lundi 29 février 2016

Serpentine - Mélanie Fazi

Je ne le fais pas souvent mais tous les mois, un livre commun est choisi sur le forum Babelio, une proposition de lecture commune.
Je ne le fais pas souvent disais-je parce que soit je n'ai pas le temps ( quand le livre choisi est trop épais), soit il ne m'intéresse pas, soit, simplement je ne l'ai pas sous la main.
Et pour une fois, non seulement je l'avais en attente depuis l'an dernier, mais en plus il s'agit de nouvelles, donc compatibles avec un emploi du temps .. de déménagement.

Enfin, j'ai quand même attendu la fin du mois pour rendre ma copie, vous noterez..

Serpentine est un recueil de 10 nouvelles fantastiques. Le fait est assez rare dans l'édition contemporaine pour être souligné, QUE du fantastique. Dans le sens que Todorov donne au terme: l'irruption d'un élément mystérieux, irrationnel dans un cadre fantastique, mais surtout perçu comme non naturel par les personnages eux même ( pour dire vite: l'irruption de la magie ou des fantômes par exemple dans un cadre réaliste, qui va surprendre le héros, signale qu'on est dans un cadre fantastique. S'il y a de la magie, des fantômes etc.. mais que tout le monde trouve ça normal, on est dans les domaines voisins du conte de fée, du mythe, de la fantasy etc.. j'aurais l'occasion d'y revenir, je pense)
Et Serpentine se situe exactement dans ce domaine fantastique, qui a connu des heures glorieuses au XIX°siècle, avant d'être dépassé par la science-fiction et l'avènement, justement de la fantasy. Les auteurs contemporains se situent plus souvent à la frontière de différents genres, ou panachent les genres au sein d'un même recueil.
Là, non.
Du fantastique.
Et ça fait plaisir!
Et non, contrairement à ce que tente de nous faire croire Folio, ce n'est PAS de la SF.

Comme dans tout recueil, il y a des nouvelles que j'ai aimé, voire beaucoup aimées, d'autres qui m'ont moins parlé, ou moins intéressée.

Serpentine: 
Serpentine est le nom du salon de Nikolai le tatoueur. Un tatoueur qui est en contact permanent avec 4 autres collègues, tous partagent des encres un peu spéciales, capables d'influencer la vie de la personne qui sera tatouée avec. Mais attention pour avoir droit au tatouage spécial, il faut avoir une histoire intéressante à raconter, un problème particulier à résoudre. Et être présenté par un client de l'un des 5, le tatoueur enverra alors le futur client chez celui qui sera le plus à même de résoudre son problème ou de lui apporter satisfaction. C'est ainsi que par l'entremise d'Imène, une femme terrifiée par la peur de mourir dans son sommeil qui a obtenu un tatouage supprimant chez elle tout besoin de dormir, que Joseph arrive chez Nikolai. Et lui offre ce défi, auquel l'orgueilleux tatoueur ne peut résister: "dessine moi une pulsion"

Elegie: un matin, deux enfants disparaissent sans laisser de trace. Tout le monde pense à un enlèvement sauf leur mère pour qui le coupable est tout trouvé: C'est la faute de l'arbre sur la colline, qui aspire les gens, d'ailleurs si on regarde attentivement l'écorce, on voit comme des formes de visages. Entité malfaisante, ou simple illusion d'une femme déboussolée?

Nous reprendre à la route: alors qu'elle voyageait en bus vers Strasbourg, Anouk a été oubliée sur une aire d'autoroute. Ce qui est d'autant plus incompréhensible qu'elle ne se souvient même pas être descendue du bus, l'avoir vu partir ou même avoir bougé de devant la station service ou elle rencontre Leonore la punkette, qui va l'aider à se sortir de ce mauvais pas.

Rêve de cendre: Lorsqu'elle avait 7 ans, la petite Bérénice a vu dans une feu de cheminée un phénix et a voulu l'attraper, se brûlant gravement. Mais elle y croit dur comme fer, la marque de brûlure sur son bras est la preuve de son existence, un jour l'oiseau va revenir, et dans l'espoir de le revoir, la gamine développe une fascination maladive pour le feu, qui pourrait bien un jour virer à la pyromanie au grand dam d'une famille de plus en plus dépassée par la bizarrerie de leur cadette.

Matilda: Matilda était une chanteuse, une vedette, qui a arrêté sa carrière brutalement au désespoir de ses fans, lorsqu'elle a été victime d'une agression. On l'a même crue morte un moment. Un admirateur déséquilibré a tenté de la tuer en la poignardant. Mais Matilda revient sur scène... vivante, mais comme morte intérieurement, une pareille expérience l'a forcément changée. Ce n'est plus la même Matilda, ça s'entend dans son interprétation de ses chansons  elle revient pour retrouver la personne qui lui a fait ça... et la faire payer.
(nota: le type de musique du groupe de Matilda n'est jamais mentionné, on sait juste qu'elle est américaine mais je ne sais pas pourquoi, la description de l'importance de la voix, de la chanteuse qui donne tout ce qu'elle a... dans mon idée, ce ne peut être qu'un groupe de jazz. C'est Nina Simone qui s'est imposée dans mon esprit, pour la voix. Avec un peu de People are strange ou Alabama song version Doors, et un rien de Tango till they're sore de Tom Waits pour le côté déglingué qu'on devine dans les chansons)

Mémoire des herbes aromatiques: La taverne de Colchide, un restaurant grec au décor de carton pâte, mais où l'on sert une nourriture des plus authentiques. Le vrai goût de la cuisine antique, préparée par Médée, servie par Circé. D'ailleurs les amateurs ne s'y trompent pas et parmi les clients anonymes , parfois, un immortel vient se rappeler le bon vieux temps. Le nouveau client qui vient d'entrer sur les conseils de Promethée, sans savoir qui est la propriétaire, se nomme Odysseus. Or entre lui et Circé, un vieux contentieux n'a pas vraiment été réglé...

Petit Théâtre de Rame: une soirée ordinaire dans un métro parisien. un photographe amateur à la recherche de l'insolite quotidien, une adolescente en charge d'une petite demi-soeur tardive qu'elle a encore du mal à intégrer à sa vie, et une chanteuse de métro se croisent. Entre eux un dénominateur commun: le type aux vêtements trop grands accompagné de son chien que personne, sauf eux trois ont remarqué. Qui peut-il être, et qu'a-t-il en commun avec les trois autres, pourquoi son image est-elle aussi différente dans la réalité et sur la photo?

Le faiseur de pluie: Ingrid et Noël sont deux enfants, des cousins en vacances en Italie dans la grande maison de la nonna qui est morte quelques mois plus tôt. Ils ne le savent pas encore, mais c'est le dernier été qu'ils vont y passer, les parents ont décidé de vendre la maison familiale. Et justement cet été là est incroyablement pluvieux, impossible de jouer dehors alors pour passer le temps, inspirés par leur oncle qui leur a raconté qu'une tradition italienne veut que les maisons anciennes soit toutes habitées par un esprit protecteur, même que leur grand-père prétendait l'avoir vu, ils s'amusent a dessiner l'esprit, surnommé "le faiseur de pluie". Or voilà que le lendemain, le faiseur de pluie leur apparaît, en tout point semblable au dessin de Noël, et il a un service à leur demander...

Le passeur: Anton est peintre et dessinateur.. il ne pratique plus depuis qu'il a assassiné Rebecca, sa maîtresse, son modèle et sa muse. Une zonarde, en rupture avec sa famille et ses anciens amis qui n'avait aucun lien avec personne , et dont la disparition est passée totalement inaperçue. Mais Rebecca le hante, sinon physiquement, du moins mentalement, et demande à ne pas être oubliée...

Ghost Town blues:  Ambiance western cette fois, dans une petite ville américaine, une de ces villes champignons apparues soudainement lors de la conquête de l'Ouest, pour disparaître aussi vite. Une ville sans mémoire, où seuls quelques habitants se risquent dans les rues à la nuit tombée. Où parfois un voyageur égaré vient prendre un repas et une chambre au saloon, mais gare à lui s'il est repéré par "le brelan d'As", trois joueurs de poker qui ne le laisseront pas repartir aussi facilement que ça..

Alors pour commencer avec les choses que j'ai le moins appréciées: la narration à la première personne. Je comprend le concept, placer le lecteur immédiatement dans la situation du narrateur, lui faire voir les choses de son point de vue, mais c'est un procédé narratif auquel j'accroche difficilement. Malheureusement, c'est celui de beaucoup d'auteurs récents que j'ai lus. Parfois ça passe, parfois pour peu que je n'accroche pas plus que ça aux problèmes du narrateur - voire que je m 'en fous carrément, disons le - ça me conduira encore plus vite à l'ennui qui ne m'aurait pas submergée si je n'avais pas été en quelque sorte "obligée" de voir les choses à leur façon.
Ici c'est le cas pour Elegie et pour Rêve de Cendres. En fait, cet artifice narratif va passer pour un roman assez long lorsqu'on a le temps de voir d'autres personnages, même au travers du regard du narrateur, ou au contraire pour les nouvelles très courtes se passant sur un laps de temps de quelques heures (Ca marche pour Matilda, la durée d'un concert, vu par les yeux d'une fan, voire pour Serpentine, et Petit Théâtre,quelques heures aussi.. là, pas besoin de multiplier les points de vue, puisque l'action est concentrée)

Par contre dans les deux cas précités, plusieurs mois pour Elegie, dix ans pour Rêve, ça coince un peu, car l'évolution mentale du personnage est limitée dans les quelques pages de na nouvelles. Du coup, on ressent mal le désarroi de la mère et les différents états d'esprits par lesquels elle devrait passer, et Bérénice n'évolue pas d'un iota dans sa tête en dix ans. Et ce d'autant que ce sont les nouvelles où le doute sur la santé mentale des héros est le plus présent. Ca donne l'impression qu'ils basculent dans la folie du jour au lendemain, sans gradation et... du coup ça ne prend pas avec moi. alors qu'une narration externe aurait mieux marché pour moi. Dans le Horla de Maupassant, on sentait ce basculement graduel vers le dérangement mental.. mais la nouvelle était longue et donnait le temps suffisant à son narrateur d'évoluer. C'est ce qui manquait à ces deux titres là.

Tandis que pour les nouvelles condensées sur un laps de temps court, ça ne me choque pas, ça marche même particulièrement pour Petit Théâtre, dont chaque partie est une plongée dans un instant de chacun des 4 personnages qui se croisent, le résultat est fluide et particulièrement agréable.
J'ai beaucoup, mais alors beaucoup aimé aussi Mémoire des herbes aromatiques, parce qu'on sent, sur quelques heures, l'évolution dans la tête de Circé, les différentes pensées qui se bousculent sous son crâne, face à quelqu'un à qui elle en veut encore. Et puis donner la parole à un personnage secondaire de l'Odyssée pour lui laisser la possibilité de raconter l'histoire à sa façon, ça me plaît, forcément.
J'ai aussi beaucoup aimé Nous reprendre à la route, avec sa drôlatique danse macabre de fantômes en bordure d'autoroute au son de Jig of life de Kate Bush. C'est le genre d'humour que j'aime.
Matilda et Serpentine sont sympa, mystérieuses, bien dosées, mais j'ai juste un peu moins accroché.
Et encore moins au Passeur:  pour celui là la raison est simple. Il est antérieur à Serpentine, et semble en être un premier jet (Anton, comme Joseph dans Serpentine, va se faire tatouer son obsession) et donc le fait d'associer dans une recueil deux nouvelles aux thèmes proches n'est pas à l'avantage de la plus ancienne, qui vraiment ressemble à une ébauche que Serpentine aurait développée

Le faiseur de pluie, je le mets à part, c'est la seule nouvelle du recueil qui soit à la narration impersonnelle et il n'y a pas à tortiller, je préfère ça, largement. J'ai l'impression d'avoir plus de liberté pour me faire mon tableau mental.
Pareil pour Ghost Town Blues, variation sur le  vampirisme et la mémoire narrée à la première personne certes, au début en tout cas par le barman, extérieur au " Brelan d'as" qui raconte donc ce qui se passe sous ses yeux. La nouvelle est une des plus anciennes, donc moins aboutie que d'autres, mais pareil, je préfère ce système de narration extérieure

Après, j'ai bien aimé globalement, malgré les quelques petits bémols que j'ai mis sur deux des 10 nouvelles. Parce que l'auteur a un talent narratif intéressant. Ne pas confondre le talent narratif et le parti pris narratif, dans ma tête c'est différent, l'un étant l'art et la manière de raconter une histoire - et pour ça elle se défend bien - le second plutôt l'angle d'approche de l'histoire en question. Ce n'est pas parce que je n'adhère pas par moment à ce choix que je ne vois pas la qualité de l'écriture. Et il y a un fil directeur entre les nouvelles qui en fait un recueil agréable à lire et homogène, qui au delà des sujets fantastiques, tournent presque toutes autour de la mémoire: mémoire qu'on voudrait retrouver, qu'on préfèrerait perdre, événement traumatisés qui se gravent dans le corps à jamais

Une écrivaine à suivre, donc, d'autant quelle aborde à l'époque contemporaine un genre dont je suis particulièrement friande.

dimanche 21 février 2016

Demain les chiens - Clifford D Simak

Une de mes propositions " découverte" pour le challenge geek de l'an dernier, mais faute de temps je n'ai pas pu le lire en 2015. Pas grave, tout vient à point à qui sait attendre

Et encore un titre très connu que je n'avais pas lu. A propos de titre, je suis souvent étonnée de la " créativité" des titres français donnés aux livres de SF étrangers. Parfois dans le bon sens du terme ( je l'ai déjà dit au sujet de Ray Bradbury) parfois ... beaucoup moins (  l'exemple type:"starship troopers" qui devient " étoiles, garde-à-vous"), mais très souvent éloigné. "Demain les chiens" est donc l'exacte traduction de " City". a croire que " La ville" c'était trop simple. Mais bon, j'aime bien le titre français, intrigant, même s'il est très éloigné de ce que l'auteur avait décidé de mettre en avant, il n'est pas totalement hors-sujet.
Car il y a une foule de thèmes dans ce recueil de nouvelles, même presque trop car j'y ai parfois un peu perdu le fil: l'exode citadin ( l'inverse de l'exode rural si vous voulez), la mécanisation  de la société et du travail, les mutants, les voyages spatiaux, les robots les univers parallèles.. A croire que Simak a essayé de mettre là dedans tous les grands sujets classiques de la SF. Ca reste maîtrisé, et cohérent,mais c'est parfois touffu et un peu complexe à suivre temporellement.
Illustration sympa, mais trompeuse, les chiens dont il va être question apprennent à parler, mais restent sur quatre pattes et se voient dotés de robots assistants personnels (qui peuvent en fabriquer d'autres génération après génération) pour pallier leur manque de mains.

L'auteur imagine donc qu'un jour, les humains lassés de vivre entassés dans les villes décident de partir massivement vivre à la campagne, chose rendue possible par la modernisation de la propulsion nucléaire: chacun ayant maintenant des moyens de transports ultra rapide, la ville n'est plus que l'endroit où l'on vient travailler.. ( 1° nouvelle - La Cité)
Et l'auteur va tirer ce fil directeur jusqu'au bout de sa logique en imaginant ce qui pourrait découler de cette situation.
D'une part des humains complètement repliés sur eux-même qui refusent de bouger de leur coin de cambrousse ( y compris les plus extrémistes des indépendants qui vont s'isoler complètement, muter et devenir quasiment une espèce à part) de l'autre, l'exode poussé au bout de sa logique: quitter la Terre,pour aller explorer d'autres planètes.

Et donc de nouvelle en nouvelle, on va retrouver l'évolution humaine - ou la régression selon l'angle de vue adopté, au travers d'un représentant de la famille Webster, par bond temporel de plusieurs siècles.

La cité se passe dans les années 90, la seconde nouvelle "la Tanière" se passe deux siècle plus tard: Les humains ont colonisé Mars, découvert un peuple autochtone de martiens dont la spécialité est la philosophie, et les ont étudiés au point de devenir les meilleurs spécialistes de physiologie martienne. Or le plus grand spécialiste terrien de médecine martienne,Jerôme Webster est requis pour aller opéré le plus important philosophe martien, Juwain, qui vient de découvrir un concept philosophique qui va révolutionner le système solaire entier, faire progresser l'ensemble des peuples des différentes planètes ers une avenir meilleur, mais risque de mourir avant d'avoir eu le temps de complier ses découvertes. Problème: a force de rester cloîtré chez lui, Jérôme est devenu un sociopathe total, et souffre d'une agoraphobie maladive. enchaîné à la maison familiale comme une patelle à son rocher. Il n'ira pas, Juwain, meurt, et de cette lâcheté primordiale vont découler les problèmes de la famille Webster, chaque génération suivante portant encore la honte de la défection de Jérôme.

Le recensement (3° nouvelle) se passe une cinquantaine d'année, la famille Webster, toujours aussi repliée sur elle-même, d'autant qu'elle se voit encore reprocher la mort de Juwain qui aurait pu être évitée, est maintenant représentée par Thomas, qui mène des expérience sur les chiens: il en a opéré quelques uns qu'il a doté de cordes vocales de type humain et espère que la modification prendra un caractère héréditaire ( oui, bon, une petite suspension d'incrédulité sur l''hérédité des caractères acquis est nécessaire là...). En parallèle, les humains mutants, toujours plus individualistes semblent avoir acquis des capacités intellectuelles surprenantes en plus d'une longévité de plusieurs siècles. Joe le mutant commence à essayer d'apprendre un rudiment de civilisation aux fourmis. Ces électrons libres étant incontrôlables car trop malins pour des humains normaux, ce sera donc aux chiens mutant de les surveiller pour le compte des humains.

Les déserteurs nous envoie encore quelques siècles plus tard. Le Webster du moment est devenu président du comité mondial, ce qui ne représente pas grand chose, vu qu'un nombre croissant de gens partent à la découverte des autres planètes. Une nouvelle technologie a été développée qui permet de transformer les corps terriens ( humains ou autres) en espèces locales parfaitement adaptées à l'exploration des autres planètes. Vénus a été conquise, Pluton est en passe de l'être, mais Jupiter la gazeuse pose toujours problème. Un dénommé Fowler finit par y aller en compagnie de son chien, transformés en "galopeur", créture jovienne parfaitement adaptée aux hautes pressions et aux vents joviens. Fowler apportera le résultat de son enquête dans la 5° nouvelle " le Paradis": Jupiter est un paradis, pour peu qu'on y aille sous forme de galopeur. Tellement qu'il ne veut plus revenir et que peu à peu les humains quittent en masse la Terre, pour aller coloniser les autres planètes transformés en créatures autochtone,  c'est donc purement la fin des humains tels qu'on les connais: les uns, changés en espèces extraterrestres n'en sont plus, les mutants poussent les humains à partir pour rester maîtres de la Terre, et les quelques humains " classiques" restés se sont rassemblés à Genève, dernière ville terrienne, où il y a d'ailleurs de moins en moins de monde, la plupart des gens oisifs, décidant de s'enfermer dans un sommeil prolongé surveillé par des robots afin de passer leur temps à dormir et à rêver, d'autres rejouant la préhistoire dans les Alpes pour occuper un temps laissé libre par le travail désormais entièrement dévolu aux robots ( 6° histoire: " le passe-temps").

Il reste encore 2 nouvelles: "Esope" et " Un moyen-bien simple", ainsi qu'un épilogue paru quelques années après le cycle, je n'en parlerai pas pour ne pas dévoiler la conclusion, mais elle est énorme, et très logique, même si le point de départ de la Cité ne laissait pas présager de tout ça.
Les premières nouvelles ne payent pas de mine ( ce que confirment d'ailleurs les deux avant-propos, l'un de Simak lui-même, l'autre de Robert Silverberg, fournis en appendice dans l'édition que j'ai lue), mais vont crescendo. Les nouvelles à l'origine publiées séparément son reliées entre elles de manière maline, qui laisse comprendre que l'humanité a déserté les lieu, laissant la place aux chiens comme espèce dominante mondialement qui ont établi leur propre civilisation, et compilé ces nouvelles comme autant de contes traditionnels expliquant l'origine canine et l'apparition de la parole. Les exégètes canins ne sont pas d'accord entre eux, certains y voient une pure légende, d'autre la trace d'une civilisation pré-canine dont toute trace aurait été perdue.

J'ai beaucoup, beaucoup aimé ce recueil de nouvelles, parce qu'elles sont homogènes, suivent un fil logique qui en fait presque un roman, comme c'était le cas avec les Chroniques Martiennes de Bradbury, et ça n'est pas une mince comparaison de ma part. Oui, je le met "quasiment" au niveau des Chroniques,  au niveau narratif global, mais pas tout à fait, car un peu trop de thèmes, qui font que parfois, on a du mal à voir ou Simak veut en venir. Je me demande vraiment s'il avait déjà l'intégralité des nouvelles en tête lorsqu'il a commencé "la cité" ou s'il s'est laisser mener par son sujet de base sans savoir lui même jusqu'où il allait pouvoir le mener. Dans les deux cas, c'est réussi, mais ça serait intéressant à savoir (le résultat est le même mais le processus différent, vision globale dès l'origine ou expérience narrative, les deux sont passionnants. De mon point de vue, je dirais que peut-être les deux ou trois premières étaient pensées sans imaginer une conclusion précises, et qu'ensuite Simak a dû envisager plusieurs voies possibles et en sélectionner une ( à cause de Joe, le mutant qui n'est pas très important au départ, et acquiert un statut de personnage important à partir du recensement, c'est d'ailleurs le seul personnage récurrent avec Jenkins le robot, Joe a une longévité surhumaine, Jenkins est immortel et peut remplacer ses pièces en cas de besoin)

Et même ça, cette incertitude du processus, j'adore!

600° billet! et graaaaand changement.

Hé oui... avec quelques imprécisions sur le nombre des précédents - j'ai effacé certains billets pas très importants, ceux qui annonçaient une absence temporaire..j'ai fait du classement.

Mais là, c'est bien le 600°.
Bientôt le 666, gniark!

Et le diable n'a jamais été autant de mise, car j'en profite pour annoncer: J'ai trouvé mon futur appartement, ça a été rondement mené cette affaire, et  je devrais pouvoir emménager à la fin du mois. Changement d'adresse imminent.

J'ai réussi à trouver la perle rare, pas loin de mon travail, refait à neuf, 2 pièces avec cuisine américaine, fenêtres un peu partout ( très important en PACA surtout en été), avec rangements et une grande terrasse où je pourrai bouquiner en plein air tranquillement, sous un parasol les jours de repos.
Et la chambre qui donne sur la cour intérieure donc, finis les bruits de la rue, les gens avinés qui braillent jusqu'à pas d'heure sous les fenêtres, le cyprès pile devant mon nez d'allergique, le diesel qui empuantit la salle de séjour...
Je ne vais pas trop râler pour la cuisine et la salle de bains un peu  petites, le reste compense largement
Bon ça va, je vais juste à quelques rues de mon adresse actuelle, pas de trace de sanctuaire perdu dans la montagne, ni de sorcière ni de dragon.. la lose, quoi :D

Des années que j'attendais ça, l'occasion de pouvoir enfin habiter seule, avoir mon chez-moi, organiser ma pagaille comme je l'entend.
si, si, ça arrive, comme quoi, je ne passe pas ma vie à râler, contrairement aux apparences
Oui, parce que même en m'entendant très bien avec ma mère, à presque 39 ans, je n'avais encore jamais eu suffisamment de fonds pour le faire ( pour tous ceux qui m'ont traitée de "Miss Tanguy" pendant longtemps, non, ce n'est pas toujours par choix pour vivre aux frais des parents qu'on reste chez eux, ça fait depuis la fin de mes études que je paye ma moitié de loyer et de charges et que je participe aux frais de nourriture, d'électricité et de flotte, à hauteur de mes finances fluctantes d'abord, puis régulièrement depuis que j'ai un CDI). Mais là, je commençais vraiment à être à l'étroit dans ma seule chambre.

C'est chose faite, je peux enfin quitter la maison. Bon pas complètement non plus, pour une question pratique: je serai assez souvent à la pause repas chez ma mère, qui habite à 5 minutes de mon travail. Je vais démanger à 15 minutes à pieds, et comme je n'ai que 50 minutes de pause repas, ça sera toujours plus facile de venir manger mon panier repas chez elle pour couper la journée.
 Car 10-18h00 sans coupure, à rester sur le lieu de travail,à entendre mes collègues ne parler que de travail, des rumeurs sur untel.. je n'ai pas le courage,

Donc tant qu'elle ne déménage pas ( ce qui se fera aussi un jour ou l'autre, mais pas toutes les deux en même temps), d'un commun accord, je vais la voir quand même en gros 5 jours/ semaine. Puis comme on s'entend bien, on continuera à partir en vacances ensemble de temps en temps, venir l'une arroser les plantes de l'autre et relever le courrier en cas d'absence, mettre la liste de courses en commun, des choses comme ça.
Non, je ne suis pas une mauvaise fille qui va abandonner sa pauvre mère sans donner de nouvelles!
Et elle pourra venir squatter mon canapé en cas de nécessité - canicule, coupure d'eau ou d'électricité, panne de frigo... ou simple envie de manger ma cuisine à son tour! Enfin, je pars à 500m en gros, mais le changement devrait être radical au niveau de la qualité de vie.

Et j'en connais une qui va récupérer cet appart' là, quand je partirai en formation à l'étranger...

Donc tout ça pour vous dire que dans les semaines à venir, je serai encore moins souvent sur l'ordi, entre le tour des magasins pour trouver un frigo et des meubles, la comparaison des offres internet, le déménagement... Je n'aurai peut être pas le net tout de suite.

Et je prédis un festival d'Avignon réduit au minimum, à cause des frais d'emménagement.
Mais voilà, une des choses qui me tenait à coeur depuis des années est en passe de se faire et c'est cool.
j'espère que mes nouveaux voisins seront cools, et ne se plaindront pas quand je joue de la musique ou chante (je ne le fais jamais après 20h00, de toutes façons)


vendredi 19 février 2016

Liquidations à la grecque - Petros Markaris

Première lecture grecque de l'année, finalement, ça n'aura pas été du théâtre classique, mais un roman policier en lecture commune ( mais évidemment je rends ma copie en retard, pour changer. Mais j'ai une excuse, il n'était pas immédiatement disponible à la bibliothèque, il a fallu que j'attende son retour).
donc, cette année je fais le grand écart, après avoir découvert le policier scandinave via Henning Mankell, je file à l'autre bout de l'Europe avec Petros Markaris.

Et étonnamment, j'ai trouvé une parenté entre le très nordique Meurtriers sans visage et le très méditerrannéen Liquidations à la grecque. Pourtant il y a un monde et une époque entre les deux ( années 80 pour Mankell, 2010 pour Markaris), mais certains thèmes abordés se répondent via la crise migratoire et le sous contexte social et politique des deux oeuvres, et l'attention portée à décrire la vie au quotidien du commissariat et les problèmes très concrets auxquels la police doit faire face et qui ralentissent son enquête. Je pourrais rajouter humoristiquement la consommation de café par litres dans les deux cas...

Une histoire complètement contemporaine donc pour Markaris. L'auteur a un certain nombre de roman à son actif mettant en scène ne commisaire Kostas Charistos, mais c'est pour moi une découverte. Liquidations est en fait le premier tome d'un triptyque " trilogie de la crise", du coup, un début de cycle, et ça tombe bien pour moi.

Dans une Grèce en banqueroute, le commissaire Charitos mène une enquête sur une série de meurtre visant des banquiers ou ex-banquiers. Des requins de la finance. Des corrompus. Parallèlement - mais on devine vite que les deux affaires sont liées, un anonyme vite surnommé " Robin des banques" placarde des affiches un peu partout dans Athènes appelant les emprunteurs à ne pas rembourser leur dettes. Tandis que la vilel est quotidiennement perturbée par des embouteillages et des manifestations contre la politique d'austérité.

Au delà de l'enquête policière sympathique ( mais qui manque de suspects, ce qui fait que l'habitué-e des romans policiers aura assez vite cerné qui est ou sont les criminel-s), c'est l'ambiance en général que j'ai bien appréciée: caustique à souhait, et teintée d'un humour souvent noir vis-à-vis de la commission européenne et ses envoyés, et du monde de la finance en général. a l'image de cette boutade du gendre du commissaire qui lui conseille de prendre une voiture espagnole car " entre pauvres il faut s'entraîder", les pays en difficulté (Portugal, Italie, Irlande, Grèce et Espagne), les PIIGS, S pour Spain,  sont logiquement et cyniquement surnommés les "cochons de l'Europe".
La corruption est à tous les niveaux, représentés par une foule de personnages secondaires: le gauchiste qui a connu la prison sous le régime des colonels rappelle qu'elle était déjà bien installée à l'époque, la hiérarchie administrative est souvent brocardée par les adjoints policier, qui voient leurs primes fondre comme neige au soleil, tandis que les aides économiques qui devaient servir à redresser les finances du pays sont distribuées aux banques et que le citoyen grec n'en voit pas la couleur. La corruption est aussi représentée par Haris Tsolakis, l'ancien athlète qui est aussi ruiné physiquement que l'est le pays: cloué dans un fauteuil roulant, avec un foie détruit par l'abus d'anabolisants. A vivre sans se soucier du lendemain, a vouloir toujours plus, mieux, tout de suite, on finit toujours ruiné, que ce soit individuellement ou collectivement.

Une jolie découverte, malgré une enquête policière un peu facile à deviner, mais je lirai donc prochainement la suite de cette trilogie de la crise.

dimanche 14 février 2016

Saint Baratin..

Haha, vous croyiez que je n'allais pas faire de sarcasme cette année?

C'est vrai qu'avec la crise depuis quelques années, les vitrines du centre ville sont de moins en moins roses et dégoulinantes que les autres années.
 Qu'elles se limitent à des promos sur les bijoux, les fleurs et la lingerie, mais il y a encore peu, tout ou presque faisait son opération marketing cupidonesque " si tu ne viens pas chez moi claquer tout ton salaire, tu n'est qu'un(e) minable qui ne mérite que d'être plaqué(e)"
Vous pensiez que j'allais être trop occupée par mon déménagement ( voir précédent sujet) pour m'en préoccuper, que peut être même, ce déménagement est un prélude à un emménagement chez un charmant monsieur?

Hahaha, ...non!

Mais oui, c'est facile, la fête en question est à l'agonie, la faute au temps gris, aux soldes qui se prolongent jusqu'au 16, à la morosité ambiante, c'est un peu tirer sur un corbillard..

Mais j'vais me gêner, tiens!

En fait, j'avais prévu un sujet " Zombie thérapie", une histoire de réconciliation familiale sur fond d'apocalypse zombie pour aujourd'hui, mais j'ai été prise de court par les événement extérieurs, donc il faudra encore attendre un peu pour le livre..
Mais pour rester dans la thématique de la journée des coeurs.. de petites cartes gores
rhaaa! sang et tripailles!


enfin, c'est bientôt fini, on a encore 365 jours (oui oui, en comptant le 29 février) de répit pour se préoccuper de nos cerveaux..
quoi que..
Hé, non, mauvaise idée, mauvais idée!


Tag Liebster ( merci Kobaitchi!)

 Wow! une mise à jour, ça faisait longtemps!
En fait, pas vraiment , mais comme je suis très très occupée dans ma logique " changer des choses", à défaut de changer de travail de suite, je passe mes journées de repos à visiter des appartements, des magasins de meubles, à fouiller le net, dans le but de changer au moins de décor. Je pense d'ailleurs avoir trouvé celui qui me convient, dans mes prix, et pas très loin de mon travail, histoire d'avoir un peu plus de place que dans ma chambre. Jusqu'à présent, ça n'était pas trop possible économiquement, mais ça y est, je peux enfin quitter l'appart' familial et avoir mon vrai chez moi, même si ce n'est que pour quelques mois avant un départ à l'étranger ou une mutation, j'aurais un peu plus de place.

Revenons en au tag.
Merci... Ou pas merci? Parce que maintenant il va falloir que je trouve 11 questions à poser aux gens et 11 vict.. euh potes à torpiller avec.

Règles du jeu:

- Répondre à 11 questions
- Dire 11 choses sur soi
- Poser 11 nouvelles questions
- Et taguer 11 blogueur/ses pas trop connus (en les prévenant).

Les 11 questions de Kobaitchi:

  • Que faudrait-il t'offrir pour qu'en échange tu acceptes d'abandonner toutes technologie pendant, disons, un an ?
Mmmm, un tour du monde? Encore qu'un tour du monde sans appareil photo, ça va être impossible, je n'en vois ni la raison ni le but.
Un voyage dans l'espace ne peut absolument pas se faire sans technologie.
Donc rien. Je peux renoncer au net, au téléphone, à la TV, à la radio, mais pas à l'appareil photo, ou à tout en même temps:
Le voyage: je peux me passer de télé, mais pas d'appareil photo, et la famille va vouloir des nouvelles. Et il va me falloir un endroit ou stocker mon demi million de photos. Reprendre les études, même en menant une vie de nonne, maintenant tout demande un rendu de copies via le net.
Du moment qu'on vit plus ou moins inséré en société, TOUT demande à un moment ou un autre un accès internet: la sécu, chercher à changer de travail, faire une demande de mutation, contacter la banque. qu'on le veuille ou non, il est impossible de ne pas avoir affaire à la technologie.

Allez, je vais contourner: si je devais renoncer à une technologie en particulier, ce serait le téléphone portable. Sans souci: le mien est en panne depuis plus d'un mois et la batterie de rechange se fait attendre sans que j'en souffre, j'ai un téléphone fixe dont je me sers déjà le moins possible.

  • Ta dernière lecture c'était quoi ? 
Là, j'en ai 4 en cours: Zombie thérapie, Demain les chiens, Liquidations à la grecque, et un essai sur l'art japonais. La dernière finie c'était Zombillénium tome 2 (oui, y'a comme une thématique)

  • Ton souvenir le plus ancien remonte à quel age ?
Plutôt un flash qu'un souvenir: je me vois monter un escalier en colimaçon, sombre dans un vieux bâtiment, et arriver sur une plateforme inondée de soleil avec vue sur la mer. C'est vraiment très vivace, j'ai dit à ma mère " je crois me souvenir que c'était lié à Napoléon, ce lieu, et qu'il y a un  ou des canons avec une super vue sur la mer, et une ile".. après moults recherche il s'agit d'une visite faite au fort Sainte Marguerite aux îles de Lérins. Je devais avoir 5 ou 6 ans je crois. J'aurais pu aussi dire le muse océanographique de Monaco, vu à la même époque, avec son squelette de baleine au plafond.
Evidemment, à choisir un souvenir marquant, je préfère un souvenir de vacances plutôt que " l'instit de première année de maternelle qui était un vrai monstre"
  • Qu'aimes-tu particulièrement faire le weekend ?
Vu que le week-end je travaille quasiment toutes les semaines rêvasser à tout ce que je pourrais faire, à la vie sociale que je pourrais avoir  si j'avais un boulot moins nase. Mais du coup mon week-end à moi, c'est le mardi, autant dire que j'ai toutes les corvées à faire, mais le momnet sympa, c'est le cours de japonais le mardi soir, ou les cours de musique une fois tous les 15 jours à peu près, le mardi après midi.
  • Ou passeras-tu tes prochaines vacances ?
Un stage de musique dans le Pas-de-Calais, mais bon, comme c'est en grande partie pour un stage,  j'ai du mal à le considérer comme vacances. si tout va bien, cette année, ( date encore non décidée), je devrais aller rendre visite à une copine qui a déménagé en Guyane. Enfin, si le virus zika est jugulé d'ici là, sinon on attendra l'année d'après et je me rabattrai sur d'autres projets pour patienter: Londres ou Rome par exemple
  • Une histoire de fantôme ou un peu surnaturelle (de préférence de première main) à raconter ?
Hélas non, je n'ai jamais eu l'occasion de voir de fantômes, et je ne connais non plus personne qui en ait vu...
Le seul truc un peu zarb qui me soit arrivé c'est de me découvrir un lointain arrière arrière (etc) grand oncle inquisiteur en lisant un manga mais je l'ai déjà raconté ici.
  • Un blog ou une chaine youtube super cool à partager ?
Voui!! Le fossoyeur de films! J'en ai parlé plusieurs fois, mais comme en plus c'est un gars de ma ville, j'aime bien le faire connaître.
Un autre gars de ma ville: Patrick Baud. Il officiait sur radio Raje - une locale - avec son émission  sur les faits inexpliqués ( Exocet), remplacée depuis par Axolot sur le web, qui connaît un joli succès.
Je ne pouvais pas parler du fossoyeur sans parler de Patrick Baud, qui fait de temps en temps des apparitions dans les podcasts dudit fossoyeur..
  • Le film que tu attends avec impatience ?
Aucun en particulier, je ne me tiens pas vraiment au courant des films à venir. Plutôt qu'un film par contre je suis curieuse de savoir ce qu'il adviendra des studio Ghibli avec les retraites quasi simultanées de Hayao Miyazaki et Isao Takahata. Est-ce qu'une nouvelle génération de réalisateurs va émerger et reprendre le flambeau? On verra ça dans les années à venir.
  • Plutôt ordonné.e ou bordélique ?
Bordel organisé!
  • Une chose que tu aimerais voir ou faire avant de mourir ?
Il y en a trop: aller sur la lune ou du moins dans l'espace.. Mais je ne pense pas que les voyages spatiaux pour le grand public seront accessibles avant ma mort, ou que j'aurais les moyens.
Ah si j'ai une idée: finir le parcours des 88 temples de Shikoku que j'ai commencé par petits morceaux.
  • Généralement tu blogues d'où ?
De mon salon ou de ma chambre selon l'envie du moment.

Les 11 trucs à savoir sur moi:

1- (plus spécialement si vous êtes un homme) Pour me comprendre c'est facile:  rassemblez ce que vous savez ou croyez savoir sur les filles, et jetez-moi ces préjugés au panier.

2- En fait je ne suis une femme que sur le papier parce qu'il faut bien définir un genre pour l'administration qui aime bien les cases, mais personnellement je me définis comme un "individu" sans genre particulier. Ou plutôt, je suis du genre féminin, mais ça n'influe pas vraiment sur ma vie quotidienne.

3- Conséquence directe de cette attitude " genderless" (faute de terme français consacré): le marketing genré me donne des boutons et envie d'hurler à la lune en cassant des objets au hasard. Parce que ça me renvoie une image  qui me dit textuellement que je dois avoir une conscience "de fille" et agir en fonction des attentes extérieures.  Que je dois être ce qu'on attend de moi. Je ne me retrouve jamais dans aucune des cases prédéfinies et ça me renvoie d'autant plus cette étiquette " t'es trop bizarre toi" qui me suit depuis la maternelle.

4- Car j'ai toujours eu cette étiquette: une gamine qui jouait aux petites voitures, voulait être archéologue, qui aime apprendre des trucs et se passionnait pour les langues étrangères, c'était anormal pour les autres élèves.

5 - Du coup j'ai eu droit au harcèlement scolaire au collège, avec l'estampille " intellectuelle ringarde". Croyez moi ça forge le caractère. Tendance " malléable comme le granit de Carnac".

6- Mais depuis que je traîne sur le net, j'ai rencontré, surtout sur la blogosphère littéraire des gens qui me paraissent très normaux et sains d'esprit et qui ont eu le même parcours et la même étiquette. Ca rassure. Les amis, on est une grande famille!

7- Et c'est un vrai plaisir un peu sadique mais parfaitement assumé que de voir que la petite peste qui m'a pourri la vie au collège a une vie pathétique qu'elle étale sur Facebook  (et par vie pathétique, j'entends " fan de M Pokora" et " fan de Plus Belle la Vie"). Elle se payait ma fiole pour mon physique rond, nous cassait les burnes avec son régime à 15 ans et ses succès avec les garçons: elle a le même physique que moi maintenant ( genre 90 kilos) avec les cernes en plus.

8- Oui j'ai un langage fleuri, et même si je n'en ai pas, je dis des trucs comme "je m'en beurre les noix avec de la graisse à traire." Ou "je m'en tamponne le coquillard avec une pince à sucre" ( expression de ma grand-mère).

9- A part ça, j'ai une passion absolue pour les voyages et le but ultime de ma vie c'est qu'à la question "où est " Purple" -ou mon vrai nom)?" la réponse soit  " euh.. ailleurs".

10- D'ailleurs mon meilleur souvenir de voyage, c'est d'avoir fêté mes 30 ans à Tokyo, dans un Izakaya entourée d'une trentaine d'inconnus ou quasi inconnus qui ont trinqué à ma santé et m'ont offert le repas. Level Up en estime de soi!

11- encore une chose à savoir, mais j'en avais déjà parlé: je suis musicienne amateur et je joue du basson en orchestre. Et je prends des cours de chant depuis une quinzaine d'années.
La marche et manger sainement sont nécessaires à ma santé physique, la musique, la lecture et les voyages sont nécessaires à ma santé mentale.

Pas féminine, casse-bonbons, intello et je-m'en-foutiste: voilà, c'est moi, et en plus j'en suis contente! Parce que là où la plupart des gens verront des défauts, il y a une frange de la population qui verra des qualités, et avec eux, je sais que je resterai amie très longtemps.

alors la partie la plus compliquée: trouver 11 questions.

1 - Entre, entre, sois le ou la bienvenu(e), je te sers quelque chose à boire? Il y a du thé, du café, du thé indien aux épices, du sirop... Que préfères-tu?
2 - Alors comme ça, ami(e) du net, tu viens d'où?
3 - Je recycle la deuxième question de Kobaïtchi, mais avec une variante. Ta dernière Meilleure lecture? Celle que tu me conseillerais de lire les yeux fermés (enfin, pas trop fermés quand même)
4 - Et la pire? Celle qui te fait hurler à la lune parce qu'on a osé couper un arbre pour imprimer ce torchon ( vas-y, balance!)
5 - La question qui fâche.. Pour ou contre la réforme de l'orthographe et des accents circonflexes? Ou rien à secouer, c'est possible aussi, c'est ton droit le plus strict..
6 - Est-ce que tu as un blog? Et si oui, quel était ton objectif en le commençant?
7 - Sinon à part la lecture, tu as d'autres loisirs? passions? ( évite quand même de répondre trop honnêtement si c'est "passer mes soirées en club SM", faut savoir garder son petit jardin secret)
8 -  On se fait un ciné? Quel genre de film tu veux aller voir?
9 - VO ou VF?
10 - Allez, soyons fous, on part carrément en vacances... à l'île Maurice ou à Lille, chez Maurice, ou ailleurs, c'est comme tu veux. Tu me proposes quoi?
11 - Et pour finir, est-ce que tu as un message super philosophique - ou complètement pas philosophique -  à faire passer au monde, qui n'en demande pas tant?

Voilà le mien en tout cas, réalisé avec le magique " bouletmaton" 
voilà, il est tant d'avouer l'imposture, en vrai, mes lunettes ne sont pas rondes comme celles de Daria.
 Alors qui je  vais choisir?
Hé bien , comme je n'aurai pas beaucoup de temps libre dans les semaines à venir, surtout si le plan " déménagement" se réalise plus vite que prévu, il n'est pas dit que j'aurais tout de suite accès au net - bon, je peux toujours revenir chez maman avec mon ordi pour squatter temporairement le wifi, mais c'est quand même un des trucs que je mettrai en priorité, enfin, après le lit, le frigo, la plaque de cuisson...

Donc comme je ne pourrais pas vous contrôler pour voir si vous avez bien fait vos devoirs, je laisse 10 personnes au choix. Merci de juste me le signaler en commentaire si ça vous tente.
touché, c'est toi le cha-at!
Et je nomme  Sylvain, non tu n'y échapperas pas! Même si je te connais déjà bien, mais comme je suis à peu près sure que tu n'as pas encore eu à y répondre.

Bienvenue amis curieux!

Pourquoi le Cabinet de curiosités?

Tout simplement parce qu'on y trouvait un peu de tout, par ordre de pagaille. Cette idée de collection sans thème déterminé me plaît...

Vous trouverez donc ici un peu de tout, de ce qui fait ma vie, mes loisirs: musique, lecture, voyages, etc...
Bonne lecture