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samedi 6 juin 2026

quelques paléontologues britanniques à connaître - partie 1

 

Après les dragons, on va parles de "monstres" réels.
De ceux qui écumaient les mers et les terres britanniques au jurassique.
Et de paléontologues.

Oui, mais pas ceux à qui on pense en premier lieu, même si Sir Richard Owens est celui à qui on doit l'invention du mot " dinosaure", et qu'il méritera un sujet à lui tout seul, j'ai envie de commencer en mettant les dames à l'honneur.
Parce que mine de rien, on leur doit pas mal de découvertes majeures, et elles n'ont pas toujours été prise au sérieux à cause de leur genre, voyons mesdames, la science est une affaire d'hommes ( même si au XIX° siècle encore pétri de conviction religieuses, les paléontologues en général n'étaient pas franchement pris au sérieux. Oser remettre en question les écritures sacrées, le déluge, le fait que la Terre a 6000 ans, c'était au mieux farfelu, au pire, impie)
Et pourtant, on doit certaines découvertes absolument majeures à des femmes.

On commence par la fameuse carte interactive que j'avais déjà utilisée pour d'autres sujets, et qui montre où  se trouve un lieu de votre choix à différentes époques, voilà donc là où était Londres il y a 150 millions d'années, donc la la fin du jurassique.

Le point rouge indique Londres et on devine en dessous la France: Grande-Bretagne et France étaient situées à peu près au niveau du tropique du cancer et étaient un zone de hauts fonds, d'îles et de bras de mer peu profonds, ce qui explique la quantité de fossiles d'animaux marins qu'on y trouve encore. Sisi, ça va avoir un importance tout de suite.


statue en l'honneur de Mary Anning à Lyme Regis

La plus connue est probablement Mary Anning (1799-1847). Elle est revenue sur le devant de la scène après des décennies d'oubli, grâce qu roman "Prodigieuses créatures" de Tracy Chevalier. Mary cumulait les casseroles pour l'époque: femme, d'origine modeste née à Lyme Regis - façon gentille de dire "prolétaire de la cambrousse"- et autodidacte. Passe encore que la chasse aux fossiles soit le loisir de femmes de la bonne société tant qu'elles n'essayent pas de voler la vedette aux hommes, mais là, en plus, elle n'était ni de famille riche, ni même apparentée de loin à un scientifique.
Le roman nous la présente vers 13 ans, vendant les fossiles qu'elle ramassait sur la plage comme souvenir aux touristes de la station balnéaire de Lyme Regis, ce qui est tout à fait exact. Rompue dès son jeune âge à les trouver et les différencier, c'était un atout certain par rapport aux scientifiques " de musées" qui recevaient des fossiles fragmentaires, à la provenance pas toujours indiquée et devaient se débrouiller avec ça.
On doit donc à Mary la découverte du premier squelette complet d'ichtyosaure,  reptile marin auparavant connu seulement par quelques fragments, puis à 22 ans le premier plésiosaure ( Plesiosaurus dolichodeirus) qui devient l'holotype de l'espèce, et à 29 l'holotype du ptérosaure Dimorphodon ( nommé par R. Owens). Et malgré l'importance de ses découvertes, vu qu'elle les vendait pour vivre, son nom y a rarement été associé. a l'époque, on considérait comme découvreur en général.; l'acheteur du fossile, ou le collectionneur qui les classait.

On ne peut pas parler de Mary Anning sans parler se sa mentor et amie, Elizabeth Philpot (1780 -1857), l'autre chercheuse de fossile au centre de "Prodigieuses créatures. Si Mary s'est distinguée par ses découvertes de reptiles marins et volants, elizabeth s'est surtout intéressée aux poissons fossiles.
L'Eugnathus philpotae est d'ailleurs nommé en son honneur. Ayant trouvé que les belemnites sont de lointain parents des seiches et que leurs fossiles contiennent encore de l'encre sèche ( de l'encre de seiche sèche..:D) elle a l'idée d'essayer de la délayer en y ajoutant de l'eau. c'est un succès au point que l'encre en question est utilisée pour dessiner leurs trouvailles. Mais c'est surtout en tant que collectionneuses, elle et ses deux soeurs, qu'elles se sont illustrées. Leur collection est encore de nos jours utilisée comme référence par les scientifiques.

Il faut encore mentionner Mary Ann Mantell (1795-1869), découvreuse - ou co-découvreuse pour ceux qui ne veulent vraiment pas admettre qu'une femme puisque faire une découverte majeure - de l'Iguanodon, le deuxième fossile de dinosaure à être identifié. C'est elle qui a trouvé des dents fossiles et les a signalées à son mari. C'est lui qui est allé les présenter à la communauté scientifique. Sans elle, il ne les auraient pas vues. Et comme Mary Ann savait très bien dessiner, elle a produit une quantité de gravure détaillées de sa découverte. techniquement , on peut donc dire aussi qu'elle est la première dessinatrice de terrain en paléontologie.

Plus récentes, Helen Marguerite Muir-Wood (1895- 1968) a pu être réellement paléontologue de métier, et sous-conservatrice du musée d'histoire naturelle de Londres. Médaille Lyell (prix de géologie) en 1958 pour l'importance de ses travaux sur les brachiopodes ( mollusques à coquille) et Eleanor Mary Reid (1860- 1953), passée de professeur de mathématiques et physique - déjà c'était rare à cette époque- à paléobotaniste et géologue, grâce à son mari, lui même géologue et botaniste qui lui fait découvrir une discipline qui la passionne. Les deux travaille ensemble mais elle poursuit dans cette direction lorsque son mari décède, et obtient elle aussi la médaille Lyell en 1936

5 femmes paléontologues , vous voyez que la préhistoire et ses grosses bébetes c'est aussi un truc de filles!
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