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Tout simplement parce qu'on y trouve un peu de tout, par ordre de pagaille. Cette idée de collection sans thème déterminé me plaît...

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jeudi 8 décembre 2016

(Emerson, Lake) & Palmer

Encore un sujet dont j'aurais préféré ne pas parler mais cette année est particulièrement déprimante pour moi. Au niveau nécrologie.
Je n'ai même pas eu le temps de parler de Gotlib qui pour moi est une immense perte côté Bd que c'est un autre de mes chanteurs favoris qui passe l'arme à gauche, même pas un mois après Cohen.

Ceux qui me suivent ici régulièrement connaissent maintenant mon amour immodéré pour le progressif ( hé oui, n'en déplaise à certains puristes, vous pouvez me traiter de progueuse, je n'y verrai aucune insulte et même ça me fera plaisir). Rock progressif qu j'ai donc découvert via Pink Floyd il y a longtemps, mais dans ce domaine mes chouchous restent E.L.P, alias Emerson, Lake and Palmer.
Enfin, restaient.
Puisque Keith Emerson est mort en mars dernier ( je déménageais à l'époque et je n'en avais pas parlé ici) et Maintenant Greg Lake. Soit le clavieriste et le chanteur-guitariste de la même formation en moins d'un an.



Pour l'anecdote, aux débuts de l'Internet quand il fallait passer par IRC pour discuter avec des gens, j'avais évoqué je ne sais plus dans quelle condition, le rock progressif, Yes et tout ça mais j'avais fini par dire que j'avais une préférence pour Emerson plutôt que pour Rick Wakeman ( claviériste de Yes , ce qui m'avait valu un " putain mec, tu me sidère". Mon nom de code comprenait la date 1977, on m'avait demandé si la date avait une signification pour moi, comme la naissance d'un de mes enfants. Ma réponse " euh, non, 1977 c'est la mienne, et je corrige un petit détail, c'est pas "mec" mais "nana", à la limite, je préfèrerais..."
Le gars dans le chat a eu du mal à croire qu'une femme née en 1977 (on devait être vers 2000 ou 2001) puisse connaître et apprécier Keith Emerson et son groupe. Et pourtant, si.

Donc oui, ma culture musicale est plus celle des années précédant et suivant directement ma naissance que celle de mon adolescence en fait.

Mais donc voilà, je trouve qu'un groupe de 3 membres dont 2 meurent la même année ( et même si chacun avait pris une direction solo depuis longtemps) c'est un peu, beaucoup, immensément triste , pour moi en tout cas.
E.L.P je les aimait bien, parce que même en se replaçant dans le contexte de l'époque , des années 70 totalement farfelues et la totale décomplexion des groupes et musiciens à tenter des choses parfois expérimentales juste pour essayer en se foutant totalement de savoir si ça allait marcher ou pas, ils occupaient une catégorie un peu à part: celle des gens qui ont tenté des trucs loufoques et bizarres, mais en réussissant le tour de force de l'imposer au niveau mondial ( pendant quelques années, quand c'est trop original, la mode passe et soit il faut changer avec elle, soit continuer dans l'anonymat)
Mais voilà, pour moi ELP, c'était ceux qui ont osé des choses complètement farfelues, créer un méga groupe de rock capable de partager la scène avec Black Sabbat ou Deep Purple lors du California Jam 74, avec une formation typique de trio jazz ( clavier; basse ou guitare; percus).

Reprendre en concert géant une adaptation de la toccata du contemporain Ginastera. Ou adapter les tableaux d'une exposition de Moussorgsky. Ou Hoedown d'Aaron Copland, ou un hymne religieux d'Hubert Parry ( ce qui en plus suppose une connaissance musicale contemporaine et classique ) en plus de leurs compositions personnelles.
Mais pour rendre hoamge , rien de mieux qu'écouter, alors attention les yeux, attention les oreilles, c'est les seventies et oui c'est tordu, un peu plus que la moyenne, le pied total!

Toccata de Ginastera

Hoedown (dopage! dopage repéré au Bourgogne!)



Knife Edge

D'autres morceaux acoustiques, ou plus acoustiques mettaient en avant la superbe voix de Greg Lake ( qui jouait souvent de la basse en trio et de la guitare en solo

The Sage ( tableaux d'une exposition)

Still you turn me on
et avec une guitare à 12 corde, alors là c'est bonheur dans mes oreilles. Le Greg Lake des années 70 aurait parfaitement eu sa place sur ma petite liste plastifiée! (pour ceux qui ne connaissent pas la référence c'est tant pis pour vous !)

(Et pour répondre à la question qui va forcément être posée: oui, il mâche un chewing gum en chantant, tranquille, comme si de rien n'était. Petite explication, ce n'est pas qu'il se fout complètement de ce qu'il fait -même s'il a l'air bien à l'aise face à une foule immense - mais surtout que lorsqu'on chante longtemps en extérieur en particulier, ça évite de s'assécher la gorge et je peux jurer avoir vu Pavarotti le faire lors d'un concert)

Evidemment, des années après il n'avait plus une voix aussi claire et agile, mais avec suffisamment de technique pour pallier les années qui passent.

Donc si je devais vous conseiller quelque chose? Le concert au California Jam (et aussi pour Deep Purple !)
Karn evil 9

Tout l'album Brain Salad Surgery d'où provient Karn evil 9( le morceau entier dure quasiment 30 minutes, on est à l'époque des albms concept et donc occupait une bonne partie des deux faces du disque racontant comment l'humanité a inventé des robots qui ont  fini par l'asservir et la présente au final comme phénomène de foire (d'où ce " come and see the show!") et la révolte de l'humanité contre sacréation. Oui c'est une chanson de SF dystopique!
Karn evil 9 ( entier audio)


Et sinon ma préférée à égalité avec Karn evil 9
Take a pebble, dont j'adore les ambiances étranges



Donc en priorité l'album Brain Salad Surgery, Tarkus et ELP.

Sinon auparavant, Emerson avait jouéde manière bien plus classique, ou en tout cas bien plus calme,  dans le groupe jazzy " The Nice"
Hang on to a dream






Et Lake avait chanté joué de la basse pour King Crimson , groupe qui tourne encore de nos jours dans une autre formation. Là aussi je vous conseille chaudement " In the Court of the Crimson King" un incontournable du genre progressif.
Et comment mieux conclure qu'avec Epitaph?

Hooo mais quelle voix ....

Tiens bon, Carl Palmer!!!

samedi 23 avril 2016

Macbeth ( film 1948)

Aujourd'hui, on célèbre les 400 ans pile de la mort de Shakespeare. Je cherchais quoi lire ou voir pour célébrer cette occasion avec quelques autres habitués du mois anglais, car nous n'allions pas louper cette occasion de faire un ou des billets ciblés.

L'idée m'est venue il y'a quelques jours.

En 2010, j'avais lu, ou plutôt, tenté de lire Macbeth, mais la version que j'avais était incompréhensible. Le traducteur a voulu faire trop poétique ou trop fidèle au texte d'origine, et .. ça virait parfois au charabia.
En tout cas pour une fois le responsable de cette traduction en bois n'est pas  François-Victor Hugo qui m'a littéralement pourri le songe d'une nuit Dété, mais Pierre Jean Jouve qui s'amuse à faire rimer les dialogues... et désolée mais pour moi, ça tomnbe à plat
Pour comprendre ma souffrance:

Première scène du premier acte
1° sorcière: quand nous retrouver réuines, dans tonnerre éclairs ou pluie?
2° sorcière: quand finit le tohu-bohu, le combat gagné et perdu
3° sorcière: Avant le coucher du soleil
1° sorcière: et où l'endroit?
2° sorcière: lande déserte.
3° sorcière: pour la rencontre avec Macbeth

et le reste à l'avenant, je pioche au hasard
"être roi ne se tient pas dans mes perspectives de croyance, pas plus que d'être Cawdor".. Ca c'est Macbeth lui même qui le dit. Bon, ben , si ça ne se tient pas dans ses perspectives de croyance, c'est lui que ça regarde... Et puis c'est quoi Cawdor? Le traducteur a traduit " Graymalkin" le nom du chat de la sorcière par "Museau gris" et nous ajoute une note de renvoi à ce sujet "littéralement  Petite Marie Grise, nom couramment donné à un chat"

WHAT. THE .BLOODY. HELL?

(oui je m'égare, mais les Weyrd sisters sont traduites en "folles soeurs" donc j'ai largement le droit de jurer sur l'enfer)

J'ai l'air d'être critique avec les sorcières qui parlent en style télégraphique, mais rimé, et les phrases qui n'ont aucun sens en français, mais je vous jure que c'est même pire que ça par moment. Cette lecture a été vraiment éprouvante. A tel point que je n'ai jamais critiqué cette lecture du challenge ABC 2010. En me disant que je le ferai lorsque je trouverai une traduction lisible et que je comprendrais enfin ce qui se dit.
Pire que François-Victor Hugo, je ne pensais pas que c'était possible
Donc voilà, ça c'est fait, ayant dit tout le mal que j'avais à dire de cette traduction, donc, j'ai préféré faire confiance aux gens qui savent de quoi ils parlent.En l'occurrence, de théâtre. Et comme je n'avais pas de pièce captée sous la main, allons y pour le théâtre adapté au cinéma.

Le hasard a fait que j'ai récemment vu et critiqué Le château de l'araignée, transposition du drame écossais dans le Japon Médiéval par Akira Kurosawa. C'est ici que j'en parle
Et donc, comme je n'avais pas encore vu la version d'Orson Welles, allons y pour l'occasion.

Le film date de 9 ans plus tôt que l'adaptation japonaise, et là pour le coup, on est vraiment dans le théâtre filmé: décors très théâtraux ( j'aime beaucoup l'idée que le château de Macbeth semble a demi façonné dans l'argile, comme la statuette que façonnent les sorcières au tout début du film)
Donc oui, là, j'ai enfin compris l'histoire, merci les sous-titres. après quelques recherche, j'ai vu que l'adaptation avait été un échec dans le monde anglophone, à cause de l'accent écossais très marqué des acteurs ( réel ou imité, mais le public anglophone a dit n'y avoir rien compris). C'est assez drôle d'entendre Orson Welles dans le rôle titre rouler des R à outrance, mais on s'y fait vite.


J'aime bien, j'ai dit ce rapport visuel entre la matière sculptée par les sorcières et l'apparence du château. autre trouvaille qui me plaît énormément: les pointes. Il y en a partout dans le décor et sur les costumes, qui se multiplient au fur et à mesure que le personnage central sombre dans les crimes ( "le sang appelle le sang". Oui c'est le premier crime qui est difficile, les suivants deviennent de la routine): au départ vêtu d'un costume couvert de motifs ronds,

.. mais les croix celtiques évoquent déjà des lances
il se couvre de piques de scène en scène: casque à une pointe, couronne à quatre pointes,

 pour finir coiffé d'une couronne hérissée de pointes qui rappelle curieusement celle de la statue de la liberté.

De même il passe de la petite dague avec laquelle il tue le roi Duncan à une énorme masse d'armes façon morgenstern.
même les weyrd sisters sont armées .

Alors oui, c'est très théâtral, jeu outré, tout ça, c'était aussi le cas chez Kurosawa, où le jeu de Toshirô Mifune était au moins aussi théâtral et expressionniste que celui de Welles.
Ca c'est pour les ressemblances.
Pour les différences, hé bien...les deux approches sont intéressantes.
La version nippone met beaucoup plus l'accent sur la nature, la forêt, lieu propice au fantastique, cette même forêt qui bougera plus tard. De même, et c'est très logique, les esprits n'ont pas la connotation forcément diabolique qu'ils ont en Europe. L'esprit qui annonce leurs destins aux samouraï qui représentent Macbeth et Banquo ne cherche ni à les tromper, ni à les égarer, au contraire, il semble plutôt contrit de constater que les humains sont bêtes et naïfs et s'égarent toujours pour les mêmes raisons: l'argent, le pouvoir, la gloire...
tandis qu'évidement dans la version occidentale, non seulement les sorcières sont vagues, mais prennent un certain plaisir à manipuler Macbeth.
Dans les deux cas, c'est la femme du personnage titre qui est l'instigatrice du crime, mais dans la version Kurosawa, elle est curieusement en retrait, là aussi comme l'esprit, elle se contente d'énoncer des faits, qui vont faire réfléchir son mari, et de participer au premier crime. Là où la Lady Macbeth de Jeannette Nolan ( je ne connaissais pas cette actrice qui est pas mal convaincante) est véritablement fielleuse orgueilleuse et critique à l'égard de son mari

Du coup, la version japonaise est beaucoup plus centrée sur un personnage qui fait de mauvais choix parce qu'il se laisse convaincre, non sans difficultés, et va se retrouver seul avec lui-même et avec sa propre noirceur. A ce titre  le personnage de Macduff " qui n'est pas né d'une mère" est totalement évacué. Pas de combat singulier, c'est vraiment la forêt qui avance qui constitue la menace, et c'est un opposant "collectif" qu'affronte le samouraï: ses propres partisans lassés de ses crimes qui le prennent pour cible. Le Macbeth de Welles hésite un peu à tuer son cousin, mais pas plus que ça, même s'il es plus sensible au regret que quand la version de Kurosawa

On sent beaucoup plus le fait qu'il est l'artisan de sa propre déchéance que dans la version de Welles, plus " classique" , avec un Macbeth pantin manipulé par les sorcières et par sa femme, qui cède non pas vraiment à sa propre pulsion meurtrière, mais se laisse entraîner par les circonstances.

Mais j'ai beaucoup aimé les deux versions: celle d'Asie qui laisse la place aux grands espaces, à la forêt ( et commence par un panneau nous indiquant que la nature a repris ses droits sur un lieu dévasté par la folie humaine), comme celle qui ne laisse aucun espace, aucun décors naturel et enserre tout le monde dans un décor pointu.
Les deux approches sont très différentes, le résultat est très différent, mais aussi intéressant dans un cas que dans l'autre.
Une chose en commun cependant: la maîtrise du noir et blanc somptueux et des contrastes dans les deux cas. Evidemment,Welles était surtout un maître du cadrage avec un emploi magnifique de la profondeur de champ dans Citizen Kane, ce qui est plus difficile à faire dans un décor restreint, mais sa patte visuelle se sent malgré tout bien.
des pointes jusque dans le décor...

Donc deux immenses cinéastes aux univers très différents, mais aux qualités visuelles qui se recoupent parfois ( je l'avais vaguement évoqué déjà dans le sujet sur Jodorowsky's Dune, mais j'adore Orson Welles, tant l'acteur que le réalisateur), deux acteurs talentueux. Match nul. Deux films à voir.

jeudi 14 janvier 2016

So long Severus..

Encore un billet que j'aurais préféré ne pas avoir à publier, mais voilà, il ne fait pas bon être anglais et avoir 69 ans ces temps-ci.
Et voilà encore un de mes chouchous qui tire sa révérence et pour la même bloody illness que précédemment.

De toutes les morts récentes, c'est bien celle d'Alan Rickman qui me consterne le plus. J'en parlais encore l'été dernier dans mon billet " coup de coeur".

Je l'avais découvert un peu par hasard lorsque , collégienne, mes parents m'avaient emmenée voir "Robin des Bois" version Costner. Le film était "pas mal mais sans plus", mais il y avait là 2 acteurs qui éclipsaient la méga vedette du moment, et c'étaient  Morgan Freeman et Alan Rickman. j'ai depuis gardé plus ou moins un oeil sur la carrière des deux.
Je n'ai jamais oublié le Shérif de Nottingham qui veut choper Robin pour lui faire subir des supplices raffinés ( la phrase " je lui arracherai le coeur avec une petite cuillère" est même devenue une sorte de blague entre ma mère et moi, dès qu'il est question de quelqu'un qui nous énerve particulièrement.). D'ailleurs de mauvais choix de carrière ont fait que Kevin Costner est plus ou moins oublié maintenant, ce qui n'est pas le cas... des seconds rôles.

Mais c'est surtout Truly Madly Deeply qui m'a convaincue de l'immense talent du bonhomme. Cette histoire de fantôme violoncelliste qui revient hanter la maison de sa veuve et monter un quartet à cordes de fantômes - chauffage à fond, parce qu'être un fantôme , ça donne un peu froid- aurait pu être dégoulinante de bon sentiments, mais non. La encore le talent (et je parle globalement du talent de tout le casting) a fait le reste, et c'est très drôle, sur un sujet triste.

Après, je parle de Severus en intitulé ( Snape ou Rogue, selon que vous avez vu ou lu Harry Potter en VO ou en VF. Et si vous ne l'avez si lu, ni vu, ben.. pour schématiser, Severus est un sorcier particulièrement grognon, voilà..) parce que c'est le rôle qui l'a fait connaître au plus grand monde - Et au passage Alan Rickman était l'une des deux raisons pour lesquelles j'ai regardé le premier épisode quand il est passé à la TV, l'autre étant bien évidemment Maggie Smith.

Ce n'est qu'après, bien après que j'ai attaqué la lecture de la série de romans et que j'ai pu apprécier l'excellent choix de ces deux acteurs pour les rôles des deux principaux professeurs de sorcellerie. Ils ont vraiment les têtes de l'emploi. Et visiblement c'était l'opinion de JK Rowling aussi qui a insisté pour que son personnage soit joué par lui et personne d'autres
 ( de toute façons, mes 2 personnages favoris dans les romans sont Rogue et Sirius, et.. je n'ai pas vu les autres films, mais je sais que Sirius est aussi interprété par un de mes british crushes. Deux personnages très intéressants et ambigus autant que charismatiques.Et en cherchant des sources je viens de trouver un extrait très drôle avec Kenneth Branagh en sorcier fanfaron, il faut que je regarde la suite donc...)

Moins évident, j'ai eu du mal à retrouver ce rôle dans ma mémoire ( parce que je n'ai vu le film qu'une fois lors de sa sortie), mais ça a été une excellent surprise pour moi à l'époque de me rendre compte que le Juge ( le sale type!) de Sweeney Todd était aussi interprété par cet excellent acteur.

Mais il y a encore un rôle que je me dois de signaler: la voix originale de Marvin, le robot dépressif dans H2G2

A noter que dans les versions françaises de ses films il était souvent doublé par l'excellent Claude Giraud, mais il serait vraiment dommage de se priver d'une voix pareille en VO . J'avais sélectionné Christopher Lee comme " voix favorite", mais vous connaissez mon faible pour les voix graves...oui je pense que comme j'ai vu Truly Madly Deeply en VO, l'effet " voix inoubliable" a été pour beaucoup dans mon appréciation du film. Car si j'oublie facilement les noms et ai du mal à reconnaître les visages, je n'oublie quasiment jamais une voix qui me plait. Une voix et surtout une diction si particulières... qu'il est bien difficile de croire qu'elles ont failli l'empêcher de faire du théâtre!
sérieusement, je vous conseille ce film.. clin d'oeil à ma copine Céline qui est fan de cinéma anglais et de violoncelle

attention l'interwiev contient une scène du dernier film à 4min ( dès que j'ai entendu ça, j'ai zappé tout le passage, je ne veux pas me spoiler)

Vraiment, j'aurais espéré que mon nouveau billet anglais ne serait pas un "in memoriam". Ca serait vraiment bien que cette série noire cesse...

mercredi 13 janvier 2016

So long, Starman...

Voilà, ça n'aura pas duré.. L'année commence vraiment aussi mal que la précédente à fini...

Dessin trouvé ici
Bon, je les vois mieux mettre l'ambiance au sous-sol personnellement ...

Finalement, je connaissais assez peu Motörhead ( en fait, étonnamment, j'ai plutôt écouté Metallica quand j'étais au lycée, c'était la grosse vague des groupes américains et aussi le début du grunge: Metallica , Pearl Jam, Red Hot Chili Pepper et Nirvana en tête. D'ailleurs pour la petite histoire, la mort de Kurt Cobain est arrivée 2 jours avant mon 18° anniversaire et du coup, tout le monde au lycée a complètement oublié de me le souhaiter...) Donc Mötörhead faisait moins partie de ma culture rock personnelle.. à part peut être Ace of spades et Overkill, j'ai découvert le reste plus tardivement, et donc il n'y a pas le côté " nostalgie de jeunesse" . Du coup je n'en avais pas parlé le mois dernier.


Mais Bowie, je connaissais et j'appréciais énormément! Tant pour le côté décalé des costumes que pour les chansons d'ailleurs.
Donc mon hommage sera un petit top de mes morceaux préférés. Et non, Let's dance n'en fait pas partie, même si c'est avec celui là que j'ai découvert le chanteur, comme beaucoup de gens nés fin seventies.

N°8: Cat People . exactement la même période que Let's Dance, mais bizarrement, c'est Let's Dance qui a eu les faveurs de la radio. Du coup je l'aime moins parce qu'elle a été trop entendue. Pareil pour China Girl Ma préférence va à ce moins connu " Cat People"


N°7  Heroes. Comme souvent j'aime moins la période années 80 ( c'est vrai pour Queen aussi), mais celle-là elle me donne la pêche

N°6: Under Pressure . Je parlais justement de Queen. Nostalgie de jeunesse!


N°6 (bis) Et quand un chanteur que j'aime beaucoup et ma chanteuse écossaise favorite rendent hommage à feu mon chanteur préféré

N°5: Starman. Et en concert, c'est encore meilleur, ils ont l'air de bien s'amuser avec Mick Ronson, et c'est le genre de chose que j'aime voir.

N°4: The Jean Genie: j'aime bien son côté blues qui tranche avec les looks presque punks



N°3: The Man Who sold the World. Mais attention pas n'importe quelle version, celle-là.
avec Klaus Nomi en choriste robotique ( je ne sais pas qui est le gars en rouge, mais clairement pas Lou Reed, il y a erreur sur l'intitulé)
Je n'ai pas trouvé de vidéo intégrale, donc , clic, clic, sur le lien.

N°2 Life on mars? yep, autant pour le look farfelu ( preuve en est que tant qu'à faire original autant y aller à fond  dans le délirant, donc maquillage bleu électrique, costume turquoise, coupe mullet rousse, image surexposée et saturée...Moins serait simplement pas assez!) que pour le morceau rock complètement lyrique avec cordes. et pour le texte.. je pense que lui seul devait savoir ce qu'il voulait dire.
Mais j'adore. De la quintessence de Glam Rock

N°1: Space Oddity. Vraiment numéro 1 pour moi.Ce morceau me fait totalement planer, avec ses changements constants d'ambiance. Peut-être justement parce que c'est celle qui sonne le plus prog rock à mes oreilles. Et puis on parle d'exploration spatiale :)
Je ne parlerai pas de sa carrière au cinéma parce que les deux films ou je l'ai vu remontent à tellement longtemps qu'il faudrait que je les revoie pour en parler ( Furyo et les Prédateurs, de mémoire je les avais appréciés)
Cher MORT, je comprends que tu veuilles mettre un peu d'ambiance dans l'autre monde, mais ça serait cool de ne pas prendre que les meilleurs pour ne nous laisser que les tocards, qui vont après se fendre d'un " génération Bowie" ou "Génération Motörhead" consternant. Je ne veux pas entendre Kendji Machin ou Louane Truc reprendre Heroes.Par contre juste pour le fun, je veux bien entendre MPokora essayer de reprendre Overkill, j'ai besoin de rire.
Même si j'aurais préféré que ce sujet là attende encore quelques années...

mardi 12 janvier 2016

Les Quatre - Agatha Christie

Le 12 janvier 1976, soit il y a 40 ans tout pile, mourrait Lady Agatha Miller, alias Christie. 40 ans plus tard, elle est toujours l'une des romancières les plus lues et traduites au monde, les plus adaptées aussi ( en film, en série, au théâtre, en jeux vidéos, en fait, quasiment sur tous les supports imaginables)
et c'est aussi bien sûr une des figures incontournables du mois anglais. Pour moi, un mois anglais digne de ce nom se doit de compter un de ses livres.
Alors pour marquer le coup, une petite lecture commune avec les autres adeptes de la reine du crime s'imposait!
elle les a écrits.. à moi de les lire!

Et comme les deux dernières fois, j'ai pioché au hasard sur l'étagère des romans policiers en attente de lectures.
Les fois précédents , je l'avais dit, n'avaient pas été de franches réussites, les deux dataient de la fin de sa carrière: Les pendules date de 1963, et  L'hôtel Bertram de 1965.
J'ai donc pris les Quatre, que j'ai cru daté de la même période ( ce n'est que la traduction française qui est récente), et , bonne pioche cette fois. Ecrit en 1927, il est même antérieurs aux célébrissimes Dix Petits nègres, Le crime de l'Orient-Express ou Mort sur le Nil.

On y retrouve donc le duo phare de dame Agatha, Hercule Poirot et le capitaine Hastings.

Le capitaine marié quelques temps plus tôt, a quitté l'Angleterre depuis quelques temps pour aller vivre en Argentine comme gentleman farmer ou plutôt gentleman Ranchero avec Madame. Mais le voici de retour en Grande-Bretagne, pour quelques mois, bien décidé à aller rendre une visite surprise à son ami Hercule, qui ne bouge jamais ou presque de Londres. Le lecteur ne sera donc pas étonné d'apprendre que justement à ce moment là, Poirot est sur le départ pour une mission importante (et lucrative) au Brésil, bien décidé à aller rendre une visite surprise à son copain Arthur en Amérique du Sud.
Surprenant début pour qui connait les autres aventures d'Hercule Poirot. Et le reste est à l'avenant, visiblement l'écrivaine avait envie de s'amuser et glisse pas mal de coups de théâtres, quiproquos et références ( Hercule Poirot qui raconte avoir un frère nommé Achille,  la seule personne au monde aussi douée que lui, mais d'une inertie absolue. en ajoutant " tout détective se doit d'avoir un frère". Bon , reconnaissons qu'Achille est un nom un peu moins improbable que .... Mycroft, au hasard? ;) )

Mais les projets de voyages à l'autre bout du monde sont vite stoppés par l'arrivée impromptue d'un inconnu, visiblement choqué, qui cherche Poirot, et qui avant de mourir, se met à parler des "quatre", une association internationale de malfaiteurs à la tête de laquelle se trouvent 4 personnes: le N°1 est un gangster chinois, le n°2 est un millionnaire américain, le n°3 est une française, et le n°4 inconnu de tous.
Or justement Poirot avait déjà plus ou moins une enquête en cours sur cette société à l'organisation mafieuse. Et dès lors et pendant un an ( le roman commence en été, et le temps s'égrène jusqu'au suivant), à chaque nouvelle énigme qu'il va devoir résoudre, Poirot va trouver la trace de ces criminels en bande bien organisées, qui semblent prendre plaisir à jouer au chat et à la souris avec l'enquêteur.
Et le tiennent en échec! Ils sont partout: derrière l'enlèvement d'un scientifique à Paris, derrière l'assassinat d'un homme en pleine campagne anglaise, derrière la mort apparemment naturelle d'un joueur d'échecs américain, derrière l'accident de circulation d'une actrice de seconde catégorie...
Enfin un opposant, fut-il quadricéphale, digne du détective belge à l'égo surdimensionné!

Et en plus ce tome est drôle: Poirot et Hastings s'envoient régulièrement des vannes sur leurs défauts respectifs ( le côté tête brûlée d'Hastings qui agit d'abord et réfléchit après, son faible très fort pour les jolies rousses, et le manque de modestie légendaire d'Hercule Poirot).
Et surtout les références sont nombreuses. Je parlais plus haut de Mycroft, le frère de Sherlock Holmes, mais il y a une foule d'autres références à sherlock, à commencer par le titre qui ne peut que faire penser  au Signe des Quatre. Lhistoire du Jasmin Jaune a quelques points communs avec les Cinq Pépins d'orange..
On y retrouve aussi quelques invités de marques issus des précédents ouvrages d'Agatha Christie: l'inspecteur Giraud, la comtesse Rossakov..
Des références à des personnalités de l'époque ( la physicienne française mondialement célèbre qui travaille sur le radium, " de même niveau que Madame Curie"), à des événements de l'époque ( l'agitation bolchévique, les tentatives de coup d'état en Chine, la menace politique en Allemagne..)

Surpenant donc, on se retrouve deavnt une vraie histoire d'aventure, parfois improbable, de quiproquos et d'action au niveau mondial, non seulement de par le côté internationale de l'association criminelle, mais aussi par les voyages qui s'y effectuent: dans la campagne anglaise, à Paris, sur l'océan, en Belgique, en Italie..

Je vies de voir qu'il s'agissait en fait de nouvelles qui ont été retravaillées pour être rassemblées en un seul récit. Parfois dans ces cas là, la recette ne prend pas ( De la poussière à la chair de Bradbury souffrait de ce côté "rapiéçage", tandis que "les chroniques martiennes" du même auteur est une magnifique réussite).
Et la on est plutôt dans le deuxième cas: quelque chose d'inclassable, qui tient du roman d'aventure, du recueil de nouvelles, mais avec un liant qui tient suffisamment la route pour que ça marche.

Une bonne pioche, donc, et je le répète, cerise sur le gâteau, Hercule Poirot est mis en échec, et se fait vanner par Hastings. Il parle même de se marier à un moment. C'est dire l'originalité de la chose. Pas l'un des plus connus apparemment, mais en tout cas, un de ceux qui m'a le plus amusée à lire.
Au passage, j'avais vu l'adaptation dans la très fameuse série des enquêtes d'Hercule Poirot, et .. elle  n'a quasiment RIEN à voir, à part le titre et le nom des personnages. A commencer par la motivation des quatre ( dans la série, elle m'a parue bien pipeau,à la limite du ridicule!), l'ordre des événements n'a rien à voir,le rapport de force entre les quatre n'a rien à voir, la fin n'a rien à voir. Vraiment , c'est le même titre, le même héros, et les personnages ont les mêmes noms, mais c'est tout. Les deux histoires, papier et série TV, partent dans des directions totalement opposées, pas seulement simplement divergentes.
Donc si vous avez vu la version série, vous pouvez y aller sans problème, l'intention est différente et le résultat extrêmement différent.

idée 44: quelque chose de chinois
 

samedi 19 décembre 2015

Les Aventures de Sherlock Holmes (1) - A. Conan Doyle

Qui dit Policier + Ecosse dit forcément... Arthur Conan Doyle et Sherlock Holmes, isn't it?

et justement voilà des nouvelles qui attendaient d'être chroniquées depuis le mois anglais.. 2014. Les premières du recueil "Les aventures de Sherlock Holmes" en fait . Et je vais me faire le plaisir de scinder en plusieurs sujets, sinon c'est toujours compliqué pour moi de parler d'un recueil de nouvelles. toutes les nouvelles ont paru dans le strand magazine , un mensuel et sont compilé par ordre de parution, mais son postérieures aux deux romans Une étude en rouge et Le signe des quatre. C'est important à signaler, car les nouvelles font référence aux romans assez fréquemment, et commencent sans préambule, supposant que le lecteur connait déjà les personnages principaux: Holmes, Watson et Lestrade. Je ne ferai pas l'affront de préciser non plus leur identité en 2015, car à part de vivre au fond d'une grotte sur une autre planète, je pense que la plupart des gens doivent au moins en avoir vu une adaptation filmée



Un scandale en Bohème: Première enquête de ce recueil... Et premier échec de Sherlock Holmes! Ca démarre fort pour le super limier. Watson va donc nous narrer comment Sherlock Holmes a été mis en échec de manière très astucieuse par une aventurière du nom d'Irene Adler. Il s'avère que le futur roi de Bohème fait appel de manière discrète à Holmes pour régler un épineux problème. Le roi a eu une aventure avec la dénommée Irene Adler, ancienne actrice et chanteuse qui a réorienté sa carrière du chant vers... le chantage, bien plus passionnant, et potentiellement lucratif.
Une photo d'eux deux posant ensemble a été prise: de quoi faire un joli petit scandale si la photo venait à être rendue publique. Or justement Irène menace de faire connaître cette liaison à la future belle-famille , très à cheval sur les principes moraux, du roi. Celui-ci a tenté, sans succès de racheter, ou de faire voler la photo à son ancienne maîtresse mais impossible de mettre la main dessus. A Holmes donc d'essayer de récupérer le cliché compromettant, dans la plus grande discrétion, car faire intervenir la police serait risquer des fuites... Mais il se trouve qu'Irène est bien plus maline qu'Holmes n'aurait pu penser.. il ne faut jamais sous-estimer son adversaire!

La ligue des rouquins, Sherlock Holmes reçoit la visite d'un prêteur sur gages qui se retrouve dans une situation à la fois étrange et comique: ayant répondu à une petite annonce de la "ligue des rouquins" organisme de .. bienfaisance, si l'ont peut dire, créé par un millionnaire roux dans le but de procurer des emplois de tout repos à tous les roux de Londres, l'homme à la chevelure écarlate lui aussi s'est donc trouvé engagé tous les matins pendant 4 heures pour un très bon salaire à la tâche de copier l'encyclopédie britannique. Mais la ligue a été déclarée dissoute du jour au lendemain, et le type, qui ne voit que le salaire qu'il ne percevra pas cette semaine vient chercher un éclaircissement à ce mystère. Mais évidemment Sherlock Holmes comprend qu'il y a anguille sous roche: on ne s'y serait pas mieux pris pour éloigner quelqu'un de chez lui tous les matins, cette anecdote cache autre chose, un mystère à résoudre qui l'inspire bien plus.

Une affaire d'identité: Après un roi et un marchand, c'est une secrétaire qui fait cette fois appel au détective, qui n'acepte pas seulement les clients fortunés, mais plutôt ceux dont l'affaire est digne d'intérêt, fut-ce seulement pour l'occuper une journée. Cette dame a vu son fiancé s'évaporer dans la nature, le jour même du mariage, entre le domicile et l'église et les avis de recherche n'ont rien donné.
Celui-là est plutôt drôle, car le lecteur avisé de roman policier trouve de lui même facilement la solution - absurde - dans les explications de la dame. Divertissant, entre deux enquêtes plus complexes.

Le mystère de la vallée de Boscombe: Dans un petit coin tranquille d'Angleterre, un homme plutôt taciturne et ronchon, qui a fait fortune en Australie, est retrouvé mort. Les soupçons se portent sur le fils du défunt , que des voisins ont vu suivre son père, et se disputer avec lui. Tout semble concorde: le fils a tué son père après la dispute.. sauf qu'il clame son innocence. Holmes va tenter de faire la lumière dans cette histoire, plus compliquée qu'il n'y parait et qui pourrait bien trouver son origine dans le passé mystérieux du mort en Australie.

Cinq pépins d'orange: Cette fois, le client qui sollicite l'aide du détective est vraiment pris dans une situation grave: son oncle, puis son père, sont morts dans des circonstances douteuses après avoir reçu une enveloppe contenant 5 pépins d'orange. Or lui même vient de recevoir la même menace, car il n'en doute pas, il ne s'agit pas d'un plaisantin. L'expéditeur de la lettre, seulement identifié par les lettres K.K.K. semble vraiment dangereux.
Oui, il s'agit bien en effet du KKK, les sinistres initiales bien connues maintenant mais qui ne devaient pas forcément évoquer d'emblée grand chose au lecteur britannique de 1891: l'oncle, ancien planteur en Floride, n'a rien trouvé de mieux que de fuir en Angleterre au moment de l'abolition de l'esclavage, en emportant des documents secrets appartenant au Ku Klux Klan, dont il a d'ailleurs été membre actif, document qui compromettent pas mal de notables

L'avantage c'est que toutes les nouvelles du recueil sont disponibles indépendamment en édition numérique, je peux donc les lire une à une et par ordre de date de parution (oui, j'ai parfois des lubies étranges). J'ai bien aimé la dernière pour son contexte historique et politique, et la vallée de Boscombe, : le coupable était assez facile à deviner, mais son mobile beaucoup moins.

Ah, oui, je l'avais déjà dit, mais dans la foule des versions ciné et TV qui existent, rien à faire, quand je lis les nouvelles, c'est toujours Jeremy Brett qui s'impose à moi. Il avait vraiment la tête de l'emploi dans la série TV des années 80/90.

ou encore sous l'apparence d'un renard en costume. Oui, j'ai découvert Sherlock Holmes à la base avec le dessin animé des années 80. Au passage, je souligne qu'à l'époque, je me fichais de l'origine des dessins animés, ce n'est que plus tard que j'ai découvert que c'était une idée de Hayao Miyazaki, rien de moins!
Nota: j'avais aussi oublié que dans les années 80 un dessin animé pour enfants ne tombait pas sous le coup de la censure à faire clairement figurer des armes dans le décor ou à faire fumer le héros. Après, détail marrant: les objets, jusqu'aux feuilles de papier accrochée au mur,  ont une ombre.. mais pas les personnages :D
Et non, je n'accroche pas du tout aux versions modernisées, encore moins à celle américaine qui faisait de John Watson.. Joan Watson. Vous la sentez venir, la vague histoire d'amour en faisant de Watson une femme? Je ne sais pas si ça a été le cas, parce que je n'ai pas tenu plus d'un épisode, mais je ne vois pas d'autre raison de changer le genre de Watson, si ce n'est pour éviter les remarques sur " deux types qui habitent ensemble, c'est louche".
Bon sang, Holmes est un psychorigide qui ne s'intéresse à personne d'un point de vue sentimental, ni femme, ni homme, c'est clairement expliqué justement dans Un Scandale en Bohème dès les premières lignes. C'est justement un des traits majeurs du personnage d'être détaché du reste du monde. Watson n'a d'intérêt pour lui que dans la mesure où il peut lui apporter une aide matérielle dans la résolution des mystères tout en restant d'une discrétion absolue.
Les seuls moments où il s'enthousiasme vraiment pour quelque chose, c'est lorsqu'il est sur le terrain à rechercher les indices, donnant à Watson l'occasion d'une comparaison humoristique de son distingué colocataire avec un chien de chasse .
Car oui on oublie souvent de le mentionner, même dans ce qui est le prototype et l'ancêtre du roman policier, l'humour britannique n'est pas très loin. Discret, mais présent.

Sherlock lui même est doté assez souvent d'un humour cynique et vache ( même vis-à-vis de son modèle littéraire :) )
 
"Vous me rappelez le Dupin d'Edgar Allan Poe. Je n'imaginais pas que de telles personnalités puissent exister en dehors des récits.
Sherlock Holmes se leva et alluma sa pipe.
– Vous pensez certainement me faire un compliment en me comparant à Dupin, observa-t-il. De mon point de vue, c'est un collègue tout à fait inférieur. Cette façon de s'immiscer dans les réflexions de ses amis avec une remarque tout à fait à propos, après un quart d'heure de silence, est vraiment très artificielle et tape-à-l'œil. Il possède sans aucun doute un certain génie analytique. Mais ce n'était en aucun cas un phénomène tel que Poe semble l'imaginer." Une étude en rouge.

Et puis que c'est décembre et qu'on y est presque, un bon réveillon à tous...
Whouhou, c'est la fête, nous avons là un Sherlock Holmes au comble de ses compétences festives!
parce que Arthur Conan Doyle est né à Edinburgh
Mais aussi année anglaise, quand même, tout se passe à Londres!

vendredi 11 décembre 2015

Moll Flanders - Daniel Defoe

Juste un sujet prévu pour juin dernier, mais au point où j'en suis, ce n'est que 6 mois de retard..

En fait j'abrège, puisque le titre entier est " les heurs et malheurs de la fameuse Moll Flanders".

Moll Flanders ( ce n'est pas son vrai nom, mais celui sous lequel elle est devenue célèbre tardivement) a mal débuté dans la vie:  née à Newgate ( prison de Londres) au XVII° siècle d'une mère voleuse, ça commençait sous de mauvais auspices. Abandonnée à la charité publique, c'est une petite fille, puis une femme combattive qui apprend vite à se débrouiller seule en comptant sur elle même.
Elle aurait même facilement pu s'en sortir et vivre correctement dès l'adolescence en travaillant comme couturière, seulement voilà, en rencontrant les femmes riches qui viennent lui donner du travail, elle développe un goût du luxe et ne veut pas seulement vivre correctement, mais "être une dame de qualité", pensant d'abord que ça veut dire une femme indépendante qui travaille à son compte, elle ne change pas d'avis en comprenant son erreur et espère monter dans l'échelle sociale. Sa seule obsession sera alors de se faire épouser par un homme riche. Elle y parvient, et le mari meurt vite, lui laissant un héritage colossal... qui sera vite dilapidé par son second mari, joueur qui part un jour pour fuir ses créanciers, lui laissant comme consigne de le considérer comme mort car il ne compte de toute façon pas revenir.

Celle qui se fait dès lors appeler Mme veuve Flanders, se trouve alors un 3° mari, planteur en Virginie, qui s'avère, par un hasard facétieux, être son demi frère. Retour en Angleterre pour la pseudo-veuve bigame, qui continu la chasse au mari, lâche la proie ( un banquier moyennement riche) pour l'ombre ( un homme ruiné qui se fait passer pour fortuné, dans l'espoir de dégotter une femme riche.. l'un abusant l'autre).
5 mariages successifs, quelques amants de passages et une fortune qui diminue d'année en année, puis la rencontre avec des gens douteux.. et il n'en faut pas plus pour  que la "veuve" se lance dans la même carrière que feue sa mère. "Travail" dans lequel sa débrouillardise et sa prudence la font exceller. Dès lors, celle que l'on surnomme "Moll Flanders" devient une voleuse suffisamment rouée pour se tirer à plusieurs fois de mauvais pas...
trouvé sur le très drôle 3 panel book review: présentation de lectures en Strips de3 cases

Que voilà un roman  jouissif et amoral, il a d'ailleurs été censuré pendant longtemps aux USA pour cette raison ( je ne sais pas si c'est encore le cas, mais ça ne m'étonnerait pas): l'héroïne est polygame, voleuse et d'une moralité plutôt élastique ( il n'y a que le mariage avec son demi-frère qui au final lui pose un réel problème de conscience). Elle met très vite ses scrupules dans sa poche, abandonne sans ciller la flopée d'enfants qu'elle a eu de ses cinq maris au cours des années et qui l'encombreraient plus qu'autre chose, surtout dans sa quête du riche pigeon qu'elle ne désespère jamais de dénicher.
Elle trompe, elle vole , elle ment.. au départ pour être plus riche, ensuite pour seulement survivre, plus tard encore pour échapper à la prison et à la peine capitale. Une héroïne amorale, mais dont l'énergie et la roublardise font malgré tout un personnage intéressant et pas unidimensionnel, elle ne s'abaisse jamais à voler les plus pauvres qu'elles, seulement les riches ( mais à son propre profit, contrairement à Robin des bois).
Car même si le traitement est humoristique il met en avant la réalité du XVII° siècle: une femme n'existe socialement que par son mariage: pas de mari (si possible riche) ou de "protecteur" = pas de vie sociale = obligation de se débrouiller par soi même. Ce qui laisse peu de possibilités: travailler pour un salaire de misère, en se débarrassant d'un maximum de bouches à nourrir, donc on abandonne sans trop de regret les enfants dont on ne voulait de toute façon pas vraiment, voler ou se prostituer. Ça reste discret, mais cette dénonciation indirecte de la condition féminine est assez inattendue.

Et le roman se permet même le luxe de ne pas finir de manière morale, je ne vous en dirait pas plus, mais l'auteur a du avoir une sympathie aussi pour son personnage et refuser de la punir de ses mauvaises actions, dictées au départ par la vanité, mais bien vite, par les circonstances extérieures, il faut dire que Moll va de déconvenue en déconvenue...je pense que c'est aussi, et surtout ça qui a du choquer.
How Shocking! Pas de mea culpa, pas de rédemption religieuse.. J'avoue que je craignais ça, une fin moraliste, il n'en est rien pour mon plus grand plaisir.

Je n'ai pas lu Robinson Crusoe, pourtant le roman le plus célèbre de Defoe, apparemment il serait moins réussi, de ce que j'ai pu lire comme critique. Ou en tout cas, il a moins de chance de me plaire. En tout cas, il doit certainement s'y passer moins de choses ( un type tout seul sur une île, vs une femme qui passe son temps à bouger d'une ville à l'autre d'un pays à l'autre..).
Donc je conseille à ceux que Robinson à ennuyé de tenter celui-là, il s'y passe énormément de choses.
Et vous pouvez même tenter le coup avec l'édition numérique libre de droit, je commence à devenir bien fan de ce site.. surtout pour mon manque de place chronique, j'ai commencé à remplacer pas mal de mes classiques par leur édition numérique

La vie de l'auteur aussi, mérite le détour: agitateur politique, pamphlétaire dont les écrits l'ont conduit en prison, agent secret...
N°23: une jambe ou un pied

samedi 21 novembre 2015

Un cadavre de trop - Ellis Peters

Je profite d'avoir un moment de libre en cette fin d'année: pas de challenges en ce moment, liberté absolue, je lis ce que je veux dans l'ordre où je veux... Et comme les journées son longues, tiens pourquoi pas une petite cure de romans policiers. Et pourquoi ne pas finir ce qui est en cours de lecture/en pause depuis des mois...

allez hop, retour en Angleterre médiévale. Un cadavre de trop est le 2 tome tome de la série Cadfael d'Ellis Peters, mais le premier paru dans l'ordre de numérotation de 10/18, allez savoir pourquoi.
C'est celui aussi qui nous raconte la rencontre entre frère Cadfael et son futur meilleur ami, Hugh.

Le premier tome était un peu à part, pensé omme un roman isolé par l'auteur, c'est à partir de maintenant qu'il va y avoir des personnages récurrents. Donc on plante le décor: 1138. c'est le début de la guerre civile (l'anarchie anglaise, qui va durer jusqu'en 1154). Le roi Henri I° est mort 3 ans plus tôt, c'est officiellement sa fille , L'impératrice Mathilde, qui est désignée comme successeur, son frère aîné étant mort des années plus tôt, elle est donc la légitime héritière, la moitié à peu près des vassaux l'ont reconnue comme reine. Mais l'autre moitié n'est pas franchement d'accord avec le fait qu'une femme dirige le pays, et profitant du fait que Mathilde est en France, profite pour désigner roi Etienne, son cousin, entraînant à leur suite un certain nombre de girouettes qui oublient leurs promesse: Etienne est en Angleterre, à la tête d'une armée, l'impératrice est loin, autant retouner sa veste.
Or justement, la petite ville de Shrewsbury, à la frontière du pays de Galles, est tenue par un seigneur partisan de Mathilde: la ville est assiégée par l'armée du roi, le seigneur local en fuite vers la Normandie, c'est une pagaille sans nom. La fille d'un noble local partisan également de Mathilde est portée disparue, probablement en partance elle aussi pour la Normandie, mais d'après la rumeur, elle n'aurait pas encore quitté la contrée. Il faut donc la retrouver et la faire prisonnière pour que son père vienne la chercher et tomber directement dans les filets du roi. C'est Hugh Beringar, son fiancé depuis l'enfance et partisan d'Etienne qui va être chargé de la retrouver. Retrouver une femme en fuite, qui se cache, qu'il n'a pas vue depuis 6 ans, et qui avait 12 ans à l'époque. Pas si facile.

Une fois le château pris, le roi, poussé par ses conseillers car il est plutôt d'une nature calme et passive, fait pendre en mesure de représailles les 94 hommes d'armes qui défendaient le château. Les moines de l'abbaye locale vont s'occuper de rendre les victimes à leur famille ou d'enterrer dignement ceux qui n'avaient pas d'autre tort que de faire partie de la faction opposée. seulement, c'est sans compter avec frère Cadfael, toujours attentif, qui après avoir compté , et recompté, trouve 95 morts. Un de trop, qui n'a pas été pendu, mais étranglé, et déposé nuitamment parmi les victimes politiques pour faire passer un crime civil inaperçu. Le roi n'est pas franchement d'accord avec le fait d'être accusé ou tout au moins complice involontaire d'un meurtre et autorise donc l'enquête pour découvrr qui est le cadavre en trop.

Un bon tome, où apparaissent des personnages qui vont être récurrents. Le roi joue vraiment un rôle cette fois, en tant que personnage, ce n'est pas juste un nom pour situer l'action et l'époque. Le seul problème est qu'une fois découverte l'identité de la victime, et qu'il ne reste plus que quelques suspects possibles, le lecteur qui a déjà lus d'autres tomes découvre rapidement qui est le coupable. Ca ne peut pas être un des personnages qui va revenir par la suite libre, dans les tomes suivants. C'est donc forcément un peu frustrant, et ça me convainc une fois de plus que si j'avais eu la possibilité, j'aurais du lire les tomes dans l'ordre ( bon, encore que, ayant vu l'adaptation en série TV, j'aurais aussi vite deviné)

L'autre petit souci récurrent chez l'auteur, c'est que si elle excelle dans le côté historique, policier, la recherche d'indice.. elle se sent obligée de coller une voire deux histoires d'amour par tome, pas toujours convaincantes. Si ça n'est pas trop abusé pour Hugh et Aline, sa future femme, dans ce tome, l'autre duo est cousu de fil blanc, et se voit venir à des kilomètres. Disons que c'est un paramètre dans lequel elle n'excelle pas, qu'on voit venir avec ses gros sabots et est réglé en 2 phrases et trois coups de cuillère. Donc un léger manque de crédibilité à ce niveau là: oui, des choses du style " holala, mon coeur bat si fort quand je le vois mais qu'est-ce qu'il m'arrive? Franchement je n'en ai aucune idée!" Si le reste était mal ficelé, ça ne ressortirait pas autant, mais comme l'ensemble est bien, ça dénote. J'ai vraiment l'impression que l'auteur a voulu remplir un cahier des charges. Obligatoire: mettre une histoire d'amour parce que sinon les intrigues politiques vont lasser le public. Mais qu'elle s'en fiche un peu alors fait vraiment le minimum syndical de ce côté là. D'ailleurs, c'est surtout au niveau des derniers tomes que ça va se faire le plus sentir, la baisse de forme atteint aussi l'intrigue policière.
C'est un peu dommage parce que le cadre, l'ambiance, l'histoire, les personnages sont biens. D'autant dans ce tome où les factions qui s'opposent jouent vraiment un rôle.

dimanche 1 novembre 2015

Frankenstein - Mary Shelley

Une lecture commune " roman classique" du mois Halloween. Une relecture pour moi, je l'avais déjà lu il y a quelques année, et j'avais totalement oublié à quel point la traduction de Germain d'Hangest est lourde et indigeste par moment  ( 3 fois, Germain. 3 fois tu nous colle la tournure " persuader à ": "on a persuadé à sa mère.."  Non, Germain,  "persuader à " est ringard depuis environ 1830, donc même en 1922 ça sonnait très très lourd)

Après, un autre truc que j'ai remarqué, mais là, c'est l'auteur qui est à blamer et non le traducteur: comme le livre a été écrit en 1817, puis retravaillé pour être republié en 1832, il y a des décalages temporels qu'elle a oublié de corriger entres ses deux manuscrits et ça me pose un problème: dans la première version Victor arrivait en Angleterre Fin Décembre (chapitre XVIII) parce qu'il partait de chez lui fin septembre. Dans la seconde version , il part de chez lui fin août.... Et chapitre XIX, il nous est dit " arrivés en Angleterre au commencement d'Octobre".
Il s'est passé quoi entre la fin du chapitre XVIII et le début du XIX? il a rencontré HG Wells et sa machine à remonter le temps?
Oui je sais, mais c'est idiot, parce que du coup, le chapitre XIX semble se passer 2 mois avant le XVIII et ce genre de boulettes me pose un problème ( il y en a d'autres plus discrètes, mais que les notes de lectures font ressortir.. l'histoire se passe en 17..... sans plus de précisions. Ca cadre encore lorsqu'elle cite un texte de Wordsworth paru en 1798, ou les ruines de Volney paru en 1791. L'histoire devrait donc se situer en 1798 ou 1799. Sauf qu'à un moment Victor Frankenstein cite un poème de Shelley paru en 1815.. hé oui, vouloir rendre hommage à son mari, c'est mignon, mais... elle a du oublier momentanément qu'elle situait son histoire dans le passé ...)

Ceci étnt dit, la lourdeur de la traduction les failles spatiotemporelles.. Que dire de plus

Ha oui, j'avais oublié à quel point je DETESTE Victor. C'est ballot, c'est le héros. Car oui, au passage Frankenstein n'est pas le nom de la créature comme on peut le croire en voyant les adaptations cinéma, mais bien le nom de son créateur.
Victor donc, après une enfance heureuse dans les montagnes de Suisse, si jolies, à la neige si pure... par étudier les sciences naturelles, la physique et la chime à Ingolstadt. Et comme il s'est plongé dans les vieilles théories médiévales sur l'alchimie, il a l'idée de mélanger sa formation scientifique avec ces vieilles théories et de créer un être humain à partir de bouts de cadavres qu'il va ressusciter. Dans le plus grand secret car bien sûr c'est impie.
et lorsqu'il y arrive, il va bien sûr révolutionner le monde scientifique , la greffe d'organes et apporter des innovations majeures dans le domaine médical, tout en prenant conscience de sa responsabilité envers l'humanité en général et sa créature  en particulier. NOOOOOON, évidemment, il illustre parfaitement l'adage selon lequel "science sans conscience n'est que ruine de l'âme", il bidouille avec la vie, crée un être humain, se rend compte que ce qu'il a fait est affreux parce que le résultat est moche et gigantesque ( Victor a l'égo de la taille du Mont blanc et par caprice a créé un géant, dont il se voyait déjà être le dieu), s'en détache totalement en faisant une crise de nerfs de plusieurs mois sans se soucier plus que ça de ce qu'est devenu sa créature, qui étant moche et artificielle, est forcément une brute sans intérêt à ses yeux. Sans intérêt jusqu'à ce que des morts suspectes se produisent dans sa famille, qui sont forcément dues à une brute épaisse sans foi ni loi.. Sauf que..
Cette première moitié est très longue, avec les descriptions de la jeunesse de Victor, de ses études , ses profs, ses crises de nerfs et ses perpétuelles lamentations sur ce qu'il a fait bouhouhou, j'ai été inconscient, mais bah, pas grave, ma dépression va mieux, ho snif,  des morts dans la famille, c'est forcément la faute de mon monstre, donc la mienne bouhouhou. TA GUEULE!
 Plusieurs fois, j'ai engueulé le personnage " boucle-la Victor, arrête de te lamenter sur ton sort en te regardant le nombril, bouge tes fesses que je botterais volontiers et assume tes actions, crétin!".

La suite devient beaucoup plus intéressante, lorsque le créateur et la créature se rencontrent enfin. La créature certes moche, est dotée d'une sensibilité et d'une intelligence que son créateur tellement imbu de lui même n'aurais jamais soupçonné, n'a même jamais cherché à connaître.
Il va donc raconter l'histoire de son point de vue, depuis son départ du laboratoire où il a été créé, comment il a été systématiquement chassé par les humains, sa découverte du feu, de la nourriture, son apprentissage de la parole, en épiant des villageois, de la lecture tout seul ( oui, là Mary, tu en fais un peu trop), et sa découverte du nom de son créateur sur les papiers qu'il avait emporté en fuyant et qu'il a pu lire.

ET là, passage magnifique où "le monstre" demande des comptes au créateur qui l'a lâchement abandonné, lui reprochant exactement ce que je lui reproche depuis le début: tu as agis avec légèreté, tu avais envers moi des devoirs, et je vais t'obliger à les respecter. Tu ne cesses de te plaindre, mais tu as des amis, je n'en ai pas. alors si tu veux garder tes amis vivants, il va falloir assumer tes actes et te soucier de moi. sauf que ce con de Victor va effectivement lui promettre d'assumer et s'empresser de ne pas tenir sa promesse.
Le "monstre " n'a d'ailleurs pas non plus d'identité, loin de se laisser impressionner par cette démonstration de bon sens et d'intelligence Victor continue de s'entêter.. causant un peu plus à chaque fois sa parte et celle de ses proches. La créature avait un bon fond à la base mais est devenue criminelle, seule méthode pour que son créateur obtus daigne enfin reconnaître son existence, jusqu'à finalement contraindre Victor à le poursuivre jusque dans le grand nord ( devenir l'ennemi juré de quelqu'un et le forcer à le poursuivre , pour enfin, au moins exister à ses yeux).

Toute cette seconde partie est passionnante et éclairée par la préface qui met en luimière la vie inhabituelle de l'auteur: élevée dans une famille agnostique, où le suicide était presque uen tradition familiale, avec un père et une mère humanistes, progressistes, militants pour l'égalité.
Le monstre, c'est l'humanité imparfaite qui demande enfin des comptes au dieu qui s'est amusé à la créer comme une simple expérience de laboratoire qu'on abandonne parce qu'elle n'a pas donné le résultat escopté, qu'on ne respecte pas, mais dont on attend malgré tout le respect.
Deux phrases très importantes, qui sous des apparences anodines contiennent tout le roman: chapitre 1: Victor parle de ses parents en ces termes: "leur profonde conscience de ce qu'ils devaient à l'être auquel ils avaient donné la vie"
Chapitre4: Victor parle de sa (ses) future(s) créature(s) en ces termes: " une espèce nouvelle bénirait en moi son créateur et sa source (...) nul père ne pourrait mériter la reconnaissance de son enfant comme je mériterais la leur"
Donc si on résume, ses parents avaient des devoirs à son égard, sa création aura des devoirs envers lui.. et lui n'en a envers personne. Jusqu'à la dernière minute il continue à s'entêter. Victor est un connard, orgueilleux et un sale type, malgré tous les efforts de l'auteur pour nous le faire plaindre - ou alors elle lui fait cumuler ces jérémiades insupportable pour mieux créer la différence avec la dignité de la créature sans nom qui reste beaucoup plus sobre.

C'est clairement le monstre qui est le plus humain des deux, ses mauvaises actions étant dictées seulement par l'attitude inconsciente et hautaine de son "père". Moderne, comme sujet n'est-ce pas?

Le sous-titre "le Prométhée moderne "est bizarre, en fait Prométhée ( dieu  utile qui a créé des humains - dans une variante de sa légende- et leur a donné le feu pour qu'ils ne meurent pas de froid a été puni pour avoir courroucé Zeus, mais a au moins pris en compte la destinée de ses créations), n'a pas grand chose à voir dans cette histoire. Prométhée agit avec de bonnes intentions Victor juste par orgueil. Et a pour le coup, un hybris véritablement digne de la myhtologie Grecque.
C'est plutôt une allusion à " Prométhée délivré" pièce de Percy Shelley, qu'il va donc falloir que je lise car la mythologie me passionne et Prométhée en particulier ( Légende qu'on retrouve d'ailleurs dans beaucoup de civilisation.. Ca  vous étonne si je vous dis que j'ai un énorme faible pour Loki dans la mythologie nordique bien que ça soit un emmerdeur patenté, ou plutôt, justement pour cette raison? Et j'en avais d'ailleurs touché aussi deux mots un peu plus tôt dans le mois au sujet des statues de Lucifer des frères Geefs.. Les 3 personnages ont en commun la révolte contre l'injustice ou du moins ce qu'eux considèrent comme injuste et ça, c'est très intéressant.




lundi 13 juillet 2015

Live aid '85

Et pour ce premier billet A Year in England, c'est dans le passé que je vous propose de faire un tour. en 1985 très précisément. Il y a 30 ans tout pile le 13 juillet,  s'est tenu ce qui est peut être le dernier méga concert collectif après Woodstock et l'île de Wight ( enfin, si l'on excepte le live 8, référence directe au live Aid, en 2005)

Un double concert à visée caritative en fait, puisqu'organisé simultanément à Londres ( de 12 à 22h00 non stop.. et quand je vois la foule serrée je me dis que valait mieux ne pas s'absenter pour aller to the lavatory, si vous vouliez retrouver votre place) et a Philadelphie, en alternance dans les deux villes.

et j'aurais malgré tout adoré y être.. parce que le programme était assez incroyable.. à tous les niveaux ( pensez à la mode des années 80!)

Je vous propose donc pour entamer l'année anglaise de revivre (au moins en partie, selon les archives que je trouverai) la session Londonienne du concert, composée en grande partie de britanniques et irlandais

 12h00 ouverture par Status Quo ( le groupe connu pour Whatever you want ou You're in the army now)

12H19: Style council ( un group pop et new wave anglais quasiment oublié, je ne me souvenais plus du tout d'eux)
12H45: The boomtown rats ( Groupe de Bob Geldof, instigateur du concert - 3je n'ai trouvé que 2 morceaux sur les 3 joués au concert)

13H01 Adam Ant. Oh my goodess! je l'avais oublié lui..  oui oui il dit bien " vive le rock" en français dans le texte.. Et encore là, il est plutôt sobre dans sa tenue et son jeu de scène! allez donc chercher "adam and the ants" faudra que je prévoie une play list spéical " punk new wave" pour eux, Death cult, Billy Idol..)
13h17: Ultravox ( encore un group post-punk, new wave que j'avais totalement oublié)
13h46: Spandau Ballet, un groupe new wave, que là, par contre, j'aurais aimé oublier ( non parce que même en recadrant en 1985, ce n'est pas du tout mon truc, mais pas du tout. Leur "True" sirupeux semble tellement calbré comme musique de pub qu'il a été utilisé 3 fois pour vendre du café des voyages et une voiture.. dans ma mémoire c'était plutot de la bière sans alcool mais bon..)
14h07: Declan Patrick Aloysius McManus.. enfin, Elvis Costello, mais son vrai nom m'éclate! Mais je ne suis pas vraiment fan de sa reprise de All you need is love

14h22: Nik Kershaw. L'inconnu total,je n'ai aucun souvenir. En écoutant, je comprends mieux pourquoi, c'est très très daté années 80, synthé et tout le tremblement, ça a très très mal vieilli.

14h40: contribution de Hollande (il y en a plusieurs qui ont été diffusées en interlude du live anglais, que je ne cite pas toutes)  et là j'en parle spécifiquement parce que c'est aussi un moyen de rendre hommage a un très grand monsieur du blues mort récemment et que j'ai eu la chance de voir sur scène il y a quelques années: BB KING

14h53: Sade. Là c'est beaucoup plus mon truc, j'aimais bien leur mélange jazzy- musique africaine

15h18: Sting Et Phil Collins, on arrive aux grandes grandes vedettes..
Roxanne :

driven to tears ( avec Branford Marsalis au saxo)

Phil Collins against all odds( quand je parlais de la mode des années 80...)
Message in a bottle
In the air tonight
Phil Collins ET Sting ET Branford Marsalis Every breath you take ( insérer ici grand sourire, j'adore cette version en trio!)
15h49: Howard Jones ( encore un inconnu, ou totalement oublié de moi, même après avoir écouté, ça ne me rappelle absolument rien)
16h08: Bryan Ferry ( que je n'apprécie que sur quelques morceaux en fait..plutôt ce qu'il a fait dans les années 70, comme le très bizarre et hypnotique " In every dream home a heartache" avec Brian Eno au clavier)
sensation
Boys and girls (j'aime bien l'intro qui sonne très Pink Floyd mais là Ferry a l'air de planer .. plus que d'habitude)
Slave to love/jealous guy ( avec David Gilmour.. quand on parle de Pink Floyd)
16h40: Paul Young (pas trop mon truc non plus Paul Young, j'aime bien sa voix, mais pas tellement ses morceaux)
Come back and stay


Avec Alison Moyet: that's the way
Every time you go avay
17h19: U2
(on dira ce qu'on veut sur leurs derniers disques mais à l'époque, U2 c'était quand même du très bon. Et Bono qui, cite les stones et  Lou Reed et descend dans la foule et danse avec ses fans, ça fait plaisir à voir.. on lui pardonne même sa coiffure)

18h00: Dire Straits qui arrive à faire une set de 22 minutes avec 2 morceaux..
18h39: Griff Rhys Jones ( un sketch avant le set de Queen)
18h41: Queen ( oui, je suis fan et j'assume!!!!)
19h23: Davis Bowie ( je suis fan et j'assume!!! # 2)
19h59: the Who (Je suis fan et j'assume!!!#3) deux morceaux seulement ont été enregistré le groupe a auparavant interprété leurs 2 chansons les plus fameuses " My generation" et "Pinball wizard", mais l'enregistrement de la BBC a raté.
20h50: Elton John ( si seulement ils avaient pu faire un live sur Pinball Wizard avec les Who)
I'm still standing
Bennie and the jets/ rocket Man
don't go breakin' my heart ( avec Kiki Dee)
Don't let the sun go down on me avec George Michael ( je pense que la version est plus célèbre encore que l'originale)
Can I get a witness

21h 47: Freddie Mercury & Brian May: is this the world we created?

21h51: Paul McCartney ( fan , assume. blabla # 5, Paul McCartney a un incroyable talent de mélodiste) avec un choeur de luxe!


21h57: le boeuf: do they know it's Christmas? Ca n'ets pas très en rythme, mais tout le monde a l'air de s'amuser énormément.
(La partie Philadelphie du concert, soit dit en passant devait aussi valoir le détour: Kool and the gang, Joan Baez, Black Sabbath, run DMC, Jdas Priest, Crosby Still Nash & Young, George Thorogood et j'en passe!)

Voilà le site où je viens de passer près de 2h00 à récupérer les titres et ordres de passage