mardi 20 octobre 2015

Ci-git...

Aujourd'hui c'est "promenade au cimetière":
La fin de cette randonnée vous a entraînés vers un cimetière de campagne, isolé, à des kilomètres du prochain village. Au détour d'une allée, vous vous penchez pour lire une inscription. "Ci-gît"...

 A vous de décider qui est censé résider à cet endroit : une célébrité locale chez les créatures, un auteur qui vous hante depuis des années…

Pour moi , c'était évident. J'ai déjà plus ou moins rendu hommage au personnage dans le précédent billet, mais je voulais quand même faire une tite soirée hommage à l'un des grands disparus de cette année:
et un polyglotte accompli aussi...

Ben oui..
Donc c'est parti pour " the horror of Dracula" celui de 1958, où il incarne pour la première fois le rôle qui va rester l'un de ses plus célèbres ( alors qu'il a tourné dans près de 250 films en 70 ans, quelle carrière. Bon , il y a quand même forcément un certain nombre de navets là dedans, au pif, Police Academy 7, Merci Allociné de me permettre de faire du tri!).

J'avais vu un des films de la série des Dracula quand j'étais jeune, je ne me souviens plus lequel, en tout cas ce n'était pas celui -là.

Bon, que dire sur le film: il est bizarre. Je n'ai pas lu le roman , je le redis, ma principale référénce reste celui de coppola, qui est si j'ai bien compris, un des plus fidèles à la trame du live. donc grosse surprise et gros portenawak en vue:

Ici, on déboule de but en blanc au fin fond de la transylvanie ( où le moindre paysan parle anglais, comme c'est pratique), où Jonhatan Harker vient travailler comme archiviste ( quoi?) pour le comte Dracula qu'il n'a jamais vu.

C'est une couverture, Harker est en fait chasseur de monstres ( re-quoi?), et son but avoué est de débarrasser le monde de ce monstre qu'est Dracula ( si tu déboules de Pluton en astro stop, bah, à toi de te débrouiller pour savoir ce qu'on lui reproche).
Mais avant d'avoir pu mettre ce plan a exécution il est stoppé par une jolie brune qui chougne et lui explique qu'elle est prisonnière, il me retient contre mon gré c'est un monstre.. et mord Harker, au grand dam du maître des lieux qui n'apprécie pas de se faire voler son dîner.
Harker (et toute sa famille d'anglais ) viennent d'ailleurs de Machinstadt ( désolée je n'ai pas retenu), où se trouve aussi Le dr Van Helsing, le seul à savoir où est Harker et ce qu'il fait. Ce dernier sentant venir la catastrophe ( il se passe quoi quand on est mordu par un vampire à votre avis? Bingo!) laisse son journal planqué aux abords du château derrière une statuette de vierge ( re-re quoi?) et trucide d'un coup de pieu entre les roploplos la brunette qui faisait un somme dans une crypte pas fermée à clef, dans un sarcophage entièrement ouvert ( elle et son chef doivent être claustros). Mais, avec la tombée de la nuit la plus rapide de l'histoire du cinéma, Dracula s'enfuit.
Van Helsing se doutant de quelque chose, vient s'enquérir de son sort, se fait remettre le journal trouvé par les péquenauds très peu coopératifs, règle son compte à Harker qui squattait un des sarcophages libres et retourne à Machinstad.
La bas, Lucy, la fiancée de Harker est malade.... rerere quoi? Hé oui c'est un mystère mais ce film a simplement décidé d'inverser les noms, aucune raison précise. donc Lucy est la fiancé d'Harker, Arthur est le frère de lucy, et Mina est la femme d'Arthur..
POURQUOI?.. non mais sérieusement, ça sert à quoi de mettre ainsi le souk dans les noms identités des personnages? donc

info personnelle: j'adore le velours ET la couleur de son costume
Lucy est malade, d'anémie inexplicable, sauf pour Van Helsing qui comprend que Dracula, ayant trouvé les coordonnées de Jonathan Harker, 666 rue trucmuche à Machinstadt a décidé de ratiboiser la famille de celui qui était venu lui faire passer le goût du sang, c'est-y pas méchant?

Donc le principal problème de ce film qui a quand même très très mal vieilli, outre la pagaille entre les noms, c'est.. tout le reste. Déjà il dure 1h15.. donc exit la mise en place des lieux et des personnages, le méchant est méchant, ben, parce queeeeee et les gentils sont gentils ben parce queeeee aussi. Ce qui me mène dans ces cas là à ne pas prendre parti pour les victimes insipides et à espérer que le monstre s'en sorte.
L'autre problème c'est que la vraie vedette de la Hammer productions à l'époque, c'est Peter Cushing ( je ne vais pas m'en plaindre je l'aime aussi beaucoup). Lee et Cushing seront à nouveau  réunis l'année suivante à l'affiche du Chien des Baskerville. Mais le reste du casting n'est pas au même niveau hélas: les 3 actrices principales sont plutôt mauvaises ( Lucy, Mina et la vampire... chapeau bas à la mort de Lucy, qui pousse un hurlement terrible en se prenant un pieu dans le coeur et semble juste se rendormir en bougonnant comme si elle avait fait un mauvais rêve. Non Marion Cotillard, tu n'est pas seule au panthéon des morts pipeau), Jonathan est incolore et Arthur surjoue sans cesse (Michael Gough pourtant très bon en général est un acteur de théâtre et là.. il fait du cinéma comme du théâtre.. sauf que dans les films fantastiques il y a souvent des gros plans, et ça pardonne mal. Le surjeu ne me gêne pas dans l'expressionnisme allemand parce que c'est un parti pris artistique, là...). Disons que le surjeu chez les hommes est général en fait, les deux acteurs principaux ont aussi leur moment de "too much", la plupart de ces gens sont passés par le théâtre et .. ça se sent.

L'autre problème des gros plans est qu'ils  ne laissent rien passer, et j'ai pris quelques bons rires lorsque les morts respirent visiblement ou bougent les yeux derrière leurs paupières fermées. Ou avec des prothèses dentaires un peu trop visibles de près dont la couleur jure avec les dents de l'actrice, du sang rouge vermillon épais comme de la peinture...
oui, voilà, voilà...

A voir, mais sans le prendre au sérieux, parce que vraiment trop de détails qui clochent s'ajoutent à trop de détails qui clochent. Non, mais il y a pire, hein, des vampires qui sortent en journée, brillent au soleil et ne feraient pas peur à ma grand-mère ( qui est morte et donc potentiellement capable d'effrayer le cast entier de Twalettes sous forme de fantôme)

Probablement le dernier vampire flippant de l'histoire du cinéma.
Mais Christopher Lee était le bon choix, avec son physique atypique, immense, regard fixe et sombre, sourire dangereux, au point de devenir LA référence à la place de Bela Lugosi. Il y a aussi une réflexion intéressante sur le vampirisme vécu par la victime comme une drogue, qui sait que c'est dangereux pour elle mais se laisse boulotter avec l'air de prendre une fixette.

Du coup, je retiens le duo Lee-Cushing, mais conseille quand même plutôt Le chien des Baskerville, à qui voudrait tenter un film de la Hammer.

Au cas où vous auriez oublié, je l'ai écrit il y a peu, mon kif, ma drogue à moi, ce sont les voix graves ( je l'ai dit pour l'opéra, mais je vous rajoute bonus Tom Waits et surtout Leonard Cohen pour le folk). Et celle de Sir Lee m'a conquise immédiatement, dès que je l'ai entendu en VO - vous pouvez revenir sur mes billets Edgar Poe pour ça.
Ou en VF d'ailleurs, et c'est un vrai plaisir que de l'entendre s'exprimer dans un français parfait à peine coloré d'un accent tellement léger qu'il est bien difficile de l'identifier...
Ou d'écouter son point de vue  en 74 sur la série des Dracula  (  " je fais des erreurs, je n'ai pas l'habitude de parler français"  ouiiiiiiiiiin....) et the Wicker Man  (qu'il faut que je voie absolument, s'il a été réalisé par le même réalisateur que le Limier!)
L'entendre en 98 s'exprimer sur le fantastique ou sur le fait qu'il ait assisté presque par hasard à la dernière exécution publique en France. (D'autant plus troublant qu'il a joué de rôle de Sanson le bourreau dans la Révolution française de Robert Enrico)

Et aussi juste parce que, c'était le seul acteur capable de PARLER EN MAJUSCULES....

Il méritait amplement un billet spécial hommage
so long Sir!


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