mardi 31 octobre 2017

Le carnaval des âmes ( film 1962)

Attention, car il y a deux films du même titre, un de 1962 et un autre de 1998, qui n'ont apparemment que le titre en commun.

Celui de 1962 a été réalisé par Herk Harvey, et ..c'est son seul film. Qui a de plus atteint le statut envié de "culte" ( et un film culte a souvent été un four à sa sortie, celui-ci ne déroge pas à la règle)

Il faut dire qu'il est très étrange, jusque dans sa narration.

affiche du plus beau type " arnaque", le film est en noir et blanc, et l'héroïne n'y est en petite tenue que le temps de prendre son bain.

Tout commence donc comme un "film de potes"des années 60. Des amis répartis en 2 voitures, celle des garçons et celle des filles font une course un peu stupide, qui se termine rapidement au fond de l'eau pour les filles. La voiture et ses occupantes sont portées disparues, mais contre toute attente,quelques heures plus tard, la seule rescapée revient sur la berge, visiblement choquée.

Quelques jours après ce terrible accident, elle est en pleine forme et se prépare à quitter sa ville pour aller travailler dans une église près de Salt Lake city. Car Mary est organiste professionnelle, c'est une femme distante, voire cassante, qui semble imperturbable et avoir surmonté son accident et sa presque-noyade sans séquelle.
Pourtant sur le chemin, des choses étranges lui arrivent: l'autoradio se bloque et refuse de diffuser autre chose que de la musique d'orgue, assez angoissante, celle-là même qu'elle jouait dans la précédente séquence.
Un visage fantomatique apparait à sa fenêtre, puis un fantôme entier sur la route.

pas de sang, pas de crime, mais toujours ce type flippant partout, qui semble sortir d'un film muet ( et on dirait un mélange entre le somnambule du DrCaligari et Klaus Nomi. Au passage, c'est le réalisateur qui s'y colle)

Et le fantôme revient et revient, toujours plus proche, toujours plus menaçant. Mary est aussi victime d'un al incompréhensible qui la rend soudain sourde temporairement et le temps de cette surdité, personne non plus ne l'entend, ni ne la voit, comme si elle se trouvait dans une sorte de d'espace temps à part. Ou bien elle semble soudain possédée et ses mains se mettent à jouer des choses très improvisées et très peu religieuses ( ce qui lui vaut un renvoi immédiat par le curé qui l'emploi, car il ne veut rien de profane dans son église)

Et dans son idée tout celà est lié à un bâtiment qu'elle a aperçu en arrivant: un ancien spa luxueux transformé en salle de bal et ensuite en fête foraine, mais qui est depuis désaffecté.



Je le dis d'emblée:ça ne plaira pas à tout le monde.
La narration est très brumeuse, il n'y a pas spécialement d'action, ni d'effets spéciaux. le réalisateur a tourné avec trois fois rien, donc en remplaçant les effets péciaux ou l'action par une ambiance glauque au possible et des séquences très surprenantes apparemment banales mais avec toujours un élément menaçant. en gros la définition du fantastique, car jusqu'à la dernière minute on ne sait pas s'il y a réellement un fantôme, si Mary est en plein contrecoup de son accident, ou si sa raideur compassée et son comportement ambigu envers son voisin dragueur n'est pas plutôt un symptôme de maladie mentale.

Pour ceux qui connaissent, on est assez proche de la série "La 4°dimension"; esthétiquement et au niveau du sujet. Ca aurait pu en être un très long épisode.


Ou la bizarre impression de voir un film expressionniste allemand tourné aux USA au début des années 60. Mi parlant, mi-muet, avec un emploi de la musique intéressant ( qui passe d'un élément de l'action lorsque l'héroïne joue ou écoute la radio, à une musique d'ambiance, voire les deux à la fois).
Personnellement, j'aime énormément ce côté expérimental ( et bon le cinéma expérimental, c'est quand même quelque chose de spécial, il y a parfois des pépites, et souvent du portewak. Celui ci est du bon côté de la barrière je trouve)


samedi 28 octobre 2017

Dracula ( film 1992)

Deuxième sujet cinéma. On reste en compagnie de l'ami Vlad.

Au début de la chaîne des adaptations du roman il y a Nosferatu.
A l'autre bout il y a la version Coppola qui a quelque peu lancé une mode du vampire, un peu flippant mais si possible pas trop, triste et dans le fond, un mort-vivant sympa.
Je ne sais pas s'il y a eu d'autres versions depuis 1992, probablement, mais qui n'ont pas eu autant d'audience ni de succès.

Repartons en 1992.
J'ai 15 ans, je suis au lycée, c'est 14H00, le prof est absent, il pleut à verse et j'ai un peu d'argent de poche et je dois attendre 17h00 pour retrouver ma mère et aller faire des courses, ou quelque chose de ce genre.
Je m'ennuie.. tiens si j'allais au cinéma, ça m'occupera l'après-midi,et ce film me tente bien.


Rétrospectivement, ça m'étonne même qu'on m'ait laissée rentrer, je ne sais plus s'il était interdit aux moins de XYZ ans, mais j'ai toujours fait plus jeune que mon âge et à 15 ans, je devais en paraître genre.. 12? Véridique, plus tard en fac, on m'a demander de prouver que j'avais plus de 16 ans pour un autre film, j'en avais 22...

A l'époque, je n'avais pas un grand bagage cinématographie en général et encore moins sur Coppola, et j'avais bien aimé le film. D'autant qu'il y a Anthony Hopkins et Wynona Ryder, deux acteurs que j'appréciais pas mal.
Et un petit nouveau dans le rôle tire, que je n'avais jamais vu ailleurs. Je l'ai trouvé bon, un acteur à suivre... qu'on a peu revu par la suite jusqu'à il y a une dizaine d'années.
Je n'avais pas revu le film depuis, c'est chose faite et...

le film a eu un tel succès qu'il a lancé une sorte de mode qu'on voyait peu avant, et tout le temps depuis: ressortir le livre avec comme couverture l'affiche du film, je trouve ça un peu dommage, ça conditionne le lecteur à une vision en particulier.

C'était une mauvaise idée. Ca me fait mal de l'avouer, mais c'est comme ça. 25 ans plus tard, outch!

Il était mieux dans mon souvenir, quand j'étais jeune et avec peu de références.

En fait surtout, il a visuellement très mal vieilli.
Et ni le charme de Gary Oldman, ni celui de Wynona Ryder selon vos goûts et vos préférences (je vous laisse deviner quel est mon choix :D) ne peuvent le compenser. C'est dire.

Et depuis j'ai vu le Parrain et Apocalypse Now, et pour le coup, la redescente est assez violente.
L'esthétique est vraiment datée années 90, les effets de fondu enchaînés récurrents (une forme qui en devient une autre, genre un motif rond qui devient le soleil ou une tête coupée qui devient un gigot saignant, ou deux traces de crocs qui deviennent des yeux de loups, ou.. vous voyez l'idée) sont vraiment trop nombreux et systématiques à tel point que j'ai l'impression que ça cache peut-être un manque d'inspiration, pas vrai Francis?

Le côté porno chic est aussi vite lassant ( alors qu'à la base c'était pourtant une idée sympa que de forcer un peu la dose d'érotisme, mais là, avec le recul ça fait un peu gratuit par moments), les délires érotiques de Lucy la nymphomane sont assez relous.
Et d'ailleurs le personnage est assez pénible, mais ça déjà à l'époque, je me demandais comment 3 bonshommes pouvaient continuer à courtiser une nénette aussi garce qui se paye ouvertement leur fiole, et en plus en VO l'actrice a une voix difficile à supporter.
Du coup, là comme il y a 25 ans, je suis contente quand elle crève enfin!

Autre chose qui est très lourde: l'allégorie très, très appuyée sur les maladies vénériennes - la syphilis est directement mentionnée. La victime mordue devient vampire / le sexe c'est dangereux, on risque de choper la chtouille.

Début années 90 pour mémoire, on était en pleine pandémie de SIDA et sans qu'une thérapie se profile, et donc le thème ressurgissait parfois à peine déguisé. De nos jours, ça participe aussi de ce côté daté... avec en plus un vilain fond moralisateur.

La nympho sera punie par la maladie, tandis que Jonathan se tape 3 sorcières mais comme c'est un homme, il a la tradition patriarcale pour lui qui veut que ce soit normal et ne chopera rien du tout, il a été forcé, c'est un coeur pur qui reste malgré tout fidèle à Mina, qui se considère comme une mauvaise femme car elle hésite entre deux hommes.

J'appuie le trait, mais je vous jure que c'est comme ça que je le ressent. Et non Francis, je ne te suis pas sur ce terrain là de père-la-morale alors  qu'à côté tu nous proposes une Mina ambiguë qui fait plaisir à voir.
Si tu avais pu aussi nous épargner cette fin " alléluia, la rédemption" qui manque de subtilité...


Donc, sinon la nouveauté, enfin par rapport aux films précédents, c'est de donner une histoire au vampire, une histoire d'avant, en expliquant pourquoi et comment il en est arrivé là.

Donc, XV°siècle, Vlad, chevalier roumain se bat contre les ottomans au nom de la chrétienté, commet pas mal d'exactions au nom de son Dieu et en rentrant chez lui découvre que sa femme s'est suicidée en apprenant la fausse nouvelle de sa mort.
Donc fou de rage en apprenant qu'elle ne sera pas enterrée dignement car le suicide est interdit, il renie Dieu et se retrouve damné. Il devra dès lors se nourrir de sang.

Donc le statut de vampire cette fois n'est pas une caractéristique de base du personnage mais le résultat d'une malédiction. Qu'il regrette parfois quelque peu, malgré des compétences magiques acquises en même temps.

Et surtout 4 siècles plus tard il est toujours vivant, inconsolable de la mort d'Elizabetha, jusqu'à ce qu'il tombe sur le portrait de Mina, la fiancée de Monsieur Harker, le clerc de notaire venu traiter avec lui pour lui vendre des propriétés à Londres.

parmi les choses que j'aime bien même maintenant, il y a ce genre de jeu d'ombres, et les trucages simples. Ca pour le coup, c'est toujours mieux pour moi qu'une image de synthèse qui serait le recours évident actuellement.
Mina est le portrait craché de feue Elizabetha, Vlad n'a donc plus qu'une idée en tête: mettre Harker hors jeu (en l'enfermant donc afin qu'il passe les prochaines heures à faire des parties carrées avec 3 sorcières, j'en connais qui voudraient être séquestrés dans ces conditions) et filer à Londres, avec les dégâts qui vont avec: arrivée de rats, tempête et tout le toutim, pour aller draguer Mina et se la récupérer pour lui tout seul.

Je sais dit comme ça.. mais c'est exactement ça. Les parties carrées et tout le tremblement, je vous jure que je n'invente pas.

Mais comme depuis le début (en tout cas à la période contemporaine) Vlad a l'apparence d'un vieux bonhomme effrayant, il lui faut se rendre présentable, en se repaissant du sang d'une fraîche victime, si possible plus ou moins consentante.

messieurs dames, Gary Oldman
Ce sera donc Lucy-feu-au-derche, qui passera à la casserole à tous les sens du terme.
Pas de chance pour Lucy, ce sera sous l'apparence d'un monstre qui tient autant du singe que du loup-garou.

Mina, elle, a gagné le gros lot, et c'est un séduisant dandy roumain en costume impeccable et haut-de-forme qui vient la courtiser.

et hop tour de magie, Gary Young Man.
Je sais, j'ai déjà fait cette blague, elle est facile, mais elle m'éclate.

Un peu "rustiquement", certes, le guerrier de la Renaissance n'a pas totalement disparu sous le vernis de la civilisation. Avant de se souvenir que coincer une femme dans un recoin sombre et tenter de la mordre n'est pas exactement la meilleure façon de se faire apprécier d'elle.
Le film a gagné un oscar des meilleurs costumes. J'avoue, j'aime beaucoup la veste qu'elle porte.
D'autres costumes sont plus, enfin...
Ça par exemple, c'est bien le suaire le plus étrange du monde ( et probablement le plus cher aussi)
Et malgré cette entrée en matière un peu rustique, Mina tombe sous le charme le l'exotique (et riche) touriste oubliant un peu vite son fiancé porté disparu au fin fond des Carpates.

Autre réussite, la photographie et les cadrages sont très picturaux. Mais ça ne suffit pas à contrebalancer le méchant coup de vieux du film.

L'idée était bonne de faire du monstre désigné une créature à la fois dangereuse et touchante, cruelle et sensible. Donc là, c'est ok, et on prend fait et cause pour celui qui est supposé être le méchant de l'histoire.

D'autant que Mina a fait son choix:
Entre une vie terne et ennuyeuse, qui se conclura par une mort aussi terne et ennuyeuse auprès d'un mari, sympathique, mignonnet mais également terne et ennuyeux.
Ou une euh... non-vie? En compagnie d'un homme mystérieux, sensuel et sentimental qui lui plaît beaucoup plus que son promis, avec qui elle a une connexion mentale par delà les siècles, et avec qui elle gagnera en plus l'immortalité, le don de parler aux loups et une compétence en magie noire.
Et en plus il est riche!
Et en plus d'en plus, elle lui pardonne la mort de sa copine Lucy.
Le plus dingue dans l'histoire est que l'insupportable Lucy avait quand même une bonne copine et que des gens la regrettent.
là aussi, cadrage, éclairage, tout ça, c'est du bon, mais les tics d'esthétique années 90 cassent tout.

Le choix est vite fait, clerc de notaire mortel vs châtelain immortel, donc j'ai juste envie de dire aux gens qui lui mettent des bâtons dans les roues, "bah, laissez-là partir, elle a décidé en son âme et conscience, foutez-lui la paix de toute façon elle va aller grignoter en Roumanie, Londres ne risque rien, Jojo en prend son parti, donc stop!"

Voilà, il y avait de bonnes idées, mais noyées sous une esthétique qui a vieilli bien plus vite que celle des films les plus anciens. Un comble lorsqu'on parle d'un immortel qui peut changer d'apparence et rajeunir à volonté.

Alors que les références picturales sont savoureuses.

le détail fun: lorsque Jonathan voit ce portrait, il lui trouve un air de ressemblance avec le vieux comte, qui lui rétorque que c'est un de ses ancêtres. Il serait donc apparenté à Albrecht Dürer?
autoportrait d'Albrecht Dürer à 28 ans.
Oui je trouve ce clin d'oeil assez marrant.
et là..Gustav Klimt est passé par là.

Le casting était alléchant, Anthony Hopkins en Van Helsing à l'humour noir en fait parfois trop mais reste un bon moment, Tom Waits en Renfield le dingo en fait tout le temps trop, mais pour le coup, ça marche impeccablement, puisque le personnage est possédé.

là aussi, le film m'a fait connaître Tom Waits, donc je le compte à son crédit

Keanu Reeves est ... décoratif, et c'est à peu près tout ce qu'on peut en dire, vu que Jonathan est un personnage incolore, difficile d'en faire quelque chose.

Wynona Ryder, je suis partiale, mais je l'aime beaucoup, rend Mina intéressante, en femme qui se débat dans des sentiments contradictoires, au lieu d'être une victime passive des circonstances.

Et donc Gary Oldman, qui réussi la prouesse d'être beaucoup plus flippant en vieux tordu qu'en chauve souris ou ... chose simiesque.
Et pourtant vu sa coiffure totalement improbable ça n'était pas tout cuit.
Mais je l'ai revu depuis ailleurs et ma première impression reste la même, ce type a du talent et un charme un peu atypique qui ne me laisse pas insensible, j'en vois d'ici qui attendaient que je fasse ma fan-girl de base. Parce que je l'avais mentionné en coup de coeur de jeunesse.
(puis maintenant faudra que je regarde les films Harry Potter, parce rien que de savoir qu'il est là dedans et en plus dans le rôle d'un de mes personnages favoris, ça peut valoir le détour)

vendredi 27 octobre 2017

Nosferatu (film 1922)

Soirée cinéma, je fais une doublette "dents longues"

Après Le Golem ( 1920), Häxan ( 1922),  Dracula (1931), Frankenstein (1931 aussi), le corbeau ( 1935), je continue l'exploration des débuts du cinéma fantastique, à cette époque d'une quinzaine d'années qui a vu l'émergence des films de monstres et du cinéma parlant quasiment en même temps.

Et donc il manquait encore Nosferatu ( sous titré "une symphonie de l'horreur") (1922) à ma collection de monstres vintages ( et la Momie qui est prévue à plus ou moins moyen terme)




Et le moins qu'on puisse dire, c'est que la vision des vampires a beaucoup changé depuis 1922.

1922: tueur solitaire chauve comme un oeuf, oreilles pointues et dents de rat




1994: chasseurs en meute, dandies décadents, mignonne petite fille à bouclettes et humour noir.


Pas forcément moins dangereux, mais on y a un peu perdu en trouille ce qu'on a gagné en charme.
Bon d'accord, on y est passé par étape: le mondain sinistre et charismatique (1931), le dandy fascinant et dominateur ( 1958), le chevalier maudit tantôt monstrueux, tantôt sentimental (1992).

Et depuis , les choses sont allées de vampire en pire ( vanne honteusement... pompée sur le croque-monstre show, j'avoue:D), jusqu'à avoir des supposés monstres peu flippants, qui ne mordent personne ou si peu.. et hahahaha, scintillent au soleil sans même utiliser d'écran total.
Je suis plus une goule qu'il ne seront jamais, on dirait.

Le charme, ok, pourquoi pas, après tout, appâter la victime est aussi une stratégie payante, mais quand même il manque de plus en plus le paramètre monstrueux, la faute à Francis. J'y reviendrai en deuxième partie de soirée.

Et donc , revenons à l'époque où un vampire était encore un monstre assoiffé de sang, avec une gueule de cauchemar.

Nosferatu est une libre adaptation du Dracula de Bram Stoker, une vingtaine  d'années après sa publication - pas la première adaptation , apparemment il y a eu un film hongrois en 1921. Libre adaptation, car ce petit facétieux de Friedrich Murnau n'avait pas eu les droits du roman, et donc a un peu triché: on transpose l'intrigueen allemagne, on change les noms et hop ni vu ni connu.
Jonathan Harker de vient Monsieur Hutter, Mina devient Ellen, Renfield devient Knock (oui, ça fait un peu Jules Romains), et le comte est renommé Orlock et sa version nocturne est nommée Nosfertu
Hop ni vu ni connu.

Ou presque. Mais vu le succès de film, je pense que les ayants droit de Stocker ont pu se mordre les doigts - tiens, prends un peu de pain, ça te fera un hot dog- de ne pas avoir négocié les droits.

L'intrigue est la même, un clerc de notaire nommé Thomas Hutter est envoyé au fin fond de la Roumanie, négocier la vente d'une demeure après d'un riche comte extravaguant à l'allure patibulaire. C'est un traquenard tendu par Monsieur Knock, employeur de Hutter qui semble versé dans la magie noire -au vu des lettres couvertes de symboles hermétiques qu'il lit) et passablement dérangé, qui envoie consciemment son employé au casse pipe.

j'aime bien le décor chez monsieur Orlock

Ellen a un mauvais pressentiment concernant son mari. Ne demandez pas vraiment à une femme dans un film des années 20 de faire beaucoup plus qu'être une épouse dévouée.
Et Le comte , voyant le portrait d'Ellen, qui a un joli cou, signe les contrats, enferme Hutter et part sur le champ emménager en face de chez Ellen, emmenant avec lui des caisses de terre et une foule de rats qui répandent la peste dans la ville. Les morts mystérieuses commencent à se multiplier.

Oui ça fait beaucoup de remue-ménage pour aller mordre une seule personne sous prétexte qu'elle a un joli cou, je trouve aussi.
Donc la trame par contre reste celle qu'on connait, sans plus de précisions sur les motifs de Nosferatu. Ce qui le rend encore plus flippant car dénué de mobile, comme si sa tronche ne suffisait pas.

l'acteur se nomme Max Schreck, ce qui est extrêmement drôle pour les germanistes, puisque Schreck signifie " terreur".Et il avait la tête de l'emploi même au naturel.
Accessoirement, Tim Burton lui rend hommage en nommant" Max Schreck" un personnage de méchant dans Batman.
Et dans le bal des vampires, le vampire se nomme "Von Krolock", je ne peux pas croire à un hasard!
Et à côté de ça, il y a Murnau, réalisateur majeur du courant expressionniste que j'adore, avec ses contrastes violents d'ombre et de lumière, ses cadrages audacieux et ses effets spéciaux, aujourd'hui assez drôles, mais novateurs pour 1922.

Probablement l'image la plus célèbre de l'histoire du film d'épouvante.

Bon sang(!), je viens de me rendre compte: quand ce film est sorti, ma grand- mère avait 5 ans.

Il y a eu un remake du film, tourné en 1979 par Werner Herzog, que j'ai vu il y a longtemps, mais dont je n'ai pas gardé grand souvenir. Plus moderne certes, mais un peu inutile ( si ce n'est que Herzog a fait appel à son acteur fétiche, Klaus Kinski, une autre gueule de l'emploi, qui a d'ailleurs le même maquillage que Schreck ).
et vous savez quoi, les monstres ne meurent jamais vraiment, je viens de voir un second remake en cours de production. Je le sens assez mal.

En tout cas, si on aime le cinéma muet, ou fantastique, ou les deux, celui-ci est un des grands classiques à voir au moins une fois.

mercredi 25 octobre 2017

Suspiria ( film1977)

Concilier semaine italienne et challenge Halloween, c'est possible.

En piochant dans la filmographie de Dario Argento, connu pour ses films fantastiques sur fond de sorcellerie

Et figurez vous que Suspiria est le plus connu, je ne l'avais pas encore vu. J'ai un vague souvenir d'avoir vu Inferno, mais je les confondais.

D'ailleurs à ce dyptique ( 1977 pour Suspiria et 1980 pour Inferno, est venu s'ajouter " la troisième mère" en 2007.. que je n'ai pas vu non plus).
Trois histoires de sorcières donc.

Bon, honnêtement pour Suspiria, le scénario ne casse pas trois pattes à un canard. Ou a un cygne, en l'occurrence, puisqu'il est question de danseuses témoins de manifestions surnaturelles dans leur école de danse.

Suzy, apprentie danseuse américaine , vient donc se perfectionner à la Tanz Akademie de Fribourg, en Allemagne.
et dès son arrivée, tout va de travers, il pleut à verse et bien qu'elle soit attendue, on lui refuse l'entrée.
Avant de repartir, elle croise brièvement Pat, une autre élève, visiblement morte de peur.
Et Pat ne tarde pas à être morte tout court, sauvagement poignardée.
Lorsque Suzy revient le lendemain, on lui apprend ce décès brutal, imputé à des voyous.
Mais très vite suzy se rend compte que tout est suspect dans cette école: professeurs rigides et même sadiques qui semblent cacher des choses, directrice invisible alors même qu'une élève vient d'être tuée ( et même une autre, donc il ne sera bizarrement plus jamais question) personnages inquiétants qui rodent dans les couloirs, hostilité ouverte de la plupart des autres élèves. Et Suzy elle-même qui est victime d'un malaise inexplicable alors qu'elle est en excellente santé.
De plus sa nouvelle copine Sara qui lui apprend qu'avant sa mort, Pat avait découvert des choses et qu'on l'a faite taire.
C'est décidé, Sara et Suzy vont mener leur petite enquête, qui les mène sur les traces d'Elena, fondatrice de l'école quelque 100 ans plus tôt, auréolée d'une réputation de sorcière à la tête d'une sorte de société secrète.
Mais les sorcières ne meurent jamais vraiment, n'est ce-pas?

Donc bon, un scénario.. j'ai du mal à le saisir en fait. A la fois parfaitement banal dans l'absolu, mais surtout très décousu.

Argento amis le paquet sur l'aspect visuel, l'ambiance.. mais après recherche, je comprend ce qui me dérange un peu: le film était prévu pour des personnages âgés de 12 ans. Pour des raisons évidentes (va faire jouer des enfants dans un film où dès le départ,une petite fille doit être poignardée et pendue, et arrange toi avec la censure!), les personnages sont joués par des acteurs adultes..mais sans modification des dialogues, ce qui fait que la plupart ont l'air parfaitement nunuches. Puisque si tu es adulte et que tu te sens menacé, tu prends tes cliques et tes claques et au revoir tout le monde, ce qu'une gamine de12 ans peut difficilement faire.
Et ce décalage est parfois assez gênant.

A côté de ça, la narration est assez relâchée, limite dilettante. C'est la faiblesse, mais aussi le moteur du film, aidé en ça par des effets de décors et de lumières oniriques. La logique est celle du rêve, et on ne demande pas un cauchemar de suivre un fil narratif solide.
Une fois compris ça, on peut oublier le côté WTF de certaines situations: comment une fille qui vient de se prendre un coup de couteau dans la carotide peut-elle s'enfermer dans un grenier, empiler des valises ouvrir un fenestron, escalader et s'enfuir, pour tomber droit dans un piège où elle va se débattre pendant un moment, alors qu'elle aurait du logiquement se vider de son sang en quelques secondes, ce n'est pas moi qui le dit, c'est la biologie.
Réponse: le cauchemar. Lorsqu'on rêve qu'on est attaqué et blessé, l'organisme lui est peinard, intact sous la couverture, et donc envoie le signal que tout va bien.. donc ok, on peut continuer le rêve d'horreur sans y mourir ( la nuit passée, j'ai rêvé que j'étais coincée dans une écluse après avoir dévalé une chute d'eau et ça paraissait terriblement long, et je me suis réveillée même pas mouillée ni noyée v'voyez?)
Je vois ça comme ça.

A ce moment on peut savourer les inventions horrifiques parfois réussies ( autant le meurtre du début est assez cartoonesque, et donc plus rigolo que flippant autant la pluie d'asticots qui tombe du plafond est une idée génialement dégoûtante).

Après il faut aimer l'esthétique too much des seventies: lumières violentes, cadrages originaux, distortions de l'image. C'est sûr, Suspiria ne fait pas dans la sobriété, mais au final le côté n'imp' des situations ajouté à celui parfaitement artificiel du traitement visuel marche plutôt bien.
Et rien que par un cadrage et un montage intelligent, Argento parvient à rendre angoissant une séquence où un homme est seul la nuit, sur une place déserte avec son chien. Il n'y a rien, il ne se passe rien, seul un vol de pigeons est là, mais ce rien est justement angoissant.
alors qu'importe au final si le sang est trop rouge est trop épais, si les victimes survivent quand elles ne devraient pas, si le chien qui attaque est clairement une marionnette, si les couteaux s'enfoncent visiblement dans leur manche...parce que ce qui compte c'est plutôt le côté plastique de la chose.

Soit on aime, soit on déteste. Bon, je fais partie de ceux qui ont aimé, et c'est assez rare que les faiblesses d'un film soit exactement ses qualités.

Sinon deux choses pour conclure: Suzy est jouée par la trop rare Jessica Harper, actrice d'une poignée de film de genre, mais surtout Phoenix dans Phantom of the Paradise. Ici son rôle est moins intéressant et on n'entendra pas sa jolie voix d'alto, mais c'est un plaisir de la revoir.

Et plus que tout j'adore la musique du générique, que personnellement je mets en tête de mon top 3 des musiques de films d'horreur. Elle est signée du groupe de rock progressif ( on ne se refait pas) italien Goblin. Plus généralement ils ont signé la plupart des musiques de films d'Argento et souvent très réussies.


Et décidément, je viens par curiosité de chercher la bande son d'Inferno.. et de me marrer en me disant " bon sang, j'avais oublié ça. Je ne sais pas qui l'a faite mais on jurerait du Emerson,Lake and Palmer".
Vérification faite, musique de Keith Emerson. Bingo!

Cruel Thing tome 1 ( Leandra Martinez et Luciano Vecchio)

Attention, ovni.

Vingt dieux, que j'ai mis de temps à la trouver cette BD
Vingt dieux, ou plutôt vingt diables ça serait plus adapté.

Retour en arrière. Elle est sortie, après vérification en 2009 en France. Je l'avais vu en rayon, je l'avais feuilletée, j'avais été très attiré par son ambiance  sombre et violente et son choix graphique très spécial: trichromie  - blanc , noir et vermillon, rien d'autre.
Un mélange entre les angles de l'esthétique art déco, les motifs d'arabesques de l'art nouveau, et le comics underground.


Mais à ce moment là, chômage et tout ce qui s'ensuit, je n'avais pas vraiment les fonds nécessaires, et je l'ai reposée. Pour ne plus jamais la retrouver. Visiblement, même au rayon romans graphiques, le titre n'a pas été mis en avant, et a vite disparu. Au point que si je ne l'avais pas eu en main à ce moment là et s'il ne m'avait pas intriguée au point de garder le titre exact en main, je serais totalement passée à côté.

Il faut dire que non seulement, je l'ai dit, le graphisme est très spécial, mais en plus le scénario est très brumeux, voire opaque à la première lecture, et se découvre petit à petit, pour ne trouver d'explication qu'en toute fin, lorsqu'on se rend compte qu'en fait, tout ce qui précédait, une série de séquences qui paraissent sans lien, est un flashback.
réaction immédiate, il y 8 ans: putain, cette couverture claque!
Mais quelle est donc cette Chose Cruelle?

Un démon, tout de noir et de rouge vêtu. Ou dévêtu(e) assez souvent
Par convention, on va l'appeler un démon et utiliser le masculin, foutue langue française qui n' a pas de neutre,  bien que, et c'est là son problème, le personnage central n'a aucune idée de sa nature exacte. C'est cette quête d'identité, et d'autonomie, qui est retracée, dans le désordre.

On le découvre donc séquence après séquence, faisant ce que tout démon fait avec les humains: les attaquer et s'en repaître. Mais pas n'importe comment, c'est un démon incube, et donc, autant le dire de suite, cette BD est fortement teintée d'érotisme et de violence. Eros et Thanatos, le combo classique qui marche bien.

Car cette créature ambiguë, qui parait surpuissante au départ
ATTENTION SPOILER (mais je doute que vous arriviez à trouver le tome de toutes façons) est en fait un démon mineur désincarné, à la base, qui pour une raison quelconque s'est trouvé doté d'un corps et envoyé chez les humains par la "mère ombre" - avatar d'Hécate, ou de Nyx, ou de Kâli selon les lieux et les cultures - pour lui ramener cette énergie vitale.
Et pour lui aussi, cette collecte d'énergie est vitale, car c'est le seul moyen de garder la cohésion de cette multitude d'atomes agglomérés qui le composent.
En cas d'échec, game over et retour aux enfers parmi les autres sous-fifres sans corps.



Mais les bons éléments peuvent aussi parfois avoir des envies de rébellion ( et de déchiqueter sauvagement leur employeur, oui, c'est du vécu, ceci dit je n'ai encore démembré personne, dans la réalité je veux dire, dans ma tête par contre...)
aheum, donc

Revenons à la révolte, et pour la Chose Cruelle, qui s'est longtemps contentée de ressembler aux monstres des légendes, ça passera par le fait de se rendre compte de son potentiel individuel, cette capacité de "désagglomeration" lui permettant de changer d'apparence à son gré, homme, femme ou les deux à la fois, et le fait de ne pas être limité par la nuit ou les contingences du monde humain comme il l'a d'abord cru, et d'agir à sa guise.
D'abord prédateur sans distinction, qui répond juste à l'appel inconscient de ceux qui veulent le néant, il s'oriente peu à peu vers les humains les plus mesquins, peut-être que pour un démon, les gens les plus mauvais et les plus nocifs sont des mets de choix?

Victimes qu'il sélectionne en absorbant la mémoire ( par exemple une femme mourante qui vient de se jeter à l'eau en apprenant que son futur mari l'empoisonne peu à peu depuis des mois... quel tour particulièrement démoniaque, donc jouissif , que de prendre l'apparence de la suicidée pour aller cueillir l'énergie vitale du salaud).
Un démon... justicier malgré lui? Il y à la quelque chose de fort prometteur.

comme je ne trouve pas d'illustrations satisfaisantes du tome 1 et que j'ai la flemme de le photographier, mais malgré tout envie de partager cet univers graphique,voici une série d'image issues d'un jeu de tarot goodie à tirage très limité.Comme il est devenu introuvable, le dessinateur a mis l'intégralité des visuels des cartes en ligne sur la page Facebook dédié à la BD.

Un scénario très alambiqué et ambitieux donc, mais qui ne se laisse pas apprivoiser d'emblée, émaillé au départ d'une sorte de" voix off", car le personnage n'a pas d'intensité et donc pas encore de voix. Les dialogues apparaissent peu à peu, jusqu'à ce qu'il s'adresse directement au lecteur.
Et là, où on commence à se dire qu'on tient enfin le fil directeur, paf!Rideau.




Le gros souci  pour cette BD, est qu'elle a fait un flop (prévisible, vu le peu de mise en avant, et son ambition) en France, et que seul le tome un a été traduit.

Car beaucoup de questions restent encore en suspens, qui est la femme au dragon qui apparait de manière récurrente ? Pourquoi a t'elle un oeil rouge? Pourquoi semble-t-elle connaître cet anonyme " héros" qui ne se connaît pas lui même?
Qui est le type qui joue au billard et semble lui aussi avoir une nature démoniaque?
Est-ce que ces questions vont trouver une réponse par la suite?





Le lectorat français ne le saura probablement jamais.
Mais ... je ne l'avais pas dit, mais ce titre vient d'Argentine, où il a l'air d'avoir trouvé son public. Et il y a un tome 2 et même un tome 3. Apparemment il est sorti fin 2009 chez Norma, son éditeur espagnol, et je devine que je vais suer sang et eau pour me le procurer, il a l'air d'être épuisé partout, même en seconde main.

Et vous savez quoi?
J'ai appris l'espagnol. Et même s'il est fortement rouillé, avec un dictionnaire à portée demain, rien d'insurmontable.

Lorsque j'ai fait ma commande ( ne me demandez pas pourquoi, mais elle venait d'Allemagne) j'ai donc trouvé le tome 1en Français, et le tome 2 en espagnol. L'ensemble frais de port compris pour moins de 10€ ce qui était moins que le prix original de l'édition française. Je me dis que si je l'avais acheté à l'époque, c'est vrai, ça aurait fat une vente de plus. Mais quelque part une vente de plus n'aurais pas changé grand chose au niveau de l'éditeur et ne l'aurait pas convaincu de traduire le tome suivant.

celui là, vous l'avez déjà vu et vous le reverrez, parce que j'adore (avec en prime une ptite erreur sur l'orthographe en allemand, je viens juste de le remarquer)

Donc voilà, on aime ou on déteste, de mon côté j'ai beaucoup aimé. Comme souvent les choses qui sortent de l'ordinaire (dans un autre genre mais qui claque bien aussi, je kiffe Tank Girl).
et une petite ambiance musicale ( pas du tango, ça serait trop attendu..) parce que j'ai eu la surprise de voir cette chanson assez peu connue que j'aime beaucoup citée directement ( via un juke box qui la diffuse) et je trouve ce choix excellent, avec son ambiance rock un peu lancinant et son texte sensuel.

The Cult- Soul Asylum


D'ailleurs je me demande si l'apparence de.. la Chose, n'est pas un lointain clin d'oeil à Ian Astbury, chanteur de the Cult, qui arborait dans les années 80 de longs cheveux, un style androgyne, souvent des pantalons rayés, (et au passage, un beau gars avec des yeux magnifiques, vous connaissez maintenant mon genre! Quoique ses copains punks me plaisent bien aussi :D)

Et involontairement, voilà qui me permet d'ajouter un pays au challenge Amérique du Sud/ Amérique centrale: l'Argentine
Et de montrer que la bande dessinée argentine n'est pas circonscrite à Mafalda, même si j'adore ce strip faussement enfantin et totalement politique mais qu'il y a de la bande dessinée underground qui ne demande qu'à être connue.

dimanche 22 octobre 2017

La soupe " anti-vampires" ( tourin à l'ail)

Aujourd'hui, les sorcières cuisinent, et, au lieu des mets à la citrouille, j'ai bien envie de vous proposer ma soupe repousse-vampires, testée et approuvée: j'en mange régulièrement depuis mon enfance et je n'ai JAMAIS été mordue par un vampire, ce qui est une indéniable preuve de son efficacité! (par contre , zéro efficacité contre les moustiques hélas)

Vous l'aurez deviné, il s'agit de soupe à l'ail, moins connue que la soupe à l'oignon (mais j'ai toujours préférée celle à l'ail), et son vrai nom est " tourin blanchi à l'ail". En direct des grimoires de cuisine des années 70 de Nounou Ogg   Tatie Purple. Un casse-croute idéal avant de partir à la chasse aux vampires donc.

c'est plus fort que moi,j'aime, j'adore l'ail


Alors pour environ un litre de soupe, il vous faut:

- de l'ail. Mais une bonne dose! 20 gousses est un bon compte. A votre volonté, en fait. Les débutants pourront les égermer, les chasseurs aguerris ou les habitants du sud ( Est comme Ouest) ne feront pas cette hérésie. C'est au contraire une excellente solution pour écouler la tête d'ail oubliée au fond du panier à provisions et qui est devenue trop forte pour autre chose. L'ail va cuire pendant 20/30 minutes et donc perdre beaucoup de piquant.
- un peu d'huile d'olive ( une ou deux cuillères à soupe )
- de la farine ( ou épaississant ): une ou deux cuillère à soupe, en fonction de la quantité finale de soupe.
- 1 ou 2 oeufs ( pareil, ça dépend de la taille des oeufs)
- un peu de vinaigre
- de l'eau (environ un litre)
- des vermicelles, coquillettes ou autres pâtes à potage ( encore pareil, je ne vais pas me casser la tête avec les quantités, je le fais toujours au pif)
- du sel

1- peler et couper l'ail en petits morceaux. C'est là que les noobs vont devoir choisir entre les égermer ou pas!
2- dans une casserole d'au moins un litre, faire revenir à feu doux, les morceaux d'ail dans l'huile d'olive, 1 ou 2 minutes sans les griller ( attention, ça va très vite!)
3- délayer la farine dans un peu d'eau et l'ajouter à l'ail sauté.
4- ajouter le reste de l'eau, saler et faire cuire 20 à 25 minutes. Profiter de ce temps pour séparer le blanc des jaunes d'oeuf
Evidemment là, on n'a que du bouillon d'ail, ça manque de corps.

5 - La recette officielle dit d'ajouter les vermicelles. D'expérience, je déconseille, car il sera plus difficile de procéder à l'étape suivante.
5 bis - faire pocher le blanc d'oeuf dans le bouillon à l'ail. Une fois cuit ( c'est l'affaire de quelques secondes!), l'enlever et le réserver sur une assiette chaude.  Et si on a mis les vermicelles avant, ils vont coller à l'oeuf et il sera plus difficile de l'enlever sans embarquer des vermicelles en même temps.
6 - Une fois ôté le blanc d'oeuf poché, c'est le moment idéal pour ajouter les vermicelles et les faire cuire.
7- pendant que la cuisson finit, battre les jaunes d'oeuf avec un peu de vinaigre. Ajouter un peu de bouillon chaud pour délayer l'oeuf sans le cuire.
8- Hors du feu, rajouter le mélange oeuf et vinaigre dans la soupe ( qui blanchit instantanément, d'où son nom officiel ne me demandez pas quelle sont les règles de chimie à l'oeuvre là dedans )
9- servir en rajoutant le blanc d'oeuf poché.
Sel et poivre à votre goût, comme toujours. Les gourmands peuvent aussi rajouter du fromage, ça va très bien avec du parmesan par exemple!

et voilà le travail! ( bon les baies roses c'est juste une erreur, je voulais mettre un peu plus de poivre moulu et j'ai attrapé le pot d'à côté.  ça fait joli, mais ça ne va pas très bien avec la soupe au niveau du goût)


De mon côté quand j'en fais, c'est toujours un grand bol, voire un saladier, car, non, un litre de soupe à moi seule ne me fait pas peur, n'oublions pas qu'il s'agit en grande partie de bouillon à la flotte, mais évidemment je ne mange que ça et un fruit, c'est une recette finalement assez légère, digeste et complète ( ail/ eau/oeuf/vermicelles et éventuellement fromage).

Bon j'avoue certaines versions sont beaucoup moins légères :on trouve parfois l'emploi de graisse de canard au lieu d'huile d'olive, mais je suis du sud-est, pas du Gers ou des Landes. D'autres encore utilisent de la  mayonnaise. La version de Lautrec, si je me souviens bien. Pour le côté léger et digeste, on repassera!
On peut aussi remplacer les vermicelles par des tranches de pain rassis, ce que je ne fais jamais, je déteste le pain détrempé.

Mais dans tous les cas, gageons que comme moi, après ça, vous n'aurez pas à vous plaindre d'une attaque de vampire. Et probablement de personne d'autre non plus d'ailleurs. Non je plaisante, l'ail étant ultra cuit, ça se digère sans mal, a part de le craindre vraiment.

samedi 21 octobre 2017

L'Italie en musique (4) - Nino Rota et Ennio Morricone et...?


Pour cette journée musicale de la Semaine Italienne qui commence aujourd'hui ( proposée en marge du mois italien et de l'année italienne, je perds le fil des blogs pour savoir qui organise quoi, désolée), j'aurais pu parler de Vivaldi ou de Rossini, mais ce sont des sujets qui vont me demander trop de recherche sonore pour le moment.

Et j'avais en attente de finalisation ce sujet là, sur deux compositeurs majeurs de la musique de film, mais pas que: Nino Rota et Ennio Morriconne.
Tant pis pour l'ordre chronologique, après la Renaissance, Venise , Verdi, on part au XX°et XXI°siècle même puisque Morricone est toujours vivant et continue à composer et à diriger à 88 ans.
Et je lui souhaite de continuer encore longtemps!

J'ai rassemblé car ils ont un parcours proche: musiciens, chefs d'orchestres et compositeurs d'une quantité de choses très variées, mais les deux sont surtout connus mondialement pour leurs musiques de films. Et l'un comme l'autre on une très belle écriture particulièrement pour les instruments à vent, et ça évidemment, c'est un ++++ pour moi.

Après réflexion, j'ai rajouté un compositeur mystère

Nino Rota: Le parrain, La Strada, ou Amarcord. Ai-je besoin d'en dire plus?

Je dois vous avouer que je n'ai pas vu le Amarcord, mais la musique a réussi à faire son chemin hors du cinéma au point de devenir l'illustration sonore de l'idée d'Italie à force d'être utilisée pour des publicités pour pâtes, sauces ou .. croisières sur la Méditerranée.




Mais au delà du cinéma, il y a le reste, pas évident à trouver en ligne .Je vais donc vous faire connaître son concerto pour basson, hé oui...
Partie 1:
Partie 2:
Il y a quand même une grande parenté avec ses musiques de films.
Il va falloir que je me procure cette partition, le début est un peu difficile pour moi, mais les thèmes et variations devraient être plus abordables.

Mais sinon, Ennio Morricone, parce que ça fait des années que je meurs d'envie d'en jouer à l'orchestre et que j'ai enfin eu l'occasion cette année, parce que les westerns font partie de ma culture ciné (merci maman, oui je dois être une des rares petites filles qui regardait des westerns avec sa mère :D, même maintenant il nous arrive de sortir quand le contexte s'y prête " le monde se divise en deux catégories..."), et en particulier ceux de Leone, donc les bandes originales de Morricone font partie de ma culture musicale autant que la musique classique ou le Jazz..

Et que le thème de Jill, le thème de Cheyenne, l'homme à l'harmonica, le thème principal de "pour quelques dollars de plus " et sa montre, la musique très drôle de "mon nom est personne", et TOUTE la musique du "bon la brute et le truand" sont inoubliables.

Cheyenne (il était une fois dans l'ouest)



L'estasi dell'oro: Dans la vie, il y a deux sortes de personnes...
LA musique qui rendrait n'importe quoi épique



il triello:

Il y en a beaucoup d'autres, mais pour moi, ce sont les plus évocateurs. Sans ces compositions, les films auraient surement beaucoup moins marché tant l'adéquation entre les deux

Mais avant toute chose, Morricone a été compositeur de musique orchestrale, qu'il appelle musica assoluta ( musique absolue, car non liée à une commande particulière ou destinée à illustrer un film ou une pièce...)


Alors que les musiques de films sont appelées "colonne sonore". 
Je trouve ça très intéressant et pertinent. Considérer la musique non comme une illustration, mais comme un support de l'action. Une colonne... et dans le cas des films de Leone, elle est tellement imbriquée au film que celui -ci n'aurait pas, j'en suis absolument certaine, connu le même destin sans sa colonne vertébrale musicale.
Qui ,comme je le disais plus haut pour Amarcord, arrivent à prendre presque leur indépendance et à exister sans le film, alors que l'inverse est quasiment impossible. L'ensemble des musiques du bon, la Brute et le Truand est très plaisant à écouter à la file, comme une suite symphonique car il y a une réelle homogénéité des thèmes.

Corollaire de tout ça, il est très très difficile de trouver des exemples en ligne qui ne soient pas tirés d'un film. Mais j'ai quand même trouvé Voci dal Silenzio, oeuvre pour choeur et orchestre



Et coup de coeur immédiat car après l'accord de départ, ce sont les bassons qui ont la première mélodie :)

Reste le compositeur mystère du titre du billet.

Parce que je ne pouvais pas me résoudre à le laisser de côté bien qu'il soit né hors de la péninsule italienne, aux états unis, et donc officiellement américain, le petit Enrico, rebaptisé Henry est quand même devenu un compositeur majeur de la musique de films outre atlantique.
Vous l'avez reconnu?



Ce dernier morceau est super dur dans sa transcription pour instruments à vents, car les bassons et les cuivres sont loin d'être adaptés pou jouer un ostinato de cordes et batterie.
Mais comme ses deux presque compatriotes Mancini est un vrai plaisir à jouer en ensemble.
Un jour il va falloir que je réfléchisse à un sujet sur la diaspora italienne dans le cinéma americain, parce que quand même Martin Scorcese, Robert De Niro, Al Pacino, Sylvester Stallone, Frank Sinatra, Leonardo di Caprio et bien d'autres

vendredi 20 octobre 2017

RAT a Week spécial Halloween, le marathon de l'épouvante!

Un RAT!!!

Ceux qui entrent régulièrement dans mon antre savent ce que c'est qu'un RAT.
Non pas le rongeur mais le Read-A-Thon, un marathon lecture de durée variable.
Mais comme je ne me lasse pas de faire le jeu de mots...


Trouvé ici, le blog n'est plus alimenté depuis 2 ans, dommage


Oui mais cette fois, c'est pour Halloween, et ça dure non pas un Week End , mais une semaine.
En fait il y en a déjà eu un, mais bien évidemment, programmé un week-end où mes obligations me poussent hors de ma tanière. Et en fait LE seul, absolument le seul Week-End où je n'ai rien de particulier prévu, c'est celui du 28-29 octobre.Jusque là:absences, répétitions d'orchestre, nécessité d'amener ma charette d'ankou mon vélo à la révision, concert dimanche...

Donc une semaine c'est bien, ça permettra d'étaler les activités sur plusieurs jours lorsque je trouve un micro-moment de libre.




Les modalités sont ici, j'opte pour une catégorie " sorcière" , 500 pages sur la semaine, je ne pourrais pas trop faire plus avec mon emploi du temps de ministre, mais aussi parce que j'ai décidé d'intégrer d'autres activités que la lecture: j'ai un film italien à voir, car en parallèle, c'est la semaine italienne qui débute lundi, j'ai attaqué une série TV.

Et comme défi à choisir, j'opte pour "deux ou trois tomes d'une série" et je vais botter en touche en optant pour une série manga, comme ça il me sera facile d'avoir déjà 200 ou 300 pages
Et je m'ajoute un autre défi, coté films: coller à la thématique sorcellerie.

Et ça commence aujourd'hui. Je mettrais donc à jour ce sujet au fil de la semaine.

Jour 1: 20 octobre. 

Evidemment, ça n'est pas très brillant vu que je travaillais.

Parfois, le vendredi après midi, j'ai un peu de temps libre, donc j'emporte un peu de lecture " au cas où". Ca n'a pas été possible aujourd'hui, vu qu'on m'avait collé la tâche de préparer une réunion pour dans 2 semaines.
Chercher les noms et titres exacts de gens à inviter, préparer le courriel à soumettre à la responsable, préparer la fiche de présence, et fabriquer les chevalets pour ces gens là . En imprimant consciencieusement les données " Monsieur Untel Directeur de la section patati", " Madame Chose, adjointe au maire déléguée de patata". Et atelier découpage des chevalets dans des chemises cartonnées. Et bizarrement,je vous dirais que l'activité découpage passé l'âge de 8 ans, c'est peu constructif et on s'en lasse à la vitesse de la lumière. Surtout quand c'est si peu stimulant et constructif (quel atout à mettre en avant sur un CV: expérience de bricolage de chevalets en papier!)

Mais bon, j'ai presque fini, j'ai senti passer chaque seconde en soupirant à la mort, c'est thématique, au moins.


mon après-midi.. allégorie

J'ai bien failli crever d'ennui, mais j'ai trouvé le temps malgré tout de photocopier quelques pages d'un album de coloriage pour adultes ( oui je régresse au travail...découpage, coloriage...j'vous jure, dans un mois j'en suis aux gommettes!)


Ceci dit, si le coloriage n'est pas mon habitude, j'ai craqué quand je l'ai vu en magasin: motifs calaveras, pages détachables, format carré, ça va me faire un décor sympa. Quand j'aurais le temps de m'y mettre.
Mais comme je n'ai pas touché un feutre depuis le collège, je veux me laisser la possibilité d'expérimenter des variations de couleurs sur les dessins, au lieu de patouiller d'emblée sur le modèle fourni.

18h30,rendez vous chez le kiné, je profite des soins pour commencer "New Victoria" que j'avais pris en édition numérique. Du coup difficile de savoir combien j'en ai lu ( une trentaine de pages le temps de l'attente, mais ça dépend aussi du paramétrage. Je vois que la version papier fait 576 p, sur ma petite tablette, c'est 700 et quelques pour garder une bonne définition de lecture, donc, approximativement une vingtieme du total.C'est peu!).
A priori, ça parle de Zombies dans une ambiance Steampunk, on verra bien ce qu'il vaut.Pour l'instant les zombies n'apparaissent pas encore dans l'histoire, et ça ne s'annonce pas franchement folichon.

21h00, après le dîner, pas du tout halloweenesque car je n'ai plus de courge, promis je ferai mieux demain, c'est l'heure de  réfléchir au plan de bataille de la semaine: billet de blog, et choix du programme vidéo de ce soir. Je ne bosse pas demain, ce sera donc un film.

Jack O'Lantern n'a pas l'air perturbé par la triste fin de sa camarade Butternut. Demain, j'apporte les graines à ma mère pour qu'elle tente de les faire pousser. Je n'ai pas le matos pour jardiner. On verra bien si elles prennent.


23h40: Jack m'a "brillamment" soutenue dans mon visionnage. Sujet à venir sur le film dans.. bientôt.
Car oui, c'est une petite lanterne ( faudra que j'enlève l'étiquette derrière ), un cadeau comme ça de ma mère qui l'a trouvée sympa et qui m'accompagne depuis quelques soirs pour mes visionnages tardifs.
Non que j'aie peur, mais dans le noir avec la lumière assez puissante de l'écran, je ne vois pas grand chose autour de moi et risque de me prendre la table basse en allant chercher quelque chose sur la table de la salle à manger.

Jour 2:  21 octobre
Comme d'habitude, je suis absolument incapable de faire quoi que ce soit d'intellectuel le matin, j'avais aussi beaucoup de sommeil en retard, donc... grasse mat'! Puis on va se contenter des corvées bébêtes à faire en pilote automatique.
On verra ce que je peux faire après le dessert, avant d'amener le vélo à la révision et d'aller dépenser encore des sous au marché italien (ma ville organise une semaine italienne, jusqu'à demain, il y a un marché dédié à l'artisanat italien: sacs, bijoux,chaussures.. tout ça je m'en fiche, ce qui m'intéresse, ce sont les stands de fromage, charcutailles et biscuits pour lesquels j'ai prévu un budget) Allez, c'est parti pour le sujet sur la musique italienne ( rien à voir avec Halloween) puis le vélo, quelques courses, et je sais ce que je vais lire en rentrant.
Et bien sûr au retour j'ai fait une foule de choses, mais j'ai quand même eu le temps de lire le premier tome de Cruel Thing, une BD démoniaque que j'ai enfin eu l'occasion de trouver cette année. Hop 150 pages pour le défi de la semaine, reste 350.
J'y reviendrais pour le mercredi BD.

Et ce soir quand même le dîner est thématique, puisque je me fais un gros bol de ma soupe fétiche, la "soupe anti-vampires" (vous aurez la recette demain!)
Et logiquement, quoi de mieux pour accompagner la soupe anti-vampire qu'une soirée sur ce thème?
C'est parti pour Nosferatu, toujours avec le soutien moral de Jack.

Jour 3: 22 octobre

Le jour totalement improductif, mais je m'y attendais, entre l'insomnie qui m'a conduite à une méga grasse-mat' et le concert avec l'orchestre l'après-midi, en plus du genre que je déteste le plus: extraits d'opérettes de Francis Lopez.si vous ne connaissez pas, vous avez de la chance, ces chansonnettes sentimentales sont un pur chewing-gum qui se collent au cerveau pour des jours.
(et le temps de revenir, les corvées ménagères ne s'étaient pas faites sans moi :/).
21h30, j'ai à peu près fait ce que je voulais faire, je pars quand même pour un épisode de Dead Like Me

Et en plus demain, ça va être la même chose: travail la journée,répétition le soir

Jour 4: 23 octobre

Ca m'éclate, j'ai l'impression d'écrire un roman ou une nouvelle d'épouvante ( Puisque Frankenstein, Le Horla, tout ça, fonctionnent sur le modèle du journal de bord...)
Mais, travail plus répétition le soir, encore une journée improductive.

Jour 5: 24 octobre

Ha,pas tout à fait zéro aujourd'hui: Kiné en sortant du travail je progresse donc sur ma lecture, de New Victoria ( 1/10° environ, ça donnerait donc un total de   57 pages rapportées au volume papier. Avec les 150 de Cruel thing, j'en ai donc 300 à peu près au compteur). Mais pas encore de zombie à l'horizon.

Mais quelque part, la couverture me dit que je devrais me méfier. Ca sent plus l'eau de rose que l'humus des catacombes. Bon, je l'ai eu pour 99cts lors d'une opé Bragelonne, ce n'est pas une grande perte si je n'accroche pas.

Sinon Jack et moi étions partis pour Dracula ( celui de Coppola, histoire d'avoir le plus récent et le plus ancien - Nosferatu- à chroniquer), mais je viens de me rendre compte que c'est 22h00, et que je l'ai commencé trop tard pour finir dans une limite de temps décente.
Ce sera surement pour demain, je vais plutôt préparer les sujets sur Suspiria et Nosferatu avant de retourner un peu à mes lectures.

Jour 6: 26 octobre

J'ai réussi en 2 jour à caler les tomes 6, et 7 de Black Butler, donc oui, le défi lecture est réussi.
En comptant les 300 approximatives, j'en suis à 656 pages. La lose. Je n'arriverai pas à 666 pile.

Et on continue avec le film de Coppola.


Jour 7: 27 octobre

J'ai encore réussi à avancer un peu New Victoria, une petite trentaine de pages virtuelles, et ça Y EST. Les zombies attaquent!enfin!
Du coup j'ai dépassé les 666.
Mais j'ai involontairement rempli le critère " un livre avec du orange sur la couverture".. Le personnage qui figure sur la couverture du tome 7 de Black Butler est roux.

Mais comme nous sommes dans un monde parallèle, c'est une semaine extensible et elle continue encore jusqu'au 31.
Et justement aujourd'hui commence un autre RAT, concentré d'aujourd'hui jusqu'au 1° novembre.

Jour 8:28 octobre

Vous me croyez si je vous dis que je suis un chat noir? L'ennui c'est que ma malédiction ne touche que moi-même.
Ce matin je suis partie au marché tranquillement acheter entre autre des courges et des champignons, automne oblige.
En rentrant dans la cuisine.. Tiens c'est quoi ce truc par terre, on dirait un bout de plastique, mais je n'ai rien comme ça ici. Ah, non.. du verre? Et plat.. mais je..
Hoputain, la fenêtre.
L'an dernier à la même époque,la vitre de la salle de bain avait cassé sous l'effet du mistral. Et comme la propriétaire voulait mettre du double vitrage, le temps
de faire les mesures, les devis, de refaire les mesures parce que l'ouvrier s'est planté, et un nouveau devis, c'était les fêtes, puis le nouvel an puis..
Je n'ai pas eu ma fenêtre changée avant février. Oui oui, dans la salle de bains, là où on est en général à oilpé.
Et rebelote aujourd'hui,c'est la cuisine,la dernière vitre en simple vitrage a claqué une fois de trop.
Et toujours quasiment en novembre, puisque c'est l'époque du vent violent,ça n'arriverait pas en été où on peut rester avec les fenêtres ouvertes, non ça ne serait pas drôle
Je ne vais pas mettre en marche tout le système avec la proprio qui va dire "non, je n'ai pas les moyens", je vais envoyer quelqu'un de ma famille lundi ( vu que mon boulot ne fait pas le pont!) avec le cadre directement à la vitrerie, tant pis, pas envie d'attendre après le 1°novembre.

oui, on devine qu'il reste juste deux petits morceaux de vitre. Au cas ou j'aurais envie de me tailler les veines, puisque tant qu'à faire les trucs chiants, je vais préparer les chèques du loyer et de la taxe d'habitation

Ha la taxe d'habitation, non seulement on te pique des sous pour t'accorder le

Mais vous me croyez si je vous dis que d'une part, je n'avais pas du tout prévu de passer la moitié de la journée à nettoyer le coin cuisine et que d'autre part, malchance, on s'en fatigue à la vitesse de la lumière?
Bon ce sera soirée cinéma une fois de plus avec le Carnaval des âmes ( 1962). Vintage et limite expérimental, j'ai bien aimé.

Jour 9: 29 novembre

La séance lecture est une nouvelle fois tombée à l'eau: grasse mat' évidemment, parce que j'étais nerveusement à plat , et l'heure supplémentaire de sommeil était bienvenue. Mais voilà, j'ai surtout fini de réparer les dégâts de la veille, cassé un pot en verre dans la précipitation, juré en araméen, re-ramassé les dégâts, bossé un peu la musique car un autre concert approche, et allée voir un copain qui est ici en vacances. Pas de film du jour, mais le tome 9 de Black butler..
Jour 10: 30 novembre
Bah, c'est lundi, et comme tous les lundis, travail et soirée répétition donc . Rien, nada, nitchevo..

Jour 11: 31 novembre
Comme les autres jours pendant la séance de kiné, j'avance un peu New Victoria, ça bouge enfin, et l'héroïne vient d'être enlevée par des morts-vivants sans qu'on sache vraiment le pourquoi du comment. J'espère quand même le finir avant le 15 novembre puisque le challenge halloween joue les  temps additionnels.
Par contre question cinéma, oui, là je fais le grand chelem:ce soir, c'est un programme " royal" non pas un mais 2 films adaptés de Stephen King. Merci le Pandora!

dimanche 15 octobre 2017

Zombillénium ( filmd'animation 2017)

Hé oui, surprise!

Mon cinéma que j'aime le programmait aujourd'hui en avant première et en plus une place achetée une place offerte!
Voir en avant première un film pour 2,50€, elle est pas belle la vie mort?

Zombillénium, le film est donc l'adaptation libre de la BD du même titre, dont j'avais chroniqué le tome 1 et le tome 2. Géniale histoire qui en compte 3,et nous parle du marasme social et de la lutte des classes au travers d'un parc à thème dont les employés sont tous des monstres ou des morts-vivants.

Ce film est donc une adaptation, faite par le dessinateur Arthur de Pins lui même (autant dire que graphiquement,on est très très fidèle à la BD).
Revenons quelques années en arrière: Arthur de Pins avait collaboré et prêté sa galerie de monstres pour le clip de Nameless World de skip the Use.

 A cette occasion, j'avais trouvé que le graphisme se prêtait très bien à l'adaptation animée, et j'ai croisé les doigts pour avoir un long métrage ou une série, mettant en scène Gretchen, Francis, Sirius et leurs camarades.



Hop, le clip, le morceau est bien sympa et les détails comme le squelette de lapin suicidé ( haha, référence à Suicide Bunnies?) sont excellents.

Avec , très logiquement, Mat Bastard, chanteur noir du groupe qui personnifie Sirius, le squelette syndicaliste, militant de la cause noire américaine , mort dans les années 60 sur la chaise électrique (ce qu'il explique dans le tome 1). déjà, c'était assez sympa.

Et il s'avère que le clip était donc une sorte de test pour le film, qui sort au ciné ces jours -ci.


On reprend les mêmes (ou presque ) et on recommence. Parce que si les personnages principaux et le cadre sont à peu près les mêmes, les histories de la BD et du film diffèrent un peu.

On retrouve Francis, vampire sympathique de la vieille école - celle du Dracula de Christopher Lee-  et dirigeant du parc à thème "Zombillénium" ( situé dans la campagne du Pas-de-Calais, où la présence de ce parc à thématique fantastique déplait à certains superstitieux). Les problèmes économiques, le manque de rentabilité du parc et la lutte permanente avec la population hostile et superstitieuse est le sujet même de la BD.

Ici, on garde, le cadre "marasme économique", mais les péquenauds armés de fourches passent au second plan. Le centre du film, c'est la rivalité entre Francis, le directeur compréhensif mais vieillissant, et la jeune génération de vampires, menés billes en tête par Steven qui n'existe pas dans la BD.
Steven est arrogant, arriviste, narcissique, manipulateur et  insupportable, et désire plus que tout  imposer sa vision des choses: au fond du puis, les zombies has-been, exit " Zombillénium", place à un tout nouveau parc dédié entièrement aux vampires, et en particulier à sa gloire personnelle; et dont il serait évidemment directeur ( en plus, avec sa coupe gominée des années 50, on dirait Johnny Bravo en brun, bonjour la crédibilité!)

La lutte n'est plus tant extérieure qu'intérieure entre deux visions du monde du travail.
Entre les deux, un autre nouveau venu: Hector qui reprend à peu près le rôle du nouveau venu  dévolu à Aurélien, qui ne figure pas dans ce film.
Hector, l'inspecteur du travail borné et rigide, souhaite plus que tout faire fermer le parc, en gros pour que sa fille Lucie arrête de le tanner tous les week-ends pour y aller. Hector est veuf, et depuis la mort de sa femme passe son temps à bosser et laisse Lucie en pension toute la semaine. Il fait un travail qui ans le fond l'ennuie profondément, lui qui était  guitariste dans un groupe de rock, en ayant conscience d'être en plus un mauvais père.
Evidemment, lorsqu'il découvre la vraie nature des employés du parc, Francis le vampire se voir contraint de le mordre et de l'embaucher de force comme nouvel employé ( et comme Aurélien, mordu par un vampire et un loup garou, il ne devient, ni l'un ni l'autre).

Hector , venu pour faire fermer le parc, se voit donc obligé de se bouger les fesses pour le garder  ouvert et ne pas finir au placard en enfer: pas le choix, face aux velléités de Steven de transformer les lieux en parc mignon et pimpant pour vampires classieux qui transpirent des paillettes,(" cest ce que veut le public"), il va falloir remettre à flot l'attraction des zombies.
Alors il y a du bon et du moins bon, déjà. J'avais même un peu peur, les commentaires que j'ai vus suite aux projections test étant assez négatifs

Souvent limités d'ailleurs à " Y'a pas Aurélien, c'est nul".
Je serais plus nuancée: Il n'y a pas Aurélien, c'est dommage, mais pourquoi pas.
En revanche, il aurait été mieux de choisir pour Hector un autre type de transformation que ..exactement la même chose qu'Aurélien.quitte à se démarquer, autant le faire vraiment, sinon effectivement, autant garder le personnage de la BD, et, puisqu'il était séparé de sa femme, le doter d'un enfant, histoire d'avoir le personnage de petite fille en plus.
Don voilà, premier point, il n'y a pas Aurélien, et c'est dommage qu'Hector en soit le décalque, en moins convaincant.

Après je dirais que l'animation n'est pas toujours 100% excellente, la 3D n'est pas renversante en fait, et j'ai envie de dire que l'animation était plus aboutie sur le clip de Skip the Use.

Donc voilà les deux principaux points qui me gênent un peu. Je pourrais rajouter les voix de Sirius et Gretchen qui ne m'emballent pas, mais c'est un ressenti personnel.

Le positif: les nouveaux personnages sont assez réussis, que ce soit Cerbère qui garde la salle des machines (trois têtes: un dogue, un doberman et au milieu, un yorkshire. Devinez qui est le plus braillard?), ou Steven le frimeur, souvent tordant avec ses paillettes - car oui tout ce qui se paye la fiole du navrant Twillight a mon immédiate et entière adhésion.
Et on retrouve Gretchen,la sorcière au skate-balai, même si elle n'a ici qu'un rôle secondaire.Elle est aussi beaucoup plus tatouée et certains de ses tatouages, comment dire...hahaha, regardez bien la rose près de son poignet, aux pétales très suggestifs. Avec le carré de reines juste à côté on pourrait y voir une interprétation particulière.
C'est même étonnant que la censure l'ai laissée passer. Je trouve ça drôlissime, vu le nombre d'enfants qui étaient dans la salle.
Sinon j'ai adoré, et tout le monde aussi vu la rigolade dans la salle, la musique improvisée de départ à la retraite anticipée de Francis.

donc oui, il n'est pas parfait, mais si on mets de côté le ton plus enfantin du film que de la BD, il reste souvent hilarant.
Certes il n'y a pas Aurélien, et son remplaçant n'est pas super mais c'est un plaisir de Francis, Gretchen et Sirius.
D'ailleurs je parlais plus haut du clin d'oeil fait dans le clip de Skip the Use.
cette fois le clin d'oeil est inversé, puisque c'est Sirius qui dit " en fait, je n'ai jamais été militant noir américain, j'étais chanteur dans un groupe local, et je suis mort dans un accident de voiture en venant ici".
J'adore ce retournement ( et d'ailleurs on revoir au générique le lapin suicidé du clip.. après une série d'images qui pastichent la propagande soviétique).

Pour moi, malgré quelques petites réserves , c'est une réussite, et j'ai passé un bien bon moment, qui ne gâche en rien le plaisir d'attendre le tome 4 (je n'ai pas lu le 3, j'attends l'annonce du 4 pour le lire).
allez le voir, sinon Gretchen se fâche et ça fait des dégats

Peu d'images pour l'instant, vu que le film sort officiellement mercredi. J'illustrerai plus tard.




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