Bienvenue amis curieux!

Pourquoi le Cabinet de curiosités?

Tout simplement parce qu'on y trouve un peu de tout, par ordre de pagaille. Cette idée de collection sans thème déterminé me plaît...

Vous trouverez donc ici un peu de tout, de ce qui fait ma vie, mes loisirs: musique, lecture, voyages, etc...
Bonne lecture

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samedi 12 octobre 2019

L'amour - Marguerite Duras

Dans la série des "séances de rattrapage", voilà un livre que j'ai essayé de relire par acquit de conscience avant de l'abandonner dans une boite à livres.
Je l'avais lu il y a bien 20ans, je ne me souvenais que d'une chose : ça se passe dans un patelin qui s'appelle S.Thala. Et je n'y avais rien compris.

Donc, peut-être que j'étais trop jeune pour apprécier, tout ça? On retente,il n'est ps bien épais, ça m'occupera pendant que j'imprime les centaines de pages de mes cours.

la couverture était plutôt sympa, c'est dommage

Commet dire.
Non ce n'était pas une question d'âge. Je n'accroche vraiment pas ni au style de narration télégraphique, ni aux dialogues absurdes, ni aux péripéties inexistantes (des pages pour nous décrire que les trois personnages sur la plage forment un triangle qui se déforme parce que l'un va et vient et que les autres sont immobiles)

Des pages et des pages de phrases non verbales, de type didascalies de théâtre ou indications sur un script de film. Des pages de description de 3 personnages qui se promènent, sur la plage, en ville (enfin les 2 hommes se promènent :la femme reste le plus souvent assise ou dort) De temps en temps ils se rencontrent et se parlent.

Du dialogue comme dans la vraie vie quand on s'ennuie à mourir avec des gens à qui on n'a rien à dire.
Alors on débite des platitudes qui n'ont pas beaucoup de sens..

- Qu'est-ce que vous faites là... Il va faire nuit.
Elle dit qu'elle regarde.
- Je regarde.
Elle montre devant elle la mer, la plage, la ville blanche derrière la plage, et l'homme qui marche le long de la mer.
Elle dit :
- Ici c'est S. Thala jusqu'à la rivière. Et après la rivière c'est encore S. Thala.

Donc bon, soit je suis trop bête pour saisir la portée et le sens de de ce dialogue, soit il est tout simplement insensé.

Donc non, Margot et moi décidément, ça ne passe pas. Je tenterai à l'occasion un autre texte parce que je l'ai quelque par chez moi, et pour ne pas rester sur une défaite, je teste toujours un second texte de l'auteur, mais après, si au bout de deux ça ne colle pas, il est rare qu'il y ait une troisième chance.

Je crois que ce livre aurait pu intégrer la semaine de l'épouvante de Marjorie, car être aussi abscons, c'est effrayant. Je l'abandonnerai donc sans état d'âme.

mercredi 9 octobre 2019

le grand ménage

Comme ceux qui me suivent encore l'ont constaté, ce blog est au ralenti depuis bien un an.

A cela, plusieurs raisons:

- je l'ai créé début 2010 pour garder l'habitude d'écrire sur des sujets variés, dans l'optique de reprendre "un jour" des études.

- J'ai effectivement repris des études, l'an dernier, et je n'ai donc plus vraiment le temps, ni l'envie de lui consacrer des heures, à choisir ce que je vais bien pouvoir dire, et à le mettre en forme.

- Les sujets abordés étaient surtout axés lectures/ expositions/cinéma, et devinez quoi?
Je n'ai plus le temps de lire, ou de voir des films, en dehors de ce qui est lié à mes études, et je ne pense pas qu'un compte rendu de lecture sur un livre de grammaire soit le but ici.




- Je ne rejoins plus de challenges nouveaux, j'ai du mal avec ceux en cours et toujours pour la même raison, donc même s'ils me font envie,ce serait un voeu pieux, dans la mesure où j'ai la certitude de ne pas pouvoir y participer.

- Ce n'est pourtant pas absurde, mais pour celà, j'ai ouvert entretemps une "succursale" dédiée à ma reprise d'études et aux langues, afin de lister les ressources que je trouve intéressantes.Ce n'est pas une "nouvelle" passion,au contraire, les langues sont mon dada depuis le collège, mais je n'avais tout simplement pas pensé à en parler avant.

- maintenir 2 ou 3 blogs, c'est encore quelque chose de très coûteux en temps et en énergie, le blog Japon est lui aussi quasi à l'arrêt.




En parallèle de ces considérations, et en cherchant des ressources sur le russe, la Russie, et plus exactement l'interculturalité je suis arrivée sur le site très intéressant d'un monsieur russe qui vit depuis plus de 20 ans en France, est passionné de sociologie et n'a pas la langue dans sa poche.En plus d'avoir un niveau digne d'un natif en français, et je souligne que c'est bien la seule personne que j'aie vue employer à plusieurs reprise le mot " nonobstant" sur une page internet, et il s'agit d'un étranger. Je ne sais même plus depuis quand je n'avais pas écrit ce mot moi-même.

Et au milieu d'articles sur des sujets variés et sociaux, souvent pointus, j'ai trouvé une vidéo qui m'a faite rire et réfléchir.
Oui c'est drôle,car le monsieur dit très fort ce qu'il pense, maîtrise les gros mots français presque mieux que moi et s'énerve beaucoup.
Mais le fond de ce qu'il dit est très juste.
Il s'interroge principalement sur la big data, la promesse d'un maintien éternel en ligne de TOUT document produit, le coût astronomique en électricité  de tout ça, et pour quel bénéfice au niveau de l'humanité?
Je connais des gens, personnellement qui sont du genre à étaler leur égo sur Facebook, à grand coup de selfies toujours les même, à raconter leurs moindres faits et gestes, ou ceux de leurs enfants, à afficher une vie de rêve, dans une tentative désespérée de se faire passer pour moins misérables qu'ils ne sont d'autant plus  ridicule quand on connait parfaitement le détail de leurs déboires privés par ailleurs. Et l'idée qu'on puisse définir un légataire pour ses comptes Facebook afin de maintenir un semblant de vie après sa mort... c'est d'un ridicule.
J'ai même envie d'être sarcastique et de dire " ha bon, parce qu'ils étaient vivants avant? je les croyais déjà en état de mort cérébrale"

Voici la vidéo:



Les selfies, la course aux like sur Facebook, les photos bi-quotidiennes de ce qu'ils ont mangé, les articles vides pour faire monter leur référencement, les nouvelles chaussures de unetelle - publicommuniqué à peine déguisé - les guéguerres ridicules sur twitter...
Tout en prend pour son grade.

Mais au final, où j'en suis moi? Je n'ai jamais cherché les like, ceci est mon espace personnel d'expression, je ne savais même pas que plus on publiait, mieux on serait référencé sur les moteurs de recherche. J'ai même appris il y a seulement quelques semaines ce qu'est instagram, et honnêtement, je n'en vois même pas l'intérêt.

Des gens passent ici, laissent parfois un message, sympa ou beaucoup moins. Je les en remercie. J'ai rencontré des internautes intéressants grâce à lui, découvert des films, des livres, des séries.
Sachant tout ça, vais-je changer mes habitudes, publier plus?

Certainement pas. Je . M'en. fous.

Par contre, une chose a changé dans mon point de vue, et si je n'ai pas le courage d'effacer mon blog, qui représente quand même presque 10 ans de ma vie et m'a bien aidée à rester à flot pendant des moments difficiles, je peux toujours le dépoussiérer un peu, en enlevant tous les billets qui ne sont pas directement intéressants: notifications d'absence, annonces de challenges, suivis de RAT, bilan divers, tag, sujets qui n'ont plus lieu d'être...
Ca allègera le tout, et en suivant cette optique, j'ai supprimé environ 200 billets. Ce qui fait presque un cinquième de ce qu'il y avait en ligne.
Ce n'est qu'une toute petite goutte d'eau filtrée à l'échelle de l'océan numérique bien pollué, mais dorénavant je serai plus sélective sur ce que je produis, même si je préférais déjà depuis longtemps faire un long sujet chiant et précis que trois lignes vides d'intérêt pour montrer que je suis en vie.

Donc à dans.. je ne sais pas combien de temps. quand j'aurais le temps, l'envie , la possibilité!

samedi 21 septembre 2019

L'homme qui ne dormait pas - Aleksandr Beliaev

Je continue ma découverte des auteurs et livres totalement inconnus de moi, mais disponibles gratuitement sur la bibliothèque russe et slave en ligne.

Cette fois, il ne s'agit pas d'une vielle traduction, mais probablement d'une traduction amateur, récente faite tout spécialement pour cette édition numérique. Donc elle est parfois bancale, il y a quelques fautes de frappe, des mots qui manquent.. mais rien de bien grave.en tout cas, elle ne sent pas le vieillot, le poussiéreux et c'est déjà très bien.

Je n'ai pas de couverture, donc, Sacha* et sa moustache si typique de la mode des des années 1910
Livre ici en ligne, mais également téléchargeable sur le site de la bibliothèque slave.

Donc de quoi s'agit-il? D'une longue nouvelle en plusieurs chapitres, qui part sur une bonne idée, est très ambitieuse, mais.. se conclut hélas en eau-deboudin.
Tout commence à Moscou, pendant l'entre deux guerres, par des disparitions de chiens. Le coupable est très vite démasqué, il s'agit d'un dénommé professeur Wagner, scientifique discret qui est en train de développer un remède contre le sommeil et la fatigue. L'affaire d'enlèvement de chiens - qui lui servent de cobayes, on n'est pas exactement dans une époque très préoccupée parle bien-être animal, etle chef d'inculpation est plus le vol de biens que la cruauté envers animaux -  attire l'attention sur ses recherches et lui vaut une soudaine notoriété , des crédits pour ses recherche, le matériels, etc...L'homme a , en effet, développé un médicament contre le sommeil qu'il considère comme une maladie. Un cachet par jour et tout un chacun sera débarrassé de du besoin de dormir, mais également de la fatigue qui empêche son évolution. Imaginez: on pourrait passer la moitié de son temps à travailler et l'autre, libérée du sommeil, à s'instruire.

Ce cachet intéresse donc grandement à la fois l'URSS et l'Allemagne ( au mains d'une organisation politique nommée " dictateur", toute ressemblance, blablabla...), qui y voient la clef pour obtenir une armée infatigable et inarrêtable. Une manne pour un gouvernement désireux de dominer le monde.
Le professeur est donc enlevé par l'Allemagne, qui va le forcer à produire sa substance en masse, distribuée aux élites et aux travailleurs -sans que le scientifique , coupé du monde, ne sache ce qui se passe réellement- avec un effet.. totalement contraire à celui attendu: les travailleurs et les élites ne passent pas leur temps libéré à s'instruire, mais plutôt à festoyer et picoler, entrainant une pagaille sociale monstrueuse, car le prolétariat, au chômage, ou trop pauvre pour se procurer le médicament, sont les seuls à dormir encore d'un sommeil naturel.
Et s'avèreront les seuls à se réveiller normalement lorsque le professeur, pour s'enfuir, distribuera en douce à ses ravisseurs une formule soporifique...

Don, tout ça est intéressant: une invention géniale et potentiellement décisive pour l'avenir de l'humanité ( mais qui comme toujours, détournée de son but par la politique politicienne, va aboutir à une catastrophe), un savant un peu fou, un enlèvement, la lutte des classes... et une conclusion totalement foirée.

SPOILER:le héros, seul réveillé dans un pays endormi exception faite des prolétaires, va réussir à s'enfuir avec deux d'entre eux, rentre en Russie et..rideau. Fin.
Pas un mot sur ce qui advient ensuite, au réveil des élites allemandes, des ravisseurs qui vont voir leur involontaire collaborateur envolé, leur pays saccagé par des casseurs, les citoyens blessés ou morts car tombés endormis n'importe où y compris sur la chaussée devant un bus dont le chauffeur se sera aussi endormi...),et la guerre qui devrait s'ensuivre, ou au moins, la vengeance de l'URSS face à l'Allemagne " dictatoriale"qui avait nié cet enlèvement. Le retour du héros qui pourrait prendre en compte les dangers de sa formule, capable de générer un chaos sans nom si elle est mal utilisée, ou si elle vient à manquer..
Là non, il rentre chez lui avec ses nouveaux amis. Point.


Tout ça, pour ça. Je veux dire, c'est qu'il y a tellement de pistes lancée, de matière à une réflexion riche, que ça m'agace prodigieusement de voir l'auteur ne pas les exploiter et ne pas aller jusqu'au bout de sa réflexion.

Mais bon je conçois:auteur de SF soviétique, entre deux guerres, ce n'était pas la meilleure situation pour aller jusqu'au bout, et son texte a probablement été caviardé ou on lui aura peut-être gentiment demandé de ne pas passer les bornes de la Sibérie.
En tout cas vraiment dommage parce que j'avais bien accroché à ce mélange SF/espionnage industriel qui commençait bien.

Ah, et c'est encore un auteur qui aurait eu sa place dans le challenge nécro: mort de faim pendant la guerre .
J'espère tellement une résurrection de ce challenge!

( bon il n'est pas encore au niveau de Daniil Kharms: auteur de littérature de l'absurde , doté d'une gueule de revenant, et mort de faim à 36 ans dans un asile pour aliéné, où il s'était fait interner de lui-même , en se faisant passer pour fou, pour échapper à la mobilisation forcée car il était antimilitariste convaincu. SUPER COMBO DE LA MORT!)

* Point culture: Sacha est l'un des nombreux diminutifs courants du prénom Aleksandr. Les prénoms russes ne sont quasiment jamais employés dans leur forme entière hors administration, ou édition, ou demande expresse de la personne , mais couramment remplacés par un u des diminutifs. Aleksandr devient ainsi Sacha - ce ne sont pas deux prénoms distincts dans le monde slave-,mais aussi Sania, Choura, Chourik, Aleks, et d'autres encore plus hypocoristiques ( Saniouta, Sachenka, Chourienka...)

mardi 27 août 2019

challenge de l'épouvante

Parce que le mois Halloween est trop court, cette année, je vais faire double dose de (ci) trouille, avec le challenge de l'épouvante qui court du 1 septembre au 31 décembre sur le blog Chroniques littéraires.

C'est ici que ça se trouve!

Compter les points va être l'horreur et je ne sais pas encore comment je vais me débrouiller pour caser tout ça dans mon emploi du temps, donc quelques pistes en fonction demon planning universitaire/ jobs

Bouquins:
- La sorcière - Jules Michelet ( qui va aussi dans la thématique " Halloween Francophone" qu'on a décidée avec Pedro Pan Rabbit) : Menu petit frisson (1)
- Zombillénium, la suite :Menu sentier de la terreur (1)
- Fantômes du monde ( j'ai plusieurs livres possibles) : Menu sentier de la terreur (2)
- Il y a Tolstoï en auteur recommandé.. dites, j'étudie le russe et la culture russe, comment passer à côté!
- j'ai " du feu de l'enfer" de Sire Cédric à finir..thriller (menu terreu1) ou 666 ( terreur 3) et "De bons présages" de Neil Gaiman ( 666 )-un classique:l'île du Dr Moreau ( que je ne sais pas dans quelle catégorie situer,mais qui vu sa thématique " monstrueuse" peut peut être être raccordé à "créatures de la nuit" soit sentier de la terreur 1)

Cinoche/téloche:
-  Je mise sur "la charrette fantôme" ( menu terreur 2), film suédois des années 20, et pionnier du fantastique. car j'aime le cinéma de cette époque comme vous le savez.
- Et aussi La petite boutique des horreurs, Dead like me qui attendent depuis trop longtemps que je me décide à les chroniquer.
- Je n'ai jamais chroniqué l'Etrange Noel de Mister Jack ni Coraline... il y a  quelque chose à faire, là..

Le reste sera au fil de mes trouvailles..

Mais déjà, juste pour le plaisir, parce que la thématique " créature de la nuit" vient de me faire chanter...


3 nouvelles éditées chez Actes sud


Et plus exactement 3 nouvelles d'autrices, et non francophones: hop, on va voyager au Japon, à Cuba et en Russie quelques page.

Des petits livres hors commerces empruntés chez mon voisin, donc parmi un lot complet, et devant le manque récurrent de femmes sur ce blog, j'ai décidé de me faire un "faux lot" de 3 nouvelles " de nanas"




Un trafiquant d'ivoire, quelques pastèques - Zoé Valdès.
 J'avais tenté Café Nostalgia de la même autrice, et je n'avais pas du tout accroché à cette espèce de litanie de noms qui ressemblait beaucoup à un catalogue. Je n'étais pas allée jusqu'au bout, car je n'arrivais à adhérer ni au style, ni au propos , je me demande encore où elle voulait en venir.
Donc, une deuxième chance avec une nouvelle... et c'est une deuxième mauvaise pioche: la rencontre à Cuba d'une "poule", maîtresse d'un haut fonctionnaire, avec celui qu'elle appelle " le contemporain" ( car le seul autre qui soit vêtu de manière contemporaine) sur le tournage d'un film historique. Les deux s'esbignent du tournage pour aller à la plage, où elle va tenter en vain de le séduire. Le contemporain existe-t-il vraiment ou est-il seulement le produit de son imagination? Car il semble être en fait le fantôme d'un poète français du début du XX° siècle et se proclame trafiquant d'ivoire...
Oui... Vous êtes en train de penser " WTF"et moi aussi, tout au cours des 40 et quelques pages du texte que j'ai vraiment eu du mal à finir pour les mêmes raisons: je n'aime pas son style, et je n'arrive pas à comprendre où elle veut en venir.
Deux essais, deux fois le même ressenti, on va en rester là pour Zoé Valdès.



Le réfectoire la nuit et une piscine sous la pluie- Ogawa Yoko
Là encore, ce n'est pas une réussite. J'avais lu d'elle " une parfaite chambre de malade" et " la désagrégation du papillon", qui ne m'ont pas laissé un grand souvenir. Et ce sera pareil avec celui là: La rencontre improbable entre une femmequi vient de déménager, avec son chien, elle attend l'arrivée de son futur mari quelques jours plus tard, et de démarcheurs qui viennent sonner à sa porte : un homme et son fils qui viennent lui demander si elle est en détresse, sans plus d'explication. Elle les prend pour des "vendeurs de religion" (j'aime bien l'image), mais ne comprend pas ce qu'ils lui veulent exactement, car ils repartent aussi sec sans explications. Elle les recroise peu après, et l'homme va lui expliquer sa curieuse passion pour les réfectoires, et le travail qui s'y passe , hors de la présence des mangeurs.
Et là encore " WTF", je suis restée totalement en dehors de cette histoire plutôt sans queue ni tête, et je ne vois non plus pas où elle veut en venir.

Donc idem: on va en rester là pour Ogawa Yoko.




Les pommes - Nina Berberova
Probablement pendant l'entre-deux guerres, à Paris:  Eugène, un homme d'origine russe qui ne s'entend plus avec sa femme , se rend chez Suzanotchka, jeune femme dont il espère faire sa maîtresse, probablement plus pour passer le temps que par réel intérêt pour elle.
Alors qu'il vient d'arriver chez lui, la brune Suzanotchka, reçoit un cadeau, qu'Eugène prend pour celui d'un rival: une jolie boîte contenant des pommes appétissantes. Un magnifique cadeau dont elle ne sait pas l'origine,mais pour elle qui est pauvre, c'est une aubaine. Elle en croque une et .. meurt au bout de quelques minutes, sous les yeux d'Eugène, qui après avoir témoigné auprès de la police, se félicite surtout de ne pas s'être laissé  par l'une des autres pommes!
Mais pas de chasseur, de nains ou de prince pour cette Blanche-neige là:morte elle est, morte elle reste. Mais il y a bien un miroir et une "sorcière"dans cette variation.
Un peu au dessus des deux autres, je donnerai donc une autre chance à Nina Berberova. Son récit était là, bien trop court pour que je puisse en déduire quelque chose ( j'ai l'accompagnatrice chez moi, mais en VO russe, donc je vais le lire, page après page, un dictionnaire  à proximité:D)

mardi 20 août 2019

Projet cinéma russe n°2

Youpiiiiii!

Suite à une première collaboration fructueuse avec le très motivé Sergei, nous avons recommencé.

Le premier film (pour rappel ici) était un court métrage fantastique de 1972, cette fois-ci, tout à fait autre chose.
Il s'agit aussi d'un court métrage, mais tout récent puisqu'il date de l'an dernier.Une version humoristique et contemporaine de Cendrillon, où une femme d'affaires, passablement "glaçon" ( même si j'emploie à dessein un autre mot beaucoup plus vexant dans ma traduction) se retrouve dans une situation ridicule: suite à un pari, elle a 48h00 pour  faire une conquête, peu importe qui, et en apporter la preuve.

Cendrillon 2.0 drague sur Tinder...mais trouvera son " prince" (aussi coincé qu'elle) par un concours de circonstances inattendu.

Je trouve les deux acteurs principaux excellents dans leurs rôles de coincés.

Activez les sous-tires en bas de la vidéo,car ils ne sont pas intégrés par défaut cette fois.

Bon visionnage.

vendredi 21 juin 2019

Le musicien aveugle - Volodimir Korolenko

Et voilà une très bonne pioche entièrement gratuite, que j'ai prise uniquement sur son titre, sans savoir de quoi, de où et de qui ça allait parler.

D'un musicien aveugle, oui, ça...on peut s'y attendre.

Mais plus que ça.
Le roman est, on dirait maintenant, ukrainien, l'auteur ukrainien d'expression russe ( Volodimir en ukrainien, Vladimir en Russie, vu le contenu du texte et l'engagement du bonhomme, je crois que je peux lui redonner son prénom d'origine, qui est aussi celui du nouveau président, tout frais élu de ce printemps), mais l'Ukraine,  en tout cas une partie de l'actuelle Ukraine sous son ancien nom de " Petite-Russie" - a l'époque, une région sous contrôle du tsar " de toutes les Russies " - est au centre de l'histoire

Je vous présente Vladimir- Volodimir.
Apparemment tous les écrivains de la fin du XIX° devaient aller chez le même coiffeur/barbier
On suit le parcours d'un jeune garçon aveugle, depuis sa naissance, pendant son enfance.. et jusqu'à son mariage et à la naissance de son propre enfant, dans sa vie quotidienne et sa découverte de son environnement avec les seuls 4 sens dont il peut se servir. Ce qui au final donne un roman naturaliste très sensoriel, voire sensuel... puisqu'il va principalement découvrir le monde par l'ouïe, l'odorat et le toucher. L'idée est d'évoquer non seulement les paysages ukrainiens par des descriptions pour le lecteur, mais aussi d'essayer de lui faire sentir, toucher et entendre les lieux à la manière du jeune héros.

Mais c'est aussi une évocation de l'envie d'indépendance d'un pays ( via l'oncle Maksim, ancien engagé volontaire très "rouge" auprès de Garibaldi, qui aimerait bien voir les compatriotes plus actifs dans la revendication d'indépendance), un pays qui a ses spécificités bien qu'il ne soit que la "Petite Russie", où habite aussi une importante minorité polonaise parlant polonais ( c'est le cas de la petite fille issue d'une famille polonaise qui revendique aussi ses spécificités et ses quartiers de noblesse polonaise, bien qu'ils ne soient de fait que les gérants d'une grosse métairie)

Et donc, tout commence à la naissance de " Pierre", dans une famille de propriétaires terriens plutôt aisés des environs de Kiev.
Et que je prends tout de suite la liberté de renommer de son nom d'origine Petro ( c'est aussi le prénom de l'ex président du pays d'ailleurs), après vérification du texte d'origine, d'autant qu'il est le plus souvent nommé par le diminutif " Petroussia", et non " Pierrot". De même qu'"Eveline" est bien sûr Evelina, et Maxime se nomme Maksim, en VO.
Alors qu'Anna garde son nom, et qu'on voit passer de ci de là d'autres appellations bien ukrainiennes tel que Gavrilo, qui n'est pas renommé " Gabriel", allez savoir pourquoi certains sont rhabillés d'un nom à la française et pas les autres.

Donc Petro est aveugle de naissance au grand dam de sa famille, enfin, surtout de sa mère et de son oncle, son père débonnaire est curieusement écarté de ce récit.
Si sa mère pense est tentée de l'élever " sous serre", dans un premier temps, afin de le protéger des malheurs quotidien, dans la mesure où il est handicapé, l'oncle Maksim, lui même vétéran mutilé de guerre, voit dans ce neveu une occasion de se prouver qu'il n'est pas inutile et que deux handicapés peuvent s'épauler mutuellement.Il prend donc une part très active dans l'éducation de son neveu et surtout, dans le développe de sa relative autonomie, qui fait que tout aveugle qu'il soit, il devienne débrouillard et apte à vivre à peu près normalement.
L'oncle Maksim est vraiment un personnage intéressant, que tout le monde prend pour une brute.. mais qui est d'une intelligence et d'une adaptabilité rare et se lance à fond dans la lecture de livres pédagogiques et méthodes d'éducations pour aveugles. Bien évidemment Anna et Maksim ne feront pas les choses parfaitement, à trop vouloir protéger Petro, ou à vouloir inversement trop l'intégrer de force à une société qu'il n'a pas forcément envie d'intégrer, mais l'un dans l'autre, avec la petite Evelina, petite fille calme et gentille qui prend Petro en affection et le soutien indéfectiblement, tout en étant une compagnie parfaite, pas trop remuante, mais énergique et déterminée.. et surtout de l'âge de Petro, l'enfant aveugle grandit et devient un adulte équilibré malgré une certaine tendance à la mélancolie et l'auto-apitoiement ( provoqué justement par l'éducation " sous serre" d'une mère qui veut l'éloigner de tout malheur.. n'ayant aucun contact avec des gens encore plus malheureux que lui, il se croit donc leplus malchanceux de la terre, jusqu'au jour où son oncle l'emmène rencontrer d'autres aveugles, nés du mauvais côté de la barrière économique et qui n'ont d'autre avenir que la mendicité.
Alors que Petro a un talent inné pour la musique, qui peut lui permettre  d'espérer un métier et une reconnaissance sociale. L'événement déterminant pour lui est la découverte de la musique via le palefrenier Iokhim, rude paysan et musicien amateur doué, en particulier pour jouer à la flûte des mélodies rurales, indissociables de leur terroir, qui se confondent pour Petro avec l'odeur de l'herbe, le bruit du vent dans les arbres, les chansons populaires et héroïques qu'affectionne Maksim...Autant creuser ces dispositions et lui faire découvrir outre la flûte ( bien trop " populaire") le piano, le chant, les langues, et même la lecture ( du bout des doigts donc probablement en braille)

Petro deviendra donc musicien professionnel, et malgré son handicap, verra la chance lui sourire également sentimentalement, à lui, qui s'estimait condamné par son sort.

Un livre très agréable, que j'ai littéralement dévoré, tant j'avais envie de savoir comment cet adorable gamin allait évoluer. Pas de drame, pas d'emphase, de la simplicité, de la tranche de vie quotidienne .
Le handicap de Petro n'est jamais présenté de manière mélodramatique, c'est un bête accident de parcours, qui n'est pas vu comme une malédiction divine, un mauvais oeil si l'on peut dire, un destin contraire: personne n'en fait des caisses, c'est "la faute à pas de chance" et il faut essayer de faire de son mieux avec ça. L'enfant n'est pas rejeté socialement  de par son handicap ou caché comme une honte, il est simplement empêché pratiquement de faire les mêmes choses que les enfants de son âge

Et il y a de la musique, beaucoup de musique. On y parle de bandoura, ( wowow, j'aime le son de cet instrument, qui ressemble vaguement à un luth et évoque presque un clavecin, un son très sec. Probablement apparenté au cymbalum roumain ou hongrois )  des carillons de fête, des musiciens de rue, des danses ukrainiennes, et en particulier de cette chanson


J'ai beaucoup aimé les réflexions sur les limites du langage lorsqu'il s'agit de décrire les impressions sonores et visuelles, ce qui est compliqué même pour les gens qui y voient: les mêmes termes sont employés pour décrire un phénomène visuel et sonore ( et ça fait longtemps que ça me perturbe aussi!) : la peinture comme la musique utilisent une gamme, des tonalités, des accords, des nuances, des couleurs... la palette peut être colorée ou sonore, les couleurs comme le timbre ( d'une voix ou d'un instrument) peut être brillant, ou criard. Et les couleurs peuven têtre sourdes aussi.

Comment faire comprendre par le son à quelqu'un qui est aveugle de naissance ce qu'est le bleu,le rouge, le noir, le blanc.. par le biais d'images ( tiens!) sonores ou tactiles...le bleu c'est la chaleur d'un jour d'été ensoleillé, c'est le bruit de la rivière. Le vert, le son du vent dans les feuilles, ou l'humidité de l'herbe, le blanc c'est le contact froid de la neige en hiver, le noir c'est la fraîcheur nocturne ou le cri des corbeaux... des exemples de ce genre.
Petro associe les sons graves à une balle qui roule sur le sol, sa mère joue des notes différentes alors qu'il touche le plumage d'un oiseau pour essayer de rendre sonore les couleurs des plumes qu'il ne voit pas.

Je trouve ça passionnant et c'est un réel plaisir que de voir ce questionnement évoqué dans un roman.
Une très jolie découverte. Une histoire simple, mais une expression parfois poétique très proche de la nature, j'y retrouve ce que je notais à propos de certains poèmes d'Essenine: on sent le vent dans les feuilles, la chaleur des rayons de soleil printanier, l'odeur de l'herbe, et ce même dans la traduction. Donc joli boulot (traduction LGolschmann 1895)
Texte original en russe ( qui définit par ailleurs les termes ukrainiens)

Et la bibliothèque slave propose d'autres titres du même auteur, en traduction et en VO, donc je vais me faire plaisir avec aussi des textes de pays dont je connais peu ou pas du tout la littérature (Pologne, Croatie, république tchèque, etc...)

jeudi 6 juin 2019

La Ravine - Serguei Essenine


Je sais, ce n'est plus l'hiver russe on a s'approche même de l'été, mais je termine mes lectures entamées qui attendaient patiemment la fin des examens pour être terminés.

J'avais déjà évoqué plusieurs cet auteur, le fil rouge de mon apprentissage de la langue, trop peu connu du côté ouest de l'Europe( car très difficile à traduire, dans la mesure où la quasi totalité de son oeuvre est poétique). Et de fait La Ravine est son seul roman en prose.. où surnagent quand même les images poétiques qui ont fait sa célébrité de son vivant et posthume.

Héros-limite, une maison d'édition suisse au catalogue très original, que je ne connaissais pas du tout
Je vois qu'ils ont édité deux textes de Daniil Kharms, que j'ai très envie de découvrir.
Traduction: Jacques Imbert



Déjà, situons, vu la taille du pays, ça ne fera pas de mal.
Les lieux mentionnés sont Tchoukhlinka et Ramenki. Tchoukhlinka est un lieu dit, situé actuellement dans la banlieue de Moscou, direction ESE, tandis que Ramenki est au SO de la capitale.
Voilà pour la situation géographique.
Mais à la lecture, cette histoire pourrait aussi bien se passer au fin fond de la Sibérie, tant le lieu dit " La Ravine" semble loin de tout.

Et de fait, c'est ce lieu dit qui va être le fil conducteur de la narration, le personnage central, les personnages humains vont, viennent.. et meurent beaucoup aussi.
Car ce qui est décrit, c'est la vie quotidienne des paysans pauvres dans la Russie de 1910 ( L'auteur, né en 1895 a 18 ans lorsqu'il rédige cet unique roman). Et on peut dire qu'elle est rude.

Tout commence par l'arrivée inopinée dans ce coin au milieu de nulle part de Kostia Karev, vagabond, qui par un concours de circonstance, se trouve mêlé à une partie de chasse avec Filip, plus ou moins garde chasse, et Vantchouk, paysan veuf et ivre du matin au soir qui essayer de séduire Olimpia, la soeur de Filip.
Kostia  se trouve plutôt bien à cet endroit et va y rester quelques saisons.

La raison qui a fat de Kostia un vagabond, c'est le mariage imposé par ses parents avec Anna, une femme qu'il ne déteste pas mais avec laquelle il n'a aucune affinités. Lors qu'il a découvert que celle-ci avait un amant, la solution lui est apparue toute simple: plutôt soulagé par cette chance providentielle partir. Laissant Anna aux mains de son amant et ses parents aux soins d'Anna.
C'est cet événement déclencheur qui va entrainer une foule de drames en cascade.

Kostia est pris en sympathie par le vieux meunier de la Ravine, parce qu'il ressemble à ce que serait devenu le neveu du meunier, s'il n'était pas mort très jeune dans un accident de chasse. A la mort du meunier, plutôt fortuné, qui économisait pour faire construire une église, Kostia hérite du moulin et de l'argent. trop peu pour une église, il songe à l'utiliser pour faire construire l'école qui manque cruellement dans ce coin... mais il n'en sera plus jamais question.
Et Kostia se mêle donc à la vie locale, développe une idylle avec Olimpia, plus tentée par cet étranger présentable que par son alcoolique soupirant officiel.

Mais Kostia n'est pas le genre d'homme à rester bien longtemps au même endroit: il tente de la convaincre de partir avec lui, mais Olimpia refuse, chevillée corps et âme qu'elle est à SA Ravine, et incapable de choisir entre son homme et son patelin.

Parallèlement à cette trame, une autre histoire se développe: la vie dans la famille de Kostia après son départ, qui suit son court... bien mal:une lettre reçue par les parents le déclarant mort, ils décident donc l'un après l'autre d'entrer en religion, laissant Anna seule, bientôt quittée par son amant, contraint à la mort de sa mère de rentrer chez lui.

Toute cette histoire est encore encadrée en quelques mots par la situation générale, peu brillante, de la Russie agricole: on est loin de tout, il y a bien eu quelques bruits au sujet de la révolte de 1905 à Saint Petersbourg, on a vaguement conscience de la guerre qui s'annonce, mais le problème reste le même:on vit tant bien que mal dans une quasi misère, il n'y a ni école, ni médecin, on s'adresse pour un enfant malade à la rebouteuse, et si elle déclare qu'il va mourir, hé bien, il mourra, c'est son destin, dieu l'a voulu. De toute façon, y aurait-il un médecin, il serait trop cher.
Sans parler des propriétaires terriens, qui, bien que le servage ait été aboli, continuent à exploiter et maltraiter les paysans, avec la complicité d'une police prompte à donner raison au plus riche.

Et donc, dans les magnifiques paysages bucoliques, c'est une multitude de drames qui se jouent, ponctuée de quelques moments de joie d'autant plus précieuse qu'on la sait éphémère.
Dans cette histoire, tout n'est que deuil et renoncement. Les hommes y sont à majorité lâches et les femmes doivent faire avec et renoncer.
On ne peut pas avoir à la fois le beurre et l'argent du beurre, garder à la fois son amour et la Ravine. Alors on fuit, physiquement, symboliquement ou définitivement. Et pourtant malgré tout, cette oeuvre n'est pas déprimante. Plutôt résignée et mélancolique.

l'auteur, probablement à peu près au moment où il a dû écrire son roman
Rappelez vous, j'ai dit que l'auteur qui écrit cela, et qui connaît bien la vie agricole et ses difficultés a 18 ans.
Et il est étrange de voir à quel point le destin de Karev se rapproche de celui qui sera le sien: toujours en mouvement, ne pouvant rester à un même endroit ou avec les mêmes personnes que pour un temps limité, vagabond volontaire, chez lui partout, chez lui nulle part, voulant quitter la Russie et y revenant sans cesse...
Cette bougeotte l'a fait surnommer en France le " Rimbaud soviétique", je ne suis pas d'accord avec cette appellation si cliché qu'adore la littérature française, comme si l'un ne pouvait être que le clone de l'autre ignorant les particularités de chaque auteur. Oui ils ont des point communs, mais aussi de grandes différences, et, une telle appellation sur la fois d'une poignée de ressemblances (voyages, oeuvre poétique, et tendance au scandale) est injuste pour leurs talents respectifs.

Mais voilà, j'ai bien aimé, même si pour ma part, je reste quand même fan de l'oeuvre poétique d'Essenine.Il est bien dommage de se dire que ce talent en prose n'a pas été ré-exploité par la suite avec un peu plus de bouteille, mais après tout, l'auteur a choisi le mode d'expression qui lui convenait le plus, avec lequel il était le plus à l'aise.

mercredi 29 mai 2019

Mois Anglais, 8° du nom!

Juin, c'est le retour comme tous les ans du mois anglais. L'an dernier, je n'avais pas été très efficace pour cause de cure thermale et de préparation de déménagement, et cette année.. hé  bien je sais déjà que ça ne sera pas non plus très folichon.

Enfin, il y en a d'autres pour qui c'est pire, et oui,cette image me fait marrer


J'ai des examens jusqu'au 6 juin, après je compte bien enfin, profiter d'être en Belgique pour visiter le pays et faire une incursion en Allemagne.
Je n'ai pas une foule de livres ici, même si je peux piocher dans mes e-books, et qu'il doit me rester quelques films à voir sur mon disque dur. Donc pas de programme défini pour moi, voici celui " officiel" des rendez-vous. Autant dire que je ne participerai probablement à AUCUN thème imposé cette fois, je n'ai même pas d'Agatha Christie sous la main, donc à moins de tomber sur une tête couronnée au détour d'un bouquin, c'est mal partit. Le seul que j'ai en stock est un tome de Pratchett ou de le classer en surnaturel.
Et comme je me fiche quasiment totalement de la période victorienne que tout le monde semble adorer ( j'ai beau essayer, je n'arrive pas à trouver ça intéressant, hors Jack L'éventreur et le début de la littérature fantastique. En fait, je suis plus tentée par l'époque Elisabethaine ou celle de Cromwell en fait. Mais même en littérature française, l'immense majorité des productions du XIX° m'ennuie à 100 sous de l'heure), je n'ai ni la place  ni le matériel pour cuisiner ici, et je ne lis pas de littérature jeunesse en général, il y a déjà beaucoup des dates proposées qui sautent pour moi.

Mais j'ai une idée quand même.
En fait depuis  l'été dernier, je n'ai quasiment plus ni parlé ni écrit en anglais, occupée que j'étais par 6h00 d'allemand et 6h00 de russe minimum par semaine. Tous les partiels d'allemand sont fini, et le dernier oral de russe a lieu début juin.
Et quasiment un an sans pratiquer,  je vous assure que ça rouille très vite.

Donc je m'engage tous les jours du 1° au 30 juin, à avoir une activité en rapport avec la langue anglaise:j'ai emprunté une méthode ( pour débutant) à la bibliothèque tout à l'heure pour me remettre à flot avec la prononciation qui est very tricky, mais ça peut aussi être  écouter un CD,regarder un film en VO, une vidéo sur l'anglais sur youtube, lire des articles de journaux, écouter la BBC...

Et je ferai un billet de suivi mis à jour quotidiennement (si le net n'est pas en panne, excepté bien évidemment pour la semaine où je ne serai pas chez moi, je peux toujours écouter des choses sur mon mp3, mais pas mettre à jour le blog depuis la tablette).

Ca ne veut pas dire que je laisse tomber l'allemand et le russe pour un mois, mais que je vais profiter d'avoir du temps pour remettre à jour l'anglais, fut-ce 10 minutes par jour.
  • Cuisine anglaise avec les Gourmandises de Syl : 30 juin
  • Read-a-thon de lancement / On partage nos lectures : Du 30 mai au 2 juin – Week-end de l’Ascension.
  • Un cosy mystery : 3 juin
  • Album ou roman jeunesse : 4 juin
  • Lecture en VO : 5 juin
  • Vita Sackville-West : 6 juin
  • Agatha (Christie / Raisin / Frost) : 7 juin
  • Album ou roman jeunesse avec le challenge : 8 juin
  • Cuisine anglaise avec les Gourmandises de Syl : 9 juin
  • La région anglaise de votre choix à l’honneur : 10 juin
  • Le cercle Bloomsbury : 11 juin
  • Roman historique : 12 juin
  • Un vintage classic (début xxe aux 70’s) – Mitford, Waugh, Sackville West… : 13 juin
  • Read-a-thon du mi-Mois anglais : du 14 juin au 16 juin (3 jours)
  • Album ou roman jeunesse avec le challenge ou Julia Chapman : 15 juin
  • Cuisine anglaise avec les Gourmandises de Syl : 16 juin
  • RDV surnaturel (roman adulte ou jeunesse / BD avec fantômes, vampires, sorcières…) :17 juin
  • Le traditionnel rendez-vous Jane Austen (livre de l’auteur, adaptation TV, biopic, livre sur Jane Austen etc) : 18 juin
  • Jessie Burton : 19 juin
  • Penelope Lively : 20 juin
  • Journée victorienne (auteurs victoriens ou récits ayant lieu à cette époque) : 21 juin
  • Album ou roman jeunesse avec le challenge : 22 juin
  • Cuisine anglaise avec les Gourmandises de Syl : 23 juin
  • Mary Wesley : 24 juin
  • Rois, reines, princes et princesses d’Angleterre (du livre historique au roman en passant par des reportages sur des châteaux royaux, votre collection d’assiettes royal family et vos avis sur les robes des mariages royaux depuis la superbe meringue so 80’s de lady Di) : 25 juin
  • Kate Morton (pour ses romans se déroulant en Angleterre exclusivement) : 26 juin
  • Jean-Pierre Ohl à l’honneur (Biographie des soeurs Brontë OU de Charles Dickens / romans anglais) : 27 juin
  • Hommage aux suffragettes : 28 juin
  • Album ou roman jeunesse avec le challenge ou des romans de Anna Hope: 29 juin

    Il y a même un logo parfait pour moi!

dimanche 28 avril 2019

J'ai vu mourir la Belgique - Jacques Hislaire

(A ne pas confondre avec Bernard Yslaire, Hilaire, etc... son compatriote auteur de BD)

Encore une trouvaille un peu au hasard, donc le sujet m'a amusée: J'ai vu mourir la Belgique sous-titré " lettres à la manière de la marquise de Sévigné"



Jacques Hislaire, auteur de théâtre imagine une uchronie surprenante et plutôt réjouissante, et plutôt réju.Madame de Sévigné est contemporaine, française, mais vit en Belgique: mariée en 1944 au militaire Belge Henri de Sévigné, elle retrace, avec son ton narquois, 50 ans ou presque d'histoire politique de la Belgique, de 1944 ( la libération et son mariage) à 1990 ( chute du bloc Est et réunification des deux Allemagnes), dans lequel elle se plaint auprès de son cousin et par la suite auprès de sa fille de voir son pays d'adoption se déliter au fil de politiques hasardeuses, qui voient les mêmes ministres affublés d'une numérotation se succéder sans fin.

Imaginez une marquise de Sévigné qui a quitté Paris pour (Knokke-)le-Zoute et chronique successivement la libération du pays, l'accession au trône du roi Baudouin, l'indépendance du Congo ( ex Belge), l'affaire des Fourons ( petite ville du Limbourg, auparavant rattachée à Liège, devenue Flamande par fantaisie administrative en 1963 et contre l'avis de la population), les francophones expulsé de l'université de Louvain par les flamands en 1968,la création des communes à facilités, la mort de Jacques Brel, les 150 ans du pays.. qui sont fêtés sur fond de morcellement contemporains en régions, communautés, etc.. pour finir par la disparition des frontières de ce qui s'appelait encore la CEE en 1990 .. l'Europe unie dirigée depuis un pays incapable de se réconcilier avec lui même.

avec des petites références toujours sympa: Madame de Sévigné aime toujours autant le théâtre et va assister aux spectacles de Maurice Béjart au théâtre de la Monnaie. elle aime aussi la bande dessinée et offre des tomes de Tintin à sa famille ( avec une nette préférence de sa part pour le professeur Tournesol.Cependant en 1960, elle estime qu'"Objectif Lune" est fondamentalement irréaliste car il y a fort  pareier que la conquête de la lune reste à tout jamais une chimère.. ahem.... 1969). Elle a aussi beaucoup aimé la première représentation de Hair ( oui oui, la joyeuse comédie musicale hippie qui chante les joies de la fumette et dela sexualité de groupe), vu à Londres dans les années 60

On y trouve bien sur les hommes politiques Les rois Leopold III et Baudouin, les ministres et autres pions politiques, Simenon, Brel, Magritte et folon qui y sont mentionnés, Béjart ( elle recommande d'ailleurs à Françoise qui habite très logiquement Grignan, d'aller voir le Sacre du Printemps au festival d'Avignon, même si ça n'est plus la même chose depuis la mort de Gérard Philipe, ce genre de mention fait évidemment mes délices !)
Pour les français comme moi: Béjart, le marseillais, à habité Bruxelles, rue de la fourche, une maison qui est maintenant un conservatoire de danse. Je l'ai découvert au fil de mes errances en ville. Il y est aussi question d'Eddy Merckx et des Diables rouges... entre diverses narration de banquets ( menus à l'appui) du plus pur style Grand Siècle. Un pastische littéraire donc tout à fait réussi, ce qui m'a bien faite sourire.. et informée au passage! Ce décalage entre l'écriture raffinée , bardée d'imparfaits du subjonctifs, et des mentions comme Eddie Merckx, Jean-claude Drouot dans Thierry la Fronde ( car oui, c'est un acteur belge qui boutait les angloys hors de France) ou Hair est très drôle.

Car le mieux, c'est que j'y ai retrouvé quelques points évoqués dans le cadre de mes études,lors du cours de droit Belge, matière qui n'entre absolument pas dans ma tête, mais qui, là,avec la béquille de ce récit me parle.
D'autres références plus obscures ( les Fourons par exemple), m'ont obligée à des recherches, ce qui n'est pas un mal. Et c'est plus sympa qu'un aride cours de droit qui me fait dire chaque semaine " quelle usine à gaz!" ( de fait, plus instruction civique que vrai droit, mais déjà que je trouvais ce genre de matière compliquée en France, l'organisation en communautés linguistiques du pays est loin de simplifier les choses. La France est aussi une usine à gaz, mais pas la même, et des notions de parlement ou Sénat ne recouvrent pas exactement les mêmes réalités, ce qui rend la chose encore plus difficile pour moi, qui vient de mon pays monolingue)


mercredi 24 avril 2019

Diotime et les lions ; Le temps du rêve - Henri Bauchau

Cette fois c'est un nom que j'avais déjà entre vu, mais sans en savoir plus, je ne savais même pas qu'il était belge. Donc.. découvrons!

Toujours avec mon critère de livres courts, pour pouvoir les lire dans les transports en allant à la fac.
Mais là, Diotime était vraiment très court, donc j'ajoute un second titre du même auteur.



Commençons par Diotime, il s'agit d'un court roman.. ou d'une longue nouvelle qui se passe dans l'antiquité. Diotime, comme on peut le supposer à son nom,  est grecque. Une Grecque antique, qui avec sa famille du côté turc, voire perse de la Grèce. et ce sont ses années de jeunesse qu'on va suivre depuis sa petite enfance jusqu'à l'âge de se marier soit.. 14 ans.
Oui, c'est l'antiquité, je rappelle. Ce qui fait passer un peu mieux la pilule c'est qu'elle est motivée pour ça, c'est que c'est elle qui tanne ses parents pour leur imposer le futur mari qu'elle a choisi.

Car Diotime est une forte tête, élevée presque plus par son grand-père Cambyse, chef de clan redoutable mais qu'elle ne craint pas, que par ses parents qui ont bien du mal avec cette fille si peu féminine: loin de l'idéal de la parfaite femme au foyer grecque, Diotime descend d'une tribu de " fils des lions", qui révèrent les dieux lions, lors de chasses rituelles annuelles et de cérémonies quasiment chamaniques.
Diotime, eu égard à son statut social et à sa compétence de chasseresse est d'ailleurs la seule femme conviée aux rites, et son caractère bien trempé impressionne beaucoup les hommes, qui semblent apprécier cette graine de femme à poigne.
Et pour faire ses preuves dans le clan de Diotime, et donc prétendre à la fille du chef, il faut chasser les lions, ce qui pose un problème à l'heureux élu, un homme raffiné et délicat, navigateur venu de la "vraie" Grèce, qui va donc devoir se livrer à un rite qu'il considère comme barbare, dans le cadre d'un culte dont il se fiche comme d'une guigne, mais pas le choix, s'il veut obtenir l'aval de la famille de Diotime, il va devoir tuer un lion.

Tout va a peu près bien dans cette histoire.. jusqu'au moment ou Diotime et son fiancé rencontrent.. un vieux sage hindou à dos de mule qui est venu par là via la route de la soie et va les initier à la pensée orientale. Là, ça part vraiment en vrille. Et le récit perd franchement en intérêt à ce moment là, j'ai pu finir juste parce que le livre était très court, mais ce personnage qui fait irruption comme un cheveu sur la soupe m'a cassé tout intérêt, je dois dire. Dommage.

Et comme le livre était ultra court, j'ajoute un autre, tout aussi court mais très différent.



Bienvenue dans la campagne belge des années 20, le narrateur (l'auteur?, les deux semblent vraiment se confondre cette fois), prénommé Billy, va nous raconter ses premiers émois sentimentaux: en plein été, lui , ses frères et soeurs, cousins et cousines- de bonne famille! - sont invités à aller jouer avec les enfants d'une autre famille, tout aussi distinguée.
Il fait connaissance ce jour là d'Inngué, blondinette en robe bleue âgée de 8 ans, le courant passe très bien entre eux, ils n'espèrent rien tant que se revoir quelques jours après, mais un risque d'épidémie fait tomber les projets à l'eau. Il ne reverra plus Inngué que brièvement à la sortie de la messe.. et ne se reverront finalement plus du tout après les vacances. Billy va donc la revoir le plus possible en rêve.
Malgré tout, il n'a jamais oublié cette petite fille espiègle...dont on sait dès l'avant propos qu'elle est morte dans un accident à peine devenue adulte.

Un des premiers textes publié sous pseudonyme de Bauchau alors âgé de 20 ans et publié en 1936. Et préfacé pour une réédition en 2011 par l'auteur âgé de 98 ans, qui revient sur l'évolution de son écriture au fil du temps, et surtout sur la disparition non seulement d'Inngué, mais aussi avec elle, d'une époque, d'un temps qui ne peut plus alors être qu'un rêve, encore plus que dans les années 30. Cette préface, au passage me fait un plaisir immense, la clarté d'expression de ce très vieux monsieur fait plaisir et donne envie de devenir nonagénaire. Nostalgique, évidemment,d'une époque irrémédiablement révolu, mais sans pathos, sans regrets (Bauchau est mort en 2012 à quelques mois de son 100° anniversaire)

Donc oui des deux, sans être un coup de coeur absolu, j'ai largement préféré le récit autobiographique ( à rapprocher des souvenirs d'enfance de Tranströmer dont j'ai parlé cet hiver, tiens). Je lirai donc à l'occasion d'autres textes de l'auteur pour lui donner une chance de me convaincre, ce que je fais en général quand j'ai du mal à me faire une opinion sur 2 titres seuls.

parce que ça me fait plaisir: Henri à 84 ans. La classe et le sourire.
Je n'ai jamais connu mes grands-pères mais c'est exactement comme ça que j'imagine au moins l'un des deux.

24 avril, c'est le jour d'Henri

samedi 20 avril 2019

Sur la pointe des mots - Marie France Versailles


Et contrairement à ce que son nom laisse à penser, Marie France est belge..



Encore un petit livre choisi cette fois pour son titre et son sujet qui me tentaient bien ( une dame des Ardennes belges qui approche de l'âge pudiquement appelé 3° commence à réfléchir sur ce que c'est que vieillir, et se choisit une aïeule littéraire en la personne de Dhuoda, duchesse d'Uzès dans le Languedoc autrice du haut-moyen âge d'un seul livre: un manuel de conseils à son fils)

Mais entre nous je m'attendais à un roman, c'est plus une déambulation entre deux époques, un " à la manière de, assorti d'une conversation à plus de mille ans de distance, avec Dhuoda, que Marie France imagine dans son quotidien.
Sauf qu'elle y insère des pensées, des maximes, des passages de poèmes en prose et qu'au final le tout manque peu trop de liant pour moi.

Alors que dans les premières pages, je me suis dit " ouah, j'aime bien l'écriture, ça va me plaire", au fil des pages , j'ai commencé à trouver que le livre tournait un peu en rond autour de la maternité, de la famille, sujets qui ne me passionnent vraiment pas. Alors que la quatrième de couverture semblait plus accentuer la quête de cette écrivaine assez méconnue  du haut moyen-âge, sur la littérature écrite pas les femmes, le décalage temporel et géographique entre les Ardennes et Uzès, et si le sujet y est présent, il n'y est qu'en pointillé.

Tout ça m'a laissé le loisir de me dire que l'écriture travaillée l'était.. trop, et au final devenait un procédé qui tournait un peu à vide, et manquait de spontanéité.. alors que le récit se veut sur le mode de la confidence.
C'est surtout la profusion de phrases non verbales qui me pose un problème: quelques-unes ça va, ça donne un ton original, mais trop au fil des pages, ça lasse vite. Vraiment très vite.

Donc paradoxalement, le joli style qui m'a plu dans les premières pages est devenu la limite qui fait que je n'ai pas vraiment accroché sur la longueur. Ce n'est pas vraiment une déception, mais plutôt un de ces livres qui ne me laisseront pas un souvenir très marquant et dont je sais si dans quelques mois je reviens en arrière dans mon blog, que je me dirais " moui.. en fait je ne me souviens pas vraiment l'avoir lu, heureusement que mon billet est là pour en témoigner"
Ce qui, on va être honnête, constitue la majorité des lectures, alors que les tops et les flops sont plutôt rares.




mardi 16 avril 2019

Tragédies impériales - Juliette Benzoni

Après une première séance de rattrapage l'été dernier concernant Françoise Sagan, voilà une autre autrice ( yep, l'Académie m'autorise maintenant à utiliser le mot, trop gentils :D) que je ne connaissais que ce nom. Mais elle a croisé ma route au détour d'une boîte à livres, donc entre deux lectures belges, voilà un titre qui aurait bien trouvé sa place dans le challenge royal, d'il y a quelques années.

Il y a plusieurs éditions, c'est de celle là que je parle: alerte 4° de couverture sous acides!

Tragédies impériales est une série de nouvelles/récits/chroniques. Le mot est dur à choisir, mais je vais opter pour "nouvelles",car l'autrice  fait de fréquentes incursions dans la tête de untel et untel avec des " pensa-t-il" ou " se dit-elle". Ce que personne ne peut vérifier, bien évidemment. Qui peut dire ce que Napoléon où Elisabeth d'Autriche avaient en tête tel jour à telle heure.
donc uen série de nouvelles qui mettent en scène des personnages historiques, au moment où leur vie a basculé. Ils étaient riches, ils étaient célèbres.. et ça s'est mal fini. C'est le dénominateu commun de ces histoires.
Après une courte histoire autour de Napoléon, et ses dernières heures à Malmaison avant l'exilà l'ïle d'Elbe, la majeure partie des autres concernent L'autrice et sa famille régnantes.

Celles autour d'Elisabeth pastichent assez savoureusement les titres de films qui lui étaient consacrés ( Sissi et le shah de Perse, Sissi et le domino jaune, Sissi et Katharina...),mais évoquent heureusement des épisodes plus anecdotiques, donc moins célèbres. Mention spéciale au Shah persan, en visite protocolaire en Autriche et qui commet bourde sur bourde étant très très loin de connaître les subtilités de l'étiquette viennoise. Cequi amuse évidemment beaucoup Elisabeth, allergique au protocole guindé.

Les suivantes mettent en scène les relations de la famille royale de Belgique et ses alliances avec l'Autriche, d'abord Charlotte, fille du roi de Belgique, mariée à Maximilien, frère de l'empereur d'Autriche, et éphémères souverains du Mexique.des gens ni meilleurs ni plus mauvais que d'autres, mais qui ont été mis là un peu par hasard .. sans avoir été prévenus qu'ils débarquaient en pleine guerre civile.
J'avais oublié Maximilien ( dont pourtant on parle beaucoup dans Zorro.... oui j'assume mes références), et je ne connaissais pas sa femme.
De même la suite nous parle de Stéphanie et sa soeur Louise, mariées également à des autrichiens. Stéphanie est la malchanceuse qui a épousé Rodolphe, le fils de Sissi, suicidé à Mayerling. J'avais vu il y a très très très longtemps le film avec Omar Sharif, qui est à peu près la seule raison pour laquelle je connais cette histoire, mais de mémoire Rodolphe y était un pauvre type marié de force, alors qu'il en préférait une autre, archétype du héros romantique, en oubliant son penchant pour les fêtes alcoolisées et la course aux jupons etc... et sa femme était à peine évoquée si elle l'était.
Le parti pris est de raconter l'histoire du point de vue de Stéphanie, qui se rend compte un peu trop tard qu'elle a épousé un noceur, instable qui se fiche d'elle.

Allons-y pour la minute belge:

Voilà Stéphanie, en l'honneur de qui a été nommé de la Place Stéphanie, donc.. avec son impérial époux Rodolphe, fêtard patenté.
Et sa tante Charlotte avec son tout aussi impérial et tout aussi autrichien grand-duc.

Ahem, ces deux bonshommes sont décris comme des beautés, je n'en dirais pas autant. Et puis, franchement, c'est mieux d'être roturière, qu'est-ce qu'ils ont tous l'air de s'emmerder à cent sous de l'heure.

Et par conséquent, je sais maintenant, qui sont Charlotte, Louise et Stéphanie, qui jusque là n'étaient pour moi que des stations de bus, une avenue et une place, où je passe en métro. Donc de ce point de vue là, le livre a comblé un manque d'informations que je n'avais pas encore eu le temps de chercher et arrive même à faire un lien avec le mois belge.
Suivent deux nouvelles allemandes, sur le règne du Kaiser Guillaume I°, avant son accession au trône et à sa mort ( à plus de 90 ans, on ne sait pas ce qui s'est passé entre les deux) et le règne éphémère du progressiste et pacifique Frédéric III,  que je ne connaissais pas plus que de nom, mais qui m'intéresse bien.

Et la dernière histoire, hyper connue... est en fait celle pour laquelle j'ai pris le livre.Voilà ce que dit la 4° de couverture:
" L'asassinat du Tsar Nicolas II et de son épouse Victoria d'Angleterre par les rouges..."

Hèèèèèè? de quoi?pardon?
Depuis quand Nicolas, mort en 1917 était marié avec Victoria morte en 1901?. Parce que oui, Alexandra sa femme était une descendante de la "grand-mère de l'Europe", mais ce n'était pas Victoria elle même.
Evidemment, j'ai voulu savoir si c'était une énorme bourde de l'autrice, un parti pris uchronique ( ça aurait pu: imaginons un univers parallèle où il se serait marié avec la reine d'Angleterre, appelons-la Victoria II, et réécrivons l'histoire en partant de ce point).
au final non, l'histoire est bien celle qu'on connait, narrée presque sèchement , à croire que ces novelles là, comme la première servent juste à compléter un livre qui aurait été trop court avec seuls les nombreux squelettes dans les nombreux placards autrichiens.
Il s'agit au final d'une énorme boulette, de la personne qui a rédigé la 4° de couverture, probablement au bord de la piscine, une piña colada à la main, avec la musique à fond, sans avoir lu le livre et en se fiant juste à ses vagues souvenirs.
Rien de nouveau donc, et la fin du régime Romanov est presque bâclée, tant elle est racontée à la va vite.
Après, bon, ce n'est pas un livre majeur de l'écrivaine, qui a plusieurs séries à son actif, probablement plus intéressantes. Mais c'est plutôt bien écrit, ça se laisse lire dans son ensemble, donner le rôle central à des personnages moins connus ( Comme Charlotte, Stéphanie, Fredéric III ou le farfelu Jean-Salvator, cousin demi-italien de Rodolphe)
Mais disons, c'est exactement de la littérature à lire dans le bus.Pas une découverte majeure, mais plutôt récréative.
Je tenterais peut-être quelque chose de plus construit de la part de Juju, si l'occasion se présente.

lundi 15 avril 2019

Contes pour petites filles criminelles - Nadine Monfils

Les choix au hasard dans les rayons de la médiathèque peut être une bonne surprise, ou pas.

Et cette fois c'est une mauvais pioche, faite juste sur cet intrigant titre que je trouvais prometteur. Un recueil de nouvelles, des histoires de criminelles en culottes courtes.



Sauf que ce que je ne pouvais pas prévoir c'est que beaucoup, beaucoup de ces nouvelles, bien qu'irréalistes ( imaginez 3 petites filles en train de faire griller à la broche un cadavre dans une cour d'immeuble pour le manger, manier haches et scies avec leurs petits bras grêles..). après tout l'ogre est une figure obligée du conte, l'irréalisme en est aussi une caractéristique... la violence, surtout irréaliste ok, le cannibalisme, ok aussi. Mais donc beaucoup de ces nouvelles sont surtout érotiques.
Le problème est que ces gamines sont perverses, très perverses: du genre, ça se tripote pour exciter les adultes. Je ne suis pas prude, Sade je veux bien, mais pas en taille 12 ans, siouplait.

Et là, désolée, mais tout ce qui fait référence à la pédophilie, ça m'écoeure profondément, et je ne suis pas l'autrice sur ce terrain.

Le but du jeu des contes ce n'est pas d'expliciter ce qui est codé.. et décodable par les adultes. Honnêtement, je ne voyais pas étant jeune les sous entendus de la belle au bois dormant, surtout dans sa version soft. Faire des réécritures de contes c'est bien, mais appuyer lourdement sur ce qui était suggéré pour le jeter à la face du lecteur... ça va, merci.

Donc si j'ai plutôt apprécié les nouvelles moins cochonnes ( la page blanche, sexy, mais c'est une femme d'âge mûr.. la petite fille n'y est qu'allégorique; les larmes noires, où une gamine mal aimée par ses parents qui lui préfèrent ouvertement sa soeur, va faire mourir celle-ci de peur; la boîte à violon, où la gamine dérangée fait de drôles de cadeaux à son grand frère; La voleuse de rêve, gamine qui enlève les enfants pour s'en faire des poupées vivantes dont elle se débarrasse dès qu'ils deviennent trop bruyants; Lolita plexiglas, qui est une femme adulte vengeresse mais encore gamine dans sa tête...), ça n'a pas été un plaisir de lecture intense, mais ça passe.
Les autres, toutes les autres, c'est juste non. J'ai vraiment l'impression que c'est "faire trash juste pour faire trash", avec des scènes érotiques ou des mineures se tapent des adultes.

Je ne suis arrivée au bout du recueil que parce qu'il est court (141 p imprimées en gros!)
Mais franchement ça ne me donne pas vraiment envie d'aller voir les autres titres de cette autrice que je ne connaissais pas du tout, et pourtant il y en a une pleine étagère.
Et surtout pas envie de lire " contes pour petites filles perverses", parce vu que les criminelles sont déjà bien de sacrées cochonnes, qu'est-ce que ça doit être?

Donc, ben... ratage!
le 15, c'est rendez-vous "mauvais genre", polar, SF etc.. Bon je pense que ces petites filles perverses et cannibales peuvent faire l'affaire.

mercredi 10 avril 2019

Les cités Obscures t5: Brüsel - Schuiten & Peters

Voilà une série que je n'avais pas encore eu l'occasion de commencer.
Et Brüsel était un choix parfait pour ce mois belge.

Dans un monde parallèle, à la géographie curieuse, mais tout à fait reconnaissable, Schuiten et Peters imaginent des villes miroir de celles du monde réel. Toute ressemblance avec une célèbre capitale n'est absolument pas fortuite!



Dans Brüsel, une ville un peu poussiéreuse, mais en pleine mutation, aux mains d'un entrepreneur mégalomane qui veut raser les "vieilleries", pour laisser place à un gigantesque complexe futuriste.
le fleuriste Constant Abeels, amateur de sciences et de progrès, va se retrouver bien malgré lui aux prises avec la lourdeur administrative et l'incurie des pouvoirs publics, plus occupés à se congratuler et à détourner des fonds qu'à s'intéresser au réel bien-être des citoyens.

Sa rencontre avec Tina, fonctionnaire " sans-culotte" (réellement, c'est une adepte du naturisme, et de manière imagée, c'est aussi une rebelle), qui semble avoir une passion pour le sabotage, et une étonnante capacité à retrouver malgré tout du travail, va tout changer.
Non que Constant ait une âme de résistant, il se laisse plutôt porter par les événements, mais ceux-ci vont lui démontrer que si la ville avait réellement besoin d'une modernisation ( les hôpitaux y sont encore dignes du moyen-âge, 3 malades par lit, non séparés pour éviter les contagions), vouloir la propulser de force et trop vite dans la modernité n'est pas une solution non plus.

En tout cas, j'ai bien aimé le soin apporté à ces architectures futuristes, la référence réjouissante au Médecin malgré lui, la présence de Joseph Poelaert parmi les malades, l'ambiance steampunk avant même que le concept n'existe, le parallèle entre le début : la boutique de Constant, dans un immeuble proche de la décrépitude, où il "monte" des plantes en plastique, pâles ersatz d'une nature qu'il estime imparfaite, au son de "la mer" de Charles Trenet, et la fin, en pleine mer, suite à l'inondation de la ville sur un radeau de fortune.
Constant est d'ailleurs malade, d'une probable allergie à cette ville confinée, humide et sale.. qui disparait soudainement dès qu'il reprend contact avec le plein air.
Il y a de l'eau partout d'ailleurs:celle qui est coupée et justifie les démarches de constants face à l'administration,  la pluie ou la neige qui tombent sans cesse, celle de la Senne.. malsaine, l'inondation causée par une rupture de digues, la mer...

Le tout avec une petite dose de Kafka ( Constant n'est pas loin du Joseph K, très paumé, du Procès), donc oui, j'ai  aimé cette BD dont la ville est le personnage principal - à se demander si l'inondation n'est pas sa manière de se révolter contre le traitement qu'on lui fait subir.

Et j'en profite pour ajouter, puisque je suis à Bruxelles, le magnifique " tramapatte", décoré pour les besoin d'une manifestation par les frères Schuiten ( François, le dessinateur de villes imaginaires, et Luc, l'architecte) que je vois parfois passer sur certaines lignes.Une oeuvre d'art mobile qui transforme le tram en chenille géante aux pattes mécaniques..



lundi 8 avril 2019

ça déménage - collectif

Hooo un recueil de nouvelles,donc une oeuvre collective, donc presque anonyme...Voilà qui validera mon " X" comme anonyme du défi ABC belge.

En fait il s'agit de l'édition 2010 du concours de nouvelles  Wallonie- Bruxelles, dont j'avais déjà chroniqué deux éditions : la thématique Crescendo ( 2011-2012),  Entre chien et loup (2012-2013) Bruxelles-midi ( 2012-2013 aussi mais hors concours) si je ne me suis pas trompée dans les dates.

Apparemment la thématique de 2019 sera "la serrure", mais donc, j'ai quelques éditions de retard.

Et en 2010, c'était " ça déménage", toujours  10 nouvelles, 1 grand prix, "mentions", et 6 nouvelles " distinguées"

Grand prix: Happy Inside ( Hélène Schneider- Depouhon)
Madeleine, 42 ans, SDF... Elle fait partie des quelques heureux élus qui ont gagné le droit de passer une semaine au chaud, dans le magasin Ikea, à dormir dans les lits de démonstrations.. suivis comme leur ombre par des photographes qui vont leur tirer le portrait pour les besoins de la prochaine campagne publicitaire.
J'ai bien aimé cette relecture de la petite fille aux allumettes. La nuit, elle dort chez Ikea, le jour elle essaye de vendre les crayons qu'elle y récupère aux terrasses des cafés, pour pouvoir elle aussi s'en payer un.
Mais aussi, en quelques pages une intéressante réflexion sur la misère: pour les SDF, quelques nuits au chaud. Pour le photographe qui gagnera le concours, 10 000€ de prix.. pour le grand magasin,une campagne mémorable, sans avoir a payer les modèles des photos, autrement qu'en cafés et croissants...

Primées: La place d'Octavie  (François Salmon)
La brève rencontre d'Octavie, la tapineuse, expropriée de SA rue par des travaux, qui attend dans l'ombre sa future proie. Ce n'est pas tant leur rencontre qui importe, mais la manière goguenarde dont elle est racontée. Par un narrateur qui adore sortir de son cadre et commenter son travail de narrateur, voire d'auteur. Marrant.

L'abécédaire ( Bernard Delhausse)
Curieuse histoire, mignonne et drôle que celle de "Evgueni" et" Tatiana". Ils ne sont pas slaves du tout, ils sont mariés depuis des années, ils se sont rencontrés en manif en mai 68, et se nomment tout bêtement Eugène et Anne (mais Anne que Eugène fait trop, disons trop.. terroir, ça ne la fait pas rêver,d'où ces identités exotiques fantasmées) ils se sont créé un petit rituel curieux pour pimenter leur vie de couple: des séances de kamasutra lettres par lettre, avec des positions aux noms joyeusement foutraques: "la guirlande lumineuse", "la gondole dalmate à marée haute", "le grain de sel", "le guidon sans les mains", "la gare de triage", car c'est le jour du G, ce qui veut dire un décorum à base de grelots guatémaltèques, de galets et de parfum de giroflier et de gentiane...
Car Anne pense à tout dans les moindres détails.. un peu trop d'ailleurs pour Eugène qui trouve que ce rituel millimétré manque de spontanéité, et il aimerais bien bousculer un peu cet alphabet coquin.. trop sage.

La nonchalante (Anne-Sophie Vanderbeck)
Catastrophe pour l'héroïne de cette nouvelle et son fils adolescent. Il faut déménager, ce n'est pas un choix, c'est une obligation, car leur maison est sur le point de s'écrouler. Or sa maison, c'est son antre, son refuge son îlot... et voilà que la casanière narratrice doit trouver autre chose.
Ce sera une vieille péniche nommée " la nonchalante", ce qui va comme un gant à notre héroïne qui se laisse porter par les événements. Et pourtant ce changement involontaire pourrait bien être le début d'un renouveau pour quelqu'un qui commençait à s'enraciner dans ses habitudes.

Distinguées:
Décloisonnée ( Aliénor Debrocq)
Dans un service financier quelconque, une employée subit les tracas du quotidien en open space. elle s'isole de plus en plus, semble paranoïaque, imaginant que ses pauses repas en solo dans sa voiture, loin du bruit et des néons en font une sociale et le centre des quolibets de ses collègues.
A moins qu'elle n'ait réellement quelque chose de plus grave sur la conscience...

Lola et Lady Hillingdon emménagent ( Sarah Brahy)
Lola vient de déménager.. alors qu'elle navigue encore à vue entre les cartons, elle doit se rendre à un autre déménagement.. Son grand-père quitte la maison de retraite en grande pompe pour une nouvelle destination... définitive. Enfin, c'est à peu près avec ce genre de désinvolture que la chose est racontée, mais on le sait, il vous passe mille chose incongrues en tête lors d'un enterrement, fut-ce celui d'un proche.et il se passe souvent un moment gênant qui peut dégénérer en fou-rire.
Mais ce n'est pas pour autant que l'on est insensible...

Léa ( Gisèle Eyckmans)
Mamie Léa déménage complètement. C'est ce que pense l'infirmière qui l'entend rire seule dans sa chambre à la maison de retraite. Si elle savait. Car pendant que les autres pensionnaires regardent Derrick, Léa  vient de se payer du bon temps en se souvenant d'un ancien amant.
Héhé, une mamie qi n'a pas abandonné les pensées érotiques, et continue à penser que son corps lui appartient, et que peu importe son âge, elle a bien le droit d'en disposer comme elle veut, ça fait plaisir!

L'autoroute ( Laurence Soetens)
Encore une fois le déménagement est à prendre au sens imagé: Le petit Martin, orphelin de père vit avec sa mère dans un monde disons.. bizarre. Même carrément malsain : il promène son chien Splatch, un cadavre trouvé au bord de l'autoroute qu'il a naturalisé lui-même, lors de leur promenade dominicale, pour aller faire un pique-nique sur la tombe du père, mort écrasé des années avant par un camion. La mère lui a forgé une image de héros résistant, agriculteur dépressif qui se serait suicidé pour éviter l'expropriation par une grande société... ce qu'il n'a jamais été.
Mouais, bon, critique des médias, qui font un spectacle de la détresse, mais ça ne sauve pas un récit sans grand intérêt pour moi.

Confusion ( Thomas Périlleux et Catherine Barreau)
Quelqu'un au téléphone se plaint auprès d'un ami d'avoir été plaqué. On se rend vite compte que l'homme éduqué à la dure dans une famille grandement dysfonctionnelle, se sent victime du manque de respect de la personne qui vient de le quitter. Sa femme? Sa petite amie?... Non. Mais au final, peu importe, car il n'a lui-même aucun respect pour la personne qu'il n'appelle pas autrement que " ça".
Moui, bon là aussi, pas celle que j'ai préféré, à part insister sur le fait que les gens injustes ont d'abord aussi été victimes d'injustice et que la folie cache bien son jeu... passons.

Au bon repos ( Tanja Spöri): Bacchanale à la maison de retraite! Madame de Thuin, richissime pensionnaire grâce à qui les lieux sont agréables ( elle a donné l'argent pour que les mauvaises chaises soient remplacée par des fauteuils et que la décoration soit un peu plus classe entre autres), Madame de Thuin, fête ses 85 ans et a décidé d'organiser avec ses amis octogénaires une fête mémorable.  Exit les cocktails sans alcool proposés par la maison, grâce à des bouteilles de champagnes entrées en douce, les retraités vont se prouver qu'ils peuvent encore faire la fête. Lorsqu'à 19 h00 on vient leur intimer l'ordre d'aller se coucher "pour être en forme le lendemain", la réponse de la mamie de choc est " demain, on ne veut pas être en forme, demain on veut avoir la tête dans le cul!".
Et puisqu'on les empêche de continuer leur fiesta ici, ils font aller la terminer, ailleurs, précisément,  au bar du club de sport d'en face. Il faut être membre? Qu'à celà ne tienne! Madame de Thuin offre la carte de membre à ses 12 compagnonnes et un compagnon, et vont aller mettre le souk au bar et à la piscine du club, tous nichons fripés à l'air sous le regard stupéfait des employés qui voient arriver cette horde de bois-sans-soif chenus. Et, après tout, YOLO, et ils prévoient déjà de faire pire l'année suivante.
Je me dis que c'est dans cette maison de retraite qu'aurait du aller Mamie Léa de la  nouvelle du même titre!


La nouvelle est apparemment un support qui inspire plus les femmes, 8 sur dix textes primés ( dont un avec il est vrai un co-auteur) mais là on est à du 80% d'autrices

Et comme d'habitude, c'est sympa de voir comment un thème imposé peut inspirer des textes très variés, selon qu'on le considère au propre ou au figuré... Bon,  une fois de plus, ce ne sont pas forcément les nouvelles préférées du jury qui me plaisent le plus ( Octavie est plutôt sympa dans sa narration, mais pas forcément la plus marquante). Mais ce déménagement est un bon cru, hormis l'Autoroute et Confusion qui ne m'ont pas vraiment plu, j'ai globalement plutôt apprécié ou même bien aimé les autres. Je garde un souvenir plus mitigé de Crescendo et Bruxelles-Midi, ou de mémoire, il y a avait plus de textes qui m'avaient laissée perplexe ou froide.
Mais j'aime bien ces lectures un peu à part, ces auteurs amateurs que je ne retrouve pas beaucoup ailleurs sur le net littéraire.

8/4: recueil de nouvelles


dimanche 7 avril 2019

L'oiseau des morts - André-Marcel Adamek

Et c'est parti pour le challenge ABC spécial Belgique,j'ai donc tout simplement commencé à piocher un ouvrage au hasard sur les rayons de la bibliothèque.
Avec 2 critères: Un auteur que je ne connais pas, ou alors seulement de nom, et on va éviter les Nothomb, Simenon et autres trop connus.
Et des livres de préférence de petite épaisseur, pour cause d'emploi du temps très compliqué. Donc quelque chose que je puisse lire en un ou deux allez-retours de tram jusqu'à l'université, ça sera bien!



Celui là rassemblait les deux critères, un coup d'oeil sur la 4°de couverture, et un argument qui m'a tentée: le personnage central est un oiseau.
Et même, ce qui est encore plus original, l'oiseau est le narrateur à la 1°personne. Qui nous raconte ses "mémoires" ou plutôt ses impressions, son quotidien d'oiseau.
Rétrospectivement, depuis sa sortir " fracassante" de l'oeuf, sa découverte du vol,de la vie en colonie, de la chasse, ses brèves rencontres avec les humains,jusqu'au jour où il est capturé par l'un d'eux, militaire boiteux qui va l'apprivoiser, avant de le revendre à un oiseleur, pour être acquis par Barbelune l'herboriste.
Lequel , au long de longues années de patience, arrive à inculquer au volatile non un langage, mais une compréhension du langage humain. et pour cause, c'est une corvidé, une corneille, plus exactement, espèce connue pour son intelligence,son adaptabilité, sa sociabilité...
Et, malheureusement,associé dans les préjugés tenaces, à la mort, au malheur,au mauvais présage..
Et il s'avère que cette histoire qui semble à première vue intemporelle, impossible de déterminer en premier lieu où et quand elle se passe ( Il y a des fusils, mais aucune mention de modernité autre, les victimes d'un massacre sont enterrées sur place, des armées s'affrontent sur le terrain.. j'étais partie sur une idée du genre XIX° ou XVIII° siècle à la campagne.. mais non, on finit par apprendre grâce à un détail très caractéristique que nous sommes en fait à la fin du moyen-âge, début de la Renaissance au grand maximum)
Et donc la corneille qui n'a pas encore la notion du langage et de l'onomastique mais philosophe déjà, entre les périodes où son estomac ne crie pas famine,se fait le témoins du monde des humains, de leur guerre insensée, mais aussi de l'amitié inédite qui peut se nouer entre un oiseau et son "maître"..

Donc une fois accepté ce parti près d'un oiseau qui raconte sa vie avec une... "plume" très raffinée, c'est une très jolie découverte, originale.Servie par une écriture très travaillée et poétique splendide.
avec une petite dose de mystère et de magie bien agréable ( on est en pleine période où les gens vont voir l'herboriste à reculons, le payent en produit de la ferme, mais où tout le monde s'en méfie le considérant comme un sorcier).

Si je devais le situer dans une catégorie, je le classerais dans les contes, ou dans les fables,on est vraiment sur ce terrain là, quotidien,avec une dose de merveilleux, mais aussi un certain humour ( l'oiseau rate son premier vol, moins par manque d'habitude que, parce que , seul survivant du nid, il est gavé par ses parents, et en surpoids, vole comme une pierre)

Un auteur donc que je vais garder en mémoire car non seulement son style narratif et son parti pris original d'un héros non-humain me plaisent beaucoup, mais la postface très complète qui met ce court roman en parallèle avec d'autres de l'auteur, montrant une remarquable homogénéité d'inspiration et de thèmes me donne envie d'en savoir plus.

pas de jour prévu pour cet auteur, donc puisque j'ai aimé, tiens, je lui offre un billet pour mon annversaire