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vendredi 6 octobre 2023

Les Sorcières d'Akelarre ( film 2021)

 


Pays basque espagnol, en  1609. Dans un petit village de pêcheurs, plusieurs femmes qui n'ont rien de particulier sont brutalement arrêtées par l'Inquisition. En prison, elles se demandent ce qui leur a valu ce traitement. elles sont pauvres, l'une d'elle a volé une chèvre, elles supposent donc qu'elles sont accusées de vol et recel.
Mais non, elles sont accusées de sorcellerie. Quelqu'un les a vues aller faire une petite fête improvisée à la clairière et les a dénoncées. Interrogées l'une après l'autre, elles se soupçonnent mutuellement, là où elles devraient se serrer les coudes.

Outre le fait d'être des femmes, d'être joyeuses, d'aimer la vie, leur autre tort est d'être basques. Car c'est aussi le mépris des gouvernements espagnol ET français ( on est à l'époque d'Henri IV, Navarre, tout ça!) vis à vis des régions éloignées qu'ils ont du mal à contrôler qui est dénoncé. Lorsque l'une d'elles, pendant son interrogatoire, s'adresse au curé de son village en basque, celui-ci lui répond en espagnol " ici, on parle chrétien", pour se mettre les espagnols dans la poche. Le basque est considéré comme un langue " démoniaque , faite pour parler aux bêtes" Les accusées doivent répondre à des questions posées littéralement par des étrangers, dans une langue qu'elles ne maîtrisent pas toutes bien, le juge considère que les silences, les hésitations, les imprécisions sont des preuves de mensonge, car c'est ce qu'il a décidé... ou que sa hiérarchie a décidé.  erroriser la population locale par des accusations aléatoires est aussi un moyen de garder, ou d'essayer de garder la population sous contrôle, en lui rappelant qu'au moindre soupçon, la punition peut tomber, sans discernement.

Tout est jugé en fonction du résultat que veut atteindre l'autorité: qu'elles ricanent devant la stupidité de la manipulation qui est tentée, et le greffier noter " rire pervers", qu'elles se tiennent assises comme des paysannes qu'elles sont, le greffier inscrit " position obscène des jambes", Qu'elles chantent une vieille chanson sentimentale en basque, et de suite, ça devient une invocation au diable. Qu'elles aillent danser entre filles dans la forêt pendant que les hommes sont partis pêcher en mer, et l'accusation de sabbat tombe. Sabbat dont elles ne savent pas du tout ce que c'est, puisque même le curé local pense qu'il s'agit du rituel juif du même nom et que donc, on les suppose juives. Et lorsqu'il demande lui aussi une précision sur " pouvez vous me dire au juste ce qu'est un sabbat de sorcières?", la réponse qui lui est donnée est simple: " non, car personne n'en a jamais vu".

Evidemment leur apparence est aussi considérée comme aggravant leur cas: il y a la blonde ( je me souviens avoir lu une interview d'une actrice espagnole qui disait que dans les légendes de son  enfance, la sorcière typique n'est pas brune, mais blonde. L'autre est toujours celui qui est différent, ici dans un pays où les femmes sont majoritairement brunes..), il y a celle couverte de tâches de rousseur  (marque du diable), la plus jeune à les cheveux très frisés et légèrement roux, il y a celle qui est trop jolie, celle qui a trop d'imagination, et celle qui a plus de poils au jambes que la moyenne...

Dès lors, les filles ont une idée dangereuse, mais qui peut leur permettre de sauver leur peau: si elles ne font rien, elles seront brûlées sans procès deux jours plus tard, elles ont été averties que c'est ce qu'il s'est passé dans presque tous les villages de la côte basque. Les curés qui ont pris la défense de leurs ouailles ont aussi été exécutés, il n'y a donc aucun soutien à attendre de ce côté, le curé local va se mettre du côté des accusateurs. Leurs pères et maris pêcheurs doivent revenir la semaine suivante à la pleine lune, elle vont donc faire le jeu du juge et piquer sa curiosité. Le basque est ici leur arme secrète pour organiser un plan, puisque personne parmi les espagnols ne le comprend.
Elles vont se faire passer pour sorcières, révéler leurs pseudo-secrets, incantations, et autres au compte-goutte, façon Shéhérazade, en espérant faire durer l'histoire suffisamment longtemps pour tenir jusqu'au retour de leurs familles. Ana la plus inventive se dévoue et prétend être la seule sorcière, avoir envouté les autres et raconte au juge une histoire rocambolesque, sauf que... sauf que, partant du principe que les sorcières mentent, si elle raconte ça, ce ne sont que des paroles, ça n'est pas concret elle peut aussi mentir sur le fait d'être une sorcière ( ho le beau syllogisme). Ce qu'il veut c'est des actes. Il va donc falloir aller plus loin et lui montrer un sabbat.

Alors je préfère prévenir, ce n'est pas un film d'action, tout est dans l'ambiance, car beaucoup de scènes se passent en prison ou pendant les interrogatoires. ce n'est pas trop violent non plus, les séquences de torture sont suggérées plutôt que montrées. Et la fin reste ouverte en plus. Donc ça ne plaira pas à ceux qui veulent un suspense de dingue et des rebondissements incroyables. L'histoire est plutôt simple : que vont faire les " sorcières" pour essayer de s'en sortir?
Par contre les avis sont assez unanimes sur le côté visuel, l'éclairage, la photo et le cadrage sont magnifiques, inspirés par la peinture de la Renaissance espagnole. Ce qui lui a valu de rafler pas mal de "Goya" (prix cinématographique espagnol)

Donc un film un peu lent et contemplatif, qui se veut plutôt réaliste, et non fantastique, raconte en filigrane le sexisme de la Renaissance, mais aussi l'opposition basque au pouvoir espagnol, qui ne date clairement pas des années 1980 et de l'ETA. Apparemment le pays basque a été particulièrement touché par la chasse aux sorcières en 1609, ne fut-ce que parce que les villageois ne se laissaient pas faire et opposaient une bonne résistance aux espagnols, aidés par leur langue non-indoeuropéenne, qui n'offre aucun point de comparaison pour les hispanophones ou les francophones. J'ai presque l'impression que c'est ça le vrai propos, un hymne à la résistance basque.
Information sur les lieux de  tournage.
Et un film qui donne à entendre une langue aussi peu connue, bien que parlée en partie sur deux des grands pays d'Europe, c'est suffisamment rare pour mériter l'attention.
Le lien pour le voir

En VOST obligatoirement, parce que du peu que j'ai vu, la VF fait parler tout le monde en français, et fait donc disparaître la principale caractéristique et l'un des ressorts narratifs du film.

Premier film du mois Halloween, une (fausse) histoire de sorcières.

Et c'est un film qui valide une des catégories du défi cinéma de 2020 ( tout en lui étant postérieur!) film qui n'est ni en anglais ni en français: un film espagnol , en espagnol, mais aussi en basque

mardi 16 avril 2019

Tragédies impériales - Juliette Benzoni

Après une première séance de rattrapage l'été dernier concernant Françoise Sagan, voilà une autre autrice ( yep, l'Académie m'autorise maintenant à utiliser le mot, trop gentils :D) que je ne connaissais que ce nom. Mais elle a croisé ma route au détour d'une boîte à livres, donc entre deux lectures belges, voilà un titre qui aurait bien trouvé sa place dans le challenge royal, d'il y a quelques années.

Il y a plusieurs éditions, c'est de celle là que je parle: alerte 4° de couverture sous acides!

Tragédies impériales est une série de nouvelles/récits/chroniques. Le mot est dur à choisir, mais je vais opter pour "nouvelles",car l'autrice  fait de fréquentes incursions dans la tête de untel et untel avec des " pensa-t-il" ou " se dit-elle". Ce que personne ne peut vérifier, bien évidemment. Qui peut dire ce que Napoléon où Elisabeth d'Autriche avaient en tête tel jour à telle heure.
donc uen série de nouvelles qui mettent en scène des personnages historiques, au moment où leur vie a basculé. Ils étaient riches, ils étaient célèbres.. et ça s'est mal fini. C'est le dénominateu commun de ces histoires.
Après une courte histoire autour de Napoléon, et ses dernières heures à Malmaison avant l'exilà l'ïle d'Elbe, la majeure partie des autres concernent L'autrice et sa famille régnantes.

Celles autour d'Elisabeth pastichent assez savoureusement les titres de films qui lui étaient consacrés ( Sissi et le shah de Perse, Sissi et le domino jaune, Sissi et Katharina...),mais évoquent heureusement des épisodes plus anecdotiques, donc moins célèbres. Mention spéciale au Shah persan, en visite protocolaire en Autriche et qui commet bourde sur bourde étant très très loin de connaître les subtilités de l'étiquette viennoise. Cequi amuse évidemment beaucoup Elisabeth, allergique au protocole guindé.

Les suivantes mettent en scène les relations de la famille royale de Belgique et ses alliances avec l'Autriche, d'abord Charlotte, fille du roi de Belgique, mariée à Maximilien, frère de l'empereur d'Autriche, et éphémères souverains du Mexique.des gens ni meilleurs ni plus mauvais que d'autres, mais qui ont été mis là un peu par hasard .. sans avoir été prévenus qu'ils débarquaient en pleine guerre civile.
J'avais oublié Maximilien ( dont pourtant on parle beaucoup dans Zorro.... oui j'assume mes références), et je ne connaissais pas sa femme.
De même la suite nous parle de Stéphanie et sa soeur Louise, mariées également à des autrichiens. Stéphanie est la malchanceuse qui a épousé Rodolphe, le fils de Sissi, suicidé à Mayerling. J'avais vu il y a très très très longtemps le film avec Omar Sharif, qui est à peu près la seule raison pour laquelle je connais cette histoire, mais de mémoire Rodolphe y était un pauvre type marié de force, alors qu'il en préférait une autre, archétype du héros romantique, en oubliant son penchant pour les fêtes alcoolisées et la course aux jupons etc... et sa femme était à peine évoquée si elle l'était.
Le parti pris est de raconter l'histoire du point de vue de Stéphanie, qui se rend compte un peu trop tard qu'elle a épousé un noceur, instable qui se fiche d'elle.

Allons-y pour la minute belge:

Voilà Stéphanie, en l'honneur de qui a été nommé de la Place Stéphanie, donc.. avec son impérial époux Rodolphe, fêtard patenté.
Et sa tante Charlotte avec son tout aussi impérial et tout aussi autrichien grand-duc.

Ahem, ces deux bonshommes sont décris comme des beautés, je n'en dirais pas autant. Et puis, franchement, c'est mieux d'être roturière, qu'est-ce qu'ils ont tous l'air de s'emmerder à cent sous de l'heure.

Et par conséquent, je sais maintenant, qui sont Charlotte, Louise et Stéphanie, qui jusque là n'étaient pour moi que des stations de bus, une avenue et une place, où je passe en métro. Donc de ce point de vue là, le livre a comblé un manque d'informations que je n'avais pas encore eu le temps de chercher et arrive même à faire un lien avec le mois belge.
Suivent deux nouvelles allemandes, sur le règne du Kaiser Guillaume I°, avant son accession au trône et à sa mort ( à plus de 90 ans, on ne sait pas ce qui s'est passé entre les deux) et le règne éphémère du progressiste et pacifique Frédéric III,  que je ne connaissais pas plus que de nom, mais qui m'intéresse bien.

Et la dernière histoire, hyper connue... est en fait celle pour laquelle j'ai pris le livre.Voilà ce que dit la 4° de couverture:
" L'asassinat du Tsar Nicolas II et de son épouse Victoria d'Angleterre par les rouges..."

Hèèèèèè? de quoi?pardon?
Depuis quand Nicolas, mort en 1917 était marié avec Victoria morte en 1901?. Parce que oui, Alexandra sa femme était une descendante de la "grand-mère de l'Europe", mais ce n'était pas Victoria elle même.
Evidemment, j'ai voulu savoir si c'était une énorme bourde de l'autrice, un parti pris uchronique ( ça aurait pu: imaginons un univers parallèle où il se serait marié avec la reine d'Angleterre, appelons-la Victoria II, et réécrivons l'histoire en partant de ce point).
au final non, l'histoire est bien celle qu'on connait, narrée presque sèchement , à croire que ces novelles là, comme la première servent juste à compléter un livre qui aurait été trop court avec seuls les nombreux squelettes dans les nombreux placards autrichiens.
Il s'agit au final d'une énorme boulette, de la personne qui a rédigé la 4° de couverture, probablement au bord de la piscine, une piña colada à la main, avec la musique à fond, sans avoir lu le livre et en se fiant juste à ses vagues souvenirs.
Rien de nouveau donc, et la fin du régime Romanov est presque bâclée, tant elle est racontée à la va vite.
Après, bon, ce n'est pas un livre majeur de l'écrivaine, qui a plusieurs séries à son actif, probablement plus intéressantes. Mais c'est plutôt bien écrit, ça se laisse lire dans son ensemble, donner le rôle central à des personnages moins connus ( Comme Charlotte, Stéphanie, Fredéric III ou le farfelu Jean-Salvator, cousin demi-italien de Rodolphe)
Mais disons, c'est exactement de la littérature à lire dans le bus.Pas une découverte majeure, mais plutôt récréative.
Je tenterais peut-être quelque chose de plus construit de la part de Juju, si l'occasion se présente.

samedi 11 août 2018

Sambre - Yslaire (et Balac)

J'avais déjà évoqué cette Bd, lorsque j'ai chroniqué " le ciel au dessus de Bruxelles" du même Yslaire, en disant qu'elle n'était pas du même niveau que Sambre justement.

Mais au moment de faire mes cartons avant de partir pour la Belgique et de laisser derrière moi mes chères BD pour un an au moins, j'ai cédé à la pulsion de la relire.

Voilà le crédo de Hislaire ( Yslaire, Sylaire), prénommé Bernard - comme son jeune héros.

« Je veux une histoire d’amour. C’est mon obsession, une histoire d’amour qui finit mal… J’ai envie de plonger dans une tragédie qui serait placée dans un cadre historique pour me ramener à cette littérature du XIXe qu’enfant, j’avais découvert dans la bibliothèque de mon père… Mais du Bossu ou des Trois mousquetaires, je n’ai retenu que l’histoire d’amour. La séquence finale de Robin des Bois, celle du bain de sang de Marianne, je l’ai relue dix fois et j’ai pleuré à chaque fois. Les livres m’ont fait beaucoup plus pleurer que les films ou les pièces de théâtre. Je voulais faire une bande dessinée qui provoque le même effet. »

On est prévenu, ce monsieur ne fait pas dans la demie mesure, ni dans la tiédeur.. il va y avoir dans cette histoire du sang de la violence et une bonne dose d'érotisme souvent macabre.




Tout commence.. au cimetière. Bernard et Sarah Sambre, tous deux roux aux yeux sombres comme leurs parents, enterrent leur père. On voit très vite que tout est assez malsain dans cette famille bourgeoise. Le frère et la soeur semblent toujours à couteaux tirés, s'adorent autant qu'ils se détestent. Raison de leur discorde? Leur père, connu de toute la région pour avoir sombré dans la folie longtemps avant son suicide. Bernard le craignait, Sarah l'adulait, et rend leur infidèle mère responsable de ce suicide. Elle se fixe désormais pour unique but de terminer "la guerre des yeux", l'ouvrage sur lequel travaillait Hugo Sambre avant de mourir, dans lequel transparait toute la folie de celui ci: seuls avaient droit d'entrer chez lui les personnes aux yeux sombres, les autres étaient persona non grata. La "guerre des yeux" était son credo, sa grande oeuvre, destinée à n'être lue de personne cependant, dans lequel il professait que la couleur des yeux est liée à l'origine et à l'avenir des humains, la supériorité des uns sur les autres aussi. Le pire étant les gens aux yeux rouges, ennemis des yeux sombres depuis l'aube des temps.






Il haïssait la bien nommée "Iris", autant qu'elle le fascinait, Iris la prostituée parisienne aux yeux... rouge sang, qu'il considérait comme une menace pour sa famille, sa némésis personnelle. Iris est morte depuis longtemps, mais elle a une fille, Julie, elle aussi brune aux yeux rouges.

Julie la voleuse, Julie la Braconnière qui épie Bernard en secret depuis toujours, depuis que sa mère lui a raconté que leurs destins sont liés.
Julie est passablement dingue elle aussi, dans son genre, et profite donc de cette occasion pour "vamper" ( le mot n'est pas exagéré) Bernard dans le cimetière. Lequel se laisse faire, il est jeune, naïf, idéaliste et sentimental, Julie est une jolie fille, et d'autant plus attirante que son père aurait totalement désapprouvé cette relation. Qui va mettre à feu et à sang ce qui reste de la famille Sambre.
Du village étouffant aux bas fonds de la rue des Innocents, de l'antre de Monsieur Saintange, trafiquant, recéleur et maquereau d'enfants, aux orgies mondaines de "Madame Liberté", du studio délabré d'un peintre à moitié fou aux barricades de 1848, c'est une histoire .. en rouge et en noir, servie par une palette de teintes sombres, sépia, gris orage.. en aquarelle somptueuse.

Yslaire seul aux commandes dès le milieu du second tome ( le scénariste Balac ayant quitté le projet à ce moment là) ne cache absolument pas ses influences littéraires:
le père Sambre se prénommait Hugo,les révolutionnaires des barricades semblent sortis des Misérables, Iris en robe rouge de bohémienne s'est jetée des tours de Notre Dame, Rodolphe semble une version adulte de Gavroche, mais aussi Poe - il sera question d'un cadavre emmuré comme dans le Chat Noir, d'autres touches évoquent le coeur révélateur, et encore Shakespeare : Sarah devenue folle et quasiment aveugle imagine du sang partout et passe son temps à se frotter les mains  et picturale ( la liberté guidant le peuple est un motif central)


Une oeuvre très littéraire, mais pas verbeuse, car elle ménage de longues planches muettes... allez, mini-reproche: on voit quand même venir la révélation sur les liens d'Iris et Hugo d'assez loin.

Yslaire a beau mettre en avant son histoire d'amour tragique, je n'aurais pas accroché s'il n'y avait pas eu toutes ces références et ce côté épique sur fond de révolution. Je ne suis pas du tout fan d'histoire d'amour lorsqu'il n'y a que ça, mais lorsqu'elle fait partie d'un tout, ça passe très bien. Et là, il y a justement le cadre ambitieux et les événements qui manquaient à d'autres titres de l'auteur.

Romantique? Oui absolument, au vrai sens du terme, avec sa majuscule.
Le terme est souvent galvaudé pour des choses nunuches, là on est en plein dans sa vraie acception, qui sous-entend une bonne dose de drame et de noirceur, la seule qui m'intéresse.


D'ailleurs, Sambre est plus qu'une BD, c'est son grand oeuvre, puisque outre ces 4 tomes d'origines parus entre 1986 et 1996 ( sous-titrés " deuxième génération" ) des suites sont en cours:  "troisième génération" a commencé à paraître depuis 2003 ( 5 tomes prévus, mais non terminé), "Dernière génération" est prévu ( 4 tomes).
Mais puisqu'on commençait à la deuxième génération, où est la première?
Elle a également paru sous le titre "  la guerre des Sambre", avec chaque fois 3 tomes évoquant la génération précédente ( Hugo et Iris, leurs parents, leurs grands parents...)
On remonte comme ça au fil des siècles. Je ne sais pas ce que valent les suites et les préquelles, mais je tenterai , vu que j'ai beaucoup aimé cet univers sombre, sensuel et violent, ce style graphique très personnel (qu'on aime ou qu'on déteste mais qui cadre bien avec le sujet: personnages souvent caricaturaux à l'exception des principaux protagonistes, couleurs volontairement restreintes, le dessin qui se précise et s'affine de tome en tome - 10 ans pour fignoler l'évolution, un peu raide au début, de plus en plus souple avec des cadrages plus audacieux)

sur les toutes premières planches, Bernard semble avoir 12 ou 13 ans à tout casser, ce qui rend la séquence sexy qui va suivre assez malsaine. On en sait pas au final son âge, mais il doit avoir plutôt 17 ou 18 ans.

Et depuis, l'auteur s'est confié sur.. une maladie génétique qui existe dans sa famille, se manifestant par... des problèmes oculaires,
un secret de famille qu'il semblait ignorer pourtant lors de l'écriture de sa série. Troublant.
Ici encore une page qui évoque les références historiques utilisées par Yslaire pour son oeuvre majeure, même sises personnages sont allégoriques pas question de faire dans l'à peu près au niveau de l'Histoire.

Voilà, relecture concluante, j'ai adoré ces quatre tomes ambitieux et flamboyants, qui concluent! Donc pour tenter une découverte de l'auteur, c'est exactement ce que je conseillerait. Une BD qui se classe facilement dans mon top 3 en franco-belge ( et je n'ai pas réfléchi aux deux autres!)

Par contre je croise les doigts pour que jamais, jamais il n'y ait d'adaptation cinéma. Les adaptations de BD sont à la mode et sont souvent des catastrophes. A l'extrême limite, une adaptation animée, mais pité, pas en prises de vues réelles. La force de la Bd, c'est justement son graphisme très travaillé et sa colorisation particulière, et je ne pense pas que ça serait retranscrit de manière convaincante.