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vendredi 3 avril 2020

La victoire de Mychine - Daniil Kharms

Voilà un auteur qui m'intriguait depuis fort longtemps et, hooo bien, il est au programme de cette année. Un auteur spécialisé en littérature absurde et satirique.

Mais comme il s'agit d'une courte nouvelle... et si j'en profitais pour faire un exercice de traduction? A ma connaissance ce texte là n'est pas traduit en français, et, en général, bien peu de textes de l'auteur l'ont été à ce jour.

Voilà le texte d'origine


Donc pour comprendre l'ironie de la situation (inextricable), il faut savoir que ça se passe dans le couloir d'un appartement communautaire soviétique. Les appartements communautaires étaient de grands appartements bourgeois redistribués aux prolétaires. Les parties communes, sanitaires, cuisine, couloirs étaient utilisées par tous, et chaque "locataire" ou famille avait sa pièce personnelle.
Un peu comme avoir une chambre en cité U. Et évidemment, ça pouvait poser des problèmes.
Mais il y avait en plus l'obligation d'être inscrit dans un appartement communautaire, ce qui était mentionné jusque sur le passeport intérieur.
Du moment que quelqu'un était inscrit dans un appartement communautaire, il résidait là, c'était aussi simple.
Mais imaginons qu'il y ait une erreur et qu'on ait inscrit un locataire de plus qu'il n'y a de pièces? Il habite là, il est dans son bon droit. Oui,mais il est aussi légalement tenu de rester dans sa chambre et de ne pas occuper les parties communes. Oui, mais s'il le fait, parce qu'il n'a pas de chambre, on ne peut pas non plus l'expulser puisqu'il est dans son droit.
C'est en gros la situation de Mychine ( dont le nom dérive de "souris", et ça convient parfaitement),  héros de cette nouvelle, contraint de squatter le couloir faute de place.

 (il y a bien des façons de transcrire les noms, j'opte vite fait pour la plus classique en français, Myshin , voire  Myšin est aussi possible. Les slavistes internationaux écrivent par convention Puškin, là où on transcrit Pouchkine en français, je garde celle du français plus connue du public francophone, plutôt que d'opter pour la transcription internationale qui donne l'impression d'être en tchèque)

L'auteur lui-même est parfois transcrit " Kharms" ou" Harms". Et avait une tête disons, qu'on n'aimerait pas croiser dans une ruelle sombre, pour être gentille :))



Je crois qu'il a pris le pari de tirer la pire tronche possible pour la photo, il y en a de moins effrayantes, c'est vrai.
En VO, le style avec des situations répétitives et des expressions répétitives, des personnages qui s'interrompent dans laisser les autres parler ajoute une couche d'absurde au récit. L'idée est de caricaturer le monde très impersonnel et inhumain de l'époque soviétique.

C'est parti, traduction de moi-même, merci de ne pas vous l'attribuer, ou l'emprunter sans en indiquer l'origine, ça serait sympa! Je vous rappelle que je suis étudiante dans le but d'être traductrice professionnelle, ce n'est donc pas une copie d'une traduction officielle faite par  quelqu'un d'autre mais bien mon travail personnel et bénévole en tant qu'amatrice.

Ce n'est jamais agréable de se faire voler son travail, et encore moins de voir d'autres personnes le faire passer pour le leur. C'est déjà arrivé avec les courts métrages sous-titrés par Sergei et moi, et d'autres personnes l'ont fait passer pour leur travail. Je ne m'amuserais certainement pas à faire pareil.
Le hasard peut faire qu'on arrive à des traductions proches entre deux traducteurs, mais rarement 100% identiques.
A tout hasard je mentionne ici la date à laquelle je l'ai faite en cas de réclamation ou de contestation :


LE 13/03/2020

Maintenant si vous êtes éditeurs et que vous voulez que je travaille pour vous, on peut s'arranger, je traduits du russe et de l'allemand vers le français, et peux vous fournir une liste de mes traductions déjà en ligne.


La victoire de Mychine
Daniil Kharms


Il dirent à Mychine : "Hé, Mychine, lève-toi !"

Mychine répondit : "Je ne me lèverai pas" et resta allongé par terre.
Alors Kalouguine s'approcha de Mychine et lui dit "Mychine, si tu ne te lèves pas de toi-même, je te ferai lever."
"Non", dit Mychine, toujours allongé par terre.
Selezneva s'approcha de Mychine et lui dit : 

"Vous, Mychine, vous traînez toujours par terre dans le couloir et vous nous empêchez d'aller et de venir."
"J'empêche et j'empêcherai encore" répondit Mychine.

"Eh bien, vous savez..."  dit Korchounov, mais Kalouguine l'interrompit et dit : "Ca n'a pas de sens de continuer à discuter ! Appelez la police".

Ils appelèrent la police et demandèrent à ce qu'on envoie un officier de police.
Une demi-heure plus tard, un policier arriva avec le concierge.

"Qu'est-ce qu'il se passe ici?" demanda le policier.
"Regardez-moi ça", dit Korchounov, mais Kalouguine l'interrompit et dit : "Voilà. Ce citoyen est tout le temps allongé sur le sol. Il nous empêche de passer dans le couloir. Nous lui avons dit ceci et celà..."
Mais alors Selezneva interrompit Kalouguine et dit "Nous lui avons demandé de partir, et il ne part pas."
" Oui" ajouta Korchounov.
Le policier s'approcha de Mychine.
"Vous, citoyen, pourquoi êtes-vous allongé ici ? " demanda le policier.

"Je me repose", dit Mychine. 
"Citoyen, ça n'est pas acceptable de se reposer ici", dit le policier. "Citoyen, où habitez-vous ?"
" Ici" répondit Mychine.
"Où se trouve votre chambre ?" demanda le policier.
"Il est enregistré dans notre appartement, mais il n'a pas de chambre" déclara Kalouguine.
"Attendez, citoyen" dit le policier " C'est à lui que je parle. Citoyen, où dormez-vous ?"
" Ici" dit Mychine.
" Permettez-moi..." dit Korchounov, mais Kalouguine l'interrompit : "Il n'a même pas de lit et est allongé à même le sol "
"Ils se plaignent de lui depuis longtemps" dit le concierge.
" Il est absolument impossible de passer dans le couloir" déclara Selezneva, "je ne peux pas enjamber sans cesse quelqu'un. Et il étire volontairement les jambes, et les bras, et il s'allonge sur le dos et vous regarde. Je suis fatiguée quand je rentre du travail, j'ai besoin de repos."
" J'ajoute..." dit Korchounov, mais Kalouguine l'interrompit et dit : "Il est couché ici aussi la nuit. Tout le monde trébuche sur lui dans le noir. J'ai déchiré ma couverture en l'enjambant."
Selezneva ajouta : "Il a toujours des clous, qui tombent de sa poche. Vous ne pouvez pas marcher dans le couloir pieds nus, vous vous blesseriez sur les clous."
"Ils voulaient le brûler avec du kérosène" dit le concierge.
" Nous avons versé du kérosène sur lui...", dit Korchounov, mais Kalouguine l'interrompit et dit: " Nous l'avons aspergé de kérosène juste pour lui faire peur, mais nous n'allions pas l'incendier".
" Je n'accepterais pas qu'on fasse brûler un être vivant en ma présence" dit Selezneva.
" Et pourquoi ce citoyen est-il allongé dans le couloir ? " demanda soudain le policier.
"Excusez.." dit Korchounov, mais Kalouguine l' interrompit et dit :
"Parce qu'il n'a pas d'autre espace pour vivre : Là, c'est la pièce où j'habite, voilà la pièce où elle habite, là, c'est la pièce où il habite, et Mychine habite ici, dans le couloir."
" Ce ne va pas" déclara le policier. "Il faut que chacun reste dans son espace de vie."
" Et il n'a pas d'autre espace de vie que le couloir" dit Kalouguine.
"C'est exact" dit Korchounov.
"Voilà, il est sans cesse couché ici" dit Selezneva.
"Ca ne va pas" déclara le policier et il partit avec le concierge.
Korchounov s'approcha de Mychine d'un bond.
"Alors, quoi ?", cria-t-il. "Ca vous a amusé?"
"Attendez" dit Kalouguine. Et, s'approchant de Mychine, il dit :
"Tu as entendu ce que le policier a dit ? Dégage le plancher !"
" Je ne me lèverai pas" dit Mychine, en restant allongé sur le sol.
" Et à présent, il va encore plus s'étaler ici, exprès, et continuera sans cesse de le faire" dit Selezneva.
"Certainement" dit Kalouguine avec irritation.
Et Korchounov dit " Je n'en doute pas"


Parafaitement !*

* tel quel en " français" dans le texte

Evidemment ce genre de texte se prête particulièrement bien au théâtre,et voilà, pour continuer une petite série de vidéos en cours de publication ( un court métrage par mois) adapté des textes traduits en français.


Donc profitez-en, non seulement la démarche de faire connaître un auteur peu connu est très appréciable, mais en plus le résultat me plaît bien, vu que j'aime le format court métrage. Avec une petite préférence pour l'instant pour le cynique " une étude approfondie", l'absurde "Poids de la foi" et le fantastique de "Makarov et Petersen - Malguil"

Les films

les textes
- septembre "une étude approfondie"

- octobre "toc!" 
- novembre "le mariage"
- décembre "le poids de la foi"
- janvier "aujourd'hui c'est dimanche"
- février " Makarov et Petersen - Malguil"
- Mars: " phénomène et existence 2"
auteur mort à 36 ans, dans des circonstances particulières.
Et particulièrement tristes:
antimilitariste, il s'est fait passer pour fou et interner en hôpital psychiatrique à Léningrad, pour échapper à la mobilisation forcée lors de la seconde guerre mondiale. Or en 1942, lors du siège de Leningrad, en plein hiver, il y a eu une famine, et dans ce cas, nourrir les malades était loin d'être une priorité.
Il est donc mort de faim avec les autres patients de l'hôpital.

Classique oui, dans son pays, mais inconnu ou presque chez nous
avril: des nouvelles

jeudi 2 avril 2020

La mort d' Ivan Illitch - Lev Tolstoï

Et deux autres nouvelles en prime, toutes sur le thème de la mort.

En même temps , vu le titre , ce n'est pas un spoiler que d'annoncer qu'Ivan Illitch va mourir.




Donc, nouvelle 1: la mort d'Ivan Illitch. D'entrée dès la première page, nous apprenons qu'Ivan Illitch est mort.Il n'a pas eu une vie bien réussie et il rate sa mort. C'est à dire que ses "amis" viennent présenter par obligation leurs condoléances à la famille, qui les reçoit également par obligation, tout en pestant intérieurement contre cet abruti d'Ivan qui a eu la mauvaise idée de mourir le jour de la partie de cartes hebdomadaire, et ça dérange le train-train habituel.

Et le récit part à rebours, pour nous présenter feu son héros , sa vie morose de grand bourgeois convenable, juge, marié par convenance à une femme convenable mais acariâtre, qui a passé 20 ans de mariage à râler et à rendre son mari responsable de toutes les tuiles qui a pu leur arriver ( mutation en province, décès dans la famille... des choses sur lesquelles il n'avait objectivement aucune influence). Mais voilà que le juge qui avait pouvoir de vie et de mort, ou au minimum, d'envoyer les gens moisir jusqu'à leur mort en prison, doit affronter quelque chose qui lui échappe, réellement, et n'obéira pas à sa volonté: la maladie. Peu importe d'où elle vient, il la met sur le compte d'un accident domestique, la description ressemble plutôt à un cancer. Mais Ivan va mourir à petit feu, tout en découvrant l'abominable hypocrisie qui l'entoure, et la vanité de son pouvoir.Il se sait mourant, mais les médecins s'obstinent à lui cacher son état, sa famille chuchotte pour qu'il n'entende pas la vérité. Et Ivan n'en peut plus de tous ces faux-semblants. Sa seule consolation est la compagnie de son domestique Guérassime, le seul qui ne prenne pas de masque pour lui parler.
Et tout le récit est axé autour de ça: ce qui se passe dans la tête de quelqu'un qui se sait condamné et découvre soudain que toute sa vie a été basée sur le mensonge, qui se trouve soudain dans une situation sur laquelle il n'a pas de prise et dont l'issue est inévitable.
Et c'est très intéressant, psychologiquement.

Nouvelle 2: maître et serviteur. Le maître, Vassili Andréitch, est un propriétaire riche et roublard, toujours à l'affût d'un nouveau moyen de s'enrichir. El n'est pas méchant, mais est d'autant plus insupportable qu'il est réellement persuadé de rendre service à ses serviteurs en les roulant. Le serviteur, Nikita, est un paysan, qui lutte avec grande difficulté contre un penchant pour l'alcool qui l'a mis plus d'une fois dans la mouise. Mais c'est un brave homme qui essaye sincèrement de changer et traite avec respect les animaux en général et son cheval en particulier.
Or, ce jour d'hiver, le maître a décidé de partir pour traiter une affaire dans un village voisin, affaire urgente, car il craint que la bonne affaire ne lui passe sous le nez. Même si celà les oblige tous deux à partir en pleine tempête de neige.
Par deux fois, ils s'égareront, tourneront en rond, aboutiront dans un autre village où on leur déconseille de partir de suite, la nuit tombe, ils risquent encore de se perdre, qu'ils restent au chaud, ils pourront toujours partir au matin.Mais Vassili s'entête et veut coûte que coûte partir, Nikita n'a pas d'autre choix que de suivre... et évidemment, ils vont se perdre encore et devoir passer la nuit dehors, en pleine forêt, dans une tempête de neige, avec les loups qui rôdent. Et là ce qui compte,c'est le changement que la peur, le froid et le danger vont opérer dans la tête de Vassili,qui va passer de pensées " je compte l'argent que je vais gagner", à " je ne peux pas mourir je suis riche, si j'abandonnais Nikita, lui peut mourir, il n'a pas une belle vie, contrairement à moi" à " je dois sauver coûte que coûte Nikita" . il faut un danger de mort pour que le maître se rende compte enfin, qu'il y plus important que l'argent, et qu'un serviteur est avant tout un autre être humain.

Nouvelle 3: les 3 morts.
La encore 2 personnages vont mourir: Un riche dame tuberculeuse qui refuse l'idée de la mort et s'obstine à vouloir partir au soleil en Italie, où elle est persuadée de guérir, en dépit des recommandations de son médecin et de sa famille. elle refuse d'accepter l'évidence, et en veut à la terre entière. Le second, est un vieux paysan qui agonise à la maison près d'un poêle. Mais il est en paix avec l'idée de la mort et ne se fâche pas lorsqu'on lui dit " je peux prendre tes bottes? Elles sont presque neuves et tu ne t'en servira plus".Parce qu'il a assimilé cet état de fait:la mort fait partie de la vie...
Le 3°.. je n'en dirai rien pour ne pas gâcher la surprise.

Je n'avais pas encore lu Tolstoï et j'ai beaucoup aimé ces nouvelles très intéressantes psychologiquement, presque violente dans leur récit clinique de la maladie et de la mort, mais empreintes d'un cynisme souvent drôle.Ce qu'il en ressort, c'est vraiment l'idée presque stoïcienne que la mortest inévitable, donc autant prendre ses précautions pour la succession, accepter cette idée et surtout vivre avant qu'il ne soit trop tard. C'est vraiment trop désespérant d'arriver au point de non retour, celui où plus aucune rémission n'est possible, en se disant " si j'avais su..."
Donc oui, je les classe parmi les nouvelles philosophiques, celles qui vont rester longtemps en mémoire et faire réfléchir au sens de sa propre vie.Et tout ça, sans lourde leçon de morale. Mystique un peu, mais pas prosélyte ( coucou Dostoïevski! Tu me gonfles avec ça).
Renseignement pris, il semble que Tolstoï a influencé Gandhi dans son concept de résistance non-violente. Et en effet il y a quelque chose de très oriental dans ce point de vue: la vie et la mort sont imbriquées, elles ne sont pas opposées, mais sont liées. La mort est la fin du monde pour celui qui meurt... mais n'est qu'un micro événement qui dérange à peine l'organisation d'une famille, et n'a absolument aucune importance à l'échelle du monde. C'est triste, mais la Terre n'arrête pas de tourner pour autant.

Depuis qu'il y a des gens sur terre, personne n'a jamais réussi à ne pas mourir. Et c'est parfois utile de le rappeller.

mercredi 1 avril 2020

Astérix tomes 4, 5 et 6 - R. Goscinny et A. Uderzo

On continue dans la même veine...

Et voilà, à partir du tome 4, la série a vraiment trouvé son ton et joue a fond la carte des anachronismes en développant ses personnages secondaires.

j'ai eu du mal à trouver une illustration qui correspond à ma veille édition!

Astérix Gladiateur (1964): Voyage à Rome pour les gaulois. Leur barde a été enlevé et emmené à Rome comme cadeau souvenir de Gaule pour César. Et le malheureux Assurancetourix doit être la vedette des prochains jeux du cirque, en plat de résistance pour les lions, bien sûr.
Or on ne laisse pas enlever et manger un copain, même s'il chante atrocement faux et finit baillonné et ligoté à chaque fois qu'il veut pousser la chansonnette.
Cette fois, c'est Assurancetourix le barde, un des rares personnages secondaires déjà nommés, qui va être développé: on savait déjà qu'il chantait mal, mais là, c'est avéré, il chante comme une casserole. Et tout le monde,gaulois comme romain est d'accord sur ce point.
Mais c'est l'un des plus inoffensifs du village ( et c'est vrai qu'on le voit quand même rarement se battre y compris par la suite). Et donc, ça y est, il prend progressivement son allure définitive.
Première apparition également dans ce tome d'Agecanonix qui n'a pas encore de nom, mais est nommé par Obelix " livreur de menhirs remplaçant"
Et aussi, première apparition des pirates malchanceux.
et qui dit personnages récurrents dits gags récurrents, auto-références etc...



Le tour de Gaule d'Astérix (1965): Lassés de ne pouvoir prendre possession du village des irréductibles gaulois, les romains de Petibonum décident la technique inverse, construire des palissades tout autour du village et les empêcher de sortir pour ne pas contaminer le reste de la Gaule, en pleine Pax Romana, par l'esprit de révolte.. Ils vont donc prouver que non seulement ils vont sortir, mais faire le tour de Gaule, en rapporter des spécialités et inviter les romains à déguster les spécialités pour prouver leur succès.
Première apparition très discrète, à partir de l'étape à Lutèce, d'un petit personnage par ci par là, en coin de case. Il n'a pas encore de nom, mais va devenir très important, au point d'occuper la place centrale de la toute dernière case. Et sera de TOUTES les aventures par la suite. Et la Mascotte de la série. C'est bien sûr Idéfix, le petit chien blanc qui suit obstinément nos deux héros dans leur périple à travers la Gaule
Evidemment, j'aime tout particulièrement l'étape de Massilia et la référence à la partie de cartes Pagnol.
et le petit clin d'oeil à Tony Curtis (Erix le fils du pirate, qui coule avant d'avoir eu une seule réplique), et sera laissé en gage dans le tome suivant pour racheter un autre bateau , un petit gag tout simple, mais qui fait le lien entre les albums. Comme la mention du lanista d'Astérix gladiateur fait le lien avec le Tour de Gaule, ou des embouteillages à Lutèce, déjà mentionnés dans la Serpe d'or.



Astérix et Cléopâtre (1966): peut être l'un des plus célèbres tomes, et assurément une des adaptations en dessin animé les plus réussies. Tout y est hilarant.
César et Clopâtre sont en désaccord, César juge que l'Egypte est décadente et que sa gloire est passée,Cléopâtre veut prouver à César qu'il a tort et charge Numérobis le meilleur architecte d'Alexandrie ( et vu sa nullité, on se dit que César n'a pas tort) de construire un palais en 3 mois. Impossible sauf que Numérobis connait Panoramix et vient lui demander son aide.
Aide bienvenue car nombreux sont ceux qui voudraient voir échouer le projet: Amonbofis, l'architecte concurrent et fourbe d'anthologie et César particulièrement mauvais perdant.
s'il ne fallait lire qu'un tome ce serait celui là, tout y est impeccable: les gags sur les hiéroglyphes, les références (le nez de Cléopâtre,l'Obélisque de la concorde,  Amonbofis qui lit les aventures de Chéri-bibis dans Pharaon soir, le nez du sphinx, les ouvriers syndicalistes -référence à une vraie grève historique des ouvriers de la construction en Egypte antique- la couverture qui parodie le film Cléopâtre de Mankiewicz... il y en a trop pour tout citer)

Et bien sûr le dessin animé, histoire de chantonner pendant des jours " c'est le lion de Cléopâtre, c'est le roi des animaux..." avec la référence au savon Cléopâtre," Quand l'appétit va tout va..." ou" le pudding à l'arsenic" ( trouvaille géniale,alors que l'album ne parle jamais du poison précis employé)
L'espion de César et ses mercenaires sont aussi un régal

ET UN PEU DE POIVRE EN GRAIN!

on continue, et ça me fait une mini participation au marathon lecture du printemps de Marjorie