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samedi 20 juin 2026

Prehistoric park ( 2006, documentaire science (fiction)

 Puisque j'ai un peu évoqué Nigel Marven en marge de son aîné et confrère David Attenborough  l'occasion de ce mois anglais, j'ai eu envie  de parler de ce documentaire animalier hybride très curieux, qui fête cette année ses 20 ans.

Hybride, parce qu'il prend ouvertement l'option de la science-fiction pour mieux parler de science de manière humoristique (on est dans quelque chose de volontairement décalé) mais de scientifiquement correct, du moins à l'aune de ce qu'on savait il y a 20 ans. Car oui, certaines informations sont obsolètes, même au sujet de biotopes datant de plusieurs millions, voire centaines de millions d'années, les connaissances se sont bien affinées en 20 ans, et ce documentaire de vingt ans d'âge est maintenant... vintage.

Il y a une chose que je ne crois pas encore avoir dite ici, c'est ma passion de toujours pour la paléontologie et la géologie (lors de mes précédentes vacances, j'ai passé des heures, mais vraiment des heures dans la galerie de paléontologie de Paris et à l'institut de science naturelle de Bruxelles, à admirer les iguanodons de Bernissart).

Donc dès que ça parle de paléontologie, que ce soit Le petit dinosaure et la vallée des merveilles, des podcasts pointus, en passant par ou les vidéos de vulgarisation de Simplex Paléo, Alexis Da Costa et Cedrik jurassik, du plus sérieux au plus farfelu, je surkiffe.

Et bien sur les documentaires de la BBC, que j'ai vu et revus.

C'est parti :imaginons que grâce à la science, on puisse créer un zoo préhistorique... hum ça rappelle un roman adapté en petit film "indépendant", "peu connu", où les dinosaures sont recréés via le sang pompé par un moustique fossilisé dans l'ambre.

Mais si l'idée générale est similaire, la manière d'y parvenir est très différente.

Jurrassic Park était un film de SF et d'aventure qui tordait beaucoup mais alors beaucoup le cou à la plausibilité scientifique ( recréer tout un zoo dinosaurien à partir d'un moustique est impossible, et si l'adn était suffisamment pérenne, tout ce qu'on pourrait obtenir, c'est en fait... des moustiques jurassiques clonés, ce qui me parait une très mauvaise idée, vu que l'insecte en question est déjà en tête de liste des espèces qu'on voudrait voir disparaître à tout jamais) sans vraiment d'autre objectif que de divertir (et comme j'aime bien Jeff Goldblum, et son blasé " putain, j'en ai marre d'avoir toujours raison!"), et dans ce domaine il fait ce qu'on lui demande.

Avidemment il faut toujours mettre des T-rex en avant pour attirer le spectateur, mais c'est loin d'être le seul animal préhistorique qu'on va voir: il y a beaucoup, moins connu, plus gros et beaucoup plus petit, mais un aventurier poursuivi par deux micro raptors, c'était moins spectaculaire.

L'option retenue par l'équipe britannique de l'authentique zoologue et documentariste animalier Nigel Marven est inverse: planter directement le décor SF, pour mieux l'évacuer, et, ceci étant accepté, garder toujours ce principe pour coller au mieux aux réelles découvertes scientifiques, glissée dans les dialogues.

Donc Nigel, le zoologue/baroudeur/ Indiana Jones... possède une machine à voyager dans le temps ( uel veinard) et compte l'utiliser pour aller dans le passé chercher des animaux menacés avant leur disparition définitive et les conserver dans un parc zoologique. Et au passage, aller filmer tricératops, ornithomimosaures, mammouths, arthropleura... dans leur milieu naturel. Donc, pour peu qu'on accepte la machine à ouvrir un portail dimensionnel... le reste est tourné à la manière d'un documentaire animalier presque classique, alternant séquences de recherches de specimens en danger dans le passé et vie quotidienne d'un zoo, avec vétérinaire qui s'active pour soigner les pensionnaires... sauf qu'un tyrannosaure blessé est autrement plus dangereux qu'un lion; gardien en chef qui planche sur les enclos les plus adaptés à ses nouveaux pensionnaires en prenant en compte ce qu'il connait sur les animaux actuels en en essayant de l'adapter, sauf qu'on ornithomimosaure a beau ressembler à une autruche, son habitat d'origine n'a rien avoir avec l'Afrique du sud contemporaine...

Techniquement ( et à part l'impossibilité du voyage dans le temps,) il est plus scientifiquement acceptable de peupler un zoo avec des animaux ayant atteint un stade défini d'évolution, que de les recréer ex nihilo ou presque, à partir d'un moustique. Disons que c'est biologiquement moins n'imp.

Après cette manière peu orthodoxe et souvent drôle (l'équipe a bien dû se marrer en mimant le fait de patauger dans un marécage du carbonifère, en essayant de capturer des libellules géantes - drônes au filet,  ou en s'extasiant devant des triceratops invisibles) a un avantage: Celui de présenter les animaux des époques passées non comme des monstres de SF, mais comme des animaux à part entières. Le tout en distillant les informations scientifiques sur les fossiles, les possibles comportements sociaux, les adaptations aux différents milieux, au fil de la narration.
Autre gros avantage, perdu depuis : les décors en grande partie naturels. La tendance actuelle étant de tout reconstituer en image de synthèse, même quand ce n'est pas nécessaire ( alors que des marécages ou des montagnes sont un décor parfait où incruster les animaux de synthèse tout en gardant un rendu réaliste pour les mouvements d'eau, de nuages, du vent et des textures : rochers, terre, etc..). Ce qui entraîne aussi une perte de profondeur et des textures, donc... de réalisme.  Le mélange des deux, bien dosé, donne quelque chose de bien plus intéressant que le 100% fond vert ou bleu.

On retrouve un peu l'esprit du documentaire de la BBC " sur la terre des dinosaures" . Ce dernier est visuellement daté maintenant pour ce qui est des effets spéciaux et maquettes, ainsi que de certaines informations obsolètes, mais pour l'avoir vu lors de sa première diffusion en 1999, c'était révolutionnaire, le top niveau des effets spéciaux de cinéma au service de la science à l'époque.

La zoologie est un des rares métiers où tu peux être mangé par ton sujet d'étude.
Plus encore si tu voyages dans le temps, au carbonifère, même les mille-pattes t'auraient bouffé sans problème.

Les documentaires de l'ami Nigel (je l'ai dit et je le redis, il a bossé pendant 12 ans avec David Attenborough, pas encore Sir à l'époque, c'est un gage de compétence et de qualité) s'inscrivaient dans la continuité, des " sur la Terre.." que ce soit ce Prehistoric Park ou son exploration des mers du passé. Depuis , je le redis les données scientifiques ont évolué au fil des nouvelles découvertes et certaines représentations ont changé ( la taille surévaluée du deinsosuchus, pour ne citer que lui), d'autres étaient de la livre interpétations déjà à l'époque (surtout les couleurs des animaux disparus par exemple, concrètement à part le mammouth dont les peu et les poils conservés dans le permafrost permettent une représentation très fiable, beaucoup d'autres sont à prendre avec des pincettes, ou du moins comme une licence artistique) mais ça reste quand même une série très sympa à regarder.

Et surtout en VO, pour profiter des accents so british de tout le monde.

Et coup de bol, la série est trouvable sur Youtube, en vo, avec sous titres fiables en anglais. La série devait initialement avoir au moins une seconde saison mais apparemment les producteurs on décidé de la remplacer par une pure série de SF qui en est largement inspirée, sous le titre Primeval. Donc, il n'y a que 6 épisodes d'un peu moins d'une heure, et nous ne saurons jamais si Martha la mammouth a pu vraiment s'intégrer à un troupeau d'éléphants, ou si Terence et Mathilda les jumeaux tyrannosaures ont réussi à trouver une terrain d'entente sans s'entredévorer.

Par contre, il va falloir que je cherche les autres documentaires soit scientifiques ( sur la terre des dinosaures/ monstres disparus / géants, et la nouvelle mouture plus récente " planète préhistorique", afin de mettre à jour les informations) soit mi science/ mi SF de Nigel Marven ( sur les traces des dinosaures, les monstres du fond des mers)

Mais je note pour moi même: lorsqu'on inventera une machine à voyager dans le temps, je veux bien aller au permien, mais je dois éviter le carbonifère: même si les forêts de fougères arborescentes ont l'air magnifiques, l'humidité, les 30°C en moyenne avec des incendies en veux-tu en voila à cause du taux d'oxygène qui te ferait planer en moins de deux,  les libellules de 70 cms d'envergure, les scorpions de 70 cms de long, les salamandres de 3 mètres, les mille-pattes qui pourraient te bouffer... c'est pas du tout pour moi!)

Tiens d'ailleurs, les traces d'arthropleura, le mille-pattes géant, ont été trouvées aux iles d'Arran, je ressors mon super site pour vous montrer où se trouvait la zone il y a 340 millions d'années: un peu plus au sud qu'au Jurassique, mais surtout au pied d'un massif montagneux géant ( qui ne fait pas partie de la chaîne hercynienne - une chaîne gigantesque qui ferait passer l'Himalaya pour une maquette, et dont il reste de nombreux vestiges en France et en Allemagne), mais la rejoint. Car oui, il y a 340 millions d'années, l'écosse était une jungle, sous les tropiques, au pied d'un massif montagneux énorme.






lundi 12 décembre 2022

Aélita - Alexeï Nikolaievitch Tolstoï et Aélita film (1924)

 Alors avant toute chose, oui il s'agit bien de Tolstoï mais non, il ne s'agit pas du plus connu. Alexei, est excusez du peu, un parent éloigné de Lev Tolstoï ET d' Ivan Tourgueniev.
Mais malgré cette généalogique prestigieuse  et une bibliographique prolifique dans son,pays il est peu connu internationalement.
Et pourtant, autur de romans, de nouvelles, de pièces de théâtre, de littérature jeunesse, il y a de quoi faire.
Ses oeuvres les plus connues sont "La petite clef d'or, ou les aventures de Buratino" une réécriture de Pinnocchio adapté à la culture soviétique.

Version soviétique donc de Pinocchio

Ce personnage au nez pointu est d'ailleurs si célèbre qu'il est trouvable dans tous els supermarchés au rayon soda, en tant que logo d'une marque de limonade (que j'ai trouvée assez quelconque, un peu trop caramélisée pour moi)

Et l'autre oeuvre qui a eu son heure de gloire est Aelita, roman de SF du genre qu'on appellerait maintenant space-opera.
Le roman date de 1923 et a été tout de suite adapté sur grand écran.. enfin disont que les deux diffèrent tellement qu'on peut difficilement parler d'adaptation.

A ma droite le roman:
trouvable ici
J'ai choisi une édition et une traduction récentes, il a auparavant été traduit en français sous le titre
" le déclin de Mars"


à Saint Petersbourg, enfin, Petrograd, peu après la révolution d'Octobre, Mstislav Loss, ingénieur vieillissant, veuf, déprimé se lance à corps perdu dans un projet gigantesque: construire une fusée et partir sur mars, dans un voyage qui ressemble fort à un suicide programmé. Il faut dire que depuis quelques temps, la Terre capte des messages codés que personne n'arrive à traduire et qui semblent provenir de Mars. Loss est donc persuadé qu'il y a une vie, et même une vie évoluée qui cherche à communiquer, sur Mars.
Lorsque commence le roman, tout est prêt, il a fait afficher des annonces en ville pour recruter un compagnon de route, car personne n'est assez fou pour le suivre. Le fou providentiel sera Alexeï Goussev, ancien militaire en mal d'aventure qui tourne en rond depuis la fin de la révolution et se voir bien aller visiter une autre planête pour tuer le temps.
Les deux aventuriers partent et arrivent effectivement sur Mars ou vivent des martiens, la plupart au teint blanc-bleu, d'autres oranges, et pas tous amicaux loin de là. Les premières choses qu'ils voient sont des ruines, vestiges d'une ancienne guerre. Le comité d'accueil est... glacial. Loss et Goussev découvrent peu à peu la planète, ses paysages, son mode de vie, grâce à Aélita, fille de " Touscoub l'ingénieur", en quelque sorte le "tsar" de Mars. Aelita est une femme intelligente qui leur enseigne les base de la langue et cette première étape frnachie, leur dévoile des secrets que les ingénieurs préfèreraient laisser cacher: la vie sur Mars et celle sur Terre ont la même origine. L'ancienne civilisation terrestre atlante suite à un cataclysme, a construit des vaisseaux spatiaux et colonisé Mars.
Mais si la technologie martienne est largement plus avancée que la technologie terrienne, politiquement... C'est une société à deux vitesses, où l'élite vit en surface, tandis que les masses laborieuses et exploitées ( roman de 1923, hein!) vivent en sous-sol.
Ce que Loss et Goussev ne savent pas c'est que les tensions sont maximales, que les ouvriers sont sur le point de se révolter et de fait.. les terriens se retrouvent pris en pleine révolution contre le pouvoir de Touscoub.
Ils vont vite devoir repartir sur Terre avec la mission de répandre l'information: la Terre doit absolument éiter de faire les mêmes erreurs que Mars et ( on devine, en appliquant la doctrine socialiste) , les terriens doivent renoncer aux inégalités sociales pour sauver leur société. Celle de Mars est allée trop loin et n'a plus aucun espoir, sa civilisation est bien trop décadente.
Donc tout le roman est un avertissement politique déguisé en SF. Mais franchement bien ficelé, avec des passages très philosophiques sur le travail, la société, l'apparition et la disparition des civilisations. Le ton général est quand même assez triste.
Aelita est un personnage intéressant, une femme hors du lot, dotée de capacités télépathiques et qui  se sens mal intégrée à la société dont elle doit devenir un jour reine. Depuis son enfance elle voit en rêve les terriens et les paysages terrestres, l'arrivée de Loss et Goussev lui confirme qu'elle n'est pas dingue.
mais la révolution met un terme à ses espoirs d'aller sur Terre, suivant Loss pour lequel elle en pince sérieusement.
Donc un roman de SF politique vintage, qui n'a même pas peur d'évoquer des histoires sentimentales entre ressortissants de planètes différentes (dans les années 20 en général, même les relations entre gens de pays voisins ou de couleurs de peau différentes étaient tout sauf courantes). Plutôt audacieux!

A ma gauche ( très à gauche) le film. Qui je pense pour raisons techniques, transforme totalement le sujet.
Loss n'est plus un vieux blasé mais un jeune marié, doté d'une grande imagination, qui veut construire une fusée pour aller sur Mars depuis qu'il a capté un mystérieux message. La fusée n'est donc pas construite, et les séquences matiennens se passent en fait dans la tête du héros qui imagine ce qu'il pourrait bien se passer là haut.
Et si le film se passe sur Terre, il faut bien remplacer par dautre choses et là, c'est un peu la foire à neuneu au niveau du scénarion: mélodrame sentimental car Loss imagine que sa femme le trompe avec un nouveau voisin. Comédie sociale sur la vie quotidienne, la débrouille, les bourgeois nostalgique de l'anvien temps où ils pouvaient exploiter les "basses classes", comédie policière, via un enquêteur un peu nul qui se met en tête de trouver le responsable de vol de denrées destinées aux nécessiteux.
Une pincée de propagande, mais pas trop, ça reste très léger par rapport à d'autres films et à la decennie suivante.

Car étonnamment, on ne le sait pas toujours mais avant les années 30 et la mise en coupe réglée des studios de cinéma et des scénaristes, le cinéma d'URSS était vraiment friand de comédies sociales ( et dans ce genre j'ai bien aimé "la jeune femme au carton à chapeau")
Là je pense (personnellement, hein) que si la SF était déjà connue et appréciée en littérature, c'était quelque chose de tout nouveau pour le cinéma et donc les studios ont remanié pour aller vers ce qu'ils saveiet faire et ce que les spectateurs connaissaient ( le cinéma était un art jeune, de moins de 50 ans, et on découvrait à peine les possibilité du montage, donc.. on se mouille un peu mais pas trop)
Mais visuellement c'est très intéressant: les séquences terrestres sont trsè réalistes, très familières. Mais comme il était difficile de faire quelque chose d'aussi grandiose que ce que Tolstoï décrivait pour Mars, les séquances martiennes mettent le paquet sur le décors et les costumes, les plus futuristes possibles pour marquer l'altérité.
Et donc les passages sur Mars sont très Futuristes ( avec une majuscule cette fois) et tout à fait liés à la peinture et à l'architecture d'avant garde des années 1920. La costumière et le décorateur on fait un travail énorme.
Ce que je sur-kiffe.
Appareil de communication interplanétaire, technologie martienne 1924

Yep, j'adore ces esthétiques anguleuses

Puisqu'onn ne pouvait pas faire une planète Mars grandiose ( et multicolore dans le roman), fallait bien trouver un moyen de montrer que c'était très différents, ils se sont lâchés sur les costumes et le décor. Et donc des chapeaux délirants, du plastique, des angles.


Parce que...

Parce que, ça me rappelle l'expressionisme allemand, que je surkiffe.
Parce que le film fait partie des influences ouvertes de Fritz Lang pour Metropolis qui est clairement l'un de mes films favoris.
Donc oui, le film est moins bien narrativement que le roman ( intéressant  comme " documentaire" sur la vie en URSS en 1924, sur une époque où le cinéma avait encore un peu de liberté, pour des gens comme moi qui étudient le russe et la culture russe), mais oui, son choix esthétique très radical le sauve de l'oubli.
Le scénario a gommé toute la partie philosophie et triste du roman pour la remplacer par une comédie pas toujours convaincante, mais le choix visuel fait pour les passages SF le fait quand même sortir du lot. Sans ça le film serait assez quelconque, une comédie dramatique parmi d'autres.
Tel quel, c'est un OVNI cinématographique, c'est le cas de le dire

Donc j'ai bien aimé les deux, mais pas pour les mêmes raisons. Mais oui, je vous conseille soit de commencer par le film, soit de lire le livre en premier mais en gardant en tête que l'adaptation est tout sauf fidèle.

(et je viens là de vous résumer mon dossier de 4 pages pour une matière" art culture et société de l'URSS à travers le cinéma muet")

Film ( normalement Muet, mais pour la VF, ce sont des acteurs qui lisent les traductions des cartons), donc opui il y a une VF, même si malheureusmeent la qualité d'images est VHS, donc pas génialissime.
qualité visuelle un peu mieux, intertitres en anglais.
meilleure image, mais intertitres en russe.

Yep, une catégorie de plus " un film avec un détective privé" (même si ce n'est pas le personnage principal et qu'il est très gaffeur)

SF de 1923

lundi 13 juin 2022

Les neuf milliards de noms de dieu - Arthur C. Clarke

 Ho, mais que voilà une trouvaille en boîte à livres qui tombe à point nommé pour le mois anglais. Car l'ami Arthur, à la carrière internationale ( né dans le Somerset, mort au Sri Lanka) est bel et bien anglais.
Sa fiche wikipédia m'apprend aussi que par une incroyable ironie du sort, cette pointure de la SF est mort il y a moins de 15 ans, à l'age respectable de 90 ans à l'hôpital... Apollo. Et que son nom a été donné à un astéroïde (c'est souvent le cas pour les auteurs de SF, mais pas seulement: Brian May a aussi un astéroïde à son nom - moins en tant que guitariste - star du rock qu'en tant qu'astrophysicien de métier, hé oui. Et son pote Freddy aussi , mais lui, c'est encore mieux, il avait déjà une planète à son nom :D)

Revenons à nos moutons spatiaux...

Arthur, c'est l'auteur du cycle "l'Odyssée de l'espace" dont le premier tome " 2001" à été adapté au cinéma par Kubrick, rien que ça. auteur également du cycle de Rama, que je me suis promise de lire un jour, quand même. Mais ce grand amateur de cycles littéraires s'est également illustré dans les nouvelles, et même souvent assez brèves.
D'ailleurs je conseillerais de commencer par ça pour le découvrir. En effet, il s'est plutôt spécialisé en Hard SF ( comprendre celle des sciences dures), la branche de la Sf qui s'appuie sur les découvertes de son époque et entend garder la plus grande vraisemblance possible via la rigueur scientigfique. Personnellement je trouve la démarche très intéressante. Elle fait en général moins rêver que les délirants spaces opéra, la SF mélancolique de Bradbury ou l'humour absurde de Brown. Mais elle vaut quand même qu'on s'y penche.

Et donc " Les neufs milliards de noms de dieu et autres nouvelles" ( 8 en tout), publié chez librio est un recueil de nouvelles un peu artificiellement rassemblées. L'une d'elle " l'étoile", figurait déjà au sommaire du 2° tome d'une histoire de la SF, je n'y reviendrai donc pas ici.

A l'époque où les librio ne faisaient que 10 francs...


- Les neufs milliards de noms de dieu: Un lama du Tibet s'adresse à une société américaine ultramoderne, spécialisée en calculatrices de pointe pour avoir une machine un peu modifiée: il faut que la calculatrice suive un programme bvasé non sur des chhigffrss mais sur des lettres, pour composer des mots à 9 lettres maximum. Toutes les combinaisons possibles à 9 lettres possibles et imaginables, avec comme seconds critères que, en fonction de l'alphabet tibétain, la même lettre ne soit pas répétée plus de 3 fois d'affilées. AAABBBCCC, AABBBCCCD.. etc, vous voyez le genre. Les moines planchent sur ça depuis des siècles, mais ça prend trop de temps,de tout écrire à la main, forcément.
Leur objectif: trouver toutes les combinaisons possibles, environ neuf milliards, car parmi elles il y aura TOUS les noms possibles de leurs dieux.

Les américains les prennent pour des fanatiques religieux, mais du moment qu'ils payent, on peut bien leur louer la machine et deux techniciens pour la faire fonctionner. Au fil du temps, les techniciens qui s'ennuient à mourir dans les hauts sommets du Tibet s'interrogent sur l'objectif. Il est simple: les lamas sont persuadés que lorsque tous les noms seront trouvés, sans exception, leur dieu sera satisfait et arrêtera le temps: trouver les noms revient à signer la fin du monde et de... tout en fait. Les américains les considèrent donc comme complètement barrés, mais ça les met bien mal à l'aise quand même. Plutôt en se disant " quel va être notre sort et celui de la compagnie lorsque le programme sera arrivé en fin d'execution, avec des kilomètres de mots de 9 lettres sur des kilomètres de papier et qu'il ne se passera rien.. est- ce qu'on ne risque pas d'être rendus responsables et lynchés par les croyants déçus?".. ou bien est-ce que la prédiction va se réaliser?
Vous savez ce qui m'est venu en tête? Que maintenant, à l'époque des supercalculateurs à je ne sais plus combien de pétaflops par seconde ( ça augmente sans cesse, on planche sur des supercalculateurs en exaflops maintenant), ce que demandent les moines n'est ni plus ni moins qu'un banal craquage par force brute que n'importe quel hacker peut programment les doigts dans le nez. Quelque part, je trouve supetr intéressant d'avoir prédit cette technique en 1953. Ce serait maintenant réglé en quelques heures.

Vous pouvez la lire en anglais ici

- l'étoile: je vous renvoie au lien sur le tome 2 de l'histoire de la SF.

-Supériorité: Un général rendu responsable de la défaite cuisante infligée à son peuple lors d'une guerre spatiale plaide son innocence face à sa condamnation. Le problème n'est pas venu selon lui de négligence mais de l'infériorité technique des ennemis. Comment peut on perdre une guerre alors qu'on a une supériorité technique écrasante?
La réponse est extraordinaire de simplicité: vouloir à tout prix transformer du tout au tout l'armement pendant le déroulement d'un conflit est une très mauvaise idée. Suivant les conseils désastreux d'une équipe scientifique, qui leur a fait miroiter qu'il ne faut plus se contenter d'améliorer des armes existantes , mais qu'il faut en créer de nouvelles auxquelles l'ennemi ne pourra résister. Tout miser sur la supériorité technique. Sauf que ce qui paraît une bonne idée sur le papier, est en pratique une impasse: - - Les nouvelles technologies ne sont pas adaptables aux anciens vaisseaux > il faut en construire de tout nouveaux.
- Les nouvelles technologies demandent une grande quantité personnel hautement qualifié > il faut le temps de le former > il faut un vaisseau civil pour le transporter > si le vaisseau civil ou se trouve les techniciens est perdu l'arme est inutilisable.
- Les nouvelles technologies sont expérimentales, c'est sur el terrain que se révèlent les erreurs > il faut le temps de les réparer ou .. de développer une nouvelle technologie expériementale pour les corriger. Et pendant ce temps, l'ennemi, en infériorité technique, continue à améliorer les armes anciennes et à en fabriquer de telles quantités, qu'il se trouve en supériorité numérique écrasante.
Sous estimer son ennemi, c'est aussi prendre le risque de perdre alors qu'on a la supériorité technique théorique. Sarcastique et efficace. J'ai adoré la chute aussi, tellement anglaise.

-Le mur de ténèbres: Une nouvelle totalement philosophique. Clarke postule un multivers composé de bulles. Dans l'une de ces bulle, un seul système stellaire, composé d'un seul soleil et d'une seule planète. Sur cette planète, vit un jeune garçon dénommé Shervane, qui va partir à la conquète du plus grand mystère: le mur de ténèbres. En effet, dans son monde, il y a au sud de tous les pays, une limite infranchissable, au sujet de laquelle courent toutes sortes de légendes, le mur de ténèbres. Un mur sombre, d'une hauteur gigantesque, d'une matière inconnue, froid que personne n'a jamais pu franchir. Qu'à celà ne tienne, du jour où il apprend son existence Shervane n'a plus comme unique obsession que d'aller voir derrière le mur. Et si on ne peut pas le traverser, ni le percer on peut essayer de passer au dessus. Devenu riche, avec le concours d'un ami architecte, il vont mettre au point un projet colossal: construire un escalier le long du mur, jusqu'en haut et aller voir ce qu'il cache.
Et ce qui les attend est une sur surprise et une énorme déception/ leur monde a bien une limite, mais pas celle qu'ils croyaient. Et liée à l'un des plus fascinants objets géométriques. Attention spoiler: Le mur est un gigantesque anneau de Moebius. Infranchissable, puisque s'avancer au delà, c'est revenir à son point de départ: l'univers n'a pas de limite, il est sa propre limite, sans interieur ni exterieur. Les héros sont condamnés à rester avec une soif inextinguible d'ailleurs, de découverte... et ne pourront jamais quitter leur univers minuscule.Le projet de leur vie est ironiquement tourné en dérision par l'univers même/ spoiler.
Ce genre d'histoire n'est pas nouvelle, on en trouve des exemples dans toute la littérature antique, mais elle a une portée philosophique qui me parle: la curiosité est bien plus souvent déçue que satisfaite, mais l'envie de lointain, de découverte, de défi, de nouveauté est intrinsèque à l'humanité. La frustration aussi. Qu'on soit sur une île, sur un continent, sur une planète, dans un système solaire, dans une bulle d'univers... il y a toujours une limite. La technique permet peu à peu de les repousser, mais il y en aura toujours une autre derrière.  Et là, on touche du doigt la SF que j'aime: ironique, mélancolique, philosophique. De la bien belle SF qui n'a pas que pour vocation de divertir, mais aussi de faire réfléchir.

Avant l'Eden: Une expédition humain se trouve sur Vénus. Ils sont venus vérifier une théorie, selon laquelle de l'eau a l'état liquide a coulé, voire coule peut être encore sur Vénus.Et qui dit eau liquide, même chaude, dit possibilité de vie.
Alors déjà, la nouvelle date de 1960, soit avant l'exploration réelle de Venus: la planète n'a été survolée qu'en 1962, les missions Venera en ont étudié l'atmopsphère au cours des années 1962 à 1969 et les premiers atterissages , les premières photos par les missions Venera datent de 1975, j'en parlais un peu là. Donc contrairement à ce que nous dit Arthur, la température moyenne  sur Vénus n'est pas de 250°C mais de 462°C. Donc au pôle de la planète comme ailleurs, pas moyen d'avoir de fait une température permettant l'existence d'eau liquide et ce qu'elle suppose. Le principal problème outre la température démente est l'atmosphère hautement corrosive d'acide sulfurique et surtout la pression de plus de 90 bar qui écraserait un sous-marin ( la sonde Venera 13 y a vaillamment résisté 2h00, c'est dire la robustesse de l'engin!). Donc bon prière de ne pas prendre pour argent comptant la description d'explorateurs en scaphandre metallique réfrigéré qui parcourent 5 kilomètres à pieds ( ha, j'ai oublié de parler de la densité de l'atmosphère, qui teinte ici étonamment tout de vert émeraude..). Lhistoire d'Arthur est simplement devenue obsolète par les découvertes qui ont été faites 15 ans plus tard.
Et en fait l'histoire pourrait se passer n'importe où: sur une autre planète, dans une autre système solaire, sur Terre dans une vallée éloignée de tout, au fond des océans.. l'important n'est pas qu'elle se passe sur Vénus, mais.. le fait que les explorateurs découvrent effectivement une forme de vie végétale " d'avant l'Eden", une forme de vie qui pourrait être une de celle qui a amené de développement la vie sur Terre, des millions d'années plus tard.
Ey là ironiquement la nouvelle est on ne peut plus d'actualité: cette découverte qui fait dire aux savants que la vie est précieuse, qu'il faut absolument la protéger où qu'elle soit correspond exactement au moment qui va condamner la future vie sur la planète entière. Les germes terrestres involontairement amenés par les terriens contaminent la plante qui n'a pas les moyens de résister à des pathogènes étrangers qui ont, de plus, pu survivre au voyage spatial. Arthur nous précise même d'où ils viennent: les mégots, les verres en plastique (lol) et détritus divers laissés sur place par les humains.
Transposez un peu la chose au sommet de l'Everest. La conclusion est que l'être humain, est doué pour pourrir n'importe quel endroit où il met les pieds, que ce soit volontairement parce qu'il s'en fout, par manque de réflexion à long terme, ou insconsciemment.
On commence à peine à se soucier des microbes terrestres amenés sur Mars, qui peuvent annihiler une potientelle vie locale.
Une fois de plus, de la SF qui si sa forme est dépassée, reste incroyablement d'actualité sur son fond philosophique.

Un été sur Icare: L'ingénieur Colin Sherrard a un gros un très gros problème: il est coincé sur Icar, un astéroïde qui porte bien son nom, surnommé " le bout de terrain le plus ensoleillé du système solaire", et ce n'est pas peu de le dire. Il s'agit d'un caillou de 3 kilomètres de diamètre en orbite à immédiate proximité du soleil, sur lequel une équipe procédait à des prélèvements du côté nuit". Problème, au moment de rentrer, sherrard a eu un problème et son module s'est écrasé au sol, heureusement, côté nuit. Mais pas pour longtemps. Icare tourne sur lui même en 4 heures, et, sa radio étant endommagée, impossible de prévenir, Sherrard doit ramper avec son module insecte tant qu'il lui est possible pour rester côté nuit, jsuqu'à ce qu'on s'aperçoive de son accident et qu'on revienne le chercher. Si l'aube le rattrape, il est foutu, et va griller sur place.
A ma connaissance, Clarke n'a pas écrit de scénario pour la génialissime série "la  4° dimension", et pourtant on est totalement dans cette idée là, celui -ci comme " avant l'Eden" auraient tout à fait pu être des scénarios d'épisodes: angoisse, danger mortel et inélucatable, ironie (et chute " so british"), avec en plus une variation sur le mythe d'Icare et l'aventure au risque.. d'y laisser des plumes et d'être grillé.
( Nota: le roman "les enfants d'Icare" écrit en 1953 ne fait pas mention du mythe dans son titre original " Childhood's end". Qui est aussi celui d'une chanson de Pink Floyd, très influencée par Clarke. Mais aussi de Iron Maiden, je n'ai pas trouvé d'information pour savoir si c'est aussi une référence à Clarke, mais ça ne m'étonnerait pas vu les liens entre Maiden et la littérature en général.  )

Le réfugié: Evénement historique! l'angleterre vient de se doter d'un spatioport et pour marquer l'événement, le capitaine Sanders, texan pur jus qui doit être le chef de la première mission anglo-américaine vers Mars ( une simple mission de ravitaillement de colonie martienne, déjà bien établie), reçoit la visite protocolaire de Henry, prince de Galles, futur roi d'Angleterre. Henry est un fanatique de techonologie, qui rêve d'aller dans l'espâce, chose que son rang lui interdit. donc cette visite d'un vaisseau est , pour une fois, quelque chose qui l'intéresse beaucoup plus que les ennuyeuses mondanités que doit subir à longueur de temps un futur monarque. Pour cet intérêt sincère, pour son intelligence et sa simplicité Henry gagne la sympathie de Saunders. Echange de situation: Saunders le baroudeur, qui dispose de 3 jours libres à Londres se dit qu'il va profiter de cette aubaine pour visiter Londres. Il est allé sur Mars, sur La lune, mais n'a jamais mis les pieds à Londres. Las, Saunders ne peut pas profiter de ses vacances, qu'il va passer en interview et invitations télévisés où on finit toujours pas lui poser la même question " que pensez-vous du futur roi". Saunders comprend que la vie d'une tête couronnée n'est pas de tout repos et espère vite regagner l'espace et l'anonymat. Sauf qu'il se passe exactement ce qu'on devine: Henry ne va pas laisser passer une occasion pareille de mettre en douce un peu de distance entre lui et sa royale famille. Un peu, c'est à dire, la distance Terre-Mars.

La sentinelle: Après Mars, la Lune. Là encore pour la petite équipe d'exploration qui est est, ce n'est pas si exceptionnel... mais la lune récèle cependant bien des mystères. Lorsqu'on est est un humain , qu'on voit de loin une anomalie brillante en pleine mer des Crises, il est bien naturel d'aller y voir de plus près. Par contre la petite équipe s'attendait à tout .. sauf à y trouver une petite pyramide. qui l'a construite? Quand? et pourquoi? Elle semble être là depuis au moins l'époque du carbonifère terrestre, y aurait-il eu des sélénites? Est-ce un repère pour voyages spatiaux ou un poste d'observation pour surveiller l'évolution de la vie sur Terre?
(si c'est le cas, les extra-terrestres doivent être bien déçus par nous)

Que c'est bon, mais que c'est bon: par le ridicule et l'humour Arthur pourfend les militaires. Par l'ironie et la philosophie, il pointe les travers humains bien contemporains ( et encore d'actualité 60 ans polus tard)

13/06: le jour des nouvelles

yep, de temps en temps, il y en a un. Le challenge n'avait officiellement pas de fin et je n'ai pas trouvé d'information pour savoir s'il existe encore de fait ou pas.

Liban-> USA-> Grèce-> Israël -> Grande-Bretagne

et au niveau des langues d'origine:
arabe du Liban -> anglais des USA-> grec ancien-> hébreu ancien-> anglais brittanique

mercredi 31 mars 2021

Une histoire de la science fiction t 2 - Collectif

Que lire pour Mars? De la SF, bien évidemment! Même si c'est le dernier jour, hein..



Pas de tome 1, simplement parce que c'est un tome isolé issu d'une anthologie que j'ai trouvé à la laverie et commencé à lire là-bas.
Pas le temps de le finir, tant pis, je l'emporte pour le terminer, je le ramènerai avec quelques autres en prime ( il pleut chez moi  un jour sur deux depuis presque 4 mois et ça m'embête d'aller laisser des livres à la boîte à livre du parc, où il risquent d'être humides et de moisir)

Et donc un Librio à 10 francs, ça ne nous rajeunit pas . Hé oui, publié en 2000 et donc peu avant le passage à l'euro.
Il est attribué à Jacques Sadoul, qui n'en est évidemment pas l'auteur, mais le compilateur, comme c'était déjà le cas pour l'anthologie fantastique dont j'avais déjà parlé ici il y a trèèèès longtemps.

Il y a 5 tomes dans cette anthologie, je n'ai donc que le second qui rassemble 11 nouvelles d'auteurs anglo-saxons, publiées entre 1950 et 1961- donc pas exactement les dates mentionnées sur la couverture, mais bon...
Il y a des noms connus voire, très connus: Ray Bradbury, Richard Matheson, Arthur C Clarke, Clifford D Simak, ou mon absolu chouchou, Fredric Brown. D'autres sont totalement inconnus de moi, comme Jack Lewis ou Robert Abernathy.

allons y donc:

- 1950: Bucolique - A. Van Vogt. Un auteur très connu que je n'avais pas encore eu l'occasion de découvrir.  Il est ici question d'une forêt dotée de conscience qui découvre la guerre. Plus exactement, découvrant fortuitement quelque chose dans son sous sol qui peut lui servir d'arme, elle se lance à l'attaque des autres forêts voisines. Curieux, original, mais pas un coup de coeur.

- 1953: Qui a copié? - Jack Lewis: l'inconnu de la sélection, mais qui méritait largement d'y figurer. Auteur non professionnel, Jack Lewis ( ici personnage) soumet à différents éditeurs ses nouvelles de science fiction. Mais tous les éditeurs lui répondent que ses textes sont même pas un plagiat, mais une copie mot pour mot de textes édités plus de 20 ans plus tôt, d'un dénommé Todd Thromberry. Sauf que grand fan de SF, Jack Lewis ne connait pas cet auteur, n'en a jamais lu un seul texte, ignore son existence et n'arrive pas à en trouver la moindre trace. Il arrive donc à la conclusion que Thromberry est un voyageur temporel qui a réussi à l'espionner, lui voler des manuscrits, pour retourner dans le passé les faire éditer sous son propre nom.
J'ai adoré cette nouvelle, autant pour le fond que pour la forme épistolaire, très efficace !

- 1954: Un homme contre la ville - Robert Abernathy: l'autre inconnu est un linguiste, et traducteur qui a ponctuellement publié des nouvelles, une quarantaine en tout. Dommage, parce qu'elle est excellente.
Un terroriste ( on sait qu'il est mandaté par une organisation) décide de faire sauter la ville où il vit. Pas pour raison politique mais aprce qu'il hait fondamentalement cette ville, immense, inhumaine, dangereuse qui grignote la nature dont elle est un cancer. Il la piège et tente de s'enfuir, mais échappe de justesse à une invraisemblable série d'accidents: la ville sait. Et veut le forcer à revenir sur ses pas pour désamorcer la bombe. Ou bien est-ce ce qu'il croit, dans son stress et sa culpabilité?
Une nouvelle presque plus proche du fantastique que de la SF. Mais j'ai beaucoup aimé. On est vraiment dans l'ambiance de la  Quatrième Dimension, avec en plus un message écologiste avant l'heure.

- 1953: L'enfant en proie au temps - Charles Harness. L'auteur est presque inconnu et.. je n'ai pas spécialement aimé sa nouvelle. Une histoire de voyage dans le temps qui met en scène une mère et une fille. La mère est voyante de profession, elle est infaillible, ce qui a fait sa renommée et sa fortune et a fait apprendre à sa fille comme seules connaissance les gros titres et les entrefilets des journaux, depuis l'année 1957 jusqu'à l'année 1977. Le troisième personnage est un scientifique qui invente la machine à voyager dans le temps. Mais bon... je n'ai pas trouvé cette histoire vraiment bien ficelée. En tout cas, ce n'est pas un gros kif de lecture, j'ai vu arriver la fin (invraisemblable) à des kilomètres. Ca gâche vraiment tout le plaisir.

- 1963 : L'éclat du phénix - Ray Bradbury.  Cette courte nouvelle, non cadrée, raconte comment une milice armée, dans un Illinois qui ressemble fort à une dictature, arrive un jour pour brûler la moitié des livres de la bibliothèque, déclarés " dangereux". Et le chef de la milice se heurte à l'inertie du bilbiothécaire: celui ci ne hurle pas, ne proteste pas, n'empêche rien. Il sourit. Les lecteurs ne réagissent pas plus d'ailleurs. Une absence de réaction qui a vite fait de faire sortir de ses gonds le chef de la milice: tous les gens de la ville ont organisé la plus géniale des résitance: se surnommant entre eux monsieur Platon , Monsieur Socrate, Monsieur Keats, Monsieur Shakespeare.. ils discutent par citations de livres. On peut brûler du papier, mais impossible d'empêcher les gens d'en apprendre des extraits entiers par coeur. Vous l'aurez deviné, cette nouvelle est le prototype d'un des romans les plus célèbres de Bradbury, Fahrenheit 451. Et confirme tout le bien que je pense de Bradbury en général, qui ne m'a déçue que 2 fois.

- 1941 : Ces gens-là - Robert Heinlein . Que voilà une curieuse histoire, bien dans l'air du temps, à l'époque où les complotistes semblent surgir de partout.
Dans un hôpital psychiatrique, un homme semble être en plein délire mégalomane. Il est persuadé d'être différent, depuis toujours, d'être immortel et que le modne entier n'a été créé que pour lui, et pour lui cacher sa véritable nature, d'être immortel et différent. Le monde est pour lui un complot, car il est irrationnel. Le résultat est quelque chose qui évoque un peu La salle n°6 ( pour la discussion entre malade et médecin) et la philosophie (l'homme passe en revue tous les moyens de se prouver à lui même son existence: les pensées, les informations fournies par les 5 sens, la rationnalité, etc..). Malgré une fin un peu attendue ( en 2021, mais probablement pas en 1941), j'ai bien aimé ce mélange SF/ introspection philosophique.

-1954: La clé Laxienne - Robert Shekcley. Quelque part sur Terre, deux associés du Service de décontamination interplanétaire mettent la main sur un Producteur Spontané, venant d'une planète lointaine. Utilisant l'énergie ambiante de l'air, la machine produit ex nihilo du tangreese, l'aliment debase de la planète d'origine. Pour la démarrer, il faut appuyer sur un bouton, pour l'arrêter, il faut un tour de clé laxienne. Hors personne  ne sait même ce qu'est une clé laxienne, impossible d'arrêter la machine qui produit tonne sur tonne d'un produit invendable sur Terre, ou seulement à très bas prix, il n'y a pas plus de cinquante extraterrestres qui en mangent, on peut s'en servir comme matériaux de construction mais pas de quoi faire fortune. Et pire, la machine est en train de pomper par induction l'électricité des fils les plus proches. Oui, les deux associés disposent d'une machine qui pompe des quantités phénomélales d'électricité très chère pour fournir sans discontinuer ue marchandise dont personne ne veut, et sans qu'on puisse l'arrêter. Imaginez  une machine qui fournir sans trève de la farine au prix du kilowattheure. Pas d'autre solution que d'essayer d'aller la vendre sur sa planète d'origine. Au prix du transport interplanétaire. Tout sauf une bonne affaire.
Mais que c'est bon, mais que c'est bon! Humour sarcastique, et même en devinant le noeud de l'intrigue, c'est un peu le même genre que mon chouchou Fredric Brown ( voir dernière nouvelle) Je mets donc Schekley dans ma liste d'autreurs à retenter, il semble que l'humour absurde et noir soit sa spécialité.

-1955 : Cycle de survie  - Richard Matheson.
Une étrange histoire, qui met en scène un auteur, qui envoie son manuscrit à son éditeur. Tout le monde semble l'aduler, lui et sa manière d'écrire, attendre son nouvel ouvrage comme une manne.
Sauf qu'ils semblent tous coincés dans une boucle temporelle: le manuscrit arrive chez l'éditeur en moins de deux heures, tout le monde chez l'éditeur l'a lu et adoré, il est imprimé dans l'après midi, vendu en quelques minutes, le dernier exemplaire est acheté le soir même par.. l'auteur lui même qui le lit rapidement, se dit que c'est inspirant, se met à l'écrire. Tandis que les travaux dans sa rue semblent progresser en sens inverse de la réfection de la rue, vers la destruction d'un batiment insalubre.
Le teps de narration va dans un sens, du matin au soir, et le temps de l'histoire s'écoule à rebours..
Le texte a été assez mal reçu lors de sa publication, justement pour ce grand écart temporel.  J'ai du mal à me faire une idée. BIen ou pas. Je l'ai trouvé très bien écrit ( et traduit) mais il me laisse perplexe.

- 1955: L'étoile - Arthur C. Clarke
Ho que voilà une chouette histoire de perte de foi religieuse: une expedition spatiale, parti explorer un système stellaire, quelque part dans le futur, fait une découverte bouleversante: sur une petite planète tellurique, loin très loin de la naine blanche qui a jadis explosé en supernova, une civilisation condamnée a enfoui dans l'endroit le plus éloigné possible du cataclysme, les souvenirs de son existence, à destination d'éventuels voyageurs. Découverte qui plonge le scientifique jésuite de l'équipage dans une crise philosophique: si son dieu existe et s'occupe de tout, pourquoi a-t-il laissé disparaitre une civilisation visiblement évoluée et pacifique. Attention gros spoiler:. Pire, en calculant la date d'explosion de la supernova, il se rend compte qu'elle correspond à l'apparition de l'étoile de Bethléem: continuer à croire dans son dieu, serait accepter qu'il a sciemment fait disparaitre un système stellaire et une civilisation POUR envoyer un message aux terriens.
On est d'accord, dans ce cas, il vaut mieux accepter de perdre la foi.
Tiens d'ailleurs la civilisation disparu a marqué l'emplacement de ses archive d'un monolithe de 1 km de haut, pour être sûre que le lieu soit un jour trouvé.

- 1950: Escarmouche - Clifford D. Simak. 

Un auteur dont j'ai adoré Demain, les chiens. Cette nouvelle nous parle de révolte des machines. Mais pas une révolte des robots ou d'intelligences artificielles, façon " Mondwest", non. Des simples machines: montre, horloge, machine à écrire, machine à coudre, soudainement dotées de conscience, "libérées" par l'intervention d'entitérs mécaniques extraterrestres, et qui décident de prendre leur indépendance. Le seul témoin est Joe, un journaliste, choisi comme " cobaye" car il est un humain moyen. En effet, il arrive à la conclusion que s'il est si standard que ce que vient de le lui dire sa machine à écrire, ce sont donc ses réactions qui vont être considérées comme la norme, la moyenne des réactions humaines. Les extra-terrestres mécaniques ont besoin de savoir comment vont réagir les humains,avant d'essayer de libérer les machines terrestres , leurs " soeurs" ils tâtent le terrain, c'est une escarmouche avant une vraie bataille. Pas question pour Joe de donner des humains une image qui pourrait faire comprendre aux extra-terrestres que les humains sans leurs machines sont démunis et faciles à vaincre. Ou que notre tendance à rationnaliser nous empêcherait d'accepter l'idée même de machines qui se libèrent, laissant donc un boulevard aux extra-terrestres.
Et donc deuxième lecture de Simak, et j'ai beaucoup aimé aussi, bien qu'il y ait une fin ouverte qui ne plaira pas à tout le monde.

-1961: F.I.N. - Fredric Brown. Elle fait 10 lignes, je ne peux pas vous la résumer, Fredric Brown est le roi de la micro nouvelle ( la plus courte qu'il a écrite fait 2 phrases). Et de la SF humoristique. Et pour le plaisir, voici une page rassemblant F.I.N, Toc, et en prime Absurdités. Ce sont vraiment des textes typiques de son humour absurde, j'adore!




lundi 22 mars 2021

Nous - Evgueni Zamiatine

C'est très rare que je relise un livre, encore plus un livre que j'avais déjà chroniqué ici.. mais, pour cause de lecture obligatoire au second semestre, hop relecture de ce pionnier de la dystopie qui a influencé A la fois le Meilleur des Mondes et 1984.

C'est un miracle que dans un cours de littérature en fac, la lecture imposée soit un roman de SF, des choses changent, youhou!
Et donc, je l'avais précédemment lu sous le premier titre français " nous autres", je n'ai pas relu ma critique de l'époque pour ne pas m'auto influencer.
Mais donc, à ma plus grande satisfaction, le roman a été retraduit il y a quelques années, Et se contente du simple " Nous", qui est son titre original "Мы".



Plus j'y repense et plus je trouve que ce premer titre était complètement absurde, puis qu'il pose l'idée qu'il y a "nous" d'un côté et une altérité, qui n'est pas du tout pensée dans le roman. Les citoyens de l'état unitaires sont même incapables de se penser autrement que des rouages de l'Etat, parfaitement interchangeables. Au point de se considérer comme malades s'ils développent "l'imagination", cette chose qui les distinguent de la masse, et rien n'est plus douloureux, ni angoissant que d'être " différent". Et nombre se précipitent en masse pour se faire opérer ( lobotomiser) afin d'être enfin débarréssés de cette imagination encombrante qui les éloigne de la perfection, de l'idéal mécanique, du robot parfait et infaillible car dénué d'états d'âmes.

Il n'y a pas "d'autres", s'il y en a eu à un moment, 300 ans avant les faits narrés, soit ils ont disparu au delà du "mur vert" et on n'y pense même plus, soit ils sont retournés à l'état sauvage et dans ce cas, ils comptent pour quantité négligeable. D'autant que ce sont des mutants, couverts de fourrure " sauvage". Il n'y a que le "nous" qui existe, et doit exister,c'est ce que professe le narrateur. A peine arrive-t-il à se représenter une existence extra-terrestre, pour laquelle il a pourtant la mission civilisatrice de rédiger des notes afin de les convaincre des bienfaits de l'Etat unitaire et du nous indistinct.

Ou plutôt si il y a des autres.. perçus comme danger pour l'Etat et donc pourchassés, il y a forcément des mouvements de résistance interne qui se mettent en place. Mais ils sont considérés comme memebres malades à amputer pour soigner l'organisme dans son ensemble.

Donc ce "autre "n'avait strictement rien à faire là, dire "nous autres" c'est se penser par rapport et par opposition à quelque chose, et c'était à la limite de la trahison du contenu.
Donc je ne reviendrais pas sur la trame qui est celle développée par la suite par Orwell, avec la surveillance à tous les niveaux, Big Brother, et le grain de sable qui va enrayer ces rouages, de l'intérieur. Parce que dans cette société formatée, qui a élevé les mathématiques au rang de principe de vie, et qui considère l'imagination comme une dangereuse maladie mentale, on retrouve tout à fait la critique du totalitarisme qui a fait le succès du roman d'Orwell en 1948.

Sauf que.

Orwell a écrit 1984 en 1948. Soit après la fin de la guerre et de manière quasi contemporaine des totalitarisme (Les régimes Nazi et Mussoliniens avaient disparu, mais Staline était encore bien vivant et son régime aussi. Donc la société qu'il décrit est plus que vraisemblable, elle était réelle à ce moment là.

Huxley a écrit le Meilleur des Mondes en 1931, avant la pleine expansion des régimes totalitaires en Italie et Allemagne, mais déjà en pleine période stalinienne. Lénine est mort en  1924, les purges allaient avoir lieu au milieu des années 1930, les choses prnaient ue n mauvaise tournure en Italie et en Allemagne, donc là aussi, on peut se dire qu'il suffisait d'ouvrir les yeux et de faire un peu de déduction pour prévoir l'évolution des choses. Le système qu'il dépeint n'est pas encore tout à fait mis en place, mais il est vraisemblable.

Zamiatique a écrit "Nous" en 1920. La publication en a été immédiatement interdite en Russie pas encore URSS, où elle ne se fera qu'en 1988.
Or lorsqu'on lit le roman, on a vraiment l'impression qu'il décrit la situation avec 30 ans d'avance. Au point de se demander si les copies qui en ont circulé sous le manteau n'ont pas simplement servi de manuel politique à " So-so" ( je ne me remets pas de la découverte de ce surnom!)
Là, on peut parler de visionnaire.

Et donc, je recommande bien sur la lecture de cette retraduction qui s'attache à rendre le style , difficile et déconstruit, du texte d'origine. On est dans les années 20, priode du suprématisme et plus tard du constructivisme en peinture, du futurisme en poésie ( même si idéologiquement, beaucoup d'auteurs futuristes ont suivi le mouvement politique avec enthousiasme, au moins, au début, et donc se sont retrouvé en opposition totale avec les vues de Zamiatine, concernant l'objectif de sauteurs, de l'art...)
Mais le style d'origine est heurté, haché, mathématique...
La première traduction française était vraisemblablement une traduction.. de la traduction anglaise des années 1920, et dans un style très recherché, élégant, lyrique... Là encore, on peut parler de trahison du texte original ( à la décharge du traducteur français, si la version sur laquelle il avait travaillé était déjà éloignée du style d'origine)
Et ça passe mieux, les bizarreries qui m'avaient gênée il y a 10 ans n'y sont plus, le texte est plus formellement en accord avec son contenu.

lundi 18 novembre 2019

Лучше,чем люди (série TV, 2018)


Une fois n'est pas coutume, on va parler d'une série TV. Oui, mais une série TV russe. Forcément, je reste dans la droite ligne de mes études et je multiplie les supports.16 épisodes d'une heure ça fait 16h00 à entendre la langue et c'est précieux quand on étudie à distance. Accrochez vous ça va être long, puisque je parle de la série entière, ses qualités, ses défauts, les personnages ...

En fait au résumé sur Allociné qui nous parle d'une famille qui se retrouve avec un robot tueur comme femme de ménage, je croyais à un remake russe de Akta Manniskor/Real Humans. Hé non, c'est une erreur de la part d'Allociné.

Distribué à l'international sous le titre "Better than us" que je trouve un peu fade  par rapport l'original. " Mieux que nous", mais qui " nous"?
"Mieux que les humains/les gens" c'est la traduction la plus claire du titre d'origine.


Le début part en effet sur le même principe: dans quelques dizaines d'années, les robots humanoïdes feront partie intégrante du paysage. Il y en a de toutes sortes, aides pour personne âgées, assistants pour les travaux lourds, compagnie pour esseulés,  et bien sûr robots sexuels.
Il y a bien une frange de la population, les" liquidateurs"qui s'opposent à cette invasion aux cris de " Vivent les vivants", mais il sont assez mal vu du reste de la population, car ils volent, et cassent les robots,  et l'opposition reste minoritaire.
Donc jusque là, effectivement, quelque chose de très proche de la série suédoise.

Mais celle-ci est assez maligne pour ne pas copier à 100% et s'oriente très vite sur un scénario moins social, et plus policier, avec références à la corruption du monde des affaires...
Par contre comme il y a beaucoup de personnages, certains il est vrai peu utiles et qui font hélas partir l'histoire dans un scénario à tiroir.. ou au contraire pourraient amener une seconde piste intéressante qui n'est pas développée, c'est parfois dur à suivre et la série n'est pas exempte de défauts.

Donc tout commence lorsque Viktor Toropov, homme d'affaires très peu recommandable à la tête de l'entreprise Cronos, spécialisée en robots sexuels, décide d'élargir son public cible. Sous la pression il est vrai de son beau-père, le tout aussi peu recommandable Alexei Lossev, qui dirige une commission ministérielle de robotique.
Le plan est donc de faire créer par Cronos (dont Alexei est le vrai propriétaire, Toropov n'est que son homme de paille)  une nouvelle gamme de robots assistants de vie pour retraités, afin de mettre en place nationalement un plan de départs massifs en retraite anticipée. Les humains pourront se la couler douce si une armée d'employés dociles et qui ne reçoivent pas de salaire les remplace. Et Cronos éliminera la concurrence en anticipant la commande.

Donc un membre éminent d'une commission ministérielle, propriétaire d'une entreprise de robotique, confie en sous-main à sa propre société le développement d'un super robot dans le but de répondre à un futur appel d'offre du ministère. HO le beau délit d'initié!

Mais comme Toropov est un incapable, il commande en toute discrétion un prototype derobot ultra perfectionné en Chine, aux apparences de ahem... disons de call-girl. Il va falloir la remanier pour en faire une digne infirmière pour personnes âgées/ cantinière/ travailleuse/ sociale/ puéricultrice ou tout autre travail respectable.

ce qui n'est pas gagné, vu sa fonction première: une femme robot trop belle et trop compétente ne sera jamais achetée par la moitié de l'humanité qui y verrait une concurrence déloyale
C'est donc l'associé et larbin de Toropov, Igor Maslovsky, ingénieur surdoué de la robotique, qui va se coltiner le sale boulot de devoir trifouiller la mémoire d'Arisa, le prototype, pour la décliner à des millions d'exemplaires plus grand public.
Mais évidemment rien ne se passe comme prévu. Le mode d'emploi est en chinois, il manque des pages,hé oui les gars, fallait pas acheter chez Alibaba! Un employé un peu trop curieux qui essaye de toucher le prototype, et la direction va découvrir que ce robot là n'est pas du tout équipé des limites des lois d'Asimov.
En clair, voilà la société avec un cadavre sur les bras, et Arisa, capable d'une certaine pensée autonome, qui s'enfuit pendant que Toropov fait appel à Gleb son "assistant". Un mafieux qui a la particularité d'avoir organisé le gang des liquidateurs, afin de monter une fausse opposition. Il manipule de vrais paumés, punk, marginaux, chômeurs revanchards remplacés par des robots.. pour créer de toutes pièces le buzz nécessaire au fonctionnement de Cronos. Liquidateurs qui ne sont évidemment pas au courant du double jeu de leur "chef".

Et donc sur ces entrefaites, le cadavre de l'employé étranglé par le robot en fuite arrive à la morgue où travaille Gueorgui, un ancien neurochirurgien brillant mais qui  COMME PAR HASARD a perdu son travail quelques années plus tôt par la faute de Toropov et s'est retrouvé à jouer les médecins légistes à la morgue du coin ( le fils de Toropov était malade, Gueorgui l'a opéré, mais l'opération a été un échec et Toropov s'est vengé en faisant virer Gueorgui, et en mettant à sa place un chef de service plutôt incompétent  mais qui a développé un système mafieux: le malade prêt à payer des honoraires faramineux, de plusieurs millions de roubles,  passera en premier peu importe les cas d'urgence. Les pauvres seront relégués en fin de liste d'attente).
Suite à ça, il a aussi perdu sa famille: sa femme a divorcé, s'est remariée, et veut partir en Australie en obtenant la garde exclusive de leurs deux enfants. Donc des problèmes à tous les niveaux pour lui. Et c'est à ce moment qu'arrive un camion contenant non seulement le cadavre de l'employé étranglé, avec la consigne de classer ça comme crise cardiaque, mais aussi Arisa qui COMME PAR HASARD a profité d'un moment d'inattention pour se glisser hors de la société Cronos par ce biais.

Gueorgui reçoit donc l'ordre par la société de son pire ennemi (avec la menace de perdre cette fois plus que son travail s'il n'obtempère pas) de camoufler ce meurtre en décès naturel. Son erreur étant de ne rien vouloir avoir à faire avec ça, et de faire disparaitre le cadavre avec la morgue en faisant passer ça pour un acte des liquidateurs. Et donc, très mauvaise idée qui a pour effet d'attirer l'attention de la police sur lui. Or l'enquêteur Varlamov a un dossier énorme sur Toropov, Cronos et leurs méthodes mafieuses, sans avoir jamais pu les coincer, puisque la puissante société sait s'y prendre pour lier les langues à grands coups de millions. Et devine bien vite que le pauvre Gueorgui est victime de chantage. Sauf que ben.. interdiction de poursuivre l'enquête, elle touche de trop près à des gens riches et puissants, le flic va devoir ruser.

Mais entretemps, Arisa a rencontré Sonia, la fille de Gueorgui, qui, étant la première à lui parler, a été désignée " premier utilisateur" du robot. Arisa va donc suivre Sonia et s'incruster dans la vie de Gueorgui et ses enfants.
Ce que Gueorgui ne sait alors pas c'est que d'une part, ce robot "illégal" et pot de colle est recherché par exactement la personne qu'il déteste, et qui le déteste le plus au monde. Que le robot est justement le tueur par qui sont arrivés ses problèmes et que la moitié des mafieux de la ville recherche.
Et qu'Arisa, on le saura plus tard, est programmée pour non pas se croire humaine, mais pour être la parfaite "mère de famille".

Elle va donc s'autoproclamer membre de la famille, tout en ayant absolument conscience de sa nature différente, et est prête à tout pour défendre "sa" famille, y compris à faire passer de vie à trépas ceux dont elle estime qu'ils sont un danger, une menace ou une gêne pour "sa famille". Ce qu'est au passage l'ex-femme de Gueorgui, ou toute potentielle rivale sentimentale d'ailleurs.

Cet attachement sauvera la vie de Gueorgui d'ailleurs, lorsque Toropov découvre que c'est lui qui a récupéré le prototype: le seul moyen de faire obtempérer la dangereuse Arisa pour participer à l'appel d'offre du ministère, en forme de jeu télévisé, étant que personne ne touche à SES humains.

Et Gueorgui,son ex femme, les deux enfants et le robot vont devoir cohabiter et donner à longueur de publicités l'image d'une famille unie et heureuse avec leur robot domestique. La réalité étant bien surtout autre: pressions et menaces d'un groupe mafieux les obligeant à cohabiter avec un robot dangereux, jaloux et imprévisible. Vu qu'elle est aussi capable d'assommer quelqu'un de la famille ou de le tyranniser "pour son bien" si c'est ce que son algorithme lui inspire.
La famille idéale: papa et maman ( divorcés forcés de cohabiter) un fils (qui fricote avec les délinquants anti-robots), une fille et..une super-nanny-cuisinière qui peut aussi faire tueuse sans gages si son maître le lui demande
C'était long, mais.. Ce n'est que le début, les quelques premiers épisodes.
Car il y a une foule de personnages secondaires et parfois des relations entre eux un peu artificielles ( mais bon, les deus ex machina de ce genre sont légion dans les séries américaines qui n'ont pas souvent la sagesse de s'arrêter à 16 épisodes!) . C'est parti pour une série de coïncidences connues aussi sous le nom de" grosses ficelles"

- Comme par hasard, Egor, le fils de Gueorgui rencontre Janna, punkette qui travaille dans bar avec son frère Bars, et tout deux sont membres importants des liquidateurs, dont le bar est le QG. Pour essayer de plaire à la jolie Janna, Egor va donc intégrer le groupe de délinquants et se retrouver derrière les barreaux, attirant un peu plus l'attention de la police sur son père.

- Comme par hasard, la petite amie de Bars est l'assistante personnelle de Maslovsky, l'ingénieur exploité par Toropov, et tente tout pour que les liquidateurs viennent mettre le souk chez Cronos.

- Comme par hasard, la présentatrice vedette qui mène les interviews sur le thème de la robotique est Svetlana, la fille de Lossev (revenez au début) et la femme de Toropov. Dépressive depuis la mort de son fils, Maslovsky lui a construit un "Supertoy" pour remplacer le cher disparu, et sa raison menace sans cesse de chanceler sous l'effet conjugué de son père qui la harcèle pour "refaire un héritier" et de son mari qui la déteste et fait tout pour la faire envoyer à l'asile. Conséquence, entre victimes, on s'épaule, on se soutient et bien sûr, Maslovsky est devenu l'amant de Svetlana.

- Comme par hasard, il y a une taupe placée par Gleb chez les flics, qui aura le temps de faire du dégât avant d'être découvert.

- Comme par hasard, il y a Lara, une hackeuse dont on ne sait pas d'où elle vient ni pour qui elle joue Principalement pour sa propre survie: atteinte d'un cancer, elle est condamnée si elle ne trouve pas les 18 millions réclamés par le chirurgien véreux pour l'opérer. Et donc son plan est: draguer Gueorgui, lui soutirer Arisa qu'il ne supporte plus de toutes façons, et la vendre au plus offrant pour payer son opération.

- Comme par hasard, la prochaine tâche que Cronos veut coller à Arisa c'est d'opérer un vrai patient, je ne vous fais pas l'affront de vous dire qui va se porter volontaire contre une opération gratuite et des sous pour sa famille, au cas où Arisa aurait envie de trucider sa rivale en faisant passer ça pour une erreur. Erreur qui arrangerait bien Cronos, la société étant dans l'impossibilité de tenir les promesses mirobolantes faites au ministère par Victor-le-trouduc. Pas'd'bol, Arisa est incapable de faire des erreurs ( ça aurait eu le mérite de débarrasser l'action d'un personnage mal écrit)

Donc voilà, dans l'absolu, il y a vraiment des personnages dont on aurait pu se passer, Lara en tête: elle arrive tardivement dans l'histoire, ne sert qu'à la rendre plus embrouillée, à créer un artificiel triangle amoureux pour éviter que le héros ne développe un penchant pour la mécanophilie -désolée, oui j'ai honte de cette référence :D Elle traîne évidemment outre son cancer, des casseroles familiales dignes d'un roman feuilleton et qui ne font qu'ajouter des personnages inutiles bref, on s'en passerait.

Pareil pour la copine de Bars/assistante de l'ingénieur, ou l'avocate de l'ex-femme.
L'intrigue autour d'Egor et Janna aussi est en trop, il aurait suffi de ne pas se faire croiser ces personnages et .. ça aurait allégé le tout. Pareil pour celle entre Svetlana et Igor, ça n'apporte par grand chose - hormis d'appuyer le fait que Viktor est un trouduc, ce qu'on avait compris depuis sa première apparition -  et ça délaye l'intrigue, faisant passer les problématiques intéressantes au second plan.Y compris le personnage même, pourtant central, d'Arisa, ses capacités, l'avancée technique et la menace qu'elle représente. Le robot, paradoxalement, passe parfois au second plan.

Il n'y a pas que des personnages féminins qui auraient pu être virés ou améliorés: Igor, Alexei, le grand père, le flic qui est assassiné, une bonne partie des liquidateurs ne sont pas assez bien développés pour être intéressants. Egor est assez tête-à-claque, comme peut l'être un ado de 16 ans entre en père à la dérive et une mère poule.
Le copain d'Egor et son père et son robot sexuel, les petits harceleurs du collège, le nouveau mari ne servent à rien du tout.

Pourtant, il y en a que j'aime bien: Janna et Bars, ou plutôt leur relation frère-soeur, Gueorgui ( le mec malchanceux à qui tout arrive et surtout le pire mais qui garde une philosophie de vie à la limite du masochisme) ou même Arisa et ses réactions robotiques, Varlamov, Gleb le mafieux .. ceux-ci sont mieux développés et donc plus intéressants.

A surveiller: l'acteur Aleksandr Kouznetsov (Bars, le punk qui arbore de magnifiques tatouages.. entièrement faux. Apparemment ce sont des motifs collés au pinceau, ça doit chatouiller) Dans tout le casting, il sort du lot: je le trouve très bon, et je pense qu'on reverra assez souvent sa bonne tête et son nez de boxeur.
Enlever quelques personnages secondaires, limiter les intrigues parallèles et rester plus centré aurait été mieux. Mais là, la série veut faire tenir en 16 épisodes une matière trop dense, développer trop d'intrigues et le résultat est curieux: parfois on s'y perd entre qui est qui, qui fait quoi ( franchement j'ai cru un moment que Lara et l'assistante d'Igor étaient une seule et même personne, non, elles sont deux) et par moment de trop longs dialogues sur ces sous-intrigues qui donnent l'impression que le rythme s'enlise. Ca va trop vite et.. pas assez!

Et les derniers épisodes sont un peu mous, d'autant qu'ils laissent une bonne place à la peu intéressante Lara au détriment des autres. Mais bon, quelqu'un au scénario a du se dire" faut finir par une histoire sentimentale, le héros est divorcé et médecin, collons -lui une malade célibataire dans les pattes ". A tout les coups, le personnage a été rajouté tardivement en cours de route quand ils se sont rendu compte qu'il n'y aurait pas d'histoire d'amour, et que ça manquait de bons sentiments d'où ce côté cheveu sur la soupe.
Et la toute fin, genre les 10 dernières minutes, c'est vraiment la flemme absolue (ho purée on a laissé en plan nos personnages, y compris ceux dont tout le monde se fout vite " 3 mois plus tard, que sont-ils devenus..." Genre, tu vas me faire croire que la gamine qui a été abandonnée par sa mère, ne l'a jamais vue, a été élevée toute sa vie par sa grand-mère en croyant qu'elle était sa mère, va en 3 mois non seulement avoir encaissé le coup, accepté les mensonges de sa mère et sa grand-mère et tout le toutim? Un coup à être en thérapie jusqu'à ses 45ans, oui!)
Donc fin à oublier. Trop cucul-la-praline.

Donc des personnages et des pistes intéressants, qui sont un peu délaissés sans aller jusqu'au bout de leur potentiel ( genre "le flicage", tout le monde porte un bracelet électronique qui sert de tout et transforme ton bras en surface cliquable : terminal pour commander sur internet, téléphone, alarme, gps... et tout le monde trouve ça normal)

oui, tu peux même payer tes amendes comme ça... les flics te font banquer et la banque te flique
Mais voilà malgré tout, c'est un réel plaisir que d'avoir vu une série russe, en VO avec ho miracle des sous-titres bien faits et quasiment sans fautes, même s'ils sont trop polis, mettant systématiquement du vouvoiement quand il n'y en a pas. Ces mafieux russes sont décidément très policés.
Et non, твою мать! ne signifie pas gentiment " et merde..." Techniquement c'est " ta mère!" ( oui, on l'a aussi en français) souvent employé comme " va te faire...! ( faire ce que vous voulez, laissez parler la créativité).

Et ce n'est pas comme on pourrait le croire une simple copie de Akta Manniskor. Il y a un côté plus politique, basé sur la corruption, et un angle policier. Là où la série suédoise abordait les choses d'un point de vue social. c'est différents et par bien des points, Akta Manniskor est beaucoup plus réussie.
Mais celle -ci a réussi à m'accrocher avec ses défauts, et son casting de gens normaux ( pas de super canon hormis la parfaite et inhumaine femme robot. D'ailleurs l'actrice, Paulina Andreeva, est très bien et n'humanise jamais trop son personnage qui reste raide et.. robotique. Je suis curieuse de la voir dans une rôle plus " vivant "maintenant. Les autres ont soit des tronches patibulaires, soit des têtes ... normales. Oui, j'ai vu des commentaires sur Allociné qui se plaignaient de ça.)

Alors qu'après 3 épisodes j'ai laissé Westworld en plan faute de temps, sans être spécialement pressée de le reprendre.J'essaierai de la reprendre quand j'aurais plus de temps et demotivation pour écouter un peu d'anglais.

Ceci dit je n'en ai pas fini avec cette série, j'ai encore des pistes pour l'exploiter. Puisqu 'évidemment, mon objectif premier reste linguistique,ce qui aide à mieux passer sur les défauts de la série.

Je n'ai pas Netflix, je l'ai vue en squattant le compte de quelqu'un. Ceci dit, je vais probablement prendre le mois gratuit, près mes partiels, le temps d'utiliser un " truc" proposé ici par Lauriane. On verra si par la suite d'autres programmes russes ou allemands y apparaissent. Pour le moment, il y en a trop peu pour me motiver à m'y abonner.

Apprendre une langue grâce à Netflix ( malheureusement ça ne fonctionne qu'avec netflix et chrome)



samedi 21 septembre 2019

L'homme qui ne dormait pas - Aleksandr Beliaev

Je continue ma découverte des auteurs et livres totalement inconnus de moi, mais disponibles gratuitement sur la bibliothèque russe et slave en ligne.

Cette fois, il ne s'agit pas d'une vielle traduction, mais probablement d'une traduction amateur, récente faite tout spécialement pour cette édition numérique. Donc elle est parfois bancale, il y a quelques fautes de frappe, des mots qui manquent.. mais rien de bien grave.en tout cas, elle ne sent pas le vieillot, le poussiéreux et c'est déjà très bien.

Je n'ai pas de couverture, donc, Sacha* et sa moustache si typique de la mode des des années 1910
Livre ici en ligne, mais également téléchargeable sur le site de la bibliothèque slave.

Donc de quoi s'agit-il? D'une longue nouvelle en plusieurs chapitres, qui part sur une bonne idée, est très ambitieuse, mais.. se conclut hélas en eau-deboudin.
Tout commence à Moscou, pendant l'entre deux guerres, par des disparitions de chiens. Le coupable est très vite démasqué, il s'agit d'un dénommé professeur Wagner, scientifique discret qui est en train de développer un remède contre le sommeil et la fatigue. L'affaire d'enlèvement de chiens - qui lui servent de cobayes, on n'est pas exactement dans une époque très préoccupée parle bien-être animal, etle chef d'inculpation est plus le vol de biens que la cruauté envers animaux -  attire l'attention sur ses recherches et lui vaut une soudaine notoriété , des crédits pour ses recherche, le matériels, etc...L'homme a , en effet, développé un médicament contre le sommeil qu'il considère comme une maladie. Un cachet par jour et tout un chacun sera débarrassé de du besoin de dormir, mais également de la fatigue qui empêche son évolution. Imaginez: on pourrait passer la moitié de son temps à travailler et l'autre, libérée du sommeil, à s'instruire.

Ce cachet intéresse donc grandement à la fois l'URSS et l'Allemagne ( au mains d'une organisation politique nommée " dictateur", toute ressemblance, blablabla...), qui y voient la clef pour obtenir une armée infatigable et inarrêtable. Une manne pour un gouvernement désireux de dominer le monde.
Le professeur est donc enlevé par l'Allemagne, qui va le forcer à produire sa substance en masse, distribuée aux élites et aux travailleurs -sans que le scientifique , coupé du monde, ne sache ce qui se passe réellement- avec un effet.. totalement contraire à celui attendu: les travailleurs et les élites ne passent pas leur temps libéré à s'instruire, mais plutôt à festoyer et picoler, entrainant une pagaille sociale monstrueuse, car le prolétariat, au chômage, ou trop pauvre pour se procurer le médicament, sont les seuls à dormir encore d'un sommeil naturel.
Et s'avèreront les seuls à se réveiller normalement lorsque le professeur, pour s'enfuir, distribuera en douce à ses ravisseurs une formule soporifique...

Don, tout ça est intéressant: une invention géniale et potentiellement décisive pour l'avenir de l'humanité ( mais qui comme toujours, détournée de son but par la politique politicienne, va aboutir à une catastrophe), un savant un peu fou, un enlèvement, la lutte des classes... et une conclusion totalement foirée.

SPOILER:le héros, seul réveillé dans un pays endormi exception faite des prolétaires, va réussir à s'enfuir avec deux d'entre eux, rentre en Russie et..rideau. Fin.
Pas un mot sur ce qui advient ensuite, au réveil des élites allemandes, des ravisseurs qui vont voir leur involontaire collaborateur envolé, leur pays saccagé par des casseurs, les citoyens blessés ou morts car tombés endormis n'importe où y compris sur la chaussée devant un bus dont le chauffeur se sera aussi endormi...),et la guerre qui devrait s'ensuivre, ou au moins, la vengeance de l'URSS face à l'Allemagne " dictatoriale"qui avait nié cet enlèvement. Le retour du héros qui pourrait prendre en compte les dangers de sa formule, capable de générer un chaos sans nom si elle est mal utilisée, ou si elle vient à manquer..
Là non, il rentre chez lui avec ses nouveaux amis. Point.


Tout ça, pour ça. Je veux dire, c'est qu'il y a tellement de pistes lancée, de matière à une réflexion riche, que ça m'agace prodigieusement de voir l'auteur ne pas les exploiter et ne pas aller jusqu'au bout de sa réflexion.

Mais bon je conçois:auteur de SF soviétique, entre deux guerres, ce n'était pas la meilleure situation pour aller jusqu'au bout, et son texte a probablement été caviardé ou on lui aura peut-être gentiment demandé de ne pas passer les bornes de la Sibérie.
En tout cas vraiment dommage parce que j'avais bien accroché à ce mélange SF/espionnage industriel qui commençait bien.

Ah, et c'est encore un auteur qui aurait eu sa place dans le challenge nécro: mort de faim pendant la guerre .
J'espère tellement une résurrection de ce challenge!

( bon il n'est pas encore au niveau de Daniil Kharms: auteur de littérature de l'absurde , doté d'une gueule de revenant, et mort de faim à 36 ans dans un asile pour aliéné, où il s'était fait interner de lui-même , en se faisant passer pour fou, pour échapper à la mobilisation forcée car il était antimilitariste convaincu. SUPER COMBO DE LA MORT!)

* Point culture: Sacha est l'un des nombreux diminutifs courants du prénom Aleksandr. Les prénoms russes ne sont quasiment jamais employés dans leur forme entière hors administration, ou édition, ou demande expresse de la personne , mais couramment remplacés par un u des diminutifs. Aleksandr devient ainsi Sacha - ce ne sont pas deux prénoms distincts dans le monde slave-,mais aussi Sania, Choura, Chourik, Aleks, et d'autres encore plus hypocoristiques ( Saniouta, Sachenka, Chourienka...)