, certains pâtissiers font un gâteau salé , farci à l'écrevisse (salé je veux bien, écrevisse, pas du tout)

Bon, mais en dehors du carnaval? Bon, comme dans tout endroit touristique, il y a des pièges à touristes à éviter :D Cette chaîne s'appelle Free tours by foot - New Orleans, je pense que je vais l'utiliser quand le temps sera venu de partir en voyage.
Plus généralement, ils ont toute une série de visites virtuelles pour préparer son voyage, voilà qui est intéressant.

Francophonie:
Envie d'entendre les francophones et les locuteurs du créole de Louisiane? Il y a Télé-Louisiane.
Ici un épisode où on entend à la fois le français et le créole. Le français ne me pose pas de problème, le créole est plus compliqué, mais pas insurmontable même sans sous-titres.
On sent l'influence québécoise " on est icitte", " asteure". Mais ça fait plaisir de se dire qu'on pourrait communiquer sans problèmes avec tous ces gens dans notre langue commune, avec comme seule difficulté les régionalismes.

Je vous recommande leurs " portraits Louisianais", qui reflètent bien la diversité culturelle et ethnique de la région, et ça c'est vraiment un sujet qui m'intéresse. Cédric par exemple évoque ses origines africaines, tchèques, françaises, espagnoles, amérindiennes, irlandaises... Bon, on va résumer, il est louisianais.
Une émission radio (20 minutes) qui parle des défenseurs du français en Louisiane: les Francophones de Louisiane ont eu le même vécu que les francophones québécois: interdit de parler leur langue natale, elle a périclité, mais connait maintenant un regain d'intérêt et une valorisation.
C'est intéressant de savoir qu'il y a des cafés qui proposent régulièrement des tables de conversations en français, ça peut être un moyen sympa de se faire des copains là-bas!
Le français des acadiens de Louisiane ( 30 minutes), on va examiner quelques particularités du français local du type:  " une bouchure" = une clôture. " tomber en faiblesse" = s'évanouir. Ah, et un café est un débit de boissons, en particulier de liqueur. En clair on y trouve à peu près tout sauf du café. A accompagner d'un bol de "tactac" (pop-corn). Et il y a "godamer", soit "  dire des gros mots mais en anglais" ( hé oui " god damn'!" ça me fait penser au Godferdom des belges, tiens) Ce qui me réjouit totalement. Et puis maintenant je saurais que l'envahissante grenouille-taureau, dont on a du mal à se débarrasser en France, s'appelle en acadien un " ouarouaron".

Histoire/ géographie/ Vie en Louisiane
Pourquoi Napoléon a -t-il vendu la Louisiane aux Etats-Unis ( 4 minutes) où on parle de la "grande" Louisiane, celle qui couvrait 22% de 'actuel territoire des USA. Et la réponse est: une histoire de gros sous, Napo avait besoin de thunes pour lever une armée et aller mettre la pâtée aux autres monarques d'Europe. Je ne vois pas comment le dire plus clairement.

Katrina 10 ans après (28 minutes, reportage de 2015): retour sur la catastrophe naturelle de l'ouragan et ses dégâts, ou on apprend que même les médias ont laissé libre court à leur imagination en fonction de la réputation festive et sauvage de la vie, allant jusqu'à fantasmer des récits de cannibalisme, et les illuminés y voyant une punition divine. Et comme par hasard, le traitement de l'information au sujet des pillages de magasins a été très orienté: dans les médias, un noir pille, un blanc récupère ce qu'il peut parce qu'il a faim. Ou selon l'obédience politique du journal, l'accusation tout aussi infondée que les riches ont volontairement coupé les digues pour noyer les pauvres. Ceci dit la gestion de l'évacuation par les autorités a réellement été très défaillante (sous la présidence de George W Bush, ceci explique probablement cela)
L'allée du cancer en Louisiane (20 minutes) dans une zone entre Bâton-Rouge et la Nouvelle Orléans se sont installées une grande quantité d'industrie lourde. Evidemment, il s'agit d'une zone pauvre, et principalement peuplée d'afro-américains modestes qui ont vu au fil des décennie la qualité de l'air et de l'eau se dégrader, leur état de santé général devenir désastreux, au oint que la zone est celle qui aux USA a le plus fort taux d'incidence du cancer ( et de maladies respiratoires). La population mène un bras de fer contre les autorités , contre les industriels, afin d'éviter l'installation de toujours plus d'usines dans cette région densément peuplée. Evidemment pour les industriels, les taux de cancers ne sont pas liés à l'industrie, mais le fait de la population qui fume, boit de l'alcool, mange mal, etc... Combat de David contre Goliath, dans un pays où la santé des citoyens passe au second plan face au business.
En Louisiane, le déplacement de population lié au changement climatique ( 3 minutes), car malheureusement, la région est fragile et encore plus fragilisée par les industries.

Bon tout n'est pas aussi sombre, hein, i y a également des choses plutôt drôles, tels les drive-in à daïquiri ( 3 minutes), la législation permettant d'une part de se déplacer dans les rues avec de l'alcool dans les mains et de prendre des boissons aux drive in, pour peut qu'elles soient glacées, servies dans un verre avec couvercle et munies d'une paille dans un étui en papier, certains en ont profité pour  s'autoriser à vendre de l'alcool comme ça.
Festival de cuisine cadienne, de l'alligator au dirty-rice (30 minutes), le jambalaya me tente, mais sans écrevisse (oui la fameuse écrevisse de Louisiane, qui envahit en Europe. Bon ben la solution louisianaise pour s'en débarrasser, c'est de la manger, toute l'année, parce qu'elle prolifère aussi là bas). Mais je ne mange pas de fruits de mer, crustacés etc.. donc sans moi. Je préfère encore tenter l'alligator grillé ou en nuggets, tiens. En tout cas je viens d'apprendre que la rose trémière est de la famille du gombo et que le bouton de rose trémière peut se cuisiner tout pareil.
Le dirty-rice ne passera pas, à cause du boeuf et des abats de poulet, le boudin local non plus (pas de sang, mais du foie de porc) donc c'est bon à savoir. Ca va être compliqué de trouver des plats végétariens, ou du moins sans abats, ni boeuf, ni fruits de mer. Et ce n'est pas le "festival des crevettes et du pétrole" qui va me convaincre de changer mes goûts, le rapprochement des deux est... étrange.

Villes-Mondes, la Nouvelle-Orléans (1h00) et seconde partie ( 1h00 aussi), une évocation de la ville de et ses particularités par les habitants. je note la phrase "la musique et la cuisine, c'est ça la Nouvelle -Orléans", "le Week-End ça commence le vendredi à midi, pourquoi s'embêter à aller travailler plus, on ne gagnera pas plus d'argent, autant profiter de la vie" Visiblement les gens préfèrent leur tranquillité et cultiver leurs particularités régionales, plutôt que suivre le mouvement général américain. "C'est un paradis pour l'odorat, ça sent la cuisine, les épices, le café, c'est une ville sensorielle, une ville avec une âme" :D Rhooooo, ça me donne encore plus envie d'y aller et de tester la cuisine cajun ( enfin, dans les limites précédemment évoquées)
"Ici on a beaucoup de talent, mais on est nonchalants et mal organisés"... Bon, je crois qu'il est temps de jumeler Avignon et la Nouvelle Orléans, on a tout pour s'entendre. Carnaval et Festival, ça va bien ensemble en plus.

De la musique ( du jazz , oui, mais pas que!)

-New-Orleans, berceau du jazz (28 minutes): Un musicologue évoque l'apparition du jazz dans cette région. C'est aussi l'occasion d'entendre Sidney Bechet parler un français parfait, avec quelques expression locales ( "il y en avait tout partout"!), et d'apprendre une information très intéressante. Avant les années 1890, la Louisiane avait une particularité juridique, celle de considérer les métis comme une catégorie de population à part, ni noire, ni blanche. Un décret publié dans ces années là a retiré l'existence de ce statut intermédiaire, décidant que bien évidemment, les métis doivent être considérés comme noirs, et donc chassés de certains quartiers de la ville, mis à part, etc... Mais le fait est que dans la région, il y avait donc dès le XIX° siècle suffisamment de métis (on ne va pas se leurrer, un bon paquet d'entre eux devaient être nés d'abus sexuels. Il n'empêche que j'ai quand même envie de penser que pour certains, c'est aussi que leurs parents n'en avaient absolument rien à cirer des conventions quand il s'agissait de choisir son conjoint), pour qu'ils aient un statut à part. Evidemment ce décret a été une catastrophe pour ces gens, assignés à une monochromie forcée, une non-reconnaissance de leur identité réelle, et bien sûr, une perte de leurs droits civils. Je maintiens mon point de vue du sujets de présentation, c'est a chacun individuellement de décider à quelle culture il se rattache.Et s'il ne veut pas se positionner et préfère tester au milieu, c'est tout aussi légitime.
Mais ce métissage a aussi une importance culturelle, puisque dès le début, les influences des différentes traditions se sont aussi croisées, faisant du jazz un melting-pot musical.

- Mardi-gras à la nouvelle Orléans (58 minutes): musique de carnaval ou inspirée par le carnaval, on y entend donc autant Professeur Longhair, the Dirty Dozen Brass Band et Zacharie Richard que Darius Milhaud (qui a consacré à la fête une suite nommée " Carnaval à la Nouvelle-Orléans")
- New Orleans Style ( 54 minutes), playlist en lien avec la culture musicale de la ville.
- Eloge de Fats domino, la naissance du rock'n'roll à la Nouvelle Orleans ( 52 minutes),  En, 2017 lors de la mort de cet immense musicien, pionnier du rock'n'roll - qui s'appelait alors Rhythm'n blue lorsqu'on était noir et rock'n'roll lorsqu'on était blanc, oui ça va jusqu'à créer des noms différents pour un  seul style - France inter a concocté un hommage musical aux petits oignons évoquant les débuts noirs de ce style qui a révolutionné la musique ( Antoine " fats" Domino, Huey "piano Smith, Guitar Slim, Earl King mais aussi quelques autres pas forcément natifs de la Nouvelle Orléans mais qui y ont joué)
- Autour de Fats domino, les perles de la Nouvelle-Orléans (52 minutes), la suite , cette fois plutôt au sujet des reprises du répertoire de Fats Domino par différents artistes, pas tous de la Nouvelle Orléans ni même des USA, puisqu'il y Paul Mc Cartney par exemple.
- La Nouvelle-Orléans, côté soul ( 52 minutes), la suite de la précédente émission, que du bon, encore! Et cette fois, il y a un peu plus de femmes, elles semble s'être plus volontiers orientées vers la soul que vers le blues, le jazz ou le rock. donc Patty Labelle, Betty Harris, Zilla Mays, Irma Thomas... Elles se laissent bien écouter aussi!
-Trombone Shorty, la Nouvelle- Orléans en version funky ( 55 minutes), mise en avant d'un tromboniste jazz actuel, véritable vedette dans sa ville. J'aime bien la logique du gars qui donne ses concerts dans des salles sans chaises, pour que le public soit obligé de danser. Parce que si on peut danser, les femmes vont venir en priorité, et si elles viennent, les hommes viendront aussi, et donc, ce sera plein :D ( en tout cas , je suis sur ma chaise et je m'agite quand même, en écoutant sa musique, hein!). Je ne le connaissais que de nom et c'est une jolie découverte.

Au sujet des black indians et des amérindiens

- Sur les routes de la musique, les indiens séminoles et les esclaves en fuite (5 minutes): où il est question de la tribu séminole, forte d'une tradition d'accueil des laissés-pour-contre ( au contraire d'autres tribus amérindiennes qui pratiquaient l'esclavage à l'image des planteurs blancs , ou aidaient ceux-ci contre rétribution à traquer les esclaves en fuite. De cette rencontre entre exploité est née une musique qui fusionne tradition amérindienne et rythmes africains, ainsi que toute une génération de gens métis , les "black indians" de Louisiane. C'est passionnant et je vais creuser le sujet! La cause indienne me tient aussi à coeur.
- Le Carnaval des Black Indians (6 minutes): décidément, il est compliqué de trouver des informations fouillées à ce sujet. Ici, un court sujet autour d'une expo au Musée du Quai Branly en 2022.
- Sur les routes de la musique, la mystique des black indians (5 minutes), une autre évocation de cette communauté peu connue, où l'on apprend que beaucoup des vedettes célébrissimes avaient des origines amérindiennes ( je le savais pour Jimi Hendrix et Ben Harper, mais pas pour James Brown ou Tina Turner par exemple)
- Influences amérindiennes sur le Rock et le folk, via la Nouvelle- Orléans (54 minutes) plutôt une playlist de groupes et artistes revendiquant leurs multiples origines dont natives.
- De la piste des larmes à la Nouvelle Orléans, mémoires amérindiennes ( 59 minutes), là encore un programme essentiellement musical. Ca peut se comprendre, comme pour descendants d'africains, les cultures étaient majoritairement orales, l'oppression préconisait de les maintenir dans l'illettrisme, et donc la musique a été à la fois un mode d'expression culturelle traditionnel mais aussi un vecteur de messages politiques

Il y aurait encore beaucoup à dire, en musique je n'ai pas du tout écouté de zydeco par exemple, qui est aussi une spécialité locale, j'ai des tas et des tas d'autres playlist à écouter, je n'ai pas non plus écouté celles sur la jeune scène...

Et je suis sure qu'en cherchant bien je trouverais encore des choses sur les sujets sociaux, les grandes figures locales, la francophonie... Je pense qu'il y aura un retour à la Nouvelle Orléans l'an prochain, tant ce coin là est passionnant à tous les points de vue.


dimanche 11 février 2024

Polychromie musicale (8) - Jesse Johnson

Allez, je l'avais dit, chiche que je profite de ce mois pour mettre en avant des gens moins connus/ oubliés. Après Blind Willie Johnson, et si je revenais à une époque moins lointaine?

Commençons par le grand oublié des années 1980. Dans la famille funk, je demande le petit frère, Jesse Johnson. Yep, un autre Johnson.
Il a eu son heure de gloire, mais a été oublié assez injustement. Et ce, bien qu'il soit toujours vivant et, apparemment donne encore des concerts de temps en temps. Ca faisait des années que je ne l'avais plus écouté, lui non plus, j'ai eu vraiment envie d'y revenir et de lui accorder plus d'attention à lui aussi. Il la méritait totalement.

Le pauvre Jesse a eu la double ou triple peine.
Déjà son nom, qui ne marque pas spécialement les mémoires, et le fait confondre avec Jesse Jackson, politicien de la même époque, et Michael Jackson. Ensuite, être contemporain de Michael Jackson et Prince, bon, ça n'aide pas à se faire une place au soleil non plus.
Et, en plus, être de la bande de potes de Prince, quand on a peu ou prou le même style farfelu (mais c'était le cas de toute la bande de copains dans le Minnesota des années 80), haut en couleur, qu'on est aussi chanteur et guitariste, qu'on joue aussi du funk, qu'on est recruté par ce dernier pour jouer de la guitare dans un de ses projets annexes, ben... ça devient difficile ensuite d'arriver à tirer son épingle du jeu.

les gens de ma génération se souviendront peut être d'avoir vu ce dandy à chapeau, sans arriver à se rappeler son nom. Ben voilà, Jesse Johnson, c'est lui. Guitariste du groupe The Time avant de prendre son envol en solo.

Tellement oublié en fait que je l'ai moi aussi zappé dans ma liste de messieurs à chapeaux alors que c'est presque son signe distinctif (et un de plus qui semble confirmer l'étrange lien entre chapeau et guitare :D)
oubli réparé, le voilà avec un chapeau, il semble lui aussi en avoir une belle collection de toutes sortes.
Une belle collection de guitares aussi

Allez on va commencer par une chanson qui a eu un gros succès à sa sortie, et qui thématiquement est parfaite pour ce mois:  " Black in America" (avec, en prime un sombrero à pompons et une veste à épaulettes, parfaitement années 80. Cette extravagance généralisée me manque, je dois avouer)
Mais surtout ça permet de l'entendre jouer de la guitare acoustique à 12 cordes, et il se trouve que j'adore la 12 cordes, le son est bien plus riche que la guitare habituelle à 6 cordes. Deux fois plus de cordes, deux fois plus de fun! Par contre la qualité d'image n'est pas géniale, c'est pas faute de chercher, et c'est bien dommage. Pas trouvé nom plus les noms des choristes, mais leur trio est vraiment sympa.

Nota, il n'a pas l'air d'être particulièrement grand ou taillé comme une armoire normande, mais plutôt d'avoir de grandes mains, ce qui, a mon avis, aide bien pour faire des barrés sur une 12 cordes (dixit celle qui a laissé tombé l'idée car elle n'y arrive déjà pas sur une 6 cordes, même si le manche n'est pas, de fait, 2 fois plus large mais juste "un peu" plus large). En faisant un arrêt sur image, c'est quand même impressionnant de voir à quel point le manche de cette guitare a l'air petit dans sa main.
Les paroles, pour les curieux

Mais alors, j'ai beau fouiller, c'est quasiment impossible de trouver une photo de lui souriant, il a toujours l'air hyper sérieux, voire un peu austère. Alors que dans les clips, ce n'est pas tout à fait la même ambiance et, quand il l'air un peu moins sérieux, beeeeen... je pense que les nanas ne font pas toutes semblant juste pour les besoins de la vidéo de le trouver à leur goût. Je peux comprendre. Le monsieur ne manque pas de charme.

Occasion de constater que lui et moi avons la même caractéristique, les "dents de la chance", ou du bonheur... ou de lapin, selon la bienveillance de qui le dit. Et le batteur m'éclate, déjà c'est sec comme un paire de claques, et rythmiquement, ça donne une irrésistible envie de taper du pied,  mais en plus sa manière de jouer est plutôt drôle à voir.

Un beau gars avec un goût marqué pour le rose vif, et un style extravagant, qui joue des chansons entraînantes ou ses peines de coeur, ça l'a fait classer un peu trop rapidement comme " chanteur à midinettes", ou en tout cas, à ne pas trop prendre au sérieux. Et pourtant, Jesse mérite d'être écouté pour ce qu'il fait, et non uniquement en tant que "pote et collaborateur de",  que " le type farfelu à la guitare rose" ou que "le gars avec un joli minois qui chante des ballades sentimentales", ce qui n'est pas du tout son seul sujet. Il est loin de démériter, que ce soit vocalement ou en tant que guitariste.

Hop, quelques bonnes années plus tard. Style un peu moins haut en couleurs, mais ouf, toujours chapeauté!


Petit détail marrant: le fait qu'il soit né dans un patelin appelé "Rock Island", c'est top pour un guitariste.

Et ce qu'il faisait était quand même bien sympa, un peu blues, un peu rock, un peu pop, un peu folk, beaucoup funk. Malheureusement, il n'a sorti que 5 albums solo entre 1985 et 2009, ça n'aide pas non plus, et il est vite passé sous les radars. Donc autant dire qu'il est bien resté dans l'ombre médiatiquement déjà à l'époque et est toujours éternellement oublié des listes de guitaristes ( même quand une revue décide d'en lister pas moins de 250. Ceci dit, ils ont aussi oublié Rory Gallagher, ce qui me fait douter de la pertinence de cette liste)

Et pourtant, allez je vais le dire, il a été relégué au rang de 3°,mais  POUR MOI (notez!), il est largement plus intéressant que Michael Jackson, qui est pourtant celui que j'ai le plus entendu dans ma jeunesse. La raison est simple: Michael Jackson était un excellent chanteur et danseur, mais ne jouait pas d'un instrument, ne composait pas vraiment, et était produit par d'autres (et cette circonstance est tragique puisqu'il a été exploité toute sa vie par tout le monde) et là, on a quelqu'un qui chante, danse, joue d'un instrument, écrit, compose et produit.

Manque de chance pour Jesse, il s'est trouvé à bosser avec celui qui faisait également tout ça ET maîtrisait un paquet d'instruments variés. Cette collaboration a certes fait démarrer sa carrière, mais l'a aussi entravée ensuite à force de comparaison, et aussi, il faut bien le dire, du fait que Prince a vu un potentiel vrai rival dans son entourage, et ne l'a pas autant mis en avant que d'autres collaborateurs, probablement pour le garder pour lui-même, ça m'arrangerait que tu n'ailles pas bosser avec quelqu'un d'autre, ou que tu ne fasses trop parler de toi, tu vois...
Bon, il y avait aussi probablement une vision du travail différente entre le stakhanoviste de la musique capable de sortir au moins un disque par an, et celui qui en a sorti 5 et une compilation en 30 ans.

Ce qui amène à l'histoire de Shockadelica.
C'est le titre du second opus solo de Jesse, qui n'a pas de chanson éponyme. Pour l'anecdote, lorsqu'il l'a fait écouter en avant-première à Prince, celui-ci a trouvé dommage de ne pas avoir de morceau titre, en a composé un pour son pote dans la foulée en lui disant, voilà, comme ça tu auras une chanson avec ce titre, chanson qui ressemble d'ailleurs énormément au reste de l'album, et n'aurait donc pas choqué dans l'ensemble. Mais, refus de Jesse qui ne voulait pas de collaboration sur son disque, ce qui est parfaitement son droit. Que faire de la chanson?

C'est ainsi qu'on se retrouve avec Shockadelica, album de Jesse Johnson, qui n'a pas de chanson portant ce titre, et Shockadelica, single de Prince, qui ne figurait pas sur un album de ce dernier, sortis au même moment. Le public de l'époque a dû se demander pourquoi deux oeuvres avec un titre aussi bizarre.
Juste un cadeau refusé et évidemment, ça s'est soldé par une brouille durable entre les deux musiciens.
Et pourtant musicalement, sur tout l'album les influences mutuelles s'entendent (au point qu'on peut faire un mix entre la musique de DMSR et les paroles de Be your man et ça passe plutôt bien. Ceci dit il mélange aussi lui même en concert Be your man et Controversy, donc, bon...le temps a dû atténuer les griefs)

L'album vs La chanson

Mais comme je le disais, ce serait dommage de s'arrêter à la période de cette collaboration et de ne faire que chercher les ressemblances ou les influences de l'un sur l'autre, car oui, ça marche dans les deux sens.
Chose étonnante, la page Wikipédia qui lui est consacrée le mentionne en tant que producteur des Rita Mitsouko, ce que je n'avais clairement pas vu venir. Je n'ai rien trouvé de plus précis à ce sujet qu'une reprise de Andy et le fait qu'il a assuré les parties de guitare et de batterie sur quelques titres des Rita.

Allez, rien que cette collaboration vaut le détour, je ne la connaissais pas, et ça fait plaisir d'entendre cette version alternative encore plus pêchue que celle qu'on connaît.
Andy des Rita Mitsouko feat. Jesse Johnson ( et rien qu'écrire ça me fait tripper)


Il a aussi remixé " le petit train" et je n'arrive pas à m'y faire, c'est tellement improbable :D

Et ici, le témoignage d'un admirateur français qui a eu la chance de le rencontrer, de discuter et dîner avec lui, et il s'avère qu'en plus l'ami Jesse est un authentique type sympa, qui a envie de savoir ce que ses auditeurs pensent de sa musique, qui s'intéresse à la France et à sa politique, et est ouvert d'esprit, ça fait toujours plaisir de le savoir.

Et maintenant, musique!

Bon allez, seulement 5 albums, je peux vous lier tout ce que je trouve.
1985: Jesse Johnson's Revue ( je me demande s'il y a un clin d'oeil à Parade de son fameux copain, sorti la même année). Pas suuuuper original, en même temps c'est un premier disque solo, mais très agréable à écouter.

1986: Shockadelica . Un mot qu'il a inventé et qui pour lui signifie un choc, dans le bon sens du terme, quelque chose d'enthousiasmant, comme voir passer une jolie fille ou entendre une musique qui vous met d'excellent humeur. On comprend que se faire piquer le concept et se retrouver mis sur la touche par les médias qui l'ont pris une fois de plus pour un suiveur l'ait vexé, y'a de quoi.

1988: Every Shade of Love ( je me souvenais bien de cette pochette et de cette curieuse veste. Il y avait l'homme orchestre, voilà l'homme accordéon. Oui je sais mais c'est vraiment l'idée qui me vient en tête. Si charmant soit-il, la veste me fait beaucoup rire).
Le premier titre, Lovestruck, avait marché fort à l'époque, du moins je me rappelle l'avoir entendu  quelques fois à la radio. Mais amputé de son solo de guitare pour cadrer avec les durées requises par la radio, et pourtant mazette, c'est là qu'on se rend compte que c'est un excellent guitariste qui mérite qu'on s'y intéresse. La suite confirme cette impression, qui était un peu cachée sur les 2 opus précédents, il y prend un virage plus rock. La deuxième piste est titrée " So misunderstood" et je pense que ça résume bien la situation. Donc pour ceux qui aiment la guitare foncez, il y a du très bon.

1996: Bare my naked soul (double).
 Coup de coeur! La première très courte piste est simplement un phrase où il précise faire un disque "plus orienté guitare". Et pas qu'un peu, il poursuit l'orientation rock amorcée précédemment, mais pas que. Il montre vraiment tout ce qu'il sait faire: ballade à la guitare acoustique dédiée à sa fille, tranches de vie blues ou hard rock...
Et le paradoxe est que la critique, après lui avoir reproché de trop rester dans les limites du funk sur les premiers disques lui a cette fois reproché... de s'en être éloigné.
Mais pour moi, wow, c'est une belle preuve de son vrai talent de guitariste capable d'aborder plusieurs styles, sans, justement, se restreindre.

2009: Verbal penetration (double album)
De manière surprenante, et qui confirme son intérêt pour la France, la première piste est, je tiens à le signaler, en français. Simplement une voix qui dit le titre de l'album et une autre qui ajout " Regarde, c'est Jesse Johnson", d'autres phrases en français émaillent le disque :D Ce qui suit revient vers le funk, la soul et le jazz, avec de plaisantes touches de flûte, de saxos de chorales gospel, des changements de rythmes, et bien sûr, il ne se limite plus sur la guitare. J'ai bien aimé mais avec une petite préférence pour le précédent album quand même, ce qui ne signifie pas que je n'ai pas kiffé celui-ci, d'autant qu'il y a des instrumentaux et ça, j'adore.
Je n'ai pas trouvé l'album sur Youtube, en voilà j'ai essayé de reconstituer au mieux l'album, mais il manque pas mal de chose, notamment les pistes de liaison entre les morceaux (parlées, or s'il les a intégrées, c'est bien que c'était sa manière de voir les choses). Mais une question me trotte dans la tête: est-ce qu'il parle français ou du moins l'a appris? Il n'est pas louisianais, et peut-être pas francophone de naissance.
Playlist partielle.

Les deux cds ont une orientation très différentes, le premier est dansant, le second plus expérimental, mais dans tous les cas, il y a un sous texte bien plus politique que précédemment. apparemment els auditeurs n'ont pas trop aimé le second qui sort plus de ses habitudes (mais j'ai adoré Ali vs Frazier, évocation en instrumental jazz d'un combat de boxe, preuve qu'il est a l'aise dans différents styles, et je n'ai rien contre les passages de liaison parlés ou qui changent sans cesse d'ambiance, racontent des histoires, ùetttent en musique des bribes d'interviews, et jouent avec les accents, parce que évidemment, ce côté collage, ça parle à la fois à mon côté prog' et amatrice de langues étrangères. "Astrology" m'a faite sourire, parce que c'est un manifeste... pour la réintégration de Pluton en tant que planète officielle, qu'il met étrangement en lien avec une volonté de changement politique sur fond de percus très Carlos Santana et de guitare qui font un gros clin d'oeil à Hendrix. Beaucoup ont détesté parce que "Aucun intérêt, ce n'est pas de la musique". Mais comme je le disais plus haut, il l'a voulu comme ça, c'est ce qu'il a voulu exprimer à un moment précis donc, "on aime ou on aime pas, mais on fait pas beurk!".

Et, allez, en prime, une interview, où il explique entre autre que ce titre n'a rien à voir avec le sexe, que même ses enfants ont eu une réaction négative et qu'il leur a dit "allez ouvrir un dictionnaire, le mot a plusieurs sens, et n'oubliez pas le " verbal" devant". Il n'empêche que la  journaliste a beaucoup de mal à garder son sérieux et à dire le titre, qu'elle appelle à peu près "verbal plantation". Et en plus, ça donne l'occasion d'entendre sa voix parlée qui est, comme très souvent, plus grave que sa voix chantée, et d'apprendre comment il en est venu à jouer de la guitare.

Et en 2024? 

Actuellement, pas de nouvelles, son site personnel n'a plus été mis à jour depuis des années, soit qu'il ait décidé pour x raisons de se mettre en retrait ou en retraite, soit qu'il prenne son temps pour fignoler un nouveau disque, ou qu'il préfère se consacrer a une activité de producteur, en tout cas, il se fait très discret. J'espère simplement qu'il est en forme et, idéalement, qu'il prépare quelque chose musicalement parlant. Avec un rythme de 12 à 13 ans entre 2 albums, si on met à côté la période Covid, il est dans les temps :D