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mardi 23 novembre 2010

La maison qui glissait - Jean-Pierre Andrevon

 Dans le cadre de l'opération Masse Critique "littératures de l'imaginaire", j'ai reçu il y a quelques temps La maison qui glissait de Jean Pierre Andrevon. Comme je n'avais encore rien lu de cet auteur bien connu pourtant en SF francophone, et comme il y avait finalement peu de choix en SF dans les livres proposés par Babelio, l'immense majorité étant plutôt axé fantasy, je me suis donc décidée pour celui-ci.


Tout d'abord un grand merci aux éditions du Bélial, j'ai eu la surprise de recevoir avec le livre une petite carte promotionnelle pour un autre titre de l'auteur, ainsi qu'un marque page assorti au livre, portant également la très jolie illustration de couverture de Philippe Gady. Une attention très sympathique de leur part.

Pour ce qui est du contenu, par contre, aïe aïe aïe, je dois d'emblée annoncer que c'est un demi échec.
Déjà présenté comme un roman de SF, je l'ai trouvé plutôt fantastique/ horrifique pour une bonne moitié. Ce n'est pas très grave en soi, mais en tout cas, ce n'est pas tout à fait ce à quoi je m'attendais.
Le scénario était tentant: un immeuble tout ce qu'il y a de plus banal dans une banlieue tout ce qu'il y a de plus banale se retrouve isolée un beau matin du reste du monde, coupé de la réalité par un épais rideau de brume menaçant. Et ceux qui s'aventurent dans la brume, humains ou animaux, y disparaissent corps et biens, sans laisser de trace.Avec en plus le plaisir d'avoir droit, avant de s'effacer, à d'abominables hallucinations sorties de leurs pires cauchemars, ou souvenirs. D'autres locataires semblent, eux se volatiliser, sans bruit.
Sur ce début plutôt alléchant, Andrevon nous narre comment les habitants de l'immeuble, dont le nombre diminue inexorablement, vont s'organiser pour survivre au cataclysme. Alors qu'on pense être dans un roman post-apocalyptique dans les 2 longs premiers chapitres - qui occupent à eux seuls une bonne moité des 520 pages du volume quand même - on bifurque à partir du troisième sur une ambiance plutôt "monde parallèle", avec un décor qui change du jour au lendemain: la tour semble piégée sur une terre remontée à l'époque précambrienne, puis à l'ère primaire, les animaux de compagnie deviennent géants et s'en prennent à leur maîtres, les humains se retrouvent aux prises avec une nature plus qu'hostile grouillante de parasites et de bébêtes dégoulinantes qui semblent choisir les manières les plus écoeurantes possibles pour trucider les habitants, projetés sous un ciel curieusement doté d'un énorme soleil rouge, d'une autre petite étoile bleue, et de 3 satellites.
Autant dire que les deux premiers chapitres, qui présentent les habitants, et leurs petits travers traînent beaucoup en longueur, le livre a failli me tomber des mains plusieurs fois, tandis que l'action devient plus intéressante à partir de cette bifurcation du scénario. Mais il faut quand même attendre plus de 250 pages pour ça. Et c'est vraiment dommage.

Pourtant le principe des chapitres de plus en plus courts ne m'a pas déplu.seulement Andrevon s'attarde trop sur des petits détails dans ces deux premiers chapitres et c'est dommage. Ainsi les aventures de l'exaspérante Solange, l'obsédée sexuelle de service, adepte des activités manuelles en solitaire ou en groupe (ciel, il faut vraiment faire de la périphrase tirée par les cheveux pour éviter d'attirer ici tous les pères verts de la toile). activités contées à plusieurs reprises, par le menu, avec moults détails dont on se fiche éperdument - moi en tout cas, ce n'est pas ce que je recherche dans un livre de SF.
Et des personnages quand même assez peu sympathiques ( hormis peut être le gardien de l'immeuble, qu'on croit être un "Dupont-Lajoie" et qui se révèle un peu plus subtil qu'il ne le laissait croire, bien que ses initiatives tournent souvent au désastre. Ainsi que Bonaventure, le postier toujours prêt à rendre service, ou Laurent le vieux voisin). Mais le héros, Pierre manque quand même pas mal de caractère, toujours en retrait, un peu pique assiette, vaguement misanthrope. Bref, un type sans grand intérêt.

C'est d'autant plus regrettable qu'il y a des passages vraiment bien tournés qu'on aimerait voir illustré par Topor par exemple ( le monde minéral du dixième jour pour ne citer que ça).Et la fin, sans être franchement ratée, est quand même un peu facile.

Voila pour le scénario.

Maintenant, les choses qui m'ont vraiment agacées:
-les références à des personnages contemporains: Le fils Sarkozy, Olivier Besancenot, Martine Aubry, Wolinsky, Clive Baker, Yann Barthès. Ca me pose un petit problème, celui de l'avenir du livre. Car nul doute que, si tout ça parle au lecteur contemporain, pas sur que dans dix, vingts, trente ans, ces références là soient encore claires. Ancrer son récit dans la réalité de 2010 est une chose, mais là, c'est quand même un peu trop précis ( par exemple, Dylan que sa coupe de cheveux fait ressembler au fils Sarkozy, là, je doute fort que ça soit compréhensible dans peu de temps). Et sans aller jusque là, pas sûre que les lecteurs francophones, mettons québécois, sachent qui est Yann Barthès.

-les citations de marques: il y en a partout! 36 dans le seul premier chapitre ( oui, ça m'exaspérait tellement que je les ai relevé, et encore sans compter les mentions de modèles de voitures, et les marques qui apparaissent deux fois), 9 différentes entre la page 43 et la page 47. A tel point qu'à chaque fois qu'une nouvelle apparaissait, je soupirait un " non! pas encore!". Bien 70 différentes en tout sur le livre et encore j'en oublie surement. La encore je me fiche éperdument que la cafetière de Pierre soit de marque moulinex, ou qu'il ait un fond de sirop teisseire dans son placard, que la voisine s'habille en vêtements de chez X, se mettre de la crème Y, et du parfum de chez Z. Oui, je sais, les marques, statut social, tout ça. Sauf que l'argument tiendrait s'il s'agissait de démonter que c'est risible dans une ambiance de fin du monde. Sauf que, c'est très mal amené, il y en a beaucoup trop, et quasiment jusqu'à la dernière minute, ou on ne nous épargne même pas la marque des biscuits à la figue et du chocolat blanc. Insupportable, ça donne l'impression sûrement fausse, mais dont je n'ai pas pu me défaire, que l'auteur avait soit fait le pari d'en coller le plus possible, soit décidé de citer des sponsors.

- le défaut chronique de relecture:  des fautes d'orthographe ( " regarde, hurla-t-elle[..] regarde ce que je suis devenu", ".. et surtout une lourde ceinture d'arnachement dotée d'un étui a pistolet", "tous s'abreuvèrent du délicieux nectare"), des fautes de grammaire (" contrairement à Marylin Monroe dont elle avait cru ressembler au temps de sa folle jeunesse"), des personnages qui changent de nom, parfois dans un même paragraphe ( le mari d'Astrid s'appelle Yves, il a disparu... et elle le cherche en appelant " Paul! Paul!" qui est en fait le nom du voisin. Le fils handicapé de gardien s'appelle Sébastien, ce qui n'empêche qu'il devienne Loïc à un moment, avant de reprendre son nom originel. Un petit garçon ,Jonathan, va chercher chez lui le petit Jocelyn, qui prend également à son tour le nom de Jonathan pour un paragraphe. Un autre protagoniste, âgé de 13 ans dans le listing présenté au chapitre 2, se retrouvé âgé de 3 ans et demi au chapitre 4. Des noms changent d'orthographe en cours de route. Je veux bien croire qu'Andrevon ait écrit au fil de la plume, mais normalement une maison d'édition est censée passer ses publications au peigne fin. Hors, là, désolé les éditions du Bélial, mais je dois le dire: le travail de correction n'a visiblement  pas été fait, le livre est truffé d'erreurs et de fautes d'orthographe ce qui fait franchement désordre, surtout pour un ouvrage doté d'une couverture aussi belle et d'un beau papier bien solide. C'est vraiment dommage, car il y avait du potentiel, malgré des passages un peu longs.

samedi 6 novembre 2010

Animal'z - Enki Bilal

Animal'z me pose un problème..On me l'avait offert l'an dernier pour mon anniversaire, je l'avais lu.. mais je n'en avais gardé qu'un très pâle souvenir d'un oeuvre avec de bonnes trouvailles, mais impossible de me souvenir du scénario.

J'ai voulu lui redonner une chance, mais... force est de constater que mon avis est à peu près le même que l'an dernier: Il y est question d'une catastrophe naturelle, assez peu définie le " coup de sang", qui a décimé une partie de la population. il y est question d'un groupe de survivants qui recherchent un des rares lieux encore non touchés par la catastrophe. Il y a des mutants, aux capacités extraordinaires. Il y a un inventeur pratiquant des expériences sur des cobayes humains, créateur de packs permettant aux humains de prendre l'apparence et les qualités d'un animal, en l'occurrence de dauphins ( pourquoi donc avoir mis un félin sur la couverture? aucune idée). Il y a aussi des robots homards ou hippocampes (une des bonnes idées). Il y a des cannibales masqués, retranchés dans un café du bout du monde, un virus mystérieux et de la radioactivité. Il y a aussi deux mystérieux duellistes philosophe, qui parlent par citations de Cioran ou Shakespeare et se déplacent à dos de zèbre... Et tout cela est enchaîné sans grande logique, comme un collage. Comme si Bilal avait voulu mettre tout, tout mais alors tout dans sa BD, sans prendre la peine de vraiment trouver un liant ( ambiance post apo, Western avec les deux duellistes, SF avec histoires de mutants..)


Oui j'ai conscience que depuis que Bilal est à la mode, il est mal vu d'en dire  du mal. Et pourtant, je le dis. Je l'ai découvert il y a des années avec Partie de Chasse et les Phalanges de L'ordre noir, seulement, à l'époque, c'était Christin au scénario. Je reconnais à Enki Bilal un talent énorme pour tout ce qui est graphique ( ici, juste du crayonné sur papier gris, quelques touches de bleuté, de blanc et de rouge, c'est graphiquement magnifique), j'étais d'ailleurs allée voir une expo sur son travail à Liège en .. 2001 si je ne me trompe pas...Mais, il n'est pas scénariste! Autant ça passait encore pas mal pour la foire aux immortels, un peu moins pour les deux volumes suivants de sa trilogie phare, autant là, on a l'impression qu'avec un scénario plus clair, et moins rempli à ras-bord de tout, ça aurrait pu être un très bon album.
Le genre d'image qui me fait regretter amèrement un vrai scénario
Mais non, pas assez de contexte, on aurait bien voulu en savoir plus sur les cannibales, ou les duellistes ( celui là me saoule d'ailleurs énormément à ne parler que par citations), les expériences du professeur.. mais non. Pense-t-il que plus ça reste mystérieux, plus ça sera poétique? Ben non! Pour moi ça reste surtout trop brumeux pour qu'on s'intéresse vraiment aux personnages. Un bel artbook en quelque sorte.

6/3

13/30

jeudi 21 octobre 2010

Nibun No Ichi - Kiki

Attention, le message qui suit est un peu de la triche. Dites vous que j'ai pris n'importe quel prétexte pour parler de Nibun No Ichi, sympathique manga en trois tomes sorti chez Taïfu en 2008 et passé par trop inaperçu.
Il sera donc intégré à la fois au challenge BD ( et hop, 3 volumes de plus) et au défi SF...
oui car il s'agit d'un manga de SF.. oui bon ... un peu quand même, mettons, mi-humour, mi-SF voilà!


Toute l'action se passe dans un lycée/université.. oui, je vous vois venir, des histoires d'amourettes scolaires? NON! pour une fois, on dérive vers un autre domaine.

Tout commence lors que Shiu, lycéen très peu motivé à suivre ses études, fait la connaissance de Maggy, une collégienne chahutée par les garçons de sa classe, qui la soupçonnent d'être une garçon ( ha, une histoire de travesti? hé non! la encore vous avez tout faux)
En fait Maggy a un frère Jumeau, Jiggy. Mais on ne les voit jamais ensemble, ce qui éveille des soupçons, ils sont même très exactement absents un jour sur deux en alternance. On apprend donc très vite que ces jumeaux d'un genre particuliers sont reliés en permanence par leurs cinq sens, et ne peuvent rester réveillés en même temps: lorsque l'un est réveillé, l'autre sombre en catalepsie, tout en gardant un contact sensoriel avec celui qui vaque à ses occupations. ce qui cause quelques menus problèmes: Jiggy adore les films d'horreurs que sa soeur déteste, et ne peux pour autant éviter de voir via son frère. Lorsque Maggy veut se venger, il lui suffit d'embrasser un garçon pour donner la nausée à son frère. Le titre japonais signifie d'ailleurs " un demi" ou "la moitié d'un".

Cette situation peu banale semble d'ailleurs ne pas perturber plus que ça Shiu, qui se retrouve bien vite, à la suite d'un fâcheux concours de circonstances, à héberger dans sa chambre de 3m sur 4 les deux jumeaux en rupture de chambre d'internat. Or Ce que l'on apprend vite, c'est que Shui n'est pas non plus un lycéen ordinaire: sous son air nonchalant, c'est un petit génie de la robotique qui s'attelle à fabriquer un robot hologramme afin de permettre aux jumeaux d'enfin communiquer l'un avec l'autre, et leur changer la vie. La sympathique bande de trois devient rapidement une bande de quatre, lorsque débarque Rei, grand dadais un peu hippie capable de communiquer avec les plantes, capacité qui l'a fait entrer dans le petit groupe d'élèves surveillants, informé en temps réel par les bruissements des arbres ( et si on le croit, les arbres du campus sont de vraies commères, qui passent leur temps à se transmettre des potins!). Rei vient donc a son tour squatter la chambrette de Shui, bientôt suivi de Neil, une autre collégienne qui elle, voit des esprits. Ce sont donc 5 personnes et demies qui dorment chez Shui. ou plutôt 5 personnes et un robot canard, l'invention majeure de Shui, un robot super intelligent.. en forme de gros canard jaune.

Là normalement, vous vous demandez si je n'ai pas fumé.. ou si plutôt l'auteur n'a pas fumé...

Mais non, je vous jure... Il est vrai que le côté science fiction peut sembler passer au second plan, car, et c'est la la particularité du truc: la mangaka n'en fait pas tout un plat. Dans le monde qu'elle nous décrit, les mutations comme celles des 4 originaux, ne sont pas monnaie courante, mais ne dérangent personne. Le côté fantastique/SF n'est qu'en rapport du lecteur, pour les personnages, sans être normal, il n'est pas spécialement étonnant de concevoir des robots ou de se balader en skate volant sur le campus.

Car le vrai fond du problème est seulement d'assumer sa propre bizarrerie sans en faire une montagne. La fin est d'ailleurs complètement tirée par les cheveux, il sera question de mutations cellulaires, mais peu importe , l'essentiel n'est pas là. Le but du jeu est de passer un moment de détente en lisant un manga de SF pétillante et fraîche comme un limonade, qui n'est ni angoissé, ni violent, ni prise de tête. Avec des dessins qui vont bien, pas trop esquissés, mais pas trop surchargés, et surtout, sans histoire d'amour! Ce que c'est reposant! A l'image de Rei, le sympathique glandeur, la coolitude est le maître mot de ce manga sans autre prétention que de faire sourire.

Le petit bémol qui gène un peu, c'est le rappel en début des premiers chapitres de la situation, du à une prépublication très échelonnée. Mais comment ne pas craquer devant Juliette le robot le plus Kawaii du monde?
Pour les curieux, une prévisualisation du premier volume est disponible ici: Nibun no Ichi 1

Et de la même mangaka, est également publié en France un Josei (manga pour lectorat féminin adulte) humoristique également axé sur le côté cool de ses protagonistes: Love Me tender. Faudra que j'en parle ici quand je me serai procuré le 6° volume!



dimanche 10 octobre 2010

Don't Panic!

oyez oyez mes bons amis, aujourd'hui , c'est le jour du 42!
pour ceux qui se demandent de quoi il s'agit, vous êtes invités à lire/relire mon billet sur Le guide du voyageur Galactique de Douglas Adams , vous y trouverez la grande réponse

Oui, car si j'en crois le Grand Ordre de la Serviette, qui sait de quoi il parle, quand même, 10.10.10 = 42 en binaire..
Pauvre de moi, n'étant pas à Paris, me voilà contrainte de célébrer cette journée, toute seule.. mais, je l'ai dit en titre: Don't Panic! Je vais pouvoir réaliser le souhait qui anime Arthur Dent tout au long de son aventure cosmique, en buvant une tasse d'Earl Grey pile at five o' clock - oui, je sais, mais c'est tout ce qui me reste en thé anglais.

Puis tiens, une fois que le match Toulouse-Wasps sera terminé ( mais sans aller jusqu'à soutenir les wasps, malgré tout), j'irai préparer un crumble pour le dessert , ce soir, avec un peu de custard.
Et pourquoi ne pas finir la soirée avec une programmation spéciale humour British, le film H2G2 qui attend depuis longtemps que je me décide à le regarder, ou encore une petite piqure de rappel " Monty python".. oui, je vais faire ça, tiens!
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alors, en marge du défi SF, après le livre, le film



Que je n'avais pas vu à sa sortie, déjà, je préférais attendre d'avoir lu le livre, mais aussi manque de temps, manque de motivation à l'époque, les critiques étaient presque unanimement mauvaises... mais j'avais souri devant "le film à côté duquel Armaggedon  fait documentaire", qui forcément laisse prévoir quelque chose de totalement pas sérieux. Et puis la tronche de Marvin le robot dépressif, quand même...

Et donc, voila, en parallèle de la lecture du volume un il y a quelques semaines pour le défi SF, le film.
Que je n'ai pas trouvé si mauvais que ça. Et en l'occurrence, je pense que d'avoir lu le livre avant m'a permit d'avoir un avis plus positif.

D'abord les critiques que j'aie vues pointent en priorité l'utilisation de la voix off. Ca ne me gêne pas, c'est déjà l'idée du bouquin, avec les explications du guide qui apparaissent de ci, de là, en général pour entraîner le lecteur sur une digression bien absurde ( malheureusement, je l'ai vu en français, je n'ai donc pas pu profiter de la voix off du britishissime et talentueux Stephen Fry, ce qui aurait été un énorme plus). De même, j'ai vu pas mal de critiques sur les animations du Guide en flash.. Moi j'aime bien ce côté décalé, ces couleurs qui font penser à un générique de film des années 70, les trouvailles visuelles du générateur d'improbabilité ( les personnages en laine, allez savoir pourquoi, mais ça m'a rappelé la série "Thunderbirds" dont j'ai du voir quelques épisodes il y a des années et des années)
Sinon, j'aime beaucoup les vogons, surtout le chef vogon, muni d'une perruque de juge anglais, car j'aime ce genre de clin d'oeil, et qu'apparemment beaucoup de gens ont détesté. Peut-être à force de voir des trucages et des ET en images de synthèse.
Mais la patte du Jim Henson's Creature Shop, que voulez vous, c'est irremplaçable, j'aurais été très déçue qu'il aient été modélisés par ordinateur, pareil pour Marvin, je préfère largement la solution choisie d'un acteur déguisé en robot (contente de retrouver Warwick Davies, de Willow, ). Non au contraire, j'adhère à ce côté bricolo, qui rappelle la première série de Star Wars ( qui dis-je la seule! parce que maître Yoda en images de synthèse, je peux pas, mais vraiment pas!)


Et donc Marvin, le robot dépressif, que je n'aurais pas imaginé autrement, surement le personnage le plus réussi. Décidément, je ne me lasse pas de sa tronche.

Après, au niveau de l'interprétation, le casting n'est pas mal, Arthur est moyen à souhait, pour Ford ce n'est pas l'interprétation qui me gêne, mais, pourquoi en avoir fait un personnage qui semble avoir des tendances homosexuelles, et passe pas mal de temps à vouloir câliner Arthur?. Certes il n'est pas de notre planète, mais en 20 ans ou presque de présence sur Terre, il aurait eu le temps d'apprendre les usages en société.

Zaphod.. ha, Zaphod, mon personnage préféré du bouquin. Je suis plus sceptique là aussi.Là non plus, c'est plus une question de contexte que d'interprétation, l'acteur n'est pas mauvais, Visuellement, il correspond à peu près à ce qu'on pouvait espérer du "type le plus mal habillé de la galaxie", mais je regrette terriblement la solution choisie, puisqu'il est censé avoir constamment deux têtes contenant chacune une moitié de cerveau, de lui faire apparaître aléatoirement une tête sous le menton. Là, pour l'occasion un petit coup d'image de synthèse aurait été profitable. Et d'autant plus regrettable la liberté prise avec le scénario, pour le débarrasser de sa tête surnuméraire ( même si le résultat nous donne la joie de visualiser sa 2° tête contrainte d'attendre le retour de son corps fichée sur une poupée " danseuse de Hula" munie du panneau " stupid", un grand moment).
Trillian, pas grand chose à en dire, elle est assez décorative, c'est dommage. Bill Nighy est très bon en Slartibartfast, dommage, il n'est pas assez exploité à mon goût.

Par contre le gros problème, c'est vraiment lorsque le scénario, après avoir concentré tout le début jusqu'à l'expulsion du vaisseau vogon en 20 minutes à peu près, se retrouve à devoir rajouter des éléments absents du bouquin : apparition d'un rival politique de Zaphod - malgré John Malokvich méconnaissable, le personnage est réussi, visuellement original, mais on se demande bien ce qu'il fait là, et à quoi il sert, hormis à supprimer une des têtes de Zaphod... dommage pour nous, il garde la plus tarée des deux!. et aussi, beaucoup plus contestable, l'enlèvement de Trillian, et une visite sur la planète Vogon assez inutile, là, le temps parait un chouillat long ( bon ok, j'ai bien ri quand même avec les tapettes à mouches sorties de nulle part)
 Et la fin est ratée, hop, on remet tout comme au début, ni vu ni connu, en rajoutant une histoire d'amour au passage.un peu bâclé. Quand je pense à ce que ça aurait pu donner, mis dans les mains de au pif, quelqu'un comme Terry Gilliam - comme par hasard, un Monty Python, je sais je radote, mais vraiment, ç'aurait pu être un festival d'absurde de haut niveau. La, c'est juste un peu raté. Pas trop.Ca ne se prend pas au sérieux, heureusement, mais un peu plus de rigueur et un peu plus de délire auraient été bienvenus.

Mais malgré les défauts scénaristiques, plutôt un bon moment de film qui ne se prend pas la tête, pas inoubliable Il faudra que je le revoie quand même un jour en vost, parce que là en vf, pas de chance, ils ont eu la mauvaise idée de donner aux personnages les noms de la contestable traduction française - et Arthur Accroc, ça ne le fait pas du tout!

mardi 5 octobre 2010

La Planète des Singes - Pierre Boulle

Voila un auteur que j'avais envie de lire depuis longtemps. Un auteur de SF français.. un auteur de SF français qui a écrit le scénario de ce qui est l'un des plus gros cartons du cinéma de SF également.. et pour finir un auteur de SF à succès et originaire de ma ville.. je ne pouvais pas continuer de l'ignorer plus longtemps
Rue des études - Avignon
 Je me souviens avoir bien aimé le film ( celui des années 60, bizarrement, celui de Tim Burton ne m'a laissé aucun souvenir particulier hormis les dernières minutes), il faudrait d'ailleurs que je le revoie à l'occasion, mais je peux d'ores et déjà dire que  j'ai adoré le roman, largement plus que sa version ciné.

un roman inclus dans le Recueil "Etrange planète" chez Omnibus
Déjà, grosse différence avec le film de Shaffner, ici pas d'accident de navette sur une lointaine planète. Tout commence en fait par un prologue, assez poétique, qui rappelle les romans d'aventure, de pirates. Deux spationautes nommés Jinn et Phillys, vacanciers en croisière stellaire qui voguent à la voile au sein d'un système tri-stellaire - une voile poussée par les particules des "vents" stellaires, j'adore cette idée- découvrent une bouteille à l'espace. Celle ci contient le récit des mésaventures d'Ulysse Mérou, terrien ayant quitté notre bonne planète en direction du système de Bételgeuse en compagnie de deux autres terriens, le savant Antelle et le physicien Arthur Levain.
Il est bien dommage que ce prologue ait été supprimé des deux versions filmées, car, si a priori il ne paie pas de mine, on retrouvera nos vacanciers spatiaux dans l'épilogue. Un épilogue à chute, un peu le genre qu'affectionnait Fredric Brown, d'un humour cynique totalement réjouissant et dont il est vraiment dommage de se priver, car il apporte un autre regard sur l'ensemble du roman.

Après la trame varie peu, par rapport à ce qu'on a pu voir à l'écran: Mérou ( déjà, quel nom, tout y est: un prénom d'aventurier condamné  à errer des années durant, associé à un nom ridicule. Tout un programme! Le dénommé Taylor du film perd quand même beaucoup en saveur parodique) et ses acolytes accompagnés d'un petit singe arrivent tranquillement sur une planète tellement semblable à la Terre qu'ils la baptisent Soror, la soeur . Par une ironie du sort assez savoureuse, les premiers habitants qu'ils vont croiser sur Soror sont très semblables aux humains, sauf qu'ils ne savent ni parler, ni rire, ni quoi que ce soit qui ait été défini comme "le propre de l'Homme". Ils ont la caractéristique d'avoir peur des singes - et le petit singe terrien en fera les frais- et des objets manufacturés, ce qui vaudra à nos piteux héros de se retrouver tous nus sur une planète perdue au fin fond de l'espace, avec leur  chaloupe ( une mini navette qui permet de rejoindre le vaisseau spatial principal) réduite en miettes, au milieu d'autochtones particulièrement agressifs. Agressifs, mais beaux.. et surtout belles. Et bien sûr, les malheureux terriens commencent à en pincer sérieusement pour une beauté sororienne au cerveau reptilien.

Et ne tardent pas a découvrir la raison pour laquelle les humains de Soror craignent les singes: ce sont les maîtres de la planète, qui partent régulièrement à la chasse à l'humain, pour le sport, la science ou pour remplir les Zoos. Toute ressemblance avec un comportement terrestre n'est bien évidemment pas fortuite. Et à partir de là, Boulle va s'en donner à coeur joie avec les détournements savoureux qui épinglent les agissements de nos congénères.

Ulysse enfermé nu comme un ver, dans un labo, va devoir prouver qu'il n'est pas le primitif que tous les singes croient, subir des batteries de tests dégradants avant d'attirer l'attention de la guenon Zira, éminente scientifique du monde de soror, avec qui il réussi a communiquer, et qui va lui apprendre le langage des singes, leur mode de vie, l'organisation politique. Et là encore c'est particulièrement réjouissant, les politiciens, la science, la bourse en prennent pour leur grade. Lors d'une démonstration publique, Ulysse prouve qu'il n'est pas qu'un "humain savant" habilement dressé par un singe, mais un véritable être pensant, et gagne le droit de vivre dans la société, de se rhabiller, découvre à quel sort il a échappé en visitant les zoos humains ( tiens, y'avait pas des zoos humains au XIX° siècle, ou les soi-disant primitifs étaient exhibés pour le plaisir des "civilisés".. toute ressemblance, blabla..), et collabore avec Zira et Cornélius, l'autre chimpanzé scientifique, qui recherche les origines de la civilisation simiesque, le pourquoi de l'émergence de la pensée complexe chez une espèce et pas chez l'autre.

 Et les découvertes qu'ils vont faire sont surprenantes, et vont conduire à l'éviction pure et simple d'Ulysse de la planète des singes, flanqué de Nova - l'humaine primitive de Soror au cerveau en berne qu'il a mise enceinte à l'occasion de sa captivité, et de leur rejeton- direction la terre à 800 années lumières ( Boulle trouve une solution, un peu tirée par les cheveux mais très relativiste, et finalement acceptable, pour que le voyage, tant aller que retour, ne dure que 2 ans, tandis que 1600 années terrestres se seront écoulées). Ce qu'il y trouveront, vous vous en doutez si vous avez vu le film.
Mais là encore il vous manquera l'épilogue , j'insiste, il est absolument nécessaire à l'histoire.

Mon avis..
Un grand bravo pour ce court roman, qui mérite largement son qualificatif de culte. Le style est simple, Boulle ne cherche pas à développer un univers super original, mais axe tout son récit sur l'ironie, en retournant comme un gant les situations terrestres et les travers de la société humaine. Ce qui nous vaut des pages absolument extraordinaires, surtout celles sur la politique et la bourse, dignes d'un conte philosophique, et qui rappelle pas mal les voyages de Gulliver ( lorsqu'il est emprisonné comme une bête curieuse au pays des chevaux, il faudrait que je le relise pour me le remettre vraiment en mémoire). Ainsi que les passages ou Mérou ( décidément, crédibilité zéro), s'imagine en envoyé de la providence, afin d'être le sauveur de l'humanité déchue de Soror, dans la mesure ou, c'est un signe, il a fait un enfant à une autochtone au QI limité ( qui d'ailleurs finira par développer un semblant d'intellect, histoire de conforter Mérou dans ses rêves de gloire.. lequel espère d'ailleurs qu'on l'accueillera sur terre avec son souvenir de voyage, tel les explorateurs des temps anciens, fiers de présenter la "primitive "à qui ils avaient inculqué la civilisation. Moralement contestable, n'est-ce pas? heureusement il va vite devoir se rendre compte que la Terre ne l'a pas attendu pour évoluer).

et comme tout m'a globalement plus, je passerai sur quelques pages moins convaincantes d'exploration de la psyché d'une cobaye sororienne, qui serait détentrice de la mémoire collective de son espèce et retrace assez artificiellement l'évolution des habitants de la planète des singes. Mais c'est vraiment un bémol mineur, tant le niveau du reste est réjouissant. Pas de trace dans le roman de l'angoisse de l'arme nucléaire, ni de la guerre froide, mais beaucoup d'autres thèmes intéressants: le statue de l'animal et celui de l'homme, au sein de l'écosystème, et de la société, l'expérimentation sur être vivant, la science, officielle ou officieuse, la recherche de l'origine de l'espèce et le futur de l'évolution...

Une lecture du Défi SF.. et aussi en Bonus pour le challenge ABC

vendredi 30 juillet 2010

1984- George Orwell

1984_george_orwell_L_1
Et on continue avec un monument de la science fiction et de la littérature tout court, j’ai nommé 1984 d’Orwell, qui trouve donc sa place à la fois dans le challenge ABC et le défi SF.
SF
D’ailleurs, je pourrais également envisager de le faire rendre dans une catégorie «  seconde chance », j’avais déjà essayé de le lire il y a quelques années sans arriver à le finir. Et, je dois avouer que j’ai cette fois encore calé à peu près au même endroit, je n’arrivais plus a avancer, à peu près au début de la seconde partie à partir du moment ou Winston le héros entame sa liaison à hauts risques avec Julia. Les deux fois, j’ai eu du mal à avancer, mais cette fois, je me suis obligée à continuer et grand bien m’en a pris.

En effet, je comprends mieux pourquoi je coince à cet endroit :la première partie, qui présente le héros, sa société, l’impasse dans laquelle il se trouve est un peu lente, mais intéressante, puisqu’il s’agit de mettre en place le cadre. La seconde partie me parait longue justement parce que le lecteur se retrouve exactement dans la situation du héros : dans l’expectative d’une chose ( en l’occurrence l’arrestation), qui doit venir, dont on sait pertinemment qu’elle doit venir , mais qui tarde, qui tarde. Et on se prend en pleine figure cet univers poisseux où aucune échappatoire n’est possible. D’où rejet, et tentation d’échapper en reposant le livre. En tout cas, c’est l’impression que j’ai eu. D’autre part, je lui reproche un côté un peu daté, on voit très très clairement à quoi il est fait allusion, Big Brother et sa grosse moustache, la délation les camps de petits espions, le marché noir – tout ça est trop précis, pas assez général à mon goût pour être toujours vraiment d’actualité, enfin, en Europe du moins. Là, j’ai quand même envie d’ajouter «  et c’est tant mieux ! ». Mais sur ce point là, je trouve que, de mémoire, « Le meilleur des mondes », son éternel rival en matière de dystopie, a beaucoup mieux passé le cap des ans, avec sa société consumériste, ses loisirs calibrés et ses pilules euphorisantes, on en est pas loin actuellement.
Arrivée là, à mi chemin, je me demandais encore pourquoi un livre somme toute assez daté, lent et où il ne se passe pas grand-chose avait acquis ce statut de culte, en me disant que sans doute la fin devait être énorme.

ET LA, CEUX QUI VEULENT LE LIRE SONT PRIES DE REGARDER AILLEURS OU ALORS A VOS RISQUES ET PÉRILS, VOUS AVEZ ÉTÉS PRÉVENUS !
Impossible d’éviter le spoil, même en tournant autour du pot et en essayent d’en dire le moins possible.

Et bon dieu, quelle fin ! Mais quelle fin ! Il y a longtemps que je n’avais pas lu une fin aussi terrible. Bien amenée, logique, mais, sans trop parler de l’intrigue, la plus épouvantable et désespérante possible. Et pourtant, en effet, une telle fin justifie amplement le statut de culte du livre. L’action décolle vraiment dans cette 3° partie – sans bouger pourtant- on ne peut plus lâcher le livre avant de savoir comment les choses vont tourner, entre Winston et son euh.. bourreau ? instructeur ? en tout cas les répliques de ce dernier sont glaçantes au possible, à tel point que les passages de violence réelle sont presque un soulagement (ça m’a un peu rappelé, bien que je ne l’ai pas vu depuis longtemps, Orange Mécanique, pour le côté humiliations érigées en moyen de pression et violence encadrée par l’état pour maintenir les déviants à l’état de moutons bien dociles)

C’EST FINI, VOUS POUVEZ REVENIR !

Après, il y a une chose en particulier que je trouve très très très intéressante, en tant que passionnée de linguistique, c’est la réflexion sur l’utilisation du langage comme instrument de la pensée politique ( avec l’addendum sur le Novlangue)
snoopycontent

Donc, bref, au final, un avis positif, bien que je rame toujours au même endroit, je mets un 10/10 à la fin, malgré le côté daté qui me gêne un peu aux entournures ( maintenant, après être tombée par hasard sur le website francophone du syndicat d’initiatives de Corée du nord* –jamais je n’aurais cru possible qu’il y en ait un , et en français en plus -, j’en suis restée baba : c’est vraiment le même blabla que celui des télécrans d’Orwell, quasiment à la virgule près ! Daté, donc, sauf dans certaines parties du monde)

* Le site de la Corée du nord, édifiant, et qu’on ne peut pas voir :
sans frémir après avoir lu 1984 ( et sûrement avant de l’avoir lu  aussi, remarquez !)

  •  pour les curieux on y trouve de charmants gifs animés, un poing qui écrase la maison blanche, un drapeau US que l’on fait brûler, des petits chars et lance roquette à mettre sur son téléphone portable,
  • Des Phrases que ne je ne peux m’empêcher de citer pour exemple :« Sous  la sage direction de Kim Jong Il l’art Juche de Corée est en plein      épanouissement suscitant ainsi une grande répercussion chez les peuples du monde. »
  •  Ou encore :« Notre bonheur d’aujourd’hui, nous le devons au Président Kim Il Sung qui a libéré le pays et a mené une politique tout à fait      populaire, et au Dirigeant Kim Jong Il,continuateur de l’œuvre de Kim Il Sung,qui pratique à son tour une politique pour le peuple. Nous vivons sous un régime authentiquement bienfaisant. »
Je vous jure que je n’invente rien, c’est du pur copié-collé, pour les curieux qui voudraient vérifier, c’est par là : http://www.kcckp.net/fr/index.php
donc finalement quand même encore un peu d'actualité.

Tout ça me donne une furieuse envie de relire Le meilleur des mondes, pour faire une petite analyse comparée, comme au bon vieux temps de la fac