vendredi 19 février 2016

Liquidations à la grecque - Petros Markaris

Première lecture grecque de l'année, finalement, ça n'aura pas été du théâtre classique, mais un roman policier en lecture commune ( mais évidemment je rends ma copie en retard, pour changer. Mais j'ai une excuse, il n'était pas immédiatement disponible à la bibliothèque, il a fallu que j'attende son retour).
donc, cette année je fais le grand écart, après avoir découvert le policier scandinave via Henning Mankell, je file à l'autre bout de l'Europe avec Petros Markaris.

Et étonnamment, j'ai trouvé une parenté entre le très nordique Meurtriers sans visage et le très méditerrannéen Liquidations à la grecque. Pourtant il y a un monde et une époque entre les deux ( années 80 pour Mankell, 2010 pour Markaris), mais certains thèmes abordés se répondent via la crise migratoire et le sous contexte social et politique des deux oeuvres, et l'attention portée à décrire la vie au quotidien du commissariat et les problèmes très concrets auxquels la police doit faire face et qui ralentissent son enquête. Je pourrais rajouter humoristiquement la consommation de café par litres dans les deux cas...

Une histoire complètement contemporaine donc pour Markaris. L'auteur a un certain nombre de roman à son actif mettant en scène ne commisaire Kostas Charistos, mais c'est pour moi une découverte. Liquidations est en fait le premier tome d'un triptyque " trilogie de la crise", du coup, un début de cycle, et ça tombe bien pour moi.

Dans une Grèce en banqueroute, le commissaire Charitos mène une enquête sur une série de meurtre visant des banquiers ou ex-banquiers. Des requins de la finance. Des corrompus. Parallèlement - mais on devine vite que les deux affaires sont liées, un anonyme vite surnommé " Robin des banques" placarde des affiches un peu partout dans Athènes appelant les emprunteurs à ne pas rembourser leur dettes. Tandis que la vilel est quotidiennement perturbée par des embouteillages et des manifestations contre la politique d'austérité.

Au delà de l'enquête policière sympathique ( mais qui manque de suspects, ce qui fait que l'habitué-e des romans policiers aura assez vite cerné qui est ou sont les criminel-s), c'est l'ambiance en général que j'ai bien appréciée: caustique à souhait, et teintée d'un humour souvent noir vis-à-vis de la commission européenne et ses envoyés, et du monde de la finance en général. a l'image de cette boutade du gendre du commissaire qui lui conseille de prendre une voiture espagnole car " entre pauvres il faut s'entraîder", les pays en difficulté (Portugal, Italie, Irlande, Grèce et Espagne), les PIIGS, S pour Spain,  sont logiquement et cyniquement surnommés les "cochons de l'Europe".
La corruption est à tous les niveaux, représentés par une foule de personnages secondaires: le gauchiste qui a connu la prison sous le régime des colonels rappelle qu'elle était déjà bien installée à l'époque, la hiérarchie administrative est souvent brocardée par les adjoints policier, qui voient leurs primes fondre comme neige au soleil, tandis que les aides économiques qui devaient servir à redresser les finances du pays sont distribuées aux banques et que le citoyen grec n'en voit pas la couleur. La corruption est aussi représentée par Haris Tsolakis, l'ancien athlète qui est aussi ruiné physiquement que l'est le pays: cloué dans un fauteuil roulant, avec un foie détruit par l'abus d'anabolisants. A vivre sans se soucier du lendemain, a vouloir toujours plus, mieux, tout de suite, on finit toujours ruiné, que ce soit individuellement ou collectivement.

Une jolie découverte, malgré une enquête policière un peu facile à deviner, mais je lirai donc prochainement la suite de cette trilogie de la crise.

2 commentaires:

  1. Oui les Markaris sont particulièrement séduisants de part leur cadre et leur ambiance je trouve :-)

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  2. Oui les points forts de ces romans sont l'ambiance et le cadre je trouve :-)

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