samedi 24 juin 2017

Meurtres au Paradis saisons 1 et 2 ( série TV)

Comme je n'ai pas la TV depuis plus d'un an et que je me contente de la regarder quand je suis en vacances chez quelqu'un de la famille, j'étais passée totalement à côté de cette série jusqu'à présent, et pourtant elle en est bien à sa 6° ou 7° saison...

Enfin, plus exactement, j'avais vu des bandes annonces lorsque je regardes des émissions en streaming sur mon ordinateur, mais le titre ne m'inspirait pas vraiment, et puis, au vu des tenues bien familières des policiers, je l'avais prise pour une série française.

Et on va dire que les feuilletons policiers français et moi, ça fait 12. ce n'est qu'au début de ce mois en vacances donc chez mon oncle qui aime bien en général les séries policières qu'il s'agit en fait d'une série anglaise, je cite tonton "dans l'esprit Hercule Poirot sous les tropiques". Ce qui a piqué un peu ma curiosité je l'avoue, et donc en rentrant hop, merci le streaming et la VOD, je reprends donc au début. Et ça fait donc deux semaines que je me regarde tous les soirs un épisode.

Disons le de suite, Hercule Poirot sous les tropiques, c'est exactement ça. Ca ne casse pas trois pattes à un canard (ou a un ibis rouge, vu les lieux), mais c'est parfait pour les vacances avec une petite dose d'humour anglais bienvenue. Et j'ajouterais qu'il s'agit d'une coproduction franco-anglaise tournée à la Guadeloupe, et que ça donne des envies de prendre un billet pour le prochain vol en direction des Caraïbes!

Donc, premiers épisode (le reste peut se regarder un peu dans n'importe quel ordre, les épisodes sont assez indépendant, si ce n'est l'évolution du point de vue du personnage principal):
Richard Poole est anglais, Londonien même, et policier.Rigide comme la justice et manque cruellement de fantaisie, mais pas de sarcasme, il en a un plein stock.
Il est envoyé dans la petite île fictive de Sainte-Marie, un coin de paradis des caraïbes, qui est passée sous domination anglaise et française à plusieurs reprises, et dont la population est quasiment  pour un tiers d'origine française. Richard vient donc pour ce qu'il croît être une simple enquête, élucider la mort mystérieuse de l'inspecteur anglais qui travaillait là, et pense-t-il avec un orgueil de citadin qui n'a jamais quitté sa ville, aider les bouseux incapables et faignants du coin en leur apportant son aide providentielle avant de repartir vers sa chère pluie anglaise et son pub de prédilection.

Richard est odieux et compassé, à la limite de l'insupportable, et les relations avec les policiers locaux s'annonce plus que houleuses.. surtout lors qu'il découvre qu'il ne rentrera pas à Londres après son enquête, mais va devoir rester sur place et reprendre le poste de feu son prédécesseur.
Ce qui pour beaucoup de monde serait une aubaine inespérée est un cauchemar pour lui: il déteste la chaleur, le sable, les bestioles et les français. Il aime râler, se plaindre, maugréer, porte costume et cravate même par 35°C à l'ombre tout en maudissant la chaleur, prendre des douches froides,  et boire du thé à 5h00 tapantes.
Il est nul, absolument nul en matière de relations humaines et gaffe souvent, ne sachant pas faire passer ses opinions de manière diplomate et autrement qu'en les imposant à tout le monde ( ce qui lui a valu ce placard antillais, loin de collègues qui ont fêté son départ sans lui, trop contents de se débarrasser de ce "nitpicker" de première catégorie)

cherchez l'erreur...

Manque de chance pour lui, son capitaine Hastings est Camille, une sergente française native de l'Île, au caractère bien trempé, qui n'apprécie absolument pas de devoir se plier à l'autorité d'un nouveau venu qui regarde ses compatriotes insulaires comme des arriérés incompétents, même s'il est vrai que le petit commissariat possède des ordinateurs du siècle dernier, et que le moyen le plus rapide pour les deux agents du coin pour appréhender les criminels reste la moto avec side-car.
Au contraire, ils sont très compétents pour se débrouiller avec les moyens du bord.

avouez qu'avec la tenue bleue des flics, vue de loin, ça ressemblait beaucoup à une série française. Ce n'est le cas qu'à 50% ( subtil détail, ils ont un écusson rouge-blanc-bleu)

Toute ressemblance avec l'île de Sainte-Lucie est bien évidemment parfaitement voulue ( à commencer par l'histoire d'occupation franco-anglaise), et, une fois mis de côté le fait que, quand même, en y réfléchissant, un ou deux morts par épisode finissent par donner l'impression que ce coin des Antilles a un taux de criminalité digne d'une capitale, ça se laisse regarder avec plaisir.
Plus que les enquêtes assez classiques ( avec malgré tout des clins d'oeil très sympa à Agatha Christie ou à Alfred Hitchcock - 6° épisode de la saison , la référence est méga évidente, et fait très plaisir!), c'est surtout le comique qui joue sur le décalage de cet anglais, citadin jusqu'au bout des ongles, maniaque et psychorigide (pas autant que Monk, mais.. pas loin par moment), cramponné à son tea time ... et des autres qui vivent à la cool en tee-shirt et tongs, en buvant des cocktails frais, qui est très sympa.

Le fil directeur de la série est donc plutôt l'acclimatation progressive de Richard à cet environnement , va-t-il finir par se dérider un peu au contact de la population locale? Va-t-il cesser de perdre ses moyens à la vue de la moindre jolie fille en maillot de bain (et vu qu'on est sur une île, il y a des plages et des clubs de vacances tout autour)? Va-t-il enfin cesser de prendre les gens du coin pour des péquenauds?

Donc, sans grande surprise, mais agréable. J'aime bien le fait que le personnage féminin ne soit pas une potiche, mais une femme de caractère qui en remontre régulièrement au héros, et j'aime beaucoup Dwayne et Fidel, les deux policiers locaux imperturbables, et le commandant de police, plus soucieux de l'image de marque de son île que de justice.
Après je ne sais pas ce que ça donnera sur la longueur, l'humour tournant beaucoup sur les clichés "citadin coincé vs Îliens décomplexés", ça va donc finir assez vite par tourner en rond ( bon, ça va encore 8 épisodes d'une heure par saison, on n'est pas dans une série américaine de 24X 30minutes).
Spoiler: je sais que l'acteur principal ayant cessé sa participation pour raisons personnelles la saison 3 commence avec une nouvelle équipe. C'est pour ça que j'ai groupé les saisons 1 et 2. Ce qui peut en effet permettre avec de nouveaux personnages de partir sur un autre type de relations entre eux
A voir donc comme ce qu'elle est: une série humoristico-policière100% détente, donc plus pour les fans d'Hercule Poirot ou de Jane Marple que pour les accros à l'action pure, en fait, pile ce que j'aime.

Et puis Richard se retrouve à devoir cohabiter avec un mini-crocodile qui semble plus ou moins se payer muettement sa fiole (allez j'avoue tout.. un lézard numérique, tout au moins partiellement. Hé oui, difficile de dresser un vrai lézard à faire ce qu'on veut, donc il y a peut-être un vrai lézard pour les gros plans, mais sa doublure pour les "cascades" est animée par ordinateur. Pas mal fait d'ailleurs, on le devine surtout aux pattes lorsqu'il se déplace, un peu trop longues pour un vrai anolis, et à son mouvement trop régulier, trop "parfait")


Et la bande son axée Reggae et musique afro antillaise est carrément sympa ( I shot the sheriff, The Tide is high, Gimme hope Jo'anna... des choses comme ça,qui mettent de bonne humeur!)

A noter aussi, après quelques recherches, contrairement à la majorité des séries policières qui adaptent une série de romans, c'est ici le cas inverse. Le scénariste a d'abord conçu sa série pour le média audiovisuel avant - on n'est jamais si bien servi que par soi-même - de la décliner sous forme de romans.


vendredi 23 juin 2017

Le grand livre des gnomes, tome 3 - Terry Pratchett

Tome 3.. et fin de l'aventure de Masklinn et ses amis.

il sera question également de vol à dos d'oie... Comme Nils Holgersson quand il est réduit à la taille d'un gnome, oui :D

Donc si vous n'avez pas lu les deux premiers ( pas évident à trouver.. il ne fait pas partir du Disque-Monde ou de ses hors séries, et par conséquent est beaucoup moins connu), j'avais évité de spoiler trop mais là je suis obligée d'en dire un peu plus.

Donc depuis 2 tomes nous suivons des gnomes " sauvages" dans leur découverte de la "civilisation" et chaque tome est une version miniature de l'évolution.
Dans le tome 1 , les gnomes des champs se réfugiaient dans un grand magasin et y découvraient, eux qui se croyaient les seuls gnomes vivants sur terre,une société organisée, clanique, de type médiéval, pour qui l'univers se résumait au grand magasin, les légendes sur le dehors étant au mieux des contes de grand-mère, au pire une dangereuse pensée pas loin de l'hérésie. Avec des idées pareilles on en viendrait bientôt à douter de la réalité d"'Arnold frères", le dieu tout puissant dont le nom est écrit partout dans le grand magasin.
Expulsés dans la nature lors de la destruction du grand magasin, il faut bien se rendre à l'évidence: il y a un Dehors. et le "Truc" qui accompagne Masklinn depuis le début et se réveille lorsqu'on l'approche de l'électricité n'a peut-être pas tort lorsqu'il prétend que les gnomes viennent d'ailleurs. Vraiment d'ailleurs. D'une autre planète.

Le second tome était une transition: les gnomes réfugiés dans une carrière abandonnée doivent faire face à la réouverture de la carrière et découvrir que les humains qu'ils ont toujours pris pour des animaux stupides sont des créatures pensantes. Simplement , ne vivant pas à la même échelle de taille et de vitesse que les gnomes, ils ne les voient pas. Les gnomes sont trop rapides et ont une voix trop aiguë pour être détectés par des humains qui de toute façons n'y croyant pas , verront autre chose, des rongeurs par exemple ( tiens tiens, comme la Mort du disque-monde: le cerveau humain n'est pas prêt à croire à la réalité d'un squelette de 2m10 de haut qui bouge seul, donc il l'occulte et corrige l'anomalie en le replaçant par un type très maigre).

Et donc la résistance dans la carrière se faisait sans Masklinn, Angalo et Gurder, partis au début du tome 2 à la recherche de "Richard Petit-Fils": ils ont lu dans une coupure de journal que Le Grand Magasin a été détruit à la demande de Richard, petit-fils du fondateur, quadragénaire.
Mais comme leur compétence en lecture est limitée, il vont donc se borner à chercher Richard PetitFils quadragénaire, un sympathique barbu un partance pour Cap Canaveral, pour y lancer la nouvelle branche télécommunication de sa société en même temps qu'un satellite.

Hmmmm , Richard quadragénaire est donc un barbu sympathique, multimillionnaire, dirigeant une multinationale qui ouvre une branche communication. Grandson Richard? Je ne crois pas que toute ressemblance avec un authentique entrepreneur britannique au nom très proche soit le fruit du hasard.

La logique gnome étant: si on arrive ( et il n'y a pas de raison qu'on ne puisse pas, on a bien réussi à conduire un camion, et puis si on demande gentiment à Richard, il n'y a pas de raison qu'il refuse), à prendre possession du satellite, on pourra rejoindre notre vaisseau en vol stationnaire quelque part depuis des millénaires et après ça, notre.

Cette quête sera l'objet du tome 3, qui se passe en fait en même temps mais dans un autre lieu que le tome 2, et qui va amener nos gnomes britanniques en pleine modernité, à découvrir que la terre est immense.
Vraiment immense. Et qu'il y a aussi des gnomes en Floride. Et que le plus dur ne va pas être d'y parvenir,mais surtout d'arriver à convaincre les gnomes, en majorité un peu obtus, peu ouverts à la nouveauté et peu courageux de quitter le confort relatif d'une carrière pour partir à l'aventure. Leur faire traverser la route est une expédition alors aller en Floride pour espérer partir encore plus loin on ne sait où, très peu pour la majorité des gnomes. Même si le Truc leur a dit que c'est la solution pour rentrer chez eux. Oui mais c'est où " chez soi"? qu'est-ce qui définit " chez soi"?

Et c'est exactement pour ça que j'adore Terry Pratchett. Au travers de l'humour et de la dérision, il arrive comme, hop, mine de rien, à glisser des réflexions profondes, ici l'identité, le goût de la découverte, le besoin vital de nouveauté , la condition féminine et l'égalité des sexes, le fait que de l'autre côté de la "mare" il y a des gens qui vous ressemblent beaucoup et, même s'ils ne parlent pas la même langue, ils sont comme vous, il y a des bornés et des intelligents.
Mais tant qu'on reste dans son coin, on ne peut pas le savoir. A l'instar de la petite grenouille amazonienne perchée toute sa vie dans un arbre et qui ne saura jamais s'il y a de la vie dans les autres arbres tant qu'elle ne fera pas la démarche d'aller y voir de plus près.

C'est une trilogie jeunesse, à la base , je l'avoue, je ne suis pas calée dans ce domaine, mais je pense que j'aurais adoré cette lecture si j'avais eu 12 ans, tout pareil qu'à 40. A mettre donc entre toutes les mains des jeunes lecteurs pour leur faire découvrir Pratchett, il est plus abordable au novice que le Disque-Monde et plus généralement entre toutes les mains de fans de fantasy et d'humour.
Et encore plus généralement entre les mains de tous ceux à qui Terry Pratchett manque terriblement.

J'avais parlé précédemment d'une adaptation en animation de marionnettes (en 1992). Seul le Tome 1 a été adapté, manque de succès ou autre. Je n'ai pas pu le voir, mais les quelques photos que j'ai trouvées ne me convainquent pas vraiment. Les marionnettes ont l'air un peu trop inexpressives et rigides- pas autant que les Sentinelles de l'Air, je vous l'accorde!
Par contre, si, je donne un exemple, hein...si les studios Aardman avaient la bonne idée d'adapter Pratchett. Les gnomes ou Le fabuleux Maurice par exemple? Mais j'imagine qu'animer une foule de gnomes ou des centaines de rats en pâte à modeler, ça doit demander un temps infini.



jeudi 22 juin 2017

Mini voyage à Londres - janvier 2017

Bon normalement, la journée dédiée à Londres c'était le15 juin, mais avec mon incapacité actuelle à publier dans les temps, je marque le coup de l'été avec un voyage en hiver...

Ca faisait longtemps qu'on en parlait avec une copine, sans arriver à caler de dates, mais  enfin, nous avons pu le faire en janvier dernier, 3 jours ( ou plutôt 2 jours et demi, le temps d'arriver et de poser les affaires à l'hôtel) de visites très très intensifs. Hop, un troisième larron se joint à nous, et nous voilà partis.

L'avantage en partant en janvier, c'est que les hôtels cassent les prix, ce qui nous a permis d'avoir 3 nuits en 4 étoiles avec piscine chauffée ( très important quand on marche beaucoup) pour 15 € de plus par personne que si nous avions opté pour une auberge de jeunesse. Evidemment, ça n'est plus du tout la même chose en haute saison!

L'inconvénient en janvier, c'est évidemment le temps gris et humide, et la nuit qui tombe tôt, donc au final, peu de plein air, et beaucoup d'expos et de musées. Et peu de photos. C'est dommage de ne pas avoir pu aller pique niquer à Hyde Park, mais de mon côté je prévois déjà un autre séjour.

Et parce qu'il me faut absolument une intro musicale...


Jour 1 : départ de Marseille à 12h30, Arrivée à Londres à 13h30 ( merci le décalage horaire dans le bon sens!). Donc, pour moi, lever à l'aube pour rejoindre Marseille. A quoi il faut encore ajouter la demie heure de navette pour Londres, le métro, et le temps perdu à chercher l'hôtel récupérer les clefs, poser les affaires et repartir.
Donc la première journée a été un peu limitée à Trafalgar Square, et.. ho chance, la National Gallery ferme à 18h00, c'était 16h30, on peut déjà commencer par en voir un bout, avant d'aller faire un tour à Covent Garden et de trouver un coin où manger. Puis retour à l'hôtel et pataugeage nécessaire dans la piscine, j'avoue que je commençais à avoir mal à la tête à cause de la longue journée surtout passée dans les transports. Mais avoir déjà vu toute la partie Moyen âge et prérenaissance du musée de peinture et fait un tour en ville, c'était déjà pas mal.
 Un regret cependant: l'extraordinaire tableau "les ambassadeurs" de Hans Holbein le jeune est bien mal accroché, trop haut, alors qu'il est presque ne permettant pas de se positionner à l'angle idéal pour apprécier l'anamorphose. Et non ce n'est pas moi qui suis trop petite le tableau est immense et il faudrait être presque au niveau du coin supérieur droit.
Mais il aurait été judicieux de le placer dans un escalier par exemple, où le fait de pouvoir monter aurait permis de voir ce qui est la particularité de ce tableau..

la grande tâche oblongue sur le tapis a intrigué très longtemps les gens qui le regardaient, et avait été surnommée " os de seiche"
Sauf que vu de biais et d'assez haut...on trouve ce qui manquait sur ce tableau pour en faire une vanité et moquer la puissance et la richesse des Ambassadeurs.. Memento Mori!

Par contre comme j'aime l'art allemand et flamand de cette époque, je peux le conseiller: ce musée possède une collection fabuleuse à ce niveau: Holbein, Rubens, Van Dyck, etc..et bien sûr de la peinture anglaise, Turner et Gainsborough en tête.
Et croyez moi, en s'étant levée à 6h00 du matin, j'ai fini sur les rotules.


Jour 2: on nous annonce un temps pas génial, donc direction les musées à nouveau.
L'idée c'était d'aller Voir le Victoria & Albert Museum, le musée d'histoire naturelle et d'aller faire un saut au grand magasin Harrods qui est tout près.
Sauf que nous sommes trop bêtes - ou trop pressés!- pour avoir vérifié les heures d'ouverture et nous voilà arrivés à 9h00.. avec une heure d'attente car musée et magasin n'ouvrent qu'à 10h00. Bon, un café-petit dej' dans une cafétéria et on commence par le V&A.

Autant j'avais une idée assez précise de ce qu'était la National Gallery, autant le V&A a été une surprise, une bonne surprise. Lors de mon premier voyage, je l'avais zappé, lui préférant le British Museum, parce qu'"arts décoratifs", et vu son nom, je m'attendais à quelque chose de plus axé porcelaines et tissus, ou à la gloire de l'ère victorienne, qui fascine pas mal de gens mais me laisse de marbre.
Mais non, il y a des sculptures de l'art indien, des tapis persans et turcs, des expos temporaires qui m'auraient bien tentée ( You say you want a revolution? ou Medieval embroidery) mais le timing de touriste japonais qui était le nôtre ne nous le permettait pas. Mais gniii le musée annonce une exposition sur Pink Floyd de mai à octobre!).

Après midi, direction le musée d'histoire naturelle, bien sympa avec ses squelettes de dinosaure, son T-Rex animatronique et sa section sur la biologie humaine. Nous avons soigneusement évité la zone "insectes et autres bébêtes rampantes " eu égard à la phobie pour tout ces animaux de l'un d'entre nous - et ce n'est pas moi!

Et après: un tour chez Harrods histoire de voir un peu ce magasin très très cossu où un portier en tenue surannée vous ouvre la porte en s'inclinant, où une autre personne est payée pour actionner à votre place les boutons de l'ascenseur... le tout au milieu de boutique de luxe, voire d'ultra luxe vendant pour certaines de la high tech dernier cri. Pas mon milieu naturel habituel,je me suis quand même sentie vraiment péquenaude avec mes vieilles fringues fonctionnelles.
Un détour au rayon thés, et me voilà repartie lestée d'une boîte de thé et de trois boîtes de chocolat en poudre - mais il y'avait une offre " 3 pour le prix de 2", je n'allais pas rater ça,je connais des gens qui aiment le chocolat chaud. ce n'est pas trop mon cas, mais j'en offre 2, et je garde la 3° pour tenter le coup, et en avoir à proposer lorsque des amis passeront me voir.

Comme il nous restait du temps libre, David a insisté pour aller voir le "musée" Sherlock Holmes de Baker Street, reconstitution d'une demeure de l'époque Victorienne avec objets anciens et statues de cire qui font référence aux enquêtes de Sherlock Holmes. En soit pourquoi pas, l'idée d'avoir fait un lieu hommage au personnage de Sir Arthur Conan Doyle à l'endroit exact mentionné dans les livres est plutôt sympa, mais c'est très cher (15 livres! ) pour ce que c'est: une maison ancienne très étroite aux pièces minuscules flanquée d'une boutique à goodies. J'aime bien les enquêtes de Sherlock en livres ou dans la version Jeremy Brett - car non, rien à faire, la version contemporaine, je n'y arrive pas, je vais me faire siffler, mais non, ça ne passe pas!

Mais je ne suis pas assez fan pour apprécier de débourser le prix d'un repas pour ça. Si j'avais su, je leur proposais de se retrouver quelque part pour le dîner, et je repartais voir l'expo sur la broderie ou sur la musique. En même temps, je savais qu'il s'agissait d'un attrape-touriste, donc en un sens je n'ai pas été déçue, mais à 2 voix contre 1, j'ai dû plier.
C'est vraiment le seul point noir de ce voyage, l'endroit que je déconseille, à part d'être vraiment un fan absolu, il y a mieux à voir et à faire.
Et donc après cette déception, d'un commun accord, il serait bon d'aller voir Big ben et faire une tour sur les bords de la Tamise à la nuit tombée quand même.
Hum les pieds commencent vraiment à souffrir et ce malgré les chaussures de marche, mon habitude de marcher, et le recours autant que possible aux transports en commun. C'est là que je félicite ma copine pour son choix de l'hôtel avec piscine..

Jour 3: cette fois on vérifie les heures.. tout ouvre à 10h00, donc on prend le temps de partir un peu plus tard et de faire un stop café avant d'aller au British museum. Cette fois, opération stratégiques: mes amis n'y sont jamais venus, j'y avais passé 3 heures lors de mon voyage 10 ans plus tôt, principalement dans les sections Angleterre romaine et médiévale, trésor de Sutton Hoo, égypte prédynastique et un rapide passage dans la section Egypte des pharaons.
Donc on se sépare, on se retrouve dans 2 heures devant la voiture peinte dans l'entrée.
Et cette fois, passage dans la bibliothèque et visite des sculptures et de l'orfèvrerie renaissance, puis je repars dans l'autre sens pour voir la statue de l'île de Pâques avant de monter finir la zone Egypte Pharaonique. Un rapide passage à nouveau au trésor de Sutton Hoo ( décidément une merveille), et je termine par la sculpture Egyptienne et perse et les frises du Parthénon. Et c'est déjà l'heure!

pour mes camarades de challenges littéraires

Je remercie ici messieurs Otis, Roux et Combaluzier pour leur génie, sans qui j'aurais énormément perdu de temps dans les escaliers.
Pause repas - je n'ai pas parlé des autres dans des pizzerias ou chaînes de restauration rapide sans grand intérêt - pour signaler l'excellent burger avec une énorme salade pour un prix raisonnable ( enfin, raisonnable pour Londres) mangé juste à côté du métro Holborn, ici.  Apparemment, Byron est une chaîne mais qui a su nous mettre d'accord mes copains carnivores et moi qui ne mange pas de boeuf. C'est bien agréable de pouvoir avoir un burger au poulet rôti et non pas frit, et sans mayonnaise. Donc même si c'est une chaîne, c'est à mi chemin entre le fast-food et le restaurant classique, je recommande. Et ensuite que faire de notre après midi.  Retourner au Bristish? hmm non, trop de classes très bruyantes et de groupes de 50 touristes agglutinés.

Et si on finissait la National Gallery il nous en manque plus de la moitié et c'était plus calme.
Ok, c'est parti. Manque de chance, je suis fan du Caravage et sur les 3 tableaux qu'elle compte, 2 ont été prêtés à une exposition à l'autre bout de la Terre. Hop, j'évite la masse de touristes collés devant les impressionnistes et je tombe en arrêt sur le "Lac Kaitele" du peintre finlandais Akseli Gallen Kallela. Un petit cadre que personne ou presque ne remarque parce qu'il est dans une salle où il y a aussi Manet, Monet, Pissaro, Corot, Seurat...
Il ne donne pas grand chose vu de près, c'est vrai, mais à bonne distance, je trouve l'effet de reflet sur l'eau absolument remarquable, presque métallique, et pourtant ce n'est qu'un mélange de blanc et de tonalités de gris - bleuté.
Et ça marche aussi sur l'ordi, tentez le coup et éloignez vous de votre écran




Puisqu'il fait encore jour, retour à Covent Garden, où, cette fois, les boutiques sont encore ouvertes, dégustation de thé et de chocolat chaud et achat d'une poudre de chocolat blanc parfumée à la framboise. A consommer avec modération, parce que je vais être malheureuse quand il n'y en aura plus. Apparemment c'est une édition spéciale saint Valentin, on a eu la chance de passer quelques semaines avant.
Je disais que je n'aime pas le chocolat chaud, en fait, je n'aime pas le lait chaud. Mais même avec du lait chaud, dans la boutique, c'était plutôt bon. Mon idée est donc de le tenter au lait d'amande chaud, et verdict au retour, c'était la bonne solution: c'est excellent comme ça.

Et s'il n'y en a que 3, c'est seulement à cause de la limitation à 1 sac cabine dans l'avion.

Vu que nous devons repartir tôt le lendemain et qu'il n'est que 18H00, nous décidons de manger ce soir au restaurant de l'hôtel. Isa, crevée, choisit de rentrer, David et moi préférons faire un tour dans Soho, malgré nos pieds en compote, avant de revenir. Bien nous en a pris, quelques jours après le jour de l'an chinois, le quartier asiatique était encore décoré.



Une dernière piscine avant de se lever à 5h00 pour partir prendre le bus, le métro, la navette, l'avion, la voiture, re le métro à Marseille et re-le train. Ce qui me fait quand même arriver chez moi à 15h15.
La prochaine fois je prends l'Eurostar, il passe parfois par ma ville, et 5 fois par semaine en été, en me débrouillant, bien,  même si c'est plus long et plus cher, ne serait-ce que pour éviter les longues attentes à l'aéroport, les changements de mode de transport fatigants et avoir le droit à une valise normale et pas un sac cabine riquiqui ( pas merci Easyjet).

Lors de mon premier voyage, il y a presque 10 ans, avec d'autres membres de mon cours d'anglais, c'était aussi 2 jours et demi, mais en WE. Je n'avais pas fait grand chose le vendredi hormis un tour de bateau sur la Tamise et voir Tower Bridge de nuit, tant j'étais épuisée ( et grosse frustration d'ailleurs car il y avait un concert de The Animals dans un club de la ville. Et oui, ce groupe existe et tourne encore, sous le nom Eric Burdon and The Animals. Mais j'étais un peu malade et trop fatiguée pour y aller. Such a shame!

Le samedi, je crois me souvenir que nous étions allés en groupe voir la Tate Gallery, et de mon côté il m'était arrivé un truc marrant. J'avais repéré un concert de blues gratuit dans un pub, et donc décidé d'aller l'écouter, je pensais tomber sur un petit pub avec assez peu de monde, mais surprise, il était plein à craquer, mais vraiment à craquer. Et plein de gens qui m'ont abordée pour savoir qui m'avait invitée, avec qui j'étais venue, de qui j'étais la copine.. Gneuh? c'est quoi ce truc? Ha non , je suis juste venue écouter le concert...

Le hasard a fait que je suis tombée sur une soirée " Singles in London", groupe défunt sur Facebook... un site internet encore assez récent que je ne connaissais absolument pas, que j'ai donc découvert dans la foulée ( Il y a bien encore une page de ce nom, mais elle n'a rien à voir)
Oui, je prévois depuis chez moi d'aller écouter un concert, sans savoir que les célibataires de Londres ont choisi justement ce jour là pour essayer de venir trouver l'âme soeur dans ce même pub. Ceci dit la soirée a été un excellent test: si j'ai réussi à discuter avec des gens dans un endroit remuant et bruyant, ça veut dire que mon niveau d'anglais est assez bon! Et ça avait été plutôt rigolo, j'ai pas mal bavardé avec une étudiante algérienne trop contente de pouvoir un peu parler français, un étudiant italien, et un anglais à chapeau nommé Tristan, venu de je ne sais plus quel coin. Pas vraiment de vrais londoniens donc, mais c'était bien sympa.

Et le dimanche, j'avais choisi de ne pas aller voir la relève de la garde à Buckingham, sous la pluie, mais de faire un tour à Camden Town, au marché Hippie/Punk/Goth. Autant dire que c'est fait pour moi, ça, et que j'ai adoré.
En plus une partie étant couverte, j'ai pu en profiter, halluciner, si j'ose dire, devant les stands vendant à la sauvette des champignons mexicains... oui, c'est passible de prison depuis 2005, mais en 2007, on en trouvait encore au vu et au su de tout le monde. Je ne sais pas si c'est encore le cas en 2017 ou si la législation s'est durcie.
Après quoi, j'avais fait un tour dans Regent's park profitant d'une éclaircie pour aller manger sur un banc en regardant les écureuils, et terminer par le British Museum au moment où la pluie est revenue.

Donc ce qui est bien, c'est que mes 2 voyages se sont bien complétés, j'ai pu voir des choses différentes. Mais maintenant, j'aimerais bien retourner à Camden un jour non pluvieux pour profiter du tout proche cimetière de Highgate, pousser jusqu'au château de Windsor ( car oui, je trouve les périodes médiévale Renaissance plus intéressantes que l'époque de Victoria). Et, encore une chose qui est impossible en 3 jours et sous la pluie, profiter de la campagne, ou faire ma touriste à Stonehenge.

Bon l'idée est là, il ne reste plus qu'à trouver un créneau de temps libre, mais ça ne sera pas pour cette année les vacances sont prévues... loin , même si je reste dans le Commonwealth .

mercredi 21 juin 2017

Gustav Holst (1874-1934)

21 juin, et il était temps que je publie un peu pour le mois anglais! Fête de la musique oblige, on va donc parler de musique.

Souvenez vous, il y a deux ans , je vous ai fait découvrir, j'en suis sûre, William Hurlstone, un compositeur anglais quasiment oublié.

On va rester à la même époque et parler un peu de son contemporain , plus connu et qui, si son nom ne vous parle pas spécialement, a eu une influence énorme sur la musique au XX°siècle, et particulièrement, la musique de films. Chose étonnante, Holst et Hurlstone en plus d'être tout à fait contemporains , avaient le même problème de santé, et, bien qu'asthmatiques, jouaient d'un instrument à vent. apparemment on pensait à l'époque que cette pratique améliorait l'asthme.

Et visiblement, Gustav Holst aimait les voyages, puisqu'il nous propose une symphonie " The Cotswolds" , La Rhapsodie du Somerset, Sept airs écossais.. et sans se cantonner à la Grande Gretagne, puisqu'on trouve aussi dans ses oeuvres Indra ( un poème symphonique sur le dieu indien), Beni mora ( alias " suite orientale) et  une "suite japonaise".
En musique comme en réalité d'ailleurs puisque il a beaucoup voyagé et randonné, en Allemagne, en France, en Grèce, en Algérie...

Allez, partons en voyage avec Gustav!

Sept airs écossais

Somerset Rhapsody

Beni Mora




Suite Japonaise ( qui commence par un solo de basson, yahou!!)




Un grand nombre de morceaux, donc,cependant éclipsés par son oeuvre la plus célèbre et la plus jouée encore à l'heure actuelle " les planètes". Ou chaque section représente une planète et une ambiance. Mars représente bien sût la guerre, Vénus, la paix,  Saturne la Vieillesse, Jupiter ..la joie ( oui, ça n'est pas exactement ce à quoi on pense en premier. Mais il y a une logique, en anglais comme en français le mot jovial évoque à la fois la joie et la plante Jupiter, dont on pensait qu'elle influençait positivement l'humeur)


Pour en revenir à la musique de film, écoutez en particulier le premier Mouvement " Mars" et sa rythmique très .. ben.. martiale.
Ca vous rappelle quelque chose?



C'est normal.
Voici quelqu'un qui explique bien mieux que moi (et en anglais), l'influence des Planètes de Holst sur la BO de John Williams pour Star wars


Ce n'est pas la seule influence de Williams bien sûr, mais le rapport entre Mars et Star Wars est flagrant,à tel point qu'on doit pouvoir parler d'un hommage sans se tromper beaucoup.

Au delà de ça, une chose me parait intéressante: les mouvements ne sont pas classés dans l'ordre physique des planètes ( qui aurait été normalement, Mercure, Vénus, Mars, etc..)
Mais dans l'ordre: Mars, Vénus, Mercure, Jupiter...
Et Vénus ne représente pas l'amour, mais la paix.

Soit en considérant ce qu'elles représentent: la guerre, la paix, le messager, la joie... En sachant que la suite a été composée entre 1914 et 1917 ( et que Holst aurait voulu s'engager à l'époque mais a été réformé pour cause de santé) le message est assez clair

D'un point de vue personnel j'aime bien le mouvement "Uranus- le magicien" ( qui cite plus ou moins l'apprenti sorcier de Paul Dukas. Comme quoi, Dukas influence Holst qui influence Williams.. et en remontant encore, on doit pouvoir trouver qui a influencé Dukas, et qui à influencé celui qui a influencé Dukas, et tracer un arbre généalogique d'influence. Cette idée m'éclate totalement)



dimanche 14 mai 2017

Le mois anglais, édition n°6

Juin approche à grands pas, et alors que je n'ai pas encore honoré du moindre billet le mois italien, je commence déjà à réfléchir au rendez-vous So British, qui revient avec la même régularité (et au même moment) que le Derby d'Epsom.

Toujours en compagnie de Lou et Cryssilda, as usual.

Pour ce qui est des lectures, je n'ai prévu que le Tome 3 des Gnomes de Terry Pratchett et un recueil de nouvelles de Brian Aldiss.
Ah, si , j'oubliais, j'ai encore un billet sur une lecture d'il a quelques temps à programmer ( l'île du dr Moreau, que j'ai fini trop tard pour le mois Halloween et ma thématique " monstres en tous genres"). Il faut que je réfléchisse à une 4° lecture , histoire d'avoir au moins une lecture par semaine. Je pense qu'il va bien y avoir un jour " Agatha Christie" , c'est aussi traditionnel que les scones.

mmmm scones...(par contre, je vais faire mon mea culpa, je préfère le thé vert au thé noir)


Il y aura de la musique, comme d'habitude, avec un sujet spécial Swinging London, un autre sur Gustav Holst et.. hé bien, là encore, j'aviserai. Ce n'est pas que je n'ai pas d'idées, mais au contraire que j'en ai trop.

Et au minimum un film. Je vous donne un indice:



Probablement d'autres aussi, à aviser en fonction de mes envies du moment. Tiens oui je vais tenter 1 lecture et 1 film par semaine.

J'ai aussi un billet "voyage " à programmer, puisque j'ai passé quelques jours à Londres en janvier dernier.

Depuis mon changement de travail, je n'ai plus beaucoup de temps libre pour la lecture: il faut dire que dans mon précédent emploi, je lisais au travail quand il n'y avait personne, et croyez-moi, j'en avais , du temps à tuer. Et là, c'est l'inverse, je commence à 8h30, je me lance dans ce que j'ai à faire, j'enchaîne les tâches tellement variées que j'arrive à 12h00 en n'ayant pas arrêté une seule seconde, et en ayant paradoxalement l'impression de n'avoir rien fait car.. c'est justement tellement varié que je n'arrive pas à me souvenir de ce que je fais. Bref, je ne m'ennuie plus, et ça c'est déjà une bonne chose! L'envers du décors, c'est que je passe maintenant 7h12 par jour su l'ordinateur et à lire des dossiers, donc , une fois rentrée chez moi, j'ai plutôt tendance à vouloir faire autre chose.


Allez, préparez vos valises, ça commence le 1°Juin

jeudi 4 mai 2017

Pourquoi la Guyane?

hé oui, pourquoi?

LA raison principale est à peu près celle qui attire le plus de visiteurs dans ce coin là : aller voir quelqu'un qui y habite ou qui y travaille pour un temps. L'autre étant: aller y travailler, en général chez Arianespace.

Et c'est à peu près tout, au grand désarroi de l'office de Tourisme local, qui peine à faire venir du monde pour d'autres raisons. Avec la Martinique et la Guadeloupe, leurs plages de sable fin et leur mer bleue, c'est sur que la Guyane a des voisins qui drainent la majeure partie des touristes de métropole. Et font plus rêver (ou crever de jalousie, au choix) les gens à qui vous raconterez vos vacances.

Or je suis venue, j'ai vu, et j'ai beaucoup aimé.
Bon j'avoue, ça fait aussi des années que je comptais y aller quand l'occasion se présenterai pour une raison qui tient en quelques mots : " base de Kourou", et si possible pour voir un lancement de fusée.

Pas de chance pour moi - mais c'est mon karma moisi qui veut ça -  un lanceur Ariane 5 a décollé la veille de mon arrivée, et un lanceur Vega le lendemain de mon départ. Mais mes dates étaient calées , réservées, bloquées depuis des mois quand je l'ai su, et avec ma déveine clinique, il n'y a eu ni grève, ni vent qui auraient pu faire reporter Ariane.

Après pour le reste, comme je suis surtout allée voir une copine, mon programme était assez libre, avec quelques " clous" touristiques précis: une semaine à Cayenne, une autre divisée entre Kourou et Saint-Laurent du Maroni, retour à Cayenne pour reprendre l'avion, et un guide touristique en poche pour se donner des idées une fois sur place.
Bon évidemment, il y avait les incontournables: îles du Salut, bagne de la transportation ( histoire de se souvenir que la France , si prompte à se glorifier d'être la patrie des droits de l'Homme, a quand même beaucoup de choses à se reprocher. Si vous voulez, la Russie a eu la Sibérie, la France a eu la Guyane. Le même principe, en beaucoup plus chaud et humide) , Base de Kourou, Marché de Cacao, promenade en pirogue sur le Maroni..

Donc nous voilà partie en septembre dernier, ma mère et moi ( on aime bien voyager ensemble, on s'entend bien et on n'a pas vraiment eu l'occasion de le faire les 35 premières années de ma vie. Donc maintenant, et depuis 2010 c'est en gros , un voyage ensemble par an, si possible bien loin!), après avoir choisi la saison sèche, bien évidemment, pas question de se faire pourrir les vacances par des trombes d'eau et de ne pas pouvoir aller se promener en forêt à cause des chemins détrempés.

Les avantages: il pleut peu, une averse en deux semaines, et peu de moustiques. sans exagérer, j'ai été autant piquée, moi qui les attire à des kilomètres même à travers une épaisse couche d'anti moustique, sur moi ET sur les vêtements, en deux semaines sous l'équateur ou presque, que la semaine de mon retour à Avignon... en octobre.

Les inconvénients: il fait chaud, ça on le sait . Mais si je supporte mal le chaud ici chez moi parce que je n'ai pas d'autre choix que de le subir, en vacances, c'est différent: pas de nécessité d'être efficace au travail par 35°C à l'ombre, je peux flemmarder un moment sans remord si vraiment c'est trop dur. Et puis, on venait de se payer un été caniculaire depuis juin, nuit et jour sans le moindre répit, donc en réservant une chambre climatisée chez l'habitant, au final, ça a été largement plus supportable que chez moi avec mon malheureux ventilateur.
Non le vrai problème pour moi c'est la luminosité aveuglante dès le matin . Hé oui, on est presque sous l'équateur, et le soleil est quasiment vertical du matin au soir - qui tombe tôt, il faut le savoir. La région n'a pas de décalage par rapport à l'heure solaire ( heure d'hiver , heure d'été hahaha, c'te blague) pour une raison simple: lancement de fusées. Pas question de risquer de s'emmêler les pinceaux et de foirer un lancer à ouat'millions d'euros et de devoir rembourser le client parce qu'on aura mal réglé les horloges en mars ou en octobre. Et être calés sur l'heure solaire est plus simple pour suivre la fusée avec des balises mondiales toutes calibrées pareil.
Mais j'y reviendrai quand je parlerai de la base.
Revenons en à notre soleil cru et vertical. Ca pique. Ca pique beaucoup. Même avec des lunettes solaires "noir profond", spécial montagne, filtre UV maximal.


Et qui dit mal aux yeux, dit "mal de tête", et j'ai bien dérouillé sur ce point là les premiers jours.

Après il y a eu 2 moments difficiles:un mois avant le départ, avec le vaccin obligatoire contre la fièvre jaune, qui m'a valu une semaine d'arrêt maladie tellement je l'ai mal supporté ( en même temps, je me dis que si le vaccin m'a ratatinée, qu'est-ce que ça aurait été si j'avais réellement chopé la fièvre). Mais bon, quand on vous donne le jour du vaccin, une liste des effets secondaires avec " cas rares, 1 sur 1000".. mmm on n'a pas la même définition de rare. Le truc " fun": j'ai eu tous les jour un nouvel effet secondaire , différent de la veille.J'ai réussi à aller jusqu'au " cas très rare 1 sur 10 000", encre ma sempiternelle veine: j'ai un système immunitaire très très très compétitif. Trop. Et j'ai toute une panoplie d'allergies très relou à cause de ça.
Bon heureusement je me suis arrêtée là (puisque je suis encore de ce monde pour le dire), mais j'ai dérouillé sévèrement quand même.

Et l'autre, ça a été le retour, et l'angine carabinée, chopée dans l'avion  grâce à la climatisation polaire - ou qui paraît polaire quand on a passé beaucoup de temps à 35°C - et le retour en métropole ou 2 semaines ont suffit à passer d'une température proche à quelque chose comme 12°C avec un vent à faire voler les pierres. Et c'est pour qui la nouvelle semaine d'arrêt maladie, c'est pour bibi!

Oui je sais, je vous vends du rêve là. Mais d'une le vaccin dure bien 10 ans ( et dans mon cas, il y a des chances que l'effet dure plus, et de toutes façon, même le rappel du tétanos me fout à plat), on est tranquille pour longtemps quand on y survit ( gniark gniark). Et puis une angine, bon.. dans le fond, c'est comme qui dirait une manière de revenir à la réalité quand même moins violente que le travail. si j'assume ce que je dis, vu le travail que j'avais encore à l'époque, c'était presque une semaine de vacances en plus. En tout cas, rien pour me convaincre de rester chez moi à l'avenir.

Non n'allez pas en Guyane, c'est moche..
l'architecture est banale
la nourriture peu variée et très fade

La faune est sans intérêt

et plus généralement, il n'y a rien de bien passionnant à y voir .
Non n'y allez surtout pas... Je n'ai pas spécialement envie de voir ce coin là envahi de hordes de touristes. D'ailleurs, c'est la lose, il n'y a pas de resort sur la plage, on est obligés de louer une chambre ou un appartement chez l'habitant et une voiture pour se déplacer. Nan, restez chez vous, ça sera mieux :D

Tout ça pour dire que j'ai vraiment aimé ce coin encore isolé, où, en revenant tard le soir en voiture entre Kourou et Cayenne, j'ai demandé à ma mère d'arrêter la voiture sur le bas côté pour admirer un ciel étoilé quasiment sans aucune pollution lumineuse, chose que je n'avais jamais vue de ma vie. Un régal. Rien que pour cette vue j'ai envie d'y retourner.

Et pour tout ce que je n'ai pas eu le temps de voir: les marais de Kaw, la ponte des tortues marines à Awala-Yalimapo, Saul ( alias un des bleds les plus perdus de la planète, accessible au choix en quad en 15 jours de piste,à pieds en 25 jours... ou en avion en moins d'une heure), la descente du Maroni en version longue de plusieurs jours...

mercredi 3 mai 2017

challenge Amérique du Sud

Encore un challenge, alors que je peine à remplir mes missions actuelles?

Hé oui, mais d'une part celui-ci finit en décembre, et ça serait bien incroyable que je n'arrive pas à caser au moins un ou deux sujets d'ici à, d'autre part, c'est une région du monde dont je connais assez peu la littérature, d'autre d'autre part ceux qui me suivent régulièrement le savent, je suis partie l'an dernier en vacances en Guyane, et j'ai adoré. J'ai même ramené des tas de souvenirs, qui se mangent et se boivent, qui se regardent et aussi qui se lisent.
après m'être fait confirmer que la Guyane compte donc dans le défi, j'ai décidé , sans que ça soit restrictif, de concentrer mes efforts sur ce bout de France sud-américaine, qui fait que contre toute attente la plus longue frontière française soit celle avec le Brésil ( frontière terrestre j'entends, je ne connais pas le détail des frontières maritimes et des eaux territoriales. Hé oui, réfléchissez y: la France a une frontière commune terrestre avec le Brésil et une frontière commune avec le Canada: en pleine mer grâce à Saint-Pierre-Et Miquelon.. ça vous coupe la chique non?)
Au départ, c'était une idée d'Eimelle, créatrice par ailleurs du challenge Italie ( pff c'est maintenant en ce moment, et j'ai du retard!!!), et également grande fan de théâtre que j'ai eu l'occasion de rencontrer en vrai du direct de la réalité IRL, quand elle vient au festival d'Avignon.
Le challenge a été repris par "Ma petite médiathèque" depuis janvier, mais je ne l'ai su que récemment, je sais, je suis à la ramasse.

Pour les modalités, c'est ici


Il y aura donc pour moi une petite série de billets spéciaux "Lagwiyan", sur ce que j'ai vu, fait et surtout mangé, rassurez-vous je n'oublie absolument pas ce paramètre importantissime, et j'ai aussi un peu de lectures en réserve, des contes, des récits du peuple Saramaca, un roman policier. Je vais piocher par là!

Si le temps est avec moi, je tenterai quand même de visiter littérairement un ou deux autres endroits, mais pour moi ça sera donc surtout un challenge Guyanais.

Ho et puis, je vais donc inaugurer avec une chanson en créole.. "Lagwiyann bel ti koté" ( la Guyane est un bel endroit)
Parce que c'est le genre de choses que j'ai écoutées pendant deux semaines à la radio locale, et que ça me file le sourire.

Alors pour que les choses soient claires, je ferai une mise à jour de ce sujet lorsque des choses s'ajouteront. Et je commence par lister les 2 billets guyanais que j'avais déjà faits


Thématique "Lagwiyann Bel Ti koté" (oui ce titre me plaît!)

Folklore
- Maskilili, chouval twa pat et autres monstres de la jungle

Visites
- Cimetière de Cayenne






Autres lieux, otros sitios, outros sitios...




lundi 17 avril 2017

La ménopause des fées tome 1 - Gudule

Je ne voulais quand même pas faire un zéro pointé pour le mois belge, alors, profitant d'un arrêt maladie qui m'a coincée quelques jours inopinément à la maison, j'ai un peu lu, vu quelques films,  pas mal fait le ménage et beaucoup procrastiné.

Il faut dire que cette année, je n'avais pas grand chose d'avance comme lectures belges, et je suis allée voir du côté des e-books que j'avais acheté l'an dernier lors d'une opé promotionnelle.
Bingo, j'avais ce tire ( que j'avais pris parce qu'il me faisait rire) de Gudule. J'avais déjà chroniqué un autre titre l'an dernier, va pour cette histoire de fée. Et je peux déjà vous dire qu'elle n'est pas franchement pour les enfants...




En effet, les temps sont durs pour les héros de la geste Arthurienne.

Après des siècles passés tranquillement dans sa forêt de Brocéliande, Merlin n'est plus le glorieux enchanteur qu'il a été. Lorsque la forêt est rasée, il part à Paris, pour squatter la station de métro Brocéliande ( baptisée ainsi pour calmer la fureur des écologistes après destruction de la vraie Brocéliande). Une station sordide, dans un coin assez mal famé, où Merlin, devenu SDF alcoolique et vaguement timbré, s'installe en compagnie de trois fées de 15 cms de haut qui n'ont rien à lui envier question déchéance: Vivi est devenue amatrice de calembours foireux depuis qu'elle a failli être assommée par un almanach Vermot. Ce qui est une lecture encore assez saine, en comparaison de celles de Morgane. Laquelle s'est auto rebaptisée Moorgën depuis qu'elle s'est pris de passion pour les thèses d'extrême droit. Et la dernière, Clochette, assume pleinement d'être une cochonne miniature, qui se fait passer pour une figurine dans le but d'être ramassée par gamin, qui la tripotera allègrement.
Un enchanteur alcoolique, une fée à l'humour douteu, une autre néo-nazie et une troisième perverse.  Avec en prime un chien galeux, que Merlin baptise " Excalibur". Ce petit monde vivote en paix, jusqu'au moment ou Merlin trouve la carte de transport d'une certaine " Linda Graal", coiffeuse dans un salon miteux de ce quartier pauvre. Ni une ni deux, le voila qui décide de partir non en quête du Graal, mais de "la" Graal. Qu'il découvre en train de manger un sandwich au bar le Celtic tenu par Geneviève Gloadec ( immédiatement intitulé Dame Guenièvre par Merlin de pochard), en compagnie d'Arthur Lancelot, chômeur et dealer de cannabis à ses heures, fournisseur attitré et amoureux pas très transi de ladite Linda.
Trop de coïncidence décide Merlin: c'est un signe, le signe que le destin veut revenir aux temps glorieux de la chevalerie, et qu'il va avoir, pour se réaliser, besoin d'un sérieux coup de pied au cul que se Merlin se charge de lui donner ( et par la même occasion, retrouver un peu de sa défunte gloire)
Sa solution: empêcher Arthur de conclure avec Linda - car la geste est très claire: ça n'est pas Arthur qui trouvera le graal - et dégotterle Perceval des temps nouveaux pour le conduire à faire un enfant à Linda. Et ça tombe bien, il y a pas loin un type à la retraite, délinquant pas juvénile du tout, tagueur sexagénaire, qui occupe ses journées à dessiner de poétiques forêts enchantées sur les murs. Connu dans le quartier comme  "le père Cheval", ancien facteur, comme on peut le deviner.

Et j'ai bien aimé cette histoire complètement foutraque, ce Merlin dérangé et ses fées vieillissantes qui ne valent pas mieux, cette population modeste, qui rejoue à son insu une histoire épique qu'elle ne soupçonne pas. Tout y est outré, caricaturé ( bien sûr, la shampooineuse Linda n'est pas très futée, bien sûr son patron est homosexuel, bien sûr Geneviève est à la fois femme d'affaire et indécrottable fleur bleue...) mais le mélange de dialogues populaires voire crus mélangés à une narration au contraire, volontiers grandiose par moments est bien drôle. Le propos est souvent cru, mais Gudule, c'est tout à son honneur, reste sur le fil de la familiarité sans sombrer dans la vulgarité facile, justement grâce à ce ton décalé.

Et j'apprécie énormément que le dessin de couverture soit de Jean Solé, comparse de feue Gudule à Fluide Glacial ( d'ailleurs, c'est là que j'ai lu son nom pour la première fois il y a des années, elle faisait souvent de petites chroniques dans le magasine). En fait tout au long de ma lecture, j'ai vraiment imaginé cette histoire en mode " BD trash". C'est très visuel et on sent bien que Gudule fréquentait régulièrement la bande de Fluide Glacial.

En tout cas, ça m'a bien plu, c'est tout sauf prise de tête, je lirai volontiers la suite quand j'aurais l'occasion.

Ah et oui, pour ceux qui se demandent la "ménopause " des fées, c'est la fin de leurs pouvoirs. Elles naissent avec un "stock" de magie, et plus elles l'utilisent, plus il s'amenuise, jusqu'à arriver à zéro au bout d'un moment. Et une fée sans pouvoir autant dire qu'elle perd sa fée-minité et qu'elle est bonne pour la retraite.


C'est trop tard pour le Challenge "lectures arthuriennes"qui a fini depuis au moins deux ans, et le blog qui l'organisait a disparu de la toile, dommage...

jeudi 6 avril 2017

Leonora Carrington ( 1917- 2011)

L'autre jour , comme je parlais des Gymnopédies de Satie pour le film Paris pieds nus, j'ai voulu vérifier l titre, et en cherchant sur Youtube, je suis tombée sur un enregistement illustré de peintures surréaliste de Leonora Carrington.

Je ne connaissais pas du tout cette dame, mais, en voyant qu'elle était née le 6 avril 1917, j'ai eu envie de vous la faire découvrir pour le centenaire de sa naissance.

Leonora Carrington est donc une peintre et écrivaine anglo-mexicaine, née en Angleterre, qui a vécu en Angleterre, en France, en Espagne, avant de partir pour le Mexique.
Sa peinture me parlait pourtant, pas en elle-même, je suis sûre de ne l'avaoir jamais vue auparavant, mais parce qu'elle me rappelait en particulier Max Ernst et bingo, Leonora  a vécu et travaillé un temps avec lui, l'influence est assez marquée..

J'aurais pu garder ce billet pour Halloween, vu le côté un peu monstrueux de sa peinture ( c'est peu dire que c'est un coup de coeur immédiat pour moi) mais autant marquer le coup du centenaire!

Reina de los mandriles
baño de pajaros

La maja del tarot
La danza de los espectros
une tentation de Saint Antoine qui évoque un peu Jérôme Bosch



operation wednesday ( là encore un petit côté Bosch, sur l'extraction de la pierre de folie)
Brujas juegan al cubilete

the ancestor

the cockrow

Pour les suivants, je n'ai pas trouvé le titre..

le personnage rappelle un peu les gravures aztèques

sur celui-ci, ce sont tout à fait les couleurs qu'on trouve souvent chez Max Ernst
un autre Saint Antoine, là encore il y a du Jérôme Bosch..
qui n'aurait pas renié ce petit monstre musicien
Je vous le dis, coup de coeur immédiat pour cette sarabande de fantômes et de monstres qui doivent autant à l'Europe qu'au folklore mexicain.
La plupart des images que j'ai sélectionnées datent des années 50 à 70, mais pour voir une évolution de son style par époques, c'est ici

samedi 1 avril 2017

Paris Pieds Nus ( film 2017)

Mois Japonais sur l'autre blog, mois belge sur celui-ci. et si j'avais pas mal de billets d'avance pour le mois japonais, en revanche, ce sera plus compliqué pour le mois belge.
et comme avec mon changement de travail, je n'ai ni vraiment le temps, ni vraiment le goût de lire pour le moment ( je lis beaucoup de dossiers et j'écris beaucoup de mails, dans le cadre de ce nouveau job, donc, le temps que ça se décante, je préfère.. faire autre chose de mon temps libre) et j'ai décidé que les prochaines semaines seraient plutôt axées cinéma.

Comme parfois, les choses se goupillent bien, c'est justement le moment où le cinéma d'à côté a décidé de programmer "Paris pieds nus", nouvelle comédie burlesque du duo fanataisiste belgo-canadien Dominique Abel et Fiona Gordon. Je les avais découverts il y a quelques années avec le délirant " l'Iceberg" où une femme coincée toute une nuit dans la chambre froide du restaurant où elle travaille. Le choc thermique lui causant un choc psychologique et une véritable obsession pour la neige, la glace et le pôle Nord.
Je n'ai pas vu les films suivants, qui n'ont pas été diffusés ici à ma connaissance, mais j'ai donc sauté sur l'occasion de voir un peu d'humour absurde en ce jour pluvieux.

l'affiche annonce la couleur, ou plutôt les couleurs, très présentes, très pimpantes

Un film donc belge, avec une actrice principale canadienne et qui se passe à Paris.

Fiona, rousse canadienne à lunettes vit au fin fond d'un coin paumé et couvert de neige du Canada. Une quarantaine d'années plus tôt, sa tante Martha, danseuse,  a tout plaqué pour aller faire carrière en France.

un coin paumé , neigeux.. et venteux!

Mais voilà, Martha a maintenant 88 ans, elle pète la forme, mais perd un peu la mémoire, et lance un SOS à sa nièce pour qu'elle viennent à sa rescousse: les assistants sociaux ont décidé qu'il était grand temps pour elle d'aller en maison de retraite, et Martha refuse absolument.

Ni une ni deux, voilà Fiona, qui n'a jamais quitté son coin, partie avec un sac à dos aussi grand qu'elle, surmonté d'un cocasse drapeau canadien, partie pour un périple parisien à la recherche de tante Martha qui, manque de chance, a décidé justement ce jour là de prendre la poudre d'escampette pour échapper à l'assistante sociale.
Sitôt arrivée, la malchanceuse Fiona se retrouve à l'eau en voulant se faire photographier au bord de la Seine - elle s'y retrouvera un certain nombre de fois!

deux secondes avant la catastrophe

Alors qu'elle est repêchée parun bateau mouche, son sac à dos coulé avec elle sera retrouvé par Dom, SDF un peu philosophe qui campe dans le coin, et fouille les poubelles des bateaux restaurants en fonction du menu qu'ils proposent. Aubaine: le sac contient quelques vêtements et de l'argent. Ni une ni deux, Dom vêtu d'un seyant pull moulant jaune canari trouvé dans les affaires de Fiona s'offre un repas de luxe sur l'un des bateaux, où , justement, Fiona crevée et dépitée après une première journée passée à chercher sa tante et à déclarer la perte de ses papiers, tentait d'oublier qu'elle se retrouve elle aussi à la rue, sans le sous, avec seulement un ticket restaurant donné par l'ambassade. Parce qu'elle ne comprend pas le français, elle ne refuse pas une danse à l'envahissant Dom, qui par conséquent, tombe raide dingue amoureux de la pauvre canadienne paumée, et va lui filer le train toute la journée , en version seau de glu ( c'est comme un pot de colle mais en XXL)
en parallèle, on va assister à la journée de Marthe et voir comment tout ce petit monde passe des heures durant séparé seulement de quelques rues, sans jamais le savoir.

Dit comme ça ça n'a l'air de rien, mais ce film est une pépite de bonne humeur. Par son sens du timing et des gags burlesques, que ce soit la manière ridicule dont Fiona se retrouve à l'eau plusieurs fois, le tango totalement décalé sur une musique électro dont les basses font trembler les murs et les gens, un éloge funèbre tout sauf conventionnel, Bob le Canadien de la Police montée,  tante MArtha malade après s'entre envoyé un pot entierde beurre de cacahuettes, la savoureuse référence à la Ruée vers l'or et à la danse des pains faite par Emmanuelle Riva et Pierre Richard ( un acteur que j'aime énormément et dont la carrière est bien plus intéressante maintenant que dans les années 70.Même si son rôle est très court, même en pyjama, il a une classe rare. Quand à feue Emmanuelle Riva, c'est un plaisir pour moi de voir que sa carrière ne s'est pas finie sur le très déprimant " Amour", mais sur ce film burlesque où elle incarne une mamie pétulante.)

Paris pieds nus, et Paris en chaussettes aussi

Les médias insistent sur une parenté de ce cinéma avec Pierre Etaix , Tati, ou Chaplin ( et pour le coup, la référence est même voulue) mais de mon côté c'est plutôt à Buster Keaton et Harold Lloyd que j'ai pensé. L'ascension nocturne de la tour Eiffel autant que les lunettes de Fiona m'ont vraiment fait penser à "Monte là dessus" Et ce n'est pas un mince compliment. En tout cas c'est un chouette hommage au cinéma burlesque et muet, avec ses gags très visuels. Je ne sais pas si les acteurs-metteurs en scène ont commencé par la danse, mais tout est chorégraphié minutieusement, et pas seulement les passages de danse. vu qu'un de leurs film précédents s'intitule rumba, ce n'est pas impossible.

Et quel plaisir, à la fois visuel et sonore que ce plan de l'aube parisienne vue depuis la Tour Eiffel, sur fond de Gymnopédie de Satie, un pur moment contemplatif comme j'aime ( d'où le "Pieds nus" du titre, pas seulement lié aux fait que Dom et Fiona se retrouvent régulièrement sans chaussures)

Donc tout ça pour dire que je conseille chaudement ce film atypique à tous les amateurs de spectacle visuel et d'humour absurde.
Car non le cinéma belge ne se limite pas au cinéma social des frères Dardenne pour ne citer que les réalisateurs les plus connus. C'est malheureusement trop rare que la programmation s'aventure hors des chemins battus et des noms les plus célèbres.

La bande annonce:



Et une interview de Fiona Gordon et Dominique Abel qui expliquent leur travail..


quoi de mieux pour commencer un mois belge un 1° avril qu'un film comique?


mardi 21 mars 2017

re-re-re changement de programme

Car définitivement, rien ne se passe jamais comme prévu.
je dois bien en être à J ou K maintenant. J'éviterai quand même le Q.


Il y a quelques temps, je parlais ici de mon ras-le-bol professionnel, dans mon travail peu intéressant, où j'avais en gros 5 phrases à dire.
Et de mon envie de reprendre des études dans le domaine qui me plaît.
Sauf que...

Non je n'ai pas abandonné cette idée, mais une fois de plus un concours de circonstances m'amène à la retarder.
Car, pour me sortir de cette situation, j'avais aussi entrepris en parallèle, de chercher une mutation , au minimum, de changer de service à défaut de quitter la région.
Et , après des semaines , des mois, des concours, un entretien de mutation sans résultat l'an dernier, le coup de pouce est arrivé d'un certificat médical , attestant que je craignais la moisissure et que je devais changer de poste.
Début février, me voilà au service des mutations, il n'y a rien pour moi, blablabla.. 2semaines après on m'a appelée pour me proposer quelque chose.. et moins d'un mois plus tard, me voilà à un nouveau poste depuis 1 semaine.
Et pour vous dire à quel point les choses se sont précipitées, nous sommes mardi. J'ai passé l'entretien il y a pile 2 semaines. Le jeudi suivant on m'annonçait que c'était ok, et j'ai commencé lundi de la semaine dernière. Une seule fois dans ma vie, pour un petit boulot, ça avait été plus rapide: entretien le jeudi soir, ok , c'est bon, tu commences demain matin.

Mais et c'est un peu le problème, après 7 ans et 3 mois à faire quasiment la plante verte avec une gamme d'environ 8 phrases à dire ayant pour sujet les photos, les sacs à dos, les toilettes et ne pas téléphoner... Je passe d'un poste où je n'avais rien à faire à part lire et compter mes doigts, les dalles du sol, mes cheveux, à un poste où j'ai tout absolument tout à apprendre.Niveau flexibilité, ce n'est plus le grand écart, c'est carrément la compétition olympique de gymnastique. Autant dire le changement absolu, et je dois apprendre en même temps non pas un métier ( assistante d'administration) mais deux ( tenir l'agence de poste en prime). J'ai été engagée sur mes nombreuses expériences de tenue de caisse et le fait que je sache allumer un ordinateur...mais j'ai zéro expérience de secrétariat. Et même pas arrivée à la fin de la première semaine, j'apprends en sus que je suis bombardée secrétaire de mairie. J'ai trois mois pour faire mes preuves dans un secteur où je ne connais absolument RIEN.
Autant dire que les semaines à venir vont être fortement dosées en formation.
Et que je n'ai pas ouvert un livre depuis quasiment 10 jours, pas le temps, et j'ai tellement à mémoriser que mon cerveau dit stop.
Vendredi soir, après 6 jours (parce que j'ai enchaîné les deux postes, samedi repos, dimanche musée, lundi à vendredi mairie), il m'aurait été impossible d'engranger la moindre donnée en plus.




Surchauffe, à la limite de l'écran bleu, défragmentation urgente.

et après ça, le WE dernier, le cerveau a travaillé en arrière plan. Ce n'est pas une vaine comparaison, sinon comment expliquer que j'ai passé la nuit du samedi au dimanche à rêver de colis en instance? Et celle du dimanche au lundi à me réveiller et à penser " heu...attends, j'ai rêvé un truc lié au boulot? Mais.. ça me paraît bizarre, l'histoire du code couleur, là,c'est un truc qu'on m'a réellement dit, ou bien est-ce que c'était seulement un rêve?".

Pas que ce nouveau travail soit passionnant, mais après 7 ans presque et demis dans la position du ficus ( même le yoga ne connaît pas!), même le fait de passer  le matin à vendre des timbres et à envoyer des mails et l'après midi à détruire des archives devenues inutiles dans un broyeur à papier paraît hautement intéressant: je FAIS quelque chose. et arrivée à 16h30, je constante qu'il ne me reste plus que 30 minutes et je rentre chez moi.. sans avoir senti passer péniblement chaque minute.

Du coup avec 3 mois de période d'essai, je peux difficilement reprendre mes études cette années, et , une fois arrivée à la fin de la période, dire " bon ben, c'était cool, merci, mais maintenant je pars en disponibilité pendant au moins 3 ans". Ca ne serait pas cool d'une part, et ça serait aussi le meilleur moyen pour qu'on me le refuse.
Mais, suite logique de cette nouvelle situation: je suis à 3 arrêts de bus de mon nouveau travail. Pas assez de temps pour lire.Pas de temps à la pause déjeuner. Et après avoir passé la journée à essayer de mémoriser des choses, à lire des modes d'emploi ou des mails, à en écrire et à en envoyer.. je n'ai pas franchement le courage de lire tout court.

Regarder des films, oui. Jouer à des jeux vidéo, aussi. Mais là, je n'ai pas le réflexe de lire, même pour finir ce qui est entamé.

Conséquence: Le mois Ecossais ne comptera probablement pas de deuxième lecture. LaSF aura été très réduite aussi. J'ai de l'avance pour le Japon, ce qui devrait me permettre de caler une ou deux participations belges en avril.
Mis pendant quelques temps, suffisamment pour m'adapter à ce nouvel environnement, je suis un peu au ralenti. Promis je reviens bientôt, quand j'aurais un peu plus intégré d'automatismes, ce qui me permettra  de..
Eeeeeet mirde, on change d'heure le Week-end prochain, il va encore me falloir un bon mois pour m'acclimater au décalage horaire.

Bienvenue amis curieux!

Pourquoi le Cabinet de curiosités?

Tout simplement parce qu'on y trouvait un peu de tout, par ordre de pagaille. Cette idée de collection sans thème déterminé me plaît...

Vous trouverez donc ici un peu de tout, de ce qui fait ma vie, mes loisirs: musique, lecture, voyages, etc...
Bonne lecture