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mardi 6 octobre 2026

The Witch and the Saint ( pièce orchestrale) - Steven Reineke

Voilà donc le fameux morceau que nous allons jouer en harmonie. Ce n'est pas tout à fait cet arrangement là, mais au mins ça me donne une idée plus précise de ce qu'on doit arriver à faire. 


Je n'avais jamais entendu ce morceau avant, je n'avais même jamais entendu parler de lui ni du compositeur. En tout cas il a été composé pour instrument à vents et percussions, donc ça doit sonner plutôt bien.

C'est assez intéressant, il s'agit d'une interprétation musicale d'un roman récent de l'autrice Ulrike Schweikert, " Die Hexe und die Heilige" qui signifie exactement la même chose en allemand, donc la sorcière et la sainte. Il va sans dire que je ne connais pas non plus le roman, mais d'après les pages en allemand que j'ai pu trouver ( vous voyez, ça sert à quelque chose d'apprendre les langues) le sujet en est la chasse aux sorcières à Ellwangen dans le Baden-Wurtenberg entre 1588 et 1618. 
Il suit la vie très différents de deux soeurs jumelles, nées dans une famille marchande, Helena et Sybilla. comme les jumelles sont supposées porter malheur. Lorsqu'elles ont 5 ans, elles ont la prémonition de la mort de leur père et ni une ni deux, la mère envoie Helena dans un couvent. Une bouche de moins à nourrir. Comme leur vie devient compliquée, Sybilla devient apprentie chez une sage-femme. comme elle est douée elle est requise par le bailli local pour, dixit le résumé en allemand "débarrasser sa fille d'un fardeau indésirable", avant de devenir proche confidente du bailli qui apprécie son caractère original. 
Mais en période de chasse aux sorcières, même si c'est le père qui l'a engagée pour l'avortement, elle sait trop de choses sur leur famille, et bien évidemment il ne fait rien pour l'aider lorsque l'Inquisition l'arrête.
Forcément être une femme, originale, avec des connaissances médicales et avoir une soeur jumelle en pleine période et en pleine région de chasse aux sorcières, c'est mal parti. 
Mais autant dire que ça me tente bien. D'autant que le résumé ne dit rien de ce qu'il advient d' Helena.

Je vois que l'autrice a également écrit une série policière en 3 tomes " Vampir Peter Borgo  und Komissarin Sabine Berner" où une policière enquête en compagnie d'un vampire âgé de 350 ans. Ca peut être assez marrant, mais ça n'est pas traduit en français. Ses autres séries sont plus axées fantasy et fantasy jeunesse., et apparemment certaines ont été traduites en anglais et en espagnol, mais pas en français. 

En tout cas pour la pièce musicale, c'est intéressant de voir que l'auteur a utilisé des références au chant grégorien pour évoquer la sainte et aux rythmes de danse pour évoquer la sorcière.
La partie très rythmique va êtres très sympa à jouer avec ses mesures à 5 et 7 temps typique de la musique folklorique d'Europe centrale ( la mesure à 5 temps est nommée Rythme Bulgare par Bela Bartok, mais elle existait aussi dans la musique médiévale profane française et donc allemande.
C'est bien vu. Les rythmes impairs (hors le 3 temps) étaient absolument absent de la musique religieuse, le 4 étant la perfection mathématique (représentée par un cercle qui par évolution graphique a donné le chiffrage actuel C pour la mesure à 4 temps, le 2 étant un demi rond, devenu un C barré), et le 3 la trinité, le 2 passe encore puisque c'est pair, donc régulier. Par contre du 5, du 7 du 9 temps, pas de rythme profane dans l'église.
Il existe pourtant encore des danses populaires du Sud de l'Allemagne et de Suisse en 5 temps ( 5 /8 ici), comme le Zwiefacher et je laisse à ceux et celles qui dansent le plaisir d'essayer d'imaginer ça avant d'essayer de ne pas s'embroncher sur leurs propres pieds ( c'est le genre de prouesse dont je suis capable)

Donc c'est une bonne idée que d'alterner entre rythme sacré et profane pour évoquer les deux soeurs aux activités opposées. 


lundi 22 juin 2026

In Memoriam David, Keith, Greg, Pete et George

 Il était inconcevable pour moi de passer le mois anglais 2026 SANS faire un petit sujet musical dédié à ceux qui me manquent beaucoup depuis 2016. 
Trois anglais en particulier, même s'ils sont loin d'être les seuls a avoir tiré leur révérence pendant cette horrible année 2016. Brr rien que d'y repenser...

Evidemment, le premier par ordre de heu.. disparition, c'est David Bowie

L'an dernier , j'avais sélectionné Ziggy Stardust parmi les 5 disques que j'ai mis en avant, je voulais cette fois selectionner Hunky Dory qui est énorme. 
Oui, mais..
Ca m'obligeait à laisse de côté quelques titres issus d'autres disques que pourtant je kiffe.
Donc c'est parti pour mon top 5 personnel, parce que

Pas forcément dans l'ordre, voilà mon podium, qui ne sera pas très original.

N°1 Life on Mars? 1971 extrait de Hunky Dory ( comme quoi)


Cette chanson est aussi dingue que l'histoire de sa création. En 1968, David Jones, jeune chanteur prometteur , se voit confier une adaptation en anglais de "Comme d'habitude". Mais sa proposition ne convainc pas les auteurs français qui refilent le projet à Paul Anka, lequel en fait un tube planétaire, en particulier dans la version de Frank Sinatra. David l'a mauvaise, ça se comprend, il se venge donc avec une autre chanson qui reprend la même suite d'accords , avec quelques petites subtilités, et qu'il conçoit comme "une version parodique de My Way" ( et donc de Comme d'habitude, aux paroles absurdes, qui parle littéralement d'une fille dingue de cinéma, mais qui est déçue par des scénarios trop répétitifs.. Bon, c'est donc bien une question d'ennui et d'habitude, si on veut)
Mais avec Rick Wakeman de Yes à la partie piano, et l'arrangement de cordes de Mick Ronson ( pourquoi c'était une première, le gars est bon!) quelle pépite.


Et qui d'autre pouvait garder un charisme certain avec une coupe mulet rousse, un épais maquillage bleu vif, un costume bleu pastel, une cravate rayée de rouge et en insistant sur sa particularité physique - en même temps il aurait eu tort de se priver, il avait des yeux splendides.

N°1ex aequo - Space Oddity 1969 extrait de David Bowie. 

 Je ne peux pas la mettre en 2° c'est impossible et surtout dans sa version acoustique de 1972.  Sujet spatial ( ha, la bonne époque où on pouvait faire autre chose que des chansons d'amour et/ ou de rupture) et pari réussi, puisque la musique me fait totalement planer. Je ne suis pas assez versée en harmonie pour décrypter ce qu'il s'y passe mais ces accords sont aériens, ce qui est un paradoxe, puisqu'il n'y a pas d'air dans l'espace et c'est bien le problème du Major Tom qui est en fâcheuse posture suite à une défaillance des circuits, mais prend son sort avec philosophie. Tant qu'à mourir,  autant que ce soit en regardant la planète bleue.


et c'est peut-être ce risque que l'astronaute canadien Chris Hadfield avait en tête lorsqu'il a interprété la chanson dans l'ISS, en faisant donc la première chansons enregistrée dans l'espace en 2013. Avec une petite modification: Major Chris n'a pas de problème de circuits, mais sa mission est finie et il doit redescendre sur terre. Un pur moment de poésie, suspendu dans l'espace.

Apparemment la société de production  qui possédait les droits a voulu faire retirer la vidéo au bout d'un an, pour une question de copyright limité à un an, et ce malgré la volonté de Bowie qui a adoré cet hommage, de la laisser accessible en ligne sans payer de droit. Etrangement c'est une des seules chansons de  Bowie dont il ne détenait pas les droits. La vidéo a disparu, a été remise en ligne.. et est toujours visible, donc ils ont du finir par accepter que l'enregistrement ait tellement marqué les mémoire et reste public. Ce serait dommage de priver les terriens de cette merveille.
Et Chris Hadfield est au passage un type très drôle et excellent vulgarisateur scientifique.

N°3: The Man who sold the World ( 1970, extrait de The Man who sold the World.
Et c'était la face B de la version 45 tours de Life o Mars?
Quand ta face B est meilleure que les faces A de la plupart de tes contemporains :D
Et là encore, on est loin de la chansonnette d'amour, c'est une ambiance fantastique où un personnage rencontre son double.. ou son vrai moi, duquel il s'est éloigné.




Là encore j'ai une préférence ( minuscule) pour la très bizarre version live avec le regretté Klaus Nomi en choriste de luxe. Et la bizarrerie des costumes ajoute à la musique hypnotique ( étrangement coupé en petit bouts ici...mais qui met en avant la qualité de narrateur de David, qui décidément aime raconter des histoires dans ses chansons.

4 - The Jean Genie 1972, extrait de Aladdin Sane.
J'avoue que c'est aurant pour la chanson que pour l'anecdote qui va avec. L'affaire "Comme d'habitude" a montré les liens de Bowie avec la culture française, the Jean Genie confirme.
Pour les français que nous sommes, le riff d'intro est familier.. et pour cause c'est une citation presque note pour note de La fille du père Noël de Jacques Dutronc.
Mais ce côté bluesy me plait énormément 


5 - Heroes , 1977, extrait de Heroes. Forcément quand David bosse avec Brian Eno et Robert Fripp, c'est un tube irrésistible. Et dédicace à mon collègue Loïc, un peu plus jeune que moi, qui découvre ou redécouvre des chansons qui lui étaient un peu passées au dessus via Stranger Things. Je n'aime pas les séries , donc je ne l'ai pas suivie, mais j'ai vu que ka BO était aux petits oignons, et donc si ça permet de faire écouter ou réécouter des la bonne zique à une auditoire plus large, c'est toujours bon à prendre!


Je disais précédemment que j'aimais bien la voix de untel ou untel. David Bowie, paradoxalement n'a pas une voix que je trouve mémorable, MAIS c'est tous le reste qui compte: son talent multi dimensionnel, en tant qu'auteur-compositeur, acteur, et son audace veisuelle. Le genre au delà des modes, donc.. indémodable. C'est bien simple quand je vois sur un média quelconque des gens pousser les hauts cris " Holala Machin est arrivé en robe sur un plateau télé, quel scandale!" ma réaction est 9 fois sur dix " mouais, rien de nouveau, David Bowie l'a fait i y a 50 ans et avec beaucoup plus de classe" :D

Allez, encore une vidéo, mais là, c'est un montage de divers enregistrements vidéos sur la piste du disque,   puisqu'à ma connaissance ils n'ont a pas chanté ensemble sur scène, mais comment passer à côté d'Under pressure:
N° Inclassable parce que David Bowie ET Freddie Mercury quand même :)


Et les Deuximes et 3 sont indissociables puisqu'il s'agit de Keith Emerson ( mort le 11 mars 2016) et Greg Lake ( le 7 décembre 2016). Deux personnes d'un même trio la même année, punaise,c 'est raide...
Keith Emerson s'est malheureusement suicidé suite à des dégâts irréparables à une main, autant dire la fin de tout pour un pianiste.n Même si je trouve ça triste, dans le fond, je peux comprendre. Greg Lake est lui mort d'un cancer, mais je pense que la disparition en début d'année de son pote a été un très sale coup pour lui.
Donc, un double hommage, je disais dans le précédent sujet musical que je mets facilement Greg Lake dans mon top 5 des belles voix du rock, vous allez vite comprendre pourquoi. 
De plus, tous deux et Carl Palmer étaient déjà des musiciens phénoménaux avant de former ce qui est considéré comme le premier super groupe de l'histoire. Donc des pointures, dotés d'une solide culture à la fois classique, rock, jazz...

Là encore, juste des morceaux que j'aime bien ou dont je pense qu'ils sont représentatifs de ce pourquoi je kiffe ces musiciens
Keith Emerson en piano duo avec la légende du piano Jazz Oscar Peterson, ça swingue de malade! ( avec Carl Palmer aux fûts en plus :D)

 

Rondo ( 1971), juste parce que c'étaient les années 1970, et que Keith Emerson s'éclatait sur scène à chercher les sons les plus bizarres possibles en retournant son clavier, en jouant à plat dos, en coinçant des couteaux entre les touches, grimpe dessus. Et c'est ça aussi que j'aime, on a beau connaître les versions studio, déjà bien barrées, visiblement sur scène c'était l'inattendu qui pouvait surgir à tout moment. Ceci dit le clavier, c'est de la qualité, il fonctionne encore après! ( ceci dit, cette séquence d'attaque à main armée est , je pense mûrement planifiée et réfléchie, il a l'air de savoir très exactement où coincer les lames et le côté spectaculaire a dû être longuement préparé en amont)


Allez, un peu de trio ( où l'on découvre d'où vient l'énergie colossale de Keith: dopage, il a une bouteille de rouge, et p'têtre même un sandwich sur le côté du clavier et ça me fait marrer. Et ce qui en ressort, c'est que à l'opposé de l'image très sérieuse que peut avoir le Rock Prog' vu depuis 2021, c''est une musique fun. Ici, pleine de références musicales, et les musiciens s'amusent. Vraiment. Surtout Greg avec sa basse qui a vraiment l'air de passer un excellent moment.

Donc Greg Lake, je vous ai dit que je le classais parmi les plus belles voix du rock, mais là, il n'a fait que jouer de la basse. Maintenant, voilà pourquoi je trouve que ce monsieur était vraiment hors du lot. Il était aussi à l'aise en trio sur des rythmes endiablés que seul sur une grande scène, avec une guitare 12 cordes et sa voix, devant une foule monstrueuse. Et arriver à être détendu quand on est musicalement à poil devant tout le monde et à ce que cette foule l'écoute fascinée ce n'est pas donné à tout le monde. c'est la vidéo que je choisis en général pour faire entendre aux gens le son si riche de la guitare à 12 cordes ( puisque là il passe ensuite à la 6 cordes plus courante)
Et en tant que chanteuse amatrice, je suis épatée de le voir mâcher un chewing gum en chantant sans que ça en s'entende  - ou qu'il ne s'étrangle!. I y a une raison: il chante en plein été, en extérieur, en Californie dans un climat très sec, et c'est une nécessité pour ne pas avoir la bouche trop sèche ( j'ai vu Pavarotti le faire aussi..). Et cette version acoustique est bien meilleure à mes oreilles que celle du disque.

On touche là du doigt exactement la raison pour laquelle je ne peux pas accrocher à la majeure partie de la musique et des chanteurs actuels. On a là quelqu'un qui a une voix presque parfaitement juste ( tout est dans le presque), modulée, riche en harmoniques, qui peut facilement passer du pianissimo au forte, en bref une voix expressive que toute tentative "d'amélioration" par autotune rendrait peut être parfaitement juste, mais surtout artificielle et fade. C'est dans les imprécisions que réside le côté humain.

Et donc, juste après cette voix pure et cristalline comme un lac anglais ( oui, je ne pouvais pas ne pas faire un jeu de mots sur ce nom, il fait si chaud ces jours-ci..), le même chanteur. Si, si...voilà pourquoi je disais qu'il sortait du lot. 

Allez, Hop, un autre ballade, réinterprétation prog rock des Tableaux d'une exposition de Moussorgsky... juste histoire d'enfoncer le clou sur l'expressivité et la richesse harmonique de la voix. Magique!
Dans les commentaires quelqu'un indique que la partie centrale est un morceau d'études intitulé Lagrima de  Francisco Tarrega, souvent appris au niveau intermédiaire en cous de guitare classique. et donc on a un guitariste de rock anglais qui glisse un morceau espagnol d'examen de conservatoire en guitare classique au milieu d'une pièce adaptée d'un compositeur classique russe. J'aime cet état d'esprit éclectique.

Hop, encore autre chose. Keith Merson joue de la harpe sur les cordes de son piano, on rajoute une nappe sonore de basse, quelque pling pling subtils de cymbale, un peu de jazz, un peu de contemporain, un peu d'ambiance hippie, un peu de country, le piano qui pour moi évoque bien des petits galets dans une rivière, la petite citation inattendue de la Marseillaise, l'impro dans la bonne humeur... ces gens aiment ce qu'ils font, s'amusent et en tant que spectatrice, je kiffe!

A part ELP; Greg Lake a aussi officié en tant que chanteur et bassiste pour King Crimson, et non seulement j'aime beaucoup le disque in the Court of the Crimson King, mais en particulier I talk to the Wind, le duo vocal, la flûte, la clarinette, la batterie discrète, le vibraphone, c'est un bonheur ce morceau. audio parce que c'est vraiment cette version que j'aime le plus.

Pour l'anecdote, il y a une chose que j'aime bien faire, depuis que j'ai eu un walkman dans les années 1990 c'est écouter de la musique que me promenant. avant l'avènement du mp3, on était limités par la radio et les cassettes. Depuis, c'est beaucoup plus simple de trouver LE morceau qui convient à un moment précis. Et donc celui -ci je l'ai écouté un jour de décembre 2007, en voyage à Londres, à la nuit tombée lors d'une promenade en bateau sur la Tamise. C'est depuis tellement imbriqué dans ma tête, que l'écouter me procure à chaque fois la même sensation de joie et de tranquillité absolue, de fraîcheur de l'air, de crépuscule. Parfait pour cette étouffante soirée.

Et puisque je parle de décembre Greg Lake a aussi signé une ses seules chansons de Noël ( ou plutôt d'anti Noël, vu les paroles), que je tolère. Sa voix, sa guitare et la teneur un peu hippie et un peu sarcastique du texte y sont pour beaucoup. Sa bonne bouille de lutin très chou aussi, franchement ce gars-là a eu l'air jeune pendant très longtemps.



Et bien sûr pour le mentionner, Carl Palmer le batteur est toujours vivant, en forme ( vu le sport qu'il fait!) et toujours un méga crack de la batterie.

Après je mentionne plutôt pour la forme Pete Burns de Dead Or Alive ( mort en octobre 2016) et George Michael  ( décembre 2016), bien que je n'étais pas spécialement fan de l'un ni de l'autre. J'avais plein de pote dans les années 90 qui adoraient George Michael, et bien que je reconnaisse son talent, je n'ai jamais accroché plus que ça à son style musicale, à part peut être Killer/Papa was a Rolling Stone, Faith pour son mélange de musique religieuse et pop rock, et quelques trucs de l'époque Wham! C'est très festif, mais pas spécialement ce que j'écoute souvent . Faudra que je l'écoute plus attentivement pour voir si ça passe mieux qu'avant.

dimanche 21 juin 2026

Fête de la musique, spéciale GB!

 Cette année, je n'ai pas fait de sujet spécifique type " album de la semaine", ni focus sur un groupe ou un musicien, j'ai gardé pour aujourd'hui la sélection musicale de ces derniers jours.
Et comme il fait trop chaud pour sortir écouter des concerts, mais vraiment trop chaud . Dédicace spéciale aux gens qui participent au Hellfest depuis jeudi. Franchement un programme avec Deep Purple, Iron Maiden et Alice Cooper, j'aurais surkiffé. Donc je me suis fait ces jours-ci mon mini festival rock/ metal en écoute 

Donc si ça vous tente, voilà ce qu'il y avait dans mes oreilles ( du moins la sélection britannique) ces jours ci:

Juste parce que Judas Priest est le premier dans la liste et que le look " père Noel à clous" de Rob Halford ces temps -ci m'éclate énormément. Rock on!
Bonus, ça me fait particulièrement plaisir de mettre en avant quelqu'un qui a réussi a se sortir de l'alcool et de la drogue. C'est une cause ultra-importante pour moi, et j'aime mentionner des exemples de gens qui ont réussi parfois en revenant de très loin, plusieurs proches et amis n'ont pas voulu reconnaître ce problème à temps et n'ont pas même cherché à s'en sortir puisque " je m'arrête quand je veux, je ne bois/ fume pas tant que ça" (1 litre de rouge par jour et 3 paquets de clopes, c'est " peu"?). 
Et si on peut soutenir quelqu'un dans sa démarche, personne ne peut la faire à sa place.  Bravo,Rob!


Judas Priest, Killing Machine ( heavy metal, 1978), un groupe de Birmingham que j'ai en fait assez peu écouté . Je connaissais surtout British Steel, leur opus suivant et leur plus gros succès. Killing Machine est sympa, mais sonne par moment très Deep Purple, Led Zep ou Black Sabbath. Je pense que ça vient pour beaucoup de la voix de Rob Halford ( un excellent chanteur au demeurant) qui par moment sonne très proche de celle de Ian Gillan, et des orchestrations très .. ben seventies. C'est particulièrement sensible sur le 1° titre " delivering the goods" (si je l'avais entendue à la radio, j'aurais pensé que c'était Gillan ou Rbert Plant) Et c'étaient encore leurs débuts, ils cherchaient forcément leurs marques et sonnaient un peu comme leurs modèles - et il y a pire comme modèle que Deep Puple ou Led Zep.

ELP : Brain Salad Surgery ( rock prog 1973), trio formé à Londres, et considéré comme un des premiers supergroupes vu le niveau de dingue de chaque musicien. 
J'adore ce disque qui est véritablement une expérience. Une chose qui m'éclate particulièrement, c'est de voir des gens du XXI ° siècle faire un vidéo réaction sur leur première écoute, et se demander " est-ce que j'étais prêt pour ça?". La réponse est non. On n'est jamais totalement préparé à une première écoute de ELP. Brain Salad Surgery est loin d'être le disque le plus facile d'accès, mais en même temps, autant se frotter directement à la difficulté. Il m'a fallu plusieurs écoutes avant d'arriver à comprendre la logique de cet OVNI, et c'est maintenant un de mes disques favoris, précisément parce qu'il m'a donné du fil à retordre au début 
Et la voix de Greg Lake 💓. Je disais que Rob Halford Chante bien, je parlais de Robert Plant et Ian Gillan, j'adore celle de Steve Perry, ou Meat Loaf,tous dans des genres variés. Mais Greg Lake rentre dans mon top 5 vocal rock avec Prince, Bruce Dickinson, et Freddie Mercury ( je laisse la 5° place libre, au gré de mes envies) c'est dire.

Whitesnake - Trouble ( blues rock, 1978): en l'honneur de David Coverdale qui a officiellement pais sa retraite musicale l'an dernier. Ca ne pouvait qu'être bon avec Jon Lord ( clavieriste de Deep Purple, et pilier du groupe:  pour moi c'était LUI le responsable de la patte Deep Purple, et forcément ça se répercute sur Whitesnake) et  D Coverdale qui a aussi chanté dans Deep Purple.

The Toy Dolls - Dig that groove baby ( punk 1983), du punk rigolo, avec l'accent de Sunderland ( donc pas loin de l'Ecosse) Je découvre aujourd'hui qu'ils sont considéré comme faisant du "Punk Pathétique" ( ou fun -punk), pas parce qu'il fait pitié, mais parce que c'est le nom donné à un mélange de punk, d'humour et des thèmes sociaux. Ptain, je kiffe cette idée!

Depeche Mode  - Violator ( Electro/ New-Wave, 1990), j'avais envie! Quand même il y a sur ce disque Personal Jesus et Enjoy the silence. Eux sont de Basildon.

The Cult - Dreamtime ( post-punk, 1984), là aussi, j'avais envie de revenir aux débuts du groupe ( issu de Bradford) parce que je les kiffe et que ça fait du bien de ressortir des disques de mes étagères.

Le hasard à fait que j'ai presque classé tout ça dans l'ordre chronologique, mais j'ai surtout cherché des gens venant de régions différentes en fait. Et j'ai voulu éviter les évidents Beatles, Rolling Stones, Pink Floyd, Queen ( voui!), Iron Maiden ( re voui!), Elton John, ou David Bowie.. mais vous ne serez pas à l'abri très longtemps, j'ai plein de choses dans ma liste à écouter :D

dimanche 7 juin 2026

Good Bye, Mr Head...


S'il y a bien un sujet que je ne pensais pas devoir aborder lors d'un mois anglais, c'est bien celui-ci. L'an dernier, à la même période, je parlais des frères  Head, Murray et Anthony, disais combien je les appréciais tous les deux chacun dans leur registre, sans imaginer une seule seconde que le plus jeune mourrait seulement un an plus tard, de manière inattendue. Mais vraiment, pile un an après, le 5 juin, qui est aussi l'anniversaire de ma mère. J'ai appris cette triste nouvelle en rentrant du traditionnel restau mère/fille. En 2012 , le 5 juin aussi, c'était Ray Bradbury qui tirait sa révérence et je l'ai également appris en revenant du restau.

Et ça m'attriste beaucoup, ce monsieur était si drôle, si sympathique, et les nombreux hommages que lui rendent les internautes et les autres acteurs et actrices qui ont travaillé avec lui confirment cette impression. Tous en dressent un portrait rare dans le monde du cinéma et de la télévision: un type intègre, modeste, amical, très accessible et très humain. Honnêtement, il le portait sur son visage.

Pour les gens de ma génération, il était avant tout Mr Giles, le bibliothécaire so british de la série "Buffy contre les vampires", un personnage secondaire, qui n'était pas prévu pour rester, mais qui a gagné très rapidement l'affection du public. Et ce alors qu'il s'agissait d'un personnage adulte, incarnant une certaine autorité, dans une série orientée pour un public ado, avec des personnages centraux lycéens. Seulement voilà, sous sa première apparence distante et sarcastique, Mr Giles, c'était un peu le tonton cool qu'on aurait tous voulu avoir: celui qui est marrant parce que décalé, qui rame avec la technologie, mais qui est fiable et toujours là pour aider et soutenir la troupe. Celui qui peut aussi vous laisser bouche bée, le jour où vous découvrez qu'il a un putain de talent pour la musique, que vous ne soupçonniez pas. Toujours ménager un effet de surprise, toujours!


 Un lien essentiel, bien plus qu'un faire valoir, et le public ne s'y est pas trompé. Certains espérant un spin-off centré sur CE personnage ( et j'en fait partie).
Et je pense que si ça a si bien marché, c'est précisément parce que l'acteur ne jouait pas le type cool, il était le type cool, qui a su mettre à l'aise l'équipe de jeunes acteurs autour de lui, et en être réellement le " tonton sympa".

Tout en développant un côté plus inquiétant à ce personnage de dandy aussi britannique qu'une tasse de thé, et donc le rendant d'autant plus intéressant. Pour moi, presque plus que Buffy, dont le nom est pourtant dans le titre, c'est Mr Giles qui est devenu le personnage central. Le décalage d'expérience d'acteurs, entre les jeunes américains débutants, et le quadragénaire anglais passé par le théâtre, y est surement pour beaucoup aussi.

Depuis je suis bibliothécaire moi aussi, et je regrette que mon travail n'inclue en fait pas la partie " chasse aux monstres et pieux dans le coeur" (et c'est parfois très tentant au quotidien), pfff c'est nul! Mais Mr Giles restera à jamais notre héros , à jamais dans nos mémoires de bibliothécaires.

Mais donc par la suite j'ai découvert ses publicités très drôles pour le café lyophilisé. Nescafé a choisi George Clooney puis Jean Dujardin pour être le visage de leur marque, mais dans les années 1980, outre-manche, leurs visages étaient un duo d'acteurs de théâtre alors peu connus, Sharon Maughan et Anthony Head, qui donc est resté pour les anglais " le gars de la campagne nescafé". La série de publicité est brillante et a été abordée par les acteurs exactement comme une pièce de théatre, en plusieurs scènes, qui déroulent une histoire entre voisins: une dame un peu snob arrive dans un nouvel appartement et tombe en panne de café pour son dîner sélect. Elle va donc sonner chez son voisin pour lui en emprunter et surprise: le voisin est le charme personnifié, regard pétillant et sourire ironique. C'est donc elle qui va le draguer très ouvertement au fil des épisodes, le monsieur se laissant bien évidement faire.
Je peux comprendre, mon voisin serait de ce genre, je pense que j'irais très régulièrement lui emprunter et lui rende des trucs, juste pour voir ce ravissant sourire...par contré désolée, mais, même avec tout le marketing du monde, je n'arrive pas à prendre la phrase " il a un goût très sophistiqué" pour du café lyophilisé😂Mais la manière dont l'actrice euphémise l'air de rien " I've popped in for coffee" avec un sourire rêveur lorsqu'on lui demande si elle a rencontré son voisin est extrêmement drôle. Je n'ai pas trouvé l'intégralité de la campagne ( 12 publicités qui passaient chacune pendant 6 mois et ont donc duré pendant 6 ans), mais en voilà quelques unes, c'est frais, c'est pétillant, c'est créatif... campagne nescafé années 1980. La campagne a eu tant de succès qu'elle a été parodiée par des humoristes qui imaginent comment s'est passé le tournage.

Parmi les choses que je n'ai pas vues mais dont j'ai entendu parler, il y a la série Merlin où il jouait, bien plus tard, le roi Uther Pendragon. Et une série audio puis télé " Little britain" où il jouait le rôle d'un premier ministre apparemment assez délirant.

Mais, encore autre chose: je croise les doigts pour qu'un enregistrement complet de bonne qualité existe et ressorte: le même, hein, le voisin charmant et charmeur, le bibliothécaire de combat - et accessoirement, charmant aussi -, le roi de Bretagne, le premier ministre a campé dans les années 1990 un Frank N Furter d'anthologie sur scène dans la version scénique de rocky Horror Show. et du peu que j'ai vu, et de l'enregistrement que j'ai trouvé de Sweet Transvestite, ça devait être épique. Non seulement il chante - et bien - mais il a l'air de s'éclater à le faire.

Voilà déjà une version filmée à la sauvette, faute de mieux.
Et la version disque de Sweet Transvestite. L'orchestration est plus pop que dans celle d'origine, chantée par le génialissime Tim Curry, mais je kiffe son interprétation ( pour l'anecdote, quelqu'un a posté le disque sur Facebook, et l'objet lui même est fait de manière très judicieuse p: une photo de l'acteur en costume de Frank y est imprimée de manière à ce que le trou pour l'axe de rotation du disque soit.. pile là où il faut de manière a utiliser le euh.. bitoniau en acier. Et oui, ça me fait marrer parce que c'est bien pensé. De toute façon, ce n'est pas avec le Rocky Horror Show qu'il faut faire dans la dentelle et la subtilité. c'est festif, c'est barré, c'est sexy, et Sweet Transvestite fait partie des chansons qui me collent une patate d'enfer et que je pourrais brailler à tue-tête sans la moindre honte)

Autre aventure théâtralo-musicale, dont j'ai trouvé seulement un court extrait: Vous connaissez la chanson "One Night in Bangkok", tube international de Murray Head? Bon. C'est en fait une chanson extraite d'une pièce musicale intitulé Chess, de Benny Anderson, l'un des B du groupe ABBA. Déjà, c'est improbable.
Encore plus improbable: le sujet: l'affrontement de deux grands maîtres d'échecs, lors du championnat du onde en Thaïlande. Murray Head tenait sur scène le rôle du champion américain (très largement inspiré du psychorigide Bobby Fisher). Et lorsqu'il a décidé d'arrêter probablement pour une tournée ou un film, ou que sais-je, le rôle a donc été repris par le petit frère. Hop, quatrième visage: le champion d'échecs psychorigide.

Encore plus improbable, et là je n'arrive pas à le trouver avec ST, tant ça a fait un flop: Repo, the Genetic opera, un opéra (hard)rock de SF horrifique, qui a l'air d'être un sacré nanar, mais que j'ai malgré tout envie de voir, précisément parce que le sujet est ultra perché ( dans une société où un virus cause des défaillances ultiples des organes, les ultra riches peuvent se faire opérer à prix d'or pour continuer à vitre. sauf qu'il s'agit non d'une achat, mais d'une location d'organes. S'ils arrêtent de payer, on leur envoie le Repo (pour repossesseur), les tuer et récupérer la précieuse marchandise pour le client suivant; Oui, c'est de la science TRES fiction, mais j'ai donc très envie de le voir dans un rôle de méchant. Le quinquagénaire normal que personne ne soupçonne devient un serial killer rien qu'en passant une porte...


Parce que c'était son talent, à ce monsieur au sympathique sourire, il savait passer d'un rôle à l'autre sans problème et pouvait devenir facilement angoissant en quelques instants.
Et ça c'est pour moi ce qui fait un grand acteur, il aurait franchement dû avoir une reconnaissance internationale bien plus importante. Un mystère pour moi: que personne n'ai visiblement jamais songé à lui proposer le rôle de James Bond. Il avait la diction, le talent, la classe anglaise parfaite pour ce rôle ( après il n'avait peut être pas spécialement de goût pour le cinéma, c'est une autre approche que de développer un personnage au fil des épisodes d'une série, ça peut être un choix personnel de carrière)

Mais qu'est-ce qu'il va me manquer! donc attendez vous à le revoir ici régulièrement quand j'aurais trouvé et regardé la foule de documents qui vont refaire surface suite à cette triste nouvelle. Et pensée toute spéciale à son grand frère.

samedi 21 février 2026

A Jazzman's blues (film 2022)

 3e film, et après le très théâtral Ma Rainey, et l'excellent documentaire, c'est.. une mini déception.

Une assez classique histoire d'amour "interdite", d'obsession sentimentale .. et je suis assez opaque à ce genre de sujet.



Tout commence lorsque , dans un bled paumé du fin fond des états unis, dans les années 1980 une vieille dame noire entend un politicien local en campagne débiter des sornettes racistes à la télé. L'homme est un sudiste convaincu, le genre à faire du rocking-chair sur sa véranda ornée d'un drapeau sudiste.
La vieille dame fait donc l'assaut de son bureau, ne partira que lorsqu'il l'aura reçue. En vertu de quoi, se demande le politicien? La dame lui sort un paquet de vieilles lettres, argumentant quelle contiennent la preuve qu'un homicide a été commis 50 ans plus tôt. Et bien, c'est à la police qu'il faut les remettre, non? Non, il doit les lire lui, elles sont adressées à une certaine Leanne Harper qu'il connaît bien, puisque c'est le nom de sa mère.

Ce qu'il fait, découvrant ainsi l'histoire de deux personnes. 

Horace Boyd,  surnommé Bayou, un jeune homme délicat et sensible, fils d'une chanteuse amatrice de blues et d'un trompettiste amateur également. Bayou est adoré par sa mère, mais méprisé et raillé par son père: il chante très bien mais est nul en trompette, au contraire de Willie, son frère, le réussi de la famille, doué en trompette... Horace déteste son prénom et insiste pour qu'on l'appelle par son surnom. Vu sa famille dysfonctionnelle et sa catégorie sociale ( noir américain de la cambrousse profonde) il ne sait pas lire et, là encore est raillé par le paternel: Willie a appris à lire, Willie est doué, tu es bête. Et Willie bien sûr en profite pour mépriser aussi son petit frère.

Et Leanne Harper, qui vit assez isolée, élevée dans une famille extrêmement stricte qui lui interdit de se mêler au menu fretin des villageois. Ceux-ci ont du mal à supporter cette fille assez antipathique, qui les regarde de haut lorsqu'elle va lire seule près de la rivière. Elle est surnommée Bucket, telle un seau délaissé par sa mère qui l'a confiée à la garde d'un grand-père particulièrement revêche, et déteste ce surnom qui lui rappelle à quel point personne ne veut d'elle.

Et pourtant un jour elle s'arrête attire par la musique d'une fête et est témoin d'une scène d'humiliation publique, où Bayou est une fois de plus critiqué ouvertement par son père pour ne pas savoir jouer de trompette. Leanne prend immédiatement ce garçon en sympathie puisqu'ils sont tous les deux isolés et victime de leur famille. Et tous deux vont devenir amis, malgré l'opposition de la famille de la fille, se donnant rendez-vous lorsque le grand-père de Leanne dort. elle s'est donné pour mission, nuit après nuit de lui apprendre à lire, ce qu'il arrive à faire.
Evidemment on sait ce qui va se passer, coup de foudre, alors que l'un des deux est coincé par sa famille. Lorsque le grand-père l'apprend, il rappelle la mère démissionnaire pour qu'elle vienne cherche sa fille avant quelle ne tourne mal, en frayant avec les péquenauds. La mère tout aussi irascible que son père décide donc d'un coup d'emmener sa fille ( en fait, plus une tirelire sur pattes qu'un seau) pour qui elle d'autres ambitions.

Mais quel est le problème? Ben le problème c'est que Bayou a hérité du teint très sombre de son père, quand Leanne, métisse au teint très pâle comme sa famille, peut passer pour blanche et prétendre, une fois défrisée, à des études, un avenir dans la bonne société, et un mariage avec un riche blanc ignorant son ascendance noire. Et c'est très exactement l'ambition de la mère: en faire une parfaire femme du monde, et la marier avec un riche propriétaire blanc et vivre toutes les deux dans l'opulence aux crochets de sa future belle-famille. Ce qui n'est pas compatible avec un galant noir, surtout si on veut se faire passer pour ayant un pédigrée. que Leanne ne soit pas trop d'accord avec cette manipulation n'a aucune importance, elle doit obtempérer pour le porte monnaie de sa sangsue de mère.

Quelques années après, Leanne et sa mère reviennent dans la région, où entretemps, le paternel de Bayou calanché, Willie parti faire carrière et surtout abuser de la schnouff à Chicago, Maman et fiston ont ouvert un juke joint où il chantent. Et comme par hasard Leanne a été mariée au frère du très blanc et très raciste sheriff local, pour le compte du quel une amie de Bayou travaille comme bonniche. Une femme qui connait bien Mistress Leanne, enfin, Miss Bucket. Et là, c'est la succession de situations too much pour moi.

Déjà si tu veux garder l'identité de ta fille secrète, c'est stupide de la marier avec un mec de la ville à côté de laquelle elle a grandi, bien sûr que quelqu'un va la reconnaître et finir par vendre la mèche. Déjà c'est un très mauvais plan, peu crédible pour une mère censée être suprêmement calculatrice.

Ou bien sûr, qu'elle retrouve son amour de jeunesse qu'il a quitté sans une explication, et veuille à tout prix renouer avec lui. Evidemment, Leanne qui a très peu de jugeotte et bien qu'avertie du danger pour lui, insiste, et.. les deux se font pincer par la mère qui les balance à son beau frère " y'a ce noir, là, Bayou, il a sifflé ma fille, faut au moins le lyncher" ( oui, c'est e qu'on appelle une grosse, une très grosse ordure, cliché n°1). 
Ha ben non, ce que la mère ignore, c'est qu'ils ont fait autre chose, et vla-t-y pas que Leanne est enceinte, d'un enfant qui risque d'être un peu trop foncé et de provoquer sa chute sociale, voire, très concrètement, sa noyade " accidentelle" par un mari qui déjà la menace de la tuer si elle veut retourner vivre en ville, loin de la ville où il a des ambitions électorales," tu comprends chérie, pour être maire, je dois avoir une poti.. euh, une femme qui fait l'envie de tous avec son joli teint clair. Si tu pars vivre en ville, on se foutra de moi et je ne serais pas élu. Alors que bon si je suis veuf parce que, disons, tu t'es noyée en allant te baigner à la rivière, on me prendra en pitié"

Donc évidemment, Bayou doit prendre la fuite avec son frère repassé par là flanqué d'un producteur juif européen qui a fui l'Allemagne nazie (on est maintenant dans les années 1940, donc couche de clichés numéro 2: moi aussi, je sais ce que c'est d'être séparé de ses proches, et de devoir partir pour rester en vie.
 
En fait, cliché n°3, le producteur a repéré le talent pour le chant de Bayou, et son potentiel de vedette, alors qu'il a promis de s'occuper de la carrière de Willie. Lequel évidemment va crever de jalousie du succès de son frère, qui le relègue au second plan ( sans prendre en compte que ce qui fait sa disgrâce, c'est surtout sa dépendance à la piquouze, il est monté en gamme au fil de film. Frère Junkie, la drogue c'est mal ( cliché 4). Et donc lorsqu'ils vont retourner faire un petit concert chez leur mère pour attirer les clients qui désertent, c'est Willie qui va aller balancer Bayou au sheriff, trop content de pincer celui qui lui a échappé.

Ah, entretemps le gosse est né, bien pâle comme sa mère. Et qui est devenu cet enfant?
Ho ben ça alors, on ne le voyait tellement pas venir, c'est le politicien sudiste raciste du début, fils d'un noir très noir et d'une noire très pâle, à qui sa grand-mère qui a gardé les lettres que Bayou a écrite à Leanne, mais qui sont toutes retournées à l'envoyeur, sans jamais le dire à son fils ( alors que bon, ça aurait pu être un moyen de calmer son obsession: pleure un bon coup, tu as 18 ans, elle est partie, ça ne sert à rien d'écrire à tous les Harper de Boston en espérant qu'elle te réponde, regarde rous les courrier sont revenus " inconnue à cette adresse")

Après il y a des choses intéressantes, notamment sur le fait que le racisme cause la perte d'estime de soi. Si le père de Bayou le déteste, c'est parce qu'il a le teint aussi sombre que lui, et que son fils lui renvoie cette image de lui-même. S'il adule Willie, c'est parce lui a le teint plus clair et pourrait passer pour métis ou mexicain facilement, ce qui est un peu mieux.
Si la famille de Leanne est aussi hautaine , c'est parce qu'ils se sentent plus blancs que leurs voisins. elle même finit par essayer de se "blanchir" à ses propres yeux, en se montrant odieuse avec son ancienne voisine (qui lui rappelle d'une grande claque bien méritée qu'elle est et restera "Bucket" la péquenaude métisse même déguisée en femme du monde), mais sur laquelle elle compte quand même pour la couvrir lorsqu'elle commence à faire connerie sur connerie.

La collaboration entre émigrés juifs et noirs partis tenter leur chance dans le nord est un fait parfaitement attesté ( même s'il aurait pu être plus subtilement amené), l'abus de drogue dans le milieu du jazz aussi.
La dernière séquence en suspens aussi est intéressante: un politicien raciste qui a fait toute sa campagne à grand coup de drapeaux sudistes vient de découvrir qu'il est le fils d'un noir et d'une métisse, comment va-t-il pouvoir gérer cette révélation qui fait s'écrouler ses convictions.

Mais voilà, sans que ce soit un mauvais film, il n'est pas ouf narrativement, trop appuyé, trop démonstratif, avec trop d'invraisemblances, trop de " tout à fait par hasard", trop de Roméo et Juliette + Cain et Abel.
Et puis je n'aime pas quand les personnages sont cons comme des manches. L'obsession permanente de Bayou pour Léanne parce qu'ils se sont roulé un palot à 17 ans, est assommante et même adulte, il a la maturité émotionnelle d'un enfant de 10 ans. 

Et elle est un personnage dans le fond aussi détestable que sa mère: encore plus immature que lui, elle n'agit qu'à son bon vouloir, manipule les gens tout en prétendant faire le contraire, n'assume jamais les conséquence de ses actes, renvoie la faute sur les autres. Ce genre de personnage de femme-enfant qu'on est supposés trouver je ne sais pas... mignonne? attendrissante? Alors qu'elle est parfaitement insupportable et tête-à-claques. 
Donc c'est mal parti quand les deux personnages centraux sont un homme gentil mais couillon et manipulable, et une femme minaudante et manipulatrice. Ca peut donner quelque chose d'intéressant à condition de ne pas avoir une narration qui parte en tout sens et en fasse trop.

De fait, je crois bien que je n'ai apprécié que Hattie, la mère de Bayou, et Citsy, la voisine, qui sont plus intéressantes et dont les rôles sont mieux joués. Ira, le producteur juif passe aussi pas trop mal. Mais les autres, disons que à la fois au niveau des personnages et des acteurs, c'est pas fou-fou.
Peut être que ça serait mieux passé de ce point de vu si je l'avais regardé avant Ma Rainey, superbement interprété, là... j'ai trouvé le temps long et les acteurs pour la plupart, pas super convaincants.

Et les séquences musicales, si elles ne sont pas mauvaises musicalement à défaut d'être originales ont pour mois un défaut rédhibitoire: la qualité de son trop léchée, trop parfaite, une prise de son digne du XXIe siècle quand on est supposés enregistrer à l'arraché dans un club, chanter sans amplification. Le son amplifié est trop évident , et je vois tellement que les acteurs font du playback sur des chansons enregistrées en studio. C'est vraiment un truc qui a contribué à me faire sortir de l'histoire.

Un film qui pêche à mon sens par sa volonté de vouloir aborder trop de sujets à la fois, d'appuyer trop son propos, de manquer de subtilité dans son message, et d'avoir des personnages centraux casse-burettes au possible.

samedi 14 février 2026

Quincy (documentaire 2018)

 Deuxième visionnage et c'est aussi un gros coup de coeur.

Il s'agit cette fois d'un documentaire consacré à Quincy Jones, j'avais déjà parlé de lui via un podcast écouté l'an dernier, alors qu'il était encore en vie ( il est décédé en novembre 2024 à l'âge respectable de 91 ans)
Réalisé par sa fille, il suit de près Quincy au quotidien , sans occulter à la fois le caractère hors du commun de ses projets et de son énergie incroyable pour un octogénaire , et ses problèmes de santé - plus que graves. Porté par l'envie de mener à bien un projet qui a probablement été l'un des plus importants pour lui, et alors qu'il a failli mourir deux fois au long de ce périple, on le voit déplacer des montagnes et aller jusqu'au bout, ce qui force l'admiration.


Ce qui le motive tant, c'est d'être à 85 ans le maître de cérémonie pour l'inauguration en fanfare d'un musée consacré à l'histoire des afro-américains, et vu son carnet d'adresse rempli de gens à qui il a mis le pied à l'étrier, il était en effet le mieux placé pour organiser un fête mémorable.
C'est cette organisation qu'on suit sur deux heures, entrecoupée d'images d'archives qui retracent sa carrière, depuis ses débuts avec Billie Holiday, Billy Eckstine, Lionel Hampton, Dizzy Gillespie et d'autre sommités de la scène jazz, ses études en France avec Nadia Boulanger où il a pu apprendre à composer et harmoniser pour cordes*, ses succès en musique de cinéma, son activité de producteur et découvreur de talent, son amitié sincère et indéfectible avec Ray Charles...

* dans la série, " le racisme est tellement con que ça en devient absurde", aux USA il lui était interdit de composer pour cordes, car "les cordes sont des instruments réservés aux blancs". Ca me fait le même effet que lorsque j'entends que jouer du basson n'est pas féminin.
Dans ma famille, on dit " c'est bête à brouter du gravier".

Mais le fait que le documentaire soit réalisé par sa fille apporte une autre touche, un côté beaucoup plus sensible et personnel: elle ne cache pas les soucis de santés de son père, qui n'est ici pas seulement la vedette mondiale, mais quelqu'un de proche de sa famille, qui a réussi a maintenir une relation avec ses enfants malgré la surcharge de travail qui a failli lui coûter la vie à plusieurs reprises par trop de stress et de fatigue. Elle ne cache pas non plus son insécurité primordiale: petit garçon privé de la présence de sa mère à 7 ans, car elle était schizophrène et a été internée en psychiatrie, elle lui inspirait une telle terreur. Ce qui est probablement à l'origine de ses échecs sur le long terme avec les femmes. A la question " Papa, est-ce qu'il y a une chose pour laquelle tu n'est pas doué, sa réponse est sans appel" le mariage". C'est peut être une des raison qui fait qu'il est allé chercher des femmes diamétralement opposées à sa mère, ses 3 épouses successives étant de blondes européennes.

Mais au delà de la personnalité hors du commun du monsieur, le documentaire est en filigrane, un portrait très touchant d'un vieux monsieur, qui a du mal à accepter la vieillesse et le déclin de ses forces. Il est lucide, est parfaitement conscient que son temps est compté, et son émotion est palpable, lorsque Ray Charles lui dédie une chanson pour son anniversaire, un vieux monsieur célébrant son amitié avec son pote de toujours. C'est adorable.


Mais triste également, lorsque Quincy, poussé en fauteuil roulant, surtout destiné à le forcer à se ménager, visite le musée avant son ouverture et fond en larmes en voyant honorés sur les panneaux et dans les vitrines des gens qu'il a connu mais ne sont plus là: Ella Fitzgerald, Cab Calloway, Ray, Miles Davis, Michael Jackson, Prince ( oui, même lui avec qui il n'était pas spécialement en bons termes, vu qu'il faisait concurrence à Michael Jackson et avait refusé de participer à "We are the world"... la mort remet les compteurs à zéro). Sa prise de conscience " ils sont tous morts, tous..." est douloureuse, même pour le spectateur. Philosophiquement, c'est difficile. Constater la mort des autres, c'est recevoir le rappel que la sienne est inéluctable, et pour un octogénaire, proche. Voire peut être dans les jours qui suivent ( même s'il a survécu 6 autres années après l'inauguration)
En tout cas j'ai bien envie, si je vais un jour à Washington, de voir le musée en question.


Mais cette fois encore, c'est une excellente pioche, un documentaire instructif sur l'individu, mais aussi sur la lutte collective d'une communauté, avec une réflexion toute en finesse sur le temps qui passe: voir ce vieux monsieur tenter de se raccrocher à ses souvenirs oblige à penser, soi-même, à la brièveté de la vie, la valeur de la santé, la nécessité de faire ce qu'on veut faire ici et maintenant.

Et cerise sur le gâteau, moi qui ne l'avais vu en photo qu'au minimum quadragénaire, puis se dégarnissant avant d'être chauve, voilà Quincy... jeune.

Ben je ne m'attendais pas à ce qu'il ait été aussi charmant, je comprend qu'il ait eu son petit succès auprès des européennes, le trompettiste de jazz venu étudier la musique classique🎺🎶
Son comparse Miles Davis avait également été le Roméo d'une certaine Juliette, en France. La trompette, y'a pas, c'est la classe!

mardi 10 février 2026

Strange Fruit, la chanson d'abel - A. Dan et V. Hazard (BD)

 Une petite BD ça vous tente?

On va reparler de Billie Holiday, mais pas seulement.
Le ffil directeur est en fait la chanson Strange Fruit, qu'elle a interprétée de chanson magistrale, mais dont elle n'est pas l'auteur.

J'aime beaucoup cette couverture, où l'auteur est dans l'ombre " lumineuse" de l'interprète. 
Et pourtant la chanson, leur plus gros succès, leur a causé du tort, à tous les deux


L'auteur est Abel Meeropol, professeur d'université, juif, communiste, qui a eu envie d'écrire ce texte anti-raciste lorsqu'il a vu un photo de lynchage en 1930. Deux noirs du sud des Etats-Unis, pendus à un arbre, sans procès équitable, sur une simple suspicion, et tout autour, une foule de blancs, joyeux comme à la fête.
Pour Abel, dont les ancêtres ont fui l'Europe et les pogroms, cette situation n'est que trop familière, et son engagement anti-raciste est aussi un engagement personnel contre l'anti-sémitisme.

Bien des années après, en 1956, Abel revient voir Billie, avec une requête : qu'elle cesse de prétendre avoir écrit la chanson. Pas pour les droits d'auteur qu'il touche déjà, mais précisément parce qu'elle est un message qui lui tient à coeur.

 Tous deux se racontent alors ce qui leur est arrivé depuis 25 ans.
Pour Billie, les mauvaises fréquentations, l'alcool, la drogue, et les flics qui la piègent pour en faire un exemple à chaque fois qu'elle s'en sort. Alors que d'autres vedettes, qui usent et abusent des stupéfiants sont tranquilles, parce qu'elles sont blanches.

Pour Abel, une carrière de parolier de chansons patriotiques, mais très vite, la suspicion et l'inscription sur la liste grise du Maccarthysme. Ses sympathies communistes, bien qu'on ne puisse pas les prouver formellement en font aussi un type à surveiller. Son engagement atteindra son apogée lorsqu'il adopte officiellement les enfants d'Ethel et Julius Rosenberg, accusés d'espionnage soviétique et exécutés , toujours dans le cadre de la chasse aux sorcières.
Dans ce monde où, malgré la loi, certains refusent de hiérarchiser noirs et blancs, on croise aussi Frank Sinatra ( son amitié avec Sammy Davis Jr est restée célébre), Miles Davis ( qui n'a pas pu épouser Juliette  Greco, elle aurait aussi été victime du racisme si elle s'était mariée avec lui et l'avait suivi aux USA), Lester Young (tyrannisé à l'armée, lorsqu'on découvre que sa femme est blanche), ou encore James Baldwin, noir, communiste et homosexuel.

Malheureusement, en 2026, force est de constater que les choses ne s'arrangent pas vraiment. Et que cette thématique est hélas loin d'être reléguée dans les livres d'histoire. Donc tant que le racisme, l'antisémitisme, l'homophobie et tout un tas d'autres choses bien moisie continueront à pourrir la vie des gens, Strange fruit reste un texte universel, peu importe qui sont les victimes, blancs, noirs, hommes femmes, juifs, athées, autres...

Une lecture très intéressante, qui fouille, entre autres, dans les poubelles puantes de Hollywood.

dimanche 8 février 2026

Introducing the hardline according to Terence Trent d'Arby (disque, 1987)

 Et hop deuxième disque, j'avais l'embarras du choix. Et l'autre jour je me suis retrouvé avec Sign your Name en tête, que pourtant je n'avais pas entendue depuis des années. A quoi tient un choix?
Après le Gospel de Meshell Ndegeocello, je continue dans l'esprit gospel / soul, finalement

Et de fil en aiguille, je me suis demandé ce qu'il était devenu: à part son changement de nom dans les années 2000 et son retrait de la scène musicale pensant très longtemps ( dont j'ignorais les raisons), je n'ai pas trop suivi sa carrière, et à vrai dire, à par les tubes Sign you name, Wishing Well et Dance Little Sister, ben je connais assez peu cet artiste.

Je n'avais même pas eu l'occasion jusqu'à présent d'écouter son premier disque en entier, et pourtant, j'en gardais l'image d'un gars qui avait beaucoup de choses à son avantage et aurait pu avoir une belle carrière: belle voix puissante, bon danseur, multi-instrumentiste, physiquement pas mal du tout, grand mince, avec un joli visage, une ravissante paire d'yeux et une coiffure sympa.. bref, il partait avec une longueur d'avance.

J'ai galéré à trouver une photo où il ait le sourire et c'est bien dommage, ce monsieur était charmant et encore plus avec le sourir ( par contre, pour ne pas casser le mythe il ne vaut mieux pas chercher la tête qu'il a maintenant, disons qu'à âge égal, mère nature a été beaucoup plus sympa avec Lenny Kravitz)

Et il semble que quelques mauvais choix de carrière et un caractère difficile l'aient desservi. De ce que j'ai pu comprendre, suite à ce premier disque qui a fait un carton, il a pris le melon, s'est ouvertement positionné en rival à la fois de Prince et Michael Jackson, qui étaient déjà des pointures avec une discographie conséquente et un auditoire fidèle. Il semble que ce soit son ego ( et le titre assez immodeste de ce premier album semble le confirmer) qui lui ai fait tort.

Et revenir ensuite sous un autre nom, en disant " j'ai travaillé sur moi et j'ai changé, je ne suis plus dévoré d'ambition", quand on a déjà une réputation de casse burettes et que les gens rechignent à bosser avec vous, ben c'est mal parti pour arriver à regagner sa place, surtout quand on s'est ouvertement placé en rival des deux précédents et qu'entretemps un autre gars à tresses est arrivé et a cassé la baraque ( l'ami Lenny, qui sans renier ses influences blues et soul a eu la bonne idée d'aller vers le hard rock, alors moins présent sur les scènes afro-américaines)
Même s'il a sortit 4 disques sous sont premier nom de scène, un avec double identité, et 10 autres depuis sous son nouveau com de Sananda Maïtreya, il continue à se produire sur scène mais n'a pas vraiment renoué avec le succès ni renouvelé son premier coup d'éclat.

Et pourtant il a du talent, qu'il n'a pas réellement sur exploiter pour lui même. Le disque s'écoute bien même si certains arrangements de synthé on franchement vieilli ( sur Rain, oui, ça fait sourire). Le gars a réussi la prouesse d'avoir 3 tubes sur son premier disque, et franchement j'aime toujours les percus un peu caribéennes de Sign your name), mais pour moi les morceaux qui ressortent le plus sont ceux qui n'on t pas été multi diffusés à la radio: le gospel rock Seven more days, Who's loving you (très James Brown) et surtout l'incroyable As Yet untiltled, c'était osé de mettre un morceau entièrement à capella, au texte social et malheureusement toujours d'actualité.

Hop, playlist ici, histoire de l'écouter ou réécouter d'un bout à l'autre

Mais vingt dieux, quelle voix magnifique, et ce genre de chanson met à la voix en valeur la voix et le sujet. S'il était allé plutôt dans cette direction, il y avait une place bien particulière à occuper.
Et ça fait toujours plaisir de trouver ce genre de petites pépites, caché au fond d'un album dont on n'avait retenu que les singles. Là, il y a une expressivité et une sincérité qui me plaisent particulièrement, et je considère que sa simplicité brute en fait le meilleur titre du disque.

samedi 7 février 2026

Le blues de Ma Rainey ( film 2020)

 Pendant mes vacances d'automne, j'ai découvert qu'il y avait Netflix dans le logement que j'avais réservé, donc comme l'année précédente j'en ai profité pour me regarder quelques films ( musicaux, ça va devenir une tradition) que sans ça, je n'aurai jamais eu l'occasion de voir puisqu'ils ne sont pas sortis au cinéma.
Et hooo mais il y a plein de choses sur le jazz et le blues, je vais en profiter pour préparer quelques sujets pour le mois afro-américain de février prochain, ça va arriver plus vite que je ne le pense!

Donc premier dans l'ordre de visionnage, Le blues de Ma Rainey , en VO, "Ma Rainey's black bottom", et déjà, la traduction perd la double, voire triple référence humoristique: le Black Bottom était un type de danse populaire dans les années 1920, période où se passe l'action; Ma Rainey's Black bottom est littéralement le titre d'une chanson de l'authentique Ma Rainey ( en changeant de langue, on change aussi de référence musicale, même si la chanson est un blues); et enfin, c'est aussi une chanson bourrée des jeux mots que pouvait faire une plantureuse chanteuse de blues, ironisant sur son physique et sa couleur de peau. Musique!



Gertrude "Ma" Rainey, surnommée la mère du blues, méritait bien qu'on lui consacre un film ( et de manière plus étonnante, son nom a été donné le 7 février 2025 à un cratère mercurien. La lune aurait été beaucoup plus appropriée vu la teneur des paroles :D)
Mai Ma est, ou du moins était, assez oubliée du grand public, alors qu'elle a été, outre sa propre carrière, une dénicheuse de talents. C'est elle qui a découvert et embarqué Bessie Smith en tournée, Bessie Smith qui a fini par l'éclipser.

Mais avant le film, il y eu une pièce de théâtre d'August Wilson, jouée pour la première fois en 1982. Je ne connaissais pas ce dramaturge, mais il a suffisamment impressionné Denzel Washington ( oui, rien que ça) pour qu'il décide de produire 3 films adaptés de 3 des ses pièces. Fences en 2016 ( pas vu), Ma' Rainey's Black Bottom en 2020 et The Piano Lesson en 2024.
Au vu du résultat, je peux le comprendre. Wow. Simplement, wow.


C'est particulièrement intéressant, car à de rares exceptions ( concert en ouverture du film, et arrivée des musiciens dans la rue), la quasi intégralité du film est un huis-clos dans un studio d'enregistrement, et c'est une excellente idée d'avoir gardé cette structure très théâtrale où l'enjeu est moins de raconter une session d'enregistrement que de parler en filigrane de la situation des noirs d'Amérique dans les années 20 via les dialogues.

En 1927, Ma est déjà une star de la scène musicale noire du sud, elle a déjà enregistré, vendu beaucoup de disque, la foule se presse à ses concerts. Une foule monochrome, dans le sud. C'est donc un bon filon pour des producteurs blancs de Chicago, désireux de vendre un maximum de disque aux nouveaux arrivants dans la région: les noirs qui ont fui le sud où la ségrégation se durcit pour trouver du travail dans les grandes villes industrielles du nord où, à défaut d'être respectés, ils risquent beaucoup moins les lynchages gratuits, ne serait-ce que parce que les industries ont besoin de cette main d'oeuvre à bon marché et prête à accepter n'importe quel travail pour peu qu'on la paye. Une main d'oeuvre nostalgie de sa région et de sa culture musicale du sud, qui représente une masse de consommateurs de disques potentiels.
Les musiciens de session arrivent, ils sont 4: Toledo, le vieux pianiste aux sympathies plutôt socialistes et agnostiques, Slow Drag le contrebassiste discret, et Cutler, le tromboniste qui joue depuis longtemps avec Ma et est habitué de ses frasques. A ces 3 s'ajoutent Levee, le trompettiste, beaucoup plus jeune et fanfaron, qui clame partout qu'il ne restera pas longtemps musicien de session, il a du talent, le producteur veut qu'on joue non les versions originales mais ses arrangements à lui ( ce qui est vrai), il lui a d'ailleurs demandé d'écrire plusieurs chansons, il n'a donc pas de temps à perdre à répéter en attendant Ma', la vedette qui n'arrive pas. 3 qui s'accommodent de la situation, et un qui est pétri d'ambition.
Et effectivement Ma est connue pour son caractère bien trempé, ses exigences et ses retards. Peu importe ce que veut le producteur, Cutler le sait, on fera ce que Ma veut, et le producteur n'aura rien à dire.

Et effectivement, lorsqu'elle arrive, elle n'en fait qu'à sa tête, elle est insupportable, MAIS, via les dialogues, on comprend vite que c'est une femme lucide, consciente qu'elle détient un trésor: sa voix. C'est ce que veulent les producteurs, elle peut se montrer exigeante tant que le disque n'est pas enregistré. sitôt que ce sera fait, elle n'existera plus. Elle en profite donc pour imposer son neveu bègue comme narrateur sur l'ouverture d'une chanson ( en plus de ses arrangements à elle). Ce qui paraît un caprice insensé a une raison très sensée: son neveu, avec son handicap, a peu de chance de trouver du travail, en le faisant malgré tout participer au disque, il sera lui aussi payé au même tarif que les musiciens.
Ma impose aussi la présence de Dussie May, sa maîtresse ( car elle est l'une des premières vedettes ouvertement bisexuelle). Dussie May est une jolie femme, jeune, dont on comprend vite qu'elle est une "gigolette", qui accepte de sortir avec une femme bien plus âgée qu'elle pour de l'argent ou des cadeaux, mais reluque le jeune et charmant trompettiste.
Ce qui est l'une des raisons pour laquelle Ma déteste Levee: trop fanfaron, trop moderne, il ne respecte pas l'esprit du blues ET en plus il plaît à sa nana.L'ambiance devient vite explosive, et toute le monde finit par se disputer. Et évidemment Levee va vite se rendre compte que les promesses d'un producteur ne valent pas grand chose, que ses rêves d'avenir sont une porte close ( et c'est illustré brillamment: durant tout le film, il s'obstine à vouloir absolument savoir ce qu'il y a derrière une porte close du studio, finit par l'enfoncer et se retrouve dans un cul-de-sac. Il n'y a pas d'issue, socialement parlant, pour un noir américain, il doit se contenter des miettes que les blancs daignent lui accorder)

Il y a quelque chose de vraiment fort narrativement, via les dialogues qui narrent en creux les mauvaises expériences de protagonistes, leur comportement dans un monde ou une simple paire de chaussure devient un enjeu prouvant une réussite, une dignité...
Et là aussi, la rivalité entre Ma et Bessie Smith évoque la difficile loi du Shobiz: Ma est quinquagénaire, en surpoids, pas très jolie, et grande gueule. Difficile à manipuler. Bessie est jeune, c'est une jolie femme, moins imprévisible que son aînée, beaucoup plus " vendable".
L'hostilité de Ma pour Levee est double: non seulement, ils sont rivaux pour la jeune Dussie May, là aussi, il est jeune, ambitieux, et ils se ressemblent bien plus qu'il n'y parait. Bessie et Levee sont la jeunesse qui va prendre la place de Ma, laquelle s'accroche aux traditions du blues tel quelle le chante depuis presque 5 décennies, quand les producteurs, les artistes et le public attendent de la nouveauté. Ma ne se plait que dans son sud natal, Levee est à son aise à Chicago, où il veut donner la pleine mesure de son son novateur: elle est le blues, il est le jazz. Deux musiques différentes mais d'origine commune. avoir fait de ces deux personnages l'incarnation de deux courants musicaux qui s'affrontent alors qu'ils devraient collaborer, et la représentation d'une évolution culturelle inélucatable est absolument génial.

Et vingt dieux, que c'est excellement joué. Viola Davies (Ma) est extraordinaire, il faut voir le petit documentaire d'interview qui suit le film, où elle explique comment elle a travaillé son rôle, allant chercher des photos d'archives pour reproduire au mieux le maquillage bas de gamme et luisant de MA, le soin apporté aux tenues copiées sur des images d'archives et des pièces de musée...une très grande actrice.
La révélation, c'est Chadewick Boseman ( Levee) qui m'a aussi stupéfaite par son jeu d'acteur. Je ne le connaissais pas, mais son nom me parlait. Je m'en suis soudain souvenue: je l'avais hélas vu dans une nécrologie, il a remporté pour ce film un golden globe de meilleur acteur, étant mort dramatiquement jeune d'un cancer en août 2020. C'est incroyable de savoir qu'il a tourné avec un jeu d'acteur aussi intense tout en étant mourant. C'est d'autant plus triste qu'il semblait promis à une magnifique carrière cinématographique.

Vraiment une très bonne pioche, avec énormément de réflexions sociétales et de niveaux de lecture. Je vais donc prochainement regarder l'un des autres films adaptés d'August Wilson et m'intéresser plus particulièrement à cet auteur. 

dimanche 1 février 2026

Meshell Ndegeocello - No more Water, the Gospel of James Baldwin ( disque, 2024)

Et voilà une trouvaille, arrivée dans les rayonnages de la médiathèque ( et dans mes oreilles!) à la fin de l'an dernier. L'album date de 2024, à l'occasion du centenaire de la naissance de James Baldwin, auteur dont j'espère pouvoir enfin lire un texte cette année. J'ai lamentablement échoué les deux dernières années.

Et c'est l'occasion également de découvrir ce que fait la chanteuse et bassiste ( j'aime déjà cette nana!) Meshell Ndegeocello.  Je ne la connaissais que de nom.. enfin, de pseudo, puisque son nom de naissance est simplement Michelle Johnson. Mais je vois que son nom de scène est tiré du Swahili et signifie " libre comme l'oiseau", ce qui donne déjà une idée de sa personnalité et son engagement: prendre un pseudonyme issu d'une langue africaine quand on est une musicienne américaine est déjà un acte politique.



Et d'autant plus qu'elle décide de mettre en musique, musique souvent funky, et inspirée des rythmes africain, les mots de James Baldwin. Y compris la piste 7, écrite en français et lue par une française.

Une vraie réussite, mêlant musique et lectures, à laquelle le podcast "au coeur du jazz" consacre une heure d'émission, ici.

Le petit détail qui me laisse pensive sur le niveau d'hypocrisie des Etats-Unis, c'est le fait qu'un "parental advisory" soit imprimé sur la pochette. Demandé dans les années 80 par Tipper Gore, la femme d'Al, parce qu'elle était scandalisée qu'on puisse vendre des disques aux textes "orduriers" qui dévoient la belle jeunesse américaine innocente .
( Pour l'anecdote, la chanson qui a déclenché son ire est Darling Nikki, de Prince, qui parle d'une femme qui se tripote en feuilletant un magazine cochon.. exactement ce que font beaucoup d'hommes, donc Et de manière très drôle, anecdote dans l'anecdote, les 15 premières chansons ainsi estampillées, surnommées les " filthy fiteen", donc les 15 dégueulasses, comptait outre Darling Nikki, "Sugar Wall" chantée par Sheena Easton, et composée par Prince en seconde position, la troisième est une chanson de Judas Priest. C'est presque décevant, on est passé à - j'ose- deux doigts d'un podium, ça aurait été incroyable que la même personne soit sur les 3 premières marches. Ha, mais en 4° place il y a Vanity, chanteuse du groupe Vanity 6, avec une chanson pas composée par Prince, mais mais mais Vanity est le pseudo qu'il a donné à la chanteuse Denise Matthews lorsqu'il a décidé de lancer un groupe de nanas, sous le nom de Vanity 6, donc indirectement, médaille en chocolat!)

Et là, pourtant, rien de ce qui avait à l'origine motivé la création du Parental Advisory, pas de choses ouvertement sexuelles ou de références au cannibalisme... Donc pourquoi? Est-ce parce que les textes de Baldwin son sombre, parlent à mots couvert de suicide, que l'auteur était homosexuel.. ou bien ouvertement de gauche, et qu'il clame haut et fort l'égalité entre hommes et femmes, noirs et blanc, tout individu étant à l'égal des autres, composé de 70% d'eau pour mieux pointer l'absurdité des catégories sociales? Ou bien parce qu'il y a quelques " fuck!" dans ses textes ( notamment dans "la prochaine fois le feu"?) , en tout cas la déclamation de ses textes politiques sous forme de gospel est pertinente, quand on regarde son vécu, et percutante. Dans un podcast qui lui était consacré, son écriture était qualifiée de très musicale et très jazz. Rythmée en tout cas.

Normalement la violence sociale, la ségrégation, l'humiliation qui hantent les textes de Baldwin devraient faire réagir plus que des références au sexe ou aux pratiques SM, ou une poignée de gros mots, mais d'une manière différente et donc ne pas être classées dans le même lot.  
Mais on en est là, protéger les jeunes même de textes sociaux et politiques au motif qu' ils pourraient " les choquer". Ou bien, plus probablement parce qu'ils donnent une mauvaise conscience aux politiciens blancs à qui on rappelle que leur prédécesseurs ont commis des choses inacceptables au nom de leur religion/ pouvoir/ goût de l'argent. Personne n'aime devoir descendre du piédestal où il s'est lui même placé à grand coup de narration à son propre service.

De mon point de vue, au contraire, ce genre de choses doit être diffusé au plus grand nom et expliqué. au lieu de ça "attention parents" (que je comprends comme " ce genre de disque pourrait faire réfléchir vos enfants, et après on aura du mal à les manipuler"). Ce n'est pas trop étonnant dans un pays qui censure les livres " pour ne pas choquer les enfants" ( parce que même les livres pour enfants présentent des comportement inacceptables comme.. ne pas obéir à ses parents ou avoir des envies d'indépendance. P'tain qu'est-ce qu'ils diraient de Sylvain et Sylvette qui vivent seuls dans la forêt)

Donc , après cette parenthèse " réflexion en roue libre", oui je conseille totalement ce disque, qui est en plus musicalement agréable, Meshell a une jolie voix un peu grave qui sert très bien les textes de Baldwin, donne envie d'aller les chercher pour décrypter ce qui nous échappe, à nous, frenchies que nous sommes.

En tout cas, j'irais sans faute chercher ce qu'elle a fait d'autre, ça me plaît beaucoup.

lundi 30 juin 2025

La BO du mois anglais

 Parce que tout ce que j'ai écouté ne rentre pas dans le cadre du mois anglais, mais toutes mes écoutes british n'ont pas forcément eu de sujet dédié donc je récapépète et si possible je vous met des liens ( après tout juin c'est la fête de la musique aussi, donc on va s'écouter du bon)


- Jeff Beck  - Truth (1968) son premier album solo, et ça s'écoute carrément bien!
- Brian Eno - Music for Airports ( 1978) voir sujet ici
- Wishbone Ash - Argus (1972) inclassable, entre prog rock et débuts du hard rock, on est en plein dans ce que j'aime!
- Murray Head - Say it ain't so (1975) sujet ici
- Anthony Head - Music for Elevators ( 2002) sujet aussi ici
- Anthony Head - Staring at the sun (2014) pas de sujet puisque je l'ai écouté après la publication de mon article, mais il vaut aussi le coup, dans un genre moins electro et plus mélodique que le précédent. Mais madre mia, j'ai vraiment un gros coup de coeur pour sa voix, absolument confirmé par sa campagne de pub des années 90 pour du café lyophilisé. Rien que la voix parlée de ce monsieur pourrait me convaincre d'acheter des kilos de nescaoua juste pour l'entendre balancer des choses comme " you can't resist my coffee" (sérieux, il me faudrait son sourire provocateur et cette phrase imprimés sur un mug pour picoler du mauvais café au travail, tellement ça me fait marrer)
Heu, pas que sa voix parlée d'ailleurs, je vous rajoute donc un enregistrement de sa version jouissive de Sweet Transvestite pour une production du Rocky Horror Show sur scène, et ça devait être absolument hilarant, tant il a l'air de s'amuser à la chanter (l'orchestration est différente de celle du film, mais .. je vais donc militer pour qu'Anthony soit reconnu en France comme un excellent chanteur au même titre que son frère)


Et puisqu'on en parle, je rajoute en prime:
Une reprise de Murray Head par Roger Daltrey (enfin SIR Roger Daltrey depuis quelques jours ) et presque tous les Who, qui n' a pas à mon sens la puissance émotionnelle de l'original, ils perdent ce qui pour moi fait la force de l'original, c'est à dire une construction subtile qui commence par une voix blanche - le gars découvre qu'on l'a roulé - suivie d'un passage presque murmuré où il réfléchit à ce qu'il va se passer, avant d'être rejoint par le choeur, et de passer en pleine voix, comme si une foule entière allait manifester pour demander des comptes à Joe le menteur.)
Voyons, Anthony a repris les Who, les Who ont repris Murray, s'il avait lui aussi repris un titre de son frère, ils auraient fermé le cercle des reprises.

- Pink Floyd - The Dark Side of the Moon (1973) sujet ici
- David Bowie - The Rise and Fall of Ziggy Stardust ( 1973) sujet ici
- Richard O Brien - The Rocky horror Picture Show ( 1975) Parce que la version 1990 m'a évidement menée à réécouter celle du film, et c'est toujours une bonne idée. Et je kiffe Tim curry quoi qu'il fasse ( et involontairement il a fait plus pour la cause LGBT juste avec  ce film qu'avec de grands discours)
- Ten Years After - Stonedhenge (1969) Gros gros kif , barré et assez prog. En plus cet album continent un instrumental au piano intitulé " I can't live without Lydia" et ça c'est une preuve de bon sens: on ne peut pas vivre sans MOI :D
- Elton John - Goodbye Yellow Brick Road ( 1973) sujet ici
- The Clash - London Calling ( 1979) sujet ici
- The Sex Pistols - Never Mind the bollocks ( 1977). et c'estLà que je me dis que je ne suis pas une vraie fille, en tapant Never mind en barre de recherches on me propose en premier, " Never Mind, I find someone like you" de Adèle. Je n'aime pas la voix d'Adèle et ses complaintes, oui je le dis. Je préfère les éructations punk de Johnny Rotten. Et puis, un album à peu près intitulé " On s'en balec'", ça me fait rire.
- The Toy Dolls - A far out disc ( 1985), littéralement " un disque farfelu") on continue avec cette fois du punk barré très très drôle. Des mecs capables de chanter une comptine (Nellie The Elephant) en punk, sonner à la porte de Florence qui ne répond pas ( "Florence is deaf but there is no need to shout", c'est le titre!) charrier les auto écoles ( "Modern schools of motoring"), d'intégrer une publicité pour leur disque sur celui-ci, ou de dédier une chanson sur un autre disque à " Yul Brynner was a Skinhead".  On peut être être punk et avoir le sens de l'humour décalé! Je les kiffe et en plus ils tournent en France cet été.

Hum on va de 1968 à 2014, mais avec quand même une prédominance de la période 1972 à 1979 ( ce que j'ai écouté à côté Irlandais ou américain date des mêmes périodes, on ne se refait pas). En tout cas 14 disques rien que pour cette édition du mois anglais, j'ai fait fort.

dimanche 29 juin 2025

Mois anglais, disque de la semaine 5, Londres nous rappelle!

 Aéroport-> lune ->Mars-> pays imaginaire... mais le moins anglais se finit bientôt, et il nous faut rentrer à Londres.

On a écouté de l'ambient, du glam, du prog', du folk.. un peu de punk pour finir?

C'est parti pour London Calling de The Clash ( qui justement, clashent directement la  " Phony Beatlemania" dans le premier titre)


Playlist

Enfin, punk, hormis le titre phare, Hateful on est pas dans le punk énervé dissonant ( avec même des touches curieusement jazzy, comme Jimmy Jazz), qui met l'énergie avant la musicalité. Je ne l'avais pas encore écouté en entier, contrairement à Never Mind the bollocks des Sex Pistols, nettement plus brut de décoffrage, et plus typique de ce que le public considère comme punk. allez, 2 pour le prix d'un, on s'écoute aussi Never Mind,  aujourd'hui c'est double dose de punk.

Par contre oui, on va vers des titres courts ( 5 minutes 34 pour le plus long, mais on est en général en dessous des 4 minutes, en réaction aux longues compos des années précédentes et des groupes prog') qui font la part belle à la rythmique , qui annoncent aussi le ska de groupes comme Madness.

Mais là aussi, c'est un album incontournable de la culture britannique, donc, on s'écoute London Calling ensemble. Vais je caler un autre disque bonus avant la fin du mois ( autre que les sex pistols), c'est à dire demain? Je ne le sais pas encore!

dimanche 22 juin 2025

Mois anglais disque de la semaine 4 - Goodbye Yellow Brick Road

 Où aller après Mars? 

Si je vous dis "encore plus loin".. on part pour le pays imaginaire, celui du magicien d'Oz.
Et donc fin du Mystère, qui donc est notre autre anglais encore plus connu et influent que David Bowie? 
Sir Elton John. Hé oui. C'est lui qui fut un temps a occupé environ 2% du nombre de disques vendus mondialement ( bon il a 31 albums solo, 5 albums de concert, 16 compilations ...) 

J'en ai déjà parlé ici au sujet du biopic qui lui est consacré, mais de toute façon, inutile de le présenter vu sa production musicale plus que conséquente.
Mais je dois reconnaitre que pendant très très longtemps je l'ai surtout perçu comme " chanteur du top 50", qui enchaînait des tubes calibrés pour la radio, et souvent un peu trop sirupeux pour moi, ce qui était le cas dans les années 1990. En fait j'ai toujours pensé que c'était un chanteur intéressant à la voix très agréable, et un pianiste ultra talentueux qui gâchait son talent dans ces chansonnettes banales. Avec de temps en temps une chanson dont je me disais " ho, mais c'est bien ça, dommage qu'il n'aille pas plus souvent dans cette direction". J'en ai eu confirmation en le voyant jouer du piano pour les glam-rockers de T-Rex, ou dans Tommy des Who version film, ce costume farfelu, je ne m'en lasse pas
 Et quelque part j'aime bien l'idée qu'un gars " banal", ni beau ni moche, un type comme on en croise des centaines tous les jours soit devenu une méga-vedette mondiale. Bon, sa voix expressive fait toute la différence.


Plus, en apprenant à jouer du piano, je me suis rendue compte que d'une part ses compositions sont moins compliquées à jouer que je ne le pensais, dans le sens où elles sont logiques car 
- écrites POUR piano (ce n'est pas une transpo d'un autre instrument qui donnerait des choses cheloues, ni des choses écrites par quelqu'un qui étant aussi bon guitariste que pianiste, se fout éperdument de faire quelque chose de facilement jouable ( aheum, par le plus grand des pas- hasards- du-tout, Prince et ses Condition of the Heart, ou Venus de Milo, magnifiques mais blindées de peaux de bananes harmoniques jazzy)
- composées par un auteur de formation classique dont des réductions et simplifications sonnent malgré tout bien, parce que l'essence est là. En clair, sur une structure classique, on peut enlever des notes pour alléger. La richesse sonore sera amoindrie, mais l'accord tiendra quand même debout. Tandis qu'enlever la peau de banane jazzy revient à perdre exactement la couleur de l'accord et toute la bizarrerie qui fait sa saveur

En clair, I'm still standing ou Song for Guy me seront plus rapidement accessibles que le jazz. Quand à Little Richard et ses tempos démentiels, on va attendre encore plus longtemps.


Une autre chose qui je trouve très intéressante, et là c'est parfait d'en parler en plein mois des fierté: son amitié et sa collaboration prolifiques avec son parolier Bernie Taupin. Une belle histoire d'amitié entre un homosexuel et un hétérosexuel, je trouve que c'est quelque chose qui se doit d'être souligné. Et c'est aussi probablement une des associations musicien / parolier les plus incroyables qu'ils soient. Séparément, ils ne sont pas aussi bons que quand ils bossent ensemble.

Et donc, célébrons donc les deux copains comme il se doit : avec un de leurs disques les plus fameux.
Playlist ici

 
Et franchement, j'ai adoré,  le premier titre, majoritairement instrumental, Funeral for a Friend/ love lies bleeding ( double titre pour deux ambiances) est magnifique. I've seen that movie too se détache aussi du lot. Sweet Painted lady est marrant, avec une touche d'accordéon totalement atypique dans le rock des années 70. Il mérite totalement son statut de disque majeur.
Cet album contient le méga tube Candle in the wind et le un rien moins connu mais célèbre quand même " Bennie and the Jets" et pourtant ce ne sont pas ceux qui m'impressionnent le plus.

PS: Bon j'ai parlé ce mois ci Brian Eno ( hétérosexuel mais qui pourrait être considéré comme genderfluid et jouait beaucoup sur le travestissement), de David Bowie (Bisexuel et extravaguant)  d'Elton John ( Homosexuel), de la BD Heartstopper ( panel de personnages LGBT), je suis entrain de lire une nouvelle de Vita Sackville West (lesbienne), j'ai une lecture sur Virginia Wolf (lesbienne et  petite amie de la précédente) en attente. Mon admiration pour Freddie Mercury ne s'est pas démentie depuis plus de 30 ans.

Ce n'était absolument pas prévu, mais mon mois anglais  a aussi inconsciemment suivi un fil directeur et pris une tournure "Mois des fiertés" 🌈, et c'est finalement très bien comme ça. Je suis en train de chercher un certain film ( surprise!) que j'espère pouvoir voir avant la fin du mois, et là, entre plusieurs possibles, j'ai absolument fait exprès d'aller cherche quelque chose qui  corresponde à la thématique LGBT.  Faudra que je trouve un moyen de caser Quentin Crisp et Neil Bunny Roger... tiens, pourquoi pas un sujet plus global sur les figures LGBT, le Royaume-uni a bien fait bouger les choses dans ce domaine, alors qu'il y a à peine plus de 100 ans, c'était un le risque d'aller en taule, voir le cas d'Oscar Wilde.