mercredi 30 juillet 2014

Au coeur du Yamato t.2 et 4 - Aki Shimazaki

hé oui, tomes 2 et 4 d'une même pentalogie. En fait, simplement on me les a prêtés, et comme l'ordre de lecture n'a pas vraiment d'importance,hé bien, allons y, et comme ce sont deux livres très courts, je les ai lus dans la foulée.

Zakuro ( T2). La grenade en japonais, le fruit, qui est le motif central de ce récit. Nous somme en 1970 dans la famille Toda. Le père, Banzô Toda, était parti travailler en Mandchourie juste avant la seconde guerre mondiale. a cette époque, la Mandchourie était sous domination japonaise, et de nombreux travailleurs y avait été envoyés en mission d'affaires. En 1945, la Mandchourie a été envahie par la Russie, et les japonais restés sur place ont été déportés en Sibérie. Plus personne n'a eu de nouvelles de Banzô depuis cette année là, ses enfants sont persuadés qu'il a du y mourir depuis longtemps. Sa femme en revanche croit dur comme fer à son retour même 25 ans après. D'autant plus dur, que c'est à peu près la seule chose qui la maintien en vie, elle est atteinte d'une maladie d'Alzheimer qui progresse de façon fulgurante et son seul souvenir, son seul espoir est que son mari est en voyage d'affaire en Mandchourie et va revenir un jour.
Un jour pourtant, par un concours de circonstances inattendu et alors qu'il a complètement abandonné l'espoir de revoir son père, Tsuyoshi, le fils aîné, quinquagénaire, découvre que non seulement son père vit toujours, mais qu'il est revenu au Japon et habite la ville voisine depuis 25 ans, sans avoir jamais donné signe de vie. Les retrouvailles sont tendues , mais si Banzô n'est jamais revenu, c'est lié à un événement grave qui s'est passé en Sibérie.

Tsukushi (T4). Le tsukushi, c'est la plante représentée en couverture: la tige à spores de prêle. Cette fois, l'histoire se passe en 1994, chez Madame Yûko Sumida, une femme qui a épousé  13 ans plus tôt un homme très riche, adorable, gentil, le mari idéal en quelque sorte. On apprend pourtant vite que sa vie ne la satisfait pas: issue d'une famille très traditionnelle pour laquelle une femme ne doit pas travailler et surtout se contenter de faire un mariage le plus avantageux possible, elle a du rompre avec son fiancé d'alors, simple représentant, pour épouser le fils du directeur d'une banque qui finançait l'entreprise de son père. Pour éviter toutes représailles économiques envers sa famille en cas de refus, elle a donc choisi le banquier. Qui n'a fait aucune difficulté bien qu'elle ai été enceinte de son précédent fiancé, au contraire. Et comme il n'y a pas eu d'enfants, dans sa tête, c'est clair: son mari est stérile, c'est pour ça que tout s'est déroulé parfaitement.
Et pourtant, comme le héros du Tome 2, elle va avoir une grosse, une très grosse surprise qu'elle aurait peut être préféré ignorer, et c'est une boite d'allumettes décorée d'une aquarelle représentant des Tsukushi qui va la mettre sur la voie. D'ailleurs en ikebana, le tsukushi représente la surprise ( la grenade du tome 2 représentait la sottise et l'élégance)

J'ai totalement adoré ces deux courts récits, écrits directement en français par une romancière japonaise qui vit au Canada depuis longtemps ( le Canada, Montréal plus exactement revient comme fil directeur dans Tsukushi). J'ai adoré le fait que les titres soient liés aux plantes, et à leur symbolique (une grenade rouge tenue devant sa jupe blanche par la vieille dame dans  Zakuro rappelle évidemment le drapeau japonais.)
De même, j'ai terriblement apprécié que les deux récits s'interpénètrent: un prénom qui revient comme leitmotiv - La vieille dame nommée Yoshiko dans Zakuro, la nouvelle amie de l'héroïne qui se nomme Yoshiko également. Les deux amies qui vont dîner à Yokohama dans le restaurant Zakuro, dont il est aussi question dans l'autre tome. Monsieur Toda fils qui fait une apparition, 24 ans plus tard, dans le second récit...

J'ai tellement adhéré à l'écriture, très délicate , jamais lourde, ni trop brumeuse, aux sujets " tranches de vie", au fait qu'on suive en quelque sorte les histoires de différentes personnes dans le même cadre qui devient à sont tour un personnage à part entière, de même que les plantes, que je suis allée dès lundi chercher les tomes manquants, qui malheureusement n'était pas disponibles. En tout cas je les lirai sans faute et très bientôt!


Je mentionne aussi, dans les 2 cas, la présence d'un glossaire qui reprend les mots japonais utilisés dans le récit - en italique -et en donne la traduction. C'est très appréciable!
romancière japonaise, mais romans écrits directement en français
Zakuro parle d'abandon de famille, de maladie d'Alzheimer et de déportation en Sibérie, Tsukushi évoque les secrets de famille et la bisexualité



lundi 21 juillet 2014

le challenge geek part en voyage...

pour une semaine (edit: 2 semaines en fait, tout le monde n'est pas disponible fin juillet, on joue les prolongations), le challenge geek part au Japon sur le thème: "Anime, manga, musique, film, voyage, culture .... Pour vous, le Japon, c'est quoi ? ".. et comme j'ai tout un autre blog précisément dédié au Japon , qui manque encore de notoriété, les billets de la semaine partiront donc en vacances  sur "murasaki no sekai"
Logo proposé par Sophie avec -  tadaaam! - mes photos :D J'ai essayé de sélectionner ce qui symbolisait pour moi les différents aspects du Japon que j'ai aimés: cerisiers en fleur, cuisine, jardins sec, temples, culture manga et animation via astro le petit robot et Totoro..  rendez vous donc ici pendant une semaine probablement aussi extensible que Luffy, vu que mon temps libre est grignoté de toutes parts en ce moment!


Miss Endicott t. 1 - Derrien et Fourquemin

3° chronique pour le club Signé. Après Western et Afrika, qui malgré leurs cadres différents avaient des points communs ( un antihéros taiseux seul face à la corruption) , j'ai eu envie de partir sur tout autre chose.
direction l'Angleterres victorienne.

La rousse Miss Prudence Endicott vient de rentrer des Indes pour l'enterrement de sa mère Maggie. Celle -ci , en plus de son métier le jour, occupait le soir une fonction de conciliatrice auprès des gens modestes, aidant à régler les querelles et conflits de voisinage. Une femme à poigne , qui avait même su gagner le respect des marlous du coin. Miss Prudence va devoir reprendre le flambeau, tout en officiant de jour comme gouvernante auprès du turbulent petit  Kevin,un gamin qui ne voit pas souvent ses parents ( on apprend qu'ils ont laissé leur vie et leur fils en plan pour aller sur le continent à la recherche du grand père de la famille, parti sur un coup de tête sans laisser d'adresse!).

Première affaire pour Miss Prudence: une certaine mrs Parks vient signaler qu'on gratte à sa porte tous les soirs, et suspecte un bandit local de la harceler. Le bandit en question n'y est pour rien, mais Miss Prudence va faire une drôle de découverte: on gratte en fait SOUS la maison. il s'agit d'un nain, répondant au sobriquet d'Ugly Joe. Il vit sous la maison et n'a plus accès à l'extérieur, on lui a bouché "sa" sortie. Ce curieux événement va amener Prudence a découvrir tout un monde insoupçonné: la ville sous la ville, où se terrent comme des rats tous ceux qui ne sont guère mieux considérés qu'eux: nains, bossus, contrefaits, femme à deux têtes.. une belle galerie de monstres de foire qui semblent fomenter un coup louche, ça sent la révolte et la tentative de putsch, quelque chose comme ça. On en saura probablement plus dans les tomes suivants..En tout cas le quotidien de Miss Prudence s'annonce mouvementé pour elle qui n'a pas l'habitude de cumuler deux emplois et d'enchainer les nuits courtes (oui ce détail me plait, ce n'est pas une super-héroïne increvable et elle maugrée régulièrement au réveil). Elle va pouvoir malgré tout compter sur "l'aide " à l'efficacité toute relative de Karl et Darren, deux traîne-savate qui ont eu le béguin pour elle au premier coup d'oeil et s'ingénient à attirer son attention en espérant se montrer sous leur meilleur jour, ainsi que de Wallace ( le secrétaire de feue Maggie) et Conrad ( le majordome de la famille de Kevin).

En tout cas,  ce tome 1 plante le décor de manière prometteuse: le Londres des humbles et des pauvres, peuplé de travailleurs, de désoeuvrés, et de bandits patibulaires. C'est un vrai plaisir, le dessin est agréable, les tonalités dominantes vert/ brun sont du meilleur effet.. et comment résister à une Miss capable de tenir en respect un bandit, en utilisant de manière très personnelle une paire d'aiguilles à tricoter. Un personnage féminin qui ne s'en laisse pas conter, quelle joie!  Et surtout, Miss Endicott n'est pas la seule à monopoliser le récit, les personnages secondaires ne sont pas délaissés et semblent devoir encore gagner en épaisseur par la suite.  Mais j'avoue que le duo Karl/ Darren a ma préférence pour l'instant, ils sont assez impayables dans leurs tentatives de se rendre indispensables malgré leur tendance naturelle à tirer au flanc.

Encore une bonne découverte, d'autant que le tome se finit sur un coup de théâtre prometteur, l'ensemble est très intriguant, j'ai bien envie de savoir la suite!
idée n°135. une personne ou chose familière sous un angle insolite: une dame comme il faut,en contre plongée perchée sur un toit en tenue  de ville.

vendredi 18 juillet 2014

Pourquoi je ne ferai (probablement pas) le festival cette année

Ceux qui m suivent depuis un certain temps savent que j'habite Avignon, et qu'en temps normal, j'aime énormément cette période de l'année, que je vais toujours voir quelques pièces à cette occasion.
Oui mais voilà. Cette année ce sera différent.

Non, pas à cause des intermittents et des annulations.

La première des raison, c'est le temps. Pas le temps qu'il fait, bien que juillet ait commencé de manière pluvieuse, on n'avait plus vu ça depuis des années ( 10 jours à dormir sans ventilateur en cette saison, ça tient du miracle, de ce côté , c'était plutôt une bonne chose). A cause du temps que j'ai. Car pas de vacances cet été. Juste un pauvre jour en Juillet et un autre en Août.
Cette année  tout bien réfléchi, je n'ai même pas pris la carte OFF ( je rappelle incidemment qu pour moi, le festival c'est le OFF et rien que le OFF. La programmation du IN ne me parle pas et n'est en plus pas dans mes prix).

Je savais que sur les 3 semaines de festival, je n'aurais que 6 jours de repos. 6 jours déjà bien réquisitionnés (potes qui viennent pour l'occasion,  rendez-vous médicaux en plein après-midi, révision de Japonais à plusieurs, travail personnel en musique que je n'ai jamais suffisamment de temps pour faire le reste de l'année..). Donc les jours de repos, c'est les moins possible. Il me reste les jours de travail après 18h30.

donc non, pas cette année, à 16€ la carte, il faut au moins 3 ou 4 spectacle pour espérer la rentabiliser...
Honnêtement, si j'avais pu poser un peu de congés, j'aurais peut être fait l'effort de feuilleter en détail l'énorme catalogue qui traine chez moi. Peut-être.

L'autre problème, c'est justement l'énormité du catalogue: tous les ans il y a de nouveaux théâtres qui s'ouvrent et de plus en plus de spectacle. Trop, mais vraiment trop. Une telle masse que , pour le peu de soirées libres qui me restent j'ai véritablement la FLEMME de faire le tri dans les 1307 spectacles de cette année. Il y a probablement des pépites cachées là-dedans, mais c'est vraiment trop, je n'ai pas le temps de trier le bon grain de l'ivraie.

La troisième raison, la plus importante, c'est la LASSITUDE de voir mises en avant toujours les mêmes choses. De voir les mêmes affiches d'année en année , qui se ressmblent toutes. Probablement dessinées par les mêmes graphistes. Le maque d'imagination le plus total.

Je m'explique, attention, ça va être long:
Sur les 1307 spectacles, il y a des reprises. Parfois même depuis plusieurs années. En général, ce sont toujours les mêmes types de pièces, des pièces humoristiques de type "comédie de boulevard", mais pas du Feydeau ou du Labiche, non... des titres aussi fins que "Ma voisine ne suce pas que la glace", "la belle , la blonde et la salope" (je plaisante, ces deux là n'y sont pas cette année, c'est presque stupéfiant, " la belle" a bien dû durer 5 ou 6 ans.. "ma voisine" y était encore l'an dernier). Des titres en jeux de mots pathétique ( l'an dernier il y avait " l'erreur est cubaine"... navrant!)

Ah tiens, je viens de vérifier: Couscous aux Lardons, celui là, ça doit bien faire 5 ans qu'il y est, avec exactement la même affiche.
Quand je parlais de graphismes pas follement inventifs.. Ca, tous les ans. Bon, d'acc' la première année, ça peut faire sourire. Au bout de plus de 5 ans, ce couscous là sent le réchauffé.

paf! succès, reprise. celui là n'en est qu'à sa 4° année, petit joueur!
allez, re- paf, sur le flyer " 700 représentations, de retour pour la 6° année à Avignon, comédie incontournable, 100% rire garanti". Argumentaire digne d'une pub pour lessive

Certaines pièces utilisent même leur retour  depuis des années comme argument: "faites l'amour avec un belge" vante sa cinquième année au festival.. certes.. d'autres précisent  "succès du off 2012 " ou " X mille spectateur depuis X ans". Ca c'était " arrête de pleurer Pénélope" que je suis presque étonnée de ne plus voir depuis un ou deux ans.

Et figurez-vous qu'un jour "Pénélope" est passé à la TV. J'ai jeté un coup d'oeil à ce spectacle qui a fait un carton et j'ai tenu, hoo 10 bonnes minutes avant de zapper en disant " c'est CA qui a fait un tel tabac?". Hé oui, car  c'est typiquement le genre de pièces auxquelles je suis opaque. Mais alors, les crises d'hystérie sur fond d'âge mal assumé,  ça ne me décroche pas un sourire, rien. Alors quand je pense qu'il y a eu Pénélope 2, Pénélope le film, et " la réponse des hommes à Pénélope"

L'ennui, et le mot s'impose, c'est que ces comédies calibrées pour faire rire un maximum de gens, ben ça ne marche pas sur moi. A vouloir plaire à tout le monde, le résultat est souvent fadasse ou facile. Attention, je pourrais même probablement en trouver certaines plutôt drôle, mais ça ne me laissera probablement pas un grand souvenir non plus.
Mais comme elles sont produites au kilomètre et présentées dans d'ancien cinémas ( le Palace à lui tout seul avec ses 5 salles, propose 37 spectacles, dont " sexe, arnaque et tartiflette" et " sexe, magouille et culture générale" - ça c'est pour les titres à la con qui se copient les uns  les autres *) qu'il faut ben remplir, ce sont aussi les spectacles qu font le plus de publicité: affiches sur des mètres et des mètres linéaires, armée de jeunes gens et femmes engagés pour distribuer les prospectus à tous les coins de rue ( qui se contentent d'ailleurs le plus souvent de tendre le papier en disant " telle pièce à telle heure à tel endroit", sans plus de précision. Mais pourquoi se casser la tête à vendre un spectacle qu'on a probablement pas vu). On se retrouve avec 10 fois le même prospectus, qu'on a vu également affiché 10 fois côte à côte à plusieurs reprises. Le matraquage dans sa forme la plus pure. Sauf que le matraquage ça ne me donne pas envie d'allée voir quelque chose ou de l'acheter, ça me donne envie de l'éviter ( comme je me suis juré d'éviter Juvamine qui me les râpait à diffuser 3 fois d'affilée le même spot. Oui je sais, mais ça me les râpait quand même!).

* dans la catégorie  titre à la con pas original pour 2 ronds, je place en première position "Ma ... est...". Il y a quelques années, "ma soeur est un chic type" a bien marché. Depuis, tous les ans on a droit a des tas de titres pompés là dessus: Ma cousine est un chic type, Ma soeur est un boulet, et le dernier né cette année " Ma patronne est un fumier". Le degré zéro de l'imagination. "sexe, truc et bidule" arrive en 2°.
après le succès de "mon colocataire est une garce".. ooooh, yeah! combo!!

Et j'en ai autant au service des one man show comiques, estampillés " vu à la Tv"que  ou " Production Jamel comedy club" ou " vu  dans " on est pas couchés". Ouip? et alors? je ne regarde pas les émissions en question, qu'est-ce que ça peut bien me faire?

Sauf que les productions en question, soutenues par un producteur qui a les moyens, ou une chaine TV ,sont omniprésentes dans l'espace visuel, et d'une part ça lasse, d'autre part ça laisse très peu de visibilité pour des productions plus confidentielles ou qui n'ont pas les moyens de se montrer plus, maintenant que les parades ( c'était le grand moyen de faire sa pub il y a encore une dizaine d'année) sont beaucoup moins libres. Ca c'était un bon moyen de se faire une idée, mon principal moyen de me faire une idée en fait. Mais maintenant que l'argumentaire est limité dans le programme à des clichés du genre " dans la droite ligne des Monty Python" -oui je l'ai vu plusieurs fois rien qu'en feuilletant le pavé en vitesse- sans plus d'informations, ça devient très très dur de choisir, sans regretter les 17€ de l'entrée.

Oui je sais, je vais passer pour une vieille réac qui crache dans la soupe, gnagnagna, c'était mieux avant, alors qu'elle a le choix. Oui, mais trop de choix tue le choix. Je préfère moins de choix, mais surtout moins de copié-collé d'une année sur l'autre ou d'un titre sur l'autre.

Dans le fond, au-delà du fait de ne pas voir le temps cette année, c'est surtout ce ras-le-bol qui fait que je n'irais pas voir de spectacle à moins de trouver vraiment d'un coup d'oeil quelque chose qui m'inspire.

Comment dire? C'est comme si je me trouvais devant un immense buffet: il y a un milliers de plat, certains probablement savoureux, mais ils sont cachés sous des monceaux de pâté industriel.
Certains semblent porter une étiquette " fait la semaine dernière mais 10 000 personnes ont aimé", certains n'ont pas d'odeur ni de saveur mais sont joliment dressés. D'autres ont juste appliqué le précepte: " je vais faire du gratin dauphinois, c'est pas original, mais tout le monde l'aime"

Ben voilà.. Je n'ai pas envie de fouiller pour trouver le morceau savoureux, et l'odeur de ranci qui couvre le tout me dissuade et me coupe l'appétit.

 (wow, j'ai réussi à faire un billet qui va être classé X, rien qu'avec les titres des pièces mentionnées!On parie que ça va être le plus visité du blog?)

lundi 14 juillet 2014

Les opéras de L'espace - Laurent Genefort

14 Juillet! cocorico, c'est le moment de la LC "science-fiction" à la française. Et pour l'occasion j'ai choisi un auteur que je n'avais jamais lu ( en fait, à la base, je comptais l'intégrer au challenge des Mots et des notes.. et je n'ai pas eu le temps avant la date butoir)

Donc, un space opera qui prend le concept au pied de la lettre et parle de conquête spatiale, et d'opéra. Publié en 1999 à l'origine chez Fleuve noir, et réédité chez folio SF, cette année en format poche.

Quelque part, dans le système planétaire nommé "la rosace" . Axelkhan a un gros problème. Non pas Axel Khan le célèbre généticien, mais Axelkhan, en un seul mot, le plus célèbre chanteur lyrique de la galaxie. Dans un très lointain futur, les humains ont réussi a conquérir l'espace, et Axelkhan est au faite de sa carrière, donnant des concerts un peu partout, célèbre et adulé, menant une vie luxueuse, multipliant les conquêtes qui ne résistent ni au charme de sa voix, ni surtout à celui de son compte en banque bien garni. Car pour ce qui est de son charme personnel... l'homme est plutôt quelconque, pas très beau, grassouillet et surtout doté d'un caractère épouvantable allié a un égo surdimensionné.
Or donc, il a un gros, un très gros problème: sa voix est en train de s'étioler. Car cette voix si parfaite n'est pas seulement due à la nature, mais en grande à des bioprocesseurs connectés à son système nerveux qui lui ont été posés par les Yuweh. Or ces implants sont tombés en panne. Les Yuweh sont un peuple extra terrestre très mystérieux, qui ne traite qu'avec qui ils veulent, quand ils veulent, et sont impossibles à localiser. Ils ont la particularité d'être connectés entre eux par télépathie, de fait que lorsque l'un d'entre eux acquiert une connaissance, tous, tels des terminaux, peuvent en bénéficier. Il lui suffirait donc de trouver UN yuweh, n'importe lequel, pour lui demander de les réparer et retrouver sa voix, son statut social, ses amis , sa vie ( car bien sur, du jour au lendemain, le vent à tourné et le voilà la risée de toute la Rosace).
Or il semble bien qu'il y en ai un, pas très loin, dans un ensemble nommé "les bulbes griffith", sorte de système planétaire totalement délirant: les bulbes sont un monde-artefact géant d'un millier de kilomètre de long, composé de bulbes creux, à l'intérieur desquels des colonies se sont établies, vivant en quasi autarcie, ayant très peu de contacts avec le reste du cosmos.
Ni une ni deux, axelkhan qui n'avait pas voulu réduire son train de vie, se voit contraint de rassembler les maigres ressources qu'il n'a pas englouties et de prendre un aller simple pour les bulbes à la recherche du fameux yuweh.

Ce qu'il découvre dans cette grappe de raisin géante ( les bulbes communiquent entre eux par des embouchures, et contiennent une atmosphère respirable. qui les a créés? ça reste un mystère) va vite obliger l'orgueilleux, le vaniteux Axelkhan à revoir tous ses standards et a découvrir lui- même ce qu'il est vraiment ( et déjà, à faire avec son poids! car là, pas de correcteur de gravité pour "alléger" ce lourdaud, à tous les sens du terme) Dans les bulbes, on survit, on produit le strict nécessaire à la survie, entre élevage de yacks et production de lichen comestible, la vie y est rude, à la merci des allostéries ( une catastrophe naturelle propre à cet environnement). Et évidemment le Yuweh est supposé se trouver dans l'endroit le plus inaccessible des bulbes. Axelkhan entreprend donc un voyage à la folle vitesse de quelques 4 ou 5 kilomètres/ heure, en nacelle, car le seul moyen de transport de ce monde, c'est la nacelle, une sorte de mélange entre funiculaire et téléphérique, de station en station.

Mais très vite Axelkhan va se rendre compte que ce monde uniquement axé vers la survie manque d'une chose essentielle: des loisirs. Et l'idée géniale lui vient en rencontrant ici et là des laissés pour compte: créer une troupe de théâtre itinérante, qui lui permettra de se faire accepter dans ce nouvel environnement, et de gagner l'argent nécessaire à la poursuite de sa quête. et , dans un monde où toute différence est mal vue, les éclopés ou les marginaux qui veulent rejoindre la troupe ne manquent pas: Tick, un aphasique qui ne sait dire que tick tick,Woo le nain équilibriste, puis Moklin l'ancien voleur, Gloria, ex-prostituée, Lisiane: une femme qui a préféré une vie d'errance au "service Maternel obligatoire" en vigueur sur sa station, Enzyme, un homme qui souffre d'une empathie tellement exacerbée qu'il souffre physiquement de voir quelqu'un souffrir près de lui, Keziah, un mutant, mi-homme mi-poisson doué d'un intellect hors du commun, mais cloué dans un aquarium.. et tant d'autres..

La majeure partie du roman raconte en fait l'arrivée du théâtre dans un monde qui n'y est absolument pas préparé, et voit le handicap comme un mauvais présage. C'est truculent, et souvent assez drôle, en tout cas prenant, car la SF laisse volontiers place à un roman d'aventure, digne de la conquête de l'ouest. Ou de la troupe itinérante de Molière, qui fait avec les moyens du bord, adapte les textes au jour le jour. On nous raconte la création artistique en direct, à bricoler les mains dans le camboui - et ça n'est pas qu'une image!

La troupe d'éclopés d'Axelkhan est drôle, touchante,sympathique, et même ce casse-pied antipathique s'humanise au contact des laissés-pour-compte. Va-t-il poursuivre sa quête, va-t-il laisser tomber en se rendant compte que dans le fond cette vie d'aventure l'amuse plus que son ancienne vie de luxe. Hé bien, franchement, j'ai eu la sensation que toute fin de la plus dramatique à la plus optimiste était possible.ce n'est pas le genre de livre dont la fin se devine aisément dès les premiers chapitres. en tout cas j'ai été agréablement surprise, par l'imagination de l'auteur, son talent à ne pas se contenter du plus évident, mais à aller chercher hors des sentiers battus. Voilà, j'ai eu la sensation que ça n'était qu'une fin possible, et qu'à tout moment le récit aurait pu obliquer sur quelque chose de très différent. Et ça j'aime beaucoup!!

Une très jolie découverte,et de ce que j'ai pu lire sur le web, son côté "roman d'aventure" a plus même a des novices en SF, pour peu qu'on arrive à passer le cap des premiers chapitres, jusqu'à l'arrivée du héros dans les bulbes. en fait, on commence façon space opera, conquête de l'espace t tout le barda, pour continuer en planet opera ( où les bulbes et leurs particularités vont être étudiés et envisagés dans le détail)

Et vous savez quoi, j'atends avec impatience que des gens doués en dessin tombent sur ce livre et fassent des fanarts des bulbes je suis curieuse de voir ça (comme ils sont "striés" je vois ça comme un réseau de graines de coriandre géantes plus ou moins translucides reliées entre elles.)
LC "SF française"
entre le système planétaire de la Rosace et les Bulbes..
idée 62: un groupe d'au moins 2 objets similaires: 4 planètes, 4 pics, 2 rideaux

samedi 12 juillet 2014

Hero corp saison 1


C'est samedi, c'est série, et comme j'ai décidé de mettre la France à l'honneur ces jours-ci, hop l'occasion de parler ici de Hero corp, la série de super-héros aux pouvoirs moisis perdus au fond de la cambrousse.

Pour l'instant je n'ai vu que les 2 premières saisons ( la série ayant été arrêtée quelques années après la saison 3 faute d'audience et donc de financement, mais a finalement pu être tournée grâce au soutien actif des fans), je n'ai pas eu la possibilité de suivre la saison 3 lors des diffusions TV, et donc, autant revoir le début avant de passer à la suite en vidéo hein?

un générique super sympa tout en BD.. signé Olivier Péru

Donc saison 1: Tout commence lorsque John (ça se dit bien sur "djone" oui c'est important) vient se perdre dans un village de Lozère, du plus pur genre " Trouperdu-sur-Gadoue", une dizaine de maison en pierre sèches, une voiture commune à tous les habitants. Il vient de recevoir un message l'informant de la mort de sa tante Mary ( cette fois ça se dit " Marie", c'est important aussi), il doit venir au plus vite pour les obsèques.

Problème n°1: les habitants sont.. bizarres. Mais vraiment, avec une conception de l'hospitalité très personnelle.Genre lancer des oeufs sur les gens qu'ils n'aiment pas. Ambiance...

Problème 2: les habitants sont .. très bizarres. Lorsque John rentre chez Tatie, le cadavre froid est encore sur le canapé car les villageois ne sont pas " très branchés cérémonies".

Problème n°3: les habitants sont infiniment bizarres. Surtout Mick (bien prononcer  Mique!) qui semble penser que menacer quelqu'un d'un couteau est une bonne entrée en matière pour entamer la conversation

Alors qu'il tente de quitter le patelin John découvre que sa cave communique avec un souterrain où un type est enchaîné: désireux de quitter au plus vite ce village de fous, il va aller de surprise en surprise: Tante Mary n'est pas morte, elle a utilisé ce prétexte pour faire venir John avec qui elle était en froid car
- Elle est une super héros, et son pourvoir est de se faire passer pour morte
- Tous les habitants sont des super héros, partis se mettre au vert pour diverses raisons: moins de danger, on n'a plus besoin d'eux, du coup leurs pouvoirs ont décru et sont devenus un peu complètement nases. Il font tous partie de la branche "Lozère" de la société internationale Hero corp

- Le type enfermé à la cave que John vient de libérer n'est autre que The Lord ( ze lord, bien sûr), le plus grand super-méchant de toute l'histoire ( en fait un sexagénaire venu passer sa retraite, lui aussi, dans ce coin de cambrousse)
- enfin, John doit défendre le village: Un dénommé Théodore a eu une vision a ce sujet, il ne se trompe jamais.
John doit donc d'une part découvrir s'il a des pouvoirs, ce qui n'est pas gagné, et se faire accepter de cette communauté de bargeots campagnards qui ne sont pas très doués pour les trucs sociaux, comme: ne pas essayer de tuer les gens qui ne leur reviennent pas. Tous paumés autant mentalement que géographiquement.

Il va donc falloir composer une équipe de winners avec
Mary ( avant elle pouvait ressuciter les morts, maintenant, elle peut juste se faire passer pour morte),
ou comment combattre le mal en tablier à fleurs...

 Steve ( Stèèève: avant il était Brasier et pouvait faire apparaitre des murs de flammes. Il s'est reconverti et  fait cuire les pains à la boulangerie),

 Allen ( ca se dit comme "allant", anciennement Captain cold, capable de geler une rivière. Lui, il tient le bar du village , sa spécialité est le café glacé.. il peut aussi soulager les entorses!).
Ca c'était Captain cold , vu par le magazine " hero News" ( encore l'occasion de saluer les fantastiques dessins d'Olivier Péru qui émaillent les épisodes, ils claquent tout!)

et le voilà maintenant, très changé, joué par le trop rare Maurice "orangina rouge" Lamy qui n'est hélas présent que dans la première saison
Les chamailleries de Steve et Allen, qui représentent des éléments opposés, sont assez ultimes d'ailleurs.

Burt (Burte!) anciennement Acid man qui savait lancer de l'acide sur ses ennemis, et vient d'être rebaptisé "captain shampooing", vu qu'il ne peut plus lancer que du shampooing doux qui ne pique pas les yeux.

mon ptit chouchou: captain shampooing et sa magnifique cape en rideau de douche :)
Le Maire peut se changer en "quelqu'un que personne ne connaît", et son fils Mique lit " approximativement dans les pensées" ,

ah, j'adore ce costume super discret avec ces si seyantes aiguilles à tricoter!
Stan "Mental" peut contrôler quelqu'un par la pensée pour le forcer à faire ce qu'il veut, grâce à son pouvoir de persuasion, mais evidemment ça ne marche que si la personne est d'accord.

Doug était avocat, métier qu'il a du abandonner depuis que son pouvoir se manifeste: il se fige entièrement s'il tente de mentir ou si quelqu'un ment près de lui, du coup il s'est fait des ennemis lors d'un procès contre la mafia
voilà ce que ça donne: "gneu peuxpasmentir",ok, il est infaillible, mais c'est pas le plus utile des pouvoirs en combat réel

Klaus a un vrai pouvoir de télékinésie, mais refuse de s'en servir, car "c'est trop facile", et préfère devenir l'homme le plus fort du monde en soulevant des trucs et en élevant des pécaris géants.

Il y aussi Lawrence, alias Super Invisible, un savant devenu tellement invisible qu'il en est inconsistant , et tellement impalpable qu'il s'envole au moindre courant d'air, et, bien sûr, c'est la misère pour le retrouver

Et tout à l'avenant, hein.. vaincre le mal ne va pas être du gâteau!

Hero corp est signé de Simon Astier, oui, le frère d'Alexandre, qui jouait Yvain dans Kaamelott. Et donc bien sûr, on retrouve pas mal de têtes connues: Christian Bujeau dans le rôle de The Lord ( le maître d'arme complètement barré de Kaamelott, Alban Lenoir dans celui de Klaus " force Mustang" ( l'aide de camp de Lancelot dans quelques épisodes de la saison 4 de Kaamelott), Etienne Fague (Mique, qui interprètait le frère de Bohort dans quelques épisodes), évidemment, Lionnel Astier (Neil, le directeur de Hero corp, et bien sur l'inoubliable Léodagan), Josée Drevon ( dame Ygerne, devenue ici la mère de Jennifer, la petit amie de John)

A l'époque de la première saison, la série a été pas mal critiquée, pas toujours à bon escient: on lui a  reproché d'être trop proche de Kaamelott ( ce qui est logique: les deux frères ont les mêmes références, le même genre d'humour..) mais aussi d'en être trop différente ( ce qui est injuste.. décidez vous! trop kaamelottesque? pas assez?)

Donc je dirais que oui, il y a une parenté entre Hero corp et Kaamelott, comme il y a une parenté entre les scénaristes, Hero corp fait volontiers quelques références à son " grand frère" (et pour le coup l'image s'impose): épisode 5, lorsqu'un des personnages dit " on va passer au nord, c'est pour ça que j'ai lancé des cailloux au sud, pour faire diversion , impossible de ne pas penser aux plans idiots de Perceval. Lorsque The Lord prend possession de l'esprit de quelqu'un, ses yeux deviennent rose brillant: ça serait pas un sort manqué de Merlin?.. ) enfin des trucs comme ça. Pour le reste, c'est quand même assez différent.
Je dirais que, pour moi Kaamelott est un bijou d'écriture ( voir l'épisode tout en vers sur la mort d'Alexandre le grand, impossible de ne pas l'avoir travaillé et retravaillé), sans temps mort. Hero corp me semble basé beaucoup plus sur l'improvisation ( Simon Astier et Alban Lenoir participent d'ailleurs régulièrement à des match de la Ligue d'impro) et je dirais que ça se ressent sur l'écriture: comme en impro, certains gags peuvent tomber à plat, et d'autre venir de nulle part et faire franchement mouche.

Après l'autre point commun entre les frangins Astier, c'est de tenter des choses! et ça j'apprécie: lorsque Alexandre Astier a décidé brusquement à partir de la saison V de Kaamelott de changer de format et d'orientation sur une série qui avait déjà trouvé son rythme, ça ne réussit pas forcément à tout les coups, ou plutôt, ça ne plaira pas à tout le monde, mais j'apprécie l'attitude de se remettre en question et de tenter quelque chose d'autre. Lorsque Simon Astier décide de transformer les histoires de super héros qu'il lisait étant jeune en version franchouillarde, en jouant en plus sur notre réputation à écorcher les noms étrangers.. ça donne un ovni, parfois pataud, mais un ovni quand même.

L'autre chose que j'apprécie énormément: le tournage en extérieurs, ici dans les paysages de Lozère. Y'a pas ça a une gueule que même beaucoup de films surproduits ont perdu, à force de recréer des décors de malade et de synthèse sur fond vert: une profondeur à l'image. Et une photo soignée.
Rappelons qu'il s'agit avant tout d'une série de potes tournée avec un budget limité , mais que ce n'est pas pour autant qu'on doit bâcler les choses.

Alors oui, la série n'est pas 100% réussie, il y a parfois des moments plus faibles dans le rythme mais certains gags sont hilarants, il y a de l'inventivité, de la bonne volonté, de la bonne humeur, et c'est largement suffisant pour que je la soutienne haut et fort.


Pis merci à tous les sites de fans où j'ai pu trouver des illustrations, herocorp mag en particulier, qui est une mine!
billet spécial cocorico, avec le plus célèbre des super héros français: Super Dupont

jeudi 10 juillet 2014

Accros du Roc - Terry Pratchett

bon, oui d'accord, pour diverses raisons, je suis un poil en retard sur la fin du mois anglais. Mais il n'empêche ,un mois anglais sans une lecture Pratchett, il manque fatalement quelque chose ( et puis, vu qu'il y a actuellement 35 tomes, je viens de prendre conscience qu'au rythme actuel de 3 par an, il me faudra encore une dizaine d'année pour arriver au bout! Je crois que je vais commencer à songer à en lire un par saison au moins!)

Donc je continue sur ma lancée, après les tomes consacrés à Rincevent, c'est ceux dédiés à La Mort que j'ai décidé de suivre. Donc Accros du roc est le 3° tome qui tourne autour de ce personnage haut en couleurs .. ha ben non, haut en noir en fait!

En Avril 2013, j'ai donc pu voir la Mort partir en vacances, et prendre Mortimer comme apprenti, avec les résultats calamiteux qu'on sait: distorsion de la réalité du à l'incapacité de Morty à accepter sa mission sans chercher à sauver les gens sympas. On apprenait également qu la Mort, si prompt a défendre le principe du " tous égaux, dans ce métier, on ne doit pas faire de sentiment", avait pourtant déjà une nette tendance à ne pas respecter ses propres principes. Par curiosité et envie de connaître mieux les humains, il avait adopté Ysabell, une petite fille orpheline. Suite à de nombreuses péripéties, Ysabell avait décidé de retourner dans le monde, de vieillir et d'épouser Morty.

En avril dernier, la Mort qui commençait a développer une personnalité, chose dangereuse dans ce métier, était mi à la retraite anticipée par son "chef" (le chef des morts de tous les mondes!), et tentait une reconversion en faucheur professionnel, sans que personne ne soit là pour le remplacer. résultat? un surplus de vies non compensées par des décès,  une invasion de morts-vivants et de caddies de supermarchés sur le disque, et l'apparition de "la mort aux rats", allégorie de la mort des rongeurs sous foeme de squelette de rat muni d'une petite faux à sa taille qui s'exprime en "COUIIII!"

On en était donc là.. Accros du roc se passe en fait quelques 18 ans après Mortimer. On apprend que Morty et Ysabell sont morts - et la Mort n'a rien fait, moins en respect de principes qu'il  contourne finanlement assez souvent, que par respect pour leur choix de vivre en mortels. Mais ils ont une fille: Suzanne 17 ans, lycéenne dans une pensionnat ultra sélect pour filles, élevée dans le rose et la dentelle, le plus loin possible de tout ce qui pourrait rappeler cette "filiation", elle n'a que peu de souvenirs d'un grand-père avec lequel elle partage finalement beaucoup de points communs: une aptitude a se rendre invisible aux yeux des gens lorsqu'elle le souhait - pas invisible physiquement, mais on va dire socialement- ce qui convient finalement bien à sa personnalité blasée par la bêtise humaine et le manque de logique du monde. Or cette rationnaliste convaincue est la petite fille (adoptive) de LA MORT, ce qui ne va pas être facile a accepter.
Cette accepation est le premier fil rouge du récit.

Mais comme on est chez Pratchett, il y a en a d'autres. D'abord, La Mort, qui tire à nouveau au flanc et abandonne son travail. Cette fois, c'est une crise existentielle: il a trop bonne mémoire et se souvient de tout; De Tout. Même de l'avenir, ce qui est insupportable. Il cherche donc à apprendre à oublier. Les moyens classiques des humains sont: méditer avec un vieux sage, s'engager dans la légion étrangère et picoler au "tambour rafistolé" la pire taverne d'Ankh-Morpork. Mais bien sûr, tout ça marche peut être pour oublier le passé, mais comment oublier le futur?
La mort aux rats ne peut assurer le travail tout seul et va donc faire appel ( via un corbeau interprète qui n'en peu plus des références à edgar Poe" à Suzanne pour assurer l'intérim, le temps de retrouver le grand-père parti à la quête de l'oubli. ( 2° fil directeur du récit)
MAIS MAIS MAIS, ça s'appelle "Accro du roc"! On va bien parler de .. roc?
oui!
3° fil directeur: Au même Moment , Kreskenn Kelenn, barde de la contrée paumée et pluvieuse de Ker-Gselzehc, décide de prouver au monde qu'il a l'étoffe d'un vrai musicien, et, harpe à la main, part tenter sa chance à Ankh-Morpork, où il rencontre Nore Noresson, nain corniste, et Lias Trapp, un troll qui tape sur des cailloux ( et ça lui va bien dirais-je!) Les compères à court d'argent décident de tenter leur chance et de jouer ensemble une nouvelle musique à base de percussion caillouteuses. Du "Roc". Kreskenn troque sa harpe contre une guitare.. pas ordinaire et là, les ennuis commencent: la guitare , bien sur, est magique et joue de son guitariste, plutôt que l'inverse. La nouvelle musique met en transe la ville entière , y compris les mages de l'université invisible et l'orang-outang bibliothécaire, une folie musicale s'abat sur tout un chacun, et trouvera son point d'orgue dans un gigantesque concert gratuit et boueux.

Un tome excellent! Bourré de références qui font mouche..
Et frustrant aussi, parce que je suis sure d'en avoir loupé au moins la moitié.
Mais tentons une petite liste
des choses comme le doyen des mages ( important: ça se dit " the Dean" en VO), qui invente la danse boogie, se fabrique un pantalon en cuir clouté et un manteau de la même espèce avec " vivre viet, mourir je nue" ( Live fats, die yo gnu" en Vo),  se fait une banane, se revendique " rebelle sans pause", et opte finalement pour une veste à clous " né pour les runes".

Des titres de chansons comme " marche pas sur mes chaussures bleues", le nain qui explique qu'être musicien c'est " d'abord pour l'argent et ensuite pour le spectacle", une autre chanson qui parle des "cailloux de la prison",  le gag récurrent sur la question que tout le monde se pose au sujet du barde " est-ce que tu es elfique?" - et non est-ce que tu es un elfe?. Evidemment " are you elvish?", c'est plus clair en VO..
 Encore une une qui parle de " grosses boules enflammées", avec un bibliothécaire déchainé qui joue du piano à quatre mains ...
Une autre encore intitulée " c'est fini MissMolly", d'ailleurs Molly c'est le nom de la cantinière de l'université de l'invisible qui avec ses collègues Dolly et Polly, part en  impro sur la phrase " ça tourne pas rond, pas du tout rond rond rond"

Un groupe d'amateurs qui passe son temps à changer de nom: Insanité, puis Kyste, puis les Houes, puis Laide zibeline (non là, je ne traduirais pas!) .. et a écrit " anarchie à Ankh-Morpork".
Il y a aussi Kreskenn, qui explique que son nom dans sa langue signifie " petite pousse de houx",  et qu'il va donc prendre "Buddy" comme pseudo ( son nom d'origine " Imp y celyn" veut dire la même chose en gallois)

Après je dois saluer le travail d'adaptation de Patrick Couton, primé pour la traduction de l'ensemble du disque monde. Bien sur, il y a certains gags intraduisibles mais il s'en sort bien, en citant " l'homme à la moto" là ou il devait probablement y avoir une référence à "Leader of the pack" en VO.
Ou sur le nom de scène de Lias.
Les trolls ont toujours des noms minéraux, en VO, il choisit " Cliff". "Falaise, c'est bien ça sonne minéral" .. et s'entend dire qu'on ne peut pas faire une carrière musicale avec nom comme Cliff.
EN VF, il choisit Magma,"c'est bien ça sonne minéral", et on peut garder le clin d'oeil " on ne peut pas faire une carrière musicale avec un nom comme Magma ( du coup la référence est beaucoup plus récente).
Je note aussi un magnifique " Suprème Naine Ta Mère" parmi les groupes du festival gratuit. Je ne sais pas quel était le nom d'origine, mais j'ai beaucoup rit. Pareil pour l'auteur de la méthode pour débutants: "Martial Dadais"..

Et ai carrément piqué un fou rire sur une référence que j'ai bien mis 3 pages à comprendre tellement elle est subtile - peut être plus facile à comprendre en VO -: un des amateurs décide que ce qui compte dans la musique, c'est avant tout le look, et qu'avec un pantalon en léopard, la succès est assuré ( Glam!!) Son pote qui ne comprend qu'à moitié le concept, lui ramène un léopard.. entier, vivant qu'il eu à un bon prix, car la bête est dure d'oreille et n'entendait pas son dompteur... une léopard.. un léopard, donc, sourd.. a deaf leopard...

Et deux références non musicales que j'ai trouvé: une charrette qui disparait dans la nuit en laissant deux traces de roues en flammées, et un personnage dont la main devient transparente..
nom de zeus!
Pour une liste beaucoup plus complète de références, car je n'en ai mentionné qu'une partie, qu'une partie de celles que j'avais pigées en fait: en français
et en anglais ( histoire de voir tout ce qu'on a loupé!)

 Allez, encore une référence: la couverture originale de Paul Kirby parodie l visuel de " bat out of hell" de Meat Loaf

La version de Marc Simonetti pour la réédition.. parodie un autre album célébrissime, j'ai déjà dit au sujet du faucheur tout le bien que je pense des couvertures de Simonetti, la voici en plus grand pour apprécier les détails du feuillage :)


quand même Pratchett + références à Retour vers le futur+ au son primordial:  un " gros boum"
la je suis obligée de garder mon logo!
le challenge commonwealth est prolongé d'un an, joie!

samedi 5 juillet 2014

Pieter Brueghel - André Giovanni

Reçu dans le cadre du programme Masse Critique de Babelio, ce livre, sous titré " peintre de l'ordre naturel" me pose un problème en fait. Ca me tentait beaucoup, dans la mesure ou j'aime énormément l'art flamand, mais c'est un demi échec.

J'ai déjà chez moi pas mal de livre d'art et de catalogues d'expo, et je dois dire que je ne les ai pas "lus", je les feuillette régulièrement mais je ne lis que très rarement les textes, qui sont souvent du niveau " untel, sa vie, son oeuvre". Pour moi l'essentiel d'un livre d'art c'est avant tout les photos.
Or celui-ci part sur une sorte d'analyse philosophique de l'oeuvre de Brueghel ( oui on a quand même quelques passages sur sa vie, hein), ce qui n'est pas du tout ce que moi j'attends d'un livre sur un peintre.
Qui plus est le sujet est très largement desservi par son format A5, dans lequel il y a finalement peu d'illustrations, et pour certains tableaux, juste en détail , sans même une photo entière de l'oeuvre...
L4auteur ne cesse de broder autour du fait que Brueghel n'est pas un peintre réaliste au sens strict du terme, ça serait réducteur, il faut aussi prendre en compte son sens de la composition, l'extrapolation qu'il fait lorsqu'il peint avec un luxe de détail des lieux et personnages situés au lointain ( qu'il a donc du mentalement reconstituer, d'où recréation, et pas seulement reproduction du réel). Or les illustrations sont minuscules, pas toujours très bien placées ( pourquoi avoir réparti un peu de partout les tableaux des saisons? pourquoi n'y a-t-il pas de reproduction d'un grand paysage alpestre auquel A. Giovanni fait référence à plusieurs reprises..)
Lorsqu'on veut montrer l'évolution de la peinture de quelqu'un ça serait un minimum.
Et surtout, je le maintiens, Brueghel n'est pas un peintre à qui le format A5 rende justice.
C'est frustrant, très frustrant: illustrations trop petites, pas toujours bien placées...
Et c'est pareil avec les notes de renvoi, que j'ai cherchées longtemps: les explications ne sont ni en bas de page, ni à la fin, mais  rassemblées en bas de page 88.. le livre en compte 135. Cherchez la logique.
Ca c'est pour la composition.

Ensuite, le contenu. Je n'aime pas dire du mal, mais là aussi, il y a un sérieux problème: l'auteur est un philosophe. Pas un critique d'art (bien que la 4° de couverture parle d'une " légitime réflexion critique"), pas un spécialiste d'histoire de l'art non plus. Ce qu'il dit n'est pas inintéressant, ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit, mais son approche est celle d'un prof de philo, et par moment, son écriture est celle d'un devoir de philo: "nous avons souligné.." "nous avons essayé de dégager.." J'ai personnellement beaucoup de mal avec cette convention de la 1° personne du singulier, que j'ai pourtant du employer pendant toute ma scolarité, instantanément, tout le côté factice de la formulation me saute littéralement à la figure.
Lorsque A.Giovanni ne cherche pas à "faire des phrases", ça va, ce qu'il raconte est clair et plutôt intéressant - bien que moins "utile et urgent" que ce que la 4° de couverture veut bien faire croire.
Mais lorsqu'il part dans les travers de l'écriture philosophique, là.. je n'adhère plus. Je sens qu'il vous faut un exemple:
" la création du monde suppose des étage entre le Créateur et les créatures inférieures à l'Acte pur. Etages qui supposent une participation limitée de la cause, si bien que cette perfection ne peut être attribuée à la cause et à l'effet d'une façon univoque, mais analogue, suivant une certaine proportion. Le monde du tableau est régi surtout par l'univocité. Sa diversité ne découle pas de substance réelles entre les substances qui ne sont représentées que fictivement. Les valeurs sont toutes de même espèce, participant de la valeur de façon univoque. Leur totalité représente un ensemble unique, profondément original, absolument spécifique" (P44)

Si j'ai bien compris, l'idée doit être que l'unité de l'ensemble est la somme des détails qui le composent. Il  y avait probablement une manière plus simple de l'expliquer.
Ensuite sur plusieurs pages il brode sur les "valeurs" qui "ne sont pas juxtaposées sur la toile, elles sont liées et s'opposent nécessairement" (p46) et  " se voient attribuer une nécessité supérieure, car l'harmonie générale rayonne sur les parties" (p49) sans jamais définir exactement ce qu'il entend par" valeurs". J'ai fini par supposer qu'il s'agit des éléments du paysage et des personnages , voire des couleurs. Mais je reste persuadée qu'on peut analyser l'oeuvre d'un peintre, et même l'analyser d'un point de vue philosophique, sans rédiger un véritable devoir de philo. En tout cas, pour moi, c'est aussi désagréable à lire qu'un devoir de philo/
Et là, j'ai parlé des valeurs, mais à un autre endroit, ce sont les "en-soi" qui reviennent ad nauseam: " les être ne sont pas des apparences ou des songes, ce sont des en-soi" (p66).; suivent des pages et des pages ou "en-soi" signifie à peu de chose près et selon les phrases " personnage", "type", "objet", "réalité", "éléments qui composent le tableau"...
"il ne pouvait être question pour Brueghel de sacrifier son goût réaliste des en-soi??Il reprit donc le procédé des primitif, des enlumineurs, qui lui permettait de répartir les en-soi dans l'espace" (p69)..et j'en passe.
Sans compte les trop nombreuses citations de Pascal (certes, pourquoi pas mais il n'était peut être pas nécessaire de répéter X fois la citation " une ville, une campagne, de loin est une ville et une campagne").

Mais quand l'auteur oublie qu'il est philosophe, ça se lit bien, la mise en avant des compositions en diagonale qu'affectionne le peintre est intéressante, ou le fait de parler des déformations qu'il fait subir aux animaux et personnages pour donner du mouvement à sa composition. Ou même analyser la signature " Naer het leven" du peintre ( "d'après la vie"), en ce qu'elle reflète, justement, la philosophie de travail du peintre. Mais pitié, pas en parlant comme une thèse.

Sinon une boulette qui m'a faite vraiment bondir (p54): à propos de Jérôme Bosch, qu'il nomme "le maître de Bar-Le-Duc"... Bar le Duc c'est en France, BOIS-le-Duc, 's-Hertogenbosch , avec Bosch, comme dans Jérôme Bosch, c'est aux Pays-bas, et accessoirement la ville natale de Jérôme Bosch . Ce genre d'erreur assez énorme fait quand même perdre beaucoup de crédibilité à l'ensemble.

Donc, je conseillerais cet ouvrage à un fanatique de philosophie, que le style ne rebutera pas, mais je ne suis en tout cas pas du tout le public visé, je préfère une analyse vraiment stylistique, vraiment détaillée en se basant sur quelques tableaux, avec des reproductions de bonne taille, qui vont vraiment me donner les clefs de lecture du peintre ( le tableau sur les proverbes à lui seul mériterait une analyse complète fouillée)
(une petite ville semble en proie à une folie collective, en fait chaque personnage et chaque action illustre un proverbe: "jeter l'argent dans l'eau " -par les fenêtres, en France "regarder la cigogne" - bayer aux corneilles, etc..)
idée n° 64: 64. un objet que l’on trouve dans la nature. (très vaste, ca peut être des végétaux etc): des arbres et la mer

vendredi 4 juillet 2014

franco-geekerie

14 juillet oblige, j'avais envie de mettre un peu en avant les univers geek made in France...allez on va dire entre le 12 et le 19, histoire de voir large.

Parce qu'il n'y a pas à rougir du tout vis à vis d'autres pays.. que ce soit en Fantastique, en SF, en jeux vidéos et même en films, en séries TV, même si ce n'est pas forcément ce qui est le plus souvent mis en avant par les média grand public) ou en dessins animés ( j'ai un faible pour les dessins animés français, hé oui... Hollywood aussi d'ailleurs, qui fait de plus en plus souvent appel aux animateurs français)

Ce sera donc une semaine spéciale " cocorico" sur ce blog.. avec une LC "science fiction française" l 14 juillet. quelques autres geekettes ont d'ailleurs décidé de me suivre dans cette aventure.
parce qu'en France, on a des super héros que même les stazunis n'ont pas!


Je dis on a des super héros que MÊME les stazunis n'ont pas...
On a même des super zéros que le monde nous envie
car oui, les Lapins Crétins sont même originaires de Montpellier. Crées par Ubisoft à qui ont doit aussi le très joli Sybéria ( jeu que je n'ai encore pas eu le temps de finir, au passage)

Quand à la branche québécoise d'Ubisoft, on lui doit Assassin's creed, tiens donc.. ça ouvre des portes pour un sujet " c'est geek et ça n'est ni américain ni japonais"
Bon ok, on a aussi des bizarreries comme ça
(sisi, j'ai découvert par hasard l'existence de "marche à l'ombre le jeu", qui date de 1987, d'après la chanson de Renaud, voui... ça ressemble à un gag ou un univers parallèle, je sais.

Tiens à propos de trucs bizarres, on a aussi des inventeurs pour le moins originaux:

Là vous vous demandez ce que c'est? Hé non, ce n'est pas un module lunaire fabriqué en Ovalie ( bien que) mais ça y ressemble, c'est juste un poulailler design en forme d'oeuf.. ce qui s'imposait pour un sujet " cocorico"

et comme o a pas de pétrole mais qu'on a des idées, je vous en donne avec une liste d'auteurs français de SF, venez pas me dire qu'il n'y a pas le choix:
écrivains français de science fiction

et quelques pistes en dessin animé à thème fantastique/SF





Bienvenue amis curieux!

Pourquoi le Cabinet de curiosités?

Tout simplement parce qu'on y trouvait un peu de tout, par ordre de pagaille. Cette idée de collection sans thème déterminé me plaît...

Vous trouverez donc ici un peu de tout, de ce qui fait ma vie, mes loisirs: musique, lecture, voyages, etc...
Bonne lecture