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lundi 5 octobre 2026

Coeur Double (1) - Marcel Schwob

 Comme je manque de temps pour lire en ce moment, j'ai cherché de la littérature audio que je puisse écouter facilement, en préparant le diner, en m'occupant de la lessive, en sortant le chien, en faisant du vélo d'appartement, etc...

Je suis tombée sur ce site, et j'y ai évidemment cherché des choses pour le mois halloween... Nouvelles... fantastique... Tiens Marcel Schwob, je connais de nom, mais je ne savais pas que c'était un auteur fantastique.
Et apparemment si, de la même époque et de la même veine que Théophile Gautier, avec un goût pour l'humour noir et le sarcasme, allez, c'est vendu, ça peut être pas mal.

Alors, oui pas mal, mais ce n'est, disons le d'emblée, pas du niveau de Gautier. Mais ça se laisse lire, ou écouter avec intérêt.

Donc Coeur Double, un recueil de 18 nouvelles, mais, comme elles ont été enregistrées séparément, on peut les écouter peu à peu, sans avoir a écouter d'une traite  plus de 4h00 d'enregistrement.
Comme il s'agit d'un site participatif, les lecteurs sont des amateurs, et non des acteurs spécialisés dans la lecture audio. Donc c'est parfois une bonne pioche, parfois moins, et un même tome peut être lu par divers lecteurs. en l'occurrence malheureusement le principal lecteur est un vieux monsieur qui, s'il a la plupart du temps une bonne expressivité, a un accent régional que j'ai du mal à comprendre, et une articulation pas toujours au top, rendant l'écoute parfois dure à suivre. Mais bon, c'est un volontaire qui a pris de son temps pour participer à un projet ambitieux et c'est déjà très cool ( pour ma part, je n'aurais pas fait mieux, avec mon accent provençal chelou, et mon inexpressivité totale: je lis tout, absolument tout  d'une voix neutre et sans émotion, comme si je présentais le JT, un reportage sur la vie des limaces, la météo ou les kilomètres de bouchons sur la route. Quand je parle ça va, mais en lecture je suis le degré zéro de l'expressivité!)

Pour simplifier ça, je vais en faire 3 sujets, 6 nouvelles à chaque fois, dans le (dés)ordre où je les ai écoutées, c'est bien, ça va nous occuper 3 semaines.

je n'ai pas trouvé le nom du peintre, ça vient simplement du site de littérature audio pour illustrer la nouvelle " les striges"


- Les striges: à l'époque romaine, à la fin d'un banquet décadent, le maître de maison pris d'une humeur macabre, raconte comment des années auparavant, il a été témoin de l'attaque des striges sur un cadavre, lors d'une veillée funèbre. Les striges sont des créatures fantastiques antiques, mi sorcières, mi monstres, à l'allure de rapaces, nécrophages. Elles endorment les vivants lors des veillées funèbres, qui à leur réveil, ne peuvent que constater les dégâts sur le corps du mort, becqueté et vidé de ses organes internes, seule en  reste la peau, bourrée de paille.

- Le sabot: un jour de Toussaint, sur une route , une petite fille perdue, errante, miséreuse, rencontre le diable. Celui-ci lui jette un sort qui lui fait voir quelle sera sa vie future: adoptée par une famille de pêcheurs du genre Thénardier, elle va être leur esclave, puis mariée de force à l'un de leurs fils alcoolique et violent, c'est réellement une vie de merde qui l'attend. Lorsqu'elle a vu les misères qui vont être son lot, il lui donne le choix: le suivre et échapper à cette vie horrible, ou refuser le pacte et suivre ce destin. Si c'est l'enfer qui l'attend sur terre, autant en finir de suite et suivre le diable! Oui mais c'est la Toussaint, et les saints sont... tous là, pour veiller au grain et lui proposer une troisième solution ( pas forcément plus réjouissante en fait)

- Les trois gabelous: trois gabelous (ici, des douaniers chargés de surveiller la contrebande, pas les collecteurs d'impôts sur le sel) de la côte bretonne sont une nuit, témoins de l'arrivée très discrète d'un bateau, qu'ils prennent évidemment pour un bateau de contrebandiers. Mais certains détails sont étranges: le bateau est d'un modèle dépassé, les marins sont vêtus " à l'espagnole", mais à l'espagnole de plusieurs siècles auparavant, et munis d'arquebuses et de dagues... au XIX° siècle.  Chose encore plus étrange, ils débarquent des caisses, dans le plus grand silence, alors que leurs armes auraient dû émettre au moins des tintements. Et disparaissent soudain, ne laissant sur la grève qu'une pièce d'or, qui n'a plus cours. Les douaniers, voyant le galion au loin décident de le prendre en chasse dans leur coque de noix, sans vraiment se rendre compte qu'ils suivent un bateau fantôme. Lorsqu'une bouteille de ce qu'ils pensent être du rhum leur parvient dans le sillage du navire, ils ne trouvent rien de mieux que de la boire. Comment dire que boire le contenu d'une bouteille abandonnée par des fantômes est une très mais alors très mauvaise idée?

- Le train 081: Un mécanicien retraité du PLM raconte ce qui lui est arrivé le 22 septembre 1865. Il parcourait inlassablement le trajet entre Paris et Marseille et inversement sur sa machine diabolique filant à tout berzingue dans la campagne :"nous marchions à 65 à l'heure, une bonne vitesse" (oui au XXI° siècle, c'est cocasse de se dire qu'il y a un siècle et demi, c'était réellement rapide, alors qu'on fait maintenant Avignon-Paris en 2h45). Mais voilà qu'une épidémie de choléra se répand en France, arrivé par bâteau à Marseille. Et que faire, alors qu'il n'y a pas de moyens pour les passagers de prévenir le conducteur, pas de freinage d'urgence.. si un passager déclare la maladie et meurt à bord, on ne le trouvera qu'à l'arrivée, et il aura eu le temps de contaminer les autres. C'est dans cette ambiance angoissante qu'il a vu la nuit vers Dijon, un train fantôme, ou plutôt, un train miroir du sien. Il est sur le 180, il voit sur la voie parallèle le 081, dont le mécanicien font exactement les même gestes que lui, comme un reflet. On dit que rencontrer son Doppelgänger est un mauvais présage, mais c'est aussi le cas si ce Doppelgänger est un train!
Assez inécoutable, je dois le signaler, car le lecteur a enregistré probablement avec un gros rhume et renifle tant et plus.

-Spiritisme: un narrateur relate comment il a été un jour invité par un gars de sa connaissance au nom de spirite assez ridicule de "Monsieur Médium" à une séance de spiritisme. Le narrateur, bien que l'on soit en 1891, veut absolument parler à des célébrités mortes depuis des lustres, rien n'a changé. Par contre, c'est le type qui a clairement les nerfs les plus solides de la terre.. ou qui est le moins crédule, puisque la manière dont il raconte ça laisse à penser qu'il considère que le médium est moins un voyant qu'un adepte de l'absinthe en plein délire. En tout cas il raconte ça de manière très narquoise.

- Le squelette: un autre narrateur, ou peut être le même, raconte cette fois son expérience d'une nuit dans un hôtel hanté. alors que tout se passe normalement, il voit apparaître devant lui Tom, un type de sa connaissance dont il n'avait plus de nouvelles depuis plus d'un an. Il le reconnait de suite, de manière étonnante, car Tom est... un squelette. Tom est venu lui demander pourquoi il n'est pas venu à l'invitation à son enterrement, puis commence à se plaindre de sa condition de revenant: le cimetière est trop humide et ça lui donne des rhumatismes, le cercueil n'est pas confortable, puis il s'est dégarni ces derniers temps, et on doit faire tourner des tables, et on doit faire grincer des chaînes, être mort c'est pas une vie! Alors que le narrateur se dit que Tom le squelette est bien plus sympathique que Tom le vivant ne l'a jamais été. Tom était un arnaqueur, homme d'affaire louche, tricheur aux cartes, voleur avec un goût prononcé pour la bagarre au couteau. Bref, une sale type. Et le narrateur est bien embêté de voir Le fantôme de Tom redevenir de minute en minute celui qu'il a été, voler tout ce qu'il peut dans la chambre d'hôtel.  Un bandit fantôme, il ne manquait que ça!

Rendez vous la semaine prochaine pour 6 autres nouvelles.

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