vendredi 6 octobre 2017

The Thing; the Fog ( longs métrages)

Alors là, j'ai pris de l'avance. Vraiment, si vous regardez sur l'image la date de diffusion de la soirée Carpenter au ciné.

J'avais déjà vu the Thing il y a trèèèès longtemps, et The Fog était sur ma liste à voir depuis trèèèèès longtemps aussi. C'est chose faite.

Carpenter, je l'avais déjà mis en avant il y a 2 ans pour le mois Halloween, avec son célébrissime, hé bien.. Halloween, souvent imité, jamais égalé. Un cinéaste qui s'est spécialisé dans le fantastique et la SF légèrement teintés d'épouvante, avec parfois même quelques petites touches d'humour qui font plaisir, quelques jumpscare bien dosés sans en rajouter trop. Surtout un cinéaste qui sait installer les ambiances sans trop se presser par petites touches de bizarrerie qui vont amener l'histoire. Comme j'aime. après tout ce qu'il a fait n'est pas exempt de défauts ( surtout d'ailleurs à ses débuts, ou un manque évident de budget saute parfois aux yeux, qui est souvent compensé par l'efficacité de mise en scène, mais pas toujours). Et là, sur cette programmation ça se voyait particulièrement

Sur Halloween ( 1978), ça n'était pas trop gênant puisqu'il s'agit d'une histoire de serial killer sanguinaire donc, dans un cadre réaliste, et que le fantastique vient plutôt de la personnalité hors norme de Michael Myers. C'est le décalage entre la banalité du cadre, les acteurs alors inconnus ou presque et l'anormalité de la situation qui compte. Je l'ai dit en long et en large, mais je le répète: l'art du cadrage dont il faisait preuve dans ce film et l'ambiance sonore étaient pour beaucoup dans la réussite.. qui a d'ailleurs lancé un nouveau genre, l'épouvante à serial-killer immortel (en tout cas tant que la franchise marche). Et en fait le côté presque fauché participe même au réalisme de la situation.

The Thing (1982). Entre temps, il y a donc eu les cartons que sont Halloween et NewYork 1997, donc le budget est là.

En 1982 en Antarctique ( reconstitué en Alaska, ce qui fait que dans ma mémoire confuse, le film se passait en Alaska.. point du tout), une base scientifique américaine reçoit un jour la visite surprenante d'un hélicoptère venu de la base norvégienne voisine.




Dans l'immensité  neigeuse, les norvégiens qui semblent avoir perdu la boule canardent sans trêve un chien de traîneau y compris à la grenade, sans réussir à l'atteindre. Surprenant décalage entre l'énormité des moyens mis en oeuvre et le résultat nul de la chasse. Le chien court vite se réfugier chez les américains, qui sont à leur tour canardés sans sommation par le norvégien fou, vite arrêté d'une balle bien ajustée. L'hélico est accidentellement détruit dans la manoeuvre, et après avoir tenté sans résultat de joindre la base norvégienne, les américains décident d'y faire un tour pour voir ce qu'il se passe: celle ci est entièrement détruite, livrée à la glace, le seul humain qui s'y trouve est mort, égorgé et gelé. A l'extérieur, le cadavre d'une créature difforme a été brûlé. Est-ce en lien avec l'étrange chose qui ressemble à une soucoupe volante et que les norvégiens avaient dégagée des glaces où elle était enfermée depuis des dizaines de milliers d'années probablement.





L'équipe américaine décide de ramener la créature morte à leur base pour l'examiner et c'est une très très mauvaise idée, autant que d'avoir récupéré le chien d'ailleurs ( excellent dressage au passage, je n'ai jamais vu un chien aussi immobile, et par conséquent aussi inquiétant!). Le chien est en fait une imitation, ce qu'ils ont ramené dans la base est une créature extraterrestre capable, si elle a suffisamment de temps d'assimiler une créature vivante , ici un chien ou un humain pour la copier parfaitement cellule par cellule.
Dès lors n'importe qui peut être une copie et dans ce microcosme coincé au milieu de nulle part, la suspicion et la paranoïa devient une question de survie.


D'ailleurs au delà des effets spéciaux (bien pour 1982, mais qui font sourire en 2017, j'avoue) c'est ce huis clos dans un espace hostile et immense, et dont l'immensité paradoxalement enferme les personnages, et favorise le surgissement de la folie paranoïaque qui est le sujet. C'est une créature extraterrestre qui met le boxon, ça pourrait aussi bien être une épidémie terrestre; on pourrait être dans n'importe quel endroit pour peu qu'il soit exigu ou immense - il y aurait juste moins d'effets spéciaux un peu saignants.

ça par exemple, c'est une maquette de monstre qui a du demander des mois de travail au concepteur.. et qui fait marrer le cinéma entier maintenant par son côté bricolo.

La fin ouverte que certains semblent ne pas avoir apprécié est au contraire tout indiquée, pour ne pas résoudre de manière " facile" la situation, on reste sur sa fin exprès, c'est un bon choix.
Quelque part je lui trouve une ressemblance avec Predator vu l'an dernier, pour le mélange d'action violente et de jeu de massacre ( hep, grande nouvelle, le noir n'est pas celui qui meurt en premier!). Dans le cas de Prédator, la créature est inquiétante car invisible, mais extérieure au groupe qu'elle décime,  dans le cas de the Thing, elle est "probablement" visible de tous, camouflée en parfaite imitation de l'un des membres donc intérieure au groupe.

A vous de voir ce que vous préférez, l'immensité de la jungle ou celle du pôle sud, Schwarzie ou Kurt Russell ( qu'à cause de son nom, je confonds toujours avec le réalisateur Ken Russell ou l'autre acteur Russell Crowe)

 J'ai un peu de mal à le prendre au sérieux à cause de sa dégaine dans ce film, alors que ça n'était pas le cas dans New-York 1997. Vous voyez pourquoi?
Son souci c'est de rester en vie, rester en vie, ha ha ha , rester en viiiiiiie. Avoir du disco en tête n'aide pas à l'immersion. Et maintenant c'est foutu pour vous, foutu pour vous, ha ha ha, foutu pour vouuuuuus!

Oui je sais, j'aurais pu pointer la ressemblance avec Ulysse d'Ulysse 31, c'est vrai. Mais ce n'est pas ce qui m'est venu en tête en premier hélas. Du coup, c'est vrai que pour une version live d'Ulysse 31, si ça avait été la mode des live actions à l'époque, je n'aurais pas pu imaginer quelqu'un d'autre...

Nota: il y a peut-être, mais là il faudrait demander directement à John Carpenter, il y a peut être une référence à Alien dans la séquence de réanimation cardiaque. Une référence inversée à ce qui arrive au personnage de feu John Hurt dans Alien en fait. C'est loin d'être impossible. Alien date de 1980, The Thing de 1982, les réalisateurs jouent à peu près dans la même catégorie, plus.. quelque chose dont je vais parler plus loin qui me fait penser que ça n'est pas un hasard.

The Fog ( 1980). Retour 2 ans auparavant,je chronique dans l'ordre de diffusion. Halloween a marché, mais on est avant New York 1997. Donc fatalement moins de budget.


Comment rendre la mer menaçante? avec un simple plan large, de la profondeur de champ et des teintes grisâtres.

La petite ville d'Antonio Bay, Californie, s'apprête à fêter les 100 ans de sa fondation, pourtant marquée par un drame. 100 ans plus tôt, un bateau transportant plusieurs marins s'est échoué, égaré dans le brouillard et conduit par malchance sur les récifs par un feu de camp sur la plage. Mais l'un d'entre eux était riche et son argent a en partie servi à construire la ville, donc on s'apprête à inaugurer une statue à la mémoire des malheureux dont la disparition a été à l'origine de la ville.

L'histoire du naufrage est connue, et les vieux marins du coin la racontent volontiers, près d'un feu de camp la nuit: lorsque le brouillard se lève dans la nuit du  20 au 21 avril, les fantômes reviennent chercher ceux qui ont causé leur perte.

juste pour info,  moustachu, là , dans le rôle très bref du bricoleur qui répare l'église, c'est John Carpenter en personne.

Or justement cette nuit là, les incident étranges se multiplient: des objets se déplacent sans raison apparentes, les appareils électriques se dérèglent, les alarmes sonnent, le garage du coin s'allume seul, les chiens aboient vers la mer, des vitres éclatent, le prêtre du coin découvre par hasard un journal ayant appartenu à son grand-père, caché dans un des murs de l'église et qu'une pierre tombée vient de mettre au jour des coups résonnent aux portes, un brouillard inattendu est annoncé par la météo locale et relayé par l'animatrice radio locale. Son antenne est situé dans le phare et elle peut confirmer, elle le voit bien du haut de son perchoir.


Un brouillard d'autant plus inquiétant qu'il est phosphorescent et avance contre le vent.


Or cette nuit là, comme cent ans plus tôt, un bateau est porté disparu. Retrouvé au matin, 2 victimes ont disparu, la troisième a été assassinée ( on l'a entrevu dans le brouillard) sauvagement à coup de crochets. chose étrange, le corps semble avoir passé plus d'un mois dans l'eau, le bateau est rouillé et trempée d'eau de mer comme s'il avait sombré et refait surface...
Après avoir lu le journal, le prêtre comprend l'horrible situation. son grand père et 5 autres notables de l'époque ont consciemment conduit au naufrage le dénommé Blake, homme riche et lépreux, et ses compagnons atteints de la même maladie, 100 ans plus tôt, après s'être assurés de faire main basse sur l'argent de Blake. Celui-ci revient d'entre les morts avec son équipage pour se venger de la trahison dont ils ont été victimes.


et ils ne sont très décidés à le faire.

Et donc là, le côté fauché se sent plus, surtout dans les plans rapprochés tournés en studio. Je ne saurais pas dire, mais l'éclairage, le cadrage, ça fait assez série TV. C'est dommage parce que par ailleurs les décors naturels sont bien utilisés ( le film a été tourné au même endroit que Les Oiseaux d'A. Hitchcock, à ce que j'ai lu, donc Carpenter se place sous l'influence de.. pas n'importe qui!). Et ce qui faisait la force d'Halloween est bien là: plans larges où le surgissement progressif d'éléments bizarres crée l'ambiance angoissante. Avec 3 fois rien, il sait créer le malaise et c'est ça que j'aime et qui s'est un peu perdu dans ses films un peu plus récents. Paradoxalement, avec peu de moyens on est obligé d'être plus inventif que lorsque l'argent est là.
L'histoire de revenants est classique, mais c'est assez simple de faire des clins d'oeil aux maîtres du genre (outre les lieux de tournage et Hitchcock) qui font toujours plaisir.

Lui par exemple, le prêtre de l'histoire qui découvre le pot-aux-roses.Il ressemble beaucoup à quelqu'un d'autre non?



Quelqu'un de trèèèèèès connu dans le domaine fantastique?


Oui, et si je rajoute qu'en incipit du film, il est clairement cité une phrase d'Edgar Poe, le doute n'est plus permis. Et mine de rien ce genre de détails ça me plaît.

et je pense qu'il n'y a pas que la littérature qui est cité, mais qu' Edward Hopper et ses inquiétants paysages nocturnes où "quelque chose cloche" sans qu'on puisse dire quoi, n'est pas étranger à ce genre de plans.

Alors plus haut je disais qu'il y avait un lien entre Alien et Carpenter. J'y viens. Dans The Fog, Monsieur météo qui téléphone à l'animatrice radio pour lui communiquer le dernier bulletin tout frais est nommé Dan, simplement Dan, son nom complet n'est pas dit. au générique le personnage est nommé complètement: " Dan O'Bannon". Le vrai Dan O'Bannon , co-scénariste du premier film de Carpenter est aussi en 1981 le scénariste d'Alien. Carpenter a donné à un personnage le nom d'un de ses copains, qui travaillera l'année plus tard sur le méga carton du cinéma de Sf de l'époque. Ca ne serait donc absolument pas une surprise que la séquence mentionnée plus haut soit encore un clin d'oeil à son copain.

D'un point de vue personnel, même si j'ai bien aimé The Thing, j'ai une petite préférence pour The Fog qui m'a plus absorbée. Peut être parce que j'avais déjà vue The Thing, et que The Fog était une découverte. Peut être parce que malgré le manque de moyen parfois évident, j'ai trouvé le côté mystérieux mieux amené, alors que The Thing cède parfois aux effets spectaculaires un peu faciles?

Ha oui et puis désolée encore pour vous avoir pourri le film, pourri le film, ha ha ha ha pourri le fiiiiiiiilm

1 commentaire:

Bienvenue amis curieux!

Pourquoi le Cabinet de curiosités?

Tout simplement parce qu'on y trouvait un peu de tout, par ordre de pagaille. Cette idée de collection sans thème déterminé me plaît...

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Bonne lecture