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vendredi 13 octobre 2023

Ghostland (film 2018)

 Et hop, après le Maroc et l'Espagne, on part au Canada.

Pascal Laugier est quelqu'un dont je n'avais absolument pas entendu parler jusqu'à cet été en fait.
Or il s'avère que je l'ai entendu témoigner dans un certain podcast sur la musique ( vais pas vous bassiner avec encore une fois? non? si?) Bon, on l'entend là, à un moment clamer son admiration absolue pour ce compositeur et cet album en particulier. Il s'avère qu'à l'écoute, j'ai totalement craqué pour le même album et les mêmes morceaux, donc son nom m'est resté en tête, d'autant que c'est un gars de ma région.

Et voilà-t-y pas qu'en cherchant de quoi faire mon programme vidéo du challenge Halloween, je trouve ce film, et tiens, mais l'monsieur fait du cinéma de genre, et encore mieux de genre fantastique. Donc réalisateur français, film tourné au Manitoba , avec des acteurs et actrices principalement américains/ canadiens, dont Mylène Farmer ( que j'aimais bien dans les années 80 pour son style garçon manqué/ dandy, et ses clips très cinématographiques). Pour le bien de mon parcours international, je vais donc le considérer comme film canadien.

Contre toute attente, ce n'est pas une histoire de fantômes, mais un survival movie, parfait pour un Vendredi 13.
Le film a remporté 3 prix au festival de Gerardmer 2018; grand prix, prix du public, et prix du public de SyFy


Tout commence quand Pauline et ses deux filles, Vera la blonde rebelle, et Elisabeth la brune un peu peureuse,  mais fan de littérature d'épouvante qui se rêve écrivaine célèbre, digne héritière de Lovecraft, partent pour un coin paumé du Canada. Elles y ont hérité de la maison d'une lointaine tante. Et quelle maison, le genre  qui ferait tourner les talons à quiconque a déjà vu Psychose ou Massacre à la tronçonneuse. Feu tatie était une collectionneuse de vieilleries, particulièrement les jouets et les poupées, mais visiblement les plus moches possibles. Donc déjà ça fiche les chocottes, surtout aux gens comme moi qui n'aiment pas les poupées.
Autre mauvais signe, en chemin, Beth lit dans un journal qu'un tueur de familles sévit dans le coin.

Tu le sens venir le truc? Allez habiter en famille dans une maison isolée au milieu d'un coin où il y a eu précisément des familles massacrées?
Bon, si on ajoute qu'en chemin, le trio a croisé un camion, auquel Vera n'a rien trouvé de mieux que de faire un doigt, on voit quand même venir la suite à des kilomètres.
Dès le même soir les trois femmes sont sauvagement attaquées par un gros bonhomme aux allures d'ogre et une "sorcière". Pauline réussit à les mettre hors d'état de nuire.

Bien des années plus tard, on apprend que Beth est devenue écrivaine à succès, qu'elle vient de publier "Ghostland", un roman qui raconte cette histoire. Que Pauline et Vera sont restées habiter dans la maison en question, mais que Vera a de sérieux problèmes psychologiques : elle est devenu totalement parano depuis l'agression. Lorsqu'elle téléphone à sa soeur pour l'appeller au secours, Beth repart donc pour voir ce qui se passe dans cet endroit de sinistre mémoire.

Et là, on se demande sérieusement qui de sensé resterait habiter dans une maison où il a été violemment agressé, où il a lui-même buté ses agresseurs, et continuerait à y vivre avec un membre de sa famille traumatisé, qui fait des crises et s'enferme à la cave, au lieu de déménager et de faire soigner sérieusement sa fille.

Cette question que je me suis posée trouve une réponse, c'est même précisément la clef de l'intrigue, le point de bascule au milieu du film.

Après, comment dire, j'ai du mal à décider si j'ai aimé ou pas. Allez, dans l'ensemble, c'est un oui, mais avec quelques réserves.
J'ai bien aimé l'ambiance, j'ai bien aimé l'idée que le personnage central d'un film d'horreur soit une fan de littérature d'épouvante, le réalisme (mine de rien,c'est quand même rare d'avoir un personnage de film de d'horreur qui se pisse dessus de trouille face au danger) c'est une mise en abyme sympa, mais je l'ai trouvé un poil long quand même
Et avec un peu de facilités: les agresseurs qui mettent des plombes à mourir même quand on leur plante une paire de ciseaux dans la gorge, les agressés qui s'arrêtent en pleine fuite parce qu'ils entendent un bruit venant de l'endroit qu'ils fuient (maaaais ne te retourne pas, ne va pas voir ce qui se passe par ce ^$*$ de trou de serrure),  les poupées qui tombent ou ricanent bruyamment au moment précis où il ne faudrait aucun bruit, les flics qui arrivent trop tard, hooo quelqu'un pète une porte fermée au marteau (j'ai bien cru que c'était une hache), hooo un message écrit au rouge à lèvres sur un miroir: 2 points " shining", un point Norman Bates, et quelques points Stephen King par ci, un portrait de Lovecraft par là..). Ah, tiens la musique flippante s'arrête, silence.. il va se passer un truc, je penche pour un jumpscare. Gagné!
Bon voilà, tout ça ce sont les trucs "pas ouf", dans le sens, un peu trop téléphonés. Ce n'est pas forcément une critique, c'est juste mon ressenti, parce que j'aime bien être surprise par un film, et je suis sensible aux effets sonores. S'ils sont trop évidents ça me gâche un peu le plaisir. Si je devine la fin aussi ( ce qui m'a bien gâché "Esther", parce que j'ai deviné dans les 10 minutes ce dont il retournait!).
Bon là, j'ai eu des doutes, mais je n'ai pas vraiment deviné avant la la confirmation, donc c'est ok!

Je pense sincèrement que ce sont plutôt des clins d'oeil faits aux amateurs du genre, ils ne sont pas mal faits d'ailleurs... et oui, je le reconnais, c'est difficile d'arriver à faire à la fois quelque chose de vraiment original dans un genre aussi codifié que le film d'horreur, tout en s'assurant de rester justement dans ces codes pour ne pas perdre les spectateurs qui viennent voir un film d'horreur pour les scènes saignantes.
Mais c'est comme tout: le mieux est l'ennemi du bien et rajouter des ingrédients dans un plat ne le rend pas meilleur. 
Il y a plein d'aromates mais il manque un ingrédient essentiel pour moi: l'objectif du film,pas assez clair: simple divertissement horrifique ( ce qui n'est pas un peroblème en soi) ou vrai propos (et dans ce cas, c'est.. quoi?) J'aime bien quand un film, même d'horreur, a un fond un peu moins basique que " faire peur", si possible social ou politique, à faire passer (et pour ça, le prochain dont je vais parler reste de mon point de vue inégalable).
Là, je cherche encore le message... n'allez pas habiter loin de tout dans une région où il y a eu des crimes? Dès que quelqu'un fait collection de poupées, c'est malsain, faut vite mettre tout ça au rebut? Des soeurs doivent rester solidaires même dans l'adversité?

J'ai l'air sarcastique, mais il est quand même bien, et plutôt bien joué, on est dans le haut du panier du film d'horreur (y'a quand même beaucoup plus gratuit comme scénario), mais pour moi il lui manque quand même un petit quelque chose qui le ferait passer de "bien" à "très bien".

Et en fait , maintenant que j'y pense, c'est à peu de choses près ce qui m'avait gâché Crimson Peak: très bien joué, visuellement magnifique, mais trop de facilités et en particulier, de facilités d'effets sonores.
A la différence que je n'ai pas vu d'autre film de Pascal Laugier, donc je ne peux pas comparer. Pour Crimson Peak, le problème est que j'avais vu et bien kiffé le Labyrinthe de Pan auparavant, et forcément,  le second partait avec un handicap (Crimson Peak reste à ce jour le seul film qui m'ait faite éclater de rire à un moment supposé pas drôle - le fantôme digne du maître des contes de la crypte, ou d' Eddie, la mascotte d'Iron Maiden. Heureusement j'étais seule dans le cinéma, ça m'a évité d'être fusillée du regard par d'autres spectateurs)

Ce qui signifie qu'il me faudra voir au moins un autre film du réalisateur pour voir ce qui relève chez lui plutôt du gimmick ou plutôt du cliché ( pour la différence entre les deux, je vous renvoie à cette vidéo du Fossoyeur de films).
Puis, maintenant, je sais que Pascal a d'excellentes références musicales...et Mylène en tant qu'actrice est plutôt une bonne surprise ( je n'ai jamais vu Giorgino, donc je ne sais pas si c'était le cas aussi auparavant, mais ses prestations scéniques sont déjà pas mal théâtrales et elle a ma sympathie à la base pour ses textes très littéraires et recherchés)

mercredi 25 octobre 2017

Suspiria ( film1977)

Concilier semaine italienne et challenge Halloween, c'est possible.

En piochant dans la filmographie de Dario Argento, connu pour ses films fantastiques sur fond de sorcellerie

Et figurez vous que Suspiria est le plus connu, je ne l'avais pas encore vu. J'ai un vague souvenir d'avoir vu Inferno, mais je les confondais.

D'ailleurs à ce dyptique ( 1977 pour Suspiria et 1980 pour Inferno, est venu s'ajouter " la troisième mère" en 2007.. que je n'ai pas vu non plus).
Trois histoires de sorcières donc.

Bon, honnêtement pour Suspiria, le scénario ne casse pas trois pattes à un canard. Ou a un cygne, en l'occurrence, puisqu'il est question de danseuses témoins de manifestions surnaturelles dans leur école de danse.

Suzy, apprentie danseuse américaine , vient donc se perfectionner à la Tanz Akademie de Fribourg, en Allemagne.
et dès son arrivée, tout va de travers, il pleut à verse et bien qu'elle soit attendue, on lui refuse l'entrée.
Avant de repartir, elle croise brièvement Pat, une autre élève, visiblement morte de peur.
Et Pat ne tarde pas à être morte tout court, sauvagement poignardée.
Lorsque Suzy revient le lendemain, on lui apprend ce décès brutal, imputé à des voyous.
Mais très vite suzy se rend compte que tout est suspect dans cette école: professeurs rigides et même sadiques qui semblent cacher des choses, directrice invisible alors même qu'une élève vient d'être tuée ( et même une autre, donc il ne sera bizarrement plus jamais question) personnages inquiétants qui rodent dans les couloirs, hostilité ouverte de la plupart des autres élèves. Et Suzy elle-même qui est victime d'un malaise inexplicable alors qu'elle est en excellente santé.
De plus sa nouvelle copine Sara qui lui apprend qu'avant sa mort, Pat avait découvert des choses et qu'on l'a faite taire.
C'est décidé, Sara et Suzy vont mener leur petite enquête, qui les mène sur les traces d'Elena, fondatrice de l'école quelque 100 ans plus tôt, auréolée d'une réputation de sorcière à la tête d'une sorte de société secrète.
Mais les sorcières ne meurent jamais vraiment, n'est ce-pas?

Donc bon, un scénario.. j'ai du mal à le saisir en fait. A la fois parfaitement banal dans l'absolu, mais surtout très décousu.

Argento amis le paquet sur l'aspect visuel, l'ambiance.. mais après recherche, je comprend ce qui me dérange un peu: le film était prévu pour des personnages âgés de 12 ans. Pour des raisons évidentes (va faire jouer des enfants dans un film où dès le départ,une petite fille doit être poignardée et pendue, et arrange toi avec la censure!), les personnages sont joués par des acteurs adultes..mais sans modification des dialogues, ce qui fait que la plupart ont l'air parfaitement nunuches. Puisque si tu es adulte et que tu te sens menacé, tu prends tes cliques et tes claques et au revoir tout le monde, ce qu'une gamine de12 ans peut difficilement faire.
Et ce décalage est parfois assez gênant.

A côté de ça, la narration est assez relâchée, limite dilettante. C'est la faiblesse, mais aussi le moteur du film, aidé en ça par des effets de décors et de lumières oniriques. La logique est celle du rêve, et on ne demande pas un cauchemar de suivre un fil narratif solide.
Une fois compris ça, on peut oublier le côté WTF de certaines situations: comment une fille qui vient de se prendre un coup de couteau dans la carotide peut-elle s'enfermer dans un grenier, empiler des valises ouvrir un fenestron, escalader et s'enfuir, pour tomber droit dans un piège où elle va se débattre pendant un moment, alors qu'elle aurait du logiquement se vider de son sang en quelques secondes, ce n'est pas moi qui le dit, c'est la biologie.
Réponse: le cauchemar. Lorsqu'on rêve qu'on est attaqué et blessé, l'organisme lui est peinard, intact sous la couverture, et donc envoie le signal que tout va bien.. donc ok, on peut continuer le rêve d'horreur sans y mourir ( la nuit passée, j'ai rêvé que j'étais coincée dans une écluse après avoir dévalé une chute d'eau et ça paraissait terriblement long, et je me suis réveillée même pas mouillée ni noyée v'voyez?)
Je vois ça comme ça.

A ce moment on peut savourer les inventions horrifiques parfois réussies ( autant le meurtre du début est assez cartoonesque, et donc plus rigolo que flippant autant la pluie d'asticots qui tombe du plafond est une idée génialement dégoûtante).

Après il faut aimer l'esthétique too much des seventies: lumières violentes, cadrages originaux, distortions de l'image. C'est sûr, Suspiria ne fait pas dans la sobriété, mais au final le côté n'imp' des situations ajouté à celui parfaitement artificiel du traitement visuel marche plutôt bien.
Et rien que par un cadrage et un montage intelligent, Argento parvient à rendre angoissant une séquence où un homme est seul la nuit, sur une place déserte avec son chien. Il n'y a rien, il ne se passe rien, seul un vol de pigeons est là, mais ce rien est justement angoissant.
alors qu'importe au final si le sang est trop rouge est trop épais, si les victimes survivent quand elles ne devraient pas, si le chien qui attaque est clairement une marionnette, si les couteaux s'enfoncent visiblement dans leur manche...parce que ce qui compte c'est plutôt le côté plastique de la chose.

Soit on aime, soit on déteste. Bon, je fais partie de ceux qui ont aimé, et c'est assez rare que les faiblesses d'un film soit exactement ses qualités.

Sinon deux choses pour conclure: Suzy est jouée par la trop rare Jessica Harper, actrice d'une poignée de film de genre, mais surtout Phoenix dans Phantom of the Paradise. Ici son rôle est moins intéressant et on n'entendra pas sa jolie voix d'alto, mais c'est un plaisir de la revoir.

Et plus que tout j'adore la musique du générique, que personnellement je mets en tête de mon top 3 des musiques de films d'horreur. Elle est signée du groupe de rock progressif ( on ne se refait pas) italien Goblin. Plus généralement ils ont signé la plupart des musiques de films d'Argento et souvent très réussies.


Et décidément, je viens par curiosité de chercher la bande son d'Inferno.. et de me marrer en me disant " bon sang, j'avais oublié ça. Je ne sais pas qui l'a faite mais on jurerait du Emerson,Lake and Palmer".
Vérification faite, musique de Keith Emerson. Bingo!

vendredi 13 octobre 2017

Vendredi 13 ( film 1980)

C'était le jour ou jamais, n'est-ce pas...

Et figurez vous que c'est en le regardant que je me suis rendue compte qu'en fait.. tadam! Je n'avais jamais vu le premier opus de ce qui est devenu une franchise, mais "Le tueur du vendredi" ( le second de la série, dont le titre est en anglais textuellement " vendredi 13 partie 2)



Et double surprise: ici pas de Jason, le tueur devenu iconique, mais, sans spoiler, quelqu'un d'autre. Jason n'est qu'un souvenir bizarrement renommé,  Jacky pour la version française.
Bon ok, dans les années 80 on faisait beaucoup ça et je rigole encore de " Michel Meilleurs" probablement le nom moins crédible pour un tueur en série de La nuit des Masques. Parce qu'évidemment Halloween, c'était trop peu connu pour être gardé en 78. Pourquoi pas "Carnaval" ou "Mardi gras" tant qu'on y est...
Donc ça se faisait beaucoup, mais il faudra qu'on m'explique en quoi Jacky sonne plus francophone que Jason, alors qu'il suffisait de ne pas le prononcer Djézonn, mais Jason, comme dans "Jason et les argonautes". Surtout qu'à côté en à Jack ( bien prononcer "Jacques!), mais Ned , Brenda, Bill, Steven qui ont échappé à la moulinette francisante. Va comprendre!

Enfin, donc Jason-Jacky est ... mort depuis longtemps quand commence le film. en 1958 précisément, il est mort noyé à 10 ou 11 ans en colonie de vacances pendant que les monos prenaient du bon temps, picolaient et fumaient des pétards.
L'année suivante a vu la colonie de vacances décimée par une série de meurtres aussi violents qu'inexpliqués, et n'a jamais ré-ouvert depuis.
Enfin, jusqu'en 1980 ou un dénommé Steven s'entête à vouloir la réouvrir, en se gardant bien d'avertir les nouveaux moniteurs de ce qui s'est passé une vingtaine d'années avant.
Evidemment, on se doute de suite de ce qui va se passer: une nouvelle vague de meurtres...
Et comment dire, ce premier opus a quand même assez mal vieilli malgré quelques bonnes idées ( l'identité du tueur en fait).
Ce n'est pas tant le film en lui même d'ailleurs qui pose problème que la vogue dont il a été à l'origine. Dans le contexte de 1980, oui pas de souci, il devait être un bon film de trouille. Depuis à force d'être imité, les ficelles scénaristiques paraissent grosses comme des câbles d'amarrage (le commentaire radio qui rappel que " hou, c'est vendredi 13 jour de chance ou de malchance, mais ici, c'est surtout le souvenir des sombres événements du passé... le vieux fou du quartier - à vélo, hahaha! - qui avertit tout le monde que la colo est maudite, vous allez tous mourir, je suis le messager de dieu venu vous prévenir, la pluie battante, les inévitables pannes électriques...

Tout celà a depuis été tellement copié , re -copié vu et re-vu que ce qui n'était pas encore cliché l'est devenu à force d'usure.
Autre souci, la musique de Manfredini qui copie aussi de manière très insistante celle de John Williams pour les dents de la Mer et celles de Bernard Hermann pour Psychose. Et ces ressemblances me gênent énormément.

Donc le film manque d'inventivité lorsqu'il copie et a perdu son inventivité  lorsqu'il a été copié. En fait il n'y a que le tueur qui fait preuve de créativité en variant à chaque nouveau crime son arme ( et j'avoue avoir quand même trouvé jouissif de voir cette bande de crétins se faire buter l'un après l'autre, malgré la présence d'un tout jeune Kevin Bacon)

Vous êtes tous tellement relous que ça sera un plaisir de vous voir crever, surtout toi, Ned.
La réalisation.. hé bien, elle n'est pas mauvaise, mais là encore pas de chance, en 78 il y a eu Halloween de Carpenter et en 80, Shining de Kubrick.
On ne peut pas faire l'impasse là dessus et sans être mauvais, force est de constater que Sean Cunningham n'est pas du niveau des deux précités.

Il lui manque exactement ce qui faisait la force de Carpenter et Kubrick: la profondeur de champ et le sens du cadrage, qui amènent une angoisse progressive et enferment les personnages  alors même qu'on montre un plan large, voire immense sur une forêt enneigée, une rue déserte ou un couloir immense. Il lui manque un vrai style.

Donc, et ça me navre de dire ça, mais ce premier film est, malgré son statut culte, assez mineur, et manque d'un vrai personnage à qui s'identifier ( Alice, ok, mais elle est assez terne, contrairement à Laurie ( Jaime Lee Curtis) dans Halloween.

Et dernier point ceux qui ont vu le film comprendront : cette dernière baston à hurler de rire, avec ce ralenti de la mort qui tue, et cette musique qui pète l'ambiance que le film avait enfin a peu près mis en place dans son dernier tiers lorsque la barque dérive sur le lac...

Donc voilà une demie déception par rapport à son statut de culte ( pas totale, car dans le fond, ne connaissant pas le réalisateur, je n'avais pas d'attente comme pour justement, Carpenter), j'ai quand même plusieurs fois regardé ma montre.

Maintenant il faudrait que je revoie donc  "le tueur du Vendredi" ( ce que les titres français sont kitsch quand même)

Curiosité à signaler:dans la version français, Bill est doublé par l'excellent Eric Legrand, qui a une voxographie impressionnante, et probablement un des meilleurs comédiens de doublages en activité en France mais reste pour moi malgré tout la voix de Seiya dans Saint Seiya ou d'André dans .. Lady Oscar ( encore un détail qui n'aide pas à prendre le film au sérieux dans la VF)

mardi 8 novembre 2016

The Walking Dead Saison 1 ( Série TV)

Me voilà donc une fois de plus par la force des choses coincée à la maison, en arrêt maladie, avant d'en être au point de tuer mes chefs ( la situation est un peu compliquée au travail et et même disons à couteaux tirés),  ce qui est l'occasion de continuer ma cure ciné.. étendue cette fois à des séries TV.
Et à l'approche des élections américaine, en voyant et en écoutant un des candidats- je vous laisse deviner lequel-  je me suis rendue compte que je n'avais pas encore eu l'occasion de regarder cette histoire de zombies à succès.
En plus une série où on canarde  à tour de bras des morts-vivants, ça a un petit côté catharsis par rapport à mon travail, je pense.

Donc le sujet de départ? Quelque part du côté d'Atlanta, Rick est policier et a un peu la guigne, ça ne va pas très fort avec sa femme et en plus, il est gravement blessé lors d"une arrestation qui tourne mal. Cloué sur un lit d'hôpital, à observer les allées et venues de ses collègues qui lui apportent des fleurs sans vraiment pourvoir faire quoi que ce soit. Et lors qu'il parvient enfin à articuler pour dire quelque chose à Shane ( le coéquipier qui vient de lui amener les fleurs), pour lui il ne s'est passé que quelques secondes... mais les fleurs sont déjà fanées sur la table. En fait il émerge d'un cirage qui dure depuis plusieurs semaines, pour se retrouver seul dans un hôpital dévasté. La lumière fonctionne encore un peu, mais il n'y a plus d'infirmières ni de téléphone.
Seul, enfin presque. Lors qu'il parvient à sortir de sa chambre, c'est pour tomber sur un cadavre mutilé dans un couloir dévasté, véritable scène de guérilla urbaine (oui un peu la situation du mec de 28 jours plus tard, ce qui s'est exactement passé, et la raison pour laquelle il est toujours là, est résumé en intro de l'épisode 6). Donc Rick en caleçon et chemise d'hôpital encore bien vaseux, découvre des choses étranges: une porte sur laquelle est inscrit " ne pas ouvrir, il y a des morts dedans".. et visiblement  tous ne le sont pas  vraiment, au vu de l'énergie avec laquelle ils essayent de sortir.

Pire encore à l'arrière de l'hôpital, ce sont des dizaines de corps emballés prêt pour la morgue qui décorent le paysage. après avoir volé un vélo à son demi propriétaire ( oui cette séquence est très drôle) Rick pédale jusque chez lui, pensant qu'il hallucine probablement à cause des médicaments. Mais sa femme et son fils ont vidé les lieux emportant tout.
Alors que Rick le malchanceux essaye de classer ses idées, il est assommé à coup de pelle par un petit garçon et son père, qui squattent la maison des voisins... et se réveille à nouveau sur un lit, attaché. après ce sauvetage musclé et vérification qu'il est bien humain, les deux survivants lui expliquent: la ville entière a été victime d'une épidémie de fièvre zombie, et, pour y échapper, ceux qui n'étaient pas atteint ont fui vers Atlanta. Sa femme et son fils ont du suivre le même chemin.. Ni une ni deux, Rick part pour Atlanta, récupère un cheval au passage - parce qu'il n'y a plus  d'essence - devenant pour le coup un authentique Sherrif de L'ouest, colt, chapeau à étoile et cheval...
on dirait moi qui part en vacances (bah oui, j'habite dans le sud donc je pars en vacances dans ce que les JT un peu bas de plafond appellent le "sens des retours". )


Et se retrouve illico presto coincé par une horde de zombies. Mais heureusement, il y a Findus, et un cheval c'est bien plus nourrissant pour une bande de zombies affamés qu'un flic un peu maigrichon.
"Do not enter" euh, merci du conseil.  Mon problème avec ce genre de séquence c'est que mon cerveau enclenche automatiquement le jingle "Benny hill" qui rend TOUT burlesque.

Ceci dit, l'aide viendra d'un groupe de survivants, qui après l'avoir un peu menacé quand même, se dit qu'un authentique flic qui sait manier les armes, ça n'est pas inutile dans un rpg groupe.
Ce que Rick ne sait pas encore,c 'est qu'ils ne sont qu'un détachement d'un groupe plus grand, planqué en forêt, où se trouvent aussi sa femme, son fils et son coéquipier (qui le croyant mort, s'est bien occupé de madame entretemps). Joie et bonheur? Que Nenni, juste le début des emmerdes façon Koh-Lanta. Sans compter que les survivants ne sont pas tous à la base les plus brillants ou les moins salauds des humains, et certains voudraient garder dans leur microcosme les modes de vie d'avant. C'est à dire en rester à leurs préjugés de supériorité des blancs sur les noirs, ou des hommes sur les femmes..

Ceci dit, je en sais pas si c'était le but ou pas, mais je rigole énormément avec cette série. Parce qu'elle se permet des moments d'humour auquel je ne m'attendais pas : le héros qui pédale sur un mini vélo en pyjama d'hôpital, ou se fait assommer sans sommation; le cheval que j'ai réellement surnommé Findus dès son apparition. Le tartinage un peu crado de sang de zombie, pour tromper l'odorat des autres zombies et passer parmi eux ni vu ni connu, avec bien sûr la pluie qui va se mettre à tomber juste quand il ne faut pas. Un bandit qui se prend une flèche dans le cul. Ou le misogyne qui frappe sa femme ( ho toi, tu va crever parmi les premiers, enfin j'espère!) et se trouve bouffé par une zombinette affamée. Yep, merci madame.  Le sale type raciste qui fait iéch le monde qui se retrouve attaché sur un toit et comme par hasard, la clef des menottes qui tombe pile au fond d'une canalisation -c'est-vraiment-trop-dommage- on-va-devoir-partir-sans-toi.
Des choses comme ça, assez gaguesques, des gags un peu téléphonés mais assez réjouissants dans le fond. Ou plutôt, disons que JE choisis de les considérer au second degré ( surtout pour le dernier épisode avec un cliché de savant fou un peu tout nase et  ho, merde on est coincés dans un bâtiment qui va sauter dans moins de 5 minutes, mais... j'y pense j'ai trouvé ce truc en lavant tes affaires, tu crois qu'une grenade à main, celle que tu avais chopé au début de la série et qu'on avait complètement oubliée,  ça pourrait nous servir pour péter une fenêtre?Yep! j'avoue là, c'est du too much auquel j'ai du mal à trouver une excuse, même en étant bon public. a égalité avec le coup des bandits latinos qui n'en sont pas...
Parfois ça passe.. parfois non. Et mon juke box mental a fait plus d'une fois le raccourci Jingle Benny hill, ça n'aide pas à prendre tout ça au sérieux.

Par contre et c'est un peu l'autre problème,  la série s'attarde aussi sur les détails du quotidien ( deux gars qui parlent de leurs problèmes de nanas, deux soeurs fans de pêche qui parlent de noeuds de marins, de mouches, etc..). Alors oui c'est supposé donner un cadre, montrer comment la vie s'organise tant bien que mal chez ces réfugiés retournés à la vie sauvage, et leur perte de repères, mais quelque part ça donne aussi un effet comique involontaire ( heu sérieusement... c'est l'apocalypse zombie à moins de 5 kilomètres et vous comparez vos mouches et vos techniques de pêche?!). Disons que c'est le principal reproche que je ferai à l'issue de cette saison 1: efficace dans les moments d'action, la série patauge un peu dans les moments intimistes ou d'émotion, que je n'arrive pas franchement à prendre au sérieux, ou a prendre en pitié les "gentils" condamnés à clamser à brève échéance parce qu'ils ont été mordus. Ouaip, c'est bien gentil, mais ta soeur fan de licornes et de sirènes et son cadeau d'anniversaire, ben, j'm'en fous.
Pareil avec la femme de Rick qui se console très vite de la mort de son mari puis jette son amant dès le retour du légitime, en .. quelques secondes. Cash. Sans accepter d'en discuter. Ok, il en faut un peu plus pour rendre un triangle amoureux crédible ( c'est une série les gars, pas un film, vous pouviez vous permettre de développer un poil plus le personnage qui du fait se résume à " c'est une garce") et là, ça plombe vraiment l'histoire avec quelques scènes dispensables. Donc triangle amoureux pourquoi pas, mais il faut que ça tiennent un minimum la route sinon ça ne sert à rien.

La série joue aussi à fond des clichés de films d'horreur à fond les ballons, ceux qui vous font dire " ho toi tu vas crever dans 2 minutes" quand un personnage dit LA phrase: j'arrive dans quelques instants/ Je vais pisser/on se sépare en deux groupes/ (vague bruit derrière une tenture) "je vous ai dit que je ne voulais voir personne/ il n'y a rien a craindre ici les zombies ne viennent pas sur les hauteurs...
Toutes ces phrases qui font que le spectateur sais d'avance à quoi s'attendre et là, deux options, soit lui faire plaisir et se faire plaisir en lui proposant ce qu'il attend, soit prendre le chemin opposé et surprendre. La série joue alternativement sur les deux tableaux et c'est plutôt sympa.
Et non , pour une fois,  le black ne va pas mourir en premier, et le mec qui sauve la mise aux autres plus d'une fois a une solide formation non pas de hackeur de génie mais de livreur de pizza.

Mais voilà, des clichés et de l'humour, parfois volontaire, parfois involontaire, qu'au final, je rigole souvent franchement, soit avec la série soit.. des facilités du scénario et je ne peux absolument pas prendre les moments pathétiques au sérieux, même quand des gentils innocents se font mordre ( bah oui, t'avais dit " je vais pisser", t'avais signé ton arrêt de mort).

Il reste encore les zombies, bien moches aussi, et que je ne peux pas non plus prendre au sérieux, tant ils me rappellent Eddie, la mascotte d'Iron Maiden ou la marionnette des Contes de la crypte ( wowo j'aimerais revoir ça aussi oui!)


Dad!!!!
Yes honey?

Au final une petite série pas impérissable, mais distrayante, tirée d'un comics, j'ai toujours cru que c'était l'inverse. Pas 100% réussie pour moi, mais qui a déjà un avantage: la première saison fait 6 épisodes de 45 minutes chacun - le temps de tâter le terrain et d'aviser de la réception- , les saisons suivantes, une quinzaine d'épisodes, ce qui reste encore correct, car je décroche vite lorsque les saisons d'une série sont trop longues. Mais ce jeu de massacre est assez réjouissant à voir et assez addictif en dépit de ses limites pour qu'on veuille savoir ce qui va se passer. J'espère vivement que ça va s'orienter plus sur une série d'action et/ ou d'humour que sur de longues discussions supposées émouvantes au coin du feu. Disons que je laisse le bénéfice du doute à la première saison , qui a toujours la dure tâche d'installer le décor.

Ceci dit à l'occasion je tenterai la suite, peut être même d'ici la fin de mon arrêt maladie, avant de repartir affronter les zombies de ma hiérarchie ( j'ai l'impression que beaucoup d'entre eux n'ont effectivement plus que le cervelet en état de marche et que les fonctions supérieures sont aux abonnés absents). Ou pour les élections en France?  ( gniark! vanne gratuite)
oui oui, ça finit officiellement dimanche, enfin le mois Halloween, pour l'élection..on verra demain.
BRAIIIIIIIINS!!!

lundi 2 novembre 2015

Crimson Peak ( film)

Bon, voilà j'en reviens, et comme c'est le jour des défunts, que le réalisateur est mexicain, pourquoi attendre? Billet Spécial " Dia de los muertos"!


Donc l'affiche avait attiré mon attention il y a quelques jours, d'autres personnes l'ont vu en ce mois Halloween, m'ont dit qu'il était assez dans la veine du Labyrinthe de Pan, du même réalisateur et que j'avais bien aimé... Donc go, le ciné le diffuse en VO, et ça me donnera donc enfin l'occasion de voir réellement le dans un rôle principal Machin, alias " l'acteur au nom difficile à retenir dont pas mal de gens semblent être fans".
Je disais  par ailleurs que pour moi, ce sont plutôt les visages que j'ai du mal à retenir, donc plutôt " où est-ce que j'ai déjà vu cette tête". Merci Google, donc, dans un rôle secondaire , dans la plupart des épisodes des "enquêtes de l'inspecteur Wallander", série avec Kenneth Branagh - alias, "le rouquin que j'aime bien mais dont je vais éviter de dire le nom pour ne pas me taper la honte avec mon accent frenchie".

Je ne savais pas de quoi ça parlait, au delà de l'affiche d'esprit gothique. Bon, rien qu'avec l'affiche, vous savez déjà qui est l'innocence même, et qui est la garce.

Je m'étonne toujours de cette tendance récente à mettre le nom de quelqu'un sous la photo d'un autre? Donc ici, le brun s'appelle Jessica, et la blonde Tom. La brune a un nom de femme, mais pas de bol, c'est pas le sien. Si quelqu'un a une explication rationnelle à cette mode?
Donc pour résumer, Edith Cushing, la blondinette, est américaine, de famille riche, et a des ambitions littéraires. Elle veut écrire des histoires de fantômes, son éditeur lui demande des histoires d'amour, ce qui ne la tente pas du tout. quand on lui demande si elle se prend pour Jane Austen, elle répond qu'elle préfèrerait être Mary Shelley - et me donne l'occasion d' enchaîner directement sur mon billet d'hier.
Elle voit aussi les fantômes, et par deux fois le fantôme de feue sa mère est venu lui dire d'éviter un endroit nommé "Crimson Peak" dont elle n'a jamais entendu parler, et qu'elle ne saurait même pas situer sur une carte.
Elle a aussi des idées progressistes et une horreur des snobs, des titres de noblesse et de tout le tintouin que peut faire une femme de sa connaissance qui fanfaronne à propos d'un lord anglais, avec titre, château... qu'elle a ferré si facilement.
Je t'aime déjà, toi!

C'est alors que bien sûr, alors qu'elle tape son manuscrit dans le secrétariat de son entrepreneur de père, elle est abordée par Mr. Sharpe, qui vient essayer de tirer des fonds auprès de Mr. Cushing. Sharpe est sympathique, souriant, l'air un peu perdu, et vante les mérites du manuscrit d'Edith auquel il a peine jeté un oeil.
C'est aussi un beau parleur, et un peu excentrique, juste ce qu'il faut pour embobiner une fille qui a la tête un peu trop dans les nuages. Tant pis pour le fait qu'il soit lord et possède un manoir, la donzelle semble vite oublier ses principes sociaux avec quelques jolies phrases taillées sur mesure.

Ce qui ne plaît guère au paternel qui a fait des recherches sur le monsieur quand même assez louche, et s'empresse de demander entre quatre-z'yeux à cet anglais trop poli pour être honnête de dégager presto ( lui et sa pétasse de frangine également louche, c'est pas dit exactement comme ça, mais c'est l'idée)

Aussi lorsque le père décède dans des circonstances aussi brutales qu'inattendues, Edith va évidemment se précipiter et épouser en justes noces son prétendant, qu'elle suit jusqu'en Angleterre. Puisque papa n'est plus là pour l'empêcher de faire ce qu'elle veut - le fait qu'il ait été violemment assassiné ne semble pas lui paraître très important . Après tout c'est juste son seul parent encore en vie qui vient de mourir, de mort non naturelle, alors hein, pourquoi rester dans son pays à attendre l'enquête policière pour savoir qui a eu l'idée de faire passer son paternel de vie à trépas, pour suivre précisément les gens à qui le paternel en question avait refusé du pognon peu de temps avant sa mort suspecte.

Ah, l'Angleterre, Londres, la classe ultime...
bienvenue dans ma modeste demeure...qui part en loques
Surprise, le manoir en pleine cambrousse est croulant, la toiture laisse entrer les feuilles mortes, la maison est construite sur une carrière d'argile qui teinte tout de rouge sang: l'eau, les murs.. les nombreux fantômes qui traînent par là.
Et puis il y a Lady Lucille, la soeur de Lord Sharpe, tellement polie, tellement bien élevée, mais dont le spectateur voit d'emblée qu'elle déteste cordialement Edith.
Mais que va-t-il se passer?

mais oui,  que pourrait-il bien se passer dans un endroit aussi joli dont le proprio est si.. si... heu.. avenant?
Ah oui, car évidemment, elle n'apprendra que bien tard que la région entière est surnommée " Crimson peak" par les habitants du coin, car l'argile qui remonte du sol colore de rouge la neige fraîche.

En fait, c'est du Guillermo Del Toro, je l'ai dit. Donc une histoire so British, avec lord, lady, manoir, neige, fantômes.. mais traitée de manière très hispanique en fait.

Autant j'aime bien l'ambiance qui se dégage de cette demeure trouée, humide, visqueuse.. autant il y a par moments une surenchère d'effets un peu trop grand-guignol qui désamorcent tout le côté réellement malsain de l'histoire pour une violence un peu caricaturale.
Je l'avais trouvée mieux gérée dans Le Labyrinthe où le monde monstrueux de l'imagination de la gamine était opposé à celui réellement violent de l'Espagne franquiste.
Là... il y a un peu trop d'effets faciles, de jump-scares ( voir mon billet sur Halloween, le dossier du fossoyeur) attendus, de fantômes bien bien moches, et par conséquent... j'ai ricané. Hé oui. Je m'y attendais un peu connaissant le réalisateur. Mais à un moment, l'espèce de fantôme zombie qui rampe dans le couloir ressemble tellement à la marionnette des contes de la Crypte, ou a Eddie, des pochettes d'Iron Maiden que j'étais presque obligée de me marrer. Heureusement, j'étais seule dans la salle, les gens se seraient demandé pourquoi je rigolais au moment flippant.
oui là.. et pourtant il y a un effet visuel intéressant, cadrage, point de fuite, couleurs... qui tombe à plat quand on voit le fantôme de face

Ca et les effets sonores un peu trop appuyés. Une ombre qui passe furtivement au fond d'une pièce c'est inquiétant. Pas besoin d'en faire plus. Si on lui rajoute un gros " fssssssh" façon épée qui sort d'un fourreau, ça casse le côté menaçant.
Voilà pour le négatif: les effets visuels et sonores un peu trop faciles qui pètent vraiment l'ambiance.
Je sais que pour la plupart des spectateurs, horreur = litres de sang, mais moi, ça me fait plus marrer qu'autre chose.
Du coup, je me suis prise à penser ce qu'auraient pu donner la même histoire avec les mêmes acteurs, mais traitée par Burton, Carpenter, Cronenberg... autant de gens qui jouent souvent sur le macabre, mais avec des univers visuels très très différents. Oui, tiens, je serais très curieuse de savoir ce qu'aurait pu en tirer le Cronenberg disons, de l'époque  Faux-semblants. Donc des gens dont je me sens plus proche d'un point de vue personnel dans leur approche du macabre. Ou même Lynch, même s'il ne me convainc pas toujours non plus, Eraserhead reste le summum du bizarre-malsain.
Voilà, ça c'est dit, Del Toro en fait trop à mon goût, et je répète bien à MON goût. Tant mieux si le le film tel qu'il est trouve son public, mais pour le coup je ne le trouve pas... assez sombre.
Je ne sais pas si ce que je raconte a un sens, parce que pour moi saignant ne signifie pas sombre. Et pourtant il y avait de très bonnes pistes, entre un coup de couteau et un coup de hachette. Donc je donne un exemple tout frais dans ma mémoire, d'autant que les deux films ont des points communs: Shining n'était pas saignant , enfin, très peu, et pourtant bien plus sombre dans son exploration quasi clinique de la folie. Dommage parce qu'il y avait vraiment de bonnes choses, que ce soit au niveau visuel et surtout au niveau de l'interprétation très bonne pour les 3 principaux personnages.
En fait toute la partie américaine m'a bien plus plu, dans le rapport trouble que les 3 ont entre eux, les jeux de regards... que la suite, où ces rapports existent encore mais sont un peu en retrait derrière les apparitions fantômatiques.

Pour les bonnes choses, et ça j'en parlais déjà pour Kubrik ou Carpenter, je vais donc me répéter:

Cadrages, profondeur de champ, éclairages, mouvements de caméra... Guillermo del Toro maîtrise très bien tout ça. La montée de la tension avec ce décor qui est lui même un personnage à part entière, quasiment vivant. C'est donc d'autant plus rageant pour moi de voir de très bonnes choses ( je ne sais pas qui sont les chefs op' et les photographes, et cadreurs, mais ils sont bons aussi, n'oublions pas tous ces gens sans qui le réalisateur ne pourrait pas non plus mener son film à bien) tomber parfois à plat. Les jeux de couleurs sont intéressants aussi, je pense qu'il y a quelque chose derrière le fait que certains fantômes apparaissent noirs, d'autres rouges ( là j'ai compris pourquoi) et un seul... blanc ( oui je me doute aussi)
Je me demande s'il n'y a pas un clin d'oeil à Shining, entre ces escaliers et la scène de poursuite dans la neige au milieu des machines. Et le fait que l'héroïne soit littéralement séquestrée au milieu de nulle part avec des visions qu'elle semble seule à avoir.

Et reste donc à aborder les acteurs. Mamma mia, je suis mal barrée, misère la blondinette a un nom encore plus imprononçable. Elle est bien dans son rôle d'oie blanche pas si innocente que ça - bien que, malgré sa culture littéraire, quand on lui dit " il y a un sous-sol.. il ne faut pas y aller".. non apparemment ça ne lui évoque rien. Elle va même piquer une clef pour aller ouvrir la caisse qui s'y trouve. J'ai bien aimé ce clin d'oeil à barbe-bleue qui n'est pas là juste pour faire stylé.
Bon, scénaristiquement, il y a des choses que je voyais venir:
Attention spoiler!
Le thé " amer", la relation glauque entre le frère et la soeur, l'identité du meurtrier du père d'Edith, les femmes épousées pour leur argent et assassinées
fin spoiler!
J'aime beaucoup Lucille, elle est fielleuse et menaçante à souhait sous ses sourires. L'actrice est très bonne aussi. Dans le registre " garce" qui ne se cache même pas. Le genre de personnage que j'aime détester... Remarque de nana: j'adore ses tenues, même si faire la cuisine en robe de velours bleu nuit n'est pas très indiqué! Mais je n'aime pas du tout les vêtements d'Edith, manches ballon et froufrous.
fliiiiiiippante!
Et donc l'acteur principal. Je comprends mieux l'engouement autour de lui. Je le disais, il est excellent. Il a ce talent tout britannique d'être toujours sur le fil, plusieurs fois je me suis demandé si son personnage était un excentrique perdu dans ses projets, un sentimental un peu paumé ou un faux-derche de première catégorie qui embobine l'héroïne pour obtenir un financement de son père.

Non, vraiment il a le talent de dire des phrases absolument ridicules dignes de romans sentimentaux, avec juste l'expression furtive qu'il faut pour que le spectateur comprenne que c'est du gros pipeau, mais sans en faire non plus des caisses.
Faux-jeton en vue, faux-jeton en vue! et elle regarde ailleurs évidemment..
Le coup du cours de valse à l'européenne était tordant: Pour résumer, " quand on sait valser élégamment, on peut danser en tenant une bougie, sans l'éteindre", suivi d'une démonstration à se faire pâmer les donzelles niaises éblouies. Tu crois que je ne les ai pas vus, peut-être, ton sous-entendu grivois, et ton sourire en coin?
Toi, tu vas entrer directement en bonne place dans ma liste " top des acteurs anglais", catégorie révélation de l'année.
Quand un monsieur vous demande de lui tenir la bougie.. euh, mais non voyons y'a PAAAAAS de sous-entendu grivois!
Non vraiment faut que je mémorise son nom et sa tête, il est très bon.
Et d'autant plus que j'ai pu voir le film en VO et allons y pour la remarque de donzelle niaise, faut bien que j'en fasse une aussi: très jolie voix, bien modulée,qu'évidemment, je n'avais pas pu apprécier dans la série en VF.
Avec en prime l'accent britannique que j'aime beaucoup et que je comprends bien sans sous-titres.
Je crois que vous avez compris maintenant depuis un certain temps que je suis sensible aux voix plus qu'à quoi que ce soit d'autre.

Mais bon, il a quand même aussi une tête qui sort un peu de l'ordinaire, je devrais arriver à m'en souvenir, sauf s'il nous fait une carrière à la Gary Oldman. Je l'apprécie, lui aussi, mais il change tellement de tête d'un rôle à l'autre que j'ai toujours du mal à le reconnaître. Et quelque chose me dit que Tom Hiddleston ( ayet, j'ai réussi au moins pour le nom), va suivre un peu le même chemin. En tout cas pour le côté "sourire faussement sympathique au point d'en devenir flippant", c'est déjà fait.

Donc encore un truc qui joue en faveur de Del Toro: choisir pile l'acteur ou l'actrice qui convient. Sergi Lopez aussi était excellent dans le Labyrinthe de Pan. Mais voilà, j'avais trouvé le rapport violence mentale/ hémoglobine mieux géré dans Pan. Film bon.. mais juste un peu en dessous de ma référence pour ce réalisateur.

Le point de vue de Kobaitchi