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vendredi 16 octobre 2020

Littérature, spectacles, fantastique: Les contes d'Hoffmann - Offenbach et ETA Hoffmann

Vendredi au théâtre n° 2, cette fois, on va l'opéra.
Après le mignon fantôme rose de Théophile Gautier, j'embraye donc sur ETA Hoffmann, et son double théâtral mis en musique par J. Offenbach.

Un oeuvre musicale fondamentale pour moi, je l'ai écoutée en boucle étant enfant . Oui c'est bizarre mais j'ai plus écouté de classique et de jazz que de trucs pour enfants.

Et c'est cette version qu'avaient mes parents, avec sa couverture psychédélique un peu flippante.
Et j'étais en train de me dire " comment s'appelait le chanteur principal, impossible de me souvenir de son nom?"
Que.. QUOI?!... non?... si! Encore un! Je vous jure que je ne fais vraiment pas exprès.
Purée, il y a vraiment un lien mystique entre ce prénom, ou ses variantes et moi. Je commence à me dire que l'univers m'envoie un signe très appuyé.
Bon, ben, un Nico de plus. Que j'ai toujours pris pour un italien, je viens donc juste de découvrir qu'il était suédois, et mort il y a 3 ans. Elizabeth Schwarzkopf et Victoria de Los Angeles, rien à redire sur la distribution 3 étoiles.


Hoffmann, donc, le vrai, Ernst Theodor Amadeus, est un auteur allemand moins connu du grand public que ses prédécesseurs Goethe et Schiller. C'est l'un des meilleurs représentant du genre fantastique allemand, avec ses contemporains les frères Grimm. Oui je classe les contes en fantastique, on y reviendra un de ces jours.
Et pourtant c'est un de mes favoris. Car il a écrit des nouvelles, donc ça se lit très facilement quand on a peu de temps. Et surtout, pour qui veut tenter la lecture en VO, une nouvelle est peut-être moins contraignante qu'un roman entier.

De plus, si j'ai mentionné Mérimée, Gautier, Maupassant aussi pour le fantastique bien qu'ils aient écrit beaucoup d'autres choses, Hoffmann, lui, s'est vraiment illustré dans le domaine des nouvelles fantastiques. Des fantômes, des apparitions inquiétantes, un prototype de robot ( automate, mais quand même, c'est déjà presque une histoire SF!), le diable, un sorcier par ci, une malédiction par là.

Et le tout saupoudré d'un humour sarcastique qui fait plaisir.
Je cite "Hoffmann est donc un provocateur qui use d'un comique littéraire subtil et que remarque Charles Baudelaire dans le conte Princesse Brambilla, chef-d'œuvre de son art humoristique. Le poète français explique que « ce qui distingue très particulièrement Hoffmann est le mélange involontaire et quelquefois très volontaire, d'une certaine dose de comique significatif avec le comique le plus absolu. » Il poursuit : « Ses conceptions comiques les plus supranaturelles, les plus fugitives, et qui ressemblent souvent à des visions de l'ivresse, ont un sens moral très visible. » Selon Baudelaire, Hoffmann donne l'impression d'être un physiologiste ou « un médecin de fou » (un aliéniste) tant ses descriptions sont réalistes. Ainsi, Princesse Brambilla est un véritable « catéchisme de haute esthétique »39." Merci
wiki.

Je ne le savais pas. Une fois de plus, Charles et moi sommes d'accord. Ca a beau être le mois halloween, je vais continuer à distribuer des coeurs géants, pire que le 14 février. Moi qui voulait faire de la Saint Baratin un Halloween bis... C'est Halloween qui devient une déclaration d'amour à l'art.

Et donc les contes d'Hoffmann ( l'opéra) se base sur principalement 3 nouvelles de Hoffmann ( l'auteur) qui sont racontées par Hoffmann ( le personnage principal) lors d'une soirée de beuverie.

Ce n'est pas un bug dans la Matrice.

Rembobinons: Dans l'opéra, le personnage nommé Hoffmann est un écrivain en panne d'inspiration. Il est particulièrement doué pour s'embarquer dans des histoires sentimentales pas possibles, ce qui a le don d'irriter la Muse de la poésie, puisqu'il préfère draguer et se saouler plutôt que se consacrer à l'Art. Elle va donc emprunter l'apparence de Nicklaus, meilleur ami d'Hoffmann, pour le tirer de force de la taverne où il est retranché avec force bouteilles et joyeuse compagnie.

Dans le théâtre voisin, la chanteuse Stella, dernière conquête en date du - z- héros, fait envoyer à Hoffmann une lettre avec la clef de sa loge. Lettre interceptée par le conseiller Lindorf, qui se dit qu'il irait bien volontiers à ce rendez-vous qui ne lui a pas été donné. Et évidemment, Lindorf le notable et Hoffmann l'écrivain ne peuvent pas se supporter.

Ce triangle amoureux de base va réapparaitre sous forme codée dans les histoires racontées pendant les trois actes qui suivent. On pourrait les intituler "les pires échecs sentimentaux d'Hoffmann", puisque chaque fois, il va raconter comment il s'est ridiculisé devant pas mal de monde, à cause de l'avatar de Lindorf dans l'histoire du moment, qu'il fait à chaque fois intervenir dans ses récits comme un "diabolus"ex machina, tant il le déteste.

Acte I: Olympia. Adaptation de"l'Homme au sable". Hoffmann tombe amoureux d'une femme qui n'en est pas une. Non, ce n'est pas un homme, mais un automate. Evidemment, tout à été mené par le nommé Coppélius- Lindorf, qui, pour se moquer d'Hoffmann, lui a vendu des lunettes magiques, qui lui font voir Olympia comme un être vivant alors qu'elle est pour le reste du monde qu'un automate bien raide. Hoffmann, amoureux d'une femme qui n'a pas de coeur (et pas de cerveau non plus).

Acte II: Antonia. Adaptation du "violon de Crémone/ Le conseiller Crespel" Antonia est la fille du conseiller Crespel. Feue sa mère était une chanteuse d'opéra, décédée d'une crise cardiaque. Antonia aime chanter, et a elle aussi une jolie voix, qui pourrait lui ouvrir une carrière sur scène. Mais son père le conseiller refuse qu'elle se lance dans une carrière artistique, dangereuse d'après lui pour sa santé. Hoffmann veut la convaincre de tenter sa chance ( sans savoir le risque qu'elle court). Arrive le docteur Miracle - Lindorf, qui, avec ses pouvoirs magiques, fait apparaître le fantôme de la mère d'Antonia, lequel la pousse aussi à chanter, bien que ça puisse lui être fatal. Et c'est évidemment ce qui se passe. Hoffmann, amoureux d'une femme qui a un coeur cette fois, mais défaillant.

Acte III: Giulietta. adaptation des aventures de la saint Sylvestre. Pour oublier ses deux précédents échecs, Hoffmann est parti en Italie.Il va tomber entre les griffes de Giulietta, une prostituée vénale, payée par le dénommé Dapertutto, pour "voler" des choses à ses conquêtes grâce à des objets magiques. Au précédent, Peter Schlemihl, elle a volé son ombre - d'après " l'histoire fantastique de Peter Schlemihl ou l'homme qui a vendu son ombre" A.Von Chamisso. Ce titre long comme une année sans vacances est un petit livre très drôle qui revisite avec humour le Faust de Goethe. Faust vend son âme, Peter son ombre.. et ça va lui poser beaucoup de problèmes.Très peu connu en France, et c'est bien dommage.
Sa nouvelle mission est donc de voler dans un miroir le reflet de Hoffmann.
Pourquoi? Bah, comme ça, parce que Dapertutto, le docteur Miracle, Coppélius sont les versions fantasmées de Lindorf, qu'Hoffmann met à toutes les sauces dans ses récits, tant il le déteste.
Hoffmann, amoureux d'une femme dont le "coeur" est à vendre.

épilogue: Hoffmann jure qu'il en a fini avec les femmes, toutes des... et explique à ses compagnons de picole que ces 3 histoires sont de fait des inventions pour représenter Stella, l'artiste, qui, en résumé, se fait passer pour une pure jeune fille mais ne vaut pas mieux qu'une.. euh, on va dire gentiment, courtisane. Devinez qui arrive à ce moment?

Stella.

Qui, entendant ce que Hoffmann (qui a peut être un coeur mais pas de jugeote), raconte à ses potes, le plaque instantanément. Pour Lindorf. Au moins, ce n'est pas un soiffard de taverne qui l'insulte en son absence.
Ne reste donc plus à Hoffmann qu'à cuver en maudissant les femmes en général, et se consacrer enfin à sa seule muse , qui, toujours travestie en Meilleur ami, ambiguïté XXL, fait littéralement une déclaration d'amour à son écrivain.

Vous comprenez pourquoi j'adore? Ce n'est pas une intrigue linéaire, on est loin du simple triangle amoureux de base, le personnage décrit comme un diable n'est qu'un type normal, le héros assez misogyne se fait plaquer par sa nana après l'avoir descendue en flamme devant tout le monde et c'est bien fait pour lui. Et pour finir une scène plutôt culottée. On est loin du standard des intrigues d'opéra.

Musicalement, c'est un bijou. Offenbach était un petit rigolo, mettant en musique des sujets souvent humoristiques, mais qui pour moi est musicalement du même niveau que Rossini. Ses adaptations musicales des fables de la Fontaine sont des pépites d'opéras en miniature.
Clairement, c'est un de mes compositeurs favoris et un de ceux que j'ai le plus de plaisir à chanter.
Les contes d'Hoffmann sont remplis du début à la fin d'air plus brillants les uns que les autres.

A noter que c'est le même baryton/basse qui interprète Lindorf et ses variations, et c'est pour moi un vrai plaisir à écouter.

Surtout "Scintille diamant", de l'acte III. Peut-on avoir un coup de foudre pour UN air? Oui. Depuis ma première écoute, ce morceau " diabolique" est mon absolu favori - et je regrette presque d'être une femme car je ne peux pas le chanter. Enfin si, seule chez moi.

Au choix, José Van Dam (baryton-basse, tonalité habituelle)

Ou Samuel Ramey, grand spécialiste des rôles de diable ( tonalité abaissée pour basse, plus rarement entendue, vous pouvez donc écouter ici la différence entre baryton-basse et basse)


La barcarolle est plus connue, mais pour moi c'est vraiment "Scintille Diamant" qui est le diamant de cette oeuvre.

 
Oui c'est très exactement l'endroit que vous pensez. Belle nuit d'amour... tarifée et en groupe.

Olympia, l'automate qu'il faut réparer comme une formule 1. A chanter évidemment de manière extrêmement raide et cocasse.


Trio Antonia, Miracle et le fantôme . Les 4 rôles féminins ne sont pas tenus par la même chanteuse, ce sont toutes de soprani, mais aux timbres différents. En tout cas Olympia est une colorature, donc beaucoup plus dans les aigus que les autres (une voix caractérisée par peu de graves, mais des aigus très virtuoses. Je  n'aime pas du tout, heureusement la nature m'a épargné ça)
 

l'air de Kleinzach ( référence à " le petit Zacharie" autre nouvelle de ETA Hoffmann), qui part en vrille parce que Hoffmann est rond comme une bille et délire sur Stella.
 

Vraiment pour les gens qui ne connaissent pas le chant ou la musique classique, c'est par cette oeuvre- là que je conseillerais de commencer: humoristique, fantastique, qui ne se prend pas au sérieux, avec un héros loser qui reçoit la monnaie de sa pièce.

vendredi 9 octobre 2020

Littérature, spectacles , fantastique : La veille de la saint Jean - Nikolaï Gogol /une nuit sur le Mont Chauve

Et une lecture imprévue qui s'est glissée dans mon programme.

Pour laquelle je retrouve mon fil rouge littéraire, l'autre Nikolaï ( décidément cette année, j'aurais été marquée par ce prénom, qu'en plus j'aime bien, y compris sa variante francophone Nicolas).
Et après Théophile et Edgar, c'est presque une thématique "moustaches internationales" en ce début de mois Halloween.

En fait, cet été, dans ma ville, a eu lieu un festival de son et lumière, comme depuis plusieurs années maintenant. Et l'une des animations était faite sur la musique de Moussorgski " une nuit sur le mont chauve".. Tout en précisant " d'après une nouvelle de Nikolaï Gogol"... Euh oui, mais laquelle?

Ni une ni deux, j'ai cherché, j'ai trouvé, j'ai téléchargé et j'ai lu cette histoire d'épouvante mettant en scène un couple de paysans cosaques, un personnage diabolique et " la reine des sorcières " dont le nom n'est pas mentionné dans la traduction que j'ai trouvée, mais qui est bien reconnaissable à son isba montée sur pattes de poules: Baba Yaga. Probablement parce que les traductions gratuites sont anciennes et trafiquaient un peu pour ne pas perdre un lecteur novice du XIX°siècle, qui n'aurait pas su qui était Baba Yaga.

Cette nouvelle est tirée des " veillées du hameau près de Dikanka", largement inspirées des contes et traditions ukrainiennes.

Kolia, le joyeux drille.
J'adore ces vieilles photos, ça donne une réalité à l'auteur, qui n'est plus seulement un nom sur une couverture. Il aurait même eu une bonne tête, avec un sourire, mais bon... encore un qui a eu une vie bien torturée d'auteur slave.

Un conteur très haut en couleur nous raconte une histoire, évidemment absolument vraie (que le diable nous patafiole si nous n'y croyons pas!) que racontait son propre grand père, qui la tenait de... etc...

Donc il y a très très très etc....longtemps, près du hameau de Dikanka, dans un village depuis longtemps détruit, vivait un cosaque veuf avec sa fille, la jolie brune Pidorka, et son fils Ivas, 6 ans.
Pidorka avait un galant, Petro, trop pauvre pour prétendre à sa main. Le père avait donc résolu de la marier avec un riche Polonais. Apprenant cela, Petro fit donc ce que tout cosaque ferait dans ce cas: noyer son chagrin à la taverne.
Où se trouvait un très inquiétant personnage, Basavriouk, à la réputation de mécréant, voire de diable.

Or Basavriouk propose un marché à Petro: de l'argent, beaucoup d'argent, bien plus que nécessaire pour pouvoir épouser Pidorka. A la condition de l'accompagner la nuit de la saint Jean (en fait, lors de la fête d' Ivan Koupala*, une fête d'origine païenne déguisée comme beaucoup d'autres en fête chrétienne), cueillir la " fleur de fougère" qui ne se trouve que cette nuit là,pour la remettre à la reine-sorcière. Cette fleur magique permet de faire de la divination et de localiser un trésor.

Ce que Petro fait, voyant alors des montagnes d'or apparaître à ses pieds... mais qu'il ne pourra obtenir qu'au prix d'un sacrifice humain. Or Petro n'est pas d'un naturel violent, et assassiner quelqu'un gratuitement n'est pas son genre.
Pire, la victime qu'il doit décapiter n'est autre qu'Ivas, le petit frère de Pidorka et son futur beau-frère.

Que va-t-il faire? Je ne le dirai pas, ce serait gâcher la suite de la nouvelle.

Car ce n'est pas la seule manifestation étrange, les autres villageois assistent à des phénomènes et hallucinations causées par Basavriouk. De fait, le village entier subit sa présence maléfique.

Mais comme l'auteur fait un récit de conteur, tout ceci est entremêlé de détails pittoresques, de descriptions des innocentes festivités de village (où on mettait le feu aux jupes des filles, histoire qu'elles les enlèvent et qu'on puisse voir leurs jambes, haaaa on savait s'amuser en ce temps là!)

Et donc c'est vendredi, c'est spectacle et théâtre:N°2: on va au concert. Et voir un spectacle son et lumières dans la foulée.

Une nuit sur le mont Chauve- que beaucoup de gens connaissent via Fantasia  avec un diable qui a traumatisé des générations de gamins.

Et donc la version de Moussorgski (écrite pour piano, remaniée pour orchestre par Rimski-Korsakov, rien que ça) se base librement sur cette histoire pour composer un poème symphonique narratif décrivant un sabbat de sorcières lors de la fête de Tchernobog - dieu slave des ténèbres, un peu hâtivement assimilé au diable par les autorités chrétiennes - jusqu'à ce que résonne la cloche annonçant l'aube et le retour des esprits dans leur monde ( donc un peu Halloween, un peu Walpurgis).

Comme c'est une musique narrative, elle décrit; dans l'ordre: les voix souterraines, l'apparition des esprits, l'apparition de Tchernobog, l'adoration de Tchernobog, le sabbat des sorcières, la cloche du matin, la disparition des esprits


Tchernobog "dieu noir", l'un des deux principes primitifs de la religion des anciens slaves. Le dieu de la mort, de la nuit, du mal, de la destruction. Comme comme le noir ne peut exister que par contraste avec le blanc, la nuit avec le jour,la destruction avec la création, Tchernobog a bien évidement un frère, Belbog " dieu blanc" ( oui, les noms ne sont pas très originaux!), qui représente, lui, les principes opposés. Le yin et le yang donc..

Et voilà, pour l'exhaustivité, le son et lumière sur une façade d'Avignon (la silhouette de chien n'en fait pas partie!). Evidemment ça rend moins bien qu'en réalité, mais ça reste très sympa. J'ai essayé de le filmer aussi, mais mon appareil photo n'a pas un son génial...)

* parlons donc de cette fête: Il est quand même rare qu'un dieu ait un prénom aussi banal qu'Ivan. Donc un dieu avec un prénom, ça intrigue.

De fait il s'agit d'une fête païenne dédiée à Koupalo, dieu de la fertilité et des récoltes, qui se déroulait au solstice d'été. Le nom "Koupalo" est vraisemblablement lié au verbe qui signifie " se baigner", et la fête implique justement de se baigner à la rivière, de sauter par dessus le feu, bref tout ce genre de rites purificateurs: on brûlait des vêtements appartenant aux malades en espérant se débarrasser magiquement de la maladie, les guérisseurs cueillaient des plantes médicinales et préparaient des médicaments et surtout, on festoyait, on dansait, on chantait, on picolait.. hommes et femmes allaient deux par deux cueillir les fleurs de fougères car on pensait que les fougères fleurissaient cette nuit là, indiquant l'emplacement de fabuleux trésors. Bon, les gens ne revenaient pas forcément avec une fleur ou un trésor, plutôt en ayant conclu une promesse de mariage.
Bon en un sens, si tu pars avec un charmant monsieur et que tu reviens en l'appelant " mon trésor" ou équivalent ukrainien, techniquement, c'est que la magie a opéré.

Mais gare aux sorcières qui sortaient aussi jouer de mauvais tours aux humains cette même nuit.

Donc une fête joyeuse, désordonnée, et tout à fait de mon goût, qui n'a pas plu aux autorités chrétiennes, lesquelles se sont empressées, comme partout ailleurs, de la rhabiller de manière plus chrétienne en fête de Jean le Baptiste.
Hop,on  colle un prénom au dieu païen et on en fait un saint, on garde l'idée de l'eau et de la purification, le fait de sauter au dessus du feu, et exit les sorcières et la magie ( même si techniquement, un miracle, c'est simplement un autre nom pour un "TGCM"). De fait, cette célébration n'a pas totalement disparu, bien qu'elle déplaise toujours beaucoup aux religieux de tous bords. Il y a des mouvements " païens", qui revendiquent leur slavité,et les fêtes préchrétiennes, mais malheureusement, ils sont souvent noyautés par des groupes extrémistes politiques, et au final la sympathique fête où il s'agit de se baigner en chantant et en tressant des couronnes de fleurs se transforme en meeting politique nationaliste.

mercredi 7 octobre 2020

La chute de la Maison Usher - Edgar Allan Poe

 Le 7 octobre,  c'est la journée d'Edgar Allan Poe,un auteur absolument incontournable pour le défi halloween!

In memoriam Edgar mort le 7 octobre 1849

dessin de Rayaan Cassiem, dessinateur  Sud Africain, c'est peu de dire que j'adore


A l'origine j'avais prévu la lecture de la nouvelle et une adaptation en film, mais faute de temps, j'ai du opter pour une autre solution.
Le film viendra donc plus tard.
Et plutôt que la lecture, j'ai trouvé une version " mise en onde" par Radio France.

Je ne suis pas adepte des livres audios, mais là, c'est une adaptation en "pièce radiophonique", avec ambiance sonore.Et quelle ambiance sonore!Musique angoissante à souhait, les voix des 3 acteurs sont agréables, c'est très réussi. J'ai quelques difficultés à me concentrer et à suivre l'intrigue quand on me raconte un texte, sans le support papier, mon cerveau a tendance à battre la campagne assez facilement( et là,surtout sur le long passage du poème improvisé de Rodrick Usher)
Mais par contre effectivement, l'ambiance sonore glauque à souhait apporte un plus.

Je n'avais jamais lu, ni vu ce texte ou ses adaptations, je suis dont partie dans l'écoute sans rien en savoir, cette nuit à Minuit et quelques.
Et ça fait franchement son petit effet.Cette histoire de maison, non pas hantée, mais " vampirique", qui semble prendre possession de l'esprit de ses habitants, m'a bien tenue en haleine. Un très joli travail donc, 55 minutes à écouter, si possible comme moi, passé minuit, dans la pénombre!



A noter qu'il ne s'agit pas ici de la traduction célèbre de Baudelaire,mais d'une nouvelle traduction, publiée il y a 2 ans, donc inutile d'essayer de suivre avec le livre si vous avez la version classique de Charles!