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dimanche 7 juin 2026

Good Bye, Mr Head...


S'il y a bien un sujet que je ne pensais pas devoir aborder lors d'un mois anglais, c'est bien celui-ci. L'an dernier, à la même période, je parlais des frères  Head, Murray et Anthony, disais combien je les appréciais tous les deux chacun dans leur registre, sans imaginer une seule seconde que le plus jeune mourrait seulement un an plus tard, de manière inattendue. Mais vraiment, pile un an après, le 5 juin, qui est aussi l'anniversaire de ma mère. J'ai appris cette triste nouvelle en rentrant du traditionnel restau mère/fille. En 2012 , le 5 juin aussi, c'était Ray Bradbury qui tirait sa révérence et je l'ai également appris en revenant du restau.

Et ça m'attriste beaucoup, ce monsieur était si drôle, si sympathique, et les nombreux hommages que lui rendent les internautes et les autres acteurs et actrices qui ont travaillé avec lui confirment cette impression. Tous en dressent un portrait rare dans le monde du cinéma et de la télévision: un type intègre, modeste, amical, très accessible et très humain. Honnêtement, il le portait sur son visage.

Pour les gens de ma génération, il était avant tout Mr Giles, le bibliothécaire so british de la série "Buffy contre les vampires", un personnage secondaire, qui n'était pas prévu pour rester, mais qui a gagné très rapidement l'affection du public. Et ce alors qu'il s'agissait d'un personnage adulte, incarnant une certaine autorité, dans une série orientée pour un public ado, avec des personnages centraux lycéens. Seulement voilà, sous sa première apparence distante et sarcastique, Mr Giles, c'était un peu le tonton cool qu'on aurait tous voulu avoir: celui qui est marrant parce que décalé, qui rame avec la technologie, mais qui est fiable et toujours là pour aider et soutenir la troupe. Celui qui peut aussi vous laisser bouche bée, le jour où vous découvrez qu'il a un putain de talent pour la musique, que vous ne soupçonniez pas. Toujours ménager un effet de surprise, toujours!


 Un lien essentiel, bien plus qu'un faire valoir, et le public ne s'y est pas trompé. Certains espérant un spin-off centré sur CE personnage ( et j'en fait partie).
Et je pense que si ça a si bien marché, c'est précisément parce que l'acteur ne jouait pas le type cool, il était le type cool, qui a su mettre à l'aise l'équipe de jeunes acteurs autour de lui, et en être réellement le " tonton sympa".

Tout en développant un côté plus inquiétant à ce personnage de dandy aussi britannique qu'une tasse de thé, et donc le rendant d'autant plus intéressant. Pour moi, presque plus que Buffy, dont le nom est pourtant dans le titre, c'est Mr Giles qui est devenu le personnage central. Le décalage d'expérience d'acteurs, entre les jeunes américains débutants, et le quadragénaire anglais passé par le théâtre, y est surement pour beaucoup aussi.

Depuis je suis bibliothécaire moi aussi, et je regrette que mon travail n'inclue en fait pas la partie " chasse aux monstres et pieux dans le coeur" (et c'est parfois très tentant au quotidien), pfff c'est nul! Mais Mr Giles restera à jamais notre héros , à jamais dans nos mémoires de bibliothécaires.

Mais donc par la suite j'ai découvert ses publicités très drôles pour le café lyophilisé. Nescafé a choisi George Clooney puis Jean Dujardin pour être le visage de leur marque, mais dans les années 1980, outre-manche, leurs visages étaient un duo d'acteurs de théâtre alors peu connus, Sharon Maughan et Anthony Head, qui donc est resté pour les anglais " le gars de la campagne nescafé". La série de publicité est brillante et a été abordée par les acteurs exactement comme une pièce de théatre, en plusieurs scènes, qui déroulent une histoire entre voisins: une dame un peu snob arrive dans un nouvel appartement et tombe en panne de café pour son dîner sélect. Elle va donc sonner chez son voisin pour lui en emprunter et surprise: le voisin est le charme personnifié, regard pétillant et sourire ironique. C'est donc elle qui va le draguer très ouvertement au fil des épisodes, le monsieur se laissant bien évidement faire.
Je peux comprendre, mon voisin serait de ce genre, je pense que j'irais très régulièrement lui emprunter et lui rende des trucs, juste pour voir ce ravissant sourire...par contré désolée, mais, même avec tout le marketing du monde, je n'arrive pas à prendre la phrase " il a un goût très sophistiqué" pour du café lyophilisé😂Mais la manière dont l'actrice euphémise l'air de rien " I've popped in for coffee" avec un sourire rêveur lorsqu'on lui demande si elle a rencontré son voisin est extrêmement drôle. Je n'ai pas trouvé l'intégralité de la campagne ( 12 publicités qui passaient chacune pendant 6 mois et ont donc duré pendant 6 ans), mais en voilà quelques unes, c'est frais, c'est pétillant, c'est créatif... campagne nescafé années 1980. La campagne a eu tant de succès qu'elle a été parodiée par des humoristes qui imaginent comment s'est passé le tournage.

Parmi les choses que je n'ai pas vues mais dont j'ai entendu parler, il y a la série Merlin où il jouait, bien plus tard, le roi Uther Pendragon. Et une série audio puis télé " Little britain" où il jouait le rôle d'un premier ministre apparemment assez délirant.

Mais, encore autre chose: je croise les doigts pour qu'un enregistrement complet de bonne qualité existe et ressorte: le même, hein, le voisin charmant et charmeur, le bibliothécaire de combat - et accessoirement, charmant aussi -, le roi de Bretagne, le premier ministre a campé dans les années 1990 un Frank N Furter d'anthologie sur scène dans la version scénique de rocky Horror Show. et du peu que j'ai vu, et de l'enregistrement que j'ai trouvé de Sweet Transvestite, ça devait être épique. Non seulement il chante - et bien - mais il a l'air de s'éclater à le faire.

Voilà déjà une version filmée à la sauvette, faute de mieux.
Et la version disque de Sweet Transvestite. L'orchestration est plus pop que dans celle d'origine, chantée par le génialissime Tim Curry, mais je kiffe son interprétation ( pour l'anecdote, quelqu'un a posté le disque sur Facebook, et l'objet lui même est fait de manière très judicieuse p: une photo de l'acteur en costume de Frank y est imprimée de manière à ce que le trou pour l'axe de rotation du disque soit.. pile là où il faut de manière a utiliser le euh.. bitoniau en acier. Et oui, ça me fait marrer parce que c'est bien pensé. De toute façon, ce n'est pas avec le Rocky Horror Show qu'il faut faire dans la dentelle et la subtilité. c'est festif, c'est barré, c'est sexy, et Sweet Transvestite fait partie des chansons qui me collent une patate d'enfer et que je pourrais brailler à tue-tête sans la moindre honte)

Autre aventure théâtralo-musicale, dont j'ai trouvé seulement un court extrait: Vous connaissez la chanson "One Night in Bangkok", tube international de Murray Head? Bon. C'est en fait une chanson extraite d'une pièce musicale intitulé Chess, de Benny Anderson, l'un des B du groupe ABBA. Déjà, c'est improbable.
Encore plus improbable: le sujet: l'affrontement de deux grands maîtres d'échecs, lors du championnat du onde en Thaïlande. Murray Head tenait sur scène le rôle du champion américain (très largement inspiré du psychorigide Bobby Fisher). Et lorsqu'il a décidé d'arrêter probablement pour une tournée ou un film, ou que sais-je, le rôle a donc été repris par le petit frère. Hop, quatrième visage: le champion d'échecs psychorigide.

Encore plus improbable, et là je n'arrive pas à le trouver avec ST, tant ça a fait un flop: Repo, the Genetic opera, un opéra (hard)rock de SF horrifique, qui a l'air d'être un sacré nanar, mais que j'ai malgré tout envie de voir, précisément parce que le sujet est ultra perché ( dans une société où un virus cause des défaillances ultiples des organes, les ultra riches peuvent se faire opérer à prix d'or pour continuer à vitre. sauf qu'il s'agit non d'une achat, mais d'une location d'organes. S'ils arrêtent de payer, on leur envoie le Repo (pour repossesseur), les tuer et récupérer la précieuse marchandise pour le client suivant; Oui, c'est de la science TRES fiction, mais j'ai donc très envie de le voir dans un rôle de méchant. Le quinquagénaire normal que personne ne soupçonne devient un serial killer rien qu'en passant une porte...


Parce que c'était son talent, à ce monsieur au sympathique sourire, il savait passer d'un rôle à l'autre sans problème et pouvait devenir facilement angoissant en quelques instants.
Et ça c'est pour moi ce qui fait un grand acteur, il aurait franchement dû avoir une reconnaissance internationale bien plus importante. Un mystère pour moi: que personne n'ai visiblement jamais songé à lui proposer le rôle de James Bond. Il avait la diction, le talent, la classe anglaise parfaite pour ce rôle ( après il n'avait peut être pas spécialement de goût pour le cinéma, c'est une autre approche que de développer un personnage au fil des épisodes d'une série, ça peut être un choix personnel de carrière)

Mais qu'est-ce qu'il va me manquer! donc attendez vous à le revoir ici régulièrement quand j'aurais trouvé et regardé la foule de documents qui vont refaire surface suite à cette triste nouvelle. Et pensée toute spéciale à son grand frère.

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