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samedi 20 juin 2026

Prehistoric park ( 2006, documentaire science (fiction)

 Puisque j'ai un peu évoqué Nigel Marven en marge de son aîné et confrère David Attenborough  l'occasion de ce mois anglais, j'ai eu envie  de parler de ce documentaire animalier hybride très curieux, qui fête cette année ses 20 ans.

Hybride, parce qu'il prend ouvertement l'option de la science-fiction pour mieux parler de science de manière humoristique (on est dans quelque chose de volontairement décalé) mais de scientifiquement correct, du moins à l'aune de ce qu'on savait il y a 20 ans. Car oui, certaines informations sont obsolètes, même au sujet de biotopes datant de plusieurs millions, voire centaines de millions d'années, les connaissances se sont bien affinées en 20 ans, et ce documentaire de vingt ans d'âge est maintenant... vintage.

Il y a une chose que je ne crois pas encore avoir dite ici, c'est ma passion de toujours pour la paléontologie et la géologie (lors de mes précédentes vacances, j'ai passé des heures, mais vraiment des heures dans la galerie de paléontologie de Paris et à l'institut de science naturelle de Bruxelles, à admirer les iguanodons de Bernissart).

Donc dès que ça parle de paléontologie, que ce soit Le petit dinosaure et la vallée des merveilles, des podcasts pointus, en passant par ou les vidéos de vulgarisation de Simplex Paléo, Alexis Da Costa et Cedrik jurassik, du plus sérieux au plus farfelu, je surkiffe.

Et bien sur les documentaires de la BBC, que j'ai vu et revus.

C'est parti :imaginons que grâce à la science, on puisse créer un zoo préhistorique... hum ça rappelle un roman adapté en petit film "indépendant", "peu connu", où les dinosaures sont recréés via le sang pompé par un moustique fossilisé dans l'ambre.

Mais si l'idée générale est similaire, la manière d'y parvenir est très différente.

Jurrassic Park était un film de SF et d'aventure qui tordait beaucoup mais alors beaucoup le cou à la plausibilité scientifique ( recréer tout un zoo dinosaurien à partir d'un moustique est impossible, et si l'adn était suffisamment pérenne, tout ce qu'on pourrait obtenir, c'est en fait... des moustiques jurassiques clonés, ce qui me parait une très mauvaise idée, vu que l'insecte en question est déjà en tête de liste des espèces qu'on voudrait voir disparaître à tout jamais) sans vraiment d'autre objectif que de divertir (et comme j'aime bien Jeff Goldblum, et son blasé " putain, j'en ai marre d'avoir toujours raison!"), et dans ce domaine il fait ce qu'on lui demande.

Avidemment il faut toujours mettre des T-rex en avant pour attirer le spectateur, mais c'est loin d'être le seul animal préhistorique qu'on va voir: il y a beaucoup, moins connu, plus gros et beaucoup plus petit, mais un aventurier poursuivi par deux micro raptors, c'était moins spectaculaire.

L'option retenue par l'équipe britannique de l'authentique zoologue et documentariste animalier Nigel Marven est inverse: planter directement le décor SF, pour mieux l'évacuer, et, ceci étant accepté, garder toujours ce principe pour coller au mieux aux réelles découvertes scientifiques, glissée dans les dialogues.

Donc Nigel, le zoologue/baroudeur/ Indiana Jones... possède une machine à voyager dans le temps ( uel veinard) et compte l'utiliser pour aller dans le passé chercher des animaux menacés avant leur disparition définitive et les conserver dans un parc zoologique. Et au passage, aller filmer tricératops, ornithomimosaures, mammouths, arthropleura... dans leur milieu naturel. Donc, pour peu qu'on accepte la machine à ouvrir un portail dimensionnel... le reste est tourné à la manière d'un documentaire animalier presque classique, alternant séquences de recherches de specimens en danger dans le passé et vie quotidienne d'un zoo, avec vétérinaire qui s'active pour soigner les pensionnaires... sauf qu'un tyrannosaure blessé est autrement plus dangereux qu'un lion; gardien en chef qui planche sur les enclos les plus adaptés à ses nouveaux pensionnaires en prenant en compte ce qu'il connait sur les animaux actuels en en essayant de l'adapter, sauf qu'on ornithomimosaure a beau ressembler à une autruche, son habitat d'origine n'a rien avoir avec l'Afrique du sud contemporaine...

Techniquement ( et à part l'impossibilité du voyage dans le temps,) il est plus scientifiquement acceptable de peupler un zoo avec des animaux ayant atteint un stade défini d'évolution, que de les recréer ex nihilo ou presque, à partir d'un moustique. Disons que c'est biologiquement moins n'imp.

Après cette manière peu orthodoxe et souvent drôle (l'équipe a bien dû se marrer en mimant le fait de patauger dans un marécage du carbonifère, en essayant de capturer des libellules géantes - drônes au filet,  ou en s'extasiant devant des triceratops invisibles) a un avantage: Celui de présenter les animaux des époques passées non comme des monstres de SF, mais comme des animaux à part entières. Le tout en distillant les informations scientifiques sur les fossiles, les possibles comportements sociaux, les adaptations aux différents milieux, au fil de la narration.
Autre gros avantage, perdu depuis : les décors en grande partie naturels. La tendance actuelle étant de tout reconstituer en image de synthèse, même quand ce n'est pas nécessaire ( alors que des marécages ou des montagnes sont un décor parfait où incruster les animaux de synthèse tout en gardant un rendu réaliste pour les mouvements d'eau, de nuages, du vent et des textures : rochers, terre, etc..). Ce qui entraîne aussi une perte de profondeur et des textures, donc... de réalisme.  Le mélange des deux, bien dosé, donne quelque chose de bien plus intéressant que le 100% fond vert ou bleu.

On retrouve un peu l'esprit du documentaire de la BBC " sur la terre des dinosaures" . Ce dernier est visuellement daté maintenant pour ce qui est des effets spéciaux et maquettes, ainsi que de certaines informations obsolètes, mais pour l'avoir vu lors de sa première diffusion en 1999, c'était révolutionnaire, le top niveau des effets spéciaux de cinéma au service de la science à l'époque.

La zoologie est un des rares métiers où tu peux être mangé par ton sujet d'étude.
Plus encore si tu voyages dans le temps, au carbonifère, même les mille-pattes t'auraient bouffé sans problème.

Les documentaires de l'ami Nigel (je l'ai dit et je le redis, il a bossé pendant 12 ans avec David Attenborough, pas encore Sir à l'époque, c'est un gage de compétence et de qualité) s'inscrivaient dans la continuité, des " sur la Terre.." que ce soit ce Prehistoric Park ou son exploration des mers du passé. Depuis , je le redis les données scientifiques ont évolué au fil des nouvelles découvertes et certaines représentations ont changé ( la taille surévaluée du deinsosuchus, pour ne citer que lui), d'autres étaient de la livre interpétations déjà à l'époque (surtout les couleurs des animaux disparus par exemple, concrètement à part le mammouth dont les peu et les poils conservés dans le permafrost permettent une représentation très fiable, beaucoup d'autres sont à prendre avec des pincettes, ou du moins comme une licence artistique) mais ça reste quand même une série très sympa à regarder.

Et surtout en VO, pour profiter des accents so british de tout le monde.

Et coup de bol, la série est trouvable sur Youtube, en vo, avec sous titres fiables en anglais. La série devait initialement avoir au moins une seconde saison mais apparemment les producteurs on décidé de la remplacer par une pure série de SF qui en est largement inspirée, sous le titre Primeval. Donc, il n'y a que 6 épisodes d'un peu moins d'une heure, et nous ne saurons jamais si Martha la mammouth a pu vraiment s'intégrer à un troupeau d'éléphants, ou si Terence et Mathilda les jumeaux tyrannosaures ont réussi à trouver une terrain d'entente sans s'entredévorer.

Par contre, il va falloir que je cherche les autres documentaires soit scientifiques ( sur la terre des dinosaures/ monstres disparus / géants, et la nouvelle mouture plus récente " planète préhistorique", afin de mettre à jour les informations) soit mi science/ mi SF de Nigel Marven ( sur les traces des dinosaures, les monstres du fond des mers)

Mais je note pour moi même: lorsqu'on inventera une machine à voyager dans le temps, je veux bien aller au permien, mais je dois éviter le carbonifère: même si les forêts de fougères arborescentes ont l'air magnifiques, l'humidité, les 30°C en moyenne avec des incendies en veux-tu en voila à cause du taux d'oxygène qui te ferait planer en moins de deux,  les libellules de 70 cms d'envergure, les scorpions de 70 cms de long, les salamandres de 3 mètres, les mille-pattes qui pourraient te bouffer... c'est pas du tout pour moi!)

Tiens d'ailleurs, les traces d'arthropleura, le mille-pattes géant, ont été trouvées aux iles d'Arran, je ressors mon super site pour vous montrer où se trouvait la zone il y a 340 millions d'années: un peu plus au sud qu'au Jurassique, mais surtout au pied d'un massif montagneux géant ( qui ne fait pas partie de la chaîne hercynienne - une chaîne gigantesque qui ferait passer l'Himalaya pour une maquette, et dont il reste de nombreux vestiges en France et en Allemagne), mais la rejoint. Car oui, il y a 340 millions d'années, l'écosse était une jungle, sous les tropiques, au pied d'un massif montagneux énorme.






samedi 14 février 2026

Quincy (documentaire 2018)

 Deuxième visionnage et c'est aussi un gros coup de coeur.

Il s'agit cette fois d'un documentaire consacré à Quincy Jones, j'avais déjà parlé de lui via un podcast écouté l'an dernier, alors qu'il était encore en vie ( il est décédé en novembre 2024 à l'âge respectable de 91 ans)
Réalisé par sa fille, il suit de près Quincy au quotidien , sans occulter à la fois le caractère hors du commun de ses projets et de son énergie incroyable pour un octogénaire , et ses problèmes de santé - plus que graves. Porté par l'envie de mener à bien un projet qui a probablement été l'un des plus importants pour lui, et alors qu'il a failli mourir deux fois au long de ce périple, on le voit déplacer des montagnes et aller jusqu'au bout, ce qui force l'admiration.


Ce qui le motive tant, c'est d'être à 85 ans le maître de cérémonie pour l'inauguration en fanfare d'un musée consacré à l'histoire des afro-américains, et vu son carnet d'adresse rempli de gens à qui il a mis le pied à l'étrier, il était en effet le mieux placé pour organiser un fête mémorable.
C'est cette organisation qu'on suit sur deux heures, entrecoupée d'images d'archives qui retracent sa carrière, depuis ses débuts avec Billie Holiday, Billy Eckstine, Lionel Hampton, Dizzy Gillespie et d'autre sommités de la scène jazz, ses études en France avec Nadia Boulanger où il a pu apprendre à composer et harmoniser pour cordes*, ses succès en musique de cinéma, son activité de producteur et découvreur de talent, son amitié sincère et indéfectible avec Ray Charles...

* dans la série, " le racisme est tellement con que ça en devient absurde", aux USA il lui était interdit de composer pour cordes, car "les cordes sont des instruments réservés aux blancs". Ca me fait le même effet que lorsque j'entends que jouer du basson n'est pas féminin.
Dans ma famille, on dit " c'est bête à brouter du gravier".

Mais le fait que le documentaire soit réalisé par sa fille apporte une autre touche, un côté beaucoup plus sensible et personnel: elle ne cache pas les soucis de santés de son père, qui n'est ici pas seulement la vedette mondiale, mais quelqu'un de proche de sa famille, qui a réussi a maintenir une relation avec ses enfants malgré la surcharge de travail qui a failli lui coûter la vie à plusieurs reprises par trop de stress et de fatigue. Elle ne cache pas non plus son insécurité primordiale: petit garçon privé de la présence de sa mère à 7 ans, car elle était schizophrène et a été internée en psychiatrie, elle lui inspirait une telle terreur. Ce qui est probablement à l'origine de ses échecs sur le long terme avec les femmes. A la question " Papa, est-ce qu'il y a une chose pour laquelle tu n'est pas doué, sa réponse est sans appel" le mariage". C'est peut être une des raison qui fait qu'il est allé chercher des femmes diamétralement opposées à sa mère, ses 3 épouses successives étant de blondes européennes.

Mais au delà de la personnalité hors du commun du monsieur, le documentaire est en filigrane, un portrait très touchant d'un vieux monsieur, qui a du mal à accepter la vieillesse et le déclin de ses forces. Il est lucide, est parfaitement conscient que son temps est compté, et son émotion est palpable, lorsque Ray Charles lui dédie une chanson pour son anniversaire, un vieux monsieur célébrant son amitié avec son pote de toujours. C'est adorable.


Mais triste également, lorsque Quincy, poussé en fauteuil roulant, surtout destiné à le forcer à se ménager, visite le musée avant son ouverture et fond en larmes en voyant honorés sur les panneaux et dans les vitrines des gens qu'il a connu mais ne sont plus là: Ella Fitzgerald, Cab Calloway, Ray, Miles Davis, Michael Jackson, Prince ( oui, même lui avec qui il n'était pas spécialement en bons termes, vu qu'il faisait concurrence à Michael Jackson et avait refusé de participer à "We are the world"... la mort remet les compteurs à zéro). Sa prise de conscience " ils sont tous morts, tous..." est douloureuse, même pour le spectateur. Philosophiquement, c'est difficile. Constater la mort des autres, c'est recevoir le rappel que la sienne est inéluctable, et pour un octogénaire, proche. Voire peut être dans les jours qui suivent ( même s'il a survécu 6 autres années après l'inauguration)
En tout cas j'ai bien envie, si je vais un jour à Washington, de voir le musée en question.


Mais cette fois encore, c'est une excellente pioche, un documentaire instructif sur l'individu, mais aussi sur la lutte collective d'une communauté, avec une réflexion toute en finesse sur le temps qui passe: voir ce vieux monsieur tenter de se raccrocher à ses souvenirs oblige à penser, soi-même, à la brièveté de la vie, la valeur de la santé, la nécessité de faire ce qu'on veut faire ici et maintenant.

Et cerise sur le gâteau, moi qui ne l'avais vu en photo qu'au minimum quadragénaire, puis se dégarnissant avant d'être chauve, voilà Quincy... jeune.

Ben je ne m'attendais pas à ce qu'il ait été aussi charmant, je comprend qu'il ait eu son petit succès auprès des européennes, le trompettiste de jazz venu étudier la musique classique🎺🎶
Son comparse Miles Davis avait également été le Roméo d'une certaine Juliette, en France. La trompette, y'a pas, c'est la classe!

vendredi 21 février 2025

Documentaires Netflix blues, jazz, soul

L'été dernier (oui, j'ai pris de l'avance), j'ai profité d'avoir un accès gratuits à Netflix dans la location où j'étais pour mater quelques documentaires et films musicaux.
Il y a eu Rocketman, très bonne ( de mon point de vue) comédie musicale, sur, autour et avec les chansons d'Elton John, j'en parlais ici l'an dernier.

Mais aussi 3 documentaires sur le thème du blues, de la soul et du jazz, issus d'une collection intitulée " Remastered". Donc allons y, non dans l'ordre où je les ai regardés, mais dans l'ordre chronologique


- Devil at the crossroads, le plus court ( 40 minutes), évoque sans grande surprise, Robert Johnson, le prétendu pacte avec le diable, dont on prouve qu'il est un trope de la culture Hoodoo, variante USA du vaudou haïtien, et qu'on retrouve sous différentes formes dans plusieurs chansons de blues. donc Si Robert Johnson et l'enquête menée pour trouve des traces de ce mystérieux et néanmoins mythique bluesman à l'influence colossale, le documentaire évoque d'autres choses intéressantes. L'idée que le blues est "la musique du diable" ne vient pas uniquement des chansons aux thématiques "diaboliques" de Robert , ni de son habitude de s'entraîner à améliorer son jeu de guitare avec Ike Zimmerman dans un cimetière ( pour une évidente raison " ici, que tu joues bien où mal, personne ne viendra se plaindre"), mais de la rivalité entre blues et gospel, prêchée par les églises locales. Pour une question de gros sous. Les musiciens de gospel à l'église gagnaient peu, les bluesman qui animaient la taverne locale étaient payés, et bien mieux qu'en trimant aux champs. La population allait le samedi soir dépenser son maigre salaire au troquet pour boire, manger, faire la fête en écoutant de la musique et, souvent, n'aveient plus un sou à donner à la quête le dimanche matin. Les prêcheurs ont donc décrété que le blues qui leur " volait" leur pécule était une musique diabolique et qu'aller l'écouter ou pire, en jouer, c'était encourir la damnation éternelle.
Cette rivalité musicale entre deux courants pourtant jumeaux en matière d'origine, mais l'un parlant de vie éternelle dans la félicité, et l'autre des tracas du quotidien, a donc été montée de toute pièces pour une histoire de sous. Qui a perduré pendant des décennies, au point que des musiciens jouant des deux styles le faisaient en douce de l'église pour ne pas s'attirer les foudres des croyants.
Et leurs descendants, la soul pour le gospel, le rock pour le blues ont fini par se réconcilier lorsque des gens comme Ray Charles ont décidé de faire fi des barrières. Mais c'est bien Johnson qui est cité comme père spirituel du Rock par Taj Mahal ou Keith Richards.
Les seuls diables de l'histoire sont la misère, l'alcool, et l'exploitation dont ont été victimes les travailleurs pauvres et noirs des USA. Lorsqu'un bluesman se plaint dans une chanson de sa femme injuste qui le maltraite, le vire de la maison, garde l'argent pour elle, le tabasse, il faut comprendre qu'à l'époque de l'esclavage c'est le maître qui est désigné indirectement. Et à l'époque de la ségrégation, c'est la société dans son ensemble. Ce documentaire est un bon début pour appréhender rapidement  l'importance musicale et culturelle du blues et de Robert Johnson

Et j'ai  bien aimé la solution choisie, sous forme de séquences animées en ombres chinoises, pour pallier le manque de sources visuelles sur Robert Johnson ( 2 photos connues à l'époque du documentaire, une troisième a été trouvée depuis, prise le même jour ( voir les plis sur le rideau) que celle à la cigarette.  Elle nous présente cette fois un Robert souriant, fier de montrer sa guitare à l'objectif.


- The Two killings of Sam Cooke: Après Robert, mort empoisonné à 27 ans, c'est Sam, mort à 33 ans dans des circonstances très mystérieuses et probablement liées à son engagement politique, qui est à l'honneur. Officiellement tué en cas de légitime défense par une propriétaire d'hôtel, après qu'une prostituée se soit plainte d'avoir été enlevée par lui. Les deux femmes avaient des accointances avec la mafia, beaucoup d'argent a disparu ce jour là, mais l'affaire a été étouffée parce que Sam était un musicien, noir et commençait à faire un peu trop parler de lui.

Chanteur de Gospel qui s'était réorienté vers la soul, il commençait à développer des thèmes un peu trop politiques, et son amitié avec Martin Luther King posait problème au gouvernement. D'autant que Sam était riche, ultra populaire et influent, ça aurait pus donner à d'autres noirs l'envie de la suivre Raison1 de s'en débarrasser.
Il avait décidé de fonder sa propre société de production, dans une industrie de la musique noyautée par la mafia, et avait reçus des menaces très directes, dont plusieurs personnes ont été témoins, de la part de mafieux. Raison n°2.
Il s'était rendu compte que son associé dans la maison de production était en train de le doubler par contrat, et qu'il se serait retrouvé salarié de son associé s'il n'avait pas lu le contrat, il s'apprêtait donc  à licencier l'individu. Raison n°3.
Laquelle a été la principale? difficile à dire, car l'enquête a été bâclée, trop de gens bénéficiaient de sa disparition. Il en reste une triste histoire qui ne sera jamais élucidée, un poignée de disques  enregistrés par un chanteur à la voix magnifique qui était entrain d'obliquer vers une seconde partie de carrière encore plus passionnante, et la splendide chanson " A change is gonna come" devenue un hymne des mouvement civiques. Malheureusement, Sam, mort fin 1964, n'aura vu ni le succès de sa chanson, ni la fin de la ségrégation. Mais c'est aussi un moyen de rappeler que la lutte pour l'égalité ne se fait pas seulement via de longs meetings politiques, une lutte armée, aussi et tout autant par le "soft power" qu'est l'art, et en particulier, la musique, sont une fabuleuse manière de vaincre les résistances.


What happened, Miss Simone?: après le blues et la soul, place au jazz (encore que, on l'a dit, plus le temps avance, plus les genres sont poreux). Avec le paradoxe que Nina Simone est devenue une vedette précisément dans un domaine qui n'était pas celui qui l'intéressait.
Son truc c'était le piano, elle n'est devenue chanteuse que parce qu'on le lui a demandé, avec une belle augmentation à la clef, dans le restaurant où elle jouait. Sa voix de mezzo a fait le reste. elle est devenue pianiste de jazz, alors qu'elle se passionnait pour la musique classique et Bach en particulier, mais a échoué à un concours de musique classique simplement à cause de sa couleur de peau. Elle a donc joué ce qu'on attendait d'elle, du jazz et de la soul, mais en les infusant discrètement de sonorités et de techniques classiques.
Et comme Sam Cooke, elle a développé au fil du temps un militantisme social, influencé par les black Panthers et Malcolm X dans son cas. Mais si Sam penchait vers un côté pacifiste, Nina, plus rebelle et agressive, allait vers la lutte ouverte et la détestation des blancs en général.
Lorsqu'elle elle monte en scène pour un concert, c'est de la manière dont un boxeur entre sur un ring. Sa musique c'est son combat. Ce n'est que bien plus tard, après des années d'errance physique ( au Liberia, en suisse, en France, en Hollande) et médicale, qu'une psychose maniaco-dépressive qui lui pourrissait la vie ainsi qu'à ses proches, a finalement été diagnostiquée et soignée lui permettant de vieillir un peu plus en paix avec elle-même. Nina n'est pas une femme aimable, mais c'est une femme passionnante, au talent indéniable. en plus d'une illustration du plafond de verre auquel même une musicienne hyper talentueuse a pu se heurter, du fait d'être à la fois une femme, et noire aux USA dans les années 1950.

Donc trois documentaires, de durées diverses, sur 3 musiciens marquants, dans 3 genres différents. Je réfléchissais au paradoxe, et à l'ironie, que la musique crée par une communauté opprimée et muselée, déplacée d'un continent à l'autre, ait pu être à l'origine de TOUTE la musique actuelle mondiale: rock, hard rock, disco, funk, rap, électro... les genres majeurs actuels dérivent tous à divers degrés du blues et du gospel, et de leurs évolutions. Et trouver un écho jusqu'en Europe et en Asie ( le jazz au Japon, c'est vraiment un truc énorme), en se métissant (ironie, bis) aux cultures locales. Il est parfois difficile d'entendre à priori l'influence afro-américaine dans du rap russe, de l'électro d'Asie Centrale ou du metal d'Inde, et pourtant, c'est bien le cas, de manière de plus en plus imperceptible au fil des décennies, comme le métissage des populations devient de plus en plus complexe à retracer dans le temps d'ailleurs. et c'est quelque chose qui me fait plaisir. Plus les choses se mélangent, moins elles sont définissables et plus ça me convient. Nina a mélangé sa musique de prédilection avec celle de la communauté d'origine pour obtenir quelque chose de nouveau, et ça me parle.

Et là je me dis, vous imaginez ce trio? Robert à la guitare, Nina au piano, Sam au chant?


dimanche 16 février 2025

Black Far west / Black cowboys ( documentaires ARTE)

 On continue avec l'histoire. J'ai évoqué précédemment et rapidement les buffalo soldiers du fort Huachuca , on poursuit avec la même époque.

Bien dans la thématique de ce mois, ARTE repropose pour quelques jours deux documentaires qui remettent un peu de couleurs dans la mythologie un peu trop monochrome du western. Passé à la moulinette du cinéma, la représentation classique " héroïque cowboy blanc vs méchant indien" étant très très loin de la réalité.
Déjà parce que le travail de était un travail agricole bien peu glorieux, souvent dangereux et sous payé, dont on l'a dit dans le précédent podcast, le coeur du métier était de rassembler des troupeaux de bovins semi sauvages pour les diriger vers la filière bouchère. Des travailleurs agricoles, donc.
Ensuite que " la représentation des autochtones, vivants en tipis pourtant des plumes sur la tête nie la réalité tout aussi multiculturelle des différentes tribus. Que ce soit au niveau de la langue, de la nourriture, des vêtements, des conditions de vie, il n'y a pas grand chose de commun entre les Aléoutes d'Alaska et les Apaches du Texas, les Séminoles de Floride ou les Algonqins du Canada.
Et lorsqu'il s'agit de la représentation des afro-américains et des mexicains, là, les westerns semblent aux abonnés absents.
Ils sont dans l'angle mort. Il a déjà fallu attendre longtemps pour avoir un film centré sur les bataillons noirs ou mixtes de la Guerre de Sécession. Or s'il y avait des noirs dans l'armée en 1860, et des centaines de milliers d'ouvriers agricoles noirs dans tout le sud, le pays était déjà beaucoup plus mixte qu'on veut bien le dire.
Une fois la guerre finie, et l'esclavage aboli, tous ces gens nés esclaves ayant finalement peu d'autres choix que rester sur place et travailler exactement comme avant, pour un maître devenu employeur mais qui payait mal, ou partir vers l'ouest là où leur compétence pour les travaux agricoles leur permettait de proposer leurs services contre salaire en faisant jouer la concurrence, le choix a été vite fait: travail dur et mal payé sous les ordres de la même personne qu'avant ou travail dur et mal payé mais avec une relative indépendance?
D'autres ont mis a profit la possibilité de faire des études, d'opter pour des carrières administratives, d'intégrer l'armée.

On évoque donc dans ce premier documentaire quelques parcours: Henry Bibb, journaliste; James Beckwourth , trappeur:; Bass Reeves, marshall; Nat Love, cow-boy, Mary Fields, postière et conductrice de diligence;  et quelques autres trop nombreux pour être nommés, ou simplement rapidement mentionnés les nombreux Buffalo Soldiers de la guerre de sécession
Black far west ( environ 1H30)
https://www.arte.tv/fr/videos/102989-000-A/black-far-west-une-contre-histoire-de-l-ouest/

Ce qui est particulièrement intéressant est la mention, rarement faite, de la position entre-deux des natifs: certaines tribus ont collaboré avec les esclaves ou anciens esclaves en fuite, mais d'autres avaient déjà intégré un mode de vie blanc, " civilisé" dans lequel la possession d'esclaves était presque un passage obligé, un indicateur de civilisation. Henry Bibb a été esclave chez des blancs puis chez des planteurs natifs et a donc vu les deux côtés.. et précise que la seconde condition était incomparablement meilleure ( visiblement c'était la possession d'esclaves qui comptait pour gagner sa place en société, pas le fait de les faire travailler comme des bêtes de somme et de les maltraiter).
Inversement, les anciens esclaves n'étaient pas tous du côté des autres opprimés, puisque pour se "blanchir" aux yeux de la société, il fallait adopter les même coutumes que les blanc, parmi lesquelles la détestation des natifs. Certains étaient même probablement sincèrement persuadés que les natifs étaient des rivaux dans la posessions des terres, une situation que bien sûr les autorités blanches se sont empressées d'entretenir, de même que les dissensions entre différentes tribus
Imaginez seulement si une grande quantité d'anciens esclaves, très mobiles s'était alliée à une grande quantité de natifs très mobiles, tous fins connaisseurs de la région, expert dans le dressage des chevaux, et pouvant bloquer toutes les productions agricoles.  Ca aurait mené à une révolution , et probablement que le paysage politique actuel serait extrêmement différent.

Black cow-boys ( 25'): Et si on allait au far EAST?

pour situer, le Queens est en vert, le New-York touristique est en Rose


Et voilà qui complète parfaitement, puisque ce court reportage parle moins des légendes de l'ouest que des gens, tout à fait contemporains, qui tentent à la fois de faire connaître l'histoire méconnue des afro-américains qui ont fait l'ouest à une population contemporaine et urbaine qui n'a aucune idée de leur existence, et de conserver des reliques de ce passé. Alors qu'ils sont à New-York, donc dans une  région qui n'a absolument aucun lien avec le far west. Il s'agissait à l'origine d'un club équestre situé dans une district éloigné et assez rural de New-York, dans le Queens ( et oui, ça existe et c'est un plaisir de voir cette face bien plus vivable de la ville, pas un gratte ciel à l'horizon, des immeubles et maisons basses, des parcs), qui, devant la pression immobilière a dû quitter une zone devenue bien trop chère à louer. Le club existe encore, mais dans un espace bien plus petit et plus urbanisé, où ils ne peuvent plus avoir que quelques stalles et quelques chevaux, qu'ils font sortir dans les parcs.
Cette poignée de passionnés tous afro américains,  travailleurs sociaux, assureurs, employés de bureaux la semaine, deviennent cow-boys le week-end et pendant leurs loisirs, faisant découvrir l'équitation, les soins des chevaux, tout autant que l'histoire aux gens de leur quartier, mais pas que, ils peuvent parfois aller à cheval à Manhattan ou partir dans d'autres états. Une action culturelle et sociale, puisque le club est aussi un endroit de socialisation, où des gamins urbains, souvent de familles pauvres, peuvent se faire des amis de tous âges ( et il y a pas mal de retraités) se faire un  réseau de relations grâce à qui ils peuvent trouver un stage ou un petit job, parler de leur problèmes ( pas de jugement, l'idée est qu'en leur faisant connaitre autre chose dès leur plus jeune âge, ils voient une autre face de la vie que le quartier, la délinquance, la drogue...
Et ces cow-boys urbains sont très drôles, très sympathiques, et toujours partants pour parler de leur loisir, passion, mission avec les quelques touristes qui viennent leur parler dans ce coin peu touristique.

Je me disais que ce serait cool de les mettre en contact avec les gens de ma région (Camargue), où se trouvent peut être encore des descendants de Sioux, qui, de passage au début du XX° siècle avec la tournée de Buffalo Bill ont décidé de rester ici, dans une région alors sauvage qui leur rappelait probablement leur terre natale perdue. J'aimerais voir la rencontre des cow-boys de New York et des sioux de PACA.

samedi 19 mars 2016

Jodorowsky's Dune ( documentaire)

Je vous ai déjà parlé à plusieurs reprises de la chaîne Youtube du Fossoyeurs de films.. ceux qui seront allés l'explorer auront donc appris que François Theurel, alias le Fossoyeur est un grand fan de Dune ( les romans, mais aussi le film de Lynch, qui en dépit de ses défauts est pour lui un souvenir de jeunesse pour lequel il garde une affection particulière.

Je le dis de suite, je n'ai pas vu le film de Lynch ( bien que la chronique du fossoyeur me donne envie d'essayer, tout en sachant à quoi m'attendre), ni même encore lu les romans, pas même le premier ( ce qui est prévu.. un jour, oui...)

Mais avant la version de Lynch, dans les années 70, une première version avait été prévue, et même très avancée. Tout était prêt, un casting de rêve, une bande son de folie, des décors fignolés, un story board prévu à l'image près... sauf que...
j'aime ce vaisseau, bous ne pouvez pas savoir à quel point
Et donc, bien que réalisé en 2013, le film ne sort que ces jours ci, et j'ai pu le voir en avant-première. Grâce à l'ami Fossoyeur, justement, qui est de ma ville

Sauf que le projet d'Alejandro Jodorowsky était grandiose, trop même, et n'a pas trouvé l'écho qu'il aurait du auprès des producteurs, un peu trop frileux. Au début des années 70 personne n'aurait vraiment misé sur un space opera ambitieux, la Sf était vue comme une distraction de seconde zone, le film aurait coûté trop cher, Jodo était trop enthousiaste, et fichait un peu les jetons aux producteurs qui auraient voulu un réalisateur plus " docile" ( comprendre qui accepte des concessions sur les impératifs du marché, et Jodo n'était pas vraiment ce genre de personne). Les effets spéciaux aussi n'étaient pas encore au point.. le seraient-ils même maintenant?

Et donc, le film ne s'est pas fait. Ce documentaire est la narration de ce formidable, non pas échec, mais "non-succès". D'où le sous titre" le plus grand film de science fiction jamais réalisé". Le "jamais" ici prend tout son sens!

Un peu comme Lost in la Mancha racontait les déboires (réels) de l'équipe de Terry Gilliam parti tourner Don quichotte et Espagne et qui est aussi un documentaire sur " une équipe de ciné qui ne peut pas faire son film à cause d'une série d'invraisemblables catastrophes", suivant au jour le jour les mésaventures de l'équipe ( ce qui devait être le making off du film est devenu le film d'un film). C'est très drôle, mais très frustrant aussi.

Un peu, mais pas tout à fait ( je n'ai pas piqué cet argument à la vidéo que vous pourrez-voir en fin de billet, j'ai vraiment aussi pensé à Lost in la Mancha)

Parce que là, c'est la genèse du film qui est racontée, comment le projet est né, comment le réalisateur a véritablement démarché les talents de l'époque ( quitte à les soudoyer de manière assez surprenante:  à coup de bons repas au restaurant pour Orson Welles, les anecdotes sont très drôles aussi), littéralement parcouru des kilomètres pour réunir la meilleure équipe possible, fourni un script ultra détaillé illustré par Moebius ( oui, LE Moebius. Jean Giraud. Le dessinateur de Blueberry, LE Moebius des Maîtres du temps)... pour se voir refuser " c'est bien votre projet est bien, mais..."

Je ne peux pas m'empêcher de m'imaginer qu'à l'heure actuelle, à l'heure du net.. il n'aurait probablement aucun problème pour le réaliser en crowdfunding. Mais pas en 74.

Et pourtant le film existe: sous forme de ce script devenu introuvable, mais aussi sous forme de Bd, car Jodorowsky a transcendé sa frustration, on l'apprend, en réutilisant une bonne partie de ses idées dans l'Incal et les Méta-barons, ses séries BD les plus connues; sous forme de ce documentaire; et sous les multiples reprises d'idées opérées dans presque toute la science fiction qui a suivi ( Dan O' Bannon et HR Giger qui aurait du bosser sur Dune, sont allés travailler sur l'Alien de Ridley Scott, qui doit donc esthétiquement beaucoup à un film qui n'a jamais pu être tourné. Pareil pour Star Wars...)
Donc, si le film n'a pas pu se faire, sa postérité elle, existe bel et bien. Et c'est une revanche qui fait bien plaisir.
et si ça se trouve, le film aurait peut être été un échec commercial, si le public n'avait pas suivi. Mais.. rêvons un peu.

Jodoroswky à la réalisation
Moebius au script et aux design des personnages

Dan O' Bannon et HR Giger pour les décors
Le baron Harkonnen est tellement égocentrique qu'il devait avoir une forteresse à son effigie, armée..

...et hérissée de pièges (vous saviez que j'adorais l'imaginaire déglingué de Giger aussi?)
Salavador Dali en empereur de la galaxie ( avec une anecdote très drôle sur son cachet mirobolant: il voulait être payé 100 000 dollar de l'heure, l'équipe lui a proposé 100 000 de la minute " utile" prévoyant de le le faire figurer à l'écran qu'une seule et unique minute)
Orson Welles. Je répète ORSON WELLES ( oui, je suis juste un peu fan) en baron Harkonnen, un tyran qui aime bien couper les têtes qui ne lui reviennent pas à la cisaille)

Magma, Pink Floyd, Henri Cow à la musique ( chaque planète devait avoir un thème différent: je me souviens qu'il est évoqué Pink Floyd pour la planète des Atreides et Magma, plus martial pour celle des Harkonnen. Je ne sais pas qui devait se charger du thème d'Arrakis)

Une excellente soirée donc, tant pour le film que je conseille à tout amateur de SF, mais aussi d'aventure  ( car rien que l'histoire du " recrutement" des protagonistes est une aventure épique), d'utant plus qu'elle était suivie d'une interaction avec Brontis Jodorowsky, fils du rélisateur, qui à l'âge de 12 ou 13 ans, devait tenir le rôle principal de Paul Atreides. Et a subi un entraînement quotidien intensif de karaté pour l'occasion. Le monsieur a un humour absurde qui fait plaisir.

Pour profiter de cet entretien, voilà le résumé de la soirée, suivi de quelques unes des questions qui ont été posées...

dimanche 29 décembre 2013

puissances de 10 (documentaire)

Hum, bientôt la fin du challenge geek, et je n'ai pas encore fait de billet scientifico-cosmico-spatial..

on va y remédier avec un petit ( 10 minutes) documentaire, un peu- beaucoup- ancien puisqu'il est millésimé de 77, tout comme moi. j'avais du le voir vers 87, je pense par à, il m'avait beaucoup marquée et maintenant je l'ai retrouvé: alors oui, c'est daté, mais je le trouve malgré tout bien ficelé et didactique. Je vous invite donc à un petit voyage d'abord dans l'infiniment grand , puis dans l'infiniment petit. Le principe est simple, un personnage est filmé à 1 mètre au dessus du sol, et toutes les 10 secondes, la caméra, ou plutôt le point d'observation s'éloigne vers le haut d'une puissance: 1 m, puis 10 m, puis 100m puis 1000 m, ect.. jusqu'à 100 millions d'années-lumière. et inversement, on revient.. jusqu'à un proton dans un atome d'une molécule d'adn de la peau du pique-niqueur.

c'est un peu farfelu, mais bien trouvé, sur une musique bien expérimentale, donc même si ça a vieilli, et que l'animation n'est pas très fluide, et la voix off très très sérieuse, j'adore! Ce documentaire de Ray Eames a d'ailleurs eu un énorme succès en son temps, et s'il n'est pas forcément très connu en France ( hors des projection scolaires auxquelles vous avez peut-être eu droit!), il est apparemment très célèbre aux USA. En tout cas, suffisamment célèbre qu'un site web lui soit dédié!
Powers of ten
site très sympa, outre le film en version originale ( qualité d'image bien supérieure à la VF que j'ai retrouvée!), une carte d'une foule de chose ( téléscopes, interferomètres, prix nobel, événement liés au films ou à Ray Eames), et une echelle permettant d'avancer à son rythme dans les captures d'écran.
Ha au fait, Ray Eames était une femme, hé oui, je viens de le découvrir!  designer, peintre et architecte avant de devenir réalisatrice de documentaires