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samedi 21 septembre 2019

L'homme qui ne dormait pas - Aleksandr Beliaev

Je continue ma découverte des auteurs et livres totalement inconnus de moi, mais disponibles gratuitement sur la bibliothèque russe et slave en ligne.

Cette fois, il ne s'agit pas d'une vielle traduction, mais probablement d'une traduction amateur, récente faite tout spécialement pour cette édition numérique. Donc elle est parfois bancale, il y a quelques fautes de frappe, des mots qui manquent.. mais rien de bien grave.en tout cas, elle ne sent pas le vieillot, le poussiéreux et c'est déjà très bien.

Je n'ai pas de couverture, donc, Sacha* et sa moustache si typique de la mode des des années 1910
Livre ici en ligne, mais également téléchargeable sur le site de la bibliothèque slave.

Donc de quoi s'agit-il? D'une longue nouvelle en plusieurs chapitres, qui part sur une bonne idée, est très ambitieuse, mais.. se conclut hélas en eau-deboudin.
Tout commence à Moscou, pendant l'entre deux guerres, par des disparitions de chiens. Le coupable est très vite démasqué, il s'agit d'un dénommé professeur Wagner, scientifique discret qui est en train de développer un remède contre le sommeil et la fatigue. L'affaire d'enlèvement de chiens - qui lui servent de cobayes, on n'est pas exactement dans une époque très préoccupée parle bien-être animal, etle chef d'inculpation est plus le vol de biens que la cruauté envers animaux -  attire l'attention sur ses recherches et lui vaut une soudaine notoriété , des crédits pour ses recherche, le matériels, etc...L'homme a , en effet, développé un médicament contre le sommeil qu'il considère comme une maladie. Un cachet par jour et tout un chacun sera débarrassé de du besoin de dormir, mais également de la fatigue qui empêche son évolution. Imaginez: on pourrait passer la moitié de son temps à travailler et l'autre, libérée du sommeil, à s'instruire.

Ce cachet intéresse donc grandement à la fois l'URSS et l'Allemagne ( au mains d'une organisation politique nommée " dictateur", toute ressemblance, blablabla...), qui y voient la clef pour obtenir une armée infatigable et inarrêtable. Une manne pour un gouvernement désireux de dominer le monde.
Le professeur est donc enlevé par l'Allemagne, qui va le forcer à produire sa substance en masse, distribuée aux élites et aux travailleurs -sans que le scientifique , coupé du monde, ne sache ce qui se passe réellement- avec un effet.. totalement contraire à celui attendu: les travailleurs et les élites ne passent pas leur temps libéré à s'instruire, mais plutôt à festoyer et picoler, entrainant une pagaille sociale monstrueuse, car le prolétariat, au chômage, ou trop pauvre pour se procurer le médicament, sont les seuls à dormir encore d'un sommeil naturel.
Et s'avèreront les seuls à se réveiller normalement lorsque le professeur, pour s'enfuir, distribuera en douce à ses ravisseurs une formule soporifique...

Don, tout ça est intéressant: une invention géniale et potentiellement décisive pour l'avenir de l'humanité ( mais qui comme toujours, détournée de son but par la politique politicienne, va aboutir à une catastrophe), un savant un peu fou, un enlèvement, la lutte des classes... et une conclusion totalement foirée.

SPOILER:le héros, seul réveillé dans un pays endormi exception faite des prolétaires, va réussir à s'enfuir avec deux d'entre eux, rentre en Russie et..rideau. Fin.
Pas un mot sur ce qui advient ensuite, au réveil des élites allemandes, des ravisseurs qui vont voir leur involontaire collaborateur envolé, leur pays saccagé par des casseurs, les citoyens blessés ou morts car tombés endormis n'importe où y compris sur la chaussée devant un bus dont le chauffeur se sera aussi endormi...),et la guerre qui devrait s'ensuivre, ou au moins, la vengeance de l'URSS face à l'Allemagne " dictatoriale"qui avait nié cet enlèvement. Le retour du héros qui pourrait prendre en compte les dangers de sa formule, capable de générer un chaos sans nom si elle est mal utilisée, ou si elle vient à manquer..
Là non, il rentre chez lui avec ses nouveaux amis. Point.


Tout ça, pour ça. Je veux dire, c'est qu'il y a tellement de pistes lancée, de matière à une réflexion riche, que ça m'agace prodigieusement de voir l'auteur ne pas les exploiter et ne pas aller jusqu'au bout de sa réflexion.

Mais bon je conçois:auteur de SF soviétique, entre deux guerres, ce n'était pas la meilleure situation pour aller jusqu'au bout, et son texte a probablement été caviardé ou on lui aura peut-être gentiment demandé de ne pas passer les bornes de la Sibérie.
En tout cas vraiment dommage parce que j'avais bien accroché à ce mélange SF/espionnage industriel qui commençait bien.

Ah, et c'est encore un auteur qui aurait eu sa place dans le challenge nécro: mort de faim pendant la guerre .
J'espère tellement une résurrection de ce challenge!

( bon il n'est pas encore au niveau de Daniil Kharms: auteur de littérature de l'absurde , doté d'une gueule de revenant, et mort de faim à 36 ans dans un asile pour aliéné, où il s'était fait interner de lui-même , en se faisant passer pour fou, pour échapper à la mobilisation forcée car il était antimilitariste convaincu. SUPER COMBO DE LA MORT!)

* Point culture: Sacha est l'un des nombreux diminutifs courants du prénom Aleksandr. Les prénoms russes ne sont quasiment jamais employés dans leur forme entière hors administration, ou édition, ou demande expresse de la personne , mais couramment remplacés par un u des diminutifs. Aleksandr devient ainsi Sacha - ce ne sont pas deux prénoms distincts dans le monde slave-,mais aussi Sania, Choura, Chourik, Aleks, et d'autres encore plus hypocoristiques ( Saniouta, Sachenka, Chourienka...)

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