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mercredi 1 novembre 2023

Fèt Gede (1° novembre)

 En ces jours de la Toussaint et de la fête des morts, j'ai donc enfin, décidé de faire un sujet sur le Vaudou. Car oui aujourd'hui c'est aussi une fête vaudou, la fèt gede, fête des morts.

Sans entrer dans les détails, car ces un sujet si vaste et complexe qui fait intervenir des traditions africaines, haïtiennes, américains, syncrétisées avec les religions monothéistes. Toujours est-il qu'il faut prendre en compte qu'il s'agit d'une authentique religion, avec clergé, rites, et panthéon.

Mais je vais plutôt proposer des liens et des pistes à regarder pour creuser la chose.

Une très courte vidéo " c'est quoi le vaudou" évoque la question en 3 minutes. L'intérêt est qu'en plus on voit un peu de collection d'objets, probablement issues du Musée du Quai Branly, même si hélas , rien n'est indiqué sur le vidéo.


Je ne saurais que  trop conseiller à TOUT LE MONDE d'aller au moins une fois au musée du quai Branly, les expos temporaires sont en général passionnantes.
Voilà deux vidéos qui évoquent le sujet de plus ou moins loin:
si vous avez 30 minutes: Revenants et fantômes  , du vaudou au spiritisme ( conférence sur l'anthropologie de l'invisible)
Si vous avez 1h20: Danser les chemins de l'invisible dans le vaudou haïtien, conférence chorégraphiée.

Une vidéo très détaillée d'Occulture ( moins de 20 minutes) sur l'origine géographique du vaudou et son éparpillement, avec un peu d'évocation de son panthéon, les symboles. Au moment où j'écris, il n'ont pas encore consacré d'autre vidéo aux aspects évoqués en fin de sujets.

La page de mythologica qui est consacrée en général au vaudou

Et donc évidement, mon petit favori dans cette tradition, le baron Samedi, qui n'est qu'un des Barons, soit une des divinités de la mort ( ou plutôt en lien entre le monde des vivants et des morts). Le plus connu, mais il y en a d'autres.
Parce qu'il est quand même super classe, notre squelettique dandy.
Esprit macabre et grivois.. évidemment, Eros et Thanatos sont inséparables.
Vévé du Baron samedi


En plus les couleurs qui lui sont associées étant le noir et le violet, je suis parée, j'ai tout ce qu'il faut dans mes placards.

Bon je ne vais pas faire de sacrifice, mais.. une petite ambiance musicale, et je le disais l'était dernier, il y a  quelqu'un qui en plus d'avoir chanté la couleur violette ( et la fumée.. on va dire d'encens) a aussi consacré une chanson au vaudou..
Evidemment, je ne pouvais pas passer à côté d'un sujet "Vaudou" sans intégrer Voodoo Chile de Jimi Hendrix


Paroles

Bon Bernard Lavilliers a intitulé, il y a pile 10 ans, un album " Baron samedi " avec une chanson du même titre , mais, bien que Lavilliers soit un des chanteurs les plus singuliers de la scène française, et que ses textes soient joliment ciselés, sauf mon respect, je préfère quand même Jimi Hendrix.


Allez, quelques images d'artistes de notre cher baron. Malheureusement elles étaient sur mon disque dur depuis des années et je n'ai pas trouvé les références pour les attribuer à leurs auteurs respectifs.
Alors si en plus on rajoute cheveux longs et tresses afro...
Et le serpent qui est AUSSI un de mes motifs favoris
(hé oui, je suis un serpent, un serpent de feu même)

oui, j't'aime bien, promis je viendrai te voir un jour... mais le plus tard possible quand même.

Et ce qui devait arriver arriva.
Honnêtement, j'ai cherché mais je n'ai pas trouvé avec certitude d'information prouvant que l'apparence de Mr Jack dérive de la représentation traditionnelle du Baron Samedi.
Mais ça ne m'étonnerait pas du tout.



vendredi 16 octobre 2020

Littérature, spectacles, fantastique: Les contes d'Hoffmann - Offenbach et ETA Hoffmann

Vendredi au théâtre n° 2, cette fois, on va l'opéra.
Après le mignon fantôme rose de Théophile Gautier, j'embraye donc sur ETA Hoffmann, et son double théâtral mis en musique par J. Offenbach.

Un oeuvre musicale fondamentale pour moi, je l'ai écoutée en boucle étant enfant . Oui c'est bizarre mais j'ai plus écouté de classique et de jazz que de trucs pour enfants.

Et c'est cette version qu'avaient mes parents, avec sa couverture psychédélique un peu flippante.
Et j'étais en train de me dire " comment s'appelait le chanteur principal, impossible de me souvenir de son nom?"
Que.. QUOI?!... non?... si! Encore un! Je vous jure que je ne fais vraiment pas exprès.
Purée, il y a vraiment un lien mystique entre ce prénom, ou ses variantes et moi. Je commence à me dire que l'univers m'envoie un signe très appuyé.
Bon, ben, un Nico de plus. Que j'ai toujours pris pour un italien, je viens donc juste de découvrir qu'il était suédois, et mort il y a 3 ans. Elizabeth Schwarzkopf et Victoria de Los Angeles, rien à redire sur la distribution 3 étoiles.


Hoffmann, donc, le vrai, Ernst Theodor Amadeus, est un auteur allemand moins connu du grand public que ses prédécesseurs Goethe et Schiller. C'est l'un des meilleurs représentant du genre fantastique allemand, avec ses contemporains les frères Grimm. Oui je classe les contes en fantastique, on y reviendra un de ces jours.
Et pourtant c'est un de mes favoris. Car il a écrit des nouvelles, donc ça se lit très facilement quand on a peu de temps. Et surtout, pour qui veut tenter la lecture en VO, une nouvelle est peut-être moins contraignante qu'un roman entier.

De plus, si j'ai mentionné Mérimée, Gautier, Maupassant aussi pour le fantastique bien qu'ils aient écrit beaucoup d'autres choses, Hoffmann, lui, s'est vraiment illustré dans le domaine des nouvelles fantastiques. Des fantômes, des apparitions inquiétantes, un prototype de robot ( automate, mais quand même, c'est déjà presque une histoire SF!), le diable, un sorcier par ci, une malédiction par là.

Et le tout saupoudré d'un humour sarcastique qui fait plaisir.
Je cite "Hoffmann est donc un provocateur qui use d'un comique littéraire subtil et que remarque Charles Baudelaire dans le conte Princesse Brambilla, chef-d'œuvre de son art humoristique. Le poète français explique que « ce qui distingue très particulièrement Hoffmann est le mélange involontaire et quelquefois très volontaire, d'une certaine dose de comique significatif avec le comique le plus absolu. » Il poursuit : « Ses conceptions comiques les plus supranaturelles, les plus fugitives, et qui ressemblent souvent à des visions de l'ivresse, ont un sens moral très visible. » Selon Baudelaire, Hoffmann donne l'impression d'être un physiologiste ou « un médecin de fou » (un aliéniste) tant ses descriptions sont réalistes. Ainsi, Princesse Brambilla est un véritable « catéchisme de haute esthétique »39." Merci
wiki.

Je ne le savais pas. Une fois de plus, Charles et moi sommes d'accord. Ca a beau être le mois halloween, je vais continuer à distribuer des coeurs géants, pire que le 14 février. Moi qui voulait faire de la Saint Baratin un Halloween bis... C'est Halloween qui devient une déclaration d'amour à l'art.

Et donc les contes d'Hoffmann ( l'opéra) se base sur principalement 3 nouvelles de Hoffmann ( l'auteur) qui sont racontées par Hoffmann ( le personnage principal) lors d'une soirée de beuverie.

Ce n'est pas un bug dans la Matrice.

Rembobinons: Dans l'opéra, le personnage nommé Hoffmann est un écrivain en panne d'inspiration. Il est particulièrement doué pour s'embarquer dans des histoires sentimentales pas possibles, ce qui a le don d'irriter la Muse de la poésie, puisqu'il préfère draguer et se saouler plutôt que se consacrer à l'Art. Elle va donc emprunter l'apparence de Nicklaus, meilleur ami d'Hoffmann, pour le tirer de force de la taverne où il est retranché avec force bouteilles et joyeuse compagnie.

Dans le théâtre voisin, la chanteuse Stella, dernière conquête en date du - z- héros, fait envoyer à Hoffmann une lettre avec la clef de sa loge. Lettre interceptée par le conseiller Lindorf, qui se dit qu'il irait bien volontiers à ce rendez-vous qui ne lui a pas été donné. Et évidemment, Lindorf le notable et Hoffmann l'écrivain ne peuvent pas se supporter.

Ce triangle amoureux de base va réapparaitre sous forme codée dans les histoires racontées pendant les trois actes qui suivent. On pourrait les intituler "les pires échecs sentimentaux d'Hoffmann", puisque chaque fois, il va raconter comment il s'est ridiculisé devant pas mal de monde, à cause de l'avatar de Lindorf dans l'histoire du moment, qu'il fait à chaque fois intervenir dans ses récits comme un "diabolus"ex machina, tant il le déteste.

Acte I: Olympia. Adaptation de"l'Homme au sable". Hoffmann tombe amoureux d'une femme qui n'en est pas une. Non, ce n'est pas un homme, mais un automate. Evidemment, tout à été mené par le nommé Coppélius- Lindorf, qui, pour se moquer d'Hoffmann, lui a vendu des lunettes magiques, qui lui font voir Olympia comme un être vivant alors qu'elle est pour le reste du monde qu'un automate bien raide. Hoffmann, amoureux d'une femme qui n'a pas de coeur (et pas de cerveau non plus).

Acte II: Antonia. Adaptation du "violon de Crémone/ Le conseiller Crespel" Antonia est la fille du conseiller Crespel. Feue sa mère était une chanteuse d'opéra, décédée d'une crise cardiaque. Antonia aime chanter, et a elle aussi une jolie voix, qui pourrait lui ouvrir une carrière sur scène. Mais son père le conseiller refuse qu'elle se lance dans une carrière artistique, dangereuse d'après lui pour sa santé. Hoffmann veut la convaincre de tenter sa chance ( sans savoir le risque qu'elle court). Arrive le docteur Miracle - Lindorf, qui, avec ses pouvoirs magiques, fait apparaître le fantôme de la mère d'Antonia, lequel la pousse aussi à chanter, bien que ça puisse lui être fatal. Et c'est évidemment ce qui se passe. Hoffmann, amoureux d'une femme qui a un coeur cette fois, mais défaillant.

Acte III: Giulietta. adaptation des aventures de la saint Sylvestre. Pour oublier ses deux précédents échecs, Hoffmann est parti en Italie.Il va tomber entre les griffes de Giulietta, une prostituée vénale, payée par le dénommé Dapertutto, pour "voler" des choses à ses conquêtes grâce à des objets magiques. Au précédent, Peter Schlemihl, elle a volé son ombre - d'après " l'histoire fantastique de Peter Schlemihl ou l'homme qui a vendu son ombre" A.Von Chamisso. Ce titre long comme une année sans vacances est un petit livre très drôle qui revisite avec humour le Faust de Goethe. Faust vend son âme, Peter son ombre.. et ça va lui poser beaucoup de problèmes.Très peu connu en France, et c'est bien dommage.
Sa nouvelle mission est donc de voler dans un miroir le reflet de Hoffmann.
Pourquoi? Bah, comme ça, parce que Dapertutto, le docteur Miracle, Coppélius sont les versions fantasmées de Lindorf, qu'Hoffmann met à toutes les sauces dans ses récits, tant il le déteste.
Hoffmann, amoureux d'une femme dont le "coeur" est à vendre.

épilogue: Hoffmann jure qu'il en a fini avec les femmes, toutes des... et explique à ses compagnons de picole que ces 3 histoires sont de fait des inventions pour représenter Stella, l'artiste, qui, en résumé, se fait passer pour une pure jeune fille mais ne vaut pas mieux qu'une.. euh, on va dire gentiment, courtisane. Devinez qui arrive à ce moment?

Stella.

Qui, entendant ce que Hoffmann (qui a peut être un coeur mais pas de jugeote), raconte à ses potes, le plaque instantanément. Pour Lindorf. Au moins, ce n'est pas un soiffard de taverne qui l'insulte en son absence.
Ne reste donc plus à Hoffmann qu'à cuver en maudissant les femmes en général, et se consacrer enfin à sa seule muse , qui, toujours travestie en Meilleur ami, ambiguïté XXL, fait littéralement une déclaration d'amour à son écrivain.

Vous comprenez pourquoi j'adore? Ce n'est pas une intrigue linéaire, on est loin du simple triangle amoureux de base, le personnage décrit comme un diable n'est qu'un type normal, le héros assez misogyne se fait plaquer par sa nana après l'avoir descendue en flamme devant tout le monde et c'est bien fait pour lui. Et pour finir une scène plutôt culottée. On est loin du standard des intrigues d'opéra.

Musicalement, c'est un bijou. Offenbach était un petit rigolo, mettant en musique des sujets souvent humoristiques, mais qui pour moi est musicalement du même niveau que Rossini. Ses adaptations musicales des fables de la Fontaine sont des pépites d'opéras en miniature.
Clairement, c'est un de mes compositeurs favoris et un de ceux que j'ai le plus de plaisir à chanter.
Les contes d'Hoffmann sont remplis du début à la fin d'air plus brillants les uns que les autres.

A noter que c'est le même baryton/basse qui interprète Lindorf et ses variations, et c'est pour moi un vrai plaisir à écouter.

Surtout "Scintille diamant", de l'acte III. Peut-on avoir un coup de foudre pour UN air? Oui. Depuis ma première écoute, ce morceau " diabolique" est mon absolu favori - et je regrette presque d'être une femme car je ne peux pas le chanter. Enfin si, seule chez moi.

Au choix, José Van Dam (baryton-basse, tonalité habituelle)

Ou Samuel Ramey, grand spécialiste des rôles de diable ( tonalité abaissée pour basse, plus rarement entendue, vous pouvez donc écouter ici la différence entre baryton-basse et basse)


La barcarolle est plus connue, mais pour moi c'est vraiment "Scintille Diamant" qui est le diamant de cette oeuvre.

 
Oui c'est très exactement l'endroit que vous pensez. Belle nuit d'amour... tarifée et en groupe.

Olympia, l'automate qu'il faut réparer comme une formule 1. A chanter évidemment de manière extrêmement raide et cocasse.


Trio Antonia, Miracle et le fantôme . Les 4 rôles féminins ne sont pas tenus par la même chanteuse, ce sont toutes de soprani, mais aux timbres différents. En tout cas Olympia est une colorature, donc beaucoup plus dans les aigus que les autres (une voix caractérisée par peu de graves, mais des aigus très virtuoses. Je  n'aime pas du tout, heureusement la nature m'a épargné ça)
 

l'air de Kleinzach ( référence à " le petit Zacharie" autre nouvelle de ETA Hoffmann), qui part en vrille parce que Hoffmann est rond comme une bille et délire sur Stella.
 

Vraiment pour les gens qui ne connaissent pas le chant ou la musique classique, c'est par cette oeuvre- là que je conseillerais de commencer: humoristique, fantastique, qui ne se prend pas au sérieux, avec un héros loser qui reçoit la monnaie de sa pièce.

mardi 8 novembre 2016

The Walking Dead Saison 1 ( Série TV)

Me voilà donc une fois de plus par la force des choses coincée à la maison, en arrêt maladie, avant d'en être au point de tuer mes chefs ( la situation est un peu compliquée au travail et et même disons à couteaux tirés),  ce qui est l'occasion de continuer ma cure ciné.. étendue cette fois à des séries TV.
Et à l'approche des élections américaine, en voyant et en écoutant un des candidats- je vous laisse deviner lequel-  je me suis rendue compte que je n'avais pas encore eu l'occasion de regarder cette histoire de zombies à succès.
En plus une série où on canarde  à tour de bras des morts-vivants, ça a un petit côté catharsis par rapport à mon travail, je pense.

Donc le sujet de départ? Quelque part du côté d'Atlanta, Rick est policier et a un peu la guigne, ça ne va pas très fort avec sa femme et en plus, il est gravement blessé lors d"une arrestation qui tourne mal. Cloué sur un lit d'hôpital, à observer les allées et venues de ses collègues qui lui apportent des fleurs sans vraiment pourvoir faire quoi que ce soit. Et lors qu'il parvient enfin à articuler pour dire quelque chose à Shane ( le coéquipier qui vient de lui amener les fleurs), pour lui il ne s'est passé que quelques secondes... mais les fleurs sont déjà fanées sur la table. En fait il émerge d'un cirage qui dure depuis plusieurs semaines, pour se retrouver seul dans un hôpital dévasté. La lumière fonctionne encore un peu, mais il n'y a plus d'infirmières ni de téléphone.
Seul, enfin presque. Lors qu'il parvient à sortir de sa chambre, c'est pour tomber sur un cadavre mutilé dans un couloir dévasté, véritable scène de guérilla urbaine (oui un peu la situation du mec de 28 jours plus tard, ce qui s'est exactement passé, et la raison pour laquelle il est toujours là, est résumé en intro de l'épisode 6). Donc Rick en caleçon et chemise d'hôpital encore bien vaseux, découvre des choses étranges: une porte sur laquelle est inscrit " ne pas ouvrir, il y a des morts dedans".. et visiblement  tous ne le sont pas  vraiment, au vu de l'énergie avec laquelle ils essayent de sortir.

Pire encore à l'arrière de l'hôpital, ce sont des dizaines de corps emballés prêt pour la morgue qui décorent le paysage. après avoir volé un vélo à son demi propriétaire ( oui cette séquence est très drôle) Rick pédale jusque chez lui, pensant qu'il hallucine probablement à cause des médicaments. Mais sa femme et son fils ont vidé les lieux emportant tout.
Alors que Rick le malchanceux essaye de classer ses idées, il est assommé à coup de pelle par un petit garçon et son père, qui squattent la maison des voisins... et se réveille à nouveau sur un lit, attaché. après ce sauvetage musclé et vérification qu'il est bien humain, les deux survivants lui expliquent: la ville entière a été victime d'une épidémie de fièvre zombie, et, pour y échapper, ceux qui n'étaient pas atteint ont fui vers Atlanta. Sa femme et son fils ont du suivre le même chemin.. Ni une ni deux, Rick part pour Atlanta, récupère un cheval au passage - parce qu'il n'y a plus  d'essence - devenant pour le coup un authentique Sherrif de L'ouest, colt, chapeau à étoile et cheval...
on dirait moi qui part en vacances (bah oui, j'habite dans le sud donc je pars en vacances dans ce que les JT un peu bas de plafond appellent le "sens des retours". )


Et se retrouve illico presto coincé par une horde de zombies. Mais heureusement, il y a Findus, et un cheval c'est bien plus nourrissant pour une bande de zombies affamés qu'un flic un peu maigrichon.
"Do not enter" euh, merci du conseil.  Mon problème avec ce genre de séquence c'est que mon cerveau enclenche automatiquement le jingle "Benny hill" qui rend TOUT burlesque.

Ceci dit, l'aide viendra d'un groupe de survivants, qui après l'avoir un peu menacé quand même, se dit qu'un authentique flic qui sait manier les armes, ça n'est pas inutile dans un rpg groupe.
Ce que Rick ne sait pas encore,c 'est qu'ils ne sont qu'un détachement d'un groupe plus grand, planqué en forêt, où se trouvent aussi sa femme, son fils et son coéquipier (qui le croyant mort, s'est bien occupé de madame entretemps). Joie et bonheur? Que Nenni, juste le début des emmerdes façon Koh-Lanta. Sans compter que les survivants ne sont pas tous à la base les plus brillants ou les moins salauds des humains, et certains voudraient garder dans leur microcosme les modes de vie d'avant. C'est à dire en rester à leurs préjugés de supériorité des blancs sur les noirs, ou des hommes sur les femmes..

Ceci dit, je en sais pas si c'était le but ou pas, mais je rigole énormément avec cette série. Parce qu'elle se permet des moments d'humour auquel je ne m'attendais pas : le héros qui pédale sur un mini vélo en pyjama d'hôpital, ou se fait assommer sans sommation; le cheval que j'ai réellement surnommé Findus dès son apparition. Le tartinage un peu crado de sang de zombie, pour tromper l'odorat des autres zombies et passer parmi eux ni vu ni connu, avec bien sûr la pluie qui va se mettre à tomber juste quand il ne faut pas. Un bandit qui se prend une flèche dans le cul. Ou le misogyne qui frappe sa femme ( ho toi, tu va crever parmi les premiers, enfin j'espère!) et se trouve bouffé par une zombinette affamée. Yep, merci madame.  Le sale type raciste qui fait iéch le monde qui se retrouve attaché sur un toit et comme par hasard, la clef des menottes qui tombe pile au fond d'une canalisation -c'est-vraiment-trop-dommage- on-va-devoir-partir-sans-toi.
Des choses comme ça, assez gaguesques, des gags un peu téléphonés mais assez réjouissants dans le fond. Ou plutôt, disons que JE choisis de les considérer au second degré ( surtout pour le dernier épisode avec un cliché de savant fou un peu tout nase et  ho, merde on est coincés dans un bâtiment qui va sauter dans moins de 5 minutes, mais... j'y pense j'ai trouvé ce truc en lavant tes affaires, tu crois qu'une grenade à main, celle que tu avais chopé au début de la série et qu'on avait complètement oubliée,  ça pourrait nous servir pour péter une fenêtre?Yep! j'avoue là, c'est du too much auquel j'ai du mal à trouver une excuse, même en étant bon public. a égalité avec le coup des bandits latinos qui n'en sont pas...
Parfois ça passe.. parfois non. Et mon juke box mental a fait plus d'une fois le raccourci Jingle Benny hill, ça n'aide pas à prendre tout ça au sérieux.

Par contre et c'est un peu l'autre problème,  la série s'attarde aussi sur les détails du quotidien ( deux gars qui parlent de leurs problèmes de nanas, deux soeurs fans de pêche qui parlent de noeuds de marins, de mouches, etc..). Alors oui c'est supposé donner un cadre, montrer comment la vie s'organise tant bien que mal chez ces réfugiés retournés à la vie sauvage, et leur perte de repères, mais quelque part ça donne aussi un effet comique involontaire ( heu sérieusement... c'est l'apocalypse zombie à moins de 5 kilomètres et vous comparez vos mouches et vos techniques de pêche?!). Disons que c'est le principal reproche que je ferai à l'issue de cette saison 1: efficace dans les moments d'action, la série patauge un peu dans les moments intimistes ou d'émotion, que je n'arrive pas franchement à prendre au sérieux, ou a prendre en pitié les "gentils" condamnés à clamser à brève échéance parce qu'ils ont été mordus. Ouaip, c'est bien gentil, mais ta soeur fan de licornes et de sirènes et son cadeau d'anniversaire, ben, j'm'en fous.
Pareil avec la femme de Rick qui se console très vite de la mort de son mari puis jette son amant dès le retour du légitime, en .. quelques secondes. Cash. Sans accepter d'en discuter. Ok, il en faut un peu plus pour rendre un triangle amoureux crédible ( c'est une série les gars, pas un film, vous pouviez vous permettre de développer un poil plus le personnage qui du fait se résume à " c'est une garce") et là, ça plombe vraiment l'histoire avec quelques scènes dispensables. Donc triangle amoureux pourquoi pas, mais il faut que ça tiennent un minimum la route sinon ça ne sert à rien.

La série joue aussi à fond des clichés de films d'horreur à fond les ballons, ceux qui vous font dire " ho toi tu vas crever dans 2 minutes" quand un personnage dit LA phrase: j'arrive dans quelques instants/ Je vais pisser/on se sépare en deux groupes/ (vague bruit derrière une tenture) "je vous ai dit que je ne voulais voir personne/ il n'y a rien a craindre ici les zombies ne viennent pas sur les hauteurs...
Toutes ces phrases qui font que le spectateur sais d'avance à quoi s'attendre et là, deux options, soit lui faire plaisir et se faire plaisir en lui proposant ce qu'il attend, soit prendre le chemin opposé et surprendre. La série joue alternativement sur les deux tableaux et c'est plutôt sympa.
Et non , pour une fois,  le black ne va pas mourir en premier, et le mec qui sauve la mise aux autres plus d'une fois a une solide formation non pas de hackeur de génie mais de livreur de pizza.

Mais voilà, des clichés et de l'humour, parfois volontaire, parfois involontaire, qu'au final, je rigole souvent franchement, soit avec la série soit.. des facilités du scénario et je ne peux absolument pas prendre les moments pathétiques au sérieux, même quand des gentils innocents se font mordre ( bah oui, t'avais dit " je vais pisser", t'avais signé ton arrêt de mort).

Il reste encore les zombies, bien moches aussi, et que je ne peux pas non plus prendre au sérieux, tant ils me rappellent Eddie, la mascotte d'Iron Maiden ou la marionnette des Contes de la crypte ( wowo j'aimerais revoir ça aussi oui!)


Dad!!!!
Yes honey?

Au final une petite série pas impérissable, mais distrayante, tirée d'un comics, j'ai toujours cru que c'était l'inverse. Pas 100% réussie pour moi, mais qui a déjà un avantage: la première saison fait 6 épisodes de 45 minutes chacun - le temps de tâter le terrain et d'aviser de la réception- , les saisons suivantes, une quinzaine d'épisodes, ce qui reste encore correct, car je décroche vite lorsque les saisons d'une série sont trop longues. Mais ce jeu de massacre est assez réjouissant à voir et assez addictif en dépit de ses limites pour qu'on veuille savoir ce qui va se passer. J'espère vivement que ça va s'orienter plus sur une série d'action et/ ou d'humour que sur de longues discussions supposées émouvantes au coin du feu. Disons que je laisse le bénéfice du doute à la première saison , qui a toujours la dure tâche d'installer le décor.

Ceci dit à l'occasion je tenterai la suite, peut être même d'ici la fin de mon arrêt maladie, avant de repartir affronter les zombies de ma hiérarchie ( j'ai l'impression que beaucoup d'entre eux n'ont effectivement plus que le cervelet en état de marche et que les fonctions supérieures sont aux abonnés absents). Ou pour les élections en France?  ( gniark! vanne gratuite)
oui oui, ça finit officiellement dimanche, enfin le mois Halloween, pour l'élection..on verra demain.
BRAIIIIIIIINS!!!

dimanche 30 octobre 2016

Predator ( film 1987)


Je sais que j'en ai parlé sur Facebook, mais pas encore ici. Depuis un an et demi, un nouveau cinéma a ouvert en ville, ou plutôt a repris la place d'un ancien, fermé depuis quelques années. L'équipe est jeune et a parfaitement su cerner ce qui manquait sur la ville.
On avait déjà des cinémas grand public plus ou moins tous parti à la périphérie depuis longtemps, des salles géantes que je n'aime pas, ou on fait la queue comme à la poste un vendredi après midi pour obtenir ses tickets, et une programmation récente quasi exclusivement.
Il y a aussi le cinéma d'art et d'essai, où j'allais souvent avant, beaucoup moins depuis quelques années. J'aime l'ambiance, mais la programmation très éclectique et qui misait beaucoup sur la VO a changé ( ils étaient par exemple les seuls à avoir du studio ghibli en VO et en temps voulu)  et fait la part belle à des films français ou francophones ( et garder  La vie d'Adèle ou Guillaume et les garçons à table pendant 3 mois, alors qu'on ne garde plus les derniers Miyazaki et Takahata qu'un 15 jours, et a des horaires assez pipeau ça ne m'intéresse pas. Je n'y suis retournée cette année que pour la rétrospective Kurosawa).Donc non, grosso modo, la programmation ne me satisfait plus.
Il manquait donc un lieu entre les deux, et c'est chose faite: le Pandora  et sa programmation mi grand public ( pour faire entrer de l'argent, on en a parlé avec le gars de l'accueil) mi cinéma "de niche" ( qu'ils peuvent assurer à côté en faisant rentrer de l'argent par les blockbuster, du coup, ils peuvent se permettre de programmer un film plus confidentiel mais qui les intéresse sachant que le peu d'entrées sera compensées par les films à gros budget)
Et ce n'est pas tout: soirées thématiques, et re-sorties de films anciens ( oui comme La trilogie de Pagnol, le Dictateur. Le pied de voir enfin Le dictateur, en VO, seule dans la salle un dimanche matin!), ciné-opéra, ciné-débat, etc..

Pourquoi je parle de ça? Parce que j'ai envie, d'une part,  je n'ai pas d'avantage leur faire de la pub sauf que j'adore ce ciné ( quipropose aussi de bien belles choses en ce mois d'octobre, vous aurez un compte trendu de la soirée Halloween dans quelques jours, promis!)
Et que grâce à eux, j'ai eu l'occasion de voir dans des conditions géniales des films que je n'avais jamais pensé voir un jour.

Dont Predator.

D'après les extraits que j'avais vus, je m'attendais a un concurrent d'Alien, un film un peu bourrin dopé aux anabolisants.
d'ailleurs l'affiche d'origine joue à fond la carte de l'acteur vedette, et ne révèle rien du monstre.

Il y a de ça c'est vrai. Schwarzenegger et ses camarades mercenaires baraqués partis régler leur compte en pleine jungle à un groupe de guerilleros, et qui se retrouvent aux prises avec un monstre, bien plus dangereux que tous les rebelles arés jusqu'aux dents réunis.
D'autant que le réalisateur s'est beaucoup illustré dans les films d'action
C'est exactement ça, et le scénario tient au dos d'une carte postale, MAIS, ça a été une très bonne surprise.

La fine équipe part visiter la jungle. L'agence touriste c'est vraiment la dernière chance au dernier moment ( désolée, je devais la faire!)
Nota: J 'ai beaucoup aimé le personnage joué par Bill Duke ( le chauve au second plan). C'est un second rôle, mais il crève l'écran, tellement l'acteur est à fond.
Nota 2: Je commence à être douée, à une inversion près, j'ai trouvé qui allait mourir en premier et dans quel ordre ensuite.
Nota 3: Schwarzy s'en prend vraiment plein sa tronche, et c'est suffisamment rare pour le noter.

La réalisation est futée et amène bien une tension et une inquiétude auprès de laquelle les passages "film de guerre" sont presque gentils.
Le seul personnage féminin du lot, la guerillera Anna est loin d'être une potiche, mais au contraire, une combattante qui n'hésite pas à affronter le danger et hoooo joie, il n'y a pas d'histoire d'amour, et franchement une histoire d'amour au milieu d'un survival movie, ça ferait au mieux tâche, au pire, ça casserait l'ambiance. John McTiernan est un réalisateur trop futé pour ça.

Le monstre est cruel. On ne sait rien de lui, ni d'où il vient, ni pourquoi il fait ce qu'il fait. Mais le fait est là, ce n'est pas un monstre décérébré, il chasse à l'affut avec une technique de camouflage qui le rend quasiment invisible durant la plus grande partie du film et ça c'est la meilleure idée du scénario. il n'a pas oublié d'être méchant, mais en plus il a oublié d'être bête.
Ce qui, en tant qu'opposant, le rend encore plus dangereux qu'Alien. Malveillant, ce qui le place un cran au dessus de la simple bestiole traquée qui se défend. C'est lui qui mène le jeu, tout en restant caché.
sisi, il et là, cherchez bien. C'est comme ça qu'on le voit pendant la majeure partie du film.  Trouvaille géniale!
D'ailleurs il me semble avoir lu qu'il devait être joué au départ par le grand philosophe belge JCVD, alléché de partager l'affiche avec l'autre vedette des films musclés de l'époque. Mais qu'il a refusé au final, parce qu'on ne le voit pas 90% du temps, qu'on le voit en armure environ 9% du temps et doté d'un maquillage de monstre le rendant méconnaissable le 1% restant.

Les deux films ont été comparés, il y a des thèmes communs: l'entité extraterrestre mystérieuse qui s'en prend aux humains, le jeu de massacre... mais c'est a peu près tout.
Predator a un cadre réaliste - bien que hors du commun - qui le rapproche pour moi du film d'horreur et de ses bestioles classiques. Les amérindiens le comparent d'ailleurs à l'une de leurs légendes ancestrales
.
Alien (et ses suites) ont un cadre totalement SF, exoplanètes et vaisseaux spatiaux, androïdes... qui en fait un film résolument SF.
Les deux genres se rencontrent dans chacun des films, mais pour moi ça reste clair: on a affaire ici à l'irruption de l'étrange dans un cadre réaliste, donc de la définition la plus simple du genre fantastique, le côté  SF passe vraiment au second plan.

Donc, pour moi, il n'est pas vraiment pertinent d'opposer les deux, qui opèrent dans des domaines proches, mais distincts. Je n'émettrais donc pas de comparaison de valeurs, car les deux sont exactement ce qu'on attend d'eux, de bons films, efficaces, dans leurs domaines respectifs.
Et j'aime autant le fantastique que la SF, donc j'ai beaucoup aimé les deux.

Predator a donc été une excellent surprise car il s'est avéré bien plus futé que ce que je ne l'attendait, avec de bonnes trouvailles visuelles ou scénaristiques ( et de savoir enfin d'où venait la citation "t'as pas une gueule de porte bonheur", manière plutôt drôle de rendre ce qui est dit en fait - je l'ai vu en VO " you're one ugly motherfucker", qui serait plutôt " ce que t'es moche, salopard".
 Pour garder la rythmique et la sonorité de la phrase d'origine il a bien fallu trouver quelque chose. Qui donne un effet un peu plus comique qu'à l'origine, mais du coup a marqué la culture nerd.
Il a raison, t'as pas une gueule de porte bonheur
A lire: une analyse complète plus axée sur les choix narratifs
A voir : la pastille de présentation de l'ami fossoyeur de films (qui était d'ailleurs diffusée au ciné avant la projection, ben oui, il est avignonnais, et le cinéma aussi :D), plus axée sur les choix de mise en scène du films. C'est très très intéressant.


Et comme j'avais commencé par des monstres de la jungle, j'ai gardé ce sujet pour la fin, histoire de boucler la boucle!