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dimanche 7 juin 2026

Good Bye, Mr Head...


S'il y a bien un sujet que je ne pensais pas devoir aborder lors d'un mois anglais, c'est bien celui-ci. L'an dernier, à la même période, je parlais des frères  Head, Murray et Anthony, disais combien je les appréciais tous les deux chacun dans leur registre, sans imaginer une seule seconde que le plus jeune mourrait seulement un an plus tard, de manière inattendue. Mais vraiment, pile un an après, le 5 juin, qui est aussi l'anniversaire de ma mère. J'ai appris cette triste nouvelle en rentrant du traditionnel restau mère/fille. En 2012 , le 5 juin aussi, c'était Ray Bradbury qui tirait sa révérence et je l'ai également appris en revenant du restau.

Et ça m'attriste beaucoup, ce monsieur était si drôle, si sympathique, et les nombreux hommages que lui rendent les internautes et les autres acteurs et actrices qui ont travaillé avec lui confirment cette impression. Tous en dressent un portrait rare dans le monde du cinéma et de la télévision: un type intègre, modeste, amical, très accessible et très humain. Honnêtement, il le portait sur son visage.

Pour les gens de ma génération, il était avant tout Mr Giles, le bibliothécaire so british de la série "Buffy contre les vampires", un personnage secondaire, qui n'était pas prévu pour rester, mais qui a gagné très rapidement l'affection du public. Et ce alors qu'il s'agissait d'un personnage adulte, incarnant une certaine autorité, dans une série orientée pour un public ado, avec des personnages centraux lycéens. Seulement voilà, sous sa première apparence distante et sarcastique, Mr Giles, c'était un peu le tonton cool qu'on aurait tous voulu avoir: celui qui est marrant parce que décalé, qui rame avec la technologie, mais qui est fiable et toujours là pour aider et soutenir la troupe. Celui qui peut aussi vous laisser bouche bée, le jour où vous découvrez qu'il a un putain de talent pour la musique, que vous ne soupçonniez pas. Toujours ménager un effet de surprise, toujours!


 Un lien essentiel, bien plus qu'un faire valoir, et le public ne s'y est pas trompé. Certains espérant un spin-off centré sur CE personnage ( et j'en fait partie).
Et je pense que si ça a si bien marché, c'est précisément parce que l'acteur ne jouait pas le type cool, il était le type cool, qui a su mettre à l'aise l'équipe de jeunes acteurs autour de lui, et en être réellement le " tonton sympa".

Tout en développant un côté plus inquiétant à ce personnage de dandy aussi britannique qu'une tasse de thé, et donc le rendant d'autant plus intéressant. Pour moi, presque plus que Buffy, dont le nom est pourtant dans le titre, c'est Mr Giles qui est devenu le personnage central. Le décalage d'expérience d'acteurs, entre les jeunes américains débutants, et le quadragénaire anglais passé par le théâtre, y est surement pour beaucoup aussi.

Depuis je suis bibliothécaire moi aussi, et je regrette que mon travail n'inclue en fait pas la partie " chasse aux monstres et pieux dans le coeur" (et c'est parfois très tentant au quotidien), pfff c'est nul! Mais Mr Giles restera à jamais notre héros , à jamais dans nos mémoires de bibliothécaires.

Mais donc par la suite j'ai découvert ses publicités très drôles pour le café lyophilisé. Nescafé a choisi George Clooney puis Jean Dujardin pour être le visage de leur marque, mais dans les années 1980, outre-manche, leurs visages étaient un duo d'acteurs de théâtre alors peu connus, Sharon Maughan et Anthony Head, qui donc est resté pour les anglais " le gars de la campagne nescafé". La série de publicité est brillante et a été abordée par les acteurs exactement comme une pièce de théatre, en plusieurs scènes, qui déroulent une histoire entre voisins: une dame un peu snob arrive dans un nouvel appartement et tombe en panne de café pour son dîner sélect. Elle va donc sonner chez son voisin pour lui en emprunter et surprise: le voisin est le charme personnifié, regard pétillant et sourire ironique. C'est donc elle qui va le draguer très ouvertement au fil des épisodes, le monsieur se laissant bien évidement faire.
Je peux comprendre, mon voisin serait de ce genre, je pense que j'irais très régulièrement lui emprunter et lui rende des trucs, juste pour voir ce ravissant sourire...par contré désolée, mais, même avec tout le marketing du monde, je n'arrive pas à prendre la phrase " il a un goût très sophistiqué" pour du café lyophilisé😂Mais la manière dont l'actrice euphémise l'air de rien " I've popped in for coffee" avec un sourire rêveur lorsqu'on lui demande si elle a rencontré son voisin est extrêmement drôle. Je n'ai pas trouvé l'intégralité de la campagne ( 12 publicités qui passaient chacune pendant 6 mois et ont donc duré pendant 6 ans), mais en voilà quelques unes, c'est frais, c'est pétillant, c'est créatif... campagne nescafé années 1980. La campagne a eu tant de succès qu'elle a été parodiée par des humoristes qui imaginent comment s'est passé le tournage.

Parmi les choses que je n'ai pas vues mais dont j'ai entendu parler, il y a la série Merlin où il jouait, bien plus tard, le roi Uther Pendragon. Et une série audio puis télé " Little britain" où il jouait le rôle d'un premier ministre apparemment assez délirant.

Mais, encore autre chose: je croise les doigts pour qu'un enregistrement complet de bonne qualité existe et ressorte: le même, hein, le voisin charmant et charmeur, le bibliothécaire de combat - et accessoirement, charmant aussi -, le roi de Bretagne, le premier ministre a campé dans les années 1990 un Frank N Furter d'anthologie sur scène dans la version scénique de rocky Horror Show. et du peu que j'ai vu, et de l'enregistrement que j'ai trouvé de Sweet Transvestite, ça devait être épique. Non seulement il chante - et bien - mais il a l'air de s'éclater à le faire.

Voilà déjà une version filmée à la sauvette, faute de mieux.
Et la version disque de Sweet Transvestite. L'orchestration est plus pop que dans celle d'origine, chantée par le génialissime Tim Curry, mais je kiffe son interprétation ( pour l'anecdote, quelqu'un a posté le disque sur Facebook, et l'objet lui même est fait de manière très judicieuse p: une photo de l'acteur en costume de Frank y est imprimée de manière à ce que le trou pour l'axe de rotation du disque soit.. pile là où il faut de manière a utiliser le euh.. bitoniau en acier. Et oui, ça me fait marrer parce que c'est bien pensé. De toute façon, ce n'est pas avec le Rocky Horror Show qu'il faut faire dans la dentelle et la subtilité. c'est festif, c'est barré, c'est sexy, et Sweet Transvestite fait partie des chansons qui me collent une patate d'enfer et que je pourrais brailler à tue-tête sans la moindre honte)

Autre aventure théâtralo-musicale, dont j'ai trouvé seulement un court extrait: Vous connaissez la chanson "One Night in Bangkok", tube international de Murray Head? Bon. C'est en fait une chanson extraite d'une pièce musicale intitulé Chess, de Benny Anderson, l'un des B du groupe ABBA. Déjà, c'est improbable.
Encore plus improbable: le sujet: l'affrontement de deux grands maîtres d'échecs, lors du championnat du onde en Thaïlande. Murray Head tenait sur scène le rôle du champion américain (très largement inspiré du psychorigide Bobby Fisher). Et lorsqu'il a décidé d'arrêter probablement pour une tournée ou un film, ou que sais-je, le rôle a donc été repris par le petit frère. Hop, quatrième visage: le champion d'échecs psychorigide.

Encore plus improbable, et là je n'arrive pas à le trouver avec ST, tant ça a fait un flop: Repo, the Genetic opera, un opéra (hard)rock de SF horrifique, qui a l'air d'être un sacré nanar, mais que j'ai malgré tout envie de voir, précisément parce que le sujet est ultra perché ( dans une société où un virus cause des défaillances ultiples des organes, les ultra riches peuvent se faire opérer à prix d'or pour continuer à vitre. sauf qu'il s'agit non d'une achat, mais d'une location d'organes. S'ils arrêtent de payer, on leur envoie le Repo (pour repossesseur), les tuer et récupérer la précieuse marchandise pour le client suivant; Oui, c'est de la science TRES fiction, mais j'ai donc très envie de le voir dans un rôle de méchant. Le quinquagénaire normal que personne ne soupçonne devient un serial killer rien qu'en passant une porte...


Parce que c'était son talent, à ce monsieur au sympathique sourire, il savait passer d'un rôle à l'autre sans problème et pouvait devenir facilement angoissant en quelques instants.
Et ça c'est pour moi ce qui fait un grand acteur, il aurait franchement dû avoir une reconnaissance internationale bien plus importante. Un mystère pour moi: que personne n'ai visiblement jamais songé à lui proposer le rôle de James Bond. Il avait la diction, le talent, la classe anglaise parfaite pour ce rôle ( après il n'avait peut être pas spécialement de goût pour le cinéma, c'est une autre approche que de développer un personnage au fil des épisodes d'une série, ça peut être un choix personnel de carrière)

Mais qu'est-ce qu'il va me manquer! donc attendez vous à le revoir ici régulièrement quand j'aurais trouvé et regardé la foule de documents qui vont refaire surface suite à cette triste nouvelle. Et pensée toute spéciale à son grand frère.

samedi 8 mars 2025

Damoiselle (Série TV)

 Parce qu'avoir mentionné "Libres!" dans le précédent sujet m'a rappelé que je n'avais jamais parlé de cette mini série de TV5 qui parle de la condition féminine à diverses époques ( Renaissance, Egypte antique, Gaule, Résistance, Révolution française, Saint Barthélémy, etc..) via l'humour anachronique ( et la livraison en felouquissimo partout en Egypte me fait toujours marrer)

Et si les femmes de ces époques avaient été des influenceuses, quelles modes auraient elles lancées? et chaque épisode est suivi d'un débriefing par un historien et une historienne ( laquelle n'est plus en seconde saison, sans que j'en sache la raison ) qui explicitent le cadre historique, les événements indirectement mentionnés:
https://www.tv5mondeplus.com/fr/series-et-films-tv/histoire/damoiselle


Evidemment, on ne fait pas qu'y parler de modes, ou de médecine antique, c'est aussi une manière détournée de voir que
- les femmes ont de tout temps usé de produits plus ou moins nocifs pour leur santé, le " il faut souffrir pour être belle" a fait des dégâts depuis que le monde est monde ( la crème dépilatoire à base de coques de noix et pisse d'âne est .. c'est spécial hein...)
- Les modes absurdes ne datent pas d'aujourd'hui, et ce qui nous semble ridicule de nos jours était la classe ultime au XV° siècle ( le front épilé) mais rappelons nous qu'il y a 20 ans, la mode était de s'épiler entièrement les sourcils pour les refaire d'un trait de crayon.. et oui c'est maintenant totalement ringard. La mode est un éternel recommencement.
-Selon les époques, la condition féminine n'était pas si mauvaise que ça, les gauloises avaient la possibilité de divorcer, les égyptiennes antiques pouvaient être médecins... C'est beaucoup parti en sucette avec le monothéisme. Et encore, entre catholiques et protestants même si ce sont différentes branches d'une même religion, les femmes n'étaient pas logées à la même enseigne.

Il y a 2 saisons pour le moment, et j'en espère une troisième, l'actrice est très drôle, l'idée est sympa et ça fait toujours du bien de rappeler que l'histoire n'a pas été faite uniquement de grands noms ( masculins, les gars ont pris soin de se donner le beau rôle) et de dates de glorieuses bataille, mais des micros inventions quotidiennes souvent faits par des gens qui voulaient se simplifier la vie... même si le résultat était parfois contestable.

lundi 18 novembre 2019

Лучше,чем люди (série TV, 2018)


Une fois n'est pas coutume, on va parler d'une série TV. Oui, mais une série TV russe. Forcément, je reste dans la droite ligne de mes études et je multiplie les supports.16 épisodes d'une heure ça fait 16h00 à entendre la langue et c'est précieux quand on étudie à distance. Accrochez vous ça va être long, puisque je parle de la série entière, ses qualités, ses défauts, les personnages ...

En fait au résumé sur Allociné qui nous parle d'une famille qui se retrouve avec un robot tueur comme femme de ménage, je croyais à un remake russe de Akta Manniskor/Real Humans. Hé non, c'est une erreur de la part d'Allociné.

Distribué à l'international sous le titre "Better than us" que je trouve un peu fade  par rapport l'original. " Mieux que nous", mais qui " nous"?
"Mieux que les humains/les gens" c'est la traduction la plus claire du titre d'origine.


Le début part en effet sur le même principe: dans quelques dizaines d'années, les robots humanoïdes feront partie intégrante du paysage. Il y en a de toutes sortes, aides pour personne âgées, assistants pour les travaux lourds, compagnie pour esseulés,  et bien sûr robots sexuels.
Il y a bien une frange de la population, les" liquidateurs"qui s'opposent à cette invasion aux cris de " Vivent les vivants", mais il sont assez mal vu du reste de la population, car ils volent, et cassent les robots,  et l'opposition reste minoritaire.
Donc jusque là, effectivement, quelque chose de très proche de la série suédoise.

Mais celle-ci est assez maligne pour ne pas copier à 100% et s'oriente très vite sur un scénario moins social, et plus policier, avec références à la corruption du monde des affaires...
Par contre comme il y a beaucoup de personnages, certains il est vrai peu utiles et qui font hélas partir l'histoire dans un scénario à tiroir.. ou au contraire pourraient amener une seconde piste intéressante qui n'est pas développée, c'est parfois dur à suivre et la série n'est pas exempte de défauts.

Donc tout commence lorsque Viktor Toropov, homme d'affaires très peu recommandable à la tête de l'entreprise Cronos, spécialisée en robots sexuels, décide d'élargir son public cible. Sous la pression il est vrai de son beau-père, le tout aussi peu recommandable Alexei Lossev, qui dirige une commission ministérielle de robotique.
Le plan est donc de faire créer par Cronos (dont Alexei est le vrai propriétaire, Toropov n'est que son homme de paille)  une nouvelle gamme de robots assistants de vie pour retraités, afin de mettre en place nationalement un plan de départs massifs en retraite anticipée. Les humains pourront se la couler douce si une armée d'employés dociles et qui ne reçoivent pas de salaire les remplace. Et Cronos éliminera la concurrence en anticipant la commande.

Donc un membre éminent d'une commission ministérielle, propriétaire d'une entreprise de robotique, confie en sous-main à sa propre société le développement d'un super robot dans le but de répondre à un futur appel d'offre du ministère. HO le beau délit d'initié!

Mais comme Toropov est un incapable, il commande en toute discrétion un prototype derobot ultra perfectionné en Chine, aux apparences de ahem... disons de call-girl. Il va falloir la remanier pour en faire une digne infirmière pour personnes âgées/ cantinière/ travailleuse/ sociale/ puéricultrice ou tout autre travail respectable.

ce qui n'est pas gagné, vu sa fonction première: une femme robot trop belle et trop compétente ne sera jamais achetée par la moitié de l'humanité qui y verrait une concurrence déloyale
C'est donc l'associé et larbin de Toropov, Igor Maslovsky, ingénieur surdoué de la robotique, qui va se coltiner le sale boulot de devoir trifouiller la mémoire d'Arisa, le prototype, pour la décliner à des millions d'exemplaires plus grand public.
Mais évidemment rien ne se passe comme prévu. Le mode d'emploi est en chinois, il manque des pages,hé oui les gars, fallait pas acheter chez Alibaba! Un employé un peu trop curieux qui essaye de toucher le prototype, et la direction va découvrir que ce robot là n'est pas du tout équipé des limites des lois d'Asimov.
En clair, voilà la société avec un cadavre sur les bras, et Arisa, capable d'une certaine pensée autonome, qui s'enfuit pendant que Toropov fait appel à Gleb son "assistant". Un mafieux qui a la particularité d'avoir organisé le gang des liquidateurs, afin de monter une fausse opposition. Il manipule de vrais paumés, punk, marginaux, chômeurs revanchards remplacés par des robots.. pour créer de toutes pièces le buzz nécessaire au fonctionnement de Cronos. Liquidateurs qui ne sont évidemment pas au courant du double jeu de leur "chef".

Et donc sur ces entrefaites, le cadavre de l'employé étranglé par le robot en fuite arrive à la morgue où travaille Gueorgui, un ancien neurochirurgien brillant mais qui  COMME PAR HASARD a perdu son travail quelques années plus tôt par la faute de Toropov et s'est retrouvé à jouer les médecins légistes à la morgue du coin ( le fils de Toropov était malade, Gueorgui l'a opéré, mais l'opération a été un échec et Toropov s'est vengé en faisant virer Gueorgui, et en mettant à sa place un chef de service plutôt incompétent  mais qui a développé un système mafieux: le malade prêt à payer des honoraires faramineux, de plusieurs millions de roubles,  passera en premier peu importe les cas d'urgence. Les pauvres seront relégués en fin de liste d'attente).
Suite à ça, il a aussi perdu sa famille: sa femme a divorcé, s'est remariée, et veut partir en Australie en obtenant la garde exclusive de leurs deux enfants. Donc des problèmes à tous les niveaux pour lui. Et c'est à ce moment qu'arrive un camion contenant non seulement le cadavre de l'employé étranglé, avec la consigne de classer ça comme crise cardiaque, mais aussi Arisa qui COMME PAR HASARD a profité d'un moment d'inattention pour se glisser hors de la société Cronos par ce biais.

Gueorgui reçoit donc l'ordre par la société de son pire ennemi (avec la menace de perdre cette fois plus que son travail s'il n'obtempère pas) de camoufler ce meurtre en décès naturel. Son erreur étant de ne rien vouloir avoir à faire avec ça, et de faire disparaitre le cadavre avec la morgue en faisant passer ça pour un acte des liquidateurs. Et donc, très mauvaise idée qui a pour effet d'attirer l'attention de la police sur lui. Or l'enquêteur Varlamov a un dossier énorme sur Toropov, Cronos et leurs méthodes mafieuses, sans avoir jamais pu les coincer, puisque la puissante société sait s'y prendre pour lier les langues à grands coups de millions. Et devine bien vite que le pauvre Gueorgui est victime de chantage. Sauf que ben.. interdiction de poursuivre l'enquête, elle touche de trop près à des gens riches et puissants, le flic va devoir ruser.

Mais entretemps, Arisa a rencontré Sonia, la fille de Gueorgui, qui, étant la première à lui parler, a été désignée " premier utilisateur" du robot. Arisa va donc suivre Sonia et s'incruster dans la vie de Gueorgui et ses enfants.
Ce que Gueorgui ne sait alors pas c'est que d'une part, ce robot "illégal" et pot de colle est recherché par exactement la personne qu'il déteste, et qui le déteste le plus au monde. Que le robot est justement le tueur par qui sont arrivés ses problèmes et que la moitié des mafieux de la ville recherche.
Et qu'Arisa, on le saura plus tard, est programmée pour non pas se croire humaine, mais pour être la parfaite "mère de famille".

Elle va donc s'autoproclamer membre de la famille, tout en ayant absolument conscience de sa nature différente, et est prête à tout pour défendre "sa" famille, y compris à faire passer de vie à trépas ceux dont elle estime qu'ils sont un danger, une menace ou une gêne pour "sa famille". Ce qu'est au passage l'ex-femme de Gueorgui, ou toute potentielle rivale sentimentale d'ailleurs.

Cet attachement sauvera la vie de Gueorgui d'ailleurs, lorsque Toropov découvre que c'est lui qui a récupéré le prototype: le seul moyen de faire obtempérer la dangereuse Arisa pour participer à l'appel d'offre du ministère, en forme de jeu télévisé, étant que personne ne touche à SES humains.

Et Gueorgui,son ex femme, les deux enfants et le robot vont devoir cohabiter et donner à longueur de publicités l'image d'une famille unie et heureuse avec leur robot domestique. La réalité étant bien surtout autre: pressions et menaces d'un groupe mafieux les obligeant à cohabiter avec un robot dangereux, jaloux et imprévisible. Vu qu'elle est aussi capable d'assommer quelqu'un de la famille ou de le tyranniser "pour son bien" si c'est ce que son algorithme lui inspire.
La famille idéale: papa et maman ( divorcés forcés de cohabiter) un fils (qui fricote avec les délinquants anti-robots), une fille et..une super-nanny-cuisinière qui peut aussi faire tueuse sans gages si son maître le lui demande
C'était long, mais.. Ce n'est que le début, les quelques premiers épisodes.
Car il y a une foule de personnages secondaires et parfois des relations entre eux un peu artificielles ( mais bon, les deus ex machina de ce genre sont légion dans les séries américaines qui n'ont pas souvent la sagesse de s'arrêter à 16 épisodes!) . C'est parti pour une série de coïncidences connues aussi sous le nom de" grosses ficelles"

- Comme par hasard, Egor, le fils de Gueorgui rencontre Janna, punkette qui travaille dans bar avec son frère Bars, et tout deux sont membres importants des liquidateurs, dont le bar est le QG. Pour essayer de plaire à la jolie Janna, Egor va donc intégrer le groupe de délinquants et se retrouver derrière les barreaux, attirant un peu plus l'attention de la police sur son père.

- Comme par hasard, la petite amie de Bars est l'assistante personnelle de Maslovsky, l'ingénieur exploité par Toropov, et tente tout pour que les liquidateurs viennent mettre le souk chez Cronos.

- Comme par hasard, la présentatrice vedette qui mène les interviews sur le thème de la robotique est Svetlana, la fille de Lossev (revenez au début) et la femme de Toropov. Dépressive depuis la mort de son fils, Maslovsky lui a construit un "Supertoy" pour remplacer le cher disparu, et sa raison menace sans cesse de chanceler sous l'effet conjugué de son père qui la harcèle pour "refaire un héritier" et de son mari qui la déteste et fait tout pour la faire envoyer à l'asile. Conséquence, entre victimes, on s'épaule, on se soutient et bien sûr, Maslovsky est devenu l'amant de Svetlana.

- Comme par hasard, il y a une taupe placée par Gleb chez les flics, qui aura le temps de faire du dégât avant d'être découvert.

- Comme par hasard, il y a Lara, une hackeuse dont on ne sait pas d'où elle vient ni pour qui elle joue Principalement pour sa propre survie: atteinte d'un cancer, elle est condamnée si elle ne trouve pas les 18 millions réclamés par le chirurgien véreux pour l'opérer. Et donc son plan est: draguer Gueorgui, lui soutirer Arisa qu'il ne supporte plus de toutes façons, et la vendre au plus offrant pour payer son opération.

- Comme par hasard, la prochaine tâche que Cronos veut coller à Arisa c'est d'opérer un vrai patient, je ne vous fais pas l'affront de vous dire qui va se porter volontaire contre une opération gratuite et des sous pour sa famille, au cas où Arisa aurait envie de trucider sa rivale en faisant passer ça pour une erreur. Erreur qui arrangerait bien Cronos, la société étant dans l'impossibilité de tenir les promesses mirobolantes faites au ministère par Victor-le-trouduc. Pas'd'bol, Arisa est incapable de faire des erreurs ( ça aurait eu le mérite de débarrasser l'action d'un personnage mal écrit)

Donc voilà, dans l'absolu, il y a vraiment des personnages dont on aurait pu se passer, Lara en tête: elle arrive tardivement dans l'histoire, ne sert qu'à la rendre plus embrouillée, à créer un artificiel triangle amoureux pour éviter que le héros ne développe un penchant pour la mécanophilie -désolée, oui j'ai honte de cette référence :D Elle traîne évidemment outre son cancer, des casseroles familiales dignes d'un roman feuilleton et qui ne font qu'ajouter des personnages inutiles bref, on s'en passerait.

Pareil pour la copine de Bars/assistante de l'ingénieur, ou l'avocate de l'ex-femme.
L'intrigue autour d'Egor et Janna aussi est en trop, il aurait suffi de ne pas se faire croiser ces personnages et .. ça aurait allégé le tout. Pareil pour celle entre Svetlana et Igor, ça n'apporte par grand chose - hormis d'appuyer le fait que Viktor est un trouduc, ce qu'on avait compris depuis sa première apparition -  et ça délaye l'intrigue, faisant passer les problématiques intéressantes au second plan.Y compris le personnage même, pourtant central, d'Arisa, ses capacités, l'avancée technique et la menace qu'elle représente. Le robot, paradoxalement, passe parfois au second plan.

Il n'y a pas que des personnages féminins qui auraient pu être virés ou améliorés: Igor, Alexei, le grand père, le flic qui est assassiné, une bonne partie des liquidateurs ne sont pas assez bien développés pour être intéressants. Egor est assez tête-à-claque, comme peut l'être un ado de 16 ans entre en père à la dérive et une mère poule.
Le copain d'Egor et son père et son robot sexuel, les petits harceleurs du collège, le nouveau mari ne servent à rien du tout.

Pourtant, il y en a que j'aime bien: Janna et Bars, ou plutôt leur relation frère-soeur, Gueorgui ( le mec malchanceux à qui tout arrive et surtout le pire mais qui garde une philosophie de vie à la limite du masochisme) ou même Arisa et ses réactions robotiques, Varlamov, Gleb le mafieux .. ceux-ci sont mieux développés et donc plus intéressants.

A surveiller: l'acteur Aleksandr Kouznetsov (Bars, le punk qui arbore de magnifiques tatouages.. entièrement faux. Apparemment ce sont des motifs collés au pinceau, ça doit chatouiller) Dans tout le casting, il sort du lot: je le trouve très bon, et je pense qu'on reverra assez souvent sa bonne tête et son nez de boxeur.
Enlever quelques personnages secondaires, limiter les intrigues parallèles et rester plus centré aurait été mieux. Mais là, la série veut faire tenir en 16 épisodes une matière trop dense, développer trop d'intrigues et le résultat est curieux: parfois on s'y perd entre qui est qui, qui fait quoi ( franchement j'ai cru un moment que Lara et l'assistante d'Igor étaient une seule et même personne, non, elles sont deux) et par moment de trop longs dialogues sur ces sous-intrigues qui donnent l'impression que le rythme s'enlise. Ca va trop vite et.. pas assez!

Et les derniers épisodes sont un peu mous, d'autant qu'ils laissent une bonne place à la peu intéressante Lara au détriment des autres. Mais bon, quelqu'un au scénario a du se dire" faut finir par une histoire sentimentale, le héros est divorcé et médecin, collons -lui une malade célibataire dans les pattes ". A tout les coups, le personnage a été rajouté tardivement en cours de route quand ils se sont rendu compte qu'il n'y aurait pas d'histoire d'amour, et que ça manquait de bons sentiments d'où ce côté cheveu sur la soupe.
Et la toute fin, genre les 10 dernières minutes, c'est vraiment la flemme absolue (ho purée on a laissé en plan nos personnages, y compris ceux dont tout le monde se fout vite " 3 mois plus tard, que sont-ils devenus..." Genre, tu vas me faire croire que la gamine qui a été abandonnée par sa mère, ne l'a jamais vue, a été élevée toute sa vie par sa grand-mère en croyant qu'elle était sa mère, va en 3 mois non seulement avoir encaissé le coup, accepté les mensonges de sa mère et sa grand-mère et tout le toutim? Un coup à être en thérapie jusqu'à ses 45ans, oui!)
Donc fin à oublier. Trop cucul-la-praline.

Donc des personnages et des pistes intéressants, qui sont un peu délaissés sans aller jusqu'au bout de leur potentiel ( genre "le flicage", tout le monde porte un bracelet électronique qui sert de tout et transforme ton bras en surface cliquable : terminal pour commander sur internet, téléphone, alarme, gps... et tout le monde trouve ça normal)

oui, tu peux même payer tes amendes comme ça... les flics te font banquer et la banque te flique
Mais voilà malgré tout, c'est un réel plaisir que d'avoir vu une série russe, en VO avec ho miracle des sous-titres bien faits et quasiment sans fautes, même s'ils sont trop polis, mettant systématiquement du vouvoiement quand il n'y en a pas. Ces mafieux russes sont décidément très policés.
Et non, твою мать! ne signifie pas gentiment " et merde..." Techniquement c'est " ta mère!" ( oui, on l'a aussi en français) souvent employé comme " va te faire...! ( faire ce que vous voulez, laissez parler la créativité).

Et ce n'est pas comme on pourrait le croire une simple copie de Akta Manniskor. Il y a un côté plus politique, basé sur la corruption, et un angle policier. Là où la série suédoise abordait les choses d'un point de vue social. c'est différents et par bien des points, Akta Manniskor est beaucoup plus réussie.
Mais celle -ci a réussi à m'accrocher avec ses défauts, et son casting de gens normaux ( pas de super canon hormis la parfaite et inhumaine femme robot. D'ailleurs l'actrice, Paulina Andreeva, est très bien et n'humanise jamais trop son personnage qui reste raide et.. robotique. Je suis curieuse de la voir dans une rôle plus " vivant "maintenant. Les autres ont soit des tronches patibulaires, soit des têtes ... normales. Oui, j'ai vu des commentaires sur Allociné qui se plaignaient de ça.)

Alors qu'après 3 épisodes j'ai laissé Westworld en plan faute de temps, sans être spécialement pressée de le reprendre.J'essaierai de la reprendre quand j'aurais plus de temps et demotivation pour écouter un peu d'anglais.

Ceci dit je n'en ai pas fini avec cette série, j'ai encore des pistes pour l'exploiter. Puisqu 'évidemment, mon objectif premier reste linguistique,ce qui aide à mieux passer sur les défauts de la série.

Je n'ai pas Netflix, je l'ai vue en squattant le compte de quelqu'un. Ceci dit, je vais probablement prendre le mois gratuit, près mes partiels, le temps d'utiliser un " truc" proposé ici par Lauriane. On verra si par la suite d'autres programmes russes ou allemands y apparaissent. Pour le moment, il y en a trop peu pour me motiver à m'y abonner.

Apprendre une langue grâce à Netflix ( malheureusement ça ne fonctionne qu'avec netflix et chrome)



dimanche 11 novembre 2018

Pushing daisies (série TV 2007)


31 octobre,  pas d'accès internet mais 2 disques durs avec de quoi faire. Ce serait pas le moment idéal pour piocher dedans ?

Et donc, après un risotto à la courge, et munie de chocolat à la mandarine Napoléon (par ce que l'emballage est orange) et de lait d'amande au curcuma ( je voulais goûter ça depuis longtemps et c'est joliment orange aussi), que regarder ?
Ce n'est pas le genre de menu qui peut accompagner quelque chose de vraiment horrible, mais c'est l'occasion où jamais de me plonger dans une série macabre et humoristique que je n'avais jamais vue en entier.
C'est parti pour une petite douceur, volontairement kitsch et qui n'a malheureusement pas eu le succès escompté malgré ou à cause de son originalité.
Comme je sais que Pedro , notre sorcier du challenge halloween adore, dédicace à toi, mon p'tit lapin, c'est donc une soirée «  Pushing Daisies » que je me suis faite. Et qui s'est prolongée sur plusieurs autres soirs, quand quand on est commence avec les tartes de Ned le pâtissier, on devient vite accro!



Pour ceux qui ne connaissent pas et il doit y en avoir beaucoup, c'est une série macabre...très drôle. Pleine de bon sentiments mais de manière tellement outrée que ça en devient souvent tordant aussi. Et incroyablement chou, avec un côté cartoonesque qui contrebalance la noirceur du propos.
Mais il fallait avoir l'oeil pour la repérer lors de sa première diffusion parce qu'elle n'a eu qu'une saison et demi, victime de la grève des scénaristes américains d'il y a quelques années, elle n'a jamais repris et c'est bien dommage ( pourtant il y avait des arguments, produite par Barry Sonnefeld, réalisée par Bryan Fuller à qui on doit aussi le tordant et décalé Dead Like Me, qu'il fut que je revoie aussi..).
Mais lorsque le travail a repris, la priorité n'a pas vraiment été de donner une fin digne de ce nom à une série qui n'avait eu qu'un succès d'estime.

Et pourtant il y avait quelque chose d'assez proche de certains films de Tim Burton là dedans, l'humour noir et cynique dans un décor pimpant aux couleurs saturées qui rappelle un peu la banlieue colorées d'Edward aux Mains d'Argent.
Ned, le héros n'a pas l'aspect monstrueux d'Edward, mais pourrait être rapproché de Victor dans les noces funèbres, ou du gamin dans Frankenweenie..
Et je prend cet exemple à dessein, puisqu'à peine a-t-on fait connaissance de Ned, qui court avec son chien sur fond de colline pleines de fleur du plus bel effet « papier peint windows colline verdoyante » que le chien.. est écrasé par une voiture. C'est aussi le moment où Ned découvre son super pouvoir : ramener les morts à la vie, en les touchant. Ce qui bien sûr est un secret assez lourd à porter.
Surtout lorsque Ned tue par inadvertance le père de Charlotte « Chuck » sa petite voisine, pour qui il en pinçait fortement.
Car son don a deux caractéristiques : S'il ressuscite quelqu'un, ça n'est que pour une minute, sans que ça ne porte à conséquence. Passé ce délai, le destin se déroule et quelqu'un doit mourir, généralement, la personne qui est la plus proche.
Et lorsque Ned ressuscite sa mère qui vient de s'écrouler, alors qu'il ne connaissait pas encore cette limite, passée la minute fatale, c'est donc le voisin qui s'écroule mort.
L'autre clause de son don, qu'il découvre le même jour, c'est qu'il ne peut en aucun cas toucher ou être touché par quelqu'un qu'il a ramené chez les vivants, la personne mourrait alors pour de bon cette fois.
Et l'enterrement de leurs parents respectifs sera la dernière fois que Ned et Charlotte se verront de leur vivant.

Car bien des années après, le don de Ned qui entre-temps est devenu pâtissier, et n'avait a priori plus rien à voir avec le monde des morts est découvert par un détective un peu louche et très vénal et les deux vont s'associer: ressusciter une victime de crime est le meilleur moyen de connaître l'assassin, et peut s'avérer lucratif quand il y a une jolie récompense à la clef.
C'est le moment que choisit Charlotte pour réapparaître, très…morte: elle a été assassinée, et les retrouvailles s'annoncent compliquées. Car comment dire à la fille qui vous plaît que :
-elle est morte,
-mais elle vient de ressusciter ,
-elle n'a qu'une minute pour vous dire qui est son meurtrier et…
-au fait quand j'avais 10 ans j'ai tué ton père sans le vouloir et je m'en veux beaucoup, je tenais à m’excuser.

Evidemment Ned n'arrive pas à se résoudre à la toucher de nouveau, dans la minute impartie, Charlotte vivra donc (contrairement au malhonnête entrepreneur des pompes funèbres qui venait de lui voler ses bijoux), sera mise au fait du pouvoir de Ned, mais … va avoir sa croix à porter aussi.

Et donc comment vivre avec le gars qui vous plaît... sans pouvoir l'embrasser ni le toucher ? Ni même le frôler par inadvertance.
Et d'épisode en épisode ces deux là vont trouver les solutions les plus absurdes pour arriver à se prouver leur affection : s'embrasser à travers des sacs mortuaires, du film plastique, danser en tenue d'apiculteurs...

Plus que les enquêtes policières souvent saugrenues, tout l'intérêt de la série réside dans ce parti pris de chasteté forcée (et comment la contourner) et dans la galerie de personnages secondaires savoureux: les tantes de Charlotte, un duo de sociopathes accros au fromage, anciennes gloires de la natation synchronisée, dont l'une est devenue borgne suite à un accident de litière pour chat.
Olive, l'employée nunuche du magasin de Ned (une boutique de tartes nommée «the Pie Hole») dont il faut bien le dire, Olive serait la tarte ultime. Olive est raide dingue de son patron qui, à cause de sa particularité qu'Olive ignore évidemment, s'abstenait depuis de années de toute relation personnelle avec des gens au cas où.. au cas où se serait produit ce qui justement vient de se passer avec Charlotte. Et même le chien, que Ned caresse avec une main télescopique pour ne pas le tuer.

Olive.. décidément, je kiffe Olive! Qui évolue de nunuche blonde aux rêves irréalistes à nunuche blonde un peu psychopathe, mais tellement drôle. Ce qui lui vaut le surnom de "moustique lunatique".

Ou les dialogues complètement barrés (imaginez échanger ça avec votre petit(e) ami(e) intouchable, à propos de la situation en question)
- C'est assez étrange...
- Ca n'a rien d'étrange, c'est insolite. Peut-être original d'une certaine façon, comme une cuillère à entremets.
- Il me vient tellement de questions que mon esprit vagabonde...
- Tu dois le nourrir de lait chaud et d'un sandwich à la dinde et le laisser reposer en t'assoupissant au soleil.

Décidément, j'aime beaucoup les phrases absurdes de Ned... Et je dois dire que l'acteur, Lee Pace (alias le roi Thranduil dans le Hobbit :D) qui tient le rôle a vraiment la tête qui convient, du type banal, mais doté d'un sourire désarmant d’innocence, auquel on pardonnerait tout, et surtout les choses les plus absurdes.

 On tient l'homme idéal: il est sympa, il sait cuisiner, il est nul pour tout ce qui est trucs sociaux, ne comprend pas grand chose aux sous-entendus et aux implicites... et c'est probablement le personnage le plus chou toutes séries confondues.
 Au rencart le preux héros de contes classique, cette série l'a bien compris: un pâtissier en tablier armé d'une tarte aux 4 fruits rouges emballera les nanas (dans du film plastique) mieux qu'un chevalier en armure.

Ou des situations du genre:
«les tantes de Chuck l'avaient élevée dans la croyance que ce gros appareil blanc dans la cuisine avait une fonction plutôt limitée, et aux yeux de Chuck un réfrigérateur n'avait jamais rien été d'autre qu'une boîte à fromage jusqu'à l'âge de 17 ans »

Je dois dire que si on regarde ce qu'il y a dans le mien, c'est à peu près ça... non, je plaisante, quand même il y a aussi des yaourts dedans. 

Chuck a aussi une passion pour les langues étrangères depuis le jour où elle a trouvé un carton rempli de cours de langues sur cassettes – qui semblent curieusement composés de phrases autour du fromage – et un magnétophone.
 
Accro au fromage passionnée par les langues et avec une vie sentimentale compliquée...Purée, mais je suis Chuck en fait... Pour la taille par contre, je ne suis pas loin de celle d'Olive.


Ou le détective privé qui a un loisir très.. inhabituel.

Ou des parodies très bien placée de films célèbres ( haha, les références savoureuses à Vendredi 13, Sleepy Hollow, les Oiseaux de maître Hitch, Candyman, The Wicker Man, Sueurs froides ) et je pense que les deux tantes anciennes artistes sont peut être une lointaine référence à «qu'est-il arrivé à Baby Jane»

la référence.. trop dur, là,je ne vois pas :D

Sans compter la voix off sarcastique qui commente l'action et présente chaque nouveau personnage en détaillant son âge à la minute près. Tout ça a un côté conte des plus plaisants.

Ajoutons à ça des effets spéciaux volontairement bricolos et irréalistes, des marionnettes du Jim Henson's Creature shop, l'irruption de détails incongrus ( dans cet univers macabre pourtant pop et coloré, on danse sur le toit au milieu des ruches au son d'un phonographe et les magasins ont des noms stupides au graphisme rétro), une musique qui pastiche pas mal Danny Elfman..
Tout ça donne une série qui effectivement est trop atypique pour plaire à vraiment beaucoup de monde, ou arrivée trop tôt, mais bourrée de bonne humeur et de fraîcheur, presque hippie en fait.


Avec pourtant au-delà de la mort pas mal de thèmes sombres :
L’abandon ( Ned a été « oublié » par son père dans une pension lorsque sa mère est morte),
les secrets et mensonges ( tout le monde en a : Charlotte qui doit se cacher pour qu’on ne découvre pas qu’elle est toujours en vie, parce que ses tantes le supporteraient mal et auraient surtout tôt fait de la ramener au bercail, Olive qui cache –très mal - une affection à sens unique pour Ned, Tante Lily qui en cache pas mal et de bien lourds aussi),
L’immaturité affective : Ned qui a passé une bonne partie de sa vie seul est désemparé lorsque Charlotte décide d’utiliser sa deuxième chance pour faire ce qu’elle n’a pas pu faire de son précédent vivant : habiter seule (l’appartement d’en face !), travailler, fut-ce pour les besoins d’une enquête ( et passer son premier entretien d’embauche avec un CV pipeauté à 29 ans), profiter de sa fausse mort pour se libérer de ses tantes aimantes mais qu’elle a passé sa jeunesse à materner à cause de leurs névroses, passant à côté de sa propre vie. Olive ne supporte pas qu’on lui dise non et a bien du mal à passer à autre chose quand elle voit que le gars qui lui plaît n'est pas intéressé par elle. Lily préfère mentir à sa soeur depuis des années et se réfugier dans l’alcool plutôt que d’être honnête une bonne fois pour toute, soi disant pour épargner sa sœur, mais surtout pour s’éviter une cuisante fâcherie à vie.

Plus paradoxalement, alors qu’on parle de héros qui ne peuvent pas se toucher, les sous-entendus érotiques sont nombreux… mais souvent subtils. Eros et Thanathos, le duo gagnant. La cuisine comme métaphore, à défaut de pouvoir pétrir  des miches, le (tout à fait charmant, il faut le reconnaître) pâtissier manipule la pâte. Quand il ne se retrouve pas en caleçon sur le toit, face à une Charlotte en guêpière de satin – situation qu’elle justifie en «  mais il faut bien, que je me déshabille, je vais enfiler ma tenue d’apicultrice.. » ( oui, bien sûr, il n’y a pas d’autre solution que d’arborer ses plus jolis frous frous face à son petit copain qui ne peut pas la toucher :D) des phrases comme «  vous savez, je trouve que les créatures les plus fascinantes ont un derrière poilu » ( il s’agit, évidemment, d’abeilles..), une bonne sœur égrillarde qui a «  des cloches à astiquer »

oui il y a une raison logique (même si complètement farfelue) de se retrouver en sous-vêtements au milieu de ruches en osier

Un délice. A vous donner envie de vous gaver de tartes!

Et une suite un jour ? En tout cas, il en était question en 2017. Je peux vous dire que ça serait une des raisons qui pourrait me pousser à m’abonner à Netflix.
http://www.premiere.fr/Series/Un-revival-de-Pushing-Daisies-Bryan-Fuller-est-pour

en tout cas, je voudrais vraiment une vraie fin, au lieu de ce dernier épisode à la va comme je te pousse qui donne vraiment l'impression que quelqu'un est venu leur dire à10minutes de la fin, " bon les gars, c'est pas toit mais vous êtes déprogrammés, y'aura pas d'épisode suivant, débrouillez vous pour conclure": il est ou papa zombie? Que vont décider Tante Viviane et Lily? et cette foutue manie de se dire " merde, on arrive à la fin, personne n'est en couple, vite, on ressort un personnage ultra secondaire qui n'avait aucune raison de revenir et on le colle dans les pattes d'Olive, parce que sinon, elle va rester toute seule puisque le pâtissier préfère roucouler avec Chuck à distance.

Restons dans l'image culinaire, ce dernier épisode avait tout du joli soufflé sorti trop vite du four qui s'écroule en quelques instants parce qu'on a voulu accélérer la cuisson. Du décor raté qui ruine le joli gâteau.
voilà c'est un peu ça, la conclusion gâche un peu le tout, mais l'intention y est alors on apprécie l'effort et on déguste avec indulgence

vendredi 28 septembre 2018

La montagne de gemmes ( série d'animation)

Et voilà, après l’histoire de Snegourotchka, j’avais envie de revenir sur une série d’animation récente, trouvable assez facilement en ligne : « гора самоцветов», c'est-à-dire « la montagne de gemmes ».
J’en avais parlé comme sourceaudiovisuelle dans l’apprentissage de la langue russe, je vais revenir ici sur le fait que c’est aussi une source culturelle pour qui aime les légendes et contes. 

Alors je suis désolée d’avance, mais ce programme, bien que facilement trouvable en ligne, n’existe pas ( encore) en sous-titré français. Tous les épisodes sont disponibles sur youtube, mais la plupart en vo, avec possibilité d’incruster des sous titres générés automatiquement en anglais ( qui sont pour une fois, assez bons dans l’ensemble). Certains épisodes ont été redoublés en anglais, d’autres sont sous-titré en chinois si vous préférez :D
C’est pour ça que je dis il n’y a pas ENCORE de français, mais ça pourrait venir – quand j’aurais avancé dans mes études de traduction ;) ?

Toujours est –il que ce programme ( qui a duré en gros de 2005à 2010) pour enfants est ambitieux et particulièrement soigné. Et a le mérite de présenter des contes non seulement russes, et pas forcément les plus connus ( même s’il y a obligatoirement le « kolobok », une histoire connue en France sous le titre «  Roule, galette », dédicace à ceux qui ont grandi avec les histoires du Père Castor, ou 3 aventures d’Ivan Dourak, dont je parlais au printemps).

Kolobok


Mais aussi des contes venus des endroits très reculés de ce pays immense , avec ce que ça suppose de traditions locales entre les peuples nenets ou iakoutes de Sibérie, les contes bouriates ou tatars à la frontière de la Mongolie, les traditions cosaques du côté de la mer noire, celles venues du Caucase ou d’Arménie qui ont un côté très «  mille et une nuits » ( on est proches de la route de la soie, donc les récits ont voyagé avec les marchands)…

Le rossignol, conte tatar.




Donc dans le même programme, on va pouvoir passer d’Ivan le sot à une histoire d’ours qui sonne presque inuit, à celle d’un rossignol dans un palais digne d’un conte arabe, à la malédiction de la fille « aux pattes d’oiseau » de la frontière chinoise, pour revenir à une légende de Novgorod ou du golfe de Finlande.
 Autant dire que j’adore !

"Patte d'oiseau", conte bashkir



Chaque épisode ( une quinzaine de minutes) avec en prime des techniques d’animation variées ( dessin animé classique, collages, frottages, aquarelle, marionnettes, maquettes…) commence par 2 minutes en pâte à modeler pour présenter la région d’origine du conte, les particularités de la ville principale, ce qu’on y mange, ce qu’on y fabrique ( les émaux de Novgorod, la métallurgie à tel endroit, les boîtes en papier vernis à une autre…) , la langue locale, les gens connus du coin, les dates importantes.
Ces petits programmes ont d'ailleurs été détachés de l'ensemble et sont aussi proposés séparément sur la page youtube de la série,mais cette fois, sans sous-titre, bon courage :)

Bref, une vraie « montagne de pierres précieuses » comme le nom l’indique !
allez, un autre que j'ai bien aimé: La petite fille maline

Je vous l’ai dit que je ne vous ficherai pas la paix avec tout ça.