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lundi 22 octobre 2018

visite du cimetière Novodievichi ( Moscou)

C'est lundi, c'est Taphologie.

Après les deux cimetières parisiens, on va.. plus loin. Direction Moscou. C'était en  aout/septembre 2015, mais je n'avais pas encore eu l'occasion de publier les photos ici.

Le cimetière Novodievichi, c'est à peu près l'équivalent local du Père-Lachaise ou du cimetière Montparnasse: autant un lieu d'enterrement pour les habitants du coin, qu'un lieu de pèlerinage pour les fans de X ou Y, ou simplement de tourisme pour les curieux comme moi.
En effet, c'est l'endroit où sont enterrées nombre de vedettes russes et soviétiques, hommes et femmes célèbres, politiciens, héros de la guerre, quelques auteurs, des artistes etc... et aussi d'inconnus - ou au moins d'inconnus de moi, aux tombes étonnantes.

Mais c'est aussi un endroit tout à fait agréable, calme, frais et vert, en pleine capitale, donc j'y retournerais volontiers ( mais pas en groupe cette fois, pour en profiter au maximum, sans devoir presser le pas et sans entendre des gens maugréer que c'est sordide et qu'on a mal aux pieds, et "des églises, toujours des églises, et toujours orthodoxes et maintenant un cimetière, y'aurait mieux à voir! C'est sordide et gnagnagna" )

Le cimetière n'est utilisé que depuis 1849, donc il ne faut pas espérer y voir de tombeaux très anciens, mais c'est un survol assez complet de la vie culturelle locale des 200 dernières années. Beaucoup de gens présents ici ont d'ailleurs été enterrés ailleurs en premier lieu, parfois à des milliers de kilomètres quand ils sont morts à l'étranger, avant d'être rapatriés par la suite.

A tout seigneur, pardon, à tout président tout honneur.
Voilà, dès l'entrée la tombe très peu discrète de Boris Eltsine ( pour ceux qui étaient trop jeunes pour se souvenir du gaillard, président de 1991 à 1999, c'est le type pourtant peu commode, qui s'est fendu la poire en conférence de presse avec Bill Clinton. C'est sûr que ce ne sont pas les politiciens actuels qui nous feraient marrer avec eux, et non contre eux)

Andreï Gromyko. ancien ministre soviétique des affaires étrangères dans les années 70. Mais surtout, qui m'est resté en mémoire, par l'hilarité que son nom avait provoqué en cours d'histoire en terminale. Il nous en fallait peu, et imaginer le pays représenté par une énorme glace en pleine guerre froide nous avait suffit.

Mieux?.. ok, mieux.
Nikita '"la chaussure" Khrouchtchev ( son nom fait 6 lettres en russe, le double en transcription)
Premier ministre soviétique dans les années 60, et à l'origine de nombreuses réformes, le monde s'en souvient surtout pour une histoire de chaussure dont il se serait servi, dans le feu de l'action et de son discours, pour taper sur le bureau lors d'une intervention à l'ONU. L'a-t-il vraiment fait? ça n'a pas été filmé, lui disait que oui, sa famille prétend que non.. le débat reste ouvert!

Des militaires haut gradés, pas mal d'aviateurs et aviatrices aussi, aux tombes pour le moins impressionnantes, voire kitsch:







la statue n'est pas très flatteuse, mais c'est bien une dame, une aviatrice nommée Valentina Grizodoubova


Bon la politique et l'armée, c'est une chose, mais je préfère les arts...

Ludmila Zykina , une chanteuse populaire dans les années 50-60, que je ne connaissais pas, après écoute, ce n'est pas trop ma tasse de thé, je dois dire.

Galia Oulanova, danseuse

Igor Moisseev, chorégraphe.
Boris Brounov, metteur en scène et acteur de théâtre

Moins célèbre cependant de Constantin Stanislavski, inventeur de la méthode Stanislavski, qui enseigne aux acteurs à jouer vrai, juste, en s'appuyant sur l'intuition plus que sur l'imitation, à piocher dans ses expériences personnelles pour faire ressortir une émotion ou une intention... bref, inventeur du théâtre moderne qui s'éloigne de tout ce qui est codifié pour chercher la spontanéité


Youri Nikoulin, clown et acteur comique encore très apprécié en Russie, des années après sa mort. je trouve ce monument très joli, voire un des plus réussis du cimetière, simple et de bon goût. Même "mignon", si l'on peut dire ça d'un monument funéraire, avec le chien à l'avant.

Celle-là ne paye pas spécialement de mine, mais, on arrive vers les gens qui font partie de ma culture personnelle, et à qui si j'avais eu le temps, j'aurais peut être laissé une fleur ou deux..
Mstislav Rostropovich et Galina Vischnevskaya, respectivement violoncelliste et chanteuse classique.
Pour situer, Rostropovich c'est le musicien de niveau international qui a joué quelques mesures de Bach de manière impromptue le jour de la chute du mur de Berlin.
Et Galina Vichnevskaya est une des rares sopranos que j'appréciais vraiment.
Alexandre Scriabine, pianiste et compositeur assez original et peu connu du grand public, mais que j'apprécie particulièrement pour son inventivité.

Et ce monsieur tranquillement assis qui semble prendre l'air?

Rien que l'un des chanteurs les plus célèbres au monde, et même encore 80 ans après sa mort, dans sa catégorie: Fedor Chaliapine ( considéré comme basse de son vivant, mais d'après les enregistrements qui restent, qui ne font peut être pas honneur aux harmoniques graves, il serait plutôt considéré comme baryton-basse, mais certainement pas une basse pure. Pour comparaison, le même morceau chanté par une basse, la différence est audible)
Mais peu importe, il a fait connaître au monde entier le potentiel des voix graves, à une époque où tout le monde ne jurait que par les voix de ténors - et où disparaissaient les derniers castrats ( et heureusement que cette pratique barbare a disparu). 

Autre catégorie: Leonid Persianinov. Son nom n'est pas très connu du grand public, mais les enfants prématurés peuvent le remercier, puisqu'il a inventé la couveuse.

Youri Levitan, directeur de la radio soviétique


Et bien évidemment des écrivains, sur un blog à vocation littéraire, je ne peux pas passer sous silence les écrivains...
Surtout aussi éminents que Nikolaï Gogol,


Ou Anton Tchekhov,


Ou Mikhaïl Boulgakov... ( qui a un caillou au lieu de stèle, pour faire comme Gogol :D)


Et comme toujours, les cimetières étant "habités", de gens illustres, de gens qui ont été illustres mais sont à moitié tombés dans l'oubli, ou n'ont été connus que localement.. et d'autres tout à fait inconnus, on peut aussi trouver au détour d'une allée un détail pittoresque qui attire l'oeil sans que le locataire du dessous n'ait laissé de trace dans la mémoire collective, ou simplement une allée sympa...

un peintre dont je n'arrive absolument pas à décrypter le nom,la graphie utilisée est trop compliquée pour moi, peut être même un fac similé de sa signature en fait.
Vano Mouradeli, compositeur  géorgien totalement inconnu de moi.Et a priori, ce n'est pas trop mon truc non plus, ça sonne assez musique de film ...je ne vois pas comment dire à part " très ...soviétique"



Voilà la liste des gens plus ou moins célèbres qui y figurent, il n'y a vraiment pas de quoi complexer face aux cimetières parisiens!
Et comme j'en ai loupé beaucoup (Chostakovich, Maïakovski, Oistrakh, Prokofiev...), ou que certains n'ont rejoint les lieux que récemment (mais bien trop tôt quand même, comme le regretté Dmitri Khvorostovski, foutu cancer...)  il va falloir que j'y retourne en prenant mon temps.
Et oui, entre lui et Chaliapine, je crois que ma passion pour les voix graves me suivra jusqu'au tombeau. Au mien.
( allez, je vais quand même faire une exception pour Leonid Sobinov, un autre pensionnaire de Novodievitchi, parce que même si c'était un ténor, j'aime beaucoup son timbre qui passe très bien malgré les 108 ans d'âge de l'enregistrement)
Visité en août 2015
De toute façon, il FAUT que je retourne à Moscou, je n'ai pas vu le cimetière Vagankovo, où il y a la tombe de mon auteur fétiche (voir sujet du 3 octobre dernier,c'est quasiment un devoir moral que d'aller rendre visite au moins une fois dans ma vie à celui que je tente tant bien que mal de traduire), de Vladimir Vissostki et Boulat Okoudjava, deux auteurs compositeurs que j'aime beaucoup, eux aussi découverts grâce à la prof de russe du lycée. Mais plus généralement, on y trouve aussi le mémorial de la bataille de Borodino (campagne de Russie, Napoléon, Guerre et Paix, tout ça...).Ni le cimetière Donskoï dont parle Boris Akounin, dans un recueil que je vais chroniquer ici, d'ici.. très bientôt!

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