samedi 30 avril 2011

La Tombe des Lucioles - Akiyuki Nosaka

et pour conclure le défi "in the mood for Japan" de cette année, tout en prenant part au club de lecture Babelio d'avril 2011, le livre qui a donc été proposé en lecture commune via le forum.
editions Picquier Poche

Pour moi, comme pour pas mal d'autres participants, le récit n'est pas tout a fait inconnu, car nous sommes assez nombreux a avoir vu le Dessin animé qui en a été tiré sous le titre très proche " le tombeau des lucioles", d'Isao Takahata. Je l'ai vu il y a quelques années, et je jure, coeur sur la main, que c'est le seul et unique film au monde qui m'ait arraché une larmichette à la fin (autant dire un véritable exploit, car je ne suis vraiment pas le genre à pleurer au cinéma), tant l'histoire est triste. Oui, le seul film qui m'aie fichu à ce point le cafard est un dessin animé, que je vous conseille, mais si possible un jour où vous êtes remontés à fond, moral en acier.

Donc, l'édition Picquier propose deux nouvelles ou courts romans :la tombe des lucioles et Les alguesd'amérique, donc le dénominateur commun est la seconde guerre mondiale, vue du côté japonais.
Le premier narre les dernières semaines de la vie de Seita, un jeune garçon, et sa soeur Setsuko, orphelins de guerre, qui tentent de survivre après la dévastation de leur ville par les bombardements. Entre combines pour se procurer de la nourriture, spoliation des quelques biens qui leur restent par une tante malhonnête ( mais qu'on arrive pas vraiment à détester, en temps de guerre et de rationnements, les notions de famille et de solidarité laissent la place à la loi de la jungle), recherche d'abri de fortune, maladie et famine qui sévissent...l'histoire finira mal, ça on le sait dès la première page, Seita meurt, tout le récit n'est qu'un flash back de leur rapide déchéance.
Et pourtant malgré la noirceur du sujet, qui n'épargne rien des horreurs de la guerre, des blessés qui agonisent dans une école, des morts qu'on brûle par dizaines sans y mettre les formes, l'ensemble est assez apaisé, il n'y a pas d'accusation directe de l'ennemi, tout ce qui se passe est en quelque chose la faute d'un concours de mauvaises circonstances. Un point de vue très bouddhique dans le fond, avec comme leitmotiv les lucioles qu'attrapent Seita et sa soeur par jeu avant la guerre, pour s'éclairer dans leur cachette un peu plus tard. Animaux dont la  fragilité représente métaphoriquement celle des humains face aux autres "lucioles" que sont les  bombes incendiaires par qui la catastrophe arrive. J'ai bien aimé cette double métaphore. Le langage quand à lui est un peu dur à suivre, et a du être un cauchemar à traduire quand on connait un peu l'emploi des pronoms personnels en japonais: langue parlée, certes, mais aussi changement incessant de point de vue, entre narrateur extérieur et fil des pensées de Seita. Mais on s'y fait.

Les algues d'Amérique, quand à elle, désignent clairement les coupables: les américains, collectivement. c'est en tout cas le point de vue du héros Toshio, qui était adolescent en 1945 et n'arrive pas à pardonner aux américains en général, tout en étant fascinés par eux. De son point de vue, si le Japon a perdu, c'est uniquement parce que les américains étaient au choix: plus grand, plus costauds, mieux habillés que le soldat japonais lambda. Or voilà que sa femme vient d'inviter un couple de retraités américains "bien sous tout rapports", et que Toshio va devoir jouer les guides, ce qui ne l'enchante guère et lui rappelle de mauvais souvenirs de rationnements, d'une époque ou avec 3 mots et demi d'anglais, il servait d'entremetteur pour les soldats auprès de prostituées. Le message est clair l'américain, c'est l'envahisseur, celui qui arrive en pays conquis pour faire du tourisme sexuel. Et c'est exactement ce qui arrive: le vieux monsieur bien est en fait un vieux cochon qu'il va falloir emmener visiter les quartiers chauds, Toshio retrouve sa vieille occupation honnie d'entremetteur. Dans sa logique, c'est simple: il faut trouver un moyen que l'américain soit dépassé, l'obliger à avouer qu'au Japon, c'est mieux que chez lui. autant dire que Toshio va se vautrer lamentablement dans cette entreprise, englué qu'il est dans ses certitudes ( il faut dire aussi que l'auteur n'y va pas de main morte avec ses deux spécimens d'américains bien colonialistes). Et ce qui cristallise cette incompréhension, ce mur qui sépare les deux pays, ce sont " les algues d'Amérique", en fait, du thé noir trouvé dans un colis de l'armée américaine, que les japonais ne connaissent pas sous cette forme et prennent pour des algues à assaisonner la soupe ( on boit plutôt du thé vert par là bas ).

Les deux textes sont très différents, bien que sur un même thème. Dans les deux cas, la narration est très libre, et donc la lecture demande un peu d'attention pour ne pas perdre le fil. Mais si on adhère à ce genre de langue déconstruite, l'ensemble est assez plaisant à lire, et la deuxième nouvelle un peu humoristique et égrillarde, détend un peu l'atmosphère après les Lucioles.

Tiens, je vais probablement me revoir l'animé un de ces jours, et faire un ajout à ce moment là.
Et, ce n'est pas tout, mais
catégorie animal: les lucioles

Saint Seiya tomes 1 à 13 -Masami Kurumada

21+13, qui font 34, défi fini et expédié dans une autre dimension!
et voici le moment tant attendu, où ce blog passe du côté obscur, oui, car pour conclure le défi Bd, je vous sors un bon gros manga de baston old school de derrière les fagots. Et qui plus est je m'enterre encore plus en le liant au défi " mythes et légendes", rien que ça. Oui, j'ai honte, enfin, j'ai eu honte 5 bonnes secondes.
Catégorie 3: adaptation libre. Même pas peur!

Donc Saint Seiya, ou, pour les gens qui sont à peu près de ma génération et ont vu le dessin animé qui en était tiré: les chevaliers du zodiaque. Petite précision, à l'époque j'étais au collège, et je n'avais plus trop de temps pour les dessins animés, j'avais donc vu quelques épisodes de ci et de là, sans vraiment suivre, ça ne me branchait pas plus que ça, y'avait un ou deux personnages que je trouvais sympas, un ou deux autres qui me sortaient par les yeux, mais c'était tout.
Et je suis récemment tombée sur une parodie du dessin animée, ici:  
Pleine d'humour, de références, pointant les absurdités de la série originale, hilarante, bref, un très bon moment. Avec des gags tellement bien trouvés que je n'arrivais même pas à imaginer quel pouvait bien être le dialogue original. J'ai eu envie de savoir, j'ai trouvé le manga d'occase, et j'ai pu comparer. Et me rendre compte que, tour de force, la parodie s'éloigne très peu de la trame originelle, tout en grossissant le trait.
hmmm les bonnes couleurs flashy des 80's!

Donc pour ceux qui auraient raté un épisode, Saint Seiya s'inspire vaguement de la mythologie grecque, en ce sens qu'une des figures centrales est la déesse Athéna, qui s'incarne de temps en temps sous forme humaine pour venir mettre de l'ordre dans les guéguerres que se livrent les dieux tous les deux ou trois cents ans pour s'occuper.
Athéna? la déesse de la guerre? Oui, mes amis. Donc normalement, je dis bien normalement, elle devrait être capable de régler ça toute seule. Seulement, non: elle est coincée dans un corps d'adolescente, et finalement pas capable de grand chose. Ou plutôt, elle ne fout rien strictement rien, et recrute une armée d'ados pour se battre à sa place contre les forces du mal. Oui car on est en plein manga dit " nekketsu" ( héros ados orphelins, pouvoirs magiques, combats épiques contre de gros méchants  10 fois plus balèzes qu'eux mais dont ils triomphent presque sans dommage.. mais nous sommes en 86 là, c'est du old school ou vous dit à l'époque c'était original), donc pas de problème, tout ce qu'on attend, c'est de la baston épique, on est pas là pour s'embarrasser de crédibilité.
Donc tout commence plan plan, avec une multinationale qui a l'idée de génie de relancer les combats de gladiateurs entre gamins - 13 ans de moyenne d'âge- gamins orphelins qu'elle a fait enlever aux 4 coins du monde, enfermés sans vergogne, puis envoyer s'entrainer dans des conditions dignes de la légion étrangère afin qu'ils gagnent leurs galons de chevaliers et les armures de bronze qui vont avec, chacun dorénavant sous la protection d'une constellation. Avec à la clef un tournoi qui désignera in fine le meilleur d'entre eux, lequel remportera l'armure d'or du sagittaire. Bon, déjà des combats de gladiateurs de 14 ans, apparemment tout le monde trouve ça normal, mais que fait la police!
Ok, on l'a dit, laisser le sens critique au placard, et puis les mangas de baston récents ne sont pas plus crédibles. Plus humoristiques, oui, sans aucun doute. Là on est dans le sérieux sérieux, et c'est justement ça, rétrospectivement, qui est drôle.

Bon, bien sûr, rien ne se passe comme prévu, un premier méchant vole l'armure en plein tournoi, il faut aller la récupérer, les 4 meilleurs sont envoyés se castagner contre le vilain et ses sbires, doubles démoniaques des héros, les gentils gagnent, ramènent l'armure au bercail et le vilain dans le droit chemin,rien de bien palpitant jusque là. Et là, coup de théâtre, on enlève la responsable de la multinationale (14 ans, cherchez l'erreur), patatras! On découvre en même temps que tout était un coup monté par elle, qui est la réincarnation d'Athéna pour faire bouger les vrais méchants, planqués en Grèce et qui vont vraiment se fâcher, va falloir aller régler ça directement sur place.

Et là ça commence à devenir un peu, juste un peu comique: les méchants de niveau supérieur, les chevaliers d'argent, sont quand même un peu pitoyables...enfin, pas possible qu'un personnage comme (comment il s'appelle déjà) le chevalier du lézard, crétin narcissique tellement content de lui qu'il se fait laminer comme un bleu en quelques pages, soit sérieux, c'est un gag! C'est obligé! Je me refuse à croire que c'est du sérieux, ça vaudra mieux pour ma santé mentale. Comme le héros en pyjama étoilé. Ou le second rôle tout content d'avoir enfin une réplique. Ouf, ça fait du bien, un tout petit peu d'humour.

Donc bien sur une fois défaits les boss un peu nuls que sont les chevaliers d'argent, place au sérieux. Ben voui! Bronze, argent.. on s'y attend les suivants sont chevaliers d'or, la crème de la crème, du gros bras d'élite au moins 100 fois plus forts que nos pov' chevaliers de bronze, mais vaille que vaille,va falloir les ratatiner pour attendre le big boss de fin. Il y en a 12 en tout, associés aux constellations du zodiaque, voila le pourquoi du comment du titre français.

Et là, c'est la foire a neuneu aux neuneux, car à force de vivre reclus  au sommet d'une montagne grecque à garder des temples où personne ne fout jamais les pieds (bien voui, faudrait déjà passer le premier... le 12° a largement le temps de jardiner tranquillement), 24/24h, en armure s'il vous plaît, dès fois qu'un ennemi..
Ben, mine de rien, ça vous aigrit le caractère et ça perturbe le ciboulot. A près le bélier (pacifique) le taureau (caractériel), on aura donc un festival de tarés en tout genre: le chevaliers des gémeaux, complètement schizo; le chevalier du cancer: un taré sadique - plutôt réussi dans son genre, ce personnage me fait bien marrer, mais ça n'est probablement pas le but. Le chevalier du lion, un type cool, mais sous influence, qui délire à plein tubes. Le chevalier de la balance: 261 ans au compteur, parti prendre une retraite bien méritée à la montagne, le chevalier de la vierge: un mégalo qui se prend pour un dieu, le chevalier des poissons: un peu le même genre que le lézard, mais en encore plus tordu.

A noter que, sans en dire plus, le méchant final changeait un peu par rapport aux standards de l'époque: pas 100% mauvais, un peu complexe, et au final, intéressant, par rapport aux autres adversaires.

Finalement, allez, à la question que vous n'avez pas posée mais que vous brûlez de me poser si vous avez eu le courage de lire jusque là: "mais t'as pas quand même un chouchou?". Allez, disons que du côté des héros, j'aime bien Shiryu , le chevalier du dragon (parce qu'un dragon, c'est cooooool, pas ridicule comme mettons au pif, un cygne!), alias " le gars qui passe son temps à se mettre à poil on ne sait pas trop pourquoi", et côté chevaliers d'or, j'aime bien le chevalier du Scorpion. Pourquoi?

- c'est un des seuls qui réfléchit, quand ses copains semblent avoir mis le cerveau définitivement au placard. Il réfléchit beaucoup.. même un peu trop. Arrête un peu de parler et bagarre-toi, t'es aussi bavard que Purple sur son blog.
- sa permanente résiste à tout, y compris un double saut périlleux arrière vrillé, c'est-y-pas la classe ça? ( ou le fait d'un dessinateur un peu faignant qui a juste retourné la case précédente pour s'économiser un dessin, damned! il n'a pas pensé qu'une tignasse de hippie subit aussi la loi d'attraction universelle!)
- son casque, totalement inutile en combat réel ( comme la plupart d'ailleurs), mais très décoratif, quand le Capricorne  nous sort un casque qui gagne haut la main de la palme du ridicule. Oui, le design des armures, c'est quand même LE truc qui a fait le succès de la série.
- Il survit sans dommages à la rencontre avec les petits blanc becs, contrairement à plusieurs ses collègues. Enfin un qui mérite son statut d'élite- Je sens que c'est un personnage qui a du potentiel comique, sisi... Après tout un scorpion qui fait de l'acupuncture à sa manière, c'est drôle!
- C'est grosso modo le seul des 12 qui me semble un peu sociable, en tout cas, le personnage est un peu plus développé que les autres, ça le rend un poil plus sympa.

Sinon , que dire de plus. Le graphisme des premiers volumes n'est pas vraiment terrible, on l'a dit, c'est du pur années 80, les personnages de 3/4 face sont plus souvent ratés que réussi, les perspectives souvent un peu fausses, mais ça s'améliore vers vers le volume 10. Par contre, je dois souligner une chose: j'ai rarement vu des pages couleurs de début de chapitre qui passent aussi bien en niveau de gris. Il n'y a pas  à dire: les colorisations à la main, ça donne toujours mieux que les colorisation numériques, le rendu est vraiment meilleur lors de l'impression monochrome. On regrettera quand même quelques bourdes de traduction chez Kana ( j'espère qu'ils auront corrigé pour la réédition), car le traducteur n'a visiblement pas ouvert un bouquin d'astronomie de sa vie. Voir quelque chose comme " Canis Mayol, constellation du chien géant", ça pique les yeux!

donc négatif:
- une histoire un peu tirée par les cheveux (à propos de cheveux , au moins les personnages n'ont pas les couleurs de cheveux de folie de la version animée, exit les tignasses vertes et bleues, grand classiques de cette époque, qui font mal aux yeux)
- didious, que ça se prend au sérieux par moments
-il n'y en a que pour le héros, comme souvent dans ce genre, alors que ce n'est pas forcément le personnage le plus intéressant. J'aurais vraiment aimé en savoir un peu plus sur les chevaliers d'or qui ont l'air d'avoir du potentiel, mais faute de background suffisant passent tous pour de gros sociopathes (le verseau! Sans rire, l'armure est superbe, j'aime bien sa tête,en plus c'est un psychorigide de première sans états d'âmes.. mais on ne sait même pas pourquoi! Mais cornegidouille, j'veux savoir moi, pourquoi il fait autant la gueule. Ben non, à moi de trouver une raison... Alors que c'est quand même le seul personnage pour qui est faite une vraie référence culturelle un peu pointue, via Albert Camus, et l'éxecution aux aurores dans l'étranger.. c'est du gâchis de bons personnages ça!)

- Des graphismes pas toujours top ( mais ca reste quand même regardable, même si tout le monde semble faire 10 ans de plus que son âge, contrairement à la Préquelle Saint Seiya G, que je ne lirai pas pour cause de graphisme immonde!

Là je sens que  vous voulez des preuves. Ok, va pour les preuves. Prenons au hasard, ce gros taré de chevalier du cancer - parce que c'est encore plus flagrant avec lui.

Version 1: dessin animé - très proche du manga d'origine, je n'ai pas trouvé d'image de taille correcte. Version 2: manga Saint seiya G..
Oui ceci est bien...
...le même personnage qu'à côté













D'un côté un méchant crédible flippant, et plutôt classe dans l'ensemble
De l'autre euh... ça fait peur, mais pas dans le même ordre d'idée.
Mais même problème que plus haut: pourquoi est-il aussi méchant? Parce que!

merci au site: http://www.saintseiyapedia.com, à qui j'ai piqué les deux images 

positif:
- 28 tomes, ça reste acceptable pour ce genre de séries, les shonens actuels tournent facilement  autour des 50 volumes. A la limite, vous pouvez même vous contenter des 13 premiers, si seul l'arc que vous avez vu en dessin animé vous intéresse
- Ca ne traîne pas en longueur: pas de bastons interminables sur plusieurs tomes. Il y a bien quelques flash back de ci de là, mais ils ne prennent pas 3 volumes entiers à chaque fois. Chaque bagarre occupe un ou deux chapitres maxi, et c'est réglé.
- le méchant final n'est pas totalement ridicule: ATTENTION SPOIL FINAL ( d'ailleurs la fin est même vraiment trop vite expédiée après la dernière baston, ça aussi c'est du gâchis de bon personnage, je n'arrive pas à croire ce qui se passe dans les 5 dernières pages.Le bad guy se repents, se suicide -1 case- cash! Et tout le monde s'en fout, même pas une remarque là dessus. The end!)
- Pas d'histoire d'amour mièvre, ça repose, il y a peu de personnages féminins, qui ne servent pas trop à grand chose, surtout à faire joli. Donc pas de potiche geignarde! Juste des potiches en tenue heu...vous pouvez me rappeller l'âge du public visé? La chevalière du caméléon a quand même une armure vachement SM)
- c'est plutôt drôle pour peu qu'on le lise au Xième degré. Mais attention tout de même, c'est un peu saignant, on va déconseiller aux plus jeunes ( volume 3, y'a quand même un type qui se faire proprement - heu non, pas proprement justement - dépecer.. même si c'est un rêve). Miam, de la violence gratuite!
Toujours aussi flashy, mais un poil mieux travaillé

En conclusion, ce n'est pas le manga du siècle, mais j'ai passé un moment sympathique de lecture, l'univers est assez original pour m'intriguer même si le prétexte mythologique se dilue assez vite, l'auteur - qui a l'air assez barré - s'est amusé comme un petit fou a dessiner ses armures, et a brodé un scénario rien que pour ça. Ca aurait pu être totalement bâclé, mais malgré un morale un peu naïve ( on arrive à tout quand on bosse en équipe), non, finalement, c'est comment dire, à la fois un peu balourd, mais attachant. Bon je lirais la suite, apparemment, après Athéna, c'est Poséidon qui va faire les frais de l'imagination délirante de M. Kurumada, et j'ai envie de savoir jusqu'où il va aller dans l'improbable rencontre de la mythologie et du manga de baston.

Tiens ça me rappelle qu'à la même époque, il y a avait un autre dessin animé qui exploitait le filon, mais en version "mignonne": la petite Olympe et les dieux. Ne me demandez pas l'histoire, j'ai déjà eu assez de mal à me souvenir du titre!
oui, Parthénia à dit " ça marche pour le challenge" 9/25

edit: pour ceux qui ont le courage de me suivre dans cette aventure épique
-Etape 2: l'arc Poséidon, c'est ici 
mais vous pouvez le sauter et passer de suite à:
-Etape 3: l'arc Hadès, c'est là

lundi 25 avril 2011

La mort dans les yeux - Jean-Pierre Vernant

Deuxième étape du circuit "mythes et légendes", avec l'essai théorique lié à la mythologie. De la mythologie grecque cette fois, puis qu'il s'agit d'un ouvrage de Jean-Pierre Vernant .Bien sûr, résumer un essai, surtout un essai aussi dense que celui là ne va pas être facile. Je me contenterai donc d'en présenter les thèmes centraux, en espérant vous donner envie de le lire.

La mort dans les yeux, éditions Pluriel
La mort dans les yeux , figures de l'autre en Grèce antique, pour le titre complet, s'attache à analyser trois divinités de la mythologie grecque, liés par une similitudes dans leurs cultes: l'emploi de masques. On aura donc un chapître assez complet sur Artémis, qui représente pour Vernant la limite: principalement déesse de la chasse, elle est donc celle qui définit une limite entre le monde sauvage des animaux et le monde civilisé des hommes. Mais une autre de ses fonctions est de présider aux rites de passage à l'âge adulte, qui définissent aussi une limite, celle entre le monde "sauvage" de l'enfance, et le monde structuré des adultes. Rites de passages qui comprennent masques, déguisement, costumes, mimes.. Vernant développe également sur ses autres fonctions, toutes plus ou moins liée à cette idée de délimitation entre deux états.
Le deuxième dieu, Dyonisos, est évoqué très rapidement, le lien avec le masque est plus évident au vu de sa fonction de dieu lié au théâtre et à la fête ( une fête qui peut facilement dériver dans la sauvagerie, d'ailleurs, les danses des ménades étant proches de transes qui font passer les participants dans une état " autre").
La troisième divinité, celle qui est le plus longuement évoquée, c'est La Gorgone méduse, en ce qu'elle représente l'horreur, l'altérité dans ce qu'elle a à la fois de grotesque et de menaçant, sans toutefois manquer de rappeler qu'elle figure en bonne place peinte sur le bouclier d'athéna sous forme de motif " gorgoneion"
Gorgoneion, tête de méduse ni homme ni femme grimaçante
et de souligner le rapport qu'il y a entre Dyonisos et la flûte, instrument de transe, Athéna qui jette sa flûte lorsque le satyre Marsias lui fait comprendre que jouer de la flûte déforme les joue et lui donne une face de gorgone, le son même se la flûte qui est souvent comparé à des cris stridents de monstres...ou de chevaux, car les chevaux sont également liés aux cultes d'Artémis et de Gorgô.

Tout cela est très très intéressant, mais très dense aussi, je ne peux que vous conseiller de le lire. Instructif également, l'entretien qui est publié dans le même ouvrage, ou JP Vernant rappelle opportunément qu'il ne faut pas se contenter de lire les mythes grecs vieux de plus de 3000 ans au travers du prisme de la psychanalyse et de ses modestes 150 ans et quelques. Car il est par trop réducteur d'assimiler la décapitation de la gorgone par Persée à une castration symbolique, le peuple grec d'alors ne s'embarrassait pas de ce genre de symboles et de détours et allait droit au but, sans le vernis pudibond Judéo-chrétien ( voir l'histoire d'Ouranos pour ça, pas de chichis). Et ça fait du bien, ce genre de rappel, ho oui!
Et juste pour le plaisir, et parce que c'est un retour aux sources absolument génial, la tête de méduse peinte par Caravage (que j'aime ce peintre!) justement sur un bouclier, retrouvant donc sa fonction classique de Gorgoneion en lien avec le bouclier d'Athéna

3/25

Otaku Girls tomes 1 et 2 - Natsumi Konjoh

21/30, plus que 9 et c'est gagné :)
Vite, vite, le challenge BD finit ce mois ci, il est grand temps de mettre un peu le turbo, voila donc 2 tomes de plus. On retourne au Japon avec un manga parodique dont j'avais lu Beaucoup de bien ici et là, Otaku Girls, de Natsumi Konjoh, qui aborde le sujet de l'Otaku en version féminine et sur le mode de la rigolade.

 Problème: ça reste quand même un shôjô au dessin ultra classique, qui va nous parler d'amourettes lycéennes. Autant dire qu'il ne part pas gagnant, car ce genre de cadre commence à me fatiguer sérieusement.
Donc nous avons d'un côté le lycéen standard, Abe, qui par un concours de circonstance assez marrant devient le modèle attitré de Rumi Asai, seule membre du club d'arts plastiques de son lycée. Rumi est sympa, pétulante, voire un peu trop, et le naïf Abe en pince vite pour elle. Mauvaise pioche: Rumi est une Fujoshi, une fille otaku, fan de yaoi ( histoires d'amour homosexuelles plus ou moins sentimentales ou plus ou moins hot selon le cas), et elle voit le monde à travers le prisme de sa passion. Et se persuade donc qu'Abe est en couple avec son meilleur ami, mascotte du lycée, poursuivi par toutes les filles du coin, et qui voit l'occasion de se débarrasser de ses admiratrices pot de colle. Le trio est d'ailleurs vite rejoint par Matsui, une autre otaku, qui a du mal à assumer son obsession pour la série Gundam notamment, et va tenter de pousser Rumi dans les bras d'Abe, afin de se réserver l'autre garçon. Vous suivez? non? c'est normal! Vous n'êtes pas otaku, tant mieux pour votre santé mentale.

Car il faut bien le dire, le titre ne parlera pas à tout le monde, ce n'est pas la peine d'insister si déjà les mots "shojo, otaku, et yaoi" vous laissent perplexes. Et c'est bien là le problème. Autant le début est assez sympa, avec quiproquos rigolos, autant ça tourne très vite en rond, laissant de côté le lecteur qui n'est ni familier, ni spécialement fan de l'univers en question. et le manque d'un mini lexique (par exemple pour "otome road" quartier de Tokyo surnommé ainsi " la rue des jeunes filles", pour son grand nombre de librairies spécialisées, oui, je suis passée là bas un peu par hasard, c'est vrai qu'il y en a à la pelle, aux vitrines décorées d'affiche sans équivoques.. ou plutôt très équivoques).
D'autre part comme je ne suis absolument pas fan de Yaoi, et autres du même style (en fait, ce qui compte pour moi, c'est le scénario, et on ne peut pas dire que le Yaoi brille en général par cet aspect, en tout cas le peu que j'ai pu voir). Donc ça reste quand même très "private joke", le lecteur se retrouve vite dans la peau du héros qui ne comprend rien au fonctionnement des deux folles-dingues. Sauf qu'il persévère. Ce que je ne vais surement pas faire. Apparemment il y a7 volumes, je lis un peu partout que ça se dégrade vers le 4 ou le 5°, sauf que l'ennui pointe déjà son nez dès la moitié du premier pour moi. Ce quatuor de choc qui se veut original sombre déjà dans la banalité, avec des situations téléphonées au possible, on devine déjà la fin, qui dérive sur une très banale double histoire d'amour bien plate, avec héroïne barrée mais finalement très fleur bleue pour ne pas dire potiche.

En fait ce titre aurait pu me plaire mais il est arrivé après d'autres parodies qui m'ont plus parlé: Switch Girl, plutôt drôle bien qu'inégal sur le côté négligé que cache toute fille digne de ce nom -impossible de ne pas s'y reconnaître un peu-, et surtout Host Club ( ne fuyez pas devant ce titre qui laisse présager le pire), qui tire à boulets rouges sur tous les clichés du manga lycéen, et même du manga tout court, des scénarios improbables, des films de yakuza, des jeux vidéos, avec cette fois, une héroïne pas potiche du tout, et une autre otaku, beaucoup plus drôle.
oui car Natsumi Konjoh est une mangaka

Ceci étant, je laisse donc Otaku girls à celles à qui le sujet parlera, vu le concert de louanges, j'ai du passer complètement à côté du titre, tant pis. Je vais de ce pas retourner aux bons gros mangas de baston, tiens, ça me changera, un peu de violence gratuite!
(z'avez vu comment j'annonce bien le prochain sujet BD?)

jeudi 7 avril 2011

toujours vivante

en dépit des examens, d'un vilaine réaction à un antihistaminique ( chutes de tensions très gênantes, du coup je fais une faute de frappe par mot, et c'est long  à taper...
oui je suis toujours vivante, et même très, bien que je vienne juste de prendre un an. Pour fêter ça dignement, des vacances s'imposent, je serai donc en Turquie jusqu'à vendredi prochain! yeah!

samedi 2 avril 2011

Mon basson et moi, une grande histoire

Ceux qui ont lu l'article sur Pierre et le Loup auront peut être remarqué la petite photo illustrant mon propos, car oui, je joue du basson depuis maintenant une dizaine d'année.. le basson cet instrument méconnu de la famille des bois.. non je me tais pour ne pas vous endormir devant votre écran.

 Donc un basson, c'est ça (ou bien vous pouvez retourner là voir mon instrument, la pagaille a été réorganisée depuis :D)

Vous ne pouvez pas savoir à quel point je suis contente d'avoir trouvé cette image pour illustrer, tiens.

Parce que depuis près de dix ans, j'entends régulièrement les deux remaques:
- "du basson, c'est quoi? un gros instrument à cordes c'est ça?".. hé non les amis,perdu,  c'est un instrument à vent, vous confondez soit avec la contrebasse, soit avec la basse électrique.
-(pour ceux qui connaissent) "tu joues du basson, mais c'est pas un instrument féminin!": alors là je sèche, je n'ai jamais su en quoi c'était un instrument plutôt masculin?

Vite, sortons le balai-à-préjugés:

*Parce que c'est lourd et encombrant? oui mais on voit beaucoup de femmes au piano ou à la harpe, qui sont autrement lourds et encombrants.

*Parce que le son est grave? Ben je peux vous dire que la plupart des violoncellistes que je connais sont des femmes, et le basson et le violoncelle peuvent échanger leurs partitions sans souci, vu qu'ils occupent la même fonction chacun dans sa catégorie.

*Parce que depuis la Grèce antique il est mal vu pour une femme de jouer d'un instrument qui déforme le visage du fait de gonfler les joues et de souffler, et qu'elles devaient se contenter des instruments à cordes et percussions ( authentique, je le tiens de mon prof de grec)? Irrecevable, la majorité écrasante des flûtistes de nos jours sont des femmes.

*parce que tout simplement on ne voit pas beaucoup de femmes en jouer?... la raison est simple: les parents continuent à pousser les enfants vers les instruments les plus connus ( violons, clarinettes, flûtes, pianos..) et il faut reconnaître que les conservatoires font peu pour promouvoir les instruments les moins connus du grand public. Bref, la plupart des gens qui choisissent le basson le font à l'âge adulte, et maîtrisent en général déjà un autre instrument. Et là, ça devient intéressant: dans la classe dont je fais partie, une bonne moitié des élèves sont des filles. Hé oui! Ca commence à bien bouger depuis quelques années, et ça fait plaisir.

J'ajouterai aussi qu'il est plus fréquent de voir des femmes à d'autres pupitre dans les orchestre pour une raison simple: un orchestre "bois par deux" standard compte 1 premier basson et un second basson, et c'est tout. Alors qu'il compte 16 premiers violons et 14 seconds violons. Statistiquement, il y aura toujours plus de femmes dans un groupe de 30 instruments que dans un groupe de 2!

Expliquer les raisons qui m'ont fait choisir cet instrument seraient trop longues, on verra pour plus tard. Toujours est-il que je l'ai choisi en premier, c'était celui là et pas un autre, je n'ai jamais regretté mon choix. J'ai commencé à l'âge adulte, ce qui est beaucoup moins évident que pour un enfant, et je progresse moins vite. Oui mais! Aujourd'hui, j'ai passé un examen. Et je l'ai réussi ( de justesse, mais je m'en fiche, je l'ai!). ce qui est une mini victoire pour moi, je ne pensais pas aller aussi loin quand j'ai commencé, et aussi un gros pied de nez à tous les médisants qui m'ont dit "tu n'y arriveras pas, c'est trop dur, on ne commence pas la musique à l'âge adulte, tu ferais mieux de.. il faut.. tu dois....".

Alors oui je le dis je le proclame!
J'ai réussi mon BEM, je rentre en 3° cycle, j'ai bûché comme une malade sur cet examen depuis un mois et demi à ne faire pratiquement que ça de mon temps libre, je suis contente de moi même si c'est encore loin d'être parfait,et je ne compte pas m'arrêter là, même si je dois mettre 5 ans de plus pour avoir le prochain niveau.

aaaaah! Ca fait du bien parfois, un peu d'autosatisfecit!
et comme la musique adoucit les moeurs, voilà une partie du programme que j'ai joué :la sonate d'Hindemith Vous l'avez là en complet, je n'ai, faute de temps joué, que le 2° mouvement ( de1'50" à la fin bien sur ce n'est pas moi qui joue, hein, c'est un pro, mais ça vous donne déjà un aperçu du son de l'instrument...)

Bienvenue amis curieux!

Pourquoi le Cabinet de curiosités?

Tout simplement parce qu'on y trouvait un peu de tout, par ordre de pagaille. Cette idée de collection sans thème déterminé me plaît...

Vous trouverez donc ici un peu de tout, de ce qui fait ma vie, mes loisirs: musique, lecture, voyages, etc...
Bonne lecture