vendredi 17 juillet 2015

Festival D'Avignon 2015

Oui, car après la quasi abstienence volontaire de l'an dernier ( quasi,  car au final un ami venu pour le Festival m'avait emmenée voir une adaptation sur scène de "Alcools" d'Apollinaire, après que je lui ai dit d'accord, mais pas un one man show humoristique, ni du café-théâtre, pitié!Là, ça me convenait tout à fait et j'avais bien apprécié), cette année par chance mes jours de repos coïncidaient bien avec la période festival, j'ai donc pu en profiter.

J'ai donc pu voir:
Isabelle 100 Visages ( théâtre le Girasole, à 21h00 jusqu'au 26/07/15, une pièce inspirée de la vie de l'exploratrice Suisse d'origine Russe, Isabelle Eberhart, une femme d'avant garde née en 1877, et dotée d'une solide connaissance des langues étrangères par une famille partisane d'une éducation égalitaire pour garçons et filles. Lorsque sa famille , suspectée de sympathies communistes est chassée de Suisse, Isabelle s'installe en Algérie, pays qui la fascine depuis qu'un de ses  frères y est parti vivre alors qu'elle était encore enfant.
Là, elle apprend l'arabe et le berbère, devient journaliste , et se mêlant à la foule déguisée en homme, réaliste des reportage sur le désert, la vie des bédouins, la culture "indigène", se convertit au soufisme qu'elle fait connaître dans ses écrits. Puis rencontre Slimane, un spahi "indigène" ( un algérien mais de nationalité française, nous sommes à l'époque coloniale) qu'elle entend épouser, ce qui se fera avec grande difficulté, l'armée française la soupçonnant d'une part de vouloir par ce biais acquérir la nationalité française, et interdisant d'autre part les mariages mixtes. Mais face à l'adversité Isabelle ne renonce pas, quelle que soit la difficulté. Isabelle a existé a réellement eu une vie ( et une mort) des plus inhabituelles.
J'avais prévu d'aller voir la pièce, et comble de chance, j'étais avec deux amies de voyage, deux autres femmes qui ont la bougeotte, passionnées par les cultures étrangères. Un tel sujet ne pouvait que nous plaire. La pièce est dynamique, les acteurs investis et les changements de décor (l'éternel problème du off) plutôt pas mal intégrés à l'action. La pièce joue beaucoup sur les différentes langues ( français, allemand, russe, arabe), ça ne pouvait que me plaire. Je la recommande chaudement à tous les amateurs de voyage.


Cyrano de Bergerac ( Petit Louvre 22h00, jusqu'au 26/07). Incroyable, mais vrai. c'est une de mes pièces favorites, je l'ai lue, relue, vue en adaptation filmée, en captation.. et je n'avais pas encore eu l'occasion de la voir sur scène. c'est chose faite! J'ai beaucoup aimé cette version qui dure près de 2h00, bien qu'elle élague quelques passages ( par exemple la toute première scène d'exposition, avec les spectateurs de l'hôtel de Bourgogne, qui attendent le début de la pièce en commentant l'actualité. On passe directement à l'opposition Cyrano/ Montfleury, ou lors du siège d'Arras, l'évocation de la lointaine Gascogne), mais sans nuire à la compréhension ni à la narration, donc, à bon escient, afin d'adapter la pièce à la salle assez petite et au nombre réduit d'acteurs. J'ai beaucoup apprécié l'idée que cyrano porte non un nez postiche, mais un masque type commedia dell'arte, qui suggère son vilain nez en ne le montrant pas, et le fait qu'il soit suivi par un personnage sombre portant le même masque, qui joue du violon qui est à la fois la représentation de son humeur, et le liant musical entre les scènes. Une très bonne soirée!


Les Contes d'Hoffman (Petit Louvre 11h00, jusqu'au 26/07)
C'est un spectacle qui avait déjà été présenté l'an dernier, et dont je n'ai entendu que du bien . Absolument, 100% du bien. J'aurais du me méfier en fait. autant je viens de dire que l'adaptation de Cyrano dans la même salle était réussi, autant je n'ai pas vraiment apprécié celle ci.

Les chanteurs sont bien dans l'ensemble, la qualité de jeu aussi les décors minimalistes, pourquoi pas.. mais j'ai vraiment eu du mal à accrocher. Ce qui est encore plus frustrant, quand on entend à la sortie des avis enthousiastes et qu'on se dit "oui.. mais pas tant que ça". en fait c'est l'adaptation qui m'a gênée. Je vies d ele dire, la salle n'est pas grande, et il y avait en tout et pour tout 7 chanteurs- musiciens, difficile de représenter les choeurs, je le reconnais. Ils sont à tous les postes à la fois, multi talents ce qui est appréciable...mais déjà la plupart des tentatives d'adaptation avec vannes contemporaines sont tombées à plat pour moi ( et j'entendais les gens s'esclaffer), je n'ai absolument pas compris non plus pourquoi Coppelius est devenu une sorte de caricature de chinois à tresse façon Fu Manchu - une manière peut-être de suggérer que ses "yeux" sont de la gnognotte made in China, rétrospectivement je ne vois que ça, mais surtout c'est avec les coupes sombres que j'ai eu le plus de mal.

Raccourcir pour éviter de faire trop long,au delà du pléonasme, c'est quasi obligatoire au Off. Encore faut-il que ça soit bien fait. Or là... A croire que le public visé est surtout celui qui ne connaît pas l'opéra ( hormis le gugusse assis à côté de moi qui a passé le plus clair de la représentation à fredonner et à raconter à son voisin l'action, sans comprendre que les regards appuyés et les "chuts" lui étaient destinés). Manque de pot, mon point de vue est dans ce cas plus celui d'une musicienne que d'une amatrice de théâtre.
Raccourcir ok.. mais réduire les contes d'Hoffmann à 1h30, c'est un problème qu'ils ont réglé en coupant directement dans les airs y compris les plus connus, et non définitivement, ça ne me plaît pas.

Le premier choeur est réduit à portion congrue, l'échange de "politesses" entre Lindorf et Hoffman est parlé et non chanté, la chanson de Kleinzach perd un couplet, pareil pour celle de Coppélius ( j'ai des yeux). Plus grave car ce sont 2 airs très attendus: les chansons d'Olympia et Antonia sont aussi amputées d'un couplet chacune.
Sans raison apparente les actes d'Antonia et de Giulietta sont inversés...
La Barcarolle était entière.. mais au détriment de l'air de Dapertutto " scintille diamant" purement et simplement supprimé ( l'acteur brandit un énorme bijou.. sans explication aucune)

La musicienne, et particulièrement fan des contes d'Hoffmann, que je suis ne peux pas passer au dessus de ça. L'impression "pot pourri" qui en résultait m'a vraiment gênée. Pas mauvais, mais très insatisfaisant. Du coup entendre les gens pousser des "ho" et des "ha, ça a du demander des années de travail pour arriver à une telle perfection" ( ben oui, ce sont des chanteurs professionnels,  le chant, la musique, ça demande du travail.. le théâtre aussi d'ailleurs, vous pourriez également dire ça de la danse, ou de la peinture, hein... ) ça frustre encore plus, j'ai vraiment eu l'impression d'être trop difficile. Mais non, les coupes au milieu des morceaux, je ne peux pas dire que j'ai aimé ce spectacle, ce serait mentir.


La Locandiera ( Cour du Barouf, 12h45 du 11 au 15 juillet.. hé oui déjà terminé): une version enlevée et pleine de bonne humeur de l'histoire de l'aubergiste Mirandoline, courtisée de part et d'autre et qui se lance le défi de faire céder avec tout son charme, son culot et son aplomb l'un de ses clients, un chevalier, misogyne notoire. Il faut dire que l'accorte aubergiste a un bagout assez irrésistible.
Du festival off comme je l'aime, par une troupe amateur ( d'où la durée très restreinte de leur présence au festival je suppose) , une scène en planches dans une cour, des rideaux de scène en drap.. l'esprit théâtre de rue, bricolé joyeusement, des acteurs qui se font plaisir avant tout, une bonne pioche en somme.
Une bouteille à la mer: ( jusqu'au 23/07 à l'espace Roseau, 22h15) danses, chants musique et théâtre d'ombre de la préfecture d'Okinawa. Pour voir tout le bien que j'en pense, c'est sur mon blog Japon qu'il faut aller!

Une vie sur mesure ( Petit Louvre 16h55 les jours pairs): encore un spectacle qui revient au Off, dont j'ai entendu beaucoup de bien... et qui me laisse une impression mitigée. Moins qu' Hoffmann toutefois.
Cedric Chapuis, batteur, nous raconte l'histoire d'Adrien, enfant puis adolescent , dans une famille difficile ( violence familiale sur l'enfant et sa mère par " Bernard" qui a une nette tendance à la boisson). Le gamin est renfermé, plutôt naïf - sa situation familiale se comprend peu à peu, par petites touches - ce qui en fait  la risée de ses camarades.
C'est lorsque sa famille hérite des disques de jazz de sa grand-mère, héritage pourri aux yeux des adultes, inestimable à ceux d'Adrien- que le gamin qui s'exprimait déjà par la rythmique, va se découvrir une passion dévorante pour la batterie.
Le batteur est excellent, vraiment. Mais j'ai quand même eu du mal à accrocher au départ, comme toujours avec les personnages " touchants de naïveté" ( personnellement ça ne me touche absolument pas, j'ai plutôt envie de lever les yeux au plafond ). Au début, ce gamin n'a aucun sens commun, il apparaît plus con-con que naïf, ce n'est qu'en avançant dans la pièce qu'on comprend non seulement son environnement ( la batterie comme exutoire à la maltraitance, pourquoi pas après tout), mais aussi son état mental, et son incompréhension des normes sociales, conséquences des brimades scolaires et parentales.

 La conclusion est inattendue, mais logique,et replace le début dans une tout autre optique, et ça c'est une bonne chose. On comprend mieux les bizarreries qui s'accumulent tout au long.. mais j'ai quand même trouvé le personnage assez relou par moment, très bien interprété, mais c'est juste que ce genre de personnage n'est pas ma tasse de thé.
Donc bien interprété, un musicien excellent, une conclusion intéressante, tout s'explique - y compris sa tenue-  mais j'ai eu du mal à y rentrer, parce que le format " seul en scène" n'est pas trop mon rayon,  et que j'ai du mal avec les personnages un peu nigauds, tout simplement.



La Grue, la grenouille et le corbeau ( Garage international à 13h00 jusqu'au 24/07): sous ce titre façon Fable de La Fontaine se cache un spectacle de danses japonaises. Très différent des danses d'Okinawa vues dimanche.  Cette fois ce sont des dans plus classiques, et narratives, l'histoire de la grue ( qui se dépouille de ses plumes pour faire un vêtement à quelqu'un en remerciement d'un service rendu, mais évidemment, sans plumes, elle ne peut plus voler), celle du Serpent et de la Grenouille ( une grenouille, sur le point d'être mangée par un serpent lui raconte que son père à été mangé par un oiseau, et que la famille Grenouille a besoin de tous ses membres pour mettre en place sa vengeance.. et contre tout attente, la ruse de la grenouille marche) , et "un jour de la vie d'un corbeau " ( pas d'explication pour celui là, mais vu qu'il y a des éventails verts et un rouge que le corbeau grignote et perd.. j'en déduis que les corbeaux japonais valent bien celui qui tenait en son bec un fromage).
La troupe d'Egiku Hanayagi revient régulièrement au festival, et j'aime bien aller voir leurs nouvelles créations, bien que je manque de clefs pour tout comprendre ( même avis des deux copines de cours de japonais qui étaient avec moi). La grue était le plus classique, le corbeau pas toujours évident à comprendre (mais d'un dynamisme agréable) par contre j'ai beaucoup aimé la grenouille, la danseuse est très expressive et s'amuse visiblement beaucoup dans son rôle de grenouille manipulatrice. Vraiment la chorégraphie qui nous à le plus plu, de nos 3 avis communs.

Le Revizor (Le petit Louvre 16h50) et dernière pièce pour moi de ce festival, j'amorce mon futur mois russe de cet automne avec une pièce célèbre, que je n'avais pourtant pas vue, de N. Gogol. La charge contre l'administration corrompue à tous les niveaux est féroce et toujours d'actualité, bien que la pièce soit condensée pour 6 acteurs et un pianiste. Je pense que je mettrais le texte intégral au programme de septembre.

Bon festival donc 7 pièces, en gros 2/semaine ce n'est ni trop, ni trop peu.. l'avantage d'habiter sur place, le désavantage étant de ne pas avoir pu prendre 2 ou 3 jours de vacances pour en profiter mieux, il a fallu jongler avec les jours de repos pour aller voir ce qui était en début d'après midi à ces moments là. Mais avec quelques jours de plus, je ne serai pas forcément allée en voir beaucoup plus, pour une question de budget limité... et de grosse chaleur qui fait que j'ai quand même préféré passer quelques après midis sur le canapé devant le ventilateur, plutôt que d'aller faire la queue sous le soleil à 12h30.
Le hasard a fait que la moitié des pièces vues étaient présentées dans la même salle, à moins de 10 minutes de chez moi.. et que les 2 mini-déceptions étaient là pour le coup. Mais Le Petit Louvre est une des salles dont je suis en général la programmation, j'y trouve assez souvent quelque chose qui me tente.

Rendez-vous l'an prochain, avec la possibilité de poser quelques jours je l'espère...

mardi 14 juillet 2015

Nouvelles - Pierre Boulle


oui, j'ai joué volontairement la carte cocorico et baguette, j'aime l'autodérision
 C'est le  14 juillet, c'est le jour où jamais pour mettre la SFFF française à l'honneur. Car oui, la France n'a pas à rougir dans ces domaines, entre le pionnier Jules Verne, les nouvelles fantastiques de Maupassant jusqu'aux auteurs les plus récents , il y a de quoi trouver son bonheur.
L'an dernier j'avais décidé de découvrir le contemporain Laurent Genefort, cette année, retour aux années 50.
Avec 7 nouvelles de Pierre Boulle, extraites de l'énorme recueil dont j'avais déjà tiré La Planète des singes il y a quelques années.

Les 4 premières sont tirées des Contes de l'absurde ( le recueil originel en contient une de plus, l'hallucination). J'ai volontairement occulté ici l'homme qui haïssait les machines, car elle ne figure dans aucun des deux recueils principaux, je la chroniquerai une prochaine fois, si j'arrive à trouver histoires chaitables, le recueil dont elle fait partie.

-Une nuit interminable: un soir d'aout en 1949, à Paris, un libraire parisien a la surprise de voir débarquer  à la terrasse du café où il passe la soirée un homme d'allure exotique et portant une toge, qui s'adresse à lui en latin pour lui demander " en quel siècle est-on?". Amoun est un voyageur temporel, qui vient de l'antique cité de Badari, disparue depuis 6 millénaires, et s'il connait le latin, c'est qu'il a commencé par explorer l'époque romaine. Mais son but est autre: aller 20 000 ans dans le futur. Dans le futur par rapport à son présent, il a juste du faire une pause en s'y rendant. a la même terrasse, un autre voyageur temporel , le professeur Djong, vient de Pergolie, une ile qui n'existera que dans 12 000 ans et a fait lui aussi un stop sur son parcours vers l'époque Badarienne. Coïcidence?
PAs du tout, ça serait méconnaître l'ironie et l'humour de Boulle qui ne va pas s'abaisser à une facilité pareille: La Pergolie est un pays surpeuplé qui a eu l'idée de régler son problème en envoyant sa population surnuméraire.. dans le passé, le savant Badarien est là pour les en empêcher. Les deux nations vont se livrer une guerre à 20 millénaires de distance et pas de chance, c'est en 1949 que ça va se régler.
Cette nouvelle est un délice un peu dans le style conte philosophique, avec en plus beaucoup de quiproquos entre le passé et le futur qui donnent des phrases du style : il essayera de m'assassiner il y a 8000 ans.. C'est pourquoi je vais l'avoir assassiné moi dans 12 000. Oui ça demande de l'attention, mais c'est très drôle et la chute.. Boulle adore faire des nouvelles à chute un peu comme Fredric Brown, et moi j'aime les lire.

- Le poids d'un sonnet: Monsieur Bourdon est un amateur invétéré d'énigmes, et l'exécuteur testamentaire du philosophe Valette qui vient de mourir dans des circonstances étranges: il venait  de finir de rédiger un texte lorsqu'il a été frappé d'une attaque lâchant l'allumette qu'il tenait sur le papier Calciné devenu illisible. Bourdon va donc mettre en oeuvre tous les moyens dont dispose la science de son époque ( et il se complique bien la vie, pesant le papier calciné vierge et comparant le poids avec le papier rédigé pour chercher le poids du texte.. ou plutôt le poids des cendres de l'encre parmi le poids du papier brûlé) pour retrouver le texte disparu - un sonnet. Mais est-ce que le jeu en vaudra la chandelle? Le texte qu'il va trouver aura en tout cas un écho surprenant avec les 6 mois qu'ils va passer à le rechercher , quasi archéologiquement. Une idée très poétique elle même!

- Le règne des sages: Ca y est! la paix est enfin acquise, il n'y a plus de guerre, plus de nations, plus de partis politiques, plus de religions sur une  Terre unifiée. Enfin, c'est méconnaître la nature humain qui va  évidemment recommencer à prendre un parti: la Terre est donc menée par les scientifiques, divisés entre Electronistes dirigés par le Professeur Particule et les Ondistes du professeur Armonique, qui s'opposent sur la nature même de la matière: onde ou particule, particule ou onde, une opposition quasi mystique, à la fois proche du fanatisme politique et religieux. Chaque parti dirige le monde entier à la suite d'élections annuelles et iul n'y a plus grand chose à faire sauf... Bouleverser le climat des régions polaires et équatoriales, car il fait là bas trop chaud ou trop froid pour que la population s'intéresse aux querelles de clocher des ondistes et électronistes, ce qui est innaceptable.
Qu'à celà ne tienne on fera leur bonheur malgré eux en forçant le globe à avoir une température uniforme de 20°C partout. Dans le plus grand secret, sinon les habitants pourraient trouve à redire. Sauf qu'évidemment les deux partis on la même idée au même moment..et la terre se retrouve avec 40°C aux pôles et une ceinture glaciaire à l'équateur. conclusion des savants: bah, ça a raté, mais ça a quand même réussi, puisqu'on a toujours le même ratio de temprétures globables. que la faune et les habitants des deux régions soient décimées n'est qu'un dommage collatéral.
Apparemment on retrouve aussi assez souvent ce thème chez Boulle: des savants qui ont une bonne idée sur le papier, mais qui poussent leur logique à bout sans souci des conséquences , inconscients par excès de naïveté ou manque de sens pratique. J'ai vu que le roman Miroitement a aussi le même thème, il est aussi dans le même recueil, je ne tarderai pas à le lire.

- Le parfait robot: le professeur Fontaine est un roboticien de génie, qui conçoit les machines les plus perfectionnées.. mais finit toujours par se heurter à un mur: son robot joueur d'échec  atteint une telle compétence qu'il ne peut plus jouer qu'un coup.. le seul coup juste possible. Qu'il affronte un de ses clones, et la partie sera toujours la même unique, un match nul. Devant les contestations que le robot manque de créativité, il fabrique un robot écrivain.. qui arrive à produire des phrases comme Cogito ergo sum ou To be or not to be that is the question. D'accord c'est bien mais pas nouveau et pas vraiment créatif. Il enchaîne alors sur des robots capables de se reproduire, de créer d'autres robots.. mais il faut toujours à l'origine un créateur humain du premier robot. La conclusion est simple: pour insuffler un peu d'humanité à ses création il faut leur donner la capacité à l'innattendu, à l'improbable.. à tout râter dans les grandes ligne. Le robot parfait ne peut être que faillible comme un humain.
J'adore la logique " tout ça pour ça"! Parce qu'évidemment , au travers des robots, c'est la société humaine qui est moquée .

Les 3 nouvelles suivantes sont extraites du recueil E=mc² ou le roman d'une idée ( avec une autre, le mirale, qui n'est pas publiée ici

-Les luniens: dans le plus grand secret les USA ont envoyé des astronautes sur la lune,avec mission de s'établir sur la face cachée de la lune, afin de n'être pas repérés en particulier par le camp soviétique (la nouvelle date de 1957). Ce qu'ils y découvrent dépassent l'entendement: sur la lune, il y a des luniens, et qui plus est entièrement semblables aux terriens, hormis leur langage incompréhensible, comme ils en informent le gouvernement américain. Pendant ce temps, le gouvernement soviétique reçoit une information de sa mission hyper secrète envoyée quelques temps plus tôt au nez et la la barbe du reste du monde, s'installer sur la face cachée de la lune: il y a des luniens sur la lune et ils ressemblent beaucoup aux terriens, sauf qu'on ne comprend pas leur langage
Oui, c'est exactement ce que vous devinez, la rencontre sur la face cachée de la lune d'une équipe russe et d'une équipe américaine, chacune croyant avoir affaire à des autochtones. Les deux équipes finissent par communiquer en langage binaire, expliquer leur système politique par ce biais, chacune trouvant que l'autre est merveilleusement organisée et civilisée, vantant les mérite du fabuleux peuple, de l'intelligence supérieure qu'ils ont trouvée sur la lune. Enfin, ça c'est jusqu'à ce qu'ils comprennent leur méprise évidemment! dès lors c'est la bonne vieille opposition qui prend le relai.
J'aime ce genre d'ironie: les personnages mettent des pages à comprendre ce que le lecteur à compris dès le deuxième chapitre.C'est un régal que de voir chaque camp vanter en toute innocence les mérites de ce qu'il déteste instinctivement sans le connaître, simplement parce que c'est "l'Ennemi".

-l'amour et la pesanteur: nous narre la mésaventure de deux astronautes Joe et Betty. Fiancés à leur départ, ils ont eu l'idée de se marier officiellement dans la capsule. PAr contre la nuit de noces en apeseanteur est une autre affaire.. plutôt sportive. Celle ci n'a pas la portée politique de la précédente, mais est quand même sympathique. Je disais un peu plus haut qu'il y avait parfois du Fredric Brown chez Boulle. Les deux nouvelles rassemblées ont un petit quelque chose de Lune de miel en enfer qui voyant un astronaute et une cosmonaute partis sur la lune faire un enfant dans l'intérêt de l'humanité.

- E=mc² ou le roman d'une idée, prend à rebours les conséquences de la découverte de la relativité restreinte qui a conduit à l'arme nucléaire. Les scientifiques, Einstein à leur tête, sont des pacifistes convaincus qui refusent que la physique ne soit employée à des fins belliqueuses: à la demande du président des USA de fabriquer une bombe atomique en partant de la formule e=mc², ils répondent qu'ils est impossible de transformer la matière e énergie. Par contre ils arrivent à avoir des crédits pour le travail inverse: la création de matière à partir d'énergie. Pas de risque à craindre de la part d'une arme qui crée au lieu de détruire pas vrai?
On dit que l'enfer est pavé de bonnes intentions et en effet, quelques années après, c'est donc une bombe à création qui est larguée au dessus d'Hiroshima.. et évidemment les conséquences vont être aussi désastreuses que s'il s'agissait d'une bombe destructrice.
Pas d'échappatoire chez Boulle: si ça doit foirer, ça foirera en beauté, parce que les savants sont de toute façon trop naïfs pour prévoir les implications de l'utilisation de leurs inventions par des politiciens qui ne comprennent de toute façon pas grand chose à pas grand chose.

Boulle est un satiriste qui manie l'ironie avec un talent réjouissant dans ses nouvelles autant que dans la Planète des singes. C'est un plaisir assez cynique que de prévoir que tout va rater et de voir effectivement que tout rate, mais parfois en prenant une direction inattendue. L'humour y est souvent noir, l'auteur tire à vue sur les politiciens, les financiers, les savants.. et globalement, tous ceux qui se mêlent de faire à leur manière le bien d'une population qui n'a rien demandé, merci pour elle.

Un auteur que je recommande chaudement, qui écrit à la manière des contes philosophiques et des histoires à chute, le format nouvelles est idéal pour le découvrir, lui et son cynisme.

Voyager au coeur du système solaire (8) - Vers l'infini et au delà ( 2)


logo google du jour en Belgique, la France a droit à un logo " Liberté , égalité Fraternité"
Et voilà, ça y est c'est aujourd'hui.  Des mois que je gave tout le monde avec ça, mais que voulez vous, pour moi c'est une des dates majeures de l'astronomie depuis 1989 , je suis contente d'avoir vu les 2 de mon vivant.
J'avais réservé mon 8 billet  "système solaire" pour cette occasion:
C'est aujourd'hui, et quasiment maintenant (il y une heure en fait) près que New Horizons survole Pluton et Charon, après 9 ans de voyage. Détrônant au passage Voyager 2 au titre d'objet le plus rapide jamais conçu par l'être humain ( Voyager avait mis 12 ans à atteindre  Neptune, New Horizon a utilisé à son profit l'effet de fronde gravitationnelle connu et utilisé depuis les années 70, avec une efficacité inégalée ).

Déjà depuis quelques jours, les résultats s'accumulent: Pluton est plus grande que précédemment annoncée( d'environ 2 kilomètres de diamètre), qu'elle tourne à l'envers de la
Plupart des planètes ( comme Vénus et Uranus en fait), sa couleur tire sur le rouge, les lunes de Pluton ont une trajectoire chaotique, surtout Nix ..
Ci dessous, animation de la rotation de Nix par l'ESA.

En tout cas c'est historique: le dernier monde inexploré va l'être.. On peut regretter le fait qu'il ne s'agisse que d'un survol et non d'une misson d'exploration avec sonde  déposée sur la planète, mais je suppose que ça aurait été difficilement possible en tenant compte du poids de la sonde embarquée et de son carburant ( car difficile de compter sur l'énergie solaire à cette distance pour la faire fonctionner). Pour Mars, c'était "facile", juste une promenade dans la ville voisine en quelque sorte.

Et maintenant New Horizon n'a PAS fini son périple, elle a du carburant ( au plutonium, si, si!) pour encore une dizaine d'années et a pour mission de collecter des données sur la ceinture de Kuiper.
site Astropléiades
La zone blanche la plus éloignée, pour donner un ordre d'idées, 9 ans de trajet, encore 10 ans de carburant, la sonde n'est en fait qu'à la moitié de son voyage, l'orbite très penchée est celle de Pluton, là où elle se trouve aujourd'hui.
L'endropit est loin d'être vide puis qu'au contraire les découverte de nouvelles planètes naines transeptuniennes se sont accumulées ces dernières années, Eris, pour l'instant encore considérée la plus grande ( mais avec les nouvelles mesures, ça pourrait changer), est 3 fois plus lointaine que Pluton par Rapport au soleil.
Je ne pense pas cependant qu'elle soit actuellement sur la bonne trajectoire pour être étudiée, mais nul doute que les découvertes vont arriver l'une après l'autre et être très très intéressantes. après tout Les mission Voyager étaient juste prévues pour visiter les planètes gazeuses et continuent à amener leur lot de nouvelles information, d'autant plus extraordinaires qu'elle n'étaient pas prévues du tout, et c'est là que ça devient passionnant. New Horizon n'a donc PAS fini son péripole et peut encore nous étonner, même si déjà les images ramenées sont à la hauteur de mes attentes ( pour els images du survol le plus proche, il faudra atteindre cette nuit, vers 3h00 AM heure Française, et le tri des données par la NASA, demain probablement, elle seront disponibles, mais voilà déjà de quoi faire, je mettrais ce billet à jour avec les plus récentes. C'est d'ores et déjà une magnifique réussite en tout cas.

On est passé de ça ( Pluton, vu par Hubble )

à ça:
 
3 juillet: Pluton et Charon en couleurs
Pluton 6 juillet
Pluton et Charon le 9 juillet
Pluton 9 juillet
Pluton 13 juillet
Ce qu'elle est lisse et ronde!

Bien sur les images sont "nettoyées" avant d'être mises en ligne pour avoir la plus grande netteté possible.. mais franchement, ça en valait déjà la peine
Détail de Pluton 14 juillet, les montagnes font environ 3 km et demi de haut 


Charon le 14 juillet

J'attendais qu'elle m'en mette plein la vue, c'est déjà réussi! Les analyses vont arriver peu à peu dans les jours et les semaines à venir, nul doute que ça va être très intéressant

Et pendant ce temps là, Dawn continue d'envoyer des information au sujet de Céres. 2015 est vraiment une année exceptionnelle pour les planètes naines.
est-ce fini? Non, outre les 2 missions mentionnées en aout 2016, c'est Juno qui doit arriver à bon port pour étudier Jupiter et la mission Cassini Huygens a été prolongée jusqu'en 2017.

Plus d'informations sur le site officiel New Horizons, c'est chez eux que j'ai trouvé les images
MAJ: évidemment l'image d'hier a déjà été parodiée. Certains y voient un coeur.. moi je suis assez mauvaise en paréidolie donc je n'y vois rien de spécial, mais il y a des détournements assez sympas
Pluto sur Pluton
 Ca se défend, quand on voit ce qu'on trouve sur Mercure. Damn, la multinationale est déjà d'un bout à l'autre du système solaire.


Planète Snoopy
Pluton s'ennuie:

 C'est écrit petit donc je traduis par la même occasion:
- C'est sur, on se sent seul par ici
- Hey ça roule?je dois y aller bye.

lundi 13 juillet 2015

Live aid '85

Et pour ce premier billet A Year in England, c'est dans le passé que je vous propose de faire un tour. en 1985 très précisément. Il y a 30 ans tout pile le 13 juillet,  s'est tenu ce qui est peut être le dernier méga concert collectif après Woodstock et l'île de Wight ( enfin, si l'on excepte le live 8, référence directe au live Aid, en 2005)

Un double concert à visée caritative en fait, puisqu'organisé simultanément à Londres ( de 12 à 22h00 non stop.. et quand je vois la foule serrée je me dis que valait mieux ne pas s'absenter pour aller to the lavatory, si vous vouliez retrouver votre place) et a Philadelphie, en alternance dans les deux villes.

et j'aurais malgré tout adoré y être.. parce que le programme était assez incroyable.. à tous les niveaux ( pensez à la mode des années 80!)

Je vous propose donc pour entamer l'année anglaise de revivre (au moins en partie, selon les archives que je trouverai) la session Londonienne du concert, composée en grande partie de britanniques et irlandais

 12h00 ouverture par Status Quo ( le groupe connu pour Whatever you want ou You're in the army now)

12H19: Style council ( un group pop et new wave anglais quasiment oublié, je ne me souvenais plus du tout d'eux)
12H45: The boomtown rats ( Groupe de Bob Geldof, instigateur du concert - 3je n'ai trouvé que 2 morceaux sur les 3 joués au concert)

13H01 Adam Ant. Oh my goodess! je l'avais oublié lui..  oui oui il dit bien " vive le rock" en français dans le texte.. Et encore là, il est plutôt sobre dans sa tenue et son jeu de scène! allez donc chercher "adam and the ants" faudra que je prévoie une play list spéical " punk new wave" pour eux, Death cult, Billy Idol..)
13h17: Ultravox ( encore un group post-punk, new wave que j'avais totalement oublié)
13h46: Spandau Ballet, un groupe new wave, que là, par contre, j'aurais aimé oublier ( non parce que même en recadrant en 1985, ce n'est pas du tout mon truc, mais pas du tout. Leur "True" sirupeux semble tellement calbré comme musique de pub qu'il a été utilisé 3 fois pour vendre du café des voyages et une voiture.. dans ma mémoire c'était plutot de la bière sans alcool mais bon..)
14h07: Declan Patrick Aloysius McManus.. enfin, Elvis Costello, mais son vrai nom m'éclate! Mais je ne suis pas vraiment fan de sa reprise de All you need is love

14h22: Nik Kershaw. L'inconnu total,je n'ai aucun souvenir. En écoutant, je comprends mieux pourquoi, c'est très très daté années 80, synthé et tout le tremblement, ça a très très mal vieilli.

14h40: contribution de Hollande (il y en a plusieurs qui ont été diffusées en interlude du live anglais, que je ne cite pas toutes)  et là j'en parle spécifiquement parce que c'est aussi un moyen de rendre hommage a un très grand monsieur du blues mort récemment et que j'ai eu la chance de voir sur scène il y a quelques années: BB KING

14h53: Sade. Là c'est beaucoup plus mon truc, j'aimais bien leur mélange jazzy- musique africaine

15h18: Sting Et Phil Collins, on arrive aux grandes grandes vedettes..
Roxanne :

driven to tears ( avec Branford Marsalis au saxo)

Phil Collins against all odds( quand je parlais de la mode des années 80...)
Message in a bottle
In the air tonight
Phil Collins ET Sting ET Branford Marsalis Every breath you take ( insérer ici grand sourire, j'adore cette version en trio!)
15h49: Howard Jones ( encore un inconnu, ou totalement oublié de moi, même après avoir écouté, ça ne me rappelle absolument rien)
16h08: Bryan Ferry ( que je n'apprécie que sur quelques morceaux en fait..plutôt ce qu'il a fait dans les années 70, comme le très bizarre et hypnotique " In every dream home a heartache" avec Brian Eno au clavier)
sensation
Boys and girls (j'aime bien l'intro qui sonne très Pink Floyd mais là Ferry a l'air de planer .. plus que d'habitude)
Slave to love/jealous guy ( avec David Gilmour.. quand on parle de Pink Floyd)
16h40: Paul Young (pas trop mon truc non plus Paul Young, j'aime bien sa voix, mais pas tellement ses morceaux)
Come back and stay


Avec Alison Moyet: that's the way
Every time you go avay
17h19: U2
(on dira ce qu'on veut sur leurs derniers disques mais à l'époque, U2 c'était quand même du très bon. Et Bono qui, cite les stones et  Lou Reed et descend dans la foule et danse avec ses fans, ça fait plaisir à voir.. on lui pardonne même sa coiffure)

18h00: Dire Straits qui arrive à faire une set de 22 minutes avec 2 morceaux..
18h39: Griff Rhys Jones ( un sketch avant le set de Queen)
18h41: Queen ( oui, je suis fan et j'assume!!!!)
19h23: Davis Bowie ( je suis fan et j'assume!!! # 2)
19h59: the Who (Je suis fan et j'assume!!!#3) deux morceaux seulement ont été enregistré le groupe a auparavant interprété leurs 2 chansons les plus fameuses " My generation" et "Pinball wizard", mais l'enregistrement de la BBC a raté.
20h50: Elton John ( si seulement ils avaient pu faire un live sur Pinball Wizard avec les Who)
I'm still standing
Bennie and the jets/ rocket Man
don't go breakin' my heart ( avec Kiki Dee)
Don't let the sun go down on me avec George Michael ( je pense que la version est plus célèbre encore que l'originale)
Can I get a witness

21h 47: Freddie Mercury & Brian May: is this the world we created?

21h51: Paul McCartney ( fan , assume. blabla # 5, Paul McCartney a un incroyable talent de mélodiste) avec un choeur de luxe!


21h57: le boeuf: do they know it's Christmas? Ca n'ets pas très en rythme, mais tout le monde a l'air de s'amuser énormément.
(La partie Philadelphie du concert, soit dit en passant devait aussi valoir le détour: Kool and the gang, Joan Baez, Black Sabbath, run DMC, Jdas Priest, Crosby Still Nash & Young, George Thorogood et j'en passe!)

Voilà le site où je viens de passer près de 2h00 à récupérer les titres et ordres de passage

dimanche 12 juillet 2015

le mois anglais devient..

Une année anglaise, et oui.. nous sommes nombreux à avoir regretté qu'un mois ne dure que 30 jours, alors Titine propose de prolonger le challenge pendant un an.

et comme je suis loin d'avoir eu le temps de lire tout ce que je voulais lire, et surtout de publier des billets cinéma, je suis de la partie bien évidemment. Il y aura donc des billets so british par ici pendant toute l'année. Je sais, ça ne changera pas trop du reste du temps, mais cette fois j'ai une excuse :)

Bilan du mois anglais
Romans 5
- Henry James - le tour d'écrou
- Terry Pratchett - Le père Porcher 
- JK Rowling - Harry Potter tome 5

dont  romans policiers: 2
-Agatha Christie: les pendules
-Ellis Peters - le champ du potier 

Et 5 lectures c'est déjà bien vu les mois de mai et juin très très occupés que j'ai eu!

Musique (3)
- Renaissance première partie
- Renaissance deuxième partie
-William Hurlstone

Cinéma
- Tag sur les acteurs et actrices

Concrètement, j'ai encore plusieurs lectures en cours/attente, et plusieurs films vus ou à voir. Le Mois anglais deventant A year in england ( logo a définir) j'ai donc tout le temps nécessaire pour finaliser ça.. avant le retour du mois anglais en mois de juin 2016. Le tout étant de garder quelques lectures d'outre manche pour l'occasion.
Si je regarde ma méga liste de février dernier, sont encore prévus
Douglas Adams - globalement inoffensive
JG Ballard ( titre non décidé)
Arthur C clarke - les chants de la terre lointaine
Matthew Lewis - le moine
Orwell - la ferme des animaux
Tolkien - la fraternité de l'anneau
Wells - l'île du Dr Moreau
auxquel j'ajoute
Defoe - Moll flanders ( en cours)
Neil Gaiman - de bons présages ( et c'est le livre du club de lecture de juillet sur Babelio, je vais essayer de le lire d'ici la fin du mois.. pas gagné!)
Pratchett - le grand livre des gnomes 2 tomes
Peters - le pelerin de la haine

11 titres donc, en comptant un par mois, ça me mène à juin prochain, c'est parfait!

Genre et jeux vidéo - collectif



Reçu dans le cadre de Masse Critique  la promesse d'une étude sur le genre et les jeux vidéos était alléchante. Et de fait, cet ouvrage l'aborde sous deux angles, avec 5 chapitres à chaque fois: la représentation du genre dans les jeux vidéos et la problématique du genre du côté des joueurs hommes ou femmes. Mais, car il y a forcément un mais...

Je dois dire que je ne m'attendais pas tout à fait à ça en lisant la présentation. Car en fait il s'agit d'articles d'universitaires, assez pointus. D'une part ça fait plaisir de voir le jeu vidéo considéré comme une production digne d'être étudiée autant qu'une autre, mais d'autre part.. c'est parfois assez ardu à suivre. Et quand je dis parfois, c'est plutôt, la plupart du temps

En fait, plus que d'une étude dur les problématiques de représentation du genre ou des phénomènes de sexisme de la communauté geek comme le laissait entendre la 4° de couverture, il s'agit d'une série d'articles, écrits dans le style universitaire, avec parfois du jargon, et tout le temps la prose caractéristique des actes colloque ou des interventions de séminaire. Je viens de voir qu'en effet, le livre fait suite à un colloque. Présentation du sujet, intro, développement , conclusion, et cette bonne vieille distanciation à la 3° personne du singulier que je trouvais déjà artificielle quand je devais le faire dans mes copies d'examen. Peut-être du fait de connaître les ficelles, je les vois encore plus et.; elles me paraissent même encore plus artificielles qu'avant: " d'abord nous allons voir.. puis nous étudierons.. en enfin nous aborderons ..."
L'autre gros problème de cette manière décrire ( vraiment je jurerais qu'il s'agit d'une compilation d'actes de colloque), c'est qu'un grand nombre des articles fait référence à d'autres écrits.; qui ne nous sont pas communiqués, juste une note de bas de page nous indique où trouve la référence.. parfois dans d'autres actes de colloques, ou mémoires impossibles à se procurer hors du circuit universitaire ( publication de machin, université de chose, telle année).
La plupart des articles s'adressent à des spécialistes sinon du jeu vidéo, du moins de la sociologie qui pourront éventuellement se référer à d'autres écrits. Le lecteur lambda comme moi manque de point de référence ( plusieurs articles par exemple prennent comme base la préconnaissance supposée de l'article de Laura Mulvey " Visual pleasure and narrative cinema" de 1975) Une étude donc, déjà ancienne, qui a heureusement été traduite, du cinéma au prisme de la psychanalyse et du féminisme militant de ces années là. Certes. Pourquoi pas. Un étudiant ou une étudiante en cinéma pourra éventuellement en avoir entendu parler, sans forcément l'avoir lu. Pareil pour quelqu'un qui étudie le féminisme d'un point de vu sociologique. Mais ne serait ce que quelqu'un qui étudie l'informatique? Ou la programmation?
(enfin, du temps où j'étais étudiante en linguistique, j'étais loin de lire tous les articles mentionnés dans tous les cours.; 24h/ jour n'y auraient jamais suffi! C'est à peu près pareil dans tous les domaines si j'en crois mes camarades d'autres sections...)

 Je suppose que le public visé est étudiant ( je ne connaissais pas la maison d'édition PUM. Il s'agit des Presses universitaires méditerranéennes).  Ca n'est pas inintéressant, ça m'a donné des pistes de jeux, certains un peu anciens à tester si je les trouve ( Braid, qui me tente énormément non pas pour son approche de l'idée de genre, mais bien plutôt parce que l'article met en avant sa narration très originale et ses références inattendues à mille lieues de ce qu'on pourrait attendre d'un sujet a priori classique de princesse à sauver. Ou Portal que j'ai toujours cru être un simple FPS.. Bayonetta a l'air bien drôle aussi dans son délire poussé au maximum)

Après au niveau de mon ressenti personnel hé bien.. assez souvent ça me passe au dessus: d'une part parce qu'ayant commencé ma vie de joueuse avec des choses comme Pong ou Pac Man ( qui malgré son nom ne m'est jamais apparu sous une autre apparence que celle d'une tranche de fromage,ou d'une part de gâteau jaune ). D'autre part parce que si mon état civil indique bien que je suis une femme, je ne me définis pas en tant que telle à a priori. Là en général j'ai droit à la question ultra-prévisible:
"mais alors tu te définis comme un homme?"..
Non, comme un être humain, comme un individu, et c'est plus important que de se définir par ses chromosomes. J'aurais une nette tendance à être neutre ( je ne pense pas qu'il existe même un équivalent à l'anglicisme Gender Neutral). Le marketing genré me donne des boutons vu que je ne me reconnais jamais dans les clichés proposés, quand à savoir si telle ou telle qualité est supposée être féminine ou masculine, je n'en ai strictement aucune idée. Donc quand un des articles prétend que le jeu vidéo est une activité typiquement de sphère féminine parce qu'il sollicite une utilisation fine de la main  j'ouvre des yeux ronds en disant "QUOI???" Je me demande où ils ont pêché ça. Je travaille dans un musée de peinture médiévale, il n'y a pas une seule peintre exposée, et pour cause, les femmes ne faisaient pas de peinture. Qui requiert une utilisation fine de la main pourtant. Et que je sache, il n'y a aucune preuve que tailler des silex au paléolithique était réservé aux femmes.

J'aimerais bien en fait qu'on m'explique,, mais sérieusement, comment les sociologues en sont arrivés à cette conclusion. De sphère humaine, oui d'accord, parce que je ne vois pas comment faire sans pouce opposable. Et ça n'est qu'un exemple, mais il y a d'autres choses du même acabit, que je ne comprends simplement pas. Je n'arrive pas à y voir le typiquement féminin ou typiquement masculin, j'ai plutôt l'impression que c'est une question d'affinités et d'aptitudes personnelles, de goût. Mais encore je le répète, je me considère en priorité comme être humain, et j'ai tendance à considérer les autres comme ça aussi, probablement une question d'éducation assez neutre, du coup les référentiels qui vont paraître peut-être évidents à d'autres m'échappent vraiment, et je galère à mort sur certains articles en me disant que ça doit être moi qui aborde le truc de manière faussée.

Donc un livre pas inintéressant, mais d'un niveau un peu trop ardu pour moi, pour diverses raisons.

Bienvenue amis curieux!

Pourquoi le Cabinet de curiosités?

Tout simplement parce qu'on y trouvait un peu de tout, par ordre de pagaille. Cette idée de collection sans thème déterminé me plaît...

Vous trouverez donc ici un peu de tout, de ce qui fait ma vie, mes loisirs: musique, lecture, voyages, etc...
Bonne lecture