dimanche 5 juin 2016

Le capuchon du moine - Ellis Peters

Première lecture de ce mois anglais ( oui, bon, le livre a en fait été lu en mai , histoire de prendre de l'avance, avec le programme de goinfre que j'ai prévu)
Et c'est aussi mon petit rituel personnel, un tome de Ellis Peters en plus d'un Agatha Christie.
Cette fois c'est donc le 3° tome ( dans l'ordre d'écriture) de la série Cadfael, toujours.
J'avais déjà dit précédemment que les premiers tomes sont meilleurs que les derniers ( c'était déjà la même chose pour Agatha Christie d'ailleurs, le phénomène d'essoufflement est le même pour les deux auteurs sur la longueur, enfin, ce n'est que mon avis)

Mais surtout ici, les premiers tomes portent un intérêt tout particulier à brosser rapidement quelques portraits assez savoureux, et c'est surtout ce côté un peu humoristique qui disparait par la suite. Ce qui est dommage, car c'est tout l'intérêt de cette série, dont les intrigues policières sont somme toute assez classiques.

Et donc tome 3, on prend directement la suite des événement du tome 2: La petite ville de Shrewsbury a été assiégée l'été précédent par le Roi etienne, toujours en guerre avec sa cousine l'impératrice Mathilde pour le trône d'Angleterre.
Et dans cette guerre, Shrewsbury, ville frontalière entre  l'Angleterre et le Pays de Galles, plus ou moins neutre, avait un peu trop hésité à prendre le parti du Roi Etienne qui s'en souvient. en particulier, c'est l'abbé de Shrewsbury qui a perdu beaucoup de crédit, et se trouve maintenant en danger de perdre sa place. Le roi n'est pas méchant, mais assez rancunier, et voilà donc l'abbé parti pour un concile qui doit statuer sur son sort: le maintenir dans ses fonctions ou le rétrograder comme simple moine et nommer quelqu'un de plus dévoué à la case royale à sa place. L'abbé vieillissant ne serait d'ailleurs pas franchement opposé à se voir retirer une charge un peu trop lourde pour lui, et part donc toutes affaires cessantes, laissant l'abbaye dans le mains de l'orgueilleux prieur Robbert qui se voit déjà promu abbé. Les affaires courantes attendront bien son retour car l'abbé ne veut pas empiéter sur ce qui sera le ressort de son probable successeur.
En attendant, il faut cependant quand même trouver une solution pour le riche bourgeois qui vient d'emménager dans une maison propriété de l'abbaye, échangeant son manoir contre le logement, a nourriture et une vie d'oisiveté.
Car les moines ne sont pas uniquement préoccupés de spirituels, certains d'entre eux ont même les deux pieds dans le temporel, et lorsqu'il s'agit d'agrandir les propriétés de l'abbaye, ils sont prompts à flairer la bonne affaire: un manoir entier avec es terres et dépendances, contre le logement et la nourriture d'un sexagénaire, de sa femme et de deux domestiques. Avec l'espérance de vie de l'époque, c'est plus qu'une bonne affaire.
Et d'ailleurs c'est exactement ce qui se passe: Messire Bonel ,le bourgeois, meurt brutalement. Mais manque de chance, avant que la cession officielle du manoir n'ait été signée. L'abbaye peut faire une croix sur la demeure, au grand dam du prieur qui, à peine installé dans les appartements privés de l'abbé, se serait bien passé de cette épineuse situation. Et d'autant que l'herboriste Cadfael appelé en urgence auprès du mourant pour tenter de le sauver constate que non seulement sa mort n'est pas naturelle ( Messire Bonel a été empoisonné ), mais que l'abbaye y est involontairement: le poison est un onguent à base de capuchon du moine, autrement dit d'aconit, qui a été préparé par Cadfael et utilisé à des fins criminelles.
Trouver l'assassin est donc autant une nécessité judiciaire qu'une question d'éthique personnelle puisque c'est un de ses produits qui a été détourné de son usage.

Un bon tome donc, bien que le fait d'avoir vu cette histoire adaptée assez fidèlement dans la version série TV m'ait un peu gâché le suspense ( bah oui, en connaissant déjà le coupable dès le début, c'est moyen pour une intrigue policière)
Mais comme je disais plus haut, l'intérêt réside dans les portraits haut en couleurs, non seulement du héros qui, ayant roulé sa bosse jusqu'en orient avant d'opter pour la religion, a une vision à la fois humaine et désabusée sur ses contemporains: le prieur donc est orgueilleux et adepte du décorum, le cuisinier est une grande gueule qui fait exprès de préparer des sauce ultra riches en espérant rendre le prieur - qu'il déteste justement pour sa prétention - malade comme un chien. Le frère Jérôme est un furet, toujours en quête d'un ragot à colporter, le frère Mark, encore jeune, saute sur toutes les occasions de se délurer un peu, d'ailleurs, la traduction tente de rendre les jeux de mots que Mark fait sur son propre nom: puisqu'il veut laisser sa marque dans l'histoire en devenant au minimum Pape. Ou saint il n'est pas encore décidé.

Bref, c'est cette galerie de portraits qui fait le sel de l'ensemble. En fait, au cours de ma lecture, j'ai énormément pensé aux personnages caricaturaux et foisonnants d'un tableau de Brueghel. Et ça c'est une bonne chose!

Une chose de plus, une mini critique sur la traduction: l'ensemble des tomes ont été traduits par le même traducteur. Qui a parfois du mal avec les noms propres. En particulier pour le roi ( Stephen en VO ) qui est parfois appelé Etienne - dans sa traduction française. rien de choquant à ça, on est peu après Guillaume le conquérant, le français est en vogue en Angleterre, en tout cas dans la haute société, donc rien d'étonnant à parler du Roi Etienne. Mais, et c'est là le problème, son nom change, pas seulement d'un tome à l'autre, mais là, en 2 pages ( Stephen page 15 et Etienne page 17). Un peu de constance aurait été appréciable. De même l'abbé qui selon les tomes est nommé Radulphe ou Radulphus, selon l'inspiration du moment. Oui, je le disais, c'est minime, mais c'est une constatation.

3 commentaires:

  1. je ne connais pas du tout ces romans !! la série oui mais c'est tout. A découvrir donc!

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  2. J'ai honte, je sais que la série existe, mais je ne crois pas en avoir vu un seul épisode ! Elle a pourtant bonne presse ! Ca existe, la Pile à Voir ou PAV ?

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    1. je dirais oui... quand je pense à tous les films en attente que j'ai encore à voir :D

      après la mission PAL ORSEC, va falloir créer une mission PAV (même si PAV sonne un peu "recyclage du verre")

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