samedi 19 décembre 2015

Les Aventures de Sherlock Holmes (1) - A. Conan Doyle

Qui dit Policier + Ecosse dit forcément... Arthur Conan Doyle et Sherlock Holmes, isn't it?

et justement voilà des nouvelles qui attendaient d'être chroniquées depuis le mois anglais.. 2014. Les premières du recueil "Les aventures de Sherlock Holmes" en fait . Et je vais me faire le plaisir de scinder en plusieurs sujets, sinon c'est toujours compliqué pour moi de parler d'un recueil de nouvelles. toutes les nouvelles ont paru dans le strand magazine , un mensuel et sont compilé par ordre de parution, mais son postérieures aux deux romans Une étude en rouge et Le signe des quatre. C'est important à signaler, car les nouvelles font référence aux romans assez fréquemment, et commencent sans préambule, supposant que le lecteur connait déjà les personnages principaux: Holmes, Watson et Lestrade. Je ne ferai pas l'affront de préciser non plus leur identité en 2015, car à part de vivre au fond d'une grotte sur une autre planète, je pense que la plupart des gens doivent au moins en avoir vu une adaptation filmée



Un scandale en Bohème: Première enquête de ce recueil... Et premier échec de Sherlock Holmes! Ca démarre fort pour le super limier. Watson va donc nous narrer comment Sherlock Holmes a été mis en échec de manière très astucieuse par une aventurière du nom d'Irene Adler. Il s'avère que le futur roi de Bohème fait appel de manière discrète à Holmes pour régler un épineux problème. Le roi a eu une aventure avec la dénommée Irene Adler, ancienne actrice et chanteuse qui a réorienté sa carrière du chant vers... le chantage, bien plus passionnant, et potentiellement lucratif.
Une photo d'eux deux posant ensemble a été prise: de quoi faire un joli petit scandale si la photo venait à être rendue publique. Or justement Irène menace de faire connaître cette liaison à la future belle-famille , très à cheval sur les principes moraux, du roi. Celui-ci a tenté, sans succès de racheter, ou de faire voler la photo à son ancienne maîtresse mais impossible de mettre la main dessus. A Holmes donc d'essayer de récupérer le cliché compromettant, dans la plus grande discrétion, car faire intervenir la police serait risquer des fuites... Mais il se trouve qu'Irène est bien plus maline qu'Holmes n'aurait pu penser.. il ne faut jamais sous-estimer son adversaire!

La ligue des rouquins, Sherlock Holmes reçoit la visite d'un prêteur sur gages qui se retrouve dans une situation à la fois étrange et comique: ayant répondu à une petite annonce de la "ligue des rouquins" organisme de .. bienfaisance, si l'ont peut dire, créé par un millionnaire roux dans le but de procurer des emplois de tout repos à tous les roux de Londres, l'homme à la chevelure écarlate lui aussi s'est donc trouvé engagé tous les matins pendant 4 heures pour un très bon salaire à la tâche de copier l'encyclopédie britannique. Mais la ligue a été déclarée dissoute du jour au lendemain, et le type, qui ne voit que le salaire qu'il ne percevra pas cette semaine vient chercher un éclaircissement à ce mystère. Mais évidemment Sherlock Holmes comprend qu'il y a anguille sous roche: on ne s'y serait pas mieux pris pour éloigner quelqu'un de chez lui tous les matins, cette anecdote cache autre chose, un mystère à résoudre qui l'inspire bien plus.

Une affaire d'identité: Après un roi et un marchand, c'est une secrétaire qui fait cette fois appel au détective, qui n'acepte pas seulement les clients fortunés, mais plutôt ceux dont l'affaire est digne d'intérêt, fut-ce seulement pour l'occuper une journée. Cette dame a vu son fiancé s'évaporer dans la nature, le jour même du mariage, entre le domicile et l'église et les avis de recherche n'ont rien donné.
Celui-là est plutôt drôle, car le lecteur avisé de roman policier trouve de lui même facilement la solution - absurde - dans les explications de la dame. Divertissant, entre deux enquêtes plus complexes.

Le mystère de la vallée de Boscombe: Dans un petit coin tranquille d'Angleterre, un homme plutôt taciturne et ronchon, qui a fait fortune en Australie, est retrouvé mort. Les soupçons se portent sur le fils du défunt , que des voisins ont vu suivre son père, et se disputer avec lui. Tout semble concorde: le fils a tué son père après la dispute.. sauf qu'il clame son innocence. Holmes va tenter de faire la lumière dans cette histoire, plus compliquée qu'il n'y parait et qui pourrait bien trouver son origine dans le passé mystérieux du mort en Australie.

Cinq pépins d'orange: Cette fois, le client qui sollicite l'aide du détective est vraiment pris dans une situation grave: son oncle, puis son père, sont morts dans des circonstances douteuses après avoir reçu une enveloppe contenant 5 pépins d'orange. Or lui même vient de recevoir la même menace, car il n'en doute pas, il ne s'agit pas d'un plaisantin. L'expéditeur de la lettre, seulement identifié par les lettres K.K.K. semble vraiment dangereux.
Oui, il s'agit bien en effet du KKK, les sinistres initiales bien connues maintenant mais qui ne devaient pas forcément évoquer d'emblée grand chose au lecteur britannique de 1891: l'oncle, ancien planteur en Floride, n'a rien trouvé de mieux que de fuir en Angleterre au moment de l'abolition de l'esclavage, en emportant des documents secrets appartenant au Ku Klux Klan, dont il a d'ailleurs été membre actif, document qui compromettent pas mal de notables

L'avantage c'est que toutes les nouvelles du recueil sont disponibles indépendamment en édition numérique, je peux donc les lire une à une et par ordre de date de parution (oui, j'ai parfois des lubies étranges). J'ai bien aimé la dernière pour son contexte historique et politique, et la vallée de Boscombe, : le coupable était assez facile à deviner, mais son mobile beaucoup moins.

Ah, oui, je l'avais déjà dit, mais dans la foule des versions ciné et TV qui existent, rien à faire, quand je lis les nouvelles, c'est toujours Jeremy Brett qui s'impose à moi. Il avait vraiment la tête de l'emploi dans la série TV des années 80/90.

ou encore sous l'apparence d'un renard en costume. Oui, j'ai découvert Sherlock Holmes à la base avec le dessin animé des années 80. Au passage, je souligne qu'à l'époque, je me fichais de l'origine des dessins animés, ce n'est que plus tard que j'ai découvert que c'était une idée de Hayao Miyazaki, rien de moins!
Nota: j'avais aussi oublié que dans les années 80 un dessin animé pour enfants ne tombait pas sous le coup de la censure à faire clairement figurer des armes dans le décor ou à faire fumer le héros. Après, détail marrant: les objets, jusqu'aux feuilles de papier accrochée au mur,  ont une ombre.. mais pas les personnages :D
Et non, je n'accroche pas du tout aux versions modernisées, encore moins à celle américaine qui faisait de John Watson.. Joan Watson. Vous la sentez venir, la vague histoire d'amour en faisant de Watson une femme? Je ne sais pas si ça a été le cas, parce que je n'ai pas tenu plus d'un épisode, mais je ne vois pas d'autre raison de changer le genre de Watson, si ce n'est pour éviter les remarques sur " deux types qui habitent ensemble, c'est louche".
Bon sang, Holmes est un psychorigide qui ne s'intéresse à personne d'un point de vue sentimental, ni femme, ni homme, c'est clairement expliqué justement dans Un Scandale en Bohème dès les premières lignes. C'est justement un des traits majeurs du personnage d'être détaché du reste du monde. Watson n'a d'intérêt pour lui que dans la mesure où il peut lui apporter une aide matérielle dans la résolution des mystères tout en restant d'une discrétion absolue.
Les seuls moments où il s'enthousiasme vraiment pour quelque chose, c'est lorsqu'il est sur le terrain à rechercher les indices, donnant à Watson l'occasion d'une comparaison humoristique de son distingué colocataire avec un chien de chasse .
Car oui on oublie souvent de le mentionner, même dans ce qui est le prototype et l'ancêtre du roman policier, l'humour britannique n'est pas très loin. Discret, mais présent.

Sherlock lui même est doté assez souvent d'un humour cynique et vache ( même vis-à-vis de son modèle littéraire :) )
 
"Vous me rappelez le Dupin d'Edgar Allan Poe. Je n'imaginais pas que de telles personnalités puissent exister en dehors des récits.
Sherlock Holmes se leva et alluma sa pipe.
– Vous pensez certainement me faire un compliment en me comparant à Dupin, observa-t-il. De mon point de vue, c'est un collègue tout à fait inférieur. Cette façon de s'immiscer dans les réflexions de ses amis avec une remarque tout à fait à propos, après un quart d'heure de silence, est vraiment très artificielle et tape-à-l'œil. Il possède sans aucun doute un certain génie analytique. Mais ce n'était en aucun cas un phénomène tel que Poe semble l'imaginer." Une étude en rouge.

Et puis que c'est décembre et qu'on y est presque, un bon réveillon à tous...
Whouhou, c'est la fête, nous avons là un Sherlock Holmes au comble de ses compétences festives!
parce que Arthur Conan Doyle est né à Edinburgh
Mais aussi année anglaise, quand même, tout se passe à Londres!

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