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samedi 16 décembre 2023

Mars Express ( film d'animation 2023)

Arrêtez tout et allez le voir sur grand écran. C'est une pépite!


Quoi, il faut que je développe?

Bon alors:

- Film d'animation français, et ça fait longtemps que je dis que l'animation française est de qualité.

- Réalisé par un quasi-inconnu dont c'est le premier long métrage, et il met la barre très très haut.

- Mélange de science fiction, d'action et d'enquête policière, ça rappellera aux amateurs Blade Runner, Ghost in the shell ou l'excellente série Psychopass. Avec un peu de Real humans par ici, même un peu Ai no kusabi ( court film animé érotique japonais, très peu connu), non pour le côté érotique mais pour l'ambiance générale et le côté lutte des classes. en tout cas, ça m'y a fait penser par moments.
Le Vagabond des limbes aussi pour le côté visuel.

- Des thèmes courants dans la SF: intelligence artificielle, piratage informatique, développement d'une conscience chez les robots, conflit entre les classes sociales, conquête et terraformation de Mars.. ça parait beaucoup et pourtant ils sont abordés de manière cohérente, dense, et novatrice.
Et pourtant les 1h28 du film passent comme une lettre à la poste, c'est même tellement riche et dense que j'ai eu l'impression qu'il était plus long, non par ennui, mais bien parce que je n'en reviens pas qu'il puisse dire autant de choses en si peu de temps, et sans temps morts, MAIS sans précipiter l'action.

- Des personnages travaillés, une écriture intelligente qui arrive à faire saisir les enjeux, les caractères, la nouveauté du monde dans lequel tout ça se passe par petites touches sans appuyer la démonstration (pas besoin de récapituler les trois loi d'Asimov, elle sont visuellement illustrées)

- un monde " exotique", mais cohérent, qu'on arrive à saisir sans qu'il y ait de lourdeur narrative ( les pauvres, sur une Terre réduite au chômage par la robotisation généralisée, les riches qui se la coulent douce sur Mars, servis par une armada de robots de toutes sortes)

- Une parodie savoureuse des Elon Musk, Jeff Bezos et autres zinzins transhumanistes de l'espace.

- De l'humour, souvent vachard, mais jamais lourdingue, et surtout qui a une signification interne ( le robot "ancien modèle" qui ne peut pas faire sa mise à jour car il n'a plus assez de mémoire libre. On dirait mon ancien téléphone portable, tiens...)

- Un personnage central féminin dur à cuire, qui a un physique normal (ce n'est pas une super beauté), des vêtements normaux, des problèmes d'alcool et dont la normalité dénote dans le monde de super luxe où elle officie, sur Mars.

- Un scénario qui se plaît à perdre le spectateur, mais... les différentes pistes sont exploitées et se comprennent au fil de la progression. Ce n'est pas gratuit, soit ça contribue à donner de la profondeur aux personnages, soit ça fait avancer l'intrigue, soit les deux à la fois.

- Des petites trouvailles futées qui font dire " ha oui ça ce serait pas mal comme technologie" ( lorsqu'il y a un accident de voiture par exemple).
Ou même de pouvoir se dupliquer afin de pouvoir faire plusieurs choses à la fois, étudier et travailler par exemple. Haaaaa, envoyer mon double robotique gagner des sous à ma place!
Mention aussi spéciale au chat, qui fait comprendre en quelques secondes l'importance de la robotique dans cet univers,  dans les quelques premières minutes avant le générique. Ou " non pas ça quand même!" (la "location de cerveaux").
Ou un détail réaliste qui m'a faite marrer (la réunion en visio-conférence. Que ce soit par ordinateur: ça pixellise, ou via des lentilles spéciales: on ne peut pas y participer sans avoir reçu le lien de connexion)

- Une volonté d'aller vers la hard SF ( qui respecte les connaissance scientifiques du moment de la réalisation), or, sans faire absolument 100% vrai, l'auteur a tenté de s'en rapprocher pour garder une crédibilité scientifique.

Personnellement j'ai kiffé les différentes catégories sociales qui brouillent les limites: humains totalement humains, robots totalement robots, et .. entre les deux, humains "augmentés", dotés de nouvelles facultés par l'ingénierie cybernétique, et surtout les " sauvegardés" , humains décédés dont la conscience a été transférées dans un corps robotique, et qui poursuivent leur "vie" sous cette forme, non exempts de leurs anciens problèmes humains.
J'ai totalement kiffé Carlos de ce point de vue: arriver à rendre profondément humain un robot, anciennement militaire ( Robocop, mais en version sympa), " réincarné" dans un vieux modèle dont une des principales caractéristiques est d'afficher sa tête en hologramme ou des panneaux à messages " en charge", " no signal". Vraiment ce personnage est un réussite (mais j'avais aussi adoré Batô dans Ghost in the Shell, au moins autant que le major)
et encore?
Ce genre de plans:



- Des références visuelles à des choses qui n'ont rien à voir avec la SF, par exemple un café qui évoque Nighthawks d'Edward Hopper.
Ou le nom du campus " Alan Turing".

Allez, un mini regret: j'aurais juste aimé avoir quelques minutes de plus, pour voir être développé un personnage ultra secondaire, celui de la femme synthétique (robot sexuel du professeur d'université, bien plus "pratique" qu'une femme humaine à ses dires, car on peut la désactiver si elle devient trop encombrante) dorée, dotée d'une corne au milieu du front. Je trouve presque dommage d'avoir un personnage au design aussi original... et de ne le laisser qu'en second plan, alors que sa présence sur l'affiche et dans la bande annonce laissait supposer qu'elle aurait un rôle plus important.

Mais oui, sacré petit bijou, que ce soit du point de vue SF en général, ou du point de vue animation française ( qui fait plus souvent dans le conte ou le fantastique que dans la SF d'action)

La chronique et interview des auteurs sur France Culture.
La chronique du cinéphile
L'interview de Jerémie Perin par Nexus VI

vendredi 6 octobre 2017

The Thing; the Fog ( longs métrages)

Alors là, j'ai pris de l'avance. Vraiment, si vous regardez sur l'image la date de diffusion de la soirée Carpenter au ciné.

J'avais déjà vu the Thing il y a trèèèès longtemps, et The Fog était sur ma liste à voir depuis trèèèèès longtemps aussi. C'est chose faite.

Carpenter, je l'avais déjà mis en avant il y a 2 ans pour le mois Halloween, avec son célébrissime, hé bien.. Halloween, souvent imité, jamais égalé. Un cinéaste qui s'est spécialisé dans le fantastique et la SF légèrement teintés d'épouvante, avec parfois même quelques petites touches d'humour qui font plaisir, quelques jumpscare bien dosés sans en rajouter trop. Surtout un cinéaste qui sait installer les ambiances sans trop se presser par petites touches de bizarrerie qui vont amener l'histoire. Comme j'aime. après tout ce qu'il a fait n'est pas exempt de défauts ( surtout d'ailleurs à ses débuts, ou un manque évident de budget saute parfois aux yeux, qui est souvent compensé par l'efficacité de mise en scène, mais pas toujours). Et là, sur cette programmation ça se voyait particulièrement

Sur Halloween ( 1978), ça n'était pas trop gênant puisqu'il s'agit d'une histoire de serial killer sanguinaire donc, dans un cadre réaliste, et que le fantastique vient plutôt de la personnalité hors norme de Michael Myers. C'est le décalage entre la banalité du cadre, les acteurs alors inconnus ou presque et l'anormalité de la situation qui compte. Je l'ai dit en long et en large, mais je le répète: l'art du cadrage dont il faisait preuve dans ce film et l'ambiance sonore étaient pour beaucoup dans la réussite.. qui a d'ailleurs lancé un nouveau genre, l'épouvante à serial-killer immortel (en tout cas tant que la franchise marche). Et en fait le côté presque fauché participe même au réalisme de la situation.

The Thing (1982). Entre temps, il y a donc eu les cartons que sont Halloween et NewYork 1997, donc le budget est là.

En 1982 en Antarctique ( reconstitué en Alaska, ce qui fait que dans ma mémoire confuse, le film se passait en Alaska.. point du tout), une base scientifique américaine reçoit un jour la visite surprenante d'un hélicoptère venu de la base norvégienne voisine.




Dans l'immensité  neigeuse, les norvégiens qui semblent avoir perdu la boule canardent sans trêve un chien de traîneau y compris à la grenade, sans réussir à l'atteindre. Surprenant décalage entre l'énormité des moyens mis en oeuvre et le résultat nul de la chasse. Le chien court vite se réfugier chez les américains, qui sont à leur tour canardés sans sommation par le norvégien fou, vite arrêté d'une balle bien ajustée. L'hélico est accidentellement détruit dans la manoeuvre, et après avoir tenté sans résultat de joindre la base norvégienne, les américains décident d'y faire un tour pour voir ce qu'il se passe: celle ci est entièrement détruite, livrée à la glace, le seul humain qui s'y trouve est mort, égorgé et gelé. A l'extérieur, le cadavre d'une créature difforme a été brûlé. Est-ce en lien avec l'étrange chose qui ressemble à une soucoupe volante et que les norvégiens avaient dégagée des glaces où elle était enfermée depuis des dizaines de milliers d'années probablement.





L'équipe américaine décide de ramener la créature morte à leur base pour l'examiner et c'est une très très mauvaise idée, autant que d'avoir récupéré le chien d'ailleurs ( excellent dressage au passage, je n'ai jamais vu un chien aussi immobile, et par conséquent aussi inquiétant!). Le chien est en fait une imitation, ce qu'ils ont ramené dans la base est une créature extraterrestre capable, si elle a suffisamment de temps d'assimiler une créature vivante , ici un chien ou un humain pour la copier parfaitement cellule par cellule.
Dès lors n'importe qui peut être une copie et dans ce microcosme coincé au milieu de nulle part, la suspicion et la paranoïa devient une question de survie.


D'ailleurs au delà des effets spéciaux (bien pour 1982, mais qui font sourire en 2017, j'avoue) c'est ce huis clos dans un espace hostile et immense, et dont l'immensité paradoxalement enferme les personnages, et favorise le surgissement de la folie paranoïaque qui est le sujet. C'est une créature extraterrestre qui met le boxon, ça pourrait aussi bien être une épidémie terrestre; on pourrait être dans n'importe quel endroit pour peu qu'il soit exigu ou immense - il y aurait juste moins d'effets spéciaux un peu saignants.

ça par exemple, c'est une maquette de monstre qui a du demander des mois de travail au concepteur.. et qui fait marrer le cinéma entier maintenant par son côté bricolo.

La fin ouverte que certains semblent ne pas avoir apprécié est au contraire tout indiquée, pour ne pas résoudre de manière " facile" la situation, on reste sur sa fin exprès, c'est un bon choix.
Quelque part je lui trouve une ressemblance avec Predator vu l'an dernier, pour le mélange d'action violente et de jeu de massacre ( hep, grande nouvelle, le noir n'est pas celui qui meurt en premier!). Dans le cas de Prédator, la créature est inquiétante car invisible, mais extérieure au groupe qu'elle décime,  dans le cas de the Thing, elle est "probablement" visible de tous, camouflée en parfaite imitation de l'un des membres donc intérieure au groupe.

A vous de voir ce que vous préférez, l'immensité de la jungle ou celle du pôle sud, Schwarzie ou Kurt Russell ( qu'à cause de son nom, je confonds toujours avec le réalisateur Ken Russell ou l'autre acteur Russell Crowe)

 J'ai un peu de mal à le prendre au sérieux à cause de sa dégaine dans ce film, alors que ça n'était pas le cas dans New-York 1997. Vous voyez pourquoi?
Son souci c'est de rester en vie, rester en vie, ha ha ha , rester en viiiiiiie. Avoir du disco en tête n'aide pas à l'immersion. Et maintenant c'est foutu pour vous, foutu pour vous, ha ha ha, foutu pour vouuuuuus!

Oui je sais, j'aurais pu pointer la ressemblance avec Ulysse d'Ulysse 31, c'est vrai. Mais ce n'est pas ce qui m'est venu en tête en premier hélas. Du coup, c'est vrai que pour une version live d'Ulysse 31, si ça avait été la mode des live actions à l'époque, je n'aurais pas pu imaginer quelqu'un d'autre...

Nota: il y a peut-être, mais là il faudrait demander directement à John Carpenter, il y a peut être une référence à Alien dans la séquence de réanimation cardiaque. Une référence inversée à ce qui arrive au personnage de feu John Hurt dans Alien en fait. C'est loin d'être impossible. Alien date de 1980, The Thing de 1982, les réalisateurs jouent à peu près dans la même catégorie, plus.. quelque chose dont je vais parler plus loin qui me fait penser que ça n'est pas un hasard.

The Fog ( 1980). Retour 2 ans auparavant,je chronique dans l'ordre de diffusion. Halloween a marché, mais on est avant New York 1997. Donc fatalement moins de budget.


Comment rendre la mer menaçante? avec un simple plan large, de la profondeur de champ et des teintes grisâtres.

La petite ville d'Antonio Bay, Californie, s'apprête à fêter les 100 ans de sa fondation, pourtant marquée par un drame. 100 ans plus tôt, un bateau transportant plusieurs marins s'est échoué, égaré dans le brouillard et conduit par malchance sur les récifs par un feu de camp sur la plage. Mais l'un d'entre eux était riche et son argent a en partie servi à construire la ville, donc on s'apprête à inaugurer une statue à la mémoire des malheureux dont la disparition a été à l'origine de la ville.

L'histoire du naufrage est connue, et les vieux marins du coin la racontent volontiers, près d'un feu de camp la nuit: lorsque le brouillard se lève dans la nuit du  20 au 21 avril, les fantômes reviennent chercher ceux qui ont causé leur perte.

juste pour info,  moustachu, là , dans le rôle très bref du bricoleur qui répare l'église, c'est John Carpenter en personne.

Or justement cette nuit là, les incident étranges se multiplient: des objets se déplacent sans raison apparentes, les appareils électriques se dérèglent, les alarmes sonnent, le garage du coin s'allume seul, les chiens aboient vers la mer, des vitres éclatent, le prêtre du coin découvre par hasard un journal ayant appartenu à son grand-père, caché dans un des murs de l'église et qu'une pierre tombée vient de mettre au jour des coups résonnent aux portes, un brouillard inattendu est annoncé par la météo locale et relayé par l'animatrice radio locale. Son antenne est situé dans le phare et elle peut confirmer, elle le voit bien du haut de son perchoir.


Un brouillard d'autant plus inquiétant qu'il est phosphorescent et avance contre le vent.


Or cette nuit là, comme cent ans plus tôt, un bateau est porté disparu. Retrouvé au matin, 2 victimes ont disparu, la troisième a été assassinée ( on l'a entrevu dans le brouillard) sauvagement à coup de crochets. chose étrange, le corps semble avoir passé plus d'un mois dans l'eau, le bateau est rouillé et trempée d'eau de mer comme s'il avait sombré et refait surface...
Après avoir lu le journal, le prêtre comprend l'horrible situation. son grand père et 5 autres notables de l'époque ont consciemment conduit au naufrage le dénommé Blake, homme riche et lépreux, et ses compagnons atteints de la même maladie, 100 ans plus tôt, après s'être assurés de faire main basse sur l'argent de Blake. Celui-ci revient d'entre les morts avec son équipage pour se venger de la trahison dont ils ont été victimes.


et ils ne sont très décidés à le faire.

Et donc là, le côté fauché se sent plus, surtout dans les plans rapprochés tournés en studio. Je ne saurais pas dire, mais l'éclairage, le cadrage, ça fait assez série TV. C'est dommage parce que par ailleurs les décors naturels sont bien utilisés ( le film a été tourné au même endroit que Les Oiseaux d'A. Hitchcock, à ce que j'ai lu, donc Carpenter se place sous l'influence de.. pas n'importe qui!). Et ce qui faisait la force d'Halloween est bien là: plans larges où le surgissement progressif d'éléments bizarres crée l'ambiance angoissante. Avec 3 fois rien, il sait créer le malaise et c'est ça que j'aime et qui s'est un peu perdu dans ses films un peu plus récents. Paradoxalement, avec peu de moyens on est obligé d'être plus inventif que lorsque l'argent est là.
L'histoire de revenants est classique, mais c'est assez simple de faire des clins d'oeil aux maîtres du genre (outre les lieux de tournage et Hitchcock) qui font toujours plaisir.

Lui par exemple, le prêtre de l'histoire qui découvre le pot-aux-roses.Il ressemble beaucoup à quelqu'un d'autre non?



Quelqu'un de trèèèèèès connu dans le domaine fantastique?


Oui, et si je rajoute qu'en incipit du film, il est clairement cité une phrase d'Edgar Poe, le doute n'est plus permis. Et mine de rien ce genre de détails ça me plaît.

et je pense qu'il n'y a pas que la littérature qui est cité, mais qu' Edward Hopper et ses inquiétants paysages nocturnes où "quelque chose cloche" sans qu'on puisse dire quoi, n'est pas étranger à ce genre de plans.

Alors plus haut je disais qu'il y avait un lien entre Alien et Carpenter. J'y viens. Dans The Fog, Monsieur météo qui téléphone à l'animatrice radio pour lui communiquer le dernier bulletin tout frais est nommé Dan, simplement Dan, son nom complet n'est pas dit. au générique le personnage est nommé complètement: " Dan O'Bannon". Le vrai Dan O'Bannon , co-scénariste du premier film de Carpenter est aussi en 1981 le scénariste d'Alien. Carpenter a donné à un personnage le nom d'un de ses copains, qui travaillera l'année plus tard sur le méga carton du cinéma de Sf de l'époque. Ca ne serait donc absolument pas une surprise que la séquence mentionnée plus haut soit encore un clin d'oeil à son copain.

D'un point de vue personnel, même si j'ai bien aimé The Thing, j'ai une petite préférence pour The Fog qui m'a plus absorbée. Peut être parce que j'avais déjà vue The Thing, et que The Fog était une découverte. Peut être parce que malgré le manque de moyen parfois évident, j'ai trouvé le côté mystérieux mieux amené, alors que The Thing cède parfois aux effets spectaculaires un peu faciles?

Ha oui et puis désolée encore pour vous avoir pourri le film, pourri le film, ha ha ha ha pourri le fiiiiiiiilm

vendredi 3 mars 2017

Hero corp saison 2 (série TV)

Je sais j'avais dit " Mars, mois de la SF" mais je classe les histoires de super-héros en SF, faute de mieux. On est à mi chemin entre la SF et le fantastique, la ligne est mince parfois entre les deux, donc j'élargis à Mars mois de la SFFF ( SF, Fantasy et Fantastique) comme ça ça englobe tout.

Et, après Lermina, on continue d'ailleurs sur un point de vue bien français, aussi français que l'était Super-Dupont en son temps.

Tout vient à point à qui sait attendre, puisque j'avais vu les deux premières saison de cette série il y a longtemps (la saison 1 date de 2008 et la seconde de 2010). Et je n'avais revu et chroniqué la premier qu'en 2014.
Mais voilà, je n'ai plus la TV,  alors je suis allée faire un tour vers Netflix, depuis le temps que j'en entendais parler et hooo cool, je vais pouvoir voir la suite!enfin, d'abord revoir les 2 première saisons et voir la suite.

Car cette série a eu une histoire plutôt mouvementée: 3°saison en 2013, et 4° en 2014/2015. Plus une déclinaison en websérie. Pourquoi?
L'éternelle raison: les thunes.Et surtout leur manque.
La seconde saison ayant moins eu de succès que la première, La chaine comédie! qui la diffusait à la Tv à lâché l'affaire, laissant scénaristes, acteurs, metteur en scène.. bref toute l'équipe, en plein suspens.

Cependant, les fans se sont mobilisés sur la toile, une rediffusion pourtant nocturne a fait de meilleurs scores, le financement participatif a fonctionné à plein régime, ce qui fait que cahin, caha, la 5°et dernière saison est dans les starting blocks.

Donc reprenons où nous en étions, pour rappel, lors de la saison 1, John, un homme tout ce qu'il y a de plus normal, déboulait dans un village du fin fond de la Lozère pour assister aux funérailles de sa Tante Mary. Laquelle n'était pas tout à fait morte. Même pas du tout en fait mais avait trouvé se subterfuge pour faire venir son neveu avec qui elle n'avait pas eu de contact depuis 10 ans. Or Mary et les autres villageois eux, ne sont pas tout a fait normaux: ils sont, enfin, ils étaient des super héros. Mais, mis au rencard après des années de bons et loyaux services, ou partis de leur plein gré se mettre au vert, ils sont maintenant la branche "Lozère" de l'agence internationale de super héros " Hero Corp" dont le siège est à Montréal, Québec. Or justement ils ont un gros problème, du genre attaque de super-vilain, et leurs pouvoir étant amoindris, pour en pas dire carrément moisis, ils ne sont pas de taille à faire face. Or le medium de l'agence a eu une vision, c'est John qui va les sortir de la mouise en les fédérant à nouveau pour se battre contre " Ze Lord" (oui toujours bien prononcer les noms à la française, Steve = stèèève, Allen = allant, Burt = burte, Mick = Mique...)
Le tout se concluait par une virée à Montréal le temps de rencontrer "capitaine Canada" ( Michel Courtemanche), super héros prétentieux bien que nullissime et poltron, et pourtant célèbre, flanqué de son assistant "captain trois-rivières", tout aussi snob... qui flippe à la vue des animaux de la ferme. Mais, c'est la règle dans toute histoire de super-héros: une fois un super-vilain vaincu, il va forcément y en avoir un autre, encore plus super, encore plus méchant.



Car évidemment, je peux difficilement entrer dans les détails sans éventer un peu la 1° saison.




Cette fois, le super méchant c'est Matthew Hoodwink ( prononcer correctement à l'anglaise), et pas de chance pour John, c'est surtout l'irascible père de sa petite amie Jennifer, laquelle ignore tout de la nature de son petit copain, de la tante et des amis de celui-ci.

Or pendant l'escapade québécoise d'une partie de ceux ci, Hoodwink fait raser le village de Lozère. Tous n'en réchapperont pas, mais une poignée de survivants refont surface, vite rejoints par ceux qui rentrent du Québec et vont devoir tailler la route en pleine forêt, direction le bunker secret de Hero Corp,pour se mettre à l'abri de Hoodwink qui a décidé de les trucider purement et simplement.
Mais John a toujours Jennifer avec lui, otage plus ou moins coopérative, et toujours ignorante de la situation, ce qui leur évite un canardage pur et simple. Et d'ailleurs ignorante tout court, puisqu'elle a perdu la mémoire en lorsqu'une roquette lancée par le maladroit Capitaine Canada a percuté de plein fouet sa voiture. Ce qui ne va pas arranger son mauvais caractère et son côté boulet.

Cette seconde saison est plus sérieuse, ou plutôt plus aboutie, plus suivie en fait que la première où les épisodes étaient plus ou moins indépendants. Là il y a un vrai fil directeur: la fuite des super héros survivants, l'arrivée d'autres survivants venus de régions diverses car les autres branches mondiales d'Hero corp ont aussi été détruites.

On voit donc arriver Valur, un islandais qui sait manier la foudre ( et dont l'accent fait beaucoup d'effet sur tante Mary), Jean Micheng, vietnamien au pouvoir.. déconcertant ( pour ne pas dire complètement n'importe nawak: il déconcerte les ennemis en leur parlant vietnamien, et quand ils sont déconcertés, un ballon de handball surgi de nulle part les assomme. Quand je vous disais que c'était n'imp! Mais force est de reconnaître que c'est efficace même en étant complètement ridicule. et Eshana, brune hippie au pouvoir de dédoublement (sachant que son doppelganger ne lui ressemble absolument pas, c'est loin d'être évident)

Ceci dit, les autres, replongés dans le bain, et obligés de s'y remettre vraiment pour survivre vont dérouiller leurs pouvoirs. Surtout le pauvre Burt, qui fait beaucoup d'efforts pour peu de résultats, mais arrivera quand même à s'extirper de sa condition de Captain Shampooing ( qui lance du shampoing doux qui ne pique même pas les yeux) pour redevenir un peu l'Acid Man qu'il était au temps de sa gloire.
Quand à John, il développe aussi des pouvoirs, disons, paradoxaux: fils d'un super héros et d'une super méchante, ce qu'il ignore encore, il peut à tout moment pencher du bon ou du mauvais côté.
Donc un scénario qui fait toujours la part belle aux moments humoristiques et pinaillages entre super héros, il faut bien le dire, toujours un peu concons et péquenauds indécrottables, mais développe un peu plus son sujet et ça, ça fait plaisir.

Avec en prime une brochette de second rôles assez croquignolets ( le retour de captain sports-extrêmes, déjà aperçu dans la saison 1: le genre de mec à faire du parapente sans parachute, ou du saut à l'élastique, sinon c'est trop facile et bon pour les chochottes. Evidemment, il se ramasse beaucoup et passe plus de temps à remettre en place ce qu'il s'est déboîté plutôt qu'a faire des actions d'éclat. On retrouve aussi le prétentieux Captain Canada, toujours à côté de la plaque et vite dépassé. Et parmi les invités, il y a " atraignée man" ( Alexandre Astier, venu faire un passage dans la série de son frangin). Il n'a aucun pouvoir particulier, sinon celui d'être relou et gratuitement méchant " parce que les araignées c'est méchant". Dans la première saison c'était " chauve-souris Man", le super héros qui ne sert à rien: comme les chauves souris, il vivait la nuit, mais en fait il avait choisi de vivre de nuit le jour parce que c'est moins fatiguant!
Manière évidente de tailler un short aux deux super-héros les plus célèbres..

On va encore trouver ici un homme des bois philosophe aux lectures étranges ( Pierre Palmade): son livre favori est "comment servir l'homme" (oui, oui,l'ambigüité du titre est tout à fait voulue) et, plus tard, un groupe de vampires qui a comme un souci d'image et de crédibilité: En tant que " vampires de jour", personne ne les prend au sérieux et ils passent aux yeux de tous pour des petits malfrats, ce qui est mauvais pour leur égo. Je vous rassure ils n'ont pas le mauvais goût de briller au soleil ( et non je ne me lasse pas de tailler Twilight en biseau)

Donc comme pour la première saison du très très bon, et par moments, du moins bon, des gags qui tombent à plat. Mais un peu moins que dans la saison 1,  voilà, la saison 2  semble plus écrite, et fait moins de part à l'improvisation ont sont issus plusieurs des acteurs. L'impro, c'est bien, c'est réactif.. mais c'est aussi plus casse gueule.


Les nouvelles tenues sont un peu plus homogènes...disons que c'est un peu moins pire pour l'image de Tante Mary d'avoir laissé tomber le tablier à fleurs. Là ils font un peu moins pécores et un peu plus.. euh.. éboueurs? :D


Alors oui, je continuerai, après cette deuxième saison plus aboutie, à suivre les aventures des super héros les moins compétents de la planète. Parce qu'elle a mine de rien l'ambition de mélanger deux choses très différentes: l'univers très sérieux des super héros et l'humour potache, avec en plus de vraies trouvailles scénaristiques par moments, qui en font un ovni au milieu de séries françaises assez convenues.

Mon seul regret: ouiiiin , il n'y a pas Captain Cold dans cette deuxième saison. Je ne sais pas si c'est un choix professionnel de Maurice Lamy qui n'a pas pu revenir pour la saison 2 pour cause de planning, vu qu'il joue surtout au théâtre, ou si c'était prévu dès le départ dans le scénario, mais il me manque.

Autre qualité de la série, je crois que je l'avais dit pour la première saison: les tournages en extérieurs, la campagne de Lozère pour la saison 1 ( Le Causse de Sauveterre et le village des Palhers de Bramonas,  près de Mende et Balsièges, argument touristique qui figure maintenant sur le site de l'OT local), les Alpes Maritimes pour la saison 2 ( Menton, le fort du Barbonnet près de Sospel), les suivantes en Bourgogne ou du côté de la Rochelle. Et cet emploi des décors naturels est un des points forts de la série, la limite financière qui empêche les gros effets spéciaux devient une force ( car franchement arriver à refaire en studio un endroit aussi authentiquement décrépi que l'est réellement le fort du Barbonnet, ç'aurait été difficile. Et les forêts ont l'air de vraies forêts... dimension qui manque paradoxalement dans les productions de plus grand budget où le fond vert est la solution de facilité la plus souvent retenue  )

Rendez vous dans quelques temps pour la suite.