vendredi 27 octobre 2017

Nosferatu (film 1922)

Soirée cinéma, je fais une doublette "dents longues"

Après Le Golem ( 1920), Häxan ( 1922),  Dracula (1931), Frankenstein (1931 aussi), le corbeau ( 1935), je continue l'exploration des débuts du cinéma fantastique, à cette époque d'une quinzaine d'années qui a vu l'émergence des films de monstres et du cinéma parlant quasiment en même temps.

Et donc il manquait encore Nosferatu ( sous titré "une symphonie de l'horreur") (1922) à ma collection de monstres vintages ( et la Momie qui est prévue à plus ou moins moyen terme)




Et le moins qu'on puisse dire, c'est que la vision des vampires a beaucoup changé depuis 1922.

1922: tueur solitaire chauve comme un oeuf, oreilles pointues et dents de rat




1994: chasseurs en meute, dandies décadents, mignonne petite fille à bouclettes et humour noir.


Pas forcément moins dangereux, mais on y a un peu perdu en trouille ce qu'on a gagné en charme.
Bon d'accord, on y est passé par étape: le mondain sinistre et charismatique (1931), le dandy fascinant et dominateur ( 1958), le chevalier maudit tantôt monstrueux, tantôt sentimental (1992).

Et depuis , les choses sont allées de vampire en pire ( vanne honteusement... pompée sur le croque-monstre show, j'avoue:D), jusqu'à avoir des supposés monstres peu flippants, qui ne mordent personne ou si peu.. et hahahaha, scintillent au soleil sans même utiliser d'écran total.
Je suis plus une goule qu'il ne seront jamais, on dirait.

Le charme, ok, pourquoi pas, après tout, appâter la victime est aussi une stratégie payante, mais quand même il manque de plus en plus le paramètre monstrueux, la faute à Francis. J'y reviendrai en deuxième partie de soirée.

Et donc , revenons à l'époque où un vampire était encore un monstre assoiffé de sang, avec une gueule de cauchemar.

Nosferatu est une libre adaptation du Dracula de Bram Stoker, une vingtaine  d'années après sa publication - pas la première adaptation , apparemment il y a eu un film hongrois en 1921. Libre adaptation, car ce petit facétieux de Friedrich Murnau n'avait pas eu les droits du roman, et donc a un peu triché: on transpose l'intrigueen allemagne, on change les noms et hop ni vu ni connu.
Jonathan Harker de vient Monsieur Hutter, Mina devient Ellen, Renfield devient Knock (oui, ça fait un peu Jules Romains), et le comte est renommé Orlock et sa version nocturne est nommée Nosfertu
Hop ni vu ni connu.

Ou presque. Mais vu le succès de film, je pense que les ayants droit de Stocker ont pu se mordre les doigts - tiens, prends un peu de pain, ça te fera un hot dog- de ne pas avoir négocié les droits.

L'intrigue est la même, un clerc de notaire nommé Thomas Hutter est envoyé au fin fond de la Roumanie, négocier la vente d'une demeure après d'un riche comte extravaguant à l'allure patibulaire. C'est un traquenard tendu par Monsieur Knock, employeur de Hutter qui semble versé dans la magie noire -au vu des lettres couvertes de symboles hermétiques qu'il lit) et passablement dérangé, qui envoie consciemment son employé au casse pipe.

j'aime bien le décor chez monsieur Orlock

Ellen a un mauvais pressentiment concernant son mari. Ne demandez pas vraiment à une femme dans un film des années 20 de faire beaucoup plus qu'être une épouse dévouée.
Et Le comte , voyant le portrait d'Ellen, qui a un joli cou, signe les contrats, enferme Hutter et part sur le champ emménager en face de chez Ellen, emmenant avec lui des caisses de terre et une foule de rats qui répandent la peste dans la ville. Les morts mystérieuses commencent à se multiplier.

Oui ça fait beaucoup de remue-ménage pour aller mordre une seule personne sous prétexte qu'elle a un joli cou, je trouve aussi.
Donc la trame par contre reste celle qu'on connait, sans plus de précisions sur les motifs de Nosferatu. Ce qui le rend encore plus flippant car dénué de mobile, comme si sa tronche ne suffisait pas.

l'acteur se nomme Max Schreck, ce qui est extrêmement drôle pour les germanistes, puisque Schreck signifie " terreur".Et il avait la tête de l'emploi même au naturel.
Accessoirement, Tim Burton lui rend hommage en nommant" Max Schreck" un personnage de méchant dans Batman.
Et dans le bal des vampires, le vampire se nomme "Von Krolock", je ne peux pas croire à un hasard!
Et à côté de ça, il y a Murnau, réalisateur majeur du courant expressionniste que j'adore, avec ses contrastes violents d'ombre et de lumière, ses cadrages audacieux et ses effets spéciaux, aujourd'hui assez drôles, mais novateurs pour 1922.

Probablement l'image la plus célèbre de l'histoire du film d'épouvante.

Bon sang(!), je viens de me rendre compte: quand ce film est sorti, ma grand- mère avait 5 ans.

Il y a eu un remake du film, tourné en 1979 par Werner Herzog, que j'ai vu il y a longtemps, mais dont je n'ai pas gardé grand souvenir. Plus moderne certes, mais un peu inutile ( si ce n'est que Herzog a fait appel à son acteur fétiche, Klaus Kinski, une autre gueule de l'emploi, qui a d'ailleurs le même maquillage que Schreck ).
et vous savez quoi, les monstres ne meurent jamais vraiment, je viens de voir un second remake en cours de production. Je le sens assez mal.

En tout cas, si on aime le cinéma muet, ou fantastique, ou les deux, celui-ci est un des grands classiques à voir au moins une fois.

3 commentaires:

  1. Je ne l'ai toujours pas vu, bien que l'envie ne m'en manque pas depuis Plusieurs années !
    Il y a quelques temps, j'avais vu la bande annonce d'un autre film, pas un remake mais un "film dans le film", qui racontait le tournage du Nosferatu par Murneau, avec,je crois, John Malkovtich en Shreck mais à ceci près que le trainer induisait que c'était un vrai vampire. Ça avait l'air d'être un détournement sympathique, mais je ne me souviens plus du titre (l'ombre du vampire ou quelque chose du genre ? Je vais aller googler ça ). Cela te dit quelque chose?

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    1. Le trailer * (ahh, blogguer depuis un telephone en mode T9, c est pas facile !)

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  2. je ne sais même pas ce qu'est un mode T9 ( véridique)
    Je ne connais que le T1000 :D

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