lundi 9 octobre 2017

Brûle, sorcière, brûle! - Abraham Merritt

Et voilà un livre que j'avais trouvé par hasard chez un bouquiniste, il risque d'être difficile de se le procurer autrement. L'édition est assez ancienne et l'auteur, contemporain de Lovecraft, est resté dans l'ombre de son illustre compatriote.



Pourtant vous connaissez peut-être, au moins de titre, La Nef d'Ishtar. Hé bien il s'agit du même auteur, plutôt axé SF et fantasy, mais qui nous propose ici une curieuse histoire, mélange de film noir et de fantastique dans le New-York des années 30 pourtant bien peu propice aux mystères et aux histoires de sorcellerie.Et qui évoque beaucoup plus spontanément le cadre d'une histoire de gangsters.

Et c'est d'ailleurs très précisément de cette manière que ça commence: un célèbre neurologue, le professeur Lowell, reçoit la visite d'un étrange patient, amené par le chef de la mafia locale, italien comme il se doit, et superstitieux bien évidemment.
Le malade est le bras droit du chef de gang, il est tombé d'un coup, en proie à une soudaine crise de terreur et depuis semble atteint de convulsions et presque de dédoublement de personnalité. Attaque cérébrale ou..autre chose?
Le malade passe vite de vie à trépas de manière incompréhensible, l'autopsie prouve qu'il était en bonne santé, il n'y a pas de trace empoisonnement ( la chose qui inquiétait Ricori, le chef mafieux, pensant que son associé pouvait avoir été victime d'une tentative d'assassinat dirigée.. plus haut). Seules bizarreries, l'analyse sanguine ( basique, on est en 1930!) montre au milieu des globules rouges et blancs, d'étranges globules brillants qui disparaissent rapidement, et la rigor mortis arrive vite, beaucoup trop vite pouvant évoquer un poison inconnu.

Devant ce mystère Lowell et Ricori vont donc conjointement mener une enquête, le médecin prenant en sympathie ce chef de gang très éloigné du cliché de brute épaisse que les journaux présentent.
Lowell découvre pas moins de 7 ou 8 morts suspectes présentant les mêmes symptômes, des gens aussi différents qu'une vielle dame, un riche banquier, une starlette, des artistes de cirque, une petite fille... qui n'ont pas de point commun, si ce n'est d'avoir peu avant leur mort fréquenté un magasin de jouet, tenu par Mrs Mandilip, fabricante de magnifiques poupées d'art, et sa sinistre nièce.

Mrs Mandilip est vieille, laide, géante... avec des yeux magnifiques, des mains splendides et une voix charmeuse qui ne collent pas à son physique.
Et il apparaît vite que le magasin et les poupées sont liées aux morts mystérieuses. Cas d'hypnose, pour le médecin qui voit en cette femme originale une serial killer particulièrement retorse; cas de sorcellerie pour Ricori, qui la considère comme une "strega", une sorcière. Diabolique très certainement, car les crimes n'en sont pas moins réels. Sorcière au sens propre, ou au sens figuré?

Et Merritt est assez futé pour ne pas trancher clairement, c'est au lecteur de se faire son opinion. Je ne savais pas trop à quoi m'attendre, vu la catégorie "pulp" du roman. On y trouve du bon et du moins bon, et celui-ci est une bonne pioche, qui brouille habilement les pistes sur son genre et sur son sujet. Avec une vieille sorcière bien méchante comme on n'en voit plus trop.

Un croisement improbable, mais réussi entre "Scarface" et"Chucky".
Déjà que je n'aimais pas les poupées et ce depuis toute petite, ce n'est certainement pas ce roman qui va me les faire apprécier :D
Et pour se faire une idée, la 4°de couv':

«La poupée escalada le lit et se laissa tomber sur le plancher. Elle tournait la tête à droite et à gauche, comme une fillette curieuse. Finalement, elle s'assit, ses yeux fixés sur les miens. Puis, lentement, elle allongea la main derrière son cou. Tout aussi lentement, elle ramena son bras.
Elle tenait dans sa main une longue aiguille... comme un poignard.»
Brrrrrr!

6 commentaires:

  1. c'est drole cela m'a fait pense a ce film de robert de niro...le mafio qui va se faire soigner chez le psychologue....en tout cas tout un livre que tu nous proposes lala...effrayant...;)

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    1. ha oui, Mafia Blues ( merci Allociné, je séchais)
      Pas exactement la même ambiance par contre.
      Même s'il y a une gentille poupée au milieu de ces petits monstres en cire, je maintiens brrr quand même:D

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    2. oh oui je ne lirais pas ton livre avec le meme etat d'esprit que j'irais voir le film....;)..brrrr oui pour ton livre....;)

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    3. ceci dit il a été adapté en film, que je n'ai pas vu, sous le titre"les poupées du diable" en 1936 par Tod Browning.ouiLE Tod Browning de Dracula, Freaks, l'inconnu, l'oiseau noir etc...Ca n'a pas l'air d'être son meilleur.
      Il n'y a pas Lon Chnaey, mais Lionel Barrymore travesti en vieille sorcière. Je ne sais pas s'il est encore trouvable, mais rien que par curiosité,je le verrais volontiers

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  2. oh punaise...oui cela doit etre mythique didonc....surtout 36 a regarder tous les trucages...c'est souvent genial...;)

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  3. Brrrrr, tout ce qui est à base de poupées (même d'art), j'ai du mal :-) rien que la couverture... frisson :-)

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