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Pourquoi le Cabinet de curiosités?

Tout simplement parce qu'on y trouve un peu de tout, par ordre de pagaille. Cette idée de collection sans thème déterminé me plaît...

Vous trouverez donc ici un peu de tout, de ce qui fait ma vie, mes loisirs: musique, lecture, voyages, etc...
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mercredi 21 octobre 2015

Mélusine tomes 13 à 18 - Clarke et Gilson

et donc presque 6 mois plus tard, les 6 tomes restants ( enfin, les 6 tomes restants en ma possession, il y en a 23 à l'heure actuelle, encore 1 et je peux faire un 4° billet en continuant à les grouper par 6)

Dans le Tome 13 ( oui! 13!! hahahahahagniark!) nous allons voir qu'une sorcière peut être superstitieuse: Cancrelune en particulier a une peur déraisonnable des chats noirs (enfin, ça se comprend quand il s'agit d'un chat noir de la taille d'un hippopotame) et du nombre 13 ( un chat noir n'est pas dangereux, certes, mais c'est beaucoup plus compliqué quand ils vous attaquent à ..13)







Ha Cancrelune, la sorcière la plus nulle de l'histoire de la Bd, elle m'amuse toujours autant!


Le tome suivant nous montre qu'il y a parfois peu de différence entre sorcellerie et cuisine ( un bon petit plat peut parfois être bien plus efficace que n'importe quel philtre d'amour)et qu'il n'est pas plus passionnant d'épiler des pattes d'araignées que de peler des carottes. La sorcellerie est parfois juste un peu plus dangereuse, mais la cuisine n'est pas le fort de Cancrelune non plus, qui partage le même talent culinaire que Gaston Lagaffe.

Tome 15: deux nouveaux personnages font leur entrée, vont -ils revenir ultérieurement? Il s'agit de Pirouline, demi-soeur de Mélusine , également rousse et vétue de vert mais environ 2 fois plus large qu'elle qui arrive à l'improviste avec un cadeau empoisonné: sa fille Malicella, sorcière de 112 ans qu'elle colle dans les pattes de Mélusine. Et dire que Malicella est turbulente est largement en dessous de la réalité, c'est une vraie peste , même en se basant sur les critères moyens des monstres. Mais comme toute préado de BD, elle est non seulement insupportable, mais vantarde, capricieuse et se croit supérieure aux autres. Et c'est vrai qu'elle sait faire apparaitre d'énormes monstres, mais ne maîtrise pas ses pouvoirs, le résultat est toujours hasardeux et difficile à faire disparaître






Tome 16: Ballet enchanté. On va essayer enfin de régler un peu les problèmes de vol de Crancrelune... ce qui n'a jamais réussi jusqu'alors. un tome un peu en dessous des autres, les gags sont plus prévisible, mais j'ai quand même bien rigolé sur l'histoire de Gonzague le vampire qui, entendant les sorcières parler d'aller se baigner à la rivière , entreprend d'aller jouer les jolis coeur après s'être administré un philtre destiné à lui donner un physique de rêve. Blafard mais de rêve. Sauf que la rivière est en plein soleil, et aler draguer en scaphandre, c'est moins efficace.




Tome 17: une formule un peu différente cette fois) puisque la plupart des gags, toujours en une ou deux pages se suivent et forment une histoire à part entrecoupée de quelques gags isolés. Le fil directeur, c'est Faësturno ( vous avez 3 essais pour trouver l'origine de ce nom, et les deux premiers ne comptent pas, l'oncle de Gonzague le comte vampire qui vient lui rendre visite et il faut dire que l'oncle Faësturno est du genre très pénible. Sauf qu'il est dès le départ victime d'un malheureux accident: assommé par une chute de Cancrelune, qui le laisse sonné, sa situation va empirer de gag en gag: utilisé comme épouvantail, le soleil levant le réduit en cendres. Ressuscité avec un peu de sang, il ne fait plus que la 10 cms de haut, toutes les cendres n'ont pas été récupérées, une fois récupérées, un autre bête concours de circonstance conduit à l'apparition non pas d'un mais de 36 mini vampires complètement idiots qui se comportent comme des gnomes.. un très bon tome avec clin d'oeil très appuyé à mon cher expressionnisme allemand.

Tome 18: deux fils directeurs cette fois: le premier c'est Cancrelune, on a enfin trouvé la raison de son impossibilité à réussir quoi que ce soit. elle est victime d'une malédiction, visiblement tenace, mais aussi contagieuse qu'un rhume!
l'autre héros récurrent c'est le cavalier sans tête, victime d'une malédiction, qui espère que Mélusine va lui trouver une solution. Réponse immédiate de la sorcière
" qu'est-ce que vous tenez à la main?
- ma tête.
- Donc vous n'êtes pas sans tête. Et ou est votre cheval?
- je n'en ai pas.
-donc vous n'êtes pas un cavalier!"
Imparable. Le pauvre cavalier va avoir bien du mal à obtenir une solution à son problème, quand on sait que les amies de Mélusine sont du genre à préférer tenter un foot avec ladite tête.
et là encore une référence cinématographico-littéraire que j'ai adoré...

Comme toujours dans cette série, des gags indépendants, mais qui se répondent ou reprennent des sujets présents dans d'autres tomes: l'obsession de Mélusine pour les chevaliers.. manque de pot,pour une fois que l'un d'entre eux se présente à sa porte, ben.. il porte sa tête sous son bras.., les envies de vacances de Gonzague qui déprime dans son sinistre château avec sa harpie de femme fantôme. a savourer à petites doses au risque de se lasser, mais quelques tomes par-ci par là changent bien les idées et les références cinématographiques sont savoureuses.
C'est mercredi, le jour de la BD!
6 de plus! 11/25.

mercredi 14 octobre 2015

Zombillénium t.1 - Arthur de Pins

Voilà une BD dont j'ai lu beaucoup de bien ici où là, et voilà-t-y pas que lors d'une recherche des livres disponibles en version numérique, je la trouve disponible pour ma tablette. Une prévisualisation plus tard, histoire de constater que les pages sont bien lisibles, j'ai craqué...
Et je ne regrette pas!
j'aime beaucoup l'effet sur les lunettes

J'ai beaucoup, beaucoup ri avec cette histoire fantastique sur fond de plan social.. ou de plan social sur fond de fantastique, au choix.

Déjà dès le début... une grande planche sans parole où on voit un type plein de bandages faire du stop. Sous la pluie. A Valenciennes. C'est Aton, momie égyptienne authentique, responsable du stand Barbe-à-papa au parc Zombillénium qui n'en peut plus de ce travail à deux ronds et a décidé de partir pour ... aller au Caire.

Je le comprends, plus de 3000 ans, et condamné à vivoter (ou mortoter?) dans un travail peu intéressant et sans avenir, loin du soleil d'Egypte... car Aton le fugueur est juste l'un des nombreux employés de Zombillénium, parc d'attraction à thème horrifique dont les employés sont tous des morts vivants surexploités: les 35h00? tu oublies... les RTT? tu oublies... la retraite? tu oublies... et le licenciement est définitif, façon exorcisme final et adieu. Faut dire que le patron se nomme monsieur Béhémoth, ça donne déjà une idée.
Pendant qu'Aton est récupéré sur le bord de la route par Francis, le vampire qui gère le parc et Sirius, squelette syndicaliste d'un ancien militant pour l'égalité raciale et sociale, un autre événement se passe:  dans un bar, un type à côté de la plaque  brandit un flingue et s'apprête à braquer le propriétaire. Aurélien est au bout du rouleau et pète un fusible avant de constater qu'il tient non un révolver mais une banane à la main, cadeau de la demoiselle rousse au look gothique à côté de lui: Gretchen est une sorcière, stagiaire à Zombillénium qui a eu pitié d'Aurélien et a tenté d'un sort discret de lui sauver la mise et de lui éviter la prison pour un moment d'égarement. Mieux valent quelques minutes de ridicule que plusieurs mois ou années de taule, n'est-ce pas.

Les deux histoires vont se rejoindre brutalement lorsque la voiture de Francis percute Aurélien à peine remis de ses émotions, juste devant le bar. Pas le choix, pour éviter les problèmes, Francis le mord et offre donc une nouvelle recrue vampire au parc. Sauf que Blaise le DRH (un loup garou) aurait plutôt besoin d'un autre de ses semblables... Le pauvre Aurélien, mordu à de multiples reprises perd donc la vie, gagne un travail - très nase - et une crise identitaire dans la même journée.

Car personne ne sait au juste ce que va être le résultat d'un tel traitement. Ce qui va se révéler par hasard: lorsqu' Aurélien se fâche tout rouge - on le comprend vu son état nerveux... il se fâche vraiment tout rouge. Façon Hellboy. La nouvelle attraction du parc est née, et ils en avaient bien besoin, les zombies qui passent leur journée à danser sur Thriller ne font plus recette et sont licenciés ( donc pulvérisés ) en masse. On compte sur la nouvelle recrue pour amener un peu de sang frais, si j'ose dire, à Zombillénium où la peur commence à ne plus faire recette.

J'ai positivement adoré. C'est souvent très très drôle, dans le genre grinçant, mais grinçant façon désespéré. Si on y réfléchit tout est désespérant, il y est question d'exploitation des petits par les patrons, et des patrons par les actionnaires, qui sont des vampires autrement plus voraces que les vrais, des cadences infernales, des licenciements abusifs. Et arriver à faire rire là dessus, c'est fort. Non mais, la réunion intersyndicale des zombies.. c'est juste énorme.

Les personnages sont tous plus ou moins des paumés, antihéros sympathiques, Sirius et Aton sont hilarants ainsi que José le zombie qui imite un Michael Jackson dérisoire à pleurer de rire. Aurélien est vraiment le pauvre type malchanceux à qui on a envie de payer une bière pour lui changer les idées et Gretchen est une sorcière adorable. Mention spéciale à ses études de sorcellerie en Angleterre, où elle a eu une brève liaison avec un camarade dénommé Harry, victime d'un petit problème de heu... une sorte de panne de baguette magique, vous voyez?. Enfin, ces choses là arrivent.. gros fou rire à ce moment là. Sinon je compatis, elle est née en 1984.. et tout le monde la croit mineure, j'ai longtemps eu ce problème.

Lutte des classes, humour noir,  ET fantastique,  mes sujets favoris. Avec les clins d'oeil à la culture populaire : Harry Potter, mais aussi les soi-disant messages sataniques lorsqu'on écoute tel ou tel disque à l'envers, une radio qui diffuse Zombie,le skate volant  de Gretchen (sur balai)...même le braquage à la banane , je me demande si ça n'est pas une référence  aux Monty Pythons. Si oui, de joie, je me mets à danser le sampa à la pleine lune sur du Alice Cooper, je vous jure, je le fais!)

Le tome 2 ne tardera pas à rejoindre ma bibliothèque virtuelle, sur ce genre de graphisme épuré, le format numérique passe très bien.
En tout cas la bande annonce  faite à la sortie de la BD me donne terriblement envie de le voir adapté en animation, à la lecture je me disais que le dessin passerait nickel, et il se trouve que Arthur de Pins a transposé la planche d'ouverture et l'ambiance générale pour un clip de Skip The Use et ça donne plutôt bien.

 
idée 119: des cheveux: la teinture rouge de Gretchen!

lundi 28 septembre 2015

Haut de gamme T.2 - Christian Binet

Et bien, voilà une BD dont le tome 2 se sera fait attendre!
musique de chambre au sens propre, en pyjama et pantoufles

Le tome 1 était paru en 2010, voilà donc la suite des pathétiques aventures de musiciens, professionnels ou amateurs croqués par l'auteur de Kador et des Bidochon, également lui-même musicien.
Une relecture du tome 1 plus tard, histoire de se rafraîchir la mémoire, on retrouve le maestro du tome 1, toujours à vivoter entre ses élèves souvent navrants et sa toute nouvelle reconversion dans la charcuterie. ette fois c'est une dame de la haute qui a décidé de faire appel à ses services pour animer sa soirée d'anniversaire, où elle compte bien chanter " Warf Flunagan Rompof Guranz"..
En fait c'est simplement Auf Flügeln des Gesanges de Mendelssohn, mais vu qu'elle ne parle ni ne comprend pas l'allemand, ça devient du yaourt, au grand dam du professionnel qui se voit contraint d'accepter d'accompagner l'équivalent moderne de Florence Foster Jenkins, zéro talent, mais beaucoup d'argent et un orgueil démesuré (la référence est d'ailleurs directe Madame Fleury-Descrières indiquant qu'elle prévoit de chanter au Carnegie Hall pour son anniversaire)

et comme dans le Tome 1, cette histoire alterne avec d'autres:
"Destroy" un jeune punk dont les parents ne supportent plus la musique, et qui décide de se mettre à l'orgue . Oui le vrai, avec tous les tuyaux, ça va faire un son terrible lors qu'il jouera la passacaille de Bach déstructurée avec ses potes " Killer" et "Exterminator" (pour leur faire comprendre l'intention du morceau, mieux vaut en passer par un jeu vidéo de zombies que par les réelles motivations de Bach, quand même)

Et le quintette en Do Majeur de Schubert, joué par un ensemble de chambre qui le répète depuis 15 ans, dans l'espoir qu'il soit un jour proposé au concours de musique de chambre. Mais ils n'arrivent jamais à jouer en entier "ce foutu adagio" car il est vraiment trop lent. Et pour cause, ils sont tous narcoleptiques et s'endorment avant d'arriver au bout. Et maintenant que le morceau est proposé au concours, il va falloir ruser pour s'en sortir.

Je ne sais pas si Binet prévoit un troisième tome dans les 5 prochaines années, mais en tout cas, cette mise en boîte de la musique classique, si elle n'est pas novatrice, reste assez drôle, surtout pour les gens qui comme moi ont quelques connaissances dans ce domaine.  Une lecture sympa donc

Et c'est une première lecture pour le Challenge BD de chroniques littéraires que je n'avais pas encore eu l'occasion de mentionner, et qui a commencé le 6 juillet dernier et se prolongera donc jusqu'au 6 juillet 2016. comem j'ai prévu quelques séries, je suis partie sur une catégorie " pico Bogue", 25 à 50 tomes dans l'année. Mais rien qu'avec les quelques tomes prévus pour le challenge Halloween, ça devrait monter assez vite!
Les billets manga seront une fois de plus sur le Blog Japon, très logiquement, je ferai un sujet récapitulant le tout à la toute fin du challenge.
1/25
idée 62: 2 objets similaires: 2 violons

mercredi 30 octobre 2013

Monsieur Mardi Gras - Descendres - Eric Liberge

Repost! a l'occasion du mercredi BD du challenge halloween, j'ai eu envie de ressortir de mes étagères cette Bd, déjà chroniquée en février 2011. Mais à l'époque je ne devais pas avoir plus de 2 lecteurs et demi sur ce blog, et comme mon avis n'a pas changé à la relecture, une réanimation de ce sujet m'a paru une bonne solution, car oui, cette BD atypique mérite de toucher un public plus large!


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sujet original de février 2011

Le grand retour du défi Bd, avec les 4 volumes de la mini série "Monsieur Mardi Gras - Descendres" d'Eric Liberge, à coup sur une des BD les plus originales qu'il m'ait été donné de lire.



18/30
Elle sera plutôt à conseiller cependant aux amateurs d'humour noir et de non-sens, car le sujet principal en est la très philosophique question"qu'y a-t-il après la mort?". A laquelle le scénariste et dessinateur Eric Liberge apporte une réponse à la fois désespérante et cruellement drôle: pour lui l'autre monde, situé entre Pluton et son satellite Charon (logique, rappelons aux distraits de Pluton est le dieu romain du monde des morts, et Charon le passeur entre les mondes des vivants et des morts, conduisant son bateau sur fleuve Lethé, le fleuve de l'oubli, dont il est aussi question dans la BD).

 Tout commence donc avec un squelette, en plein désarroi sur une pleine désolée: Victor Tourterelle, cartographe de son vivant, vient de mourir d'une manière bien ridicule, et semble avoir du mal à se faire à cette idée, et on le comprend: l'autre monde qui s'offre à lui apparaît comme un endroit désert, glacial ou il est totalement isolé. L'idée de passer son éternité sur un caillou pelé le démoralise, d'autant plus qu'il garde une conscience plus claire que jamais. Et les choses ne vont pas s'arranger: un étrange facteur squelette chargé de le guider un moment va lui faire découvrir une réalité (?) encore plus angoissante: l'autre monde est en fait un univers carcéral, ou les défunts s'entassent dans des "villes" cloaques, gangrenées par la bureaucratie et la corruption, où les petits trafics sont quotidiens (les os étant le seul bien que l'on possède il n'est pas rare de se les faire voler!), où l'on se saoule de produits toxiques venus des égoûts de la terre. Un enfer, que Tourterelle, rebaptisé Mardi-Gras -Descendres selon la législation locale en fonction des fêtes qui précèdent et suivent sa mort, va involontairement révolutionner. En commettant l'erreur absolue: demander un café à la taverne.  Dans ces lieux en effet, le café est une boisson taboue assimilée à une drogue, on saura au cours des volumes suivant pourquoi.

Suite à ses récriminations, Mardi gras Descendres est condamné au centre de redressement pour esprit retors par les dirigeants du monde des morts, qui craignent une insurrection généralisée. Evadé pendant son transfert avec l'aide d'un groupuscule rebelle nommé "la corniche" , il se voit proposer un marché: la restitution de son âme qui lui a été subtilisée dans le premier volume, contre un projet titanesque, à savoir reprendre ses activités de cartographe et dresser une carte détaillée de ce qu'il sait maintenant être le purgatoire. Voila pour les deux premiers volumes qui plantent le décor.


 Le 3 ° et le quatrième quand à eux seront l'occasion d'une visite dans les profondeur de la planète Pluton où descendre va découvrir les cercles du purgatoire, peuplé de ses démons personnels. puis suite à plusieurs péripéties que je renonce à résumer, car la tâche est trop ardue, les rebelles de l'autre monde vont enfin trouver le secret, jalousement gardé de la résurrection, et mettre un peu d'ordre dans le chaos qui règne au purgatoire en renvoyant sur terre ceux qui peuvent prétendre à une réincarnation. Ouf!




Vous l'aurez compris le scénario est quand même très tortueux et nécessite plusieurs lectures pour s'y retrouver, surtout si comme moi, on a mis beaucoup de temps à se procurer le 4° volume. D'autre part, au sujet de ce 4° volume, il y a un décrochage assez sensible entre les 2 derniers tomes, les délais de parution ont été assez longs et ça se sent, on perd un peu le fil déjà complexe de l'histoire, disons que la conclusion part un peu dans une autre direction que celle qui était suggérée au tome 3.C'est dommage. Et c'est ce qui m'empêche de donner la meilleure appréciation.

par contre au niveau graphisme, c'est époustouflant: on est vraiment dans un monde à la Jérôme Bosch, peuplé de squelettes rafistolés ( suite aux vols d'os mentionnés plus haut, le héros se trouve par exemple coiffé d'un moulin à café, d'autres munis de robinets, de crochets, de pièces de chauffe-eau...), ce qui permet au dessinateur -et au lecteur -de les différencier facilement. Ben oui, sinon, qu'est-ce qui ressemble plus à un squelette qu'un autre squelette! A noter que les 3 premiers tomes ont d'abord paru en version noir et blanc, avant d'être réédités en version colorisée ( dans des tons crème, gris, bistrés, donc rien de violent, ça reste discret), lors de la sortie du tome 4 , disponible uniquement en version colorisée. Les puristes semblent préférer la version N & B, je n'en dirais rien, pour ma part, je n'ai eu en main que celle en couleurs.

Mais, je le répète attention: scénario compliqué qui demande une attention soutenue, et une bonne tolérance au non sens, vous êtes prévenus!

jeudi 26 mai 2011

Saint Seiya tomes 19 à 28 - Masami Kurumada

Suite et fin de de l'épique manga de Kurumada..
Pour ceux qui veulent se rafraîchir la mémoire
- L'arc Sanctuaire (tomes 1 à 13) est ici
- L'arc Poséidon (tomes 14 à 18) est là

Souvenez-vous, l'histoire sur Poséidon se terminait.. hahaha, en queue de poisson, je n'ai pas honte de le dire. On aurait donc à peu près pu s'en passer, il y aurait eu moyen d'amener le nouveau personnage, frère jumeau de vous-savez-qui ( ou pas) de manière, on va pas dire subtile, mais qui aurait au moins eu le mérite d'éviter 5 volumes sans grand intérêt.

Du volume 19...
Et là, j'ai envie de dire ENFIN!!!
Ca y est, les chevaliers d'or, les plus forts des plus forts qui n'en fichaient pas une rame jusqu'à présent se bougent les fesses, il était temps. En particulier, le chevalier du bélier, qui se défilait jusqu'à présent, la honte pour tous les béliers. Hein? quoi? Oui, bon, je suis bélier, si vous voulez savoir. C'était un peu dommage d'être représentée par "celui dont on ne sait même pas ce qu'il sait faire, au juste". Donc, il passe à la castagne, et attention, ça fait mal! Car il cachait bien son jeu, le cool, le pacifique bélier. Pareil pour maître Yoda le chevalier de la balance, savez? Le type tout vieux qui a passé en gros 250 ans assis devant une cascade? Il cachait bien son jeu lui aussi

Donc, enfin, on sait pourquoi cette inertie globale des chevaliers d'or dès qu'il fallait se bagarrer: nan, mais c'est la consigne. Poséidon c'était de la petite friture,  ( comprendre - on peut y envoyer les sous fifres), si Athéna est revenue sur terre, ce n'est pas pour ça, c'est pour se filocher avec Hadès, oui le dieu des enfers, rien que ça. Car cette fois, après tonton Poséidon, c'est tonton Hadès qui se fait remarquer. Et du coup les 6 gros bras sont là pour attendre qu'Hadès daigne leur rendre visite. Oui, 6.. Car rappelons que les représentants des Gémeaux, Cancer, Verseau, Capricorne et Poissons se sont fait dégommer dans la première partie, et que le poste du Sagittaire est toujours vacant depuis 13 ans.

Résultat: au moins pendant quelques volumes , les héros de bronze passent au second plan, et ça fait du bien. Oh oui!! Car le plan génial d'Hadès est d'envoyer une armée de spectre sur le sanctuaire, pour zigouiller Athéna, et prendre enfin possession de la terre. Comme c'est original...

Aparté: Je me demande ce que foutent les autres Dieux qui se laissent envahir sans rien dire.. C'aurait été une occase d'enfer (pwapwapwawawawa) de faire intervenir Zeus , Gaïa ( la terre, quand même!), Demeter ( qui a un contentieux avec Hadès depuis l'antiquité..). Dommage.

Hadès envoie donc ses spectres, plus, c'est la cerise sur le gâteau, les ex chevaliers d'or morts au combat, momentanément ressuscités pour venir mettre la pâtée à ceux qui ont survécu.. haaaa.Trop bon! De la marave XXL entre chevaliers d'or, le retour du précédent grand pope revenu du monde des morts lui aussi...
Toi qui entre ici, abandonne tout espoir d'échapper au spoil!


Allez un bon gros spoil: meuh non, ils n'ont pas tourné casaque, ils font croire qu'ils vont buter Athéna, mais non, ils viennent juste la prévenir qu'elle doit se rendre elle même aux enfers pour mettre de l'ordre. Mais arrivent trop tard: cette gourdasse qui n'en loupe jamais une a juste oublié d'emporter son armure,comme une tête de linotte qu'elle est.

eEt donc seconde partie: ha zut! va falloir aller dans le monde des morts pour amener l'armure à Athéna. CA c'est une mission pour nos sous-fifres surexploités! Et comment se rendre dans le monde des morts? Oui, j'aurais dit pareil: on meurt.

Sauf qu'un mort ne peut pas agir librement dans le monde des morts (pas de chance,  les Enfers d'Hadès ressemblent énormément à ceux de la Divine Comédie, avec cercles de punitions pour les gens qui n'ont pas été cools. Bref.). Non, il faut aller vivant dans le monde des morts. Et le seul moyen de survivre dans le monde des morts, c'est, après avoir trouvé le 7 ° sens dans l'arc Sanctuaire, de trouver le 8° sens, un truc encore plus super!

Hé les amis, je vous le dis tout de suite: le 8° sens, c'est un truc hyper balèze,que seul le chevalier de la vierge est censé connaître.. sauf que rassurez vous, les 4 chevaliers de bronze savent faire + le phénix qui revient une fois de plus d'on ne sait où ( il devait avoir des RTT à poser), + les 3 chevaliers d'or qui s'y font précipiter par accident + le chevalier des gémeaux-bis. Donc tout le monde ou presque, fallait bien ça niveau scénario.

Et là, grand renversement: en fait le 8° sens, c'est celui de l'humour! Youhou! Ca couvait depuis un petit moment, mais ça y est c'est officiel, Kurumada se permet des GAGS! A commencer par Charon, le passeur des enfers qui chante (mal!) sur sa barque comme un gondolier. Le tribunal des enfers, où il ne fait faire absolument aucun bruit ( et surtout pas pêter. Ok, c'était un gag pas fin, mais un gag quand même) Et surtout surtout, les ennemis sont ...enfin, là, l'auteur se lâche complètement. Comme il n'y avait plus de constellation ou d'étoiles à exploiter, on a donc des armures totalement tirées de son imagination: l'armure du crapaud, du papillon, du ver de terre...c'est classe ça, un combat chevalier d'or contre ver de terre! Des étoiles terrestres de ceci, des étoiles célestes de celà.


S'ensuit quelques combats bien épique et rigolos contre des ennemis bien folkloriques, car les enfers, c'est comme la Samaritaine: on trouve de tout.

- Des personnages mythologiques: Cerbère, Eurydice à moitié changée en rocher, Orphée pas loin qui joue du pling pling, Charon le gondolier des enfers, Minos et Rhadamante et Eaque ( authentiquement juges du monde des morts dans la mythologie grecque, revus et corrigés en authentiques losers), Pandore  qui ne peut toujours pas résister, dès qu'elle voit une boîte, c'est plus fort qu'elle, il faut qu'elle l'ouvre.
- Des ennemis divers et variés représentant chacun un monstre/ une créature imaginaire: la mandragore, la harpie, le golem, le griffon, le minotaure, le basilic, le troll, le sphinx ( un pharaon caractériel), un balrog (yep, du seigneur des anneaux)...
- des dieux qu'il va falloir ratatiner: Thanatos, le dieu de la mort et Hypnos dieu du sommeil (un peu faiblards comme dieux) Hadès en Boss de fin qui ne se montrera vraiment que dans les derniers chapitres du dernier volume

Parmi ceux-là, je dois dire que je suis fan du combat contre le troll, le plus court de l'histoire du manga de baston (3 cases, dont une pleine page du plus pur style allégorique: le troll se faisant démolir d'une main...), et qui malgré ça a droit à une armure fignolée comme les autres.
Autre gag que je n'aurait osé espérer trouver là: Eaque juge représentant le Garuda (oiseau mythique, symbole de l'Indonésie, un peu de culture ne fait pas de mal), qui nous fait un bon gros Corny gag à la Tex Avery - je lance mon adversaire en l'air, je trace une croix par terre et j'attends qu'il tombe- j'ai envie d'ajouter " that's all folks" en bas de la case, moi! Et avec autant de succès sur le phénix que le Coyote en a sur le Bipbip, c'est dire!

au volume 28. Enfin une couv' sobre et pas trop flashante.
Donc bien sûr, après tout ça, la fin laisse un peu à désirer, une apparition éclair des deux touristes de la fin de l'arc Poséidon ( pour faire croire qu'il avait une utilité) on tabasse le dieu de la mort, le dieu du sommeil, et le dieu des enfers (graphiquement réussi, si on excepte sa coupe de cheveux "super saiyan"), et hop on a gagné. Et ça finit LA! Pas de retour triomphal, pas de retrouvailles de Seiya avec sa soeur, pas de retrouvailles des héros avec leurs potes, NADA! On a gagné, la terre est sauvée. La fin frustrante par excellence! Mais dites donc, mettre hors d'état d'agir le dieu du sommeil, le dieu de la mort et le dieu des enfers, ça va avoir des menues répercussions sur notre vie quotidienne: plus besoin de dormir, immortalité, tout ça, non? non? bah.. on ne saura pas.

Donc, au final et en visualisant l'ensemble, j'ai bien aimé, il n'a pas fallu trop que je me pousse pour finir. 28 tomes, c'est une longueur acceptable pour un shônen, je pensais avoir plus de mal, moi qui cale généralement au delà de 20 tomes.
Première partie parfois un peu longue (surtout la mise en place), mais qui décolle bien à partir de l'arrivée au Sanctuaire, Deuxième partie oubliable, et troisième partie bien, qui perd un peu en sérieux, mais ce n'est pas moi qui vais m'en plaindre. Mais les 3 ont des fins frustrantes qui auraient pu être plus développées, ne serait-ce que 2 ou 3 pages de plus. Là ça donne l'impression que l'auteur a conclu vite fait parce qu'il ne lui restait plus qu'une feuille et que la papeterie était fermée.
Une telle profusion de personnages, souvent anecdotiques, parfois très intéressants, c'est donc un peu dommage que Seiya, le valeureux héros soit si omniprésent au détriment d'autres qui auraient mérité d'être plus mis en avant. Largement. Dommage parce qu'il l'a compris un peu tard, et a décidé de se préoccuper de ce que faisaient les chevaliers d'or avant le début de l'histoire, on va savoir enfin pourquoi les méchants sont méchants, les gentils gentils. Sauf que Kurumada se charge du scénario et fait bosser un stagiaire pour le dessin. du coup, après avoir feuilleté le premier volume de Saint Seiya G , je vous jure j'ai essayé... je trouve le graphisme vraiment trop immonde, avec des grands yeux et des membres grèles, j'attendrais qu'on me le prête parce que ça va pas être possible sinon)

Ah oui, hein, une curiosité à souligner: c'est vraiment la série qui fait tomber des têtes: chaque partie commence par une décapitation dès le premier chapitre  -bon ok, en rêve, en prémonition, en illlusion... mais quand même c'est un leimotiv plutôt original). Pis l'autre point qui me laisse perplexe: c'est quand même un manga de bourre-pif, baston en tout genre,supposément un peu bourrin. MAIS tout le monde passe son temps à pleurer, pas seulement les chocottes de service. J'ai rarement vu autant de personnages chougner, parfois pour pas grand chose. Ce qui fait , enfin, de mon point de vue, un décalage plutôt marrant avec la castagne de gros bras.
11/25

et du coup, je finis là, vraiment le challenge BD.. j'ai perdu le compte des volumes.
Merci à Mr. Zombi pour le Challenge Bd, merci à ceux qui ont eu le courage de lire jusqu'au bout :D
et pour ceux qui l'ont eu: la surprise, une petite parodie en guise de conclusion

samedi 30 avril 2011

Saint Seiya tomes 1 à 13 -Masami Kurumada

21+13, qui font 34, défi fini et expédié dans une autre dimension!
et voici le moment tant attendu, où ce blog passe du côté obscur, oui, car pour conclure le défi Bd, je vous sors un bon gros manga de baston old school de derrière les fagots. Et qui plus est je m'enterre encore plus en le liant au défi " mythes et légendes", rien que ça. Oui, j'ai honte, enfin, j'ai eu honte 5 bonnes secondes.
Catégorie 3: adaptation libre. Même pas peur!

Donc Saint Seiya, ou, pour les gens qui sont à peu près de ma génération et ont vu le dessin animé qui en était tiré: les chevaliers du zodiaque. Petite précision, à l'époque j'étais au collège, et je n'avais plus trop de temps pour les dessins animés, j'avais donc vu quelques épisodes de ci et de là, sans vraiment suivre, ça ne me branchait pas plus que ça, y'avait un ou deux personnages que je trouvais sympas, un ou deux autres qui me sortaient par les yeux, mais c'était tout.
Et je suis récemment tombée sur une parodie du dessin animée, ici:  
Pleine d'humour, de références, pointant les absurdités de la série originale, hilarante, bref, un très bon moment. Avec des gags tellement bien trouvés que je n'arrivais même pas à imaginer quel pouvait bien être le dialogue original. J'ai eu envie de savoir, j'ai trouvé le manga d'occase, et j'ai pu comparer. Et me rendre compte que, tour de force, la parodie s'éloigne très peu de la trame originelle, tout en grossissant le trait.
hmmm les bonnes couleurs flashy des 80's!

Donc pour ceux qui auraient raté un épisode, Saint Seiya s'inspire vaguement de la mythologie grecque, en ce sens qu'une des figures centrales est la déesse Athéna, qui s'incarne de temps en temps sous forme humaine pour venir mettre de l'ordre dans les guéguerres que se livrent les dieux tous les deux ou trois cents ans pour s'occuper.
Athéna? la déesse de la guerre? Oui, mes amis. Donc normalement, je dis bien normalement, elle devrait être capable de régler ça toute seule. Seulement, non: elle est coincée dans un corps d'adolescente, et finalement pas capable de grand chose. Ou plutôt, elle ne fout rien strictement rien, et recrute une armée d'ados pour se battre à sa place contre les forces du mal. Oui car on est en plein manga dit " nekketsu" ( héros ados orphelins, pouvoirs magiques, combats épiques contre de gros méchants  10 fois plus balèzes qu'eux mais dont ils triomphent presque sans dommage.. mais nous sommes en 86 là, c'est du old school ou vous dit à l'époque c'était original), donc pas de problème, tout ce qu'on attend, c'est de la baston épique, on est pas là pour s'embarrasser de crédibilité.
Donc tout commence plan plan, avec une multinationale qui a l'idée de génie de relancer les combats de gladiateurs entre gamins - 13 ans de moyenne d'âge- gamins orphelins qu'elle a fait enlever aux 4 coins du monde, enfermés sans vergogne, puis envoyer s'entrainer dans des conditions dignes de la légion étrangère afin qu'ils gagnent leurs galons de chevaliers et les armures de bronze qui vont avec, chacun dorénavant sous la protection d'une constellation. Avec à la clef un tournoi qui désignera in fine le meilleur d'entre eux, lequel remportera l'armure d'or du sagittaire. Bon, déjà des combats de gladiateurs de 14 ans, apparemment tout le monde trouve ça normal, mais que fait la police!
Ok, on l'a dit, laisser le sens critique au placard, et puis les mangas de baston récents ne sont pas plus crédibles. Plus humoristiques, oui, sans aucun doute. Là on est dans le sérieux sérieux, et c'est justement ça, rétrospectivement, qui est drôle.

Bon, bien sûr, rien ne se passe comme prévu, un premier méchant vole l'armure en plein tournoi, il faut aller la récupérer, les 4 meilleurs sont envoyés se castagner contre le vilain et ses sbires, doubles démoniaques des héros, les gentils gagnent, ramènent l'armure au bercail et le vilain dans le droit chemin,rien de bien palpitant jusque là. Et là, coup de théâtre, on enlève la responsable de la multinationale (14 ans, cherchez l'erreur), patatras! On découvre en même temps que tout était un coup monté par elle, qui est la réincarnation d'Athéna pour faire bouger les vrais méchants, planqués en Grèce et qui vont vraiment se fâcher, va falloir aller régler ça directement sur place.

Et là ça commence à devenir un peu, juste un peu comique: les méchants de niveau supérieur, les chevaliers d'argent, sont quand même un peu pitoyables...enfin, pas possible qu'un personnage comme (comment il s'appelle déjà) le chevalier du lézard, crétin narcissique tellement content de lui qu'il se fait laminer comme un bleu en quelques pages, soit sérieux, c'est un gag! C'est obligé! Je me refuse à croire que c'est du sérieux, ça vaudra mieux pour ma santé mentale. Comme le héros en pyjama étoilé. Ou le second rôle tout content d'avoir enfin une réplique. Ouf, ça fait du bien, un tout petit peu d'humour.

Donc bien sur une fois défaits les boss un peu nuls que sont les chevaliers d'argent, place au sérieux. Ben voui! Bronze, argent.. on s'y attend les suivants sont chevaliers d'or, la crème de la crème, du gros bras d'élite au moins 100 fois plus forts que nos pov' chevaliers de bronze, mais vaille que vaille,va falloir les ratatiner pour attendre le big boss de fin. Il y en a 12 en tout, associés aux constellations du zodiaque, voila le pourquoi du comment du titre français.

Et là, c'est la foire a neuneu aux neuneux, car à force de vivre reclus  au sommet d'une montagne grecque à garder des temples où personne ne fout jamais les pieds (bien voui, faudrait déjà passer le premier... le 12° a largement le temps de jardiner tranquillement), 24/24h, en armure s'il vous plaît, dès fois qu'un ennemi..
Ben, mine de rien, ça vous aigrit le caractère et ça perturbe le ciboulot. A près le bélier (pacifique) le taureau (caractériel), on aura donc un festival de tarés en tout genre: le chevaliers des gémeaux, complètement schizo; le chevalier du cancer: un taré sadique - plutôt réussi dans son genre, ce personnage me fait bien marrer, mais ça n'est probablement pas le but. Le chevalier du lion, un type cool, mais sous influence, qui délire à plein tubes. Le chevalier de la balance: 261 ans au compteur, parti prendre une retraite bien méritée à la montagne, le chevalier de la vierge: un mégalo qui se prend pour un dieu, le chevalier des poissons: un peu le même genre que le lézard, mais en encore plus tordu.

A noter que, sans en dire plus, le méchant final changeait un peu par rapport aux standards de l'époque: pas 100% mauvais, un peu complexe, et au final, intéressant, par rapport aux autres adversaires.

Finalement, allez, à la question que vous n'avez pas posée mais que vous brûlez de me poser si vous avez eu le courage de lire jusque là: "mais t'as pas quand même un chouchou?". Allez, disons que du côté des héros, j'aime bien Shiryu , le chevalier du dragon (parce qu'un dragon, c'est cooooool, pas ridicule comme mettons au pif, un cygne!), alias " le gars qui passe son temps à se mettre à poil on ne sait pas trop pourquoi", et côté chevaliers d'or, j'aime bien le chevalier du Scorpion. Pourquoi?

- c'est un des seuls qui réfléchit, quand ses copains semblent avoir mis le cerveau définitivement au placard. Il réfléchit beaucoup.. même un peu trop. Arrête un peu de parler et bagarre-toi, t'es aussi bavard que Purple sur son blog.
- sa permanente résiste à tout, y compris un double saut périlleux arrière vrillé, c'est-y-pas la classe ça? ( ou le fait d'un dessinateur un peu faignant qui a juste retourné la case précédente pour s'économiser un dessin, damned! il n'a pas pensé qu'une tignasse de hippie subit aussi la loi d'attraction universelle!)
- son casque, totalement inutile en combat réel ( comme la plupart d'ailleurs), mais très décoratif, quand le Capricorne  nous sort un casque qui gagne haut la main de la palme du ridicule. Oui, le design des armures, c'est quand même LE truc qui a fait le succès de la série.
- Il survit sans dommages à la rencontre avec les petits blanc becs, contrairement à plusieurs ses collègues. Enfin un qui mérite son statut d'élite- Je sens que c'est un personnage qui a du potentiel comique, sisi... Après tout un scorpion qui fait de l'acupuncture à sa manière, c'est drôle!
- C'est grosso modo le seul des 12 qui me semble un peu sociable, en tout cas, le personnage est un peu plus développé que les autres, ça le rend un poil plus sympa.

Sinon , que dire de plus. Le graphisme des premiers volumes n'est pas vraiment terrible, on l'a dit, c'est du pur années 80, les personnages de 3/4 face sont plus souvent ratés que réussi, les perspectives souvent un peu fausses, mais ça s'améliore vers vers le volume 10. Par contre, je dois souligner une chose: j'ai rarement vu des pages couleurs de début de chapitre qui passent aussi bien en niveau de gris. Il n'y a pas  à dire: les colorisations à la main, ça donne toujours mieux que les colorisation numériques, le rendu est vraiment meilleur lors de l'impression monochrome. On regrettera quand même quelques bourdes de traduction chez Kana ( j'espère qu'ils auront corrigé pour la réédition), car le traducteur n'a visiblement pas ouvert un bouquin d'astronomie de sa vie. Voir quelque chose comme " Canis Mayol, constellation du chien géant", ça pique les yeux!

donc négatif:
- une histoire un peu tirée par les cheveux (à propos de cheveux , au moins les personnages n'ont pas les couleurs de cheveux de folie de la version animée, exit les tignasses vertes et bleues, grand classiques de cette époque, qui font mal aux yeux)
- didious, que ça se prend au sérieux par moments
-il n'y en a que pour le héros, comme souvent dans ce genre, alors que ce n'est pas forcément le personnage le plus intéressant. J'aurais vraiment aimé en savoir un peu plus sur les chevaliers d'or qui ont l'air d'avoir du potentiel, mais faute de background suffisant passent tous pour de gros sociopathes (le verseau! Sans rire, l'armure est superbe, j'aime bien sa tête,en plus c'est un psychorigide de première sans états d'âmes.. mais on ne sait même pas pourquoi! Mais cornegidouille, j'veux savoir moi, pourquoi il fait autant la gueule. Ben non, à moi de trouver une raison... Alors que c'est quand même le seul personnage pour qui est faite une vraie référence culturelle un peu pointue, via Albert Camus, et l'éxecution aux aurores dans l'étranger.. c'est du gâchis de bons personnages ça!)

- Des graphismes pas toujours top ( mais ca reste quand même regardable, même si tout le monde semble faire 10 ans de plus que son âge, contrairement à la Préquelle Saint Seiya G, que je ne lirai pas pour cause de graphisme immonde!

Là je sens que  vous voulez des preuves. Ok, va pour les preuves. Prenons au hasard, ce gros taré de chevalier du cancer - parce que c'est encore plus flagrant avec lui.

Version 1: dessin animé - très proche du manga d'origine, je n'ai pas trouvé d'image de taille correcte. Version 2: manga Saint seiya G..
Oui ceci est bien...
...le même personnage qu'à côté













D'un côté un méchant crédible flippant, et plutôt classe dans l'ensemble
De l'autre euh... ça fait peur, mais pas dans le même ordre d'idée.
Mais même problème que plus haut: pourquoi est-il aussi méchant? Parce que!

merci au site: http://www.saintseiyapedia.com, à qui j'ai piqué les deux images 

positif:
- 28 tomes, ça reste acceptable pour ce genre de séries, les shonens actuels tournent facilement  autour des 50 volumes. A la limite, vous pouvez même vous contenter des 13 premiers, si seul l'arc que vous avez vu en dessin animé vous intéresse
- Ca ne traîne pas en longueur: pas de bastons interminables sur plusieurs tomes. Il y a bien quelques flash back de ci de là, mais ils ne prennent pas 3 volumes entiers à chaque fois. Chaque bagarre occupe un ou deux chapitres maxi, et c'est réglé.
- le méchant final n'est pas totalement ridicule: ATTENTION SPOIL FINAL ( d'ailleurs la fin est même vraiment trop vite expédiée après la dernière baston, ça aussi c'est du gâchis de bon personnage, je n'arrive pas à croire ce qui se passe dans les 5 dernières pages.Le bad guy se repents, se suicide -1 case- cash! Et tout le monde s'en fout, même pas une remarque là dessus. The end!)
- Pas d'histoire d'amour mièvre, ça repose, il y a peu de personnages féminins, qui ne servent pas trop à grand chose, surtout à faire joli. Donc pas de potiche geignarde! Juste des potiches en tenue heu...vous pouvez me rappeller l'âge du public visé? La chevalière du caméléon a quand même une armure vachement SM)
- c'est plutôt drôle pour peu qu'on le lise au Xième degré. Mais attention tout de même, c'est un peu saignant, on va déconseiller aux plus jeunes ( volume 3, y'a quand même un type qui se faire proprement - heu non, pas proprement justement - dépecer.. même si c'est un rêve). Miam, de la violence gratuite!
Toujours aussi flashy, mais un poil mieux travaillé

En conclusion, ce n'est pas le manga du siècle, mais j'ai passé un moment sympathique de lecture, l'univers est assez original pour m'intriguer même si le prétexte mythologique se dilue assez vite, l'auteur - qui a l'air assez barré - s'est amusé comme un petit fou a dessiner ses armures, et a brodé un scénario rien que pour ça. Ca aurait pu être totalement bâclé, mais malgré un morale un peu naïve ( on arrive à tout quand on bosse en équipe), non, finalement, c'est comment dire, à la fois un peu balourd, mais attachant. Bon je lirais la suite, apparemment, après Athéna, c'est Poséidon qui va faire les frais de l'imagination délirante de M. Kurumada, et j'ai envie de savoir jusqu'où il va aller dans l'improbable rencontre de la mythologie et du manga de baston.

Tiens ça me rappelle qu'à la même époque, il y a avait un autre dessin animé qui exploitait le filon, mais en version "mignonne": la petite Olympe et les dieux. Ne me demandez pas l'histoire, j'ai déjà eu assez de mal à me souvenir du titre!
oui, Parthénia à dit " ça marche pour le challenge" 9/25

edit: pour ceux qui ont le courage de me suivre dans cette aventure épique
-Etape 2: l'arc Poséidon, c'est ici 
mais vous pouvez le sauter et passer de suite à:
-Etape 3: l'arc Hadès, c'est là

lundi 25 avril 2011

Otaku Girls tomes 1 et 2 - Natsumi Konjoh

21/30, plus que 9 et c'est gagné :)
Vite, vite, le challenge BD finit ce mois ci, il est grand temps de mettre un peu le turbo, voila donc 2 tomes de plus. On retourne au Japon avec un manga parodique dont j'avais lu Beaucoup de bien ici et là, Otaku Girls, de Natsumi Konjoh, qui aborde le sujet de l'Otaku en version féminine et sur le mode de la rigolade.

 Problème: ça reste quand même un shôjô au dessin ultra classique, qui va nous parler d'amourettes lycéennes. Autant dire qu'il ne part pas gagnant, car ce genre de cadre commence à me fatiguer sérieusement.
Donc nous avons d'un côté le lycéen standard, Abe, qui par un concours de circonstance assez marrant devient le modèle attitré de Rumi Asai, seule membre du club d'arts plastiques de son lycée. Rumi est sympa, pétulante, voire un peu trop, et le naïf Abe en pince vite pour elle. Mauvaise pioche: Rumi est une Fujoshi, une fille otaku, fan de yaoi ( histoires d'amour homosexuelles plus ou moins sentimentales ou plus ou moins hot selon le cas), et elle voit le monde à travers le prisme de sa passion. Et se persuade donc qu'Abe est en couple avec son meilleur ami, mascotte du lycée, poursuivi par toutes les filles du coin, et qui voit l'occasion de se débarrasser de ses admiratrices pot de colle. Le trio est d'ailleurs vite rejoint par Matsui, une autre otaku, qui a du mal à assumer son obsession pour la série Gundam notamment, et va tenter de pousser Rumi dans les bras d'Abe, afin de se réserver l'autre garçon. Vous suivez? non? c'est normal! Vous n'êtes pas otaku, tant mieux pour votre santé mentale.

Car il faut bien le dire, le titre ne parlera pas à tout le monde, ce n'est pas la peine d'insister si déjà les mots "shojo, otaku, et yaoi" vous laissent perplexes. Et c'est bien là le problème. Autant le début est assez sympa, avec quiproquos rigolos, autant ça tourne très vite en rond, laissant de côté le lecteur qui n'est ni familier, ni spécialement fan de l'univers en question. et le manque d'un mini lexique (par exemple pour "otome road" quartier de Tokyo surnommé ainsi " la rue des jeunes filles", pour son grand nombre de librairies spécialisées, oui, je suis passée là bas un peu par hasard, c'est vrai qu'il y en a à la pelle, aux vitrines décorées d'affiche sans équivoques.. ou plutôt très équivoques).
D'autre part comme je ne suis absolument pas fan de Yaoi, et autres du même style (en fait, ce qui compte pour moi, c'est le scénario, et on ne peut pas dire que le Yaoi brille en général par cet aspect, en tout cas le peu que j'ai pu voir). Donc ça reste quand même très "private joke", le lecteur se retrouve vite dans la peau du héros qui ne comprend rien au fonctionnement des deux folles-dingues. Sauf qu'il persévère. Ce que je ne vais surement pas faire. Apparemment il y a7 volumes, je lis un peu partout que ça se dégrade vers le 4 ou le 5°, sauf que l'ennui pointe déjà son nez dès la moitié du premier pour moi. Ce quatuor de choc qui se veut original sombre déjà dans la banalité, avec des situations téléphonées au possible, on devine déjà la fin, qui dérive sur une très banale double histoire d'amour bien plate, avec héroïne barrée mais finalement très fleur bleue pour ne pas dire potiche.

En fait ce titre aurait pu me plaire mais il est arrivé après d'autres parodies qui m'ont plus parlé: Switch Girl, plutôt drôle bien qu'inégal sur le côté négligé que cache toute fille digne de ce nom -impossible de ne pas s'y reconnaître un peu-, et surtout Host Club ( ne fuyez pas devant ce titre qui laisse présager le pire), qui tire à boulets rouges sur tous les clichés du manga lycéen, et même du manga tout court, des scénarios improbables, des films de yakuza, des jeux vidéos, avec cette fois, une héroïne pas potiche du tout, et une autre otaku, beaucoup plus drôle.
oui car Natsumi Konjoh est une mangaka

Ceci étant, je laisse donc Otaku girls à celles à qui le sujet parlera, vu le concert de louanges, j'ai du passer complètement à côté du titre, tant pis. Je vais de ce pas retourner aux bons gros mangas de baston, tiens, ça me changera, un peu de violence gratuite!
(z'avez vu comment j'annonce bien le prochain sujet BD?)

mercredi 16 mars 2011

Le pavillon de l'aile ouest - Sun Jiayu & Guo guo

Allez, en ces temps de morosité ambiante, on va se faire du bien avec un Manhua, sans prétention, mais sympathique, frais, printanier, joli tout plein...
Ca s'appelle "le Pavillon de l'aile ouest" et c'est édité chez Xiao Pan , spécialiste francophone ( ou seul éditeur?) de BD chinoise.
Donc, "le pavillon de l'aile ouest" est adapté d'une pièce de théâtre classique de Wang Shifu, elle même tirée d'une nouvelle du X° siècle.

l'histoire se passe dans la ville de Pu Zhu, au IX° siècle. Tout ce que la cité compte d'hommes célibataire est en émoi: on annonce l'arrivée imminente de la très convoitée Ye Pianpian, fille de haut fonctionnaire ( et donc excellent parti!), qui a la réputation d'être une très jolie fille, bien que personne ou presque ne l'aie jamais vue. En effet, a cette époque, il était exceptionnel qu'une femme de bonne famille se montre en public, hormis pour les fêtes religieuses. Et donc, tous ces messieurs espèrent faire bonne impression et attirer l'attention de la belle. Tous sauf un. Chen Yuqin, étudiant très prolongé, amateur de grasses matinées et de siestes au soleil, n'est pas plus emballé que ça par la nouvelle: il se méfie des femmes de la haute société après une expérience malheureuse auprès de l'une d'elle qui s'est révélée être acariâtre, capricieuse et dénuée de la moindre compassion.
Et comme vous vous en doutez, c'est exactement celui qui s'en fiche le plus qui va avoir l'occasion de rencontrer la fille, qui s'avère souriante, pétulante, amatrice d'art, cultivée et douée pour la conversation, bref parfaite pour un intellectuel qui s'intéresse autant sinon plus à ce qu'une femme a dans la tête qu'à son joli minois ( enfin, bon, oui, elle est jolie, ça ne gâche rien!).
Mais évidemment la belle est déjà fiancée, comme le veut la coutume, à un homme qu'elle ne connaît pas, notre héros va devoir ruser pour conquérir non la fille - qui vit tellement coupée de toute réalité qu'elle est prête à se laisser séduire par le premier qui sait user de belles paroles - mais sa mère, afin de lui faire rompre les fiançailles avec un homme du reste infréquentable, porté sur les femmes, l'alcool et la drogue.

Dit comme ça, ça n'est pas très original, et en effet, ça ne l'est pas, rappelons quand même que la trame remonte au IX° siècle. Mais par contre la bonne surprise, ça finit BIEN! au vu des résumés qui le présentait comme un Roméo et Juliette à la chinoise, je craignais une énième histoire d'amour malheureux, contrecarrée par X malfaisants, avec force drames, larmes et suicides. Et bien non! Le scénario ne casse pas trois pattes à un canard, il faut dire qu'il a surement été très élagué pour tenir sur un seul volume, surtout sur la fin ( j'avoue que j'espérai un poil plus de rebondissements avec la méchante soeur du fiancé délaissé), on sent qu'il s'adresse à des gens qui connaissent le sujet sur le bout des doigts. Mais du coup le scénario est un peu léger, d'autant qu'il y a pas mal d'illustrations pleine page
Au reste,l'élagage sauvage, c'est aussi ce que je reprochais déjà à "la nuit du fantôme", édité chez le même Xiao Pan, ou pour le coup, l'intrigé était trop complexe et la narration trop dure à suivre. Là on a pas ce problème, c'est quand même du cousu de fil blanc.

et malgré tout j'ai bien aimé: Car, d'abord il faut le dire le dessin est  en général plutôt joli ( sauf, parfois au niveau des yeux des personnages), la colorisation tout en tons de brun, pêche, et vert clair fait très printanière. L'héroïne est mignonne et pas cruche, sa suivante est pétulante et effrontée ( limite je serais à la place du héros, j'aurais choisi la deuxième), et j'aime bien le personnage masculin, plutôt "cool , y'a pas le feu au lac", du genre qui se repose d'avoir passé sa journée à glandouiller en faisant une sieste bien méritée. Héros malgré lui parce qu'il a eu l'idée de s'occuper en relevant un défi qui lui était lancé par un collègue, puis qui sauve l'héroïne et impressionne la mère presque par hasard, parce qu'il passait là au bon moment.

19/30, on s'approche!
Donc oui, rien de bien inoubliable, mais qui a eu le mérite de me faire passer un bon moment de par son côté décontracté, sans drames saignants, et parce que la dessinatrice qui est avant tout illustratrice spécialisée dans les costumes, et dont c'est la première vraie BD s'est vraiment fait plaisir dans son domaine. Et toujours à souligner l'excellente qualité des ouvrages Xiao Pan: beau papier épais, notices explicatives, choix d'illustrations pleines pages pour compléter...

et une première lecture pour le Défi women BD par la même occasion..
edit: et, quelques autres images à la demande générale de Geishanellie, pas de la bd elle même, mais du recueil d'illustrations qui l'accompagne, plus fignolé, forcément.
page de garde
le héros

deux illus que j'aime bien