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Tout simplement parce qu'on y trouve un peu de tout, par ordre de pagaille. Cette idée de collection sans thème déterminé me plaît...

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samedi 12 octobre 2019

L'amour - Marguerite Duras

Dans la série des "séances de rattrapage", voilà un livre que j'ai essayé de relire par acquit de conscience avant de l'abandonner dans une boite à livres.
Je l'avais lu il y a bien 20ans, je ne me souvenais que d'une chose : ça se passe dans un patelin qui s'appelle S.Thala. Et je n'y avais rien compris.

Donc, peut-être que j'étais trop jeune pour apprécier, tout ça? On retente,il n'est ps bien épais, ça m'occupera pendant que j'imprime les centaines de pages de mes cours.

la couverture était plutôt sympa, c'est dommage

Commet dire.
Non ce n'était pas une question d'âge. Je n'accroche vraiment pas ni au style de narration télégraphique, ni aux dialogues absurdes, ni aux péripéties inexistantes (des pages pour nous décrire que les trois personnages sur la plage forment un triangle qui se déforme parce que l'un va et vient et que les autres sont immobiles)

Des pages et des pages de phrases non verbales, de type didascalies de théâtre ou indications sur un script de film. Des pages de description de 3 personnages qui se promènent, sur la plage, en ville (enfin les 2 hommes se promènent :la femme reste le plus souvent assise ou dort) De temps en temps ils se rencontrent et se parlent.

Du dialogue comme dans la vraie vie quand on s'ennuie à mourir avec des gens à qui on n'a rien à dire.
Alors on débite des platitudes qui n'ont pas beaucoup de sens..

- Qu'est-ce que vous faites là... Il va faire nuit.
Elle dit qu'elle regarde.
- Je regarde.
Elle montre devant elle la mer, la plage, la ville blanche derrière la plage, et l'homme qui marche le long de la mer.
Elle dit :
- Ici c'est S. Thala jusqu'à la rivière. Et après la rivière c'est encore S. Thala.

Donc bon, soit je suis trop bête pour saisir la portée et le sens de de ce dialogue, soit il est tout simplement insensé.

Donc non, Margot et moi décidément, ça ne passe pas. Je tenterai à l'occasion un autre texte parce que je l'ai quelque par chez moi, et pour ne pas rester sur une défaite, je teste toujours un second texte de l'auteur, mais après, si au bout de deux ça ne colle pas, il est rare qu'il y ait une troisième chance.

Je crois que ce livre aurait pu intégrer la semaine de l'épouvante de Marjorie, car être aussi abscons, c'est effrayant. Je l'abandonnerai donc sans état d'âme.

mardi 16 avril 2019

Tragédies impériales - Juliette Benzoni

Après une première séance de rattrapage l'été dernier concernant Françoise Sagan, voilà une autre autrice ( yep, l'Académie m'autorise maintenant à utiliser le mot, trop gentils :D) que je ne connaissais que ce nom. Mais elle a croisé ma route au détour d'une boîte à livres, donc entre deux lectures belges, voilà un titre qui aurait bien trouvé sa place dans le challenge royal, d'il y a quelques années.

Il y a plusieurs éditions, c'est de celle là que je parle: alerte 4° de couverture sous acides!

Tragédies impériales est une série de nouvelles/récits/chroniques. Le mot est dur à choisir, mais je vais opter pour "nouvelles",car l'autrice  fait de fréquentes incursions dans la tête de untel et untel avec des " pensa-t-il" ou " se dit-elle". Ce que personne ne peut vérifier, bien évidemment. Qui peut dire ce que Napoléon où Elisabeth d'Autriche avaient en tête tel jour à telle heure.
donc uen série de nouvelles qui mettent en scène des personnages historiques, au moment où leur vie a basculé. Ils étaient riches, ils étaient célèbres.. et ça s'est mal fini. C'est le dénominateu commun de ces histoires.
Après une courte histoire autour de Napoléon, et ses dernières heures à Malmaison avant l'exilà l'ïle d'Elbe, la majeure partie des autres concernent L'autrice et sa famille régnantes.

Celles autour d'Elisabeth pastichent assez savoureusement les titres de films qui lui étaient consacrés ( Sissi et le shah de Perse, Sissi et le domino jaune, Sissi et Katharina...),mais évoquent heureusement des épisodes plus anecdotiques, donc moins célèbres. Mention spéciale au Shah persan, en visite protocolaire en Autriche et qui commet bourde sur bourde étant très très loin de connaître les subtilités de l'étiquette viennoise. Cequi amuse évidemment beaucoup Elisabeth, allergique au protocole guindé.

Les suivantes mettent en scène les relations de la famille royale de Belgique et ses alliances avec l'Autriche, d'abord Charlotte, fille du roi de Belgique, mariée à Maximilien, frère de l'empereur d'Autriche, et éphémères souverains du Mexique.des gens ni meilleurs ni plus mauvais que d'autres, mais qui ont été mis là un peu par hasard .. sans avoir été prévenus qu'ils débarquaient en pleine guerre civile.
J'avais oublié Maximilien ( dont pourtant on parle beaucoup dans Zorro.... oui j'assume mes références), et je ne connaissais pas sa femme.
De même la suite nous parle de Stéphanie et sa soeur Louise, mariées également à des autrichiens. Stéphanie est la malchanceuse qui a épousé Rodolphe, le fils de Sissi, suicidé à Mayerling. J'avais vu il y a très très très longtemps le film avec Omar Sharif, qui est à peu près la seule raison pour laquelle je connais cette histoire, mais de mémoire Rodolphe y était un pauvre type marié de force, alors qu'il en préférait une autre, archétype du héros romantique, en oubliant son penchant pour les fêtes alcoolisées et la course aux jupons etc... et sa femme était à peine évoquée si elle l'était.
Le parti pris est de raconter l'histoire du point de vue de Stéphanie, qui se rend compte un peu trop tard qu'elle a épousé un noceur, instable qui se fiche d'elle.

Allons-y pour la minute belge:

Voilà Stéphanie, en l'honneur de qui a été nommé de la Place Stéphanie, donc.. avec son impérial époux Rodolphe, fêtard patenté.
Et sa tante Charlotte avec son tout aussi impérial et tout aussi autrichien grand-duc.

Ahem, ces deux bonshommes sont décris comme des beautés, je n'en dirais pas autant. Et puis, franchement, c'est mieux d'être roturière, qu'est-ce qu'ils ont tous l'air de s'emmerder à cent sous de l'heure.

Et par conséquent, je sais maintenant, qui sont Charlotte, Louise et Stéphanie, qui jusque là n'étaient pour moi que des stations de bus, une avenue et une place, où je passe en métro. Donc de ce point de vue là, le livre a comblé un manque d'informations que je n'avais pas encore eu le temps de chercher et arrive même à faire un lien avec le mois belge.
Suivent deux nouvelles allemandes, sur le règne du Kaiser Guillaume I°, avant son accession au trône et à sa mort ( à plus de 90 ans, on ne sait pas ce qui s'est passé entre les deux) et le règne éphémère du progressiste et pacifique Frédéric III,  que je ne connaissais pas plus que de nom, mais qui m'intéresse bien.

Et la dernière histoire, hyper connue... est en fait celle pour laquelle j'ai pris le livre.Voilà ce que dit la 4° de couverture:
" L'asassinat du Tsar Nicolas II et de son épouse Victoria d'Angleterre par les rouges..."

Hèèèèèè? de quoi?pardon?
Depuis quand Nicolas, mort en 1917 était marié avec Victoria morte en 1901?. Parce que oui, Alexandra sa femme était une descendante de la "grand-mère de l'Europe", mais ce n'était pas Victoria elle même.
Evidemment, j'ai voulu savoir si c'était une énorme bourde de l'autrice, un parti pris uchronique ( ça aurait pu: imaginons un univers parallèle où il se serait marié avec la reine d'Angleterre, appelons-la Victoria II, et réécrivons l'histoire en partant de ce point).
au final non, l'histoire est bien celle qu'on connait, narrée presque sèchement , à croire que ces novelles là, comme la première servent juste à compléter un livre qui aurait été trop court avec seuls les nombreux squelettes dans les nombreux placards autrichiens.
Il s'agit au final d'une énorme boulette, de la personne qui a rédigé la 4° de couverture, probablement au bord de la piscine, une piña colada à la main, avec la musique à fond, sans avoir lu le livre et en se fiant juste à ses vagues souvenirs.
Rien de nouveau donc, et la fin du régime Romanov est presque bâclée, tant elle est racontée à la va vite.
Après, bon, ce n'est pas un livre majeur de l'écrivaine, qui a plusieurs séries à son actif, probablement plus intéressantes. Mais c'est plutôt bien écrit, ça se laisse lire dans son ensemble, donner le rôle central à des personnages moins connus ( Comme Charlotte, Stéphanie, Fredéric III ou le farfelu Jean-Salvator, cousin demi-italien de Rodolphe)
Mais disons, c'est exactement de la littérature à lire dans le bus.Pas une découverte majeure, mais plutôt récréative.
Je tenterais peut-être quelque chose de plus construit de la part de Juju, si l'occasion se présente.

mardi 10 juillet 2018

La laisse - Françoise Sagan

Voilà une lecture qui s'est glissée subrepticement au sein de mon mois anglais, partant d'une triple constatation

- quelqu'un a prêté ce livre à ma mère et comme je n'avais encore rien lu de cet auteur, c'était une occasion comme une autre, et elle pourra le rendre à son propriétaire.

-d'ailleurs, si les femmes sont bien présentes sur mon blog Japon, il y en a moins sur le blog général. La raison est simple: je choisis en général une lecture en fonction de son sujet, pas du genre de l'auteur.

- mais le fait est qu'il y a pas mal d'écrivaines,même célèbres que je n'ai pas eu l'occasion de lire ( Sagan donc, mais aussi George Sand, Marguerite Yourcenar ou Simone de Beauvoir par exemple. Bon je n'aime pas Duras par contre... le nouveau roman en général n'est pas mon truc) Mais donc , j'ai envie de faire une petite session rattrapage de ce côté ( je dois avoir au moins un titre de Colette et un de Sand en attente que je me décide.)



Et donc, peut être pas tous les mois vu le planning de ministre qui m'attend mais de temps en temps, je vais essayer de glisser un rattrapage hors challenge (pas forcément 100% nanas d'ailleurs, vu le nombre d'auteurs classiques que je n'ai pas encore lus, bien que certains occupent mes étagères depuis presque un quart de siècle, et même mes étagères virtuelles.

Et je commence donc par Françoise Sagan que je n'avais jamais lue. Ma mère aime bien ( de mémoire elle a surtout aimé "un orage immobile") et cette "laisse"-là qui a moins plus, mais pour moi c'était une découverte.

L'histoire d'un musicien pauvre qui s'est marié à une grande bourgeoise, au grand dam d'une belle famille qui ne voit en lui qu'un parasite et un raté.. il aurait rêvé une grande carrière de concertiste classique, qui n'a pas abouti.
Sa femme ne lui a jamais reproché ses échecs, ni de vivre à ses crochets, loin de là. elle a même tout fait pour que les choses continuent comme ça.
Sauf que pour une fois la chance sourit à Vincent, qui commence à se faire un nom, non comme musicien classique, mais comme compositeur de musique de film,et se rend compte, maintenant qu'il commence à gagner son argent, de toutes les anomalies de ces 7 dernières années: est-il normal pour un homme adulte de se laisser entretenir par une femme riche? Pire est-il normal d'accepter d'être infantilisé, et de recevoir de sa part de l'argente de poche tous les mois. Est-il normal de ne plus voir personne d'autre ou presque que ses amis à elle?

Peu à peu il se rend compte qu'elle lui a fait louper volontairement des opportunités d'emploi, que l'argument " tu as le talent d'être musicien classique, ne va pas te commettre dans une chose aussi vulgaire que la musique de films" est sans fondement, qu'elle ne s'est jamais vraiment intéressé à lui pour lui-même, et qu'elle l'aurait probablement bloqué aussi dans une carrière classique.Car ce que veut Laurence dans le fond, c'est un mari bien poli, effacé, sans plus de répondant qu'un enfant.. un joli petit toutou qu'elle tient en laisse.

L'histoire est connue.. dans l'autre sens: un homme qui va mettre sous cloche sa femme, on en a plein la littérature classique. Qu'on retourne la situation, et de suite, son absurdité apparaît clairement.. et c'est ça peut être le plus dramatique.

Mais quelque part, ça m'a parlé, parce que j'ai vécu ça, non avec un conjoint, mais avec un père manipulateur, pervers narcissique, possessif, jaloux, à contrôler en permanence qui étaient mes amis et a essayer de me mettre sous cloche.
Donc la situation du malheureux Vincent, je l'ai vécue, donc ça me parle.

Sans le paramètre argent, qui est très très important ici, dans le sens où en plus le héros se sent redevable à sa femme, et estime que tout l'argent qu'il gagne lui revient de droit, à elle, qu'il lui "rembourera" en quelque sorte le temps et l'argent qu'elle a "investi" dans leur mariage, etce d'autant qu'il se rend compte qu'elle ne l'a jamais vraiment aimé... ou tout au moins, qu'aimer quelqu'un ce n'est pas l'infantiliser et tout faire pour le faire échouer. Ni le critiquer sans cesse sur ses choix et jouer à la poupée avec en lui dictant jusqu'à sa tenue vestimentaire.

Et d'autres bizarreries se profilent; le beau-père fâché qui n'a jamais accepté son prolo de beau-fils, mais souhaite soudain se réconcilier depuis qu'il est devenu potentiellement riche, les amis de Laurence qui l'invitent depuis qu'il est devenu célèbre, et se battent presque pour lui vendre des choses ou lui donner des conseils " avisés" de placements. Ce qui signifie qu'il a donc gagné encore plus d'argent qu'il ne le croit, Et qu'il pourrait maintenant mettre les voiles sans difficultés et reprendre son indépendance.. si 7 ans de vie dans le confort et l'oisiveté n'avaient pas émoussé sa combativité pour se sortir de cette relation étouffante.

 Le récit est écrit à la 1° personne du point de vue de Vincent, et je n'ai pas souvent eu l'occasion de lire ainsi un récit écrit par une femme qui fait parler un homme en " caméra subjective", tiens.. les récits à la premières personne japonais sont plus classiques de côté: une autrice = un "je" de narration féminin aussi.

Donc j'ai bien aimé au final, même si ce n'est pas un coup de coeur absolu. si Françoise Sagan recroise ma route un jour, je tenterai peut être un autre livre, en tout cas.
J'avais vu une captation de sa pièce " Château en suède" que j'avais bien aimé aussi ( et qui m'avait d'ailleurs fait découvrir l'excellent Nicolas Vaude que je suis de loin en loin depuis, en tout cas pour sa carrière théâtrale), et je retrouve d'ailleurs dans la Laisse, qui est un roman des caractéristiques de pièce de théâtre. Peu de décors, des chapitres qui pourraient facilement correspondre à des scènes ( et même un final tout à fait dans les conventions du théâtre classique).

Et donc pas mal aussi pour commencer juillet.. et le festival d'Avignon,même si ça n'est pas  une pièce de théâtre, dans l'idée, on en est très proche.