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samedi 10 octobre 2026

Le géant de fer ( Film d'animation, 1999)

 
Attention pépite. Je l'avais vu une seule fois, à sa sortie, et je n'ai pas compris pourquoi il avait fait un flop.
Lorsqu'on m'a demandé l'an dernier de proposer une séance cinéma d'animation à la bibliothèque avec un cycle périscolaire sur le thème " créatures imaginaires", avec un collègue, j'ai proposé ce film et une thématique " cinéma et robots" Mon collègue, bien plus jeune que moi, le connaissait, avait le DVD, l'aimait aussi, donc parfait.
Je l'ai donc revu l'an dernier.. et là encore fin septembre avant de lui rendre le DVD que j'avais depuis plus de 10 mois et que j'oubliais de lui rendre, avec les vacances de l'un  ou l'autre :D

Et à chaque fois, la même pensée " Pourquoi il n'a pas été le carton qu'il aurait dû être à l'époque?".
Mais de flop, il est en 25 ans et quelques devenu un film culte, grâce au bouche à oreille, et c'est amplement mérité.

En 1999 j'avais 22 ans, donc je comprenais déjà les sous-entendus politiques et le message anti-armement. Mais comme à chaque fois qu'une oeuvre est remplie à ras bords de références, il y en a toujours qu'on ne voit qu'à la seconde ou troisième fois.


Alors oui, c'est plutôt de la SF et généralement un hommage à l'âge d'or des la Sf, les années 1950, mais j'ai quand même envie de l'inclure ici précisément parce que je n'ai pas envie de limiter mon mois halloween au fantastique, mais d'inclure d'autres courants de l'imaginaire.

Donc le sujet semble simple: 
Dans le Maine ( Un ptit bonjour à Stephen King en passant, on est d'ailleurs dans le coin supérieur de la carte des USA, pas loin du Rhode Island de Lovecraft, hein...), dans la ville de Rockwell ( qui fait penser à la fois à Roswell et à Norman Rockwell, précisément peintre des années 1950) dans les années 50. 
Un " météore" s'écrase en pleine mer, causant le naufrage d'un bateau de pêche. Le capitaine, sauvé, et passablement choqué, raconte donc aux clients du café du coin (tout droit sorti d'un tableau de Norman Rockwell, donc!) qu'il a vu un monstre, géant, en métal.
Parallèlement, Annie la serveuse, a bien du mal à contenir son fils Hogath. Hogarth a 12 ans, est vif, remuant, imaginatif et dingue de fantastique, de SF, de BD, de films d'horreur au grand dam de sa mère.
Mais il faut dire que tout le monde a une imagination débordante, puisqu'on est en pleine guerre froide. Autant dire que c'est la paranoïa générale, qui s'amplifie lorsque du métal disparait: des voitures, des tracteurs des camions... semblent avoir été croqués dans la nuit par un animal gigantesque se nourrissant de métal. Evidemment, Hogarth va vite découvrir le géant et, se rendant compte qu'il est inoffensif, s'en faire un ami. Sauf qu'un robot géant de 30m de haut et qui mange des voitures, des rails, des pylones électrique, c'est moins facile à cacher qu'un petit animal de compagnie, et ça peut faire beaucoup de dégâts, même sans le vouloir.

Ce qui attire sur la petite ville l'attention des autorités qui envoient l'imbuvable Kent Mosley, agent du gouvernement tout sauf discret, et totalement paranoïaque. Mosley n'hésite d'ailleurs pas à user de harcèlement et de menaces sur le gamin. Sauf qu'il a un allié imprévu, un peu malgré lui: le ferrailleur- artiste du coin, Dean, qui après beaucoup de négociation ( enfin... Hogarth lui casse les oreilles pendant suffisamment longtemps pour l'avoir à l'usure) accepte de faire passer le robot pour une de ses créations en matériau de récupération.
Mais il est rapidement très clair que le vrai danger, ce n'est pas tant un robot venu de l'espace, qui n'est dangereux que lorsqu'on le menace, que Mosley et sa paranoïa dopée à la propagande anti-soviétique. Même les militaires sont plus raisonnables que lui et voient qu'utiliser la bombe H contre un robot ( au risque de se la faire péter à la gueule, surtout) est une très mauvaise idée.

Car, et c'est la subtilité, ce n'est pas un film anti-militariste, mais anti " course à l'armement". et anti propagande, puisqu'il montre les ravages que fait la propagande dans les cerveaux. Un film pacifiste, donc, mais qui ne rejette pas la faute collectivement sur les militaires. Au contraire, ils sont les premiers sceptiques. Et rien que ça c'est intéressant à être mentionné. Il se permet même l'air de rien de parler d'écologie ( Dean fait du recyclage), de finitude ( la mort est un concept qui échappe au robot), de difficultés financières ( la situation d'Annie et les menaces que fait Mosley), de politique ( un petit magasine sur un coin de table, à destination des enfants qui titre " red menace", de technologie spatiale (le spoutnik) et de responsabilité de ses actions ( chose que Mosley

Et les références, elles, font que le film reste intéressant et pas lourdement  pour les adultes. J'ai presque 50 et c'est un plaisir tout particulier de les voir.
- Rockwell donc, et son café, digne des tableaux du peintre du même nom
- Le design du géant, qui doit énormément au robot du Roi et l'Oiseau.
- Les mentions de la pop culture, parfois juste en passant ou en filigrane: Superman, Mad Magazine, le jour où la terre s'arrêta ( Annie est veuve avec un fils mineur et propose une chambre à louer), La planète interdite ( la séquence où le robot s'emmêle dans des fils électriques), Godzilla, et probablement Bambi ( le cerf et les chasseurs), Frankenstein ( que Hogarth regarde à la télé, mais aussi dans la manière dont le robot se reconstruit quant il perd des pièces.. et surtout celles de la mâchoire, qui rappellent les vis dans le cou de Boris Karloff)

Et cerise sur le gâteau, c'est l'un des derniers films d'animation Warner réalisé majoritairement en 2D, sans image de synthèse et ça se ressent. Paradoxalement, le film a plus de profondeur à l'image, avec un soin apporté la couleur et aux effets d'ombre et de lumière. Ca se voit particulièrement lorsque le robot tend le doigt à travers un rayon de lumière, l'effet d'ombre est virtuose. c'est une séquence de quelques secondes mais elle donne une épaisseur et un réalisme dingue à l'image, alors même qu'il s'agit d'un dessin animé.

Depuis cet échec au box-office ( mais c'est limite mieux, l'auteur en est conscient: le film aurait pu faire un succès parce qu'il avait été bien vendu puis tomber dans l'oubli, mais 25 ans plus tard, c'est l'inverse qui s'est produit et il a perduré grâce à ses qualités visuelles et son scénario prenant)
Il est d'ailleurs classé parmi les films d'animation les plus tristes ( on est d'accord: dans ce domaine le tombeau des Lucioles et le n°1 et le restera longtemps). Dans cette liste je ne connais pas the Plague Dogs et ça me tente carrément!
Et vous-voulez une seconde couche de drame? En tout cas ça explique encore plus le parti pris furieusement anti armes de Brad Bird.

Faire connaître ce génial film est mon cheval de bataille :D

samedi 24 février 2018

Les 12 mois ( dessin animé 1956)

Je continue mon hiver russe, version cinéma d'animation cette fois...

J'ai déjà parlé plusieurs fois de l'animation soviétique et des studio d'animation Soyouzmultfilm lorsque j'avais chroniqué leur production la plus célèbre La Reine des neiges de 1957.

De mémoire, dans les années 80, la TV française avait diffusé plusieurs de ces dessins animés, dont je gardais un vague souvenir, en tout cas j'étais bien certaine d'avoir aussi vu ce 12 mois, bien que je le confondais dans ma mémoire ( il est question d'une petite fille qu'on envoie en plein hiver chercher des perce-neige, et il me semblait qu'ensuite on l'envoyait chercher des fraises, ce n'est pas le cas... Avis à la population donc, je recherche une histoire ou un enfant était envoyé en plein hiver cueillir des fraises. C'est peut être même une histoire écrite ou qu'on m'a lue, d'ailleurs et que j'aurais mélangé avec celle là)

La particularité de ces dessins animés est qu'outre certains vraiment axés propagande politique, beaucoup reprennent en fait des contes populaires. Mais à la différence des Disney qui se sont concentrés sur les textes les plus connus d'Europe occidentale, les dessins animés russes adaptent volontiers les contes et légendes et le folklore d'Europe de l'est. Et s'il y a des thèmes communs avec ceux célèbres à l'est, les histoires elles-mêmes sont moins connues.

Attention toutefois, il y  a plusieurs versions animées de cette histoire tirée d'un conte. Celle -ci est russe et remonte à 1956, et je me souviens l'avoir vue à l'époque,  mais une autre adaptation datant de 1980, japonaise cette fois. 

Les images trouvées en ligne me parlent aussi, c'est peut être dans celle là qu'on trouve l'histoire des fraises ce qui expliquerait que j'aie mélangé les deux?
Apparemment dans les années 80, la TOEI animation a repris pas mal des sujets de Soyouzmultfilm pour les adapter à nouveau pour le marché japonais.  Il semble que dans la version japonaise, ce soit une autre plante qu'elle va chercher, mais c'était bien des perce-neige que je me souvenais principalement, ce qui me fait penser que si j'ai vu les deux, c'est la version d'origine qui m'a surtout marquée.


(idée , en mars c'est entre autres le mois japonais, je vais aller chercher la version japonaise pour la regarder aussi, histoire de vérifier mes souvenirs)


Il était donc une fois, une petite fille de la campagne, débrouillarde et amicale, qui, un peu comme Cendrillon, est exploitée par sa belle-mère et sa belle-soeur depuis la mort de ses parents. Ou en tout cas par une "famille" adoptive qui la traite en esclave.

 La belle-doche abusive à tronche de guenon, on la trouve dans tous les pays et toutes les cultures.

On la découvre au moment où,la veille du jour de l'an , elle est allée seule en forêt ramasser du bois, tandis que les autres sont bien au chaud à se gaver de victuailles. Mais comme elle ne se laisse pas abattre -et pour une fois ce n'est pas par pure niaiserie que l'héroïne est toujours contente, plutôt que ça ne l'avancerait à rien de déplorer sans fin son sort. Elle a conscience de l'injustice de la situation- elle y va et profite même de l'occasion pour observer les écureuils et lapins qui s'amusent ( en chantant hein, quand même. J'hésite à mettre ça sur le compte de l'influence Disney ou du goût prononcé de la culture slave pour la musique. disons moitié-moitié).



Là, elle rencontre un vieux militaire envoyé en pleine forêt comme elle par une personne abusive,  chercher un sapin pour le nouvel an Pas de bizarrerie là dedans, à cause du décalage des calendriers julien et grégorien, le jour de l'an officiel et le noël orthodoxe tombent plus où moins à la même période, et si on ne fêtait plus vraiment noël à l'époque soviétique, apparemment l'habitude de décorer des sapins s'est conservée pour le nouvel an.
Le militaire lui explique qu'il est envoyé là par la reine qui a une dizaine d'années, est orpheline elle aussi,mais rien à voir avec l'orpheline héroïne travailleuse et courageuse.La reine est capricieuse, faignante, exigeante, nulle en calcul et en orthographe et capable de condamner quelqu'un à mort parce que le mot " mort" est plus court à écrire que " gracié" sur un papier administratif.
Voilà pour le passage politique.

Pendant ce temps là, la capricieuse reine vient de décider qu'elle en avait marre de l'hiver, qu'elle avait envie de voir des perce-neige, ses fleurs favorites, et de proclamer par oukase que le printemps était arrivé malgré la tempête de neige. Et de faire promettre un plein panier d'argent à quiconque lui ramènerait des perce-neige.
Evidemment la belle famille de la gamine voit là une excellente occasion de l'envoyer à nouveau en pleine forêt: va nous chercher des perce-neige et ne reviens pas avant d'en avoir trouvé.si par miracle elle en trouve, c'est la richesse; si elle n'en trouve pas, on en sera débarrassés.



Mais comme il s'agit d'un conte évidemment,tout va bien se passer: après avoir failli être mangée par un loup, quand même, la gamine rencontre en pleine forêt un groupe de 12 personnes d'âges variés, près d'un feu. comme elle est polie est sympathique, et qu'elle apprécie également toutes les périodes de l'année, ils vont lui rendre service, car ce sont les personnifications des 12 mois. Les 3 mois d'hivers sont des vieux sages à l'allure de magiciens ou de DedMoroz, les 3 mois du printemps des enfants, ceux de l'été et de automne des adultes munis d'épis de céréales, de fruits, de paniers de champignons, bref les attributs de chaque saison.



Donc temporairement l'esprit d'avril "emprunte" un peu de temps à celui de janvier, pour provoquer un mini-printemps localisé et faire pousser les perce-neige à toute vitesse. Et celui de juin, qui pressent que les choses ne vont pas se passer si simplement, lui confie un bijou magique et une  incantation. Si on lui cause encore des ennuis, elle pourra les invoquer pour qu'ils viennent la sortir d'affaire.

Et bien sûr, entre une belle famille cupide et une reine particulièrement capricieuse, c'est ce qui va se passer.

L'animation est un peu datée, bien sûr, on est en 1956 . Pas d'équivalent Disney cette année là, le précédent datait de 55: la belle et le clochard et il y aura la belle au bois dormant en 59. Je dirais que l'animation est d'un niveau normal pour cette époque. Par contre la gamine débrouillarde est autrement plus intéressante que la donzelle qui pionce et n'a que quelques lignes de dialogue. Ce n'est pas le meilleur de Soyouzmultfilm, évidemment la Reine des neiges est hors catégorie, mais j'ai bien aimé cette histoire d'esprits des mois et des saisons.

De mémoire, c'est même grâce à ce dessin animé que j'ai découvert l'existence de cette plante...

Le dessin animé est court, une cinquantaine de minutes, il aurait gagné à en avoir quand même quelques unes de plus, au moins le temps de donner un nom à ses personnages. Mais outre la critique sociale et politique, il faut bien reconnaitre que c'est assez sympa d'avoir une mise en avant des femmes , car il y a peu d'hommes là-dedans, et de leur endurance et de leurs capacités à se sortir d'affaire certes avec l'aide de la magie, mais aussi de leur cervelle. L'héroïne est avant tout maligne, fidèle aux promesses qu'elle fait, travailleuse et responsable malgré son jeune âge. elle n'attend pas qu'un homme lui amène une solution toute prête, et c'est même elle qui sort le vieux militaire de l'embarras en lui montrant où trouver un beau sapin. Et cette mise en avant de la débrouillardise est un trait classique des mythes et contes nordiques et de l'est ( sauf pour Ivan-dourak "Ivan le crétin", personnage récurrent un peu couillon, parfois moins qu'il n'en a l'air, mais chanceux, et surtout très drôle). Et il n'y a pas d'histoire d'amour, ce qui est logique vu qu'elle a 10-12 ans...

Je l'avais trouvé il y a pas mal de temps en ligne, et téléchargé à l'époque, je ne suis pas sûre qu'il soit encore trouvable, en tout cas en VOSTF .

Je mets par contre un bémol sur les sous titres français, bourrés de fautes d'orthographe, apparemment traduits par un logiciel d'après les sous-titres anglais. On sait ce que ça peut donner de traduire d'une langue qui n'a pas d'articles dans une langue qui en a... Je serais ravie de pouvoir revoir ces dessins animés russes même en streaming payant, avec des sous-titres décents. Ceci dit je suis ravie de constater que mon niveau en russe s'améliore de jour en jour car oui, je continue mon autoformation, et que je peux repérer des choses dans les dialogues en m'aidant des sous titres! Je n'en suis pas encore, loin de là, à pouvoir suivre un film même pour enfants sans sous-titres, mais c'est un bon début.

Et je profite de l'occasion pour dire que même si le défi " hiver en Russie" finit officiellement le 28 février, le mien va se prolonger un peu, car justement en mars, c'est e mois des contes et légendes, et j'ai encore des contes slaves en réserve d'une part, le printemps d'est officiellement le 21 février d'autre par, la Russie est l'invitée du salon du livre de Paris qui a lieu courant Mars d'autre-d'autre part. Et j'ai une lecture en cours, pas encore finie, pour conclure. donc il y aura encore des sujets russes dans les semaiens à venir.

dimanche 15 octobre 2017

Zombillénium ( filmd'animation 2017)

Hé oui, surprise!

Mon cinéma que j'aime le programmait aujourd'hui en avant première et en plus une place achetée une place offerte!
Voir en avant première un film pour 2,50€, elle est pas belle la vie mort?

Zombillénium, le film est donc l'adaptation libre de la BD du même titre, dont j'avais chroniqué le tome 1 et le tome 2. Géniale histoire qui en compte 3,et nous parle du marasme social et de la lutte des classes au travers d'un parc à thème dont les employés sont tous des monstres ou des morts-vivants.

Ce film est donc une adaptation, faite par le dessinateur Arthur de Pins lui même (autant dire que graphiquement,on est très très fidèle à la BD).
Revenons quelques années en arrière: Arthur de Pins avait collaboré et prêté sa galerie de monstres pour le clip de Nameless World de skip the Use.

 A cette occasion, j'avais trouvé que le graphisme se prêtait très bien à l'adaptation animée, et j'ai croisé les doigts pour avoir un long métrage ou une série, mettant en scène Gretchen, Francis, Sirius et leurs camarades.



Hop, le clip, le morceau est bien sympa et les détails comme le squelette de lapin suicidé ( haha, référence à Suicide Bunnies?) sont excellents.

Avec , très logiquement, Mat Bastard, chanteur noir du groupe qui personnifie Sirius, le squelette syndicaliste, militant de la cause noire américaine , mort dans les années 60 sur la chaise électrique (ce qu'il explique dans le tome 1). déjà, c'était assez sympa.

Et il s'avère que le clip était donc une sorte de test pour le film, qui sort au ciné ces jours -ci.


On reprend les mêmes (ou presque ) et on recommence. Parce que si les personnages principaux et le cadre sont à peu près les mêmes, les histories de la BD et du film diffèrent un peu.

On retrouve Francis, vampire sympathique de la vieille école - celle du Dracula de Christopher Lee-  et dirigeant du parc à thème "Zombillénium" ( situé dans la campagne du Pas-de-Calais, où la présence de ce parc à thématique fantastique déplait à certains superstitieux). Les problèmes économiques, le manque de rentabilité du parc et la lutte permanente avec la population hostile et superstitieuse est le sujet même de la BD.

Ici, on garde, le cadre "marasme économique", mais les péquenauds armés de fourches passent au second plan. Le centre du film, c'est la rivalité entre Francis, le directeur compréhensif mais vieillissant, et la jeune génération de vampires, menés billes en tête par Steven qui n'existe pas dans la BD.
Steven est arrogant, arriviste, narcissique, manipulateur et  insupportable, et désire plus que tout  imposer sa vision des choses: au fond du puis, les zombies has-been, exit " Zombillénium", place à un tout nouveau parc dédié entièrement aux vampires, et en particulier à sa gloire personnelle; et dont il serait évidemment directeur ( en plus, avec sa coupe gominée des années 50, on dirait Johnny Bravo en brun, bonjour la crédibilité!)

La lutte n'est plus tant extérieure qu'intérieure entre deux visions du monde du travail.
Entre les deux, un autre nouveau venu: Hector qui reprend à peu près le rôle du nouveau venu  dévolu à Aurélien, qui ne figure pas dans ce film.
Hector, l'inspecteur du travail borné et rigide, souhaite plus que tout faire fermer le parc, en gros pour que sa fille Lucie arrête de le tanner tous les week-ends pour y aller. Hector est veuf, et depuis la mort de sa femme passe son temps à bosser et laisse Lucie en pension toute la semaine. Il fait un travail qui ans le fond l'ennuie profondément, lui qui était  guitariste dans un groupe de rock, en ayant conscience d'être en plus un mauvais père.
Evidemment, lorsqu'il découvre la vraie nature des employés du parc, Francis le vampire se voir contraint de le mordre et de l'embaucher de force comme nouvel employé ( et comme Aurélien, mordu par un vampire et un loup garou, il ne devient, ni l'un ni l'autre).

Hector , venu pour faire fermer le parc, se voit donc obligé de se bouger les fesses pour le garder  ouvert et ne pas finir au placard en enfer: pas le choix, face aux velléités de Steven de transformer les lieux en parc mignon et pimpant pour vampires classieux qui transpirent des paillettes,(" cest ce que veut le public"), il va falloir remettre à flot l'attraction des zombies.
Alors il y a du bon et du moins bon, déjà. J'avais même un peu peur, les commentaires que j'ai vus suite aux projections test étant assez négatifs

Souvent limités d'ailleurs à " Y'a pas Aurélien, c'est nul".
Je serais plus nuancée: Il n'y a pas Aurélien, c'est dommage, mais pourquoi pas.
En revanche, il aurait été mieux de choisir pour Hector un autre type de transformation que ..exactement la même chose qu'Aurélien.quitte à se démarquer, autant le faire vraiment, sinon effectivement, autant garder le personnage de la BD, et, puisqu'il était séparé de sa femme, le doter d'un enfant, histoire d'avoir le personnage de petite fille en plus.
Don voilà, premier point, il n'y a pas Aurélien, et c'est dommage qu'Hector en soit le décalque, en moins convaincant.

Après je dirais que l'animation n'est pas toujours 100% excellente, la 3D n'est pas renversante en fait, et j'ai envie de dire que l'animation était plus aboutie sur le clip de Skip the Use.

Donc voilà les deux principaux points qui me gênent un peu. Je pourrais rajouter les voix de Sirius et Gretchen qui ne m'emballent pas, mais c'est un ressenti personnel.

Le positif: les nouveaux personnages sont assez réussis, que ce soit Cerbère qui garde la salle des machines (trois têtes: un dogue, un doberman et au milieu, un yorkshire. Devinez qui est le plus braillard?), ou Steven le frimeur, souvent tordant avec ses paillettes - car oui tout ce qui se paye la fiole du navrant Twillight a mon immédiate et entière adhésion.
Et on retrouve Gretchen,la sorcière au skate-balai, même si elle n'a ici qu'un rôle secondaire.Elle est aussi beaucoup plus tatouée et certains de ses tatouages, comment dire...hahaha, regardez bien la rose près de son poignet, aux pétales très suggestifs. Avec le carré de reines juste à côté on pourrait y voir une interprétation particulière.
C'est même étonnant que la censure l'ai laissée passer. Je trouve ça drôlissime, vu le nombre d'enfants qui étaient dans la salle.
Sinon j'ai adoré, et tout le monde aussi vu la rigolade dans la salle, la musique improvisée de départ à la retraite anticipée de Francis.

donc oui, il n'est pas parfait, mais si on mets de côté le ton plus enfantin du film que de la BD, il reste souvent hilarant.
Certes il n'y a pas Aurélien, et son remplaçant n'est pas super mais c'est un plaisir de Francis, Gretchen et Sirius.
D'ailleurs je parlais plus haut du clin d'oeil fait dans le clip de Skip the Use.
cette fois le clin d'oeil est inversé, puisque c'est Sirius qui dit " en fait, je n'ai jamais été militant noir américain, j'étais chanteur dans un groupe local, et je suis mort dans un accident de voiture en venant ici".
J'adore ce retournement ( et d'ailleurs on revoir au générique le lapin suicidé du clip.. après une série d'images qui pastichent la propagande soviétique).

Pour moi, malgré quelques petites réserves , c'est une réussite, et j'ai passé un bien bon moment, qui ne gâche en rien le plaisir d'attendre le tome 4 (je n'ai pas lu le 3, j'attends l'annonce du 4 pour le lire).
allez le voir, sinon Gretchen se fâche et ça fait des dégats

Peu d'images pour l'instant, vu que le film sort officiellement mercredi. J'illustrerai plus tard.




dimanche 29 janvier 2017

Brisby et le secret de NIMH ( long métrage animation 1982)

Voilà un dessin animé que j'avais vu à sa sortie, en 1982 ou 83, que j'avais beaucoup aimé, et que j'ai eu la joie de revoir, pour sa ressortie ces jours ci au cinéma, 35 ans plus tard.

Alors j'ai conscience que c'est un dessin animé assez oublié, d'autant qu'il n'est pas le plus connu de son réalisateur, lequel est souvent confondu avec Disney. Combo!

C'est vrai qu'il y a une ressemblance graphique avec les Disney de la même époque, mais je vous arrête de suite,  Don Bluth est souvent plus sombre que Disney, sous ses dehors mignons.

cadeau, merci topito. Mais même Anastasia est plus sombre que la plupart des Disney, oui même que les 101 dalmatiens ou Bernard et Bianca.
Don Bluth pour vous situer, a réalisé Fievel et le nouveau monde ( une mignonne histoire de souris qui parle de Raciste et d'émigration) Le petit Dinosaure et la Vallée des Merveilles ( une mignonne histoire de dinosaures qui parle d'extinction de masse), Anastasia - son plus gros carton ( qui parle logiquement de la révolution russe et de l'assassinat du tsar et de sa famille), Titan AE ( pas vu, mais le sous-titre est " survivrez vous à la fin du monde"), et donc Brisby et le secret de NIMH, son premier long métrage.

et même l'affiche de Brisby jouait sur cette confusion possible..


Une mignonne histoire d'une mignonne souris des champs. Veuve. Avec 4 souriceaux remuants sur les pattes. Dont un gravement malade. Et son terrier, dans un parpaing au milieu du champ est menacé de destruction par le fermier ( qui n'est pas spécialement méchant, il ignore seulement ce qui se passe chez les petits animaux qui vivent dans son champ).

Donc une souris qui a de gros gros gros problèmes: il faudrait déménager au plus vite mais il fait encore froid et Tim, le malade ne doit pas sortir avant deux semaines. Or le labour va commencer sous peu. Elle va donc devoir trouver de l'aide. Et,pour celà, affronter des dangers terribles pour une souris: le chat du fermier en premier lieu, qui rend toute sortie périlleuse, aller demander conseil au sage de la forêt, le hibou, et que mangent les hiboux? Bingo!

Des problèmes, oui, mais de souris ( et ça c'est un des gros plus, l'anthropomorphisme n'est pas constant: elles courent à 4 pattes, grimpent, utilisent leurs dents pour ronger des fils.. bref ont un minimum de comportement de souris)

Mais Mme Brisby a la chance que feu son mari ait mené une "double vie" et rendu pas mal de services aux habitants de la forêt et de la campagne.
Et en particulier à la colonie de rats qui s'est établie sous le rosier dans la cour de la ferme. Le hibou va donc l'envoyer les voir. Et ce qu'elle découvre dépasse toute attente: les rats sont d'anciens rats de laboratoire que des expériences ont rendus intelligents et aptes à lire, et à se cultiver. C'est une véritable société quasiment humaine qu'ils ont développée ( avec, hélas, ses travers, notamment le goût du pouvoir, de la chicane, de la politique et des assassinats qui vont avec). Eux vont pouvoir l'aider, vu qu'ils ont appris à détourner l'électricité des humains pour leur propre profit.

par contre très logiquement, les rats sont beaucoup plus grands que les souris. Mais Justin est un rat sympa et facétieux, ce qui n'est pas le cas de tous.

Donc.. une touche de SF au passage qui fait classer le film en "fiction spéculative". Et la science a rattrapé la fiction, puisque les aptitudes d'apprentissage des rats ne sont plus à démontrer et peuvent même être artificiellement développées avec des médicaments. Donc le jour où les rats sauront lire, on a du souci à se faire les amis.
Par contre les corbeaux sont supposés intelligents, mais le corbeau du film, lui est probablement le moins malin de son espèce. Pas de chance!
Jérémie le corbeau dans toute sa splendeur

Après, le film s'égare un peu ( mais à 5 ou 6 ans je ne le voyais pas), lorsqu'il s'éloigne de son côté SF pour donner dans la fantasy . Nicodemus le vieux chef des rats a tout d'un Gandalf, et le mystérieux pendentif qu'il donne à Mme Brisby est plus un artefact magique sorti de nulle part que quelque chose de scientifique.

you shall not pass! ( enfin, ça collerait bien)
Apparemment tout ce côté magique n'existait pas dans le roman d'origine - que je vous avoue j'ai bien envie de lire, il n'a pas été traduit, mais en littérature jeunesse, mes compétences en anglais devraient êtres suffisantes.
Du coup, c'est un peu boîteux: si la science peut expliquer pourquoi les rats sont si malins, autant rester sur cette ligne, et ne pas rajouter de magie. Si on veut partir sur de la fantasy, avec magie et tout le toutim, plus besoin d'expliquer quoi que ce soit, il suffit de dire "TGCM!" ( ta gueule, c'est magique!) et tout le monde aura compris. C'est la limite du film, qui n'a pas trop su choisir entre la voie SF et la voie fantasy. Je pense qu'il a pris cette orientation parce que la fantasy avait alors le vent en poupe ( Dark Crystal date de la même époque à quelques mois près, le jeux de rôle "donjons et dragons" cartonnait depuis quelques années..). Et au final, il s'en dégage plus une ambiance fantasy.

Mais de fait, le passage le plus intéressant, qui est bien sûr la société des rats et leur développement, et la nécessité qu'il y ait réconciliation entre eux ( les "citadins" mal vus par les autres animaux) et les habitants de la campagne qui devrait être le sujet central, puisque tiré d'une série de 3 tomes titrés " les rats de NIMH", passe au second plan face au problème de la souris Brisby. Et c'est dommage. Autre bonne raison de chercher le roman.

Graphiquement on est dans les standards de l'époque, et c'est même bien agréable de revoir de l'animation classique avec cellulos peints. Et autre avantage sur Disney, il n'y a qu'une chanson, intégrée dans la bande son, et pas chantée par les personnages comme ça sans raison, ce que je déteste le plus et qui m'a définitivement vaccinée de Disney. Malheureusement, ce défaut s'est retrouvé dans Anastasia, grmph. Ca et le personnage mascotte très énervant ( la chauve-souris de Raspoutine) re grmph.

Mais du coup, à vous conseiller un film de Bluth, ce serait celui là ou Fievel, l'un dans la veine magique, l'autre plus réaliste même sil y a toujours des souris qui parlent.

et toute cette aventure épique à hauteur de souris de haut se passe intégralement - sauf la forêt du hibou - dans ce décor. C'est d'ailleurs étrange que le fermier ait laissé d'énormes cailloux dans son champ, à la base.
Pour comparer, à l'époque, Disney avait essayé aussi de sortir de ses sentiers battus et rebattus, avec Taram et le chaudron Magique ( 1985) que j'avais beaucoup aimé . Taram a fait un four, et j'ai compris en le revoyant: déjà ce n'était pas ce que les gens attendaient de Disney - alors que Bluth , quasi inconnu, avait les mains libres pour faire quelque chose d'emblée un peu sombre. Mais plus de 30 ans après, force est de constater qu'au delà de ses images inattendues de squelettes sortant d'un chaudron, Taram était très creux et n'allait vraiment pas au bout de son projet, comme si quelqu'un en cours de route avait décidé " c'est trop sombre, faut vite se débarrasser des monstres" tandis que Brisby a bien vieilli justement parce que sous des dehors mignons, il aborde des thèmes ouvertement sombres ( le veuvage, la mort, la maladie, les tests sur animaux) et ne recule pas à mi chemin, effrayé de déplaire à son public

oui, c'est un dessin animé jeunesse. Sachez le, il y a peu de moments vraiment violents, mais on ne cache pas non plus les tests sur animaux.

Et donc, oui, il reste dans mon top 5 de longs métrages d'animation.

Maintenant cher cinéma, j'aimerais revoir la Dernière licorne ( qui date de la même année, tiens, jolie année pour l'animation) c'est possible ou pas?

edit: j'ai dit une bêtise! Le tome 1 du roman au moins a été traduit. Par contre il y a toutes les chances qu'il soit introuvable
edit 2: une suite au dessin animé a été faite, sortie uniquement en vidéo mais franchement le graphisme ne m'inspire pas, un peu trop standard à mon goût, et ça augure de quelque chose de trop peu sombre pour moi. Ce n'est pas Don Bluth qui l'a réalisé d'ailleurs, donc il y a de grande chances qu'il y manque cette dimension là.
edit 3: les musiques sont de Jerry Goldsmith, mais la seule et unique chanson  est chantée par Paul Williams en VO. Je ne le savais pas, l'ayant revu en VF, donc avec chanson traduite aussi, mais j'ai repéré le nom sur le générique et après vérification, il s'agit bien du même Paul Williams dont je parlais ici avec sa voix si particulière, reconnaissable entre toute. Sympa, un de mes dessins animés et un de mes films favoris ont un point commun que j'ignorais.

mercredi 28 décembre 2016

La reine des neiges ( animation 1957)

Non, promis rien à voir avec la version récente ( qui aurait d'ailleurs été tout à fait acceptable sans cette manie des studios Disney- qui a donc contaminé Pixar lors de la fusion - de faire de n'importe quelle histoire une comédie musicale aux chansons chewing-gum qui vous collent en tête pendant des heures.) mais d'une version de 1957.

j'avais déjà évoqué il y a 5 ans le cinéma d'animation russe, on va donc y revenir un peu. Je le disais donc à l'époque, quand on parle animation, la plupart des gens auront en tête soit l'animation américaine, soit l'animation japonaise. Quelques uns penseront à l'animation française, et bien peu à l'animation russe ou plutôt soviétique, qui est loin de démériter.
Portée par le studio Soyuzmultifilm, fondé en 1936, ils ont surtout adapté des contes et produit aussi quelques films humoristiques pour adultes (et ce n'était pas le petit studio de production, il faut compter une moyenne de 4 ou 5 longs métrages/an dans les années 30- 50 un peu moins par la suite, mais plutôt la société à la dimension de l'union soviétique, employant des gens venus de tous les recoins de cet pays de la taille d'un continent.). Ils ont d'ailleurs tout essayé en matière d'animation: animation classique, rotoscope, stop-motion ( à l'époque on parlait d'animation en volume mais ça parle moins maintenant), pâte à modeler, marionnettes, etc...

Et donc cette Reine des neiges , réalisé par Lev Atamanov est l'un des dessins animés les plus connus, par l'un des animateurs les plus connus. On est dans de l'animation classique, mais qui n'a techniquement pas à rougir de ce que qui se faisait à la même époque dans l'autre bloc .Pour situer, La belle et le clochard est sorti en 1955, et la belle au bois dormant en 1959. On est donc pile entre les deux.
Je ne dirais pas tout le mal que je pense de la potiche Aurore de la belle au bois dormant, qui attend en pionçant qu'un héros vienne la réveiller, puisque c'est déjà plus ou moins le cas dans le conte qu'adapte Disney ( quoiqu'en l'édulcorant beaucoup.. les frères Grimm n'y allaient pas de main morte question mauvais traitements, tortures, cruautés diverses dans leurs compte).

A l'opposé Atamanov choisit donc d'adapter Andersen . A.La.Lettre.
Enfin presque! Expurgé quand même de toutes les références christiques qui rendaient quand même le conte d'origine assez pénible à lire ( mais j'ai pensé pareil de la petite fille aux allumettes, qui s'endort dans la paix des anges, blabla.. alors que la triste réalité est que tout le monde l'a laissée mourir de faim et de froid dans l'indifférence générale)
Et donc ici, pas de diable qui casse le miroir dont les éclats vont modifier le caractère de Kai.

On commence simplement chez Monsieur Andersen, où un petit Nisse s'extirpe difficilement d'un recueil de contes, salue la statue de l'auteur, et va donc jouer le rôle de narrateur ( après avoir brièvement expliqué qu'il est le "porteur de rêves" en agitant ses parapluies au dessus de la têtes des dormeurs: s'il s'agit d'un enfant sage, le parapluie coloré lui apportera de jolis rêves. S'il ne l'est pas.. le parapluie ombre lui apportera une nuit sans rêves - même pas des cauchemars!)

Et donc Ole le lutin est ici pour nous raconter l'histoire de Kay et Gerda, deux gamins qui sont amis et voisins. L'été, ils cultivent leur jardin passerelle qu'ils ont monté entre leurs deux fenêtres, l'hiver ils écoutent des contes chez la grand mère de Gerda.
Un soir, alors qu'elle leur raconte l'histoire de la Reine des neiges, qui règne loin au nord, dans son palais de glaces, froide et pale comme une statue de glace, mais malgré tout vivante, et observe les humains depuis son miroir de glace magique. Kay se moque en disant que si elle regarde chez eux, il l'attrapera et la fera fondre dans la cheminée, et de colère la reine casse son miroir magique avant d'envoyer un blizzard - à distance! - sur la maison. Kay reçoit alors des éclats de glace qui le rendent agressif et mauvais, avant d'être enlevé le lendemain par la reine, venue le chercher. C'est qu'elle doit quand même s'ennuyer dans son palais de glace et semble vouloir s'occuper d'un enfant qu'elle formatera , le mot n'est pas trop faible, à son goût, lui faisant oublier le monde, la chaleur, sa vie et ses amis.

La suite est exactement la trame du conte: Le printemps revient , mais Kay ne réapparaît pas, et Gerda part donc à sa recherche,croisant peu à peu divers opposants ( la fée du printemps, qui veut elle aussi la garder comme compagnie), la rencontre assez comique avec deux corbeaux ( deux corbeaux..tiens donc) qui pensent avoir trouvé Kay, la rencontre avec des brigands dont la fille, bien que sauvageonne , va apporter une aide inattendue à Gerda, etc..

On n'est pas chez Disney, je le répète, il y a bien un passage chanté: les brigands complètement saouls qui chantent brièvement les joies de l'alcool et du pillage. La jeune brigande est une tortionnaire d'animaux, qui s'ennuie, et comme la reine ou la fée, semble croire que pour se faire des amis, il faut les enfermer, et son idée première est d'ailleurs de faire de Gerda son nouvel animal de compagnie, avant de la relâcher lorsqu'elle comprend que l'amitié ne s'obtient pas en la forçant ou en kidnappant les gens.

On retrouve donc l'idée qui m'avait bien plu dans le conte, à savoir que les femmes , il n'y a presque que des femmes, sont au moins aussi fortes et débrouillardes que les hommes. Les quelques hommes qui apparaissent sont d'ailleurs ridicules ( un passant béta qui prend l'eau de l'arrosoir de Gerda pour la pluie, des gardes qui dorment debout, un prince grassouillet et bêta, les brigands qui ne brillet pas par leur discernement), quand les femmes sont futées ( j'avais vu ce dessin animé à la TV, quand j'étais très jeune, et que les programmes de Noël étaient un peu plus audacieux, et je m'étais toujours souvenue des lapones qui communiquent, en l'absence de papier, en traçant des runes sur du poisson séché qu'elles s'envoient en guise de lettres!).

image trouvée ici sur un comparatif assez intéressant avec la version récente, et notamment sur le plan du féminisme
 Les femmes sont là, et elles se débrouillent comme des cheffes! C'était le point audacieux chez Andersen (  et je note au passage que sa petite sirène d'origine, même si elle est assez bétasse pour s'amouracher d'un type qu'elle a sauvé de la noyade, va jusqu'au bout de son idée, et a même quelques pensées meurtrières totalement supprimées  par Disney)

oui, les petites filles peuvent chevaucher un renne en plein hiver
Le revoir à l'âge adulte, même s'il a forcément vieilli est cependant un vrai plaisir: débarrassé de ses oripeaux chrétiens, et en mettant l'accent sur des valeurs, il est vrai, plus compatibles avec les concepts soviétiques ( la détermination, le travail, l'acharnement, etc..) le conte retrouve un côté mythique sur les saisons ( le même studio à d'ailleurs produit une autre oeuvre, dont j'avais oublié le titre, merci Wikipédia, "les douze mois", avec personnification des mois de l'année, qui aident, cette fois aussi, une fille tenace à réaliser la tâche apparemment impossible qui lui a été assignée), la reine n'est ni méchante, ni sympathique, elle est, point. C'est en quelque sorte un souvenir de Skadi, la déesse de l'hiver, qui disparaîtra au printemps, mais reviendra immuablement l'an prochain. Et revu à l'aune de quelques connaissances mythologiques, je ne peux pas m'empêcher de voir dans ces deux corbeaux un vague souvenir de Huginn et Muninn.
et comme Skadi, c'est une géante. nota: j'aime bien ce graphisme anguleux et vertical, très art déco.

Ce moyen-métrage ( une heure en tout, donc oui, c'est rapide je sais) m'avait marquée, et j'ai eu plaisir à le revoir cette fois en VOSTF. La version que j'avais vue des années 80, doublée en français, par des professionnels du doublage,  a été, pour une raison que j'ignore, redoublée pour la sortie vidéo, à la méthode actuelle ( prendre des gens célèbres, dont Catherine Deneuve, même si la reine n'a que quelques lignes de texte) et vu qu'entretemps je suis devenue une adepte de la VOST, en fouillant un peu beaucoup le net, c'est trouvable!
Donc il me reste à trouver les deux autres qui m'avaient marquée, les 12 mois et les cygnes sauvages (lui aussi adapté d'un conte d'Andersen).

le film est russe, mais le conte est Danois!

jeudi 5 novembre 2015

Les noces funèbres ( film)

En avant goût de la lecture des entretiens de Tim Burton, un billet cinéma.

Parce que j'avais envie de compléter ma lecture par un de ses films forcément. Oui, mais lequel: j'ai revu Sleepy hollow pour un précédent challenge Halloween, l'étrange Noël aussi (et quitte à le revoir encore une fois, autant que ça soit pendant la période creuse de décembre où je n'ai aucun challenge prévu.). Il me restait un coffret DVD encore non touché contenant Charlie et la chocolaterie ( dont j'ai vu un passage l'autre jour à la TV en VF, donc, non, et les noces.
Ha oui, quand même, c'est en ouvrant le DVD que j'ai vu le papier publicitaire annonçant les sorties DVD du premier semestre  2006. Oui, donc, il attendait depuis 9 ans quand même!
par contre le sous -titre anglais intraduisible était très bon " there is a grave misunderstanding" qu'"un malentendu fatal" n'égale pas vraiment

En fait je l'avais vu à sa sortie au ciné, et j'en avais peu de souvenirs, si ce n'est qu'il est assez court ( 1h 15 à peu près) et qu'il était plutôt drôle, plutôt un clin d'oeil à ses oeuvres passées. Je n'ai pas encore lu le passage qui lui est dédié dans les entretiens.

Donc oui, on retrouve le même principe que pour l'étrange Noël, animation, tout ça. "Les noces funèbres" don, traduction parfaite de "Corpse Bride". Et là je me dis qu'on a eu de la chance que le titre français soit adapté et non traduit, les québécois ont eu droit à "la mariée cadavérique", ce qui est bien plus proche, mais sonne quand même moins bien

Dans une ville terne, grise, ou tout se monnaye, Victor Van dort, fils de poissonniers parvenus mais désireux de monter dans l'échelle sociale, va devoir épouser Victoria Everglot, fille de nobles ruinés, que cette mésalliance révulse, mais qui ne peuvent pas refuser un riche prétendant.
Victor et Victoria ne se sont jamais vus, ce sont les deux sacrifiés de ces familles qui ne pensent qu'à l'argent ou la position sociale que ce mariage va leur apporter. Le point de vue des intéressés, les parents des deux côtés s'en fichent.
Mais voilà, Victor et victoria se plaisent finalement plus ou moins en constatant qu'ils sont tous les deux dans une situation non choisie, mais qui pourrait être pire: Victor, maladroit mais sympathique qui a du mal à aligner deux phrases s'exprime par la musique, et Victoria aime la musique mais n'a pas le droit d'en jouer.

Et comme tout doit être parfait, pas question de célébrer le mariage simplement non, il faut une répétition d'abord.. où Victor va paniquer,  commettre maladresse sur maladresse, oublier le texte exact de la demande en mariage  et mettre le feu à la jupe de sa future belle-mère. On a vu mieux comme présage.
alors qu'il se lamente sur son incompétence, il répète donc son texte comme un acteur, jusqu'au moment où il arrive dans un bois. Misère: la demande en mariage cette fois parfaitement articulée a réveillé un cadavre: celui d'Emily, qui d'une main osseuse, l'entraine dans le monde des morts.
Emily est sympathique, drôle, quoiqu'un peu maigrichonne. Autant dire qu'elle n'a que la peau sur les os. Et encore, pas sur tous...

Emily devait se marier des années plus tôt avec un homme qui n'en voulait qu'à son argent, et l'a assassinée sitôt qu'il a eu mis la main sur le magot. Seule une vraie demande en mariage pouvait la libérer de son sort et l'envoyer réellement à sa place dans le monde des morts. Sauf que Victor le vivant se retrouve marié à Emily la morte.. tout en étant fiancé à Victoria restée dans le monde d'en haut. Problème en vue!

Ce moyen métrage n'est pas le plus marquant dans la carrière de Burton, disons qu'il pâtit forcément un peu de la comparaison avec son prédécesseur Jack,  mais j'ai bien apprécié de le revoir. Les clins d'oeil évidents à Mister Jack, l'ambiance musicale festive et colorée du comité d'accueil de l'autre monde - avec un numéro de danse de squelettes en référence à la danse macabre de Disney dont je parlais au début du challenge - bien plus vivante que le monde d'en haut où les fêtes ont des airs d'enterrement. Les "animaux de compagnie d'Emily sont assez drôles": une araignée qui commente l'action et un asticot qui vit dans son oreille, ou s'amuse avec son oeil, sorte de version morbide de Jiminy Cricket...
Les petits hommages discrets aussi de Burton à un de ses animateurs favoris ( le piano est de marque " Harryhausen"), ou les parents de Victoria qui se trompent de prénom et appellent le garçon " Vincent". Ce genre de détails est un bonheur. Il faut dire que Victor pourrait facilement être le grand frère un peu mieux coiffé de Vincent.

Ca et entendre encore une fois LA voix. Celle qui va me manquer le plus. Christopher Lee y double le curé irascible.

Et pour le plaisir, le principal morceau musical du film, chanté par l'inévitable compère Danny Elfman, alias " Bone Jangles"
Die, die, we'll all pass away...
Mais j'avoue que ma séquence favorite est bien évidemment celle ou les fantômes et zombies, bien décidés à aller fêter la noce de manière officielle dans le monde des vivants, viennent mettre un souk pas possible là haut!
En tout cas, dans les Entretiens, Burton dit son goût immodéré pour l'animation image par image, et je suis bien d'accord avec lui, même si ça prend du temps.

Hum, si j'avais pu aller sur Paris début octobre, j'aurais adoré aller à ce concert, parce que oui, définitivement, une des choses qui font que les films de Burton marchent aussi bien avec moi, c'est que la musique y est hyper soignée (j'y reviendrai dans l'article sur le livre).


samedi 30 août 2014

Le conte de la princesse Kaguya ( film d'animation)

Enfin, Mon cinéma d'art et d'essai qui avait toujours de bonnes programmations jusqu'à il y a quelques années a décidé de le programmer en VO, je n'attendais que ça. Mais j'ai confirmation que la personne qui programme a changé:  Comme pour" le  Vent se lève", il n'est resté que 15 jours à l'affiche, à des horaires improbables. Et plusieurs semaines après la sortie officielle. J'ai failli le louper.  Je décerne un Grand Condor à la personne qui a pris cette décision! ( C'est mérité, ils ont diffusé Lettre à Momo, exclusivement en VF)

Et vraiment ça aurait été dommage de le rater. Car si j'ai émis des réserves sur le dernier des derniers films de Miyazaki, force est de constater, qu'Isao Takahata, qui n'est plus tout jeune non plus, et dont ce sera probablement le dernier long métrage, tire sa révérence de belle manière, avec cette adaptation d'un conte traditionnel, tout en effet crayonné qui lui a pris des années à réaliser.

Adapté d'une histoire très très célèbre au Japon, que l'on peut trouver éditée sous le titre " le conte du coupeur de bambous" en France chez les POF , et qui compte parmi les textes japonais les plus anciens connus (on en trouve trace dès le X° siècle)

L'histoire nous raconte, comment, dans le Japon médiéval, un coupeur de bambou trouve  dans sa bambouseraie ce qui a première vue ressemble à une jolie poupée.
Il s'agit en fait d'une créature fantastique, une sorte de fée si on veut, qui sitôt ramenée à la maison, se transforme en nourrisson semblable en tout point à une petite paysane des plus normales, hormis sa rapidité de croissance proprement incroyable: elle grandit véritablement à vue d'oeil.

Ce qui lui vaut le surnom de "Takenoko" ( pousse de bambou) par les enfants du village. Le paysan lui la nomme " Hime" ( princesse), étant persuadé qu'il s'agit d'une princesse venue d'on ne sait où. Lorsqu'il découvre successivement au milieu de ses bambou des pépites d'or et des tissus précieux il n'a plus de doute: c'est un mesage des dieux qui lui donnent les moyens d'assurer à Hime une éducation royale. La femme du coupeur de bambou préfèrerait quand à elle continuer à vivre tranquillement  dans la campagne avec sa fille adoptive qui a atteint la taille d'une gamine de douze ans en quelques mois...
Je trouve que son chat a un air de famille avec celui du pacte des Yôkai


Mais donc, la volonté du père adoptif est inflexible: la famille va donc déménager à la capitale, faire donner à Hime qui n'en demandait pas temps une éducation digne d'une grande dame, lui préparer un mariage somptueux... et lui faire donner un nom par un vieux sage, chose qui lui permettra d'entrer officiellement dans le grand monde. Takenoko, alias Hime, se retrouve donc dotée d'un troisième nom " Kaguya hime " (princesse lumineuse).
la mode chez les grandes dames de l'ère Heian: on se rase les sourcils pour en dessiner d'autres plus hauts et son se peint les dents en noir. Je suis d'accord, la mode, c'est n'importe quoi!

 Lorsque la nouvelle se répand qu'elle est particulièrement jolie, une foule de prétendants plus ou moins ridicules se presse à sa porte, faisant soudainement fi de ses origines modestes. Auxquels elle oppose refus sur refus, en leur faisant des demandes toujours plus farfelues ( un peu comme peau d'âne et ses robes couleurs de temps)

Mais le temps passe pour Kaguya hime qui n'a révélé à personne son secret: elle vient en fait de la lune, et commence à regretter son pays d'origine. Son peuple devinant sa tristesse et son angoisse va venir tôt ou tard, la chercher pour la ramener sur la lune.

L'intérêt de la version de Takahata, c'est de prendre le point de vue de Kaguya. Au delà de l'histoire fantastique, avec des passages très drôles lorsque il est question des ministres qui la courtisent, c'est surtout l'histoire triste d'une femme qui n'est jamais maîtresse de sa vie qui nous est racontée. Kaguya ne peut jamais faire ses propres choix et se voit sans cesse imposer ceux des autres, " pour son bien". Son père adoptif lui impose une éducation de grande dame parce que c'est ce qu'il estime être le mieux pour elle. Elle se retrouve privée de liberté, contrainte à apprendre les codes d'une vie de cour dont elle ne veut pas, car le bonheur pour elle c'est simplement manger une poelée de champignons avec ses amis.
Privée d'identité avec son nom qui change en fonction des désidérata des autres, cachée aux yeux de tous ( car c'est ce que doit faire une grande dame: ne jamais se montrer.. ou alors seulement maquillée de manière à être méconnaissable), l'humiliation et l'injustice pour elle culmine lors de la fête donnée en son honneur pour célébrer sa nouvelle identité et son entrée officielle dans le monde: elle doit rester cachée dans un palanquin avec la seule compagnie d'une suivante.: " si cette fête est donnée pour moi, pourquoi est-ce que je ne peux pas aller m'amuser avec les autres?". Et tout ne cesse de le lui rappeler: elle apparait derrière des stores, ou enfermée dans un palanquin, on lui offre une cage à oiseau pour son anniversaire, impossible d'être spontanée ou simplement elle même, il faut toujours correspondre à ce qu'on attend d'elle.
Même le jardin dans lequel elle a reconstitué sa campagne en miniature finit par lui apparaître comme une supercherie
Même pour son retour sur la lune, elle n'aura aucune marge de manoeuvre, aucun choix, aucune échappatoire, ce sont les sélénites qui décideront encore une fois pour elle.
Dans l'absolu, il y a des passages très drôles, mais le fond est très sombre, avec cette réflexion sur la liberté, le libre arbitre, le bonheur qu'on veut vous imposer...

Je dirais même que , dans un style très différent, je l'ai trouvé au moins aussi triste que le tombeau des lucioles du même Takahata, qui est pourtant ma référence en terme de dessin animé triste. Et pourtant c'est souvent drôle. Il sont forts quand même au studio ghibli.

Donc je l'ai dit: graphiquement c'est splendide, dans un style d'estampe classique,  et bien adapté à une légende ( qui a été elle adaptée déjà de trouzmille  façons dans son pays, d'où peut être le succès mitigé qu'il a eu au Japon? comme si on adaptait pour la énième fois "le petit chaperon rouge" chez nous.. ho non, encore?) et je finirais par signaler , quand même, la bande son de Joe Hisaishi, l'éternel compère de Miyazaki.
Un extrait ici

Une très jolie réussite qui va, je pense, prendre place dans mon top 5 des films Ghibli.
Car Takahata compte aussi dans le challenge Miyazaki
oui.. aussi!

dimanche 15 juin 2014

the pirates, band of misfits ( animation)



Et voilà, premier vrai billet pour ce mois anglais, j’ai eu envie de (re)voir le dernier films des studios Aardman, les créateurs des délirants Wallace et Gromit. 

 La première fois que je l’avais vu, c’était dans de très mauvaises conditions, en version française et sur le minuscule écran vidéo d’un avion. Du coup, je ne l’avais pas vraiment apprécié, et je me doutais que ça venait en grande partie de ces conditions.
J’ai donc décidé de lui donner une seconde chance, en VO cette fois bien évidemment. Et grand bien m’en a pris, l’humour anglais ça fonctionne beaucoup mieux en version originale. 

Surtout une histoire aussi barrée : une capitaine pirate, sobrement nommé "Le Capitaine Pirate", rate systématiquement tout ce qu’il entreprend. A la fois par manque de discernement, car il fonce toujours tête baissée sans envisager  de plan B, mais aussi par manque chronique de chance. Et malgré tout, il ne rêve que d’une chose : remporter le tromphée du pirate de l’année, décernée par le roi des pirates ( un Pirate King habillé comme le King, oui, celui de Jailhouse Rock, banane gominée et costumes à paillettes compris). La concurrence est rude, et il a quasiment zéro chances de le remporter un jour, sauf à réussir enfin une action d’éclat. L’occasion va enfin se présenter à la suite d’une série calamiteuse d’abordages ( un bateau de lépreux, celui d’une colonie de vacances, un vaisseau fantôme, etc..) il s’empare du Beagle. Oui LE beagle, ou le savant Charles Darwin se morfond de ne pas faire la découverte qui lui assurerait le prix du scientifique de l’année, la reconnaissance de ses pairs et l’estime de la reine Victoria. Or le capitaine a un perroquet très étrange, énorme, gris , du genre disparu depuis plusieurs siècles : Polly est un dodo. A défaut de prix du meilleur pirate, le capitaine espère faire main basse sur celui de la découverte scientifique de l’année, Darwin espère faire main basse sur le dodo qui lui assurerait le prix. Sans compter la reine, qui se change en véritable dragon lorsqu’elle entend le mot pirate, une vraie mégère qui espère elle aussi faire main basse sur Polly, pour sa collection d’animaux exotiques.  C’est too much ? oui ! C’est Aardman, les responsables du Lapin Garou. Et cmme c’est Aardman, il vaut mieux être un pu attentif pour repérer tous les petits clin d’oeils marrants : une taverne où on croise Jane Austen et Elephant Man, des affiches délirantes, jusqu’au générique qui parodie des tableaux célèbres.
 Et surtout il y a Mr Bobo le singe serviteur de Darwin, qui est vraiment le personnage le plus intelligent de tous, et s’exprime par petits panneaux façon cinéma muet, source de gags assez irrésistibles.

Et si j’ajoute que le Capitaine est doublé par Hugh Grant, son second « numéro-deux » par Martin Freeman et Darwin par  David  Tennant, vous comprendrez pourquoi je dis «  VO obligatoire ». Car le titre original " the pirates band of misfits" est étrangement devenu " les pirates bons à riens, mauvais en tout" ( ou "les pirates bande de nuls" au Québec, c'est déjà mieux). Pis une film qui intègre the Pogues et The Clash entre autres dans sa BO, ça ne se refuse pas, n'est-ce pas?!

Après je dirais que ça n’est pas mon Aardman préféré, Wallace et Gromit ou Chicken Run sont indétrônables pour moi. Mais quand même ça valait le coup de le revoir, enfin de manière correcte. et rien que pour l'équipe de bras cassés qui accompagne le capitaine,
De droite à gauche: "pirate étonnamment plantureux", la seule femme de l'équipe qui arrive cependant à rouler tout le monde malgré son déguisement peu convaincant; "pirate goutteux", l'obligatoire patte folle de l'équipe, "numéro-deux", alias " pirate à l'écharpe"; "pirate albinos", un peu bargeot; "pirate borgne", avec une nez en bouchon et une jambe de bois; et derrière "pirate accordéoniste", et "pirate qui aime les chatons et les levers de soleil" (j'adore leurs noms sérieusement!)

Mais à voir, si vous voulez enfin savoir ce qu'il y a de mieux dans la vie d'un pirate, entre les sabres rutilants, ou le pillage.. ou la soirée jambon!

ou pour la course poursuite en baignoire, avec une éléphant empaillé et une tête Moai..


oh, puis, un film, ça marche en bonus pour: