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Tout simplement parce qu'on y trouve un peu de tout, par ordre de pagaille. Cette idée de collection sans thème déterminé me plaît...

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dimanche 8 février 2026

Introducing the hardline according to Terence Trent d'Arby (disque, 1987)

 Et hop deuxième disque, j'avais l'embarras du choix. Et l'autre jour je me suis retrouvé avec Sign your Name en tête, que pourtant je n'avais pas entendue depuis des années. A quoi tient un choix?
Après le Gospel de Meshell Ndegeocello, je continue dans l'esprit gospel / soul, finalement

Et de fil en aiguille, je me suis demandé ce qu'il était devenu: à part son changement de nom dans les années 2000 et son retrait de la scène musicale pensant très longtemps ( dont j'ignorais les raisons), je n'ai pas trop suivi sa carrière, et à vrai dire, à par les tubes Sign you name, Wishing Well et Dance Little Sister, ben je connais assez peu cet artiste.

Je n'avais même pas eu l'occasion jusqu'à présent d'écouter son premier disque en entier, et pourtant, j'en gardais l'image d'un gars qui avait beaucoup de choses à son avantage et aurait pu avoir une belle carrière: belle voix puissante, bon danseur, multi-instrumentiste, physiquement pas mal du tout, grand mince, avec un joli visage, une ravissante paire d'yeux et une coiffure sympa.. bref, il partait avec une longueur d'avance.

J'ai galéré à trouver une photo où il ait le sourire et c'est bien dommage, ce monsieur était charmant et encore plus avec le sourir ( par contre, pour ne pas casser le mythe il ne vaut mieux pas chercher la tête qu'il a maintenant, disons qu'à âge égal, mère nature a été beaucoup plus sympa avec Lenny Kravitz)

Et il semble que quelques mauvais choix de carrière et un caractère difficile l'aient desservi. De ce que j'ai pu comprendre, suite à ce premier disque qui a fait un carton, il a pris le melon, s'est ouvertement positionné en rival à la fois de Prince et Michael Jackson, qui étaient déjà des pointures avec une discographie conséquente et un auditoire fidèle. Il semble que ce soit son ego ( et le titre assez immodeste de ce premier album semble le confirmer) qui lui ai fait tort.

Et revenir ensuite sous un autre nom, en disant " j'ai travaillé sur moi et j'ai changé, je ne suis plus dévoré d'ambition", quand on a déjà une réputation de casse burettes et que les gens rechignent à bosser avec vous, ben c'est mal parti pour arriver à regagner sa place, surtout quand on s'est ouvertement placé en rival des deux précédents et qu'entretemps un autre gars à tresses est arrivé et a cassé la baraque ( l'ami Lenny, qui sans renier ses influences blues et soul a eu la bonne idée d'aller vers le hard rock, alors moins présent sur les scènes afro-américaines)
Même s'il a sortit 4 disques sous sont premier nom de scène, un avec double identité, et 10 autres depuis sous son nouveau com de Sananda Maïtreya, il continue à se produire sur scène mais n'a pas vraiment renoué avec le succès ni renouvelé son premier coup d'éclat.

Et pourtant il a du talent, qu'il n'a pas réellement sur exploiter pour lui même. Le disque s'écoute bien même si certains arrangements de synthé on franchement vieilli ( sur Rain, oui, ça fait sourire). Le gars a réussi la prouesse d'avoir 3 tubes sur son premier disque, et franchement j'aime toujours les percus un peu caribéennes de Sign your name), mais pour moi les morceaux qui ressortent le plus sont ceux qui n'on t pas été multi diffusés à la radio: le gospel rock Seven more days, Who's loving you (très James Brown) et surtout l'incroyable As Yet untiltled, c'était osé de mettre un morceau entièrement à capella, au texte social et malheureusement toujours d'actualité.

Hop, playlist ici, histoire de l'écouter ou réécouter d'un bout à l'autre

Mais vingt dieux, quelle voix magnifique, et ce genre de chanson met à la voix en valeur la voix et le sujet. S'il était allé plutôt dans cette direction, il y avait une place bien particulière à occuper.
Et ça fait toujours plaisir de trouver ce genre de petites pépites, caché au fond d'un album dont on n'avait retenu que les singles. Là, il y a une expressivité et une sincérité qui me plaisent particulièrement, et je considère que sa simplicité brute en fait le meilleur titre du disque.

dimanche 1 février 2026

Mois de la culture afro-américaine, 3!

 Enfin, 3° pour moi, mais comme j'ai encore des choses à partager depuis l'an dernier on continue


Voila donc ce qui est prévu, sans trop dévoiler le mystère. I y a donc à l'heure actuelle 4 films et 2 disques prévus ( sûr et certain! les sujets sont prêts et rédigés). J'ai 3 livres audios, mais comme ils sont formats mp3, ils ne se lisent pas sur ma chaîne, il faut que je tente une manipulation sur mon ancien ordinateur doté d'un lecteur CD/DVD que j'ai gardé exprès pour ce genre de situations.
J'ai repéré quelques BD et livres à la médiathèques, donc j'espère pouvoir

1/2: No More Water - Meshell Ndegeocello ( disque)
7/2 : Le blues de Ma Rainey ( film)
8/2 : Introducing the Hardline according to Terence Trent d'Arby ( disque)
10/2: Strange Fruit, la chanson d'Abel ( BD)
14/2: film n°2 
15/2 (disque 3 à choisir)
21/2: Film n°3
22/2 : (disque 4 à choisir)
28/2: Film n°4
29/2: (disque 5 à choisir)

Meshell Ndegeocello - No more Water, the Gospel of James Baldwin ( disque, 2024)

Et voilà une trouvaille, arrivée dans les rayonnages de la médiathèque ( et dans mes oreilles!) à la fin de l'an dernier. L'album date de 2024, à l'occasion du centenaire de la naissance de James Baldwin, auteur dont j'espère pouvoir enfin lire un texte cette année. J'ai lamentablement échoué les deux dernières années.

Et c'est l'occasion également de découvrir ce que fait la chanteuse et bassiste ( j'aime déjà cette nana!) Meshell Ndegeocello.  Je ne la connaissais que de nom.. enfin, de pseudo, puisque son nom de naissance est simplement Michelle Johnson. Mais je vois que son nom de scène est tiré du Swahili et signifie " libre comme l'oiseau", ce qui donne déjà une idée de sa personnalité et son engagement: prendre un pseudonyme issu d'une langue africaine quand on est une musicienne américaine est déjà un acte politique.



Et d'autant plus qu'elle décide de mettre en musique, musique souvent funky, et inspirée des rythmes africain, les mots de James Baldwin. Y compris la piste 7, écrite en français et lue par une française.

Une vraie réussite, mêlant musique et lectures, à laquelle le podcast "au coeur du jazz" consacre une heure d'émission, ici.

Le petit détail qui me laisse pensive sur le niveau d'hypocrisie des Etats-Unis, c'est le fait qu'un "parental advisory" soit imprimé sur la pochette. Demandé dans les années 80 par Tipper Gore, la femme d'Al, parce qu'elle était scandalisée qu'on puisse vendre des disques aux textes "orduriers" qui dévoient la belle jeunesse américaine innocente .
( Pour l'anecdote, la chanson qui a déclenché son ire est Darling Nikki, de Prince, qui parle d'une femme qui se tripote en feuilletant un magazine cochon.. exactement ce que font beaucoup d'hommes, donc Et de manière très drôle, anecdote dans l'anecdote, les 15 premières chansons ainsi estampillées, surnommées les " filthy fiteen", donc les 15 dégueulasses, comptait outre Darling Nikki, "Sugar Wall" chantée par Sheena Easton, et composée par Prince en seconde position, la troisième est une chanson de Judas Priest. C'est presque décevant, on est passé à - j'ose- deux doigts d'un podium, ça aurait été incroyable que la même personne soit sur les 3 premières marches. Ha, mais en 4° place il y a Vanity, chanteuse du groupe Vanity 6, avec une chanson pas composée par Prince, mais mais mais Vanity est le pseudo qu'il a donné à la chanteuse Denise Matthews lorsqu'il a décidé de lancer un groupe de nanas, sous le nom de Vanity 6, donc indirectement, médaille en chocolat!)

Et là, pourtant, rien de ce qui avait à l'origine motivé la création du Parental Advisory, pas de choses ouvertement sexuelles ou de références au cannibalisme... Donc pourquoi? Est-ce parce que les textes de Baldwin son sombre, parlent à mots couvert de suicide, que l'auteur était homosexuel.. ou bien ouvertement de gauche, et qu'il clame haut et fort l'égalité entre hommes et femmes, noirs et blanc, tout individu étant à l'égal des autres, composé de 70% d'eau pour mieux pointer l'absurdité des catégories sociales? Ou bien parce qu'il y a quelques " fuck!" dans ses textes ( notamment dans "la prochaine fois le feu"?) , en tout cas la déclamation de ses textes politiques sous forme de gospel est pertinente, quand on regarde son vécu, et percutante. Dans un podcast qui lui était consacré, son écriture était qualifiée de très musicale et très jazz. Rythmée en tout cas.

Normalement la violence sociale, la ségrégation, l'humiliation qui hantent les textes de Baldwin devraient faire réagir plus que des références au sexe ou aux pratiques SM, ou une poignée de gros mots, mais d'une manière différente et donc ne pas être classées dans le même lot.  
Mais on en est là, protéger les jeunes même de textes sociaux et politiques au motif qu' ils pourraient " les choquer". Ou bien, plus probablement parce qu'ils donnent une mauvaise conscience aux politiciens blancs à qui on rappelle que leur prédécesseurs ont commis des choses inacceptables au nom de leur religion/ pouvoir/ goût de l'argent. Personne n'aime devoir descendre du piédestal où il s'est lui même placé à grand coup de narration à son propre service.

De mon point de vue, au contraire, ce genre de choses doit être diffusé au plus grand nom et expliqué. au lieu de ça "attention parents" (que je comprends comme " ce genre de disque pourrait faire réfléchir vos enfants, et après on aura du mal à les manipuler"). Ce n'est pas trop étonnant dans un pays qui censure les livres " pour ne pas choquer les enfants" ( parce que même les livres pour enfants présentent des comportement inacceptables comme.. ne pas obéir à ses parents ou avoir des envies d'indépendance. P'tain qu'est-ce qu'ils diraient de Sylvain et Sylvette qui vivent seuls dans la forêt)

Donc , après cette parenthèse " réflexion en roue libre", oui je conseille totalement ce disque, qui est en plus musicalement agréable, Meshell a une jolie voix un peu grave qui sert très bien les textes de Baldwin, donne envie d'aller les chercher pour décrypter ce qui nous échappe, à nous, frenchies que nous sommes.

En tout cas, j'irais sans faute chercher ce qu'elle a fait d'autre, ça me plaît beaucoup.

lundi 3 février 2025

3 février, on écoute Dennis Edwards et Johnny "Guitar" Watson

Je ne vous épargne pas, aujourd'hui il y a 2 anniversaires à fêter.

Dans la catégorie " encore plus oublié que Rick James" il y a Dennis Edwards, que j'ai clairement trouvé en cherchant la liste des gens nés en février. Et j'ai galéré pour trouver en ligne ses enregistrements solos. Né le 3 février 1943, mort le 1° février 2018, il n'a pas eu la chance de fêter son 75° anniversaire.
Et je dis bien solo, parce que l'ami Dennis a en fait été l'un des membres des Temptations à partir de 1968 et jusqu'à 1988. Haaa ben voilà!
Il n'a donc pas participé au tube soul "My girl" (1965) mais était là pour l'autre méga tube qu'est "Papa was a rollin' stone" ( 1972). Yep exactement ce qu'à repris George Michael quelques années après pour en refaire un tube en Europe. sa reprise était très bonne, mais l'original est fiouuu, trompette, basse, violons, et surtout le côté choeur gospel que peuvent donner plusieurs chanteurs et qui donne l'impression que c'est toute une famille qui se plaint de la désertion du paternel. Désolée George, la version des Temptations est quand même supérieure ( et pourtant c'était aussi une reprise du groupe Undisputed Truth)


Allez, on s'écoute tout l'album "All Directions" où se trouve justement ce titre.

Et pour ce qui est de Dennis en Solo, voilà son album "Don't look any further", et la chanson du même titre a été aussi un méga carton ( effet " haaaa mais ouiiiiii, je ne savais pas qui chantait ça", garanti)

Et le second du Joue c'est Johnny "Guitar" Watson, nettement moins inconnu de la fan de blues que je suis.  Je bous laisse deviner à son surnom de quel instrument il jouait. Tiens, il entre dans la liste de janvier dernier, où il y avait comme un étrange lien entre guitare et chapeau.

Et à une époque, années 60, où les emprunts et francisations de tubes blues et soul se faisaient sans vraiment en avoir l'autorisation, un de ses tubes " Cuttin' in", a été disons "popularisé mais en oubliant de citer la source" par Johnny Halliday. Oui, ça fait mal. et je ne suis pas sure que Johnny Watson ait touché le moindre droit d'auteur, ou alors probablement des clopinettes.

Mieux vaut le titre d'origine

Et hop, une playlist pour tenir jusqu'au prochain sujet musical pas plus tard que demain ( et là, c'est quelqu'un qui fait partie des disparus de l'année maudite 2016)

dimanche 2 février 2025

Avoir et se faire Avoir - Eula Biss

 


Curieux titre qui m'a interpellée, il s'agit d'un faux roman/ récit, composé de minis chapitres qui ont plutôt la forme de chroniques qui pourraient être publiées dans des journaux, chacune étant une piste de réflexion de l'autrice. Jusqu'alors locataire dans un quartier pauvre et assez mal famé de Chicago, elle son déménagement dans une maison qu'elle vient d'acheter dans un quartier même pas riche ni bourgeois, mais disons " classe moyenne" est l'occasion de réflexions variés sur la consommation, le fait d'être propriétaire ( c'est encore un graal social aux Etats Unis), d'avoir des objets pratiques ( machine à laver, voiture, meubles..) mais non vitales, choses qu'elle n'avait jamais eu auparavant - moins par moyens que par choix de vie - est l'occasion de diverses réflexions sociales. Parfois basées sur une discussion avec un voisin, un objet vu en vitrine ou chez des amis, une lecture,  un slogan absurde vu dans un catalogue, etc...

Et bien que l'autrice soit une américaine blanche de Chicago, sa réflexion l'emmène souvent à interroger, mentionner les conditions de vies des afro-américains, donc je l'intègre dans le mois afro américain en marge des auteurs pleinement afro-américains, d'autant que beaucoup de ses références sont féministes et antiracistes. En tout cas j'ai découvert quelques noms d'auteurs et d'autrices à chercher.

Consommation:

Le quartier pauvre était le royaume de la débrouille et de l'entraide, le nouveau quartier, où tous sont propriétaire, est beaucoup plus froid, humainement.. Est-ce que le gain de confort n'a pas été la perte d'une plus grande richesse, humainement. Est-ce que je vais devenir une connasses en convoitant des objets. Eula analyse donc les changements que cause chez elle ce nouveau statut de propriétaire;: habituée à la précarité, elle n'arrive pas à se décider pour du durable, passe des heures à choisir une peinture murale parmi des centaintes de teintes quasiment pareilles aux noms si absurdes qu'ils en deviennent poétiques, réfléchit aux sens des mots " consommation", au surnom du liseron " possession vine", qui enserre et étouffe les autres plantes, s'intéresse aux théories de l'économie et du capital et se découvre - avec pas mal d'angoisse - des désirs futile autant qu'irrépressible pour la possession d'objets absolument inutiles. De plus ou moins marxiste, elle se découvre un penchant capitaliste, et ça la met très mal à l'aise. Quelle est la part du gôut personnel et celle du conformisme social dans ce virage?

"Dans l'appartement de son père il y avait sur la table de chevet un bol rempli de magnifiques cerises en verre, que j'ai secrètement convoitées.Molly les trouvait ridicules, emblématiques de la richesse: des fruits qu'on ne peut pas manger"

 
Elle évoque aussi une de ses connaissances, qui a développé une rancoeur face à des membres de sa familles, parce qu'ils ont un joli tapis ancien, qu'elle aimerait avoir sans jamais le leur avoir dit, qu'elle estime que le tapis devrait être à elle, et donc que sa famille, sans rien en savoir, la "spolie" de "son" tapis, qui pour eux n'est qu'un objet.
A travers ces réflexions, c'est tout le rapport ambigu de la société américaine envers la possession et le capitalisme qui est passé au tamis du sarcasme: sa maison est vide car elle n'a pas encore acheté de meubles, un grand magasin veut la louer en y mettant ses meubles, pour reconstituer un "intérieur de grand mère afro-américaine" pour une campagne de publicité. Un intérieur fantasmé par l'Amérique blanche. A côté habite une authentique grand mère noire qui aurait bien besoin de cet argent, mais qui ne correspond pas au cliché souhaité. Car oui, on parle beaucoup de racisme, de sexisme, de luttes des classes: la possession est finalement encore et toujours un marqueur social, donnant l'illusion de prendre un ascenseur social en panne, quitte à s'endetter. Acheter des choses dont on n'a pas l'utilité juste pour épater ses invités pour un dîner lui donne mauvaise conscience, mais c'est presque obligatoire. De fait, la précarité existe, souvent masquée sous l'opulence acquise à crédit.
Evidemment certains points ne sont absolument pas transposables en Europe: nous n'avons en général pas besoin de nous endetter pour faire des études ou aller chez le médecin, et même si le racisme existe, il n'est pas si endémique qu'aux USA (un sujet dont nous débattons souvent avec une copine noire Américaine qui revit littéralement depuis qu'elle habite la moitié du temps en France, voyant la possibilité que sa fille encore mineure, puisse faire un jour des études sans avoir à rembourser ensuite pendant 20 ans ses frais de scolarité). Car si le crédit, et son cortège de dettes, sont aussi répandus en Amérique, c'est parce que toute la société est bâtie autour de la vie à crédit. Le mode de vie frugal et exempt de dettes de Eula est plutôt l'exception.

Travail
Quelle est la différence entre le travail et le labeur, et me donne une piste expliquant pourquoi je suis à peu près inapte à avoir un travail vraiment lucratif: le déguisement. La nécessité de se déguiser, de jouer le rôle qu'on attend de l'employé, du cadre modèle. Je suis une très très mauvaise actrice, et ça me met hors-jeu dans Monopoly social. Ce qui ne me dérange pas, pour moi la richesse est ailleurs que dans l'accumulation d'objets ou la validation sociale.
De manière très intéressante, un parallèle est tracé entre l'apparition des chasses aux sorcières en Europe au moment où le droit de gagner de l'argent avec son travail a été réduit pour les femmes, leur tâche se restreignant à être domestiques de leurs maris et à produire des enfants ( des vieilles femmes, des célibataires, des insoumises.. considérées comme improductives au sens où elles ne produisaient pas de nouveaux travailleurs mâles), au même moment où à commencé la colonisation de l'Amérique; la spoliation des autochtone, et l'emploi d'une main d'oeuvre esclave importée d'Afrique : femmes, esclaves africains, amérindiens expulsés: les laissés-pour-compte d'un capitaliste pensé par les hommes blancs pour les hommes blancs, en se reposant sur le travail gratuit et l'appropriation de tout jusqu'aux corps et à l'esprit des individus.
Bon, suivant ce principe en tant que célibataire sans enfants, je suis aussi une sorcière. Pas grave, je m'en accommode aussi. Et milite ouvertement contre le sexisme, le racisme, l'homophobie et autres -ismes ou -phobies inacceptables. Si on regarde la proportion de riches et de pauvres, on en arrive à la conclusion que oui, les luttes pour légalité sont indissociables les unes des autres, les laissés pour compte sont bien plus nombreux que les dominants. Mais le problème est que pour renverser les dominants, il faut s'allier... mais ne pas créer ensuite un nouveau rapport de domination*

Investissement
: Là encore, Eula se retrouve un peu coincée entre ses opinions marxistes, la nécessité d'avoir un compte en banque, et la conscience de ne pas savoir vraiment à quoi sert l'argent qu'elle y laisse, de ne pas vraiment pouvoir choisir: soit il est investi par la banque dans des actions de pétrochimie, soit on peut demander qu'il ne finance pas les énergies non renouvelable, mais dans ce cas il risque de servir à des entreprises qui ne respectent pas le code du travail, etc... Et ça la met mal à l'aise. C'est un problème pour moi aussi, bien que je n'aie pas un tas d'argent digne de crésus. Et comme elle j'ai un profil d'investisseur le plus bas possible, avec le moins de risques possible ( au grand dam de la conseillère bancaire qui n'a jamais réussi à me convaincre de risquer plus.
Mais en même temps impossible de se passer de banque, et Eula a mauvaise conscience, puisqu'elle veut avoir à la fois des vacances, du temps pour écrire et une retraite un jour lointain (ce n'est clairement pas la nana qui veut être riche, juste vivre décemment. Mais ce décemment ne peut se faire qu'en transigeant avec sa conscience, surtout en étant devenue propriétaire.
J'ai choisi: je refuse d'être propriétaire tant que je peux l'éviter. Malheureusement avec les lois en France, il est parfois plus simple d'acheter un logement que de le louer ( le fameux " gagner 3X le montant du loyer". Je touche 1600 euros par mois, ce qui est très confortable, tant que je partage un loyer avec ma mère. Mais si je devais me loger, je ne pourrais pas dépasser 530 euros, et dans ma région, ça signifie pas vraiment plus qu'un studio au ixième étage dans ascenseur. Donc j'économise, tant que je peux

Comptes: ici, elle fait un peu le bilan de tout le reste, de l'activité d'écrivaine, de sa tentation de démissionner, pour vivre en accord avec ses principes. Mais il est difficile de renoncer au confort quand on s'y habitue. De retourner au vélo quand on a une voiture. Mais il y a aussi tout une réflexion intéressante sur le bénévolat, la gratuité et les femmes. Précisément sur le fait que beaucoup d'activité sont un don ou un échange, des participations bénévole dans des associations, et que , comme par hasard, les bénévoles des associations sont presque toujours des femmes, qui font donc don de leur temps pour le bien commun, temps qui est souvent plus précieux que l'argent ( d'expérience, je dirais qu'en Europe, c'est peut être 75% de femmes, à la totalité selon le domaine d'action de l'association: sport, musique: il y a des hommes. Aide aux gens et animaux, nettement moins. Et lorsqu'il s'agit du bureau qui fait marcher l'association, alors là, les gars se défilent très souvent). Les femmes gagnent moins d'argent que les hommes, MAIS on attend d'elles qu'elles investissent aussi leur temps dans des activités qui bénéficient à d'autres.


Que voilà un ouvrage inhabituel et intéressant, car non seulement il part de réflexions quotidiennes qui peuvent tous nous arriver, mais aussi, explore avec presque gourmandise le vocabulaire et le sens, y compris dans plusieurs langues. Et ponctue son discours de références musicales. Etymologie, linguistique et musique, je ne pouvais que kiffer.
Est-ce qu'un livre peut avoir une bande son? Oui, car certains titres sont mentionnés directement; et donc, la voilà!
Elle convoque autant les Beatles que des comptines ( y compris frère Jacques - en français- tâtonné sur un piano), Dire Straits que RuPaul

Mentionnés sans titres précis
Sade, Genesis, Chaka Khan, Human league, Wu-Tang Clan

Quelques points culturels qui méritent précision:
Kudzu: plante asiatique devenue invasive en Amérique, particulièrement au Canada
culture shaker: sous-branche des quakers, prônant la frugalité et entre autres l'égalité de genres dans le travail, mais aussi le célibat volontaire qui a entraîné in fine leur inévitable disparition. Ils sont connus pour leur design qui rappelle le design épuré scandinave en Europe
culture haïda, culture kwakwaka'wakw: peuples autochtones canadiens
Graphiques du NY times sur la mobilité sociale:  très bien fait, on peut comparer  en choisissant les  catégories sociales d'origine, le genre et les origines ethniques.
The landlord's game
: prototype du Monopoly, inventé par une femme ( qui n'a pas touché un rond de droits d'auteur) et dont ironiquement l'objectif était d'apprendre aux gens à gérer raisonnablement son argent dans une optique socialiste. Double ironie, il est basé sur un jeu du peuple kiowa, et dénonce la spoliation des terres, dont les amérindiens ont été les premières victimes.
Mierle Ukeles: artiste qui s'est intéressée aux tâches de maintenance et en fait le coeur de ses oeuvres.
Marianna Mazzucato : économiste qui prend partie pour le secteur public et non le secteur privé dans le domaine de l'innovation
spy vs spy: comics présentant deux espions, similaires, aux allures d'oiseaux.
The americans : série D'espionnage où des espions du KGB infiltre les USA et doivent apprendre à vivre dans l'american way of life pour passer inaperçu, malgré leur culture soviétique
Toni Cade Bambara: réalisatrice de documentaire , activiste sociale
peuple uduk: ethnie du Soudan
Danica Phelps: Plasticienne et dessinatrice qui représente visuellement ce qu'elle  gagne et dépense sous forme de dessins et de barres.

* J'y repensais en écoutant des podcasts sur la ségrégation aux USA. L'un mentionnait que la plupart des textes de lois stipulaient que les mariages étaient interdits entre un noir et une blanche. Et quasiment jamais l'inverse. Qu'un noir pouvait être lynché pour avoir parlé à une blanche, mais il n'était pas non plus relaté de lynchages de noires qui aurait parlé à des blancs (au contraire, ils allaient s'encanailler auprès des prostituées des quartiers noirs).
Je pense que ça vient d'un clash de domination qui faisait bugger le cerveau des législateurs blancs: pour eux home> femme et blanc> noir. Qu'un homme blanc domine une femme noire, c'est normal , puisque les deux dominations sont cumulées et vont dans le sens choisi un homme blanc est deux fois supérieur à une femme noire.
L'inverse en revanche devait les faire vriller, puisque si homme> femme et blanc> noir, les deux dominations s'annulent, on ne peut imaginer une femme supérieur à un homme ou un noire supérieur à une blanche, diablerie! Une union blanc + noire allait malgré tout dans le sens de l'ordre social, alors qu'une union noir+ blanche le défiait ouvertement. Et comme on supposait les femmes comme inaptes à décider pour elles-mêmes, il fallait légalement les "protéger" de la convoitise de gens considérés comme inférieurs. Supposer qu'elles puissent choisir elles-même consciemment leurs conjoints pour leurs qualités, sans tenir compte de leur origine ethnique était probablement même impensable.



mercredi 15 janvier 2025

challenge Afro americain février 2025

Une fois de plus je ne déroge pas à mes bonnes habitudes, la musique va avoir une place centrale, on ne se refait pas.

Mais en marge de ça, je prépare pour ce mois de février une sélection " auteurs afro-américains" pour une table thématique à la bibliothèque. Je dois en faire une de temps en temps, je peux sélectionner en amont le mois voulu et le sujet que je propose. Donc " mise en lumière des auteurs afro américains" que ce soit en littérature, essais, poésie, romans policiers, etc... la seule limite étant qu'ils soient disponibles dans le catalogue

Lectures

- Avoir et se faire avoir - Eula Biss: un livre mi chronique , mi récit, sur l'obsession consumériste aux USA. l'autrice est une américaine blanche et marxiste, mais son ouvrage évoque beaucoup les difficultés économiques des minorités, en particulier noires, aux USA. Les difficultés à trouver sa place,  aussi, dans un ancien quartier noir gentrifié, où les nouveaux arrivants blancs chassent, sans le savoir ni le vouloir, les anciens habitants qui ne peuvent plus espérer payer des loyers qui augmentent trop. LU
- Cow-boy noir - Nat Love: la bibliothèque l'a acheté, ho joie. EN COURS
- James Baldwin, titre à choisir, il y en a plusieurs qui viennent d'être réédités et achetés, ce sera en fonction de ceux qui sont disponibles
- Delta Blues Café ( BD)
- Kiss the sky, T1 (BD)
- Noire, la vie méconnue de Claudette Colvin ( BD)
- Panthers in the hole ( BD)
- Basquiat (BD)

Des choses que j'ai écoutées dans l'année et que je recommande, sans forcément faire une sujet particulier à chaque fois:

Podcast Aux racines du gospel et du blues: beaucoup d'informations intéressantes sur les origines de ces styles qui ont ensuite évolué en dizaines et dizaines de ramifications.
Pour l'anecdote, sans blues, pas de Rolling Stones, bien que leur public américain ne l'ai pas compris et ait hué le groupe majoritairement noir et métis qui faisait la première partie de leurs concerts américains en 1981. Comment dire... les gens qui ont fait la première partie ont " un peu" eu leur revanche en 1984 en devenant des vedettes mondiales. Mais l'incident a fait dire à Mick Jagger que les fans américains des Stones n'ont vraiment pas compris d'où vient le rock.

https://www.radiofrance.fr/francemusique/podcasts/aux-racines-du-gospel-et-du-blues-mississippi-mon-amour


Podcast " culture musique été, les années Jazz"
Le jazz, par ses grandes dates
1: 1945, le be-bop
2: 1955, le hard-bop
3: 1959, année miraculeuse
4: 1964, l'amour suprême
5: 1970, l'année électrique

Podcast Josephine Baker

Podcast: Histoire africaine- américaine, un passé marginalisé

Vidéo 

3 documentaires musicaux: Devil at the crossroads, The two killings of Sam Cooke, What happened, miss Simone?
Black Far West / Black Cowboys ( documentaires ARTE)

anniversaires ( ou date de décès pour certains), pas garanti que j'arrive à caser tout le monde, mais au pire, je saurai déjà qui mettre à l'honneur l'an prochain.
1 février, on écoute Rick James
3 février: on écoute Dennis Edwards et Johnny Watson
4 février, on écoute Maurice White
6 février: on écoute Natalie Cole (et Bob Marley)
8 février, on écoute Mary Wilson
11 février on écoute Whitney Houston
12 février on écoute Al Jarreau
15 février on écoute Nat King Cole et  Denise Matthews - Vanity

17 févier, on écoute Thelonious Monk
18 février, on écoute Clyde Stubblefield
20 février, on écoute Nancy Wilson
21 février: anniversaire, on écoute Nina Simone et Clark Terry

25 février, on écoute Louisiana Red
26 février: anniversaire, on écoute Fats Domino et Buddy Miles

En mars
- Le Mississippi dans la peau - Eddy Harris
- Mississippi Solo - Eddy Harris

En Avril
Les 200 ans de la guerre de sécession, j'en parlerai forcément et journée du jazz, je ne peux pas la louper non plus!

vendredi 12 avril 2024

Spécial Guerre de Sécession (2)

 Allez, un peu de lecture pour se renseigner plus en détail. Je ne suis pas allée chercher midi à 14h00 et j'ai simplement fouillé dans un stock de Que sais-je que j'avais mis de côté pour plus tard en version numérique.

La Guerre de Sécession - Farid Ameur



Rien à redire, l'auteur est un historien spécialisé sur cette période précise de l'Histoire, et apporte toutes les informations nécessaires, en particulier, sur le contexte en amont, la situation des Etats-Unis au XIXe siècle, pour comprendre comment on en est arrivés là.

Où l'on apprend que dès le premier quart du XIXe siècle, des menaces de sécession avaient été évoquées politiquement, dès 1812 en fait, puis en 1832 principalement pour raisons économiques et commerciales. Les événements de 1861 et des années qui ont suivi ne viennent pas de nulle part.
Et que la fracture est aussi d'un niveau quasi philosophique entre le sud, qui vit dans les idéaux européens d'une société très hiérarchique et immuable ( et merci à l'auteur de parler dans autres laissés pour compte que sont les agriculteurs blancs, libres contrairement aux esclaves, mais qui peinaient à joindre les deux bouts dans des régions dominées par une poignée de très gros propriétaires terriens vivant dans l'opulence.. et dominant donc, tous les autres), et au nord une société tournée vers la modernité, l'industrialisation, l'entreprise (puisque de toute façons, avec le climat continental, il était utopique de vouloir faire de l'agriculture à grande échelle), et ou les couches sociales étaient plus poreuses pour peu qu'on ait des idées, de l'ingéniosité ou de l'esprit d'entreprise (là aussi, il y avait des laissés-pour-compte, les ouvriers pauvres venus d'Europe pour travailler dans ce nouveau pays)
finalement c'est un peu l'opposition noblesse/ bourgeoisie d'Europe qui s'est reconstituée. Avec des riches minoritaires qui vivaient réellement comme la noblesse d'ancien régime, avec un train de vie dispendieux, achetant à crédit des produits de luxe venus d'Europe, tout en misant sur la future vente de la récolte de coton.. au risque de se retrouver avec des dettes colossale si une catastrophe naturelle advenait.
Et paradoxalement la classe blanche, pauvre et exploitée était souvent composée de fervents soutiens au système d'esclavage, dans la mesure ou la classe dominante leur faisait bien sentir que " vous êtes pauvres, mais s'il n'y avait pas les esclaves, c'est vous qui seriez le vrai prolétariat, donc vous avez tout intérêt à ce que ça continue, c'est ce qui conditionne que vous ne soyez pas la catégorie sociale la plus défavorisée". Le capitalisme vicieux dans toute sa splendeur.
L'auteur évoque aussi les abolitionnistes, qui existaient depuis quasiment le début de la conquête américaine, que ce soit pour raison religieuse, humaniste, rationnelle. Donc là aussi, c'est un sujet qui agitait la société depuis longtemps, la population ne s'est pas réveillée en 1860 à se demander si c'était bien chrétien de faire travailler du " bétail humain" dans des conditions épouvantables.
Mais, donc une lecture didactique, qui complète bien les documentaires.


J'ai un logiciel dédié à la lecture d'Ebooks  ( Icecream) mais je n'avais jamais testé la lecture audio. Je suis morte de rire, c'est encore et toujours la sempiternelle même voix de synthèse, qu'on entend absolument partout, et non seulement elle a du mal avec l'intonation ( celle , tombante en fin de syntagme, que fera naturellement un lecteur), mais est aussi incapable de lire les chiffres romains, le "XIXe siècle" est prononcé "gzikseuh siècle" et le XVIIIe " ksviiieuh siècle".. La lecture des années est aussi très mal faite, et ça pose problème. Un aveugle qui voudrait une lecture audio risque de galérer à comprendre ce qui est dit, et ça fait perdre le fil. Deux trucs marrants: " poignants" et "imagination" sont prononcés à l'anglaise, alors que le reste sonne à peu près français. "Poïnants" et "imadginacheune" ( et mon cerveau a enchaîné " it's just an illuuuuusion")

Et, pour ce qui est des suites de la guerre, une émission radio de 30 minutes autour des livres " Yellow Bird" et "l'Echo du temps" de Kevin Powers, auteur virginien qui s'est spécialisé en récits de guerre, et évoque en particulier comment la Civil War lui a été enseignée et est encore enseignée , en particulier, dans les écoles du Sud des USA, en général de manière très romancée et " mythologisée". Lui va à l'encontre de cette idéalisation
Kevin Powers explore les cicatrices non refermées de la Guerre de Sécession

Je note cet auteur ( ainsi que Shelby Foote, qui témoignait dans le documentaire précédemment évoqué)

Le sujet est encore d'actualité, dans la mesure où l'idéalisation de cette guerre est le fond de commerce des actuels suprémacistes blancs, héritiers du KKK racistes, évidemment, mais aussi sexistes ( ils sont le gros des rangs de ceux qui légifèrent sur le corps des femmes, limitent l'accès à la contraception, empêchent les plannings familiaux de travailler, suppriment le droit à l'avortement, valident le mariage forcé des petites filles, censurent les ouvrages évoquant l'homosexualité...) et électorat dévoué de Trump. Ce sont précisément eux qui ont pris d'assaut le Capitole il y a 4 ans, refusant d'accepter la défaite, et propageant à tour de bras des fake news. Et qui vont encore faire le gros de son électorat cette année.

Je n'en ai pas fini avec ce sujet, car j'aimerais parler aussi de ce qui a malheureusement suivi, à savoir l'apparition de la ségrégation et du KKK, puisque tout ça découle de la frustration des élites sudistes ( pas tous, evidemment, il y avait des abolitionnistes parmi eux , mais.. qui devaient faire profil bas, au risque, si leurs sympathies étaient connues, de faire eux aussi une mauvaise rencontre au détour d'une rue), d'avoir perdu leur statut de dominants en même temps que la main d'oeuvre dominée, et qui ont instauré un régime de racisme légal. Il y a beaucoup à en dire, de même que sur la représentation de la guerre dans les arts ou même la société ( ce que dit Powers), donc... je garde ça pour l'an prochain.



dimanche 17 mars 2024

Polychromie musicale (12) - Nat King Cole

Ca commence à faire beaucoup de sujets musicaux, mais je vais quand même continuer à les lister!

17 mars, un autre anniversaire que je ne voulais pas louper, dans la continuation du mois dernier, c'est celui de Nathaniel "King" Cole, célèbre chanteur de jazz et de swing, mort bien trop jeune (à 45 ans, à une époque où on ne savait pas vraiment que cigarette, santé et chant ne font pas bon ménage). Dont je viens d'apprendre que le surnom de King vient du trio qu'il a fondé le "King Cole Trio ", nommé d'après une comptine.

the King Cole Trio,


Et quand je dis célèbre, c'est un euphémisme... on estime qu'il a vendu 50 millions de disques en 30 ans de carrière. Replacé dans le contexte des années 1940 à 1960, c'est un succès colossal, au point d'avoir une émission télévisé musicale à son nom, le Nat King Cole Show.
"On November 5, 1956, The Nat 'King' Cole Show debuted on NBC. The variety program was one of the first hosted by an African American."

Le programme n'a duré qu'un peu plus d'un an faut de sponsors, mais c'est quand même important de le signaler.

Et ce n'est pourtant pas en tant que chanteur qu'il a débuté mais en tant que pianiste, doté d'une réelle formation musicale comprenant autant Bach et Rachmaninoff que du jazz et du gospel.
Et apparemment il est aussi un des premiers à avoir enregistré des disques de jazz entièrement en espagnol qui ont fait un carton en Amérique latine autant qu'en Amérique du Nord, et des albums entiers de chants de Noël (misère, il a poussé une porte où beaucoup d'autres se sont depuis engouffrés!)
Il est également apparu dans des séries et films, soit en tant que figurant avec son trio, soit parce qu'il fallait un pianiste, des musiciens ou un chanteur dans telle ou telle scène, mais oui, c'est pas peu de dire qu'il était une vraie de vraie vedette. Et quelle voix, à la fois charmeuse et enjouée, drôle et sympathique! Le genre de voix qui vous remettent de bonne humeur en quelques instants en cas de coup de blues. Apparemment, il n'était pas trop sur qu'elle ait de l'intérêt la première fois où on lui a demandé de chanter, mais en fin de compte, sa qualité vocale a même fait oublier ses compétences de pianiste.

Et, évidemment qui dit être noir en Amérique dans les années 50 et avoir un succès populaire, dit aussi jalousies, campagne de dénigrement et même en 1956 une tentative d'enlèvement au motif qu'il a... posé en photo avec des admirateurs blancs et pire encore, des admiratrices blanches ( parce que oui, les femmes étaient des petites choses à protéger malgré elles d'actes aussi scandaleux que, au pif, d'aller à un concert et prendre une photo souvenir avec la vedette?). Qu'est-ce que cette attaque a entraîné? Le musicien qui jusqu'alors ne s'était pas engagé, ni exprimé ouvertement sur la ségrégation, qui n'avait jamais cherché l'affrontement s'est demandé pourquoi il avait été victime de cette agression absolument gratuite, a compris que même la neutralité politique ne mettait pas à l'abri du racisme, et est devenu militant. D'autant que la presse noire lui a reproché ce manque d'engagement et ses concerts pour le public blanc (puisque le public ne pouvait alors pas être mélangé), au point qu'un journal a imprimé qu"écouter ses disques, c'est soutenir ses idées traitres et sa manière de penser étroite", ouaip, carrément. Ces critiques hallucinantes sont citées ici.

Il parait que la musique adoucit les moeurs mais visiblement en 1956, même la musique était un champ de bataille où tout le monde était à couteaux tirés. C'est absurde. Dites, les gens, regardez les touches du piano, elles ne sont pas séparées les blanches d'un côté et les noires de l'autre, hein... on a besoin de toutes pour faire quelque chose d'intéressant, ce n'est pas un piano apartheid. Bande de... non je ne vais pas écrire de gros mot, mais je le pense très fort, libre à vous de choisir celui que vous préférez dans ce cas.

D'ailleurs je trouve assez intéressant de voir les pochettes de disques d'époque: même là, les personnages représentés sont peu mélangés et... on représente des blancs dansant, s'amusant ensemble ou s'embrassant et dans ce cas là, le plus souvent, l'artiste n'y figure pas. Ou alors à part, surtout pas au milieu des autres, même si c'est simplement un dessin de gens qui se promènent dans un parc, mais là, évolution! Il y a déjà timidement, des personnages blancs et noirs sur une même pochette. Incroyable!
Mais oui, curieusement sur beaucoup, l'artiste y est invisible, au profit de personnages quelconques. Ce n'est pas rare, dans les disques de mes parents, il y en a des paquets comme ça, mais c'est un concept qui m'a toujours paru étrange, remplacer l'auteur/ interprète, etc.. par un pinpin assis près d'une platine vinyle. C'est tellement anodin, anonyme et peu vendeur, on voit que la pochette n'était pas encore vraiment perçue comme support créatif qui doit attirer l'oeil pour donner envie d'écouter le disque.

Sur les autres, il est toujours représenté seul, ou en compagnie d'autres minorités, mais, et c'est à noter, dans des situations " de classe supérieure", dans un salon cossu avec des clubs de golf, d'une élégance impeccable assis à une table, en voyage avec des valises (la pochette " A mis amigos" me fait marrer, on dirait une publicité vintage pour une marque de valises ou une agence de voyages), en touriste sur un marché probablement bolivien. La seule pochette où il est représenté sur le même plan avec un blanc est un disque en duo avec George Shearing, pianiste anglais que je ne connais que de nom (mais qui aurait été de toute façon bien incapable de faire de la discrimination sur les apparences puisqu'il était aveugle de naissance).
Mais oui, il y a une évolution dans les années 50, le jazz, du moins un certain jazz, est devenu une musique " classe" (tant qu'on ne mélange pas les torchons et les serviettes, les musiciens qui rentrent par l'arrière-cour et le public, qui passe par la grande porte, on l'a vu avec Billie Holiday), ce n'est déjà plus seulement la musique de clubs louches, fréquenté par les mafieux, et joué par des gens musiciens le soir - ouvriers le jour. Ou plus probablement, c'est ce genre de jazz dansant, avec musique et voix suaves, qui a pu arriver jusque dans les grandes salles. Clairement pas celui aux paroles revendicatives ou racontant les difficiles conditions de vie des classes populaires.

Je me suis trouvé à écouter une série d'enregistrements chronologiques, l'éditeur ayant eu la bonne idée de les éditer par périodes, de 1936 à 1950, 14 CD, Mais voilà déjà de quoi écouter le premier, de 1936 à 1940  puis
1940 - 1941
1941-1943
1943 - 1944
1944- 1945
1945

1946
1946- 1947

1947 (partie 1)
1947 (partie 2)
1947 ( partie 3)
1947-1949
1949
1949-1950

Je vais fouiller ce site et pas qu'un peu, il y a du très bon :D

Et la proximité des dates aidant, entre le 14 et le 17 mars, j'étais un peu dépitée de voir que Radio France avait programmé il y a quelques années un concert entier de  Nat King Cole et l'orchestre de Quincy Jones, et que malheureusement il est maintenant inaccessible!
Mais quelques titres sont trouvables sur Youtube et donc cadeau, dans la droite ligne du précédent sujet.

The continental - Nat King Cole & the Quincy Jones Band , Paris 1960 ( audio seulement, mais il y a un photo où on le voit signer des autographes à des fans blancs et je me demande si c'est celle qui lui a causé beaucoup de problèmes)

et Blues in the Night, issu du même concert, où on entend Nat présenter son titre en français, et ça fait plaisir.

Et Route 66

Faut que je cherche si ce concert entier est trouvable quelque part.

Ha et je ne résiste pas, même si c'est super connu, à vous ajouter le duo impossible entre Natalie Cole, la fille de Nat, et son père.
Impossible car, il est mort en 1965 alors qu'elle avait 15 ans. Devenue adulte et elle aussi chanteuse professionnelle, elle a rendu un hommage absolument adorable à son père en chantant "avec lui" un duo virtuel, sur un de ses plus grands succès, qui est aussi devenu un de ses titres les plus marquants, à elle aussi. Situation étrange où le père et la fille chantent en duo... et ont à peu près le même âge, si elle n'est pas de fait, plus âgée que lui. La musique peut même rassembler des gens au delà du temps, et c'est magnifique.

Inoubliable, c'est le mot:



vendredi 8 mars 2024

Qui a peur d'Angela Davis? ( Podcast 2023)

 Entre mois de l'histoire Afro- américaine et mise en avant des luttes féministes en mars, voilà un podcast évoquant Angela Davis, ses engagements sociaux et politiques. Le programme date de l'été dernier et je l'ai écouté à ce moment là, j'espère donc qu'il est encore accessible et le restera quelques temps. apparemment oui, je vois que les archives de cette série de podcasts sont encore accessible sur plusieurs années


C'est ici: https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/serie-qui-a-peur-d-angela-davis

Mais donc, c'est un programme très intéressant, et passablement enrageant, non parce qu'il serait mal fait, mais parce qu'au contraire, il donne véritablement à ressentir le traitement injuste vécu par Angela et ses concitoyens dans les années 60/70 et même encore après.
Et encore, Angela est née dans une ville défavorisée d'un état profondément raciste, mais dans une famille de classe moyenne, elle a pu faire des études jusqu'à devenir professeur d'université, en dépit des difficulté. Nombre de ses camarades d'enfance, issus de familles pauvres, ouvrières, n'ont pas eu cette option.
Au travers de son parcours, c'est aussi la fin de la ségrégation qui est évoqué, fin " politique", mais qui a perduré dans les têtes. Je vous ai déjà parlé plusieurs fois ce cette révélation particulièrement choquante de l'existence de médias "noirs " et "blancs" jusqu'au début des années 1980 au moins.
Et pourquoi pour moi, d'un point de vue de française, biberonnée au jazz et au blues, c'était inconcevable hors d'un pays comme, disons l'Afrique du Sud de la même époque, où là, oui, je savais que ça existait encore, que c'était suprêmement con, mais que ça existait. Et je peux même vous dire qu'en 1991, j'étais au collège et que des 1989, les profs d'histoire nous parlaient de l'arrive au pouvoir de De Klerk, puis de la libération de Mandela comme d'un événement majeur qui annonçait un très grand changement...
Donc ben voilà, je savais les USA un peu beaucoup rétrogrades, mais jamais au grand jamais, les mêmes profs d'histoire ne nous avait dit que finalement la situation n'était pas franchement plus avancée qu'en Afrique du Sud. Probablement parce que les USA ont gagné du crédit mondialement à la fin de la guerre froide et qu'on a volontairement ou inconsciemment, occulté tout ce qui n'allait pas.

Force est de constater que les luttes sociales, de toutes sortes n'y sont pas finies, tant on a l'impression qu'une avancée d'un côté est immédiatement suivie d'un recul par ailleurs (je pense en particulier aux dramatiques reculs de la santé, de la culture, de l'éducation, des droits des femmes...)
En tout cas j'ai appris qu'Angela Davis a écrit un essai sur le blues et le féminisme, mettant en avant les chanteuses et musiciennes de blues, et c'est pas peu de me dire que ça me tente beaucoup, autant d'ailleurs que ses mémoires.


jeudi 22 février 2024

Polychromie musicale (10) - Disco, la bande son du renouveau ( documentaire , 2024, durée limitée)

J'avais prévu de parler du funk, mais.. voilà qu'Arte me sert un sujet sur un plateau en or incrusté de brillants. Ou plutôt me sert un sujet brillant comme une boule à facettes, sous la forme d'un documentaire en 3 parties (3 fois 50 minutes), à voir rapidement, c'est à dire jusqu'au 2 mars 2024. Oui, je sais c'est court.

Mais c'est l'occasion d'évoquer le disco pas seulement sous l'angle d'une musique absolument parfaite pour faire la fête, mais sous l'angle sociologique: son apparition dans les clubs confidentiels de New-York ( ceux fréquentés par les populations "en marge", c'est à dire, femmes, noirs, métis, latinos américains, et ceux que l'on appelait pas encore la communauté LGBT...) en a fait un étendard non seulement culturel mais aussi politique, donnant une vraie visibilité à ces "marginaux" qui sont en fait un bon paquet de gens, avant de conquérir la planète. Et évidemment, qui dit revendications dit aussi oppositions de la part des traditionalistes et intégristes religieux.
Oui je sais, c'est un raccourci, mais la boule à facette c'est quand même LE symbole du disco.

J'étais jeune au moment de la fin du disco, et pour moi c'était surtout une musique super entraînante, et je ne comprenais pas du tout pourquoi "les grands" trouvaient ça nul, parlaient de décadence, de fin de la civilisation, tout ça.
Force est de constater que 40 ans plus tard, le disco n'a rien détruit, bien au contraire, c'est une fois de plus une preuve que la musique et la joie de vivre peuvent dépasser les frontières des pays et des communautés, et c'est bien. Mais il y a toujours des gens à qui la mixité sociale, culturelle et ethnique ne plait pas, et qui en plus, veulent empêcher les autres de s'amuser. Ca je l'ai appris en grandissant. Par contre je trouve toujours ça aussi incompréhensible quel que soit le genre ( on a eu droit à ça pour le rock, pour le punk, pour le rap, avant ça pour le blues... et on peut remonter jusqu'à l'Ars Nova hein, dans le discours de vieux schnock "c'était mieux avant, de nos jours les jeunes écoutent vraiment de la daube et n'ont aucun sens des valeurs".

Et c'est tout l'intérêt de ce documentaire, mettre en avant la subversion sous les paillettes. Je kiffais déjà pour le côté rythme entraînant, mais ça me fait encore plus plaisir de avoir qu'il y a derrière un sous-texte politique. Comme d'ailleurs auparavant le jazz, le blues, le rock, le rock psychédélique , et bien d'autres. Et effectivement l'apparition du disco est concomitante aux mouvements pour les droits sociaux, contre la guerre au Vietnam, et à la remise en cause de l'American Way of Life qui concernait finalement bien peu de gens. Certains privilégiés de l'époque témoignent avoir ouvert les yeux sur leur propre statut de privilégies via la musique, et rien que pour ça, c'est important de le dire.
D'autres personnes tout en bas de l'échelle sociale: les femmes noires (dont on apprend qu'un rapport gouvernemental les avait considérées comme " sources de tous les problèmes des familles noires" rien que ça, parce qu'elle étaient supposées trop dirigistes, trop matriarcales dans un état qui valorise le patriarcat. Je n'ai même pas de mot pour exprimer à quel point je trouve ça con), venues pour la plupart de la saoul et du gospel ont pu soudain avoir une audience internationale. Et surtout le disco leur a donné un nouveau mode d'expression pour sortir de l'image " gentille", à l'opposé du rapport gouvernemental, que leur collait les labels du genre Motown. Hop, les plumes, les paillettes, les matières brillantes, l'extravagance!

Et les chanteuses évoquent le fait que le disco leur a aussi permis de chanter sur de nouveaux thèmes, parlant de leur difficultés quotidiennes, y compris la violence et l'énergie nécessaire pour quitter un mari violent. C'est aussi de ce genre de libération que parle le disco, après des décennies de chansons sirupeuses (qui étaient les seuls textes qu'on donnait aux chanteuses à l'époque, la femme désespérée d'avoir été quittée, tout ça...)

Une autre chose qui est évoquée c'est l'évolution technique qui a été influencée et a influencé le disco: nouveaux amplis , apparition du mixage qui a transformé de job de DJ.
Je note ce que dit l'un d'eux " n'importe quel disque passable peut devenir un tube s'il est diffusé régulièrement à la radio". Et j'ai envie de dire que ça n'a pas changé, maintenant ce sont les playlist de Deezer et Spotify, où les producteurs diffusent de partout le truc qu'ils veulent vendre, faisant gonfler le taux d'audience, et c'est comme ça qu'on se trouve encore et encore avec des morceaux - et des artistes - pas forcément novateurs, inventifs ou originaux qui sont au sommet des ventes. Et qu'invariablement, c'est LE morceau pas diffusé, planqué au fond d'un disque, qui va être une pépite: trop original, trop audacieux pour la radio.
Ce que nous dit le documentaire c'est qu'à l'époque les DJ choisissaient la musique qu'ils diffusaient en fonction de leurs gouts, et non de la popularité radiophonique, ce qui a permis par exemple la découverte et la diffusion internationale de Manu Dibango, artiste Camerounais édité chez un label inconnu de son pays, qui a été popularisé non par la radio mais par la diffusion en discothèques.

Je dois avouer que je regrette de ne pas avoir eu l'âge d'aller danser à cette époque, quand j'ai eu 18 ans, c'était en 1995 et déjà la musique diffusée n'était pas de mon goût, et en effet, c'était exactement la même chose qui était matraquée partout. aucun intérêt pour moi, je ne suis quasiment pas allée en boîte de ma vie parce que je m'y ennuyais terriblement. Alors que, si tu balances du disco, du funk ou du hard rock dans une soirée, je suis déchaînée. Et en concert je ne vous en parle pas...laissez un bon mètre de sécurité autour de moi.
Mais en plus à l'époque, donc mi-années 1990, mieux valait éviter de dire au lycée qu'on aimait certaines choses labellisées " musique de vieux", surtout si l'on était déjà cataloguée "la meuf bizarre". C'était l'époque Nirvana, Pearl Jam, Sonic Youth, Red Hot... la période grunge, et hors de tout ça, tout était considéré comme ringard par mes camarades, comme si on ne pouvait aimer qu'un seul type de musique. Donc, même si certains devaient kiffer le disco ou le funk, sans parler d'autres styles plus anciens, ils ne le disaient pas non plus pour éviter de se faire critiquer en boucle. L'éclectisme était plus ridiculisé que valorisé. Je ne sais pas exactement ce qu'il en est actuellement, la nouvelle génération est elle moins sectaire que la mienne? Aucune idée!

En tout cas de ce que je peux voir sur le net, par un retournement de situation, le genre est en train de revenir et d'être redécouvert, par des gens plus jeunes que moi (qui kiffent donc la musique de leurs grands-parents... alors que bon, moi, le paso doble, la chanson réaliste et Maurice Chevalier, c'est pas du tout ma came quand même!). Mais sans souci, rejoignez-nous, vous êtes les bienvenus.
Et voir ces images d'archives, où tout le monde s'amuse, sans distinction d'apparence, de catégorie sociale ou d'orientation, ça me fait un immense plaisir, à une époque où justement tout semble de plus en plus cloisonné, segmenté. Ce n'est peut-être pas un hasard si c'est justement un style fédérateur qui est redécouvert au moment il y a de nouveaux murs à casser.


Et puisque le documentaire ne va pas rester en ligne très longtemps, voilà quand même quelques-uns des morceaux qui y sont mentionnés comme des jalons importants de cette révolution culturelle.

Sortez les chaussures à plateforme, on va danser!

Partie 1: la révolte de ceux qui dansent. Apparition, contexte social, cette partie met l'accent sur les petit clubs et la communauté LGBT, pour qui ils étaient un lieu de liberté, de socialisation et de prise de parole en sécurité . Et donc des foyers de prise de conscience politique. De New York à Philadelphie.
Girl, you need a change of mind - Eddie Kendricks. Il faut changer de point de vue, c'est exactement le programme du mouvement disco.


Soul Makossa - Manu Dibango, probablement une des premières vedettes internationales africaines.

Mention spéciale à Earl Young " Disco Daddy", batteur haut en couleur qui explique que faute d'argent pour se payer un instrument, il a d'abord appris à jouer tout seul en tapant sur des annuaires et des boîtes vides. C'est une excellente idée! Et qui a presque inventé à lui seul la rythmique disco. D'ailleurs, c'est à lui qu'on doit Disco Inferno :)
The love I lost - Harold Melvin a the blue notes ( & Earl Young, donc)

Love is the Message - MFSB ( Mother, Father, Sister, Brother.. entre le titre, le nom du groupe, et le style, très gospel, je me demande si c'est du disco instrumental ou de la musique religieuse! Mais purée ce saxo, quel bonheur!). Message anti-guerre en pleine guerre froide, la couverture est assez claire.

Love's theme - Love Unlimited Orchestra  (Barry White), devenu un hymne de la cause LGBT parce que diffusé en masse dans une île populaire pour ses clubs gays (le Mykonos américain en gros)

Rock your baby - George McCrae, un des premiers tubes à avoir eu un succès jusqu'en Europe, et un des premiers chanteurs disco à avoir fait une vraie tournée européenne.

Partie 2 : Rien ne peut nous arrêter.  Le succès américain, puis mondial. Cette fois, c'est plutôt la dimension féminine et féministe qui est mise en avant, ainsi que San Francisco, ville des hippies, où la communauté gay était plutôt bien acceptée. Et donc, où les homosexuels venait en masse, au point de constituer plus d'un dixième de la population de la ville. Population très engagée pour la lutte en faveur de l'égalité. Et donc un électorat à ne pas négliger. Le disco, comme support de revendication politique.

Never can say goodbye - Gloria Gaynor. LA chanteuse disco par essence, qui était à l'origine une chanteuse de rock avec une audience locale, mais qui a pris ce virage totalement décisif pour sa carrière.

Lady Marmelade - Labelle : le designer des costumes (Larry Legaspi, lol!) du groupe était le même que pour Kiss et Funkadelic. Vu le succès du Disco et de Kiss le gars a eu du nez! Une chanson qui parle pourtant sans fard des conditions d'existence des prostituées de la Nouvelle-Orléans (d'où le refrain en français)

Young hearts run free - Candi Staton. Derrière les paillettes et le rythme entraînant, ce que Candi raconte, c'est la fois où son mari l'a menacée de la jeter par la fenêtre ou de la flinguer. Et qu'elle a trouvé l'énergie de divorcer.

Don't leave me this Way - Thelma Houston (réadaptation de la version de Harold Melvin & the blue notes, la version pour voix féminine a eu plus de succès. Et il a ensuite la reprise par the Communards qui a eu aussi beaucoup de succès. C'est intérressant, la même chanson a été chantée par un groupe de chanteurs noirs, une soliste noire, un chanteur blanc écossais LGBT, ouvertement militant de gauche, ce que le nom de son groupe ne cachait pas. On a a peu près tous les groupes de population oppressées, là)

I love to love you Baby  - Donna Summer ( une femme qui parle d'orgasme, scandale! En tout cas le révérend Jesse Jackson n'a pas aimé, tu m'étonnes!)

You make me feel (Mighty real) - Sylvester: convergence des luttes (un chanteur noir et homosexuel) et des genres ( disco, glam, blues, rock, et même symphonique). Il est mort bien trop tôt, à 41 ans, une des premières victimes connues du SIDA. En attendant " vous me faites me sentir puissamment réel", ce n'est pas anodin dans une catégorie sociale qui était auparavant cachée, selon le principe de " ce qu'on  ne voit pas n'existe pas". J'ai d'ailleurs envie de la comprendre plus comme s'adressant aux auditeurs qui écoutent l'artiste et lui donnent du pouvoir, que comme " tu me fais me sentir..." adressé à une seule personne.
 
Night Fever - The Bee-Gees : mondialisation du disco via le succès du film, qui parle... du prolétariat pour qui le défoulement du samedi soir est la seule perspective agréable de la semaine. Et qui lance la carrière de John Travolta au passage. Et du groupe anglo-australien jusqu'alors peu connu hors du Commonwealth aussi)

Stayin'live - The Bee Gees ( un des plus gros cartons internationaux. Et pour l'anecdote, cette chanson a été déterminée comme la plus adaptée pour faire un massage cardiaque efficace, le rythme est exactement celui qu'il faut  tout le monde la connait et il est impossible d'oublier de l'associer puisque " Sayin' alive". Ce n'est absolument pas une blague. Le disco sauve des vies)

I wall Survive - Gloria Gaynor. Pour les gens vieux comme moi, on se souvient qu'un disque avait une face A et une face B. La A était en général le tube destiné à la diffusion, et la B, une chanson moins porteuse, ou souvent un fond de tiroir. I will survive était la face B de Substitute, chanson presque inconnue. La face B était plus dansante, c'est celle qui a été diffusée dans les clubs, et a fait un carton. Parce que... rien à cirer des préconisations de l'industrie du disque, si la face B est meilleure, c'est celle-là qu'on va passer en boîte.
Ha, et.. on est passés en effet des chansons " tu m'as quittée, bouhou, je vais en mourir" à " tu m'as quittée, mais t'inquiète, je m'en remettrais"

Partie 3: rester en vie. Le disco, victime de son succès. Comme souvent, on est partis d'un mouvement créatif et revendicatif vers une machine à tubes où l'objectif n'est plus tant de porter un message et de faire de la qualité que de gagner vite de l'argent. Des groupes de rocks ou de pop (Les Stones, Rod Stewart ou pour les français Sheila...) y sont allés de leur chanson disco parce que c'était la mode, le moyen de faire parler de soi et de vendre des disques en surfant sur la vague. Ca devait donc finir un beau jour, par saturation du marché. Ce qui est à la mode se démode.
Et forcément le tournant commercial fait s'en détourner les initiateurs du mouvement qui ne s'y reconnaissent plus. Les chansons engagées, ou porteuses d'un message sont remplacées par des textes sans grand intérêt, la musique se standardise, les pas se codifient et s'enseignent en cours de danse, la musique s'acoquine bizarrement avec le patin à roulette (sisi, il y a même eu des films "ambiance roller-disco", c'était tout un concept, comme Xanadu, que j'ai évoqué dans le sujet sur E.L.O, toujours pas vu d'ailleurs, mais qui a gagné le premier Razzie Award du pire Réalisateur en 1981, alors que le pire film était " Rien n'arrête la musique" centré sur les Village People, tiens tiens...)

Le Freak -  Chic (morceau que pendant toute ma jeunesse j'ai compris comme " le fric, c'est chic", ce qui me paraissait totalement logique!)

Y.M.C.A - The Village People. Oui ça ne casse pas trois pattes à un canard, mais c'est marrant et quand même ça fait partie de la bande son de ma petite enfance, donc, cool! Et puis dans le fond, L'association chrétienne de jeunes gens ou la Marine Américaine qui sont associées à un groupe à l'image aussi festive et peu hétéro, et n'y voient que du feu, ça me fait marrer.

In The Navy - The Village People. commentaire du documentaire " L'US Navy n'avait pas compris que le groupe reprenait les stéréotypes gays et que c'était une blague (...), le grand public n'avait pas conscience que certains hommes ne pouvaient pas rejoindre la marine parce qu'ils étaient ouvertement gays. Peu de gens ont compris et je trouve ça génial". La marine qui avait licencié certains de ses membres pour homosexualité s'est pris un doigt d'honneur musical :)

Ain't no mountain high enough - Inner Life & Jocelyn Brown mixage de Larry Levan. Histoire de mettre en avant ce DJ, qui a été un des premiers à faire du mixage et a changé la manière de travailler de sa profession, ouvrant la porte au style " Garage" ( le nom de la discothèque où il officiait)

Ring my Bell - Anita Ward ( là encore je laisse ceux qui sont un peu lents réfléchir à ce que dit réellement une femme qui demande à ce qu'on appuie sur sa sonnette,n'importe quand et n'importe où)

Et par la suite, trop de mauvaises chansons tubesques enchaînées par appât du gain des maisons de disques ( genre le disco de Sésame Street, disco ducks..) a non seulement saturé le marché, les radios diffusaient du disco non stop, les autres styles musicaux n'étaient plus diffusés, donc les artistes dont ce n'était pas le créneau en ont fait aussi, saturant d'autant plus les ondes.. et les auditeurs s'en sont lassés d'autant plus vite.

Un des intervenants pointe un paradoxe: On est parti d'un mouvement inclusif, mais comme beaucoup d'artistes disco étaient noirs et que le genre éclipsait le reste y compris les styles blancs ( j'ai déjà dit par ailleurs à quel point ce concept purement américain m'est incompréhensible), il y a eu des réactions racistes exacerbées dans l'Amérique blanche qui n'attendait que cette occasion. Les fans de rock clamant " le disco c'est nul et ça menace le rock" et des réactions " de toute façon c'est de la daube, et ça menace le disco aussi" de la part des vrais artistes disco. Le tout allant jusqu'à des destructions publiques de disques de disco en forme d'autodafé lors de compétitions sportives ( ou de lynchage, hein, on est en dans la société du spectacle, faudrait surtout pas être matures et réfléchis, et simplement décider...ne pas écouter ce qu'on n'aime pas) qui ont dégénéré en émeutes.
L'épidémie de SIDA dans la communauté gay (alors appelée "cancer gay" par les médias) associée au disco, a donné un coup d'arrêt au mouvement, les gens ne sachant pas encore le mode de transmission de la maladie évitaient de sortir en boîte et de se rassembler. Ceux qui tombaient malades étaient traités en parias, y compris dans une communauté déjà stigmatisée. On sait depuis évidemment que la maladie peut concerner n'importe qui et que la musique n'a rien à voir. Les décisions de Reagan, qui a préféré ignorer le problème pendant les quatre ans de sa présidence, oui par contre. Mais les raccourcis sont vite faits, dans un pays où les religieux voient encore la maladie comme une punition bien méritée. Et bien sûr la fête, quand pas mal d'amis sont morts ou malades, n'est plus de mise... pendant un certain temps, du moins, jusqu'à l'arrivée d'un nouveau style.
Direction Chicago: les anciens du disco l'on transformé en house music, et j'ai envie de dire aussi direction Minneapolis, où la scène funk a créé son propre son. Ah vous n'en pouviez plus du disco des années 70, vous allez passer les années 80 à bouffer de la House, de la New-Wave et du Minneapolis sound. Vous en avez marre à nouveau? Bon, vous allez vous taper de la techno et du hip-hop pendant toutes les années 1990.

Your Love - Jamie Principle & Frankie Knuckles (1987). L'influence du disco s'entend, et pourtant c'est de la House

Il y a eu quand même de belles suites, il y a presque 20 ans déjà, une des chansons les plus irrésistibles de ce début de siècle est totalement disco, l'assume et j'adore.
I don't feel Like dancing - The scissor Sisters (2006) . La chanson dont le titre se nie lui-même tant.. mes pieds bougent seuls! ( le chanteur des Scissors intervient d'ailleurs plusieurs fois dans le reportage)

J'ai aussi envie de mentionner
Groove is in the heart - Dee Lite (1990): Même si l'imagerie est plus axée années 1960, c'est psychédélique, c'est un peu rap, mais aussi fortement disco et funk dans l'inspiration colorée, festive, multiculturelle, les chaussures à plateforme et l'idée qu'il faut que ça groove. Et Bootsy Collins*, le  bassiste à lunettes étoilées qui passe à la fin, et te rappelle ce que tu entends depuis 4 minutes et demies " hé, au fait n'oubliez pas" me fait toujours autant marrer. Clairement c'est un des morceaux que je n'ai pas oubliés.

Et ce n'ai que bien plus tard que j'ai appris qu'il sample un titre d'Herbie Hancock, Bring down the Birds

* Un type qui a joué avec James Brow, Parliament, Funkadelic, rien que ça... Ce morceau est l'un de ses plus connus. Et puisque c'est un bassiste, il y a de la basse, bien funk. Miam! Et la bonne nouvelle, c'est qu'à plus de 70 ans, il est encore en pleine forme et toujours aussi excentrique - et bosse avec Buckethead, mazette! ( oui, ce gars à chapeau bleu a 72 ans, si je n'avais pas les dates sous les yeux, je n'y croirais pas)
Parce que le disco fait pleinement partie de l'histoire culturelle afro-américaine, et puise lui même fortement à la source soul et funk, qui piochent allègrement dans le gospel le blues et le jazz.
Et tous ces genres, dérivant d'une musique de laissés-pour-compte ont conquis le monde chacun à leur tour. Savoureuse ironie!



vendredi 16 février 2024

Gâteau cajun à l'ananas, noix de coco et noix de pécan

Le voici, le voilà, je voulais le faire pour le Mardi-gras, dans la foulée de la thématique Nouvelle-Orléans, puisqu'il s'agit d'un gâteau typique louisianais, mais il me fallait avoir à la fois le temps de le faire et... avoir déjà en amont transformé les doses et températures de cuisson de manière compréhensible en Europe.
Les mesures américaines son trèèèèès relou. Pour nous, un gramme, c'est un gramme que ce soit du sucre, de la farine, de la levure ou du plutonium.
Là non, 1 cup, c'est PAS la même quantité selon qu'il s'agit de sucre, de farine ou de mort-aux-rats. Donc faut chercher ici et faire des maths ( dommage il n'y a pas les équivalences pour la mort-aux-rats et le plutonium). Et là aussi, pour compléter.

Et aussi chose très importante, adapter les quantités à ce que j'avais ( les boîtes de conserve américaines et française ne représentent pas la même quantité) et surtout virer la plus grande partie du sucre.

Déjà, parce que ce qu'un américain moyen considère comme une quantité raisonnable de sucre correspond à " immangeable " pour la plupart des français, mais en plus parce que JE trouve déjà les quantités françaises immangeables, et que je divise toujours la proportion de sucre par deux. Donc là, imaginez... d'autant qu'il y a du glaçage sucré, donc on peut largement virer la majeure partie du sucre contenu dans la pâte qui sera re-sucrée par le sirop ajouté après cuisson.

Et en cherchant et comparant plusieurs recettes, je suis tombée sur des sites qualifiant cette recette de " niveau expert".
Là aussi requalification:
recette expert ---> recette tellement simple que Mike Tyson pourrait la faire sans ôter ses gants ( enfin, si, juste pour casser les oeufs dans un bol, c'est le moment le plus technique)
Avantage: elle peut se faire soit avec des ananas frais et du jus d'ananas, soit avec des ananas précuits en boîte et mixés avec leur jus, donc, pour peu qu'on ait une boîte d'ananas moyenne dans un placard, de la farine, des oeufs du sucre et de la levure, c'est tout bon.



La recette que j'ai prise et adaptée: Avantage le glaçage se fait avec du lait normal, j'en ai
Une autre décrite dans un français approximatif: inconvénient le glaçage se fait avec du lait condensé, je n'en ai pas par parce que je déteste ça. Du moins celui du commerce.

Ingrédients du gâteau

  • 2 cup all purpose flour = > 240 grammes de farine
  • 1 1/2 cup granulated sugar => Sucre en poudre, n'arrivant pas à savoir s'il s'agit de 1 1/2 ( 300 grammes), ou de 1,5 (100 grammes), j'ai testé avec 50 grammes, estimé qu'on pouvait aller jusqu'à 100 sans que ça ne devienne écoeurant donc, va pour 100 g, mes ananas sont au sirop non sucré. Si le sirop est sucré évidemment, il faudra réduire encore.
    2 teaspoon baking soda = 10 grammes de levure chimique ou bicarbonate
  • 1 15 ounce can crushed pineapple undrained, là c'est bien UNE Fois 15 onces (soit 567 grammes, tout pile le contenu de ma petite boîte d'ananas avec son sirop), l'autre recette va jusqu'à 1 x 20 onces) C'est donc l'élément qui va déterminer la proportion de tout le reste.
  • 2 eggs => 2 gros oeufs

Icing on the cake, c'est de cas de le dire!
  • 1 stick of unsalted butter3/4 cup granulated sugar = 150 grammes. Aoutch! => 50 grammes de sucre suffiront-> à diminuer encore!

Allez hop on y va ( en route pour l'aveeeeenture, oui j'ai entendu les gens de ma génération l'ajouter mentalement)

- Préchauffer le four à 350° degrés fahrenheit. Pour les gens qui utilisent des degrés un peu moins farfelus, ça veut dire Thermostat 6 ou 175/ 180°C

- Mélanger les ingrédients du gâteau, tout ensemble: j'ai dû mixer mes ananas qui étaient en tranche et battre les oeufs ensemble pour les ajouter, mais c'est grosso-modo la plus grande difficulté.

-Mettre la pâte dans un moule à cake ( vous savez vous-mêmes s'il faut beurrer le vôtre ou pas) et.. on fait cuire pendant 30 à 35 minutes. On pique au couteau, comme d'habitude et si le couteau ressort sec, c'est que c'est cuit.

première étape faite!

Y'a plus qu'à laisser refroidir pour qu'il soit tiède, et pendant ce temps, préparer le glaçage à mettre uniquement quand le gâteau aura refroidi.

- Glaçage: chauffer le beurre, le lait et le sucre dans une casserole en remuant souvent pendant environ 10 mutes, il faut faire bouillir, puis rajouter la vanille, la noix de coco et les pécans, et faire cuire en remuant 3 minutes. Verser sur le gâteau refroidi. comme j'ai moins d'ingrédients, j'ai laissé épaissir un peu plus longtemps le lait.

oui, on a cochonné le sol  en cuisinant, ça va être nettoyé une fois le plâtrage fini


-attendre 30 minutes à 1h00 que le glaçage ait un peu durci, que le gâteau soit froid... et manger le gâteau.


J'ai trouvé par ailleurs les informations suivantes intéressantes:
- Il se conserve 3 ou 4 jours au frigo dans une boîte fermée.
- Il peut se découper en tranches et se congeler, histoire d'en avoir pour plusieurs mois.

eeeeeet Verdict: c'est très bon, effectivement très moelleux, mais encore un peu trop sucré pour moi, en ce qui concerne le nappage. Pour le gâteau lui-même, c'est parfait, moins de sucre est possible, mais il n'en faut vraiment pas plus, au risque de noyer le gout de l'ananas qui n'est déjà pas très marqué.
recette Louisianaise!
Bien difficile de déterminer qui au départ l'a inventée, mais je la fait rentrer dans le cadre parce qu'on a vu que ce coin là est particulièrement métissé, y compris dans ses pratiques culinaires.

Et prochaine étape, tester les patates sautées au mélange d'épice cajun, je fais déjà souvent une recette de ce genre, mais ça pourra être à tenter. Avec du yaourt ou du fromage frais plutôt que de la crème pour éviter que ça en soit trop lourd à digérer.