jeudi 31 décembre 2015

Challenge culture geek 2015, le bilan

Oui parce que j'ai un peu perdu le fil des billets, de ce que j'ai lié sur Facebook ou sur les blogs organisateurs...d'autant qu'avec 2 blogs, les sujets sont éparpillés..


Donc que s'est il passé?

- lectures
Avec des images
J'ai joué à des trucs..
J'ai salué la mémoire de ...
 J'ai regardé des films
et des séries ( oui plutôt d'animation pour moi)
 et j'ai fait encore plein de trucs: regardé des films et séries que je n'ai pas chroniqués, ou pas encore en tout cas, découvert les moocs...

Et aussi, j'ai suivi en direct l'exploration de Pluton, avec un plaisir presque aussi intense que la découverte de Neptune en 1989.Presque. Parce que ça reste un souvenir indépassable, j'avais 12 ans, vous comprenez,

Mais c'est vrai qu'entre le concours administratif ( que j'ai raté, je ne sais même pas comment, puisque j'ai réussi à faire des réponses complètes et argumentées à chaque question.. ma théorie c'est que j'ai donné des réponses TROP complètes, qui ont du laisser comprendre que j'étais TROP qualifiée pour ce concours, je ne vois que cette solution), les examens de musique au début de l'été, et le début des moocs cet automne, j'ai eu moins de temps pour la lecture.

Et en parallèle, j'ai finalement craqué et pris part à la souscription pour le roman illustré Darryl Ouvremonde.
 https://fr.ulule.com/darryl-ouvremonde/
D'une part parce qu'en voyant de quoi il s'agissait je l'aurais probablement acheté, et du coup, pour 39€ j'aurais la version illustrée, des marque pages, des illus en cadeau, une surcouverture,, des fonds d'écran...bref plein de petits cadeaux sympa en prime!

Ha, et participé  aussi à la création du site L'esprit sorcier, prolongement en ligne de feue C'est pas sorcier, l'émission TV de vulgarisation scientifique pour les jeunes ( mais intéressant aussi pour les moins jeunes)qui a cessé en 1014 après plus de 20 ans d'antenne.

Donc oui, j'ai geeké, sans forcément le dire ici.

Et comme je viens d'apprendre que le challenge Geek s'arrête après 3 ans de bons et loyaux services, les organisatrices n'ont plus trop le temps de le reconduire une 4° fois, c'est bien dommage. J'ai songé un instant à le reprendre , mais  l'année s'annonce trop incertaine à tous les niveaux pour moi, donc pas l'idéal pour gérer un challenge.

Ces 3 années ont été très cool et l'occasion de sympathiser ( en ligne ) avec des gens qui ont les même centre d'intérêt, donc de se sentir moins seule et moins bizarre.

Il y aura donc des billets d'inspiration geek ici,mais hors défi!

Parce que tout de même, je compte aller prochainement voir Star Wars, et ça fait juste3 ans que je loupe l'occasion de parler de la série mp3 "reflets d'acide"

Live long and prosper, amis geeks!

jeudi 24 décembre 2015

Odin face au Père Noël



Avant hier, nous fêtions le solstice en compagnie de Cthulhu et des Arkham Carolers de la société des amis de Lovecraft.

"Ho mais tu n'a pas fini de dire du mal de cette jolie fête de Noël, amour, joie, paix et tout ça?"

Non!
Non que j'en ai spécialement contre la paix, la joie, l'amitié et les petits oiseaux...

ni contre les plus gros d'ailleurs... et pourtant  un vautour c'est aussi utile dans la nature qu'un moineau

Ce n'est pas l'idée de la fête elle même qui m'ennuie, mais son détournement toujours plus mercantile qui nous a valu de recevoir les premiers catalogues de cadeaux et de voir apparaître les calendriers de l'avent, guirlandes et boules dès mi-octobre en magasin.
Je déteste les trucs gentillets, l'obligation de cadeaux noellesques sans intérêts, les repas de famille qui même à 5 finissaient toujours en dispute quand j'étais gamine, parce que dans le fond, cette espèce d'obligation festive mettait tout le monde à cran. Oui, les Noëls de mon enfance, c'était les parents qui s'engueulaient, le sapin décoré le 24 décembre à 21h30, le tartinage de toasts à 22h00, les sourires factices "parce que c'est Noël", alors qu'on venait de se traiter de tous les noms 5 minutes avant, les " mais non, on ne se dispute pas, on discute" qui n'ont jamais trompé personne.

Oui, je sais, c'est pas pareil dans toutes les familles, la mienne était gratinée,  mais chez moi je n'ai connu que cette ambiance électrique qui pouvait dégénérer en claquage de porte à chaque seconde à chaque fois qu'il fallait fêter quelque chose, ça m'a définitivement vaccinée contre la" trêve des confiseurs". Pareil pour le nouvel an, d'ailleurs. C'est devenu un peu plus supportable à partir de la fac, quand j'ai eu la possibilité de le faire entre potes, mais sinon, ça a toujours été une semaine très très pénible pour moi.

Et je ne reviendrais même pas sur l'année ultra-méga-maxi pourrie qu'on vient de se farcir à tous les niveaux, social, politique, et personnel, qui est loin de me donner envie de fêter quoi que ce soit lié de près ou de loin à une religion monothéiste.

En plus, je ne suis pas chrétienne, les monothéismes m'ennuient par leur manque de fantaisie, par leur potentiel destructeur - oui j'ai programmé ce billet il y a longtemps, j'ajoute ça sous le coup de la colère le 14 novembre - par contre j'adore la mythologie. En tout cas je n'ai jamais vu d'attentat fait au nom de Dionysos, par exemple.

L'ancien testament, à la base, je n'ai rien contre, récit plutôt classique de création d'un monde, péripéties, nombreux personnages plus ou moins sympathiques, souvent moins que plus,  action... mais le nouveau testament est centré autour d'un héros qui ne m'intéresse pas franchement.
Oui je dis personnage, péripéties, action, héros tout ça, exactement comme pour le reste de la littérature: ce sont des bouquins comme d'autres. Si certains calquent encore leur vie dessus 2000 ans et des bananes après leur écriture, c'est leur problème, pas le mien (enfin, tant qu'ils n'essayent pas de me forcer à ce que ça devienne mon problème. Oui je suis aigrie)
Aussi mythologiques que les autres.
C'est juste dommage que cette mythologie là ait pris le pas sur d'autres parce qu'à un moment, un empereur romain a choisi pour raison politique de se convertir à la nouvelle religion à la mode dans le coin
Ce qui me donne l'occasion de faire un billet décalé chaque année, histoire de rappeler que Noël est avant tout, ho comme c'est étrange, à 3 jours du solstice d'hiver, ça serait-y pas qu'on ait collé une fête chrétienne sur une fête païenne? On n'empêche pas les gens de faire la fête, on leur demande juste de la faire pour quelque chose d'autres et dans 3 siècles, ils auront même oublié l'origine de tout ça...

 Donc, après avoir rappelé l'an dernier Yule et Capac Raimi, fête donc du solstice d'ETE le 21 décembre en Amérique du sud, Je suis tombée sur une infographie assez marrante qui met en avant avec une mauvaise foi comme j'aime énormément, les rapports douteux qu'il y a entre Odin ( oui, un type vaguement connu, juste le chef des dieux du panthéon nordique) et saint Nicolas, individu également connu chez nous sous le pseudonyme de Noël Lepère. Bizarrement, les célébrations en l'honneur d'Odin avaient lieu vers le solstice d'hiver.

Haaa on savait faire la fête à l'époque chez les chefs Grossebaf et Øbsen. J'sais pas mais cette charmante tradition s'est perdue, peut être parce que la contenance des crânes standards se rapproche de plus en plus du verre à liqueur?

Donc je vous propose une petite comparaison entre Odin et Le bonhomme en rouge, que je vous traduis approximativement, vu que j'ai des lecteurs pas trop anglophones et que je n'ai pas trouvé de traduction de cette petite Bd, on n'est jamais si bien servi que par soi même:

La preuve irréfutable que le père Noël EST Odin:
Le père noël: connu pour effractions en série et un intérêt peu naturel pour les enfants
Odin: connu pour avoir rempli les mers de sang lors du meurtre de son arrière grand-père.
Vous le connaissez, vous l'aimez, vous vous êtes probablement assis sur ses genoux et vous lui avez laissé des biscuits. Mais le père noël,ce jovial gros bonhomme connu mondialement pour amener la joie et des cadeaux aux enfants sages cache un sombre secret. Il donnait un tout autre spectacle avant d'enfiler son costume rouge. Car il est en fait Odin, le roi déicide du panthéon Nordique. En voilà la preuve irréfutable:

Père: allez Timmy, va sur les genoux du père Noël
Timmy: Mais, il sent le l'hydromel et le soufre!
Note: les enfants suspectent instinctivement son passé caché..

Une petite introduction sur les anciens normands ( également amicalement appelés Vikings) du VIII° au XII° siècle. Les vikings se sont répandus en Europe et en Afrique comme une sorte de super-virus maniant la hache de guerre
Russie: Rus était un autre mot pour désigner les suédois, qui signifie " les gens qui rament". En ancien norrois, le mot viking désigne une expédition maritime, les Viking on gagné leur nom en répandant leurs culture et traditions dans toute l'Europe et au-delà.
Empire Byzantin: Les vikings ont servi comme gardes du corps pour l'empereur de Byzance
France: la Normandie signifie " la terre des hommes du nord"
Îles Britanniques: Les vikings ont fondé plusieurs grandes villes comme Dublin
Groenland: Erik le rouge a donné au Groenland son nom, Terre Verte, dans l'espoir d'y attirer d'autres colons
Les Vikings sont arrivés au nouveau monde 500 ans avant Christophe Colomb.

Odin: Les viking avaient une culture et un système de croyance riches. Le chef des dieux nordiques était Odin, dieu de la sagesse, de la magie, de la poésie et de la guerre ( en fait de nombreux dieux vikings étaient dieux de la guerre. Les vikings aimaient vraiment la guerre)
Dans le mythe de la création nordique, Odin  assassina le dieu originel Ymir, son arrière Grand-père. Du Corps d'Ymir, Odin créa le monde: les océans avec son sang, les montagnes avec ses os, le ciel avec son crâne. Odin passa la majeure partie de son temps à la recherche de la connaissance, une quête pour laquelle il a sacrifié un oeil et s'est pendu par le cou pendant 9 jours.
Odin était souvent représenté comme un vieux mage vagabond à la longue barbe blanche. Tolkien a utilisé cette image de vagabond en gris comme base pour Gandalf le gris.
Racines viking: La tradition nordique était transmise par les contes, la poésie et le chant. Donc quand le christianisme, tel la foudre, s'est abattu sur le territoire viking... ben, comme des vikings, il a été facile pour le nouveau système de croyance de supplanter la culture nordique. Mais les traditions nordiques sont toujours là, juste sous la surface.
Les noms des divinités  nordiques sont invoquées tous les jours* Wednesday: jour d'Odin, etc..
* (en anglais et en allemand: Thursday et Donnerstag: jeudi, jour du tonnerre, donc de Thor - Friday - Freitag: jour de Freya et Frey - 
truc marrant que j'ajoute: jeudi: jour de Jupiter, dieu de la foudre entre autres, vendredi, jour de Vénus, déesse de l'amour comme Freya)
Les vikings savaient vraiment faire la fête, un peu comme une bande de Martha Stewart barbues ( amis francophones, disons un peu comme Maité avec l'accent normand, une barbe et des tresses :D)

Beaucoup de gens fêtent encore l'équinoxe de printemps à la manière nordique, en rendant hommage à Ostara ( Ostern-Easter) avec des lapins et des oeufs peints. On célèbre l'équinoxe d'automne en s'habillant en revenants et en creusant des citrouilles, et on célèbre le solstice d'hiver à peu près comme les vikings fêtaient Yule, en chantant et en décorant les maisons avec des sapins. Bien sur les célébrations de Yule incluaient celles d'Odin. Le rôle d'Odin à Yule était à peu près celui de notre cher père noël, regardons de plus près les ressemblances.
La connexion entre Odin et le père noël: Les deux sont de sacrément vieux mages germaniques capables de se transformer, et doté d'une barbe impressionnante. Avant que coca-cola ne le réinvente dans les années 30, Le père noël était un grand type à l'allure de mage, ressemblant beaucoup à Odin le vagabond gris.
 Même planque: Le père noël et Odin partagent virtuellement la même planque. Le père Noël vit dans dans une cachette secrète près du pôle nord. Odin vient des terres désertiques gelées du nord de l'Europe. Ces deux endroits semblent bien éloignés sur la carte, mais pour la majorité des gens, c'est juste cet endroit glacial là haut dans le Nord, où personne de sensé n'irait jamais vivre.
Monde: là où les gens sensés vivent
Pole:  Trop froid pour n'importe qui à part les vikings, les ours polaires et le père Noël.

Même équipe: Le père Noël est le maître une armée d'elfes-esclaves. Odin, avant de refiler le titre à Freyr, était le maître d'Alfheim, le pays des elfes.
Bien sûr, les elfes d'Odin étaient un peu plus dur-à-cuire que ceux du père Noël
- je t'ai fait un ours! - aaaah, moi aussi je t'en ai fait un!
(à part ça j'aime beaucoup l' idée de Legolas à moitié à poil au pôle nord qui trimballe une tête d'ours, il fait beaucoup moins chochotte d'un coup, Légo.)

Même monture: Odin monte un cheval à 8 jambes nommé Sleipnir. Le père Noël conduit un traîneau tiré par 8 petit rennes. Mais l'utilisation de rennes était une licence artistique prise par Clement C Moore dans " c'était la nuit avant Noël".Aauparavant, le mode de transport favori du père Noël était aussi un cheval.
Note: les rumeurs selon lesquelles le nez rouge de Rudolph serait inspiré de l'habitude de Sleipnir de dévorer les entrailles des ennemis d'Odin ne sont pas étayées.
Même mode opératoire: nous sommes tous familiers de la tradition qui veut que le père Noël vole autour du monde le 25 décembre, du fait de lui laisser des biscuits et du remplissage de chaussettes.
Mais les enfants nordiques attendaient aussi Yule avec impatience, car ça signifiait le passage d'Odin. La fin de décembre correspondait à la fin des grandes chasses, lorsqu'Odin allait traverser les villages. Le enfants laissaient des bottes remplies de foin pour sleipnir, près du foyer . En échange Odin remplissait les bottes de jouets et friandises.
Daube pas chère made in China ou jouets viking cools?
Les enfants ne laissant pas de biscuits pour Odin, certains ont supposé qu'il se nourrissait exclusivement de la peur et de petits chiens. ( miamiamiam, amenez plus de chiots à Odin!)

Conclusion: Le père Noël est arrivé dans les terres colonisées par les vikings au moment où le paganisme était remplacé par le christianisme. Rendre hommage à Odin a été interdit, mais Saint Nicolas était là, pile pour prendre la place. Même mode opératoire, même monture, même équipe, même planque.
Le père Noël est Odin.
Arrêtez de penser à Tim Allen déguisé en gros bonhomme. Imaginez plutôt  Anthony Hopkins avec une hache de bataille.
CQFD!

Images d'origine trouvées ici ,

Conclusion numéro2?

Jésus a promis la fin des gens méchants, Odin a promis la fin des géants des glaces. Je ne vois pas beaucoup de géants des glaces dans le coin.

Parce que c'est bon d'être de mauvaise foi!

Allez les amis, la musique qui va bien pour accompagner tout ça, avec Robert Plant et sa tignasse digne d'un viking..

mardi 22 décembre 2015

have yourself a very scary little solstice!!

Non, je n'en ai pas fini avec le passage à la moulinette des chansons un peu niaises de Noël Yule. Revenons aux fondamentaux! A la fête du solstice.  Et si on allait voir ce qui se passe du côté de Lovecraft?

L'an dernier je vous avais fait découvrir " fuck christmas " par le grand, l'unique, Eric Idle. Il y a deux ans, c'était une compilation de version plus ou moins païennes de God rest Ye Merry Gentlemen version Hard Rock de Dio, celle aux sonorités celtiques d'Annie Lennox, ou la version World de Loreena McKennit ( pour celui là, j'en reste à ce que je disais, j'adore la mélodie qui n'a pas besoin de beaucoup d'aide pour sonner païenne)

Mais cette année j'ai envie de faire encore plus décalé. J'ai deux bons potes qui ont présenté pendant quelques années " Clair Obscur" une émission radio dédiée aux musiques sombres (coucou Stefff, coucou Nath) et grâce à qui j'ai fait quelques superbes découvertes, le psychobilly en particulier, ou ce disque parodique, sorti en 2003, sorte de gros délire des membres de la H.P Lovecraft society qui détournent les carols traditionnels en en faisant des cantiques et chansonnettes à la gloire des grands anciens, Cthulhu, Dagon et consorts!

Curieux de savoir ce que ça donne?

Carol of the old ones (Carol of the bells)

Awake Ye Scary Great Old Ones ( god rest ye merry gentlemen)

Mi-Go we have heard on high (les anges dans nos campagnes)

I'm dreaming of a dead city ( white christmas)
Dance the cultists

Little rare Book Room ( désolée je ne retrouve plus le titre original du morceau parodié)

 Tentacles! ( là non plus, je ne sais plus, mais c'est plutôt marrant!)

If I were a deep one ( Ha si j'étais riche!)

Cthulhu lives! (Jingle bells)

Oh Cthulhu ( alleluia de Haendel)

Ce n'est qu'un petit extrait, ceux que je préfère, il y a un total de 25 détournements en fait.
Et un second album que je garderai pour l'an prochain: An Even scarier christmas


 Et je laisse évidemment le mot de la fin à qui de droit:

samedi 19 décembre 2015

Les Aventures de Sherlock Holmes (1) - A. Conan Doyle

Qui dit Policier + Ecosse dit forcément... Arthur Conan Doyle et Sherlock Holmes, isn't it?

et justement voilà des nouvelles qui attendaient d'être chroniquées depuis le mois anglais.. 2014. Les premières du recueil "Les aventures de Sherlock Holmes" en fait . Et je vais me faire le plaisir de scinder en plusieurs sujets, sinon c'est toujours compliqué pour moi de parler d'un recueil de nouvelles. toutes les nouvelles ont paru dans le strand magazine , un mensuel et sont compilé par ordre de parution, mais son postérieures aux deux romans Une étude en rouge et Le signe des quatre. C'est important à signaler, car les nouvelles font référence aux romans assez fréquemment, et commencent sans préambule, supposant que le lecteur connait déjà les personnages principaux: Holmes, Watson et Lestrade. Je ne ferai pas l'affront de préciser non plus leur identité en 2015, car à part de vivre au fond d'une grotte sur une autre planète, je pense que la plupart des gens doivent au moins en avoir vu une adaptation filmée



Un scandale en Bohème: Première enquête de ce recueil... Et premier échec de Sherlock Holmes! Ca démarre fort pour le super limier. Watson va donc nous narrer comment Sherlock Holmes a été mis en échec de manière très astucieuse par une aventurière du nom d'Irene Adler. Il s'avère que le futur roi de Bohème fait appel de manière discrète à Holmes pour régler un épineux problème. Le roi a eu une aventure avec la dénommée Irene Adler, ancienne actrice et chanteuse qui a réorienté sa carrière du chant vers... le chantage, bien plus passionnant, et potentiellement lucratif.
Une photo d'eux deux posant ensemble a été prise: de quoi faire un joli petit scandale si la photo venait à être rendue publique. Or justement Irène menace de faire connaître cette liaison à la future belle-famille , très à cheval sur les principes moraux, du roi. Celui-ci a tenté, sans succès de racheter, ou de faire voler la photo à son ancienne maîtresse mais impossible de mettre la main dessus. A Holmes donc d'essayer de récupérer le cliché compromettant, dans la plus grande discrétion, car faire intervenir la police serait risquer des fuites... Mais il se trouve qu'Irène est bien plus maline qu'Holmes n'aurait pu penser.. il ne faut jamais sous-estimer son adversaire!

La ligue des rouquins, Sherlock Holmes reçoit la visite d'un prêteur sur gages qui se retrouve dans une situation à la fois étrange et comique: ayant répondu à une petite annonce de la "ligue des rouquins" organisme de .. bienfaisance, si l'ont peut dire, créé par un millionnaire roux dans le but de procurer des emplois de tout repos à tous les roux de Londres, l'homme à la chevelure écarlate lui aussi s'est donc trouvé engagé tous les matins pendant 4 heures pour un très bon salaire à la tâche de copier l'encyclopédie britannique. Mais la ligue a été déclarée dissoute du jour au lendemain, et le type, qui ne voit que le salaire qu'il ne percevra pas cette semaine vient chercher un éclaircissement à ce mystère. Mais évidemment Sherlock Holmes comprend qu'il y a anguille sous roche: on ne s'y serait pas mieux pris pour éloigner quelqu'un de chez lui tous les matins, cette anecdote cache autre chose, un mystère à résoudre qui l'inspire bien plus.

Une affaire d'identité: Après un roi et un marchand, c'est une secrétaire qui fait cette fois appel au détective, qui n'acepte pas seulement les clients fortunés, mais plutôt ceux dont l'affaire est digne d'intérêt, fut-ce seulement pour l'occuper une journée. Cette dame a vu son fiancé s'évaporer dans la nature, le jour même du mariage, entre le domicile et l'église et les avis de recherche n'ont rien donné.
Celui-là est plutôt drôle, car le lecteur avisé de roman policier trouve de lui même facilement la solution - absurde - dans les explications de la dame. Divertissant, entre deux enquêtes plus complexes.

Le mystère de la vallée de Boscombe: Dans un petit coin tranquille d'Angleterre, un homme plutôt taciturne et ronchon, qui a fait fortune en Australie, est retrouvé mort. Les soupçons se portent sur le fils du défunt , que des voisins ont vu suivre son père, et se disputer avec lui. Tout semble concorde: le fils a tué son père après la dispute.. sauf qu'il clame son innocence. Holmes va tenter de faire la lumière dans cette histoire, plus compliquée qu'il n'y parait et qui pourrait bien trouver son origine dans le passé mystérieux du mort en Australie.

Cinq pépins d'orange: Cette fois, le client qui sollicite l'aide du détective est vraiment pris dans une situation grave: son oncle, puis son père, sont morts dans des circonstances douteuses après avoir reçu une enveloppe contenant 5 pépins d'orange. Or lui même vient de recevoir la même menace, car il n'en doute pas, il ne s'agit pas d'un plaisantin. L'expéditeur de la lettre, seulement identifié par les lettres K.K.K. semble vraiment dangereux.
Oui, il s'agit bien en effet du KKK, les sinistres initiales bien connues maintenant mais qui ne devaient pas forcément évoquer d'emblée grand chose au lecteur britannique de 1891: l'oncle, ancien planteur en Floride, n'a rien trouvé de mieux que de fuir en Angleterre au moment de l'abolition de l'esclavage, en emportant des documents secrets appartenant au Ku Klux Klan, dont il a d'ailleurs été membre actif, document qui compromettent pas mal de notables

L'avantage c'est que toutes les nouvelles du recueil sont disponibles indépendamment en édition numérique, je peux donc les lire une à une et par ordre de date de parution (oui, j'ai parfois des lubies étranges). J'ai bien aimé la dernière pour son contexte historique et politique, et la vallée de Boscombe, : le coupable était assez facile à deviner, mais son mobile beaucoup moins.

Ah, oui, je l'avais déjà dit, mais dans la foule des versions ciné et TV qui existent, rien à faire, quand je lis les nouvelles, c'est toujours Jeremy Brett qui s'impose à moi. Il avait vraiment la tête de l'emploi dans la série TV des années 80/90.

ou encore sous l'apparence d'un renard en costume. Oui, j'ai découvert Sherlock Holmes à la base avec le dessin animé des années 80. Au passage, je souligne qu'à l'époque, je me fichais de l'origine des dessins animés, ce n'est que plus tard que j'ai découvert que c'était une idée de Hayao Miyazaki, rien de moins!
Nota: j'avais aussi oublié que dans les années 80 un dessin animé pour enfants ne tombait pas sous le coup de la censure à faire clairement figurer des armes dans le décor ou à faire fumer le héros. Après, détail marrant: les objets, jusqu'aux feuilles de papier accrochée au mur,  ont une ombre.. mais pas les personnages :D
Et non, je n'accroche pas du tout aux versions modernisées, encore moins à celle américaine qui faisait de John Watson.. Joan Watson. Vous la sentez venir, la vague histoire d'amour en faisant de Watson une femme? Je ne sais pas si ça a été le cas, parce que je n'ai pas tenu plus d'un épisode, mais je ne vois pas d'autre raison de changer le genre de Watson, si ce n'est pour éviter les remarques sur " deux types qui habitent ensemble, c'est louche".
Bon sang, Holmes est un psychorigide qui ne s'intéresse à personne d'un point de vue sentimental, ni femme, ni homme, c'est clairement expliqué justement dans Un Scandale en Bohème dès les premières lignes. C'est justement un des traits majeurs du personnage d'être détaché du reste du monde. Watson n'a d'intérêt pour lui que dans la mesure où il peut lui apporter une aide matérielle dans la résolution des mystères tout en restant d'une discrétion absolue.
Les seuls moments où il s'enthousiasme vraiment pour quelque chose, c'est lorsqu'il est sur le terrain à rechercher les indices, donnant à Watson l'occasion d'une comparaison humoristique de son distingué colocataire avec un chien de chasse .
Car oui on oublie souvent de le mentionner, même dans ce qui est le prototype et l'ancêtre du roman policier, l'humour britannique n'est pas très loin. Discret, mais présent.

Sherlock lui même est doté assez souvent d'un humour cynique et vache ( même vis-à-vis de son modèle littéraire :) )
 
"Vous me rappelez le Dupin d'Edgar Allan Poe. Je n'imaginais pas que de telles personnalités puissent exister en dehors des récits.
Sherlock Holmes se leva et alluma sa pipe.
– Vous pensez certainement me faire un compliment en me comparant à Dupin, observa-t-il. De mon point de vue, c'est un collègue tout à fait inférieur. Cette façon de s'immiscer dans les réflexions de ses amis avec une remarque tout à fait à propos, après un quart d'heure de silence, est vraiment très artificielle et tape-à-l'œil. Il possède sans aucun doute un certain génie analytique. Mais ce n'était en aucun cas un phénomène tel que Poe semble l'imaginer." Une étude en rouge.

Et puis que c'est décembre et qu'on y est presque, un bon réveillon à tous...
Whouhou, c'est la fête, nous avons là un Sherlock Holmes au comble de ses compétences festives!
parce que Arthur Conan Doyle est né à Edinburgh
Mais aussi année anglaise, quand même, tout se passe à Londres!

vendredi 18 décembre 2015

La Mort emprisonnée - François Faucon

Encore un livre qu'on m'avait prêté il y a longtemps et que j'ai enfin pris le temps de lire.
l'illustration vient de la danse Macabre de Bernt Notke

Nous sommes au Moyen-Âge dans le Languedoc. Un soldat revient de croisade, un simple fantassin. Il rêvait de se couvrir de gloire, le voilà qui revient désabusé. Il a failli mourir au combat, a survécu contrairement à pas mal de ses compagnons, ne croit plus vraiment au bien fondé des croisades, mais rêve encore malgré tout de fortune et d'aventure.
Les deux vont lui tomber dessus le long d'un chemin, ou trois vagabonds qui se ressemblent étrangement vont lui offrir divers objets magiques en échange d'un peu de nourriture: un tambour dont le seul son fait danser les gens, que l'ont sache en jouer ou pas, des dés enchantés qui en perdent jamais au jeu, et un sac magique: il suffit d'ordonner à n'importe quelle créature d'y entrer pour qu'elle s'execue. Le tambour va lui procurer très vite l'argent qui lui manque, le sac lui permettra une chasse miraculeuse à tout les coups: de l'argent et de la nourriture à foison.
Et les dés.. hé bien passant près du village de Bizanet, il apprendra que le château est occupé par trois démons impossibles à déloger: il faudrait pour celà les battre aux dés, ce qui est impossible, car les démons trichent.
Evidemment des démons ne font pas le poids face à des dès enchantés, et voilà le soldat devenu riche, célèbre , et protégé du du châtelain du coin. Tout semble enfin lui sourire, et la fortune sera de son côté pendant des années.. jusqu'au jour funeste où il décide d'utiliser son sac magique pour faire le bien de l'humanité en y enfermant la Mort. La Faucheuse.
Mauvais choix. car la mort est essentielle, c'est elle qui donne du prix à la vie et permet à la Terre de ne pas être surpeuplée. Or si plus rien ne meurt: les animaux vont pulluler et ravager les cultures, c'est la famine qui va toucher une population qui ne peut que souffrir de la faim sans jamais en mourir, les malades ne mourront plus.. mais continueront à être malades et à s'affaiblir. C'est ce que La Mort tente en vain d'expliquer à ce benêt qui veut le bien d'une humanité qui ne lui a rien demandé. Rien à faire, la Mort se retrouve enfermée dans le sac magique.
La nouvelle se répand jusqu'à Rome, où le Pape se rend vite compte qu'au delà des problèmes techniques dus à la fin de la mort, c'est aussi tout le fond de commerce de l'Eglise qui est menacé: si la population n'a plus peur de la mort, elle n'a plus besoin de l'Eglise, du Paradis, de l'enfer, de la religion en général et du Pape en particulier. Pour sauver son business, le Pape envoie donc l'Inquisition aux trousses de celui qui a "volé" la mort, tandis que la population de Bizanet et du reste du monde commence à ressentir les effets prédits.

Quelle bonne surprise de ce conte qui met en scène d'une part les terriens, un en particulier, qui aurait mieux fait de s'interroger sur la provenance des objets magiques qui lui assurent une vie facile, trop facile, et d'autre part, les démons, Satan qui se dispute avec son ennemi de toujours, des enfers qui ressemblent fortement à une réunion de bureaucrates, et nous entraîne dans un périple qui mène de Bizanet à l'abbaye de Fontfroide, puis jusqu'en Grèce à l'entrée des enfers ( tels que décrits dans l'Eneide).
Ma lecture m'a beaucoup fait penser au Diable de Jean-Jacques Feuchère, il correspond bien à l'idée que je me fais du Satan du livre. qui a fort probablement inspiré les diables de Liège dont je parlais dans un précédent sujet

En se permettant de petits clin d'oeil à Monstres et Merveilles ( série de Jim Henson qui a bercé ma fin d'enfance et celle de l'auteur, nous sommes de la même génération à 5 ans près, l'un des épisodes était d'ailleurs déjà titré "la Mort emprisonnée"), le choc des Titans, les mythes grecs et romains, les danses macabres médiévales.
la danse macabre de Tallin en entier

C'est une remise en avant d'une légende assez connue faisant intervenir un soldat et le diable venu le tenter ( la version la plus célèbre étant celle de Ramuz, adaptée musicalement par Stravinsky), qui existe dans à peu près toute l'Europe sous une forme ou une autre, mais avec toujours l'intervention de divers objets magiques. La conclusion cependant est plus philosophique que morale , et ça me fait immensément plaisir.

Par contre pour ceux qui seraient intéressés, il va être difficile à trouver: la maison d'édition du Pierregord, spécialisée dans les nouveaux auteurs, a disparu depuis 2 ans. Il ne reste que quelques exemplaires trouvables dans  de rares boutiques en ligne, ou revendus par des particuliers, dommage car j'aurais bien voulu l'offrir à plusieurs personnes.

En tout cas, ça m'a vraiment donné envie de revoir Monstres et Merveilles ( the Storyteller )
Pour le plaisir, le générique est ici
N°38: quelque chose en rapport avec la Toussaint, Halloween: une danse macabre

vendredi 11 décembre 2015

Moll Flanders - Daniel Defoe

Juste un sujet prévu pour juin dernier, mais au point où j'en suis, ce n'est que 6 mois de retard..

En fait j'abrège, puisque le titre entier est " les heurs et malheurs de la fameuse Moll Flanders".

Moll Flanders ( ce n'est pas son vrai nom, mais celui sous lequel elle est devenue célèbre tardivement) a mal débuté dans la vie:  née à Newgate ( prison de Londres) au XVII° siècle d'une mère voleuse, ça commençait sous de mauvais auspices. Abandonnée à la charité publique, c'est une petite fille, puis une femme combattive qui apprend vite à se débrouiller seule en comptant sur elle même.
Elle aurait même facilement pu s'en sortir et vivre correctement dès l'adolescence en travaillant comme couturière, seulement voilà, en rencontrant les femmes riches qui viennent lui donner du travail, elle développe un goût du luxe et ne veut pas seulement vivre correctement, mais "être une dame de qualité", pensant d'abord que ça veut dire une femme indépendante qui travaille à son compte, elle ne change pas d'avis en comprenant son erreur et espère monter dans l'échelle sociale. Sa seule obsession sera alors de se faire épouser par un homme riche. Elle y parvient, et le mari meurt vite, lui laissant un héritage colossal... qui sera vite dilapidé par son second mari, joueur qui part un jour pour fuir ses créanciers, lui laissant comme consigne de le considérer comme mort car il ne compte de toute façon pas revenir.

Celle qui se fait dès lors appeler Mme veuve Flanders, se trouve alors un 3° mari, planteur en Virginie, qui s'avère, par un hasard facétieux, être son demi frère. Retour en Angleterre pour la pseudo-veuve bigame, qui continu la chasse au mari, lâche la proie ( un banquier moyennement riche) pour l'ombre ( un homme ruiné qui se fait passer pour fortuné, dans l'espoir de dégotter une femme riche.. l'un abusant l'autre).
5 mariages successifs, quelques amants de passages et une fortune qui diminue d'année en année, puis la rencontre avec des gens douteux.. et il n'en faut pas plus pour  que la "veuve" se lance dans la même carrière que feue sa mère. "Travail" dans lequel sa débrouillardise et sa prudence la font exceller. Dès lors, celle que l'on surnomme "Moll Flanders" devient une voleuse suffisamment rouée pour se tirer à plusieurs fois de mauvais pas...
trouvé sur le très drôle 3 panel book review: présentation de lectures en Strips de3 cases

Que voilà un roman  jouissif et amoral, il a d'ailleurs été censuré pendant longtemps aux USA pour cette raison ( je ne sais pas si c'est encore le cas, mais ça ne m'étonnerait pas): l'héroïne est polygame, voleuse et d'une moralité plutôt élastique ( il n'y a que le mariage avec son demi-frère qui au final lui pose un réel problème de conscience). Elle met très vite ses scrupules dans sa poche, abandonne sans ciller la flopée d'enfants qu'elle a eu de ses cinq maris au cours des années et qui l'encombreraient plus qu'autre chose, surtout dans sa quête du riche pigeon qu'elle ne désespère jamais de dénicher.
Elle trompe, elle vole , elle ment.. au départ pour être plus riche, ensuite pour seulement survivre, plus tard encore pour échapper à la prison et à la peine capitale. Une héroïne amorale, mais dont l'énergie et la roublardise font malgré tout un personnage intéressant et pas unidimensionnel, elle ne s'abaisse jamais à voler les plus pauvres qu'elles, seulement les riches ( mais à son propre profit, contrairement à Robin des bois).
Car même si le traitement est humoristique il met en avant la réalité du XVII° siècle: une femme n'existe socialement que par son mariage: pas de mari (si possible riche) ou de "protecteur" = pas de vie sociale = obligation de se débrouiller par soi même. Ce qui laisse peu de possibilités: travailler pour un salaire de misère, en se débarrassant d'un maximum de bouches à nourrir, donc on abandonne sans trop de regret les enfants dont on ne voulait de toute façon pas vraiment, voler ou se prostituer. Ça reste discret, mais cette dénonciation indirecte de la condition féminine est assez inattendue.

Et le roman se permet même le luxe de ne pas finir de manière morale, je ne vous en dirait pas plus, mais l'auteur a du avoir une sympathie aussi pour son personnage et refuser de la punir de ses mauvaises actions, dictées au départ par la vanité, mais bien vite, par les circonstances extérieures, il faut dire que Moll va de déconvenue en déconvenue...je pense que c'est aussi, et surtout ça qui a du choquer.
How Shocking! Pas de mea culpa, pas de rédemption religieuse.. J'avoue que je craignais ça, une fin moraliste, il n'en est rien pour mon plus grand plaisir.

Je n'ai pas lu Robinson Crusoe, pourtant le roman le plus célèbre de Defoe, apparemment il serait moins réussi, de ce que j'ai pu lire comme critique. Ou en tout cas, il a moins de chance de me plaire. En tout cas, il doit certainement s'y passer moins de choses ( un type tout seul sur une île, vs une femme qui passe son temps à bouger d'une ville à l'autre d'un pays à l'autre..).
Donc je conseille à ceux que Robinson à ennuyé de tenter celui-là, il s'y passe énormément de choses.
Et vous pouvez même tenter le coup avec l'édition numérique libre de droit, je commence à devenir bien fan de ce site.. surtout pour mon manque de place chronique, j'ai commencé à remplacer pas mal de mes classiques par leur édition numérique

La vie de l'auteur aussi, mérite le détour: agitateur politique, pamphlétaire dont les écrits l'ont conduit en prison, agent secret...
N°23: une jambe ou un pied

Hunger Games - Suzanne Collins

aujourd'hui, je vais vous parler d' un roman où des jeunes doivent s'affronter jusqu'à ce qu'il ne reste qu'un survivant dans une zone strictement délimitée, dans une espèce de jeu de massacre super codifié pour le plaisir d'un gouvernement autocratique centralisé.
Qui a dit " Battle royale"?

Bingo, vous avez gagné, ici c'est comme qui dirait Battle Royale mélangé au Prix du danger, avec des références très appuyées à l'antiquité romaine. Trop appuyées d'ailleurs: les gens qui s'appellent Cinna, César, Portia, Flavius.. au cas où on n'aurait pas compris avant, avec Panem, le Capitole, l'arène et le côté combat de gladiateurs..
(et miiirde je viens de voir APRES avoir écrit ça que justement la ressemblance avec Battle Royale et le Prix du danger avait été la principale critique faite à Hunger Games... ça m'apprendra à avoir lu et vu pas mal d'autres choses).

Dans le pays de Panem ( oui, moi aussi j'ai mentalement ajouté " et circense"), construit sur le territoire de l'ancienne Amérique du Nord, le gouvernement absolu est tenu par "le Capitole", régime absolu qui maintient dans la servitude les districts qui l'entourent: du 1 ( district du luxe) au 12 ( mines de charbon), du plus favorisé à la zone.

Une tentative de révolte a bien eu lieu autrefois de la part d'un 13° district dont il ne reste plus que des ruines, et pour "commémorer" ça, chaque année, des tributs:  2 jeunes âgés de 12 à 18 ans, une fille et un garçon, sont choisis au hasard dans chaque district pour participer aux Hunger Games.
Et la participation au tirage au sort est obligatoire, bien que personne ne veuille y prendre part car il s'agit d'un jeu de massacre. tous ces "heureux élus" vont devoir s'entretuer jusqu'à ce qu'il n'en reste qu'un pour le plaisir de la caste dirigeante  qui raffole de ce jeu télévisé violent et racoleur. Le gagnant sera nourri et logé et vivra dans le luxe à vie. Mais pour ça, il faut encore le reste, en vie.

Et donc on va suivre dans cette sale aventure Katniss, la représentante volontaire du district 12 ( la candidate originellement tirée au sort était sa petite soeur de 12 ans, dotée d'une chance de survie quasiment négative dans l'arène, Katniss qui chasse à l'arc pour nourrir sa famille depuis des années, n'a pas hésiter à prendre sa place, comme le protocole l'y autorise) qui va devoir trucider d'autres humains pour survivre. Avec son expérience à l'arc, elle a peut être la possibilité d'arriver jusqu'à la fin, et pourquoi pas de gagner. Tout les coups sont permis dans le jeu de la faim, y compris voler ou détruire les provisions des adversaires pour les laisser crever de faim. Seul le cannibalisme est plus ou moins mal vu.

Pour être tout à fait honnête, voilà bien un titre que je n'aurais pas lu sans le challenge Dystopie. J'avais vu l'adaptation ciné qui ne m'avait vraiment pas convaincue. certes , vue dans des conditions pas terribles: sur un mini écran lors d'un voyage en avion, parce que le reste me branchait encore moins.

Mais mauvaises conditions où pas, j'avais surtout trouvé que la chose était vraiment bâclée niveau scénario. Avec des trous qui confinent à l'invraisemblance: Attendez, on est dans un pays dirigé par un état central qui maintient le reste de la population en état de servitude, prélève tous les an 24 jeunes pour les envoyer s'entretuer dans un jeu TV à grand spectacle, et personne ne se révolte? Je veux bien que ça soit des pécores de la cambrousse, mais ils ont entre les mains les moyens de production et s'ils savent additionner 2 et 2, ils auraient quand même compris qu'avec une grève nationale, plus une matière première qui n'arrive chez les riches, le régime s'écroule en moins de 3 jours? a croire qu'avec leurs conneries ils cherchent le putsch!

Ben il y a des raisons, qui  expliquées dans le livre, mais que le film n'évoquait absolument pas : le coeur de l'état est construit au milieu des montagnes, donc accessible seulement par train ou par voie aérienne, et le capitole possède des armes aériennes avec lesquelles il a déjà laminé par le passé les tentatives de révolte des ouvriers qui vivent à peu près au XIX° siècle.. et oui, bon, on peut difficilement dégommer un avion super perfectionné avec le matos de Robin des bois. De plus les habitants parqués dans les districts sont isolés dans leur district, et n'ont aucun contact avec ceux d'à côté, donc sans moyen de communication, difficile de lancer une grève concertée.
Ouf, ça va mieux. c'est toujours un principe fumeux, mais au moins il n'y a pas de trou trop visible dans l'histoire.
Pareil pour le coup des mines sorties de nulle part dans le film: attendez, ils sont censés se battre à l'arme blanche, sauf que maintenant les méchants on miné le terrain? mais où, quand comment? avec quoi?
Là aussi, le coup des mines est expliqué, et pas sorti de nulle part.
Dès le début d'ailleurs, j'avais du mal à croire que dans une famille ultra pauvre au point de manger limite jusqu'aux queues des rats du grenier et de vendre tout ce qui est monnayable pour acheter à manger, la soeur de l'héroïne aurait gardé un bijou en or qui leur aurait assuré de quoi manger pendant un bon mois. Version lire: c'est un cadeau tardif de la seule amie un peu riche de Kat.
Re-ouf.

Après il reste le côté " si ça fait 75 ans que ça dure et que la révolte est impossible, pourquoi ne pas entraîner systématiquement tous les jeunes au minimum aux techniques de survie en milieu hostile dès l'école primaire..." que personne ne semble avoir intégré depuis 3/4 de siècles.
D'accord le maniement des armes c'est peut être difficile à mettre en place discrètement, mais au moins les bases des éclaireurs: faire du feu avec des cailloux, tresser de la corde, reconnaître les plantes comestibles...
Ben non, même pas. Les districts aisés le font, les districts ouvriers, préfèrent que les enfants savent tout sur les différentes sortes de charbons...

Donc au final, c'est plutôt une bonne surprise, le livre est comme souvent bien meilleur que son adaptation, Katniss est une héroïne plus proche de Lara Croft, tresse incluse, que de la Princesse Peach qui attend d'être sauvée, au contraire, c'est elle qui aide son camarade plutôt passif dont le talent est de savoir se cacher. Le retournement du cliché habituel " Tarzan sauver Jane" est assez sympa.

Après j'émets des réserves sur l'écriture à la première personne, courant dans la littérature jeunesse apparemment. Ok, c'est supposé permettre un maximum d'identification des jeunes lecteurs aux jeunes héros, mais en même temps, ça limite beaucoup en termes d'immersion, et dans un jeu de massacre, c'est contre productif: on sait très bien qui va survivre dans ce cas là. a part d'avoir un héros ou une héroïne fantôme qui raconte l'histoire. Mais là, sachant qu'il y a encore 2 tomes à suivre, la seule inconnue pèse sur tous les autres. Enfin, sur "comment vont-il mourir"?
Mais voilà, il arrive des tuiles à Kat, qui s'en sort pas mal amochée ( mais remise à neuf pour passer à la télé, faut pas une gagnante trop endommagée quand même), ce qui relance quand même un peu l'intérêt. De ce point de vue là, je l'ai quand même trouvé nettement plus réussi que l'autre "dystopie jeunesse" que j'avais lue. Starters avait un défaut qui sautait aux yeux: l'implication évidente que la location de corps laissait deviner pouvait apparaître au lecteur dès le chapitre 1 ou 2  elle n'était pourtant évoquée qu'à la tout fin. Ca qui m'avait largement frustrée puisque je l'avais devinée dans les premières pages.

Plutôt pas mal au final, pas trop mal écrit, ça se lit vite ( et comme je l'ai trouvé en version e-book sur la boutique livres de ma tablette, il n'encombrera pas mes étagères). Le cadre politique rend la chose moins vide que d'autres dystopies jeunesse. Mais ça risque de paraître un peu léger au lecteur aguerri de SF. A prendre comme un lecture récréative donc. Et dans ce cas là, je lirais peut-être à l'occasion le tome 2 si j'ai un moment de libre.


samedi 5 décembre 2015

Yvain ou le chevalier au lion - Chrétien de Troyes

Continuons dans les légendes arthuriennes, j'avais déjà commenté ici " Perceval", il y a un certain temps, c'est Yvain qui a cette fois-ci croisé mon chemin.

Au sens propre du terme, car le livre m'est arrivé entre les mains par hasard ( il faisait partie d'un lot qui était dans un carton  d'un local associatif, abandonné là, avec quelques autres... et dans ma famille, on adopte toujours les livres abandonnés! Quitte à leur faire poursuivre leur voyage par la suite.). Et ce n'est certainement pas la version que j'aurais choisie personnellement, il s'agit d'une édition abrégée à destination des publics scolaires, avec d'une part des extraits de l'oeuvre seulement, et d'autre part un dossier pédagogique avec illustrations.

moui, dire que quand j'étais au collège et au lycée j'évitais ces éditions

Même remarques qu'avec Perceval.
1- Je ne peux absolument pas lire ces aventures épiques sérieusement, et c'est entièrement la faute à la famille Astier.
2- C'est quand même marrant de voir dans quelle mesure Kaamelott s'en éloigne.. ou ne fait qu'extrapoler des traits de caractères déjà présents chez les personnages d'origine ( Yvain est un peu bredin, c'est un fait!)

C'est donc parti pour les aventures du chevalier au lion "parce que ça fait trop classe", qui a un problème de compréhension du concept de chevalerie, et qui demande d'une catapulte " est-ce qu'on peut s'en servir pour donner de l'élan à un pigeon?", ou encore " je me suis coupé la gencive avec un grumeau cuit, c'est possible ou pas?"

Voilà ça c'est fait.

Or donc le personnage d'Yvain est quand même un peu plus épique que sa version TV, mais pas franchement moins barjot.

Tout commence le jour ou Calogrenant ( "De toutes façons, Calogrenant c'est un abruti!") raconte une mésaventure qui lui est arrivée. Non, il n'a pas glissé sur une voie pavé, n'est pas tombé dans une flaque et son armure n'a pas rouillé... mais ça n'est pas franchement mieux.
Un jour qu'il se promenait du côté de Brocéliande, Calogrenant rencontre un manant qui lui parle de la fontaine prodigieuse qui se trouve dans la forêt. Si on verse l'eau sur la margelle, une tempête se déchaîne.  Calogrenant va voir ce prodige, déclenche la tempête. Mais sitôt la tempête calmée, il est attaqué par le seigneur du lieu qui n'apprécie par qu'on vienne le déranger en déchaînant les éléments, et engage un duel.. dont Calogrenant sort perdant et humilié.

Cette narration lui vaut les railleries du sénéchal Keu  alias" la langue de vipère", dommage que celui-là n'ait pas été intégré dans Kaamelott, il y avait du potentiel.
Donc on va dire que dans ma tête Keu a cette bobine là...
Sérieusement, même si Keu est décrit comme combattif, son surnom de "langue de vipère" m'empêche de le voir autrement

Vous allez vite voir qu'une référence au Seigneur des anneaux à tout à fait sa place dans l'histoire d'Yvain.
Il se trouve que donc qu'Yvain qui écoutait l'histoire est cousin avec Calogrenant, et décide de venger l'honneur de son cousin victime des moqueries de Grima Keu, et d'aller lui aussi à la fontaine magique en découdre avec le seigneur.

Mais sans prévenir personne parce que le roi Arthur a aussi décidé d'y aller, et qu'Yvain ne veut pas se faire damer le pion, il part donc de Carduel et se rend à Brocéliande en 3 jours...
QUOI?????
Carduel se trouve pile entre les mots " grande" et " Bretagne", c'est la ville de Carlisle. Brocéliande.. ben c'est en petite Bretagne. Chrétien de Troyes devait espérer que ses auditeurs n'aient pas trop le sens de la géographie, mais je ne pense pas qu'au XII° siècle on ait pu rallier les deux lieux en 3 jours. Même avec un bon cheval et un bon bateau.

Oui je sais, légende, moyen-âge tout ça, TGCM, mais c'est marrant de le pointer!

Donc Yvain arrivé à Brocéliande déchaîne la tempête, engage le combat avec Esclados qu'il blesse.. disons légèrement : "il lui fend la tête jusqu'à la cervelle, la maille du haubert était maculée de cervelle et de sang. Le chevalier ressentit une telle douleur que le coeur fut bien près de lui manquer. S'il prit la fuite il n'eût pas tort car il se sentait blessé à mort"
NOOOON? T'as un gros trou dans la tête et tu refuses de continuer le combat? Quel lâche!


Ha la littérature médiévale, toute en modération et en demie-teinte. J'adore, j'adore ces exagérations épiques.

Donc Yvain poursuit le mourant jusque chez lui dans l'espoir de récupérer une pièce d'armure qui prouverait sa victoire. Mais se retrouve coincé entre les deux herses qui ferment l'entrée, dan une situation extrêmement ridicule: son cheval est coupé en deux, lui se retrouve bloqué entre deux portes avec un demi-cheval mort ( je vous jure que je n'invente rien, ce passage est... oui, ).

Il est sauvé de cette fâcheuse situation par Lunete, dame de parage de la châtelaine (Lunete.. ouahahaha, c'est louche comme nom. Sifflez, j'men fiche.) et prototype de la servante futée qui lui donne un .. anneau.. magique .. qui rend invisible celui qui le porte.

Alors qu'est-ce que je disais ? Bon, pas le moindre Nazgûl à l'horizon, pas de Gollum en colère, Sauron ne moufte pas, on peut continuer.

Et donc Yvain bien planqué grâce à son précieux, peut se permettre d'assister à sa propre recherche, tout en reluquant Laudine, la dame dont il vient de faire une veuve. C'est qu'elle est tellement jolie quand elle se jure de le faire jeter en prison dès qu'elle l'aura retrouvé.
Mais Lunete est une manipulatrice et fait valoir à la veuve qu'une dame ne peut pas rester veuve et qu'elle doit se remarier avec un preux qui puisse défendre la fontaine, blabla, et quoi de mieux que celui qui vient d'occire son mari, puisque c'est lui le plus fort.
Cash!
Et Laudine approuve, tant que l'identité de l'élu reste secrète parce qu'être " celle qui a épousé l'assassin de son mari" c'est pas super génial. ( euh, et le délai de viduité, on en fait quoi? Parce qu'il n'a été abrogé qu'en 2004 en France..)

Donc, mariage avec "Yvain, le preux qui passait par là par hasard", arrivée du roi, mini duel où Yvain met la raclée à Keu et tout le monde est content, banquet final..
Et non.. Yvain aurait du se méfier d'une femme qui le maudit pour la mort de son mari et l'épouse le lendemain. Parce qu'elle a un caractère pas facile. Et c'est ce qui se passe: Lorsqu'Yvain repart à l'aventure avec son copain Gauvain ( sisi, c'est exactement ça, les deux sont les meilleurs potes!!), parce qu'un chevalier qui reste au coin du feu, c'est pas très prestigieux, contrairement à un chevalier qui part aux tournois pour la gloire de sa dame.. Laudine lui donne l'ordre de revenir d'ici un an maximum, sous peine de lui claquer la porte au nez et de faire la gueule ad vitam aeternam, s'il revient au bout d'un an et une minute.

Et évidemment...
Yvain laisse passer le délai,commet l'affront suprême de ne pas avoir tenu sa promesse, va se voir signifier par messagère interposée une rupture humiliante d'avant la cour. a la suite de quoi, il pète un plomb et s'enfuit tout nu dans la forêt ( je n'invente rien, je n'invente rien... Yvain est réellement dingue...)
A partir de là, ça devient beaucoup moins passionnant, errance, tartinage à l'onguent qui lui rend la santé mentale, série de sauvetages de dames en détresse, baston avec un géant, sauvetage d'un lion en détresse qui devient son animal de compagnie - oui bon, qui symbolise le retour d' Yvain aux vraies valeurs de la chevalerie, il n'empêche que le lion est son chien de garde.
La suite est un peu répétitive question damoiselles en détresse, mais illustre les différentes fonctions notamment juridique d'un chevalier, lors qu'ils doivent se battre comme champions de deux soeurs qui s'opposent pour une question d'héritage. L'héritage reviendra à celle dont le chevalier remporte le combat, même si elle est objectivement dans son tort. Où on apprend, à deux reprise, que lorsqu'on veut plaider sa cause, le duel est l'option classique, et que, si on ne se bat pas soi-même ( parce qu'on est vieux, blessé, une femme, un enfant..), on dispose de 40 jours pour trouver et convaincre un chevalier de prendre fait et cause pour soi.

Mais comme toujours j'aime bien les scènes de baston, par contre les histoires d'amour, c'est encore une fois moins mon fort. Et je trouve sérieusement que Lunete est largement plus intéressante que Laudine, colérique mais manipulable.
Lunete est vraiment le personnage que j'ai le plus apprécié, elle a des qualités autre que d'être une jolie fille ou une riche dame et c'est bien agréable de voir que c'est brièvement mentionné: Gauvain est un dragueur, mais qui semble plus intéressé par Lunete du fait qu'elle ait le sens de l'humour et le fasse rire que par son physique ou sa richesse ( même si cette piste n'est pas développée... Mais comme chronologiquement Perceval est plus tardif qu'Yvain, la suite des aventures de Gauvain, toujours aussi dragueur, y sera abordée, je les ai juste lus dans le désordre)

Mais l'exagération toute médiévale fait que l'ensemble reste plaisant à lire, et même parfois drôle. Et donc oui, je confirme, Yvain et Gauvain, sont les meilleurs potes ( mais Gauvain ne se fait pas appeler "chevalier au Pancréas" hélas...)

mercredi 2 décembre 2015

Scottish crush

Pour le mois anglais nous avions fait une liste " british crush" de nos acteurs et actrices préférés anglais et anglaises..
Je vais faire un peu pareil, mais version écossaise et pas seulement au cinéma en fait...

Un acteur: Sean connery, ça serait un choix trop évident, Ewan Mc Gregor aussi alors je dirais Robert Carlyle parce qu'il m'a faite mourir de rire dans The Full Monty
Séquence anti-morosité!
Ex aequo avec
Nicol Williamson (Merlin dans Excalibur de John Boorman et Sherlock Holmes dans  The Seven Percent Solution - excellent film parodique qui imagine la rencontre entre Sherlock Holmes et Sigmund Freud, et où Moriarty est joué par Laurence Olivier , si vous ne l'avez pas vu, foncez, c'est à voir absolument)
et Ian Richardson ( j'ai failli l'oublier) pour son rôle de professeur Bell dans Murder rooms, que je n'arrive pas à trouver en vost... grrrr

Une actrice: voilà la jolie rousse, pour vous messieurs ( et peut être aussi quelques mesdames, pourquoi pas)
Là, je vais aller chercher loin, mais je choisis Deborah Kerr.
Bon d'accord, elle ne faisait pas très crédible en romaine dans Quo Vadis, mais s'il s'agit de son film le plus connu, sa filmographie reste impressionnante ( je vous conseille aussi "le narcisse noir", qui a l'originalité de se passer dans une communauté de bonnes soeurs au fin fond de l'Himalaya..)
oui bon, on va dire que c'est une romaine d'ascendance picte ou calédonienne.
un duo: Richard Wilson et Annette Crosby dans la cynique et très drôle série " One foot in the grave". Déjà le titre est un concentré d'humour noir. Moins connue que d'autres, donc je vais développer:
On y suit les déboires de Victor Meldrew, réceptionniste envoyé en retraite anticipé: il vient d'être remplacé par une machine "qui fait exactement la même chose que lui, et sans se plaindre au sujet de la climatisation". Victor va donc devoir apprendre à vivre en retraité, et Margaret, sa femme, va devoir apprendre à vivre en supportant au quotidien les jérémiades de Victor le râleur.
Et pour le plaisir, j'ajoute que le générique est signé Eric Idle, l"humour volontiers noir et absurde, et que l'accent écossais est bien sympathique ( mais difficile à comprendre par moment, je l'avais vue à l'origine en vostfr un été dans Continentales - et oui, je continue à regretter cette émission- mais j'ai l'impression qu'elle n'a pas été éditée en vidéo dans cette version, je n'arrive même pas à la trouver en vostanglais...)
La seule chose que je lui reproche est le recours inutile aux rires enregistrés qui n'apportent rien (au contraire, ça casse un peu les effets cyniques), et la manière de filmer très années 90 ( champs-contre-champs, tout ça)

Un chanteur : et musicien accompli en l'occurrence. Ian Anderson. Chanteur, guitariste et flûtiste de Jethro Tull. Reconnaissable immédiatement à ses solos de flûte traversière, sa barbe de druide, sa voix nasale, et sa manière de se tenir en scène perché sur un pied en tenue de barde.
Cherchez pas, ce sont les seventies, et le rock progressif bien délirant mais toujours musicalement très abouti.

Un type capable de faire swinguer la bourrée de JS Bach.
Allez, juste parce que c'est ma chanson préférée de Jethro tull: We used to know. Ca va vous rappeller une autre chanson bien connue et pour cause:
We used to know date de 1969 et a été plus ou moins copiée en 1977 par The Eagles qui on fait un tube planétaire que j'adore... mais qui doit quand même énormément à Jethro Tull, la ressemblance est trop marquée pour être un simple hasard. :D Ceci dit je ne me plains pas, j'aime les deux morceaux!

Une chanteuse: Annie Lennox. Sans hésiter. Sharleen Spiteri en deuxième, mais Annie Lennox arrive quand même en première place, pour sa voix grave et puissante.
et comme c'est de saison, je ne peux pas passer ( à nouveau ) à côté de sa version tellement celtique de God Rest Ye Merry Gentlemen. Ou comment transformer un cantique en quelque chose de presque païen.

Des écossais du bout du monde: Parce qu'une bonne partie des musiciens d'AC/DC sont/étaient en fait écossais ( au moins Bon Scott et les frères Young) et rien que pour le plaisir de voir et d'entendre du rock à la cornemuse dans les rues de Melbourne..

une célébrité mondialement connue, même plus que Sean Connery
Nessie, of course!
et bien sûr je me dois dementionner mon coup de coeur pour un produit local qui n'est ni le tartan, ni la bière, ni le scotch, encore moins le haggis, mais...
les sablés écossais!!!!!
pur beurre les amis... mieux vaut éviter de manger le paquet d'un coup, mais un de temps en temps, ça se mange tout seul!


mardi 1 décembre 2015

En décembre, c'est tartan et cornemuse!

Et voilà, le régime sans défis n'aura pas duré très longtemps.en fait je suis tombée un peu par hasard sur le mois Kiltissime, mettant l'écosse à l'honneur. Je n'ai plus grand chose d'écossais à lire sous la main, mais ça fait bien un an que je devais faire un sujet " Sherlock Holmes", le temps a passé, il va falloir relire les nouvelles, mais voilà une excellente excuse pour rejoindre le challenge de Cryssilda, même si je n'ai pas vraiment prévu d'être super productive.
Et puis.. comment dire, l'Ecosse, ses jolis paysages, ses fantômes, son Loch Ness et Nessie, sa bière.. ça fait rêver non?
Non?!
Bon alors voilà un autre argument:

Bon, je suppose que tous mes lecteurs ne partageront pas mon engouement pour les messieurs en kilt et grosses chaussettes. Mais il n'y a pas que ça.
Messieurs...
Y'a de jolies rousses aussi...

Mais en tout cas, blague à part, l'Ecosse fait partie des endroits où j'ai prévu d'aller lorsque l'occasion se présentera ( avec l'Irlande et les îles Féroé, mais pas en un seul voyage, il me faudra bien 2 semaines à chaque endroit!)
Parce que montagne, parce que campagne, parce que mer, parce qu lacs, parce que châteaux..

mercredi 25 novembre 2015

Les monades urbaines - Robert Silverberg

Hé bien, j'aurais mis du temps à le lire, Silverberg était l'auteur mis en avant en février dernier pour le challenge geek, et qui plus es proposé au groupe par ... moi-même.

Mais j'ai eu du mal à arriver au bout en fait. L'idée de départ était sympa, mais je n'ai pas accroché au traitement, que j'ai trouvé assez répétitif.
le visuel correspond à peu près au contenu, pour une fois ( sauf que les gens sont habillés!)

Au XXIV° siècle, l'humanité a depuis longtemps trouvé une parade à la surpopulation qui menaçait la Terre dès le XX° siècle. Cette parade s'appelle les Monades urbaines: de grands immeubles de 3 kilomètres de haut comptant 1000 étages, groupés par dizaines nommées d'après les villes de "l'ancien monde": Reykjavik Prague, Washington, Colombo, San Francisco.. jusqu'à Louisville au sommet de la monade 116, qui occupe le récit. Les monades étant elles mêmes des éléments d'une constellation , ici " Chippitts", sur les anciens territoires de Chicago et Pittsburgh. Mais l'existence de la constellation Berpar en Europe et Shangkong en Asie laisse supposer que cette organisation est mondiale.

L'humanité est devenue en majorité verticale, libérant ainsi de l'espace pour d'immenses surfaces agricoles, les communes agricoles, gérées par une poignée de paysans considérés comme arriérés par les " urbmonadiaux" qui ne les ont jamais vus.
En effet, on nait, on vit, on meurt dans la monade, sans jamais en sortir: la promiscuité est le lot de tous, d'autant que les urbains, ayant découvert que les surfaces agricoles pourraient nourrir bien plus de monde que 7 milliards d'humains, a érigé en espèce de dogme religieux la procréation à outrance: les monades comptent plus de 800 000 habitants, une famille normale compte facilement 8 ou 10 enfants. Dans cette promiscuité force, l'individu n'a plus droit de cité, l'intimité n'existe pas, on se promène quasiment à poil et on couche les uns avec les autres, dans une liberté sexuelle débridée.
Liberté?
Les femmes n'y sont considérée qu'en fonction de leur beauté plastique, de leur capacités reproductrices ou comme objet de plaisir pour les hommes qui vont, la nuit, toquer aux portes des voisins à la recherche d'un coup vite fait ( je suis désolée, mais il n'y a pas d'autre moyen de le dire, et je suis encore loin du compte). Pour une feme, refuser ses faveurs sexuelles est mal vu, pour un mari, refuser que sa femme se fasse sauter par le voisin est mal vu. Et bien sûr, seuls les hommes vont en "promenade nocturne", les femmes sont passives et doivent attendre leurs visiteurs nocturnes bien sagement.
Et gare à quiconque dévierait de cette "liberté", il ou elle serait considéré comme "anomo", l'anormal, le mouton noir qui met en péril l'harmonie et la stabilité d'un monde qui se clame égalitaire, mais où les femmes sont soumises aux désirs des hommes et où les étages inférieurs sont dévolus aux ouvriers tandis que les étages supérieurs, moins peuplés et éclairés sont réservés aux élites qui les dirigent sans jamais descendre de leur sommet. Dans ce monde où on se marie à 12 ou 13 ans, où on a en moyenne 5 enfants à 22 ans, on devient anomo lorsque les drogues en libre service ne parviennent plus à masquer la vacuité de l'existence,  lorsqu'on commence à réfléchir, à avoir des états d'âmes ( tel Micael qui se pose des questions sur sa soeur, se disant que s'il voulait coucher avec elle, elle serait obligée d'accepter en bonne citoyenne, mais dans le fond, qu'en penserait-elle réellement?), lorsqu'on pense à vouloir sortir, rien qu'un fois pour voir comment c'est dehors, comment est l'air frais, la mer, lorsque la pression sociale et le manque de liberté individuelle vous rend dépressif à 15 ans. La moindre idée de rébellion est automatiquement réprimée à coup de drogues, de "rééducation" ( lavage de cerveau), et si ça ne marche pas, c'est la chute: l'envoi direct au vide ordure, au broyeur- compacteur-incinérateur qui sert à chauffer l'immense batiment.

L'ennui, c'est que ce livre est un ensemble de nouvelles, mettant en scène plus la monade 116 que ses habitants, même si une poignée d'entre eux sont mis en avant. Ce qui fait que sur les 3 ou 4 premières nouvelles, on se demande quand même où l'auteur veut en venir, à sembler développer un personnage pour passer ensuite à un autre.
 Ca semble décousu et répétitif ( toujours les mêmes scènes d'orgies). Dans la première nouvelle, la monade reçoit la visite d'un ponte venu d'une colonie humaine sur je ne sais plus quelle planète ( je l'ai lue en février dernier), qui se trouve déboussolé par ces gens vivant entassés, faisant leurs besoins au vu et au su de toute leur famille, car sur sa colonie, on vit comme les humains du XX° siècle: avec une porte à fermer dans ces cas là. autant dire que j'étais à peu près dans l'état d'esprit du visiteur extra-monadial.

Et c'est d'autant plus bizarre que personne ne semble, je dis bien semble,  trouver ce mode de vie oppressif, tout est pour le mieux de leur point de vue, et pour le lecteur du XX° ou du XXI° siècle, c'est passablement écoeurant. Ce n'est que plus tard et par petites touches que l'auteur laisse entrevoir les failles de ce système: des gens qui pètent les plombs, réellement, à force d'avoir trop d'enfants dans les pattes - et les pires crimes imaginables sont l'avortement ou la contraception- d'autres qui font tout pour cacher leur différence, leurs idées "déviantes"  ( l'historien du XX° siècle, qui cache sa découverte de la jalousie, sentiment qui n'a pas lieu de cité et l'enverrait directement à la chute).

C'est vraiment sur les 2 dernières nouvelles que la mayonnaise à pris pour moi, car elle montre des gens qui sont vraiment à bout de nerfs: Micael, qui plus que tout veut une fois dans sa vie sortir et aller jusqu'à la mer.
Son périple va évidemment s'arrêter à 1 journée de marche de la monade lorsqu'il est arrêté par les agricoles qui le prennent pour un espion. Là il va découvrir une chose inattendue: les agricoles, qui fournissent la nourriture aux monades, vivent horizontalement. Et révèrent le dieu de la stérilité pour lui demander d'avoir le moins d'enfants possibles: car l'expansion verticale ne peut se faire qu'au prix d'une surface agricole gigantesque, qui contraint la poignée de gens vivant encore dehors à adopter l'attitude inverse: un strict contrôle de la densité de population.
Mais son escapade en solitaire fait un bien fou , au moment où le livre devenait étouffant à force de promiscuité. Sur ce coup là, Silverberg a réussi son pari: rendre le livre physiquement étouffant.

Et Siegmund, celui qui réfléchit trop et par trop de sérieux et d'idéalisme compromet aussi la stabilité de la hiérarchie qu'il voulait absolument atteindre et qu'il découvre plus encore corrompue et malsaine que le reste de la monade. Déception qui entraîne une prise de conscience de ce que cette liberté a de carcéral. D'autant plus carcéral qu'elle est consentie et approuvée par la majorité qui croit obéir aux desseins d'un dieu que tout le monde loue à tout bout de phrase, mais dont les statistiques prouvent que moins de 30% des habitants fréquentent un lieu de culte.

Il n'y a pas de "personne âgée" dans cette histoire, hormis la grosse huile au sommet de la hiérarchie qui a 50 ou 60 ans: l'explication est limpide: vieillir, c'est prendre conscience, prendre conscience s'est déprimer , déprimer c'est devenir anomo, devenir anomo, c'est être éliminé du système.

En soit, j'ai trouvé cette histoire encore plus épouvantable que 1984, c'est dire.
Mais voilà, elle pèche par endroits, qui vont qu'elle reste malgré tout en dessous d'autre dystopies que j'ai pu lire. déjà, écrite en 1971, elle caricature le mode de vie hippie " moderne" à son époque.Seulement voilà, en 2015, la liberté sexuelle, les drogues en libre accès, les orges ou fumeries collectives, les tapis à motifs psychédélique, le rock psychédélique.. hé bien ça fait terriblement seventies. L'auteur a caricaturé sa société contemporaine, et malheureusement pour lui, de nos jours, c'est très très daté.
J'en parlais par ailleurs, lorsqu'on décrit quelque chose supposé se passer dans 3 ou 4 siècles, autant mettre le paquet dans l'imagination, avec un peu de chance, ça ne sera pas dépassé dans 20 ans. Manque de pot, Silverberg a été rattrapé, le mouvement hippie est devenu marginal et le puritanisme resurgit à toute force ( bon il faut quand même un juste milieu entre les orgies décadentes et la ceinture de chasteté, ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit!)
L'autre problème, c'est la traduction: elle date de 74 ( première édition) et pose aussi un problème, par le choix de vocabulaire assez daté aussi (on va chez le voisin, texto: "pour défoncer sa femme." Je ne sais pas vous, mais j'ai l'impression d'entendre un loubard des années 70 ou 80)

Et le parti pris bizarre d'avoir des personnages qui se vouvoient alors qu'ils vivent entassés et s'envoient en l'air sans aucun état d'âme. Donc un personnage qui dit à la nana qu'il vient voir en pleine nuit " s'il vous plait, laissez moi vous défoncer".. il y a comme un gros problème de niveau de langue. Je suis quasiment sure que le texte original anglais n'emploie pas des " thou" ou des "thyne", mais de simples "you". Ca m'a limite plus dérangée que les scènes de Q au kilomètre.

Donc un livre intéressant, louable dans son intention, mais inégal, parfois ennuyeux, parfois daté, parfois très bien ( les 2 dernières nouvelles). Mais loin d'être un coup de coeur, ses défauts sont à peine compensés par ses qualités et c'est dommage.
Alors que je n'avais pas eu cette impression d'ennui sur Le meilleur des monde pourtant encore plus daté puisqu'encore plus ancien ( haha, les adorateurs de "notre T", la ford modèle T), mais qui a mieux vieilli. En fait peut être que j'en attendais trop en fonction de son sujet, d'ouù la demie déception, il ne me restera pas en mémoire longtemps je le crains. Mais je redonnerai sa chance à l'auteur avec un autre texte, je n'aime pas rester sur un demi échec.
N°128: un immeuble

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