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lundi 31 octobre 2016

Le crime d'Halloween - Agatha Christie

C'est aujourd'hui youhou!!

Et pour l'occasion j'ai décidé de lire, enfin, j'ai eu la chance de trouver en dernière minute ce titre pour m'occuper pendant les transports et les vacances alors que j'avais oublié ma petite tablette remplie d'e-books chez moi, en prévision de 7h00 d'avion, oui, la gaffe!

Je me souvenais vaguement de cette histoire d'Halloween, de pommes et de petite fille noyée dans une bassine d'eau, pour l'avoir vue en adaptation dans la série Hercule Poirot, mais j'avoue qu'il ne m'en restait pas vraiment de souvenir. Ni l'identité du meurtrier , ni rien, ça m'est revenu en cours e lecture, mais par contre, j'avais oublié totalement le complice...

Initialement paru sous le titre "la fête du potiron" dans les années 70 de notre côté de la manche, il a récupéré un titre plus proche de l'original ( Hallowe'en party) en 1999. Hé oui, les lecteurs français du XXI° siècle connaissant la fête d'Halloween, plus besoin de périphrase pour la désigner.
Je préfère largement ce nouveau titre, il va sans dire!

C'est aussi ma première rencontre littéraire avec Ariadne Oliver, fantasque dame qui écrit des romans policiers, et prend la place autrefois dévolue au Capitaine Hastings dans les aventures d'Hercule Poirot. Pas du tout de la même manière, puisqu' Ariadne  n'hésite pas à secouer Hercule et à lui dire ses quatre vérités lorsqu'il tergiverse ou fait son snob ( il y a dans ce tome quelques passages parodiques, où tout le monde se moque de lui, qui arpente la campagne en chaussures vernies bien peu adaptées à la situation, lui conseillant qui des bottes en caoutchouc, qui des galoches.. et pourquoi pas des espadrilles ou de tennis, vous voyez l'idée.

C'est fou, elle ressemble à quelqu'un quand même. Ariadne a bien du mal avec les questions sempiternelles de ses fans, au sujet de son personnage fétiche, un détective finlandais végétarien: et pourquoi finlandais, et pourquoi végétarien, etc... Hé oui pourquoi?
Et pourquoi pas, il y a bien des auteurs qui mettent en scène des détectives belges... au hasard. Yep, on parlerait de self insert en termes récents. Et ce self insert permettant à agatha l'écrivaine, de charrier son personnage via Ariadne , l'écrivaine, est assez savoureux.

C'est donc Ariadne qui va amener Poirot à résoudre cette histoire de meurtre de petite fille. alors qu'elle est invitée à la campagne chez une amie, elle assiste plus où moins par obligation sociale aux préparatif d'une soirée d'Halloween pour les enfants du village. après avoir passé l'après midi à être harcelée de questions par ses jeunes fans, tout semblait aller pour le mieux jusqu'à ce que Joyce, une des gamines, soit portée disparue.
Elle est simplement dans la pièce d'à côté, noyée dans une bassine qui avait servi au jeu des pommes flottantes, qu'il faut attraper avec les dents. impossible qu'il s'agise d'un accident, c'est forcément un crime.
Les gens du patelin estiment que c'est un meurtre sordide commis pas un déséquilibré passant par là, inaperçu dans la foule, mais Aridane a sa petite idée: Joyce s'était vantée l'après midi  même d'avoir été témoin d 'un crime par le passé.  D'un crime qu'elle avait pris pour un accident, mais qui, à la réflexion, était certainement un meurtre.
Ce qui ferait un bon motif pour la faire taire, si vraiment c'était le cas. Le meurtrier ou un de ses complices, s'il l'avait entendu aurait pu, dans un moment de panique, trouver la première solution venue pour éviter qu'elle n'en dise trop.

Et voilà, comment Hercule Poirot se retrouve en plein automne, dans un patelin boueux, à enquêter sur la mort de Joyce, surtout pour qu'Ariadne Oliver lui fiche la paix il est vrai.
Mais encore faut il trouver à quel meurtre déguisé en accident Joyce pouvait bien faire allusion, car la petite campagne n'est pas si tranquille. En moins de deux ans, une dame s'est trouvée veuve, son mari malade ayant été malencontreusement écrasé par un chauffard jamais retrouvé.
Une vieille dame richissime est morte officiellement de maladie cardiaque, après avoir déshérité sa famille au profit de sa secrétaire étrangère, qui a disparu ans la nature après avoir été accusée d'avoir contrefait le testament.
Un clerc de notaire qui a eu des ennuis avec la justice pour fabrication de faux document a été poignardé dans des circonstances douteuses.
Une petite fille a été trouvée morte dans une ancienne carrière réaménagée en jardin magnifique.
Une institutrice a été étranglée sur le chemin de sa maison.

Des morts et des disparitions toutes non élucidées, et Joyce pourrait bien avoir été témoins de l'une ou l'autre quasiment à égale probabilité.

C'est donc une foule d'affaires anciennes que Poirot va devoir démêler, en plus du récent meurtre.

Je n'avais pas gardé donc, grand souvenir de l'adaptation, mais j'ai bien aimé cette lecture. Ariadne apporte un souffle de nouveauté sur l'oeuvre , avec des touches d'humour parodique bienvenues, les thèmes aussi sont moins frileux qu'avant:  on est en 1969, et il y est question de meurtres sordides et de viols d'enfants, de drogue et de sexualité douteuse, via la mention des soirées de hippie fumeurs de pétard où de la potentielle homosexualité de feu l'institutrice.Mine de rien, ça étonne , quand on connaît surtout  comme moi les premiers romans, avec des meurtres motivés surtout par l'appât du gain ou la vengeance.
Et ça fait vraiment plaisir de voir une romancière de 80 ans (à l'époque de ce roman) qui met en scène la période qui lui est tout à fait contemporaine, sans détours, et tout en gardant une distance ironique avec son sujet.
Elle n'a plus rien à prouver, elle s'amuse, et quelque part, je l'ai ressenti  assez bien dans ce titre, après quelques déceptions sur les romans des années 50-60, que je n'avais pas vraiment trouvés convaincants

thématique Halloween!
j'ai été peu active sur ce challenge pour le moment, et hop, une lecture de plus!

mardi 28 juin 2016

Le secret de Chimneys - Agatha Christie

Et voilà l'autre rendez vous annuel du mois anglais.

Et comme j'ai dégotté une pile entière de livres de l'auteur, j'ai choisi le plus ancien, vu qu'en général j'accroche mieux à ses premiers écrits.

Et comment dire. j'ai bien accroché, mais pas pour l'enquête policière, c'est surtout assez drôle, dans le sens où tout y est complètement outré (mais c'est volontaire) avec des rebondissements improbable, des bons mots...

Tout commence au fin fond de l'Afrique par la rencontre de deux anglais qui se connaissent bien. Déjà, voilà pour l'improbable)

Anthony Cade est un aventurier qui occupe depuis un mois, laps de temps très long pour lui, un emploi de guide auprès d'une compagnie de cars de tourisme. Il faut dire que les touristes qu'il promène à Bulawayo, Zimbabwe, sont du genre gratinés, et useraient rapidement les nerfs du guide le plus motivé.
Jimmy McGrath, vieille connaissance d'Anthony, est toujours à l'affut d'une mine d'or, sa marotte constamment déçue, mais Jimmy y croit dur comme fer, cette fois c'est la bonne.
Jimmy a aussi un talent inné pour sauver la vie de gens plutôt étrange. Dix ans plus tôt, c'était celle d'un aristocrate herzoslovaque.  L'Herzoslovaquie me fait beaucoup penser à la Syldavie de Tintin, un petit pays d'Europe de l'est ou le régicide est un sport national, les citoyens lassés des fransque de leur ancien roi l'ont d'ailleurs fait passer de vie à trépas quelques années plus tôt pour instaurer une démocratie, ce qui n'a pas  entravé leur goût pour le putsch, et le pays hésite présentement entre remettre sur le trône un vague cousin de feu le roi, ou opter pour un régime rouge vif .
Pour remercier Jimmy de son aide, l'aristocrate l'a couché sur son testament, et Jimmy se retrouve donc en possession des mémoires du Comte, qui contiennent pas mal de révélations croustillantes sur les membres les plus éminents du gouvernement, une vraie petite bombe, qu'il faut remettre à un éditeur de Londres contre 1000 livres. Si Anthony lui rend ce service,ils partageront le magot, plutôt coquet pour l'époque.
Et pendant qu'il y sera, Jimmy a une seconde mission à proposer à son copain: rendre à une dame du nom de Virginia Revel un paquet de lettre d'amour compromettantes, qui lui sont arrivées par hasard en main lorsqu'il a sauvé la vie d'un autre type louche, vraisemblablement un maître chanteur. Mais Jimmy n'a pas le goût de faire chanter une dame qu'il ne connaît pas, et qui doit probablement s'inquiéter de savoir en quelles mains malintentionnées se trouvent ses missives d'amour. Donc si Anthony peut, au passage, trouver la dame, sur le maigre indice d'une des lettres envoyées de "Chimneys", il serait bien urbain...

Ni une ni deux, voila Anthony parti pour Londres, muni d'un volume que la moitié du monde connu veut récupérer: l'Herzoslovaquie est un pays riche de pétrole, et la publication des mémoires pourrait faire capoter des tractations lucratives autour de ces concessions, l'Angleterre soutien un prétendant, les USA un autre, et les révolutionnaires auraient bien besoin des informations confidentielles qui s'y trouvent pour leur prochain coup d'état.

Comme si ça n'était pas suffisamment compliqué, il y a les lettres, de Virginia Revel: 5 minutes suffisent à comprendre que la vraie Virginia Revel, femme intelligente, décidée, et peu impressionnable, n'en est pas l'auteur, et qu'être la cible d'un maître chanteur qui se trompe de victime l'amuse beaucoup, d'autant qu'elle n'a rien à se reprocher. Quelqu'un a simplement usurpé son nom, ça l'agace plus que ça ne l'inquiète.

Mais ce n'est pas tout: une troisième intrigue s'y greffe, autour du Roi Victor. Pas une tête couronnée, non: le chef d'un gang de voleur de bijoux qui vient de sortir de prison et aimerait bien récupérer un diamant précieux qu'il a caché du côté de Chimneys, demeure qui a vu passer tout le gratin de l'Europe et cette affaire de gros sous pourrait bien avoir un lien avec les deux autres intrigues.

C'est échevelé, ça part dans tous les sens, mais du coup, c'est drôle. En fait plusieurs fois au cours de ma lecture, je me suis demandé sil ne s'agissait pas d'un scénario de pièce de théâtre, tant il semble fait pour être joué sur scène: mi pièce policière, mi vaudeville, avec cadavres bien encombrants, vols et re-vols de lettres, de manuscrits, de diamant... Usurpations multiples d'identité.
Et cerise sur le gâteau, une héroïne pas tarte et pas du tout " damoiselle en détresse" ( si j'avais du imaginer une actrice pour jouer Virginia, c'est quelqu'un comme Katharine Hepburn que je verrais: un visage qui sort de l'ordinaire mais une classe et un talent comique qui correspondent bien à l'idée que je me fais de cette Virginia excentrique et peu conventionnelle.)

Et même si j'ai facilement deviné l'identité sous laquelle se cache le roi Victor, et si la révélation finale sur Anthony m'a parue tirée par les cheveux, j'ai bien apprécié cette histoire sans Hercule Poirot ni Miss Marple, à ne pas prendre au sérieux du tout.
Il y a les ingrédients qu'on va retrouver par la suite: un quasi huis clos dans une demeure pleine de passages dérobés, un goût du principal enquêteur et du principal suspect pour la révélation théâtrales des fameux secrets, et des petits traits d'humour bien sentis ( lorsque l'inspecteur Battle fait remarquer que les romans policiers sont une des meilleures choses pour la vraie police: en faisant passer les policiers pour un ramassis d'incapables dans l'idée du quidam lambda,ils peuvent enquêter beaucoup plus facilement. Oui un peu Columbo avant l'heure, avec l'air inoffensif du flic un paumé)

Donc pas un grand roman, avec une machination diabolique , il y a trop de coups de théâtre pour ça, mais ça reste un bon tome divertissant à souhait.

dimanche 5 juin 2016

Le capuchon du moine - Ellis Peters

Première lecture de ce mois anglais ( oui, bon, le livre a en fait été lu en mai , histoire de prendre de l'avance, avec le programme de goinfre que j'ai prévu)
Et c'est aussi mon petit rituel personnel, un tome de Ellis Peters en plus d'un Agatha Christie.
Cette fois c'est donc le 3° tome ( dans l'ordre d'écriture) de la série Cadfael, toujours.
J'avais déjà dit précédemment que les premiers tomes sont meilleurs que les derniers ( c'était déjà la même chose pour Agatha Christie d'ailleurs, le phénomène d'essoufflement est le même pour les deux auteurs sur la longueur, enfin, ce n'est que mon avis)

Mais surtout ici, les premiers tomes portent un intérêt tout particulier à brosser rapidement quelques portraits assez savoureux, et c'est surtout ce côté un peu humoristique qui disparait par la suite. Ce qui est dommage, car c'est tout l'intérêt de cette série, dont les intrigues policières sont somme toute assez classiques.

Et donc tome 3, on prend directement la suite des événement du tome 2: La petite ville de Shrewsbury a été assiégée l'été précédent par le Roi etienne, toujours en guerre avec sa cousine l'impératrice Mathilde pour le trône d'Angleterre.
Et dans cette guerre, Shrewsbury, ville frontalière entre  l'Angleterre et le Pays de Galles, plus ou moins neutre, avait un peu trop hésité à prendre le parti du Roi Etienne qui s'en souvient. en particulier, c'est l'abbé de Shrewsbury qui a perdu beaucoup de crédit, et se trouve maintenant en danger de perdre sa place. Le roi n'est pas méchant, mais assez rancunier, et voilà donc l'abbé parti pour un concile qui doit statuer sur son sort: le maintenir dans ses fonctions ou le rétrograder comme simple moine et nommer quelqu'un de plus dévoué à la case royale à sa place. L'abbé vieillissant ne serait d'ailleurs pas franchement opposé à se voir retirer une charge un peu trop lourde pour lui, et part donc toutes affaires cessantes, laissant l'abbaye dans le mains de l'orgueilleux prieur Robbert qui se voit déjà promu abbé. Les affaires courantes attendront bien son retour car l'abbé ne veut pas empiéter sur ce qui sera le ressort de son probable successeur.
En attendant, il faut cependant quand même trouver une solution pour le riche bourgeois qui vient d'emménager dans une maison propriété de l'abbaye, échangeant son manoir contre le logement, a nourriture et une vie d'oisiveté.
Car les moines ne sont pas uniquement préoccupés de spirituels, certains d'entre eux ont même les deux pieds dans le temporel, et lorsqu'il s'agit d'agrandir les propriétés de l'abbaye, ils sont prompts à flairer la bonne affaire: un manoir entier avec es terres et dépendances, contre le logement et la nourriture d'un sexagénaire, de sa femme et de deux domestiques. Avec l'espérance de vie de l'époque, c'est plus qu'une bonne affaire.
Et d'ailleurs c'est exactement ce qui se passe: Messire Bonel ,le bourgeois, meurt brutalement. Mais manque de chance, avant que la cession officielle du manoir n'ait été signée. L'abbaye peut faire une croix sur la demeure, au grand dam du prieur qui, à peine installé dans les appartements privés de l'abbé, se serait bien passé de cette épineuse situation. Et d'autant que l'herboriste Cadfael appelé en urgence auprès du mourant pour tenter de le sauver constate que non seulement sa mort n'est pas naturelle ( Messire Bonel a été empoisonné ), mais que l'abbaye y est involontairement: le poison est un onguent à base de capuchon du moine, autrement dit d'aconit, qui a été préparé par Cadfael et utilisé à des fins criminelles.
Trouver l'assassin est donc autant une nécessité judiciaire qu'une question d'éthique personnelle puisque c'est un de ses produits qui a été détourné de son usage.

Un bon tome donc, bien que le fait d'avoir vu cette histoire adaptée assez fidèlement dans la version série TV m'ait un peu gâché le suspense ( bah oui, en connaissant déjà le coupable dès le début, c'est moyen pour une intrigue policière)
Mais comme je disais plus haut, l'intérêt réside dans les portraits haut en couleurs, non seulement du héros qui, ayant roulé sa bosse jusqu'en orient avant d'opter pour la religion, a une vision à la fois humaine et désabusée sur ses contemporains: le prieur donc est orgueilleux et adepte du décorum, le cuisinier est une grande gueule qui fait exprès de préparer des sauce ultra riches en espérant rendre le prieur - qu'il déteste justement pour sa prétention - malade comme un chien. Le frère Jérôme est un furet, toujours en quête d'un ragot à colporter, le frère Mark, encore jeune, saute sur toutes les occasions de se délurer un peu, d'ailleurs, la traduction tente de rendre les jeux de mots que Mark fait sur son propre nom: puisqu'il veut laisser sa marque dans l'histoire en devenant au minimum Pape. Ou saint il n'est pas encore décidé.

Bref, c'est cette galerie de portraits qui fait le sel de l'ensemble. En fait, au cours de ma lecture, j'ai énormément pensé aux personnages caricaturaux et foisonnants d'un tableau de Brueghel. Et ça c'est une bonne chose!

Une chose de plus, une mini critique sur la traduction: l'ensemble des tomes ont été traduits par le même traducteur. Qui a parfois du mal avec les noms propres. En particulier pour le roi ( Stephen en VO ) qui est parfois appelé Etienne - dans sa traduction française. rien de choquant à ça, on est peu après Guillaume le conquérant, le français est en vogue en Angleterre, en tout cas dans la haute société, donc rien d'étonnant à parler du Roi Etienne. Mais, et c'est là le problème, son nom change, pas seulement d'un tome à l'autre, mais là, en 2 pages ( Stephen page 15 et Etienne page 17). Un peu de constance aurait été appréciable. De même l'abbé qui selon les tomes est nommé Radulphe ou Radulphus, selon l'inspiration du moment. Oui, je le disais, c'est minime, mais c'est une constatation.

vendredi 14 novembre 2014

8 Victorian Ghost Stories

Des histoires de fantômes, même si j'ai loupé la date officielle de la LC. Comme je n'avais pas grand chose sous la main à mon retour de voyage, j'ai décidé de faire une petite compilation de nouvelles victoriennes pour l'occasion.. trouvées sur ce site:
Victorian ghost Stories

IL y en a 28 en tout, j'en ai sélectionné 8.Pourquoi 8 ? Tout simplement, les 8 disponibles sur le site écrites par des femmes. En effet, j'ai assez peu d'écrivaines sur ce blog, il est temps d'y remédier. En plus je ne connais la plupart que de nom, voire pas du tout, c'était l'occasion ou jamais. Et troisième chose: lire en anglais!

Edith Nesbit ( 1858-1924)
John Charrington's Wedding: à force d'entêtement, le dénommé John Charrington a réussi a conquérir la jolie May Forster, à la grande déception des autres hommes de son village, qui en pincent tous pour la belle. Mais la veille du mariage, le voilà contraint de partir voir un parent mourant. Cependant il l'a juré, il sera là  à temps, dusse-t-il revenir d'entre les morts (oui, avec une phrase pareille dès le début de la nouvelle, on devine déjà ce qui va se passer).
Man size in marble :
Deux jeunes mariés, lui peintre, elle poétesse, viennent d'acquérir un cottage en pleine campagne. un cottage pittoresque, qui intègre les restes d'une ancienne demeure ayant appartenu à des chevaliers cruels et sanguinaires, dont on peut encore voir les gisants dans l'église du village. Or la légende dit que le 31 octobre à 11h00 du soir, les statues s'animent pour revenir sur les lieux où les chevaliers ont vécu, et gare à quiconque croiserait leur route. Monsieur n'y croit pas vraiment mais dans le doute préfère ne pas informer madame, au cas où elle en viendrait à détester la maison. Là aussi, on voit venir la fin avec ses gros sabots, mais les deux nouvelles sont bien écrites, avec un certain humour pas désagréable, et bien menées.

Dinah-Maria Craik (1826-1887)
The last house in C.. Street: Dorothy MacArthur, une adorable vieille dame raconte à un interlocuteur ou une interlocutrice ( psychologiquement, je pense plutôt pour une femme, si je devais traduire en français, il me parait plus probable qu'elle raconte ses secrets à une autre femme), comment à 18 ans, alors qu'elle était en voyage à Londres  avec son père, elle a entendu un fantôme cogner à son volet. Ca n'est pas tellement le fantôme qui est le principal sujet de l'histoire, mais plutôt une réflexion sur les décisions qu'on prend à un moment ou un autre, et qui peuvent changer votre vie: si la mère de Dorothy était restée à Londres, si le fiancé de Dorothy n'avait pas insisté pour qu'elle reste plus longtemps, Si le père de Dorothy avait suivi sa femme.. tout aurait été probablement différent. Mais j'aime beaucoup la philosophie douce amère de la vieille dame: ça ne sert à rien de passer sa vie à se faire des reproches, on ne peut pas revenir sur la décision prise, qui semblait la meilleure à ce moment là, autant s'en accommoder et suivre un autre chemin que celui prévu.." Une nouvelle à la fois triste, mais pleine d'espoir, vraiment mignonne.


Amelia Ann Blanford Edwards (1831-1892)
N.5 branch line : the engineer:
égyptologue et écrivaine de nouvelles fantastiques
Ben et Mat sont deux amis, qui partagent tout depuis leur plus tendre enfance. Ainsi lorsque Ben, issu du famille aisée a pu faire des études, son premier soin a été de donner les mêmes chances à son meilleur ami. Toujours inséparables, les deux ont donc pu monter leur propre entreprise d'ingénierie en chemin de fer, avec tant de succès qu'ils finissent par décrocher un énorme contrat à Gênes et partent ensemble pour l'Italie. Hélas pour eux, leur belle amitié finit tragiquement lorsque les deux, manipulés par une garce ( mais alors une vraie, détestable de bout en bout), en viennent aux mains. Sous le coup de la colère, Ben tue accidentellement Mat.. et n'aura dès lors plus qu'un but dans la vie: retrouver Gianetta et lui faire payer sa traîtrise. Alors oui, on le devine, le fantôme du brave Mat' va se manifester. Mais je ne vous dirai pas comment :p



Voilà, au passage, le tableau dont il est question à un moment dans l'histoire: la femme au miroir du Titien, à qui ressemble Gianetta, la femme par qui tout arrive
Une histoire agréable à lire, un peu de suspense, c'est toujours bon à prendre.

Elizabeth Gaskell (1810-1865)
The old nurse's story
Une vieille nurse raconte aux enfants dont elle s'occupe comment elle a tout d'abord été employée par leur grand-mère , pour s'occuper de leur mère alors toute jeune. A la mort de la grand mère et du grand père à quelques jours de distance, la nurse et la gamine ont du déménager chez des parents éloignés de ceux-ci: une très vieille dame et ses serviteurs presque aussi âgés qu'elle, dans un manoir pittoresque de la campgane anglaise. Et qui dit manoir pittoresque dit: fantômes!
Ben oui..
La vieille dame à l'air si inoffensif semble avoir commis dans sa jeunesse un crime dont le résultat continue à la hanter, au propre comme au figuré.

Je n'ai pas accroché à cette nouvelle. Déjà, on part sur quelque chose qui donne l'impression que l'héroïne va être la petite fille, hors elle ne sert que d'excuse au déménagement de la nurse. La nouvelle fait 11 pages, et la vraie histoire de fantômes n'apparait que dans les deux dernières. Les 9 précédentes ressassent ad nauséaum à quel point la petite fille est mignonne, adorable, un ange, un agneau, mon coeur, ma reine, mon ceci, mon celà , tous les adultes du coin semblent vivre uniquement par elle et pour elle- alors qu'elle est un peu peste quand même. Je déteste ce genre de procédé, censé mettre en avant l'innocence d'un personnage, et qui réussi tout au contraire, à me le rendre insupportable. Et par contrecoup, rendre creux tous les autres personnages, dont on ne sait presque rien. Non, la narration m'a vraiment gâché le potentiel de l'histoire à force de grosses ficelles.

 The crooked branch: 

Le quadragénaire Nathan a épousé Hester, d'âge similaire, qu'il connaissait depuis longtemps mais avait perdue de vue depuis plus de 20 ans. Elle était riche, il n'était que garçon de ferme, et la famille d'Hester a refusé tout net. Mais les temps ont changé. La famile d'Hester est ruinée, elle travaille comme femme de chambre, tandis que Nathan a hérité d'une coquette somme et acheté sa propre ferme. Sans plus de façon, Hester a donc accepté et eu un seul enfant, Benjamin, puis pris sous son aile Bessy, une de ses nombreuses nièces, à la mort de son propre frère. Evidemment, si les parents sont d'une grande banalité, ce n'est pas le cas des cousins qui sont beaux, et évidemment, la solution est toute trouvée: il suffira le temps voulu de les marier, et il n'y aura même pas de problème d'héritage! Sauf que Benjamin, qui a été adulé toute sa jeunesse, va étudier, et vite avoir honte de sa famille de "cul-terreux" (oui, c'est à peut près ce qu'il dit), tout en apprenant à les manipuler pour obtenir de l'argent. Benjamin devenu adulte part à Londres, revient de moins en moins souvent, jusqu'au moment où la famille reçoit un retour de courrier du "Dead letter office" ( simplement, l'équivalent du "parti sans laisser d'adresse). Bessy et la mère comprennent qu'il a déménagé, mais le père est sûr que ça signifie que le destinataire est mort.

Oulà, celle-là n'est pas évidente en VO, les paysan parlent en patois, et il m'a fallu parfois lire des phrases à voix haute pour en saisir le sens ( par exemple, Benjamin part étudier à "Lunnon", comprendre London. Ou ça:"'I misdoubt me I hanna done well by th' lad.I misdoubt me sore.Summat's wrong about him, or folk would na look me wi' such piteous-like een, when they speak on him." Ouaip! j'ai galéré, ce n'est pas peu de le dire.
Ensuite le principal problème de cette nouvelle, outre d'avoir le même défaut que la précédente: 59 pages, mais même à la denrière, on ne voit toujours as où l'auteur veut en venir, après avoir eu l'historique de la vie des paysans et la description des pièces de la maison entre autres. Non, le vrai souci, c'est que ça n'est pas une histoire de fantôme: ça dérive sur une histoire de cambrioleurs, probablement menés par Benjamin, puis sur une scène de procès.. Mais pas plus de fantôme que de beurre en branche (tordue). C'est bien en revanche l'histoire d'un enfant gâté qui tourne mal, donc le sujet cadre bien avec le titre, mais pas le moindre fantôme à l'horizon.
Donc, hors-sujet de la part du site qui l'à mise en ligne sous ce titre.


Mary Elizabeth Braddon (1835-1915)
At Chrighton abbey:
Miss Sarah,u ne trentenaire célibataire et indépendante ( à l'époque victorienne!), d'origine bourgeoise mais désargentée et partie travailler sur le continent,  revient sur les lieux de sa jeunesse à Chrighton Abbey. Là vivent sa cousine, avec son mari et son fils. Et justement le fils est sur le point de se marier, avec une femme de noble famille. Très jolie, mais très froide, distante, du genre langue de vipère. Ca qui ne dérange pas plus que ça la mère, car une malédiction semble planer sur la famille: depuis des siècles, à chaque génération, les héritiers meurent avant leur mariage ou juste après, alors peu importe qui est l'heureuse élue, du moment qu'il se marie et échappe à la malédiction. Or, peu de temps avant le nouvel an, Miss Sarah aperçoit, dans ce qu'elle pense être une cour désaffectée, un équipage entier de chasse à courre, absolument silencieux. Une équipage fantôme, réputé être un funeste présage pour la famille.

Ha, voilà qui remonte le niveau après la déception d'Elisabeth Gaskell. Humour, car Miss Sarah est une sceptique convaincue, qui ne croit pas aux fantômes, mais craint quand même une peu les superstitions, Humour aussi dans la galerie de portraits de bourgeois guindés venus passer le nouvel an dans ce coin perdu, et tirés à 4 épingles en pleine campagne. Et cerise sur le gâteau, DES fantômes, lein de fantômes, comme dans tout bon manoir qui se respecte. Une bonne lecture!



Mrs Henry Wood (1814-1887)
Reality or Delusion?
Dans un petit village du Worstershire, Daniel Ferrar, un régisseur un peu faignant, dont tout le monde se demande bien comment il peut survivre en vendant aléatoirement des poulets sur le marché, est courtisé par deux femmes: Maria, sa fiancée officielle, et Harriet, la " française" ( en fait sa mère seule est française, et comme toutes les françaises, Harriet est une insupportable coquette, humpf). Maria, jalouse, va suivre Daniel qu'elle soupçonne d'infidélité et découvre son secret: il nourrit ses poulet gratuitement en volant du grain a ses patrons. Daniel, mortifié, disparaît de honte. Alors qu'il est introuvable, et probablement loin, Maria jure pourtant l'avoir vu roder près de la grange où elle l'a découvert en train de piller les réserves. Illusion ou réalité?

Curieuse histoire de fantôme, qui parle de tout.. sauf de fantômes, et refuse de trancher nettement entre l'illusion et la réalité. Ca n'est pas inintéressant, mais pas franchement passionnant non plus. Pourtant j'ai apprécié le cadre paysan et, si la rivalité entre les deux femmes est sans intérêt, j'aime bien le fait que le vol soit au centre de l'intrigue.

Ah, un point de vue linguistique: Dans cette nouvelle, il y a une manière très spéciale d'exprimer les chiffres , par exemple "  but one might count the houses in it, little and great, and not find four-and-twenty", là ou on dirait " twenty four". Ce n'était pas le cas dans les autres de la même époque. C'est étonnant, j'ai vérifié, l'auteur n'est pas d'origine allemande ( on dirait en allemand"vier und zwanzig"), mais à d'autre endroits aussi, sa syntaxe des chiffres est allemande. Archaïsme? volonté de retranscrire un langage rural? si quelqu'un peut éclairer ma lanterne..

que des anglaises!
que du fantastique victorien!


spéciale " fantômes"
des mystères tous britanniques...

samedi 28 juin 2014

le crime de l'Orient-Express - A. Christie

quoi, vous pensiez sérieusement que j'allais faire un mois anglais sans un seul roman d'Agatha Christie? et non vous n'y couperez pas. J'ai donc choisir de (re) lire le Crime de l'orient- Express, parce que je l'avais lu il y a trèèèèèès longtemps, j'étais au lycée je crois .
 Et bien sûr je m'en souvenais bien, même qu'à l'époque, j'avais trouvé la solution moi-même :). Puis j'ai vu les adaptations, celle avec Albert Finney, celle avec David Suchet.. hé bien même en étant en terrain connu, j'ai apprécié de le relire, car ce qui compte, ce sont les déductions, la manière dont on va cerner les suspects ( après tout, comme dans Columbo, hein, ce n'est pas parce qu'on connait le coupable que ça n'est pas intéressant)
la toute vieille édition pioché dans la collection de ma mère..

Et donc, un mot sur l'intrigue, pour ceux et celles qui résideraient actuellement sur Pluton: Hercule Poirot n'a pas de chance! Où qu'il aille sur la planète, il va se passer un crime, et il va devoir mettre en action ses fameuses petites cellules grises pour le résoudre. Alors qu'il revient d'une enquête en Syrie, le voici contraint de revenir au plus vite en grande-Bretagne, et le moyen le plus rapide est de prendre le prochain Orient-Express. Etrangement, alors qu'il s'agit d'une période habituellement creuse, il lui est très difficile de dénicher une place, le train est bondé de gens de toutes origines et conditions sociales ( sisi, c'est une notation super importante!). il réussi malgré tout a obtenir un place, grâce à Monsieur Bouc, directeur de la compagnie et un de ses compatriotes. Un des voyageurs, un nommé Ratchett, apprenant son identité, tente de l'engager, au motif qu'il est menacé, mais Poirot refuse, car Ratchett lui est particulièrement antipathique. Or la nuit suivante, le train est bloqué en Roumanie à cause de la neige, et Ratchet est assassiné. La police ne peut venir enquêter, et Poirot va devoir élucider le crime pour tranquilliser Monsieur Bouc. Personne n'a pu entrer ni sortir du train, le coupable est donc l'un des autres voyageurs. Oui, mais qui avait des raisons d'en vouloir particulièrement à Ratchett, si tant est qu'il s'agisse de son vrai nom?
enquête n°2: résolue!

Je ne vais pas aller plus loin, mais juste noter que pour résoudre l'enquête, il faut une bonne dose  de psychologie et que la connaissance du russe est un plus ( sisi, à l'époque, ce sont mes cours de russe qui m'ont aidée!)

Mais c'est toujours un plaisir, tant c'est bien mené, avec en plus un humour volontiers noir, des coups de théâtres qui ne donnent pas l'impression de tomber comme un cheveu sur la soupe, un très bon tome, et qui pourraient plaire même à ceux qui ont du mal avec Hercule Poirot (il est un peu moins vantard dans celui-ci que dans d'autres...)
pour l'occasion j'emprunte un autre logo ;)


Je viens de voir qu'il existe une adaptation en jeu vidéo sur PC, mais qui prend d'énormes libertés avec le roman: en effet, Hercule Poirot ne mène pas l'enquête, même s'il y apparait, c'est son assistante nommée Antoinette Marceau qui récolte les indices ( mais pourquoi? pourquoi dans ce cas avoir inventé un personnage, il suffisait de l'appeler Miss Lemon, c'était pas compliqué, et même en prenant des libertés avec ce tome, c'était cohérent!)

après, ça a l'air très joli, avec un petit côté Syberia ( faut que je parle de ce jeu , un jour)
encore dans les temps!
idée n° 90: un bouton ( d'uniforme)

lundi 19 mai 2014

Le mystère de Callander Square - Anne Perry

Première rencontre avec Anne Perry, et avec deux de ses personnages récurrents: Charlotte et Thomas Pitt. Charlotte est une femme issue d'une famille de la haute société londonienne du XIX°siècle qui , horreur et mésalliance pour sa famille, a épousé  un inspecteur de police. En même temps , vu son caractère ouvert, son franc parler sa passion pour l'histoire et son incapacité à l'hypocrisie, elle aurait vraiment eu du mal à naviguer dans un milieu dont le leitmotiv est " on peut parler du tout.. du moment qu'on reste dans la bienséance et qu'on ne donne pas sa vraie opinion". Toujours aller dans le sens de ce que l'on attend de vous.. et Charlotte déteste ça.

Callander Square est le deuxième tome d'une série ( je n'ai pas le premier " l'étrangleur de Cater Street" où la rencontre entre Charlotte et Thomas est racontée.. au début de ce 2° tomes ils sont jeunes mariés et vont avoir un enfant)

Et pourtant charlotte va devoir renouer avec ce milieu qu'elle déteste. Tout commence lorsque deux squelettes de nouveaux-nés sont découvert en creusant le parc au centre de Callander square, un quartier huppés, bordés de maisons où il y a plus de domestiques que de résidents. L'inspecteur Pitt est sur l'enquête: probablement une servante qui a eu des enfants morts nés de son patron, mais les squelettes sont trop anciens pour savoir si les enfants n'ont pas plutôt été tués à la naissance. Pendant que Thomas s'occupe de l'enquête officielle, Charlotte et sa soeur Emily ( chaque fois je pense " Brontë"), vont mener la leur, dans le plus grand secret. Emily du coté des riches, car elle fréquente régulièrement la bonne société dont elle fait partie, et Charlotte, du côté des domestiques, en se faisant engager par l'un des résidents le général Balantyne, comme secrétaire, afin d'espionner de l'intérieur ce que la police ne peut pas voir ni savoir.
L'enquête piétine et est à deux doigts d'être classée, lorsque la découverte d'un nouveau squelette dans le quartier, une femme adulte cette fois, va précipiter les choses: pour les enfants, le doute planait, mais là, il s'agit bel et bien d'un meurtre, peut être même d'un assassinat. Dans ce quartier si huppé, peuplé de gens si distingués qui ne craigne qu'une chose: le scandale.
Car oui, on est là dans une société, où l'hypocrisie est de mise, où il es admis qu'un patron peut fricoter avec ses bonnes et que tout le monde le sache, du moment que personne n'en parle. Une société bien misogyne aussi, car, une homme qui lutine ses femmes de chambres, c'est acceptable, mais qu'une fille de bonne famille succombe aux charmes d'un trop séduisant maître d'hôtel, ça n'est plus la même histoire: on la mariera et vite, avec le premier rupin suffisamment benêt pour croire à l'histoire de l'enfant prématuré, si le cas se présente. et le bon docteur si respectable, n'est-il pas du genre à rendre certains services aux dames qui ont manqué de prudence.. ou au moins à leur fournir des adresses de collègues qui n'ont pas, eux, de respectabilité à sauvegarder?
Ce panier de crabe est exaspérant ( hormis le général qui reste fidèle à ses convictions, du début à la fin), et voir toutes ces bonnes familles se démener quitte à sortir de la légalité pour protéger  l'inévitable cadavre (si j'ose dire) que tous ont dans le placard.
J'ai beaucoup apprécié ce roman, l'intrigue policière tient la route et la destruction de l'intérieur de cette société ( où on ne se serre les coude que tant qu'il y a quelque chose à y gagner, et les amitiés de façade partent vite à vau-l'eau dès qu'un vrai problème se présente, se protéger à tout prix, quitte à porter de fausses accusations, on s'arrangera après avec sa conscience)

C'est peu de dire que j'apprécie énormément Charlotte et son décalage avec son monde d'origine, les petites vannes pro-féministes qu' Anne Perry glisse ici et là, via Chastity , une petite fille élevée par son oncle qui veut étudier les mathématiques, pour le plaisir d'apprendre. Et qui devant le refus de son oncle car ,une femme n'a pas à savoir ces choses là, ça ne sert à rien en société, n'hésite pas a entrer en polémique en clamant que ça pourrait très bien lui servir, quand elle épousera un roturier, tiens pourquoi pas un policier...

C'est aussi les petites surprises que j'ai apprécié du genre la description d'un jardin abandonné, c'est un peu lugubre en hiver, mais au printemps, ça doit être joli plein de verdure et ho, tiens, y'a un squelette au milieu du décor..
Je suivrais donc prochainement les aventures de Charlotte, son policier, et Emily qui commence à trouver que la collecte d'indice est bien plus passionnante que les ragots des dames sans cervelle de la bourgeoisie. Je vais quand même tâche de trouver le tome un, car même si j'ai pu suivre par les petits rappels de-ci de là, je préfère ne pas trop partir dans des tomes au hasard..
enquête n°1: résolue!
19 mai: lecture commune "Anne Perry"
Romancière anglaise, qui a vécu en Afrique du sud et en Nouvelle Zélande, on fait difficilement mieux niveau commonwealth
idée 166: un appartement, une maison

vendredi 24 janvier 2014

L'assassin habite au 21 - S.A Steeman

Vite vite, c'est bientôt la fin  du défi British Mysteries, et encore tant d'énigmes à résoudre.
Et cette fois,je vous propose une enquête so british venue.. de Belgique. Car Stanislas Steeman était liégeois. Et outre cet Assassin, on lui doit également plusieurs autres romans policiers célèbres adaptés dans les années 30/40 en films,  tout aussi célèbres: Six hommes morts ( devenu " le dernier des six"), ou Légitime défense ( devenu " quai des orfèvres").

Le sujet: années 30, un assassin mystérieux rode dans les rues de Londres et  attaque les passants (en leur cassant les cervicales à coup de sac de sable!) pour les détrousser. Comble d'horreur, il nargue la police londonienne en laissant sur les cadavres une carte de visite au nom de Mr Smith. alors que l'enquête piétine, que les Smith de Londres ( plusieurs milliers) commencent à être victimes d'ostracismes, un témoin révèle qu'il a vu croisé le meurtrier, et l'a suivi en douce, sans se faire remarquer, ni parvenir à voir son visage. Mais dorénavant, on sait où il se trouve: l'Assassin habite au 21, Russel Square. Problème, le 21 Russel square est l'adresse d'une pension , où résident un grand nombre de personnes, tous plus farfelus les uns que les autres: Mrs Hobson, la patronne coeur d'artichaut;  Mary la domestique au sommeil lourd; Miss Pawter, qui invente des slogans idiots pour une agence de publicité; Miss Holland, vieille dame qui écrit des contes de fée du coté de la gent féminine. Et, pour les messieurs: le Dr Hyde, ancien médecin cynique, sinistre et boiteux qui a un casier judiciaire - surnommé bien sur "prof. Jeckyll" ; Mr Collins, discret représentant bègue; Mr Andreyev, russe, charmeur invétéré dont le passe-temps est la broderie; le professeur Lalla- Poor, prestidigitateur hindou; le major Faichild, ancien militaire de l'arme coloniale raide comme un piquet; et le couple Crabtree, un monsieur effacé, complètement sous la coupe de son autoritaire épouse. Selon toute vraisemblance, l'un d'eux est Mr Smith, l'un des hommes d'après le témoin. Mais qui?

Les choses en sont à ce stade, lorsqu'un nouveau pensionnaire, archéologue français venu étudier au british museum est assassiné le soir même de son installation. Avant de mourir, il a eu le temps de graver sur la table en français" il b..".. alors il boîte? il bégaye? il brode? ou encore autre chose. Les trois principaux suspects sont donc interrogés, tour à tour, puis disculpés, car Mr Smith, facétieux, prend plaisir à provoquer la police en commentant de nouveaux crimes pile pendant les interrogatoires.
Alors qui est le coupable?

L'assasin est donc un roman policier belge mais qui a très très bien compris l'humour anglais. car outre une intrigue policière plutôt pas mal ficelée, c'est aussi un feu d'artifice d'humour absurde, qui ressemble à s'y méprendre à de l'authentique non-sens à l'anglaise. Ici, un témoins que l'on retrouve perché dans un réverbère et qui insulte la police pour se faire arrêter. Là,  une galerie de gens parfaitement loufoques. Des policiers tous plus farfelus les uns que les autres. Provocation de l'auteur envers le lorsqu'il prétend éclaircir toute l'intrigue en décrivant une partie de bridge, pour conclure: si vous ne connaissez pas le bridge, ça n'a pas d'importance, de toutes façons, les indices sont disséminés partout ailleurs, vous pouvez bien résoudre l'enquête sans ça ( ou quelque chose d'approchant!)

J'avais déjà lu ce livre il y a trèèèès longtemps , j'avais oublié la fin, et je confirme, même en ne connaissant rien au bridge, l'habitude aidant, j'avais fini par cerner la solution :D
 Mais c'est un roman à lire, bien mené, que j'ai pris beaucoup de plaisir à relire, en grande partie grâce à son côté volontiers absurde du genre

"Il était cinq heures du matin, ce 28 janvier 193., et le constable descendait lentement Quater Street quand il s'arrêta, interdit. A moins de cinq mètres de lui, un homme le regardait venir avec intérêt, perché sur un réverbère comme si c 'était ni plus ni moins qu' un cocotier.
" Bon! pensa Beecham, le premier moment de surprise passé. Le type est fin
soûl! "
Et, comme de juste, cela l'inclina à l'indulgence."


Humour absurde, enfin, seulement lorsqu'il n'est pas noir ou cynique.

Enquête n°7: résolue!
Quelques mots maintenant sur le Film de Clouzot. De mémoire, car je n'ai pas pu le revoir, c'est un bon film, mais il prend énormément de libertés avec le roman: l'action est transposée à Paris, l'assassin est rebaptisé Durand, mais surtout, l'intrigue fait intervenir M. Wens l'inspecteur récurrent des autres romans de Steeman, qui pourtant ne figure pas dans celui là. C'est M. Wens qui prend pension au 21, avec son encombrante et bruyante petite amie nommée Malou, afin de mener l'enquête de l'intérieur. Donc, de manière très différente par rapport à l'original. La raison est relativement simple, le film date de 1942, et juste un an avant, Le dernier des Six, adapté d'un autre roman de Steeman avait fait un gros succès. Or, c'est M. Wens qui mène l'enquête dans les Six. Donc, pourquoi changer une recette qui a fait ses preuves: on remanie l'intrigue pour faire intervenir le personnage, on rengage l'acteur qui jouait le rôle, et ça tombe bien, c'était Pierre Fresnay, immense vedette de l'entre-deux guerres ( Marius, dans la trilogie de Pagnol), on rajoute la râleuse Malou, jouée par Suzy Delair ( chanteuse-danseuse et actrice très célèbre également à l'époque, et je vois à l'heure où j'écris, qu'elle est toujours vivante, et qu'elle à eu 97 ans en décembre dernier, on en apprend tous les jours), et le tour et joué. Ca ne veut pas dire que ce soit un mauvais film, bien au contraire, mais juste très différent
 Et M.Wens déguisé en pasteur m'a l'air d'être un discret clin d'oeil à Drôle de Drame et au personnage d'évêque de Louis Jouvet.. que j'essayerais de revoir et de chroniquer en bonus de fin au chalenge tiens!


ah et j'oubliais: j'ai aussi rejoint le challenge (illimité!) de littérature francophone du blog " au bonheur de lire", et justement en janvier-février, la Belgique est à l'honneur.. (rha, j'y retournerais volontiers!)

samedi 21 décembre 2013

L'Hérétique et son commis - Ellis Peters

Retour au moyen-âge anglais en compagnie du bénédictin " pas ordinaire" d'Ellis Peters.

je regrette que 10/18 ai changé son style de couverture, j'aimais bien celui-là
En l'an de grâce 1143, la petite ville de Shrewsbury est en ébullition: on se prépare à commémorer l'anniversaire de la translation des reliques de sainte Winifred, qui était le sujet du tome 1 de la série. au même moment, revien du proche orient un dénommé Olivier, serviteur d'un bourgeois de la ville, Wiliam de Lythwood, qui était parti accomplir un pélerinage, mais est mort juste avant son retour en Angleterre. Olivier vient donc à l'abbaye accomplir le dernier souhait de feu son employeur: requérir de l'abbé la faveur d'etre inhumé au sein de l'abbaye , dont il était un donateur régulier. Le sympathique Abbé radulphe n'y voit bien sur aucun problème, sauf que.. l'abbaye abrite à ce moment là le chanoine Gerbert, un prélat caractériel au service de l'archevêque de Canterbury qui voit des hérétiques partout. Et finit par apprendre que la raison du pélerinage était que , ho, catastrophe, 15 ans plus tôt,  William avait osé mettre en doute l'opinion de Saint Augustin, justement le saint préféré de Gerbert,  ce qui lui avait valu d'être envoyé en pénitence par son curé. Ce qui devait être une simple requête se transforme dès lors en bras de fer entre Radulphe, qui n'accepte pas que son autorité soit contrée dans sa propre abbaye, et Gerbert qui prend des décisions au nom de l'archevêque sans même l'en avoir averti.

Or, en revenant, Olivier avait aussi une autre mission: ramener des présents à la famille de William, en particulier un précieux coffret devant servir de dot à la nièce de William. Et les employés de la maison Lythwood voit ce retour d'un mauvais oeil: Conan le berger a soudainement des vues sur la fille maintenant qu'elle a hérité, et Aldric , le comptable , craint pour sa place. Les deux fomentent donc de faire boire Olivier, de lui faire avouer des vues hérétiques, afin de le faire emprisonner, profitant de la présence de l'intraitable Gerbert, l'occasion est trop belle. Sauf que.. lorsque le principal accusateur, Aldric, assuré que sa place ne risque rien, souhaite retirer son accusation en avouant avoir été motivé par la jalousie, et qu' on le retrouve mort avant qu'il ai pu tout avouer, l'enquête pour hérésie se double d'une enquête pour meurtre. Les deux sont-elles liées, ou bien est-ce la fortune colossale ramenée à la famille Lythwood aurait attisée des convoitises?

Un bon tome, moins politique que les autres , il est peu question des tensions entre partisans de l'impératrice et du roi cette fois, beaucoup plus de la vie quotidienne au moyen-âge, au travers de la vie d'une famille de bourgeois et de leurs métiers ( commerce de laine, de peau, de parchemins..), dans un X° siècle où l'hérésie est en train d'apparaitre. Il n'est pas encore question de bûchers d'hérétiques, , mais toute opinion tant soit peu différente est d'ores et déjà mal vue et passible de prison ou de bannissement. Et Ellis Peters se fait un plaisir de mettre en avant la grosse pagaille qu'est- la religion, car après tout pourquoi Saint augustin, docteur de la foi, aurait le pas sur d'autres docteurs de la foi tout aussi crédibles. Et q'il avait fallu enfermer quelqu'un pour ses opinions opposées à celles de Saint-Augustin âgé, ç'aurait été Saint Augustin jeune, vu le nombre de fois où il a retourné sa veste, au fil d'écrits qui se contredisent eux-mêmes.
Donc un tome moins politique, mais plus complexe, car on entre dans les rouages de l'orthodoxie et de l'hérésie, avec des références assez précises - mais mentionnées - à des points de doctrines: l'importance du baptême, le nombre prédéfini des élus ( dans ce cas, à quoi bon bien se comporter en bon chrétien, puisqu'on sera de toute façon damnés!). Hum, ça ne me motive pas trop à lire saint Augustin, je sens que je ne vais pas l'aimer ce bonhomme qui aimait couper les cheveux en quatre.
enquête 6 résolue!

Mais bon , je disais un bon tome, je l'avais lu il y a longtemps , et.. j'avoue que niveau enquête, j'avais totalement oublié qui était le coupable, et que j'ai à nouveau été étonnée dans le bon sens du terme. Décidément, cette série m'accroche vraiment bien


idée n°40: quelque chose de plié: un "S"

mercredi 25 septembre 2013

Oscar wilde et le meurtre aux chandelles - Gyles Brandeth

Oui, je sais, ce billet était prévu pour le 19 septembre, mais tel le lapin blanc " en retard, en retard, je suis en retard" (journées du patrimoine, départ en vacances qui s'annonce..). La LC " British mysteries" du mois nous emmène donc à Londres, en 1889. Rien que de très banal à première vue. Ce qui l'est moins, c'est que le héros du roman, comme le titre nous le laisse deviner, n'est autre qu'Oscar Wilde, le grand écrivain irlandais, himself.
j'ai beaucoup de mal avec la couverture multicolore, tout le monde m'a demandé si c'était de la chick-litt et personne ne m'a cru quand j'ai répondu " nonon, roman policier"
Oscar Wilde donc, qui, outre ses activités littéraires donne de temps en temps des cours à des élèves d'origine modeste mais prometteurs. Et justement, dès les premières pages, il tombe par hasard sur l'un de ses élèves, Billy Wood., mort dans une pièce entièrement vide, égorgé , dans une mise en scène qui évoque un crime rituel. Or lorsque Oscar (qui, bien que choqué, ne résiste pas à  une certaine tendance à remettre au lendemain, il faut bien le dire) se décide à aller signaler le meurtre à la police, le cadavre a déjà disparu, la scène de crime à été récurée de fond en comble. Pas de cadavre, pas de crime, et donc, pas d'enquête. Oscar décide donc de mener sa petite enquête, entrainant dans son sillage deux amis écrivains, Robert Sherard et un certain humm Arthur Conan Doyle, sur la mort du pauvre Billy, tandis que les autorités continuent à tergiverser.

Comment dire.. D'une part, on est dans un grand détective 10/18, donc comme souvent, ce n'est pas spécialement l'enquête qui compte vraiment, mais plutôt l'ambiance. et pour l'ambiance, là on est servis: de clubs huppés en soirées mondaines, de scotland yard aux réunion d'esthètes plus ou moins décadents ( enfin, décadents par rapport aux moeurs "officielles" de l'époque), c'est une visite plutôt sympathique du Londres de la fin du XIX° siècle. Plutôt sympathique, mais pas inoubliable.

En fait il y a 2 choses qui me gênent un peu: D'abord, quand on a Oscar Wilde comme héros, il faut bien s'attendre à ce qu'il prenne toute la place. Et pour le coup, Oscar est partout, tout le temps, et malheureusement, les autres personnages peinent un peu à exister. Du coup, je n'ai pas franchement pris les autres en affection, même pas Robert, le narrateur et meilleur ami de Wilde, un peu trop figé dans son rôle de Don Juan pour qu'on s'intéresse vraiment à lui.

Ensuite deuxième problème à mon sens: l'auteur connait bien ce dont il parle. Même un peu trop en fait, du coup il en fait des tonnes: références par ci, références par là, citations de Wilde, de Wordsworth, de Doyle, des scandales de l'époque, de Jack l'éventreur, de Marie Aguetant, de Ellen Terry etc.. du coup, il lâche l'affaire pour se concentrer sur ses références, et arrivée à la moitié, je le dis clairement, je me fichais totalement de savoir qui avait assassiné Billy. Mais alors vraiment totalement. Ce qui est un paradoxe pour un roman policier. Et j'avais déjà cerné les coupables dès le moment où le cadavre fait sa réapparition, ou en tout cas, dans ma tête j'avais inversé les rôles du meurtrier et de l'embaumeur.

Du coup, quand je vois qu'il y a des suites, policières aussi, je ne suis pas vraiment tentée. Car faire d'un personnage réel et bien connu un héros de roman policier, c'est un parti pris assez curieux, et j'en vois déjà pas mal les limites en un seul livre. C'est agréable à lire, mais assez artificiel par moments, j'ai l'impression en fait que toute l'histoire été fabriquée dans le seul but de caser les aphorismes du grand écrivain.
Donc .. pas vraiment convaincue, pour moi c'est un exercice de style, brillant, certes, mais un exercice de style.
Instructif malgré tout: j'ignorais que Doyle et Wilde se connaissaient et s'estimaient, et je ne connaissais vaguement Sherard que comme biographe de Wilde, sans avoir jamais rien lu de lui .. je vois qu'il a également écrit des romans et de la poésie.

enquête n°5: résolue!
Donc voilà, j'ai appris des choses, j'ai bien aimé.. mais pas au point de lire la suite en fait.
Auteur anglais, encore une fois

mercredi 11 septembre 2013

Victor Sackville t1& 2 - F. Rivière, F Carin et G. Borile

En fait, ce que j'ai adoré faire à Bruxelles, c'est la longue balade des façades BD (et je n'en ai vu qu'une partie, celles du centre, ce qui faisait déjà plus de 8 kilomètres, la prochaine fois, je loue un vélo!)

Et, parmi les bandes dessinées mises à l'honneur, il y avait celle là., dans les tons de rouge et brun avec une ambiance très 1900, que j'ai trouvée particulièrement sympa. Le côté " brigades du Tigre" , je pense.


J'avais déjà vu le tire quelque part sans trop savoir de quoi il s'agissait, et puis,sur mon parcours, j'ai trouvé les 2 premiers tomes dans une librairie BD d'occasion (que dis-je une librairie? une caverne d'Ali-Baba, oui...), donc ni une ni deux, je découvre.
Tome 1

Bon, on va dire que ça n'est pas la BD du siècle, mais l'idée est plutôt sympa et ambitieuse. Je passe sur le graphisme un peu raide et les très nombreuses bulles à lire, c'était presque toujours le cas dans les BDs des années 80, personnellement ça ne me gêne pas plus que ça, j'ai commencé à lire des bds à cette époque, j'ai l'habitude. Cei dit, justement en ayant l'habitude, je ne jugerai pas le graphisme d'une série sur les 2 premiers tomes, il suffirait d'en piocher un au hasard parmi les plus récents pour que ça diffère du tout au tout ( je vois qu'il y a 24 tomes, que la série est toujours en cours, le 24° est sorti l'an dernier).
Tome 2

Par contre le scénario est ambitieux, un peu trop en fait:

1917, en Flandres, un agent secret anglais est assassiné. A son compatriote et collègue Victor Sackville incombe donc la double tâche de trouver le responsable et de terminer la mission de son prédécesseur.
Il s'agit d'entrer en possession du code d'un message secret envoyé par les allemands au Mexique.L'enjeu est énorme: on est en pleine première guerre mondiale, et les allemands espèrent convaincre le gouvernement mexicain de déclarer la guerre aux USA, afin de les occuper ailleurs, pour qu'ils ne prennent pas part aux combats en Europe. Victor doit alors entrer en contact avec Diane Corman, agent de sa majesté sous la couverture de journaliste, en poste à Bruxelles, qui est en mesure de récupérer le code auprès de l'ingénieur qui vient de le décrypter: chausses-trappes, agents doubles et trognes patibulaires au menu, leur aventure belge dans le premier tome les conduit jusqu'au Mexique dans la seconde partie de cette histoire en 2 volumes.

Et j'ai envie de dire, avec tout ce qui s'y passe, 2 volumes c'est trop peu. L'argument est dense, il y a une foule de personnages secondaires qui apparaissent et disparaissent aussi vite, le scénariste semble avoir voulu caser un maximum de choses en un minimum de pages, du coup il y a énormément d'ellipses et la fluidité de lecture s'en ressent ( j'ai du revenir plusieurs fois en arrière parce que je pensais avoir laissé échapper un détail.. qui en fait n'était pas mentionné avant, comme la déchirure sur le vêtement qui permet d'identifier l'assassin du premier agent. Sauf que ça n'avait PAS été mentionné, c'est un peu dommage dans une histoire policière de ne pas donner aux lecteurs les indices nécessaires, du coup, on reste extérieur à l'enquête et...enfin, moi ça me pose un vrai problème)
Et avec toutes ces ellipses, évidemment, apparaissent des trous scénaristiques qui me gênent: un personnage est en danger, un autre vient à sa rescousse, le méchant prend une flèche dans le dos.. QUE-OI? Mais sur la case précédent, le type qui courrait aider son pote n'avait PAS d'arc ni de flèches, il a trouvé ça où?
Ce genre de choses, qui est un détail, mais c'est tout le temps.
Autre exemple un personnage a été assommé et en reprennant ses esprits, il explique quelque chose comme " je sais qui c'est j'ai reconnu son rire que j'ai déjà entendu il y a longtemps en Europe"
Et? Et bien c'est tout. Une ligne pour nous en dire un peu plus n'aurait pas été de trop. La tel quel, c'est de l'indice qui ne sert à rien!
Oui j'ai l'air d'être négative, mais encore une fois, un scénario trop alambiqué, avec trop de personnages sur seulement 2 tomes, on sent que les auteurs ont voulu en faire trop. ce qui est frustrant, mais moins que s'ils avaient étiré en longueur une pauvre ligne de scénario. Après, ce sont juste les 2 premiers tomes, et je le maintiens, je ne juge pas la qualité d'une série sur les premiers tomes.

Voilà: de bonnes intentions mais peut mieux faire
BD "british mysteries", les auteurs sont Français et Belges, mais le héros est anglais et espion de George V
Enquête n°4: résolue!

encore une lecture belge!

jeudi 20 juin 2013

La mysterieuse affaire de Styles - Agatha Christie

3° crime à résoudre pour l'agent Purple dans le cadre du mois anglais et des British Mysteries.
Cette fois, la victime est une vieille dame très riche retrouvée morte dans sa chambre, verrouillée empoisonnée avec de la strychnine. Qui donc a pu commettre le meurtre? Son second mari, que toute la famille semble détester depuis qu'il a annihilé tous leurs espoirs d'héritage? Un de ses deux beaux fils, ne supportant pas cette trahison? Ou n'importe lequel des habitants de la grande maison, qui avaient beaucoup à perdre avec ce mariage. Et pourquoi la victime a-t-elle fait allumer un feu dans sa chambre en plein mois de juillet. Heureusement le Capitaine Hastings, invité de la maison est là, et ça tombe bien, il espère se reconvertir en détective " à la Sherlock holmes" de son propre aveu, à la fin de la guerre ( la I° guerre mondiale n'est palpable dans cette maison bourgeoise que par les restrictions qu'elle impose au train de vie: manger plus tôt pour économiser l'électricité, ne pas gâcher, mais réutiliser le papier...). Mais force est de constater que ses déductions ne mèneraient pas loin sans l'aide providentielle d'un policier Belge réfugié en Angleterre, une de ses vieilles connaissances, un curieux bonhomme dénommé Hercule Poirot...

Enfin, j'ai pris le temps de lire cette première aventure de celui qui allait devenir le personnage peut-être le plus célèbre de toute la littérature policière. Où on découvre ses méthodes très.. méthodiques, bien que leur logique échappe quelque peu au pauvre Hastings, Poirot adorant laisser planer le doute sur ses intentions. Où on découvre aussi ses petites manies, du genre,  ranger systématiquement les objets qui ne lui paraissent pas assez symétrique, même sur le lieu du crime, ou encore, casser les pieds à une dame pour qu'elle mette sa broche bien droite. Et son orgueil. Car Poirot est conscient de sa supériorité intellectuelle et en joue. Ce qui en ferait un personnage assez pénible s'il n'était pas contrebalancé par le sympathique, mais un peu brouillon, Capitaine Hastings.
Et j'ai eu beau avoir déjà vu cette enquête un nombre incalculable de fois en version TV, et donc connaître l'assassin, j'ai pris beaucoup de plaisir à la lire, car tout est plus détaillé dans le livre, forcément.  Le duo Poirot / Hastings fonctionne bien. On voit pour la première fois la fameuse "méthode Poirot", qui consiste au chapitre final à rassembler tout le monde, à pointer les indices qui accusent untel , avant de le disculper, avant de porter le coup final à l'assassin en le ridiculisant devant tout les autres suspects. C'est devenu classique depuis, mais, j'accroche! Même si l'ombre de Sherlock Holmes plane un tout petit peu trop car l'enquêteur très intelligent  et son acolyte qui se perd dans les méandres de l'enquête, c'est Holmes et Watson. C'est le seul mini reproche que je ferai à ce tome, car de mémoire, par la suite, les deux héros se détachent plus de leurs modèle, en tout cas c'est moins sensible (il faut dire que le hasard à fait que dans la plupart des autres volumes que j'ai lus, Hastings apparaît peu, ou pas)

Et bon là aussi, je dois reconnaître que de toutes les adaptations possibles , c'est celle de ITV que je retiens  Désolée pour Peter Ustinov et Albert Finney, mais.., non David Suchet correspond tellement à Poirot que les autres n'ont aucune chance  ( d'ailleurs, c'est fou, mais à la lecture, dans ma tête, c'en était au point que j'entendais la voix de Roger Carel qui double david suchet dans la version française). J'étais même tombée une fois sur une adaptation, j'avoue ne plus me souvenir du titre adapté, avec Peter Ustinov en Poirot et David suchet en inspecteur Japp... Hé bien non, ça ne collait pas, c'était même vraiment étrange ( ce qui explique probablement que je ne me souvienne plus du titre)

du coup, pour moi, Hastings, Poirot et Japp, ce sont eux et personne d'autre ( dommage qu'il n'y ai pas d'image de l'auteur avec ses interprètes comme pour Cadfael, mais Agatha Christie n'était plus de ce monde avant le début de cette série)
enquête n°3: résolue!
idée 111: des flammes