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lundi 19 octobre 2026

Des os et des squelettes!

Parce que c'est de saison, mais je ne voulais pas aller dans ce qui est le plus évident, mais au contraire le très factuel.
Après Jurassic Park, voilà la vraie paléontologie, sans Jeff ni Sam, mais avec de vrais scientifiques. 

Voilà donc le mini podcast que j'ai écouté récemment, 7 épisodes de 7 minutes pour présenter  les specimens les plus importants de la collection paléontologique du museum d'Histoire Naturelle de PAris. J'ai eu la possibilité de le visiter en août 2025, grand bien m'en a pris puisqu'il est depuis fermé pour travaux. J'ai évidemment surkiffé!

une des seules photos qui me restent de l'an dernier, les autres sont sur mon précédent téléphone... en attente de réparation


Et donc ici, on nous présente les fossiles du mammouth de Durfort, de la sarigue de Cuvier, du mosasaure, des oeufs géants de l'aepyornis ( ceux d'autruche font pâle figure en comparaison), du sarchosuchus, du tricératops et du diplodocus ( par contre France culture, sérieusement? "  le Sarcosuchus imperator, dit aussi "SuperCroc" est considéré comme le plus grand dinosaure de tous les temps", les crocodiliens ne sont PAS des dinosaures, et même le diplodocus n'est pas le plus grand dinosaure de tous les temps, ça c'est sujet à débat entre le patagotitan et l'argentinosaure)

Et un autre, plus long, 50 minutes rien que sur le mammouth du Gard.

Et allez, c'est la fête, donc toute une conférence sur la galerie d'anatomie comparée, passionnante aussi, qui partage les locaux avec la galerie de Paléontologie et une autre sur le métier du " soigneur d'os" du même musée. Là, c'est plutôt 2h00.

Et malheureusement, parce qu'il y a aussi des mauvaises nouvelles en paléontologie, je suis obligée de relayer celle de la vente aux enchères de l'holotype du Dubreuillosaurus.
ceci est une reconstitution " présentable" 

Pour simplifier, l'holotype d'une espèce est le fossile de référence, qui sert de point de comparaison pour les scientifiques afin de déterminer si un noyveau fossile est proche d'un autre, de la même espèce ou non.
Le dubreuillosaurus est peu connu, il a été découvert en 1994 en Normandie. Il n'est pas joli, très fragmentaire, donc  pas le genre de chose qu'on peut acheter pour l'exposer, et a surtout une grand importance scientifique, car c'est le seul représentant connu de cette espèce de mégalosauridé ( c'est bien pour ça qu'il en est l'holotype; il a servi à définir l'espèce et est, jusqu'à ce jour , le seul specimen répertorié).
Ce qu'on a réellement retrouvé du crâne ce sont les parties en blanc, le reste a été déduit.C'est quand même pas mal pour un crâne, le corps du fossile est beaucoup plus fragmentaire, mais il est évident que tel quel, démonté, il n'a pas grand intérêt pour le grand public.

Or il était présenté depuis 2014 à la Paléosphère de Villers-sur-mer, accessible aux chercheurs, visible du public. Mais son découvreur, M. Dubreuil ( d'où le nom) est un particulier qui a décidé de le récupérer et de le vendre aux enchères.
Il n'y a apparemment pas en France de législation concernant la vente d'un fossile unique au monde, pas de préemption de l'état, de classement au titre des biens culturels inaliénables, incessibles... comme ce serait le cas pour une oeuvre d'art.
En l'occurence, le propriétaire est donc libre de le vendre au mieux offrants. Si encore il était acheté par un musée pour le laisser accessible aux chercheurs et au public, ce serait moindre mal même à l'autre bout du monde, mais le risque est très élevé qu'il soit acheté par un collectionneur privé voulant prouver qu'il a les moyens de s'offrir quelque chose qui ne lui est d'aucune utilité, en en privant le reste de la planète. qua d aux musées français, le budget alloué à la culture et à la recherche est devenu si maigre qu'aucun musée ne pourrait l'acheter.
Je ne trouve pas non plus de cagnotte participative comme il a été mentionné par exemple pour la restauration du mammouth dans l'émission citée plus haut.
Pour en savoir plus sur ce rare fossile, c'est ici (8 minutes) ou là  (2 minutes)

Bon, ça reste une histoire de dinosaure qui se fait la malle alors qu'on voudrait le garder, mais ça ne ferait pas un très bon scénario de film.

 

samedi 20 juin 2026

Prehistoric park ( 2006, documentaire science (fiction)

 Puisque j'ai un peu évoqué Nigel Marven en marge de son aîné et confrère David Attenborough  l'occasion de ce mois anglais, j'ai eu envie  de parler de ce documentaire animalier hybride très curieux, qui fête cette année ses 20 ans.

Hybride, parce qu'il prend ouvertement l'option de la science-fiction pour mieux parler de science de manière humoristique (on est dans quelque chose de volontairement décalé) mais de scientifiquement correct, du moins à l'aune de ce qu'on savait il y a 20 ans. Car oui, certaines informations sont obsolètes, même au sujet de biotopes datant de plusieurs millions, voire centaines de millions d'années, les connaissances se sont bien affinées en 20 ans, et ce documentaire de vingt ans d'âge est maintenant... vintage.

Il y a une chose que je ne crois pas encore avoir dite ici, c'est ma passion de toujours pour la paléontologie et la géologie (lors de mes précédentes vacances, j'ai passé des heures, mais vraiment des heures dans la galerie de paléontologie de Paris et à l'institut de science naturelle de Bruxelles, à admirer les iguanodons de Bernissart).

Donc dès que ça parle de paléontologie, que ce soit Le petit dinosaure et la vallée des merveilles, des podcasts pointus, en passant par ou les vidéos de vulgarisation de Simplex Paléo, Alexis Da Costa et Cedrik jurassik, du plus sérieux au plus farfelu, je surkiffe.

Et bien sur les documentaires de la BBC, que j'ai vu et revus.

C'est parti :imaginons que grâce à la science, on puisse créer un zoo préhistorique... hum ça rappelle un roman adapté en petit film "indépendant", "peu connu", où les dinosaures sont recréés via le sang pompé par un moustique fossilisé dans l'ambre.

Mais si l'idée générale est similaire, la manière d'y parvenir est très différente.

Jurrassic Park était un film de SF et d'aventure qui tordait beaucoup mais alors beaucoup le cou à la plausibilité scientifique ( recréer tout un zoo dinosaurien à partir d'un moustique est impossible, et si l'adn était suffisamment pérenne, tout ce qu'on pourrait obtenir, c'est en fait... des moustiques jurassiques clonés, ce qui me parait une très mauvaise idée, vu que l'insecte en question est déjà en tête de liste des espèces qu'on voudrait voir disparaître à tout jamais) sans vraiment d'autre objectif que de divertir (et comme j'aime bien Jeff Goldblum, et son blasé " putain, j'en ai marre d'avoir toujours raison!"), et dans ce domaine il fait ce qu'on lui demande.

Avidemment il faut toujours mettre des T-rex en avant pour attirer le spectateur, mais c'est loin d'être le seul animal préhistorique qu'on va voir: il y a beaucoup, moins connu, plus gros et beaucoup plus petit, mais un aventurier poursuivi par deux micro raptors, c'était moins spectaculaire.

L'option retenue par l'équipe britannique de l'authentique zoologue et documentariste animalier Nigel Marven est inverse: planter directement le décor SF, pour mieux l'évacuer, et, ceci étant accepté, garder toujours ce principe pour coller au mieux aux réelles découvertes scientifiques, glissée dans les dialogues.

Donc Nigel, le zoologue/baroudeur/ Indiana Jones... possède une machine à voyager dans le temps ( uel veinard) et compte l'utiliser pour aller dans le passé chercher des animaux menacés avant leur disparition définitive et les conserver dans un parc zoologique. Et au passage, aller filmer tricératops, ornithomimosaures, mammouths, arthropleura... dans leur milieu naturel. Donc, pour peu qu'on accepte la machine à ouvrir un portail dimensionnel... le reste est tourné à la manière d'un documentaire animalier presque classique, alternant séquences de recherches de specimens en danger dans le passé et vie quotidienne d'un zoo, avec vétérinaire qui s'active pour soigner les pensionnaires... sauf qu'un tyrannosaure blessé est autrement plus dangereux qu'un lion; gardien en chef qui planche sur les enclos les plus adaptés à ses nouveaux pensionnaires en prenant en compte ce qu'il connait sur les animaux actuels en en essayant de l'adapter, sauf qu'on ornithomimosaure a beau ressembler à une autruche, son habitat d'origine n'a rien avoir avec l'Afrique du sud contemporaine...

Techniquement ( et à part l'impossibilité du voyage dans le temps,) il est plus scientifiquement acceptable de peupler un zoo avec des animaux ayant atteint un stade défini d'évolution, que de les recréer ex nihilo ou presque, à partir d'un moustique. Disons que c'est biologiquement moins n'imp.

Après cette manière peu orthodoxe et souvent drôle (l'équipe a bien dû se marrer en mimant le fait de patauger dans un marécage du carbonifère, en essayant de capturer des libellules géantes - drônes au filet,  ou en s'extasiant devant des triceratops invisibles) a un avantage: Celui de présenter les animaux des époques passées non comme des monstres de SF, mais comme des animaux à part entières. Le tout en distillant les informations scientifiques sur les fossiles, les possibles comportements sociaux, les adaptations aux différents milieux, au fil de la narration.
Autre gros avantage, perdu depuis : les décors en grande partie naturels. La tendance actuelle étant de tout reconstituer en image de synthèse, même quand ce n'est pas nécessaire ( alors que des marécages ou des montagnes sont un décor parfait où incruster les animaux de synthèse tout en gardant un rendu réaliste pour les mouvements d'eau, de nuages, du vent et des textures : rochers, terre, etc..). Ce qui entraîne aussi une perte de profondeur et des textures, donc... de réalisme.  Le mélange des deux, bien dosé, donne quelque chose de bien plus intéressant que le 100% fond vert ou bleu.

On retrouve un peu l'esprit du documentaire de la BBC " sur la terre des dinosaures" . Ce dernier est visuellement daté maintenant pour ce qui est des effets spéciaux et maquettes, ainsi que de certaines informations obsolètes, mais pour l'avoir vu lors de sa première diffusion en 1999, c'était révolutionnaire, le top niveau des effets spéciaux de cinéma au service de la science à l'époque.

La zoologie est un des rares métiers où tu peux être mangé par ton sujet d'étude.
Plus encore si tu voyages dans le temps, au carbonifère, même les mille-pattes t'auraient bouffé sans problème.

Les documentaires de l'ami Nigel (je l'ai dit et je le redis, il a bossé pendant 12 ans avec David Attenborough, pas encore Sir à l'époque, c'est un gage de compétence et de qualité) s'inscrivaient dans la continuité, des " sur la Terre.." que ce soit ce Prehistoric Park ou son exploration des mers du passé. Depuis , je le redis les données scientifiques ont évolué au fil des nouvelles découvertes et certaines représentations ont changé ( la taille surévaluée du deinsosuchus, pour ne citer que lui), d'autres étaient de la livre interpétations déjà à l'époque (surtout les couleurs des animaux disparus par exemple, concrètement à part le mammouth dont les peu et les poils conservés dans le permafrost permettent une représentation très fiable, beaucoup d'autres sont à prendre avec des pincettes, ou du moins comme une licence artistique) mais ça reste quand même une série très sympa à regarder.

Et surtout en VO, pour profiter des accents so british de tout le monde.

Et coup de bol, la série est trouvable sur Youtube, en vo, avec sous titres fiables en anglais. La série devait initialement avoir au moins une seconde saison mais apparemment les producteurs on décidé de la remplacer par une pure série de SF qui en est largement inspirée, sous le titre Primeval. Donc, il n'y a que 6 épisodes d'un peu moins d'une heure, et nous ne saurons jamais si Martha la mammouth a pu vraiment s'intégrer à un troupeau d'éléphants, ou si Terence et Mathilda les jumeaux tyrannosaures ont réussi à trouver une terrain d'entente sans s'entredévorer.

Par contre, il va falloir que je cherche les autres documentaires soit scientifiques ( sur la terre des dinosaures/ monstres disparus / géants, et la nouvelle mouture plus récente " planète préhistorique", afin de mettre à jour les informations) soit mi science/ mi SF de Nigel Marven ( sur les traces des dinosaures, les monstres du fond des mers)

Mais je note pour moi même: lorsqu'on inventera une machine à voyager dans le temps, je veux bien aller au permien, mais je dois éviter le carbonifère: même si les forêts de fougères arborescentes ont l'air magnifiques, l'humidité, les 30°C en moyenne avec des incendies en veux-tu en voila à cause du taux d'oxygène qui te ferait planer en moins de deux,  les libellules de 70 cms d'envergure, les scorpions de 70 cms de long, les salamandres de 3 mètres, les mille-pattes qui pourraient te bouffer... c'est pas du tout pour moi!)

Tiens d'ailleurs, les traces d'arthropleura, le mille-pattes géant, ont été trouvées aux iles d'Arran, je ressors mon super site pour vous montrer où se trouvait la zone il y a 340 millions d'années: un peu plus au sud qu'au Jurassique, mais surtout au pied d'un massif montagneux géant ( qui ne fait pas partie de la chaîne hercynienne - une chaîne gigantesque qui ferait passer l'Himalaya pour une maquette, et dont il reste de nombreux vestiges en France et en Allemagne), mais la rejoint. Car oui, il y a 340 millions d'années, l'écosse était une jungle, sous les tropiques, au pied d'un massif montagneux énorme.






samedi 13 juin 2026

Quelques paléontologues et zoologues britanniques à connaître - partie 2

En fait, j'ai eu cette idée dans le courant du mois dernier en voyant que Sir  David Attenborough vient de fêter ses 100 ans.

Certes il est plus biologiste et naturaliste que réellement paléontologue, mais c'est probablement la personne vivante qui a le plus d'espèces nommées en son honneur, espèces préhistoriques ou non. Plus de 50, dont une guêpe chilienne qui vient d'être découverte et nommée pour ses 100 ans tout pile.
Son importance dans le monde scientifique mais aussi dans la vulgarisation scientifique à destination du grand public mérite bien une mise en avant.
Je l'ai pour ma part découvert dans les années 1990, quand certains de ses documentaires étaient diffusés dans la géniale émission Continentales en VOST, et je me souviens de ce monsieur déjà très âgé rampant sous une termitière pour en montrer les détails avec un enthousiasme communicatif.

On sait que son frère Richard était réalisateur ( notamment d'un énorme succès sur Charles Chaplin), ou qu'il est toujours très actif et continue à réaliser des documentaires à 100 ans.
Mais voilà quelques autres anecdotes à son sujet ( j'apprends donc qu'il a été responsable du passage à la TV couleur - et donc à l'adaptation vidéo à ce nouveau format - pour la BBC et que c'est lui qui a suggéré l'emploi de balles de tennis aux couleurs vives à Wimbledon, et qu'on a en commun le fait de ne pas conduire)
Et je vois par ailleurs qu'il a rejoint Brian May ( oui LE Brian May) et Slash ( oui, LE Slash) dans leur lutte pour la protection des blaireaux, et que en l'honneur de ses 100 ans, LEGO a changé l'âge sur ses boîtes de " 4 à à 99 ans" pour  de 4 à 100 ans et plus". Cette dernière information m'éclate particulièrement.

Un ptit hommage par la BBC?


Et de la part de l'Australie aussi ( et bonus, ça permet d'entendre un peu l'accent australien)


Et pour justifier d'en parler en lien avec la paléontologie, voilà un reptile marin datant de - 190 millions d'années , donc du 3° étage (Pliensbachien) du Jurassique inférieur, qui nageait dans les eaux tropicales de ce qui est maintenant la côte sud de Grande Bretagne, et donc nommé Attenborosaurus conybeary. Dans la petit vidéo qui accompagne l'article, il explique qu'après avoir eu des espèces nommées en son honneur, c'est tout un genre qui lui a été dédié, et ça c'est une sacrée reconnaissance de son travail.
Auparavant il y a eu le Materpiscis attenboroughi ( poisson placoderme du dévonien tardif) et le Microleo attenboroughi, " microlion" qui était en fait un marsupial carnivore du Miocène, tous deux trouvés en Australie;
l'Agapornis attenboroughi (oiseau du pliocène, de la famille des perroquets) trouvé en Afrique du Sud; L'Imparavis attenboroughi est aussi un oiseau, mais du Crétacé inférieur, trouvé en Chine
L'Electrottetix attenboroughi ( minuscule criquet du miocène trouvé dans l'ambre) de la Dominique;
le Succinalophus attenboroughi (coléoptère de l'Eocène trouvé dans l'ambre à Kaliningrad);
la Mesosticta davidattenboroughi ( une libellule  du crétacé) et le Diversinitus attenboroughi ( guêpe du crétacé) trouvées aussi dans de l'ambre, en Birmanie).
Le Caipirasuchus attenboroughi est un notosuchien ( parent fossile des crocodiles pour faire simple) du crétacé, trouvé au Brésil
Le Pulchritudo attenboroughi est un coléoptère du Crétacé du Colorado dans un état de conservation comme en en trouve rarement.
Attenborolimulus est un genre de limule du Trias ( trouvé en Russie) ce qui fait un autre genre à son nom.
Plus étranges, les Attenborites, fossiles de la faune (ou flore) d'Ediacara en Australie, dont on ne sait pas si ce sont des végétaux, animaux ou autre chose encore.
Auroralumina attenboroughi est aussi ancien (Cnidaire de l'édiacarien de Leicester).

MMM ça ne fait que 14 genres et espèces, on a dit qu'il y a beaucoup plus de choses portant son nom, voila donc la liste générale . Depuis la guêpe nommée le 8 mai dernier,  s'est ajouté un acarien . Nul doute qu'elle va encore s'étoffer au fil des prochaines découvertes, vu l'immense popularité - méritée! - du monsieur.

Et puisque je parle de Sir David, je me dois de parler un peu de son comparse et  collaborateur Nigel Marven. Ce sera fait prochainement plus en détail puisque je suis en train de regarder sa série Prehistoric Park en VO siouplait. Je l'avais vue il y a des années lors de sa diffusion en français sur les ondes françaises. Il a repris le créneau de son collègue en extrapolant le documentaire animalier " standard" aux mondes préhistoriques, avec une petit dose de SF ( on a qu'à dire qu'on peut voyager dans le temps) et rigueur scientifique, avec pas mal d'humour et : Prehistoric Park, donc, mais aussi les Monstres du fond des mers, spin-off de la série " Sur la terre de...". Bon là au moins, il ne risquait pas trop sa vie, contrairement aux documentaires animaliers contemporains où il a été mordu par des serpents ou par un requin, ou a failli être piétiné par un rhinocéros. Par chance, il est toujours là et a fait quelques apparitions dans une série, pleinement SF cette fois, intitulée Primeval ou  Nick Cutter et les portes du temps.
Série que je n'ai pas vue, mais qui est anglaise, donc je vais l'ajouter sur ma liste de choses à voir, peut être pas pour cette année, mais sait-on jamais.

L'ami Nigel n'a pas, à ma connaissance ( ou plutôt pas encore) d'espèce nommée en son honneur.. du moins je n'ai rien trouvé. Ca peut changer.
En tout cas ces deux là méritaient qu'on parle d'eux, tant ils ont révolutionné le concept du film documentaire, le saupoudrant d'humour et d'aventure, et oeuvrent encore pour la biodiversité.

Raaaaah, ça me donne aussi envie de re-re-re-revoir les séries " sur la terre de..." qui, même si elles ont vieilli et sont parfois obsolètes tant au point de vue des informations après 25 ans de nouvelles découvertes, qu'au niveau des effets spéciaux qui ont aussi progressé de manière spectaculaire depuis. Mais mais mais, je préfère quand même un animatronique bien fait plutôt que du 100% effets spéciaux sur fond bleu. Et quand même ils ont marqué aussi leur époque, et moi aussi. Même si j'avais 23 ans à l'époque, mon goût pour la paléontologie a survécu bien après l'enfance et est toujours là.
SCIENCE, j'vous dis!

samedi 6 juin 2026

quelques paléontologues britanniques à connaître - partie 1

 

Après les dragons, on va parles de "monstres" réels.
De ceux qui écumaient les mers et les terres britanniques au jurassique.
Et de paléontologues.

Oui, mais pas ceux à qui on pense en premier lieu, même si Sir Richard Owens est celui à qui on doit l'invention du mot " dinosaure", et qu'il méritera un sujet à lui tout seul, j'ai envie de commencer en mettant les dames à l'honneur.
Parce que mine de rien, on leur doit pas mal de découvertes majeures, et elles n'ont pas toujours été prise au sérieux à cause de leur genre, voyons mesdames, la science est une affaire d'hommes ( même si au XIX° siècle encore pétri de conviction religieuses, les paléontologues en général n'étaient pas franchement pris au sérieux. Oser remettre en question les écritures sacrées, le déluge, le fait que la Terre a 6000 ans, c'était au mieux farfelu, au pire, impie)
Et pourtant, on doit certaines découvertes absolument majeures à des femmes.

On commence par la fameuse carte interactive que j'avais déjà utilisée pour d'autres sujets, et qui montre où  se trouve un lieu de votre choix à différentes époques, voilà donc là où était Londres il y a 150 millions d'années, donc la la fin du jurassique.

Le point rouge indique Londres et on devine en dessous la France: Grande-Bretagne et France étaient situées à peu près au niveau du tropique du cancer et étaient un zone de hauts fonds, d'îles et de bras de mer peu profonds, ce qui explique la quantité de fossiles d'animaux marins qu'on y trouve encore. Sisi, ça va avoir un importance tout de suite.


statue en l'honneur de Mary Anning à Lyme Regis

La plus connue est probablement Mary Anning (1799-1847). Elle est revenue sur le devant de la scène après des décennies d'oubli, grâce qu roman "Prodigieuses créatures" de Tracy Chevalier. Mary cumulait les casseroles pour l'époque: femme, d'origine modeste née à Lyme Regis - façon gentille de dire "prolétaire de la cambrousse"- et autodidacte. Passe encore que la chasse aux fossiles soit le loisir de femmes de la bonne société tant qu'elles n'essayent pas de voler la vedette aux hommes, mais là, en plus, elle n'était ni de famille riche, ni même apparentée de loin à un scientifique.
Le roman nous la présente vers 13 ans, vendant les fossiles qu'elle ramassait sur la plage comme souvenir aux touristes de la station balnéaire de Lyme Regis, ce qui est tout à fait exact. Rompue dès son jeune âge à les trouver et les différencier, c'était un atout certain par rapport aux scientifiques " de musées" qui recevaient des fossiles fragmentaires, à la provenance pas toujours indiquée et devaient se débrouiller avec ça.
On doit donc à Mary la découverte du premier squelette complet d'ichtyosaure,  reptile marin auparavant connu seulement par quelques fragments, puis à 22 ans le premier plésiosaure ( Plesiosaurus dolichodeirus) qui devient l'holotype de l'espèce, et à 29 l'holotype du ptérosaure Dimorphodon ( nommé par R. Owens). Et malgré l'importance de ses découvertes, vu qu'elle les vendait pour vivre, son nom y a rarement été associé. a l'époque, on considérait comme découvreur en général.; l'acheteur du fossile, ou le collectionneur qui les classait.

On ne peut pas parler de Mary Anning sans parler se sa mentor et amie, Elizabeth Philpot (1780 -1857), l'autre chercheuse de fossile au centre de "Prodigieuses créatures. Si Mary s'est distinguée par ses découvertes de reptiles marins et volants, elizabeth s'est surtout intéressée aux poissons fossiles.
L'Eugnathus philpotae est d'ailleurs nommé en son honneur. Ayant trouvé que les belemnites sont de lointain parents des seiches et que leurs fossiles contiennent encore de l'encre sèche ( de l'encre de seiche sèche..:D) elle a l'idée d'essayer de la délayer en y ajoutant de l'eau. c'est un succès au point que l'encre en question est utilisée pour dessiner leurs trouvailles. Mais c'est surtout en tant que collectionneuses, elle et ses deux soeurs, qu'elles se sont illustrées. Leur collection est encore de nos jours utilisée comme référence par les scientifiques.

Il faut encore mentionner Mary Ann Mantell (1795-1869), découvreuse - ou co-découvreuse pour ceux qui ne veulent vraiment pas admettre qu'une femme puisque faire une découverte majeure - de l'Iguanodon, le deuxième fossile de dinosaure à être identifié. C'est elle qui a trouvé des dents fossiles et les a signalées à son mari. C'est lui qui est allé les présenter à la communauté scientifique. Sans elle, il ne les auraient pas vues. Et comme Mary Ann savait très bien dessiner, elle a produit une quantité de gravure détaillées de sa découverte. techniquement , on peut donc dire aussi qu'elle est la première dessinatrice de terrain en paléontologie.

Plus récentes, Helen Marguerite Muir-Wood (1895- 1968) a pu être réellement paléontologue de métier, et sous-conservatrice du musée d'histoire naturelle de Londres. Médaille Lyell (prix de géologie) en 1958 pour l'importance de ses travaux sur les brachiopodes ( mollusques à coquille) et Eleanor Mary Reid (1860- 1953), passée de professeur de mathématiques et physique - déjà c'était rare à cette époque- à paléobotaniste et géologue, grâce à son mari, lui même géologue et botaniste qui lui fait découvrir une discipline qui la passionne. Les deux travaille ensemble mais elle poursuit dans cette direction lorsque son mari décède, et obtient elle aussi la médaille Lyell en 1936

5 femmes paléontologues , vous voyez que la préhistoire et ses grosses bébetes c'est aussi un truc de filles!
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