samedi 31 octobre 2015

Halloween (film)

Ca y est, c'est la nuit fatidique, et j'ai précieusement gardé mon billet pour cette occasion.
Ce titre français, je...comment dire, en fait... ça fait peur!

Je veux parler de Halloween, le film. Celui de Carpenter. Le seul, le vrai, qui a lancé la vague des films d'horreur ou un assassin solitaire massacre gratuitement et pour notre plus grand plaisir une bande de gens plus ou moins benêts, souvent imité, jamais égalé.
Jamais égalé, ou tout au moins, rarement parce que Carpenter est un réalisateur futé et doué, ce que ses suiveurs ne sont pas forcément, et force est de constater que les slashers, en tout cas les récents, oublient souvent que la peur, la vraie, ce n'est pas d'avoir un maximum de personnages plus débiles les uns que les autres qui vont rapidement mourir, si possible salement.

Donc bah, ou, effectivement, c'est ce que je disais déjà il y a peu sur Shining, si votre plaisir c'est de voir des idiots se faire découper à la tronçonneuse, passez votre chemin, Halloween n'est pas gore. il y a un tueur maniaque, il y a des meurtres.. et presque pas de sang. Hé oui...
Mais d'abord, un rappel sur ce que c'est que le cinéma de la peur, par mon fossoyeur favori ( parce que je partage ce qu'il dit, y compris sur le fait qu'on puisse se marrer sur quelque chose censé être effrayant, et flipper à s'en faire péter les cordes vocales sur quelque chose d'anodin... ) d'ailleurs il parle d'Häxan que j'avais choisi pour illustrer la nuit de Walpurgis :). après ça moi, je meurs d'envie de  voir " fausse alerte , le film de Basile Chaipatreau".( Mettez à part ce qu'il dit sur les origines du Slenderman, il s'est planté, l'avoue et le corrige dans une vidéo suivante )
Et donc justement, entre deux vannes, il prend Halloween pour illustrer l'idée de hors-champ. Yep. Et j'ajoute la profondeur de champ que j'évoquais dans Shining, et que Carpenter emploie bien.
Les deux ont en commun l'idée de tueur psychopathe, vous pouvez donc en déduire que ce qui va me faire flipper moi, c'est la folie. Celle de Jack est montée dans son évolution dans Shining, celle de Michael est évoquée à posteriori par le médecin qui le traite et sait que Michael était déjà psychopathe à 7 ans et n'a pas changé depuis.. enfin si en pire.
ho le mignon chti n'enfant.. habillé en clown...avec un grand couteau...
Scénario: simple, court, efficace. Donc Michael, l'adorable Michael âgé de 6 ou 7 ans a assassiné au couteau sa grande soeur, un soir de Halloween. Motif: il semble avoir mal supporté le fait qu'elle ait un petit ami . et 20 ans lus tard, Michael s'évade de l'asile et revient sur les lieux de son crime pour assassiner au hasard. Enfin pas tout à fait, il y a de la logique dans sa folie, et il assassine les filles qui ont un petit ami, perpétuant le meurtre de sa soeur.
Ce soir là, Laurie ( premier rôle de Jamie Lee Curtis, et elle y est très bien) et sa copine Annie sont censées faire du baby sitting ans deux maisons voisines.  Laurie, c'est "la fille coincée", dixit ses copines, celle qui se concentre trop sur ses études et pas assez sur sa vie sentimentale (ou sexuelle, vu le niveau des autres). Annie et Lynda sont quand même plus qu'émancipées, ce sont deux sans-gêne: le plan d'Annie, c'est refiler à Laurie la gamine dont elle avait la garde, coltine toi les deux gosses, pendant que elle et Lynda profiteront de la maison laissée vide pour se faire une petite aheum.. sauterie est le mot juste, avec leurs mecs. Devinez qui va mourir en premier? yes.. les deux cochonnes et l'un des mecs.
Laurie va en réchapper, mais de justesse.
(En même temps, vu mon peu de succès auprès de la gent masculine, je suis assurée de survivre à la fin d'un film d'horreur , hein..).

 Sur un scénario mince, c'est donc l'art de la mise en scène qui va faire la différence. Et sans forcer sur les effets spéciaux pour cacher la misère. Je préférerai toujours un film qui s'en sort par sa mise en scène futée à un film qui va en faire des caisses niveau effets spéciaux pour faire oublier que le réalisateur est devenu flemmard. Oui, Ridley Scott, c'est à toi que je pense. comparez le Ridley Scott d'alien ou de Blade Runner avec celui de Prometheus.. (et le pire c'est que les trilogies étant la à la mode, Prometheus sera donc un triple navet)
Bref, des navets, revenons à nos citrouilles.

Donc au final un bon film de trouille, d'autant qu'on ne voit quasiment l'assassin autrement que furtivement ( profondeur de champ, coucou il est là, là bas au fond..), masqué, qu'il n'a aucun dialogue, le peu qu'on apprend de lui, c'est ce que dit le médecin: fou, capable de tout et n'importe quoi.... Une menace invisible, imprévisible, inévitable. Qui n'a même pas besoin de courir ou de se presser. Michael est flippant car il a toujours un coup d'avance sur ses victimes. Et en plus, chose encore rare à l'époque: la caméra subjective qui met le spectateur à la place du tueur. Si, ça, c'est pas de la peur?

Je regrette juste que le film plutôt thriller bascule dans les dernières secondes vers un fantastique qui n'avait pas spécialement lieu d'être, si ce n'est d'ouvrir la possibilité à des suites pas forcément transcendantes. C'est ce que je n'aime pas: qu'une chose marche et on aura des suites, des remakes, des spin-off...souvent sans saveur par rapport à la première version (pourquoi se fatiguer, quand on a un filon, ça ne sert à rien de se compliquer la vie, les pigeons euh, les spectateurs viendront, du moment qu'on leur colle du sang, et du sang, peut importe que le scénario et la réalisation soient eux anémiques.
profondeur de champ, flous, ombres, cadrages...c'est ce qui fait la différence.

Encore une petite pour assener ce que je dis? Carpenter joue de la profondeur de champ et du cadrage avec maestria. Ou est Charlie? le tueur?
En sombre, dans la même verticale que l'arbre.. mais l'oeil est d'abord attirée par la scène du fond.
L'autre grand point positif, c'est l'ambiance musicale: un générique simplissime qui là aussi a fait des émules. quelques notes répétitives et lancinantes, des nappes sonores inquiétantes très années 70 et pourtant tellement efficaces. et comme on n'est jamais si bien servi que par soi même, c'est aussi John Carpenter qui s'y colle, de manière à avoir exactement ce qui colle à son projet.
Une preuve que même la musique a fait date: l'intro de ce film que je n'ai pas ( et au vu du résumé, bon.. je vais passer mon tour)  vu sonne bien, mais passé les 30 premières secondes - qui pompent beaucoup sur The Ring - la parenté saute aux oreilles.
un livre ou un film faisant directement référence à Halloween.

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