samedi 4 mars 2017

L'étrange cas du Dr Jekyll et de Mr Hyde - R.L Stevenson

Comment concilier les deux projets du mois à savoir le mois écossais avec celui le la SFFF? Bingo.
Merci Stevenson.



Ce sera donc pour inaugurer le mois écossais, une relecture de ma part, car je l'avais déjà lu il y a.. pfiouuuu oui au moins!
Mais alors pourquoi lire quelque chose que je connaissais déjà, qui plus est une histoire tellement multi adaptée qu'elle est connue même de ceux qui ne l'ont jamais lue?
Justement pour cette raison. C'est le même cas qu'avec Frankenstein, le roman a été dépassé par sa célébrité, par les adaptations, qui ont élagué d'un côté, rajouté de l'autre, ce qui fait qu'au fial, l'histoire telle qu'on la connaît ou croit la connaître est parfois assez éloignée du roman original. et c'est toujours bon de revenir aux classique, justement pour voir à quel point ils ont muté.

Par exemple Mr.Utterson qui est le principal personnage de l'histoire, l'enquêteur, est souvent relégué au second plan, pour ne pas dire purement et simplement supprimé.
Et pourtant, c'est lui qui va découvrir peu à peu toute l'histoire.
A contrario, les adaptations donnent souvent un rôle plus important au dr Lannyon, le médecin aux principes diamétralement opposés à eux de Jekyll, le "raisonnable" de l'histoire. Qui finalement n'apparait que peu, et quasiment uniquement pour témoigner post mortem par testament de ce qu'il a vu.

Tout commence un jour lorsque Mr Utterson notaire routinier emmène un cousin , Mr Enfield, avec lui en promenade. En passant devant une maison d'aspect délabré le cousin lui explique qu'il a une nuit été témoin d'une curieuse scène ici même: un homme très petit et  très antipathique a renversé et piétiné sans état d'âme une petite fille, et pour éviter les ennuis alors que les badauds commencent à arriver attirés par le tapage, est rentré dans cette maison pour récupérer de l'argent, payer une amende et en rester là. Mr Enfield a eu le temps d'apprendre cependant que le petit bonhomme antipathique se nomme Mr Hyde.
Ce qui surprend le notaire, il connait quand à lui très bien la maison qui est celle du Dr Jekyll à la fois un de ses amis et son client. Jekyll lui a d'ailleurs laissé récemment un testament dans lequel il fait de ce Mr Hyde son seul héritier.
Pour Utterson, la solution est simple, mais épineuse: Jekyll a du se mettre involontairement dans une situation compliquée, c'est un homme considéré dans la bonne société, il a une réputation à garder. Le dénommé Hyde ne peut être qu'un malfrat, maître chanteur qui a découvert un secret quelconque de Jekyll et le tient à sa merci au point de l'obliger à le coucher sur son testament.
Quelques temps après, un député est sauvagement tué dans la rue, et un témoin a bien vu le meurtrier. La description ne laisse pas de doute, il s'agit de Hyde. Utterson va alors tenter tout ce qu'il peut pour convaincre Jekyll , lequel ne se montre plsu guère, d'abandonner son " protégé" qui est un criminel convaincu.

La raison on la connait, mais au cas ou..





Ca va vous êtes préparés?
Jeyll et hyde ne sont qu'une seule personne (révélation de dingue!!) Le gentil Dr Jekyll ayant décidé que sa personnalité enjouée était décidément un défaut, que dis-je une tare pour un homme de la haute société, qu'elle allait l'entrainer dans le vice et le crime, et qu'il fallait absolument qu'il se débarrasse de ce naturel encombrant. Ce qu'il obtient grace à l'usage de drogues qui séparent ainsi le bon du mauvais chez lui, faisant de Jekyll un être 100% bon et de Hyde un être 100% mauvais.
Cen'était pas la meilleur idée, car dorénavant, les deux esprits partagent un même corps. enfin même, façon de parler, Hyde est aussi petit que Jekyll est grand, ce qu'il fait que lors de la transformation leur différence physique suffit à les faire passer pour deux personnes différentes.
L'explication vient du fait que le personnage d'origine est plus bon que mauvais, et donc, sa version mauvaise est bien plus chétive que sa version bonne.
Ne cherchez pas, c'est de la SFFF.
Mais lorsqu'on lâche la bride à ses mauvais penchants, avec en plus le couvert du "déguisement", ils prennent de plus en plus de place, et Mr Hyde devient de jour en jour moins chétif, et accepte de moins en moins de laisser la place à cette partie bonne qui l'encombre, lui, le mauvais.

Oui moi aussi je trouve quand même un peu abusive l'idée que être d'un caractère joyeux est une tare qui risque de vous conduire au crime.
Mais au delà de l'invraisemblance de la transformation physique ( encore que l'abus de drogue peut avoir cet effet ravageur, mais sur le long terme), ce thème de la dualité, il y a du bon et du mauvais en chacun et vouloir gommer une partie de sa personnalité, c'est avoir l'assurance qu'elle reviendra au moment où on s'y attend le moins- justement comme un drogué qui replonge.
Si Jekyll avait dès le départ accepté de n'être pas parfait , il ne se serait pas dédoublé.
Ce qui au final fait de ce court roman presque un récit clinique sur la maladie mentale et les personnalités multiples.

Narrativement parlant , j'aime bien ce type d'ouvrages qui donnent la parole à divers personnage, chacun n'ayant la connaissance qu'une d'une partie de l'histoire, certains éléments se complétant .. ou se contredisant selon qui parle ( le propre des témoignages!) ce qui au final donne plusieurs possibilités de lectures, tout en laissant en suspens certaines choses. L'auteur laisse à son lecteur la possibilité d'imaginer des choses et ça, ça me plait.

J'avais bien aimé la nouvelle "les voleurs de corps".. maintenant il va falloir quand même que je lise un jour son Voyage avec un âne dans les Cévennes ( ça ira bien pour la thématique voyage de l'année par exemple). Les Cévennes ça n'est pas loin de chez moi, j'ai même du passer à plusieurs reprises pas loin des endroits qu'il a visités.
Et bien évidemment L'île au trésor qui était mon premier choix pour ce mois écossais, mais que je n'ai pas réussi à retrouver dans les cartons de déménagement, si tant est que je l'ai effectivement eu un jour.

Pour Dr Jekyll et Mr Hyde, c'est assez facile de le trouver gratuitement en e-book  il est court, donc le format se prête pas mal à une lecture en quelques trajets de bus.
Puis profitons en, plusieurs titres de Stevenson sont en version numérique, et gratuits ici.
Et un sujet à carreau, un!

vendredi 3 mars 2017

Hero corp saison 2 (série TV)

Je sais j'avais dit " Mars, mois de la SF" mais je classe les histoires de super-héros en SF, faute de mieux. On est à mi chemin entre la SF et le fantastique, la ligne est mince parfois entre les deux, donc j'élargis à Mars mois de la SFFF ( SF, Fantasy et Fantastique) comme ça ça englobe tout.

Et, après Lermina, on continue d'ailleurs sur un point de vue bien français, aussi français que l'était Super-Dupont en son temps.

Tout vient à point à qui sait attendre, puisque j'avais vu les deux premières saison de cette série il y a longtemps (la saison 1 date de 2008 et la seconde de 2010). Et je n'avais revu et chroniqué la premier qu'en 2014.
Mais voilà, je n'ai plus la TV,  alors je suis allée faire un tour vers Netflix, depuis le temps que j'en entendais parler et hooo cool, je vais pouvoir voir la suite!enfin, d'abord revoir les 2 première saisons et voir la suite.

Car cette série a eu une histoire plutôt mouvementée: 3°saison en 2013, et 4° en 2014/2015. Plus une déclinaison en websérie. Pourquoi?
L'éternelle raison: les thunes.Et surtout leur manque.
La seconde saison ayant moins eu de succès que la première, La chaine comédie! qui la diffusait à la Tv à lâché l'affaire, laissant scénaristes, acteurs, metteur en scène.. bref toute l'équipe, en plein suspens.

Cependant, les fans se sont mobilisés sur la toile, une rediffusion pourtant nocturne a fait de meilleurs scores, le financement participatif a fonctionné à plein régime, ce qui fait que cahin, caha, la 5°et dernière saison est dans les starting blocks.

Donc reprenons où nous en étions, pour rappel, lors de la saison 1, John, un homme tout ce qu'il y a de plus normal, déboulait dans un village du fin fond de la Lozère pour assister aux funérailles de sa Tante Mary. Laquelle n'était pas tout à fait morte. Même pas du tout en fait mais avait trouvé se subterfuge pour faire venir son neveu avec qui elle n'avait pas eu de contact depuis 10 ans. Or Mary et les autres villageois eux, ne sont pas tout a fait normaux: ils sont, enfin, ils étaient des super héros. Mais, mis au rencard après des années de bons et loyaux services, ou partis de leur plein gré se mettre au vert, ils sont maintenant la branche "Lozère" de l'agence internationale de super héros " Hero Corp" dont le siège est à Montréal, Québec. Or justement ils ont un gros problème, du genre attaque de super-vilain, et leurs pouvoir étant amoindris, pour en pas dire carrément moisis, ils ne sont pas de taille à faire face. Or le medium de l'agence a eu une vision, c'est John qui va les sortir de la mouise en les fédérant à nouveau pour se battre contre " Ze Lord" (oui toujours bien prononcer les noms à la française, Steve = stèèève, Allen = allant, Burt = burte, Mick = Mique...)
Le tout se concluait par une virée à Montréal le temps de rencontrer "capitaine Canada" ( Michel Courtemanche), super héros prétentieux bien que nullissime et poltron, et pourtant célèbre, flanqué de son assistant "captain trois-rivières", tout aussi snob... qui flippe à la vue des animaux de la ferme. Mais, c'est la règle dans toute histoire de super-héros: une fois un super-vilain vaincu, il va forcément y en avoir un autre, encore plus super, encore plus méchant.



Car évidemment, je peux difficilement entrer dans les détails sans éventer un peu la 1° saison.




Cette fois, le super méchant c'est Matthew Hoodwink ( prononcer correctement à l'anglaise), et pas de chance pour John, c'est surtout l'irascible père de sa petite amie Jennifer, laquelle ignore tout de la nature de son petit copain, de la tante et des amis de celui-ci.

Or pendant l'escapade québécoise d'une partie de ceux ci, Hoodwink fait raser le village de Lozère. Tous n'en réchapperont pas, mais une poignée de survivants refont surface, vite rejoints par ceux qui rentrent du Québec et vont devoir tailler la route en pleine forêt, direction le bunker secret de Hero Corp,pour se mettre à l'abri de Hoodwink qui a décidé de les trucider purement et simplement.
Mais John a toujours Jennifer avec lui, otage plus ou moins coopérative, et toujours ignorante de la situation, ce qui leur évite un canardage pur et simple. Et d'ailleurs ignorante tout court, puisqu'elle a perdu la mémoire en lorsqu'une roquette lancée par le maladroit Capitaine Canada a percuté de plein fouet sa voiture. Ce qui ne va pas arranger son mauvais caractère et son côté boulet.

Cette seconde saison est plus sérieuse, ou plutôt plus aboutie, plus suivie en fait que la première où les épisodes étaient plus ou moins indépendants. Là il y a un vrai fil directeur: la fuite des super héros survivants, l'arrivée d'autres survivants venus de régions diverses car les autres branches mondiales d'Hero corp ont aussi été détruites.

On voit donc arriver Valur, un islandais qui sait manier la foudre ( et dont l'accent fait beaucoup d'effet sur tante Mary), Jean Micheng, vietnamien au pouvoir.. déconcertant ( pour ne pas dire complètement n'importe nawak: il déconcerte les ennemis en leur parlant vietnamien, et quand ils sont déconcertés, un ballon de handball surgi de nulle part les assomme. Quand je vous disais que c'était n'imp! Mais force est de reconnaître que c'est efficace même en étant complètement ridicule. et Eshana, brune hippie au pouvoir de dédoublement (sachant que son doppelganger ne lui ressemble absolument pas, c'est loin d'être évident)

Ceci dit, les autres, replongés dans le bain, et obligés de s'y remettre vraiment pour survivre vont dérouiller leurs pouvoirs. Surtout le pauvre Burt, qui fait beaucoup d'efforts pour peu de résultats, mais arrivera quand même à s'extirper de sa condition de Captain Shampooing ( qui lance du shampoing doux qui ne pique même pas les yeux) pour redevenir un peu l'Acid Man qu'il était au temps de sa gloire.
Quand à John, il développe aussi des pouvoirs, disons, paradoxaux: fils d'un super héros et d'une super méchante, ce qu'il ignore encore, il peut à tout moment pencher du bon ou du mauvais côté.
Donc un scénario qui fait toujours la part belle aux moments humoristiques et pinaillages entre super héros, il faut bien le dire, toujours un peu concons et péquenauds indécrottables, mais développe un peu plus son sujet et ça, ça fait plaisir.

Avec en prime une brochette de second rôles assez croquignolets ( le retour de captain sports-extrêmes, déjà aperçu dans la saison 1: le genre de mec à faire du parapente sans parachute, ou du saut à l'élastique, sinon c'est trop facile et bon pour les chochottes. Evidemment, il se ramasse beaucoup et passe plus de temps à remettre en place ce qu'il s'est déboîté plutôt qu'a faire des actions d'éclat. On retrouve aussi le prétentieux Captain Canada, toujours à côté de la plaque et vite dépassé. Et parmi les invités, il y a " atraignée man" ( Alexandre Astier, venu faire un passage dans la série de son frangin). Il n'a aucun pouvoir particulier, sinon celui d'être relou et gratuitement méchant " parce que les araignées c'est méchant". Dans la première saison c'était " chauve-souris Man", le super héros qui ne sert à rien: comme les chauves souris, il vivait la nuit, mais en fait il avait choisi de vivre de nuit le jour parce que c'est moins fatiguant!
Manière évidente de tailler un short aux deux super-héros les plus célèbres..

On va encore trouver ici un homme des bois philosophe aux lectures étranges ( Pierre Palmade): son livre favori est "comment servir l'homme" (oui, oui,l'ambigüité du titre est tout à fait voulue) et, plus tard, un groupe de vampires qui a comme un souci d'image et de crédibilité: En tant que " vampires de jour", personne ne les prend au sérieux et ils passent aux yeux de tous pour des petits malfrats, ce qui est mauvais pour leur égo. Je vous rassure ils n'ont pas le mauvais goût de briller au soleil ( et non je ne me lasse pas de tailler Twilight en biseau)

Donc comme pour la première saison du très très bon, et par moments, du moins bon, des gags qui tombent à plat. Mais un peu moins que dans la saison 1,  voilà, la saison 2  semble plus écrite, et fait moins de part à l'improvisation ont sont issus plusieurs des acteurs. L'impro, c'est bien, c'est réactif.. mais c'est aussi plus casse gueule.


Les nouvelles tenues sont un peu plus homogènes...disons que c'est un peu moins pire pour l'image de Tante Mary d'avoir laissé tomber le tablier à fleurs. Là ils font un peu moins pécores et un peu plus.. euh.. éboueurs? :D


Alors oui, je continuerai, après cette deuxième saison plus aboutie, à suivre les aventures des super héros les moins compétents de la planète. Parce qu'elle a mine de rien l'ambition de mélanger deux choses très différentes: l'univers très sérieux des super héros et l'humour potache, avec en plus de vraies trouvailles scénaristiques par moments, qui en font un ovni au milieu de séries françaises assez convenues.

Mon seul regret: ouiiiin , il n'y a pas Captain Cold dans cette deuxième saison. Je ne sais pas si c'est un choix professionnel de Maurice Lamy qui n'a pas pu revenir pour la saison 2 pour cause de planning, vu qu'il joue surtout au théâtre, ou si c'était prévu dès le départ dans le scénario, mais il me manque.

Autre qualité de la série, je crois que je l'avais dit pour la première saison: les tournages en extérieurs, la campagne de Lozère pour la saison 1 ( Le Causse de Sauveterre et le village des Palhers de Bramonas,  près de Mende et Balsièges, argument touristique qui figure maintenant sur le site de l'OT local), les Alpes Maritimes pour la saison 2 ( Menton, le fort du Barbonnet près de Sospel), les suivantes en Bourgogne ou du côté de la Rochelle. Et cet emploi des décors naturels est un des points forts de la série, la limite financière qui empêche les gros effets spéciaux devient une force ( car franchement arriver à refaire en studio un endroit aussi authentiquement décrépi que l'est réellement le fort du Barbonnet, ç'aurait été difficile. Et les forêts ont l'air de vraies forêts... dimension qui manque paradoxalement dans les productions de plus grand budget où le fond vert est la solution de facilité la plus souvent retenue  )

Rendez vous dans quelques temps pour la suite.

mercredi 1 mars 2017

L'effrayante aventure - Jules Lermina

J'ai déjà parlé ici de cet auteur assez oublié pour les nouvelles "La deux fois morte" et "L'élixir de vie", que j'avais bien appréciées l'une comme l'autre. Qui toutes deux avaient un fond scientifique bien que farfelu, et tentaient d'expliquer le fantastique d'un point de vue rationnel.

Donc quelle peut être cette effrayant aventure? Cette fois, elle est plus Sf, ou plutôt commence un peu Sf et se termine plutôt dans le fantastique.
oui, il y a des monstres! Edition des moutons électriques, mais je l'ai trouvé libre de droit en e-book ici

Tout commence à Paris  dans les années 1910, par la découverte d'un cadavre qui est assez vite identifié comme étant celui de feu Mr Coxward, un anglais un peu boxeur, un peu arnaqueur et beaucoup voleur. Chose curieuse le cadavre semble avoir été jeté d'une importante hauteur.. au milieu d'une place, ce qui est impossible.  Une canaille qui ne manquera à personne, sauf que, autre bizarrerie l'heure de sa mort est estimée à 3h00 du matin, alors que la veille au soir elle était à Londres, recherchée par la police pour un vol. Impossible d'avoir traversé la manche en si peu de temps. Or, Mr Bobby, policier anglais qui a identifié la victime n'en démord pas: il s'agit bien du même, qui a trouvé un moyen inconnu de filer .. à l'anglaise . Evidemment , Mr Bobby n'est pris au sérieux par personne et surtout pas les journaux, qui se font un plaisir de moquer son patronyme si adapté. Mr Bobby va donc devoir laver son honneur terni par la presse française, et prouver ses dires. Son enquête va le mener par bien des détours chez Sir Athel Random, gentleman à l'apparence aussi banale que son nom le laisse supposer ( Lermina s'est bien amusé..), mais qui cache un savant farfelu, inventeur d'une machine volant,ressemblant à une cabane à outils dotée d'hélices: le vriliogire, propulsée au vrilium, l'invention de Sir Random. Alors qu'il escomptait mettre la dernière main à sa machine avant de l'essayer, elle lui a été dérobée justement par le dénommé Coxward qui pour échapper à ses poursuivants est entré dans le jardin pour se cacher dans la cabane à outil... mal lui en a pris, puisqu'il a mis en marche la machine qu'il ne savait pas manoeuvrer qui l'a donc propulséplein est jusqu'àce qu'il en tombe. Le bête accident, mais Mr Bobby avait raison.

Problème: il faut retrouver la machine, quelque part du côté de Paris, encore chargée d'une bonne dose de vrilium dont les effets peuvent être dévastateurs ( le Radium a été découvert en 1898, nombre de personnages réels sont mentionnés: le président Poincaré et le savant Poincaré, le savant Arago, le préfet Lépine, les écrits de Darwin ou les études de Richard Owen.. l'histoire fait donc appel aux connaissances et au cadre de son époque).
Random et Bobby partent donc à la recherche de la précieuse machine, flanqué du journaliste français Labergère, particulièrement gaffeur. Leur quête va involontairement les mener dans les sous-sols Parisiens, pas encore transformés en fromage à trous par les couloirs du métro, mais déjà bien instables et recélant d'étranges choses. Et je paierai cher pour voir la scène finale de mes yeux, en dépit de l'énorme erreur de .. quelques centaines de millions d'années qu'elle implique, ce qui m'a bien faite rire. Erreur involontaire de l'auteur ou assumée pour renforcer le côté cocasse, en tout cas ça marche.

Et j'ai bien aimé cette histoire complètement absurde, qui joue sur le choc des cultures: un policier au nom prédestiné, raide comme la justice, qui se retrouve confronté à un journaleux parisien qui ne prend rien au sérieux et ramène tout, absolument tout à une seule notion: les apéros. Cafés , bars et brasseries sont son obsession. A côté d'eux, le digne sir Random, très flegmatique comme tout anglais de roman qui se respecte... mais devient absolument impossible à maîtriser lorsqu'il s'embarque sur la science, capable alors qu'il est coincé dans un souterrain de s'embarquer sur l'analyse des roches qui l'entourent au lieu de se concentrer à chercher la sortie.
Le tout avec une bonne dose d'humour absurde et décalé, qui trouve toujours le moyen de se frayer un chemin même dans les situations épineuses.
Le livre est sorti en 1914, à la toute fin de la carrière de Lermina, déjà âgé lors de sa publication. Avec une étonnante prémonition:  2 ans plus tard , français et anglais allaient aussi se retrouver à vivre d'effrayantes , bien plus effrayantes aventures, coincés dans des souterrains, dans une situation catastrophique, avec des matières dangereuses susceptibles d'exploser à tout moment. Et cette fois ce ne serait plus pour rire.

Ce qui explique peut-être que cette histoire légère d'un auteur probablement classé vieillot déjà à l'époque ait été oubliée, les années qui ont suivi immédiatement n'étaient plus à la rigolade. Mais, au delà de la fantaisie,  il brosse surtout un savoureux portrait de la presse qui n'hésite pas à inventer des scoops pour faire un plus gros tirage que le journal du voisin, à attirer le chaland avec des manchettes racoleuses du genre " demain à 10h00 nous vous révèlerons toute l'affaire", à diffamer, à broder .. Labergère est un bon exemple du journaliste sans scrupule qui n'hésite pas à aller du jour au lendemain travailler pour la concurrence et démonter ce que lui-même écrivait la veille, ne vérifie jamais ses sources,  pour peut que ça soit lucratif.
C'est d'actualité, n'est-ce pas?

Donc je le classe SF pour l'emploi de la science, et l'invention avant l'heure d'un monoplace à propulsion atomique - ça n'est jamais clairement dit, mais, on comprend vite qu'une puissance colossale concentrée dans ce qui à la taille d'une pointe de crayon est forcément radioactive.
Mais on est tout autant dans le policer et le roman d'aventure. A lire pour rire, sans chercher non plus une énorme profondeur, mais c'est une lecture rafraîchissante et divertissante, avec en plus quelques vannes cyniques sur la police, les autorités et les journaleux.

mardi 14 février 2017

le jour des serments...

Car oui, ma traditionnelle diatribe anti Saint Baratin sera un peu différente aujourd'hui. Parce qu'il s'est passé des choses autrement importantes un 14 février qu'un vieux romain décapité par d'autres romains après avoir rendu la vue à une femme aveugle ( du coup la logique serait d'en faire une journée de sensibilisation aux maladies oculaires, plutôt)

Car le 14 février est avant tout une date importantissime. Pour la France et pour l'Allemagne - et ce, même si ça n'a pas toujours été le grand amour entre les deux pays.

Le 14 février 842, c'est la signature des Serments de Strasbourg qui ont donc 1175 ans cette année.



En quoi est-ce important? C'est tout simplement le traité qui annonce le morcèlement de l'immense empire de Charlemagne d'un point de vue géographique, ET la première occurrence écrite des deux langues que sont l'Allemand et le Français. Et tout commence par une querelle de famille, parce que lorsqu"il y a du pognon et du pouvoir, l'amour familial et fraternel, on s'en cogne un peu en fait. Et on se cogne dessus tout court.

Il s'agit donc d'un traité militaire entre Louis le Germanique et Charles le Chauve  qui s'allient donc pour foutre en commun sur la gueule de Lothaire, leur grand-frère.
Tous trois sont fils de Louis le pieux, Empereur d'occident, lui-même fils de Charlemagne mort en 840. L'héritage partage le territoire en 3 parties et tout le monde aurait du être content. Sauf que l'ambiance n'était pas franchement excellente entre papa Louis de son vivant et ses 3 fils, puisqu'ils ont tenté un putsch en 833.

Et donc Lothaire, fils aîné, réclame le titre d'empereur d'occident,  Louis le germanique qui était duc de Bavière, se voit attribuer la partie est de l'empire, et Charles le chauve, le préféré de son papa avait déjà obtenu une grande partie de la Francie occidentale). Et de fait en étant empereur, Lothaire aurait été suzerain de ses deux frères, qui en l'entendent pas de cette oreille.

Le traité d'alliance entre les deux cadets est fait de manière à ce que leurs armées respectives comprennent la situation, et donc non pas rédigé uniquement en latin, mais prononcé et transcrit en langues vernaculaires, ancêtres du français et de l'allemand. De l'ancien français plus ancien qu'ancien. Et de l'ancien allemand pareillement ancien.
Louis le germanique prononce un discours en langue gallo-romane ( donc pas celle de sa propre armée, mais celle des armées de son frère, à laquelle la troupe répond) et Charles en langue tudesque pour être compris des armées de Louis qui répondent aussi dans leur propre langue.



Voila ce que dit Louis

Pro Deo amur et pro christian poblo et nostro commun salvament, d'ist di en avant, in quant Deus savir et podir me dunat, si salvarai eo cist meon fradre Karlo et in aiudha et in cadhuna cosa, si cum om per dreit son fradra salvar dift, in o quid il mi altresi fazet, et ab Ludher nul plaid nunquam prindrai, qui meon vol cist meon fradre Karle in damno sit.


Soit: Pour l'amour de Dieu et pour le peuple chrétien et notre salut commun, à partir d'aujourd'hui, autant que Dieu me donnera savoir et pouvoir, je secourrai ce mien frère Charles par mon aide et en toute chose, comme on doit secourir son frère, selon l'équité, à condition qu'il fasse de même pour moi, et je ne tiendrai jamais avec Lothaire aucun plaid qui, de ma volonté, puisse être dommageable à mon frère Charles.

On ne va pas se mentir, la langue gallo-romane est quand même encore très très proche du latin, mais déjà on repère des choses qui nous parlent: commun, en avant, plaid ( au sens de plaider), et les formes du futur: salvarai, prindrai.
D'autres vocables ( poblo, salvament, podir, aiudha, salvar) sont plus proches de l'espagnol actuel, la langue parlée devait probablement être comprise dans une bonne partie du territoire de Charles jusqu'à l'océan et la méditerrannée.

Et voilà ce que dit Charles

In Godes minna ind in thes christianes folches ind unser bedhero gealtnissi, fon thesemo dage frammordes, so fram so mir Got geuuizci indi mahd furgibit, so haldih tesan minan bruodher, soso man mit rehtu sinan bruodher scal, in thiu, thaz er mig sosoma duo ; indi mit Ludheren in nohheiniu thing ne gegango, zhe minan uuillon imo ce scadhen uuerhen.

traduction: Pour l'amour de Dieu et pour le salut du peuple chrétien et notre salut à tous deux, à partir de ce jour dorénavant, autant que Dieu m'en donnera savoir et pouvoir, je secourrai ce mien frère, comme on doit selon l'équité secourir son frère, à condition qu'il en fasse autant pour moi, et je n'entrerai avec Lothaire en aucun arrangement qui, de ma volonté, puisse lui être dommageable.

Le futur allemand est déjà un peu plus reconnaissable, enfin, pour peu qu'on l'ai appris, mais il a moins dérivé que le français de sa base et un plus grand nombre de mots sont déjà quasiment dans leur forme actuelle. en tout cas, en le lisant à haute voix et bien qu'étant française, je galère moins à reconnaître les mots actuels
Folches-> Volk ( le V allemand se prononce comme un F français)
geuuizci-> Gewiss
uuillon-> Wille ( le w allemand actuel se prononce comme un V français, mais le redoublement du uu semble indiquer qu'a l'époque, il fallait bien prononcer un " wa" à l'anglo saxonne)
scadhen->schaden
uuerden -> werden

Mais autant dire que d'un point de vue étymologique et historique, ce document ( dont les deux versions connues sont des copies plus tardives) est une mine d'informations sur les langues parlées en Europe au IX° siècle.
La vraie séparation géographique se fera l'année suivante par le traité de Verdun en août 843:
A Charles ce qui s'étend entre l'océan ( moins la Bretagne) à la Belgique au nord, et aux Pyrénées au sud en longeant presque le Rhône. A Louis, toute la partie Est de l''empire, suivant à peu près le Rhin comme démarcation, et à Lothaire, la zone entre les deux, des actuels Pays-bas jusqu'à la Provence et une bonne partie du nord de l'Italie, qui prend le nom de Lotharingie
Arrangement qui va d'ailleurs mettre la grosse pagaille dans l'histoire, car les différentes zones vont se retrouver encore morcelée aux générations suivantes, les rois de l'époque ne se contentant pas d'avoir un seul enfant.
Et la Lotharigie, de plus en plus réduite va rester la pierre d'achoppement entre la France et l'Allemagne jusqu'au XX° siècle. Ca se dit Lothringen en allemand. Et on y passe avec des sabots. Mais la France clamait depuis 1871que l'ennemi prussien ne l'aurait pas ainsi que la région d'à côté.
Et oui, Lotharingie = Lothringen = Lorraine.
S'il n'y avait pas eu ce morcèlement, quelque part, on évitait la rivalité de toujours, la guerre franco-prussienne, le bordel en 1914, le nouveau bordel en 1939, tous aux conséquences dramatiques.

Et donc, d'un point de vue personnel, à cause de ce partage datant de bien avant sa naissance, mon arrière-arrière grand mère à fui l'Alsace en 1870 et les guerres incessantes pour ces territoires tampons entre deux pays, pour se réfugier en Auvergne. Oui mon arrière-arrière grand-mère était donc une réfugiée politique.
La naissance de ma grand-mère en Auvergne est donc une conséquence étrange mais bien une conséquence d'un traité politique signé quasiment mille ans plus tôt, si on y réfléchit bien!

Maintenant, un petit jeu d'imagination, car ils me font bien rire les partis extrémistes, avec leur roman national, la pureté du sang, etc.. et toutes sortes de facilités historiques.
Si mon arrière-arrière grand mère avait eu des sympathies pour l'autre camp, je ne serai simplement pas là pour en causer. Je serais peut-être mettons, polonaise.
(Allons encore plus loin dans l'imagination: Je suis peut-être polonaise dans un univers alternatif où elle est partie vers l'Allemagne. Et je ne sais même pas dans quel coin je suis, dans un univers alternatif où il n'y a pas eu de dispute de famille entre les petits fils de Charlemagne. Oui même là, je ne peux pas m'empêcher de penser SF)

Yep, je suis française par hasard, parce qu'une alsacienne est venue à l'ouest plutôt qu'à l'est et parce qu'à un moment, d'autres pinailleries politiques et territoriales multi-séculaires ont décidé que Nice et sa région seraient finalement françaises au lieu d'italiennes après être passées de main en main. Et tout ce monde a finit par débouler en PACA à cause d'autres alliances politiques au XX° siècle.
Ma nationalité ne tient en fin de compte qu'à une belote politique entre gens de la haute. Je ne m'en plains pas, mais je n'ai aucune raison d'en tirer une quelconque fierté, qu'elle soit nationale ou encore plus ridicule, régionale. Le patriotisme, la main sur le coeur et tout ça, les "tulaimeoutulaquitte" c'est loin d'être mon truc. Pas de quoi fouetter un chat, franchement.
Bon je n'avais pas prévu de partir dans des considérations politiques actuelles, mais après tout le morcèlement de l'Europe du IX° a eu et a encore des conséquences actuelles sur la morphologie des pays et leur langue. Et à partir du moment où on y met son nez, l'évidence saute aux yeux, l'appartenance à un pays ou un autre n'est que le résultat d'une série de hasards.

Donc en ce 14 février, plutôt que l'amour, si on fêtait un peu l'égalité et la fraternité entre l'immense majorité des gens qui sont nés quelque part  ( ça vous va comme concepts, amis politiciens? c'est assez français?)

Oui je suis partie d'un rejet d'une fête commerciale pour embrayer sur un sujet historique et politique, je sais, je suis la personne la moins sentimentale de la terre.

Promis l'an prochain, je vous parle de la mort de Cyrille, l'inventeur de l'alphabet cyrillique 😄 (wow, joie et bonheur, je viens de trouver la commande d'insertion de smilies dans les messages de blog)

dimanche 29 janvier 2017

Brisby et le secret de NIMH ( long métrage animation 1982)

Voilà un dessin animé que j'avais vu à sa sortie, en 1982 ou 83, que j'avais beaucoup aimé, et que j'ai eu la joie de revoir, pour sa ressortie ces jours ci au cinéma, 35 ans plus tard.

Alors j'ai conscience que c'est un dessin animé assez oublié, d'autant qu'il n'est pas le plus connu de son réalisateur, lequel est souvent confondu avec Disney. Combo!

C'est vrai qu'il y a une ressemblance graphique avec les Disney de la même époque, mais je vous arrête de suite,  Don Bluth est souvent plus sombre que Disney, sous ses dehors mignons.

cadeau, merci topito. Mais même Anastasia est plus sombre que la plupart des Disney, oui même que les 101 dalmatiens ou Bernard et Bianca.
Don Bluth pour vous situer, a réalisé Fievel et le nouveau monde ( une mignonne histoire de souris qui parle de Raciste et d'émigration) Le petit Dinosaure et la Vallée des Merveilles ( une mignonne histoire de dinosaures qui parle d'extinction de masse), Anastasia - son plus gros carton ( qui parle logiquement de la révolution russe et de l'assassinat du tsar et de sa famille), Titan AE ( pas vu, mais le sous-titre est " survivrez vous à la fin du monde"), et donc Brisby et le secret de NIMH, son premier long métrage.

et même l'affiche de Brisby jouait sur cette confusion possible..


Une mignonne histoire d'une mignonne souris des champs. Veuve. Avec 4 souriceaux remuants sur les pattes. Dont un gravement malade. Et son terrier, dans un parpaing au milieu du champ est menacé de destruction par le fermier ( qui n'est pas spécialement méchant, il ignore seulement ce qui se passe chez les petits animaux qui vivent dans son champ).

Donc une souris qui a de gros gros gros problèmes: il faudrait déménager au plus vite mais il fait encore froid et Tim, le malade ne doit pas sortir avant deux semaines. Or le labour va commencer sous peu. Elle va donc devoir trouver de l'aide. Et,pour celà, affronter des dangers terribles pour une souris: le chat du fermier en premier lieu, qui rend toute sortie périlleuse, aller demander conseil au sage de la forêt, le hibou, et que mangent les hiboux? Bingo!

Des problèmes, oui, mais de souris ( et ça c'est un des gros plus, l'anthropomorphisme n'est pas constant: elles courent à 4 pattes, grimpent, utilisent leurs dents pour ronger des fils.. bref ont un minimum de comportement de souris)

Mais Mme Brisby a la chance que feu son mari ait mené une "double vie" et rendu pas mal de services aux habitants de la forêt et de la campagne.
Et en particulier à la colonie de rats qui s'est établie sous le rosier dans la cour de la ferme. Le hibou va donc l'envoyer les voir. Et ce qu'elle découvre dépasse toute attente: les rats sont d'anciens rats de laboratoire que des expériences ont rendus intelligents et aptes à lire, et à se cultiver. C'est une véritable société quasiment humaine qu'ils ont développée ( avec, hélas, ses travers, notamment le goût du pouvoir, de la chicane, de la politique et des assassinats qui vont avec). Eux vont pouvoir l'aider, vu qu'ils ont appris à détourner l'électricité des humains pour leur propre profit.

par contre très logiquement, les rats sont beaucoup plus grands que les souris. Mais Justin est un rat sympa et facétieux, ce qui n'est pas le cas de tous.

Donc.. une touche de SF au passage qui fait classer le film en "fiction spéculative". Et la science a rattrapé la fiction, puisque les aptitudes d'apprentissage des rats ne sont plus à démontrer et peuvent même être artificiellement développées avec des médicaments. Donc le jour où les rats sauront lire, on a du souci à se faire les amis.
Par contre les corbeaux sont supposés intelligents, mais le corbeau du film, lui est probablement le moins malin de son espèce. Pas de chance!
Jérémie le corbeau dans toute sa splendeur

Après, le film s'égare un peu ( mais à 5 ou 6 ans je ne le voyais pas), lorsqu'il s'éloigne de son côté SF pour donner dans la fantasy . Nicodemus le vieux chef des rats a tout d'un Gandalf, et le mystérieux pendentif qu'il donne à Mme Brisby est plus un artefact magique sorti de nulle part que quelque chose de scientifique.

you shall not pass! ( enfin, ça collerait bien)
Apparemment tout ce côté magique n'existait pas dans le roman d'origine - que je vous avoue j'ai bien envie de lire, il n'a pas été traduit, mais en littérature jeunesse, mes compétences en anglais devraient êtres suffisantes.
Du coup, c'est un peu boîteux: si la science peut expliquer pourquoi les rats sont si malins, autant rester sur cette ligne, et ne pas rajouter de magie. Si on veut partir sur de la fantasy, avec magie et tout le toutim, plus besoin d'expliquer quoi que ce soit, il suffit de dire "TGCM!" ( ta gueule, c'est magique!) et tout le monde aura compris. C'est la limite du film, qui n'a pas trop su choisir entre la voie SF et la voie fantasy. Je pense qu'il a pris cette orientation parce que la fantasy avait alors le vent en poupe ( Dark Crystal date de la même époque à quelques mois près, le jeux de rôle "donjons et dragons" cartonnait depuis quelques années..). Et au final, il s'en dégage plus une ambiance fantasy.

Mais de fait, le passage le plus intéressant, qui est bien sûr la société des rats et leur développement, et la nécessité qu'il y ait réconciliation entre eux ( les "citadins" mal vus par les autres animaux) et les habitants de la campagne qui devrait être le sujet central, puisque tiré d'une série de 3 tomes titrés " les rats de NIMH", passe au second plan face au problème de la souris Brisby. Et c'est dommage. Autre bonne raison de chercher le roman.

Graphiquement on est dans les standards de l'époque, et c'est même bien agréable de revoir de l'animation classique avec cellulos peints. Et autre avantage sur Disney, il n'y a qu'une chanson, intégrée dans la bande son, et pas chantée par les personnages comme ça sans raison, ce que je déteste le plus et qui m'a définitivement vaccinée de Disney. Malheureusement, ce défaut s'est retrouvé dans Anastasia, grmph. Ca et le personnage mascotte très énervant ( la chauve-souris de Raspoutine) re grmph.

Mais du coup, à vous conseiller un film de Bluth, ce serait celui là ou Fievel, l'un dans la veine magique, l'autre plus réaliste même sil y a toujours des souris qui parlent.

et toute cette aventure épique à hauteur de souris de haut se passe intégralement - sauf la forêt du hibou - dans ce décor. C'est d'ailleurs étrange que le fermier ait laissé d'énormes cailloux dans son champ, à la base.
Pour comparer, à l'époque, Disney avait essayé aussi de sortir de ses sentiers battus et rebattus, avec Taram et le chaudron Magique ( 1985) que j'avais beaucoup aimé . Taram a fait un four, et j'ai compris en le revoyant: déjà ce n'était pas ce que les gens attendaient de Disney - alors que Bluth , quasi inconnu, avait les mains libres pour faire quelque chose d'emblée un peu sombre. Mais plus de 30 ans après, force est de constater qu'au delà de ses images inattendues de squelettes sortant d'un chaudron, Taram était très creux et n'allait vraiment pas au bout de son projet, comme si quelqu'un en cours de route avait décidé " c'est trop sombre, faut vite se débarrasser des monstres" tandis que Brisby a bien vieilli justement parce que sous des dehors mignons, il aborde des thèmes ouvertement sombres ( le veuvage, la mort, la maladie, les tests sur animaux) et ne recule pas à mi chemin, effrayé de déplaire à son public

oui, c'est un dessin animé jeunesse. Sachez le, il y a peu de moments vraiment violents, mais on ne cache pas non plus les tests sur animaux.

Et donc, oui, il reste dans mon top 5 de longs métrages d'animation.

Maintenant cher cinéma, j'aimerais revoir la Dernière licorne ( qui date de la même année, tiens, jolie année pour l'animation) c'est possible ou pas?

edit: j'ai dit une bêtise! Le tome 1 du roman au moins a été traduit. Par contre il y a toutes les chances qu'il soit introuvable
edit 2: une suite au dessin animé a été faite, sortie uniquement en vidéo mais franchement le graphisme ne m'inspire pas, un peu trop standard à mon goût, et ça augure de quelque chose de trop peu sombre pour moi. Ce n'est pas Don Bluth qui l'a réalisé d'ailleurs, donc il y a de grande chances qu'il y manque cette dimension là.
edit 3: les musiques sont de Jerry Goldsmith, mais la seule et unique chanson  est chantée par Paul Williams en VO. Je ne le savais pas, l'ayant revu en VF, donc avec chanson traduite aussi, mais j'ai repéré le nom sur le générique et après vérification, il s'agit bien du même Paul Williams dont je parlais ici avec sa voix si particulière, reconnaissable entre toute. Sympa, un de mes dessins animés et un de mes films favoris ont un point commun que j'ignorais.

vendredi 20 janvier 2017

Mars..et ça repart.

Cet après midi, je me suis rendu compte de deux choses.
1 - Je n'ai aucun challenge prévu en mars.
Edit: si! Le challenge Ecossais, que je croyais être en février, bon, me faut prendre de l'avance alors!
2- Mars... mars? La rouge, la verte ou bien la bleue? Tiens ça fait longtemps que je n'ai pas chroniqué de SF.

J'ai donc unilatéralement décidé que, soyons fous, Mars serait "le mois de la SF". De toutes façons, c'était ça ou le mois de la mythologie. Je sais, j'ai un humour ultra prévisible.
Et je confirme


je pense que même si vous n'avez pas fait allemand LV1.. en tout cas ça répond à la question de feu David Bowie

Résister.. résister...
hé non, je ne peux pas!
Gniii même futurasciences me donne là, de suite, des raisons de céder à l'appel de l'espace et de la SF

Donc, j'ai comme envie de faire une petite session de rattrapage, plutôt ciné d'ailleurs sur .. ben la SF. Pas forcément le space opera d'ailleurs, mais la SF tous genres confondus. Surtout que mes goûts me portent plus vers la dystopie, le cyberpunk, l'anticipation...mais je vais essayer de varier les plaisirs.

Oui, c'est de là, et d'Ulysse 31 que vient mon amour pour la SF, j'avoue.

Et je suis justement tombée sur une liste de films sur le site watchmojo ( un site anglophone de tops) sur un top des "films de SF que vous n'avez probablement jamais vus".
faisons le compte ( contente de voir qu'il y a quelques films français dans le lot) en gras, oui j'l'ai vu!


  • Dark city
  • Titan AE
  • Westworld (1973)
  • La cité des enfants perdus
  • Tetsuo
  • Brazil
  • Primer
  • Alphaville
  • eXistenZ
  • Le festin nu
  • Soleil Vert
  • Milo sur Mars
  • Le géant de fer
  • Cowboy bebop le film
  • Stalker
  • Mr Nobody
  • Dark Star
  • Silent running
  • Le 13° étage
  • No blade of grass
  • Idiocratie
  • Mac et moi
  • Freejack
  • La planète au trésor
  • Beyond the black rainbow
  • Hidden
  • Paprika
  • Monsters
  • Delicatessen
  • After Earth
  • La planète sauvage
  • Le voyage sur la lune ( celui de Méliès 1902!)
  • Metropolis
  • La jetée
Une liste est sortie de ce top, avec bizarrement des titres qui n'étaient pas dans la première liste:
10 - Cohérence
9- The last man on earth
8- Le festin nu
7- Soleil vert
6- Los cronocrimenes
5- Westworld
4- Apocalypse 2024 ( traduction absolument n'imp du titre original " a boy and his dog")
3- Brazil
2- La planète interdite
1- Metropolis
avec mentions " honorable" à une adaptation d'Abattoir 5, L'âge de cristal ( le film, pas la série) et quelques autres.
6 sur 10 au final, pas mal.

Bon j'aurais quand même rajouté dans la première liste THX 1138 et Les yeux sans visage, la mort en direct, le prix du danger ou running man ( censé se passer en 2017!), Rollerball,  .. que je crois, peu de gens ont vus. et les Maîtres du temps, je ne désarmerai pas sur celui là vu que quand j'en parle personne ne semble connaître ce qui me donne envie de pleurer à chaudes larmes.

Alors que Brazil, la planète interdite et Soleil vert sont quand même très très connus. Pareil pour eXistenZ  Delicatessen ou la Cité des enfants perdus dans la première liste - bon c'est p'têtre parce que je suis française que je trouve que ces 2 derniers sont célèbres.
Mais voilà déjà une piste sympa pour mes visionnages et mes chroniques martiennes.

dimanche 15 janvier 2017

La perle de l'empereur - Robert Van Gulik

On commence l'année tranquillement, hors challenges, en toute liberté...

Comme j'avais bien aimé le premier tome que j'ai lu de cette série.. hé bien la même copine m'en a offert un autre en fin d'année, Merci à toi qui te reconnaîtra :)

Donc retour l'été dernier, j'ai découvert cette série pour le moins étrange, des enquêtes policières inspirées  d'un authentique juge chinois du VII° siècle, et de récits policiers du même pays de différentes époques, rédigées par en anglais par un auteur néerlandais - hyperpolyglotte - fin connaisseur de la culture asiatique en général et donc, chinoise en particulier.

Et ce n'est pas la seule bizarrerie: la parution chez 10/18est une joyeuse pagaille donc La perle est, en terme de numérotation le 3° de la série, mais en terme de chronologie dans les aventures du juge Ti, le 7° ou le 8° ( selon que l'on compte ou pas un recueil de nouvelles)


La perle se passe peu après Le squelette sous cloche ( il y a , chronologiquement, le pavillon rouge, entre les deux, donc je sais quel tome me procurer pour faire le lien).

Et comme dans le précédent,  le juge Ti, magistrat de la ville (imaginaire) de Pou Yang, au centre de la Chine, vers 663 de notre ère, se trouve aux prises avec une mystérieuse affaire: lors d'une fête populaire présentant une course de bateau, un timbalier, qui donnait le rythme aux rameurs est mort d'une crise cardiaque, qui se révèle rapidement être un empoisonnement.
Trois "témoins" semblent s'être donné le mot pour dire tout le bien de feu Monsieur Tong, tandis que le reste de la ville semblait plutôt le considéré comme une crapule, un demi-voleur qui trempait dans des affaires louches, et particulièrement dans du trafic d'objets d'art. Crime crapuleux parce qu'il y avait beaucoup d'argent misé sur la course bateau, ou règlement de compte entre trafiquants d'arts?
L'affaire semble suivre cette deuxième voie lorsque Madame ambre, femme d'un amateur d'art et ancienne esclave de la famille Tong est assassiné alors qu'elle allait récupérer, en toute discrétion pour le compte de son mari "la Perle de l'empereur" bijou inestimable dérobé quelque cent ans plus tôt dans la maison impériale. en toute discrétion, et pour cause, le recel d'objet volé est déjà sévèrement puni, le recel d'objet volé à l'empereur est passible d'une mort lente et douloureuse...
Ou bien est-ce encore autre chose?

On a comme précédemment, 3 enquêtes ( le timbalier mort, l'esclave assassinée, la perle volée) qui s'entremêlent, avec comme point commun le trafic d'objets d'art.

Et cette fois encore j'ai bien aimé. Ce n'est peut-être pas la lecture de l'année, mais j'ai bien aimé.Avec en plus une touche d'humour via la très drôle Mademoiselle violette, décrite par le colossal chef de la guilde des mendiants, comme une femme douce, délicate, attachée aux bonnes manières car elle a vécu et travaillé à la cour impériale. ce qui est tout à fait exact, pour cette dernière mention: elle y était responsable d'animer des banquets par des spectacles de lutte féminine - en très petite tenue- en tant que cheffe d'une troupe de lutteuses originaires de Mongolie, Mademoiselle violette est tout sauf douce et délicate. C'est une géante à la langue bien pendue, aux réflexes aiguisés, douée au lancer de couteaux, et capable de rosser à elle seule 3 bandits qui tentent d'enlever une femme sous ses fenêtres. Sous ses dehors rugueux, Mademoiselle Violette déteste l'injustice et la violence, en particulier lorsqu'elle est gratuitement dirigée vers les femmes. J'espère bien la revoir dans les prochain tomes, les autres personnages féminins étant jusque là plutôt discrets ( des femmes de notables) ou des prostituées noyées dans la masse. Violette sort du lot et ça fait plaisir.

Une série donc que je vais peu à peu continuer ( ce n'est pas un message subliminal à la personne qui me les a offerts, hein, ne te méprends pas, j'ai je ne sais combien de centaines de livres à lire sur mes étagères, et encore dans des cartons, sans compter les ebooks)

Bienvenue amis curieux!

Pourquoi le Cabinet de curiosités?

Tout simplement parce qu'on y trouvait un peu de tout, par ordre de pagaille. Cette idée de collection sans thème déterminé me plaît...

Vous trouverez donc ici un peu de tout, de ce qui fait ma vie, mes loisirs: musique, lecture, voyages, etc...
Bonne lecture